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 Gabrielle ne sourit pas

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Gabrielle de Faërie
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Message Sujet: Gabrielle ne sourit pas   Gabrielle ne sourit pas EmptySam 2 Juin - 3:39


Livre III, Chapitre 4 • La Légion des Oubliés
Gabrielle de la Volte & Antonin de Faërie

Gabrielle ne sourit pas

Me voilà sous le ciel étoilé
Je suis là et soudain je vois
L'avenir s'est éclairé, ma vie est à l'endroit



• Date : 21 juin 1003
• Météo (optionnel) : La fraîcheur de la nuit est bienvenue, après une journée étouffante
• Statut du RP : Privé
• Résumé : La fête traditionnelle de Litha égaie le coeur de tous les Cibellans. Princesse loyale à sa terre, Gabrielle rejoint enfin le palais ducal pour célébrer cet événement en compagnie de son aînée et de son fiancé. Bien que l'événement fut planifié il y a un moment, déjà, c'est un accueil particulier qui les attend. La nuit tombe enfin, Antonin et Gabrielle se retrouvent pour mieux se confier.
• Recensement :
Code:
• [b]21 juin 1003:[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3761-gabrielle-ne-sourit-pas#140471]Gabrielle ne sourit pas[/url] - [i]Gabrielle de la Volte & Antonin de Faërie[/i]
La fête traditionnelle de Litha égaie le coeur de tous les Cibellans. Princesse loyale à sa terre, Gabrielle rejoint enfin le palais ducal pour célébrer cet événement en compagnie de son aînée et de son fiancé. Bien que l'événement fut planifié il y a un moment, déjà, c'est un accueil particulier qui les attend. La nuit tombe enfin, Antonin et Gabrielle se retrouvent pour mieux se confier.





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Message Sujet: Re: Gabrielle ne sourit pas   Gabrielle ne sourit pas EmptySam 2 Juin - 3:42

Il devait être fascinant pour un oeil extérieur de voir l’étrange relation qu’entretenaient Gabrielle et Gaëtane de la Volte. Si, pendant des années, l’aînée et la cadette avaient un accord tacite pour sembler partager une affection toute filiale en public, il semblait désormais évident que les choses étaient tout autre. Elle était arrivée à la Volte au bras d’Antonin de Faërie et accompagnée d’une délégation bien plus imposante que les années précédentes en raison de ses fiançailles. La visite ayant été planifiée depuis un moment, déjà, la princesse arrivait souriante et délicate, toujours aussi discrète, et s’attendait à subir l’indifférence marquée de son aînée. Elle se doutait devoir encaisser quelques remarques formulées sans gêne, parfois malaisantes, parfois amusantes. Elle s’imaginait déjà Antonin devoir courtiser un peu cette femme particulière, cette Cibellane exemplaire, pour rendre les soirées plus légères. Elle s’attendait à beaucoup, mais pas à ça. La rancoeur habitait Gaëtane, et son aînée ne se cachait même plus pour le lui montrer, maître de sa demeure, duchesse de Cibella. L’hospitalité était cordiale mais d’une froideur toute kyréenne.

Pauvre Antonin.

Gabrielle s’était faite discrète, blessée dans son orgueil mais également ébranlée de voir cette relation difficile s’effriter plus encore. Lors de la première journée, elle ne fut pas d’une grande aide pour soutenir Antonin et le mettre plus à l’aise, elle même bien peu assurée devant la situation, les yeux plus humides que secs. Même les feux d’artifices n’avaient pas réussi à l’émouvoir, la laissant plutôt songeuse dans l’ombre de sa propre famille. Dans son esprit, dans son coeur, elle repassait les événements, depuis le Jour des Anciens pour comprendre à quel moment précisément sa relation avec sa soeur s’était brisée. La conclusion s’imposait comme une évidence : l’annonce de ses fiançailles.

Ce n’est que le lendemain, après avoir assisté aux démonstrations impressionnantes des mages de l’Été dans une admiration bien timide, que Gabrielle proposa à son invité de célébrer le troisième jour en toute intimité au palais de la Volte plutôt qu’en ville. Elle affirmait connaître le palais parfaitement, avec un petit air mystérieux, et l’invita à emprunter l’un des passages dont le secret était bien gardé. Après s’être assurée qu’Antonin accepte cette pointe de mystère dans sa vie et puisse répéter le chemin particulier pour rejoindre le-dit endroit, Gabrielle s’était retirée dans sa chambre demeurée intacte.

La journée avait été longue et particulièrement chaude, à la Volte, tant par les vents brûlants en provenance d’Erebor que par l’ambiance étouffante qui régnait en maître dans ce palais somptueux qui semblait frôler le ciel. La princesse avait déjà annoncé qu’elle resterait au calme pour profiter du spectacle nocturne ; personne ne pouvait réellement s’opposer à un rapprochement entre les fiancés. C’est donc en début de soirée, à ce moment particulier où le ciel est d’un bleu irréel, incertain entre le jour et la nuit, que Gabrielle patientait l’arrivée du prince impérial. Pour lui, elle s’était faite coquette, à la mode cibellane. Élégance et finesse.

- J’avais cru que vous ne viendriez pas… Ou que vous vous seriez perdu. Je songeais à venir vous retrouver ; il aurait été dommage de manquer pareil spectacle.

Elle s’était retournée pour l’accueillir, la mine avenante et sincèrement charmée de le voir enfin là. La pièce semblait avoir été oubliée depuis quelques décennies, déjà, petite et dont les meubles trahissaient une époque lointaine. L’endroit ne brillait ni pour son mobilier, ni pour sa grandeur, mais bien pour l’oriel s’ouvrant sur une vue à couper le souffle. Sous eux, devant eux, la Volte s’animait, si petite, si minuscule, et peu à peu le ciel s’illuminait par petites touches magiques, semblable à une toile qu’on étoffait sous leur yeux. Magie et cristaux s’alliaient pour faire perdurer l’éclat du jour, pour souligner la lumière sur les ténèbres.

La princesse l’invita, d’un geste gracieux, à s’approcher de ce balconnet fort discret.

