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 Sur son visage, l'héritage des morts

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Message Sujet: Sur son visage, l'héritage des morts    Sur son visage, l'héritage des morts  EmptyMer 7 Fév - 13:07




Livre III, Chapitre 2 • De Plume et de Serre
Solveig de Sovnheim & Gauthier Coeurbois

Sur son visage, l'héritage des morts

Quand décidément, tout le monde connaît ta famille sauf toi tome 2.


>


• Date : 27 novembre 1002 | 19h
• Météo (optionnel) : /
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Si Gauthier n'a jamais vu Odile de sa vie, il a connu son frère. Le père biologique de Solveig. Entre autre, l'une de ses victimes. La kyréenne fraichement sortie du front est peu rassurée de se faire dévisager de la sorte ne compte pas ignorer son regard insistant
• Recensement :
Code:
• [b]27 novembre | 19h:[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3338-sur-son-visage-l-heritage-des-morts#123833]Sur son visage, l'héritage des morts [/url] - [i]">Solveig de Sovnheim & Gauthier Coeurbois[/i]Si Gauthier n'a jamais vu Odile de sa vie, il a connu son frère. Le père biologique de Solveig. Entre autre, l'une de ses victimes. La kyréenne fraichement sortie du front est peu rassurée de se faire dévisager de la sorte ne compte pas ignorer son regard insistant.



Dernière édition par Solveig de Sovnheim le Mer 7 Fév - 13:08, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Sur son visage, l'héritage des morts    Sur son visage, l'héritage des morts  EmptyMer 7 Fév - 13:07

La journée touchait à sa fin, une journée interminable.

Après son entrevue avec Ljöta, elle avait erré dans la tour puis dans Lorgol avec toutes les difficultés du monde pour digérer tout ce qui s’était passé. Elle n’avait pas mangé le midi, encore plongée dans ses souvenirs. La stupeur la disputait encore avec l’angoisse. Absolue. Elle ne s’était pas attendue à ce que la princesse de Valkyrion lui fasse un si grand honneur. Sa vie avait été une suite sans fin de complications. Son enfance, passée dans la neige pendant que Ragnhild peinait à développer son petit commerce de peaux. Son départ pour Lorgol sans perspective d’avenir. La guilde des Guerriers intégrée sur un coup de chance. Elle pouvait continuer ainsi longtemps. Se retrouver propulser avec un rang militaire égal à celui d’officier et des moyens qu’elle jugeait quasi illimités, c’était un solide changement pour une vie menée comme la sienne. Un manoir. La princesse lui prêtait son manoir. Sans parler du médecin qui serait à disposition. Et l’armement. Elle devait se montrer à la hauteur.
Solveig le regard dans le vague, observait le sol devant elle. Son esprit était en ébullition. Ses fonctions n’étaient pas les seules nouvelles du jour. Ragnhild était encore en vie. Blessée mais en vie.
La file avança, elle fit machinalement de même. Elle n’avait pas quitté la ville haute, et après avoir marché sans but elle s’était arrêtée proche d’une place où dans une rue un marchand ambulant vendait quelques produits à avaler sur le pouce.

Elle avait songé à voir Alrik avant de se raviser. Pas maintenant, pas en étant aussi fébrile. Elle avait des choses à préparer. Comme la réparation de son armure. Elle devait aussi compter 7 jours avant qu’Archi soit amené à Lorgol ainsi que le bouclier qu’elle avait laissé, trop lourd pour être transporté avec elle en griffon.

Ses pensées enfin s’envolèrent vers l’Audacia. Elle devait aussi écrire une lettre pour Géralt et Vira. L’idée lui tira un sourire puis un froncement de sourcils. Ils étaient en fin de mois. L’hivernage devait avoir commencé. Si elle se rendait sur le port, elle pourrait s’en assurer. L’idée était tentante mais le jour mal choisi. Demain si on lui en laissait l’occasion.

