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 Sous le vent

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La Noblesse
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Antonin de Faërie
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Message Sujet: Sous le vent   Sous le vent EmptyMar 27 Mar - 16:02


Livre III, Chapitre 2 • De Plume et de Serre
Bertin d'Ansemer & Antonin de Faërie

Sous le vent

J'ai suivi mon étoile



• Date : 22 décembre 1002
• Météo (optionnel) : Il ne fait pas trop froid, mais le soleil n'est pas au rendez-vous
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Le court séjour d'Antonin en Ansemer tire à sa fin et avant de repartir pour Alfaë, il prend le temps d'aller visiter le prince ansemarien.  Probablement l'un de ceux qui comprend le mieux les tensions entre devoir et la liberté de voler auprès de son dragon.
• Recensement :
Code:
• [b]22 décembre 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3531-sous-le-vent#131415]Sous le vent[/url] - [i]Bertin d'Ansemer & Antonin de Faërie[/i]
Le court séjour d'Antonin en Ansemer tire à sa fin et avant de repartir pour Alfaë, il prend le temps d'aller visiter le prince ansemarien.  Probablement l'un de ceux qui comprend le mieux les tensions entre devoir et la liberté de voler auprès de son dragon.

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Message Sujet: Re: Sous le vent   Sous le vent EmptyMar 27 Mar - 16:04

Je m'étais levé en flottant sur un petit nuage, la soirée précédente ayant obtenu la main de la princesse Gabrielle en mariage.  Il ne restait plus qu'à attendre que nos fiançailles puissent être annoncées et une année avant de pouvoir conclure réellement l'alliance.  J'avais eu peur qu'elle ne refuse, qu'elle me préfère tout de même le compte de Rivepierre, mais elle avait accepté me comblant d'une certaine joie d'être sorti vainqueur de cette course aux prétendants en dépit de mon jeune âge, en dépit de beaucoup de choses qu'il me manquait.  Après tout, j'avais réussi à lui trouver quelques cadeaux pour la courtiser, mais rien de ceux-ci n'arrivaient à la cheville de ce que lui avait offert Lionel.  Pourtant, c'était moi qui aurait l'honneur de l'épouser, de l'asseoir près de moi.  J'étais passablement heureux.  Fier aussi.  Je lâchai un soupir de bonheur alors que je m'occupais des derniers préparatifs de mon départ.  Avant de m'éclipser, il était prévu que j'aille saluer les occupants du palais.  Je présentai d'abord mes respects à la duchesse et au duc d'Ansemer, ainsi qu'à la princesse Bertille, avant de prendre le chemin des appartements de Bertin, lui aussi à la fois prince et Chevaucheur.  Je le connaissais peu, mon entraînement en tant que cadet à la Caserne de Flamme m'avait donné quelques occasions de converser avec lui à quelques reprises, mais on ne pouvait dire que nous ayons fait connaissance approfondie.  Toutefois, tout ce que j'avais appris au sujet de cet homme était tout à son honneur et même si ce n'avait été le cas, je n'aurais pu quitter sans lui présenter mes respects, en tant qu'invité particulier de mes hôtes, mais aussi puisqu'il était mon aîné dans l'ordre des Chevaucheurs.

J'avais eu ouïe dire qu'il s'était blessé à son arrivée à Port-Liberté et qu'il passait beaucoup de temps dans son bureau et c'est là que j'allais le trouver.  J'attendis quelques instants avant de toquer à la porte, le temps de prendre contenance et je me lançai.  Quand on m'invita à entrer, je poussai le battant pour le refermer avec délicatesse derrière moi.

« Bonjour, déclarai-je sur une petite voix timide, Je quitte Ansemer aujourd'hui et je suis venu vous présenter mes respects ainsi que prendre mon congé. »

Je m'approchai à quelques pas du bureau auquel il était assis, occupé à je ne sais quelle tâche qui devait probablement être aussi palpitante fastidieuse que celle dont j'étais obligé de m'occuper moi aussi au palais d'Alfaë.

« J'espère que je ne vous dérange pas dans un moment inopportun, » ajoutai-je avec toute la politesse nécessaire en pareille circonstance.
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Bertin Vif-Envol
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Message Sujet: Re: Sous le vent   Sous le vent EmptyJeu 5 Avr - 7:20

Cela doit faire au moins trois ou quatre fois qu’il se penche sur l’introduction de ce rapport rédigé avec soin par son intendant sur l’état de Vivécume. Chaque fois, il parvient à en lire quelques phrases, à peine, avant de se surprendre à somnoler à demi. La fatigue, que dire l’épuisement le rattrape. Il s’est levé ce matin non pas dans l’espoir de travailler, mais parce qu’il n’arrivait tout simplement plus à dormir, pris dans une série de rêves tous plus horribles les uns que les autres. L’éveil lui paraissait plus paisible malgré tout.

Les traits tirés, le teint trop pâle, les cernes qui violacent son visage… Bertin a piètre mine en ce matin de décembre. Il est sur le point d’abandonner cette quête inutile pour s’étendre sur un des fauteuils de son bureau lorsqu’il entend les coups à la porte. Un soupir s’échappe de ses lèvres, et il se redresse sur sa chaise, faisant quelques grimaces du visage dans l’intimité de son bureau pour s’éveiller un peu et chasser le sommeil de ses traits – un effort vain, certes, mais tout de même – avant d’inviter Antonin à entrer.

Il observe cet inconnu, ou du moins ce jeune homme qu’il ne reconnait pas. La porte se referme derrière lui et voilà qu’Antonin se retourne vers Bertin qui l’observe pendant quelques secondes avant de réaliser à qui il a affaire. Non pas par impolitesse, ni même par envie. C’est la fatigue et ses troubles de mémoires qui l’affectent, sans doute.

- Mon prince.

