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 La journée la plus longue

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Agathe de Vigdir
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Message Sujet: La journée la plus longue   La journée la plus longue EmptyDim 1 Avr - 20:36


Livre III, Chapitre 3 • Les Échos du Passé
Agathe de Vigdir & Martial de Bellifère

La journée la plus longue

Ou un Vaudeville à l'état sauvage



• Date : 27 juillet 1002
• Météo (optionnel) : Il fait doux, à la capitale de Valkyrion
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Quelle idée insouciante que celle de boire un philtre d'amour en plein palais ducal. Mais désireuse de conquérir l'affection de sa mère et peu au fait des effets d'une telle mixture, Agathe a osé. La voilà qui détale, dans les couloirs, en cherchant à fuir soupirants et intrigantes. Heureusement, un Belliférien inconnu se porte à son secours.
• Recensement :
Code:
• [b]27 juillet 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3553-la-journee-la-plus-longue#132105]La journée la plus longue[/url] - [i]Agathe de Vigdir & Martial de Bellifère[/i]
Quelle idée insouciante que celle de boire un philtre d'amour en plein palais ducal. Mais désireuse de conquérir l'affection de sa mère et peu au fait des effets d'une telle mixture, Agathe a osé. La voilà qui détale, dans les couloirs, en cherchant à fuir soupirants et intrigantes. Heureusement, un Belliférien inconnu se porte à son secours.



La journée la plus longue 1528994804-agathe










Dernière édition par Agathe de Vigdir le Dim 1 Avr - 20:48, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: La journée la plus longue   La journée la plus longue EmptyDim 1 Avr - 20:44


27 juillet 1002


Mon cher Arnaut,

Je t’écris depuis Svaljärd et la neige des glaciers, comme mon amour pour toi, semble éternelle. Jamais tu ne m’as semblé aussi loin que lorsque je regarde les sommets glacés de ces montagnes et pourtant nos duchés respectifs sont voisins.

Nous sommes arrivés il y a peu et je n’ai pas encore pu voir ce que la ville en fête pouvait m’offrir. On dit la fête de Lughnasadh très joyeuse et il me tarde de voir les produits locaux, à la foire. Peut-être trouverais-je un petit quelque chose pour toi?

Déjà, je t’abandonne car le palais m’appelle.
Peu de paroles mais toutes mes pensées, voilà ce que je te donne, mon précieux Arnaut.

Agathe

N.B. Remercie madame Honorée pour la lecture de la lettre, s’il-te-plaît.


Agathe avait replié soigneusement le papier et l’avait glissé dans l’un des livres massifs ornant la bibliothèque. Une autre lettre que son jumeau n’obtiendrait jamais. Les appartements qu’on leur avait attribué étaient spacieux et la jeune Belliférienne profitait même d’une petite chambre rien que pour elle. De sa fenêtre, une vue incroyable sur Svaljärd se profilait. Elle avait fouillé l’horizon, dès que ses affaires furent acheminées, pour repérer la caserne où devait éventuellement séjourner Grâce. C’était l’occasion, peut-être bien, d’oublier la dernière rencontre de mars et d’espérer de meilleurs moments en sa compagnie. Elle n’était pas venue les mains vides, la mignonne, et avait déjà payé le prix fort afin d’obtenir un flacon bien particulier en provenance de Lorgol. Un flacon qui promettait de la rendre unique, de la faire aimer d’un être spécial. Grâce de Sombregemme allait enfin l’aimer et lui demander pardon. Du moins, c’était  ce qu’espérait Agathe alors qu’elle ingurgitait la substance sirupeuse au goût quelque peu écoeurant.

D’un coup d’oeil vers son reflet, elle savait qu’elle n’avait aucunement changé. Une adolescente maigrichonne aux boucles soyeuses. Une robe sobre où les influences bellifériennes se faisaient ressentir un peu trop pour le reste du monde. Quelques taches de couleur pour rehausser le tout et ne pas déplaire à Mélusine. Elle fit la moue, tout de même navrée d’avoir payé tant pour si peu. Ce n’était pas en étant autant elle-même qu’elle parviendrait à renouer avec sa mère.

C’est lorsque ses pas la conduisirent dans l’un des nombreux couloirs, ses doigts frôlant les pierres fraîches sur son passage, qu’Agathe remarqua que quelque chose s’était produit. Un domestique s’était détourné pour mieux l’observer, arrêtant même de marcher pour l’épier. On ne se détournait jamais sur son passage. Et plus ses pas s’accéléraient, plus les événements douteux se déclanchaient. Là-bas, l’un des hommes ayant accompagné la famille depuis Sylvamir pressait le pas pour la rejoindre, ici, une jeune Kyréenne la complimentait sur sa bonne mine et ses rubans. Oppressée et prise de peur, l’apprentie voleuse avait détalé sans demander son reste, la gorge serrée et les joues en feu, ses jupons entre ses poings fermés. Qu’avait-elle donc bu, à la fin? Était-ce encore l’une de ses substances aux effets aléatoires vendues par les charlatans lorgois?

