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 Ne voir que la beauté

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Gabrielle de Faërie
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Je suis : Princesse impériale, mage du Printemps ; baronne du Ru-d'Argent

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Message Sujet: Ne voir que la beauté   Ne voir que la beauté EmptyDim 15 Juil - 19:53


Livre III, Chapitre 4 • La Légion des Oubliés
Amarante de Nacarat & Gabrielle de la Volte

Ne voir que la beauté



• Date : 1er juillet 1003
• Météo (optionnel) : Le temps est à l'orage
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Afin de parfaire un cadeau de mariage pour Armandine et Tristan, Gabrielle invite au Ru-d'Argent une jeune peintre qu'elle a rencontrée, quelques années auparavant.
• Recensement :
Code:
• [b]1er juillet 1003 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3952-ne-voir-que-la-beaute#146963]Ne voir que la beauté[/url] - [i]Amarante de Nacarat & Gabrielle de la Volte[/i]
Afin de parfaire un cadeau de mariage pour Armandine et Tristan, Gabrielle invite au Ru-d'Argent une jeune peintre qu'elle a rencontrée, quelques années auparavant.





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Message Sujet: Re: Ne voir que la beauté   Ne voir que la beauté EmptyDim 15 Juil - 20:10

Le mariage d’Armandine et de Tristan se rapprochait à vive allure et Gabrielle ne pouvait s’empêcher d’y voir là l’avancée de ses propres fiançailles. La petite soeur devançait l'aîné ; c’était elle, la jeune Outreventoise, qui allait s’unir la première et qui fonderait sa famille. Gabrielle ne pouvait s’empêcher de l’admirer de se lier si jeune et espérait secrètement vivre les joies de la maternité avec elle, cette petite soeur d’alliance. Quelques semaines à peine séparaient leur mariage respectif, leur grossesse pouvait peut-être se suivre de peu. Ne serait-ce pas fabuleux de se rapprocher ainsi de la soeur chérie d’Antonin? Qui disait mariage disait obligatoirement cadeaux, et Gabrielle, fière de ses origines, comptait couvrir les époux de présents faisant honneur aux artisans cibellans. Il n’y avait qu’un cadeau qui, réellement, n’était pas fait par les gens du duché de la Magie. Il s’agissait certainement de l’objet qu’elle affectionnait le plus. La princesse avait passé la commande d’un coffre de bois ciselé, sur pattes, à l’un des ébénistes réputés de Lagrance. Le coffre contiendrait une courtepointe piquée des emblèmes de chacun des duchés de Faërie, des parfums, cosmétiques et autres produits fins pour sublimer la grâce de la jeune femme. Le travail de broderie avait débuté récemment et la princesse avait interrogé ses proches afin de dénicher l’artiste qui allait peindre chacun des versants de ce meuble de rangement richissime. Le nom d’une jeune femme avait été cité, parmi d’autres, et Gabrielle avait sû qu’elle n’aurait pas à chercher plus loin.

Amarante de Nacarat.

Elle l’avait su investie dans ses études en art à l’Académie, quelques années auparavant. Leur correspondance, déjà éparse, s’était distancée de plus en plus à l’obtention de son diplôme. La Cibellane en gardait un souvenir doux, de cette jeune femme discrète et raffinée. Afin de renouer avec elle et de respecter cette correspondance qu’elles avaient partagée, Gabrielle avait pris soin de lui écrire un mot personnel pour l’inviter au Ru-d’Argent pour affaires, certes, mais également par amitié. La date était tombée rapidement et la jeune artiste était attendue dans la matinée.

La dame des lieux avait fait déplacer le coffre ouvragé dans l’un de ses salons où les hautes fenêtres offraient une vue imprenable sur ses landes mais également sur la frontière avec Outrevent. Elle en était là, à observer le ciel ombrageux porteur de fraîcheur et de tempête prochaine, lorsqu’on l’avisa que la dame de Nacarat était arrivée. Ce fut un soulagement pour Gabrielle de savoir son invitée arrivée avant la pluie qui, elle en était certaine, tomberait à torrent sous peu. L’air s’était rafraîchit, depuis l’aube, et la chaleur lourde qui assallait ses terres depuis plusieurs jours s’était dissipée enfin. De quelques mots, elle invita le domestique à accompagner Amarante jusqu’à ce salon hautement perché, tout en haut d’une tourelle, et intima également à un serviteur de faire infuser quelques fleurs parfumées. Il ne fut pas long pour que l’invitée soit emmenée jusqu’à la princesse et que les titres fusent de toute part. Légèrement embarrassée, comme souvent lorsque les civilités étouffaient les rencontres humaines, Gabrielle patienta que les présentations soient déclamées avant d’approcher enfin la jeune artiste.