- Il y a déjà six mois, aujourd’hui, que vous avez demandé à unir votre destin au mien. Sous un ciel tout aussi brillant.

Peut-être s’en rendait-il seulement compte, mais Antonin de Faërie avait accepté comme fiancée une âme sensible, certes, mais terriblement romantique également. Elle posa ses mains sur la rambarde, le quittant du regard pour mieux admirer cette voûte céleste étincelante.




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Antonin de Faërie
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Message Sujet: Re: Gabrielle ne sourit pas   Gabrielle ne sourit pas EmptySam 9 Juin - 3:20

C'était la célébration de Litha en Cibella et j'avais promis à ma princesse de me joindre à elle pour les festivités.  Je savais que ces célébrations étaient importantes pour elle, elle qui aimait tant ce duché où elle était née et j'avais fait mon devoir de la contenter à ce sujet.  Plus encore que de tenter de me lier au peuple cibellan, c'était mon désir de voir ma promise sourire qui m'avait fait accorder autant d'importance à l'événement.  Je désirais la voir heureuse.  C'était un vœux peut-être un peu enfantin, mais je sentais que le bonheur serait plus grand entre nous si je n'attendais pas simplement qu'elle s'implique dans mes projets et les événements liés à ma personne, que je prenais de moi-même place à ses côtés pour de pareille réunion.  Également, il était de coutume que la fratrie de la Volte se réunisse pour la fête et si on célébrait également à Alfaë, je laissais la place à ,es parents.  L'année suivante, Gabrielle et moi pourrions la passer dans la capitale Faë, ensemble.  À ce moment-là, nous serions mariés et j'espérais que toutes les difficultés seraient aplanies.  Autrement, Litha était aussi le moment pour moi de tenter de me rapprocher de la famille de la Volte.  J'avais déjà entrepris quelques rapprochements avec Gabin qui me semblait être un jeune homme très agréable.  L'approche avait été facile puisqu'il était comme moi Chevaucheur, bien qu'un peu plus âgé.  J'avais parlé librement avec Bertin d'Ansemer, mais la différence d'âge et d'expérience était beaucoup plus grande et il était rafraîchissant d'avoir des conversations sur la Chevauche avec quelqu'un de mon âge, plus ou moins.  Je n'avais moi-même pas de frère, ni aîné ni cadet, et j'espérais un jour retrouver ce sentiment de camaraderie fraternelle entre nous.  Également, c'était l'occasion d'apprendre un peu mieux à connaître Gaëtane.

La tâche s'avérait plutôt difficile.  L'accueil à notre arrivée fut plutôt froid.  Les rumeurs dont j'avais entendu parlé dans lesquelles la duchesse était colère de me savoir fiancé à Gabrielle plutôt que Lionel de Rivepierre.  Visiblement, elle me préférait le comte et je pouvais maintenant le comprendre un peu mieux.  Il me revenait facilement en tête ces confidences de Gabrielle au moment de son anniversaire : le capitaine de vol avait promis à la sœur de lui offrir ses enfants.  La cadette des sœurs de la Volte étant suffisamment vieille pour décider, si je n'avais pas caché mes intentions de la courtiser, je n'avais certes pas demandé la permission de le faire.  Aurait-elle exigé les mêmes promesses de moi qu'à un autre?  Peut-être, mais jamais je n'aurais accepté.  La famille a toujours été sacrée pour moi, jamais je n'aurais pu la briser impunément pour des questions d'héritage.  Il me peinait d'entrer aussi froidement dans celle de ma fiancée et j'étais désolé pour la duchesse laissée sans héritière, mais mon sentiment de compassion s'arrêtait là.  Je me montrais courtois envers mon autre, tentait de lui démontrer que je n'avais nul autre désir de lui plaire – sans porter atteinte à ma dignité.

Le troisième jour de la fête se termina sur une note mystérieuse.  Gabrielle me demandait de la retrouver au bout d'un passage secret qu'elle m'avait indiqué avant d'aller se retirer dans ses appartements.  Perplexe, je profitai de ce temps de repos pour écrire quelques missives dont j'étais chargé de la rédaction, par ailleurs il y en avait une pour ma très chère sœur Armandine.  Les dernières lueurs du jour se couchaient quand j'eus terminé, juste à temps pour aller rejoindre au point de rendez-vous ma fiancée.  Je retrouvai le passage secret qu'elle m'avait désigné non sans quelques difficultés, la pénombre changeait l'aspect des lieux.  Mais je la trouvai, là, étincelante et ravissante.

« Cela eut été fort dommage en effet, » répondis-je sans la quitter des yeux.  J'avais à peine jeter un regard au mobilier, encore moins à la vue qui s'offrait à nous.  Je m'approchai à son invitation et lui tendis naturellement mon bras pour qu'elle s'y appuie, bien qu'elle n'en avait pas besoin.  Il y avait une certaine intimité dans ce geste qui ne brisait pas les convenances et qui nous permettait de s'apprivoiser peu à peu.  Ses petites mains qui se détachèrent rapidement puis prendre appuie contre la rambarde, m'offrant une vue sur son dos qui me paraissait soudainement bien frêle.  Un sentiment de devoir la protéger m'empoigna vivement le cœur.

« Vous êtes encore plus charmante encore que ce soir-là, chaque jour qui passe vous rend encore plus belle Gabrielle, » fis-je en prenant appui à mon tour sur la pierre, ma main près de la sienne, mes doigts chevauchant légèrement les siens.  Elle n'avait plus l'air aussi mélancolique qu'en journée, j'espérais voir son sourire poindre enfin, elle qui le cachait depuis le début de la fête.  Son véritable sourire.

