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 Le Bertin

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La Noblesse
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Bartholomé d'Ansemer
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Message Sujet: Le Bertin   Le Bertin EmptyMer 18 Avr - 5:45


Livre III, Chapitre 3 • Les Échos du Passé
Bartholomé d’Ansemer & Bertin d’Ansemer

Le Bertin




• Date : 02 avril 1003, matin
• Météo (optionnel) : Brumeux, nuageux, frais.
• Statut du RP : Privé.
• Résumé : Bartholomé offre à son frère son cadeau d'anniversaire et le questionne sur son progrès dans sa course pour le coeur de la belle Eléonore.
• Recensement :
Code:
• [b]02 avril 1003 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3611-le-bertin#135120]Titre[/url] - [i]Bartholomé d’Ansemer & Bertin d’Ansemer[/i]
Bartholomé offre à son frère son cadeau d'anniversaire et le questionne sur son progrès dans sa course pour le coeur de la belle Eléonore.



Dernière édition par Bartholomé d'Ansemer le Mer 18 Avr - 5:49, édité 2 fois
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Message Sujet: Re: Le Bertin   Le Bertin EmptyMer 18 Avr - 5:47

Il s’est levé tôt. Dehors, les brumes du matin couvrent encore la mer d’un voile protecteur. Mais le soleil est bien là, caché sous les épais nuages qui peuplent les cieux. La nuit est passée, et pour une nouvelle journée ils sont saufs, à l’abri de la Chasse.

Les derniers jours furent chargés ; les missives rapportées du couronnement du nouvel empereur Ibéen sont nombreuses et il sait que le calme qui règne dans tout l’empire est précurseur de grands mouvements.
Il ne sait que trop penser de la résurrection d’Octave. La Chasse a-t-elle le pouvoir de faire revenir à la vie tous les enfants de Sithis? Est-ce réellement Octave, après tout? Ou bien une illusion, une magie qui les dépasse tous? Le jeune empereur pourrait-il n’être ainsi qu’un pantin manipulé par des forces bien plus obscures encore? Il comprend l’hésitation des ducs, l’incertitude, mais il s’en réjouit, aussi. Erebor a déjà quitté et Valkyrion semble méfiant. Tout cela n’est rien pour solidifier un empire, mais dans le cas présent, cela peut leur être favorable, à eux, duchés Faës.
La veille avait ainsi été passée cloîtré dans son bureau, entre lectures et entretiens, et il était parti se coucher bien tôt, sa tête suppliant le repos fort nécessaire. Il n’avait pas terminé, mais c’était un quotidien auquel il était somme toute habitué. Il n’avait connu que cela, le duc, après tout ; voué depuis l’enfance à prendre cette place à laquelle il avait toujours été prédestiné.

Mais ce matin, il mettait tout cela de côté pour une journée. La diplomatie pouvait attendre quelques heures, il avait quelque chose de plus important à faire.
« Bertin ! Mon frère ! » qu’il s’exclame alors qu’il entre en trombe dans la chambre de son cadet, se fichant éperdument de réveiller ce dernier ; en vrai c’est peut-être même un peu son intention. « Habille-toi et viens me rejoindre sur les quais. Je t’attends. » Et il sort comme il est entré, descend les étages pour sortir sur les quais privés qui ceignent la portion sur pilotis du palais ducal. L’air marin y est frais, mais déjà le soleil du printemps semble vouloir se faire chaud. Il se souvient trop bien des longues matinées à se poursuivre l’un et l’autre alors qu’ils étaient encore tout jeunes. Un temps qui semble si loin derrière eux, mais dont les souvenirs lui reviennent maintenant plus clairement alors qu’il regarde sa fille, Bertille, grandir et jouer à son tour à ces même jeux qui les ont amusés jadis.

Bertin arrive enfin, et il l’accueille tout sourire. Son cadet grandit d’une année cette journée même, et il a organisé un banquet en son honneur dans l’après-midi, Chasse oblige. Il serait imprudent de rassembler tant de gens et de veiller si tard une fois les lunes jumelles bien hautes dans le ciel, mais il ne concevait pas ne rien organiser pour le prince d’Ansemer, surtout qu’avec la trêve hivernale qui semblait se poursuivre encore un peu, le chevaucheur pouvait prolonger son séjour à la maison. Et que c’était doux l’avoir enfin au palais ! Sa présence lui avait manqué, et même les dernières années, alors qu’ils étaient réunis, ne semblaient pas encore suffire à effacer ces longs moments de séparation.

Il l'entraîne avec lui, le faisant longer le quai, le bruit de leurs pas qui frappent les planches se mêle au bruit des vagues qui heurtent les pilotis. « Je voulais t’offrir ceci tout de suite, pour ton anniversaire, plutôt que d’attendre. » Il s’arrête alors qu’ils atteignent la proue d’un énorme galion à trois mâts qui fait ancre. C’est l’un des plus majestueux navires de la flotte ansemarienne, excluant les vivenefs. À tribord, le nom a été changé, fraîchement peint en de grandes lettres bleues. « Le Bertin. » Un sourire s’esquisse sur ses lèvres, une réplique qu’il pense mais qu’il s’abstient de dire ; si son frère se refuse à voguer, son homonyme s’en chargera à sa place.

Ses doigts viennent serrer l’épaule du prince un instant, dans un geste de camaraderie fraternelle. « C’est pour ton mariage. » Avec Eléonore. Il sait que trop bien que son frère commence tout juste à courtiser la jeune femme, mais il lui faudra bien un pont digne de ce nom où prononcer ses voeux une fois la demande acceptée, et Bartholomé est fébrile pour son cadet, peut-être parce que son propre mariage a été à des lustres de tout cela. « Et ne t’inquiète pas pour la mauvaise fortune, j’ai fait couper le macoui et la meilleure bouteille de rhum a servi à remercier Messaïon. » Un grand sourire étire ses lèvres alors qu’il regarde le navire, envieu des voyages à venir et des îles qu’il parcourra, des tempêtes qu’il traversera. « Qu’en penses-tu ? »
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Message Sujet: Re: Le Bertin   Le Bertin EmptyDim 22 Avr - 18:09

Le sommeil l’étreignait avec douceur ce matin-là. L’aube avait discrètement pointé le bout de son nez, mais les volets coupaient Bertin du monde et assuraient à ses rêves la tranquillité qu’ils demandaient. Des rêves agréables, avec Jehanne, et même Bertille, tantôt innocents, tantôt moins – ces derniers n’incluaient évidemment pas sa fille, sa nièce… Un sommeil paisible, enfin, comme il avait fini par récupérer ces dernières semaines. Fidèle à lui-même, il avait prévu se gâter aujourd’hui en dormant une grâce matinée tel qu’il ne l’avait plus fait depuis trop longtemps. Puis ne rien faire. Ou plutôt ne faire que ce qu’il a envie, c’est-à-dire généralement peu de choses, à part déguster de bons plats. C’était là le seul point positif du plan de réception de Bartholomé, et la seule raison pour laquelle il allait accepter de se plier au jeu. Ce n’était après tout qu’un anniversaire. Pas besoin d’en faire une montagne non plus.

Sauf que voilà. De vifs coups à la porte viennent soudain le tirer du sommeil et il n’a pas le temps de grogner une réponse endormie qu’on entre déjà. Il se redresse à demi, prêt à reprocher au serviteur de ne pas avoir attendu qu’il l’invite à entrer avant de reconnaître Bartholomé. La confusion n’aura duré qu’une seconde, mais assez pour que Bertin soupire et se laisse retomber sur le lit. « Qu’est-ce que tu veux ? » Sa voix est un peu endormie, mais amicale malgré le réveil soudain à une heure beaucoup trop matinale au goût du prince. Il aurait voulu questionner son frère pour obtenir des détails, mais celui-ci ne lui en laisse pas l’occasion, déjà repartit dans les couloirs du palais à la recherche de Bertin ignorait quoi. Nouveau soupir. S’il aurait pu refuser une demande de son frère, à une époque, quelque chose lui dit qu’il vaut mieux ne pas refuser d’aller voir le duc, et il se lève donc et s’apprête pour la journée. Des vêtements simples – beaucoup trop pour la réception de l’après-midi, mais il aura le temps de se changer – sont enfilés après une toilette sommaire qui l’aura au moins aidé à se réveiller. Il soupire ensuite avant de se mettre en route à la suite de son aîné.