- Quelle bonheur de vous revoir, Amarante! Je vous souhaite la bienvenue au Ru-d’Argent. Est-ce votre première visite en Cibella?

Elle en doutait, Gabrielle. Amarante était jeune, certes, mais elle avait étudié à l’Académie et avait dû parcourir plusieurs lieux pour nourrir son imaginaire d’artiste. Qui plus est, la noblesse était souvent amenée à rencontrer différentes sommités aux quatre coins de Faërie. Toujours est-il qu’elle l’invitait à prendre place, d’un bras ouvert, à l’un ou l’autre des sièges rembourrés. Le dehors grondait faiblement, annonciateur d’un orage prochain, mais Gabrielle maintenait son attention sur la jeune peintre.

- Je vous remercie de vous être déplacée jusqu’ici et j’espère que votre voyage fut bref et agréable.

Enfin posée sur le canapé, adossée contre l’un des coussins bourrés de duvet, Gabrielle contempla un instant la rousseur de son invité, sous la lueur des orbes lumineux. Son sourire se fit plus tendre, alors qu’elle l’écoutait lui narrer son arrivée sur ses terres.




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Message Sujet: Re: Ne voir que la beauté   Ne voir que la beauté EmptyLun 16 Juil - 15:03

Cibella n’était sans doute pas le duché préféré d’Amarante, pour l’instant. Ah, ça, non, certainement pas ! Arrivée mi-juin chez des amies, à La Volte, elle avait pourtant passé une bien agréable semaine, profitant autant de leur présence que de la beauté et de l’atmosphère de la ville et des alentours. Son carnet de croquis était par ailleurs rempli de dessins qui témoignaient de la beauté du monde qu’elle avait côtoyé… Et de portraits, également. Des amies, des inconnues. Des dessins pour tous, d’autres clairement plus personnels, sur la fin – ça, elle les gardaient pour elle, pour les flammes de sa cheminée à Lorgol, ou le tiroir où elle enfermait ce qu’elle ne pouvait se résoudre à détruire.
Elle avait passé, somme toute, de très bonnes journées à visiter. Non, c’était lors de son arrivée sur les terres du Ru-d’Argent que les choses s’étaient gâtées. Visiblement, si les Cibellanes étaient plus que sympathiques et agréables à vivre avec, certains Cibellans n’étaient que des rustres sans cervelle avec une mentalité et un profil de tueurs. Voilà. Fortement choquée de cette rencontre horrible sur de magnifiques terres, la pauvre peintre avait peiné à s’endormir le soir venu, persuadée que le dangereux inconnu allait arriver avec son oiseau maléfique et la mettre en pièces. Ou d’autres choses toutes malvenues, qui n’auraient même pas été dignes d’un Belliférien moyen issu du fin fond des plaines.

Heureusement pour le lendemain, pour une mauvaise nuit, sa peau était clémente et ne se paraît pas d’énormes cernes. Il valait mieux, car elle avait rendez-vous avec la maîtresse des lieux, et il ne s’agissait pas de paraître fatiguée.
Aussi, peut-être, s’était-elle apprêtée plus que d’ordinaire, et si le résultat était naturel, les cheveux légèrement bouclés encadrant son visage lui semblaient plus lourds que d’ordinaire. Ou peut-être n’était-ce qu’un contrecoup de la chaleur et de l’orage qui, elle le sentait dans l’air chargé, approchait à grande vitesse des terres de la princesse.

