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 Raconte-moi ton soleil, je te dirai mes ombres

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Astarté des Sables
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Message Sujet: Raconte-moi ton soleil, je te dirai mes ombres   Raconte-moi ton soleil, je te dirai mes ombres EmptyMer 23 Mai - 22:02


Livre III, Chapitre 3 • Les Échos du Passé
Anwar Sinhaj & Astarté des Sables

Raconte-moi ton soleil, je te dirai mes ombres



• Date : 22 avril 1003
• Météo (optionnel) : Il est midi et il fait chaud.
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Deux amants maladroits. Les voilà qui s'éveillent, cherchant à dissiper les malaises en se découvrant un peu plus. Bientôt, Anwar repartira pour Roc-Épine. Le temps est à la découverte et aux confidences : Se donneront-ils la peine de se retrouver?
• Recensement :
Code:
• [b]22 avril 1003 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3709-raconte-moi-ton-soleil-je-te-dirai-mes-ombres#139293]Raconte-moi ton soleil, je te dirai mes ombres[/url] - [i]Astarté des Sables & Anwar Sinhaj[/i]
Deux amants maladroits. Les voilà qui s'éveillent, cherchant à dissiper les malaises en se découvrant un peu plus. Bientôt, Anwar repartira pour Roc-Épine. Le temps est à la découverte et aux confidences : Se donneront-ils la peine de se retrouver?








Dernière édition par Astarté des Sables le Ven 25 Mai - 3:52, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Raconte-moi ton soleil, je te dirai mes ombres   Raconte-moi ton soleil, je te dirai mes ombres EmptyMer 23 Mai - 22:04

Le soleil lui allait bien. Ce fut la première pensée à lui traverser l’esprit lorsqu’elle s’éveilla enfin. Il lui fallut néanmoins quelques longues secondes pour retracer la raison de la présence d’Anwar Sinhaj dans son lit, sous ses draps. Un sourire timide se profila sur ses lèvres pleines alors que les souvenirs de leurs ébats lui revenaient. Sur les coussins. Dans ce lit, aussi. Semblable à une lionne rassérénée suite à une chasse hautement satisfaisante, la gitane se contentait désormais de guetter le fruit de son labeur, l’homme endormi. Elle s’efforça de se faire toute petite alors qu’elle se lovait sur le flanc pour mieux suivre sa respiration et détailler ce visage sans imperfection. Aucune une cicatrice pour le gâcher. Un nez droit et fin, semblable aux sculptures des siècles passées. Et des lèvres douces, si douces…

Soudainement, regarder ne suffisait plus et Astarté, après de longs instants d’hésitation, délia ses doigts afin de retracer le contour de ses lèvres qui lui avaient fait tant de bien, la veille encore. Sa peau dorée, ses cheveux lisses, son nez fin, ses instincts héroïques… Allait-il se rendre compte, au réveil, qu’il était meilleur qu’elle sous tellement d’aspects? Elle espérait que non, la petite pie voleuse, et se promit de préserver ce secret au coeur de son être tant et aussi longtemps qu’il le faudrait. Il remuait légèrement, sous ses caresses, jusqu’à ouvrir des yeux ensommeillés sur elle. Astarté cessa son manège, posant plutôt son menton dans la paume de sa main, son sourire amusé dissimulé sous son poingt.

- Le soleil doit être au zénith..

Elle accueillit le bâillement d’Anwar par un léger gloussement, à demi étouffé par sa main. Que faisait-on des amants, lorsque l’aube revenait? Astarté avait oublié, si peu habituée à ce jeu particulier, et la simple idée de le nourrir relevait plutôt du défi tant les denrées étaient manquantes, dans cette demeure nouvelle. Il ne semblait pas hâté de quitter la tiédeur de la couche et la gitane se risqua à tendre une main jusqu’à l’un de ses tatouages découverts, au niveau de son coeur. Elle avait cru le repérer la veille, dans l’obscurité, entre deux soupirs. Du bout de l’index, l’Erebienne suivait les pétales s’étioler sur sa peau. Sicq… Sicq y avait fait tatouer une rose des vents. La liberté sur son coeur. Sans attache. Qu’est-ce qu’Anwar y avait inscrit?

- ..Me diras-tu?

Et si elle avait aperçu l’encre sur sa peau, dans la nuit noire, avait-il remarqué la rose à son dos? Avait-il deviné ce qu’elle avait été, pour la Rose Écarlate? Astarté ne gloussait plus, incertaine de ce qu’elle devait avouer sur son propre passé. Anwar devait avoir bien des choses à raconter, lui aussi, avant qu’elle avoue son allégeance pour cette organisation millénaire responsable de l’enlèvement de Sitara d’Erebor.





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Message Sujet: Re: Raconte-moi ton soleil, je te dirai mes ombres   Raconte-moi ton soleil, je te dirai mes ombres EmptyVen 25 Mai - 5:58

Le sommeil te berce tendrement, mais cette fois ce ne sont pas les bras de Niobé qui t'enlacent.  Une main posée sur sa peau douce et soyeuse, tu dors paisiblement, profitant d'un repos bien mérité.  Si elle bouge un peu, tu ne fais que l'attirer de nouveau près de toi, dans l'inconscience parfaite qu'emmène le repos. Tu es si bien que tu aimerais presque ne jamais plus te réveiller.  Tes rêves sont si doux, si tendres, il te semble que ce serait un gâchis immense de t'arracher à eux.  Pourtant, lorsque tes paupières encore alourdies de sommeil s'entr'ouvrent et papillotent doucement le temps de revenir à tes sens, la jolie vue qui se présente à toi te fait rapidement oublié à quel point tu étais bien.  Un sourire étire doucement tes lèvres en te rappelant du visage d'Astarté des Sables et de la nuit passée à ses côtés.