Dès ses premiers pas sur les quais, sont regard est attiré par le ciel masqué par la brume matinale. Il ferme les yeux en sentant l’air marin sur la peau découverte de son visage pendant un bref moment avant de s’avancer vers son frère. « Tu vas me dire pourquoi tu me sors du lit si tôt maintenant ? » Si on ne les avait pas sus frères, ces deux-là, on aurait pu croire que Bertin manquait de respect à son duc. Mais sa voix faussement irritée, ce rire alors qu’il s’approche pour saluer Bartholomé, et la chaleur de son regard témoignent de leur camaraderie et d’une relation qui va bien au-delà de celle d’un duc et de son sujet.

Il suit l’ainé sur le quai, appréciant le calme de l’endroit à défaut de comprendre pourquoi ce présent devait être donné si tôt et ne pouvait pas attendre les célébrations officielles. Surtout, pourquoi le faire venir sur les quais, lui, le chevaucheur qui n’a pas mis les pieds sur un bateau depuis le dernier mariage auquel il a assisté – sans doute celui même de Bartholomé ? Puis il voit, soudain. Son nom. Sur un bateau. Il fige, stupéfait. Ce n’est que lorsque Bartholomé mentionne le mariage qu’un rire s’échappe enfin des lèvres de Bertin et qu’il sourit à son frère. « Tu te rends compte que rien n’est gagné n’est-ce pas ? Ne t’emballe pas avant qu’elle ait dit oui, va ! »

Mais il sourit, semblant heureux. Il observe même le bateau un moment avant de demander à son frère : « On peut monter sur le pont ? Tu en brûles d’envie, et il faudra bien que j’y monte le jour de mon mariage, il faut que je m’assure de savoir comment faire ! » Le commentaire sur lui-même est une blague, bien sûr, mais il se doute en voyant Bartholomé qu’il en rêve. Pas de monter à quai, bien sûr, mais Bertin ne peut guère lui offrir davantage. Et ainsi il pourra faire plus ample connaissance avec son homonyme.








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Message Sujet: Re: Le Bertin   Le Bertin EmptyMar 24 Avr - 20:28

Il aime ces moments, seuls tout les deux, sur les quais. Sans prétention, sans prise de tête. Sans Votre Grâce, sans courbettes et sans doléances à devoir répondre. Avec Bertin il peut se détendre, mettre sa couronne de côté un moment et être simplement un frère. Ça le ramène un peu à ces instants alors qu’ils étaient encore jeune et que le poids des responsabilité ne reposait pas sur leurs épaules. Ils pouvaient se permettre d’être pleinement insouciant, de courir, de jouer, de grimper à bord des navires avant de s’y faire chasser par les marins occupés. À un temps où il n’y avait qu’eux deux qui comptaient. Où ils étaient unis, inséparables.
Maintenant tout les sépare. Lui le duc trop occupé par ce monde, cette guerre, et cet envie de redonner à Ansemer la prestance des vieux jours ; et son frère, le prince fuyant ses responsabilités, préférant voler sur les cieux. Pourtant ils semblent se retrouver, à présent, un peu. Du moins Bartholomé aime à le croire.

Et le duc se régale de la réaction de son cadet alors que ce dernier aperçoit les grandes lettres bleues qui peignent son nom sur la proue du navire. Il sait que ce n’est peut-être pas le cadeau le plus excitant pour le prince, alors que ce dernier semble fuir la mer comme il le peut. Mais en soit c’est surtout sa bénédiction pour cet union, pour la poursuite de cet union du moins. Bertin avait beau ne plus être second dans la lignée de succession pour la couronne, il n’était pas libre d’épouser qui il le souhaitait. Il devait se contenter de la noblesse, et de celle favorable ou aillée à Ansemer. Dame Eléonore de Mascaret était un choix plus que respectable, et Bartholomé ne pouvait nier le charme indéniable de la jeune femme. « Voyons, elle va dire oui, tôt ou tard ! Tu es Prince d’Ansemer après tout ! Et puis regarde-toi, qu’elle femme ne craquerais pas ? » Son regard glissa sur son frère. Oh il était bel homme, par contre sa façon de s’habiller…. Ses vêtements beaucoup trop simples… Il traînait définitivement trop souvent avec ses collègues chevaucheurs. « ...bon tu tâcheras de t’habiller mieux que… ainsi… histoire de faire meilleure impression » qu’il ajoute, gesticulant en désignant la tenue de son frère. Mais il conclut en haussant les épaules, grand sourire. Il le taquine un peu, et se dit bien que Bertin ne lui en tiendra pas rigueur.

Et sitôt monter à bord proposé, Bartholomé entraîne le prince avec lui jusqu’à la passerelle.
« J’attendais juste que tu me le demande ! Fais attention où tu mets les pieds, je sais que t’es capable de tomber. » Petite boutade sur un amusant souvenir que le duc se plaît à rappeler à son cadet. Il en rit, aujourd’hui, mais à l’époque il avait été prit d’une vive inquiétude quand la scène s’était déroulée sous ses yeux. Tout s’était conclu sans mal, fort heureusement, ou sinon l’aîné aurait subi des foudres bien pires de leur mère…

Quand ils embarquent sur le pont, ils se font saluer de quelques matelots occupés en travaux matinals d’entretien. Le duc répond simplement, avant d'entraîner son frère avec lui jusqu’à atteindre le gaillard arrière, lui racontant ici et là les diverses modifications qu’il a fait faire.
« J’ai fait commandé un pavillon à tes couleurs et celles de Vivécume, il devrait être prêt sous peu. » qu’il conclut en désignant le mât de pavillon qui aborde présentement le drapeau d’Ansemer.
Ainsi face à la mer, sur ce grand navire de bois qui se balance très doucement au rythme de l’eau calme, Bartholomé se sent bien. Il a l’impression qu’il pourrait repartir demain matin et qu’il serait tout autant à l’aise sur ces planches qu’il ne l’était alors qu’encore plus jeune il enchaînait les voyages. Oh si seulement il pouvait se le permettre !

La magie de ce moment dure un instant, le bonheur du marin qui traverse ses yeux et les fait briller, scintiller telle la mer alors que le soleil se réveille et que l’infini n’est qu’un million d’éclats plus brillant les uns que les autres. Il retourne son regard sur son frère, son sourire est toujours là, mais différent. Il pèse de ses obligations qui le maintiennent à terre.
« Alors dis-moi. Avec Eléonore. Vous en êtes rendus où? »
Parce que qu’en savait-il, après tout, lui qui avait été mis au pied du mur, forcé de prendre épouse, comment se jouait réellement cette course?
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Message Sujet: Re: Le Bertin   Le Bertin EmptySam 28 Avr - 23:47

Bertin ne peut s’empêcher de soupirer en niant de la tête lorsque Bartholomé semble assuré que la dame qu’il convoite ne pourra qu’accepter sa demande. Son frère a-t-il donc si peu conscience de la course dans laquelle il est à présent engagé ? Cela l’amuse, cela dit, tant qu’il ne pense pas à ce qui a causé la malencontreuse inexpérience du duc à ce sujet. « Il me faudra plus que de beaux habits pour la convaincre que je suis le meilleur parti, Bartholomé. Tu sembles oublier que ma future femme ne partagera pas la gloire de mon statut et que c’est donc en tant que comte que je dois la charmer. »  Son ton trahi son amusement, mais également son inquiétude. Des jeunes femmes ansemariennes, célibataires, et d’agréable compagnie, il n’y en a pas non plus des tonnes. Il aurait dû se douter qu’elle attirerait l’œil d’un autre, la demoiselle de Mascaret.  Il sourit pourtant, comme si le sujet ne l’inquiétait pas trop. À quoi bon se faire du mauvais sang ? Il y mettra du sien, pour de vrai, ce qui en soi est déjà remarquable lorsqu’on connait le prince. Il a rarement croisé une femme qui résistait à son charme, après tout. Mais il n’a jamais essayé d’en convaincre une de l’épouser. Être agréablement charmant le temps d’une soirée n’a rien à voir avec la cour qu’il doit à présent faire à Éléonore.  « Mais je ferai un effort lorsque je serai au palais. Ça commencera avec la réception ce soir. Je n’allais pas risquer mes beaux habits sans savoir ce que tu manigançais ! »