Heureusement pour la jeune rousse, le temps tournait, et elle n’eut pas trop à pâtir de la chaleur alors qu’elle gravissait les marches menant au salon où elle était supposée retrouver son hôte… Et connaissance, depuis maintenant plusieurs années. Sans se définir comme extrêmement proches, on pouvait tout de même dire qu’elles n’étaient pas de totales inconnues l’une vis-à-vis de l’autre – et ce serait mentir que de dire qu’Amarante n’avait pas, dans certains carnets, des croquis de la princesse qu’un jour elle se promettait de lui envoyer.
Dans la lettre, songea la Lagrane, jamais la nature exacte de la demande n’avait été exactement donnée ; et c’était pour cela qu’elle n’en avait pas plus parlé à l’autre fou dangereux, le jour d’avant.

Aux degrés succédèrent les présentations officielles, l’envol des titres – plus nombreux du côté de Gabrielle, c’était vrai – et la révérence qui était due à une princesse. Ca ne gênait pas Amarante, car sans respect, aucune relation ne pouvait naître, pas vrai ?
« C’est un réel plaisir de vous revoir également, cela fait si longtemps. » Un léger sourire sur ses lèvres ourlées de rose sombre – de la même teinte que sa robe, elle inclina la tête. « C’est ma première visite sur vos terres, mais j’ai déjà eu le plaisir de m’aventurer dans votre duché auparavant. »

Sur son invitation, avec des gestes légers, la rousse s’installa dans l’un des fauteuils désignés. Instinctivement, elle retrouva la pose que sa mère lui avait enseignée : sa robe sans un pli tombait, lisse, jusqu’au sol, ses mains étaient posées sagement dessus, sur le rose plus clair de sa tenue.
« Tout s’est merveilleusement bien passé, je vous en remercie. Comme je vous l’avais écrit, je suis arrivée hier, pour me permettre quelques dessins des lieux. » Son sourire ne se fâna pas, bien que les évènements de la veille la tourmentent encore. « Vos terres sont magnifiques, réellement, de tout ce que j’ai pu en voir. Je suis enchantée d’avoir pu les admirer. » Même si elle préférait grandement les portraits aux paysages, les personnes aux animaux, la Lagrane savait apprécier la beauté. « Hormis une… Rencontre incongrue, tout s’est déroulé à merveille. » Avec un petit silence, ses prunelles emplies d’admiration vinrent se poser sur Gabrielle. « Comment vous portez-vous, depuis nos derniers échanges ? Ceux-ci se font bien rares, je m’en excuse. »
En même temps, lorsque l’on voyait comment ses lettres à son ami en Valkyrion atterrissaient en Sombreciel chez un illustre inconnu…
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Message Sujet: Re: Ne voir que la beauté   Ne voir que la beauté EmptyLun 23 Juil - 20:30

Elle avait presque oublié la bonne humeur que dégageait la Lagrane. Presque. Ses sourires appelaient les siens et Gabrielle les lui offraient bien volontiers. Comme plusieurs amitiés et connaissances, il était particulièrement difficile pour la princesse de se remémorer le moment où elle avait rencontré Amarante pour la première fois. Était-ce au mariage de Bartholomé et Jehanne, alors qu’elle-même n’était qu’une adolescente timide? Elle se rappelait leur échange au sujet de l'académie et l'intérêt de la jeune femme pour les arts. La princesse de la magie s’était montrée intéressée par ses études, elle pour qui l'Académie avait été un si agréable moment. Des conseils, voilà ce qu’elle lui avait offert, et Amarante avait accepté contre toute attente. Elles se retrouvaient après quelques années, la même fossette à la joue chez la Cibellane, le même sourire fleuri chez la Lagrane. Et la voilà qui vantait le duché de la Magie et les beautés de la baronnie, et si Gabrielle eut envie de la presser de lui montrer ses croquis des paysages rustiques de l’endroit, la rencontre incongrue balaya vite ses réjouissances. L’avait-on blessée ou insultée, ici même, sur ses terres? Était-ce lors de son passage à la bourgade que l’incident inconvenant c’était produit? La princesse observa un moment son invitée afin de s’assurer qu’aucune blessure ne la marque puis s’empressa de répondre aux civilités.

- Je vais bien, réellement, et je vous remercie de votre intérêt, Amarante. N’ayez crainte quant à la rareté de nos échanges; je nous sais toutes deux affairées.  

Les sourcils froncés d’intérêt et le visage bien plus sérieux, la jeune femme s’inclina vers son invité, très légèrement, afin de poursuivre la conversation sur le ton de la confidence. Son invitée avait sans doute conscience qu’elle ne pouvait parler de rencontre désagréable ainsi sans attirer l’attention, la sympathie et les obligations de la dame des lieux.