« Six moi défilent rapidement, il me semble que c'était encore hier. »  Un peu de courage, ma paume glissa et recouvrit complètement cette petite main aux doigts fins.  Je fixais les lumières de la ville ainsi que celles des étoiles pour masquer mon embarras.  Le romantisme ne faisait pas partie tout à fait de ma personnalité, ou plutôt ma raideur outreventoise m'empêchait de m'y abandonner sans la moindre gêne.  « J'espère que vous ne regrettez pas d'avoir choisi d'unir votre vie à la mienne. Six autres mois passeront rapidement avec les préparatifs du mariage et il ne sera plus temps de changer d'avis.  Je suis heureux Gabrielle.  Même si l'approbation de votre sœur n'est manifestement plus à espérer, je suis heureux que ce soit vous ma fiancée. »
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Message Sujet: Re: Gabrielle ne sourit pas   Gabrielle ne sourit pas EmptyLun 18 Juin - 19:15

Le vide. Cette impression d’être au-dessus de ce monde sans en faire partie. Antonin avait dû vivre ce sentiment à plusieurs reprises, sur le dos d’Agonie, lors de ses heures de chevauche. Elle, simple mage de Printemps, ne profitait de cette sensation de liberté farouche et soudaine qu’en de rares occasions. Sa main avait frôlé son bras en une caresse légère avant de se poser sur la rambarde fine, devant elle. Sur elle, sur ses épaules, sur son dos, Gabrielle ressentait le poids du regard d’Antonin. C’était étrangement plaisant. Rassurant. Il lui donnait l’impression d’être plus importante que cette vue unique, plus incroyable que le spectacle qui s’offrait à eux. Ses compliments tombèrent, semblable à un velour riche et réconfortant, sur son âme écorchée. La princesse ferma les yeux en sentant une vague de reconnaissance réchauffer sa poitrine et le ravissement marquer ses joues. Sans doute n’en avait-il pas conscience, mais Antonin lui offrait ce dont elle avait besoin sans même qu’elle ne le lui demande. Prince contesté, peut-être, mais prince charmant tout de même.

Ses doigts frolèrent les siens avec la légèreté d’un oiseau, entraînant avec eux quelques frissons. Caresse agréable à laquelle Gabrielle répondait avec autant de douceur. D’un doigt, elle répondait à la manoeuvre timide de son fiancé jusqu’à ce qu’il ose prendre cette main offerte de lui-même. Six mois qui défilaient rapidement, il avait raison. Six mois qui les avaient fait grandir, d’une certaine manière. Lorsqu’il lui avoua espérer qu’elle ne regrettait pas ces fiançailles et qu’il était heureux de l’avoir comme fiancée, Antonin ne la regardait plus. Gabrielle se permit enfin d’abandonner le paysage et le ciel magnifiquement illuminé pour l’observer longuement. Il n’arrivait pas à effacer toute l’amertume que lui insufflait Gaëtane par ses reproches et sa froideur, mais Antonin était capable de réchauffer ses sentiments et de l’apaiser. Elle espérait qu’il en soit toujours ainsi.

- Je ne regrette aucunement mon choix, Antonin. J’ai longtemps fait patienter mes prétendants, peut-être les ai-je blessés de ne pas m’être précipitée, mais je savais que mon choix serait le bon après cette réflexion.

Son choix. Le sien. Il en était ainsi des femmes, en Cibella, seules maîtresses de leur avenir­. Le ressentiment qu’elle avait pour son aînée, depuis plusieurs années déjà, lui semblait plus intense ce soir qu’un autre soir. Non seulement elle s’était permise d’interférer auprès de certains de ses prétendants afin de quérir une descendance, mais jamais elle n’avait jugé bon d’en aviser la future mère, sa propre soeur. Par-dessus tout, Gaëtane lui en voulait d’avoir fait son propre choix. N’était-elle pas Cibellane? Était-elle égoïste au point d’en vouloir aux traditions? Non pas égoïste. Blessée. Par le décès de Livin, certainement, et par ces héritières qui lui échappaient. La princesse ferma les yeux un instant pour retrouver son calme. Plutôt, elle pressa la main de son fiancé.

- Je suis désolée de ne pas trouver les mots pour vous protéger de Gaëtane. Je l’aurais cru plus mesurée en vous sachant le fils de son amie, prince héritier de Faërie. Sa peine m'a surprise. Je vous demande pardon, Antonin… Vous êtes bon, et gentil, et prévenant. Vous n’avez rien à faire dans ces querelles.

Elle attira la main d’Antonin vers ses lèvres, prisonnière de ses mains jointes, et l’embrassa avec une tendresse nouvelle, les yeux mi-clos. Après quelques secondes d’incertitude, la Cibellane se permit d’y appuyer sa joue en une caresse légère. Peut-être était-ce les compliments de son fiancé, ou alors la joliesse du ciel étincelant, mais Gabrielle avait besoin de le sentir près d’elle, à ses côtés, à la soutenir.

- Vous êtes ma famille, désormais. Il me tarde de l’être officiellement, aux yeux de la couronne et des dieux.

Comprendrait-il par ses mots que c’était elle qui rejoindrait sa famille, qu’elle désirait se soustraire à son aînée, tout simplement? Un ami. Antonin était un ami loyal, elle s’en doutait. Un ami qui la complimentait avec de plus en plus d’insistance. Un ami qui lui ouvrait les bras, elle le savait, afin de la protéger des déceptions et des amertumes familiales. Les six prochains mois lui paraissaient bien long, soudainement, malgré le nombre de préparatifs à exécuter, d’ici leur mariage.




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Message Sujet: Re: Gabrielle ne sourit pas   Gabrielle ne sourit pas EmptyVen 22 Juin - 4:42

Il était rassurant d'entendre dire qu'elle ne regretterait pas son choix de sitôt.  Qu'elle avait bien réfléchi à la question que ce n'était pas avec précipitation qu'elle avait son choix.  Cela démontrait qu'elle avait une tête sur les épaules, mais aussi qu'elle savait peser le pour et le contre jusqu'à trouver le parti qui serait le plus avantageux, le pus bénéfique.  Avec le temps, il ne m'était pas difficile de m'imaginer qu'elle raisonnait de la même façon quand il était question de prendre position sur le sort d'autrui.  Qu'elle soit pleine de bon sens me rassurait, me plaisait, parce que ce n'était là qu'une facette de sa personnalité que je commençais simplement à découvrir.  Elle était sensible Gabrielle, je pouvais le sentir, mais elle ne m'avait pas encore montré l'étendue de cette dite sensibilité.