Puis il rit de nouveau, l’humeur léger comme la plume qui vient se poser sur le quai devant lui alors qu’il s’apprêtait à suivre son aîné pour monter sur le navire. « Tu as raison, mieux vaut éviter de faire de chuter ma spécialité. J’ai assez donné, dernièrement. » Mieux vaut en rire, des semaines passées à se remettre de sa chute de la fin décembre. Tout autant que de celle de son enfance, d’ailleurs. Bertin a toujours eu un bon sens de l’humour et la capacité à rire de lui-même. Il suit son frère, le laissant le guider sur le navire là où l'aîné est clairement plus à son aise que le cadet. Les modifications au navire ne l’intéressent pas autant qu’elles plaisent à Bartholomé, mais cela semble tout de même le plus important, même en ce jour, pour Bertin. Un moment de paix entre frère, à tout partager – ou presque – comme autre fois… Et donc il écoute, il hoche la tête, pose même une ou deux questions pour mieux comprendre les effets que ces modifications auront sur le navire. « C’est ta façon de t’assurer que je garde un œil sur ta flotte, avoue ? S’il bat mes couleurs, il me faudra le défendre encore davantage… »

Mais de nouveau, c’est l’amusement dans ses yeux. Bartholomé ne pouvait certainement pas songer qu’un tel subterfuge forcerait Bertin à s’intéresser davantage à la marine ? Ou le pouvait-il ? Parviendrait-il à convaincre aussi aisément son frère têtu de s’intéresser aux affaires d’Ansemer avec ce « simple » cadeau ? Peut-être y réfléchira-t-il plus tard, lorsqu’il sera seul si l’idée lui revient en tête. Pour le moment, il profite de la simplicité de leur moment, de cette complicité qu’ils peuvent encore retrouver parfois avec un naturel étonnant. Puis vient la question. Où en est-il avec Éléonore ? Il soupire, s’appuyant au bastingage en fixant le large.

« Je lui ai fait part de mes intentions en janvier, mais je crain avoir été forcé d’attendre trop longtemps. J’ai pu confirmer avec le marquis de Brunante que je ne suis pas le seul à la désirer comme épouse. J’ai une longue quête devant moi et j’ignore si j’arriverai à en sortir gagnant. »








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Message Sujet: Re: Le Bertin   Le Bertin EmptyMar 1 Mai - 6:51

Il acquiesce doucement, le duc, alors que son frère lui rappelle que sa femme ne partagera pas la gloire de son titre de prince mais devra plutôt se contenter de celui de comtesse. Il sait qu’en soit c’est ce qui est, mais Bertin semble oublier toute les occasions où il a refusé d’avantages de pouvoir. Oh, sa femme, qui qu’elle soit en temps venu, ne sera jamais princesse, certes, mais en Ansemer, être la femme du prince, du frère du duc, peut servir à bien des causes. La famille est reine dans le duché, et cela a toujours été. Bertin pourrait tout avoir, ou presque, si seulement il le voulait…
Bartholomé ne rajoute rien, mais les paroles suivantes de son frère le font sourire.
« Voyons ! Nous n’avons plus dix ans, craignais-tu que je te pousse à la mer? » Il rit doucement, avant de l'entraîner vers le navire.

Quand Bertin évoque vaguement sa chute quelques mois auparavant, Bartholomé fronce les sourcils et s’arrête entre deux pas, retournant un regard sérieux vers son cadet. « Oui. Il n’est pas l’heure de me faire d’autres frousses. » Il ne s’est pas arrêté pour venir discuter de cela avec lui les jours qui ont suivis l’incident. Ni depuis d’ailleurs. Les événements se sont enchaînés et le temps a coulé, avec lui la colère qu’il avait ressentit face à l’irresponsabilité du geste de Bertin. Il était au final simplement heureux que son frère s’en soit sorti, et espérait secrètement que cela calme ses envies de chevauche. Il avait eu peur de le perdre, son seul frère, sa seule famille. Et un instant il s’était sentit bien seul, abandonné.

L’instant est vite balayé par un Bartholomé beaucoup trop enthousiaste de présenter le navire à un Bertin qui visiblement n’a que faire de toutes les modifications apportées. Pourtant il est heureux de voir une pointe d’amusement dans les yeux de son frère quand il lui demande si cela est un subterfuge pour l’intéresser à sa flotte. « M’en veux-tu d’essayer te faire aimer la mer davantage? Tu es prince d’Ansemer, Bertin. Chevaucher est un bien joli passe-temps, mais notre puissance est ici, sur ces flots. Je gagnerais à t’avoir à mes côtés pour veiller sur notre flotte. » Surtout depuis que Bertin a refusé le poste de Capitaine de vol d’Ansemer. Rackham est au final plus que compétent, et son accent des îles est un doux souvenir amer des hivernage sur l’Archipel qui lui sont maintenant impossibles. Mais Bartholomé aurait cent fois préféré que Bertin occupe ce poste. Pourtant son frère se refuse toute responsabilités, au grand désespoir du duc. Alors si ce bateau peut à tout le moins l’intéresser un minimum à la flotte, ce serait déjà cela de gagné.

Il vient rejoindre son cadet, s’adossant au bastingage, l’écoutant en silence. Il voudrait compatir, mais honnêtement il ne prend que trop peu conscience de la quête qui se trouve devant Bertin. Il ne peut pas non plus comprendre les difficulté qui se posent à lui, prince mais aussi simple comte. Bartholomé qui a grandit avec l’enseignement qu’il serait un jour duc et que tout lui serait dû, arrive difficilement à s’imaginer devoir se battre pour la main d’une dame. « Le marquis de Brunante. Oui, un bon parti aussi » qu’il commence par répondre à demi voix, réfléchissant plus qu’autre chose. Un instant le silence du matin repose entre eux deux, interrompu par le vent et les cris des oiseaux. Puis un soupir franchit ses lèvres et il se tourne franchement vers son frère.
« Dis-moi si je peux faire quoi que ce soit pour te faire prendre une avance. Je pourrais te nommer marquis à ton tour, mais il faudrait que tu sois prêt à t’investir davantage dans l’administration de tes terres. »
C’est une offre tout autant qu’une demi réprimande. Il a beau aimer son frère de tout coeur qu’il ne transformera pas son comté en marquisat pour voir ce dernier exploité presque entièrement par son intendant. C’est son frère qu’il aimerait à ses côtés pour l’aider à gouverner pleinement son duché, pas autrui pendant que ce dernier s’amuse à voler sur son dragon et y risquer sa vie.
« Tu sais que je ne demande que cela. Te donner plus de pouvoir, mon frère. »
Et il est sincère.
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Message Sujet: Re: Le Bertin   Le Bertin EmptyJeu 3 Mai - 6:35

Comment pourrait-il même songer qu’une femme puisse vouloir de lui pour profiter de son influence alors qu’il la refuse lui-même ? Il aurait dû, oui, sans doute, et la réflexion de Bartholomé est légitime même s’il ne l’avouerait jamais lui-même. Pas directement, en tout cas. Il ne souhaite pas épouser quelqu’un qui se servira de lui, qu’il oserait sans doute dire. Mais là n’est pas la question du jour, heureusement, et ce sujet glissant, désagréable pour Bertin est évité, du moins pour un temps.

