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 Nous devrions toutes deux dormir

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Message Sujet: Nous devrions toutes deux dormir   Nous devrions toutes deux dormir EmptyDim 11 Fév - 3:47


Livre III, Chapitre 2 • De Plume et de Serre
Éponine Aubenacre & Alice Libelle

Nous devrions toutes deux dormir

Et pourtant…



• Date : 8 février 1003
• Météo (optionnel) :
• Statut du RP : Privé
• Résumé : La bibliothèque de l’Hiver attire tant Alice qu’Éponine à une heure indue où elles devraient, par prudence, dormir. Elles ne s’attendaient pas, ni un ni l’autre, à trouver quelqu’un avec qui partager cette insomnie cette nuit.
• Recensement :
Code:
• [b]8 février 1003[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3359-nous-devrions-toutes-deux-dormir#124557]Nous devrions toutes deux dormir[/url] - [i]Éponine Aubenacre & Alice Libelle[/i]
La bibliothèque de l’Hiver attire tant Alice qu’Éponine à une heure indue où elles devraient, par prudence, dormir. Elles ne s’attendaient pas, ni un ni l’autre, à trouver quelqu’un avec qui partager cette insomnie cette nuit.
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Message Sujet: Re: Nous devrions toutes deux dormir   Nous devrions toutes deux dormir EmptyDim 11 Fév - 3:52

Il y a énormément à faire dernièrement pour nous. Les dommages causés à l’Académie et les travaux qui se préparent nous forcent à déplacer une quantité impressionnante d’ouvrages dans nos bibliothèques. Forcément, j’en découvre certains qui, abimés par le temps ou des mains trop pressés, ont besoin de nos soins attentifs. J’en profite pour les mettre de côté afin de pouvoir les réparer dès que j’en aurai la chance. C’était un travail qui plaisait à ma mère. M’y atteler me fait penser à elle et j’ai l’impression, pendant quelques heures, de l’avoir près de moi, comme avant. C’est une illusion, mais oh combien précieuse quand la douleur de sa perte m’étreint trop fortement.

Cet après-midi, j’ai enfin un peu de temps et j’en profite pour monter au troisième étage, à la bibliothèque de la Vie Hivernale qui a récemment été le sujet de notre attention. Dans une salle attenant se trouve de nombreux volumes rongés par les années passés à servir les étudiants de l’Académie. Magie et sciences se croisent sur la table où nous avons placés plusieurs piles de livres à remettre en état. C’est dans cette salle que je m’installe et me met au travail, donc, bien décidé à entamer cette importante tâche. Ces ouvrages ne doivent pas être remis entre les mains d’étudiants sans avoir été préalablement réparés ! Je travaille le plus souvent en silence, mais aujourd’hui je me surprends parfois à parler tout haut à ma mère, même si elle n’est pas avec moi et qu’elle ne peut pas me répondre.

Je n’ai pas vu le temps passer. Je sais que mes collègues ont quitté la bibliothèque pour manger, et même pour la nuit. Je leur ai promis que je finirais ce volume, puis que je rentrerais. Mais je suis tombé sur un ouvrage intéressant que je me suis mise à feuilleter, puis à réparer, et j’ai repris mon travail sans trop y songer, plongée dans l’automatisme de ma journée. Je n’ai ni appétit ni sommeil de toute façon, alors aussi bien m’occuper à des choses utiles !

J’ai dû m’endormir, car je viens de me réveiller en sursaut. Ma bougie s’est éteinte depuis suffisamment longtemps pour que je n’en sente pas le parfum distinctif. J’ignore quelle heure il est exactement, la soirée peut-être, ou la nuit. Je n’ai aucun moyen de le savoir, car la pièce où je suis n’a aucune fenêtre donnant sur l’extérieur. Vue la pénombre qui baigne la bibliothèque, cependant, il doit être fort tard. Ou tôt, c’est selon son rythme de vie. Soupir… Le dos endolori d’avoir mal dormi, je me lève et m’étire, résolue à retrouver mon lit pour finir la nuit.

Je m’apprête à franchir la porte du bureau quand j’aperçois une lueur dans la bibliothèque. Je suis aussitôt sur mes gardes. C’est ridicule, la Chasse n’allumerait pas une lampe ou une bougie si j’étais sa prochaine victime, logiquement. Et quiconque me voudrait du mal éviterait de se faire voir. C’est plus fort que moi cependant, et c’est d’un pas prudent que je me dirige vers la bibliothèque. J’ai quelques rayons à parcourir avant d’arriver devant cet intru et je me permets un coup d’œil vers une fenêtre. Il fait nuit noire. Il serait préférable que je rente chez moi, mais j’en suis incapable. Parce qu’il y a un intru dans ma bibliothèque. Et parfois que la curiosité a raison de moi, une fois de plus. Je dois savoir qui se trouve là.

Un rayon, un autre. Je continue à avancer et mon pas se fait légèrement tremblant sous mon poids, à cause du stress sans doute. J’ai l’impression que le bruit est si fort comparé au silence de la bibliothèque que tout le monde pourra l’entendre.

- Qui est là ?

Je pose la question peu avant de sortir des rayons qui m’empêchaient jusque-là de voir à qui j’ai affaire. Puis un soupir soudain, de soulagement cette fois, quand je reconnais la jeune tête rousse qui m’est à présent familière.

- Oh ! Bonsoir Éponine. Tu m’as fait peur !

Je souris et m’approche d’elle afin qu’elle puisse me reconnaître. Les ombres jouent des tours la nuit, et elle est probablement aussi surprise que je le suis.

- Que fais-tu ici à une heure pareille ? Tu devrais être au lit pour être en forme pour tes cours demain, non ?

Je m’approche encore et vient m’accroupir à côté d’elle, lui souriant avec douceur.

