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 Même nos rêves ne sont plus sûrs

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La Confrérie Noire
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Gauthier Coeurbois
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Message Sujet: Même nos rêves ne sont plus sûrs   Même nos rêves ne sont plus sûrs EmptyJeu 8 Fév - 12:59


Livre III, Chapitre 2 • De Plume et de Serre
Victorine Hallebarde & Gauthier Coeurbois

Même nos rêves ne sont plus sûrs

Où Victorine confie ses rêves. Enfin, l'un d'entre eux.



• Date : 5 février 1003
• Météo (optionnel) : FROID. :argh:
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Une soirée plutôt calme, la Chasse Sauvage bien loin de la cité aux Mille Tours, et deux assassins qui se retrouvent pour discuter. Discuter de tout, n'importe quoi... Et pourquoi pas d'un rêve étrange, survenu quelques jours plus tôt dans la vie de Victorine ?
• Recensement :
Code:
• [b]5 février 1003 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3345-meme-nos-reves-ne-sont-plus-surs]Même nos rêves ne sont plus sûrs[/url] - [i]Victorine Hallebarde & Gauthier Coeurbois[/i]
Une soirée plutôt calme, la Chasse Sauvage bien loin de la cité aux Mille Tours, et deux assassins qui se retrouvent pour discuter. Discuter de tout, n'importe quoi... Et pourquoi pas d'un rêve étrange, survenu quelques jours plus tôt dans la vie de Victorine ?




#5E0021
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Message Sujet: Re: Même nos rêves ne sont plus sûrs   Même nos rêves ne sont plus sûrs EmptyJeu 8 Fév - 13:04

Les jours avaient peinés à s’organiser, au début, depuis les funestes événements de l’Académie.  Depuis que le malheur s’était abattu sur tout Arven, comme une lourde chape étouffante,  oppression juste qui touchait chacun et chacune. Depuis la libération de la Chasse Sauvage : une menace que tous craignaient, de l’enfant qui peinait à s’endormir au nanti qui se gavait de breuvages à moitié légaux – pourvu qu’il puisse échapper aux Cavaliers et à leur horde une fois encore -. Au début, tous étaient perdus, incertains d’où la mort frapperait dans la nuit : les textes n’avaient pas su, ou pu, renseigner ceux à la recherche de connaissances dans un premier temps. Non, l’organisation et la connaissance étaient venues de la pratique, des murmures dans les rues, soucieux de préserver ceux de la Ville Basse. Pour la Ville Haute, Gauthier n’avait aucune certitude, mis à part les gardes et les autres apothicaires, il ne fréquentait plus guère le monde scintillant des plus hautes tours.
Les gestes, les réflexions également, étaient devenus quotidiens : s’endormir quand tombait la nuit, et surtout garder une oreille attentive quant à la position du dernier trépassé dans son lit. On ne savait jamais où la Chasse était exactement, mais ils n’étaient pas mages : se déplacer d’un bout à l’autre du continent leur était, dans une nuit, impossible.

Bien évidemment, pour le nouvel Adepte comme pour toute la Confrérie, ce mal avait sur leur engagement auprès de la Sombre Mère quelques incidences : les missions au cœur de la nuit revêtaient une allure de course contre la mort. Eux qui, pourtant, évoluaient pour plaire à Lida et à Sithis en leur offrant ces morts justes jouaient là un rôle de proie. Et ils étaient bien peu, dans les Filles et Fils de la Nuit, à apprécier la situation. Leur ouverture à la justice, à la véritable justice, les mettaient naturellement en position à être poursuivis par ceux qui y étaient encore aveugles ; c’était une sensation comme une autre, un talent anodin pour un assassin d'échapper à ces aveugles pour mener à bien leur mission.
C’était autre chose d’être poursuivi par des créatures millénaires cherchant le chaos et juste la mort. Situation agaçante.
En conséquence, chacun avait dû s’adapter… Du mieux qu’il pouvait.
Gauthier avait survécu jusqu’à ce mois de février, en tout cas. Il avait survécu, dormant autant qu’il le pouvait, planifiant ses déplacements autant que possible et toujours, toujours ! avec l’opportunité de s’endormir glissée dans une des sombres poches qu’avait sa cape. Dormir, c’était presque mourir.
Il n’avait jamais testé sa propre potion, jusque-là, et espérait ne pas avoir besoin d’y recourir.  

Il avait survécu, au moins jusqu’à cette froide soirée de début février. Aux dernières nouvelles, la Chasse était loin, bien loin. Mieux valait ne pas s’attarder en pleine taverne de nuit, mais il ne comptait pas y rester extrêmement tard.
Il attendait, le Cibellan. Il attendait l’une de ses consoeurs, croisée au détour d’un couloir, pour l’avoir invitée à le rejoindre ici.
Il voulait, simplement, savoir comment celle-ci se portait : d’abord, car la communication était essentielle entre Adeptes, même d’aspects différents. Ensuite parce qu’il la connaissait depuis bien assez longtemps pour chercher à prendre de ses nouvelles, quand ils étaient tous deux à Lorgol. Pour une fois qu’il n’était pas à courir pour remplir un contrat, où à l’autre bout de Faërie… Malgré la Chasse. Malgré tout.
Ils auraient une soirée pour discuter. De tout. De rien. De cette fonction qu’ils partageaient, elle et lui. De leurs espoirs.
De leurs rêves ?




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Message Sujet: Re: Même nos rêves ne sont plus sûrs   Même nos rêves ne sont plus sûrs EmptyMar 13 Fév - 19:49

Il y a la lame, qui s'enfonce dans son coeur.
Il y a les crocs des chiens, qui s'enfoncent dans sa chair.
Il y a cette sensation d'étouffement, qui l'étreint dans son sommeil.

Depuis quelques jours, Victorine se réveille, avec cette impression trop familière de mort au-dessus de sa tête. Pas celle qu'elle inflige, non. Celle qu'elle a vécu. Une mort, des morts. Et c'est avec une fascination plus grande que la peur qu'elle les revit au creux de ses songes, comme une artiste assistant enfin à sa propre représentation, comme un artisan profitan enfin de son savoir-faire ; un comédien ne rêverait-il pas de se voir sur scène ? Un bijoutier ne voudrait-il pas posséder certaines de ses oeuvres ? L'Adepte a eu l'occasion de mourir, et de mourir encore. Elle a senti le froid de la lame qui la transperçait, elle a senti son souffle s'arrêter. Elle a accueilli la mort comme une amie, avant d'être renvoyée dans ce rêve incompréhensible dans lequel elle n'était pas seule. Car elle en a bien parlé à Shahryar, présent lui aussi, conscient lui aussi de tout ce qu'il s'est passé. Véritable rêve ou hallucination collective ? L'Adepte songe à tout ce qu'il s'est passé, à cette potion prise avant de s'endormir, et son front se plisse sous la réflexion.

Car elle dort de jour, habituellement, la Belliférienne. La nuit est son domaine, celui où elle vit, celui où elle agit. Comme son Écoutante, en un soutien indéfectible, elle est présente dès que se lèvent les lunes jumelles et se rendort avec elles. L'arrivée de la Chasse Sauvage rend son quotidien bien plus compliqué ; elle est toujours là, fidèle au poste, mais il y a toujours cette inquiétude à veiller sur ses frères et soeurs de la nuit, alors que cette menace pèse sur eux tous. Elle n'aime pas ça, elle n'aime pas cette sensation de perdre le contrôle et elle aime encore moins l'incertitude. Alors elle a acheté ces potions, simplement pour palier à toute éventualité. Elle en acheté plusieurs, pour elle mais pas uniquement. En cas d'urgence, peut-être auraient-ils le temps d'en avaler quelques gorgées, mais rien n'est moins sûr et Victorine doit se contenter d'un peut-être, là où elle aurait préféré une certitude. Il y a la mort qui rôde, et pour une fois, ce n'est pas uniquement de leur fait.

Croiser Gauthier dans les couloirs de la Tour Noire a été ce qu'il lui fallait pour vouloir tirer cette affaire de potion au clair. Discuter avec son homologue du Poison est toujours un plaisir pour la Lame, mais elle aimerait avoir quelques réponses, tout de même. Le rendez-vous a été pris, quelques heures avant que Victorine ne prenne son service auprès de Lia, quelques heures durant lesquelles la nuit tombe déjà, puisque l'hiver des terres du nord n'épargne pas ses habitants.