Ma main se serra toutefois contre la sienne, tandis qu'elle m'exprimait ses regrets de ne pouvoir agir contre les mots et les humeurs de sa sœur aînée.  J'aurais souhaité avoir sa pleine bénédiction, naturellement, mais s'il elle refusait de me la donner, je m'en passerais tout simplement.  Gabrielle était une princesse, donc un choix logique pour être ma future femme, le meilleur choix sûrement et elle était en âge de décider pour elle-même de son avenir. Eut-elle était outreventoise, il en aurait été autrement, j'aurais sollicité sa main auprès de son père, ou dans ce cas-ci auprès de sa sœur aînée qui était ce qui se rapprochait le plus d'une tutrice, mais elle était cibellane et ça aurait été un affront de ma part auprès d'elle que de ne pas m'adresser directement à elle.  Heureusment, il me faisait plaisir de savoir qu'elle anticipait avec hâte nos épousailles et qu'ainsi je n'étais pas à le seul à attendre impatiemment ce moment qui devait nous unir.

« Votre bonheur m'importe plus que celui de votre sœur.  Vous n'avez pas à me protéger des reproches de votre aînée, au contraire, c'est à moi d'être ce rempart entre vous et elle.  Vous avez le droit de décider de votre propre vie sans son aval au préalable.  Si j'espère trouver les bonnes grâces de son altesse Gaëtane, c'est parce qu'un jour je serai appelé à suivre les traces de mon père et je souhaite que Faërie reste unie.  Le temps calmera votre sœur et s'il faut des années, je vous aurai emmenée au loin. »

Alfaë n'était pas spécialement loin de la Volte, mais suffisamment pour limiter les contacts autant que possible si on ne mettait pas d'efforts des deux côtés pour se rencontrer.  L'an prochain, nous fêterions ensemble dans la capitale de Faërie plutôt que dans celle de Cibella et Gabrielle pourrait enfin luire autant qu'elle le devrait, sans devoir rester dans l'ombre de sa sœur.  Je me rapprochai d'un pas, un peu nerveux, attrapai doucement sa seconde main pour qu'elle détourne son regard de la formidable vue et ne le porte plutôt sur ma propre personne.  Aimait-elle autant ce qu'elle voyait que moi je me réjouissais du plaisir de détailler son visage dans la semi-obscurité.  Dans la pénombre où ne brillaient que les lumières de la ville et quelques lampions ça et là qui nous permettaient de s'entrevoir, sa chevelure cuivrée prenait des teintes flavescentes, ce qui lui donnait l'air encore plus doux qu'à la coutume.

Inconsciemment, je me penchai, me rapprochant d'elle et m'enivrant de son parfum, cette odeur légère, mais qui sachant l'apprécier devenait entêtante.  Je déglutis avec quelque difficulté, sentant ma gorge se serrer, surtout en espérant être discret.   L'idée s'était glissée sournoisement quand je l'avais vue en entrant dans cette pièce, illuminée par le paysage, gracieuse dans sa jolie robe.  Elle avait grandi alors que nous échangions et maintenant que ses deux mains étaient entre les miennes, elle se faisait forte.

« J'aimerais… si vous le permettez… »

Je n'arrivais pas à formuler ma demande plus clairement.  J'avais le cœur qui battait fort dans la poitrine, comme s'il voulait en sortir tellement j'étais embarrassé.  Il m'était déjà arrivé par le passé de flirter un peu avec quelques filles, mais toujours avec beaucoup de pudeur et de décence, mes manières outreventoises m'obligeaient à agir avec autant de circonspection.  Gabrielle étant ma fiancée cependant, peut-être avais-je le droit de me permettre quelques libertés et écarts innocents.

Mon visage se pencha légèrement vers le sien, mes intentions devenues claires par mon geste.  Mais je gardais une certaine réserve, j'attendais son assentiment pour poser les miennes sur ses lèvres.
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Message Sujet: Re: Gabrielle ne sourit pas   Gabrielle ne sourit pas EmptyMer 27 Juin - 16:42

Ses mots lui allèrent droit au coeur, et Gabrielle les encaissa avec un léger tressaillement. Son regard s’embuait, elle le sentait dans le picotement fin annonciateur de ses débordements d’émotions. Elle avait avoué à Lionel combien il lui était douloureux d’être perpétuellement dans l’ombre de Gaëtane, de n’exister que dans l’éclat de son aînée. Malgré le chagrin qu’il lui avait fait, malgré les enfants qu’il comptait laisser partir, l’Outreventois avait très certainement été le premier à lui faire croire qu’elle pouvait être la première pour quelqu’un, avec son baiser lors du Jour des Anciens. Dernier geste avant une mort éventuelle. Sans même le savoir, avec une évidence déconcertante dans la voix, Antonin lui laissait entrevoir cette même conclusion. Aux yeux d’Antonin de Faërie, Gabrielle n’était pas une ombre, un pâle reflet de son éclatante aînée. Elle était entière et méritait un respect égal, sinon plus grand encore.

Lorsqu’il avait capturé sa seconde main dans la sienne, quelque chose dans l’ambiance de cette pièce oubliée avait changé. Une tension nouvelle. Alors qu’Antonin s’inclinait sur elle, à peine, Gabrielle songea à ses lèvres sur les siennes. Il allait l’embrasser. Elle ne savait pas pourquoi cette certitude l’avait traversé, si ce n’était du moment qui semblait idéal et du rapprocher de son fiancé. Elle l’espérait, peut-être bien. Six mois de sagesse et de chasteté. Six mois de compliments qui la faisaient rougir, de timidité pour les deux partis, de regards détournés qui se croisaient parfois. Son affection pour lui n’avait jamais décliné. Il ne l’avait jamais blessée, jamais déçue. Il était temps. Il était plus que temps.

