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 À la recherche de la vérité

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Message Sujet: À la recherche de la vérité   À la recherche de la vérité EmptyDim 18 Fév - 20:36


Livre III, Chapitre 2 • De Plume et de Serre
Pénélope de Bellancre & Aurore Aubétoile

À la recherche de la vérité

Bonjour, est-ce que tu es ma maman ?



• Date : 10 mars 1003
• Météo (optionnel) : Le temps est couvert. La neige est tombée pendant la nuit.
• Statut du RP : Privé.
• Résumé : Les jumelles Aubétoile cherchent des informations sur leurs parents, à partir de ce qu'Astrée a vu durant la trame alternée. Elles ont appris que la propriétaire du Zéphyr était Pénélope de Bellancre et Aurore se décide à aller lui parler, sous un faux prétexte.
• Recensement :
Code:
• [b]10 mars 1003 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3408-a-la-recherche-de-la-verite]À la recherche de la vérité[/url] - [i]Pénélope de Bellancre & Aurore Aubétoile[/i]
Les jumelles Aubétoile cherchent des informations sur leurs parents, à partir de ce qu'Astrée a vu durant la trame alternée. Elles ont appris que la propriétaire du Zéphyr était Pénélope de Bellancre et Aurore se décide à aller lui parler, sous un faux prétexte.

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Message Sujet: Re: À la recherche de la vérité   À la recherche de la vérité EmptyDim 18 Fév - 20:38

Pénélope de Bellancre.
Le nom tourne et tourne dans son esprit depuis plusieurs jours, plusieurs semaines, même. Marquise de Bellancre, Enchanteresse de l'Automne et... propriétaire du Zéphyr. Quand Aurore a trouvé le nom, elle a immédiatement couru le dire à Astrée et depuis, elle ne cesse de se demander si elle doit tenter d'aller lui parler ou non. Pénélope de Bellancre serait-elle... Pennia ? Leur mère supposée de cette autre vie serait-elle la même que dans leur réalité ? L'Outreventoise se souvient l'avoir vue parfois, quand elle étudiait à l'Académie. Elle tente alors de retrouver dans ses souvenirs des indices pouvant mettre en avant une quelconque ressemblance avec sa soeur et elle... mais elle ne peut pas s'y résoudre. C'est une femme d'une noble famille, au poste prestigieux, à la réputation qui n'est plus à refaire. Si elle avait eu des enfants – des jumelles ! – ça se saurait, par Levor ! Et comment aborder un tel sujet avec une femme de son rang ? Ne serait-ce pas attirer l'humiliation sur sa famille si elle se trompait ? Saurait-elle de quoi elle parle ? Lui rirait-elle au nez ? Tant de questions qui restent sans réponse et qui retardent le moment fatidique où elle essayera de les obtenir.

Combien de fois a-t-elle discuté avec Astrée, rassemblant les éléments qu'elles connaissent, pour finalement les balayer d'un revers de la main ? Puis il y a l'identité de ce Mati, qui les intrigue tant. Sa soeur a bien repéré cet homme, ce professeur, au coeur de l'Académie. Un savant kyréen, un noble homme également, un sénéchal de la couronne kyréenne, rien que ça. Il lui semble avoir reconnu en ses traits l'homme qui se trouvait au coeur de l'Archipel avec elles, mais elle doute, tant leur attitude est dissemblable. Puis... un savant kyréen, en compagnie d'une mage ansemarienne... L'idée leur paraît parfois si absurde qu'elles en rient, imaginant ce qui se dirait si c'était vrai, si ça venait à s'ébruiter. Absurde et pourtant...

« Je ne comprends pas. L'humaine qui vous a conçues n'est pas celle qui vous a couvées ? » Aurore grimace, entre amusement et scepticisme. « On peut dire ça comme ça, oui. » Les dragons ont une étrange conception de l'existence humaine. Sucre est curieuse pourtant, et sa curiosité attise celle de la cadette qui cherche à avoir des réponses. Elle finit un jour par se décider ; prenant son courage à deux mains, elle écrit une lettre à l'Enchanteresse et demande à la voix, prétextant de terribles cauchemars liés au Jour des Anciens. Elle a vu la Chasse, après tout, ce n'est donc pas totalement faux. Et avant de changer d'avis, elle la fait transmettre à l'Académie, terriblement inquiète. Après tout, le Zéphyr est le seul indice qu'elles ont et ce ne sont pas leurs parents qui leur révéleront quoi que ce soit. Ne seraient-ils pas vexés, qu'elles cherchent des réponses ailleurs... ?