Quand l'assassin parvient à la Taverne de la Rose, son ami est déjà présent et les lieux se vident déjà ; peu osent encore s'attarder alors que le soleil est si bas dans le ciel. Un sourire franc fend les lèvres de la jeune femme quand elle s'assoit en face de lui. « Bonsoir Gauthier. » Elle s'appuie contre le dossier de sa chaise avec décontraction. Elle aime cet endroit, c'est ici qu'elle a démarré sa vie de femme libre, c'est ici qu'on lui a donné sa chance. Une serveuse trotte jusqu'à leur table et Victorine lui demande un thé fort – pas d'alcool avant de démarrer une veille. Elle laisse son ami demander ce qui lui fait plaisir puis attend que la jeune femme s'éloigne. « Comment vas-tu depuis la dernière fois ? Beaucoup de travail dans ton secteur ? » Pas de mention de leurs aspects, pas ici, elle ne se le permettrait pas.
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Message Sujet: Re: Même nos rêves ne sont plus sûrs   Même nos rêves ne sont plus sûrs EmptyVen 16 Fév - 20:17

Gauthier s'intéressait, de manière innocente, toujours à ce qu'il se tramait au coeur de la tour où il résidait. On n'entendait pas par là qu'il prenait plaisir à aller débusquer qui dormait au creux des draps de qui, heureusement - il avait, somme toute, bien peu d'intérêts dans ce genre d'histoires -, mais juste... Connaître les histoires. Savoir pourquoi une petite apprentie ne souriait plus comme avant. Pourquoi l'archiviste quelquefois avait son regard qui s'égarait, lorsqu'elle sortait le nez de ses livres. Pourquoi un assassin de la Corde, grand ami, était étrangement joyeux en voyant des chaînes - pour ce dernier point, Gauthier avait quelques idées. Juste savoir, connaître les gens. C'était ce point-là, presque trois décennies plus tôt, qui l'avait poussé sur les routes d'Arven. Les dieux étaient le reflet des hommes, en un sens. Vouloir les comprendre ramènerait forcément à comprendre l'humanité.
Gauthier s'intéressait fortement au bien-être des gens qui lui étaient chers, et, quand il avait pu croiser Victorine dans les couloirs son instinct lui avait soufflé que quelque chose la tracassait. Il n'aurait pas pu dire quoi, car de loin, elle semblait la même. Et peut-être n'était-ce rien !
Mais dans le doute... Dans le doute, parler faisait toujours du bien.

Lorsqu'elle était arrivée, Gauthier était attablé à une place à laquelle il avait l'habitude de s'asseoir : il était souvent venu par ici, et pendant le bref séjour de Gisèle à la taverne, il s'asseyait là avec sa soeur pour l'observer dessiner.
"Victorine. " Il lui offrit un sourire en retour, confortablement installé. Pour ne pas dépareiller, il la suivit dans sa demande de thé : il n'a pas spécialement de soif d'alcool à épancher. Un thé, pour une conversation confortable, ferait l'affaire. "Avec l'hiver bien installé, les choses changent. Comme à chaque hiver. Et avec ce qui a été libéré... " Comme si le nom pouvait leur apporter le malheur. "Je dois t'avouer qu'il est plus compliqué de mon côté de travailler efficacement. "
Certaines plantes aux vertus curatives devaient être préparées sous la lumière des lunes, c'était bien connu des apothicaires.
Voyons.

Il pencha légèrement la tête en avant, un mèche lui tombant devant les yeux. A cette époque de l'année, elles reprenaient de la longueur et balayait la moitié de son cou. Bientôt, il devrait les couper. Avec un soupir, il la repoussa derrière son oreille. C'était beau, les cheveux longs - il adorait sa chevelure -, mais d'un entretien...
"Et toi ? Est-ce que tout se passe bien ? Je sais que tes occupations te tiennent éveillée quelquefois. "
Il ne demandait pas, le Cibellan, si elle avait peur. Quelle idiotie. Si elle avait peur, c'était justifié, et il n'irait pas se moquer d'elle.
Non. Il voulait savoir comment elle le vivait. "Est-ce que tu t'en sors ? Je voulais venir te tenir compagnie, ces derniers jours, mais j'ai eu quelques empêchements. "

Entre sa soeur à qui il rendait des visites régulières - l'atmosphère ne la rassurait pas, il fallait dire - et ses préparations, il n'avait pas eu le temps d'aller tenir compagnie à ceux qui veillaient. Il le faisait, quelquefois, de s'incruster dans un bureau avec quelques gâteaux et des boissons chaudes pour tenir la nuit. Sans les distraire de leur travail, juste rompre la monotonie.
"Et, plus important encore, est-ce que tu vas bien ? "
Mentalement, physiquement. De toutes les manières possibles, parce que Gauthier s'inquiétait pour elle comme pour toutes ses consoeurs.



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Message Sujet: Re: Même nos rêves ne sont plus sûrs   Même nos rêves ne sont plus sûrs EmptyVen 9 Mar - 22:20

L'ambiance chaleureuse de la Taverne de la Rose et la compagnie tranquille de Gauthier parviennent à lui faire retrouver un peu de l'apaisement qui l'a quittée ces derniers jours. Dire qu'elle ne s'inquiète pas au sujet de la Chasse Sauvage serait mentir, mais au-delà de l'inquiétude pour sa propre vie, il y a bien entendu celle pour les Fils et Filles et la nuit. Victorine éprouve une confiance aveugle et un dévouement sans limites envers la Sombre Mère et le Sans Visage, et si les deux décident que c'est leur heure eh bien... qui est-elle pour les contredire ? Elle n'en reste pas moins vigilante, prête à défendre ceux qui, comme elle, on fait serment de faire régner une vraie justice sur le continent. La Chasse Sauvage ne rend pas justice. Elle frappe, au hasard, faisant régner la terreur et la mort sur son passage. Une perspective fascinante pour l'Adepte, mais tout aussi dérangeante. Il faudra pourtant bien qu'ils composent avec, à présent. Qui sait pour combien de temps cette menace rôdera sur Arven ?

Victorine se rend attentive aux paroles de son estimé collègue. Elle a toujours apprécié leurs discussions, depuis des années. « Avec l'hiver bien installé, les choses changent. Comme à chaque hiver. Et avec ce qui a été libéré... Je dois t'avouer qu'il est plus compliqué de mon côté de travailler efficacement. » Un léger pincement de lèvres appuie sa réponse ; elle s'en doutait, sa branche n'est pas la seule à être touchée. Ceux qui oeuvrent sous les mille yeux de Valda sont ceux qui ont le plus à craindre et ceux qui parcourent les chemins de Volga savent qu'il ne fait pas bon rester dehors à la tombée de la nuit. Tant d'habitudes bouleversées, tant d'obstacles à contourner. Rien n'arrête les assassins, mais tout cela reste une épine dans leur pied.

Quand leurs boissons arrivent, l'Adepte donne quelques pièces à la serveuse et remue un peu son thé en laissant ses yeux s'égarer dans la salle loin d'être bondée. Les commerçants aussi, doivent avoir vu leurs revenus descendre en chute libre, c'est bien malheureux. « Et toi ? Est-ce que tout se passe bien ? Je sais que tes occupations te tiennent éveillée quelquefois. » Son regard vient se poser sur celui de son homologue du Poison. Il est si attentif, l'assassin, si perceptif. Elle ne répond pas, si ce n'est d'un tressaillement du coin des lèvres. « Est-ce que tu t'en sors ? Je voulais venir te tenir compagnie, ces derniers jours, mais j'ai eu quelques empêchements. » Victorine fait un bref signe de tête. « C'est très aimable à toi, mais tu n'as pas à t'excuser. » affirme-t-elle sans sourciller. Sa tasse rejoint ses lèvres et elle goûte au thé qui réchauffe doucement ses mains. « Et, plus important encore, est-ce que tu vas bien ? » La question la fait doucement sourire par sa sincère préoccupation. Inutile de tourner autour du pot, songe-t-elle.

« Vivre la nuit n'est pas toujours simple en ce moment. On est fidèle au poste, mais c'est comme si... l'atmosphère était chargée d'angoisse. Il n'y a pratiquement pas une nuit à Lorgol où la rumeur de la présence de la Chasse ne court pas sur les pavés. » Un nouveau soupir et elle pose sa tasse sur la table, avant de retrouver le regard de l'assassin. « Mais ce n'est pas ce qui me tracasse en ce moment. As-tu déjà entendu parler de potions qui permettraient de partager ses rêves avec d'autres personnes ? » Bien que ce ne soit pas son domaine, peut-être en a-t-il entendu parler ? Elle espère obtenir au moins un début de réponse, ou quelque chose qui lui permettrait de comprendre ce qu'il s'est passé. Ca semblait si réel.
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Message Sujet: Re: Même nos rêves ne sont plus sûrs   Même nos rêves ne sont plus sûrs EmptyVen 16 Mar - 13:14

Lorgol avait toujours été sa ville, quoi qu’il arrivât. Sa seconde maison, là où Gauthier avait réellement trouvé le sens de sa vie. Et si, de Cibella, il conservait les morales et les pensées, il ne se revendiquait que de Lorgol. Cité des peuples libres, cité de la Confrérie. Territoire neutre pour celui qui appliquait une justice équitable. Sa cité, sans y être né, et pour toujours.
Malgré les conflits, malgré le climat de peur. Malgré la menace libérée qui arpentait les cieux et qui pouvait venir frapper aux portes des tavernes pour emporter l’imprudent, qui se risquerait même dans la tour des filles et fils de Lida… Car même eux n’étaient pas assez fous pour chercher à leur ravir leur proie. Jusque-là, ils n’avaient eu aucune victime à déplorer. Gauthier l’aurait su, le cas échéant, tout finissait par se savoir quand vous viviez avec une telle communauté.
Le thé revigorait l’homme qui commençait, dans l’atmosphère paisible de la salle, à sentir une légère somnolence s’installer. La fine frontière entre bien-être et endormissement, presque intangible, s’éloigna. Rien que la chaleur, presque brûlante, réussissait à le retenir dans sa concentration et son inquiétude pour son amie. Evidemment qu’il s’inquiétait. Qui ne s’inquiéterait pas, de savoir qu’un être pour qui on avait de l’amitié passait toutes ses nuits éveillées ?

