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 C'est un peu une surprise, vous savez.

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Message Sujet: C'est un peu une surprise, vous savez.   C'est un peu une surprise, vous savez. EmptyMer 27 Jan - 16:42


Livre I, Chapitre 1
Lucille Sombrefiole et Quitterie Aubenacre

C'est un peu une surprise, vous savez.

Parce que c'est bien... les surprises.



• Date :  25 janvier 1001
• Statut du RP :  Privé
• Résumé : Lucille a décidé d'aller voir Quitterie, à la caserne de Port-Liberté, sans la prévenir. La route a été longue et semée d'embûches, mais enfin elle y est !

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Message Sujet: Re: C'est un peu une surprise, vous savez.   C'est un peu une surprise, vous savez. EmptyMer 27 Jan - 16:45

Il y a quelques semaines, j'ai entendu son rire et ça m'a fait du bien.

Ô Destin, les dragons, il y en a de bien plus près !  Je rumine. Pourquoi faut-il que ma meilleure amie soit envoyée à l'autre bout d'Arven ? Chaque été, l'Académie se déchire, des camarades se séparent et prennent chacun un chemin différent. Moi, je suis toujours à la même place et je salue ceux qui partent avec une certaine indifférence, bloquée sur le moment où c'est Elle qui est partie. Un an à me perdre dans les études, bien sûr j'avais d'autres amis qui à leur tour ont suivi leur route, mais aucun départ n'a été si douloureux. Avec ceux que j'aimais, je garde contact : des lettres suffisent et un petit voyage, de temps en temps. J'aime voyager, je ne vais pas m'en plaindre, c'est seulement que je me suis à nouveau perdue. Intérieurement. A douze ans, j'avais un objectif, je voulais étudier et je faisais tout pour. A présent, j'ai besoin de comprendre à nouveau où je vais. Physiquement, je vais en Ansemer et mentalement je tourne en rond. Ai-je gâché ma jeunesse en me plongeant dans la recherche ? Comment puis-je ressentir une telle lassitude par rapport à quelque chose qui me passionne ?

« Là ! LA ! STOP ! Mais bon sang, arrêtez-vous ! »

Une espèce rare d'hellébore ! Oh j'adore Lagrance, même en hiver on y trouve des fleurs ! Le tout est de la récupérer avec délicatesse, j'ai quelques fioles vides, je peux recueillir ses pétales aisément mais je voudrais la garder entière, juste pour comparer avec mes illustrations. Mes carnets de voyages et d'expériences sont à présent au nombre de quinze, comptant ceux que j'ai remplis durant mes études, alors je n'ai emporté que les plus récents mais de mémoire, j'ai croisé cette fleur pour la première fois dans une salle d'herboristerie à l'Académie, alors je devrais avoir ces notes sur moi. Voilà, j'ai trouvé un récipient assez grand. Elle est belle, cette fleur, peut-être que je devrais l'offrir à Kitty quand je la verrai. Non, c'est une espèce rare, tout de même, elle se contentera bien de la plus commune des fleurs que je vais croiser.

« C'est bon j'arrive ! »

Je me retourne. Mais... Mais où est la charrette ?! Je la vois au loin ! Oh ! Oh le faquin !

« HEEEE ATTENDEZ-MOIIIII ! Hééé ! Héé.... et mes affaires alors ? »

Ma vie est pourrie.

J'ai le bon sens de toujours garder près de moi ce qui est précieux, ainsi il est juste parti avec mes habits et mon argent, je ne sais même pas si s'en aller avec ma valise était intentionnel. Il a juste dû se dire que j'allais cueillir chaque fleur que j'allais croiser et qu'en Lagrance, il y en avait beaucoup des fleurs. Ce gueux ne comprend donc rien ! D'accord, je vais cueillir chaque fleur que je vais croiser ! Et alors ? Je l'ai payé assez grassement, non ? Je ne comprends rien à ces histoires d'argent ! Ou alors je lui ai trop parlé ! Les histoires du village ne le font pas rire, tout paysan qu'il est. Je soupire. Pour une fois, je ne voulais pas prendre mon temps, je voulais vraiment arriver vite en Ansemer pour voir Kitty et manger des crêpes.

Lors de ce nouvel an, j'ai versé une larme.

