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 La curiosité n'est pas que l'apanage des chats || Grâce

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Message Sujet: La curiosité n'est pas que l'apanage des chats || Grâce   La curiosité n'est pas que l'apanage des chats || Grâce EmptyMar 2 Fév - 16:52


Livre I, Chapitre 2 • Le Carnaval des Miracles
Augustus d'Ibélène 1 & Grâce Martel

La curiosité n'est pas que l'apanage des chats

Sous-Titre du Topic ici




• Date : 20 Janvier 1001
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Intrigué par l'histoire de la voltigeuse, Augustus fait mander Grâce à Ibelin pour en apprendre plus sur elle.

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Message Sujet: Re: La curiosité n'est pas que l'apanage des chats || Grâce   La curiosité n'est pas que l'apanage des chats || Grâce EmptyMar 2 Fév - 16:52

Le regain de tension était bien présent, et bien sur, Augustus d'Ibélène savait que la période de grace n'allait pas durer éternellement. Il fallait bien qu'il se passe quelque chose, un jour, mais si cela se passait, cela ne viendrait pas d'une provocation de l'Empereur d'Ibélène. Il répliquerait si on l'attaquait, ou attaquerait si c'était la seule solution, celle voulue par tous et toutes, ni plus ni moins. L'escalade des provocations ne mènerait à rien de bon, l'empereur le savait. Mais il ne savait plus quoi y faire. Il essayait, pourtant. Il travaillait, jour après jour, sinon à éviter la guerre, du moins à tenter de l'éviter et de la retarder. Augustus tentait de rallier, peu à peu, les partisans de la paix à lui, et il en existait encore, du moins il l'espérait. Il ne voulait pas désespérer, c'était impossible, pas encore. Même s'il fallait se rendre à l'évidence, les signes étaient alarmants…

Ainsi donc, enfermé à la bibliothèque du Palais, ayant fui l'ire de Catarine et renoncé à savoir où avait disparu Octave, Augustus pouvait travailler en paix, écrivant ce qu'il voulait, souhaitait, avançant à son rythme. Pages après pages, il rayait les objectifs de la journée, écrit en liste claire sur son carnet, qu'il ne dévoilait à personne. Aujourd'hui, il était seul, et faisait de toute façon, ce qu'il voulait, ou presque, sans réelle contrainte de temps. Il évacuait cependant le travail et les missives avec précision et célérité, ayant un goût prononcé pour les choses claires et précises – la maniaquerie d'Augustus tendait à se renforcer avec l'âge, et il n'aimait guère, de toute façon, ne pas arriver à tenir un objectif qu'il s'était fixé.

Tournant la dernière page, il s'aperçut cependant qu'il avait noté un nom qui ne correspondait à rien de particulier. Il fronça les sourcils. Qui pouvait bien être cette Grâce Martel ? Allons. Il avait forcément une raison d'avoir noté cela, il ne l'inventait et cela ne venait pas de nulle part. L'Empereur soupira. Il s'acharnait à noter des choses qui possédaient un sens, mais s'il n'arrivait plus à comprendre la signification de ce qui devait lui servir d'aide mémoire, alors son cas était définitivement et réellement désespéré.

Il se leva et partit vers la salle du trône, espérant se souvenir sur le chemin de la raison qui l'avait conduit à noter ceci. C'est en voyant passer un griffon le long des tours du Palais qu'il se souvint. Martel, mais oui ! La première Voltigeuse de Bellifère ! La femme qui avait abandonné mari et enfants pour voler dans les airs, au mépris des coutumes du duché de la Guerre et au grand étonnement de tous, à commencer par Augustus d'Ibélène lui même, dont la famille venait elle aussi de Bellifère à l'origine, et qui ne pouvait manquer, curieux de nature, de s'interroger sur les motivations de la jeune femme.

