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 Un seul être vous manque et tout est dépeuplé

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Lancelot l'Adroit
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Message Sujet: Un seul être vous manque et tout est dépeuplé   Un seul être vous manque et tout est dépeuplé EmptySam 24 Fév - 20:21


Livre III, Chapitre 2 • De Plume et de Serre
Agathe de Vigdir & Lancelot l'Adroit

Un seul être vous manque et tout est dépeuplé

De douces retrouvailles



• Date : 6 février 1003
• Météo (optionnel) :
• Statut du RP : Privé
• Résumé : L'attente des jours et des semaines pour un simple regard, pour leurs doigts qui s'effleurent est intenable.  Peu avant le grand jour, grâce à l'aide de Melbren, Lancelot fait une percée dans le château où réside sa belle dont il se languit.
• Recensement :
Code:
• [b]6 février 1003 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3430-un-seul-etre-vous-manque-et-tout-est-depeuple#126953]Un seul être vous manque et tout est dépeuplé[/url] - [i]Agathe de Vigdir & Lancelot l'Adroit[/i]
L'attente des jours et des semaines pour un simple regard, pour leurs doigts qui s'effleurent est intenable.  Peu avant le grand jour, grâce à l'aide de Melbren, Lancelot fait une percée dans le château où réside sa belle dont il se languit.







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Dernière édition par Lancelot l'Adroit le Dim 25 Fév - 2:01, édité 2 fois
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Message Sujet: Re: Un seul être vous manque et tout est dépeuplé   Un seul être vous manque et tout est dépeuplé EmptySam 24 Fév - 20:23

Ce jour d'octobre avait été d'une douceur sans précédent une fois que la stupeur de savoir mes sentiments rendus fut passée.  Ma faiblesse nous avait empêché ce jour-là de prolonger de très longtemps notre promenade, mais à partir de ce jour, je commençai à regagner rapidement des forces, jusqu'à ce que les dernières traces de la maladie s'estompent enfin.  Grisé par le secret de l'amour d'Agathe, ces quelques semaines furent parmi les plus heureuses de mon existence.  Tôt le matin, je laissait la garde la boutique à une Ygraine endormie, incapable de me poser encore des questions sur l'endroit où j'allais.  À mon retour, je m'enfermais dans mon atelier pour éviter ses questions sur mon air ahuri et extatique et je me mettais au travail.  Elle devait bien se douter, ma sœur si fouineuse, du bonheur qui emplissait mon cœur, bien que jamais je ne lui en avais touché mot.  La vérité des affections posées sur moi était encore si fraîche, si pure que je ne désirais pas l'entacher de questions indiscrètes.  Pour une fois, ma frivole cadette semblait comprendre et je l'en remerciais.  Pas simplement de cela.  C'était elle qui avait envoyé cette lettre qui aurait crépi dans mon tiroir.  Sans elle, peut-être n'aurais-je jamais revu celle pour qui mon cœur s'enflammait.  Et pourtant, cette douce flamme encore vacillante lui était encore interdite d'approche.  J'écrivais mes lettres dans l'obscurité de la nuit, à peine éclairé d'une simple bougie.  Ces lettres, je les portais sur moi jusque lorsque d'un de nos secrets rendez-vous, je puisse les lui remettre.  À elle.  À elle qui elle seule avait le droit de lire ces mots qui portaient toute la passion que mon cœur entretenait pour elle.  Douces lettre où je lui écrivais la folie qu'elle avait éveillé en moi.  Les parchemins n'étaient jamais assez longs pour y caser tout ce que je désirais lui déclarer, alors que je devais garder ces mots concis, pour qu'elle puisse les rapporter discrètement chez elle et les y lire à son aise, dans l'intimité de la nuit.

Ah douces semaines qui s'écoulèrent trop vite, où je ne la vis que trop peu.  De cette fois où d'un baiser nos cœurs s'étaient liés, je m'étais contenté d'une cour galante, courtoise.  Une cour où les mots furent plus importants que les gestes.  J'avais le cœur en fête et mon Agathe était une fleur si délicate que je ne voulais pas brusquer, que je me devais de protéger du monde, mais aussi de moi-même.  Et tandis que j'éloignais le danger d'elle, le jour qui me l'arracherait des bras vint sans crier gare.  Malgré les miettes de mon cœur étalé sur le sol de mon atelier, je la réconfortai, je me montrai fort pour elle et ne me laissai aller à quelques larmes que lorsqu'elle fut partie et que je me retrouvai seul.  Ygraine ne posa pas de questions.  Je savais que je la reverrais bientôt.

Février, les noces en secondes épousailles de mon duc.  Il était temps pour moi de retourner dans le duché où j'avais grandi.  Le matin du trois février, un baluchon contenant nos possessions à Ygraine et moi, nous primes un portail vers Euphoria où nous séjournerions quelques jours avant de nous rendre à Automnal revoir mon père.  Assister à la fête donnée en l'honneur du mariage n'était qu'une excuse pour la revoir, pour respirer le même air qu'elle.  En arrivant, j'écris à Melbren à qui je me confiai.  J'avais besoin de son aide.  Pour la revoir.

Et c'est ainsi que mes pas me portèrent devant le lieu de résidence des Sylvamir, c'est-à-dire le palais, quelques jours plus tard.  Que j'avais pu m'approcher d'elle.  Et maintenant, il ne me restait plus qu'à la trouver.  Si tout avait fonctionné, elle m'attendrait sans le savoir.  Elle serait là, vêtue de l'une de ses jolies robes, drapée dans un manteau pour ne pas prendre froid.  Elle serait belle comme ange et il ne me resterait qu'à l'appeler.  Lui faire entendre pour que ses yeux ourlés de ses longs cils se lèvent vers moi, qu'elle vienne à moi.

« Agathe. »






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Message Sujet: Re: Un seul être vous manque et tout est dépeuplé   Un seul être vous manque et tout est dépeuplé EmptySam 10 Mar - 1:47

Melbren de Séverac était un homme fort occupé. Du moins, Agathe le trouvait particulièrement affairé en cette matinée festive qui annonçait un mariage qui n’était pourtant pas le sien. Comme elle aurait aimé le voler à ses obligations, ce Melbren, s’enrouler de son bras éternellement chaste - à son endroit du moins - et lui raconter les tourments de son coeur! Elle aurait apprécié arriver plus tôt, se familiariser avec le palais, retrouver des aises qui n’étaient peut-être pas tout à fait disparues, et surtout, surtout, potiner en toute indiscrétion en compagnie de ce Cielsombrois qu’elle appréciait beaucoup plus que sa réserve laissait paraître. Être amoureuse l’aurait peut-être rendue plus intéressante, aux yeux de cet enfant de Mirta, et la mignonne mourrait d’envie de lui raconter son baiser dans les moindres détails. Elle avait guetté ses passages, entre deux coquetteries capillaires, puis avait longtemps médité les indications floues qu’il lui avait offert.