« Je ne craignais rien, mais je m’attendais à tout. Tu ne m’as plus réveillé à l’aube depuis… ma foi… je ne sais plus quand ! » L’avait-il seulement fait dernièrement ? Dans la dernière année ? Les deux dernières ? Cinq ? C’était sans doute arrivé, mais était-ce pour une raison aussi pure, aussi joyeuse que le voulait cette conversation entre frères ? Les responsabilités – même celles que Bertin refusait, surtout celles-là peut-être – les éloignaient forcément au fil des ans. Ça, et les actions de Bertin, parfois irresponsables. Voyant Bartholomé s’arrêter, parler de sa frousse, il ne peut s’empêcher de lui lancer avec le plus grand des sérieux : « Ah, tu as donc eu peur, toi aussi… » En avait-il douté ? Il l’ignore. Sans doute pas. Mais Bertin s’est pris les reproches de bon nombre de ses proches, et le silence de Bartholomé à ce sujet l’avait rendu hésitant. « Je devrais te remercier de ne pas m’avoir grondé comme si j’étais un gamin, alors… Tu dois bien être le seul. Merci… »

C’est un remerciement sincère. Une reconnaissance même. On pourrait argumenter que plusieurs n’ont eu cure de sa chute, et ce serait vrai, bien sûr. Mais les gens à qui Bertin tient, ses proches et amis lui ont presque tous reproché sa hâte sans comprendre. Au moins avec Bartholomé il n’a pas eu à se justifier. Il s’est concentré sur son rétablissement et les choses se sont calmées, de ce côté-là, même s’il a depuis repris la Chevauche, bien sûr.

« T’en vouloir ? Non. Mais depuis le temps j’aurais cru que tu aurais compris que la mer ne m’intéresse pas comme elle t’intéresse. Je ne me vois pas enfermé sur un navire pendant des semaines. Même le palais me semble oppressant si je dois y rester trop longtemps… Si tu pouvais voler, tu comprendrais, je crois. C’est comme ton appel pour le large… Et franchement qu’est-ce que je pourrais faire pour ta flotte en restant à Port-Liberté ? Qu’est-ce que je t’apporterais de plus que lorsque je veille à la défendre du dos d’Ambroisie ? Je trouverais rassurant de savoir qu’un membre de la famille ducale participe à ma protection si j’étais un matelot. À moins que tu n’aies de meilleures forces à ta disposition pour chasser les pirates qui s’en prennent à nos navires, à nos côtes ? »

Il est curieux. Bartholomé croit-il donc qu’il n’a pas songé à tout cela déjà ? Si chevaucher a d’abord été un coup de tête, le fait qu’il s’y trouve encore 17 ans après avoir commencé sa formation, 12 ans après avoir débuté sa carrière sur le terrain, est parlant. Il a certes refusé le poste de capitaine, mais la Chevauche le motive à travailler bien plus que n’importe quel de ses devoirs de noble. Même Bartholomé a dû s’en rendre compte depuis le temps. Ou pas. Bertin aurait bien du mal à le savoir. Ça a toujours été un sujet tendu qu’il préfère d’ordinaire éviter. Mais là il est curieux. Il a envie de voir si son frère a changé d’avis sur la question même s’il se doute que l’aîné sache le convaincre.

Toujours appuyé sur le bastingage, il soupire en répondant lui aussi à mi-voix : « Oui… Même s’il me peine de le reconnaître ». Puis le silence, un temps, pendant qu’il écoute, entend, analyse. Dans l’ordre. Le silence qui s’étire plus que d’ordinaire avant que Bertin ne réponde enfin d’un ton sérieux. « M’investir davantage ? On croirait entendre mère… » Son visage s’assombrit de tristesse au souvenir de leur mère disparue. « Je sais que je te déçois… Comme je l’ai longtemps déçue elle. Et sans doute père aussi, s’il pouvait nous voir… Mais je ne suis pas l’homme que tu espères. Est-ce si étrange de préférer vivre à gérer ? » Il se tourne vers son frère qu’il observe un moment de son regard sérieux. « Que gagnerais-je si j’acceptais ? À part l’ennuie ? »








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Message Sujet: Re: Le Bertin   Le Bertin EmptySam 5 Mai - 17:34

Non il avait raison Bertin, les dernières années les avaient éloignées, et quand ce dernier était revenue s’installer au palais, il n’avaient guère pris le temps de passer de tels moments si simples ensemble. Des moments imprévus, impulsifs. Tous les deux, simplement frères, sans une multitude de gens tout autour pour leur rappeler constamment leur position, comme s’ils avaient seulement besoin de rappel. Bartholomé avait oublié cette simplicité, cette douce camaraderie fraternelle, trop occupé par le travail constant qu’impliquait être duc. Alors quand son frère était venu lui parler de la cour qu’il souhaitait faire à dame Eléonore, c’était comme un retour en arrière à l’effervescence de ces premiers amours, et il en était tout excité pour son cadet, comme si cette histoire de coeur aurait été sienne.

Il sourit doucement quand son frère le remercie de n’être pas venu le gronder. Lui dit-il que ce ne fut que concours de circonstances, et que si suivant la nouvelle reçue Bertin avait été au palais et Bartholomé libre de toutes affaires à régler qui l’avaient occupées, alors peut-être serait-il venu à son tour lui donner sermon? Il ne juge pas nécessaire toutefois, le prince semble avoir compris le message et s’être bien assez tourmenté lui-même. « Tu es bien assez capable de te faire culpabiliser toi-même, mon frère. Allez. » Une tape sur l’épaule vient conclure ses mots, comme pour lui dire que tout cela est oublié, tant qu’il fait d'avantages attention à l’avenir.

L’intention derrière ce bateau était bien simplement celle première, offrir à son cadet un pont digne de ce nom sur lequel célébrer ses épousailles. Mais le duc se mentirait de se dire qu’il n’y a effectivement pas là dessous quelconque tentatives pour rapprocher son frère de lui, pour lui donner envie de venir s’asseoir sur son conseil, peut-être, et gouverner un peu à ses côtés. Il a bien vu que la mer ne l’intéresse pas, et il blâme les techniques de leur mère, qui n’ont pas fonctionnées pour lui-même, mais qui semblent avoir porté fruits pour Bertin. Tout aurait-il été différent si leur père avait été là, si tout jeunes ils l’avaient accompagné sur les mers? Son frère aurait-il pu y voir la liberté qu’il y a, de voguer, seul au travers un infinité bleuté? Bartholomé ne peut comparer ce sentiment à celui de voler, et même s’il peut tenter s’imaginer la sensation euphorisante qu’il pourrait y avoir à battre le vent tout là haut dans le ciel, il n’acceptera jamais que son frère préfère l’azur des cieux au marine des eaux. Les d’Ansemer, après tout, ne volent pas, ils voguent.
« Non. Et vous faites admirablement le travail de chasser les pirates et veiller sur nos navires, je ne peux que l’admettre. Mais Bertin, des Chevaucheurs, il y en a et en aura encore. Si encore tu avais accepté le poste de capitaine, je ne dit pas... Mais je te préférerais ici, avec moi, avoir au moins une tête sur laquelle je peux réellement faire confiance sur mon conseil. » Il se demande parfois si son frère n’a aucune fierté, à préférer accepter les ordres d’un Îlien, se contenter de servir, plutôt que de veiller lui même à la bonne sécurité du duché. Oh, il ne comprendra certainement jamais, ce duc pour qui il est tout naturel d’ordonner, qu’on puisse préférer servir et obéir alors que l’on aurait le choix.