Les jours passent et elle en oublierait presque cette missive, quand enfin elle reçoit une réponse. L'Enchanteresse la convie à venir la voir à l'Académie et Aurore prévient sa soeur, le coeur plein de sentiments qui s'entrechoquent, entre angoisse et réticence à l'idée d'obtenir les réponses tant désirées. Un après-midi, elle se rend donc dans l'entrée des visiteurs et attend que son secrétaire vienne la chercher, pour la mener à travers les étages. Arrivée devant la porte, elle s'immobilise, écoutant l'homme qui annonce sa présence. « L'Enchanteresse de Bellancre va vous recevoir, demoiselle Aubétoile. » Un petit sourire crispé lui répond, tout comme cette petite voix étranglée qui le remercie. Puis elle entre, refermant la porte derrière elle. Debout à l'entrée de la pièce, elle se tient droite, raide, un peu hésitante. « Bonjour professeur. J-je vous remercie de bien vouloir m-me recevoir. »
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Message Sujet: Re: À la recherche de la vérité   À la recherche de la vérité EmptyMar 20 Fév - 19:17

La fatigue pèse lourdement sur les paupières de Pénélope ; et elle dodeline doucement du chef, le nez penché sur une dissertation de troisième année à la rhétorique plutôt soporifique. Certes, pour un théoricien du rêve il est de bon ton d’endormir ses auditeurs, mais l’objectif de ce devoir étant tout autre, et l’Enchanteresse finit par le mettre de côté pour le relire plus tard. Elle dort bien peu, ces temps-ci, oppressée par la libération de la Chasse Sauvage et les ravages occasionnés dans l’Académie, toujours fortement éprouvée par les vides dans les rangées de ses élèves. Une bonne portion des inscrits de la rentrée manque à l’appel – plus des deux tiers, en vérité, ne sont plus là. Parmi eux, quelques-uns morts pendant le Jour des Anciens ; mais tous les autres ont déserté les lieux, s’estimant en danger ou répondant à l’appel de leurs familles inquiètes. Il ne reste à Pénélope que quelques-uns de ses élèves les plus avancés, quasiment tous les plus jeunes sont repartis – la classe de première année, entièrement vidée, a été annulée, et une seule deuxième année a choisi de poursuivre son cursus.

Oh bien sûr, elle reste fort occupée – le temps libéré par les quelques cours annulés est fort rempli par ses réponses aux lettres qu’elle reçoit de tout l’empire, demandant le conseil et l’expertise de l’Enchanteresse de l’Automne pour contrer la Chasse Sauvage et protéger les habitants. Elle est flattée de se voir soudain si respectée, mais n’en pense pas moins que le retour de la Symphonie sur le continent apportera bien plus de réponses que toutes les théories des magies de Saison. Idée hérétique qu’elle ne formule pas à n’importe qui, et jamais par écrit. Il ne manquerait plus qu’on accuse la digne marquise de Bellancre de protéger une magie proscrite… La disparition de la Rose Écarlate l’a laissée fortement désemparée, et les quelques éléments qu’elle a pu découvrir depuis ne sont pas à l’honneur des pièces.

C’est sûrement cela qui pèse le plus lourdement sur son moral.
Ça, et l’impuissance affreuse qui est la sienne. Bien évidemment, en tant que mage de l’Automne spécialisée dans la confection de rêves, il est possible de plonger autrui dans un sommeil profond, enfermant son esprit dans un rêve inviolable ; mais elle travaille jour et nuit, pour distiller ses songes en bouteille et préserver autant que possible les élèves restants à l’Académie – et Matvei, qui s’échine à reconstruire les pans détruits du bâtiment, auquel elle a remis une bonne quantité de potion onirique. Matvei qu’elle n’a pas pu voir autant qu’elle l’aurait souhaité, avec le chaos ambiant. Matvei qu’elle irait bien retrouver, là. Pour lui proposer un peu de ce rhum ambré dont elle importe des quantités respectables de l’archipel. En tout bien tout honneur.

Elle a posé la plume et s’est levée de son confortable fauteuil, remettant un peu de dignité dans sa tenue – elle sait qu’il est attaché à la netteté des apparences – lorsqu’un grattement à sa porte lui fait hausser un sourcil. Elle n’attend personne, pourtant, de quoi peut-il s’agir ? « Oui ? » C’est le visage sérieux de Guy, son secrétaire, qui passe le nez par l’entrebâillement du battant. « L’accueil des visiteurs signale une demoiselle Aubétoile venue vous voir, Enchanteresse. » « Allez la chercher, Guy, je vous prie. » L’homme s’éclipse, et Pénélope reste songeuse un instant. Cela fait des jours maintenant qu’elle a répondu à la missive d’Aurore, celle des deux qui n’est plus élève à l’Académie, l’invitant à lui rendre visite lorsqu’elle le voudrait pour s’entretenir des cauchemars qui la taraudent. Elle a patienté fébrilement quelques jours ; puis s’est résignée en ne la voyant pas venir, s’imaginant que la jeune fille avait renoncé. Et voilà qu’elle se présente – et Pénélope ne l’attendait plus.

De retour, Guy fait entrer la jeune femme, et l’Enchanteresse observe attentivement la frêle silhouette qui s’avance, notant machinalement les quelques différences avec sa sœur qu’elle croise plus fréquemment. Elle bégaie un peu, la jolie Chevaucheuse, avec une timidité et une politesse bien plus appréciés que l’insolence arrogante de sa jumelle, et la marquise la salue avec chaleur, d’un ton bienveillant. « Je vous en prie, mademoiselle. Les cadets de Flamme sont toujours les bienvenus en ces lieux, si je puis leur être utile, même s’ils ne répondent pas à ma Saison. Prenez place, je vous prie – qu’est-ce qui vous amène à moi ? Votre lettre mentionnait des cauchemars, je crois ? »

Elsir se glisse alors par la fenêtre entrouverte, bien plus silencieux qu’à l’accoutumée, prenant place sur son perchoir favori et scrutant attentivement la visiteuse, semblant guetter lui aussi sa réponse. Elle est chétive, je pense qu’elle ne picore pas assez. Les temps actuels sont difficiles, ne va pas l’effrayer je te prie !