Ca fait maintenant dix jours que je marche. J'ai retrouvé des villages connus et des visages connus. Les tavernières de Lagrance se souviennent de ma tignasse rousse, j'ai dû goûter à chaque breuvage sucré qui fait la réputation de ces contrées. Je pense aussi qu'ils aiment bien ça, les lagrans, que je leur parle de fleurs et que je complimente leur beau jardin. Ceux de l'Académie, en tout cas, étaient bien flattés et un brin nostalgiques, quand j'évoquais l'émotion que j'avais à parcourir leurs terres colorées. Je suis une savante mais avant tout une fille, j'aime bien les fleurs, parfois juste pour leurs nuances vives ou leurs senteurs délicates, et j'aime bien les découper, les écraser, les mélanger ; d'accord, je suis surtout une savante. En tout cas, les auberges élégantes sont un confort dont je ne peux me passer, car dormir dehors en hiver n'est pas possible, même si le climat est bien plus clément dans le Sud. Je n'ai pas un sou sur moi, mais j'arrive toujours à négocier, je me retrouve au point où j'en étais neuf ans auparavant.

J'arrive en Ansemer et toujours pas de charrette, pourtant je ne demande qu'à me déplacer plus vite et avancer sans traîner au milieu des paysages végétaux, que la douceur du climat autorise à persister en cette saison, ne tient qu'à la motivation que j'ai de rejoindre l'être le plus cher à mes yeux. Je l'imagine avec son dragon ou bien son familier de mage, j'ai une pointe de jalousie, je l'ai toujours ressentie. J'évitais soigneusement de lui en faire part, pourtant c'est difficile pour moi, de ne pas dire ce que je pense. Alors je crois qu'elle l'a perçu. Il m'arrive encore de m'interroger sur le phénomène de magie, comment ces Hommes si semblables à nous peuvent vivre une expérience si différente. Certains disent que le savoir est un don mais je ne me sens pas si douée. Les mages, en revanche, eux, ont vraiment quelque chose. A quel point sont-ils liés à leur animal ? J'ai pu poser de telles questions à Kitty, mais si je me le demande encore, c'est juste que je n'ai pas pu vivre ses explications et ça me rend malade. Suis-je jalouse d'elle ou de son familier ? Ou peut-être les deux.

Passé l'émotion, c'était comme si elle n'était jamais partie. Pourtant, repartir, elle devait.

- Qui est-ce que tu essaies d'embobiner ? 
- Non mais j'y peux rien, le type est parti avec mon argent ! Je vous paierai dès que j'aurai pu amasser un peu. Vous restez sur Port-Liberté n'est-ce pas ? Ca ne devrait pas être long !
- A d'autres ! Tu crois que t'es la première à vouloir voyager à l'oeil ? 
- Non mais promis !... S'il vous plaît ?
- Dégage.

De toute façon, j'y suis presque, à Port-Liberté. C'est juste que ce transporteur m'aurait fait gagner deux jours de voyage. Tout ce que j'espère c'est que Kitty y est. Je n'ai pas voulu la prévenir que j'arrivais, je lui avais dit qu'on se verrait à la fête de l'impératrice Chimène de Faërie. Je ne rate pas une fête, aussi faë soit elle. Au final, l'événement se rapproche et je suis toujours là à vagabonder en Ansemer, essayant d'être la plus rapide possible, mais même si je suis une bonne marcheuse, mes jambes ont leurs limites. Les tavernes d'Ansemer ont leur charme aussi. Puis on peut manger des crêpes. On en trouve aussi à Lorgol, certes, mais elles n'ont rien à voir ! J'aurais bien trempé mes lèvres dans quelques alcools, mais je suis pauvre alors je dois me contenter du minimum. Ce n'est pas le moment de me faire payer un verre par un rustre et de ne pas réussir à m'en débarrasser par la suite. Pourtant, quand je négocie au comptoir, ils sont quelques uns à essayer. Ah Mirta ! On a une de ces réputations en Sombreciel ! Il faut que je me tire d'ici, il serait regrettable d'avoir à empoisonner quelqu'un maintenant. Ceci dit, j'ai quelques réserves qui nécessitent encore des essais complémentaires. Non. Je vais camper ce soir.