À gauche, puis à droite. Tout droit, puis l’escalier où une lourde tapisserie couvrait le mur en entier. Tout en lançant un regard derrière elle afin de s’assurer de ne pas avoir été suivie jusque là, Agathe s’engouffrait dans l’une des petites cours intérieures du palais.

- OH!

Un dos. Plus grand, plus large qu’elle. En levant les yeux, hébétée par la masse puissante à laquelle elle venait de se heurter, Agathe remarqua une tignasse pâle et des épaules façonnées pour la guerre. La jeunette hésita un instant à fuir à nouveau ou compter sur la stature de l’homme devant elle pour chasser ses poursuivants. Apprentie du charme, elle porta plutôt une main à son coeur palpitant en présentant une ribambelle d’excuses.

- Je vous présente mes excuses les plus profondes… Oh, je suis si confuse! Il me… Il me suivait. J’ôse croire être en sécurité, à présent.

Heureux hasard que de croiser la route d’un Belliférien alors qu’Agathe était en quête d’une âme chevaleresque.


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Message Sujet: Re: La journée la plus longue   La journée la plus longue EmptyLun 2 Avr - 15:20

Lugh…Lughda… Lugh quelque chose. Célébration kyréenne imprononçable, à laquelle le futur duc se devait de participer. Futur duc, oui : il avait vingt-cinq ans depuis presque six mois, et où était son trône, à Martial ? L’enfant acariâtre se pliait à la volonté de la duchesse régnante, dans l’espoir qu’en restant dans ses bonnes grâces enfin elle accédât à sa requête. Bellifère avait besoin de ce chef qu’ils réclamaient depuis des années, de ce guerrier qu’il incarnait et qu’Ermengarde conservait sagement sous ses ordres.
Lughnasadh. Célébration dans la capitale ducale, où même l’été ne parvenait pas à réchauffer l’atmosphère totalement. Martial avait, tout de même, pour Valkyrion quelque sympathie : pour l’entêtement de leurs hommes, pour leur amour du Savoir. Pour leur duc, aussi, ami discret qui avec le futur souverain du duché de la guerre avait noué une amitié à laquelle personne ne s’attendait réellement. Définitivement, il n’était pas aussi hostile à cet endroit qu’il ne pourrait l’être, par exemple, pour Sombreciel. Sujet épineux : entre Madeleine et sa femme, l’une lui ayant été retirée et l’autre imposée de force, il valait mieux ne pas seulement lui mentionner le duché. Il risquerait de s’énerver.
Assez efficacement. Le dauphin n’était pas connu pour être un homme des plus posés.

C’était pour fuir la compagnie de cette femme, pour laquelle il n’avait aucune sympathie ou aucun goût qu’il s’était éloigné dans les couloirs du palais. Certes, Séverine pouvait, à bien des égards, être considérée comme belle : elle avait un charme indéniable, dont elle avait sans doute tenté d’user sur celui qui était par un sinistre coup du sort son mari. Mais son corps n’était pas ce à quoi il avait été conditionné. Les courbes n’appelaient pas à la maternité, juste au plaisir. Or, ce n’était pas pour ça qu’elle était là, il ne cessait de lui rappeler. Ces courbes-là, jusqu’à s’être modifiées, devraient rester cachées. Et même après.

Ses gardes avaient tenu à l’accompagner, mais il avait sans aucun problème réussi à les en dissuader. Le palais était truffé de leurs semblables. Il voulait un peu de temps pour réfléchir. Juste seul. Ils ne pouvaient pas lui refuser. Et puis, n’était-il pas à même de se défendre ? (Le futur prouverait qu’il était très à même de défendre les autres, mais qu’il ne faisait pas grand cas de sa propre protection. Passons.)
Ses pensées dérivaient sans but particulier, autre que celui de se calmer, le long des couloirs, s’égarant dans les cours où l’air doux venait parfois déranger ses cheveux pourtant impeccables. Le futur duc fut sorti de cet état proche de la transe par un choc vaguement mou dans son dos. Surpris, passablement énervé également – mais il s’énervait bien trop facilement pour que cette remarque soit réellement valable –, il se retourna…
Et quelque chose décida de venir lui mettre un grand coup de pied dans le cerveau pour l’empêcher de penser correctement. Peut-être était-ce quelque chose dans l’air, le parfum de la blonde ou l’éclat de ses yeux.
La jeune fille en face de lui était juste magnifique, sa beauté le frappant et l’empêchant presque de s’offusquer qu’elle n’ait même pas regardé vers où elle se dirigeait. Et puis elle s’excusait. On ne pouvait pas en vouloir à une aussi jolie femme qui s’excusait, surtout quand, contrairement à bon nombre de femmes, celle-ci savait se vêtir.
Jetant un œil inquiet derrière elle, il ne vit aucun signe d’un quelconque prétendant la poursuivant – tant mieux, moins de concurrence.

