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 Courroux d'Ansemer

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Bartholomé d'Ansemer
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Message Sujet: Courroux d'Ansemer   Courroux d'Ansemer EmptyMar 26 Juin - 22:44


   
Livre III, Chapitre 4 • La Légion des Oubliés
Bartholomé d'Ansemer & Jehanne d'Ansemer

   
Courroux d'Ansemer

   
La fin d'une famille et le deuil des possibles

   


   
• Date : 13 juillet 1003
• Météo (optionnel) : Il fait soleil encore au matin, mais le temps est lourd
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Bartholomé a reçu des aveux de son frère la veille. Il l'a ensuite exilé. Il reste à s'occuper du cas de la duchesse, de Jehanne.
• Recensement :
   
Code:
• [b]13 juillet 1003 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3891-courroux-d-ansemer#144445]Courroux d'Ansemer[/url] - [i]Bartholomé d'Ansemer & Jehanne d'Ansemer[/i]
Bartholomé a reçu des aveux de son frère la veille. Il l'a ensuite  exilé. Il reste à s'occuper du cas de la duchesse, de Jehanne.
   

   


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Message Sujet: Re: Courroux d'Ansemer   Courroux d'Ansemer EmptyMar 26 Juin - 22:51

Le soleil est levé depuis quelques heures, mais le palais est encore calme. Bartholomé est debout depuis un moment, s’il a seulement dormi. A-t-il réussi à fermer l’oeil, après avoir portaillé depuis Le Bertin en direction du palais en fin d’après-midi la veille? Rien n’est moins certain. Après la colère retombée, après la nausée des aveux de Bertin, il est épuisé, mais il n’arrive pas à fermer les yeux et se laisser sombrer dans les limbes d’un sommeil qui lui ferait pourtant du bien. Il n’a pas retouché l’alcool, cette fois. Lucide, les idées au plus clair, alors qu’il a fait venir tour à tour l’un de ses conseillers et l’un de ses législateurs.

Le matin est là, et dans le calme du palais, dans le silence de l’annexe où est gardée Jehanne, ses pas résonnent sur les planches des longs couloirs. Ses pas qui ont échos le son de celui qui l’accompagne, l’un de ses conseillers, et des deux gardes qui les suivent. Il ne dit rien, le duc, et ils le suivent dans le silence qu’il impose. Le silence qui a des allure de sentence, ce matin. Le silence qui est lourd, pesant, envahissant.

Combien de fois s’est-t-il rendu aux appartements de sa femme depuis qu’il l’a contrainte au repos forcé? Souvent. Beaucoup plus souvent qu’il ne l’a jamais visité ces dernières années. Qu’elle belle ironie que ces sentiments qu’il se découvre finalement alors qu’ils sont impossible à vivre. Alors que plus jamais sa femme ne les acceptera, alors que lui-même se doit les ignorer. Les ignorer, C’est ce qu’il a fait toutes ces années, pourtant, pourquoi est-ce plus difficile à présent? Parce qu’il se rend compte que ce qu’il croyait acquis lui a toujours échappé, peut-être?

Les gardes s’écartent. Il y a un regard surpris qu’ils s’échangent devant le cortège qui est inhabituel. C’est d’ordinaire Bartholmé seul qui vient, parfois un quelconque médecin accompagné d’un autre garde, autrefois Bertin. Ce dernier ne viendra plus. Il s’écartent, sans rien dire, et Bartholomé entre, les autres à sa suite. Le petit salon qui s’ouvre comme première pièce des appartement est vide. Il n’y a que les rayons du matin qui traversent les fenêtre dont les rideaux sont resté ouverts. Il y a un certain malaise qui tenaille le duc en rentrant. Un malaise sur lequel il refuse de s’arrêter mais qu’il sent bien, qui serre son coeur, qui rendrait bien plus difficile ce qu’il s’apprête de faire si tout n’était pas déjà finalisé. Il cligne des yeux et serre la mâchoire. Il n’est pas temps de s’arrêter sur des souvenirs et les brumes de la nostalgie. La porte de la chambre de la duchesse est fermée. « Attendez-moi ici. » que le duc ordonne, laissant son conseiller et ses gardes dans le petit salon alors qu’il le traverse jusqu’à la chambre.