Il allait pouvoir lui parler bientôt, qu’il avait dit. Au salon des invités. Et surtout de ne pas oublier son voile.
Il était revenu pour préciser de s’habiller chaudement, car il faisait froid, dehors. Oh! Ils se verront dehors. Et surtout, surtout, de ne pas oublier son voile.

Agathe avait cru qu’il avait consommé quelques substances pour se détendre. Docile, toutefois, elle avait glissé sur son minois le fameux voile diaphane qui s’harmonisait si joliment à sa robe puis s’était enveloppée de sa cape longue en prévision de la froideur du dehors. Le froid avait pincé ses pommettes, malgré le tissu les couvrant, et la Belliférienne exilée avait investi les jardins gelés à la recherche de la silhouette familière. Il n’y était pas. Agathe n’était pas surprise. Peut-être avait-il oublié, la tête pleine d’obligations et de derniers détails à préciser, ou encore était-ce un plan étrange pour la rapprocher de Grâce…? Elle s’attendait presque à entendre la voix de la Voltigeuse percer le froid et se rendre jusqu’à elle : il y avait quelque chose d’étrange à rencontrer Melbren dans les jardins, quelque chose qui devait l’éloigner du palais, au moins un peu.

- Agathe.

Un sursaut. À peine. La voix n’était pas celle de Grâce, mais de quelqu’un qui avait très certainement une emprise toute romantique sur son coeur. Les yeux brillants et le souffle soudainement court, elle s’était retournée pour lui faire face. Il avait ce charme si particulier des Cielsombrois qui faisait toute la beauté de l’être. Son joli pourpoint, ses cheveux soigneusement coiffés, et ce petit sourire de grand malin qui semblait promettre que Melbren n’était pas de la rencontre, cette fois.

Elle avait pressé le pas pour le rejoindre, pour cueillir ses mains des siennes, toutes glacées, pour confronter son regard du sien. Pour s’assurer qu’il soit bien réel, dans ce paysage gelé. Elle l’avait tant pleuré, contre Mélusine, elle avait tant soupiré son absence…! Et lui, Lancelot l’Adroit, qui s’était fait rassurant depuis Lorgol, en sachant très certainement qu’ils allaient se revoir dans une petite décade, à peine, pour le mariage de son duc. Sur ses lèvres qu’il pouvait deviner, un sourire de pur bonheur.

- Lancelot… Il faudra remercier Melbren avec soin, dès que possible. Mais la route..? Et les gardes? Et la boutique?

Elle avait cessé son flot de question pour investiguer le jardin, du bout des yeux. Où donc pourraient-ils se poser sans risquer de se faire surprendre par des yeux investigateurs…?


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Message Sujet: Re: Un seul être vous manque et tout est dépeuplé   Un seul être vous manque et tout est dépeuplé EmptySam 10 Mar - 2:28

Elle était là, son visage si délicat recouvert d'un voile diaphane, à la mode de mon duché de naissance.  Enveloppée dans ses vêtements, elle était plus belle que jamais ou peut-être était-ce parce que je ne l'avais pas revue depuis longtemps qu'elle m'apparaissait encore plus sublime, telle une déesse de légende.  Mon cœur s'emballa alors qu'elle me rejoignait de son pas bondissant et léger.  Il me fallait me contenir pour ne pas accourir vers pour la serrer entre mes bras et mon cœur semblait vouloir bondir hors de ma poitrine.  La revoir comme ceci, sentir la douceur de ses doigts sur mes mains abîmées par le travail, entendre sa voix cristalline, tout cela me faisait réaliser encore plus à quel point elle m'avait manquée, bien que je savais que je la reverrais et que j'avais tout fait pour me montrer fort, la rassurer.  La distance n'avait pas atténué la force de mon amour, au contraire, il avait décuplé, il était si puissant que j'aurais pu imploser de bonheur même si ce moment devait arrêter maintenant, seulement après quelques instants de retrouvailles.  Elle était si… si… si magnifique.  Son image est gravée sur mon cœur, dans ma tête, dans mon âme.  Je souffrais d'une euphorie si intense que j'en avais mal à la poitrine.

Je n'arrivai pas à prononcer un mot de plus, maintenant qu'elle était là devant moi.  L'émotion me submergeait et pourtant je ne pouvais pas rester planté là, emmuré dans ma béatitude de la revoir pour simplement la contempler en silence.

« J'avais tant besoin de vous revoir mon aimée, j'aurais bravé monts et marées, toutes les armées pour vous revoir, » soufflai-je sans toutefois répondre à ses questions.  Tout cela était sans importance désormais puisque j'étais là.  Qu'elle était là.  Je luttai encore contre l'envie de la serrer contre moi, mais un rapide coup d'oeil m'avisa que nous étions relativement seuls et je portai sa main gauche, la main du cœur, à mes lèvres pour y déposer un galant baiser.

« Venez, » fis-je en lui tendant avec élégance mon bras pour qu'elle y prenne appui.  J'aimais le contact de sa peau contre la mienne, mais j'aimais encore plus pouvoir la traiter comme une princesse, tout comme elle le méritait.  Ne l'avais-je pas dit le jour même de notre première rencontre.  Je n'avais pas cru à ce moment-là que je serais aussi exact dans mes prédictions.  J'esquissai un sourire un peu timide.  Était-elle contente de me revoir elle aussi?  J'osais espérer que oui.  M'aurait-elle demander de repartir, j'en serais mort là.






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Message Sujet: Re: Un seul être vous manque et tout est dépeuplé   Un seul être vous manque et tout est dépeuplé EmptySam 10 Mar - 3:21

Elle le voyait bien, dans l’éclat de son regard et la douceur de son sourire qu’il était ravi de la revoir, qu’il y avait un peu d’amour, au moins, et cela lui suffisait déjà. Ses questions tombèrent quelque part, entre elle et lui, ou peut-être s’étaient-elles glacées pour ne jamais se faire entendre, mais Lancelot ne semblait pas les avoir entendues. Son regard détaillait son voile léger, revenait croiser ses yeux, surmontait sa coiffure élaborée pour s’accrocher à ses lèvres : il la contemplait. Les joues rosées devant cette étude à la limite de l’indécence, la jeunette roula son minois pour considérer le sol, un instant, bien trop intimidée. Et charmée, un peu.. Un petit peu.