- Qu’est-ce qui se passe ?
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Message Sujet: Re: Nous devrions toutes deux dormir   Nous devrions toutes deux dormir EmptyLun 12 Fév - 21:59

Puis il est sur moi, la gueule écumante de bave, dévoilant des crocs impressionnants. Je ferme les yeux alors qu'il m'envoie les odeurs putrides de son haleine mortelle. Je le sens, il s'élance. Et je crie.
Je hurle.
Me débat, et ouvre les yeux, haletante. Je suis vivante. Vivante et dans ma chambre. Un fin rayon de lune éclaire mon visage encore terrifié par le cauchemar. Car c'est ça. J'ai rêvé. Un cauchemar, plutôt, mais juste une illusion de mon sommeil. Rien de réel. Alors pourquoi mon cœur continue-t-il de battre autant ? Pourquoi je me sens si tremblante ? Tout ça m'a paru tellement vrai. Je n'ose même pas sortir de mon lit, guettant le moindre bruit suspect. Mais il n'y a rien. Rien que le silence et la douceur de la lune. Je finis par me redresser alors, tentant de rassembler mes derniers souvenirs. Je n'ai pas fermé les rideaux, hier soir, et la pleine lune éclaire totalement le bureau sur lequel j'ai révisé mes leçons hier. Un bruit sourd me fait sursauter. Par réflexe je me jette sous mes couvertures, le cœur battant, les yeux fermés, priant Osir et Valda de me protéger. Pourtant le silence se poursuit et lorsque je choisis d'émerger prudemment, mes yeux se posent sur le lourd ouvrage qui vient de se heurter au sol et sur lequel je me suis endormie. Que tu es bête, Eponine. Rassurée, je ne peux m'empêcher de pousser un soupir de soulagement alors que je m'extirpe de mes couvertures pour ramasser le précieux ouvrage. Magie élémentaire, bases et définitions. Je l'ai emprunté il y a peu pour compléter un peu plus mes leçons. Néanmoins, tout ceci m'a parfaitement éveillé et je sais déjà que je ne vais pas arriver de suite à trouver le sommeil. Je soupire à nouveau. Jamais je n'ai été aussi fatiguée que ces derniers mois. Une fatigue que le temps n'a pas réussi à apaiser. J'ai toujours aussi peur, je suis toujours autant angoissée. Et maintenant... maintenant mon oncle a disparu. Tous parlent de la soudaine disparition de la princesse impériale d'Ibélène ou du couple ducal, mais pour moi, le plus important, c'est tonton Géralt. Je suis sûre que c'est la Chasse. Ma pire crainte a fini par se réaliser et maintenant mon oncle tant adoré n'est plus. J'ai tellement pleuré. Dans les bras de maman puis presque tous les soirs depuis, avant de me coucher. Je me regarde pas, je sais que mes cernes sont encore plus noirs que d'habitude. Oui, la réalité est une torture. Tonton Géralt a disparu, je prie pour qu'il revienne et je n'arrive pas à inspirer ou expirer sans qu'il occupe mes pensées. Alors je me suis plongée dans le travail. Avec encore plus d'ardeur que d'habitude. Je garde précieusement chacun des cadeaux que tonton m'a fait, même cette plume tellement usée par l'écriture qu'elle commence à rendre l'âme, m'obligeant à en prendre une autre. Cette plume je la conserve comme le plus précieux de mes trésors. Je ne quitte pas non plus mes carnets. C'est un peu comme si j'emporte avec moi un bout de tonton. Oui. Le travail et les livres. Ils m'ont offert le plus précieux refuge, un havre où la tristesse se fait emporter par ma curiosité et où j'arrive à penser à autre chose qu'à tonton. Et c'est donc tout naturellement que je finis par me retrouver dans le couloir et prendre le chemin de la bibliothèque de la Vie Hivernale, une torche à la main, pieds nus et en chemise de nuit.

Le calme de la bibliothèque, son atmosphère et l'odeur des livres finissent par me calmer un peu. Je dois rester forte pour maman et je dois travailler plus que jamais pour délivrer tonton. Le chercher, le trouver et le ramener. Alors même que je pensais que le Destin en avait fini des misères sur ma famille. Je pose délicatement ma torche sur l'un des crochets du mur prévu et attrape une bougie qui traîne pour me faire un peu plus de lumière. Les rayons s'étalent par milliers, détenteurs de précieux trésors et porteurs de connaissances. Je me suis perdue tellement de fois devant ces étalages plus impressionnants les uns que les autres et j'avoue ne pas être encore totalement à l'aise. Et c'est ainsi plongée dans ma réflexion que je ne prends pas immédiatement conscience des bruits qui se rapprochent. Puis une voix. Un nom. Mon nom. Je crie et bondis sur le côté, une main sur le cœur, agitant ma bougie dans une tentative désespérée pour effrayer mon agresseur. Mais la voix est douce et aucune menace ne plane devant moi. Juste le doux visage en porcelaine d'Alice Libelle. Toujours prise par la peur, je me contente de la fixer encore un long moment avant d'arriver à redescendre sur terre. Mais dame Libelle a cette faculté d'apaiser mes tensions et de me mettre en confiance et je finis par me détendre. Sa voix, son intonation, son doux regard dénué de sévérité. J'ouvre la bouche pour lui expliquer, lui dire que je suis désolée mais que j'ai fait un cauchemar mais... incapable de me retenir, la boule d'angoisse qui m'oppresse la gorge depuis tout ce temps finit par avoir raison de moi et je fonds en larme.
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Message Sujet: Re: Nous devrions toutes deux dormir   Nous devrions toutes deux dormir EmptyJeu 22 Fév - 5:51

Je ne voulais pas lui faire peur. Pas du tout. Et je ne peux pas lui reprocher sa réaction. N’ai-je pas moi-même eu peur il y a peu ? Avant de la reconnaître, je tremblais légèrement d’inquiétude. Nous vivons dans un monde inquiétant…

- Éponine, cesse d’agiter ta bougie, je t’en prie !

Un feu dans la bibliothèque serait une catastrophe qui pourrait nous coûter la vie à toutes les deux. Sans compter les ouvrages de la bibliothèque qui subiraient des dommages considérables. Je lui souris pour la rassurer, heureuse de la voir me reconnaître... mais la voilà qui fond soudain en larmes devant moi.

- Éponine…?

Je m’approche d’elle, lui prenant la bougie des mains pour la poser sur la table avant de venir poser une main sur son bras, légère, amicale. Puis un soupir, et je lui ouvre mes bras pour l’inviter à y venir. Une étreinte amicale, qui ne remplace en rien l’étreinte maternelle, mais qui peut rassurer un peu, peut-être, en ces temps troublés.

- Je suis là… Laisses-toi aller, si ça peut te faire du bien.

