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 Il ne faut jamais dire, fontaine, je ne colorerai pas ton eau.

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Message Sujet: Il ne faut jamais dire, fontaine, je ne colorerai pas ton eau.    Il ne faut jamais dire, fontaine, je ne colorerai pas ton eau.  EmptyMer 3 Fév - 13:15




Livre I, Chapitre 2 • Le Carnaval des Miracles
Lucille Sombrefiole & Melbren de Séverac

Il ne faut jamais dire, fontaine, je ne colorerai pas ton eau. 

Ou quand deux terroristes passent la soirée ensemble.




• Date : 31 Janvier 1001
• Statut du RP : Privé (flashback)
• Résumé : Après la fête d'anniversaire de Chimène, Melbren entraîne Lucille dans les rues de la capitale de Faërie avec la ferme intention de passer une bonne soirée et de fêter dignement leurs retrouvailles. Mais est-ce une bonne idée de laisser ces deux là en liberté ? Demandez donc à certains professeurs de l'Académie ce qu'ils en pensent.




Dernière édition par Melbren de Séverac le Mer 3 Fév - 14:18, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Il ne faut jamais dire, fontaine, je ne colorerai pas ton eau.    Il ne faut jamais dire, fontaine, je ne colorerai pas ton eau.  EmptyMer 3 Fév - 13:18

L’ombre de la fête traîne, s’éternise, comme pour donner le change, mais personne n’est dupe, la soirée est finie. L’heure n’est plus aux réjouissances, et si quelques écornifleurs et pique-assiettes sont encore ravis de se remplir avidement la panse aux frais de la princesse, la plupart des convives déserte doucement l’immense salle de réception. Certains regagnent leurs appartements, d’autres flânent un peu de ci de là, plongés dans de sombres pensées, la plupart se dirigent vers les portails pour rentrer chez eux, un peu partout en Arven. Moi même, un instant, je pense à rentrer, mais il est encore si tôt et cette soirée m’a laissé sur ma faim. Et puis on me salue, une voix familière, je me retourne et un sourire radieux illumine mon visage.

Quand je disais que personne n’était dupe, voilà quelqu’un qui pourrait bien me donner tort, je suis si heureux de la voir ici, à cette fête qui n’en est plus une mais qui le redevient, juste par sa présence.

Lucille, quelle bonne surprise !

J’attrape sa main et la fait tournoyer un peu pour l’admirer, ça fait bien trop longtemps que je ne l’ai pas vu. Si je m’attendais à la retrouver ici. C’est réellement une surprise de la voir, excellente mais inattendue. J’en reste quelque peu muet, le temps de l’observer, de l’écouter deviser, guillerette et un peu éméchée. Je devine à l’une de ses réflexions qu’elle n'est pas présente depuis le début de la fête. Une autre, tout bas, évoque une Kitty, sans doute son amie Quitterie, qu’elle semble chercher du regard. Puis elle se tourne finalement vers moi en souriant, faisant remonter d’une remarque innocente quelques souvenirs rocambolesques. Un manque de fantaisie hein ? C’est sur que nos extravagances en surabondaient tellement que de banales bêtises d’étudiants doivent paraître bien fades à coté. Cela fait combien de temps maintenant que nous avons quitté l’académie ? Trois ans ? A une autre personne j’aurai pu sortir une de ces phrases toutes faites du style : “Tu as bien grandi.” Mais pas à Lucille. D’une part ce serait faux et d’une autre, ça ne lui ferai nullement plaisir de l’entendre. Non, Lucille, c’est plutôt…

Ma chère Lucille, tu n’as pas changé. Est ce que tu viens d’arriver ? J’ai l’impression que tu as manqué quelques événements de la soirée.

J’attrape deux verres intacts et lui en offre un avant de trinquer et de vider le mien d’un geste émérite. Je jette un oeil aux retardataires qui se dispersent peu à peu, aux profiteurs affamés qui commencent à caler. J’ai envie de changer d’air, de sortir. J’espère que ça va tenter ma jeune camarade, elle est tout à fait le genre de compagnie qui me sied en ce moment.