- Mais une rencontre incongrue au Ru-d'Argent, me disiez-vous? Racontez-moi, car il me serait inconcevable de ne pas y remédier sur le champ.  

Peut-être n’était-elle pas duchesse ni princesse impériale, mais il lui semblait tout simplement inadmissible qu’une délicate Lagrane, de la petite noblesse qui plus est, craigne de traverser ses terres. Elle songea au jeune outremarcheur qu’elle avait engagé récemment. Il lui faudrait l’informer qu’il assurerait le déplacement d’Amarante de Nacarat sitôt leur rencontre terminée, ne serait-ce que pour s’assurer de son confort tant et aussi longtemps que la demoiselle foulerait les terres du Ru-d’Argent. Elle en était là, suspendue aux lèvres de son invitée, patientant une réponse, lorsque la porte s’ouvrit pour interrompre l’échange. Un domestique se présenta à elles et déposa avec délicatesse le plateau sur une petite table, non loin. Les vapeurs s’échappant des tasses fines parfumaient la pièce de fragrances sucrées et légères. Gabrielle patienta qu’il termine de les servir avant de le gratifier d’un sourire léger.

- Je vous remercie. Pourriez-vous refermer les portes et vous assurez que nous ne soyons pas dérangées tout au long de la rencontre?

Ainsi, Amarante pourrait se confier sans craindre qu’on ne l’entende ni sans souffrir de petites interruptions fréquentes du personnel de la vaste demeure.




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Message Sujet: Re: Ne voir que la beauté   Ne voir que la beauté EmptyMer 25 Juil - 15:17

Assise proprement, et attentive à ce qui l’entourait, Amarante ne pouvait s’empêcher de noter les différences entre ce à quoi elle s’attendait, au coeur de cette pièce, et ce qui était réellement. Bien sûr, elle savait que la notion d’art cibellan n’était pas aussi simple pour elle à appréhender que celle qui, naturellement, attirait l’oeil lagran. C’était plus une question de maîtrise, plus que de libérer la nature et sa beauté. Heureusement pour elle, pourrions-nous dire, la rouquine avait grandi entourée de nombreuses, très nombreuses, influences cibellanes. Nacarat se trouvait à la limite du duché. Certains artistes avaient du mal à comprendre – en général, ceux-ci ne se préoccupaient pas de comprendre la vision des autres, juste d’imposer la leur. Stupides. Pas elle.
C’était peut-être pour ça qu’elle ne se spécialisait pas dans un seul type de clients. Une seule forme d’art. Pour ça qu’elle voyageait, qu’elle peignait un peu tout, pour tout le monde, autant pour découvrir que pour être découverte.
Enfin, même si en l’occurrence, il s’agissait moins d’être découverte que de se faire embaucher par une personne qui restait chère à son coeur, et dont elle connaissait les goûts.
Réellement, la rousse sembla triste un peu. Leurs échanges lui tenaient à coeur, quand elle était plus jeunes : ce n’était pas tout les jours qu’une simple fille de baron, aussi connu soit-il dans le monde des arts pouvait se vanter de converser à propos des couleurs et autres choses plus ou moins futiles avec une princesse, future femme du futur empereur.

« Oh, je vous assure…. » commença-t-elle, de cette voix mesurée qui faisait tout quand on s’apprêtait à aborder un sujet plus qu’épineux. La porte s’ouvrit, cependant, et Amarante préféra conserver le silence. Elle soupçonnait que, dans l’entourage d’une personne aussi importante que Gabrielle, si des oreilles venaient à traîner, ce ne serait pas par hasard. Et si sa  rencontre désagréable ne pouvait à première vue ne pas sembler si importante, cela envoyait des terres admirables de son amie une impression de mauvais entretien.
Elle ne tenait pas à ça. Surtout pas, alors qu’elle s’était extasiée devant la beauté qu’elle avait pu y trouver ! Surtout pas, alors qu’elle ne voulait pas plus que ça entacher d’un mauvais souvenir sa visite au Ru-d’Argent.
Lorsque la porte se referma, elle eut un petit sourire navré, attendant quelques secondes que personne n’entende. « Pardonnez-moi. Je ne voudrais pas alerter vos gens, ou vous alerter. Ce n’est rien, vraiment. »