« Et pour vous ? »

Son tour était arrivé, elle jeta un œil rapide à ses produits et demanda sans grande originalité quatre brochettes de volaille. Réveillée momentanément pour répondre aux besoins de son ventre mécontent, elle le sentie se plaindre furieusement à la seule idée de manger autre chose que les rations militaires dont elle s’était nourrie pendant trois mois. Elle ne prit pas la peine de trouver un banc. Dans la même rue, elle retira simplement ses gants renforcés pour manger contre un mur ses menus achats.

Peut-être cela faisait-il déjà un moment qu’il l’observait, mais ce n’était que maintenant qu’elle s’en rendait compte. Un homme, brun, bien bâti qui l’observait plus que de raison. La kyréenne luta de toute ses forces pour ne pas se saisir de son épée, elle était à Lorgol pas au front. Peut-être était-il un simple voleur de bourses. Il allait être sacrément déçu. Et désespéré. Elle n’avait que quelques pièces sur elle et n’avait pas quitté son armure lourde, elle n’en avait pas eu le courage. Elle avait déjà eu du mal à laisser son casque derrière elle.

Elle se força à manger comme si de rien n’était et se dirigea dans la direction de l’homme, bien décidée à l’attraper la main dans le sac.
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Gauthier Coeurbois
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Message Sujet: Re: Sur son visage, l'héritage des morts    Sur son visage, l'héritage des morts  EmptyJeu 8 Fév - 19:03

On aurait tort de croire que les assassins ne faisaient que tuer sans faire cas de qui périssait sous leur lame - ou, plus généralement, périssait de leur main -. Non. Être assassin requérait infiniment plus de  doigté et de finesse, et de compréhension humaine. Plus de vie, également. Jamais un assassin ne tuait pour tuer, ça non ! La mort ne venait que pour apporter la justice, déniée par les hommes, une justice divine que tous secrètement craignaient.
On aurait tort de penser que les accusés, toujours coupables, n'avaient pas de visage aux yeux des membres de la Confrérie Noire. Ils étaient un nom, un prix, une tâche à accomplir, pour les novices, ceux qui avaient encore en tête la vision extérieure un peu romancée des légendes qui couraient les rues. Plus l'enfant de la Sombre Mère prenait ses aises et suivait le chemin qui le mènerait à son rôle au sein de l'organisation, et plus il apprenait.
Chaque contrat, chaque cible, était plus qu'un homme. C'était une histoire à laquelle il ajoutait la dernière page, le mot de la fin. C'était une famille qu'il épargnait du courroux des dieux, leur soustrayant le créateur d'une malédiction. C'était une offrande, un sacrifice, pour que le monde puisse continuer de tourner rond.
Certains assassins n'oubliaient jamais ceux qu'ils avaient occis. Gauthier faisait partie de ceux-là.

Le Cibellan se souvenait de tous. De la dernière, une femme de la Ville Haute, noble parmi les nobles, qui était morte dans son bain: les sels avaient été remplacés par un mélange de sa composition, et il n'avait fallu que dix minutes pour qu'il pénètre suffisament et se mette à l'oeuvre.
Du premier, également, un kyréen massif qui aurait pu le tuer sur le coup. L'affaire avait été plus longue, le dosage presque maladroit, lui qui n'avait que peu l'habitude à l'époque. Il était mort la bave aux lèvres, son regard se fixant sur l'apprenti troublé qu'était Gauthier à l'époque.
Il se souvenait de tous. Même de ceux qui n'avaient rien de spécial.

Il se souvenait de tous. Il savait chaque sacrifice offert à Lida, chaque accusé remis entre les mains du Seigneur du Purgatoire. Aussi ne s'attendait-il pas, au sortir d'une journée exténuante à la garde urbaine - travail qu'il envisageait de plus en plus de quitter, tant il craignait de le perdre le jour où il aurait un apprenti - à croiser le visage de l'un d'entre eux.
Que le Dieu lui pardonne ce blasphème, mais Sithis aurait-il laissé s'échapper une âme ?
Assurément, à quelques pas de lui, en chair et en os - et en armure - se tenait Amaury de Sombrecoeur, mort il y avait maintenant 7 ans, en septembre 995. La même posture, froide et fière, presque kyréenne, les mêmes cheveux blonds. La taille différait peut-être légèrement. Mais surtout, ce qui le frappa, ce qui empêcha le quadragénaire de détourner son regard, c'était bien le sien.
Ces yeux, si profonds.
Ces yeux qu'ils n'oublieraient jamais, car il l'avait regardé avant de mourir. Dans ces iris, il avait vu danser la mort, il avait vu la vie fuir. Il avait vu une âme partir.