Elle n’est qu’une enfant, au fond. Une grande enfant, mais… Je n’ose imaginer quel aurait été mon état si j’avais eu son âge au moment de l’attaque. J’ignore ce qui la tracasse exactement, mais vu les derniers événements ce n’est pas surprenant de la trouver dans un tel état. Inquiétant, d’une façon, mais normal… Alors je la réconforterai comme je peux, même si j’ai les larmes qui me montent aux yeux rien qu’à l’entendre pleurer, ce qui me fait la serrer un peu davantage contre lui, sans même m’en rendre compte.

- Que se passe-t-il ? Tu veux en discuter ?

Je ne l’obligerai en rien, évidemment. Chacun sa façon de gérer le deuil et la peur, après tout. Mais je l’aime bien cette petite, et je veux la supporter comme je peux. Il le faut, par les temps qui court. S’il fallait que les enfants ne puisses plus compter sur les adultes qui veillent sur eux alors qu’ils sont loin de chez eux et des leurs…
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Message Sujet: Re: Nous devrions toutes deux dormir   Nous devrions toutes deux dormir EmptyMar 27 Fév - 21:44

Ça fait longtemps que je n'ai pas pleuré ainsi. Je me suis aussi promis d'être forte depuis que j'ai été obligée de quitter maman à Aubenacre. Promis de ne plus pleurer. Mais là... c'est trop dur. J'ai pas pleuré quand j'ai appris la disparition de tonton. Je me suis dit qu'il allait revenir, que ça ne servait à rien de s'inquiéter. Je me suis même dit qu'il devait rentrer précipitamment à Orsang avec tante Marianne. Puis il a fallu que je me fasse une raison. Il a disparu. Comme la princesse d'Ibélène. Et comme le duc et la duchesse de Bellifère. Le même jour. C'est pas une coïncidence je dis. Il s'est passé quelque chose ce soir là. Et, au plus profond de moi, je suis convaincue que la Chasse l'a emmenée. La fatigue, la tension, la peur. Tout accumulé. Je finis par craquer, au milieu de cette bibliothèque apaisante, dans les bras de dame Libelle. Je ne voulais pas pleurer mais c'est sorti tout seul. J'ai peur. Peur de ne jamais revoir tonton. Et peur que ma famille continue de subir tout ça. Je préfère encore laisser ma place. Je pleure encore un moment alors que dame Libelle me tient dans ses bras et essaye de me consoler. Ça fait du bien. J'essaye de voir maman le plus possible, elle me manque quand je suis pas avec elle. Mais je dois rester à l'Académie et travailler dur. J'ai voulu être mage pour sauver maman et maintenant j'irais sauver tonton. Je le chercherai partout sur Arven s'il le faut mais je le sauverai.

Je finis par me calmer. Les mots de dame Libelle m'apaise et ses caresses finissent par avoir raison de mes larmes. Je me détache, un peu honteuse, les joues roses, de m'être ainsi épanchée sur son épaule. Ce n'est pas très courageux de ma part. Mon visage doit ressembler à rien. Je dois avoir l'air épouvantable avec mes traces humides, mes yeux hagards, mes cheveux en bataille et la morve qui me coule du nez. Je renifle bruyamment, cherchant mon mouchoir en tissu pour essuyer un peu tout ça et me moucher. Quelle vision j'offre ainsi à un membre de l'Académie.

-Merci, chuchoté-je, un peu gênée. Désolée pour euh... ça.

Je fais un geste vague qui ne veut pas dire grand chose avant de me passer une main dans les cheveux, espérant sûrement y mettre un peu d'ordre. Mais sans une glace, c'est compliqué et je finis par abandonner l'idée.

-Vous êtes gentille. Vraiment... merci, je rajoute, sincère. J'hésite un peu avant d'enchaîner : je pleure pas comme ça d'habitude mais... mon oncle a disparu.

Je sens mon menton trembler et les larmes refluer alors que je le dis à voix haute mais je parviens à me contenir. J'ai suffisamment pleurer pour aujourd'hui. Je continue donc mon histoire, la voix tremblante mais les yeux secs.

-Vous savez la princesse d'Ibélène qui a disparu ? Et le duc et la duchesse de Bellifère ? Ben mon oncle aussi. Le même jour et... j'inspire profondément, regardant autour de moi l'air affolé. Et je suis sûre que c'est la Chasse.

Ma voix est un murmure paniqué. Un craquement se fait entendre et je sursaute d'un coup, retenant un cri d'angoisse. Mais il ne s'agit que d'un craquement. Les chiens ne sont pas là. Ils ne viendront plus. C'est ce que j'espère au plus profond de moi et j'essaye de m'en convaincre chaque jour, même si je sais que rien ne les arrêtera s'ils reviennent.

-J'ai peur, confié-je. Peur que les chiens ne reviennent et peur pour ma famille. Peur de ne jamais revoir... tonton.

Je bute sur le dernier mot qui s'arrache à mon souffle dans un hoquet. Pourtant, d'avoir avoué tout ça à haute voix, c'est comme si un poids terrible se sort de mes épaules. J'ai l'impression même d'y voir plus clair.
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Message Sujet: Re: Nous devrions toutes deux dormir   Nous devrions toutes deux dormir EmptyDim 4 Mar - 2:28

Je ne m’attendais pas à trouver quelqu’un dans la bibliothèque, et encore moins à ce que cette personne fonde en larmes devant moi. Heureusement, la surprise et la peur sont vite chassées par la détresse d’Éponine que je m’efforce de réconforter. Sa timidité lorsque ses sanglots se calment me tire un faible sourire. Niant de la tête, je cherche à lui faire comprendre que ce n’est pas un problème. Pas du tout, bien au contraire.

- Ce n’est rien, rassures-toi. Je suis là pour toi.

J’arrange une de ses mèches rebelles comme ma mère le faisait souvent pour moi –  jusqu’à récemment, du moins – puis je l’écoute attentivement, mes propres yeux humides tellement son récit fait écho à ce que je traverse moi-même. Les événements sont différents, mais l’incertitude, la peur, le deuil restent étrangement similaires…

- J’en ai entendu parler, oui. Je suis désolée…

Je ne pourrais pas être plus sincère. Combien de cœurs pleurent à cause de cette chasse maudite ? Je regarde autour de nous aussi, nerveuse en sentant sa panique, et je sursaute d’un coup à ce craquement. Jamais auparavant les bibliothèques m’avaient semblées menaçantes. Enfin, avant la chasse. C’est troublant. Quand elle avoue sa peur, son inquiétude, je ne peux que hoche la tête avec compassion. Les larmes aux yeux, particulièrement émue, j’ai du mal à briser le silence pour lui répondre. J’ai la gorge nouée par mes propres craintes, mes propres chagrins.