« Ne vous en faites pas. Il me semble que vous êtes en sûreté à mes côtés. »
Une de ses sujettes, assurément. Ca se voyait. Seules les Bellifériennes possédaient ce charme adorable (sauf Grâce Martel, mais la Voltigeuse ne méritait plus tellement le titre de Belliférienne. Paria aurait été plus juste). Et quel duc aurait été Martial s’il ne protégeait pas les plus faibles ?
« N’aviez-vous personne pour veiller sur vous, pour vous protéger face à cet assaillant ? » demanda-t-il, ses yeux se baissant à sa hauteur, détaillant les traits de son visage.
C’était horrible, s’il n’y avait personne pour la protéger, qui irait-il combattre pour l’enlever, très bientôt ?
… Après avoir trouvé comment se débarrasser de son encombrante autre femme.


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Message Sujet: Re: La journée la plus longue   La journée la plus longue EmptyJeu 5 Avr - 15:03

Il y avait quelque chose d’incroyablement rude et brut, dans le visage qui s’inclinait vers elle. Des yeux fins, légèrement enfoncés comme s’ils avaient goûté le quotidien des combats, la détaillaient avec une étrange bienveillance. Bellifère. Son duché originel habitait tout entier l’homme immense et la jeunette se sentit d’autant plus fragile et étrangère. Elle lança une autre oeillade par-dessus son épaule afin de suivre le regard de l’homme. Personne. Le couloir semblait calme et la solitude les enveloppait. Il y avait un malaise infime à se trouver à ses côtés, sans protection, car tous connaissaient l’envie irrépressible des Bellifériens pour les enlèvements. Mais qui oserait tenter alors qu’elle se trouvait en plein palais ducal de Valkyrion, là où les gardes grouillaient et où sa tutrice se trouvait?

- Ne vous en faites pas. Il me semble que vous êtes en sûreté à mes côtés.
- ...Il me semble aussi.

La voix fluette s’était élevée pour lui répondre. Agathe, vaguement intimidée, sentait ses pommettes se réchauffer en dépit du climat agréable. Il la regardait toujours avec insistance et la Belliférienne abaissa le regard pour ne pas devoir le soutenir. Son instinct était là, toujours intact malgré son exil des terres arides, et lui intimait de ne pas provoquer celui qui se tenait droitement devant elle.

- N’aviez-vous personne pour veiller sur vous, pour vous protéger face à cet assaillant?
- Je ne croyais pas être suivie, Monsieur. J’ai dû fuir prestement, mais ma tutrice s’inquiétera bientôt de mon absence.

Il ne s’agissait que d’une demi-vérité. Mélusine s’inquiétait sans doute toujours pour elle, à l’instar d’une figure maternelle, mais une petite promenade dans l’enceinte du palais ne devait pas l’inquiéter particulièrement. Il était même surprenant qu’on ne lui ait pas encore imposé de protecteur, et la jeunette soupçonnait qu’ils soient dissimulés et discrets, ou alors déjà à sa recherche. Du moins, elle l’espérait. Ses prunelles claires osèrent remonter jusqu’à ses lèvres, jamais plus haut, et Agathe se permit un sourire fin. Il n’avait pas encore fait de geste brusque ni déplacé à son endroit, et sa stature laissait croire à une certaine noblesse de sang. Elle était presque convaincue que les effets de sa mixture se soient déjà dissipés, et si Grâce n’allait pas en bénéficier, Agathe, elle, pourrait au moins profiter de sa journée. Elle avait encore bien du temps pour tenter de conquérir sa mère.

- Vous deviez chercher calme et solitude en choisissant cet endroit… Puis-je rester, en vous promettant silence?

Elle sentait son coeur pulser un peu plus rapidement sous la nervosité d’une pareille demande. Les mains sagement croisées, la tête basse, la toute jeune patientait la réponse de l’homme. Il était si rare qu’elle croise la noblesse Belliférienne…! Dans son attente, dans son silence, Agathe priait Idril de lui permettre d’assouvir sa curiosité, de pouvoir encore observer la noblesse belliférienne. D’autant plus qu’elle ne semblait pas réellement menaçante, bien au contraire. L’homme semblait même vouloir l’inverse : la protéger contre ses assaillants.


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Message Sujet: Re: La journée la plus longue   La journée la plus longue EmptyDim 8 Avr - 0:04

Le plus gros problème de sa journée venait, assurément, de devenir sa femme. Enfin non, au quotidien, sa femme était déjà un problème : trop Cielsombroise pour son goût – et il n’admettrait jamais de son plein gré avoir un vif intérêt et une envie de la découvrir au-delà des horreurs qu’il s’imaginait volontiers – et bien trop peu encline à se plier aux coutumes de ce monde qui était le sien. Oui, Séverine était définitivement passée en tête des problèmes, maintenant qu’il se trouvait face à la jeune femme inconnue – mais terriblement, définitivement charmante. Et puis elle était blonde. Et tout le monde savait que les blondes, c’était bien, pour Martial.

Un souvenir cuisant lui traversa l’esprit. L’humiliation qui en avait résulté, et les tensions que tout son duché et même sa grand-mère avaient ressenties. Il s’était trompé, il avait fait une erreur. L’enlèvement sans en prévenir personne était une horrible idée. Puis franchement, pour enlever une Cielsombroise… S’il avait su ce qu’elles valaient, il se serait bien retenu. En un sens, le souvenir de cette défaite cuisante, de la honte qui des fois l’habitait encore et des regards qui glissaient sur lui après le Tournoi réussirent à harnacher et à retenir son comportement tellement impulsif qui lui hurlait de la charger sur l’épaule et de juste partir, comme ça.
Parce qu’elle était une femme, qu’elle était magnifique et qu’elle semblait, presque, volontaire. Effrayée. Bien plus féminine et attirante que celle qu’il avait dû, par un coup du sort et une parodie d’enlèvement, épouser.