Il s’appuie aussitôt sur son bureau pour se lever, mais ses gestes n’ont pas la vigueur à laquelle les quelques brèves rencontres entre eux auraient pu habituer Antonin. On pourrait même dire qu’ils sont raides, presque maladroits, tandis qu’il se remet sur ses pieds. Debout, il se tourne vers son cadet pour s’incliner respectueusement.

- Vous ne me dérangez pas, bien au contraire. J’allais prendre une pause.

Il n’a rien fait de sa matinée jusqu’à maintenant, mais Antonin n’a pas besoin de le savoir, n’est-ce pas ? Il lui sourit, montrant les fauteuils posés près du feu et sur lesquels l’ainé aime s’asseoir pour discuter. Il fait le tour son bureau d’un pas raidit encore davantage par l’immobilité qu’il s’est imposé cette dernière heure à tenter de lire ce rapport et se dirige lui-même vers un des fauteuils. Il hésite un instant, observant Antonin, ne sachant pas trop sur quel pied danser avec celui qui est d’une part son supérieur, mais de l’autre son cadet. Comment devrait-il agir avec ce prince en privé ? Devait-il considérer cette visite comme formelle ? Le préambule semblait l’être, mais la timidité teinte même les plus grandes formalités d’une familiarité toute particulière aux yeux de Bertin.

- Je vous en prie, assoyez-vous, dit-il avec un sourire avant de prendre place lui-même avec l’assurance d’un vieillard. Pardonnez-moi de ne pouvoir vous recevoir comme il se doit, mon prince. Je crains avoir été la victime de mon propre empressement à retrouver Port-Liberté. En espérant que cette vision se présentera à vous le jour où vous devrez choisir entre chevaucher épuisé, ou vous reposer et que vous ferez un meilleur choix que moi.

Autant en profiter pour mettre en garde le jeune homme contre la folie qui l’a pris et lui a presque coûté la vie. Que cette leçon serve pour eux deux ! Bertin a un sourire bienveillant à l’intention d’Antonin avant de briser le silence de nouveau.

- Votre séjour en Ansemer a-t-il été agréable ? J’ose espérer que vous repartez avec de bons souvenirs ?








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Message Sujet: Re: Sous le vent   Sous le vent EmptyJeu 12 Avr - 4:29

Sous l'invitation, je m'installai donc dans l'un des fauteuils qu'on m'avait indiqué.  Je pouvais percevoir l'inconfort que je causais au prince ansemarien.  Je n'étais pas venu en tant que prince de Faërie – bien évidemment, si un peu, mais pas que.  Une part de mes obligations exigeait que je prenne poliment congé de tous les nobles résidents du palais ducal où j'avais été accueilli pendant deux jours, mais également Bertin d'Ansemer était tout comme moi un prince Chevaucheur.  Là où nos chemins avaient pris une route différente, c'était qu'il n'était pas l'héritier du trône et qu'en tant que second fils, il avait la liberté de continuer sa route en compagnie de sa dragonne.  Pour moi… j'avais probablement peu de chance de jamais voler à nouveau avec Agonie.  Elle m'apparaissait comme complètement inaccessible et la carrière de Chevaucheur dont j'avais toujours rêvé me semblaient désormais un songe sans espoir.  Mon sourire ne trahissait rien de mes tristes pensées.

Je n'aime pas que mon Chevaucheur s'occupe d'autres affaires que moi-même.

Et la rancœur d'Agonie.  Elle n'appréciait toujours pas la séparation que tu lui imposais, même si elle avait accepté de communier à nouveau avec mon esprit, je pouvais encore sentir facilement qu'elle m'en voulait.  Connaissait-il les mêmes soucis pour concilier ses devoirs et son envie de chevaucher?  Ce n'était pas mal place de le lui demander.

Je remarquai également qu'il semblait éprouver quelque douleur en se déplaçant : cela n'avait rien du pas  leste qu'il avait en temps normal, ce n'était pas la démarche d'un homme dans la fleur de l'âge, bien que tendant vers la vieillesse.

« Mon séjour fut bien court, quelques jours ne suffisent pas à bien profiter d'un duché tel qu'Ansemer.  Néanmoins, la brise marine m'a fait un bien tel que j'ai hâte d'avoir l'occasion de renouveler ma visite.  C'est avec regrets que je quitte Port-Liberté. »  Je n'étais pas homme doué pour les louanges, mais ma visite ansemarienne en plein Yule m'avait plue et je comptais revenir pour lancer les premiers ponts d'une relation solide avec le duc Bartholomé d'Ansemer.  J'escomptais entretenir de bons rapports avec les quatre ducs et duchesse de Faërie, pour un empire solidaire et fort.

« J'espère que votre blessure sera vite rétablie.  Vous empêche-t-elle de voler avec votre dragonne? » demandai-je avec courtoisie, détournant la conversation de sur moi-même.   Jamais confiant de mes moyens, jamais sûr d'être suffisamment diplomate, je préférais voir le sujet de la discussion s'éloigner de ma propre personne.

La trêve hivernale pour respecter le deuil de l'empereur Augustus mon oncle était probablement la bienvenue pour lui qui avait été sur le front longtemps.  Si mon père n'avait pas pris le pouvoir, peut-être aurais-je rejoint moi aussi un des corps de Chevaucheur, sûrement celui d'Outrevent, pour défendre ma patrie.  Parfois, j'enviais un peu mes camarades dans les cadets, qui finirait leur formation et aurait un rôle actif dans la survie de Faërie, contrairement à moi qui ne servait à rien.  Je ne pouvais qu'apprendre à devenir ce qu'était mon père un jour, mais je doutais de jamais pouvoir lui arriver à la cheville.

Ces pensées noires pourtant devaient être chassées.

« Profiterez-vous de votre temps de repos pour aller visiter vos propres terres?  J'imagine que votre carrière de Chevaucheur vous éloigne beaucoup trop souvent d'elles. »
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Message Sujet: Re: Sous le vent   Sous le vent EmptyJeu 19 Avr - 6:10

Le ton que doit prendre cet entretien se défini, lentement, très lentement. Mais Bertin s’y adapte, souriant aimablement au prince faë.