Il l'avait donc mandé pour une audience ce jour ci depuis plusieurs semaines – ce qui expliquait pourquoi il ne retrouvait pas de raison logique pour ce jour précis. L'heure du rendez vous approchait – en fait, il était un peu en retard, mais les souverains peuvent se permettre de ménager leurs entrées. Il se dirigea donc vers la salle d'audience, plus petite et moins impressionnante que la salle du Trône, plus propre à une conversation. Les gardes ne parurent d'ailleurs guère surpris, comme s'ils attendaient sa venue, et annoncèrent en ouvrant la porte :

« Sa Majesté l'Empereur Augustus ! »

Augustus entra pour découvrir une jeune femme, de dix ans ou presque sa cadette. A présent, il ne pouvait manquer cette entretien. Il salua la jeune femme d'un signe de tête et indiqua un siège, avant de s’asseoir lui-même :

« Madame. » D'un ton un peu raide. Elle restait une femme. Les vieilles coutumes l'avaient marqué, lui aussi. « J'avoue que vous avez attiré ma curiosité, c'est pourquoi je vous ai fait mander. Avez vous fait bon voyage ? »
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Grâce de Séverac
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Je suis : Voltigeuse, major de la division d'Est d'Erebor, sigisbée de la cour d'Erebor, dame de Sombregemme, marquise d'Automnal

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Message Sujet: Re: La curiosité n'est pas que l'apanage des chats || Grâce   La curiosité n'est pas que l'apanage des chats || Grâce EmptyJeu 11 Fév - 0:52

Une convocation par l’Empereur d’Ibelin. Si Grâce l’avait déjà vu, à plusieurs reprises, ne serait-ce qu’à des évènements officiels requérant un grand nombre de voltigeurs pour assurer la protection de la Haute Noblesse du pays, elle ne pouvait pas se targuer de connaître Augustus d’Ibélène, ni même d’avoir échangé quelques mots avec lui – ou des banalités courtoises car son devoir l’exigeait pour remercier les voltigeurs. Aussi, cette convocation pour la moins inattendue avait, sinon perturbé, surpris Grâce. Que pouvait bien vouloir l’Empereur, qui avait très probablement bien d’autres devoirs qui le demandaient expressément, à une voltigeuse bellifèrienne sur laquelle bien des rumeurs courraient, et qui dont la vie n’était pas exempte de scandale ? Aux yeux de tous, y compris peut-être bien des siens, elle était indigne de la compagnie de celui qui gouvernait l’empire dans lequel elle vivait.

Elle savait sa valeur, mais elle ne souhaitait pas se voir reprochée son attitude par cet homme qui avait sa loyauté et sa confiance. Non pas par manque de conviction d’avoir fait le bon choix, simplement car on ne remettait pas une Majesté à sa place impunément. Et aussi difficile soit-elle, Grâce tenait à la vie plus qu’à toute autre chose. Et pourtant, on ne refuse pas une telle invitation. Qui n’en était pas réellement une : c’était un ordre, que de se rendre à son palais alors qu’il l’y conviait. Et si Grâce s’était affranchie de beaucoup de règles qu’elle n’approuvait pas, elle n’aurait jamais eu idée de ne pas respecter celle-là. Elle devait obéissance à son empereur, c’était là une certitude. Elle s’était donc présentée, à sa demande, au palais impérial.

Corail avait volé d’une traite de la caserne de Béllifère à Valkyrion, y déposant Grâce avant de lui dire qu’elle allait découvrir la ville, pendant qu’elle se confrontait à Augustus. Elle attendait patiemment debout, dans la salle où elle avait été conduite, s’inclinant devant son Empereur alors qu’il la saluait brièvement.

« Votre Grâce. »

Elle s’assit sur le siège qu’il lui indiquait, perplexe de ce qu’il attendait d’elle.

« Vous me voyez honorée d’être reçue ici. Le voyage s’est déroulé sans encombre, si bien que Corail – ma griffonne – a décidé de se dégourdir encore les ailes, en découvrant la ville à nouveau. »

Elle laissa le silence s’installer un bref instant, décidant de prendre les devants. Il ne pouvait ignorer la femme qu’elle était, et s’il désirait la recevoir, il ne s’en offusquerait surement pas. Du moins l’espérait-elle, car contrarier un empereur n’était pas chose à faire.