La main sur la poignée n’hésite pas, alors qu’elle tourne, qu’elle ouvre la porte, et qu’il entre. Jehanne est là, debout avec Océane. Encore dans ses habits de nuit, qui dévoilent son ventre bien rebondi, qui porte l’enfant de son frère. Bartholomé s’avance, sans s’arrêter, et Océane n’a d’autre choix que de s’écarter alors qu’il rejoint la Lagrane. C’est le son de la gifle qu’il lui assène qui résonne bien fort qui se fait entendre en premier. Sa main s’est levé alors même qu’il s’avançait, son geste s’est effectué alors qu’il arrivait à porté de bras de sa femme. Elle n’aurait pas pu l’éviter qu’elle l’aurait souhaité. La gifle est puissante, sentie, violente, elle laissera immédiatement sa marque sur la joue de la femme. Bartholomé lui laisse tout juste le temps de se reprendre, ne lui laisse pas la chance de parler, de s’objecter, qu’importe, qu’il lui tend un parchemin négligemment plié. « Tu as ce que tu voulais. Tu n’es plus ma femme. » Quand elle dépliera le document pour lire les mots qui auront été soigneusement rédigés - par le législateur du duc, autrement la plume de Bartholomé aurait gratté le papier jusqu’à le déchirer - elle aura devant elle l’acte officiel de sa répudiation. N’était-ce pas là ce qu’elle avait espéré, depuis le jour même de leur mariage?

Son regard dérive sur Océane, encore une fois sans laisser la chance à Jehanne de répondre. « Habille-là. » De nouveau vers la Lagrane. « Je vais attendre au salon. » Et il sort.

Il sort, et il referme la porte, avec force, sans la claquer toutefois. Son conseiller et ses gardes ne bougent pas, ils ont entendu le court échange, mais surtout ils savent, ce qu’ils sont venus faire. Ils attendent, eux aussi, que la duchesse qui n’est plu les rejoigne.


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Message Sujet: Re: Courroux d'Ansemer   Courroux d'Ansemer EmptyMer 27 Juin - 15:04

Les jours et les semaines passent. Les visites se font de moins en moins régulières, de plus en plus erratiques. Quelques médecins viennent, affirment que tout va bien en trois minutes – Jehanne a compté les secondes. Puis c’est le silence, autour. Elle en vient à le haïr, ce silence, lui qui lui a empli la bouche, scellé les lèvres pendant plus de treize ans ! Elle en souffre, maintenant qu’elle n’a même plus le murmure du palais autour d’elle : de temps à autre, elle peut entendre un mot ou deux glissés par les gardes à l’extérieur, mais autrement elle est seule. Alors, les seuls sons qu’elle entend, confinée aux trois pièces en enfilade que composent ses appartements, ce sont ses pas sur le parquet, sa respiration et celle d’Océane. Ce sont les bruits du tissu qui bouge quand elle bouge, des fenêtres que l’on ouvre et des rideaux que l’on tire.

Mais sinon, rien. Elle s’use dans son silence. Elle commence à fatiguer de cette punition qu’elle a imposé à Bartholomé, pensant que l’ignorer superbement finirait par le lasser, l’amener à bout : n’était-ce pas là tout son but ? Le faire souffrir, instiller en lui autant de douleur qu’il en a causé. Mais elle n’a rien d’une tortionnaire, Jehanne. Elle ne sait pas comment s’y prendre. Et puis il y a eu cette nuit de juin. Ces mots, poussés par l’alcool pour lui et les souvenirs pour elle. Ces mots qui l’ont dévastée, plus sûrement que son indifférence n’avait su le faire. Il n’a pas l’air de s’en souvenir, quand il vient. C’est bien.
C’est mieux comme ça.

Depuis cette rencontre, cependant, on le voit bien : la duchesse dépérit. Son corps ne semble plus rayonner, de déjà frêle il glisse vers le franchement fragile. Elle a de fréquents évanouissements, du mal à se soutenir plus d’une dizaine de minutes sans que la tête ne lui tourne. Son visage est pâle, plus qu’à l’accoutumée, des cernes sombres sous son regard bleu le soulignent. Nuits sans repos. L’enfant est toujours là, à grandir : si ce n’était pour lui, elle serait dans un état encore pire. Parce qu’elle veut y croire, la blonde lagrane, à la félicité qui suivra l’enfantement. Elle veut y croire.
Elle se réveille quelques minutes avant l’aube, ce matin. Comme tous les matins, Océane est là. Elle essuie les larmes qui ont coulé dans la nuit, mais ne demande pas. Car comme tous les matins, elle a entendu dans la nuit les larmes et les pas de la duchesse. Elle a entendu les mots murmurés, les réflexions cachées. Et s’il lui est arrivé par le passé de rapporter certaines choses au duc, ces confidences-là resteront secrètes.