Tu ne veux pas finir la soirée ailleurs ? Je lui offre un sourire malicieux. Je ne connais pas Alfaë mais je suis sur que c’est plein d’endroits très intéressants. Il faudrait juste que je récupère quelques affaires avant.
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Message Sujet: Re: Il ne faut jamais dire, fontaine, je ne colorerai pas ton eau.    Il ne faut jamais dire, fontaine, je ne colorerai pas ton eau.  EmptyMer 3 Fév - 16:20

Les gens rentrent déjà tous chez eux. Il faut croire que la petite Chimène ne connaît rien aux fêtes ! Ou alors, est-il plus tard que ce que je ne le pense ? Il fut un temps, je savais comprendre l'heure d'un coup d'oeil au ciel, mais là, même si les astres ne dansaient pas, je ne saurais pas dire à quel moment de la nuit nous sommes. Ca veut dire qu'il est temps de repartir en voyage, je n'ai pas envie de perdre tout ce que j'ai appris lors de mes premières aventures, la dernière fois que j'ai pris la route, j'ai trop compté sur mon confort de citadine, je me suis ramollie en somme, et je l'ai payé. D'accord, demain je m'en vais voir Arven. Ou peut-être pas demain, tout dépend si les retrouvailles avec Melbren parviennent à rallonger un peu la soirée. Enfin s'il me fait tourner autant, je vais m'écrouler plus vite que prévu.
Garde l'équilibre, Lucille, tu n'as pas tant bu que ça, tu peux le faire, oui ! Bravo.

« Non, en fait... »

Attends, il faut que les choses reviennent à leur place. Un rire s'échappe, je me sens stupide.

« Pardon ! Oui, je suis arrivée au début mais il n'y avait pas trop d'ambiance alors je me suis endormie. »

Je rigole encore.

« C'est stupide. Tout le monde est en train de partir, je ne sais même pas combien de temps j'ai raté. Personne n'a voulu me réveiller j'imagine. »

Ou alors personne ne m'a remarquée. C'est vrai ça. J'ai donc raté des événements... Que s'est-il passé ? Cette soirée était-elle plus intéressante que ce qu'il n'y paraît ? J'essaie de scruter les alentours, comme si je pouvais y repérer un indice, mais rien ne m'interpelle mis à part le bruit des verres que je devine être récupérés par Melbren, tout près. Mon attention se pose donc à nouveau sur lui et j'accepte volontiers celui qu'il me sert. Je suis loin de ma limite, il y a encore moyen de s'amuser. Après avoir trinqué avec mon camarade qui a vidé son verre d'une traite, je l'imite et je lui demande, j'avais presque oublié :

« Ah oui ! Quels... »

...événements ?

Il commence lui-même à parler alors je me tais pour lui laisser la place. Il veut partir, ce qui se comprend. Les gens sont rentrés chez eux, même s'il reste encore des miettes, plus personne n'en veut. L'ambiance est vraiment morne, j'ai du mal à croire qu'il ait pu se passer quelque chose lors de cette fête mais de toute évidence, je l'ai raté. C'est toujours comme ça, de toute manière. Ca fait deux ans et demi que je suis diplômée et que je traîne un peu trop dans ma boutique, et pourtant les seuls moment où il se passe quelque chose à l'Académie, c'est quand je suis ailleurs. C'est assez frustrant de revenir après un mois et d'être accueillie par cette phrase : « Oh Lucille, pendant que t'étais pas là, il s'est passé un truc, tu vas jamais le croire ! » que j'entends un peu trop souvent. Il faut que je me détache de là-bas. D'ici aussi.

« Oui je veux bien qu'on bouge ! Tu me raconteras ce que j'ai raté, d'accord ? »

Ma curiosité est piquée, j'essaie d'imaginer la tournure de la soirée. Les visages lassés des quelques invités déterminés à rester jusqu'au bout ne m'indiquent rien de plus qu'une fête un peu nulle, ce qui était ma première impression. J'arrive sans mal à supposer que l'impératrice de Faërie a fait un discours et probablement que certaines fortes têtes d'Ibélène ont osé se manifester. D'un autre côté, ceux qui s'opposent à Chimène n'auraient probablement même pas pris la peine de se déplacer. Ces histoires politiques me donnent mal au crâne. En attendant que Melbren reprenne ses affaires, je parcours du regard une dernière fois la salle mais aucune tresse rousse familière ne me saute aux yeux. De toute façon Kitty m'a dit qu'elle serait accompagnée et puis j'ai bien profité d'elle ces derniers jours, je n'allais pas la coller non plus. Elle finira par en avoir marre de moi à force ! Je prends un petit gâteau survivant et de l'autre main, j'attrape celle de mon ami qui vient de revenir.