Ses paroles, comme une promesse, firent manquer un battement à son petit coeur bien sensible. Elle savait bien qu’il n’aurait sans doute rien pu faire contre une armée - ni même un seul soldat -, mais l’image était jolie et terriblement poétique. Même si elle se sentait un peu gênée de toutes ces métaphores et toutes ces cielsombreries, Agathe les appréciait grandement, de plus en plus. N’avait-elle pas été émue des jolies paroles chantées de son barde, depuis Lorgol? Quelle différence y avait-il avec les paroles imagées de son Lancelot? Elle ne devait pas avoir honte. Du moins, la mignonne tentait de s’en convaincre, de s’abandonner à ce plaisir qu’était Lancelot l’Adroit.

Lorsqu’il souleva sa main pour y déposer un baiser d’une chaleur et d’une douceur bienvenues, Agathe avait senti son coeur fondre et libérer par la même occasion quelques papillons au creux de son ventre. Oui. Elle s’abandonnerait. Poèmes scandés, compliments troublants, métaphores ensorcelées. Elle prendrait tout. Tout ce qu’il lui offrirait. Pire. Elle s’efforcerait d’y croire ; elle en mourrait d’envie.

- Venez.

Oui. Tout de suite, qu’elle aurait aimé lui répondre. L’émotion de le revoir et ce plaisir coupable qu’était cet espion des Miracles réduisaient Agathe au silence. Elle avait glissé sa main sur son bras, tout à fait convenablement, puis s’esquiva aux regards des spectateurs bien peu intéressés d’une énième amourette en Sombreciel. La jeunette pressa même le pas tant la hâte de le retrouver sans crainte qu’on les espionne était grande. Elle le savait bien, après tout, qu’il était aisé d’espionner les gens dans les broutilles du quotidien.

Elle s’arrêta seulement lorsque son soupirant ralentit le pas. Avant même de chercher à se poser, avant même de contempler les jardins un peu tristes par la saison froide, Agathe lui offrit un regard papillonnant et un secret.

- Vous m’avez manqué..

Une évidence. Pouvait-il seulement en douter?

- Je n'ai pas su garder notre secret. J'avais si peur de ne plus vous revoir. Sombreciel, puis le couronnement, puis... Peut-être Erebor? Ou ailleurs? J'ai tout dit à Mélusine... M'en voulez-vous, Lancelot?


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Message Sujet: Re: Un seul être vous manque et tout est dépeuplé   Un seul être vous manque et tout est dépeuplé EmptyLun 12 Mar - 1:33

Je n'attendais pas ces mots, mais ils me brûlèrent les joues.  J'essayais de contrôler l'afflux de sang qui y montait, elle aurait trouvé ça trop féminin de ma part.  Pourtant, c'était chose plus facilement dite que faite et je détournai le regard pour masquer à ses yeux ma rougeur.  Dans ce froid d'hiver des terres de mon enfance, elle était encore plus belle, bien que je ne pouvais que la deviner à travers son voile.  La mode cielsombroise lui seyait bien, à ma douce Agathe.  Un long frisson me parcourut lorsque l'idée de soulever le tissu soyeux me traversa l'esprit.  Serait-elle surprise du geste?  M'en voudrait-elle?  Je levai la main sans vraiment réfléchir et la relaissai tomber le long de mon corps.  À quoi étais-je donc en train de penser?  Ma précieuse Agathe scandait peut-être qu'elle était désormais une adulte, mais sous bien des aspects, elle restait encore une petite fille.  Lentement.  Un pas à la fois, je ferais une femme d'elle.  Le moment de soulever ses voiles n'était toutefois pas encore venu.  Il ne servait à rien de se presser, de l'effrayer.  Les mots doux et les sages sourires suffisaient encore à gonfler les prémisses de notre amour, à le rendre plus fort et plus brûlant.  Sa main posée sur mon bras en toute confiance devait me suffire pour l'instant.  Le temps et la distance ne devait pas me transformer en bête sauvage.  C'était avec douceur que je gagnerais son cœur, que je ferais toute sa conquête en entier.  Elle serait mienne ainsi, sans violence, sans guerre ni batailles inutiles.  Toutes ces peines et ces terreurs, je les lui épargnerais.  Quand un jour, plus rien ne nous séparerait plus jamais.

« Comment pourrais-je vous en vouloir, alors que je vous aime tant que vous hurler mon amour sur tous les toits de Lorgol ne me satisferait point? »

Je cachai mon inquiétude.  Comment avait donc réagi la tutrice de la femme qui s'était logée dans mon cœur pour ne plus jamais y céder sa place?  Acceptait-elle la nouvelle?  Mélusine de Sylvamir bénissait-elle cette affection brûlante que j'éprouvais pour sa pupille?    Si elle-même et son époux n'éprouvaient pas d'objections à mes prétentions peut-être me laisseraient-ils…  Mais je ne me laissai pas le temps de formuler le reste de mes pensées, par crainte qu'elle ne puisse lire en moi comme dans un livre ouvert.

Je me tournai à nouveau vers elle, tâchant de maîtriser toutes ces émotions qui m'agitaient et me secouaient dans tous les sens.

« Agathe, » fis-je la voix sérieuse, pesante.  Je plongeai mon regard dans le sien, cherchant ses si belles prunelles derrière les voilages.  Je touchai du bout des doigts sa main qui s'accrochait à mon bras.  « J'ai quelque chose à vous demander.  Vous permettez? »






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Message Sujet: Re: Un seul être vous manque et tout est dépeuplé   Un seul être vous manque et tout est dépeuplé EmptyMer 14 Mar - 2:15

Elle ne savait trop pourquoi, mais elle avait craint une colère de Lancelot. Ou bien, à défaut d’une colère, un silence mécontent en prémices d’une querelle. N’avait-elle pas ébruité leur idylle sans même lui en parler? Vivre auprès de Mélusine et Hiémain était chose, une chose heureuse même, mais elle se souvenait, comme d’un mauvais rêve, ce qu’il advenait des jeunes femmes indisciplinée, en Bellifère. Les coups. Les insultes. Le mépris. Jamais Lancelot n’aurait pu lever la main contre elle, Agathe le savait bien, mais cette crainte qui l’avait habitée, jusqu’à son enlèvement, semblait avoir voyagé avec elle de duché en duché. N’avait-il pas levé la main, pour la redescendre aussitôt…? Son petit coeur tambourinait, non plus par volupté mais par crainte et appréhension. Anxieuse, elle avait guetté sa réaction, les lèvres pincées sous son voilage, toute prête à...

- Comment pourrais-je vous en vouloir, alors que je vous aime tant que vous hurler mon amour sur tous les toits de Lorgol ne me satisferait point?