Son regard n’était pas inquisiteur, sur elle. Il était presque doux, la découvrant, s’intéressant aux détails, cherchant en vain ce qui la rendait à ses yeux si parfaite. Ce parfum, peut-être, qui flottait dans l’air ? Aussi doux et fragile qu’elle. Une beauté belliférienne, assurément, perdue en Valkyrion. Il la ramènerait dans son duché, qu’elle n’ait crainte, où elle pourrait y briller ! … Une fois Séverine sortie du tableau. Ou alors… non. Une femme, ça suffisait, Martial.
Sa tutrice. Un léger froncement de sourcils. Si elle n’était protégée que par une femme, aussi noble soit-elle, elle devait sans doute craindre pour sa vie. D’autant plus si celle-ci était de nature inquiète.  La question suivante, en revanche, le laissa perplexe. Oh, elle était bien joliment tournée, et il s’enorgueillissait secrètement que la jeune souhaitât qu’il puisse la protéger encore, en restant à ses côtés. Mais ne venait-elle pas de dire que sa tutrice allait souffrir de son absence ? Bon, pas que les soucis d’une autre femme soient pour Martial des plus importants, mais ils l’étaient sans doute pour elle.

« J’accepte volontiers votre présence à mes côtés, demoiselle. Cependant, je doute que le calme et la solitude durent. » Un regard vers l’autre côté du couloir. « Tôt ou tard, les aspects fastidieux des festivités requerront mon attention. En tant que seul représentant de la couronne ducale, je me retrouve sollicité fréquemment. »

Un léger sourire naquit sur ses lèvres. Un peu triste. Car c’était un tel honneur, de représenter ce duché auquel il croyait si fort ! Mais c’était aussi étouffant, lorsqu’il était impossible de faire un pas sans avoir une armée de gardes à vos trousses.  « Vous ne m’avez pas donné votre nom, maintenant que j’y pense. »
Il serait sans doute charmant. Comme ce parfum, décidément, qui s’échappait d’elle et semblait doucement s’évanouir.


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Message Sujet: Re: La journée la plus longue   La journée la plus longue EmptyLun 16 Avr - 1:12

Il n’avait pas refusé sa présence, comme elle s’y était attendu. Idril l’avait forcément entendue et avait fait en sorte que son rêve le plus secret se réalise. Le Belliférien lui parlait avec une courtoisie parfaite, comme celle qu’on lui avait enseignée à son arrivée en tant que suivante de Mélusine de Séverac puis qu’on avait peaufinée alors qu’on la qualifiait de pupille. Une courtoisie délicate, en dentelle, sur un homme aussi massif, impressionnant et terriblement belliférien. La toute jeune soupira en elle-même. Qu’il était beau, et qu’il était fort, ce diplomate. Même ses paroles chargées de mises en garde quant à une conclusion prompte ne l’effrayaient pas. Agathe s’était appropriée le petit endroit charmant de quelques pas hésitants, le museau en l’air. L’été fleurait bon, même dans ce duché que l’on disait fait de neige, et les rayons solaires réchauffaient agréablement l’endroit.

- En tant que seul représentant de la couronne ducale, je me retrouve sollicité fréquemment.
- Gloire, vaillance, et que fauchent nos lames.

Il était sans doute étrange, pour un oeil extérieur, d’entendre de telles paroles entre les lèvres purpurines d’une toute jeune femme façonnée par la peur et l’angoisse. Posée sur le bout d’un siège massif, son jupon illuminé par quelques rares broderies, Agathe détaillait encore et toujours ce Belliférien du bout des yeux, détournant le regard avant de croiser le sien ou papillonnant les cils avec coquetterie mais pas trop. Elle n’était pas comme ça, comme les Cielsombroises -sauf Mélusine qui sortait définitivement du lot-, à couler des regards langoureux à qui mieux mieux. Devant un Belliférien, Agathe était capable de bien des bellifèreries, et aujourd’hui moins qu’un autre jour, elle ne regrettait pas la sobriété de sa robe.

- Vous ne m’avez pas donné votre nom, maintenant que j’y pense.
- Je suis Agathe. Il est si rassurant de rencontrer un autre Bell…

Elle avait laissé le reste de sa phrase mourir, entre ses lèvres, alors que son attention se rivait sur les bruits de pas qui se rapprochaient, dans le couloir adjacent. Les mains serrées, calculant la distance la séparant de l’arche de pierres, Agathe hésitait à se redresser tout à fait et fuir un possible admirateur. À peine avait-elle remué pour se redresser que l’homme à la carrure de guerrier s’était interposé entre elle et le dehors d’un simple pas, éloignant par sa posture tout danger. La jeunette avait étiré le cou afin de voir qui s’approchait puis avait esquissé un sourire fin en reconnaissant la femme l’ayant complimenté sur ses rubans, un peu plus tôt. Elle n’oserait pas l’approcher, même pour lui offrir un compliment, en la sachant si bien accompagnée.