Ce matin-là n’est pas comme les autres. Jehanne peine à se lever. Le manque de sommeil brûle tout son corps, le manque d’envie de vivre et la peur pour son amant, toujours un peu plus grande chaque jour, la rongent, à tel point qu’elle pourrait décider de rester alitée. Qu’est-ce que ça changerait, de toute manière ?

La porte s’ouvre. Jehanne n’a même pas le temps de se rendre bien compte de ce qu’il se passe. Elle sent juste Océane qui s’écarte, la laissant sur ses jambes qui ne sont plus bien sûres. Elle n’a pas la moindre idée de ce qu’il se passe. Juste que sur sa joue, violente, brûle la marque d’une gifle. Elle marque vite, la blonde à la peau diaphane. Ca sera difficile à cacher. Elle manque de tomber sous le coup, usant de toute la force qu’elle sait ne pas posséder pour longtemps pour tenir debout. Ses doigts fins s’emparent du parchemin – condamnation et libération.
L’angoisse l’étreint. Elle a du mal à respirer. Elle voudrait parler, Jehanne, mais rien ne sort de ses lèvres. Il ne lui en laisse pas le temps, disparaissant déjà – et Océane qui s’affaire, autour d’elle, le regard désolé. Elle n’a pas la moindre idée, l’Ansemarienne qui l’aide à passer une robe convenable – d’un bleu qui rehausse les yeux ternes et efface quelque peu les cernes de son teint – de ce que cette gifle et ce parchemin veulent dire.
De ce que le départ d’un bateau, hier, veut dire.
De ce que l’absence veut dire.
Et elle voudrait se battre, mais n’est-ce pas ce qu’elle a toujours désiré ? Pourquoi voudrait-elle rester enchaînée à cet homme-là, alors qu’elle aime ailleurs ?
La vérité est bien souvent plus compliquée qu’il n’y paraît.

Jehanne ne sait pas à quoi s’attendre, une fois habillée convenablement. Elle ne sait qu’une seule chose. Que sa revanche, que sa douleur, que tout ce qu’elle voulait lui faire, il s’en est fait maître : elle était partie en guerre contre lui, et c’était à peine si elle l’avait touché.
Elle a perdu.
C’est la tête haute mais le regard angoissé, triste et craintif, suivie d’Océane, qu’elle se présente au salon – dans des appartements qui bientôt ne seront plus siens.



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Message Sujet: Re: Courroux d'Ansemer   Courroux d'Ansemer EmptyJeu 28 Juin - 2:43

Il attend. Devant la fenêtre qui donne sur la mer. La mer qui semble s’agiter doucement. Mais le soleil est encore là dans le ciel, malgré les nuages au loin qui semblent se rapprocher. Plus tard ils couvriront de leur ombre la lumière et les cieux deviendront gris. La mer dansera cette violente valse que redoute les marins. Le tonnerre retentira et la pluie viendra s'abattre sur la capitale. Écho de la colère du duc et des larmes de celle qui aura longtemps été sa femme. Écho du déchirement de la famille d’Ansemer et du deuil des coeurs qui n’ont jamais appris à s’aimer.

Le bruit de la porte qui s’ouvre. Le bruit des pas qui sortent de la chambre pour venir s’immobiliser. Il se retourne lentement, pour voir Jehanne parée d’une belle robe bleue. Le bleu des océans, le bleu d’Ansemer qu’elle n’est plu. Elle n’a plus l’éclat des fleurs qu’elle avait jadis, il s’est assuré de faire faner ces dernières en elle, mais il ne peut s’empêcher malgré tout de la trouver belle, belle et digne, digne de ce titre de duchesse qu’elle vient de perdre, qu’il vient de lui retirer. Sa gorge se noue, les mots s’entremêlent avant même de se rendre sur sa langue. Il reste muet un instant, et le silence, le silence qui les a suivi si longtemps dans cette relation qui n’avait qu’un dénouement possible, le silence les enveloppe une nouvelle fois. Il est doux, et horrible à la fois. Il est à la fois d’espoirs et de condamnation. Il est d’attentes. De possibles. Ses yeux viennent trouver le regard de la Lagrane, s’y plonger.