- Vous me voyez ravi de l’entendre. Vous serez le bienvenu, bien entendu. Il parait, cependant, que rien ne vaut le vent outreventois et les terres qu’il fouette de sa vigueur. C’est du moins l’avis de son Altesse votre mère. Qu’en pensez-vous ?

Oui, il est curieux, Bertin. Curieux d’en apprendre davantage sur le prince, et sur sa vision du monde, d’Ansemer, mais de son propre duché, du moins son duché de naissance. Est-il mal que d’être curieux tant que cela est fait dans la courtoisie ? Puis la blessure, le sujet dont tout le monde veut lui parler bien sûr, tout le monde qu’il déconcerte en en parlant avec légèreté. Sauf à Antonin. Le prince touche à un point sensible. L’incapacité de chevaucher de Bertin jusqu’à ce qu’il obtienne l’autorisation de Quitterie. Soupir. Son silence s’efface partiellement, et son ton devient grave.

- Malheureusement, je suis pour le moment privé de chevauche. Je n’ai que les remparts pour me rapprocher des cieux.

Il soupire légèrement.

- Je ne serais pas en état de chevaucher même si je le voulais. Je vous en parle pour vous mettre en garde : mon empressement pour rentrer était tel que j’ai chevauché épuisé. Je suis tombé en plein vol au-dessus de la ville et j’ai failli y passer. J’espère que je peux compter sur votre discrétion. Bien entendu l’ensemble du vol d’Ansemer sera prochainement au courant, mais peut-être puis-je éviter que la nouvelle ne parvienne à trop d’oreilles nobles… Un homme a son égo…

Il a un faible sourire en regardant Antonin avant de soupirer à la question sur ses terres. Il ne peut pas en vouloir à Antonin, il cherche à faire la conversation. Mais voilà que cet entretien est l’exemple même des convenances qui lui font fuir le palais lorsqu’il le peut.

- Je passerai peut-être quelques jours en Vivécume, mais je compte travailler à ma réhabilitation autant que possible. J’ai pleine confiance en mon intendant. Son travail est sans doute meilleur que ce que j’arriverais à faire. Je ne puis dire que la gestion soit mon point fort, mon prince. Je préfère servir Ansemer en tant que Chevaucheur qu’en tant que comte. Plusieurs m’en font certainement silencieusement le reproche, mais je n’ai que faire des qu’en dira-t-on. Ces mêmes gens sont heureux à présent que Faërie tienne encore et que la frontière ait été plus ou moins rétablie. Certains ne sont simplement jamais contents, quoi qu’on fasse.

Petit haussement d’épaule. Son ton, son attitude se fait plus légers à nouveau. Il reste sérieux comme sa conversation, sincère aussi, mais ça n’a pas la gravité que l’avertissement énoncé plus tôt avait.

- Je compte reprendre la chevauche dès que Quitterie me l’autorisera, et dès qu’Ambroisie et moi nous serons… réconciliés… à défaut de meilleure expression. Elle m’en veut…








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Message Sujet: Re: Sous le vent   Sous le vent EmptyMer 25 Avr - 16:46

Je ne puis qu'acquiescer lorsqu'on me rapporte les paroles de ma mère, il serait peu filial de ma part de la contredire et un simple hochement de tête confirme ma pensée à ce sujet bien qu'en vérité je n'ai jamais songé à savoir lequel des quatre duchés de Faërie est le plus agréable pour y vivre.  En cette occasion, il m'est donc naturel et juste de me rendre à l'opinion de l'impératrice ma mère qui a vu beaucoup plus du monde que je ne l'ai encore fait.  Un sourire entendu toutefois passe sur mon visage quand il est question de Chevauche et de ne pas vouloir perdre la face.  La première fois que j'ai volé, c'est plus excusable au vu de mon manque d'expérience alors, je suis tombé en bas de mon dragon et c'est seulement grâce à Agonie que je suis encore là aujourd'hui pour en parler.  Heureusement, je n'avais pas été blessé et le plaisir de m'envoler sur le dos de ma dragonne ne m'avait pas été retiré.  Aujourd'hui, il m'est pénible de la savoir si loin de moi, si distante.  J'avi cru que le fossé se rétrécissait entre nous, mais en vérité peut-être s'élargit-il en fait.  Elle est de moins en moins présente dans mon esprit et je me raccroche à ces quelques moments qui sont comme une promesse de réconciliation à mes yeux.  Cependant, peut-être que j'ai tort, peut-être faudrait-il que je la laisse partir.  Je ne peux plus m'envoler avec elle, même si rien dans ma condition physique ne me l'empêche.  Au fond, j'envie un peu le prince ansemarien qui lui sait qu'un jour, il retournera parmi les nuages, grisé par son union parfaite avec Ambroisie.  L'ambition de mon père, son droit au trône, brise à jamais mes rêves de chevaucher.

« Il est heureux qu'Ansemer et Faërie compte des hommes de votre valeur, si je puis me permettre d'offrir mon avis sur la question.  Les Chevaucheurs sont la fierté de notre nation.  Si vos talents sont mieux utilisés en tant que Chevaucheur, il vaut mieux en effet que vous laissiez le soin de l'intendance de votre domaine à une autre personne plus compétente. »

Un mince sourire hésitant se trace sur tes lèvres.  Il faut dire toutefois que les manières ouvertes mon interlocuteur laisse facilement se détendre.  Sa simplicité enlève tout des grandeurs de certains autres nobles de Faërie ce qui me rend plus à l'aise d'être moi-même, et pas seulement l'image que doit projeter le prince de Faërie.