« Je passerai un soir prochain. » souffla-t-il, avec un haussement d’épaules. Qu’elle ne finisse pas seule, à imaginer des ombres venues là pour lui rappeler de mauvais souvenirs. La nuit avait cet effet, en hiver, et d’autant plus avec ce qu’il se passait.
Le breuvage glissa entre ses lèvres, anesthésiant pour un court instant par sa chaleur sa bouche et y laissant une sensation bienvenue, difficile à décrire. Les doigts toujours sur la tasse, il l’écoutait, sans vraiment la lâcher du regard plus que de raison. Observer, comprendre d’où venait cette impression que quelque chose n’était pas à sa place, sans pouvoir mettre le doigt sur quoi exactement.  
Le Cibellan n’eut pas le temps de la rassurer sur les rumeurs, souvent infondées – on offrait le soutien que l’on pouvait – que déjà leurs yeux se rencontraient. Les mots qui suivirent le laissèrent songeur. Intéressé, mais songeur. Sa tasse se reposa sur la table, délicatement, alors que tout son esprit se mettait en branle, cherchant furieusement.

«  Certains y avaient songé, des années de ça. Je ne me souviens plus exactement quand, mais des rumeurs circulaient à propos de potions qui auraient lié… Je ne sais plus. La rumeur avait traîné à l’apothicairerie, principalement parce que le chef des gardes en avait fait les frais et était revenu avec… » Il secoua la tête. Pas besoin des détails, ce n’était pas sa question.
« Ca ne fonctionnait pas, quoi qu’il en soit. C'était un charlatan. » Reprenant une gorgée de thé, il la fixa. « Ce ne sont que des rumeurs de fausses potions. Je suis pas mage, cependant, mais si quelqu’un pouvait le faire… Avec une excellente maîtrise de sa magie, et le soutien des bonnes plantes pour l’endormissement, je suppose que ça serait possible. Dangereux, mais possible. » Un doute traversa son esprit, s’y incrustant sans qu’il ne puisse s’en défaire. « Pourquoi ? »




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Message Sujet: Re: Même nos rêves ne sont plus sûrs   Même nos rêves ne sont plus sûrs EmptySam 31 Mar - 12:04

« Je passerai un soir prochain. » Un sourire plus doux passe sur ses lèvres, dans la complicité fugace de quelques mots, dans la gratitude discrète d'un regard. Il y a une sincère sollicitude dans la promesse de l'Adepte qu'elle aime retrouver à chacune de leurs rencontres ; elle aime cette honnêteté, cette vigilance consciencieuse, loin d'être condescendante ou paternaliste, rien qu'une préoccupation véritable pour celles et ceux qui partagent sa profession – plus que ça, ses convictions. Gauthier a l'amour du travail bien fait, comme elle peut l'avoir, et son sérieux dans son aspect force l'admiration de la Belliférienne qui cherche parfois sa compagnie lorsqu'elle désire échanger de chose et d'autre. Ce soir est l'un de ces moments, bien qu'il soit celui qui ait proposé une rencontre à la Taverne de la Rose. Et puis, elle a de nombreuses interrogations qui nécessitent des réponses claires, des réponses qu'il peut peut-être lui donner.

Il semble quelque peu intrigué, son homologue, quand elle lui pose sa question. Il réfléchit avec sérieux, dans le silence qui s'installe, et elle porte son thé à ses lèvres sans interrompre un instant le fil de sa réflexion. L'homme a beaucoup voyagé, il a parcouru les terres d'Arven, il a rencontré bien des personnes. S'il en est bien un qui a entendu parler d'un tel phénomène, c'est bien lui. Et c'est avec attention qu'elle suit le fil de sa pensée.

« Certains y avaient songé, des années de ça. Je ne me souviens plus exactement quand, mais des rumeurs circulaient à propos de potions qui auraient lié… Je ne sais plus. La rumeur avait traîné à l’apothicairerie, principalement parce que le chef des gardes en avait fait les frais et était revenu avec… » Avec ? Victorine hausse un sourcil, perplexe. Plus intriguée, elle se penche un peu plus en avant pour écouter la suite de ses paroles, comme surprise qu'il ait une réponse à lui apporter à ce sujet. « Ca ne fonctionnait pas, quoi qu’il en soit. C'était un charlatan. » La déception est lisible sur le visage de l'Adepte, qui se retient de pousser un soupir de dépit. Ce n'est pourtant que partie remise. « Ce ne sont que des rumeurs de fausses potions. Je suis pas mage, cependant, mais si quelqu’un pouvait le faire… Avec une excellente maîtrise de sa magie, et le soutien des bonnes plantes pour l’endormissement, je suppose que ça serait possible. Dangereux, mais possible. » Circonspecte, elle fronce les sourcils avant de fixer son regard sur le breuvage fumant. Des plantes. De la magie. « Pourquoi ? »

Elle relève les yeux pour harponner ceux de l'assassin. Les mots ne suffiront pas, il en voudra plus. De sa poche, elle sort une fiole qu'elle dépose sur la table. « C'est une potion dont on m'a vanté les mérites, censée endormir instantanément pour protéger toute personne de la menace de la Chasse Sauvage. » La fiole ne paie pas de mine, elle ne sort pas de l'ordinaire, pas plus que ce qu'elle contient au premier abord. Pourtant, il ne faut guère se fier à son apparence inoffensive. « Je m'en suis procurée plusieurs, simplement au cas où. Je voulais pouvoir agir vite si quelqu'un en avait besoin dans la tour, durant la nuit. Mais elle n'a pas vraiment eu l'effet que j'attendais. » Elle baisse alors la voix, comme pour échanger un secret. « J'ai fait un rêve plus vrai que nature, et je n'étais pas seule dedans. D'autres assassins s'y trouvaient, mais aussi de nombreux inconnus. Ca semblait si réel, et les autres s'en souviennent aussi, des mêmes lieux, des mêmes personnes, des mêmes détails. » Elle s'interrompt, visiblement songeuse. « Ca ne peut pas être une coïncidence. » déclare-t-elle finalement, la voix ferme. Elle ne croît pas aux coïncidences.
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Message Sujet: Re: Même nos rêves ne sont plus sûrs   Même nos rêves ne sont plus sûrs EmptyDim 1 Avr - 17:43

La question de son amie avait plongé Gauthier dans une profonde réflexion, quant aux évènements rapportés quelquefois. Quand on était malade, mais que la journée alité coutait plus cher que le solde gagné en travaillant, un Garde faisait forcément un détour par l’apothicairerie. Les ragots, racontars, rumeurs de ces solides combattants – encore que bien frêles en comparaison des membres de la guilde des Guerriers – passaient par ceux qui les soignaient pour un rhume, une plaie ou encore moins.
Ce n’était pas la première fois, qu’on lui touchait un mot à ce sujet. Bien sûr, la plupart du temps, ce n’étaient que des rêveries de passage, des histoires de belles croisées en taverne et revues dans leurs rêves. Mais il y avait eu ce chef, retrouvé blessé en prétextant qu’un de ses subordonnés l’avait attaqué en plein rêve. Subordonné que l’on n’avait jamais retrouvé.
La ville en avait conclu, pour ceux qui savaient, que l’homme s’était enfui après l’avoir blessé dans la vraie vie.

Il en était là, dans ses réflexions, quand il l’interrogea. Il ne s’attendait clairement pas à ce qu’elle glisse sa main dans sa poche et en ressorte une fiole. Surpris, ses yeux quittèrent les siens pour l’inspecter. Ordinaire, verre, rien qui ne semble trahir une quelconque différence. On pouvait en trouver de semblables sur tous les étals spécialisés de Lorgol, et même dans sa propre réserve. La seule chose différant serait le contenu.
Ses yeux retrouvèrent les siens, prenant la peine de l’écouter. Le visage de l’assassin était grave. Victorine ne mentait pas, pourquoi l’aurait-elle fait ? Ses sourcils se froncèrent, le doute et l’inquiétude creusant dans sa peau de sillons de consternation.  « Les coïncidences n’existent pas. » fit-il pour la rassurer. Ses doigts se refermèrent sur la fiole, la faisant tourner entre ses doigts par habitude.

 « C’est incroyable. Simplement incroyable. » La fiole tourbillonnait dans sa main. Légère. Il doutait qu’elle explosât, mais bon.  « Qui était avec toi ? Sais-tu s’ils s’étaient tous procurés la même potion, et s’ils en ont absorbé la même quantité ? Et les lieux où vous vous trouviez, étaient-ils réels ? Pouviez-vous interagir avec, et avez-vous… Si tu y retournais, penses-tu qu’une marque y soit restée ? »
Etait-ce vraiment un rêve, ou avaient-ils halluciné fortement ? La magie était puissante, Gauthier, en Cibellan, savait que la véritable force de celle-ci était presqu’infinie. Indomptable.
 « Je vais en garder une, si tu permets. Une fois de retour, je m’arrangerai pour l’étudier. C’est fascinant. » Ses yeux brillaient, à l’Adepte. Ils brillaient de peur, d’inquiétude pour ses sœurs et ses frères, mais aussi d’impatience et d’une envie, un peu folle, de maîtriser ce qui était arrivé.

 « As-tu été blessée, durant ton sommeil ? » Le besoin de protection était de retour. La fiole se reposa sur la table. Il préférait ne pas l’ouvrir ici. Pas si quelque chose s’en échappait. « Ou as-tu souvenir que quelqu’un ait été blessé, assez grièvement pour qu’on le remarque ? Il faut réussir à déterminer si cette potion vous a réellement endormis ou si vous n’avez fait que croire vous endormir. »
Il n’y avait aucun reproche dans sa voix, il alignait juste toutes les possibilités.