« Allez, on va explorer la ville ! Je suis venue ici une fois, mais je n'ai pas trop visité non plus ! »

Et si je reprends un peu trop mes esprits, je tâcherai de faire marcher le commerce local.
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Message Sujet: Re: Il ne faut jamais dire, fontaine, je ne colorerai pas ton eau.    Il ne faut jamais dire, fontaine, je ne colorerai pas ton eau.  EmptyDim 7 Fév - 23:38

Elle s’est endormie, vraiment. Sacré Lucille, endormie. Pourquoi j’arrive encore à être étonné ? C’est tellement du Lucille tout craché. Je glousse gentiment, sous cape, tandis que je demande à un servant en livrée de me remettre mes affaires. Je lui donne mon nom et il me tend une jolie sacoche en cuir bleui et un manteau de rechange, simple précaution au cas ou cette fête aurait impliqué du flan à la vanille. On a laissé quelque chose pour moi ? Je lève un sourcil interrogateur lorsqu’il me tend mon premier manteau. Oh, elle ne l’a pas gardé. Alméïde... Je me retourne et la cherche dans la foule dispersée des retardataires, sans la trouver. Un instant, une moue déçue vient tordre mes lèvres mais je me reprends. Il y aura d’autres occasions de revoir la belle Erebienne. Il faudra que je parle de projets d’enlèvement avec mon cher frère. Le sourire aux lèvres, je m’en reviens vers Lucille qui m’attend bien sagement près du banquet, grignotant quelques gâteaux rescapés. Je lui offre mon bras d’un geste joyeux, j’ai hâte d’aller écumer cette cité en sa compagnie.

En avant, camarade, allons montrer à ces Faës comment on fait la fête à Sombreciel.

Et je l'entraîne d’un pas guilleret vers la sortie. Je ne suis pas fâché de quitter enfin cette salle, cette fête, si on peut l’appeler comme ça, de changer d’air. Même si, comme je l’ai signifié à Lucille, il s’est passé, au cours de la soirée, des choses fort récréatives. Tandis que nous sortons de la salle et que le brouhaha des dernières conversations s’estompent dans notre dos, je m’exclame avec un entrain retrouvé.

Ma chère Lucille, il faut absolument que je te raconte tout ça. J’imagine que lorsque sa jeune majesté est arrivée tu devais déjà dormir, c’est à ce moment que c’est devenu intéressant. Je dois bien avouer qu’avant la soirée était d’une banalité affligeante, heureusement que j’avais trouvé charmante compagnie pour patienter. Enfin passons ! Tout ça pour dire que je comprends qu’on puisse s’assoupir lors d’une telle réception si l’on n’en a pas coutume. Lorsque Chimène est entrée, comme tu peux t’en douter, les conversations se sont tues, après tout, c’était elle, l’attraction de la soirée. Et puis là, un sifflement. Mais pas le sifflement appréciateur qu’un goujat admiratif pourrait lancer et qu’une jolie fille comme toi doit bien connaître. Non c’était des huées, agressives et coléreuses. Et moi, tu me connais, je ne supporte pas qu’on conspue une jolie fille. Alors je leur ai coupé le sifflet et détruit la moitié de la verrerie au passage, mais ça c’est juste un dommage collatéral, le principal c’est que l’impératrice a pu prononcer son discours.

Je fais une courte pause pour reprendre mon souffle et ménager mon effet. Nous quittons à l'instant le parvis du palais pour une large avenue bien éclairée de lampadaires magiques. Je ne sais pas vraiment où nous allons, je ne connais pas cette ville, mais généralement les lieux intéressants et amusants ne sont pas attenants aux instances du pouvoir, à part à Euphoria où tout est mélangé dans un chaos délicieux. Je sors mon sifflet pour le lui montrer.

C’est une nouvelle invention, pour briser les objets par résonance. Donc, comme je le disais, j’ai saccagé une grande part des services de sa majesté et éclaboussé à peu près autant de ses invités mais tout allait pour le mieux. Du moins jusqu’à ce que des serpents envahissent la salle, causant un vif émoi parmi ces nobles dames et les moins courageux de ces messieurs. De fait, et comme j’allais l’apprendre bien vite, ces braves reptiles, cadeau des Erebiens, étaient avant mon intervention calmement enfermés dans des cages en verres. Mais les voilà libres par mes soins et paniqués par les cris de quelques greluches dont les moindres n’étaient pas ceux de la duchesse de Cibella.