Mais c'est qu'il me suit celui-là ! J'ai faim mais lui, il est bourré, je pense que j'ai l'avantage. Est-ce que j'ai encore ce mélange acide qui brûle les yeux ? De toute façon, mélange ou pas, recevoir une fiole en pleine face ne doit pas faire du bien. Il s'agit de viser correctement et on peut considérer que je suis armée. C'est tout de même dommage de gaspiller du matériel ainsi, ce n'est pas la première fois que ça m'arrive et c'est toujours désagréable. Il fatigue, mon ventre gronde, mais lui, il s'écroule. Il fallait moins boire, mon ami ! Bon. Pas question de retourner là-bas. Peut-être qu'une bonne âme m'ouvrira sa porte. A cette heure-ci ? Il fait bien nuit, tous doivent dormir ! Si je n'étais pas aussi bien élevée, peut-être que je me glisserais dans cette boulangerie, piquer dans les réserves. Et quoi ? Je vais me nourrir de farine ? Ainsi finit Lucille, an 1001, morte de faim à deux jours de Port-Liberté. Je n'aurais peut être pas dû la cueillir, cette fleur. Je ne la mérite pas.

Ma vie est pourrie.

Ses mots comme des rires et ses rires comme des chants...

Il fait jour et j'ai survécu. Il fait jour et je peux parlementer avec les marchands sur les étals, pour certains, le troc est encore valable. J'ai même quelques réserves pour éviter à nouveau de m'arrêter dans un endroit douteux. Tant pis pour les crêpes, du pain c'est bien aussi. Si je retrouve ce voleur... Ah ! De quoi ai-je l'air ? Je vais me présenter à la caserne et ils vont me prendre pour une mendiante. Remarque, s'ils me donnent quelques pièces c'est toujours bon à prendre. Je compte sur le fait de pouvoir vendre des potions à Port-Liberté, mais je pourrai toujours emprunter à Kitty. Quelle bonne surprise de voir débarquer sa bonne copine Lucille pour se faire dépouiller ! Mais si, elle sera contente de la voir, je veux dire, à sa place je serais contente de me voir ! Peut-être même qu'on ira à Alfaë  ensemble ! Ô Destin, fais qu'elle ne soit pas encore partie !

Et. Enfin !

Je vois la ville qui s'étend sur l'eau et au loin, quelques dragons m'indiquer la voie.

- Bonjour ! Je... hé ! Je suis pas une mendiante hein ! Je cherche Qui... Louison ! Vous la connaissez n'est-ce pas ? C'est une chevaucheuse ! Est-ce qu'elle est là, pitié dites-moi qu'elle est là ! 
- Attendez, qu'est-ce qu...
Non ! J'ai mieux ! Vous savez quoi ? Dites que quelqu'un veut la voir. Ne me décrivez pas ! C'est un peu une surprise, vous savez. Parce que c'est bien... les surprises.

Pas une mendiante, mais une folle très certainement. L'homme que j'ai interpellé s'enfonce dans la caserne et même s'il a le dos tourné, je peux le voir très distinctement lever les yeux au ciel et se demander pourquoi il faut toujours que ça tombe sur lui.


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Message Sujet: Re: C'est un peu une surprise, vous savez.   C'est un peu une surprise, vous savez. EmptyMar 9 Fév - 1:50


C'est un peu une surprise, vous savez
Pour la surprendre et la retrouver
Lucille & Quitterie • 25 janvier 1001



Pourquoi faut-il toujours que ça tombe sur moi ? A croire que je ne me fais déjà pas suffisamment remarquer, avec ma maladresse perpétuelle et ma timidité.

Il ne s’écoule pas un jour sans nouvelle catastrophe. Il m’arrive régulièrement de faire tomber des objets, précieux ou pas, plus ou moins fragiles… et donc, plus ou moins ébréchés après mon passage. Les cuisines ont appris à écarter les ustensiles et la vaisselle du bord des tables lors des repas ; mes camarades n’oublient plus de ranger leurs livres, leurs encriers, leurs délicats miroirs à main. Parfois, je chute. Légèrement lorsque je parviens à me rattraper, brutalement lorsque je dévale magistralement un escalier un peu plus abruptement que prévu. Les domestiques ne laissent plus traîner leurs balais derrière les portes ; ni les seaux sur les paliers au petit matin quand c’est l’heure du ménage. Une âme charitable a même doublé de coussins le mur qui fait face à l’escalier menant à ma tour – effectivement, l’atterrissage est un tantinet… sinon confortable, du moins confortablement rembourré.

Et puis, bon, parfois, c’est un peu plus… spectaculaire. Penaude, je me laisse glisser le long de l’aile de Serment, absolument désolée. Puis, un peu paniquée, je prends pied sur les tuiles, tentant de garder l’équilibre sur le toit penché tandis que je fais maladroitement le tour de mon dragon un peu K.O. pour évaluer les dégâts.