Bartholomé soupire quand son frère le compare à feu leur mère. Il a trop longtemps combattu les positions de la duchesse, qui souhaitait ardemment qu’il se marie, qu’il prenne ses responsabilités, qu’il oublie la mer. Mais aujourd’hui il devait reconnaître qu’il était certainement devenu un peu de l’homme qu’elle avait espéré qu’il soit. Bertin, par contre… « Ce n’est pas tant que tu me déçois… si, un peu. Mais… » Il ne peut pas mentir sur ce point. Il a envie de voir son frère heureux, certes, mais il aurait aimé qu’il soit heureux à ses côtés, comme il le voudrait. Il ne sait pas, ce qui pourrait le convaincre vraiment d’accepter ce qu’il lui offre, ce qu’il aimerait tant lui donner. « Ne souhaites-tu pas offrir aux enfants que tu auras le meilleur avenir possible? N’as-tu aucun rêve d’ambition, pour toi, pour nous, pour Ansemer? Tu pourrais m’aider, j’aimerais ton aide, ton soutien. J’aurais confiance de te lester une part de mon pouvoir, tu sais, si tu te décidais à prendre cette place que je te gardes depuis longtemps. » Et c’est vrai. Il aurait bien plus confiance en Bertin qu’en quiconque d’autres, d’autant parce que son frère ne semble pas avoir ces rêves de grandeur qui habitent tous ces vautours qui à la cour souhaitent grapiller la moindre parcelle de gloire et pouvoir disponible.
Peut-être même qu’avec son frère, il se sentirait plus aise de quitter en mer, de laisser la couronne à Jehanne, s’il sait Bertin là pour veiller à ce qu’elle ne s’effrite pas en mains de ces fourbes Lagrans. Mais il ne lui dit pas, cela, il sait trop bien que son frère lui reprocherait l’égoïsterie de cette pensée.


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Message Sujet: Re: Le Bertin   Le Bertin EmptyMar 8 Mai - 4:02

Mieux vaut peut-être que Bertin n’en sache rien, des circonstances qui ont menées au silence de Bartholomé. Assurément, même. Leur relation déjà tendue aurait souffert encore davantage de l’humeur du Chevaucheur après sa chute si le duc en personne était venu lui faire des reproches. Ça n’était pas arrivé, et c’est vraiment tout ce qui compte. Il offre un sourire à son frère après cette tape sur l’épaule, ce geste si amical, si naturel ici sur ce navire que le moment lui semble étrange, presque hors du temps, pour une seconde.

Comme un retour en arrière duquel il est sauvagement tiré lorsque Bartholomé réitère qu’il aimerait l’avoir sur son conseil, l’avoir près de lui, plutôt que chez les Chevaucheurs. Sauf s’il avait été capitaine. La bonne blague. Mais Bertin ne la rit pas, bien au contraire. Il s’est passé beaucoup trop d’événements étranges depuis la nomination de Rackham au poste de capitaine pour qu’il soit à l’aise avec l’idée…

- Je vais mettre l’étrangeté de ton reproche sur le dos d’un manque de temps, et du manque de nécessité de reconsidérer ta position à ce sujet… Mais dis-moi vraiment, aurais-tu préféré que je sois capitaine en plein cœur de cette guerre ? Que je quitte pour le front dès qu’Ansemer a été appelé en renfort ? Pire, que j’y vive l’épidémie ? Sais-tu seulement combien de Chevaucheurs et de mages nous avons perdus au front avant que l’on comprenne ce qui empirait leur état ? Et quels risques j’y aurais courus ?

Il sourit tristement à son frère.

- Être capitaine n’est pas qu’une question de gloire, Bartholomé. Un capitaine a des devoirs envers ses hommes et envers la couronne… Et je me connais. Je connais les hommes que j’aurais dirigés. Et je les aurais fait passer avant Vivécume. Certains parviennent à faire les deux, mais je sais que je ne le saurais sans mettre à mal ma gestion de mes terres. Et quel temps cela me laisserait-il pour toi ?

Il sourit plus tendrement, de cette tendresse fraternelle qu’eux-seuls partagent, que Bertin seul comprend à présent, mais il vaut mieux ne pas songer à tout cela, comme toujours, lorsqu’il est avec Bartholomé. Avec lui, il doit être un autre homme. Ou plutôt, il doit être lui-même, sans la partie qui aime Jehanne, qu’elle seule est autorisée à voir. Quant à une position sur le conseil, que pourrait-il dire ? L’idée même le désintéresse, mais Bartholomé touche tout de même une corde sensible et ça se voit dans le regard de Bertin, s’entend dans son soupir tandis qu’il reporte son regard vers le large, pensif. Et les secondes s’égrènent, se transforme en minute, et le silence ponctué des vagues qui viennent lécher la coque du navire perdure. Il est rare pour Bertin d’être réduit au silence.

- J’aimerais pouvoir dire que mon ambition est d’être heureux, mais je sais que c’est faux. Être simplement heureux n’est pas pour les gens de notre lot, dit-il en souriant pour adoucir ses propos. Je ne sais pas ce que je veux… Bien me marier, donner un héritier à Vivécume… cela tient bien plus du devoir que de l’ambition, ou même d’un désir personnel. J’ai envie de fonder ma propre famille, mais j’aurais préféré que ça ne soit pas qu’un mariage pratique.

Il hausse légèrement les épaules, se tournant vers Bartholomé en souriant.

-  Mais je serais curieux d’en apprendre plus sur ce que tu voudrais que je fasse à tes côtés. Quand Le Bertin sera-t-il prêt à partir ? Il me semble qu’il serait de bon ton que je sois de son premier voyage, même d’une seule journée. Tu pourrais m’accompagner et m’expliquer ce que tu attends de moi. Qu’en penses-tu ? Tu initierais ton frère à la mer ?

Il n’y a que sincérité dans son regard et dans sa voix. Une journée. Il peut bien explorer le monde de son frère pour une journée. Retrouver un peu de l’innocence de leur relation, comme ce matin, sans que les cordes les rattachent au palais et à tous leurs devoirs.








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Message Sujet: Re: Le Bertin   Le Bertin EmptyJeu 10 Mai - 3:33

Bertin avait totalement raison, Bartholomé n’avait jamais pris le temps de reconsidérer sa position face au refus de son frère de prendre le poste de Capitaine du vol d’Ansemer à l’époque. C’était Rackham qui finalement avait enfilé les bottes, et si le duc appréciait son travail, il avait toujours gardé ce ressenti pour son frère. À quoi bon passer ces années d'entraînement pour devenir Chevaucheur, pour ensuite se contenter d’un simple poste de soldat? Bertin était prince, et il ne concevait pas non plus qu’il accepte les ordres d’un simple Ilien. Mais son frère disait aussi vrai. Avec les dernières années et la guerre qui s’était déclenchée, un tel poste l’aurait gardé fort occupé et l’aurait mis en danger, plus encore qu’il ne l’était déjà.

« Non, bien sûr que non, et tu le sais. C’est pour ça que je te préférerais d’abord et avant tout ici, avec moi, sur mon conseil. Mais tu t’y refuses ! Est-ce mieux, alors, de n’être que simple Chevaucheur? Tu cours toujours ce même risque, ce danger constant. Pire encore, là-bas tu es une cible ! » Le risque était peut-être moindre qu’en tant que Capitaine, mais il était toujours bel et bien là. Bertin était allé au front, d’ailleurs. Et bien que Bartholomé était prêt à lui même mener l’un de ses vaisseau de guerre s’il en advenait à cela, il connaissait tout aussi bien l’enjeu de la chose et savait qu’il valait mieux ne pas se jeter dans la gueule du loup dès les premiers signes de conflits. Qui resterait-il pour diriger et mener à bien cette bataille sinon?
Arriverait-il à convaincre Bertin de lâcher la chevauche et de le rejoindre pleinement? Il en doutait, et s’il ne pouvait non plus réellement comprendre le lien qui unissait un dragon à son Chevaucheur, il semblait saisir que celui-ci jouait aussi dans la balance. Il ne lui demanderait jamais, réellement, de quitter ce métier qu’il s’était donné pour se consacrer à la gouverne avec lui, mais il continuerait de tenter l’en persuader. Un jour peut-être, son frère se trouverait trop vieux ou aurait alors trop à perdre pour braver les cieux ainsi et viendrait s’asseoir à ses côtés. Il l’espérait, à tout le moins.