Les de la Volte sont une famille de capons prétentieux et c’était un spectacle délectable de les voir ainsi se ridiculiser. Mais ça, elle n’a pas besoin de le savoir, mes tensions avec cet imbécile de Gabin ne regardent que moi. La prochaine fois que je le croiserai il faudra que je lui demande des nouvelles de sa soeur.

Après cela, les Erebiens et ma chère soeur, aidés par quelques chevaucheurs maladroits se sont occupés des rampants et moi je me suis retrouvé près du banquet à boire tout ce qui passait à portée. On aurait pu croire avec optimisme et naïveté que, cet incident clôt, les festivités pourraient enfin débuter mais non, le destin s’acharnait sur cet anniversaire. Cette fois, le maréchal de flamme en personne vint porter le coup de grâce à l’espoir que ça puisse bien finir. Tu aurais dû entendre son discours, ce n’était qu’accusation et animosité, il n’a épargné personne. Les esprits se sont échauffés et cela a failli tourner à l’affrontement malgré quelques tentatives de ramener le calme. La garde a dû emporter Chimène hors de la salle pour éviter que cela ne tourne à la guerre. Alors, comme un signe que c’était fini, les gens ont commencé à partir et tu as du te réveiller à ce moment là. C’est impressionnant d’ailleurs que les cris et les sifflements ne t’aient pas sortie du sommeil. Enfin voilà, tu sais tout.

Les grandes lignes du moins, mais nous arrivons à une place large et claire, ceinte de somptueux bâtiments, étouffée dans un silence d’or et de glace tout juste perturbé par les gazouillis cristallins d’une fontaine. L’air même respire la richesse et l’opulence, les sortilèges onéreux destinés au confort des nantis. Je fais la moue.

Par ma foi, cet endroit manque cruellement de fantaisie.
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Message Sujet: Re: Il ne faut jamais dire, fontaine, je ne colorerai pas ton eau.    Il ne faut jamais dire, fontaine, je ne colorerai pas ton eau.  EmptyMar 9 Fév - 15:45

Ils ne sont pas mauvais, ces petits gâteaux impériaux ! C'est même étonnant qu'il en reste encore... Il devait y avoir de la nourriture en abondance pour que tout ce petit monde puisse manger à sa faim – ou plutôt à sa gourmandise – et en laisser encore pour moi. Ah c'est bien brave, de la part de ces gros nobles, de ne pas liquider le buffet pour que la petite gueuse qui dort puisse en avoir un échantillon ! Mais j'arrive au bout et même si ces pâtisseries bourratives ont comblé le vide de mon estomac, elles ont caressé mes papilles au point de me laisser en leur absence dans une certaine tristesse. Moi, qui ai appris à me satisfaire de mets simples, je n'ai pas envie d'avoir des goûts de duchesse, il est temps de redescendre sur terre. Ou au moins de s'envoler vers les mémoires agités de la soirée passée.

Et il y en a des souvenirs à évoquer ! Tout en me guidant vers la sortie vers Alfaë, Melbren m'abreuve de sa narration des événements, ça fera au moins déjà un désir de comblé. J'avais deviné une partie, Chimène n'a pas fait l'unanimité. Ce devait être divertissant en un sens, peut-être plus que les conversations croisées qui animent les tavernes que je prends un malin plaisir à relancer alors qu'au fond, ça m'importe peu que la petite dernière de la bande de rouquins de Faërie ait les fesses posées sur un fauteuil doré. Elle ou un autre... Ca ne change pas mon existence d'habitante de Lorgol. Il serait quand même fâcheux que les rumeurs de guerre se concrétisent, si c'était le cas, peut-être que nous autres d'origine ibéène ne nous baladerions pas aussi gaiement dans les rues débordantes de magie d'Alfaë. En revanche, si moi j'aurais laissé faire les détracteurs de la petite impératrice, mon ami a agi avec la galanterie que je lui connais. A sa sauce, la galanterie, d'après ce qu'il me dit. Et j'applaudis et je ris, lorsqu'il évoque le désastre dans la verrerie du palais.