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Message Sujet: Re: À la recherche de la vérité   À la recherche de la vérité EmptyLun 12 Mar - 18:03

Elle est un peu intimidée, la jeune cadette. Elle a devant elle une grande mage, une Enchanteresse, une femme respectée dans son domaine et au sein de l'Académie et une marquise de surcroît. Et peut-être sa mère, qui sait ? Aurore ne peut s'empêcher de chercher quelque ressemblance avec elle et sa soeur, dans le blond de sa chevelure, dans le bleu de ses yeux, dans la forme d'un menton ou d'un nez. Peut-être se fait-elle des idées, c'est même certain ! Quelle idée lui est venue de lui écrire ainsi ? Elle va forcément la prendre pour une folle, c'est obligé. Astrée lui a bien signalé qu'elle ne voulait rien avoir à faire avec cette histoire, que c'était absurde. Mais l'esprit borné de la mage, ainsi que sa grande curiosité, ont fini par avoir raison d'elle. Sans parler des questions incessantes de Sucre à ce sujet ; à croire que la dragonne est aussi intriguée par cette histoire qu'elle ne l'est. Les humains semblent fascinants pour la jeune dragonne d'Améthyste et quand elle n'est pas occupée à chasser quelque papillon ou à voler de nuage en nuage, elle se montre très intéressée. Comme à cet instant. Comment peut-elle être ta mère ? Elle est plus petite que toi. J'ai grandi, Sucre. Oh.

« Je vous en prie, mademoiselle. Les cadets de Flamme sont toujours les bienvenus en ces lieux, si je puis leur être utile, même s’ils ne répondent pas à ma Saison. Prenez place, je vous prie – qu’est-ce qui vous amène à moi ? Votre lettre mentionnait des cauchemars, je crois ? » Aurore déglutit difficilement puis met un pas devant l'autre afin de s'asseoir en face de l'Enchanteresse, hochant la tête sans grande conviction. « C'est bien ça, professeur. » répond-elle poliment. Elle n'a pas à rougir d'avoir menti, car elle est sincère lorsqu'elle mentionne les cauchemars. À la seule différence qu'ils ne sont qu'un prétexte et non la réelle raison de sa présence. « Je revois souvent les chiens, madame. Ceux qui se trouvaient à l'Académie. » Elle frisonne réellement, cette fois, en repensant à tout ça. Et elle se demande ce que doivent ressentir les élèves qui se rendent chaque jour à leurs cours, là où ça s'est passé.

Aurore lève les yeux vers le Familier, perché non loin de là, et elle prend une grande inspiration. « Mais en fait, je... n'ai pas dit toute la vérité, dans ma lettre. Je fais bien des cauchemars mais ce n'est pas la, la raison qui m'a poussée à vous demander audience. » Elle s'éclaircit la gorge et soutient le regard du professeur, inquiète de sa réaction. « Je vous demande pardon d'avoir agi de la sorte, mais j'avais quelque chose d'important à vous demander. » Excuses sincères, pour un acte presque désespéré de la cadette. L'adolescente, digne Outreventoise, relève le menton et s'efforce de ne pas détourner les yeux. Elle est désormais allée trop loin pour reculer. L'hésitation, quand elle survient, vient du fait qu'elle ne sait guère comment formuler sa demande. « Vous... Est-ce que... Avez-vous eu... ? » Aurore pousse un soupir et met les pieds dans le plat. « J'ai des raisons de croire que vous êtes peut-être ma mère. » Cette fois-ci, impossible de revenir en arrière. Et si l'Enchanteresse doit se moquer d'elle, tant pis. Elle s'aura se draper de dignité et quitter la pièce sans demander son reste.
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Message Sujet: Re: À la recherche de la vérité   À la recherche de la vérité EmptyJeu 15 Mar - 0:05

Aurore parle des mâtins, et un frisson glacial court le long du dos de Pénélope, souvenir empreint de terreur de cette nuit affreuse où la Chasse Sauvage a rompu ses chaînes pour déferler à nouveau sur un continent terriblement vulnérable. Elle-même en a perdu le sommeil, les premières semaines, perturbée par son impuissance devant le fléau lâché sur le peuple des hommes. Elle a refusé de voir la vérité en face, un jour ou deux, se forçant à prédire que la Rose n’était pas réellement partie, que la Rose reviendrait, parole d’Épine loyale et dévouée – mais il fallait bien se rendre à l’évidence, la Rose était partie pour de bon. La colère avait suivi ensuite : comment avaient-ils pu disparaître ainsi, au moment où Arven avait le plus besoin d’eux ? Comment avaient-ils pu se montrer égoïstes à ce point ?  Ensuite, elle a marchandé, la digne Enchanteresse de l’Automne, se tournant tour à tour vers les déités majeures du Panthéon, adressant des prières tous azimuts pour tenter de commencer à démêler l’infernal écheveau des tenants et des aboutissants, pour que ses filles aillent bien, pour que l’on retrouve en vie les élèves disparus dans les décombres, pour que Liry se remette bien de ses blessures… Puis elle a déprimé, à la grande inquiétude d’Elsir, accomplissant ses fonctions avec une morosité d’autant plus intense que Matvei, très pris par sa mission de reconstruction, n’a pas de temps à lui consacrer.