« Sans vouloir manquer à toutes les règles de bienséance, Majesté, que me vaut l’honneur d’être convoquée à vos côtés aujourd’hui ? Pourquoi cette curiosité, à quel sujet ? »
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Message Sujet: Re: La curiosité n'est pas que l'apanage des chats || Grâce   La curiosité n'est pas que l'apanage des chats || Grâce EmptyMar 16 Fév - 16:07

Le monde était composé de beaucoup de rouages, comme la société des hommes. Augustus le savait, c'était quelque chose qu'on lui avait appris. Connaitre et comprendre la structure sociale d'un pays, c'était savoir le gouverner ; c'était en fait une étape décisive dans la bonne gestion d'un empire. Il fallait ensuite connaître les traditions, l'huile qui faisait fonctionner la mécanique, pour ne pas commettre d'impair et continuer à faire fonctionner la machine. D'une certaine manière, il se voyait comme une sorte d'horloger, pas au niveau divin bien sur, ou comme une sorte d'artisan, garant du bon fonctionnement de la société. Un seul exemple, la vieille rivalité entre les ducs d'Erebor et de Sombreciel. C'était une tradition entre deux rouages, une mauvaise tradition, certes, comme s'il n'y avait pas assez d'huile ou comme si elle était mauvaise, inappropriée, mais une tradition tout de même. Augustus savait cela, il connaissait Erebor et Sombreciel, la personnalité de Castiel et d'Anthim, et c'est avec cela qu'il devait composer, pour éviter que les ducs ne se fassent la guerre – guerre dont il n'avait pas besoin de toute façon dans ce contexte troublé. Pour ça, il pouvait compter sur d'autres rouages, qu'il fallait parfois manier avec précaution, certains pouvant gripper la machine, tout partant alors de travers.

Voilà aussi, en partie, ce qui motivait sa décision et son envie de rencontrer Grâce Martel. Il n'était pas dans la tradition de Béllifère, d'où sa famille était originaire, de laisser une grande place aux femmes ; cet état d'esprit rejaillissait sur Augustus lui-même, élevé ainsi par son père, et par une mère qui considéraient qu'il allait de soit que les femmes devaient se cantonner à un rôle d'épouse. Même si cette attitude transparaissait un peu chez l'Empereur – sa mère, complètement effacée par son mari, n'avait guère donné l'exemple – il s'habituait peu à peu à considérer les femmes comme pouvant décider, diriger, voire, chose ô combien impensable pour la génération de son père, combattre comme les hommes.

Premièrement, Augustus comprenait cela parce qu'il était instruit, et curieux ; les traditions de Béllifère n'étaient pas communes à tout Arven, et il avait appris des autres duchés, qu'ils soient ibéens ou faës. Il avait également compris que l'attitude de sa mère n'était pas commune à tous : Chrysolde avait bien plus de force de caractère que l'ancienne impératrice d'Iéblène, sans parler de Catarine, qui lui causait tant de soucis...et Sixtine ! Où était donc passée sa petite fille ? Une jeune femme décidée et un peu dure, peut-être trop proche de sa mère sur le plan du caractère, l'avait remplacée. Etait-ce cela que redoutait le plus Augustus, puisqu'il savait qu'elle voulait lui succéder ? Ou bien le fait qu'elle soit une femme, justemment ? Sans doute un mélange de crainte envers la volonté guerrière de sa fille, et de sa femme, et le fait de son sexe. Viendrait peut-être un temps où cela changerait, ou ce serait la norme : si une femme comme Grâce Martel, une belliférienne, pouvait devenir voltigeuse, pourquoi est-ce qu'un jour, l'on ne pourrait pas imaginer une femme à la tête du pays ?

C'était entre autre pour tenter d'apporter la réponse à cette question qu'il avait invité Grâce, mais également dans le but de comprendre son parcours, et comment cela avait été possible.