Si tu étais plus jeune, probablement qu'une rougeur serait parue sur tes joues en y repensant.  Rien de cette nuit n'a été prévu.  Tout était venu dans une suite d'événements inattendus, mais ce dénouement n'a rien de désagréable, tu ne regrettes pas.  Pas quand tu ouvres les yeux et que la première chose que tu vois est ce visage qui te charme tant, que la première chose que tu entends est cette voix qui t'envoûte.  Même dans la pénombre, elle a remarqué. Ils sont là, deux traces des femmes qui ont marqué ta vie.  Entremêlés sur ton cœur pour ne jamais oublié ce qu'elles ont été pour toi.  La rose pour ta mère, morte trop tôt.  Partie avant que tu ne puisses lui montrer ce que tu es devenu.  L'arabesque pour la souffleuse de verre, pour la promesse que vous vous étiez faites en vous mariant.  Deux histoires différentes.

Tu poses une main sur celle d'Astarté, posée sur ta poitrine.

« Une rose pour ma mère qui ne m'a pas vu grandir.  Parce qu'elle est en moi jusqu'à ce que mon cœur se désagrège comme le sable.  L'autre, c'était pour mon épouse, il y a quinze ans.  Pour ne plus jamais tomber sous l'emprise d'un sort une seconde fois. »

Ta main se tend vers son visage l'effleure d'une douce caresse.  L'envie de l'embrasser de nouveau, de la prendre entre tes bras, surgit de nouveau en toi, mais tu ne t'y abandonnes pas.  Plus tard, plus tard peut-être laisseras-tu ton cœurs te guider.  « Et toi Astarté?  M'as-tu aussi envoûté? »  Tu l'attires contre toi, passant un bras autour de ses épaules et enfouissant ton nez dans sa chevelure parfumée.  C'est l'enchantement le plus enivrant qui puisse exister, tu espères qu'il ne se brise jamais.  « Raconte-moi.  Moi, ce n'est pas intéressant. »  Pourquoi elle sait décrire la souffrance si bien.  Les marques sur sa peau.  Tout.  Tout ce qu'elle voudra bien te dévoiler, tu veux tout savoir.  Le soleil peut bien briller aussi fort qu'il le désire, aussi haut dans le ciel que faire se peut, tu ne comptes pas quitter cette étreinte tout de suite.  Tu veux que la nuit perdure encore un peu.
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Message Sujet: Re: Raconte-moi ton soleil, je te dirai mes ombres   Raconte-moi ton soleil, je te dirai mes ombres EmptyVen 25 Mai - 14:52

Astarté avait cru qu’il se serait esquivé sous une réponse évasive, sous la promesse de lui raconter à un autre moment. Plus tard. Elle allait accepter, bien trop consciente de la fragilité des aveux et de la cruauté des confidences forcées. Anwar l’avait surprise, agréablement, en lui offrant quelques bribes de son passé. Sa mère qu’il n’avait pas connue. Les aînés des clans avouaient souvent, l’oeil amusé, qu’il ne fallait juger un parti que sur la manière dont il traitait sa propre mère. La gitane ferma les yeux sous l’ampleur de sa découverte. Anwar était parfait. Son épouse, quinze ans plus tôt. Ne plus tomber sous l’emprise d’un sort… Était-ce le mariage, dont il parlait? L’idée qu’une simple relation sérieuse l’effrayait inquiétait déjà la gitane. La soirée tout en haut du Pic, leurs mains liées, au couronnement, leurs conversations sans fin sur les routes : elle avait déjà lié son coeur au sien. C’était trop tard, pour ne pas souffrir.

- Et toi Astarté?  M'as-tu aussi envoûté?
- Serait-ce mal...? Mais c’est toi… Seulement toi, l’envouteur. Moi, je ne fais que succomber.

Il l’attirait contre lui et Astarté laissait ses lèvres recouvrir son tatouage de quelques effleurements. Elle le voulait, lui, tout entier, sa beauté, sa gentillesse, ses baisers, ses souvenirs qu’il lui partageait et ses parts d’ombre, aussi.

- Raconte-moi.  Moi, ce n'est pas intéressant.

Elle mordilla délicatement sa chair lorsqu’il osait avancer qu’il n’était pas intéressant, le nez plissé de mécontentement. Il était, et de loin, la personne la plus intéressante d’Erebor. Néanmoins, Anwar lui avait offert une partie de lui, petite, légère et pleine de mystères, certes, mais il avait parlé le premier. C’était à elle, désormais, de se montrer courageuse. Alors Astarté releva son minois de son torse avec une certaine lenteur, cherchant les mots les meilleurs, les plus éloquents.