- C’est normal d’avoir peur, commencé-je faiblement, tentant de sourire pour la rassurer. Et d’être triste, d’ailleurs. Ce que nous avons vécu… ce que tu vis en ce moment, ça n’a rien de facile, tu sais ! Ne te laisse pas abattre par tout ça.

Je soupire légèrement, l’observant un instant. Je sais que c’est plus facile à dire qu’à faire tout ça. J’ai l’impression de lui adresser des paroles vides de sens. Mais que pourrais-je lui dire d’autre ?

- Tu as quelqu’un avec qui discuter ? Quelqu’un vers qui te tourner quand ça ne va pas, ici, à l’Académie ?

J’espère muettement que oui, pour son propre bien-être. Pourtant, je me doute un peu de sa réponse. Je l’ai trouvée en pleine nuit dans la bibliothèque, seule et troublée. Si elle avait quelqu’un à qui se confier, elle se serait sans doute tournée vers cette personne plutôt que vers les livres. Du moins c’est ce que j’aurais fait à sa place… Enfin, je crois… Je me lève enfin, lui tendant la main pour l’aider à se lever elle aussi.

- Viens avec moi. Je vais te montrer où je travaille le plus souvent, et où est ma chambre, pour que tu puisses me trouver si tu veux discuter. J’ai de la tisane, ça nous aidera peut-être à trouver le sommeil toutes les deux. Nous devrions dormir. Et si nous n’y arrivons pas, je t’aiderai avec tes leçons, si tu veux.

Je l’invite en souriant, malgré la tristesse et l’inquiétude qui m’habitent. Je ne veux pas la laisser seule. Pas seule et éveillée à tout le moins, avec les derniers événements… Je ne pourrais rien contre la Chasse si elle se pointait pour nous faucher, je le sais trop bien, mais ça ne m’empêche pas de me sentir responsable de sa sécurité. Si quelque chose devait lui arriver, je ne me le pardonnerait pas !
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Message Sujet: Re: Nous devrions toutes deux dormir   Nous devrions toutes deux dormir EmptyDim 1 Avr - 15:30

Si dévoiler mes sentiments a pu me faire du bien, je vois avec horreur le visage de dame Libelle afficher la même peine qui doit se lire sur le mien. Quelle cruche je fais ! Prise par un trop plein d'émotions, je n'ai pas même pas pensé que je pouvais la blesser. Après tout, c'est ici sa maison. J'entends les étudiants dire souvent qu'elle est totalement vouée à l'Académie. Je la comprends en même temps. Cela fait peu de temps, en comparaison à elle, mais ici j'ai trouvé quelque chose qui m'a manqué. J'ai trouvé un chez moi. Bien évidemment, j'étais chez moi aussi à Aubenacre, dans notre petite maison branlante avec maman et tonton Gédéon, et tonton Géralt qui venait parfois nous voir. Une vague de douleur me submerge à nouveau, faisant trembler mon menton. Mais cette fois je ne pleure pas. Parce que la personne en face de moi doit être encore plus touchée que je ne le suis. Elle doit connaître plusieurs personnes portées disparues. Et elle a aussi vécu l'effondrement d'une partie de l'Académie tandis que le piège s'est fermé sur l'Académie. Ainsi que la mort du professeur Cassandre. Je ne peux pas m'empêcher devant son expression teintée d'une souffrance qui doit de loin dépasser la mienne. Ma main vient serrer la sienne, dans un geste impulsif, comme pour lui montrer qu'elle n'est pas seule. Nous sommes tous des victimes de cette histoire monstrueuse. Nous avons tous des personnes que nous pleurons. Je ne peux égoïstement pas faire comme si je suis la seule dans ce cas.

Sa question finit de me broyer le cœur et j'ouvre la bouche pour la refermer aussitôt. Naturellement, je suis prête à parler de Lena. Ou Sybille. Mais peut-on vraiment dire que je peux leur confier mes plus grandes craintes ? Lena est certainement la meilleure amie que j'ai jamais eu et la première qui soit venue me voir. Quant à Sybille, c'est la première amie que je me suis faite naturellement, de moi-même. Je raconte tout à Lena. Mais jamais mes angoisses les plus profondes. Et avec Sybille, même si je suis sûre de trouver en elle une oreille très attentive et certainement plus adulte que celle de Lena, je n'arrive pas à lui raconter grand chose. En fait, non. J'ai des amis à l'Académie. Des amies que j'aime, à qui je raconte plein de choses, mais jamais ce qui me fait le plus peur. Non pas que je crois qu'elles ne comprendraient pas. Mais je pense que je suis trop habituée à garder tout ça pour moi.

-Je... je crois, je finis par répondre, un peu piteusement. Je... n'ai jamais essayé.

Je crois surtout que je pourrais faire un effort. L'effort de leur confier aussi bien mes rires que mes larmes. Après tout, je suis flattée qu'elles le fassent pour moi donc pourquoi pas l'inverse ? Mélinda me dit des choses comme ça aussi. Qu'elle aime offrir. Je peux comprendre, j'adore offrir aussi. Alors je dois laisser les autres m'offrir ce qu'ils ont envie de m'offrir.
Je la regarde, véritablement éperdue de reconnaissance à sa proposition. J'essaye de retenir ce que Mélinda me dit plutôt que de me sentir gênée. Si elle propose, c'est que ça ne la dérange pas. Forte de cette idée, je hoche volontiers la tête, l'air reconnaissant.

-J'aime beaucoup la tisane. C'est très gentil. Merci beaucoup.