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Message Sujet: Re: Même nos rêves ne sont plus sûrs   Même nos rêves ne sont plus sûrs EmptyLun 2 Avr - 17:08

« Les coïncidences n’existent pas. » Elle hoche la tête, doctement. Il sert Lida et Sithis comme elle, il sait que chaque acte génère des conséquences, que tous ceux qui sont choisis par les dieux ne le sont pas sans raison et que pour tout mal engendré, il existe une rétribution – qu'ils se font un plaisir d'appliquer. Qu'un tel rêve survienne est une chose, mais que son homologue de la Corde et l'apprentie de Lia s'en souviennent en est une autre. Il y a peu de chances pour que trois personnes vivent les mêmes événements, chacun de leur côté, sans aucun lien entre eux. Puis il y a eu la Chasse Sauvage, puis cette vivenef. Tant d'éléments qui sont encore bien mystérieux pour l'Adepte qui cherche à comprendre.

« C’est incroyable. Simplement incroyable. » Il paraît fasciné, les yeux rivés sur la fiole, et Victorine ne peut le contredire. Elle aussi a encore du mal à y croire. « Qui était avec toi ? Sais-tu s’ils s’étaient tous procurés la même potion, et s’ils en ont absorbé la même quantité ? Et les lieux où vous vous trouviez, étaient-ils réels ? Pouviez-vous interagir avec, et avez-vous… Si tu y retournais, penses-tu qu’une marque y soit restée ? » Elle cligne des yeux, hausse les sourcils. Tant de questions dont la plupart restent sans réponse. Prise au dépourvu, elle laisse un instant s'écouler dans le silence, mais emporté dans son élan, Gauthier enchaîne déjà. « Je vais en garder une, si tu permets. Une fois de retour, je m’arrangerai pour l’étudier. C’est fascinant. » « Bien sûr, je l'ai apportée pour ça. » répond-elle sans hésiter, désireuse d'avoir des réponses qu'elle ne peut obtenir seule. « Je l'ai achetée sur la place des Murmures. Il ne devrait pas être trop difficile de retrouver le vendeur, si nécessaire. » Un petit rictus fend ses lèvres. Ils ont un réseau assez étendu pour trouver les personnes dont ils ont besoin.

« As-tu été blessée, durant ton sommeil ? » La question la surprend et éveille à nouveau quelques souvenirs, parfois sanglants, parfois douloureux. « Ou as-tu souvenir que quelqu’un ait été blessé, assez grièvement pour qu’on le remarque ? Il faut réussir à déterminer si cette potion vous a réellement endormis ou si vous n’avez fait que croire vous endormir. » Elle acquiesce doucement. « Plusieurs personnes se sont retrouvées blessées, ou pire. » Peut-être devrait-elle commencer par le commencement. « Dans mon rêve, je me suis tout d'abord retrouvée dans notre tour. Il y avait Shahryar et Aubrée qui se souviennent de tout, mais également de nombreux étrangers, des personnes qui n'avaient rien à faire là. Puis nous avons changé de lieux, à plusieurs reprises. C'était... comme des étapes successives, des obstacles à franchir. » Elle se plonge dans la réflexion, tentant de rappeler à sa mémoire les détails de ces événements. Mettre des mots sur ce qu'elle a vécu la pousse à creuser plus loin encore. « Je suis morte, Gauthier. Plusieurs fois. C'était... ça paraissait si réel. Mais je revenais, à chaque fois. » Dans son regard, il n'y a pas de peur, simplement une fascination froide pour les faits survenus. Elle se rappelle clairement la lame plantée dans son coeur, puis les chiens qui l'ont dévorée, et l'eau qui montait... Un frisson glacé remonte le long de sa nuque. « Mais ce n'était pas le pire. Il y avait cette Chasse Sauvage à nos trousses. » précise-t-elle, terriblement sérieuse. Et si tout paraissait bien réel, elle aussi l'était forcément.
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Message Sujet: Re: Même nos rêves ne sont plus sûrs   Même nos rêves ne sont plus sûrs EmptySam 7 Avr - 23:00

Comme hypnotisé, Gauthier écoutait son homologue lui narrer l’aventure à laquelle elle avait pris part. Cette horreur qu’elle avait vécue, plutôt, et dont elle avait pu réchapper. Cette expérience dont elle avait fait les frais ? Quelle était la bonne manière de s’exprimer, quant à ce sujet ? Il ne le savait pas, mais il n’était pas sûr de vouloir savoir. Ce qu’il voulait savoir, en revanche, c’était tous les tenants et aboutissants de ce rêve. Le détail le plus insignifiant, tout ce dont elle pouvait se rappeler, même si ce n’était rien. Même si ce n’était que le souvenir de quelqu’un d’évanescent qui glisserait, sans qu’on le remarquât, derrière un groupe de personnes. Un petit chien abandonné. Peu importait.

Oh, il n’était pas mage, et il n’avait jamais étudié les rêves de près comme certains pouvaient le faire. Mais il connaissait l’esprit humain, sa fragilité et sa force. Comment les femmes et les hommes, suite à une violence, se réfugiaient dans un rêve pour oublier la peur et tout ce qu’ils avaient vu. N’était-ce pas le cas de sa sœur, après tout ? C’était grâce à elle – ou à cause d’elle – qu’il avait pour les rêves un intérêt plus qu’anodin. Et puis les rêves, distordus même, représentaient un poison dans l’esprit de l’homme. Différent. [/justify]
Toujours un poison, cependant.

La fiole toujours entre les doigts, sage désormais, il écoutait ce qu’elle avait à dire. Plusieurs blessés. Ca voulait dire que si certains étaient sur Lorgol, et qu’ils en portaient les stigmates, la thèse d’un véritable rêve était à éviter. Rester prudent, cependant : si la magie y était liée, qui savait ce qui avait pu se passer.

L’assassin se tendit, sa mâchoire se serrant en entendant son récit. Des étrangers avaient foulé le sol de la tour, lieu sacré, lieu de culte. Comment osaient-ils, et comment avaient-ils pu
entrer ? Rien que d’imaginer leur sol foulé par des étrangers, impurs, des aveugles à la véritable justice, son sang s’échauffait. Qu’il s’agisse d’un rêve ou non, l’idée était impardonnable.  
  « J’espère que ce n’était qu’un rêve. » souffla-t-il. Territorial. Intransigeant, quand on en venait à toucher au culte de la Sombre Mère et à la Confrérie.
Shahryar. Aubrée. Il veillerait à aller récupérer chez eux leurs impressions, ce qui les avait aidé à s’endormir – s’ils avaient eu de l’aide –. Nouveau hochement de tête. Ecoute attentive. Ils n’étaient pas restés dans la tour, à ce qu’il comprenait. Mais qu’avaient-ils vécus, pour que…

Il allait parler. Et puis la réponse le frappa. Stupeur. Surprise. Intérêt. Il ne pouvait pas le comprendre. Il n’était jamais mort dans ses rêves. Ou alors, avant de le ressentir. Peut-être était-ce une manière détournée de dire qu’en tant qu’enfant de Lida et Sithis, le Sans-Visage la voulait en vie pour répandre sa justice ? Car personne, encore, n’était jamais revenu de ce royaume.
La mention de la Chasse ne fit que creuser encore plus le sillon qui déjà parcourait son front. Il réfléchissait à toute allure, le Cibellan.   « La Chasse ? Est-ce que tu penses que son essence aurait pu… »

Des idées qui fusaient, explosaient, se mêlaient à des suppositions.   « Personne ne sait où elle est le jour. Personne n’en a la moindre idée. Et si sa présence avait contaminé votre potion, lui offrant une porte d’accès à vos rêves ? » Il se pencha en avant, en cherchant à comprendre. Ses yeux étaient perdus dans le vague, réfléchissant.   « Mais jamais… Vous auriez du pouvoir vous réveiller. Mourir aurait du te réveiller, comme pour un cauchemar. Ils ont dû comme fermer la porte. A moins… Que ce ne soit un message. » Il lui sourit faiblement. Il avait la foi. Il ne savait pas.   « Mais s’il n’est même plus possible de dormir en paix, comment leur échapper ? »
L’hypothèse d’un faux rêve continuait de tourner dans son esprit.



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Message Sujet: Re: Même nos rêves ne sont plus sûrs   Même nos rêves ne sont plus sûrs EmptyVen 20 Avr - 14:56

« J’espère que ce n’était qu’un rêve. » L'idée de voir des intrus au coeur de la Tour Noire l'horripile tout autant, et le ton de sa voix est sans appel. Elle se rappelle sa colère, quand elle a aperçu tous ces étrangers fouler le sol de leur sanctuaire, elle se rappelle l'envie irrépressible de tous les punir pour cette faute innommable. Puis elle se rappelle avoir compris que quelque chose n'allait pas, que tout était différent, que ce n'était pas la réalité. L'idée n'en est pas moins terrible à ses yeux et sa mâchoire se serre alors qu'elle acquiesce d'un simple signe de tête à la remarque de son homologue. Oui, ce n'était qu'un rêve. Dans le cas contraire, toutes ces personnes seraient mortes, une fois pour toute.