- J'aimerais… si vous le permettez…

Elle avait papillonné des cils en entendant sa requête, à la fois charmée par sa demande si formelle, si… Outreventoise, et impatiente de le voir s’incliner un peu plus vers elle, de frôler ses lèvres des siennes. Un baiser. Un premier baiser. Ce fut elle, la Cibellane, qui ferma les yeux la première, qui fit glisser sa main sur sa joue puis sur son épaule, qui s’était hissée sur le bout des pieds afin d’amenuiser la distance entre eux jusqu’à ce que leur souffles s’entremêlent. Un instant de flottement, entre eux, qui aurait pu ressembler à une hésitation mais qui n’était, pour la princesse, qu’une manière de rendre ce baiser plus attendu, plus désiré, encore. Des lèvres douces qu’elle se plaisait à effleurer pour mieux les découvrir. C’est en sentant les bras d’Antonin se refermer sur elle que Gabrielle accepta de lui accorder ce premier baiser empreint de douceur, comme pour ne pas le faire fuir, prince timide. Une jambe à peine relevée, comme les princesses des illustrations de ces contes pour enfants, et elle s’appuyait très légèrement contre lui pour s’abandonner un peu plus.

Lorsqu’elle ouvrit les yeux à nouveau, il lui semblait que le ciel nocturne avait gagné en lumière et que les cristaux magiques découpaient Antonin en un délicieux clair-obscur. Elle hésita un moment, la Cibellane. L’envie de retrouver ses lèvres à peine quittées était charmante, mais il lui semblait bien peu sage d’ouvrir la porte à une invitation plus intime avec son fiancé. L’idée de se détacher de lui tout à fait et de calmer son souffle était très certainement l’idée la plus juste, la plus réfléchie, la plus décente, aussi. Entre ses deux hésitations, Gabrielle choisit la troisième. Sa tête lovée contre son torse, ses boucles soigneusement coiffées désormais froissées par cette étreinte, la princesse avait gardé sa main contre lui, le regard rivé vers ce spectacle unique de la supériorité de la lumière sur les ténèbres.

- Vous me rendez plus forte. Je serai sage… Je serai décente, dès demain, mais permettez-moi de rester contre vous, ce soir, Antonin.

L’ambiance de la Volte l’avait épuisée, elle s’en rendait bien compte. Demain, elle endosserait un visage calme, elle retrouverait son rôle bien familier de princesse oubliée et oubliable. Ce soir, toutefois, elle avait besoin de se sentir appréciée et soutenue.




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Antonin de Faërie
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Message Sujet: Re: Gabrielle ne sourit pas   Gabrielle ne sourit pas EmptyLun 2 Juil - 6:40

La requête était timide.  Je ne savais trop sur quel pied danser.  Une part de moi aurait voulu accéder à mon propre désir sans attendre sa réponse, une autre s'y refusait, craignant qu'elle ne me considère comme un homme bestial et sans manières, un homme qui ne savait pas reconnaître le droit à une femme de choisir pour elle-même, qu'elle a le droit d'être respectée.  Peut-être était-ce maladroit, mais je n'étais que novice dans les jeux de l'amour et je tentais tant bien que mal d'y grandir peu à peu chaque jour, afin de ne pas la perdre.  Nos fiançailles dataient déjà de décembre, la moitié d'une année était déjà passée et cela avait suffi à me la rendre chère.  Gabrielle était… elle était irremplaçable.  Mettre des mots sur les sentiments confus que j'éprouvais alors était compliqué, voir difficile.  Elle était jolie, spirituelle et sensible.  Elle avait un bon jugement sur lequel je savais pouvoir me fier.  En somme, elle était la compagne idéale pour un homme comme moi, mais alors je ne le voyais pas autrement que d'un point de vue politique, d'un point de vue axé sur un foyer fonctionnel.  Je savais que j'obtiendrais tout cela auprès d'elle.  Cette audace de lui demander un baiser était spontanée et irréfléchie.  L'idée m'avait traversé l'esprit, cela m'avait semblé adéquat.  N'était-ce pas que ce qu'un homme et une femme faisait ensemble?

Je m'étais approché, j'avais penché mon visage sur le sien pour y déposer un léger baiser, une marque de tendresse qui ne durerait que quelques secondes, le temps à peine d'effleurer ses lèvres, me laissant juste le temps de les goûter rapidement.  Mais c'est elle qui termina ce que j'avais commencé, posant sa bouche sur la mienne.  Un moment, je fus surpris, le temps qu'elle glisse ses mains d'abord sur ma joue, mon épaule.  Je ne savais trop que faire.  Je n'avais jamais embrassé une fille comme ça.  Qu'est-ce que j'aurais fait si elle m'avait trouvé… incompétent en la matière?

Mais les hésitations s'écartèrent et elles laissèrent place à l'intuition.  Mes bras surent trouver d'eux-même leur chemin pour enserrer la taille si fine de Gabrielle. Elle était si frêle.  L'était-elle autant depuis toujours ou n'était-ce qu'un récent changement?  Alors que nos souffles s'entremêlaient, je la découvrais d'une nouvelle façon, j'apprenais des choses d'elle que je n'aurais jamais soupçonnées, des bribes de vie qu'elle ne réalisait peut-être même pas m'offrir.  C'est avec regrets que je la laissai s'écarter, mettant ainsi fin à ce moment d'intimité nouveau qui me donnait le vertige.  Blottie contre moi, je ne pouvais que l'enlacer avec une tendresse renouvelée.  Ce n'était plus la même qu'avant, elle était meilleure, plus douce, plus juste.  Elle faisait honneur à ses mérites.

« Tout ce que vous voudrez Gabrielle.  Ma Gabrielle, » ajoutai-je en me félicitant que le clair-obscur cachait certainement la rougeur de mes joues qui me paraissaient soudainement extrêmement brûlante.  Mon étreinte se resserra légèrement autour, cadeau précieux des dieux à mon égard.  Elle devait être fatiguée la douce princesse, elle devait être blessée de l'attitude de sa sœur aînée.  Un jour, je l'emmènerai loin de cette sœur qui ne songeait que trop peu au bonheur de sa cadette.  De ce joyau délaissé, je ramènerai l'éclat et la lumière.  La duchesse de Cibella avait beau être une mage extraordinaire, une pierre précieuse polie, ma fiancée n'avait rien à lui envier et ne méritait point cette vie dans l'ombre.