Pour tout. Pour m'avoir écoutée. Pour être restée. Pour ne pas me renvoyer dans le dortoir. Alors je me lève et la suit à petits pas, les pieds un peu refroidis sans leurs chaussons. Mais j'aime tellement marcher pieds nus. Je marche en silence, la suivant dans les couloirs de l'Académie, faiblement éclairés par quelques torches. Chaque pas dans ce silence pesant me rappelle la course frénétique contre les chiens de la Chasse. Une nuit de cauchemar. Une nuit qui me hante chaque fois que je parcours l'Académie. J'ai souvent l'impression d'être suivie ou d'entendre l'écho de leur arrivée sanglante et affamée. Je ne peux m'empêcher de frissonner. Pourtant, ce soir, il n'y a personne. Le danger n'a pas totalement disparu, mais il n'est pas présent dans l'enceinte de l'établissement pour cette nuit. Il faut que je trouve le calme. Pour tonton, je dois travailler encore plus dur. Je dois le trouver et je dois le délivrer. Parce que je ne peux pas croire à sa mort. Sinon c'est moi qui vais mourir.
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Message Sujet: Re: Nous devrions toutes deux dormir   Nous devrions toutes deux dormir EmptyDim 8 Avr - 1:19

Je suis plutôt rassurée qu’elle accepte mon invitation, et je me lève avant de lui tendre la main, lui offrant un petit sourire en l’aidant à se redresser. Je me tourne ensuite vers ses affaires et rassemble les livres en une pile que je prends par habitude, attendant qu’elle récupère le reste. De ma main libre, je prends la chandelle et me mets en route lorsque la jeune fille est prête, quittant bientôt la bibliothèque et ses coins bien trop sombres par les temps qui courent. Nous nous mettons bientôt en marche d’un pas lent, mais pourtant nerveux, du moins pour ma part. Même en sachant que la Chasse est loin, les souvenirs affluent quand je parcours les couloirs. Pourtant les traverser à toute vitesse est pire, et je préfère prendre mon temps, ça me semble plus rassurance, étrangement.

Nous quittons bientôt le couloir de la bibliothèque. Nous sommes au troisième étage, et mon bureau se trouve dans les catacombes. Ça en fait des couloirs à traverser à la lueur d’une bougie ! J’en ai l’habitude, mais je garde un œil sur Éponine qui semble tout de même bien nerveuse – et avec raison d’ailleurs. Je ne voudrais pas la pousser trop loin. Je pourrais toujours lui donner rendez-vous en journée si la traversée est trop difficile. Mon but est de la rassurer. Il faut avouer que les catacombes sont, de base, plutôt sombres à comparé les étages supérieurs dont les couloirs bénéficient parfois d’un éclairage naturel dont sont privées les archives.

Nous arrivons bientôt dans un couloir entre deux séries d’escalier, et le silence commence à me peser un peu. Je souris, me tournant vers Éponine sans me soucier de cette statue que je ne vois que rarement dans ce couloir – ah, la magie de l’Académie !

- J’aime bien la tisane à la camomille, surtout à cette heure. Et toi, que préfères-tu ?
- La camomille est ma préférée !

Je sursaute vivement en me tournant à cette voix que je n’avais jamais entendue. Derrière moi, il n’y a que la statue… et un pan du mur qui s’ouvre en laissant entendre le bruit de la pierre qui glisse contre la pierre. J’ai le cœur qui bat la chamaille et j’inspire d’un coup avant de me mettre à rire légèrement.

- Oh ! On dirait qu’on a trouvé un passage secret, Éponine !

Le passage s’ouvre sur ce qui semble être un étroit couloir qui n’a clairement pas été fréquenté depuis longtemps. Pourtant, à l’autre bout, je crois entendre un feu qui crépite dans l’âtre et… n’est-ce pas le parfum de petits gâteaux que je sens ?

- Tu as envie de l’explorer ? Je peux te montrer mon bureau demain quand on y verra mieux. Nous avons le temps, de toute façon !
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Message Sujet: Re: Nous devrions toutes deux dormir   Nous devrions toutes deux dormir EmptyJeu 19 Avr - 11:07

Nous avançons dans les couloirs faiblement éclairés de l'Académie en silence. Je me sens toujours tremblante mais tout de même un peu moins, puisque Dame Libelle est à mes côtés. J'ai le temps de songer aux événements passés sans craindre l'écho de la course sanglante de la Chasse. Nous nous enfonçons un peu dans les entrailles de l'Académie. Je sais que les appartements de dame Libelle sont situés dans les catacombes. Je n'y suis jamais allée et ça me fascine autant que ça m'effraie. Mais je me dis que je suis entre de bonnes mains alors je retiens mes pensées affolées. Sa question, toutefois, surgit brusquement du néant et je ne peux m'empêcher de sursauter. Je n'ai même pas le temps de répondre ou de retrouver mes esprits, qu'une voix sortie de nulle part réplique à ma place, m'arrachant un cri paniqué. Dame Libelle sursaute également, sûrement surprise par cette voix qui ne m'appartient pas. Dissimulée faiblement derrière elle, je me penche sur le côté pour découvrir une statue. Dame Libelle finit par sortir un rire léger qui a le mérite de calmer un peu les battements paniqués de mon cœur. Puis, bientôt, l'excitation fait place à toute autre sentiment. Un passage secret !

-Ooooooooh !
m'exclamé-je, surexcitée. J'essaye de tous les trouver.

Tâche impossible lorsque l'on sait le nombre de passages secrets existants dans l'Académie. Et on ne le sait pas. Le pan de mur a dévoilé un long couloir sombre où l'on ne voit pas grand chose. Pourtant, il me semble apercevoir une faible lueur au bout. Je ne suis pas très rassurée et hésite devant l'air enjoué de dame Libelle. Le souvenir de mes dernières péripéties avec un passage secret n'est pas très joyeux. Je regarde l'archiviste et le couloir tour à tour, incapable de prendre une décision. Finalement, je hoche doucement la tête et nous nous engageons dans le couloir. J'ai l'impression que ça dure une éternité. Je retiens ma respiration, n'osant laisser échapper le moindre souffle de peur que quelque chose survienne. Pourtant, plus nous avançons, plus la lueur se fait intense et une douce chaleur finit même par nous réchauffer les pommettes. Finalement, au détour d'un couloir, nous atterrissons dans une sorte de petit salon très charmant et je reste la bouche ouverte, sidérée parce que je vois. La pièce est confortable et chaleureuse. Il y a une petite bibliothèque, un feu de cheminée qui crépite joyeusement et une table avec quelque chaise où repose un plateau débordant de douceurs. Un peu plus loin, une petite étagère laisse entrevoir une collection impressionnante d'herbes et de feuilles en tout genre. Je m'écarte un peu de dame Libelle pour explorer ça d'un peu plus près. Des odeurs délicates me parviennent au nez et je souris.