- Lorsque le roi des Gitans voulut châtier les clans pervertis, il déploya ses meilleurs lames afin de parcourir les grottes peuplant le Roc d’Erebor. Lorsqu’ils m’ont entraînée à l’extérieur, le soleil était si lumineux, si douloureux et beau, à la fois…

Le regard brillant, la petite gitane revoyait ses souvenirs par bribes. Elle s’était cachée contre l’épaule de Solal lorsque ses yeux s’étaient mis à pleurer, si peu habitués au soleil éclatant d’Erebor. Elle ne le savait pas encore, à l’époque, mais ce fut à ce moment qu’elle tomba amoureuse pour la première fois. D’Erebor, de son sable, de son soleil. Enfin, Astarté releva sa main pour caresser la joue de son amant, brièvement, et surtout pour lui montrer un tatouage petit, dissimulé sur le revers de l’un de ses doigts. L’encre s’était effacée, de beaucoup, laissant croire que le tatouage avait été tracé il y avait bien longtemps, déjà. Un soleil d’une simplicité extrême, avec ses rayons.







Dernière édition par Astarté des Sables le Mar 29 Mai - 15:00, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Raconte-moi ton soleil, je te dirai mes ombres   Raconte-moi ton soleil, je te dirai mes ombres EmptyVen 25 Mai - 15:56

Un long frisson te parcourt le corps alors que ses dents entre en contact avec ta peau.  Protestation?  Ton sourire s'élargit et avec délicatesse tu glisses tes doigts dans ses cheveux.  Tu lui laisses la lumière pour toi mieux l'absorber.  Ton histoire est noire, envenimée par les secrets dont on ne peut parler.  Alméïde, Anthim, Rejwaïde.  Ils savent tous.  Alors que tu croyais être oublié, ils te savaient tous être leur frère.  Cela t'a fait plaisir, de ne pas être un fantôme pour eux, mais cela t'a également effrayé.  Si eux savent, qui d'autre le sait?  C'est dangereux.  Pour eux, pour toi, pour vous.  Et elle qui est si belle entre tes bras ne doit pas encourir ce danger.  Alors tu écoutes, tu écoutes en silence, un silence plein d'attention.  Les mots te frappent, mains la presse contre toi, comme si ce simple geste pouvait effacer les douleurs et les souffrance.  Cette main qu'elle te tend avec ce tatouage effacé peu à peu par le temps, tu la fais monter jusqu'à tes lèvres qui se posent sur cette marque, un souvenir.

« Le soleil, c'est toi Astarté.  Ton nom l'appelle et le fait briller, plus grand, plus fort. »

Cette main tendue, tu la gardes entre tes doigts alors que tu lèves les yeux vers le ciel celui que tu ne peux pas voir d'où tu es mais que tu peux imaginer.  Tes paupières se referment alors que tu absorbes cette bribe d'histoire.

« C'est peut-être parce que tu brilles si bien que je ne peux plus détacher mes yeux de toi. »

Tu tournes la tête vers, la fixant de tes beaux yeux verts.  Lentement, tu te penches pour poser un baiser sur son front.  Cette sensation de chaud au creux de la poitrine est agréable, c'est elle qui la cause, tu le sais.  Pourtant, tes craintes ne sont pas loin, elles guettent le moment de surgir à nouveau.  Tu ne t'es jamais remarié après Zéphyra.  Tu aurais pu, les occasions se sont présentées, mais jamais tu n'as osé offrir ton cœur à une autre femme.  Cependant, celle qui est blottie contre toi en ce moment semble déjà en avoir pris possession.

« Je voulais jouer de la cithare pour elle.  Je croyais qu'un jour, je la retrouverai.  Elle était belle et son parfum me hante encore.  J'ai appris pour elle.  Puis un jour, elle est morte.  Je ne l'ai pas revue depuis l'enfance.  J'aurais aimé… j'aurais aimé qu'elle me dise si l'homme que je suis devenu peut la rendre fière d'être ma mère. »

Un bout d'intimité contre un autre.  Tu ne désires pas lui parler de Zéphyra, des ravages qu'elle a semé dans ton cœur en n'étant pas ce que tu croyais qu'elle était.  Ces blessures, ces craintes, ces insécurités, rien de tout cela ne doit peser sur les épaules de la joaillère.  Elle n'y est pour rien et ces murs que tu as érigés pour te protéger, c'est toi qui devras les faire tomber jusqu'à ce que tu arrives à elle.
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Message Sujet: Re: Raconte-moi ton soleil, je te dirai mes ombres   Raconte-moi ton soleil, je te dirai mes ombres EmptyLun 28 Mai - 2:43

Elle racontait son histoire en si peu de mots, si légère, qu’elle songeait que jamais le verbe ne pouvait être assez puissant pour couvrir entièrement les subtilités de l’horreur qu’elle avait connu. C’était dans ses silences que le drame transparaissait, et non pas dans un babillage étoffé. Alors elle pinçait les lèvres, la jolie gitane, laissant son regard se perdre dans celui d’Anwar. Comprendrait-il..? Sans un mot, il l’avait pressée contre lui dans un geste protecteur. Ses lèvres avaient accueilli son tatouage pâle. Astarté savait qu’il la comprenait, plus clairement encore que si elle s’était perdue en confidences. Un soupir de soulagement traversa ses lèvres. Elle était bien.

Lorsqu’il reprit enfin parole, c’était pour lui offrir des compliments, des mots de soie, la comparant au soleil hypnotique. Elle se sentait fondre, intimidée par de pareils propos mais également fière, terriblement, qu’un homme aussi incroyable puisse la courtiser avec autant de poésie. Astarté n’avait rien dit, rien relevé, mais son sourire ému parlait pour elle.

- Je voulais jouer de la cithare pour elle.  Je croyais qu'un jour, je la retrouverai.  Elle était belle et son parfum me hante encore.  J'ai appris pour elle.  Puis un jour, elle est morte.  Je ne l'ai pas revue depuis l'enfance.  J'aurais aimé… j'aurais aimé qu'elle me dise si l'homme que je suis devenu peut la rendre fière d'être ma mère.