« Croyez-vous qu'on nous cherchera si l'on ne retourne pas à nos appartements? »

La timidité, l'hésitation dans une telle proposition étaient palpables.  Mais la nuit était belle, trop belle pour se dire au revoir et rester seul entre les draps à ressasser des tristesses.  Dans la nuit noire, à mes yeux, elle créait plus de lumière que les lunes jumelles réunies.
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Gabrielle de Faërie
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Message Sujet: Re: Gabrielle ne sourit pas   Gabrielle ne sourit pas EmptyMar 3 Juil - 3:21

Elle se sentait sereine, entre ses bras. Il était sa famille. Une famille qui l’acceptait, qui cherchait à la comprendre. Une famille qui la désirait telle qu’elle était. Les tourments de la Volte ne s’étaient certes pas dissipés, mais il lui semblait plus aisé de ne pas y songer, de se laisser bercer par la douceur du moment. La-haut, surplombant la ville, elle n’avait plus qu’à contempler un ciel plus coruscant que ce que Valda à elle seule ne pouvait créer. Aura, toujours, sublimait chaque parcelle de cette vie de sa superbe. La magie en toutes choses. Ce soir ne faisait pas exception. La magie régnait dans les cieux pour rendre leur rendez-vous irréel. Gabrielle se contentait d’écouter les battement du coeur d’Antonin, l’oreille lovée contre sa poitrine. Un coeur jeune, enthousiaste. Un coeur qui découvrait peut-être bien une femme aussi intimement pour la première fois. Il songeait à une réponse à lui offrir, elle entendait presque ses hésitations, ainsi posée tout contre lui.

- Tout ce que vous voudrez Gabrielle. Ma Gabrielle.

Sans même réfléchir, elle enfouit son visage contre la soie délicate de son pourpoint, un soupir faible s'échappa d’entre ses lèvres. Il y avait cette timidité familière dans la voix du prince qui faisait écho à ce qu’elle-même reconnaissait dans sa propre voix. Il s’inquiétait certainement au sujet des rumeurs qui s’élèveraient à leur sujet, si on découvrait leur couche intacte à l’aube. Avec raison, peut-être, pensa--t-elle alors qu’elle savait les Outreventois si peu portés sur les éclats et les folâtreries. Une brillance nouvelle dans le regard, la princesse releva son visage afin de mieux croiser son regard. Même si la nuit était bien avancée, les lueurs permettaient de voir quelques rougeurs sur les joues d’Antonin. Lui aussi, tout comme elle, faisait des efforts pour plaire, bravait la timidité pour atteindre l’intimité.

- Peut-être devrions-nous portailler et les laisser nous chercher?..

Non. Évidemment, que non. Le son de sa voix, la brillance de son regard, son air mutin, la fossette qui se creusait avec délice, alors que l’ombre d’un sourire se profilait enfin sur ses lèvres : tout laissait entendre à la plaisanterie, à la taquinerie. Il lui semblait qu’en exagérant leur délit, la situation leur semblerait moins dramatique. Un portail qui s’ouvrirait vers Lorgol. Agonie qui viendrait les délivrer de leur prison mondaine. Les scénarios étaient nombreux, à son esprit, mais tous étaient impossibles et destinés à n’être qu’une blague éternelle. Elle évaluait sa réaction, un moment, avant de poursuivre avec un peu plus de sérieux.

- Je crois que nous devrions retrouver nos appartements avant l’aube. Votre intuition est la bonne, Antonin… Mais… La nuit est encore jeune. Nous pourrions rester, peut-être, jusqu’à ce que les cristaux laissent place à l’aurore?

Son sourire s’était déjà amenuisé, comme si Gabrielle se souvenait enfin de la situation délicate dans laquelle elle se trouvait. Malgré son petit air plus sérieux, plus songeuse, elle laissa un doigt coquin se perdre vers sa nuque, là où ses cheveux étaient plus fins. Ils avaient allongé. Doux. Fins. La première fois qu’elle se permettait un tel geste. Elle cessa sa caresse brève et légère, autant par crainte de l’effrayer que de paraître inconvenante.

- Les garderez-vous longs pour la cérémonie? ...Il me tarde que ma main soit liée à la vôtre, lors de notre première journée de mariage. C’est un geste très symbolique, très fort, et il me plait de me plier aux traditions outreventoises.

Elle ne l’embrasserait pas. Elle resterait sage. Détachée du spectacle des lumières, Gabrielle se contentait de l’observer, lui, son promis. La réflexion s’imposa d’elle-même à son esprit : Il lui serait facile de tomber pour lui, pour son charme discret mais chevaleresque, pour sa timidité et ses incertitudes, pour son air si sérieux, pour son affection de la justice. S’il continuait à se montrer aussi avenant, à être cet appui, oui, il serait si simple de l’aimer.




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Antonin de Faërie
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Message Sujet: Re: Gabrielle ne sourit pas   Gabrielle ne sourit pas EmptyDim 8 Juil - 7:31

Sa proposition me surprit et peut-être lit-elle la stupeur dans mes yeux.  Les miens s'habituaient déjà à cette douce pénombre qui créait une intimité nouvelle entre nous.  Je ne connaissais alors que très peu cette expression qui se peignait sur son visage, ces traits qui s'illuminaient par le pouvoir de la plaisanterie.  Elle se moquait doucement de moi, probablement en raison de mes origines Outreventoises qui d'une part trouvaient l'idée scandaleuse, tandis qu'une part de moi aurait désiré d'être à des miles de là, dans la baronnie chaleureuse de ma fiancée.  Est-ce que cela ne lui faisait pas envie à elle aussi?  Étais-je le seul étrange de nous deux à entretenir une telle idée folle?  Muet d'embarras, je n'en dis rien, la laissant se moquer de moi.  Je ne savais pas encore à l'époque à quel point son esprit pouvait être taquin.  Nous nous connaissions mieux, nous avions fait des efforts pour passer plus de temps ensemble suite à ma visite au Ru-d'Argent et nous nous comprenions mieux, mais il restait encore tant à découvrir d'elle.  Tout ce que j'avais vu n'était qu'un pan de la réalité.  Une esquisse d'un portrait qu'un jour je saurais dessiner les yeux fermés, je l'espérais.