« Les griffons ont de la chance. Vous en avez aussi. » Il sourit. « Enfant, je rêvais d'être voltigeur, mais ce n'était pas ce que le Destin prévoyait pour moi. Je voulais voyager, savez-vous ? Voler ou naviguer, sans doute. Cela ne s'est pas fait, mais je vous envie toujours un peu lorsque je lève la tête et que je vous vois, vous autres voltigeurs, tourner au-dessus des tours du Palais. »

Il n'y avait pas d'amertume dans sa voix, Augustus avait accepté son destin depuis longtemps. Peut-être un peu de nostalgie, ou de rêve ; c'était la dernière part de l'enfant imaginatif et rêveur que l'Empereur avait été.

Grâce Martel ne semblait pas ressembler aux femmes de caractère qu'il avait connu, et Augustus était un homme curieux. Non seulement de son parcours, mais aussi de ses opinions, et comme toujours, car il était toujours avide d'apprendre sur tout. Parler à une voltigeuse était une source importante d'informations pour lui, et il annonça franchement la couleur :

« Disons que je suis curieux, vous me pardonnerez cela. Je vois mon pays qui change, je vois les traditions qui évoluent, et moi, je dois composer avec cela pour gouverner, penser au plus près de mon peuple et de ceux qui le composent. » Il marqua une pause, et expliqua patiemment : « J'aime apprendre. Je dois le faire. Je suis Empereur, je porte une couronne, certes, mais je ne suis pas infaillible. C'est même précisément pour cette raison que je dois apprendre. » Il s'amusa de voir qu'il ne répondait pas réellement à la question et écarta d'un geste de la main, comme s'il ne leur accordait guère d'importance, ses propos précédents : « Votre parcours m'intéresse. Il est original ; nouveau. Il change. Et donc, si cela ne vous incommode pas, on pourrait dire, en bref, que je vous aie fait venir pour que vous me parliez de vous. »
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Message Sujet: Re: La curiosité n'est pas que l'apanage des chats || Grâce   La curiosité n'est pas que l'apanage des chats || Grâce EmptyJeu 25 Fév - 21:30

Grâce ne comptait pas passer par des détours, pour savoir ce qui lui valait d’être convoquée au palais impérial. Elle ne manquerait pas à la bienséance, mais elle n’était pas femme à laisser la conversation s’étendre, simplement pour ne pas affronter réellement la raison de sa présence, seule, ici. Si tous les voltigeurs avaient été convoqués, à la rigueur… Elle n’était pas anxieuse de ce qui l’attendait, simplement intriguée. Grâce ne craignait pas beaucoup de choses, à vrai dire. Et l’empereur n’était pas le premier sur sa liste de crainte. Pas même le second. Mais personne n’égalerait, en terme de cruauté, sa famille, et la famille de son promis, s’ils venaient à pouvoir, d’une manière ou d’une autre, remettre la main sur elle et la soustraire à ses engagements en tant que Voltigeuse. Elle ne verrait plus l’extérieur, si cela arrivait. Et personne n’y trouverait rien à redire. Elle était, après tout, belliferienne, et une femme belliferienne devait sagement séjourner chez soi, à élever ses enfants. Que les siens soient assez âgés maintenant pour se débrouiller n’y changeait rien. Et malgré son âge, elle ne pouvait être certaine de ne plus être féconde. Son avenir serait reluisant, si elle devait vivre encore auprès des Martel : enchainée à la marmite qui attendait le repas, tout en s’occupant de quelques cinq ou six gosses. Non, elle refusait d’y revenir. Et elle ne craignait rien davantage que cet avenir funeste, et le fait que sa famille remette la main sur elle.