Bercé par la douceur ambiante, par ce sentiment tenace de réconfort, elle avait écouté les mots d’Anwar sans même que la jalousie ne teinte son coeur. Il lui parlait de son épouse, de cette femme qu’il avait aimé au point de l’épouser. Elle était curieuse d’en savoir plus, tout de même, de comprendre un aspect de cet homme qui se faisait si protecteur et doux pour elle. Ce n’est que plus loin, dans son récit, que la gitane comprit réellement de qui il était question. Sa mère. Un pincement, juste là, sur son coeur, lui rappelait que les paroles de son amant faisaient échos à ses propres tourments. Combien de fois avait-elle imaginé ce qu’aurait pu être sa mère, son père, ce qu’ils étaient? Sa famille d’adoption et Solal étaient importants pour elle, mais ce manque créait un vide qu’il était difficile de remplir réellement.

- Un homme bon… Un guerrier valeureux qui ose se mettre en danger pour ses idéaux, pour son Empereur. Si elle pouvait te voir comme je te vois, Anwar, elle serait conquise par l’être que tu es.

Si Astarté assumait chacun des mots qu’elle prononçait, elle ne put s’empêcher d’incliner son visage pour tenter de dissimuler la chaleur sur ses joues et la timidité de son regard. Ridicule. N’était-elle pas nue, entre ses bras? La gitane roula la tête, s’armant de courage, pour offrir un petit sourire coupable à cet homme fait. Oui. Elle était conquise. Entièrement. Ce fut à elle d’effleurer son front de ses lèvres charnues, parce que son deuil lui faisait encore mal. Elle le ressentait dans le choix de ses mots, dans ses hésitations.

- Écris tes souvenirs, Anwar. Ils sont précieux… Même les plus simples. Je n’ai plus rien, de mon enfance. J’étais trop petite, lorsqu’ils m’ont enlevée. Celle qui m’a élevée, une Sinhaj, me disait que je pouvais être princesse, enfant du Roc ou des Thaumaturges, si je le désirais.

Et dans cet éventail de choix, il n’y avait rien pour la satisfaire. La seule chose que désirait réellement la petite Astarté était de savoir. Elle s’était habituée à ces mystères tout comme elle s’était habituée à la vie dans le clan, puis auprès de son maître. Anwar, lui, savait qui était sa mère et c’était là un présent fabuleux, en dépit du deuil.





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Message Sujet: Re: Raconte-moi ton soleil, je te dirai mes ombres   Raconte-moi ton soleil, je te dirai mes ombres EmptyLun 28 Mai - 4:27

Tes yeux s'embrument un peu.  Les mots d'Astarté te vont droit au cœur et même si ce n'est pas ta mère qui les prononce, tu veux croire que la jeune femme dans tes bras dit vrai, qu'elle ne se trompe pas.  Tu as toujours été fidèle à ton duché, désormais sultanat indépendant, toujours tenté de répandre le bien autour de toi.  Tu aspires à être cet homme qu'elle te décrit, celui que Zenaïde aurait aimé que tu  sois.  Elle qui n'a pas eu la chance de te voir grandir, car pour te protéger elle avait dû t'envoyer au loin, méritait que tu vieillisses bien pour que son sacrifice ne soit pas vain.  Son baiser sur ton front est comme un baume au cœur, un au revoir aux derniers liens de regret qui te rattachent à celle qui t'a mis au monde.  Tu sais que quelque part, les dieux lui auront permis de voir ce que tu es devenu et qu'à travers cette femme, elle te fait ses adieux et te dit combien ce que tu es devenu dépasse ses attentes.  Tu veux le croire, ardemment.  Tes bras se resserrent autour d'elle, comme si tu ne voulais plus jamais la laisser s'éloigner de toi.

Les mots suivent leur route, trouvent leur chemin jusqu'à ton oreille.  Tu ne peux t'empêcher de ressentir un profond embarras.  Peux-tu lui dire?  Oui, elle ne te jugera pas, même si elle a pris pour acquis que tu as appris.

« Je ne sais pas écrire, ni lire.  Mes souvenirs sont gravés dans mon cœur, le seul endroit où ils soient en sécurité. »

Tu lui offres un sourire timide.  En vérité, même si tu savais coucher sur papier les mots, tu ne pourrais pas le faire pour les cinq premières années de ta vie.  Le secret est trop dangereux pour que nulle trace écrite ne traîne. Déjà, tous les membres de ta famille savaient.  Tous les trois étaient au courant à ton insu de ton identité, malgré tous les efforts mis en place pour te cacher loin des regards.  Tous tes efforts pour être mort.