« J'aurais voulu voir ça ! »

Si seulement je n'étais pas plongée dans un sommeil profond au moment où c'est arrivé... Bien profond d'ailleurs, j'y pense, en regardant l'objet. A l'occasion, je lui demanderai de me faire une démonstration, il ne pourra pas me le refuser. S'il fait le bruit que j'imagine sortir d'un tel instrument, je peux me vanter de dormir aussi tranquillement qu'un mort. C'est tout à coup moins étonnant que personne n'ait pris la peine de me réveiller, peut-être que simplement, ils n'y sont pas parvenus. Peut-être que Kitty a voulu m'indiquer qu'elle s'en allait et n'a pas pu... Oh ! Nous ne sommes pas mariées ! Ce n'est pas comme si nous ne nous étions pas vues quelques jours auparavant. Ca a toujours fonctionné comme ça, de toute manière, c'est rare que nous nous disions au revoir. Le moment n'est pas à regretter de ne pas l'avoir, j'ai Melbren avec moi, c'est assez rare pour être apprécié aussi. J'écoute la suite de l'histoire.

Serpents érébiens, chevaucheurs maladroits et maréchal en colère. Effectivement, j'en ai ratées des choses ! Je m'en veux, alors, les quelques verres et quelques gâteaux que j'ai pu goûter ne comblent pas le manque d'être passée à côté d'une soirée dont ils parleront encore dans quelques années. J'en viens à me dire que Melbren exagère sans doute un peu, je verrai bien quand j'aurai les versions des autres dans les jours qui viennent. Je ne le vois pas exagérer, ceci dit, peut-être sur le discours envenimé de ce cher maréchal. Eviter une guerre dit-il ! Y avait-il donc tant de violence ? Sur qui a-t-il craché ? Je m'en veux, j'ai vraiment tout raté ! Enfin... Melbren commente alors mon sommeil paisible et je ne peux réprimer un nouveau rire en ajoutant :

« Qu'est-ce que tu veux ? J'ai peut être un autre talent caché ! »

Puis je reviens sur le reste, que je n'avais pas commenté en le laissant finir :

« Eh bien... J'espère que Chimène ne sera pas dégoûtée des fêtes ! Elle les a gardés, ses serpents au final ? »

Je ricane un peu, je l'imagine jouer avec, dans toute la délicatesse et la fragilité qui la caractérise, c'est un tableau si improbable ! Lorsque nous arrivons sur cette place enchantée, c'est bien calme. Trop calme. Et comme pour appuyer ma pensée, Melbren se désole de si peu de fantaisie. Lui fréquente Euphoria et moi Lorgol, deux cités si différentes et pourtant qui partagent une même effervescence. A côté, Alfaë est toute sage et toute propre et l'eau de sa fontaine aussi claire que les verres du palais, au moment où ils étaient encore entiers et vides. Repensant à tous ces nobles qui ont dû s'offusquer d'être éclaboussés, je pouffe encore un peu toute seule et je m'empresse de m'expliquer à mon ami :

« J'essayais d'imaginer la tête des invités quand ils se sont fait arroser ! Tu veux pas me montrer ton invention au fait ? »

C'est à présent ce regard mélangeant curiosité et malice, que je lui livre. Celui-là même qui précédait une bêtise ou attendait les conséquences, à l'époque où nous étions encore de jeunes élèves insouciants. Insouciante, je le suis toujours, il m'est impérialement égal que ma demande, si elle est exaucée, réveille les habitants de la capitale faë. On verra combien ont le même sommeil que moi, ce sera intéressant ! Je m'assois sur le rebord de la fontaine, en me balançant dangereusement, je ne voudrais pas prendre une douche froide à cette heure de la nuit en plein hiver, mais j'ai du mal à tenir en place. J'espère vraiment que Melbren va faire sonner son jouet, cette époque où il me montrait ce sur quoi il travaillait me manque un peu...
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Message Sujet: Re: Il ne faut jamais dire, fontaine, je ne colorerai pas ton eau.    Il ne faut jamais dire, fontaine, je ne colorerai pas ton eau.  EmptyJeu 31 Mar - 17:55

Le décevant début de soirée s’est vite changé en promenade des plus agréables, Lucille pendue à mon bras, riant du récit que je lui fais des événements survenus pendant son sommeil. Je suis content que notre complicité ait su résister à l’éloignement, lorsque nous sommes partis chacun de notre côté après l’académie. Bien sur il y a ces lettres que nous nous envoyons mais ce n’est pas pareil. Et de la voir, de passer du temps avec elle, de rire ainsi tels deux compères, ça me réchauffe le cœur. Les rues sont glacées et bien vides à cette heure qui n’est, pourtant, pas si tardive mais je m’en moque. Il est rare que le froid me dérange et mon amie semble avoir suffisamment d’alcool dans le sang pour ne pas geler sur place de sitôt. Je le devine au timbre de sa voix, à sa façon de s’accrocher parfois un peu plus fort à mon bras, à son rire enjoué aussi. Et je ris avec elle lorsqu’elle évoque ses talents cachés ou qu’elle s’intéresse soudain à l’avenir des serpents de l’impératrice.