« Je ne puis que comprendre le ressentiment éprouvé par une dragonne mécontente.  Vous n'êtes sûrement pas s'en savoir que mes responsabilités m'empêchent désormais de m'exercer à la profession pour laquelle je me destinais depuis mon plus jeune âge.  Agonie… ne semble pas apprécier être délaissée ainsi.  Je ne l'ai jamais connu aussi boudeuse par le passé. »

Boudeuse?  Tu t'en permets petit homme pour parler ainsi!  Je ne tolère pas que l'on m'enlève aussi impunément ce qui m'appartient!
Tu sais ce que je voulais dire… Tu me manques aussi.


Seul le silence répond à cette déclaration.  Jamais Agonie ne me témoigne de son affection.  Il m'arrive parfois de douter qu'elle en éprouve à mon égard.

« Je souhaite pour vous que Quitterie vous donnera son autorisation rapidement de reprendre le vol.  Il doit vous tarder de sentir vos pieds quitter le sol.  J'admets vous envier un peu cela. »
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Message Sujet: Re: Sous le vent   Sous le vent EmptyDim 29 Avr - 2:11

Il observe son prince, Bertin. Ce demi silence, ce hochement de tête, cet acquiescement muet, en fait, aux paroles de sa mère. Une piètre tentative d’apprendre à connaître l’homme en face de lui. Il sourit néanmoins et si la vague réponse l’a étonné, il n’en montre rien. Il n’est pas forcément le mieux placé pour vanter Ansemer non plus. Et il n’a qu’un duché à représenter. Le prince de Faërie est dans une position bien plus délicate à ce sujet, forcément, et il lui semble d’un naturel plutôt réservé. Du moins c’est l’impression que laisse le cadet de ces premières minutes d’entretien.

- Un autre que moi pourrait songer que vous me pensez incompétent, mon prince, dit-il d’un ton léger en réponse au commentaire d’Antonin, mais il se trouve que vous partagez ma pensée. J’avoue n’avoir que peu d’intérêt envers l’administration de mes terres ce qui se ressent lorsque j’en suis chargé seul. Toutes les tâches ne conviennent pas à tous les hommes. Mon intendant apprécie les tâches que je trouve fastidieuses, mais peine à créer avec mes sujets des liens que j’arrive à tisser avec aise. Nous nous complétons bien, et cela me libère pour mieux servir à la fois mon duché et mon empire. J’ai souvent l’impression que mon frère n’approuve pas, mais il me semble qu’ainsi nous sommes tous gagnants.

C’est qu’il y a tout de même réfléchi à sa façon de servir Ansemer. Il n’était pas convaincu que la chevauche soit sa voix lorsqu’il s’est présenté à la sélection, mais dès le moment où Ambroisie l’avait choisi, il avait décidé d’y donner ses habiletés, son temps et surtout son talent. L’expression légère et agréable de Bertin s’assombrit légèrement lorsque Antonin parle de son incapacité à voler. Quel maladroit il fait, Bertin ! Il en est désolé, tant de sa maladresse que des « nouvelles » qui lui sont ainsi énoncées.

- Veuillez excuser ma maladresse, mon prince. Je ne cherchais à vous attrister. En toute sincérité, les détails de votre situation actuelle m’avaient échappé. Vous êtes, à mes yeux, un Chevaucheur. Un cadet, certes, mais ce lien qui vous unie à … Agonie, vous avez dit ? … ne ment pas. Si votre dragonne vous appelle, si la chevauche vous appelle, c’est peut-être que votre devoir n’est pas là où l’escomptent vos proches.

Bertin se tait un instant, observant Antonin à qui il offre un sourire des plus sincères.

- Laissez tomber, au moins le temps de cet entretien, les convenances et les espoirs de votre famille. D’homme à homme, Antonin, entre Chevaucheurs… Que désirez-vous pour votre futur ?

S’il utilise le prénom, ce n’est pas pour manquer de respect au prince, mais bien pour marquer clairement qu’il cherche à abaisser les barrières qui les murent dans des politesses qui nuisent à cette conversation.








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Message Sujet: Re: Sous le vent   Sous le vent EmptyLun 14 Mai - 4:29

Un sourire passa sur mon visage.  La franchise de l'Ansemarien me plaisait, ainsi que ses manières ouvertes et agréables.  Cela changeait de l'attitude protocolaire de plusieurs autres personnes que je rencontre.  La simplicité de mes échanges passés quand je n'étais que le simple héritier d'une baronnie de petite envergure d'Outrevent me manquaient.  Il y a quelque chose d'inconfortable dans le passage entre être un simple membre de la petite noblesse vers le fils de l'homme qui dirige tout un empire.  Et de quelle façon en était-il venu là.  Cela avait été un soulagement que d'apprendre que ma tante Chimène était toujours en vie, la famille étant une valeur cardinale de mon existence.  J'aurais soutenu mon père envers et contre tous, mais la pensée qu'il était prêt à marcher sur son propre sang pour obtenir ce qu'il désirait me désolait et me peinait, bien qu'il m'était impossible d'en parler.  Modèle de mon existence, idole à laquelle j'aspirais ressembler, Gustave de Faërie dirigeait ma vie, plus encore que je ne le croyais.  La hantise de lui plaire, de me montrer être le fils à la hauteur du père qu'il était, habitait entièrement mon esprit.  Je désirais lui prouver ma valeur et ainsi je supportais les platitudes et politesses avec patience, bien que la proximité et la camaraderie entre les apprentis Chevaucheurs me manquaient.  Là-bas, je n'étais peut-être qu'un parmi tant d'autres, mais mes rêves et mes aspirations n'avaient d'influence que sur moi-même et non pas sur l'avenir d'une population entière.  Cet entretien avec Bertin d'Ansemer, malgré les mon prince, me rappelait cette douce atmosphère amicale que j'y avais connu.