« Ma mère était une Sinhaj aussi.  Ce sont des cousins à elle qui m'ont élevé.  Je me rappelle peu d'elle.  Pas du tout de mon père.  Je me souviens du sang.  De la peur.  J'ai en mémoire ses caresses, mais rien des sentiments que cela a éveillé en moi.  J'aurais voulu que le souvenir de ma mère ne soit pas seulement teinté d'horreurs, qu'il soit représentatif de son amour pour moi.  Nos souvenirs sont parfois de lourds secrets douloureux.  D'autres fois ce ne sont que de fausses impressions. »

Tu cales ton menton sur le dessus de sa tête avec tendresse.  Distraitement, tes doigts glissent dans un tracé sans logique sur la peau nue de son dos.  « Savoir d'où on vient est une quête identitaire sans fin mais, Astarté, le découvrir ne changera pas celle que tu es à mes yeux.  J'aimerais… que l'on apprenne à forger des nouveaux souvenirs ensemble. »  Tu ne veux pas parler de t'engager, pas encore.  Mais tu veux la revoir.  Il te faudra partir un jour, malheureusement.
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Message Sujet: Re: Raconte-moi ton soleil, je te dirai mes ombres   Raconte-moi ton soleil, je te dirai mes ombres EmptyMar 29 Mai - 19:09

Ils étaient à nouveau liés, emmêlés, et Astarté accueillait sa peau contre la sienne avec délice. Elle se permit de fermer les yeux pour respirer son odeur et s’en imprégner. Bientôt, la vie les réclamerait et ils n’auraient d’autre choix que de retrouver leur occupation respective. Lui, veiller sur le Pic au péril de sa vie. Elle, façonner des merveilles que la noblesse avait commandé. Ainsi blottie dans ses bras protecteurs, Arven pouvait batailler, les Épines guerroyer, rien ne pouvait l’arracher à ce sentiment fort d’être au bon endroit, au bon moment.

Il lui avoua le plus simplement du monde qu’il ne savait ni lire, ni écrire, et la gitane se contenta d’acquiescer. Elle avait été maladroite de supposer que oui, lui, le guerrier de Roc-Épine. Ils étaient rares à savoir, elle-même n’aurait pas su si sa profession n’impliquait pas les clients les plus richissimes d’Erebor, et désormais de tout Arven. Sa timidité était touchante lorsqu’il avouait ce qu’il croyait être une faiblesse, et Astarté eut envie de le couvrir de baisers pour chasser les moindres nuances d’embarras sur ses trait. Plus discrète dans ses démonstrations, elle se contenta de déposer sa main, à plat, au niveau de son coeur tatoué, en espérant y laisser une empreinte, elle aussi. Ne pas être une impression, être un souvenir léger, agréable, pour effacer les tourments qu’il avait pu vivre.

- Le sang, la peur… Tes racines sont blessées, tout comme les miennes.

Tout son corps, de la racine de ses cheveux à la pointe de ses pieds, avait frissonné sous l’effleurement de ses doigts sur sa peau dénudée. Ou peut-être était-ce devant sa volonté à forger de nouveaux souvenirs, tous les deux, ensemble? Lentement, féline, elle glissa sa jambe fuselée contre son flanc et roula tout contre lui jusqu’à pouvoir le chevaucher, exhibant fièrement sa jeunesse et sa nudité. Sans apparât. Sans drap.

- Et que suis-je, à tes yeux..? ...Une sorcière?

L’oreille attentive, elle détacha son regard du sien, hypnotique, pour tracer des symboles précis sur son torse, du bout de l’index. S’il ignorait ce dont il s’agissait, la gitane, elle, savait. Le prénom d’Astarté fut écrit, tout en délicatesse, sous la fleur sur son coeur.

- Je… Je le veux aussi. Habiter tes souvenirs. Et toi, les miens. Tu les as déjà marqués, depuis cette chanson. Ta main sur la mienne, au couronnement. Le goût du miel, sur tes lèvres.

Elle s’était inclinée pour cueillir un nouveau baiser, léger et un peu joueur, tout en laissant sa cascade de cheveux sombres les couvrir comme un voile, l’espace d’un moment.





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Message Sujet: Re: Raconte-moi ton soleil, je te dirai mes ombres   Raconte-moi ton soleil, je te dirai mes ombres EmptyVen 1 Juin - 4:48

Une sorcière?  Non, à tes yeux, Astarté n'a rien d'une sorcière.  Elle t'a envoûté, mais peut-être est-ce là plutôt l'effet des dieux que du sien.  Elle s'est ouverte à toi, t'a conté sa peine.  Tu ne peux croire que tout ceci ne soit qu'un mensonge.  Ses doigts qui tracent des signes sur ton torses, des figures que tu ne reconnais pas, te font frissonner.  Tu l'enserres plus fort dans tes bras en laissant couler ses mots sur toi, puis tu attires son visage vers le tien, tes lèvres cherchent les siennes sur lesquelles tu déposes un doux baiser.

« Tu es Astarté.  La femme qui fabrique les joyaux les plus magnifiques.  Celle dont je cherche toujours à croiser le regard et que je trouve toujours.  La belle au goût de miel.  Celle qui a souffert et qui pourtant est toujours là, le regard droit.  Mais plus encore Astarté, plus encore je veux apprendre à te connaître lentement, prendre mon temps, notre temps.  Te découvrir un peu plus chaque jour pour ne jamais en avoir assez, » souffles-tu.  Tu ponctues tes phrases de baiser sur son front, ses joues, sur son nez, dans son cou.

Elle est belle dans toute sa nudité, vulnérable, mais forte à la fois.  Tu as l'impression d'avoir un bijou délicat entre les mains et bien que ton étreinte ne manque pas de force, elle est délicate à la fois, comme si tu crains de la briser si tu n'es pas assez attentionné.

« Et peut-être es-tu une sorcière, mais ça n'a pas d'importance, je veux bien prendre le risque de souffrir encore un peu.  Tu es la première, » ajoutes-tu.  Pas la première femme qui habite ta vie, mais la première qui réussit à te faire abandonner tes vœux de solitude.  La première à te rappeler que ton cœur peu flancher et se laisser cueillir par une autre.  Et peut-être la première à le chérir ce cœur, comme il se doit.  Tu as des espoirs d'être enfin heureux.  Tu n'as jamais été malheureux, non, en-dehors peut-être de ces trois années de mariage raté.  Cependant, il y a quelque chez la gitane qui te fait sentir bien, elle éveille en toi des sentiments uniques, incomparables.