Et elle a fini par accepter, début février. Qu’elle n’avait pas d’influence sur les événements, qu’il n’était pas en son pouvoir de sauver le monde ; mais qu’il était de son devoir, par contre, de le rendre aussi supportable que possible. Elle a remonté la pente petit à petit, au fil des mois – comment s’étonner qu’une jeune élève Chevaucheuse puisse s’en trouver toujours tourmentée ? Un sourire indulgent étire ses lèvres, et elle s’apprête à répondre, à dispenser quelques conseils, lorsque la jeunette reprend la parole sans lui en laisser l’occasion. Quelque chose « d’important » à lui demander ? « Je vous écoute. » répond-elle avec un sourire soudain plus prudent, invitant la jeune femme à poursuivre d’un hochement de tête attentif. Et à nouveau, lorsqu’elle entend la question maladroite, ses lèvres s’entrouvrent sur un Ô de surprise abasourdie.

Elle cligne des yeux, une fois, deux fois, trois fois, battant frénétiquement des cils pour éclaircir sa vision soudainement un peu trouble, ses pensées dansant une folle sarabande enfiévrée sous son crâne. Sur son visage, le masque poli de la marquise ansemarienne bien éduquée qui ne laisse voir ni tourment ni émoi ; dans son cœur, la rage maternelle d’une îlienne en peine, privée de ses enfants dès leur premier souffle. Les apparences sont sauves, elle hausse artistiquement un sourcil étonné. « Je n’attendais certes pas une telle question, mademoiselle – », répond-elle, émettant un petit rire amusé du plus bel effet bien qu'un peu rauque aux entournures, « – racontez-moi donc ce qui vous pousse à une telle réflexion, je suis curieuse de suivre la logique de vos déductions. »

Derrière elle, un choc sourd suivi d’un gémissement étranglé lui indique qu’Elsir vient de dégringoler de son perchoir, étalant majestueusement le tapage coloré de ses plumes chatoyantes sur le tapis finement brodé. Avec un peu de chance, la petite n’aura rien remarqué – ou mis l’incident sur le compte des mauvaises habitudes de son perroquet turbulent notoirement très mal éduqué…

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Message Sujet: Re: À la recherche de la vérité   À la recherche de la vérité EmptySam 31 Mar - 12:10

Elle écoute, la marquise. Elle est attentive aux paroles de l'Outreventoise et celle-ci se sent bien penaude d'avoir à annoncer les choses de manière aussi directe. C'est qu'elle est franche, la cadette, elle est même désarmante à faire preuve d'autant d'honnêteté face à ses questionnements. Elle qui ne désirait aucunement entendre parler de parents autres que ceux qui l'avaient élevée... elle ne peut repousser ces questions lancinantes qui l'empêchent parfois de fermer les yeux. Il lui est arrivé plusieurs fois, depuis cette autre vie contée par Astrée, de rester étendue sur son lit, à fixer le plafond, les pensées tournées vers d'autres possibles. Durant des semaines, même plus encore, elle n'a rien voulu entendre, elle n'a rien voulu savoir. Mais elle a bien dû se rendre à l'évidence ; l'idée que ses parents soient encore là, quelque part, la tourmentait plus qu'elle n'aurait su le dire ni même l'envisager. Les interrogations polies et naïves de Sucre n'ont pas aidé, pas plus que ces images qui s'inventent dans son esprit, apparaissant en rêve, formant les visages d'hommes et de femmes qui pourraient être son père ou sa mère. Jusqu'à ce qu'elle se décide à en parler à sa soeur, qui lui a appris tout ce qu'elle savait. Et depuis, elle cherche, la Chevaucheuse. Elle cherche des réponses.

Devant elle, l'Enchanteresse est des plus surprises et Aurore se met à rougir légèrement de son audace. « Je n’attendais certes pas une telle question, mademoiselle – » Elle baisse les yeux, empruntée, ses doigts entrelacés sur ses cuisses. « – racontez-moi donc ce qui vous pousse à une telle réflexion, je suis curieuse de suivre la logique de vos déductions. » Aurore prend une inspiration et redresse la tête, aussi digne que possible. Elle ne se moque pas ouvertement d'elle, malgré le rire qui résonne encore à ses oreilles. Elle désire au moins écouter, et c'est presque inespéré pour la jeune femme qui s'imaginait déjà devoir négocier avec la mage afin d'exposer ses raisons. Le regard étonné de la cadette passe de l'Enchanteresse au perroquet, quand celui-ci chute sur le sol dans un bruit sourd. Légèrement perplexe, elle le regarde puis retrouve les yeux de la marquise, recomposant un air assuré sur ses traits embarrassés.