Elle ne confierait toutefois rien des pensées qui agitaient son esprit à son empereur, cependant. Cela ne devait guère l’intéresser, pas plus qu’il n’avait de droit à connaître de telles choses. Grâce avait beau n’avoir aucune honte de sa conduite, décriée par beaucoup, s’opposer aussi fermement à l’idée de reconstruire une famille avec son époux ne pouvait s’envisager pour elle. Fuir la première avait déjà été suffisamment difficile, et elle le payait encore par bien des manières, quoi qu’elle le vive pleinement et sans se plaindre un seul instant. Mais avouer qu’elle n’agirait pas différemment ne ferait que la desservir. Assise devant lui, après les salutations d’usage, elle attendait donc qu’Augustus d’Ibélène lui adresse la parole, et lui explique pourquoi il l’avait fait mander. Bien qu’intriguée, elle ne l’interrompit pas, en l’entendant, se retenant cependant de froncer les sourcils. Était-il si improbable, pour un Empereur, de tenter de devenir Voltigeur ? Il n’était pas certain qu’un griffon ait voulu d’un homme amené à dédier sa vie à régner, plus qu’incertain même, mais peut-être aurait-il pu être l’exception qui confirme la règle ? Acquiesçant brièvement, Grâce regarda son Empereur sans détourner les yeux.

« Si Corail l’accepte, vous pourrez toujours survoler votre palais sur son dos, quelques instants, Majesté. »

La voltigeuse ne savait pas réellement quelle réaction il pouvait attendre, mais elle ne niait pas sa chance, ni le bonheur que c’était de voler sur le dos de Corail. Elle retint cependant sa pensée qu’il n’aurait eu qu’à saisir cette chance, et s’opposer au Destin. Le Destin n’avait pas prévu cela pour elle non plus, loin de là. Elle ne serait pas ici, si elle avait suivi sa Destinée. Mais il serait très malavisé d’évoquer cela à un Empereur. Il pourrait vouloir sa tête, pour insubordination. Ou vouloir la torturer, avant cela. Elle n’était pas son égale, un gouffre les séparait. Elle acquiesça cependant, brièvement, à la suite de ses propos. Elle ne pouvait pas dire le connaître, mais elle n’était guère friande des circonvolutions qu’il employait. Si elle n’était pas impatiente, elle n’était pas pour autant encline à délayer les choses. Elle haussa un sourcil surpris à l’entendre. Nouveau ? Il changeait, elle ne pouvait le nier, mais tous ses actes étaient de notoriété publique.

« Que voudriez-vous savoir, Majesté ? Il n’est inconnu de personne que j’ai fuit les terres de Bellifère, de même que mon époux et ma famille, pour me réfugier auprès des Griffons. Ma vie semble être un sujet de curiosité et victime du fiel des autres de manière intarissable. »
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Message Sujet: Re: La curiosité n'est pas que l'apanage des chats || Grâce   La curiosité n'est pas que l'apanage des chats || Grâce EmptyLun 7 Mar - 14:43

Devenait-il vieux ? Avant, il ne voulait pas apprendre, ou comprendre, il voulait faire et il faisait. Agir, réfléchir, étaient deux choses similaires pour Augustus, du moins au départ, du moins au commencement. C'était lorsqu'il savait, qu'il pouvait avoir confiance en lui et en sa mémoire. Aujourd'hui, parler, expliquer, connaître, voulait dire maitriser, voulait dire garder le contrôle sur le sujet dont il traitait et pourquoi il le traitait. C'était une sorte de tactique d'évitement, il contournait le problème qu'il avait, faisait avec. Augustus était fataliste, et un peu las. Il sentait les morceaux de sa vie lui échapper peu à peu, les uns après les autres, comme s'il ne pouvait rien faire pour les retenir. Il avait bien un problème, et peut-être aurait-il eu les moyens de le résoudre s'il avait abordé frontalement, mais parce qu'il pensait – peut-être à tort – qu'il n'y avait pas de solution et qu'il ne pourrait y en avoir, il s'était résolu à faire autrement. Peut-être était-ce plutôt ce fatalisme qui marquait sa vieillesse plutôt que son désir d'apprendre, car l'Empereur d'Ibélène avait toujours été curieux, et ce depuis son enfance.