Tes lèvres cherchent à nouveau les siennes, parce que parfois, les mots ne savent pas exprimer ce que l'on ressent.  Parce que parfois, l'on est trop ému par le spectacle qui s'offre sous nos yeux et il est difficile de penser correctement.  C'est un tourbillon d'émotions qu'elle fait naître en toi et tu le laisses t'emporter.
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Message Sujet: Re: Raconte-moi ton soleil, je te dirai mes ombres   Raconte-moi ton soleil, je te dirai mes ombres EmptyLun 4 Juin - 0:16

Anwar ponctuait son discours de baiser sur ses lèvres, sa gorge, sa clavicule, et il semblait soudainement bien difficile pour la gitane de se concentrer sur ses paroles. Elle s’y accrocha tout de même, parce que ce qu’il disait l’intéressait, qu’il soit question d’un chant erebien ou de la place qu’elle pouvait tenir à ses yeux. Ce qu’il lui disait rendait encore plus réel ce qu’elle avait cru imaginer, à Roc-Épine. Ils se cherchaient réellement, là-bas, à jouer de regards, à vouloir se croiser sans oser s’approcher. Anwar lui confirmait que ce jeu étrange auquel il jouait était désiré, pour lui aussi, depuis un moment déjà. Prendre leur temps. S’apprivoiser et se dévoiler, une ombre à la fois. Astarté se contenta d’un sourire tendre, tout en retenu ; l’idée la séduisait. Puis il lui formula cet aveu, celui d’avoir peur de souffrir encore un peu, mais d’être prêt à prendre le risque, pour elle, la sorcière, la Sertie de Merveilles. Elle allait le décevoir, très certainement, lorsqu’il se rendra compte qu’il était bien plus qu’elle ne serait jamais, que c'était lui qui la rendait  meilleure. Mais le blesser, le faire souffrir? Jamais.

- Si tu dois habiter nos souvenirs parce que notre présent et notre avenir te sont devenus douloureux, si tu commences à compter les jours qui séparent nos bons moments…

Ses lèvres cherchaient les siennes pour les embrasser avec gourmandise, les mordiller, même, afin de témoigner de cette affection naissante mais pure qu’elle avait pour lui. La gitane sentait son corps réagir contre le sien, sous leurs caresses répétées depuis leur réveil. Il frissonnait, il se tendait, il l’enserrait, mais loin de se laisser distraire par son instinct, Astarté mit fin à ce baiser langoureux pour mieux ouvrir ses yeux de chat sur son amant.

- ...Si mes lèvres sont de poison et non de miel, rappelle-moi ce matin-là. Celui où je t’ai promis de ne jamais te faire souffrir.

Sa main sur sa joue, son regard fixé au sien, elle ne cilla pas et son air sérieux soutenait la promesse qu’elle lui faisait alors. Il lui avouait qu’elle était la première, et elle devinait qu’il parlait de ce mariage qui l’avait fait souffrir. Anwar acceptait d’abaisser ses barrières ; Astarté acceptait de croire en ses jolis mots. Il lui semblait avoir trop souffert pour vouloir faire souffrir à son tour. Elle se fit alors la réflexion qu’il ne lui déplairait pas d’être sa dernière aussi.

- J’ai eu l’impression qu’il m’arrachait le coeur, moi aussi. Qu’il m’avait volé ce que j’avais de meilleur. Mais je suis toujours là et je suis prête à nous offrir cette chance.

Son sourire s’était fait timide, comme souvent lorsqu’elle parlait trop. Elle abandonna sa posture de conquérante pour mieux nicher son visage contre lui et se soustraire à son regard. Si la curiosité était là, de savoir ce que cette épouse lui avait fait, Astarté résistait, plongée dans son mutisme nouveau. Anwar disait vrai : ils avaient la vie, encore, pour s’apprivoiser et se découvrir.





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Message Sujet: Re: Raconte-moi ton soleil, je te dirai mes ombres   Raconte-moi ton soleil, je te dirai mes ombres EmptyLun 4 Juin - 4:02

Contenir toutes les vagues d'émotions que fait naître en toi la gitane à la peau soyeuse, aux yeux envoûtant et aux lèvres délicieuses est un exercice ardu.  D'elles-mêmes, tes mains tracent les contours de son corps dans de doux gestes, comme si elles cherchaient à en apprendre par cœur les moindres courbes, les replis, ses beautés et ses imperfections.  Les paroles glissent sur toi, pénètrent chaque pore de ta peau et cette bouche qui cherche la tienne, qui la caresse et l'enlace, tu ne veux plus jamais la voir s'éloigner.  Enivré par les sens, c'est une déception lorsque vos lèvres se séparent.  Tes prunelles cherchent les siennes, interrogateur.  Pourquoi me laisses-tu sur ma faim de toi semblent-elles demander.