Hé bien, elle est un peu obligée de les garder, surtout après cette soirée, ce serait fort malencontreux que le cadeau d’une délégation ducale ibéenne finisse à la casserole. Cependant je l’imagine mal accueillir ses nouveaux compagnons dans ses appartements. Je pouffe un peu. Je suppose que les petites bêtes vont se retrouver au fond d’une serre, dans les jardins impériaux.

J’ai comme un petit pincement au cœur et cela m’étonne.  C’est ma sœur l’amoureuse des serpents et je ne partage aucunement son intérêt, le sort des reptiles me laisse aussi froid que leur sang. Non, je me rends compte que c’est le lieu, cette place froide et superbe, figée dans sa splendeur inerte, qui me fait cet effet. Pourtant, je m’approche avec Lucille de la fontaine qui chante son râle cristallin et je me penche pour boire une gorgée de son eau froide et claire. Je me redresse en entendant mon amie pouffer et elle m’explique qu’elle imaginait les nobles convives se faire éclabousser de vin. Puis, comme je m’y attendais venant d’elle, elle me demande de lui montrer mon sifflet. Son regard espiègle me rappelle nos bêtises à l’académie et c’est avec la même étincelle facétieuse dans les yeux que je sors l’instrument dévastateur de ma poche.

Vois tu, chaque objet a ce qu’on appelle une fréquence de résonance, qui correspond à une vitesse d’oscillation, de tremblement si tu veux. L’objet qui entre en résonance va voir l’intensité de ses oscillations croître tant qu’il y est soumis, il va ainsi se déformer et, si le tremblement se fait trop intense, se briser. Je lui montre mon sifflet de plus près. Le sifflement est modulable grâce à ces deux petites languettes que je tourne et me permet d’entrer en résonance avec différents objets. Bon, une démonstration vaut parfois mieux qu’un long et abscons discours. Regarde ce filet d’eau.

Je me tourne vers la fontaine qui coule, hautaine. Je ne vais pas endormir mon amie avec tout un cours sur les vibrations et les phénomènes de résonance, ce qu’elle veut c’est voir mon invention en action. Mais j’ai quelques scrupules à causer plus de dégâts alors l’eau est un bon choix, ça ne se brise pas et c’est toujours un spectacle impressionnant. Je tourne les tenons pour assourdir le son de mon sifflet et me place juste devant le jet qui glougloute. Je tourne la tête vers Lucille et lui adresse un petit clin d’oeil puis, doucement, j'émets un long et faible chuintement. Devant moi, le filet d’eau se courbe, formant comme une spirale descendant jusqu’au bassin. Je reprends mon souffle  et l’écoulement se refait normalement. Je déplace très légèrement l’une des languettes et, cette fois, l’eau se met à tourner, imitant le mouvement d’une vis sans fin. Nouveau réglage, nouveau sifflement sourd et l’eau parait s’élever dans l’air, remonter vers le bec de la fontaine en une torsade incroyable. Comme chaque fois, j’en reste moi même émerveillé, on dirait de la magie.

Je laisse la fontaine tranquille et regarde mon amie avec un air amusé, savourant sa réaction. Je lui tends mon sifflet.

Tu veux essayer ?
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Mélusine de Sylvamir
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Je suis : baronne de Sylvamir, marquise de Sinsarelle, dame de Séverac, Voleuse de la Cour des Miracles

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Message Sujet: Re: Il ne faut jamais dire, fontaine, je ne colorerai pas ton eau.    Il ne faut jamais dire, fontaine, je ne colorerai pas ton eau.  EmptyVen 1 Avr - 16:58

- Archivé suite à l'absence de Lucille, me faire signe si vous souhaitez reprendre ce RP :cute: -










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Message Sujet: Re: Il ne faut jamais dire, fontaine, je ne colorerai pas ton eau.    Il ne faut jamais dire, fontaine, je ne colorerai pas ton eau.  Empty

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