Le soulagement fut immédiat, et la toute blonde eut l’envie fugace de se blottir contre lui, d’appuyer son visage contre son épaule et de ne plus jamais quitter ses bras. La violence de sa pensée, tout comme son indécence, rougirent ses pommettes dans un secret relatif. Elle se contentait de froisser son voile à force de lui sourire, les yeux en croissant de lune et le coeur léger. Il l’appela, plongeant son regard dans le sien, et la jeunette leva son visage pour mieux l’entendre. Qu’il lui semblait grave, malgré tout, le Cielsombrois, et son petit air pesant ramena un peu de sérieux et d’incertitude chez Agathe. Toujours silencieuse, elle se laissait porter par les émotions de son soupirant, jusqu’à sa demande aux nuances de drame.

- Ai-je fait quelque chose de mal? Vous ai-je déplu? ...Parlez, Lancelot. Mon attention est vôtre.

Que se passait-il donc..? Ses sourcils finement froncés, de l’inquiétude de la voix jusqu’au coeur, elle en avait même oublié d’observer les environs. Il n’y avait plus que lui et elle, au creux d’un jardin d’hiver.


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Message Sujet: Re: Un seul être vous manque et tout est dépeuplé   Un seul être vous manque et tout est dépeuplé EmptyMer 14 Mar - 3:25

Le plis de soucis s'inscrivant sur le front d'Agathe me fit rougir de lui causer pareille inquiétude, alors que je me sentais soudainement nerveux.  J'essayais de lui cacher mes mains qui devenaient de plus en plus moites.  Je déglutis rapidement, manquant de m'étouffer avec ma salive dans ma hâte de lui répondre pour la rassurer.  Embarrassé, les joues encore plus rosies par l'émotion et l'audace de ce que j'allais faire, je me sentais encore plus petit dans mes souliers.  J'escomptais faire meilleure figure pour une pareille demande.  Suffoquer comme le premier des abrutis devant ma belle ne plaiderait pas pour la faveur de ma cause, ô cette impertinente demande que je formulerais.

« Que votre cœur soit libéré de toute angoisse ma mie, vous ne sauriez me déplaire.  En ce monde nulle perfection sur laquelle se porte mon regard ne vous est égale.  C'est d'un tout autre sujet que j'aimerais aborder avec vous. »

Nerveux, je tirai doucement sur le col en dentelle de ma chemise, il semblait subitement trop étroit, il m'empêchait de respirer convenablement.  Je jetai un regard autour de nous et cherchai un endroit un peu plus en retrait pour que l'on puisse moins nous voir, sans être entièrement cachés.  J'avais besoin d'un peu d'intimité pour ce que j'allais faire.

Une fois ce havre de paix trouvé, j'imposai à la jolie blonde de se tenir face à moi et mon regard se perdit dans le sien un instant, oubliant ce qu'il y avait autour de nous.  Un instant trop court.  Cette présomption qui n'était habituellement pas mienne me collait mal à la peau et pourtant, il fallait bien que ce jour arrive.  Que je saute ce pas.  Peut-être était-ce trop tôt.  Peut-être précipitais-je les choses, mais le rythme auquel j'avançais ne rejoignait encore en rien les battements frénétiques de mon cœur quand je pensais à elle.

« Je… Agathe, lorsque les fêtes pour célébrer les noces du duc de Sombreflamme et de la princesse d'Erebor  commenceront, lorsque viendra le temps de chercher cavalier pour vous faire valser dans la salle, permettez-moi de prendre ce rôle. »

Mon regard était suppliant.  J'aurais tout fait pour qu'elle dise oui.  Car l'enjeu de cette demande était encore beaucoup plus grand que cela.  Je levai une main tremblante pour l'empêcher de parler, posant délicatement mon index sur ses lèvres.  Le contact me fit frissonner des pieds à la tête, mais j'y mis fin rapidement.

« Non Agathe, ne me répondez pas tout de suite.  Pas encore, car j'ai autre chose à exiger de vous.  S'il vous le désirez, si vous le permettez… »

Je reculai d'un pas et posai un genou à terre.  D'une main je saisis l'une des siennes et levai un regard transis vers.  La pensée qu'elle était encore plus belle que jamais derrière la pudeur de son voile s'empara de moi et je songeai que j'avais choisi le meilleur jour qu'il se pouvait pour me jeter à l'eau.

« Agathe de Vigdir, je ne puis contenir mes sentiments plus longtemps.  En vain ai-je lutté, rien n'y fait.  Je vous aime d'une ardeur inégalable et je n'aimerai jamais une autre femme plus que je ne vous aime vous. Je ne puis cesser de songer à vous, et toutes vos apparitions ont eu pour effet de me porter à croire que le monde, sans vous, perdrait  son plus beau joyau.  Ainsi j'ai l'audace de vous offrir ceci. »

Je m'arrêtai dans ma tirade pour sortir de la poche de mon pourpoint une petite boîte.  À l'intérieur, il y avait une charmante petite théière en forme d'hérisson.  Mon aimée m'avait parlé d'Hallebarde et en son honneur j'avais décidé de la lui offrir.  Mais ce n'était pas une simple théière, un simple cadeau.  À l'intérieur, caché sous le couvercle, se trouvait un bracelet en or ciselé.  Plutôt que d'en choisir un paré de mille joyaux, lourd de ses pierreries, j'avais porté mon choix sur celui-ci, si fin et délicat comme elle.

« Lorsque vous ouvrirez ce présent Agathe, vous y trouverez un objet.  J'aimerais vous le voir porter un jour, mais vous n'y êtes pas obligée.  Si je le vois ceindre votre poignet gauche, je saurai que vous acceptez de combler mes vœux les plus chers.  Vous comprenez ce que je veux dire n'est-ce pas?  J'ai le fol espoir qu'un jour prochain, je fasse de vous ma femme. »

Le regard fiévreux, je levais des yeux plein d'espérance vers elle. J'avais trop peu dit et beaucoup trop dit.  Mes doigts qui tenaient sa main se serrèrent sur elle, dans une dernière supplique.  Le sort en était jeté.  J'étais à l'agonie, mais j'étais heureux.  Car cette agonie durerait jusqu'à ce que l'union matrimoniale ne vienne et à ce moment-là, je connaîtrais ma destinée.






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Message Sujet: Re: Un seul être vous manque et tout est dépeuplé   Un seul être vous manque et tout est dépeuplé EmptySam 17 Mar - 14:01

Il l’avait rassurée de paroles de miel, alors que la nervosité semblait l’étreindre peu à peu. Il souhaitait s’entretenir d’un autre sujet. Avec elle. Si l’inquiétude de Lancelot était apparente, la sienne devait l’être tout autant. Avait-il parlé avec Mélusine et Hiémain? L’idée que la décision, tranchante, quant à leur fréquentation toute courtoise et pleine de sentiments purs soit négative faisait naître chez la jeunette quelques sueurs froides insoupçonnées. Il se contentait de ces explications bien trop vagues avant de l’entraîner, une fois de plus, plus profondément encore dans les jardins. Bientôt, l’ombre de deux sapins les dissimulaient et Agathe crut ne jamais vivre suffisamment longtemps pour écouter entièrement les paroles de son tendre Lancelot : son coeur allait cesser de battre, tant la nervosité le tenaillait.