« Je sais que ça semble... insensé. J'ai moi-même du mal à comprendre, mais c'est à cause de cette vie que tout le monde a vécu. Vous savez... il y a presque un an, quand certaines personnes se sont éveillées... ailleurs. » Difficile d'expliquer des faits qu'elle ne se rappelle pas avoir vécus, pourtant, elle essaie. « Ma soeur et moi ne connaissons pas nos vrais parents. Nous avons été recueillies et élevées par des personnes très bien, que nous aimons profondément. Nous n'avons jamais cherché à en savoir plus, avant ces événements. » Elle aurait pu démarrer d'emblée par ce qu'elle a trouvé, mais il lui semblait important de parler de ses parents, de ce qui l'a poussée à chercher des réponses. « Je n'ai aucun souvenir de ce qu'il s'est passé, mais ma soeur m'a tout raconté. Nous étions sur une île de l'Archipel, auprès d'un homme qui disait... être notre père. » Elle déglutit difficilement, elle cherche ses mots et les paroles prononcées par sa soeur. « Nous étions coincées, sans savoir comment rentrer, mais notre mère nous a envoyé une vivenef. Le Zéphyr est venu, et il appartenait à une certaine Pennia... Il nous a ramenées sur le continent, mais nous n'avons pas pu rencontrer sa propriétaire. » Elle marque une pause, un peu gênée. Puis baisse les yeux. « C'est moi qui ai cherché, il y a quelques temps, à qui appartenait le Zéphyr. Il s'agit bien de l'une de vos vivenefs madame, n'est-ce pas ? » Peut-être s'est-elle trompée ? Peut-être se fourvoie-t-elle complètement ? Il serait bien malheureux de s'être ainsi dirigée dans la mauvaise direction.
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Message Sujet: Re: À la recherche de la vérité   À la recherche de la vérité EmptyDim 15 Avr - 19:14

Le choc a été rude pour les nerfs de Pénélope – elle a pris l’habitude, au fil des années, de croiser l’une ou l’autre de ses filles dans les couloirs de l’Académie, d’entendre ici ou là leur nom prononcé par un autre professeur, de les apercevoir au loin marchant dans les jardins au milieu de leurs amis. Oui, elle s’y est faite, même si à chaque fois que cela se produit son cœur manque un battement avant de repartir de plus belle. Mais voir Aurore assise là, avec une dignité toute outreventoise dans laquelle elle se reconnaît bien peu, et l’entendre lui demander très abruptement si… si… Elle n’arrive même pas à le formuler, et sur le tapis Elsir émet un grognement étranglé tandis qu’il se redresse à grands coups d’aile. Jamais l’Enchanteresse n’aurait imaginé un tel moment : elle a su, très tôt, qu’elle n’irait jamais dévoiler la vérité à ses filles, devenues celles de Sélène, pour ne pas déséquilibrer leur vie familiale. Quelle légitimité aurait-elle eue pour ce faire, de toute manière ?

La petite parle de cette étrange seconde vie visitée par les habitants du continent, et Pénélope acquiesce gravement. Elle-même ne garde aucun souvenir de cette période : juste un vide, de deux mois, dans les couloirs déserts de sa mémoire. Impossible de savoir ce qu’elle a fait pendant ce temps-là, impossible d’imaginer ce qu’elle a pu vivre. Ce qu’Aurore lui raconte lui glace les sangs : elles auraient donc grandi dans l’Archipel, dans cette autre existence ? Avec… Avec leur père ? Et le lien avec elle se fait naturellement dans le discours de la blondinette : le Zéphyr serait allé les chercher. « En effet, le Zéphyr appartient à Bellancre depuis des générations. Éternelle est une figure de proue fiable, je n’ai donc pas jugé utile de m’en dessaisir lorsque j'en ai hérité. » La Chevaucheuse n’est pas venue questionner ses choix commerciaux, Pénélope en a bien conscience ; mais elle se trouve tant prise de court qu’elle ne sait pas vraiment que dire pour se tirer de ce mauvais pas. Elle ne souhaite pas mentir délibérément à sa fille venue la trouver ; mais elle n’a pas non plus envie de chambouler sa vie en y faisant irruption ainsi. C’est tellement plus confortable, de veiller sur elle de loin ! Et si jamais elle devait confesser la vérité à Aurore, elle est bien certaine qu’Astrée l’apprendra très rapidement ; et elle n’est pas certaine de vouloir que l’irascible savante apprenne la vérité sur ses origines. Si elle pressent Aurore plus curieuse que sa sœur, elle a déjà pu constater l’intransigeance arrogante d’Astrée, et ne souhaite pas voir ses choix disséqués par une jeune personne aux idées aussi… étriquées. L’inconvénient de les avoir fait grandir en Outrevent, très certainement, même si la nature ansemarienne de Sélène aurait dû en tempérer les effets.

« Vous avez mentionné votre père, dans cette autre vie. Pouvez-vous m’en dire plus à ce sujet ? Comme vous le savez, je n’ai point d’époux – je suis curieuse de savoir à quel bras m’aurait liée le Destin, si j’avais vécu cette vie-là. » Avec toujours ce petit sourire amusé un peu raide aux lèvres, Pénélope tente de dissimuler son indécision. Si elle en vient à poser suffisamment de questions, peut-être que la mignonne oubliera le but premier de sa venue… ?