Serment, ça va ?
Laisse-moi un instant, petite, il y a des étoiles devant mes yeux.


Un bruissement d’ailes se fait entendre, je perçois un déplacement d’air, et une silhouette apparaît à la lisière de mon champ de vision. Perché sur ses hautes pattes, le bec en avant et l’air inquisiteur, c’est Sayam qui déplace agilement son corps de cigogne le long des écailles froissées de mon dragon.

Rien de cassé, mon grand ami ?  
Je ne crois pas, pas cette fois – peut-être juste quelques éraflures et ecchymoses.  
Je suis tellement désolée, Serment !


Nerveuse, inquiète, je me cherche à joindre mes mains pour les tordre, comme d’habitude lorsque j’ai fait une bêtise – lorsqu’une douleur intense au niveau de mon épaule m’arrache un gémissement.

Elle, par contre, elle s’est blessée.  
Occupe-toi de ta mage, Familier : moi, ça va aller.


A ce stade, je n’écoute plus vraiment. L’adrénaline de la collision s’est dissipée, et je commence à prendre conscience de ce qui s’est passé : la tour, au milieu de la brume matinale, que je n’ai vue qu’au dernier moment ; Serment, distrait par un vol de mouettes à esquiver, et le choc frontal, terrible, contre la paroi magiquement renforcée du bâtiment. Puis la glissade désespérée contre la paroi, Serment me protégeant de ses ailes, s’agrippant de toutes ses griffes, jusqu’au l’atterrissage en petit tas sur une avancée de toit du bâtiment voisin. J’ai mal, ma respiration me transperce – je sens un liquide poisseux imbiber le tissu de ma chemise, le long de mon flanc, mais cela ne compte pas. Je vois mon dragon saigner – ses écailles éraflées, la peau arrachée de ses ailes là où elles ont frotté la paroi en m’abritant, et ses griffes cassées tant il a tenté de freiner notre folle dégringolade. Des larmes soudaines me montent aux yeux : moi, cela ne compte pas, mais Serment est blessé, et c’est ma faute ! Ma faute, ce seigneur du ciel meurtri, ma faute, ce roi des nuées abattu.

Cesse de te tourmenter, petite, je connais ta valeur, et tu n’es pas en faute.  
Quitterie, les secours arrivent.


Sayam a raison. A tire-d’aile, une forme massive vient se poser au sol, et une tête intriguée passe le museau au ras du toit, tendue au bout d’un cou svelte, l’œil curieux. Silhouette entièrement dorée, qui sort de la brume comme un mirage : ce dragon appartient au Vol d’Or, et je me sens vaguement honteuse d’avoir attiré l’attention d’une créature si illustre par mes bêtises.

Je suis Fantasme, partenaire du Fou Noir, Chevaucheuse. Que vous est-il arrivé, avez-vous été attaqués ?

La Rose Écarlate, par Varda ! Cette dragonne est l’une des six montures de la Rose, et je me sens soudain toute petite. C’est Serment qui répond, après s’être vigoureusement secoué la tête, projetant des gouttelettes de sang âcre en tous sens.

Je suis Serment, de l’Améthyste, et ma Chevaucheuse est Louison. Ma négligence est en cause, Fantasme. Je n’ai pas regardé où j’allais, et le rôle de ma mage n’est pas de scruter la brume.
Je te vois blessé, mais je sens l’odeur du sang humain. Est-elle sauve ?  
Elle est blessée, et choquée je pense, ô Respectée.
Tu parles bien, Familier. Je suis disposée à vous aider.


A ce stade, je n’y vois plus déjà. La tête me tourne, et je serais tombée du toit si la patte griffue de la dragonne dorée ne m’avait pas rattrapée au vol, délicatement. J’entends un rugissement – puis le monde s’éteint. Lorsque je reprends conscience, je suis à l’infirmerie de la Caserne, et Sayam est lové à mes pieds sur la couverture en laine d’Outrevent. Perplexe, je porte la main à mon front, réprimant un couinement de douleur lorsque mon épaule se rappelle à mon bon souvenir.