Ses mains, sur ses épaules frêles, lui intimèrent bien vite de prendre place devant lui. Agathe déposa sa main sur l’une des siennes avant qu’il ne les retire tout à fait, son regard perdu dans le sien. Qu’il était étrange…! Et qu’il était délicieux de se retrouver là, seule en sa compagnie, comme ces rares moments volés à Lorgol. Si un sujet grave ne menaçait pas d’obscurcir ce moment, Agathe se serait risquée, même, à entremêler ses doigts aux siens.

Puis sa demande formelle d’être son cavalier, lors de la fête soulignant le mariage ducal, tomba avec douceur. C’était donc cela, qui inquiétait tant son soupirant! La jeunette soupira presque d’aise, soulagée de pouvoir le rassurer d’un seul mot. Tant de drame, tant d’inquiétude, pour quelques danses et être vue à son bras. N’avaient-ils pas déjà valsé ensemble, au mariage de Mélusine et Hiémain? Quel mal y aurait-il à faire de même, aujourd’hui? Elle allait lui répondre lorsqu’il glissa un doigt sur ses lèvres, par-dessus son voilage délicat.

Lorqu’il posa genou au sol, Agathe savait. Quelque part, au fond d’elle-même, elle se doutait de la suite de la conversation et le ravissement, la fébrilité, l’amour et la peur se livraient une bataille cruelle pour dominer son coeur. Il disait lutter, contre ses sentiments, et la toute blonde ne savait plus trop. Il l’aimait avec ardeur, avec passion, il l’aimait plus que tout, il l’aimait d’une façon dévorante. Comme un Cielsombrois. Elle tremblait, au bout de sa main, ses doigts contre les siens. Bientôt, le bracelet délicat et étincelant entre ses doigts, la Belliférienne regardait son soupirant avec mille étoiles dans les yeux. Et pourtant...

- Je ne comprends pas…

Les mots avaient filé hors de ses lèvres alors qu’elle cherchait une réponse satisfaisante à une question qu’elle n’était pourtant pas posée. Elle comprenait. Parfaitement, elle comprenait. Elle n’y avait jamais songé. Pas sérieusement. Pas officiellement. Quelques nuits, tout au plus, lorsque Lancelot lui manquait cruellement, Agathe s’était aventurée à s’imaginer une vie, à ses côtés. Elle était trop prise, trop bien, dans le moment présent pour réfléchir au lendemain. Lui, Lancelot, y avait songé, et il patientait une réponse. Des mots en bouquets, semblables à une explosion joyeuse : la mignonne acceptait, toute guillerette sous son voile.

- Je.. Oui..! Je veux. Je le veux, Lancelot..! Je… Je le porterai… Oh! Avec fierté, avec joie, je le porterai pour montrer à tous ces sentiments qui m’habitent, ces sentiments profonds que je vous porte. Je porterai ce bracelet dès… Dès que..

Hiémain de Sylvamir. Comme un dard en plein coeur. Ses sourcils s’étaient froncés, la Belliférienne hésitait, soudainement.

- Je vous remercie de cet intérêt, de ces sentiments, Lancelot.

La petite conversation volée, l’oreille contre la serrure, lui revenait comme un spectre mauvais. Qu’adviendra-t-il lorsque Lancelot ne sera plus satisfait d’elle et chercherait une autre à embrasser, à aimer? Comment survivrait-elle lorsqu’elle devra partager cette passion, cet amour, avec une seconde épouse… Ou pire, un second époux? Cette simple idée mouillait ses yeux. Lancelot l’aimait, elle, d’une manière si douce, si tendre, qu’il lui faisait oublier les maladresses de Grâce et Bellifère. Comment ferait-elle, si elle devait y renoncer?

- J’ai vu les ravages d’un amour que l’on croyait unique et qui, finalement, ne l’est pas.. Je ne veux pas m’éteindre, Lancelot. Je ne veux pas souffrir à nouveau, comme j’ai souffert en vous croyant… Entre les bras de.. de.. Mélodie. Je… Dès que vous serez prêt à.. à renoncer.. Aux autres. Toutes les autres. Tous les autres. Je… Mes sentiments sont trop forts, Lancelot. Je ne pourrais jamais… Je ne pourrais pas vous voir en.. En épouser une autre. Je vous veux, vous, et personne d’autre, car il n’y a jamais eu que vous, et il n’y aura que vous.

Le bracelet était lourd, malgré sa finesse, et la mignonne le couva d’un regard tendre mais troublé. Elle avait ce sentiment tenace qu’elle devrait y renoncer, très prochainement. Les joues écarlates, tant par la froid que son embarras d’aborder si peu facilement la polygamie cielsombroise, le regard embué, Agathe préservait le bracelet entre ses paumes ouvertes. Il était encore temps d’abdiquer.


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Message Sujet: Re: Un seul être vous manque et tout est dépeuplé   Un seul être vous manque et tout est dépeuplé EmptyMar 20 Mar - 2:10

L'angoisse était poignante.  Je la regardais, anxieux de ses mots, de ses paroles.  Et pendant un instant, je crus qu'elle n'accepterait jamais.  J'ai vu tous mes espoirs s'anéantir l'un après l'autre et je participais à les détruire avec la conviction certaine que j'avais commis une erreur.  Il y avait longtemps que je connaissais Agathe désormais, mais en réalité le temps passé à ses côtés n'avait-il pas été un peu court?  N'avais-je pas… N'était-il pas trop tôt?  La coutume voulait que les fiançailles durent une année.  Je savais que je ne pourrais pas attendre aussi longtemps.  Si seulement elle voulait bien dire oui.  Jamais je n'aurais obligé la princesse de mon cœur de se donner à moi ainsi.  Sans son absolu consentement, je ne la toucherais pas.  J'en avais embrassé d'autres par le passé, mais c'était sans importance alors.  Ces personnes n'avaient toutes été qu'un passage dans ma vie, une brise légère qui une fois passée était oubliée.  Mais pas elle.  Elle était…  En vérité, son visage était imprimé au fond de mes yeux, son odeur emplissait mes narines et sa voix habitait le creux de mon oreille comme si elle m'avait ensorcelée avec un sort.  Elle était belle, elle était Agathe.  Et je la désirais auprès de moi jusqu'à la fin des temps.  Le temps entre ma demande et ma délivrance me parut plus long encore que l'infini.