-C'est du thé ! Regardez !

Incroyable. Je me tourne vers dame Libelle.

-Vous connaissez cette pièce ? Quel endroit étrange. Je me demande comment la nourriture arrive ici.

Tout ceci est fort intrigant et je songe, avec délice, que j'ai encore plein de choses à découvrir sur l'Académie et sur la magie. Des mondes merveilleux aux possibilités tellement infinies qu'une vie ne suffit pas à en percer tous les secrets.
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Message Sujet: Re: Nous devrions toutes deux dormir   Nous devrions toutes deux dormir EmptyMar 24 Avr - 5:24

Ce couloir inattendu ! Voilà une surprise à laquelle je ne m’attendais pas à m’éveillant dans l’ancien bureau de ma mère. J’offre un grand sourire à la petite en voyant son enthousiasme. « Et moi donc ! » Une quête de toute une vie, certainement. Et encore j’ai la chance de vivre ici, de pouvoir explorer depuis la tendre enfance. Et même en ayant eu une infime part des plans sous les yeux, en les ayant scrutés, j’ai toujours du mal à retrouver ce que j’ai cru apercevoir. Je suis cependant certaine que celui-ci n’était pas dessiné dans les plans que j’ai observés. En tout cas ce couloir ne l’était assurément pas. La statue, par contre… Enfin, j’aurai tout le temps d’y songer plus tard. Pour le moment, je m’enfonce dans le couloir avec Éponine à ma suite. Je ne vais quand même pas la laisser passer devant moi. Il y a toujours un certain facteur de risque dans un passage secret, et j’ai quand même le devoir de la protéger.

Puis nous débouchons toutes les deux sur un salon qui me semble tout à fait douillet. Un petit sourire curieux étire mes lèvres alors que j’en fais le tour en observant autour de moi. Mes doigts frôlent les murs, et bientôt la petite bibliothèque qui contient plusieurs ouvrages qui sont, à première vue, fort âgés. J’en tire un de l’étagère pour en lire le titre, et un nouveau petit rire m’échappe en reconnaissant le titre. Je le repose avec soin, me tournant vers Éponine qui annonce avoir trouvé du thé. Je m’approche d’elle pour observer la petite collection d’herbes séchées.

« Je me demande depuis combien de temps elles sont là », dis-je en prenant une fiole pour l’ouvrir et sentir le parfum des fleurs. Tout sent agréablement bon. Je me tourne vers la cheminée, voyant une bouilloire de laquelle je m’approche. J’examine l’eau à l’intérieur et elle me semble fraiche. « Installe-toi, je vais nous préparer une tisane ici. » Voilà que j’accroche la bouilloire au-dessus de la flambée avant de venir m’asseoir sur le second fauteuil en soupirant doucement. Ma main se pose naturellement sur un journal posé sur la petite table près de moi, et j’en feuillette les pages du bout des doigts en continuant à regarder autour de moi et à observer tous les détails.

« Je paris que tu trouveras un ou deux livres qui pourraient t’intéresser dans la bibliothèque. Mais manipule-les avec soin, ils m’ont l’air vieux ! Je vais devoir trouver comment revenir pour les répertorier et trouver à qui ils appartiennent ! » Je semble ravie. Un nouveau mystère à élucider, une nouvelle vie à découvrir. Je ne crois pas trouver ici quelque chose de révolutionnaire, mais en apprendre davantage sur ceux qui ont connu ce salon à travers leur choix d’ouvrages me semble tout aussi intriguant. C’est un pan d’Histoire qui s’offre à nous, même si tout à fait inoffensif à prime abord. Tout à fait suffisant pour justifier passer quelques soirées ici à lire et à découvrir. Ça me changera !
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Message Sujet: Re: Nous devrions toutes deux dormir   Nous devrions toutes deux dormir EmptyLun 14 Mai - 16:03

Je suis pas la seule à m'émerveiller devant cette salle impressionnante. Dame Libelle suspend la bouilloire au-dessus du feu et une chaleur douce commence à engourdir mes membres. Je ne sais pas où on est ni comment tout ceci se retrouve là mais je le mets sur le compte de la magie. La magie de l'Académie est tellement merveilleuse qu'elle est capable de tout. Et je crois que ça ne sert pas à grand chose d'essayer de trouver quelques réponses à ces faits fantastiques. Obéissante, je m'assois à la table, n'osant toucher à rien mais dévorant des yeux tout ce qui s'étale devant moi. L'attention de dame Libelle est aussitôt accaparée par un petit journal posé sur la table et, perdue dans ma contemplation, je sursaute presque lorsqu'elle s'adresse de nouveau à moi.

-Oh ? ou... oui, ils paraissent merveilleux, je chuchote.

Un brin effrayé tout de même. Je n'ose pas les prendre avec moi de peur de ne jamais retrouver la salle et de ne pouvoir les ranger. Mais, en même temps, j'ai bien envie de les lire et de découvrir les secrets qu'ils cachent. Il doit bien y avoir quelques explications sur ce curieux endroit. Mais si dame Libelle trouve un moyen de revenir ici et d'explorer avec plus d'attention ses secrets, alors je ne vais pas dire non pour en feuilleter quelques-uns.
Confortablement installée, les yeux envoûtés par les flammes dansantes, je me laisse presque bercée par la douce chaleur qui émane de l'âtre. Cependant, la bouilloire se met bientôt à fumer et, quelques minutes plus tard, j'ai devant moi une tasse fumante aux arômes d'écorces et de feuilles, légèrement épicées. J'ai longuement hésité avant de faire mon choix. C'était dur. En plus j'ai envie de tous les choisir. J'espère pouvoir revenir ici et pouvoir tous les goûter. Rien que l'odeur doucereuse qui se dégage de la tasse semble faire envoler tous mes soucis. Même si mon cœur continue de pleurer tonton Géralt, mon âme semble se panser et reprendre un peu d'espoir. L'espoir qu'il reviendra sain et sauf nous voir. J'hésite encore un peu puis finalement je me laisse tenter par l'une des douceurs, beaucoup trop tentantes pour que j'y résiste bien longtemps. C'est bon, sucré mais pas trop, doux et fondant sur la langue. Un véritable délice.

-J'espère qu'on a le droit de manger et de boire, je murmure soudain prise d'un léger soupçon.