Et ses propos me surprirent grandement.  Là où tout le monde me répétait que j'avais de grandes responsabilités, qu'un avenir brillant m'attendait, lui me conseillait simplement de rester fidèle à moi-même, de poursuivre mes rêves plutôt que ceux de mon père.  L'espoir de devenir Chevaucheur avait bercé mes songes d'enfance.  Chaque fois que je voyais un dragon voler dans le ciel, je m'imaginais un jour en compagnie de l'un deux, protégeant ma patrie.  Les choses s'étaient passées différemment et désormais j'étais le fils d'un empereur, prisonnier des convenances sociales, éloigné de la liberté de choisir.  Mais le Chevaucheur devant moi était aussi prince, d'un duché, il était également comte et vivait sa vie comme il l'entendait.  Il avait laissé la gestion de son domaine à un intendant et consacrait le reste de son existence à ce lien qui le liait à Ambroisie.  Comme je l'enviais.  Si l'espace d'un instant la liberté de choisir m'avait paru luire devant mes yeux, le poids des responsabilités revint rapidement sur mes épaules.  Je ne pouvais pas choisir égoïstement.  J'avais décidé de soutenir ma famille coûte que coûte et ce n'était pas en m'enfuyant pour rejoindre Agonie que je tiendrais cette promesse faite à moi-même.  Je ne pouvais pas laisser mes obligations, décevoir les miens.  Ils avaient été fiers quand j'avais été admis à la caserne de flammes.  Maintenant, devenir Chevaucheur n'était plus aussi digne d'admiration.  Un sourire triste se peint sur mon visage.

« L'espace d'un instant, j'ai vu briller l'espoir de choisir pour moi-même en ignorant tout le reste.  Rien au monde, je crois, ne me ferais plus plaisir que de rejoindre Agonie, de terminer mon entraînement à ses côtés et de devenir le digne Chevaucheur qu'elle a vu en moi quand elle m'a choisi. »

Mon cœur se serra en songeant à ce qui aurait pu être et je poussai un long soupir découragé.  C'était plus compliqué que cela.  Un comté rapportait à son duché pour ses rentes et il suffisait de laisser la tâche à une personne tierce pour que les choses se déroulent bien.  Néanmoins, un duc, par exemple, ne pouvait pas se décharger de la tâche de gérer son duché, de prendre soin de ses gens et d'entretenir des relations politiques avec les duchés voisins.  Alors pour un prince impérial… pouvait-on attendre autre chose?  Si Armandine eut été plus vieille… Mais je me retins de poursuivre cette réflexion.  Je n'aurais pour rien au monde désiré que ma sœur fut plus âgée que moi.  Qui dans l'enfance l'aurait alors protégée des moqueries et de la dureté du monde?  Pas plus que moi, elle n'était taillée pour diriger les gens.  Je devrais apprendre pour lui éviter de prendre ce poids.  C'était le mien.

« Mes obligations envers mon père, envers Faërie sont trop lourdes pour être traitées à la légère.  Bien que cela m'attriste, je sais faire un choix juste en laissant la Chevauche derrière moi.  Je regrette cette communion avec ma dragonne, cette sensation de liberté en plein vol, mais elles sont sacrifiées pour des raisons qui en valent la peine. »

Un air convaincu passa sur mon visage.  Je savais que je faisais le bon choix, même si le chemin serait parsemé d'épreuves et de résignations.

« Il me ferait toutefois plaisir que lors de nos prochaines rencontres vous continuiez à me considérer comme un cadet.  Il est agréable d'échapper à la politesse protocolaire à l'occasion, je crois que vous en conviendrez, » ajoutai-je avec un sourire, pour donner un ton plus gai à la conversation.  Je ne voulais pas m'appitoyer sur mon sort et simplement pleurer ce que j'avais perdu en échange d'autre chose.
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Message Sujet: Re: Sous le vent   Sous le vent EmptyJeu 24 Mai - 16:00

Bertin écoute le prince avec une attention non feinte. Non seulement cette discussion le sort de la monotonie de son alitement partiel ou du travail sur lequel il est incapable de se pencher, mais elle l’intéresse. Antonin l’intéresse, comment s’il voulait en apprendre davantage sur lui. Cette curiosité se muera sans doute en amitié avec le temps lorsqu’il apprendra la nouvelle de la part de Gabrielle un peu plus tard cette journée-là, mais pour le moment il ignore qu’il se trouve devant le fiancé de sa chère amie et ne peut dire qu’il éprouve une amitié particulière pour le jeune homme. Cela dit, ça n’empêche pas le ton amical, et cette proximité relative que leur permet la chevauche dont Bertin ne se passerait pas.

« Peut-être êtes-vous plus sage que moi. Ou moins borné, je l’ignore. » commence-t-il dans un petit rire. Il semble avoir un certain respect pour Antonin, un respect de plus, poussé plus loin que les simples connivences exigées par leur statut respectif. « Je ne vous envie pas. Je ne peux pas imaginer ma vie sans la Chevauche. Rien que les prochaines semaines à devoir m’en priver me semble impensable… » Il soupire légèrement, mais sourit au prince. « Je peux comprendre votre choix, cependant, je crois. Dans votre situation, peut-être aurais-je pris une semblable décision. » Il y aurait songé avec beaucoup plus de sérieux, en tout cas. C’est vrai que sa situation est tout de même beaucoup plus simple que celle d’Antonin à ce niveau, il ne peut que le reconnaître. La suite, cependant, le fait éclater d’un rire franc qu’il regrette aussitôt à cause des tensions musculaires qui règnent dans son corps et le transforment – pour un temps seulement il espère – en vieillard.

« J’appelle les cadets - et les chevaucheurs d'ailleurs - par leur prénom. Et d’ordinaire je les tutoies, comme tout le monde à la caserne. Et je demande le même traitement de mes collègues. Cela vous convient-il ? En privé, bien sûr. À la cour je reste prince, même pour mes plus proches amis Chevaucheurs. » Il aurait pu l’imposer, mais Antonin reste un prince de Faërie. Il ignore à quel point il est prêt à accepter ce genre de relation, et il ne tient pas à pousser les choses lors de leur première rencontre non-officielle. Quoi qu’il en soit, on ne peut pas dire que Bertin soit très stricte sur le protocole, et ça ne semble pas avoir à voir uniquement avec sa blessure et son incapacité à l’offrir avec frivolités à Antonin. Bertin est un homme simple, qui aime les choses simples et les relations honnêtes.