Oui, il avait rêvé d'être voltigeur, et il y avait renoncé ; il ne le regrettait pas, car ce n'était pas sa voie. Son chemin était celui d'être Empereur, d'entreprendre, de diriger, de rendre aux Ibéens ce qu'ils lui donnaient en le laissant gouverner. Oui, Augustus avait été un grand empereur, et s'il employait le passé, c'est parce que définitivement, il se faisait vieux. Il avait encore une chance, peut-être d'agir, mais il perdait peu à peu avec sa mémoire l'esprit d'initiative, dynamique, presque guerrier, plus pacifique cependant que celui d'Atticus, son frère, qui l'avait conduit aussi bien à une grande modernisation d'Ibélène qu'à devenir un grand mécène pour les savants du pays. Pas facile, en même temps, lorsqu'on oubliait ses propres projets...Augustus était entré dans une sorte de cycle infernal. Plus il oubliait, et plus il pensait ne plus pouvoir se souvenir, et moins il se souvenait...Deux choses seulement lui tenaient encore à cœur : trouver un véritable héritier, et éviter la guerre. Pour cela, il fallait bien voir qui étaient ses alliés, essayer de trouver des arrangements avec ceux qui pouvaient le soutenir à Faërie et éventuellement, se renseigner ici à Ibélène. Et voir qui comptait, comment, et pourquoi, était également important.

Loin des moqueries et des rumeurs qu'il avait entendu – et en lesquelles il ne prêtait pas particulièrement foi, Augustus n'étant pas du genre à se laisser influencer par des racontars haineux, étant déjà capable de faire suffisamment de travail sur lui même pour passer outre les influences de sa propre culture – il avait une impression d'honnêteté alors qu'il parlait à Grâce Martel. Celle de quelqu'un qui avait essayé de faire son chemin en ne se reniant pas, sans pour autant écraser les autres. On aurait dit un vieil adage de son père. « Tu peux dire que tu as réussi, si dans ta vie tu n'as à t'excuser ni auprès des autres, ni auprès de toi. » C'était le credo d'Augustus, c'était ce qu'il avait essayé de faire. Regner efficacement et pour le bien de tous, sans jamais se renier lui même. Il pensait donc qu'il pourrait s'entendre avec Grâce Martel, et apprécia sa proposition concernant son griffon :

« J'en serais honoré. Je dois avouer que j'ai développé une certaine fascination pour le vol, d'où mon mécénat envers nos ingénieurs. Ils font des progrès extraordinaire, mais mes conseillers jugent que je dépense inconsidérément. Pensez vous que les projets de montgolfières et de dirigeables ont de l'avenir, chez les Voltigeurs ? »

Une question intéressante à poser à quelqu'un qui savait ce que ça faisait de voler. A terme au lieu de compagnies de diligences peut-être verrait-on des compagnies de ballons volant dans les airs. Cela étant, son esprit avait dérivé, ce qui lui arrivait de plus en plus facilement, il le craignait. Il dut faire un effort de concentration pour garder bonne contenance, se concentrer sur le sujet principal de la conversation, et ne pas s'arracher les cheveux de désespoir, ce qui eut été du plus mauvais effet, cela dit.

« Je connais les langues persifleuses ; elles ne m'intéressent guère, j'aime me faire mon opinion par moi-même, et entendre la vérité, pas les racontars déformés par la haine ou la mesquinerie des hommes. J'ai peur d'être moi-même issu d'un carcan de tradition tel que votre initiative m'étonne. D'où ma volonté de comprendre. » Il s'interrompit un instant. « Cela étant, je connais en effet, les principaux faits. La vraie question que je me pose est donc peut-être plutot pourquoi avez vous choisi de...changer de vie. Est-ce que j'emploie ici les bons mots, d'abord ? »
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Message Sujet: Re: La curiosité n'est pas que l'apanage des chats || Grâce   La curiosité n'est pas que l'apanage des chats || Grâce EmptyDim 20 Mar - 22:32