Oh, il aimerait que tout soit différent. Il aimerait qu’il n’est jamais été ce mariage qui les a détruit, ce mariage qui les a plongé trop tôt dans des sentiments qui auraient pu être autres s’il leur avait été permis d’attendre. Il l’a déteste autant qu’il l’aime. Il déteste ce qu’elle est devenue autant qu’il est encore amoureux de celle qu’il a rencontrée. Les deux s’entremêlent et s’il se laisse flancher et écouter les cris de son coeur déchiré il pourrait se laisser aller à la laisser partir ainsi. Il pourrait se laisser aller à tenter de la regagner, à nouveau, réellement.

Ce n’est pas sa voix qui brise ce moment. Il en est incapable. Les mots se voudraient vengeance sur sa langue mais ils meurent avant d’avoir un son. La colère ne l’avait pourtant pas empêché de prononcer d’une froideur glaciale la sentence de son frère, alors pourquoi se retrouvait-il interdit, à présent?
C’est la voix de son conseiller qui détruit le silence. Sans émotions, sans empathie. Il fait la lecture d’un parchemin qu’il tient entre ses mains. « Jehanne de l’Ancre-Fleurie, anciennement Jehanne d’Ansemer, vous êtes formellement accusée par la justice de la couronne ducale d’Ansemer de haute trahison face à Sa Grâce le duc Bartholomé d’Ansemer. Il vous est reproché, alors que les liens sacrés du mariage vous unissaient toujours, d’avoir entretenue une liaison adultère avec le frère de Sa Grâce, Bertin, alors encore prince d’Ansemer, et d’avoir comploté pour placer sur la lignée de succession les enfants adultérins fruits de votre union. Vous êtes aussi accusée d’avoir souhaité la mort de Sa Grâce le duc et comploté pour reprendre son trône. Vous êtes assignée à résidence sans contact et sous haute surveillance jusqu’à la date de votre procès où vous serez jugée par un conseil nommée des bons soins du duc. » Son regard quitte le parchemin, se lève vers Jehanne. « Que Levor veille sur vous. »

Ansemer. Il est duc d’Ansemer. Un duc sans frère ni femme. La tête du plus grand duché de Faërie, du continent même, d’une des plus belles flottes de navires de tout Arven. Le duc des océans, descendant des élus de Messaïon. Que son coeur se brise et que les larmes de ce qu’il a perdu, de ce qu’il a détruit, tâchent ses draps la nuit, mais que la force de la mer et la violence de ses tempêtes coule dans ses veines le jour venu. Que les vagues balaient sur le rivages les épaves pour bercer les plus belles et vaillantes vivenef sur ses flots.

Est disparu dans son regard cette lueur de regret, remplacée par une rigidité glaciale. Les bras croisés sur son torse, le corps droit. « Vous serez directement escortée jusqu’à vos nouveaux appartements. Océane pourra rester avec vous si elle le désire.  » Son regard glisse sur la jeune femme qui a été tout ce temps aux côtés de la Lagrane. Elle y comprendra que le choix qu’il lui laisse est celui de partager l’emprisonnement de celle qu’elle sert, aux mêmes conditions, ou de quitter son service.
À Jehanne il n’offre pas de choix, sinon peut-être celui de se battre pour survivre et permettre à l’enfant de sa perte, sur lequel sa condamnation ne s’applique pas, d’un jour naitre et donner valeurs à tous les sacrifices qu’elle aura eu pour lui.


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Message Sujet: Re: Courroux d'Ansemer   Courroux d'Ansemer EmptyJeu 28 Juin - 15:11

Elle attend l’annonce, l’ex-duchesse. Le regard haut qu’elle ne baissera pas, elle attend. Elle n’ose pas regarder le duc, de peur qu’il ne trouve une faiblesse à exploiter dans ses yeux, dans sa posture, que sait-elle ! Elle ne peut juger de ses réactions, et le silence qui les entoure alors que la porte se referme et qu’il ne reste plus que quelques secondes avant que la sentence ne tombe est un silence jubilatoire. Oh, elle en est sûre ! Elle sait quelle joie et quel plaisir enfantin, malsain, il a toujours pris à la faire souffrir. Elle n’imagine pas un instant qu’il puisse être silencieux pour une autre raison que parce qu’il savourait sa victoire. Elle ne le voit pas, refusant de simplement baisser le regard sur lui, mais elle l’imagine tellement bien que l’image mentale est sûrement proche de la vérité : le sourire suffisant, les éclairs de son regard, les traits détendus dans la certitude de la douleur infligée.