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Message Sujet: Re: Sous le vent   Sous le vent EmptyJeu 31 Mai - 6:05

La franchise de Bertin était difficile à accuser.  Il me faisait songer avec encore plus d'envie à la Chevauche, à l'avenir que j'aurais eu en volant avec Agonie jusqu'à ce que la vieillesse m'en empêche complètement.  Elle aurait continué à voler après moi, se serait trouvé un nouveau Chevaucheur avec qui grandir et protéger Faërie.  J'aurais été fier d'elle, même du royaume de Sithis que je rejoindrais un jour après avoir servi ma patrie sans faillir.  Néanmoins, la vie n'était pas si simple.  Je n'étais pas aussi libre que je ne le désirais.  J'espérais tant trouver un compromis entre mes deux destinées et je retardais le moment de faire un choix.  C'était se voiler et se réfugier dans le déni, mais je n'étais pas encore prêt à abandonner mes rêves d'enfance pour soutenir ceux de ma famille.  Ma dragonne avait cru en moi, elle avait foi que je pourrais devenir le partenaire qu'elle avait besoin, avec qui elle aimerait voler.  Auprès de mon père, de ses conseillers, il me restait encore tout à prouver et il m'arrivait souvent de croire que je n'y arriverais jamais.  Je n'avais été préparé toute ma vie à cette destinée si différente de ce qu'elle aurait dû être.  Je soutenais mon père et ses rêves.  Il avait raison, les magies bannies devaient être rétablies, non pas seulement parce que ma sœur était elle-même mage du sang et que je rêvais d'un monde où elle pourrait être libre.  Non, parce qu'elle m'avait appris que toutes les magies avaient du bon, mais aussi du mal.  Elle m'avait aussi appris que tout le monde méritait sa chance de vivre sa vie au grand jour, d'être lui-même sans se sentir traqué et menacé.  Pour ces grands idéaux que je partageais avec l'empereur en place, je me devais de perfectionner mon apprentissage, de devenir un homme meilleur de jours en jours, le digne fils de mon père.  Mais cela s'avérait plus difficile que je ne le croyait.

« Alors tutoyez-moi Bertin.  Les mon prince et votre altesse sont parfois pesant et j'accepterai volontiers dans l'intimité de retrouver la chaleur de la vie à la caserne.  Vous pouvoir ignorer tous mes titres, c'est même ce que je désire.  En-dessous d'eux, tout comme vous devez vous percevoir aussi, je ne suis qu'un homme ordinaire, » fis-je alors que sur mes lèvres se traçait un léger sourire détendu.  Cela faisait du bien de s'écarter des devoirs et de pouvoir songer à son propre bonheur parfois.  J'espérais que je retrouverais un jour ce sentiment auprès de Gabrielle qui avait accepté ma main.  Peut-être pourrions-nous ensemble oublier tous les sacrifices que nous avions fait pour notre peuple.

« Toutefois, veillons à ce que ceci reste notre petit secret.  Je crois que l'on vous réprimanderait vertement de m'encourager à laisser tomber mes responsabilités pour me tourner vers la Chevauche.  Un jour, peut-être me convaincrez-vous que je suis dans l'erreur et que jamais je n'aurais dû abandonner ma dragonne.  J'espère que si un tel jour devait arriver, vous accepteriez de voler à mes côtés. »

Il était plus âgé, alors je ne laissais pas tomber le vouvoiement.  À la caserne, il eut été mon supérieur.  Néanmoins ces politesses étaient dénuées de la raideur protocolaire qu'exigeait la cour et étaient plutôt remplie de ce respect des plus jeunes pour leurs aînés dont l'expérience en elle-même était un exploit légendaire.
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Message Sujet: Re: Sous le vent   Sous le vent EmptySam 16 Juin - 21:56

« Tsssk. » intervient directement Bertin avant qu’Antonin ne pousse la conversation trop loin. Il y a un sourire amusé à ses lèvres, même s’il se garde bien de se laisser aller au rire bon enfant qui lui chatouille le ventre. « Je n’accepterai que si la faveur m’est retournée. » Il fixe Antonin de son regard clair, observant sa réaction avant d’ajouter : « Tu n’as aucune raison de me vouvoyer. Je me sens déjà bien assez vieux comme ça aujourd’hui, alors fais-moi plaisir, tu veux ? » Oh, comme il a vite laissé tomber le protocole et les manières mondaines ! Sa demande est sincère, même si elle est teintée d’une légèreté qui en nie toute critique. Entre eux deux, seuls, s’ils doivent se traiter comme des frères d’armes, alors autant que ce soit jusqu’au bout. Si Bertin tutoie son capitaine, il n’y a aucune raison pour qu’Antonin le vouvoie, certainement !

Il hoche quand même sérieusement la tête pourtant à la suite. Cela était évident, et même si un fin sourire étire ses lèvres, d’amusement, à l’idée qu’on pourrait le réprimander de pousser Antonin vers la chevauche, il réalise fort bien que le sujet est délicat. « L’on me réprimanderait assurément, oui. Un peu plus, un peu moins, ai-je envie de dire. J’ai l’habitude des sermons de mon frère. Cela risquerait d’être un peu moins agréable venant de ta famille, cependant, ainsi garderai-je cela jalousement pour moi.  Quoi qu’en dise mes collègues… et ma chute… j’ai un sens de survie plutôt développé ! » Il blague à demi. S’il a survécu toutes ces années en tant que chevaucheur, et surtout au front, c’est forcément qu’il valorise sa vie. D’autant plus lorsqu’on sait qu’il n’a pas été impliqué, pendant la même période, dans d’importants scandales politiques. Ou dans la vie politique point, en fait, si on gratte un peu sous la surface. Ce n’est pas quelque chose qui l’intéresse beaucoup, même s’il sait se montrer charmant lorsqu’il le faut, au nom d’Ansemer.