Le silence qui suit ses questions posées est étonnamment agréable, et Bartholomé laisse à Bertin tout le temps dont il a besoin pour formuler ses réponses. Il se retourne, vient s’appuyer bras croisés contre le bastingage, et laisse son regard se perdre sur les vagues, et sur ces formes qu’on devine là-dessous quand l’eau semble se calmer un peu plus. Quand son frère finit par répondre, le duc l’écoute cette fois sans le regarder. Il esquisse un sourire doucement aux paroles de son frères, beaucoup trop empreinte d’une vérité qu’il connaît si bien. Non, être simplement heureux n’est pas pour des gens comme eux. Il le sait et l’a toujours su, et le vit plus que jamais avec Jehanne. Mais peut-être est-ce parce que tout a toujours reposé sur les épaules de l’aîné, que sa destiné était depuis longtemps tracée, qu’il est plus facile de l’accepter? C’est un peu plus vague, pour Bertin, et son frère semble à la fois tenter de s’y soustraire que d’embrasser cette idéologie.
« Tu jalouses ces bourgeois et cette rôture, mon frère. L’amour est tout ce qu’ils ont. Que ferais-tu, sans titre, sans terres, appauvri et condamné à la misère et au travail acharné pour simplement arriver à nourrir cette femme et ces enfants que tu aurais? L’amour suffirait-il, alors? » Il ramène sur Bertin un regard qui se lit tout juste entre tristesse et détermination. Compatissant, un peu. Il sait, ou il croit savoir du moins, que ce n’est pas suffisant, pas pour des gens comme eux, qui ont toujours tout connu. « Tu peux au moins encore choisir ta femme. Et tu aimeras les enfants qu’elle te donnera, peu  importe la nature de ton mariage. » Oh il en était bien la preuve, parce qu’autant il pouvait répugner la duchesse qu’autant il pouvait adorer la princesse. Bertin aurait au moins la chance de choisir son épouse ; elle ne lui serait à tout le moins pas imposée par une fourbe manigance.

Mais c’est la suite qui le surprend, et il croit d’abord avoir mal interprété les mots sortis de la bouche de son cadet. Il se redresse vivement, et dans son regard l’étincelle qui y brille est différence et rappelle l’innocence de ce matin. Il n’est plus question de devoir, de poste et de titres. Il y a simplement deux frères. « Toi ? Bertin? Tu voudrais venir en mer? Tu sais que j’ai tant rêvé que ce jour arrive, mais j’avais crû comprendre qu’il me faudrait t’attacher au mât d’un de mes navires pour que ce soit le cas. Si tu embarques de ton plein gré ce sera beaucoup plus simple ! Et agréable ! » Il avait abandonné l’idée que ce moment vienne un jour. C’était comme un cadeau que Bertin lui faisait.
« Il lui faudra encore un mois ou deux je crois. Je n’y voyais aucune presse me disant que ton mariage mettrait plusieurs lunes encore… avoir su j’aurais fait presser les choses ! »
Et il se retient de lui proposer d’embarquer sur n’importe quel autre navire et de partir aujourd’hui. Il aurait peur que son frère se défile, mais il y a aussi la réception qu’il lui a prévu pour la fin de l’après-midi. « Je vais prendre les dispositions pour que nous soyons de sa première réelle sortie en mer sous ton nom. Mais maintenant, je t'avises que si tu tentes me faire faux bond, ce n'est pas ton duc que tu décevras mais bel et bien ton frère ! »


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Message Sujet: Re: Le Bertin   Le Bertin EmptySam 12 Mai - 6:35

« Non, bien sûr que non, et tu le sais. C’est pour ça que je te préférerais d’abord et avant tout ici, avec moi, sur mon conseil. Mais tu t’y refuses ! Est-ce mieux, alors, de n’être que simple Chevaucheur? Tu cours toujours ce même risque, ce danger constant. Pire encore, là-bas tu es une cible ! »

Bertin ne peut que hausser les épaules en geste d’impuissance, un petit sourire aux lèvres, le regard attiré par l’horizon qui s’étale au loin, au-delà du port. S’y refuse-t-il vraiment ? Il ne peut que se poser la question. Il ne s’y permet pas, aurait-il plutôt tendance à dire. Il n’a guère le temps de se pencher sur les affaires du duché, et par conséquent il lui semble normal d’en laisser la gestion à plus présent et surtout à plus compétent que lui. C’est l’opinion sur laquelle il s’est arrêté il y a longtemps, et contre laquelle Bartholomé se butte depuis. Bertin sait être têtu quand ça lui chante. Têtu et flemmard. Un mélange particulièrement difficile à contrer lorsqu’on tente de lui proposer davantage de pouvoir… et de responsabilités.

« Ne te fais pas d’illusion », répond Bertin avec douceur quand son frère souligne qu’il est jaloux. « Je sais depuis longtemps que je ne me marierai pas par amour. C’est un sentiment qui nous est interdit, ai-je parfois l’impression. Non… J’aimerais simplement pouvoir considérer ma future femme comme une amie… et j’ignore encore si ce pourra être le cas avec la demoiselle de Mascaret. Tout est toujours trop formel pour nous permettre vraiment d’apprendre à nous connaître, au de-là des apparences de la cour et des rumeurs. »

Il l’a bien sûr rencontrée hors des réceptions mondaines. Il a discuté avec elle, brièvement, généralement sous une supervision éloignée. Jamais ils n’ont eu la chance d’être spontanés l’un avec l’autre. Jamais ils n’ont échangé leurs vues sur le monde comme il a pu le faire avec Jehanne, ou encore Gabrielle. Officiellement toutes deux amies de longues dates du prince d’Ansemer. Depuis la même époque, d’ailleurs. Il est évident qu’il ne puisse retrouver auprès d’Éléonore la même complicité, la même tendresse qu’il retrouve dans les bras de Jehanne, ni la même sincérité, la même amitié qu’il partage avec Gabrielle. Douze ans de conversations et de correspondances ne se comble pas en quelques mois, surtout après l’épidémie, après la guerre, après sa chute. Ce n’est pas comme s’il avait pu s’entretenir avec elle de façon régulière.

Mais de ce sujet sérieux, de cette proposition sincère, il passe soudain au rire. Un rire joyeux, léger, en voyant la réaction de Bartholomé. Il pose la main sur l’épaule de son frère, s’appuyant de l’autre sur le bastingage en hochant un peu la tête, son rire résonnant encore dans l’air matinal alors qu’il répond. « Tu as bien entendu. » Quoi? Tu comptes vraiment aller flotter sur ce bout de bois ? Quelle vue tu auras de si bas ? La même que lorsque nous frôlons l’eau. Je n’irai pas pour la vue, j’irai pour mon frère. Si Rackham te donne congé. Tu devrais être dans les airs à veiller sur le navire, pas coincé sur lui et inutile en cas d’attaque ! Je n’aime pas la pêche à l’humain ! « Préviens-moi d’avance, je m’arrangerai avec Rackham pour avoir congé ce jour-là. »

Il le faut, tout de même. S’il le sait quelques jours d’avance, il peut s’arranger. Le dernière minute ne convient pas toujours à la vie militaire, et Bertin n’est pas du genre à utiliser son pouvoir pour forcer ses jours de congé sans préavis. Surtout pas pour quelque chose que l’ont prévoit depuis plus d’un mois, comme ce court voyage en mer. « Combien de temps il y-a-t-il entre Port-Liberté et Vivécume par la mer ? » Il semble avoir une idée soudain. « Serait-ce faisable en un jour ou deux ? » S’il demande, c’est qu’il n’en a bien sûr aucune idée. Pour lui, les distances se calculent en heures de vol dans les cieux du continent, pas en mer.  « Tu crois qu’on pourrait s’y rendre ? Mes gens pourraient voir notre navire… et me voir en mer… Il vaudrait quand même mieux que je sois un ansemarien digne de ce nom si je veux attirer les faveurs d’Éléonore… »

Et par digne de ce nom, il veut dire « qui a navigué… un peu ». Deux jours, c’est bien assez pour commencer, non ?








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Message Sujet: Re: Le Bertin   Le Bertin EmptyMar 15 Mai - 19:36

L’amour leur était-il interdit? Non, pas totalement, mais c’était compliqué. L’amour forcé de naître dans une union de convenances venait rarement. L’amitié, le respect, une certaine affection pouvait se voir créée même, mais l’amour, le vrai, celui que les petites gens qui n’avaient que cela vivaient, cet amour-là venait rarement. Il était souvent vécu ailleurs, pris pour de la passion, et il se perdait alors que les rôles de chacuns bien souvent les forçaient de s’éloigner. Alors oui, peut-être l’amour leur était-il interdit, ou leur était-il empoisonné, surtout?