Il se peut que tout ceci soit interdit ou un piège. Et si l'on restait coincé ici pour toujours après avoir fâché l'esprit du passé qui a vécu dans cette pièce ? J'ai soudain l'impression que ma gorge se serre.

-Je vous remercie de nous offrir ainsi l'hospitalité, je bredouille maladroitement. Veuillez nous excuser si nous profanons votre demeure.

Je jette un coup d'oeil à dame Libelle, soucieuse de voir si elle partage ou non mon inquiétude. Mais je sais, par expérience, que quelques salles secrètes n'aiment pas vraiment l'impolitesse et si la magie de l'Académie est absolument fascinante, elle peut parfois être inquiétante. Je n'ai pas envie de rester coincée ici pour toujours.
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Message Sujet: Re: Nous devrions toutes deux dormir   Nous devrions toutes deux dormir EmptySam 19 Mai - 19:27

J’ai du mal à rester en place à table en attendant que la bouilloire siffle. Résister à l’appel, non pas des friandises pour ma part, mais bien du journal et des livres laissés là. Et des autres curiosités aussi qui décorent la pièce. Les tisanes et les gourmandises ne sont qu’un fait secondaire, agréable certes, mais pas aussi intriguant. Quoi qu’il en soit, étant avec Éponine, je me retiens quand même un peu, préparant nos breuvages. J’ai choisi une infusion fruitée dont le parfum me plaisait bien et qui me rappelle l’été et les balades sur le campus de l’Académie. Des pensées plus heureuses, positives, que la peur que nous ressentons toutes les deux cette nuit.

Les herbes misent à infuser, je m’assois à table et sourit à Éponine qui semble nerveuse. Je n’ai pas pu m’empêcher d’entendre ses paroles à cet esprit – ou cette personne – qui nous a ainsi permis d’accéder à son repère. Ça ne m’inquiète pas. Pas vraiment en tout cas.

- Je ne crois pas que ça soit un problème, Éponine. La statue nous a ouvert la porte. J’ai presque l’impression qu’on nous attendait.

Je me pose plus confortablement sur ma chaise, étendant mes jambes fatiguées devant moi, vers le feu pour profiter de la chaleur des flammes. C’est particulièrement agréable après la fraîcheur des couloirs que nous avons enfilés avant de trouver cet endroit.

- Il y a une fine couche de poussière dans toute la pièce. Je crois qu’elle n’a pas été utilisée dernièrement. Et pourtant les friandises et les tisanes semblent fraîches.

Je crois même qu’elles sont encore tièdes, et je fini par me laisser tenter pas une petite pâtisserie que je soulève délicatement avant de la porte à mes lèvres. La pâte est feuilletée et a un goût de miel. C’est exquis aux petites heures de la nuit, et ça se mêle particulièrement bien au parfum des tisanes qui commencent à se répandre dans l’air.

- Je me demande si cette pièce était occupée par quelqu’un que nous avons perdu pendant l’attaque… Il me faudra vérifier ça demain…
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Message Sujet: Re: Nous devrions toutes deux dormir   Nous devrions toutes deux dormir EmptySam 19 Mai - 21:34

J'en suis encore à l'état de m'inquiéter mais dame Libelle réussit à calmer mes incertitudes. Enfin... en partie. En observant ainsi autour de moi, je me dis qu'elle n'a sûrement pas tord. La statue à l'entrée nous a ouvert la porte. Elle pouvait ne pas le faire et nous laisser poursuivre notre chemin. Ça veut donc sûrement dire qu'elle approuve notre présence ici et que nous pouvons manger ses gâteaux et boire son thé sans dommage. Mais est-ce que l'on pourra emprunter ses livres et retrouver le chemin pour venir ici ? Je n'ai pas le souvenir d'avoir déjà vu cette statue auparavant mais j'ai peut-être pas assez bien regardé. Ou bien la statue change de place. Ou bien elle réussit à passer inaperçu. Ou dame Libelle a prononcé les bons mots au bon moment. Peut-être même un peu de tout ça. La magie et les secrets de l'Académie sont tellement nombreux qu'il est presque impossible de comprendre le fonctionnement des salles. Alors les possibilités de retrouver cette salle me paraissent très compliquées. Mais pour le moment, je me concentre plus sur ce que j'ai dans mon assiette. Le beignet est délicieux et le thé fumant brûle un peu ma gorge avant de me procurer un certain soulagement.

-Oui c'est... curieux.

Dame Libelle, encore une fois, a raison. C'est très étrange. Tout est poussiéreux, les livres semblent abîmer par le temps et même l'ambiance de la pièce laisse deviner que personne n'est venu ici avant un moment. Pourtant le feu crépite allègrement, le thé est fumant et les pâtisseries fraîches du jour. Des détails contradictoires qui soulèvent tant de questions. Encore un mystère protégé de l'Académie.

-Peut-être... peut-être que quelque chose veille sur tout ça, je propose en réfléchissant.

Peut-être que, tout comme la statue qui garde l'entrée, il y a un fantôme ou un esprit ou quelque chose d'autre, qui veille à ce que le feu reste allumé, que l'eau soit fraîche et que les pâtisseries soient toujours tièdes ?
Le reste de la phrase de dame Libelle, cependant, me renvoie droit dans ces horribles souvenirs dont j'essaye de me débarrasser. Je la regarde la bouche entrouverte, le menton légèrement tremblant alors qu'une vague de froid s'abat soudainement sur moi. Je me rappelle tonton. Et je revois cette course poursuite contre des chiens enragés. Le lustre qui se fracasse au sol, les étranges créatures et leurs cris agonisants. Et les chiens. Les chiens de la Chasse, la gueule écumante de rage, les yeux rendus fous par une faim dévorante de sang. Je me revois conduire le petit groupe dans une salle secrète, destinée à nous emmener en sécurité et qui, finalement, nous propulse droit sur cette meute enragée. Et le professeur déchiqueté. Je revois tout ça. Le souvenir en est presque brûlant de réalité, tellement les détails sont précis. Je ne peux pas les oublier facilement. Je me souviens de tout. Est-ce que quelqu'un a réussi à se cacher ici ? Je ne sais pas. Est-elle aussi récente ? Je ne sais pas non plus. Je lève mon regard sur l'Archiviste, partagée entre l'envie d'en savoir plus et celle de ne plus jamais en parler. Mais ce n'est pas en fuyant le soucis qu'on arrive à le résoudre. Et comment faire face à mon traumatisme si je n'arrive même pas à en parler ?