Les traits de son visage se parèrent de souci, et d’inquiétude. « Ne vous affolez surtout pas de ce que je vais vous dire. Vos terres sont des plus sûres, et je suis certaine qu’un tel incident  ne peut qu’être isolé. Un homme perdu, assurément. »
Un monstre en liberté. Elle ne savait pas vraiment où en étaient les libertés des hommes, dans cette partie du duché, leurs droits et leurs devoirs. Enfin, la Lagrane supposait qu’ils avaient tout de même encore le droit de se promener seuls. Après tout, on n’était pas en Bellifère.
Sur un air de confidence, mordillant un peu sa lèvre inférieure, elle sembla hésiter. Sans avoir le goût du théâtre et des paroles dramatiques, elle avait au moins celui des circonvolutions pour retourner les choses en sa faveur.

« C’est arrivé hier. J’étais en pleine réalisation de croquis, que je vous montrerai plus tard si vous le souhaitez, quand j’ai pu remarquer un oiseau dans le ciel, qui a commencé à … me tourner autour. Quelque peu mal à l’aise, je me suis dépêchée de changer d’endroit, mais la même attitude s’est répétée… » Elle joignit les mains, les yeux baissés. « Jusqu’à ce que ... » le piaf démoniaque « l’oiseau ne se décide à me fondre dessus. J’ai à peine eu le temps de me jeter au sol. Suite à cela, j’ai pu… Découvrir son mage. Un » grossier « curieux personnage. »
Elle n’en dit pas plus, relevant le regard vers elle. Oh, oui, elle était affectée, à en voir la manière dont son souffle tremblait un peu. « Ce fut une rencontre brève. Définitivement. »
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Message Sujet: Re: Ne voir que la beauté   Ne voir que la beauté EmptyDim 29 Juil - 15:56

Elle semblait se désoler de la mauvaise nouvelle ou de la situation, la jeune artiste, et Gabrielle se sentait d’autant plus investie de cette volonté de réparer les erreurs de ses gens. Amarante demandait pardon et la princesse tendait déjà la main pour cueillir la sienne et presser avec douceur ses doigts, des siens. Pour la rassurer, peut-être. La soutenir, au moins. Elle était ici en sécurité. Elle pouvait parler sans crainte. Lorsque sa langue se délia pour laisser quelques explications déferler, Gabrielle ne put s’empêcher de sourciller. Un oiseau de malheur et un homme curieux. Tu en connais un parfaitement. La description seyait particulièrement bien à Manaël l’Ardence, évidemment, mais la mage s’efforçait de songer qu’il n’était pas le seul mage du Ru-d’Argent ayant un oiseau de proie comme Familier. Peut-être pas le seul, mais il ne devait certainement pas être nombreux à cumuler ces caractéristiques. La coïncidence est trop belle, pourtant. As-tu vu quelque chose..? Je me tiens loin de Creska et de ce mage, il ne m’inspire rien de bon.

- Une rencontre brève, je m’en console… Quelle attitude déplorable venant d’un Familier! Vous a-t-il blessé, en plus de vous octroyer une pareille frayeur? Le mage vous cherchait-il querelle ou a-t-il avancé des excuses et une quelconque réparation?

Elle abandonna enfin les doigts d’Amarante pour soulever l’une des tasses fumante et la lui proposer. Au fond d’elle-même, la Cibellane se doutait qu’il était bien possible que le curieux personnage se soit gardé d’excuser son Familier. Les travers des gens de son peuple étaient connus de tous, et très certainement des Cibellans suffisamment lucides. Un Cibellan pouvait très facilement devenir arrogant, plus encore lorsqu’il était sur ses propres terres devant une étrangère. Un enfant du duché de la Magie devant une peintre de passage. Non sans un soupir de désolation, la princesse enserra elle aussi ses mains tout contre la tasse.

- S’est-il présenté à vous? Il me semble important de réparer l’affront que l’un de mes gens a fait à mon invitée, plus encore lorsque celle-ci est aussi délicate et agréable que vous. Je peux affirmer sans crainte que mes terres sont accueillantes et sécuritaires, et je me ferai un devoir de m’assurer que tous partagent ma vision du Ru-d’Argent.