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Message Sujet: Re: À la recherche de la vérité   À la recherche de la vérité EmptyVen 11 Mai - 15:46

« En effet, le Zéphyr appartient à Bellancre depuis des générations. Éternelle est une figure de proue fiable, je n’ai donc pas jugé utile de m’en dessaisir lorsque j'en ai hérité. » Elle a désormais une véritable confirmation sur ce qu'elle a appris ; le Zéphyr appartient bel et bien à l'Enchanteresse et lui demander des explications ne semble donc pas si insensé. Il y a bien sûr la grande probabilité que, dans cette autre vie, elle n'ait pas été marquise, qu'une autre leur ait envoyé cette vivenef ou que celle-ci ait simplement appartenu à quelqu'un d'autre... Mais elle devait bien commencer quelque part. Peut-être aurait-elle dû demander à ses parents, à ceux qui l'ont élevée et qu'elle aime profondément, mais elle voulait emprunter seule cette voie, aux côtés de sa soeur si celle-ci le désirait. Il sera encore temps d'aller leur faire part de ses interrogations si elle rentre bredouille de ses recherches. En espérant qu'ils ne prennent pas mal son envie de comprendre de savoir.

« Vous avez mentionné votre père, dans cette autre vie. Pouvez-vous m’en dire plus à ce sujet ? Comme vous le savez, je n’ai point d’époux – je suis curieuse de savoir à quel bras m’aurait liée le Destin, si j’avais vécu cette vie-là. » La question la surprend. Est-ce là le point qui l'interpelle le plus ? La cadette fronce les sourcils et fouille dans sa mémoire les détails dont Astrée lui a fait part, concernant cet homme des îles. « Il s'appelait Mati, il était très grand, un peu, un peu négligé. » Elle est embarrassée de donner de tels détails, mais c'est bien les qualificatifs qui ressortaient, que sa soeur a retenus. Mais il s'agissait d'un homme des îles, c'est bien normal qu'il soit négligé, non ? « Astrée dit qu'il ressemble beaucoup à un professeur qu'elle croise parfois, mais ce serait tout de même une drôle de coïncidence, vous ne croyez pas ? » Aurore a un petit sourire timide, songeur. Que ses deux parents – les vrais, ceux qu'elle ne connaît pas – soient tous les deux de nobles professeurs à l'Académie, dans des domaines bien différents.

« Si tout cela vous paraît incongru et déplacé, j'en suis désolée professeur. Mais si vous savez quelque chose... Je voulais simplement être certaine, je voulais savoir. » Elle se justifie d'une petite voix mais dans son regard il y a une étincelle de courage qui vibre également dans sa demande. Elle veut en avoir le coeur net et si l'Enchanteresse ne sait pas de quoi elle parle, qu'elle le lui dise immédiatement, qu'elle fasse cesser l'attente.
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Message Sujet: Re: À la recherche de la vérité   À la recherche de la vérité EmptyDim 24 Juin - 22:22

Mati.
Il s’appelait Mati, dit Aurore.
Pénélope ne se départit pas de son sourire un peu raide, mais la tension qui noue ses épaules s’intensifie considérablement. Retombé au sol, Elsir émet un coassement étouffé, battant faiblement des ailes, sans toutefois quitter sa position affalée. Un brin de panique sous-jacent perturbe un peu les capacités d’improvisation de l’Enchanteresse, et elle se contente d’arborer une mine poliment neutre, et un regard un peu vide qui ne lui ressemble guère. Elle a bien le bagout des Îliens lorsqu’il est question de brailler plus fort que les autres, mais n’est pas nécessairement bonne menteuse ; les non-dits, aucun souci, mais débiter des lagraneries les yeux dans les yeux… C’est autre chose, et elle ne sait pas trop quelle conduite adopter face à cette fille qu’elle a donnée à une autre et qui s’en vient sur sa piste à présent.

Très grand.
Un peu négligé.
Matvei est très certainement toujours aussi grand, mais il n’a jamais été négligé – même au cœur des moments les plus tumultueux, dans le flamboiement adolescent d’une passion toute en excès immodérés, il a toujours eu un sérieux digne que la feu de son emportement rendait plus intense encore. Mais Aurore lui parle d’une autre vie, alors – peut-être Mati n’était-il pas tout à fait le même ?
Pour ce que ça change… !

Il a raison, ce maudit Familier : visiblement, cela n’a rien changé du tout ; quel que soit le plan d’existence concerné, il semblerait que Pennia Mac Lir et Matvei de Hvergelmir soient destinés à se trouver puis à se perdre. La nervosité de Pénélope commence à devenir insoutenable, et elle se mord brièvement la lèvre inférieure pour tenter de calmer ses nerfs. Il ne faut pas qu’elle se dévoile devant Aurore, la petite est intelligente, elle aurait tôt fait de deviner le reste ; et elle doit absolument parler à Sélène avant de décider quoi que ce soit. Il faut envoyer la jeune Chevaucheuse sur une fausse piste, c’est devenu presque une question de vie ou de mort ; mais laquelle ? Et surtout, comment faire pour ne pas lui mentir de front ? Se cacher derrière un miroir de faux-semblants, c’est à sa portée ; mais mentir sciemment à cette enfant qu’elle a mise au monde, c’est hors de question.