Victorine ne s'arrête pas là, pourtant. À présent qu'elle a commencé à raconter son rêve, elle ne voit pas de raison de s'interrompre, ni même de lui en dissimuler les détails. Elle n'obtiendra son aide que s'il possède tous les éléments et elle sait, au plus profond d'elle-même, qu'elle peut lui faire confiance. « La Chasse ? Est-ce que tu penses que son essence aurait pu… » La Lame porte le breuvage à ses lèvres, attentive aux paroles de son ami, intriguée par le cheminement de ses pensées. « Personne ne sait où elle est le jour. Personne n’en a la moindre idée. Et si sa présence avait contaminé votre potion, lui offrant une porte d’accès à vos rêves ? » Elle hausse les épaules, perplexe. Tout cela la dépasse. Elle vient d'un duché où la magie n'est guère présente, et même des années au coeur de Lorgol ne l'ont pas beaucoup renseignée à ce sujet. À vrai dire, elle ne s'y intéresse que peu. « Mais jamais… Vous auriez du pouvoir vous réveiller. Mourir aurait du te réveiller, comme pour un cauchemar. Ils ont dû comme fermer la porte. A moins… Que ce ne soit un message. » « Un message ? » répète-t-elle, interdite. « Mais s’il n’est même plus possible de dormir en paix, comment leur échapper ? »

Le silence retombe entre les deux assassins, pendant que la réflexion suit son cours. L'esprit de Victorine bouillonne d'images qu'elle tente de lier à ce que propose Gauthier, mais elle peine à trouver un lien logique entre tout cela. « Je pense que tu devrais comparer cette potion à une simple potion de sommeil. Tu y trouveras peut-être une réponse. » Oui, comparer les deux, comprendre d'où vient l'interférence qui les a tous menés à croiser la Chasse Sauvage dans leurs songes. Pourtant, autre chose la taraude. « Il y avait aussi un navire, dans le rêve. Et depuis, on dit qu'une nouvelle vivenef mouille au port de Lorgol. » elle s'interrompt un instant, songeuse. « Je crois qu'on a libéré quelque chose cette nuit-là. Un homme a parlé de l'Accord... Je ne saurais dire de quoi il s'agit, mais tout ça n'était certainement pas un rêve ordinaire. » Elle l'a senti. Ils l'ont tous senti, avant de se réveiller. Mais le mystère qui plane au-dessus d'eux reste impénétrable. « Pardonne-moi de t'embêter avec ces histoires, mais je pense que ça peut avoir de l'importance, et tu semblais le plus à-même à comprendre. » Un petit sourire en coin, un regard où perce le respect et la confiance. Elle sait qu'elle peut compter sur lui.


Dernière édition par Victorine Hallebarde le Dim 20 Mai - 3:04, édité 2 fois
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Message Sujet: Re: Même nos rêves ne sont plus sûrs   Même nos rêves ne sont plus sûrs EmptyMer 25 Avr - 19:27

S’emballait-il trop ? Ses idées partaient-elles trop loin pour que l’on puisse le suivre ? L’impatient qu’il était n’arrivait pas à se fixer sur une idée quand toutes lui semblaient si possibles. D’instinct, il repoussait celles qui ne lui semblaient pas plausibles, les tentatives avortées d’apporter un peu de fantaisie dans son esprit. Il n’était pas logique, dans la succession de ses idées, ou tout du moins pour un observateur (ou une interlocutrice) extérieure, mais pour lui tout avait tellement de sens ! Les liens se faisaient naturellement. Il voyait où tout le menait.
Et il devait sûrement perdre Victorine, dans le fatras de ses idées.
« Un message… C’est stupide, sans doute. Mais… Nous, et la mort… Que tu aies pu être ressuscitée, même en rêve, te condamnant à poursuivre pour achever et assister à ce que tu as assisté… Un message. Ou peut-être que ce n’était rien. »
Un soupir. Au fond de lui, il s’inquiétait aussi. Gisèle, au sommeil fragile, et tout ceux qui à la Tour ne pouvaient trouver le sommeil aisément. Il ne voulait perdre personne. Surtout pas aux mains de meurtriers intouchables.

Son idée, la comparaison, lui fit hocher la tête. « J’y penserai. Il faudra que je trouve une suffisamment proche en composition pour ne pas m’égarer…. » L’idée était claire. Retrouver le mage qui avait pu la faire, ou au moins s’évertuer à se procurer une étant similaire. Les compositions de potions somnifères, d’autant plus lorsque la magie était à l’œuvre, variaient grandement entre les créateurs. Certains s’appliquaient à y mêler savamment les plantes et à s’arranger pour que la magie fasse le reste, d’autres… Eh bien, d’autres potions ressemblaient grandement à des tambouilles de gamin où l’on balançait tout ce que l’on voulait dedans. Du moment que c’était efficace.
L’histoire de la vivenef lui fit hausser un sourcil, en n’y croyant qu’à moitié. Et pourtant ! Pourtant, plus il y pensait, et plus la preuve était là. Si une nouvelle vivenef mouillait au port, et si le navire était celui sur lequel elle semblait avoir passé une partie de son rêve… Alors il avait toutes les raisons d’y croire.

Mais c’était fou, qu’un navire sorte ainsi de l’esprit d’un collectif endormi. C’était fou. Impossible. Magique ? Définitivement magique.
« Jamais entendu parler de l’Accord. » fit Gauthier en secouant la tête, les lèvres légèrement pincées. Il réfléchissait. «Tu m’embêtes pas, Victorine. Tu sais que je supporterais pas de te voir au plus bas sans pouvoir rien y faire, et sans rien savoir. Si t’avais gardé ça pour toi… » Il hésita, un peu. Ses yeux croisèrent les siens. Confiance. Calme. Cet étrange sentiment de fraternité qui le liait aux autres sur sa route, et à ses sœurs de la Confrérie plus particulièrement. S’il avait pu la prendre dans ses bras sans peur de la mettre mal à l’aise, comme un frère, sans doute l’aurait-il fait. «C’aurait sans doute pas été bon pour toi. On est pas bien avancés, et je suis conscient de pas t’apporter de réponse directement. Mais je vais faire tout ce que je peux pour trouver. »

Son regard partit s’égarer sur la salle, peu de temps. Il reconnaissait quelques visages qui, eux, ne regardaient même pas dans sa direction. Des connaissances croisées au hasard de la vie. Arriveraient-elles, elles aussi, à atteindre ce rêve particulier où les esprits se partageaient ?
Il avait d’autres questions. Tellement. « Est-ce que tu l’as revécu, ce rêve ? » demanda l’Adepte en se retournant vers elle.



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Message Sujet: Re: Même nos rêves ne sont plus sûrs   Même nos rêves ne sont plus sûrs EmptyDim 20 Mai - 3:38

« Un message… C’est stupide, sans doute. Mais… Nous, et la mort… Que tu aies pu être ressuscitée, même en rêve, te condamnant à poursuivre pour achever et assister à ce que tu as assisté… Un message. Ou peut-être que ce n’était rien. » Peut-être que ce n'était rien, oui. Il s'agit d'un rêve, après tout. Et plus elle tente d'en saisir les détails, plus ceux-ci lui échappent. Seule la mort reste, immuable, implacable. La lame en plein coeur, les chiens qui dévorent, l'eau qui emplit les poumons... De toutes ces méthodes, la lame reste la plus fortement ancrée dans son esprit, comme un miroir de la sentence qu'elle inflige à celles et ceux désignés par la Sombre Mère. Sa fascination à ce sujet ne semble pas se faner, malgré le temps qui s'écoule ; elle ne cesse de songer à à la prochaine fois où elle est celle qui tiendra la lame.

En attendant, sans en savoir plus sur ce rêve, elle ne peut que remettre tout cela entre les mains expertes de son homologue. « J’y penserai. Il faudra que je trouve une suffisamment proche en composition pour ne pas m’égarer…. » Elle acquiesce. Oui, ça lui semble judicieux. D'autres détails lui reviennent, quelques bribes, un nom en particulier. L'Accord. « Jamais entendu parler de l’Accord. » Elle s'en doutait, ça aurait été trop beau, trop facile. Peut-être qu'en allant demander à Garance, elle trouvera des réponses en fouillant dans les archives des assassins. À moins de devoir se renseigner directement auprès de la Cour des Miracles ? Plus tard, peut-être.

« Tu m’embêtes pas, Victorine. Tu sais que je supporterais pas de te voir au plus bas sans pouvoir rien y faire, et sans rien savoir. Si t’avais gardé ça pour toi… » Au plus bas ? Paraît-elle aussi tourmentée par ce qu'il s'est passé ? « C’aurait sans doute pas été bon pour toi. On est pas bien avancés, et je suis conscient de pas t’apporter de réponse directement. Mais je vais faire tout ce que je peux pour trouver. » Elle pousse un léger soupir. « C'est pas grave, tu m'es déjà d'une grande aide. » Oui, ne serait-ce que parce qu'il l'écoute et qu'il compte chercher. C'est déjà beaucoup. « Et ne t'inquiète pas pour moi, d'accord ? Je vais bien, je t'assure. »

« Est-ce que tu l’as revécu, ce rêve ? » Elle hoche la tête, négativement cette fois. « Non. Et c'est pour ça que je crois qu'il ne s'agissait pas d'un simple rêve. » Non, sûrement pas. Elle songe parfois à aller se renseigner directement auprès de mages de l'Automne spécialisés dans ce domaine, peut-être serait-elle plus avancée. Victorine termine le contenu de sa tasse et la repose sur la table. « J'aimerais bien te donner plus de détails, mais ils m'échappent. Même les visages de ceux qui étaient là s'effacent, en dehors de ceux de nos confrères. » Elle s'interrompt un instant, songeuse, puis continue sur le même ton. « Il serait peut-être plus simple de le revivre, mais même si c'était possible... je crois que ce ne serait pas une bonne idée. Nous devrions plutôt prévenir nos frères et soeurs de ne plus prendre de potions de sommeil tant qu'on ne sait pas ce qu'il s'est passé. Qu'en penses-tu ? » Et si d'autres vivaient le même genre d'expérience ? Et si d'autres partageaient d'autres rêves avec d'autres personnes ? L'idée la dérange fortement.
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Message Sujet: Re: Même nos rêves ne sont plus sûrs   Même nos rêves ne sont plus sûrs EmptySam 2 Juin - 0:23

Petit à petit, et bien que captivé par ce que Victorine lui racontait – et son esprit bien occupé par ses idées un peu farfelues, bien trop tordues dans tous les sens, le liquide dans sa tasse descendait. Quelque chose taraudait Gauthier, mais il préférait être seul avant de s’en assurer. Il préférait aller voir auprès des mages qu’il connaissait, et des herboristes et apothicaires qui traînaient plus volontiers dans les bas-fonds qu’autour des riches tours. Mais l’hypothèse était absurde, autant que ce qu’il pensait auparavant pour Sithis.
Son regard se perdait facilement, quand il réfléchissait. Ne pas voir de visage l’aidait à se concentrer, alors que des formes floues dansaient devant ses yeux. Il était toujours plus simple de ne rien reconnaître pour que les idées et les solutions surgissent. Même temporaire. Même si, au final ,ce n’était même pas une aide qu’il lui fournissait, à peine quelques conseils et un soutien moral bien pauvre. Il l’appréciait, la blonde Belliférienne. Comme la sœur qu’elle était, à ses yeux, bien qu’elle appartînt à un Aspect différent. Elle était son amie, sa consoeur et comme une référente. Et un peu comme quelqu’un à protéger aussi. C’était ridicule, considérant qu’elle était capable de se défendre aussi bien que n’importe lequel de leur Confrérie. Mais tout de même.