Un sourire charmant et doux, comme pour mieux apaiser le mauvais souvenir infligé. Un peu de miel, après l’amertume. Peut-être exagérait-elle ses propos avec toute l’aisance dont les Lagrans étaient capables, mais la princesse était formelle : même une rencontre contrariante lui était malvenue. Amarante de Nacarat était non seulement son invitée, mais également fille de petite noblesse. Son affection pour les Lagrans n’étaient plus à prouver, entre Agnès d’Aurebois, Marjolaine et Denys du Lierre-Réal et … Et Sylvain. Un pincement au coeur s’invita lorsque ses pensées allèrent vers lui, le grand orateur, le charmant fils de la Lyre. Son dernier souvenir était teinté de sang - le sien - et plus que jamais, la princesse eut envie de le revoir, de suivre ses fourberies charmantes avec un amusement non feint, de l’écouter lui raconter tous ces récits de princesses si ardemment aimées. ...Mais, pour le moment, la jeune demoiselle de Nacarat demandait son attention, et la princesse chassa les distractions de son esprit, toute dévouée à réparer l’injustice.




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Message Sujet: Re: Ne voir que la beauté   Ne voir que la beauté EmptyMer 1 Aoû - 13:03

Peut-être exagérait-elle les faits un peu. Peut-être que le choc et la peur de la rencontre faisaient prendre des proportions énormes à ce qu’il s’était passé, à ses yeux. Peut-être son ressenti, encore tout frais, d’une rencontre arrivée même pas vingt-quatre heures plus tôt, brouillait son jugement et faisait passer la chose pour un affront horrible à sa propre personne ! En soi, Amarante n’en avait retiré qu’une grande frayeur, un dégoût pour l’homme qui l’avait attaquée indirectement par son oiseau et retenue pour un tableau – un peu rose, il était vrai. Mais bon. Elle n’en avait pas retiré de blessure, pas retiré de véritable enseignement non plus.
Juste une grande peur. C’était peut-être pour cela qu’elle essayait de minimiser l’incident comme elle le pouvait : encore secouée par les évènements, elle aurait tôt fait de faire passer ça pour une violente agression qui aurait défiguré le paisible Ru-d’Argent. Et cette terre idyllique ne méritait pas qu’ainsi on la salisse, pas vrai ?
La douce pression de la main de Gabrielle sur la sienne, comme un support discret mais néanmoins présent, eut le mérite de l’aider à se calmer et à affronter avec une sérénité toute relative la narration des évènements. Narration édulcorée, certes, mais vraie dans ce qu’elle lui présentait.
« Non, son Familier ne m’a pas blessée. J’ai pu m’écarter à temps. » Ruinant une de ses robes les plus pratiques et pourtant encore élégantes.
Avec un léger sourire et un remerciement, elle accepta la tasse. Au moins ses mains ne tremblaient-elles pas.

« Je ne souhaitais en aucun cas briser ou salir votre vision de vos terres. » dit-elle avec douceur en voyant son sourire. Amarante se sentait particulièrement chanceuse d’avoir pu, au cours de sa vie, réussir à lier une quelconque relation avec une princesse aussi charmante, et douce, et agréable. Bien sûr, ce n’était pas une amitié si profonde qu’elle pourrait en déplacer des montagnes. Mais c’était, déjà, quelque chose de plus qu’une simple connaissance de l’autre. Chacune s’inquiétait, au moins un peu, de l’autre.

Ses traits se plissèrent un instant, alors qu’elle tentait de se remémorer l’incident. Non. S’il avait prononcé son nom, elle s’en serait souvenue. « Malheureusement, il ne s’est pas présenté. Et, de tous nos échanges, au vu de la manière dont il maniait les mots… J’ai souhaité garder la conversation au minimum. » Elle en frissonna un peu, secouant la tête.
« L’histoire aurait pu être drôle, pourtant : son Familier m’a attaquée car il souhaitait que je le peigne. » Un petit soupir amusé s’échappa d’entre ses lèvres. « Et s’il s’y était pris d’une autre manière… Ou si cette personne ne m’avait pas mise aussi mal à l’aise, j’aurais obtempéré avec plaisir plutôt que sous la contrainte. »

Les mots échangés revinrent dans son esprit. Gravés encore pour un moment, jusqu’à ce que le confort les fasse disparaître, sans doute dans une semaine. Ce fut avec un air grave, soucieux, qu’elle termina. Le récit était décousu, un peu. Mais le message y était.