Elle ne cille pas, alors que le législateur énonce et détaille les atrocités prétendument commises. Son visage reste impénétrable, mais déjà son corps vacille quelque peu, presque imperceptiblement. Océane se rapproche cependant. La colère monte. Ses lèvres se serrent un peu. Si, face au fait accompli, à l’amour qu’elle avait porté au frère plutôt qu’à l’époux donné par la mascarade qui avait ruiné leurs vies, elle ne démentirait pas en face d’un tribunal, le reste n’était que mensonges. Et c’était elle qui venait du duché voisin. Assurément, pour tisser un tel tissu de lagraneries, les ducs ansemariens avaient quelques talents également.

L’assignation à résidence la fait grandement sourire, intérieurement. Comme si ce n’était pas ce qu’elle vivait depuis plusieurs mois. Comme si ça allait la toucher, même, de simplement quitter une prison pour une autre ! Non, ce qui la fait plus frémir, ce qui la paralyse plus, c’est le conseil face auquel elle devra se présenter. Si elle peut plaider son innocence sur plusieurs sujets, elle ne saura nier la relation avec Bertin. Les mages le détecteraient. Enfin, si ceux-ci sont présents…. Jehanne, déjà, soupçonne une parodie de conseil, pour une condamnation allant forcément en faveur du duc. Son destin est déjà scellé. Pourquoi continuer la mascarade ? Il a décidé de quoi il voulait l’accuser, comment il voulait la voir tomber.

Il prend enfin la parole, concernant Océane. Le choix n’est pas laissé à la blonde lagrane. Mais Océane n’est pas stupide, elle ne va pas –
« Je resterai à ses côtés, Votre Grâce. »
Ah si. Stupide. Jehanne tourne la tête vers elle, la secouant. C’est presque dans un murmure qu’elle répond.
« Tu ne restes pas. Tu n’as rien à voir là-dedans. C’est ma faute, je la porterai jusqu’au bout, et seule. »

Seule. Son enfant n’aura pas à subir l’horreur qu’a fait sa mère, n’aura pas à subir le courroux de son oncle. Océane, à ses côtés depuis maintenant quatre ans, n’aura pas à supporter cet enfermement parce que son ex-maîtresse a osé aimer, un jour ; elle n’aura pas à sentir sur ses épaules le poids du secret devenu peine. « Tu as déjà bien vécu assez de tourments. »
Les mots ont été dits sur un ton doux, presque peiné, et son sourire est si triste ! Elles auraient pu être amies, les deux jeunes femmes. Leurs cinq années d’écart n’est pas le plus grand des problèmes, et maintenant que Jehanne a retrouvé son rang de fille de comte, les voilà à égalité. Elles auraient pu être amies, ça se voit dans l’affection que leurs mots portent.
De toute manière, Océane sait que son ex-duchesse ne peut pas aller bien loin sans son aide. Depuis tout à l’heure déjà, elle semble chanceler, se raccrocher à la conscience avec le plus de force qu’elle peut.

Les yeux bleus de celle qui fut son épouse pour un temps se posent sur Bartholomé pour la première fois. Elle sait qu’il n’est pas aussi doué que d’autres dans l’art de lire les mots qu’elle y cache. Le regard sera court, avant qu’elle ne baisse les yeux. Tu auras eu ce que tu voulais. Du début à la fin. Je n’arrive même plus à haïr ta présence. Sois-en fier.
C’est mieux s’il ne devine pas.

« Autre chose dont je devrais être mise au courant, votre Grâce ? » le terme lui arrache la bouche, elle pourrait en vomir du sang à ses pieds, déjà pas bien stable. Le monde tourne, mais elle s’accroche encore vaillamment.



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Message Sujet: Re: Courroux d'Ansemer   Courroux d'Ansemer EmptyDim 1 Juil - 4:45

Il la regarde, recevoir les charges desquelles il l’accuse. Ces accusations qui sont à demi-vraies. Ces accusation que sous la colère et la douleur il a multipliées. Elle ne pourra pas nier sa relation avec Bertin, à tout le moins. Elle ne pourra pas nier que l‘enfant qu’elle porte est bien celui de son frère. Des mages de sang pourraient aisément le confirmer. Il doute avoir besoin d’en arriver là. Il n’ira pas là pour Bertille. Ou si. Si c’est ce qu’il lui faut pour continuer de prétendre qu’elle est sienne, s’il lui faut corrompre un mage de lignée pour certifier qu’elle est sa fille, si les doutes venaient à fragiliser la confiance du peuple en son héritière, il le ferait. Il le ferait pour cette enfant qu’il aime malgré tout. Malgré la douleur qui brise son coeur de savoir qu’elle n’a jamais été sienne.