Bartholomé lui sourit doucement, et vient poser sa main sur son épaule, qu’il serre légèrement dans ce geste fraternel. « Vous aurez bien le temps d’apprendre à vous connaître après coup. Mais tente de lui voler un moment seul à seul ce soir, je l’ai fait inviter pour ta réception, elle devrait y être. » Il se doute qu’il ne sera pas simple de la voler pour quelques moments sans que les regards et les murmures les suivent. Et que même seuls la complicité ne viendra pas telle Bertin l’espère, pas tout de suite, du moins. Il ne peut toutefois lui offrir autre chose, car il sait que la position de son frère le contraint à cette cour pour son coeur ainsi, presque formelle et protocolaire. Il s’agira de chercher dans les non-dits et les regards si l’affection pourra naître plus tard, quand réellement il leur sera permis d’être seuls sans artifices l’un avec l’autre.
Mais peut-être que si ce soir, s’il éloigne Eléonore le temps d’une marche sur les quais ou les grands balcons du palais, peut-être qu’ils pourront partager autres choses que ces mondanités qui se disent ici et là. Peut-être pourront-ils s’échanger leurs espoirs et leurs rêves. Bartholomé ne fera grand chose de plus pour son frère, car il se doute que ce dernier n’apprécierait pas qu’il achète la réponse de la demoiselle de Mascaret pour lui. Alors il l’a invitée, au palais pour cette réception en l’honneur du prince, et il ne reste qu’à Bertin de saisir cette chance de voler un instant à la belle Ansemarienne.

Bertin lui demande alors combien de temps il y aurait en mer entre Port-Liberté et Vivécume, et Bartholomé fronce doucement les sourcils, calculant dans sa tête les distances. Il y a longtemps qu’il n’a plus navigué et fait de longs voyages comme il le faisait autrefois, mais ces calculs semblent se faire encore aisément dans son esprit. Il connaît presque par coeur les distances des côtes d’Ansemer, et il ne lui suffirait que d’un carte pour facilement estimer des distances plus grandes. Mais son frère ne lui laisse pas le temps de donner réponse qu’il s’avance et demande si c’est un trajet qui est faisable en seulement quelques jours. Et le duc remonte un regard surpris vers Bertin, comme s’il avait mal entendu quelques mots, avant d’éclater d’un rire franc et amusé. « Oh Bertin, je crois que tu confonds la voie des airs et celle des mers. » En dragon, peut-être que cela se fait rapidement, à cheval, même, quelques jours, en coupant directement par les terres. « Il faudrait plutôt une dizaine de jours, si les vents sont favorables. Le temps de contourner la péninsule et de s'engouffrer dans la baie… » Mais en mer rien n’était vraiment certain. Le calme plat pouvait les contraindre au sur-place de longues heures voir même de longs jours, et les tempêtes pouvaient les forcer à prendre de longs détours ou à revenir sur leur pas. C’était cette incertitude qui plaisait à Bartholomé, mêlé à cette lenteur que la navigation leur imposait. Le rythme était différent sur l’eau, et cela lui manquait d’ailleurs. « Ce serait un voyage que j’adorerais faire avec toi, et tu le sais ! Mais je ne peux concevoir laisser mon trône si longtemps. Surtout pas en ce moment. Le calme qui perdure depuis la trêve hivernale est… précurseur de plus grandes tempêtes je crains. » C’était plus vrai que jamais. Il ne savait pas réellement quelle direction Gustave prenait en ce moment. Et puis il y avait Erebor, qui ne faisait plus partie d’Ibélène. Ils pourraient être appelés du jour au lendemain à retourner au front pour créer une nouvelle offensive ou défendre leurs terres. Et il y avait les côtes, à protéger, aussi. Il ne pouvait se résoudre à laisser le trône à Jehanne ou même à ses conseillers alors que de tels enjeux se tramaient. Il ne leur faisait pas confiance. À personne, vraiment.

Mais l’envie de son frère de présenter une image d’Ansemarien digne de ce nom le réjouit. Il sait que ce ne sera pas suffisant, toutefois, pas pour les vrais marins, du moins. Les habitants des terres se laisseront peut-être berner de ce masque porté, mais Bartholomé sait fort bien que le respect sur les mers ne se gagne pas seulement qu’en foulant les planches pour un court voyage.
« On peut toujours portailler à bord quand il viendra à rejoindre Vivécume. Ou sinon je te laisse aux soins des marins, je suis certain qu’ils seraient heureux de te faire récurer les planches, le prince d’Ansemer, mousse à bord de son propre navire ! » L’image l’amuse, et l’éclat d’un doux rire teinte sa voix alors qu’il tapote l’épaule de son frère comme pour lui signifier qu’il ne fait que blaguer.


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Message Sujet: Re: Le Bertin   Le Bertin EmptyJeu 7 Juin - 7:37

Un fin sourire étire ses lèvres aux paroles de son frère. Parce qu’il a l’impression qu’enfin, en ce moment, ils se retrouvent enfin comme il y a de trop nombreuses années. Il y avait si longtemps que le côté fraternel avait été teinté, du côté de Bertin du moins, par une rancœur muette… Pourtant ce matin, sur le pont de ce navire, plus ansemarien qu’il ne l’a peut-être jamais été, il se sent proche de son frère. Peut-être est-ce parce que Bartholomé semble vouloir sincèrement son bonheur. S’il savait, le duc, pourquoi Bertin redoutait le mariage, et les raisons pour lesquelles il l’avait repoussé autant qu’il le pouvait… Mais c’est une conversation pour un autre jour. Pour le moment, Bertin savoure la nouvelle que son frère vient de lui annoncer.

- Je compte en profiter, rassures-toi. J’ai une réputation à protéger. Et surtout un cœur à gagné avant que mon rival ne s’en empare. J’accueille avec plaisir toutes les occasions de passer du temps avec elle.

Il se tourne vers son frère, souriant d’un air entendu.

- Ce n’est pas parce que je me suis assagi sur certains fronts que j’ai oublié comment charmer une dame… Si mon vieillard de frère réussi encore à charmer toutes les dames de la cour, je n’ai aucune excuse, non ?

Oh la blague ! Bien évidemment qu’il ne traite pas réellement de vieillard son duc. Mais entre frères, fut un temps très proche, il y a bien cette complicité qui permet de taquiner l’autre, à mi-voix parfois, mais dans la bonne humeur, avec légèreté et humour. Le cœur léger, Bertin profite du court moment de silence pour se retourner et observer le navire avec une curiosité nouvelle, même si elle est bien vite teintée d’une déception qu’il ne cache pas, mais dont il rit tout de même. « Et tu oses tenter de me convaincre que la mer vaut mieux que les airs ? » lance-t-il en riant une fois de plus. Pourtant, son ton léger fait bientôt place à un soupir, son sourire à un air sérieux, puis désolé, pour son frère, pour les chaînes qui, visiblement, nuisent à son bonheur.

« C’est fort dommage, mais la mer devra se passer de ma présence prolongée. Je serai du premier voyage, mais je ne me vois pas m’absenter plus de dix jours dans les conditions actuelles. Pas avec la guerre, et tout le reste… »  Ah, la guerre. Une période dont il parle peu, et dont il ne garde que peu de bons souvenirs. Et pourtant il ne peut que se tenir prêt. Qui sait quand ils seront rappelés au front ? Aussi pénible ait pu être l’expérience, il sait qu’il y retournerait s’il le devait. Parce que là-bas il peut faire ce qu’il fait le mieux : protéger. Non seulement sa famille, mais l’empire entier. Pas que sa seule présence protège Faërie, mais la présence de chaque homme, chaque femme, chevaucheurs, mages et guerriers, fait forcément une différence. Bien plus, avait-il l’impression, que lorsqu’il avait été laissé derrière pour protéger Ansemer.