« Alors, dis-moi. Qu’est-ce qui t’amène vraiment en Ansemer ? Je sais que son Altesse désirait obtenir la coopération de Bartholomé à l’automne, mais la situation a depuis fortement changé, je doute que ce soit la raison de ta visite. Je me trompe ? »








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Message Sujet: Re: Sous le vent   Sous le vent EmptyVen 29 Juin - 5:06

Un sourire se traça sur mon visage alors que je retrouvais cette camaraderie de la caserne de flammes.  J'étais heureux de pouvoir laisser derrière moi un court instant ces responsabilités qui me pesaient tant je n'étais pas certain de savoir assumer pleinement.  Pouvoir parler plus ou moins ouvertement de mes envies avec quelqu'un faisait du bien. Je ne pouvais naturellement pas complètement me lâcher, le choix de délaisser complètement mes tâches, mes devoirs n'était pas mien.  Je ne pouvais que reprendre une légère respiration et profiter d'une légère brise d'air frais que les persiennes laissaient passer.  C'était mieux que rien, j'en convenais aisément et je m'en contentait avec résignation.

Il était d'ailleurs facile de se laisser aller avec les manières ouvertes et chaleureuses du prince Ansemarien.  Sa façon d'aborder son frère, son duc, était amusant et je ne pus retenir un sourire amusé.  Je ne pouvais comprendre cette complicité entre frères, je n'avais qu'une plus jeune sœur qui avait grandi plutôt cloîtrée en raison de la magie bannie qui s'était éveillée en elle.  Et en raison de celle-ci, j'avais toujours ressenti le besoin de protéger Armandine du monde extérieur.  Elle était forte ma sœur, mais je la considérais souvent comme une fleur fragile que je me devais de garder sous une cloche de verre pour éviter qu'on ne lui fasse du mal.  Je l'aimais de tout cœur et songer qu'un jour un autre homme l'emmènerait loin de nous me faisait mal au cœur.  Parfois, j'aurais également aimé avec un frère, un aîné à qui laisser toutes les tâches et responsabilités pour poursuivre mes propres rêves, un frère à qui confier mes craintes et mes peines, mes désirs et mes envies.  Mais j'étais seul et j'endurais en silence.  Pour cela, j'enviais Bertin et Bartholomé d'Ansemer.

« Je ne suis pas venu pour obtenir un soutien de la part d'Ansemer pour les combats de mon père.  C'est mon devoir d'aîné de suivre ses traces et de poursuivre son œuvre, mais j'en encore beaucoup à apprendre avant de pouvoir prétendre seulement l'aider. »

Je savais que je n'arrivais pas encore à la cheville de mon père en ce qui concernait toutes ses connaissances de la politique et de la diplomatie.  J'apprenais lentement auprès de précepteurs, mais aussi auprès de lui.  Je n'étais pas encore près pour voler en solo, il me faudrait encore beaucoup de temps avant d'y arriver sans craindre de me mettre les pieds dans les plats.

« Si je suis là c'est pour fêter Yule en compagnie d'Ansemer et de la princesse Gabrielle.  C'est à ma demande.  J'aimerais que l'entente entre les différents duchés de Faërie et Alfaë soit au mieux et je crois qu'il est alors nécessaire de s'intéresser à chacune de leurs fêtes et traditions.  J'avais le souhait de profiter de ce séjour pour comprendre un peu mieux qu'à son début le peuple ansemarien, mais aussi à connaître ton frère et sa femme.  Ce n'est qu'un premier petit pas vers de plus grandes aspirations, mais il faut commencer par agir, même si c'est peu, pour atteindre un jour une fin. »

J'étais fier de ces débuts que j'avais ébauché en quelques jours.  Ce n'était que peu, mais petit à petit, cela s'accumulerait pour devenir beaucoup, je l'espérais.
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Message Sujet: Re: Sous le vent   Sous le vent EmptyDim 15 Juil - 3:28

Il se détend lui aussi en voyant qu’Antonin accepte sa proposition. Cela rend la visite du prince faë d’autant plus agréable qu’il n’a pas à se concentrer particulièrement sur la bienséance et ses manières. Sans être un homme rustre – bien au contraire – il reconnaît qu’après un séjour au front, replonger dans la vie de la noblesse, dans les affaires du palais, est quelque chose de difficile. C’est une transition difficile qu’il ne peut guère faire de son lit lorsqu’on le traite comme un invalide !

« Et pourtant je suis persuadé que, s’il le fallait, tu ferais un très bon travail à son service. La nécessité donne des ailes à l’indépendance… » Il n’a qu’à penser à son frère qui, lorsqu’il a enfin décidé de cesser de fuir ses responsabilités, a immédiatement su se débrouiller avec le duché. Oh, Bertin n’est pas sans songer que son aîné a sans doute été guidé par la main de leur mère, par d’autres conseillers aussi. Mais en apparences, de la caserne d’où il était posté à l’époque…

Mais voilà qu’Antonin parle de Gabrielle, qu’il évoque que sa présence de la princesse ici serait donc de son fait, et Bertin ne peut s’empêcher de sourire un peu en observant les traits d’Antonin. Pourquoi inviterait-il Gabrielle ici ? Si ce n’était pour la courtiser ? Il pourrait tenter d’en apprendre plus, mais il juge que le sujet est trop délicat, personnel plutôt, pour un premier entretien avec le prince de l’empire. Il préfère l’éviter. Un jour peut-être se connaîtront-ils assez pour parler femmes.

« Cela me semble honorable. Tu apprends à connaître le peuple sur qui tu régneras un jour. Enfin, à connaître ses coutumes. On n’apprend à connaître le peuple qu’en le fréquentant dans les rues, j’imagine. Bartholomé, en revanche… Il a organisé un banquet en ton honneur ? Ce serait son genre. » Il a un petit sourire amusé qui disparaît quand il soupire légèrement. « Comment allaient-ils ? Je n’ai vu la duchesse que brièvement et je n’ai pas encore croisé mon frère… » Il a failli dire Jehanne, mais il s’est rattrapé à temps. Heureusement, peut-être. Quoi que Antonin aurait peut-être songé qu’il ne s’agit que d’une familiarité bon enfant comme celle dont il fait preuve à son égard ?