-Vous... vous croyez vraiment que... que quelqu'un s'est caché ici ? Que... que les chiens ne les ont pas mangé ?

Ma voix a pris une tonalité beaucoup plus aiguë en parlant des chiens. Mais, au moins, j'assume ce que je dis. Même si c'est dur. Je serre ma tasse entre mes doigts, me brûlant presque les mains par la chaleur. Chaleur qui arrive à apaiser légèrement mes tourments. J'espère que quelqu'un a pu rester en vie grâce à ce lieu. Si c'est le cas et qu'on arrive à le retrouver, il est possible que j'en fasse mon nouveau refuge.
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Message Sujet: Re: Nous devrions toutes deux dormir   Nous devrions toutes deux dormir EmptySam 19 Mai - 23:39

L’état de la pièce m’intrigue, mais pas autant que la réaction d’Éponine à mon commentaire. Je m’en veux d’avoir évoqué la chasse, j’ai parlé tout haut, sans réfléchir, et voilà qu’elle semble si hésitante d’un coup. Je ne peux m’empêcher de nier de la tête en entendant sa question. Quelqu’un se serait-il caché ici ? J’en doute. Enfin peut-être, ce n’était pas complètement impossible, mais… Non, j’en doute. J’ignore pourquoi, du moins je ne peux faire que des suppositions.

- Si l’occupant est de notre temps, et s’il a survécu à cette soirée, alors pourquoi ne pas venir chercher ses affaires ? Non, à mon avis, si c’est quelqu’un de notre époque, il n’a pas eu notre chance ce soir-là…

Je soupire légèrement.

- L’Académie m’a cachée, moi. Je me suis réfugiée dans une pièce secrète… Ce ne serait pas impossible que quelqu’un se soit caché ici, mais à moins de déjà connaître l’existence de la pièce, il me semble étrange que quelqu’un songe à parler de tisane à la camomille en fuyant dans les couloirs…

J’hausse légèrement les épaules.

- Mais je reviendrai, et je lirai le journal pour en apprendre davantage. Je te ferai part de mes découvertes, si tu veux.

Je lui souris légèrement avant de m’étirer en étouffant un bâillement.

- Allez, finissons nos tisanes, puis je te raccompagne à ta chambre. Nous devrions toutes les deux dormir à cette heure !
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Message Sujet: Re: Nous devrions toutes deux dormir   Nous devrions toutes deux dormir EmptyDim 20 Mai - 0:35

La réponse de dame Libelle me plonge dans un état de perplexité où je ne sais pas si je dois me réjouir ou non. Ne sachant pas vraiment comment réagir, je prends une nouvelle pâtisserie, taisant la voix de maman qui me souffle que je ne vais pas dormir si je mange trop et trop tard. Mais, de toute façon, je ne dors déjà pas. Même si l'atmosphère chaleureuse et apaisante de la pièce commence à me faire cligner plusieurs fois des yeux. Ma panique d'il y a quelques minutes paraît même s'estomper alors que les volutes de fumée de ma tasse de thé endort mes sens.
Je ne peux cependant pas m'empêcher de boire les paroles de dame Libelle, même admirative par sa capacité à comprendre aussi bien l'Académie. De ce que j'ai pu comprendre et de ce que l'on dit sur elle, dame Libelle connaît l'Académie mieux que personne. L'Académie l'a cachée. Elle l'a protégée de la la Chasse, des chiens enragés. C'est comme si l'Académie la chérissait comme son propre enfant. Mais elle a raison et je hoche la tête. Il paraît peu probable de penser à de la camomille lorsque l'on est poursuivi par une meute de chiens enragés. Je pensais à pas grand chose, juste à m'enfuir et à rester en vie.

-Je... je veux bien, j'avoue avec un petit sourire, reprenant une gorgée de thé.

Cette salle est tellement intéressante que je n'ai même pas envie d'en partir. Mais si dame Libelle peut me faire part de ce qu'elle a trouvé.... c'est comme un secret partagé rien que pour nous deux, offert par l'Académie. Si ça se trouve, c'est l'Académie elle-même qui a bien voulu que dame Libelle trouve cet endroit. Mon sourire finit par faire écho au sien et je m'empresse de finir mon deuxième beignet en sirotant mon thé, soufflant dessus pour le refroidir un peu. Il est chaud mais tellement bon. Le silence s'étire, uniquement brisé par nos gorgées, et une torpeur commence à m'envahir. Moi qui ne trouvait pas le sommeil, je le sens venir titiller mes paupières et prendre emprise de ma conscience. La fatigue m'envahit. Heureusement, quelques minutes plus tard, ma tasse est finie et dame Libelle se propose de me raccompagner, ce que j'accepte avec un réel soulagement. Soulagée de retrouver mon lit mais soulagée de ne pas regagner ma chambre seule, désireuse que cette promenade nocturne agréable se poursuive. Le thé a effacé mes pensées les plus sombres et apaisé mes angoisses. C'est donc l'esprit plus léger que je reprends la route vers ma chambre, essayant de me souvenir du trajet pour pouvoir revenir ici dès que possible. Cette fois, la fatigue m'empêche de parler et je ne songe qu'à mon lit et au sommeil sans rêve qui m'attend. Parce que j'en suis sûre cette fois. Cette nuit je dormirai sans faire de cauchemar.

-Et bien... merci beaucoup pour cette soirée, je remercie alors que nous atteignons la porte de ma chambre. Merci de m'avoir écouté et remonté le moral et... enfin merci pour tout.

Je rougis légèrement et ouvre à nouveau la bouche, prête à lui demander si je pouvais revenir la voir bientôt. Mais je n'y arrive pas, sûrement encore trop timide et touchée par cette soirée pour oser le demander. Je me contente donc de lui adresser un dernier sourire et pénètre dans ma chambre. Elle n'a pas bougé. Rien n'a changé. Personne n'est venu y faire quoique ce soit et rien de menaçant de m'y attend. Comme si j'ai épuisé mes dernières forces pour parcourir la distance me sépare de mon lit, je m'affale de tout mon long sur les couvertures, ferme les yeux et plonge enfin dans un sommeil réparateur et dénué de tout cauchemar.
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