Curieusement, qu’on lui dise de ne pas s’inquiéter, et il s’inquiéterait quand même. Il ne lui fit rien remarquer, mais son sourire le trahit. Un sourire discret, un peu désolé. Je ne peux pas ne pas m’inquiéter. Même si on lui assurait. Des années à veiller sur Gisèle qui ressortaient.
Attentif désormais, et les mains jouant avec sa propre tasse, il l’écoutait. Petit à petit, il lui semblait avoir vécu dans ce rêve, lui aussi. Il semblait à l’assassin avoir été une partie de cette folle course, de ce monde où la logique avait voulu que la Chasse apparaisse.

 « C’est trop dangereux de vous faire revivre, à n’importe lequel d’entre vous, cette expérience, je suis d’accord sur ce point. » Il pencha la tête, une réflexion passant sur son visage, le rendant encore plus sérieux qu’à l’accoutumée.  « C’est malheureux que nous devions en arriver là. Je sais que plus d’une personne s’en sert, rien que parmi ceux qui sont dans les chambres attenantes à la mienne. Par contre… Je peux voir avec certains de mes confrères s’il n’est pas possible de fournir un substitut. Certains sont angoissés par la Chasse, lorsqu’ils ne sont pas à l’extérieur. »

Peut-être pouvait-il voir pour créer une recette alternative, avec précaution, qui permettrait à ceux qui vivaient avec eux de dormir calmement à la Tour. Il se passa une main sur le visage, soupirant.  « Tu as parlé avec Aubrée et Shahryar, tu m’as dit… J’irai les questionner et récupérer leurs fioles demain. Honnêtement, tout cette histoire m’interpelle. On doit trouver des réponses… Si tu le veux bien. Que ça concerne la Chasse, ce rêve partagé… Ou cet Accord dont tu m’as parlé. »

Elle avait piqué la curiosité et l’intérêt du Cibellan, ainsi que réveillé le protecteur qui restait toujours au fond de lui.   « Je n’aime pas ça, Victorine. Trop d’ombres encore sur cette histoire qui nous met tous en danger. » Il y avait de l’inquiétude, une véritable inquiétude, au fond de ses yeux qu’il posait sur elle.



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Message Sujet: Re: Même nos rêves ne sont plus sûrs   Même nos rêves ne sont plus sûrs EmptyJeu 21 Juin - 16:40

Elle sait, en voyant son regard, que Gauthier continuera à veiller sur elle, qu'elle le veuille ou non. C'est à la fois agaçant et rassurant, comme d'avoir un frère qui la soutient dans tout ce qu'elle pourrait entreprendre. Et il y a un peu de ça, pas vrai ? Un frère, plus qu'un confrère, qui saura l'aider si elle en a besoin. Car son frère à elle, le vrai, n'a jamais été de ceux-là. En bon Belliférien, c'est à peine s'il se souciait d'elle, uniquement comme un écuyer veillerait sur un bon cheval. Il n'était pas violent avec elle, ni même méchant, juste indifférent. Victorine a toujours dû compter sur elle-même, alors qu'elle grandissait auprès d'une cousine de la famille, apprenant à ses côtés à se montrer plus indépendant que ce que l'on attendait d'elle. Elle ne la remerciera certainement jamais assez pour tout ce qu'elle a fait pour elle, bien plus que ce qu'aucun homme de son entourage ne lui avait jamais donné. Ca a changé, une fois à Lorgol. Désormais, elle peut compter sur ses confrères, et sur Gauthier particulièrement, qu'elle considère comme un membre de sa famille.

« C’est trop dangereux de vous faire revivre, à n’importe lequel d’entre vous, cette expérience, je suis d’accord sur ce point. » Elle acquiesce, ravie qu'il soit d'accord. « C’est malheureux que nous devions en arriver là. Je sais que plus d’une personne s’en sert, rien que parmi ceux qui sont dans les chambres attenantes à la mienne. Par contre… Je peux voir avec certains de mes confrères s’il n’est pas possible de fournir un substitut. Certains sont angoissés par la Chasse, lorsqu’ils ne sont pas à l’extérieur. » Elle fait la moue, la Lame, réfléchissant à ses paroles. « Un substitut ne ferait pas de mal, oui. » confirme-t-elle d'une voix calme. Pour elle qui vit de nuit, la Chasse Sauvage est une menace constante, mais elle n'est pas réellement effrayée. Elle est fascinée, et pourtant elle s'inquiète pour ses confrères et consoeurs, appréhendant le fait que l'un d'eux se fasse emporter. Elle n'en a guère envie.

« Tu as parlé avec Aubrée et Shahryar, tu m’as dit… J’irai les questionner et récupérer leurs fioles demain. Honnêtement, toute cette histoire m’interpelle. On doit trouver des réponses… Si tu le veux bien. Que ça concerne la Chasse, ce rêve partagé… Ou cet Accord dont tu m’as parlé. » Elle hoche la tête, en signe d'assentiment. Elle est d'accord, ils doivent comprendre quelle est cette menace, qu'ils sachent s'ils doivent la combattre ou simplement l'éviter. La seconde solution semble la plus sage néanmoins, pour le moment. « Je n’aime pas ça, Victorine. Trop d’ombres encore sur cette histoire qui nous met tous en danger. » « Je n'aime pas ça non plus. » confie-t-elle, sur le même ton. Il y a bien trop de zones d'ombres, il a raison. La Chasse est ancienne, c'est tout ce qu'ils savent, une puissance qui s'abat sur le continent sans qu'ils ne puissent rien y faire. Elle fauche les vies, coupables comme innocentes, sans faire de distinctions. Forts, faibles, hommes femmes, adultes, enfants... Personne n'est à l'abri. « La Chasse Sauvage est peut-être là à dessein, les dieux seuls savent quel est son but réel. » Songeuse, elle caresse le bord de son verre du bout des doigts. Sa voix n'est pas plus élevée qu'un murmure quand elle continue. « Nous servons la Sombre Mère et le Sans-Visage, nous prenons des vies pour une raison précise, pour faire régner Leur Justice. Peut-être est-ce la même chose pour la Chasse, peut-être y a-t-il une raison derrière ses agissements. Et si ce n'est pas le cas, les dieux nous gardent. » Pragmatique, presque fataliste, Victorine entrevoit les raisons de la présence de cette entité ancienne. Si elle est là, c'est certainement pour une raison, car le Destin a un plan pour chacun d'entre eux.
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Message Sujet: Re: Même nos rêves ne sont plus sûrs   Même nos rêves ne sont plus sûrs EmptyJeu 28 Juin - 15:01

Demain, il faudrait voir avec les autres. Pas uniquement Aubrée et Shahryar – ancien ami, aucune envie d’aller lui demander si c’était vrai, mais la conscience méticuleuse de Gauthier ne pouvait l’empêcher de se dire que l’Erebien avait sûrement quelques bouts d’information – mais aussi Tom, peut-être les quelques autres qui vivaient dans les chambres attenantes à la sienne. Probablement son Ecoutante, aussi, il ne pouvait pas garder Hermine en dehors de cette information. S’il y avait bien une personne à qui il se confierait à ce sujet, ça pouvait être elle. Il veillerait également à tendre l’oreille, une fois de retour à l’apothicairerie, des fois qu’il croise pas hasard des gens ayant pris part à cette aventure. Les infidèles ayant foulé le sol de la plus sacrée des tours,  lui souffla son esprit. Les interroger. Même si ce n’était qu’un rêve, ils avaient sali la tour de la Confrérie par leur présence. Savait-on jamais.
Peut-être pourrait-il réparer l’injustice d’une manière ou d’une autre.

En tout cas, la priorité revenait définitivement de trouver un susbstitut, et de se renseigner sur le pourquoi du comment. Il envisageait peut-être de contacter Roc-Epine : peut-être Jamal avait-il entendu parler de quelque chose de semblable. Il ne le ferait qu’en dernier recours, mais sa curiosité allait le ronger jusqu’à ce qu’il trouve une réponse, ou juste un bout de réponse, pour le satisfaire un peu.