Alors comment pouvaient-ils encore lui rendre son regard sans ciller ? Pâle, plus qu'à l'accoutumée, Gauthier s'efforça de ne rien laisser paraître. S'il s'agissait d'un fantôme, c'était curieux.
S'il s'agissait d'autre chose... Il n'était pas sans défense. Jouant la sécurité, et se campant sur ses positions, il tenta de détourner le regard.
Il n'y arriva pas. Une part de lui voulait y revoir ce qu'il avait pu y croiser.
Que Lida le retienne, si l'envie se faisait trop puissante, car jamais il ne tuerait sans son accord.
"Belle journée, non ?"
Une question anodine, innocente, presque narquoise pour cacher sa tension alors qu'il s'appuyait un peu plus contre le mur. Journée comme les autres.
Fantôme comme les autres.



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Message Sujet: Re: Sur son visage, l'héritage des morts    Sur son visage, l'héritage des morts  EmptyDim 11 Fév - 20:56

« Lorgol n'est pas ton alliée
Lorgol est une amie contrariée
Sourit lui, qu'elle t'offre ses joies
Tourne lui le dos pour de l'effroi. »

Auteur inconnu – chanson populaire

C'est l'air de ce petit couplet qui résonnait dans le crane de la kyréenne. Elle avait adoré Lorgol comme il lui était arrivée de la détester. Sa diversité était autant une joie qu'une faiblesse, du meilleur des peuples, la ville avait réussi dans une impressionnante mosaïque à en tirer profit. Mais de tout ce qu'il y avait de pire aussi.
Impossible de ne pas faire taire la voix qui lui disait que l'homme pouvait autant être un voleur que quelque chose de bien pire. Bien pire.
Solveig n'avait rien contre les guildes qui peuplaient la ville aux mille tours, voleurs, assassins, guerriers, marchands et accessoirement pirates. Il y en avait encore une multitude d'autre. Elle n'avait jamais dédaigné une taverne sous prétexte qu'elle était plus visitée par telle ou telle guilde. Mais il était toujours foncièrement déplaisant d'attirer le regard de l'une d'elle.
Et ce regard que l'autre lui offrait stimulait parfaitement tous ses instincts de défense.

Son retour avait il offensé quelqu'un à Lorgol ? Ou était ce indépendant de la ville. Trois mois était ce suffisant pour qu'elle ait réussi a attirer les foudres vengeresse d'un Faë aillant perdu un être cher ? Elle ne pouvait se convaincre qu'elle faisait preuve de paranoïa.

« Météo hein. »

Le regard bleu océan de la skjaldmö refusait de lâcher celui de l'autre. Mordant dans la dernière de ses brochettes, elle laissa planer un silence pesant avant de lâcher les bâtonnets inutiles qu'elle tenait encore fermement à même le sol.

« Je n'ai pas pu m'empêcher de croire que je vous avais peut être offensée d'une quelconque manière .Vous me regardiez avec beaucoup d'insistance, je me suis dépêchée de venir vous offrir mes excuses si vous pouviez m'expliquer mon tort. »

Son visage crispé par la contrariété laissa place progressivement à un semi sourire. Elle était au top de ce qu'elle pouvait proposer. Il y a quelques mois encore elle aurait été capable de mieux, beaucoup mieux, elle lui aurait donné tout ce qu'il aurait pu désirer. Des sourires suaves, des œillades amicales, des mots placés avec finesse.
Elle ne savait pas si un jour elle retrouverait cette souple manipulation qui caractérisait le peuple de Lorgol. Mais n'était ce pas l'occasion de s'exercer ?
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Message Sujet: Re: Sur son visage, l'héritage des morts    Sur son visage, l'héritage des morts  EmptyLun 12 Fév - 13:44