« Un jour peut-être, lorsque les choses se seront calmées et que nous pourrons nous permettre de nous absenter quelques jours ensemble. Même si j’ai du mal à comprendre l’attrait personnel que tu ressens pour les navires. Je ne vois pas comment tu peux rêver de te retrouver enfermé sur un navire, en mer, pendant des semaines à ne voir que l’eau et le bois du navire… Si seulement tu pouvais voler… Port-Liberté et le palais sont magnifiques des airs… »








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Message Sujet: Re: Le Bertin   Le Bertin EmptySam 9 Juin - 5:01

Il hausse un sourcil, amusé, légèrement moqueur à son tour. Puis son sourire s'élargit et il rit de bon coeur aux paroles de son frère.
Oh, il n’y a personne à convaincre du contraire ici, Bartholomé sait très bien qu’il se fait vieux. Ses jeunes années sont loin derrière, et s’il n’a aucunement perdu la passion et la vivacité de sa jeunesse, le temps commence à prendre ses aises sur son corps. Sa barbe se teinte tranquillement de quelques teintes grisâtre, tout comme ses cheveux, et les rides semblent vouloir commencer à se former au coin de ses yeux. Il sait qu’il vieillit, il le sait quand il voit sa fille grandir, et que bien trop vite elle deviendra une jeune femme. « Aucune, non ! Mais alors tu devrais te dépêcher un peu, avant que ce ne soit de ton vieillard de frère qu’elle s’éprendre! » Il lui sourit, à la blague. Il n’a pas l’intention de chercher à attirer Eléonore entre ses draps, bien qu’il avouera très ouvertement qu’elle est des plus séduisantes. Mais il est trop heureux et excité pour son frère, pour qu’il se marie enfin, pour qu’il cherche à contrecarrer ses espoirs et ses plans en tentant de détourner la femme sur qui il a jeté son dévolu de lui. De toutes façon, il y en a beaucoup d’autres, de jolies Ansemariennes.

Le ton est plus léger, ils ont mis de côté les conversations plus sérieuses, le poids des responsabilités, les requêtes et les reproches. Et c’est bien, ça fait affreusement du bien, de retrouver cette ambiance plus fraternelle et amicale. Ça fait du bien, d’oublier un peu la rigidité de leur position sociale et de passer quelques moments ainsi, qui rappellent leur plus jeunes années.

« Ce n’est pas pareil. » qu’il répond doucement en souriant. Oui, les chemins des mers étaient plus lent, beaucoup plus lent et incertains que les voies des airs, mais c’était là aussi le charme de ces voyages en mer. C’était s’éloigner du rythme du continent et de vivre selon celui des navires, de la mer des vents. C’était prendre le temps d’observer le large, le lever et le coucher du soleil, écouter les oiseaux qui tournaient autour des mâts, sentir la danse des vagues qui faisait tanguer le bâtiment. Ce n’était pas mieux, pas nécessairement, c’était tout simplement autre chose. Il aurait aimé que son frère partage le même amour qu’il avait pour la navigation, il aurait tant souhaité pour partir en exploration ensemble. Quand ils étaient petits, c’était ce qu’il s’imaginait, pour quand ils seraient grands, pour quand il serait capitaine, en plus d’être duc. Jamais dans ses rêveries il ne prenait conscience de ce qu'impliquerait quitter son duché de longues semaines durant, ce ne serait que plus tard alors qu’il porterait enfin la couronne ducale qu’il prendrait conscience réellement des responsabilités du poste qu’il avait toujours été voué à occuper.

Leur long voyage sur les mers ensemble devra attendre, oui, et Bertin non plus n’est pas en mesure de s'éclipser aussi longtemps de ses responsabilités de Chevaucheur avec la guerre qui est en suspens. Ils trouveront bien le temps de partir une journée unique, pour partager la première sortie en mer du Bertin, mais le soir venu ils retourneront à leur devoirs, dans l’attente de ce qu’il arriverait, parce que c’était cela, en ce moment, qu’il vivait tous. L’attente d’un retour à la paix ou de la reprise des combats.

« Je craindrais bien trop de chuter, là-haut, sur vos dragons. » Il rit doucement, amusé à l’idée de voler, qui ne lui a jamais tenté. Ils sont magnifiques, ces dragons qui volent dans le ciel, et ils sont redoutables, ces escadrons volant de Chevaucheurs, mais peut-être comme la mer n’attire pas Bertin, les cieux ne l’attirent aucunement. « Un jour, je t’emmènerai pour un long voyage en mer, et quand tu vivras les tempêtes de l’océan, et qu’au lendemain tu te réveilleras sur le calme des mers, étonnement vivant, peut-être que tu comprendras. » Un jour. En auraient-ils seulement l'occasion, les frères, de vivre encore de ces aventures qu’il se laissait à s’imaginer un court instant?
Oh, que les mois à venir seraient cruels, s’ils savaient seulement.

La courbe du soleil a monté plus haut dans le ciel, et même la vie sur le navire semble plus agitée alors que les marins s’affairent. Le matin est depuis longtemps levé, maintenant, et la journée est encore belle devant eux, pleines de festivités en l’honneur du prince d’Ansemer. « Allez. Rentrons. Il faut que tu te changes, après tout. Ce n'est pas ainsi que tu séduiras ta future femme ! »


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Message Sujet: Re: Le Bertin   Le Bertin EmptyLun 18 Juin - 1:28

« Oserais-tu ? » Bertin rit de bon cœur, encore, à cette petite moquerie de Bartholomé à laquelle il ne croit heureusement pas trop. Quoi que. Ça aurait presque été agréable. Qu’il épouse Éléonore, et que, à la nuit tombé, les femmes échangent leur place pour retrouver l’homme qu’elles aiment. Ça n’arrivera jamais évidemment, mais un homme peut parfois se laisser aller à des pensées surréalistes, rien qu’un peu, le temps de réaliser qu’il vaut mieux revenir sur terre. Ou du moins empêcher ses pensées de s’envoler dans de dangereuses cabrioles.

« J’imagine que non », dit-il lorsque Bartholomé affirme que naviguer n’est pas pareil. Bertin a d’ailleurs le regard rivé sur l’horizon, un paysage qui semble lui plaire, même s’il n’y est pas autant attiré que Bertin. « Nous sommes attachés d’ordinaire… Ma chute a été un accident bête, mais cela arrive rarement, et seulement aux étourdis. Et je te connais assez pour te dire que ça n’aurait pas été ton genre. » Même Bertin sait reconnaître que c’était qu’une idiotie de voler dans son état à présent, mais surtout de ne pas veiller à ce que ses sangles soient bien attachées. Il voudrait bien pouvoir assurer Bartholomé que ce genre de situation ne se reproduire plus. Il a appris, le Bertin – l’homme, pas le navire – à être plus prudent encore.

Quant à l’idée de faire un long voyage en mer, il ne peut s’empêcher d’en être amusé. « Tu veux dire qu’un jour je ne saurai plus physiquement chevaucher, et tu m’obtiendras plusieurs semaines de congé forcé ? Que ferons-nous, deux épaves d’homme à la veille de la mort sur un navire au milieu de la mer ? » Ce n’est pas vraiment une question. L’image le fait rire, un peu, pour le moment. Il sait trop bien qu’il n’abandonnera la chevauche que s’il y est forcé par son corps – ou la mort d’Ambroisie, mais c’est un sujet auquel il refuse de penser. Il s’imagine mal en mer, à moitié invalide, à ne pouvoir rien faire parce qu’il ne connaîtra rien à la vie sur un navire. On pouvait aisément s’imaginer la scène, cependant, si on y mettait un peu du sien.

Enfin, se redressant, Bertin hoche la tête lorsque son frère affirme qu’il devrait aller se changer. Il vient asséner une tape amicale sur l’épaule de son frère avant de l’inviter d’un geste de la tête à l’accompagner au moins jusqu’au palais, au bout du quai, que ce moment dure encore un peu. Ils se sépareront probablement dans les couloirs, Bertin se rendant vers sa chambre. Il compte s’appliquer pour ce soir, et sa tenue autant que sa personne seront irréprochables. Bartholomé n’y pourra rien redire !








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