- Je ne peux que m’incliner devant la sagesse de sa Grâce Ermengarde de Bellifère. Vous ne représentez pas Bellifère… Vous l’incarnez.

Des yeux en quartier de lune sous un sourire croqué, et la jeunette ramenait son attention sur les deux papillons ayant élu domicile sur son bras. Les ailes fines et tremblantes, semblables à peinture tant les couleurs étaient vibrantes, les insectes étaient insensibles au léger mouvement d’Agathe pour les déloger de leur perchoir. Elle n’en était pas parfaitement certaine, mais elle s’imaginait sans difficulté la vie des Lagranes sentant bon les fleurs. Sans doute étaient-elles pourchassées, elle aussi, par les papillons et les abeilles.


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Message Sujet: Re: La journée la plus longue   La journée la plus longue EmptyJeu 19 Avr - 21:07

Il ne se questionnait même pas sur ce qu’il lui arrivait, c’était ça le pire, sans doute. Il lui semblait diablement, horriblement normal de tomber ainsi en pâmoison devant la première des jouvencelles bellifériennes qui venait à se présenter sous son nez. Certes, on pouvait mettre cela sur le compte d’un mois et quelque de voyage à ne fréquenter que des Bellifériens ou sa femme si horriblement indécente – un jour elle attraperait froid –, mais quand même. C’en était presque ridicule, à ce stade ! Fort heureusement pour lui – ou pour la postérité –, ils étaient seuls et le duc ne semblait pas avoir toute sa tête. C’était sans doute mieux. Peut-être ne se souviendrait-il même pas de cet empressement qui le saisissait à l’instant.
Il inclina la tête avec un léger sourire, à l’entendre proférer de sa voix mélodieuse – parfaite, la devise de leur duché. C’était beau. Magnifique. Il avait du respect pour ces femmes qui savaient où était leur place, et gardait dans leur cœur un attachement et un dévouement sans faille au duché de la Guerre. La jeune savait qu’elle pouvait quémander sa protection : elle était à sa place. Et quant à la loyauté… Eh bien, il supposait qu’elle l’était, et il ne se trompait jamais.

Le futur duc allait rebondir sur son prénom, lui offrir quelques mots à ce sujet peut-être, quand un bruit de pas lui fit tourner la tête, sans savoir qu’elle avait suivi le même cheminement de son regard. Il baissa son regard sur elle, pour la trouver crispée, tendue même.
Sans doute avait-elle peur que son prétendant intempestif ne revienne. Et il en était presque jaloux, Martial. Il se redressa, autant pour la protéger que pour la garder à lui, la soustrayant de sa stature à la vue des importuns qui auraient pu peupler ce couloir. Au final, ce n’était qu’une jeune femme, qui en le voyant balbutia quelques mots incompréhensibles, avant de s’incliner et de fuir.
Voyez. Il la protégeait des femmes bien plus indécentes comme des hommes trop envieux – faibles et lâches.

Le jeune futur duc se retourna vers elle, hochant la tête. « Je me sentirais bien peu digne d’être héritier de la couronne de mon duché, si je n’en partageais pas au moins les valeurs. »
Avouer son statut. Ne pas se revendiquer comme duc, encore – la pauvre aurait sans doute bien assez peur, de se retrouver face à celui qu’elle pensait sûrement comme un diplomate ! Il suivit du regard l’atterrissage de deux autres papillons, délicatement, au sommet du crâne d’Agathe.
« Vous les attirez, décidément. » Il tendit la main pour les chasser, doucement, au-dessus d’elle. Sans succès. Son parfum était-il si envoûtant, pour d’autres que lui ? Sans doute pas. Peu de mots, alors que son bras revenait se placer le long de son corps, qu’il se décalait à nouveau pour ne pas sembler trop oppressant.
« Si jamais vous aperceviez votre… prétendant bien trop empressé, signifiez-le moi. Il est de mon devoir de vous protéger de telles agressions. Ce ne serait pas juste. »
Pas juste pour celui qui voudrait l’enlever.  


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Message Sujet: Re: La journée la plus longue   La journée la plus longue EmptyVen 27 Avr - 19:46

La révélation quant à sa position exacte au sein de Bellifère avait pris Agathe par surprise. Elle le regardait désormais, les yeux grands, tenter de chasser le papillon sur sa tête. Elle l’écoutait sans bouger, alors qu’il la mettait en garde contre son soi-disant prétendant. Ce n’est que lorsqu’elle sentit le monde tanguer légèrement que la mignonne remarqua qu’elle retenait son souffle depuis un moment, déjà. Les joues roses, plus intimidée que jamais, elle peinait à rassembler ses idées. Devait-elle avoir peur de cette proximité soudaine? Même si une petite voix lui intimait de se méfier, de se faire discrète, la Belliférienne ne pouvait pas croire que cet homme, cet héritier du duché de la Guerre, celui-là même qui venait de faire fuir une possible menace, puisse la dérober et la ramener à sa famille.