Ô mon aimée, comment me faites-vous souffrir!

Mais cette éternité, je ne l'échangerais pour rien au monde.  Le bonheur jaillit telle une déferlante jusqu'à moi sous ses mots.  Elle ne pouvait me causer de plus grande joie.  Elle semblait si heureuse, si heureuse!  Jusqu'à ce que quelque chose noircisse son humeur et son cœur.  Je la regardai décontenancé.  Ne voulait-elle donc pas de moi?  Je ne comprenais plus rien.  J'avais peur.  Peut-être n'étais-je pas assez bien.  Peut-être était-je trop vieux.  Peut-être justement manquais-je réellement de cette virilité qu'elle admirait tant et qu'elle ne pouvait déceler en moi.  Je tremblai un instant alors qu'elle parlait, l'air sérieux.

Et je me levai.  Mon genoux se souleva de terre et je l'attirai contre moi, l'enveloppant entre mes bras graciles.  J'appuyai mon menton sur le dessus de sa tête.

« N'entendez-vous point mon cœur?  Lorsque vous êtes loin de moi Agathe, il meurt.  Il ne cesse de songer à vous et uniquement à vous. »

Je l'écartai un peu pour poser un timide baiser sur son front, à travers son joli voile.  Puis je posai mes lèvres sur chacune de ses joues, tour à tour avant d'appuyer ma tête contre la sienne, le bout de mon nez frôlant le sien.  Le voile empêchait nos peaux d'être réellement l'une contre l'autre, mais c'était suffisant.  Et peut-être ne réalisait-elle même pas la sensualité de celui-ci.

« Je n'aime que vous et je n'aimerai que vous.  Chaque fois que mon regard se pose sur votre frêle silhouette, je sens mon cœur se gonfler.  L'amour infini que je vous porte ne fait que croître à chaque rencontre.  Je sais que certains parmi nous croient qu'il est possible d'aimer plus d'une personne à la fois.  Il n'en est rien pour moi.  Je suis si plein de vous que jamais il n'y aurait de place pour une autre. »

Comme pour prouver mes dires, j'ignorai l'obstacle du voile pour poser un léger baiser sur ses lèvres.

« Accordez-moi votre confiance Agathe.  Je ne vous trahirai jamais. »

Je la serrai un instant encore un plus près de moi.  Rien qu'encore un peu, aussi indécent cela soit-il.






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Message Sujet: Re: Un seul être vous manque et tout est dépeuplé   Un seul être vous manque et tout est dépeuplé EmptyMar 20 Mar - 3:13

Elle avait laissé un soupir s’échapper en sentant ses bras se refermer sur elle et l’emprisonner contre lui. Une petite année plus tôt, Agathe aurait vécu ce geste tendre comme une agression, une insulte, un rapprochement non désiré d’un être définitivement indigne d’elle et du restes de la gente féminine de Bellifère. Comment avait-elle pu être à ce point aveugle? Elle fermait les yeux pour mieux se concentrer sur les pulsations régulières et vigoureuses de ce coeur qui se languissait d’elle, malgré le pourpoint et la chemise les séparant. Les joues roses de cette proximité, de cette inconvenance, Agathe ne s’éloignait pourtant pas de Lancelot. Ce fut lui qui mit fin à l’étreinte pour mieux baiser son front. Muette, la jeunette accueillit les baisers chastes avec une pointe de fièvre, sentant la chaleur dans sa poitrine irradier jusqu’à son minois.

Il jurait des merveilles. Il promettait de bien jolies choses, et Agathe n’arrivait pas à y percevoir de menaces ni de doutes. Lancelot lui semblait si sincère…! Et ses mots portaient une vérité qu’elle espérait tant. C’était soudain, elle le pressentait, Agathe, mais ses réserves et ses arguments s’amenuisaient sous ses bras et devant ses baisers. Peut-être avait-il peur de la perdre, après la maladie, après le décès de sa mère, suite aux événements horribles de Lughnasadh? Était-ce suffisant pour justifier une demande si hâtive? Oui. Oui, elle l’espérait.

Ses lèvres baisèrent les siennes, malgré le voile délicat, et Agathe crut défaillir. C’était si intense…! Comment faisaient-ils donc, les Cielsombrois, pour vivre aussi longtemps en se permettant autant de jeux de l’amour? Son souffle court d’un baiser volé ardemment désiré et d’une demande plus grande qu’elle, la Belliférienne souleva le bracelet, de sa main libre, afin qu’ils en inspectent tous les deux la finesse du travail d’orfèvre dissimulé dans les moindres détails. Stratagème brillant pour se permettre de réfléchir. Au moins un peu. Elle lui en offrirait un, elle aussi, aussi élégant qu’il l’était, aussi romantique que les élans de son âme. Peut-être Grâce accepterait-elle de lui offrir une agate pour sertir le bijou?

- Je.. Je vous aime si fort, Lancelot… Je vous offre ma confiance. Gardez-la précieusement.. Elle est parfois fragile. Mais..! Mais vous la rendrez forte, j’en suis certaine.

Sa voix se faisait petite et brisée, alors qu’elle promettait à son tour. Le regard plus tendre, désormais qu’il avait apaisé ses derniers doutes, Agathe avait reposé la merveille d’or dans son écrin de porcelaine. Elle hésita un moment et se permit l’audace de glisser ses mains sur ses épaules, le visage levé vers le sien, son regard quémandant son entière attention.

- Il me tarde de le porter. D’être… D’être vôtre. Je connais les coutumes cielsombroises, et des fiançailles s’engageront, n’est-ce pas, dès que vous aurez la bénédiction de Mélusine et Hiémain? Ma tutrice m’a conseillée d’en discuter avec Grâce… Je désire l’informer, Lancelot, même si elle n’est pas vraiment là. Vous comprenez..? Croyez-vous… avoir la patience..?

Sa main libérée du bracelet se faufila jusqu’à sa joue, timidement, pour lui offrir une caresse gelée. La blondinette souriait déjà, un soupçon d’amusement à peine assumé sur son minois, jusqu’à son regard brillant de bons sentiments.

- Quelle ironie que les Cielsombrois soient si… Si amoureux, si empressés d’aimer, et si peu portés sur l’enlèvement.

Parce qu’avec un enlèvement, Lancelot l’Adroit pouvait même s’offrir le plaisir de n’être ni patient, ni sage.