Mieux valait ne pas me poser trop de questions, et tenter de ne pas commettre d’impair, face à l’empereur. On m’avait enseigné la manière d’agir face aux plus grands de ce monde, mais nul n’était à l’abri d’une maladresse. Les choses semblaient se passer plutôt bien, cependant. Je le dévisageais, intriguée, alors qu’il me questionnait sur les moyens de voler… Chez les Voltigeurs ? Dans quel but ? Nous n’avions nullement besoin de tel artifice, pour voler. De plus, je n’avais que peu de connaissance, dans les savoirs. Jamais n’avais-je suivi de cursus à l’université, et je n’avais pas été formée à de telles connaissances, chez moi. Les béllifèriennes ne pouvaient prétendre à une telle chance, dans leur vie. Augustus d’Ibélène devait bien le savoir. Il était après tout originaire de Béllifère. Il n’était peut-être pas réfractaire à l’évolution, mais ses pensées d’homme béllifèrien étaient bien ancrées en lui. Sinon, comment pourrait-il poser une telle question, envisageant un seul instant que j’avais une réponse à y apporter ? Je ne pouvais pour autant pas lui signaler les choses de telle façon.

« Voudriez-vous voir des Voltigeurs non montés sur des griffons, Empereur ? Je n’ai malheureusement pas été à l’Université du Savoir, pas plus que l’on ne m’a réellement préparée à comprendre de telles choses, aussi ne suis-je pas certaine de pouvoir vous répondre. Je dois avouer n’avoir qu’une idée bien vague de ce dont vous me parlez, après dire, alors m’exprimer à ce sujet… Cela me semble bien trop ardu, et je ne suis pas certaine de pouvoir le faire. Si vous souhaitiez m’en dire plus, alors je serai ravie de savoir ce qu’il en est. »

Ou au moins pouvais-je dire que tel était le cas. J’avais souvent espionné les apprentissages de mes frères, davantage encore depuis que Freyja m’avait appris les notions basiques dont je pouvais avoir besoin dans la vie. Mais de là à affirmer que cela m’intéresserait ? Je n’en étais pas certaine. Il me faudrait savoir réellement ce qu’il en était, pour le dire. Peut-être ne comprendrais-je rien, après tout. C’était possible. Et il était donc possible que je m’en désintéresse pour cela. Comment réagirait-il face à mon ignorance, cependant ? Je ne le savais pas, mais il était inutile de me torturer à ce sujet.

Il me prit de toute façon totalement au dépourvu, par sa question suivante. M’interroger sur mes choix de vie ? Ce n’était pas nécessairement un sujet que j’abordais au delà des détails évidents connus de tous. Je m’efforçais de ne pas être méfiante, mais je ne pouvais m’empêcher d’être suspicieuse. Souhaitait-il se renseigner, pour en enfermer ma famille ? Me remettre entre leurs mains ? Ses propos semblaient aller dans un autre sens que celui la, mais comment savoir ? Je m’efforçais de ne pas me montrer réfractaire pour autant, aussi difficile que ce soit. Je ne pouvais refuser en bloc de lui répondre, de toute façon.

« Ils peuvent convenir, Majesté, je pense. La vérité n’est pas que j’ai changé de vie, j’ai tout simplement suivi une impulsion salvatrice donnée par une personne qui m’est chère, pour fuir cette vie de prisonnière. Ne pensez pas que je veuille vous déplaire en dépeignant les choses de cette façon, mais j’étais enfermée par des chaines, à ma manière. Chaines qui ont fini par me brûler, et me sembler insupportables, au détriment des maigres bienfaits que cette vie avait à m’offrir. Je n’ai pas choisi ce changement, j’ai simplement cessé de subir ce que l’on voulait m’imposer. Je n’appartiens pas à mon mari, Majesté. Je m’appartiens, et j’aurai pu accepter de lui céder une part de moi et d’accueillir une part de lui. Mais ce choix ne m’a pas été offert. Pas plus que la façon dont j’étais traitée. Bien des femmes sont plus malheureuses que je ne l’étais, ça ne m’en a pas rendue heureuse pour autant. Et ma tolérance a été atteinte, je ne m’en étais simplement pas rendu compte avant. »

--

L'Empereur et moi conversâmes longuement, bien que sa demande ne me soit pas clarifiée. Savait-il seulement lui-même pourquoi il désirait savoir cela, et pourquoi il me convoquait ? Je n'aurai su le décider, mais je sortais de cette rencontre confuse et intriguée par cet homme éminent.
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