L'illusion aurait pu durer encore des heures. Il aurait pu la fixer, discrètement - ou non, Gauthier n'avait pas le regard discret -  pendant longtemps. Il aurait été largement capable de ne pas détourner les yeux, voir de la suivre, cette silhouette, histoire de se rendre compte de si elle disparaissait dans un mur ou s'évaporait mystérieusement. Il aurait pu y croire pendant des jours, des années même ! Horrible sensation, que celle de penser qu'il avait laissé s'échapper une cible. Pourtant, à bien y réfléchir, il n'y avait que peu d'échappatoires au poison... Voire aucune. Si le corps ne réagissait pas assez violemment pour tuer, il était quasiment impossible de s'en remettre.
Bien sûr, cela aurait impliqué qu'un assassin de plein droit, et ce depuis six ans lorsqu'il s'était rendu en Bellifère, avait fait une erreur.
Et Gauthier. Ne commettait pas. D'erreur. Aucun assassin n'en commettait.

L'illusion, en effet, aurait pu durer des heures... Si la personne en face de lui n'avait pas parlé. Le timbre de sa voix, parmi les brumes de la paranoïa latente et la peur d'avoir déçu sa déesse et son consort, lui permit de la placer. Définitivement, il ne s'agissait pas d'Amaury de Sombrecoeur : sauf si le poison dont il avait miraculeusement réchappé lui avait décapé les cordes vocales au point de lui transformer sa voix à ce point. Avant de mourir, quelques heures avant, il avait échangé des mots avec l'assassin venu ravir sa vie, et le Cibellan avait retenu la voix rocailleuse qui butait sur certaines syllabes, les étirant pour mieux vous détruire dans un rythme effréné après.
C'était une belle voix. Surtout lorsqu'elle cherchait à appeler à l'aide, et à maudire sur une quinzaine de générations son meurtrier.
Instinctivement, il s'était détendu, le quadragénaire. Ce n'était pas Amaury en face de lui : il n'avait pas failli. S'il devait s'avancer encore plus, même, il pourrait même émettre l'hypothèse qu'il s'agissait d'une femme. Sa soeur, peut-être.
Non, jamais une belliférienne ne se retrouverait en armure : à l'inverse des Cibellans, bien assez intelligents pour connaître la dangerosité des femmes armées, les Bellifériens... Etaient des gens stupides. Pas belliférienne, donc. Lorgoise ? Kyréenne, peut-être ?
Mais en ce cas, d'où venait cette ressemblance prodigieuse avec un noble du duché de la guerre qui n'avait certainement pas un nom dudit duché ?

Son visage se détendit quelque peu, mais ses yeux jamais ne quittèrent vraiment le visage de l'inconnue. Définitivement trop de similitudes pour qu'il n'y ait rien.
"Oh, non." La surprise passa dans son regard. Il restait sur ses gardes : des fois qu'elle prenne ombrage... "Non, du tout. Pardonnez-moi, je ne voulais pas vous donner cette impression. C'est juste que vous ressemblez énormément à quelqu'un que j'ai connu. "
Et elle lui avait flanqué une peur bleue, au passage. Il se décolla légèrement du mur - seul le sot se fie au mur, surtout en ayant un guerrier en armes devant soi. "A un point légèrement effrayant par ailleurs. "

Il devait savoir. Il avait besoin, absolument. Ce regard l'obsédait. Alors qu'il le croisait à nouveau, il pouvait y revoir la dernière étincelle de vie qui s'accrochait, des années plus tôt. Il pourrait tellement le revoir, à nouveau...
Pas ici.
Pas avec elle, illustre inconnue, à qui il souriait avec calme malgré la tempête qui voilait ses iris glacés, prévenant de ce besoin de mort qui couvait en lui. "Mais peut-être me suis-je trompé. Auriez-vous de la famille en Bellifère ? "