- Votre Grâce… Je vous présente mes excuses les plus sincères. Je ne savais pas qui vous étiez, sans quoi, je vous l’assure, je me serais présentée à vous avec tout le respect qui vous est dû.

Elle hésitait désormais à se relever et lui offrir une révérence toute gracieuse, ou alors d’abandonner cette idée puisqu’ils s’étaient déjà présentés. Prise d’un doute, la toute blonde inclina bien bassement la tête afin de lui signifier, au moins, son respect inconditionnel. Elle marqua la pause quelques longues secondes avant de redresser son minois vers lui, si grand, devant elle.

- Il ne s’agissait pas de mon prétendant. ..Simplement d’un… D’un homme entreprenant. Je ne manquerai pas de vous en avisez, Votre Grâce.

Quoi dire? Quels mots seraient susceptibles d’intéresser l’héritier de Bellifère? Devait-elle se retirer, désormais qu’elle le savait si important? Il lui avait bien dit qu’elle pouvait rester, mais que leur échange pouvait s’interrompre à tout moment. Elle comprenait parfaitement les raisons, désormais. L’héritier de Bellifère devait être particulièrement occupé. Et demandé. Agathe s’encouragea à ne pas déguerpir comme un petit lièvre : Martial de Bellifère ne devait certainement pas avoir changé d’idée en l’espace d’une petite seconde. Parler de sa femme, Séverine de Bellifère, lui traversa l’esprit mais le savoir ici, seul et loin de l’intrigante Cielsombroise, dissuada l’apprentie d’évoquer le sujet. Il ne restait vraisemblablement que Lughnasadh comme sujet d’intérêt qui ne risquait pas de fâcher.

- J’ai si hâte de voir la foire de Lughnasad et de découvrir les savants les plus vifs d’Ibélène. Serez-vous intéressé à observer les compétitions sportives? J’espère que plusieurs hommes de Bellifère participeront et gagneront pour leur duché.

Quel joli pléonasme : Il était évident que si un Belliférien participait à l’une ou l’autre de ces compétitions, il allait gagner. Avec un peu de chance, peut-être même qu’Arnaut serait du nombre, soit dans l’assistance, soit dans l’arène. De mémoire, Agathe se souvenait combien son frère était doué, grand et fort. S’ils ne pouvaient plus être ensembles et se voir, elle espérait malgré tout qu’il fasse honneur à ses origines en démontrant combien les hommes de ce duché étaient supérieurs aux autres.


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Message Sujet: Re: La journée la plus longue   La journée la plus longue EmptyDim 29 Avr - 12:37

En vérité, si Martial s’était un peu intéressé plus que ça au prénom de la jeune, peut-être aurait-il tracé une similarité avec le nom de la fille de l’autre disgracieuse Voltigeuse Martel. Celle qu’il haissait parce que, comme nombre de femmes dans son existence, elle lui rappelait qu’elles pouvaient aussi avoir une destinée indéfinie. Il avait fait mener des recherches sur elle après tout. Mais curieusement, la voltigeuse et son engeance n’était pas vraiment au cœur de ses préoccupations. Aussi ne releva-t-il rien de plus que le prénom charmant de la jeune blonde fragile qu’il protégeait des regards extérieurs.  

Le dauphin, futur duc dès qu’Ermengarde l’accepterait, leva la main à ses mots. Elle avait le respect des convenances et cet amour de la hiérarchie. En tout point, elle lui semblait parfaite. « Je ne tenais pas particulièrement à être reconnu, à cet instant. Vos excuses sont acceptées. » Il lui offrit même un sourire.
Vous savez, un sourire. Ce qu’il ne faisait jamais à personne, et surtout pas à sa propre épouse. Bien sûr, celui-ci était léger, presque indiscernable, mais il était là. Il lui souriait comme si c’était naturel. Un sourire suffisant, plein de confiance. Elle n’avait pas à s’inquiéter. Elle était en sécurité à ses côtés, pas vrai ?
Bon, il restait toujours le problème des papillons mais… Pour une jeune fille aussi fragile et adorable, c’était presque normal. Depuis quand, en revanche, le mot adorable faisait-il partie du vocabulaire de Martial, la question était légèrement bien plus terrifiante.

Alors, elle orienta la conversation sur les festivités, grandioses sûrement, qui allaient se dérouler lors des prochains jours autour d’eux. Oui, Lughnasadh serait pour l’empire et pour ce duché une magnifique exhibition de savants, tous plus doués et plus intelligents les uns que les autres. Le futur duc de Bellifère respectait et admirait cela. Il avait pour Alder un respect profond, différent de celui qu’il portait à Kern, mais du respect tout de même.
« Nos hommes s’y illustreront avec grandeur, s’ils se présentent…. Et ils s’y présenteront. » Il y avait une assurance dans ce qu’il disait : quel Belliférien aurait refusé de se mesurer à d’autres dans des épreuves où leur discipline et leur entraînement leur assurait un avantage flagrant ? Il allait dire autre chose, lorsqu’un des papillons de la jeune Agathe se décida à la quitter pour venir se poser sur le bout de son nez.
Il avait donc un insecte gracieux, aussi bleu que ses yeux clairs, qui battait des ailes devant lui. Restant parfaitement calme mais tendu,  ses doigts s’approchèrent délicatement de la bête, qui, effrayée, s’envola. « Décidément. » souffla-t-il, amusé.