Et cette promesse, cet air si sérieux, loin de te détourner plus encore d'elle te prend avec violence.  Ces mots s'inscrivent dans ton cœur, la promesse d'un beau futur.  Une promesse douloureuse, car tu as déjà cru de pareils mots, tu croyais avoir l'éternité devant toi quand seulement trois ans te semblaient trop long.  Pourtant, il y a aussi le soulagement.  Tu le sens, que cette parole donnée ne sera pas reprise, que cela vaut la peine de peut-être souffrir encore un peu et tu te réjouis que ta route ait croisée une femme telle qu'elle, que vos chemins se croiseront de nouveau.  Ta main remonte sur son corps, se laisse glisser le long de son bras jusqu'à la sienne.  Tes doigts enlacent les siens dans une étreinte serrée.

« Alors laisse-moi garder cette main dans la mienne, laisse-moi te faire découvrir qu'il n'avait rien trouvé de la pierre précieuse qu'il avait sous les yeux. »

Tu resserres ta prise sur son corps blotti contre le tien, le cœur risquant de bondir hors de ta poitrine en raison des sentiments qui t'animent et de l'audace que tu as de braver à nouveau les dangers de l'amour et de la passion.

« Je m'étais promis, juré de ne plus regarder une femme.  Avec toi, je ne pouvais pas m'empêcher.  Je te cherchais, un moment tu m'étais invisible, le suivant tes yeux croisaient les miens avant de disparaître à nouveau.  Un jour, je te raconterai, mais pas aujourd'hui. »

Tu poses un léger baiser sur le bout de son nez, tendre et affectueux.  Si tu brûles de désir pour elle, tu gardes la maîtrise de toi-même.  Entre tes bras, elle est précieuse, fragile, un être à protéger.  

« Pas aujourd'hui parce que tu es trop belle pour être assombrie par mes tristes souvenirs.  À toi Astarté, je crois que je pourrai tout dire un jour.  Tout. »

Elle ne comprend probablement le sens profond de tes paroles.  Elle croit peut-être que tu ne parles que de cet amour qui a échoué.  De celle qui a d'abord volé ton cœur pour te le rendre en débris.  Mais ce n'est qu'un morceau de tes secrets.  Ta famille semble toute au courant, mais ils sont loin, jamais plus vous ne pourrez en reparler, vous ouvrir les uns aux autre sur cette enfance partagée qui vous a été volée.  Peut-être qu'un jour, tu lui diras.  Qui tu es.  Ton amour pour Erebor, ses rocs et ses dunes.  Pourquoi tu ne connais pas ta mère.  Un jour peut-être.  Le temps te le dira.
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Message Sujet: Re: Raconte-moi ton soleil, je te dirai mes ombres   Raconte-moi ton soleil, je te dirai mes ombres EmptyMar 5 Juin - 15:48

Cette main qu’il avait prise, cette main qu’il retenait, Astarté la lui offrait sans la moindre résistance. Un homme qui la désirait, qui osait avancer l’ébauche d’un avenir commun. Un homme qui la retenait contre elle, comme par crainte de la voir s’enfuir, comme si elle lui était précieuse. La gitane ne pouvait qu’être subjuguée, alors que son coeur lui-même semblait vouloir s’ouvrir un peu plus pour accueillir ces sentiments forts mais pourtant légers qui la faisait se sentir si bien. Elle l’entendait lui demander de garder sa main contre la sienne, de lui faire découvrir combien l’autre, Sicq, s’était fourvoyé en se moquant si cruellement de ce qu’elle avait cru vrai. Alors la gitane fermait les yeux en sentant sa gorge se serrer. Soulagée. Il ne lui restait plus qu’à accepter de lui faire confiance et de se montrer digne de lui, Anwar Sinhaj.

- J’aurais dû patienter, peut-être… Attendre que ce baiser soit le tiens. Crois-tu? J’en rêvais depuis longtemps, Anwar.

Même si sa voix se faisait plus incertaine, murmurée, Astarté ne s’excusait pas. Elle ne regrettait rien de ce qu’ils avaient fait, la veille, tout comme elle ne regrettait aucun des baisers qu’ils avaient échangé depuis. C’était la chaleur d’Erebor qu’il avait su faire naître dans son coeur, d’abord, puis dans son ventre. Même en le souhaitant, elle n’aurait pas su se retenir de retrouver ses lèvres. Elle soupçonnait également qu’il en rêvait depuis longtemps, lui aussi.

- Je saurais attendre tes confidences sans les forcer… Comme pour mes silences.

Les silences étaient nombreux, chez la gitane, à l’instar de ses secrets. Il y avait toutes les bassesses qu’elle avait pu faire pour blesser le cartographe, la Reine Blanche devant qui elle s’était inclinée, toutes ces tentatives d’enlèvement sur sa personne, cette tortionnaire d’une autre vie… Puis ses manies les plus honteuses, les moins honnêtes. Comment pourrait-elle seulement formuler ses revers devant lui, Anwar? Où trouverait-elle le courage de mettre des mots sur ce qui lui semblait innommable? Elle resta un moment entre ses bras, à se calmer sous les caresses qu’il ne cessait de lui offrir, à succomber à ses mots chargés d’espoir qu’elle voulait bien croire.

- Tu reviendras à Vivedune, Anwar?

Des contrats l’attendaient en grand nombre, déjà. Elle doutait avoir le loisir de retourner au Pic, pour la guilde des Joyaux, avant un mois, au moins. Peut-être les portailleurs seraient-ils présents pour faciliter son voyage, d’ici là? La gitane ondula, toute féline, sous une caresse plus affirmée. D’une voix faible, à peine soufflée, les yeux plissés, elle expliqua qu’il y aurait d’autres pièces, peut-être bien, auxquelles il faudrait se consacrer solennellement.