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Message Sujet: Re: Sur son visage, l'héritage des morts    Sur son visage, l'héritage des morts  EmptyLun 26 Fév - 11:59

Apparemment lui adresser la parole venait de le sortir d’une certaine torpeur. C’était déconcertant, tout chez cet homme lui échappait et lui laissait un arrière-gout aigre. Elle avait toujours su juger les gens avec une assez grande justesse. Sur quelques points précis tout du moins. Mais voilà, rien chez son interlocuteur ne semblait raisonner juste quand elle formait une hypothèse. Quelque chose venait fausser leur face à face et elle était bien incapable de mettre le doigt sur l’élément perturbateur. Si on lui avait dit à Solveig qu’il avait douté de son genre, peut-être en aurait-elle rigolé, si inconsciente de l’image qu’elle renvoyait. Mais puisqu’elle avait soigneusement échappé aux miroirs et aux reflets des vitrines, elle ne pouvait savoir à quel point son visage renvoyait tout mais surtout autre chose que ses traits féminins. Des traits brouillés et esquintés.
Toutefois, elle put enfin noter sans trop se tromper la surprise de ses mots sur l’homme. Qui lui donna enfin un élément de réponse.

Encore ! A croire que tout Arven connaissait mieux ses ascendants qu’elle-même. Mais était-ce si étonnant ? Sa tante n’avait-elle pas été une voltigeuse réputée ? Cette pensée raisonnait bizarrement en elle mais elle n’en demeurait pas moins vrai. Un certain nombre d’habitants de la citée devait l’avoir vu ou moins connu. Avec le recul c’était peut-être un hasard incroyable qu’elle n’ait pas eu à rencontrer plus tôt des personnes l’ayant côtoyé. Et d’après les réactions de la maigre quantité ayant osé la dévisager, la ressemblance devait être saisissante.

De nouveau sur ses gardes, toujours contrariée de voir le souvenir des morts ressurgir sans crier gare à la simple vision de son visage, Solveig détailla d’avantage celui qui lui faisait face. Il était beau, c’était indubitable et d’une carrure qui laissait entrevoir des muscles entretenus. Mais à en juger l’absence d’épée à ses côtés, il n’était pas un guerrier. Voltigeur ? Cette nouvelle possibilité la fit réfléchir sérieusement mais elle l’écarta. Non. Les voltigeurs avaient cette aura… de ceux qui se montrent avec assurance. Le quadragénaire avait réussi à échapper longuement à sa vigilance. Même si elle n’avait pas fait spécialement attention à autre chose que ses pensées, elle aurait dû être capable de s’apercevoir bien avant qu’on l’observait. La guerrière revint donc sur ses premières hypothèses faussées par leur but. Il était de la Cour des miracles ou d’une guilde plus discrète encore. Elle devait faire attention. Surtout d’un homme conscient que rester d’avantage collé à un mur était une terrible idée. D’un sourire sans joie, elle répondit à sa réplique avec une ironie similaire.

« Plus effrayant pour moi que pour vous. »

Il continuait de la dévisager, insistant, avec un regard brulant qui en aurait fait rougir plus d’une. Mais ici il était difficile de se tromper. Son regard de glace fouillait dans l’océan de ses yeux à la recherche de réponses qu’elle se gardait bien de donner trop rapidement.

« C’est une éventualité, c’est ce qu’on m’a dit ».

Peu bavarde mais n’aurait ce pas été idiot de parler de sa famille à un parfait inconnu ? Elle avait la sensation qu’un jeu avait commencé entre eux. A celui qui soutirerait le plus d’informations de l’autre sans trop en livrer sur soi.

« Seriez-vous originaire de ce duché ? »

Lui offrant un sourire plus joueur et moins recherché, elle se refusait à baisser les yeux ne serait-ce qu’un instant.

« A bien vous observer, mon effrayante ressemblance avec vos souvenirs ne semblent pas vous ravir. »

Le choix des mots. Une arme aussi redoutable que de l’acier.