Coïncidence.
« Il n’y a pas de hasard, simplement les desseins des dieux, qui sont impénétrables. » Elle aurait sûrement mieux fait de se taire, et le sourire mécanique qu’elle force sur ses lèvres lorsque la petite la regarde est tellement artificiel qu’elle s’en giflerait elle-même. Pas de coïncidence, non, mais un humour déplorable du Destin, d’avoir remis les amants de jadis en présence, dans les mêmes lieux, presque vingt ans après leurs coupables ébats de naguère. Battant l’air de sa main dans un geste frivole, Pénélope force un petit rire amusé qui sonne presque comme un grincement à son oreille, prétendant trouver toute cette idée fort amusante. « Ma foi, demoiselle Aubétoile, tout cela est fort étonnant – je ne manquerai pas de me renseigner, il y a de vieux professeurs ici, l’un d’eux se rappellera peut-être d’un détail pertinent ! Si je venais à découvrir quelque chose, je vous en tiendrai informée, à la Caserne de Flamme. » conclut-elle fermement, opinant doctement du chef. Bien sûr, elle a adroitement formulé sa promesse, de manière à soigneusement omettre de préciser à quel sujet elle se renseignerait.

Et prions pour que cela lui suffise, au moins le temps que je parle à Sélène ! Il n’y a pas de prière, il n’y a que l’arme des fous. Oh, tais-toi donc, tu ne m'aides pas !

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Message Sujet: Re: À la recherche de la vérité   À la recherche de la vérité EmptyJeu 5 Juil - 17:13

« Il n’y a pas de hasard, simplement les desseins des dieux, qui sont impénétrables. » Aurore médite sur ces paroles, un peu confuse, un peu perplexe. L'Enchanteresse paraît mal à l'aise, les chutes répétées de son Familier en sont la preuve, et la cadette ne sait que penser de tout cela. Trouve-t-elle le sujet trop déplacé ou lui cache-t-elle quelque chose ? Aurore l'observe sans savoir comment réagir, en vérité. Si elle a vu juste, elle aimerait que la marquise se dévoile, se montre franche. Et elle espère la même franchise si elle s'est fourvoyée. L'appréhension n'est pas retombée, son estomac est toujours fortement noué. Elle n'a toujours pas les réponses à ses questions et elle se demande si elle les aura un jour. Aurait-elle dû attendre ? Aurait-elle dû chercher plus d'informations ou demander directement à ses parents, à ceux qui l'ont élevée ? Non, elle a déjà perdu assez de temps, elle veut en avoir le coeur net à présent. Elle ne sait ce que cette information pourrait apporter à sa vie, mais elle a la sensation qu'il est temps de savoir la vérité.

« Ma foi, demoiselle Aubétoile, tout cela est fort étonnant – je ne manquerai pas de me renseigner, il y a de vieux professeurs ici, l’un d’eux se rappellera peut-être d’un détail pertinent ! Si je venais à découvrir quelque chose, je vous en tiendrai informée, à la Caserne de Flamme. » Prise au dépourvu, Aurore cligne des yeux quelques fois, puis ouvre la bouche une fois, deux fois, sans en sortir un son. Si ce n'est quelques mots, d'une petite voix timide, un peu bafouillante. « Je vous remercie. » Mais elle reste sur sa faim et est incapable de bouger ou de demander à prendre congé du professeur. Quelque chose la retient, quelque chose qu'elle n'arrive pas à identifier. Je ne comprends rien à ce que dit cette dame. La voix de Sucre se fraie un chemin dans l'entremêlement de ses pensées et en démêle quelques fils, ce qui secoue la cadette. « Sauf votre respect, je, je préfère que cette discussion reste entre nous, madame. » Elle n'a pas envie que le bruit se répande qu'elle a pris une Enchanteresse pour sa mère. Mais... était-ce réellement une erreur ? « Alors... vous n'avez aucun lien avec la Penny de cette autre vie ? Je me suis trompée ? » Une simple confirmation, c'est tout ce qu'elle demande, et elle la laissera en paix, Valda lui en soit témoin.
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Message Sujet: Re: À la recherche de la vérité   À la recherche de la vérité EmptyDim 8 Juil - 21:50

La petite est visiblement déconcertée par la prestesse avec laquelle l’Enchanteresse la congédie, mais Pénélope s’en préoccupe fort peu – elle n’a qu’une envie, prendre les jambes à son cou en direction de l’Outreparleur le plus proche, voire sauter dans le premier portail venu pour s’en aller retrouver Sélène et discuter très sérieusement de ce qu’elles peuvent, et doivent, ou pas, révéler à ces filles que l’une a portées et que l’autre a élevées. Il y a aussi le cas de Matvei qui ne sait pas un traître mot de toute cette histoire – comment lui dire, par Levor, alors qu’il va bientôt se marier ? Comment, après toutes ces années ? Au fait, un détail m’est revenu en mémoire, nous avons deux filles adultes et j’avais complètement oublié de t’en parler ? Un rire nerveux la secoue intérieurement à cette idée, et Elsir y va de ses propres commentaires sarcastiques.