Il regarde Jehanne alors qu’elle accuse les charges, presque sans ciller. Mais il croit sentir quelque chose chez elle, la peur, le doute? Océane l’a ressenti aussi, alors qu’elle s’était rapproché de la Lagrane. Elle n’y répond rien, aux accusations, et s’il s’en attendait c’est un silence qui le frappe malgré tout. Qu’aurait-il souhaité? Qu’elle nie? Qu’elle l’accuse à son tour de lui donner des intentions qu’elle n’avait jamais eu? Il sait qu’elle ne dira rien, comme elle sait assurément  qu’il ne l’aurait pas écouté. C’est un démenti qu’elle se vaut mieux de garder pour le procès, après tout. Un procès qui ne risque certes pas de l’innocenter, mais qui a tout le moins l’écoutera.

Et Océane décide de rester, mais Jehanne lui refuse. Bartholomé ne rajoute rien. Si elle préfère être seule et refuser la seule compagnie qu’elle aurait pu avoir pour la tirer de la monotonie des jours à venir, soit. Bien déterminé à ne même pas aller la visiter, dans cette seconde prison qu’il lui inflige. Parce qu’il sait aussi qu’il pourrait céder, s’il y allait. Loin. Rester loin d’elle est mieux. Et plus vite tout ceci sera terminé, quand il sera officiellement débarrassé de celle qui aura été sa femme et sa duchesse, comme il l’est à présent de son frère, mieux et plus simple tout sera.
C’est ce qu’il croit. Ce qu’il veut croire, du moins.

Ses mots, sa voix, alors qu’elle s’adresse à lui finalement, n’ont pas l’écho des souvenirs qu’ils ont partagés. Cette fois son timbre n’éveille pas chez le duc la nostalgie et les possibilités détruites. Dans le court regard qu’elle lui offre, il ne lit pas les mots qu’elle y cache. Trop aveuglé par toutes ces choses qu’il voit à présent en elle. Trop aveuglé par le reflet de son frère qu’il y devine.
« Non. Ce sera tout. » Il n’y a rien à rajouter. Ou si. Il y aurait tant de chose à rajouter. Mais il ne dira rien. Il ne dira rien de l’exile de son frère et de son bannissement, qu’elle finira peut-être par apprendre ou alors qu’elle ne découvrira que beaucoup trop tard. Il ne dira pas qu’il sait aussi pour Bertille mais qu’il n’a pas l’intention de leur rendre cette enfant qu’il s’approprie. Il ne dira pas qu’il redoute l’instant où il ira la chercher en Lagrance et qu’il devra expliquer à la fillette en larmes qu’il ne lui sera plus possible de revoir son oncle, et possiblement même sa mère. Il ne dira pas qu’il craint que Bertille le déteste, alors qu’elle sera beaucoup trop jeune pour comprendre le drame qui aura déchiré sa famille.

« Escortez-la. » Il s’adresse à ses gardes, qui hochent la tête avant d’inviter Jehanne à les suivre. Bartholomé les laissera partir, tous, avant de se retrouver seul dans ces appartements qui lui sembleront bien étranges soudainement. Les larmes voudront monter à ses yeux pour déferler sur ses joues mais il leur refusera ce droit. Seul. Il ne sait vraiment comment Ansemer réagira quand la nouvelle du bannissement du prince, de la répudiation de la duchesse et des accusations portées à la Lagrane feront le tour des rues. Il espère qu’en agissant ainsi il démontrera qu’il n’est pas duc à se laisser manipuler, et qu’il ne redoute pas de prendre les mesures nécessaires pour que justice soit faite.

Il ne sait pas, jusqu’à quel point son peuple le soutiendra. Il est seul, à présent, réellement seul, à la gouverne de son duché. Et ses gens, Ansemer, c’est tout ce qu’il lui reste.
Ansemer et Bertille.