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Message Sujet: Re: Sur son visage, l'héritage des morts    Sur son visage, l'héritage des morts  EmptySam 3 Mar - 0:01

Ne pas laisser aux autres un quelconque avantage sur toi. C’était ce genre de conseils qui résonnaient, de temps en temps, entre les temps de Gauthier. Des conseils farfelus, quelque peu loufoques, dont il ne connaissait certainement pas la provenance. Il aurait voulu, bien sûr. Mais jamais, ni au cours de son apprentissage, ni avant quand il était un simple homme – depuis, il était presque plus. Un homme au service des Dieux et de la Justice, qui prenait toujours dans sa bouche de J majuscule – n’avait-il entendu cette phrase. Les mots étaient une chose bien trop curieuse, à laquelle il tenait de ne pas se raccrocher plus que de raison. Surtout quand tout ce qui importait à nos yeux était de faire taire certain mos à jamais. Les mots, Gauthier ne les maîtrisaient pas. Il avait une légère idée de comment ceux-ci s’agençaient, en de certains cas bien précis. Mais autrement…. Autrement, ceux-ci restaient à ses yeux de simples outils. Ils n’avaient pas la malléabilité des substances dangereuses qu’il savait mélanger, pas la douceur de ces plantes qu’il connaissait par cœur. Définitivement, les mots lui restaient presqu’étrangers.
Loin d’être une arme qu’il saurait manier. Chose compliquée, d’ailleurs, quand tout l’affrontement qui allait se dérouler sous l’apparente couche de civilité passerait par ces mots. Car, oh oui ! Il en était sûr. Certain même. Leur combat serait par les mots.
Son regard soutenant toujours le sien, sans réussir à s’en détacher, il l’écoutait. Il était beau, empli de vie, ce regard aussi. Mort, il avait eu un certain charme, quelque chose d’attirant. Vivant, c’était une autre énergie qui s’en dégageait : toute aussi attractive, elle y combinait quelque chose de plus indompté. La vie, peut-être. Fascinant. Etrange et fascinant.
Un sourire passa sur son visage.
« Effrayant, oui. En dix ans, ne pas changer d’un seul cheveu, d’un seul pouce… Vous êtes une copie conforme. C’est bien assez effrayant comme cela. »
Surtout quand l’original reposait désormais dans un caveau familial, ossements intacts mais corps décomposé depuis longtemps. Ca devait puer, là-bas dedans. Puer, et grouiller de vers. Ils en avaient, des idées stupides, en Bellifère.

Lorsqu’elle confirma avoir, possiblement - ? – de la famille en Bellifère, il hocha la tête… Avant d’étouffer un juron, devant ses phrases. Et de ravaler la fin de la sienne en voyant son sourire. Définitivement, les morts ne souriaient pas comme ça. Son visage était mieux en mouvement.
L’apothicaire sentait le jeu qui se dessinait sous leur échange. Avec plaisir, fut sa réponse muette. Il jouerait, avec l’inconnue sortie du passé, à qui en apprendrait le plus sur l’autre. Il jouerait, pour elle comme pour lui.
« Grands Dieux, non, je ne viens pas de Bellifère. » s’ amusa-t-il en passant sa main. « Je suis d’ici. » Il n’avait plus de patrie. Que la Confrérie. « Mais il m’est arrivé de m’y rendre, pour accompagner quelques amis. » Les accompagner dans une demeure qu’ils ne quitteraient pas de sitôt.

Décidément, plus d’un mois après sa promotion, il n’avait toujours pas coupé ses cheveux… Si bien qu’ils atteignaient désormais une longue plus que respectable. Sa tête se pencha.
« Cette ressemblance étonnante me surprend, surtout. Vous dites qu’il s’agirait d’une éventualité ? Ecoutez la parole de l’homme que je suis, même si vous n’y accordez pas d’importance : vous avez des racines en Bellifère. C’est obligé. Jamais il ne m’a été donné de voir pareil visage, dame…. ? »
Le mouvement le plus joueur.
S’il avait un nom, il pouvait comprendre. Son sourire était toujours là, charmeur. Il ne cédait aucune information qui ne soit véritablement vraie. Mais rien de faux non plus.



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