La jeune Chevaucheuse s’apprête visiblement à prendre congé, et un soulagement anxieux commence à poindre dans l’esprit de Pénélope, qui lui adresse un sourire bienveillant. « Il va de soi que je ne dirai mot à quiconque de ce que vous avez souhaité me confier, mademoiselle. » Mais Aurore persiste, et au milieu de l’agacement que son insistance provoque dans l’esprit de l’Îlienne, elle ne peut s’empêcher de se reconnaître dans la tranquille obstination de cette tête blonde aux allures bien trop sages. Comment la faire partir, sans la blesser, et surtout sans admettre qu’elle en sait plus, oh tellement plus, que ce qu’elle a bien voulu consentir à révéler ? « Mademoiselle Aubétoile… Aurore », poursuit-elle, d’un ton plus doux, mais mortellement sérieux, « je crois que vous allez vous faire du mal, à trop poursuivre de telles chimères. Mon conseil, que vous pouvez transmettre à mademoiselle votre sœur, serait de vous concentrer sur votre avenir qui reste incertain en ces temps troublés, plutôt que de vous perdre dans les brumes d’un passé auquel vous ne pourrez rien changer. » Le sourire de Pénélope s’empreint d’une tristesse diffuse qu’elle n’a jamais pu réprimer, au souvenir de tout ce qu’elle a dû laisser derrière elle pour tracer son chemin. « Quoi qu’il en soit, j’ai malheureusement d’autres obligations, demoiselle, et ne puis poursuivre cet entretien pour le moment ; aussi, je vous remercie de votre visite. Portez-vous bien. »

Pars, petite Aurore – pars, et laisse la mère qui t’a mise au monde aller épancher ses larmes sur les épaules de celle à laquelle elle t’a confiée.

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Message Sujet: Re: À la recherche de la vérité   À la recherche de la vérité EmptyDim 8 Juil - 22:19

« Il va de soi que je ne dirai mot à quiconque de ce que vous avez souhaité me confier, mademoiselle. » Elle est soulagée par les paroles de l'Enchanteresse. Aurore ne fait peut-être plus partie de l'Académie, mais elle ne désire guère en être la risée pour avoir une imagination bien trop fertile. Ne serait-elle pas vue comme une opportuniste ? Pénélope de Bellancre est une femme à la position enviée : Enchanteresse de l'Automne, éminente mage mais également dame de bonne famille, marquise par dessus tout, dont les richesses sont bien connues. Qui ne voudrait pas profiter de cette bonne fortune pour soi ? Mais Aurore n'est pas ansemarienne, elle n'envie guère les richesses des autres, bien qu'elle ait souvent rêvé à cette vie noble, lorsque ses rêveries d'adolescente l'amenaient à croiser la route du comte de Rivepierre. Oh, ce ne sont que des rêveries, mais des rêveries agréables tout de même. Elle ne saurait toutefois mentir sur son envie de retrouver une mère qui l'a abandonnée pour toucher du doigt ce monde auquel elle n'appartient pas. Ce serait indigne d'elle.

Suite à sa question, Aurore observe attentivement le professeur, emplie d'appréhension. Plus encore quand celle-ci se fait sérieuse. « Mademoiselle Aubétoile… Aurore » Elle a la gorge sèche, la cadette. Elle déglutit difficilement, sent un poids lui peser sur l'estomac. « Je crois que vous allez vous faire du mal, à trop poursuivre de telles chimères. Mon conseil, que vous pouvez transmettre à mademoiselle votre sœur, serait de vous concentrer sur votre avenir qui reste incertain en ces temps troublés, plutôt que de vous perdre dans les brumes d’un passé auquel vous ne pourrez rien changer. » La petite bulle d'espoir éclate et la jeune Chevaucheuse remet brutalement les pieds sur terre. « Quoi qu’il en soit, j’ai malheureusement d’autres obligations, demoiselle, et ne puis poursuivre cet entretien pour le moment ; aussi, je vous remercie de votre visite. Portez-vous bien. » Durant une fraction de secondes, elle ne parvient pas à prononcer un mot, puis elle se compose un sourire poli.

« Je vous remercie d'avoir pris la peine de me recevoir. Veuillez me pardonner d'avoir abusé de votre temps. » Elle incline la tête, réellement reconnaissante, mais incapable de dissimuler totalement sa déception. Elle se redresse, lisse le devant de sa robe et prend congé. Lorsqu'elle referme la porte derrière elle, le trouble envahit ses pensées. Retour à la case départ, songe-t-elle. Elle désirait des réponses, elle n'en aura peut-être jamais. Les paroles de l'Enchanteresse restent gravées dans son esprit, cherchent à s'imposer comme la seule vérité ; elle a sûrement eu tort de se concentrer sur son passé, elle doit avoir raison. Il est temps de se concentrer sur l'avenir. Sucre se fait étrangement silencieuse alors que la cadette quitte l'Académie pour s'en aller retrouver la Caserne de Flamme.
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