Son visage se fit impénétrable, alors que la conversation dérivait sur la Chasse. Décemment, le Cibellan n’était pas sûr et certain de pouvoir la rapprocher de leurs propres agissements. Et pourtant… Pourtant, il se devait d’y avoir une raison à son existence, pas vrai ? Rien n’existait juste pour exister, du moins rien de conscient. De là à considérer le fléau libéré comme une entité consciente… Ils n’avaient pas assez d’informations. Ils ne savaient rien.

« Nous n’en savons rien. Personne n’en sait rien. Pour autant que je sache, on pourrait tous être dans le faux complètement, guidés par la peur de l’inconnu. » Même lui n’y croyait pas, au vu de la manière dont il leva les yeux au ciel. « Et on n’a aucun moyen de savoir quoi que ce soit à son propos. Même nos archives ne peuvent remonter aussi loin… Et si elles le font, rien n’indique qu’elles font mention de la Chasse. Il faudrait en parler à Garance. » La Confrérie était née à Lorgol et avec Lorgol. Si elle avait été en contact la Chasse, ce n’avait sûrement été que brièvement.

Son regard fila vers les gens autour. C’était si simple de se dire qu’un jour, peut-être, l’homme qui parlait un peu trop fort à la table d’à coté serait déchiqueté par la meute de la menace millénaire ; se dire que la jeune fille, plus loin, entendrait peut-être les banshees et tenterait vainement de courir pour échapper à son destin inéluctable.
Peut-être Victorine avait-elle raison. Peut-être, comme eux, la Chasse donnait-elle la mort pour quelque chose en laquelle ils croyaient. Eux non plus jamais n’échouaient ou n’abandonnaient. Eux aussi, sans pitié, laissaient au matin un cadavre de plus.




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Message Sujet: Re: Même nos rêves ne sont plus sûrs   Même nos rêves ne sont plus sûrs EmptyMar 24 Juil - 22:34

La mention de la Chasse Sauvage éveille une inquiétude profonde qui vrille son estomac et fait courir des frissons le long de son échine. Victorine ne craint pas grand chose, elle a depuis longtemps appris à se défendre et à ne compter sur elle-même, elle fait partie de l'une des entités les plus puissantes et les plus dangereuses du continent – du moins jusqu'à maintenant. Son ignorance au sujet de ces Cavaliers fait naître dans son esprit bien des horreurs, et savoir que chacun peut en être victime n'a rien de rassurant. La Confrérie Noire fait régner la Justice, elle punit les coupables pour leurs terribles crimes, et elle le fait bien. Si la Chasse Sauvage attaque au hasard, comme ça semble être le cas, personne n'est à l'abri. Est-ce une bonne chose ? L'Adepte ne sait quoi penser de la question, mais si elle est devenue assassin, c'est qu'elle croit en une rétribution juste, elle a une confiance aveugle en ses dieux. Si d'autres qu'eux se permettent de prendre des vies, que peuvent-ils bien y faire ?

« Nous n’en savons rien. Personne n’en sait rien. Pour autant que je sache, on pourrait tous être dans le faux complètement, guidés par la peur de l’inconnu. » Il n'a pas tort et Victorine ne prend pas la peine de confirmer ses dires. Tout est bien trop trouble pour se perdre en conjectures. « Et on n’a aucun moyen de savoir quoi que ce soit à son propos. Même nos archives ne peuvent remonter aussi loin… Et si elles le font, rien n’indique qu’elles font mention de la Chasse. Il faudrait en parler à Garance. » Cette fois, elle hoche promptement la tête. « S'il y a quelque chose à ce sujet dans les archives, elle trouvera. » Elle a toute confiance en leur archiviste.

Son regard se baisse un instant sur sa tasse dont le contenu a fortement diminué. Les idées se bousculent dans sa tête, mais les réponses lui échappent encore. Il leur faudra plus de temps, sûrement, pour en obtenir des satisfaisantes. « Merci d'avoir écouté, Gauthier. Et de m'aider à chercher une explication. Mais n'y pensons plus pour le moment, tu veux bien ? Dis-moi plutôt comment se porte ta soeur ? » La douce Gisèle, si attendrissante dans cette fragilité qui la caractérise tant. Elle sait combien elle compte pour Gauthier et que toutes les prières du monde ne suffiraient pas à protéger le malheureux qui oserait s'en prendre à elle.
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Message Sujet: Re: Même nos rêves ne sont plus sûrs   Même nos rêves ne sont plus sûrs EmptyLun 30 Juil - 13:23

Au fond, ils ne savaient rien. De ça, au moins, ils pouvaient être sûrs. Il ne savaient rien de la Chasse, ils ne savaient rien de cet Accord, ils ne savaient même pas si demain le soleil se lèverait, ses les hommes corruptibles et tournés vers la guerre n’allaient pas trouver une autre bêtise à se balancer à la figure pour s’entretuer. On aurait pu penser que les assassins se réjouiraient des pertes provoquées par la guerre : ne servaient-ils pas la mort ? N’étaient-ils pas, en un sens également, aux côtés de la Chasse Sauvage ? Après tout, il avait été prouvé qu’un des Cavaliers, suivi de ses chasseurs, représentait Mort. Une des versions de Sithis, peut-être, ou un de ses plus fervents adeptes ? Rien.
Ils ne savaient rien, sur ce point ou sur les autres. Ca le frustrait autant qu’il craignait pour leurs vies.
Le regard dans le vague, s’attardant à peine sur autre chose que les traits des femmes et des hommes rassemblés à la Taverne. D’illustres inconnus, pour la plupart aussi honnêtes qu’eux-mêmes. Un groupuscule disparate, uni dans la diversité sans pourtant jamais se parler. Fou comme quelquefois l’esprit donnait une apparence d’unité à des choses si différentes !

Son regard ne revint pas tout de suite sur elle. Ses pensées, encore, étaient embrumées par des suppositions vaines à moitié terminées, des idées qu’il ne voulait pas formuler. «  C’est bien normal, Victorine. Ne t’en fais pas. » Il hocha la tête, un soupir aux lèvres. Il valait mieux pour eux changer de sujet. Qu’ils ne se perdent pas dans des idées noires qui finiraient par les paralyser, incapables de changer d’idées. Et puis, franchement : Victorine était de garde, ce soir, sans doute, aux côtés de son Ecoutante. Si lui-même allait pouvoir profiter d’un sommeil mérité, elle resterait éveillée, à la merci des sinistres Cavaliers à la suite de l’Innocent. Et c’était tellement simple, lorsque la chose paraissait inatteignable, de s’imaginer le pire !

Lorsqu’elle demanda pour Gisèle, ses yeux bleus s’emplirent d’une forme de fierté qu’on ne pouvait même pas décrire. Elle faisait des progrès. Minimes, certes ! Mais des progrès, tout de même.
« Elle arrive à se débrouiller toute seule, maintenant, pour la plupart de ses tâches. Elle a toujours besoin d’être rassurée, mais elle commence à prendre confiance en elle. » Ca s’entendait, dans sa voix, combien la nouvelle lui faisait plaisir.  « Elle grandit un peu. Bien sûr, ce n’est rien… Enfin, elle n’atteindra jamais un esprit adulte. Mais elle est heureuse, et elle a confiance. » Il sourit, les mains jointes devant lui et les yeux à nouveau tournés vers elle. « Je te l’ai dit, non, en octobre ? La princesse de Cibella a accepté de la prendre en tant que domestique dans sa tour. Je pense que ça a beaucoup joué, pour son esprit. Elle se démène pour lui faire plaisir, pour être à la hauteur. » Il ne dit pas, exactement, que son placement auprès de la princesse est le payement d’une dette vieille de huit ans. Il ne dit pas non plus toute l’admiration que Gisèle a pour la princesse du duché où ils ont grandis : il a le pressentiment que Victorine n’a pas la même dévotion, ou du moins nostalgie, pour son duché à elle. Comment lui en vouloir ? Ils étaient bien peu, les gens à regretter Bellifère.



#5E0021
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Message Sujet: Re: Même nos rêves ne sont plus sûrs   Même nos rêves ne sont plus sûrs EmptyMar 4 Sep - 15:19

Ca lui a fait du bien, de partager tout cela, d'alléger un peu ce fardeau qui semblait peser sur ses épaules. Si Victorine n'est pas d'une nature angoissée, elle reste inquiète de savoir que des choses renaissent dans l'ombre, que personne ne sait rien à leur sujet et c'est cet inconnu qui l'effraie. Une menace directe, elle peut la combattre, mais ce qui est trouble n'est que plus difficile à atteindre. Pour cela, au moins, elle sait que ses frères et soeurs assassins écoutent, qu'ils sont prêts à agir le moment venu si la menace est réelle. L'écoute attentive de Gauthier est un soulagement, un véritable baume sur ses appréhensions, pour celle qui veille la nuit, quand le danger est le plus grand. Elle a confiance, pourtant, l'Adepte de la Lame. Elle a confiance en ses dieux, elle se dit que, malgré tout, malgré ses efforts, si la Chasse Sauvage parvient à l'emmener, c'est que les choses devaient arriver ainsi. L'idée n'est pas plus réjouissante pour autant, simplement plus rassurante, peut-être.

Mais s'inquiéter sur ce dont ils ne savent rien est inutile. À présent plus rassurée, Victorine préfère s'enquérir de l'état de Gauthier, mais également de sa soeur, qu'elle apprécie pour sa douceur naïve, pour cette bonté  inébranlable dont si peu de personnes font preuve. Elle est l'exemple même de ceux pour qui la Confrérie Noire fait abattre sa Justice. Elle fait partie de ceux qui, sans défense, nécessitent des protecteurs. Victorine sait combien les épreuves qu'elle a vécues l'ont marquée à jamais, et elle sait que plus jamais ils ne laisseront une telle chose se produire.