Dernière édition par Bertin Vif-Envol le Lun 3 Sep - 23:50, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Sous le vent   Sous le vent EmptyJeu 30 Aoû - 21:41

Je ne pus m'empêcher de remarquer le sourire du prince ansemarien sans toutefois me l'expliquer.  J'avais avoué les raisons de ma visite avec grand sérieux et sans prétention.  Il ne me semblait pas avoir évoqué la moindre chose qui puisse justifier la moindre expression de ce genre.  Peut-être était-ce pour m'encourager dans ma démarche?  Pourtant, comme je me formulais cette pensée, il me semblait qu'il y avait quelque chose qui clochait avec celle-ci, ce n'était pas la réponse exacte, mais à moins de lui demander, je n'avais nulle moyen de le comprendre.  Cela eut été toutefois fort étrange, or je ne l'interrogeai pas et le laissai s'exprimer, sans tenter d'interrompre le fil de sa pensée bien que je ne pouvais écarter complètement cette interrogation de mon esprit.

Et il soulevait un point Bertin en disant qu'on n'apprenait à connaître un peuple qu'en le fréquentant dans la rue.  Pourtant… ce n'était pas faute de bon vouloir, mais à quel moment aurais-je pu me promener, seul et sans surveillance en-dehors du palais?  J'avais tellement de choses à apprendre sur la géographie, sur la politique et sur la guerre, qu'il me semblait presque miraculeux que j'aie pu m'enfuir de toutes ces responsabilités pour ce voyage en Ansemer.  Enfin, elles me pesaient encore sur la conscience et je ne les oubliais pas complètement, complétant quelques tâches par-ci par-là.

« Ton frère m'a accueilli avec tous les égards, vraiment.  Ils se portent très bien, ainsi que sa femme la duchesse.  C'est dommage qu'elle soit si silencieuse, c'est une femme charmante avec beaucoup d'intelligence.  J'aimerais qu'elle sourit un peu plus. »

Ce n'était pas un secret que Bartholomé dédaignait sa femme, mais je n'avais point à me mêler des histoires conjugales des autres souverains de Faërie.  Ils sauraient à eux deux trouver la solution à la situation.  S'en mêler ne ferait qu'envenimer les choses.

« Cependant, je ne désire pas vous accaparer plus longtemps si vous n'avez pas encore vu le duc et la duchesse.  Il s'agit de votre famille, il doit vous tarder de les retrouver que je vous retiens ici trop longtemps alors que je n'étais que venu prendre mon congé. »

Je me levai, prêt à me retirer pour ne pas l'importuner plus davantage.  Je n'avais pas réalisé qu'il n'avait même pas encore eu l'occasion de revoir les siens avant de lui imposer ma présence aussi longtemps.
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Message Sujet: Re: Sous le vent   Sous le vent EmptyMar 4 Sep - 0:38

Peut-être Antonin aurait-il était soulagé d’apprendre que ce sourire n’avait aucune intention moqueuse. Même sans savoir ce qui avait été décidé pendant ce séjour en Ansemer, sans détails en somme, il était heureux de rencontrer Antonin, de le voir mettre un honnête effort dans sa cour envers Gabrielle. Et qu’une part de celle-ci ait eu Ansemer comme théâtre, à cette période-ci de l’année, lui semble fort à propos. Romantique, même, même s’il ne se risquerait pas en conjonctions de ce genre au sujet d’Antonin. Pas encore. L’idée l’effleure quand même, et il espère que Gabrielle trouvera le tout charmant.

« Tant mieux. Cela est rassurant de voir que les gens vivent, malgré tout. » C’était pour ça qu’il était allé au front. Pour que tous puissent continuer à vivre, en Faërie. Quant à la duchesse, il ne peut que sourire avec une pointe de tristesse dans le regard. « En tant qu’ami de la duchesse, je ne peux que partager ton souhait. J’ignore si c’est réaliste de l’espérer encore, mais peut-être suis-je un peu idéaliste. » Une phrase qui prendra sans doute plein sens lorsque, plusieurs mois plus tard, Antonin apprendra la vérité sur la relation entre Bertin et Jehanne. Reste que, même en tant qu’ami, Bertin voudrait voir Jehanne sourire plus souvent. Entendre sa voix. La voir s’épanouir. Le seul ici qui n’en a pas envie – et ce manque d’envie est forcément contagieux – c’est Bartholomé. Il se garde bien d’en dire quoi que ce soit évidemment, mais il n’en pense pas moins.

Quand Antonin annonce qu’il prendra congé, Bertin hoche légèrement la tête. « Ils sont occupés avec les cérémonies et moi avec ma guérison. Tu n’as en rien entravé mes retrouvailles avec eux, rassures-toi. Cela dit, il m’a fait plaisir de pouvoir discuter avec toi. Merci d’être passé. » C’est avec raideur une fois de plus qu’il se lève pour saluer Antonin correctement. « Je t’offrirais normalement de te raccompagner, mais ce sera difficile aujourd’hui… J’espère que tu comprendras. » Il tend la main à Antonin dans un geste amical pour la serrer. « J’espère avoir le plaisir de te revoir prochainement. Je te préviendrai s’il m’est donné de passer par Alfaë. »

Il n’y passe pas souvent, mais il pourrait y faire un petit détour en allant rendre visite à la princesse Gabrielle. Maintenant qu’Antonin est un homme et non plus un enfant, maintenant qu’ils ont des points communs, peut-être une amitié pourra-t-elle s’installer entre eux. Plus tard ce soir-là, après sa rencontre avec Gabrielle, Bertin se surprendra à l’espérer.








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