Doucement, Quittou.  
Tu as été bien amochée, petite.
Serment… ?  
Je vais bien.
Où es-tu ? Tes blessures ?
Je suis au nid d’Améthyste qui se trouve près du littoral, au confluent de la rivière. Fantasme de l’Or était en mission avec Stellaire, de l’Or lui aussi. Ils m’ont aidé à regagner mon nid, les miens prennent soin de mes égratignures.
Serment, je suis désolée. Je viens te voir.
Non, petite. Sayam me dit que tu es blessée – remets-toi, et ensuite seulement viens à moi.  
Tu as besoin de repos, Quittou : le Capitaine a dit à ton Major que tu serais en repos une huitaine. Les guérisseurs ont pu ressouder tes côtes et remettre ton épaule démise, mais ils n’ont pas atténué ta douleur : ils ont dit que, peut-être, cet enseignement te serait… salvateur.


Quelle bande de tortionnaires – mais ils ont raison, au fond. J’ai bien mérité ce qui m’arrive, et si Serment n’avait pas été impliqué dans la collision, je supporterais le désagrément de bonne grâce. Mais doit-il être puni avec moi ?

Cesse de te torturer, Quitterie. Repose-toi.  

La voix mentale de Serment a le tranchant de l’autorité, et je n’insiste pas, me promettant d’aller le voir à la première occasion. Le guérisseur de la Caserne m’aide à me lever, et j’ai mal partout – péniblement, marche après marche, je gravis les degrés qui mènent à ma chambre, en haut de la tour.

Arrivée en haut, je m’allonge péniblement – ô Varda, j’ai mal partout. J’ai à peine le temps de fermer les yeux, qu’une voix grincheuse me parvient de l’autre côté du battant. « Louison, de la visite pour toi dans le hall. » Un bruit de pas, il s’en va ; et moi, je pousse un grognement désespéré. Je pourrais prétendre ne pas avoir entendu, être endormie, mais… ce ne serait pas honnête, et je suis trop engoncée dans les principes rigides de Bellifère pour faire attendre un visiteur de manière aussi éhontée. Péniblement, je m’assieds, puis me lève – un regard attentif dans le miroir me montre de magnifiques hématomes marbrant ma tempe et ma pommette droites. Magnifique. J’espère qu’ils se seront résorbés d’ici la fin du mois, sans quoi je devrai recourir à une potion de glamour pour faire bonne figure à la réception de l’Impératrice…

Et péniblement, l’escalade recommence, mais dans l’autre sens. Pas à pas, je redescends les marches, tentant de ne pas me prendre les pieds dans la robe de rechange que j’ai enfilée, ne pouvant même pas grimacer sous peine d’étirer la plaie de ma lèvre fendue. Ô joie.

Arrivée dans le hall, je tourne une nuque raide en direction de l’entrée, vers l’antichambre et  ses bancs de bois sculpté où les visiteurs sont tenus de patienter le temps que l’on vienne les chercher. Je ne vois pas bien, l’endroit est encore un peu trop loin pour mes yeux fatigués, mais Sayam me précède et je perçois sa surprise – et sa joie qui flamboie.

Tu vas être contente, Quittou.

Une note de couleur se distingue sur le bois des bancs. Des mèches flamboyantes, une chevelure de flamme dont je devine le mouvement – ah, je sens presque son odeur, j’entends déjà l’écho de sa voix. La surprise est bonne, et rachète ma journée ! Clopinant misérablement, je me dirige vaillamment vers la pièce étroite. « Lucille ? C’est toi ? »  Oh, bien sûr que c’est elle. Je ressens sa présence, comme une aura de chaleur qui baignerait mon cœur. Ma plus chère amie, ma presque-sœur, ma compagne d’études, ma colocataire, ma partenaire de méfaits. La grâce de mes sourires, le sel de mes larmes, elle est tout : adroite fileuse de mes rêves, elle sait tout de mes craintes, de mes espoirs et de mes folies. Chère, chère Lucille, ma flamme et mon étincelle ! De quelques pas maladroits, je la rejoins et l’enserre dans une étreinte qui met à mal tout autant mes côtes, que mon épaule et une collection entière de muscles dont j’ignorais l’existence. Je dois être laide à faire peur, toute marbrée de bleus et de bosses, mais qu’importe : je la veux contre moi, et je la serre à l’en étouffer. « Tu m’as manqué ! Oh, très chère. Mon cœur chante de te voir. »  La laissant respirer, je saisis son visage entre mes mains, un sourire ravi tirant méchamment sur ma lèvre amochée. « Si tu savais quelle belle surprise tu me fais là ! La journée a été… »  

Mouvementée.
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