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Message Sujet: Re: Raconte-moi ton soleil, je te dirai mes ombres   Raconte-moi ton soleil, je te dirai mes ombres EmptyMer 6 Juin - 3:25

Tu as envie de lui dire qu'elle n'aurait pas dû attendre, que depuis longtemps toi aussi tu l'attendais sans oser faire le premier pas.   Sans oser qu'il puisse être question de retour entre vous.  Plutôt, tu ne comprenais pas exactement tes sentiments, ni tes désirs.  Il y avait si longtemps que les femmes était loin de ton point de mire.  La solitude est presque une habitude chez toi.  Sans famille.  Sans amour.  Il ne reste plus que les amis.  Pourtant, en l'espace de quelques mois, tu as peu à peu trouvé tout cela.  Peut-être n'est-ce pas si mal que cela finalement.  Peut-être que tu as bien fait d'attendre, qu'elle a bien fait d'attendre, et que quelques mois plus tôt, tu te serais enfui et défilé, plutôt que d'affronter tes craintes dans l'espoir d'un meilleur futur.  À deux, avec elle.  Tu ne sais pas encore si c'est possible, tu l'espères ardemment toutefois.  Peut-être qu'un jour, tu oseras aussi lui dire ces mots qui pour le moment reste coincés au fond de ta gorge.  Aujourd'hui c'est encore trop tôt, mais tu attends demain avec impatience.

« Je reviendrai, oui.  Je serai muté au palais. »

Tu ne lui as pas encore dit.  Ton frère t'a proposé de prendre de nouvelles fonctions à Vivedune, dans son palais. Tu as hésité.  Ton cœur a balancé un instant dans la crainte de perdre tout ce que tu as bâti, mais l'égoïsme a triomphé.  Tu veillerais enfin de près au bonheur des tiens.  Toujours indirectement, mais au moins tu ne serais plus un acteur passif, loin d'eux.  On ne te connaîtrait pas, tu ne serais qu'un simple soldat, mais certainement le plus fidèle.

Tu renverses sur le dos la jeune femme, serrant ses hanches entre tes cuisses déliées, tes mains posées de chaque côté de sa tête auréolée de ses cheveux d'ébène.  Tu t'inclines lentement, doucement.  Tes lèvres chatouillent les siennes sans réellement engager le baiser.  Tes yeux caressent du regard chaque centimètre découvert de sa peau.

«  Tu m'attendras? » demandes-tu avec un air sérieux.  Maintenant que vous vous êtes trouvés, tu te réjouis encore plus de changer de vie.  Tu serais près d'elle.
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Message Sujet: Re: Raconte-moi ton soleil, je te dirai mes ombres   Raconte-moi ton soleil, je te dirai mes ombres EmptyJeu 7 Juin - 2:07

Au palais… Il allait être transféré à Vivedune. Malgré sa timidité, toute enveloppée entre ses bras, la gitane affichait son ravissement d’un “Ooh?” parfaitement intéressé et ingénu. Elle ne pouvait tromper personne, encore moins Anwar. Elle qui songeait devoir s’offrir un kiosque là-bas, au Pic, pour s’y rendre plus souvent et marchander ses oeuvres, passer sa vie sur les routes, entre Vivedune et Roc-Épine, plutôt qu’à son atelier... Ce n’était pas elle. Ce n’était pas son rêve, ni son but, mais pour lui… Pour lui, peut-être qu’elle en aurait été capable. Braver sa timidité, se déraciner de son désert, afin de retrouver son regard perçant. Fiévreux, même, lorsqu’il chantait l’amour. Elle se doutait de ne pas être la cause de cette délocalisation soudaine. Ce devait être son geste héroïque, là-bas, au couronnement, qui avait attiré l’attention des plus grands. Une promotion méritée. Vivedune allait accueillir en son sein un guerrier puissant, un sujet loyal.

- Oh!

Elle n’avait pas pu s’empêcher de glousser, le regard amusé mais surpris, lorsqu’il la renversa sur le dos. Ses mains d’homme au-dessus d’elle, ses cuisses nues et puissantes contre sa peau satinée, aucunement embarrassé par sa nudité fièrement offerte, Anwar la dominait de toute sa vigueur… Et la gitane, loin de se débattre, anticipait la suite des événements avec délice en laissant quelques vagues de frissons la traverser. Devant ses lèvres qui effleuraient les siennes tout en se dérobant à un baiser tant désiré, la gitane soupirait, ondulait, soumise à ce feu qu’il se plaisait à attiser en elle, sans jamais l’éteindre. Pas encore.

- Tu m’attendras?
- ...Je t’appartiens depuis la brunante, au sommet de Roc-Épine. Je t’attendrais, Anwar.

Ses mains avaient glissé sur ses joues, câlines et rassurantes, jusqu’à effleurer ses épaules et son torse avec une certaine fébrilité. Chaque petite cicatrice fut redessinée du bout des doigts, comme pour se rappeler, pour ne pas oublier ce corps qu’elle connaissait à peine mais qui allait terriblement lui manquer. Elle lui demanderait peut-être, à son retour, l’anecdote de chacune de ses blessures s’il se laissait aller aux confidences… Mais pour le moment.. Oh… Pour le moment, Anwar l’entraînait bien loin de ses pensées, jouant avec elle avec une habileté déconcertante. Les yeux fermés pour mieux se perdre, Astarté se laissa porter par le serment silencieux mais hautement plus délicieux d’Anwar.





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