Quelque chose n’allait pas. Jamais encore ne s’était-il senti aussi à l’aise, aussi bien avec une femme. Un sentiment d’affection, peut-être un peu plus – l’idée de l’enlever était toujours là – qu’il n’avait jamais ressenti avec quelqu’un d’autre, mis à part … Madeleine. Sujet fâcheux. Et oui, il avait déjà songé à enlever sa cousine. Autre sujet dangereux que l’on préférait éviter de mentionner.
« Je suis curieux, cependant, de voir ce que le Savoir a à nous offrir également. Je n’ai pas eu l’occasion de venir y participer l’année dernière. Et puis… nous sommes, après tout, membres, et fiers de l’être, du plus inventif et grand des empires. » Il y avait indéniablement un peu d’orgueil. Eh, ils avaient des savants aussi en Bellifère1 ! Et même que certains se trouveraient ici, pour ces deux jours de célébration.

NDLR:
 


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Message Sujet: Re: La journée la plus longue   La journée la plus longue EmptyMar 8 Mai - 2:01

Il avait accepté ses excuses et Agathe se sentait aussi légère que la plus heureuse des femmes. Quel bonheur, quelle chance, de pouvoir partager un moment aussi intime et agréable avec l’homme qu’ellle préférait parmi tous ceux d’Ibélène. Martial de Bellifère. Le héros de son enfance. Combien de fois avait-elle affirmé être Madeleine, malgré sa robe rêche et triste, cachée dans la penderie, à attendre que son Martial vienne la délivrer? Arnaut s’était toujours prêté au jeu. Songer à son jumeau, ici même, auprès de son idole, lui pinçait un peu le coeur. Elle avait énormément de chance de vivre de pareilles histoires.

- Décidément.
- Oh… Il revient vers moi.

Agathe avait un plaisir enfantin à suivre l’insecte voleté ici et là pour finir sa course sur le bout de son index. La fragile créature battait un peu des ailes avant de s’immobiliser tout à fait en dépit des mouvements de la toute blonde. Lui aussi, joli papillon, semblait à l’aise auprès de l’héritier et de la plus jeune des filles Martel. Elle se fit toutefois violence pour rapatrier son regard et son attention sur lui, le Belliférien. Le papillon était très certainement magnifique, les ailes colorées comme l’azur, mais Martial était plus sublime encore, blond comme l’or et fier comme seuls les hommes de son duché savaient l’être. Il lui parlait de la grandeur et de l’inventivité d’Ibélène, et Agathe se sentait soudainement inspirée et fière d’appartenir à cet empire. Il avait cette façon de s’exprimer avec ardeur, de faire aimer ce que lui-même aimait. Martial était un meneur, et Agathe, admirative, était bien résolue à le suivre tout au long de leur échange.

Les inventions promettaient encore des merveilles, cette année. C’était ce qu’on lui avait dit, dès son arrivée au palais. Agathe s’était promis de demeurer attentive aux différents kiosques et aux démonstrations, bien qu’elle craignait ne pas être suffisamment intelligente pour réellement comprendre les innovations des savants. Il y avait toutefois un sujet au moins aussi intéressant, à ses yeux d’adolescente futile et coquette.

- J’ai cru comprendre, Votre Grâce, que le marché de Svaljärd était le plus richissime et le plus recherché de la fête de Lughnasadh. Savez-vous si Sa Grâce Madeleine sera présente pour en profiter, tout comme vous?

Des étoiles dans les yeux et le soleil sur les lèvres, elle guettait une réponse qu’elle espérait positive. Il ne lui semblait pas avoir aperçu la délégation cielsombroise, depuis son arrivée. Il était difficile d’ignorer réellement si Castiel de Sombreflamme se trouvait à un endroit. Mélusine lui en aurait parlé, très certainement, et Agathe l’aurait su en entendant les ragots et commentaires depuis les couloirs. Mais… Mais peut-être avait-elle tout faux? Dans son questionnement, elle s’était redressée avec une certaine lenteur. Parsemée de papillons jolis et d’une abeille particulièrement tenace, Agathe s’efforçait de ne pas croiser franchement le regard de l’héritier de Bellifère.


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Message Sujet: Re: La journée la plus longue   La journée la plus longue EmptyDim 13 Mai - 17:55

Martial aurait sans doute adoré les papillons, dans une réalité alternative où tout son être aurait été celui qu’il présentait en ce moment-même à Agathe. Quelqu’un qui avait plus de respect pour la gente féminine qu’il n’était sensé le montrer. Quelqu’un qui savait, de temps à autre, prendre le temps d’écouter, se poser loin du vacarme des combats – même en pleine guerre –, qui savait être cordial et presque courtois. Que protégeait les plus faibles que lui – comprendre les femmes. Quelqu’un qui pouvait, au-delà de l’apparence guerrière et de la rancœur qu’il portait en lui, être perçu comme un être humain et pas uniquement un balourd prêt à taper sur tout ce qui passait à portée de main. Un jour, peut-être. Ou dans une réalité alternative à laquelle personne n’aurait jamais accès.