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Message Sujet: Re: Un seul être vous manque et tout est dépeuplé   Un seul être vous manque et tout est dépeuplé EmptyDim 25 Mar - 0:08

Une vague de bonheur jailli rapidement en moi les flots d'une rivière rapide.  J'avais su convaincre ma belle de la pureté de mes sentiments et de leur constance.  Je recevais ce cadeau précieux comme une grâce du ciel et je l'enfouis dans les vastes landes de mon cœur, ce cœur qui ne battait que pour elle.  Je ne la décevrait pas, pas sur ce point-là.  Jamais.  Pour autant qu'elle m'aime toujours, je savais qu'il en serait également de même pour moi.  Pourrais-je un jour me lasser d'elle, de son regard levé vers moi, son petit minois pointu qui me faisait passer à travers toutes sortes d'émotions?  J'étais heureux.  De ses mots, de ses gestes, d'elle.  Elle m'emplissait de bonheur et j'aurais dit oui à n'importe laquelle de ses demandes.

« Si vous m'accordez la permission, j'en toucherai un mot à votre tutrice ce soir ou demain matin.  Après tout, les Séverac ont été la seule famille qu'aie connue le duc de Sombreflamme et il doit s'agir d'un jour de grandes réjouissances pour Mélusine.  J'avais également l'intention d'écrire à votre mère pour lui demander sa bénédiction, si vous me le permettez également. »

Je ne dis rien de ma patience toutefois.  J'étais déjà impatient.  Peut-être ses sentiments pour moi n'étaient-ils que nouveaux, peut-être n'avais-je compris les miens que tardivement, mais il y avait longtemps que je la désirais.  Et j'étais prêt à l'attendre aussi longtemps qu'elle l'exigerait de moi, par amour et par respect pour elle.

« L'amour, ma précieuse Agathe, se savoure lentement et lorsqu'il est réciproque.  Les dames de Sombreciel seraient terriblement outrées de devoir attendre d'être enlevée pour pouvoir s'abandonner aux sentiments.  Ce serait plus juste si vous pouviez vous aussi enlever l'homme qui vous plaît, » remarquai-je.  L'enlèvement n'avait rien de passionné à mes yeux.  Il était cruel et barbare.  C'était un manque de respect envers la femme, une façon de la traiter comme un objet qui dépassait mon entendement.  Et pourtant…

Je la serrai à nouveau contre moi, rassuré de la réussite de ma démarche et me sentant plutôt euphorique même à ce sujet.  Je n'avais pas envie de penser aux difficultés et formalités, c'était d'un ennui et cela me gâchait un peu mon plaisir.  Celui d'avoir réussi et de savourer sa présence après l'après absence.

« Votre voile vous va à ravir, » fis-je en l'écartant pour l'admirer un peu encore.  Je levai la main pour caresser du dos des doigts sa joue rosie par le froid.  Je saisis l'une des fines mains entre les miennes.  « Vos mains sont froides. »






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Message Sujet: Re: Un seul être vous manque et tout est dépeuplé   Un seul être vous manque et tout est dépeuplé EmptyDim 25 Mar - 4:14

Alors qu’il lui demandait la permission de mettre Mélusine au parfum de ses intentions les plus honnêtes, Agathe l’encourageait par une cascade de fins hochements de tête. La nouvelle avait été soudaine, pour ne pas dire brusque, aux oreilles de sa tutrice, mais elle comprendrait. L’apprentie l’espérait. La simple idée de demander à Lancelot d’être moins empressé, de laisser un moment à la Cielsombroise de se remettre de sa situation avec Alméïde avant d’encaisser la demande de la main de sa pupille, lui semblait irréaliste. Comment une Belliférienne, même exilée, devait-elle se comporter en étant ainsi charmée, avec autant d’ardeur? Elle avait toujours cru qu’on l’enlèverait. Qu’elle aimerait son protecteur, quel qu’il soit. Il lui semblait particulièrement complexe de trouver les mots pour annoncer cette demande soudaine à Mélusine. Plus encore à Grâce.

- Grâce… Vous désirez demander ma main à ma mère? ...Mais Lancelot, pourquoi?

Il n’y avait plus de hochements de tête, seulement un regard désormais soucieux. Si la situation s’améliorait pas à pas, il lui semblait étrange de mêler Grâce à cette demande d’importance capitale. Elle parvenait à croire Mélusine lorsqu’elle lui affirmait que sa mère se souciait d’elle, mais Agathe avait surtout retenu qu’elle se devait de se créer une vie heureuse avant d’y intégrer une femme qui suscitait autant d’émotions, chez-elle. La blondinette abaissait le minois sous un sentiment de honte qui la gagnait de plus en plus. C’était ignoble et indigne, mais Agathe espérait que Grâce n’ait aucune décision à prendre. Elle avait demandé à ses filles avant d’accepter Melsant à ses côtés, et la jeunette savait très bien combien elle était injuste en osant penser ainsi. Seulement… Seulement, Grâce n’avait jamais cherché à la connaître, ou à s'intéresser à sa vie jusqu’à tout récemment.

- Si elle refuse… Vous lui accorderiez de l’importance, Lancelot? Pour cette femme qui a renoncé à moi depuis ma naissance?

Puis sa main se levait, lui intimant d’oublier. D’abandonner. Elle abdiquait.

- Pardonnez-moi. Ce sont vos affaires et vos sollicitations, je ne devrais pas m’en mêler ainsi. Grâce ne mérite pas une bouderie de ma part… Seulement.. J’aimerais songer à des événements joyeux, de notre passé commun, mais j’en trouve bien peu.

Il lui avait parlé de l’abandon des sentiments, il l’avait complimenté sur cette mode cielsombroise qui lui allait à ravir, et Agathe, toute pensive, se contentait de sourire. Ses pensées, Grâce les détenait. Oublier. Oublier et sourire. Il la trouverait ingrate et cruelle, encore, en devinant le poison que représentait sa propre mère à ses yeux. Embarrassée de sa confidence, elle pressa sa main entre les siennes pour lui prouver qu’elle avait froid, certes, mais qu’elle était également résolue à se réchauffer à ses côtés. Tout pour ne pas le quitter. Pas encore.