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Message Sujet: Re: Courroux d'Ansemer   Courroux d'Ansemer EmptyDim 1 Juil - 12:41

Tenir encore. Juste un peu. Ne pas lui laisser, à lui ou aux autres – les gardes, le législateur présent qui semble presque se moquer d’elle -  une simple chance de l’atteindre. Tenir encore un peu, Pour qu’ils ne devinent pas le mal qui s’est infiltré en elle, la faiblesse que certains nommeraient tristesse et qui ronge son corps. Ses pieds sont faibles, ses jambes peinent à la supporter. La voix de celui qui a été son époux résonne dans ses oreilles et se démultiplie, comme amplifiée par un millier de murs nus portant le son. Sa voix, à elle, tremble et lui fait du mal quand elle parle. Son souffle s’amenuise un peu : Bartholomé est inatteignable dans cet état.
Le cœur lourd de cette chape de secrets dont il a seulement retiré une pièce violemment, la tête légère et pleine d’envies qu’elle ne prononcera jamais et sur lesquelles elle n’agira pas, elle ne fait que s’incliner face à sa décision.

Jehanne regrette que tout se termine comme ça. Ils avaient tout pour bien partir, pour former un couple uni et solide, si on leur en avait laissé le temps : elle lui a toujours trouvé l’esprit vif, l’amour de son duché, l’envie de bien faire et la possessivité d’un homme qui place tous ses espoirs en ce qu’il croit. Elle connait ses colères, sait qu’il ne reculera devant rien. Elle connait son entêtement. En treize ans, ce qu’elle a pu vivre de lui, de sa fougue et de ses envies lui ont bien appris. Elle le respecte, au fond d’elle. Elle le respecte pour le duc qu’il est, pour l’homme qu’elle connait.
C’est trop tard, pour lui dire. Trop tard pour lui avouer qu’elle le hait autant qu’elle le respecte. Que s’ils avaient eu le temps, s’ils s’étaient parlés, si seulement après leur mariage l’un ou l’autre avait pris le temps de mettre les choses au point, ils n’en seraient pas là : son cœur lui appartiendrait encore entièrement, pas seulement cette partie qu’elle s’efforçait de s’arracher. Elle porterait son enfant. Et elle a beau aimer Bertin, les peurs de ne l’avoir pris que pour sa proximité à l’époque sont tenaces, depuis un mois.
Jehanne ne dira plus rien, mais son esprit commence à s’embrumer. Sa vision se trouble, se pare d’un voile noir et des cloches vibrent à ses oreilles. Elle suit les gardes d’un pas lent, chancelant. A peine a-t-elle dépassé la porte qu’elle sent ses jambes ses dérober sous elle et qu’elle doit se raccrocher au garde le plus proche. Son souffle est court, son front semble luire légèrement de transpiration. La fatigue est grande.

« Soudaine faiblesse. Excusez-moi. »
marmonne-t-elle alors qu’ils la redressent presque doucement.

Les portes ne sont pas refermées, encore. Affligeant spectacle d’une dame détruite. Peut-être est-ce là la punition des dieux : sa chute voulue, pour l’enfant qui grandit en elle. Mais les dieux n’avaient jamais voulu des enfants de Bartholomé – pourquoi faire souffrir ceux de son frère ? Parce que son cœur désormais avait l’allégeance chancelante ?
C’est soutenue plus qu’escortée  par les gardes qu’elle s’éloigne, jusqu’à ces appartements où elle restera emprisonnée jusqu’à son procès. Ils sont petits, et comparés à ceux où elle a vécu autrefois, c’est déjà ironique. Lorsque la porte se referme, elle est seule. Définitivement seule.
Elle titube jusqu’au lit, la tête lourde et légère à la fois, un goût de cendre dans la bouche. Lorsqu’elle ferme les yeux, le monde tourbillonne.
Lorsqu’elle pleure, les larmes lacèrent ses joues. Elle ne sait pas ce qu’Océane deviendra. Elle ne sait pas ce que Bertin est, ce qu’il fait, ce qu’il adviendra. Elle ne sait pas.

Son corps est épuisé, son esprit pas loin d’être déchiré. Déchiré par ce silence, par les heures qui passent alors qu’elle somnole et émerge, qu’elle bouge sans bouger. Elle entend des pas, quelquefois. Des éclats de voix, autour. Des mots rêvés.
Elle pourrait oublier comment ça fait, de parler, jusqu’à son procès.
Elle pourrait oublier comment vivre.
Quoi que ça, c’est déjà fait.



Tomorrow's been slipping away and nothing remains.




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