J'esquissai un sourire hésitant.  Oui, la nuit était encore jeune et il y avait encore beaucoup à faire, beaucoup à aborder.  L'idée de partir maintenant me semblait insoutenable.  Elle était si belle dans le doux éclat de la lumière.  J'étais encore un peu sonné de ce baiser mellifluent que nous avions échangé.  Le premier de tous.  Mon cœur battait encore rapidement.  Ce qui devait à la base être un geste chaste s'était transformé en quelque chose de plus fort, mais de plus vrai aussi.  Et cela m'éveillait à des pensées auxquelles je n'avais encore jamais songé.

« Vous aimeriez? » demandai-je, une fois de plus étonné.  Visiblement en cette soirée, Gabrielle se dévoilait pleine de surprise.  J'avais toujours gardé mes cheveux plutôt courts, l'idée de les laisser pousser ne m'avaient jamais vraiment traversé l'esprit. Trouverait-elle cette coiffure séduisante?  La stupeur me faisait même oublier un instant ses mots, ses espoirs et ses rêves, l'espace d'un moment.  Mais la teneur de ces propos ne peut être oublié trop longtemps.  Ces mots, prononcés si innocemment peut-être, se logent dans mon cœur, dans un nid doux et confortable.  Plus que jamais, je sus à ce moment-là que ma vie aux côtés de Gabrielle de la Volte serait douce et paisible.  Que nous lutterions ensemble et jamais l'un contre l'autre.  Mais surtout, je sentais en moi que nous serions heureux.

« Je serai heureux d'honorer la tradition outreventoise avec vous.  Ce ruban symbolisant le mariage m'est très cher et je suis comblé de savoir que vous y tenez également.  Le jour où celui-ci sera noué, symbolisant notre union, sera l'un des plus heureux de mon existence.  Plus je vous vois, plus ma certitude se raffermit. »

Timidement, ma main gauche, celle-là main qui lui serait attachée se leva pour caresser maladroitement, mais avec tendresse sa joue, si lisse et satinée.  Le contact fut bref, j'étais encore trop intimidé, trop immature pour ne pas rougir d'une telle proximité, elle qui reposait contre mon torse et semblait si frêle entre mes bras.

« Vous m'êtes déjà très chère.  Je sais que jamais je ne trouverais une autre épouse qui me convienne plus que vous.  En ce jour où je vous arracherai à votre famille, à ceux qui ont grandi avec vous, je souhaite que tout aille en accord avec vos désirs.  Je veux vous voir resplendissante et heureuse, que tous vous voient enfin tel qu'ils le devraient : unique et splendide.  Si vous avez la moindre attente pour la cérémonie, je veux la voir se réaliser pour vous. »

Un sourire timide étira mes lèvres tandis que je jetais un regard à travers les carreaux de la fenêtre, me perdant dans les lumières de la ville, aucune aussi brillante que la princesse des lieux.
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Message Sujet: Re: Gabrielle ne sourit pas   Gabrielle ne sourit pas EmptySam 28 Juil - 2:00

Le séjour cauchemardesque prenait quelques nuances plus claires et Gabrielle s’en réjouissait, dans la quiétude du moment. Les regards glaciaux et les silences lourds semblaient bien loin, désormais, ainsi perchée sur le toit du monde. Ils en étaient là, à parler des détails de leur mariage, de traditions, et chaque petite phrase, aussi simple et légère pouvait-elle être, éloignait un peu plus la princesse de son chagrin. Antonin, prince charmant, vantait des qualités qu’elle ne croyait pas avoir mais elle écoutait le tout d’un oeil brillant, les pommettes bien marquées par ce déferlement de joliesse. Il la croyait splendide, il la devinait unique, et Gabrielle, si peu assurée, peinait à réellement y croire. Il lui parlait d’arrachement à sa famille, et la Cibellane se sentait déjà loin d’eux, étrangement. Ni intégrée dans sa propre famille, ni encore acceptée totalement dans celle de son fiancé. Peut-être était-ce là l’image de sa vie entière : sa place ne se trouvait nulle part. Les choses changeraient pourtant, elle en était confiante, et ce mariage lui apporterait non seulement une famille aimante - celle qu’elle offrirait à Antonin - mais également un allié proche qui croyait en elle tout comme elle croyait en lui.

Bientôt, elle retira le drap couvrant le fauteuil pour s’y poser, le prince impérial à ses côtés, tous deux éblouis par les lumières valsant dans la nuit sombre. Quelle heure pouvait-il bien être? Gabrielle n’en était pas certaine, mais il lui semblait être au coeur de la nuit. Dans quelques heures, à peine, l’aube percerait la pénombre et les lumières se fonderaient aux lueurs naissantes. Il serait alors temps de retrouver sa chambre, de faire croire à une nuit de sommeil confortable et d’affronter la réalité beaucoup moins agréable.

- Les coutumes outreventoises me combleront entièrement. Je veux montrer aux enfants  du duché de l’Honneur qu’il me plaît de respecter leurs traditions propres au mariage… Tout comme vous vous êtes soumis volontiers à celles des fiançailles cibellanes. Vous m’avez tant comblée de présents fabuleux et d’attentions quotidiennes que je me trouverais bien capricieuse d’exiger encore. Je n’attends qu’un mariage heureux, un mariage paisible. Un époux qui respectera la Cibellane que je suis. La mage qu’il me plaît enfin d’être. La personne, derrière les titres.  

Elle en demandait beaucoup et bien peu à la fois; elle en était bien consciente. Ainsi, Gabrielle s’efforça de regarder Antonin malgré cette timidité qui lui donnait envie de baisser le regard, de regarder ailleurs et se soustraire à un possible jugement. Sa tendre Anaïs lui répétait encore et encore qu’en la prenant pour épouse, il devait s’attendre à se lier à une Cibellane fière de ses origines et éprise de liberté, et non pas d’une jouvencelle qui vivrait dans son ombre. Si la princesse partageait l’avis de sa demoiselle de compagnie, il fallait bien avouer qu’elle ne portait pas un regard si élogieux sur sa propre personne. Il lui arrivait encore de se questionner sur les raisons poussant le prince impérial à se lier à elle, autre que sa position dans la société qui était certes enviable, mais qui ne témoignait aucunement de la personne qu’elle était.