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Message Sujet: Re: Un seul être vous manque et tout est dépeuplé   Un seul être vous manque et tout est dépeuplé EmptyDim 25 Mar - 5:22

Mon Agathe était encore si jeune et si enfantine parfois.  Si soucieuse de problèmes qui ne se posaient pas réellement.  Mais je l'aimais ainsi et je n'aurais pour rien au monde désiré qu'elle qu'elle ne change.  Tandis qu'elle se blottissait contre moi, je la serrai entre mes bras et appuyai délicatement ma tête contre la sienne, profitant tout d'abord de cette étreinte secrète.  Et ses petites mains froides avaient besoin de chaleur, comme elle-même avait besoin d'amour.  Il était regrettable que Grâce Martel aie abandonné les siens, causant ainsi une blessure irréparable à sa fille, mais l'erreur avait été commise il y avait fort longtemps et il était temps pour celle que j'aimais de grandir et de se détacher de cet abandon.  Un pas à la fois.  Il n'était pas nécessaire qu'elle pardonne complètement à sa mère, ni qu'elle ne l'appelle un jour maman : j'avais bien remarqué qu'elle n'utilisait jamais que son prénom pour la dénommer.  Cela sonnait faux pour moi, mais je ne pouvais comprendre les peines qu'avait dû affronter la jolie Belliférienne après le départ de sa mère et au courant de toute sa vie.  J'avais toujours été proche de ma mère, c'était elle qui m'avait fait découvrir les merveilles de la magie et c'était d'elle que je tenais ce don.  Toutefois, j'avais mes idées sur la question et si je ne les forcerais pas dans sa tête, il n'en restait pas moins que je savais où je désirais aller.

« Ma douce, si j'espère la bénédiction de Grâce, c'est parce qu'elle m'a fait le plus cadeau qui soit entre ciel et terre, » commençai-je d'une voix douce et basse.  M'inclinant vers l'arrière, j'attrapai délicatement son menton entre mes doigts et levai son visage vers le mien.  « Vous.  Sachez toutefois que je n'ai point besoin de son approbation pour faire de vous ma femme un jour et je le ferai qu'elle y consente ou non.  Elle vous a donné la vie et en cela elle a honoré Maari, mais en d'autres points ses manquements sont nombreux.  Tant que vous voudrez de moi Agathe de Vigdir, personne ne m'empêchera jamais d'unir mes jours aux vôtres.  Jamais. »

Ni Mélusine, ni Hiémain, ni Grâce, ni personne.  Elle était la seule femme qui avait du pouvoir sur mon avenir.  Notre avenir.  La seule.  Homme ou femme, cela ne changeait rien.  Tant qu'elle était près de moi, je me sentais capable de soulever des montagnes.

« Vos désirs sont des ordres.  J'espère toutefois que vous m'accorderez toutes vos pensées dès maintenant, car le temps vous arrachera bientôt à moi.  Vous voudrez vous préparer pour le mariage, il vous faudra me quitter et je ne puis supporter que votre esprit s'attarde sur quiconque d'autre que moi en ce moment. »

Bien qu'à contre cœur, je m'écartai pour lui proposer mon bras.  Peut-être accepterait-elle une courte balade et l'exercice la réchaufferait-elle un peu.






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Message Sujet: Re: Un seul être vous manque et tout est dépeuplé   Un seul être vous manque et tout est dépeuplé EmptyVen 30 Mar - 17:30

La tête lovée contre son épaule, la main bien au chaud contre son bras, Agathe affrontait la froideur d’un hiver trop long sans l’ombre d’une hésitation. Il lui parlait d’amour, il lui parlait du présent de vie que Grâce lui avait offert. Elle vivait, petite Agathe, et son coeur battait sur le même rythme que le sien. La toute blonde roucoulait, heureuse comme jamais, le regard brillant et le coeur en fête. Serait-elle un jour plus heureuse encore que lors de cette rencontre volée dans les jardins glacés du palais ducal de Sombreciel où il lui avait fait la surprise et la promesse de l’aimer à jamais? Elle serrait un peu plus encore la théière porteuse de bracelet contre son ventre sans oser se détacher de son soupirant. De son fiancé. Lancelot.

Il n’y aurait pas d’enlèvement. Ce manque cruel de Bellifère ne la dérangeait pas, ou si peu. Longtemps, Agathe avait rêvé à d’un ravissement chevaleresque, du bruit particulier du fracas des armes, du hennissement d’une monture toute prête à détaler. Une vie rangée, prévisible, rythmée par la volonté propre de celui qui serait son époux. Grâce avait changé tout cela. Plus encore Mélusine et Hiémain. Les fiançailles avaient quelque chose de romantique qui lui plaisaient, peut-être bien, finalement. Le drap taché de sang allait patienter une année entière, et la mignonne, au fond d’elle-même, se sentait plus encore en sécurité auprès de Lancelot par ce simple fait.

- Croyez-vous que je vais pouvoir continuer à suivre Mélusine, Lancelot? Me le permettrez-vous? J’ai tant à apprendre, encore! Et… Et il me plaît d’être considérée comme sa suivante, de me savoir sa presque fille. Je l’aime si fort, elle aussi. Je ne pourrais pas être heureuse sans votre présence à mes côtés, à tous les deux.

Au creux des jardins, accompagnée seulement de Lancelot, Agathe s’était permise quelques confidences. Elle avait appelé Mélusine, lorsque le palais était en flammes, en Valkyrion. Elle avait hurlé, elle avait appelé sa mère comme une petite fille. C’était bien de Mélusine dont il s’agissait. Pour son anniversaire, sa tutrice lui avait offert un nom et une place, dans ce monde. Plus encore, elle lui avait offert un frère de coeur qui lui serait voisin. Avec une affection sincère, Agathe avait décliné tout son amour pour le petit garçon qui lui rappelait cruellement son propre jumeau. Et Hiémain… Que dire de Hiémain, qui avait pris grand soin de Hallebarde, l’été dernier? Et de la Cour qui l’avait accueillit comme membre de la famille alors qu’elle croyait avoir tout perdu. Comprenait-il combien elle les appréciait, combien ils étaient une partie de son monde, de son univers? Accepterait-il, lorsqu’elle serait sienne et porterait son nom, de la laisser auprès de cette mère d’adoption? De lui permettre d’approfondir ses connaissances afin qu’elle devienne une réelle voleuse du charme, pour les autres enfants des Miracles?

Il acceptait. Il acceptait tout. De la cabane d’hibernation douillette pour Hallebarde à son intégration complète à la Cour des Miracles, en passant par les promenades sur le dos de Candide. Tout. Il l’aimait Il aimait surtout cette volonté de liberté qui l’habitait sans même qu’elle n’en ait encore pris conscience. Bellifère était loin, très loin, et le chemin qu’Agathe avait parcouru semblait soudainement immense.

Elle n’avait pas pleuré lorsqu’ils s’étaient quittés. Le mariage serait célébré sous peu. Ils se retrouveraient pour une danse, puis une autre, jusqu’à ce que la fatigue leur intime un peu de repos, jusqu’à ce que leur coeur ne supporte plus autant de bonheur. Agathe se draperait de soieries légères, pour lui, pour lui plaire. Tout comme Lancelot faisait lui-même des efforts pour lui plaire.

Qu’il était doux d’avoir dix-huit ans.
Qu’il était bon d’aimer comme une adolescente.


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