« Elle arrive à se débrouiller toute seule, maintenant, pour la plupart de ses tâches. Elle a toujours besoin d’être rassurée, mais elle commence à prendre confiance en elle. » L'Adepte perçoit la fierté dans les yeux de son ami et un sourire naît sur ses lèvres. Ils viennent de loin, tous les deux. La nouvelle fait plaisir à entendre, elle est bien plus réjouissante que tout le reste. « Elle grandit un peu. Bien sûr, ce n’est rien… Enfin, elle n’atteindra jamais un esprit adulte. Mais elle est heureuse, et elle a confiance. » « Je suis vraiment contente pour elle. Pour vous. » Pour eux qui n'ont pas baissé les bras, même quand tout semblait leur tomber dessus. « Je te l’ai dit, non, en octobre ? La princesse de Cibella a accepté de la prendre en tant que domestique dans sa tour. Je pense que ça a beaucoup joué, pour son esprit. Elle se démène pour lui faire plaisir, pour être à la hauteur. » Elle hoche la tête, songeuse. « Oui, tu m'en as parlé. C'est vraiment une aubaine pour elle que d'avoir cette chance. C'est une bonne chose si ça lui permet d'aller bien. » Elle le pense vraiment, la Lame, et elle est sincèrement heureuse que tout se passe bien pour la jeune Gisèle. « J'irai sûrement lui rendre visite un de ces jours, ça fait longtemps que je l'ai pas vue. » Et elle l'apprécie, la douce Cibellane. Victorine met un point d'honneur à veiller sur elle, particulièrement quand Gauthier doit s'absenter pour une mission et qu'elle reste à Lorgol. Peut-être y a-t-il également une certaine curiosité devant ce nouveau travail qu'elle a obtenu, une certaine méfiance. Pourquoi ne pas s'assurer au passage qu'elle est bien traitée dans sa tour, par simple précaution, évidemment.
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Message Sujet: Re: Même nos rêves ne sont plus sûrs   Même nos rêves ne sont plus sûrs EmptySam 15 Sep - 22:52

Le sujet dérivait doucement, mais sûrement, sur sa propre sœur. La seule personne au monde encore en vie qui était de sa famille. La seule chose, peut-être, qui lui donnait encore un semblant d’humanité. Sans ça, son âme aurait depuis longtemps été consumée par la haine et la rancoeur. Jamais, sans elle, n’aurait-il pu s’engager à la Confrérie. Il aurait été trop violent, trop impulsif, trop perdu dans un désespoir profond. Sa vengeance aurait tourné en soif de sang. Sans Gisèle, si elle était morte avec son père et sa mère, Gauthier aurait sombré. Il serait devenu pareil à ces meurtriers qui se terrent dans de sombres demeures, le long des canaux ; il aurait rejoint les rangs de ceux qui vivent pour tuer, pour sentir le sang couler entre leurs doigts. Il aurait rejoint la lie de l’humanité. Ceux qui tuent sans but. Ceux qui tuent sans foi.

Et s’il pouvait, sans mentir, affirmer ressentir une certaine attraction pour la mort qu’il donnait, pour la beauté des derniers instants, il pouvait aussi affirmer qu’il tuait pour sa croyance en une justice. Pas pour la mort en elle-même.
Sans Gisèle, il n’aurait jamais rencontré son Ecoutante ; il n’aurait jamais rencontré Victorine non plus, ou Aubrée, ou Shahryar – encore que de lui, il pouvait clairement se passer si l’on en croyait son esprit buté.

Des fois Gauthier oubliait qu’il avait confié la garde de sa petite sœur, la dernière capable de perpétuer leur nom, à Victorine quand il sortait de la ville. Elle était passée pour lui à la Taverne plus d’une fois, lorsque l’épidémie avait frappé le continent, dévastant les mages… Et même après. Il lui en était redevable, et Gisèle semblait l’avoir appréciée, l’ayant aperçue et reconnue de loin au bout de plusieurs soirs. Ou du moins, il avait supposé qu’elle parlait d’elle. Il hocha la tête, à sa demande. Son regard se porta sur sa tasse, doucement, quasiment vide. Quelques gouttes, à la limite, subsistantes.

« Elle sera heureuse d’avoir de la visite, surtout la tienne. » Il sourit.  « Elle semble presque avoir grandi, tu sais. » C’était quasiment rien, dit comme ça. Quasiment. Mais ça allumait dans ses yeux une lueur douce, un espoir insensé, pour Gauthier. Pour la fragile fille qu’était sa sœur, qui n’avait plus la chance d’évoluer avec le monde dans son esprit. Sa mentalité restait celle à la limite de l’enfance.
Le monde existait. Elle le prenait en compte. Mais elle, elle ne changeait pas.
Il termina sa tasse, jouant quelque peu avec, entre ses doigts. « Passe la voir en fin de journée, avant de commencer ton travail, si jamais tu as le temps. Elle est généralement plus libre à ces moments. »

Parce que quand tombait la nuit, elle aussi allait se réfugier dans un sommeil artificiel.
Un souci le fit froncer les sourcils, le regard se baissant vers ses mains. « Elle m’a demandé de lui en procurer, justement, quelques potions de sommeil. Je récupérerai un de ses échantillons, également, et lui fournirait probablement un substitut de ma collection. »



#5E0021
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Message Sujet: Re: Même nos rêves ne sont plus sûrs   Même nos rêves ne sont plus sûrs EmptySam 6 Oct - 17:47

Victorine n'a jamais pu réellement se reposer sur sa famille, si ce n'est sur sa tante considérée comme une vieille fille dans son duché de misogynes. Elle était une femme forte et au caractère affirmé, tout ce qu'une femme ne devait pas être, et elle a transmis ses valeurs à la jeune Victorine qui rêvait déjà de la liberté que sa naissance ne lui permettait pas d'avoir. Sa fuite a été une révélation, une véritable libération. Ce n'est pas sur son frère qu'elle aurait pu compter, plus jeune qu'elle et également plus simple d'esprit ; il ne prenait aucune initiative, il ne faisait que suivre stupidement les ordres de son père. Son père qui n'était d'ailleurs pas foncièrement méchant, mais il ne la traitait pas avec autant d'égards que Viril, pour sûr. Quand il a décidé qu'il était tant de marier sa fille, celle-ci n'avait même pas été mise au courant. Heureusement, elle a entendu la conversation, sinon elle serait coincée dans une petite maisonnette avec un guerrier et plein de marmots aux cheveux blonds – si tant est qu'elle ait survécu aux nombreux accouchements. L'idée lui fait froid dans le dos, plutôt mourir. Et c'était clairement l'un des risques lorsqu'elle a fui pour Lorgol.

Le sens de la famille, elle ne l'a réellement compris que lorsqu'elle a rejoint la Confrérie. Elle s'en est imprégnée auprès de confrères comme Gauthier, qui pense à ses camarades avant lui-même, qui se montre prévenant et protecteur. Victorine n'avait jamais connu d'homme tel que lui. On lui avait souvent parler de Cibella, mais elle imaginait mal un duché où les hommes étaient au service des femmes plutôt que l'inverse, c'était même absurde pour elle qui n'avait vécu que dans l'idée qu'elle était un objet fort utile et précieux pour son père. Désormais, elle est habituée à toutes ces différentes façon de voir les choses, elle apprécie d'autant plus les gestes affectueux de Gauthier et de certains de ses confrères. Elle comprend à quel point la famille peut être importante, même celle qui n'est pas de sang, et elle est heureuse de pouvoir aider à protéger ceux de son entourage. Gisèle en fait désormais partie, car elle a bien compris combien Gauthier l'aimait et désirait la protéger. Après tout, c'était à cause de ce qu'elle avait vécu qu'il était là, parmi les fils et les filles de la nuit.

« Elle sera heureuse d’avoir de la visite, surtout la tienne. Elle semble presque avoir grandi, tu sais. » Son sourire est contagieux, il lui tarde désormais d'aller la voir. « Passe la voir en fin de journée, avant de commencer ton travail, si jamais tu as le temps. Elle est généralement plus libre à ces moments. » Elle acquiesce. « J'irai la voir avant de commencer ma veille alors. » Elle a toujours un peu de temps avant, de toute manière. « Elle m’a demandé de lui en procurer, justement, quelques potions de sommeil. Je récupérerai un de ses échantillons, également, et lui fournirait probablement un substitut de ma collection. » La nouvelle ne la surprend guère : la vente de potions de sommeil est en plein essor dans tout le continent, mais particulièrement ici, à Lorgol. « C'est probablement plus sage comme ça. » affirme-t-elle, songeuse. Victorine est plus rassurée en sachant que son ami va mener sa petite enquête de son côté, car elle n'a absolument aucune connaissance dans ce domaine. Elle a toute confiance dans les capacités de l'assassin du Poison, nul doute qu'il trouvera une explication – s'il y en a une.

Victorine jette un oeil à sa tasse désormais vide. Par la fenêtre, elle ne voit que l'obscurité qui s'est installée sur la ville. « Il est temps d'y aller. J'ai une veille à commencer et toi, tu as les bras de Niobé à retrouver. » Pas si tôt, peut-être, mais il sera plus en sécurité, une fois plongé dans un sommeil profond, loin de tout danger. Elle lui adresse pourtant un fin sourire. « Mais tiens-moi au courant si tu trouves quoi que ce soit d'accord ? Et sur les progrès de ta soeur. » Parce qu'elle s'est toujours montrée intéressée, elle qui veille sur la jeune femme d'un oeil avisé.
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