Après un bref silence, elle se tourna plus franchement vers lui afin de cueillir ses mains entre les siennes. Sur son minois, des nuances de sérieux annonciateurs d’un sujet plus grave, ou plus important.

- Je sais que cela est loin de votre vision du monde, mais puisque je ne le dirai pas lors de notre mariage, j’aimerais vous le dire ici, ce soir, alors que vous vous êtes montré si bon avec moi. Je vous promets, Antonin de Faërie, de vous protéger au mieux de mes ressources. Et même si cela vous fait sourire, et même si ma déclaration semble bien légère, et même si vous êtes Chevaucheur de la reine du Vol de Jade, alors que je ne suis qu’une outremarcheuse, je vous promets protection et sauvegarde, aussi longtemps que j’aurais l’honneur d’être votre épouse.

Peut-être la trouverait-il mignonne, ou alors terriblement prétentieuse de croire être en mesure de le protéger d’une quelconque manière, mais Gabrielle croyait chacun des mots qu’elle venait de prononcer. Elle avait bravé les routes, lors du convoi menant à Roc-Épine, elle avait frôlé la mort lors du Jour des Anciens à l’Académie, elle saurait se faire courageuse encore une fois pour protéger celui qui serait son époux.




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Message Sujet: Re: Gabrielle ne sourit pas   Gabrielle ne sourit pas EmptyJeu 30 Aoû - 20:40

Elle était aimable Gabrielle, tellement obligeante.  J'avais l'intention de me montrer ouvert pour notre mariage, d'utiliser plus que les simples coutumes d'un unique duché.  Un jour, nous serions peut-être appelés à gouverner sur tout Faërie et tout autant les mœurs de mon duché natal restaient importantes pour moi, belles même, j'avais le désir de leur faire voir que toutes les traditions avaient leur place en Faërie et qu'ensemble, elles formaient un tout indissociable.  La sécession d'Erebor pourrait amener certains duchés à vouloir faire de même si tout se passait bien.  J'étais plein d'inquiétudes face à l'avenir de l'Empire que mon père tentait de reconstruire et je ne me sentais pas à la hauteur pour suivre ses traces.  Néanmoins, peut-être qu'avec le soutien et les conseils avisés d'une princesse comme ma fiancée, je réussirais à me tailler ma propre route, ma propre place.  Peut-être trouvait-elle qu'elle avait beaucoup d'exigences et d'attentes à propos de cette union, mais il n'était rien que je n'avais déjà l'intention de tout faire en mon possible pour lui offrir.  Je l'avais approchée par une idée manquant de droiture, pour gagner les intérêts de ma sœur sans y avoir réussi, puis parce que parmi toute la noblesse de Faërie en âge de trouver époux, elle avait la meilleure situation.  Cependant, si j'avais cru qu'en acceptant de m'offrir sa main elle courrait à son propre malheur, jamais de demande de mariage n'aurait traversé le seuil de mes lèvres.  Après des mois de fiançailles, je ne me considérais pas encore comme amoureux, ni envoûté par celle qui marcherait tous les jours de sa vie auprès de moi, j'avais l'impression de la voir clairement avec ses qualités qui complétaient si bien les miennes et ses défauts aussi.  Peut-être me voilais-je déjà la face, déniant des sentiments qui se faisaient un nid dans ma poitrine.

Elle me surprit, quand elle m'offrit sa protection.  J'avais connaissance des traditions cibellanes et la délicatesse de sa démarche me toucha.  Je ne me serais pas opposé à ce que de tels vœux soient échangés à la cérémonie du mariage, mais que cela soit fait dans l'intimité ainsi me semblait encore plus significatif, plus porteur d'un sens si fort.  Je serrai entre mes doigts ses petites mains qui s'étaient emparées des miennes.  Elle était si frêle une fois que j'avais mon emprise sur elle.

« Vous ne devriez pas sous-estimer votre force Gabrielle. Recevoir la protection d'une femme telle que vous est le plus grand honneur que vous puissiez me faire. »

Un sourire doux se dessina sur mes lèvres et l'une de mes mains quitta la chaleur des siennes pour aller caresser timidement du bout des doigts le contour de sa joue.  Sa peau était soyeuse, lisse.

« Gabrielle de la Volte, bien que je vous ravirai ce nom qui est le votre, moi Antonin de Faërie, Antonin de la Rive, je vous jure fidélité jusqu'à ce que les portes de Sithis ne s'ouvrent devant moi.  En échange de tout ce que je prendrai, je vous offre mon âme jusqu'à ce qu'elle ne se détériore.  C'est peu, mais  tout à la fois. »

Hésitant encore un peu, peu familier avec les jeux de l'amour, je m'inclinai doucement, cherchant dans son regard le consentement, trop embarrassé pour renouveler cette même requête une seconde fois.  Je n'avais pas réfléchi, mais il me semblait naturel de glisser une main dans son cou, de l'attirer près de moi en posant l'autre sur sa taille.  Ce geste n'était-il pas d'une indécence condamnable?  Avais-je le droit de réclamer à nouveau le goût de ses lèvres pour sceller cette promesse solennelle que nous venions d'échanger?  Mais déjà, nos souffles s'entremêlaient tandis que je posais ma bouche contre la sienne.

Lorsque je m'écartai, je n'avais plus aucune certitude sur l'heure, le temps.  Les lumières de la ville s'étaient doucement éteintes, ne laissant plus que les étoiles perler le ciel de leur lumière chatoyante.  Bientôt, trop tôt, il faudrait la laisser retourner à ses appartements et feindre y être resté sagement pour toute la nuit, tandis que tu rejoindrais les tiens, la tête remplies de nouvelles pensées.
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