Il se frotta discrètement le bout du nez, à peu près persuadé que le papillon qui l’avait fait loucher avait du y laisser quelques germes de papillon. Il allait peut-être développer des ailes ? Il devrait absolument en toucher un mot à ses médecins, quand il rentrerait. Il serait bon de noter, d’ailleurs, qu’il n’avait pas voyagé avec sa cohorte habituelle de charlatans absolument habitués à calmer les angoisses du grand hypocondriaque qu’il était.
Il fallait noter, également, que depuis le début de leur conversation, jamais encore n’avait-il réellement remarqué le nombre de petites bestioles qui semblaient pulluler autour d’elle. Oh, il en avait vu quelques-unes, notamment ces papillons… Mais il n’avait pas remarqué ceux qui n’osaient pas encore s’approcher, ou les autres choses bourdonnantes autour d’eux. Comme si sa grâce et sa beauté irréelle, sur laquelle il ne semblait pas pouvoir cesser de s’émerveiller sans pour autant retenir ses traits, était un aimant à toutes ces choses volantes et aux autres. Bien sûr, son esprit ne fit pas de lien clair. Voyons. Il était trop embrumé par la conversation passionnante qu’ils avaient.

Une ombre de regrets et de tristesse passa dans son regard alors qu’innocemment, la jeune mentionnait Madeleine. Elle était adorable. Une véritable Belliférienne, de celles qui connaissaient et respectaient ceux au pouvoir. Pas comme d’autres, qu’il ne citerait pas, mais qu’il aurait du confronter à ce sujet lors du Tournoi.
Les mots lui semblaient tellement étranges, dans sa bouche ! Et penser que Madeleine, sa Madeleine, trésor parmi les trésors, celle dont l’absence hantait chacun de ses pas et dont il blâmait la faute sur sa femme sans s’en douter, pouvait être ici … Mais qu’il n’en saurait rien sans le demander. C’était horrible.
Sans  compter que, techniquement, elle était déjà duchesse et lui n’avait pas encore grimpé sur le trône ducal. Situation plus que frustrante. « Le marché de Svaljärd est l’un des plus impressionnants qu’il m’ait été donné de voir. En ce qui concerne la duchesse… Malheureusement, celle-ci ne m’a pas tenue au courant de sa présence, ou non, parmi nous. »
Il ne pouvait pas dire qu’il ne lui avait pas adressé un mot ou une lettre depuis son mariage. Il fallait conserver les apparences.

Il s’apprêtait à ajouter quelque chose, mais une conversation indéniablement aux accord masculins, accompagné d’un pas lourd et cadencé le fit tourner la tête vers le couloir.
Effectivement, quelques instants plus tard, trois hommes, nobles venus de Bellifère avec lui, apparaissaient, visiblement perturbés de le trouver en compagnie d’une jeune femme à moitié recouverte d’insectes. Mais le regard qu’ils glissèrent sur elle l’incita à une forme de sombre prudence. Quelques courbettes plus tard, et ils passaient leur chemin.
« Je pense qu’il vaut mieux pour vous que je vous raccompagne, jeune dame, à votre tutrice. Tant que vous resterez par ici, vous restez en danger. »
Presqu’aussi élégamment que s’il avait fait ça toute sa vie – et, d’une certaine manière, si l’on considérait le nombre de leçons qu’il lui avait fallu pour comprendre, c’était le cas – il lui offrit son bras pour la raccompagner le long des couloirs presque déserts, suivis par une armée de papillons et de petites abeilles de plus en plus nombreuses.
Il suivit ses directions, également, parce qu’il n’avait pas la moindre idée d’où celle-ci pouvait résider, dans ce palais, si ce n’était beaucoup trop loin de lui. Mais bon. Une fois devant sa porte, ce fut presque à regret qu’il se décida à la laisser dans son monde grandement trop irréel pour lui. « Je ne sais si nous nous reverrons, durant ces festivités. Mais restez assurée que vous trouverez toujours près de moi la protection que vous devriez avoir. »
Son esprit était définitivement la proie de quelque chose de plus puissant que lui. Et de vaguement ridiculisant, même s’il n’en avait pas conscience. Il se pencha en avant, courbant sa haute stature juste assez pour porter sa main à ses lèvres, avant de la laisser rejoindre ses appartements.

Ce ne fut qu’une fois lui-même éloigné, deux ou trois couloirs plus loin, que sa tête commença à le tourner, et que la réalisation le frappa. La réalisation, la honte aussi. Le dégoût, quelque peu. La peur, surtout, qu’elle ait vu en lui qui il était. La rage, enfin et surtout, qu’elle l’avait vu aussi misérable, aussi humain, qu’une femme ait réussi à se l’approprier par quelque artifice vicieux.
Personne ne le saurait.
Personne ne devait le savoir. C’était de méchante humeur qu’il s’éloigna au plus vite de l’endroit, les lèvres serrées et une certaine envie de tout laisser derrière lui.


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