« Je voudrais vous enjoindre à une certaine prudence, cependant… Il n’a eu de cesse de me demander ce que je faisais ici, ce que je comptais vous peindre, et les dates précises… Je ne lui ai rien dit. » s’empressa-t-elle d’ajouter. 
Elle passerait sous silence qu’on l’avait accusée de vouloir fomenter un ‘mauvais coup’ contre la princesse. Allons bon !
Comme si c’était son genre.
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Message Sujet: Re: Ne voir que la beauté   Ne voir que la beauté EmptySam 18 Aoû - 15:10

Ainsi donc l’étrange Familier ne l’avait pas blessée et s’était contenté de lui faire une frayeur. La princesse opina à quelques reprises tout en mémorisant ces informations. La jeune peintre soulignait sa désolation d’ainsi briser l’image qu’elle se faisait de ses propres terres et la Cibellane eut un sourire fin où l’amusement était perceptible malgré tout. Amarante croyait-elle que sa vision ne soit pas juste, confrontée à celle des autres, et qu’il faille lui ouvrir les yeux…? La formulation était étrange, aux oreilles de la princesse aussi sensible que susceptible, mais Gabrielle jugea une maladresse plutôt qu’un affront. Son sourire ne s’était ni amoindri, ni teinté de chagrin, loin de là, toujours porteur de cette affection franche qu’elle avait pour ses invités.

- Ma vision du Ru d’Argent n’est ni brisée, ni souillée, et ce ne serait pas un seul individu étrange qui me ferait croire que je me fourvoie sur ce qu’est ma baronnie. N’ayez crainte, Amarante.

Elle l’avait écoutée expliquer l’affaire et la rassurer, une fois encore, sur son intégrité physique. L’idée d’insister encore la tenaillait, farouche, tant son envie de connaître le moindre détail de l’échange était grand. Mais Gabrielle s’intima un peu de retenu, ne serait-ce que pour ménager les sentiments de la Lagrane. Un Familier agressif et arrogant, un mage imposant qui inspirait le malaise plutôt que la sympathie et qui s’interrogeait sur la raison de la présence d’étrangers selon leur lien avec la dame des lieux.

- Je crois avoir une petite idée au sujet de l’identité de l'homme dont vous me parlez… J’ignore encore si mes doutes sont justement fondés, mais soyez convaincue que pareille situation ne sera pas impunie. Également, lorsque viendra le moment pour nous de nous séparer, j’aviserai mes gens d’ouvrir un portail vers la destination qui vous conviendra le mieux et où vous serez pleinement en sécurité.

D’un hochement de tête léger mais ferme, la Cibellane semblait en faire un serment. Si elle-même ne connaissait pas la destination - chose rare en raison de ses incessants voyages au quatre coins de Faërie -, son outremarcheur personnel saurait, lui. Elle prit ensuite quelques secondes de silence, ses lèvres trempées dans son thé parfumé, afin de laisser le temps à la jeune artiste de se remettre de cette conversation sans doute difficile, pour elle. Comment aurait-elle réagit, si une rencontre similaire s’était produit sur des terres éloignées où elle était en visite? Sans doute ses protecteurs et ses armoiries auraient éloignés tout doute quant aux raisons de sa présence, mais toujours est-il qu’une agression aussi ridicule et grotesque avait de quoi choquer. Les images d’hommes, sur une route éloignée, se faufilèrent à son esprit d’une manière bien sournoise. Un jupon relevé. Des mains, en quantité, qui la maintenaient immobile. Des pleurs, aussi. Elle était jeune, Gabrielle, et l’épuisement l’avait empêchée d’user une fois de plus de sa magie pour s’enfuir. D’un soupir léger, la Cibellane ramena son attention sur Amarante de Nacarat. Elle ne pouvait lui offrir que la protection, et c’est ce qu’elle lui offrirait.

- Peut-être pourrais-je vous distraire de vos tristes souvenirs de cette rencontre en vous parlant de ce contrat que j’aimerais vous proposer? Comme vous le savez sans doute, Demoiselle Armandine épousera très prochainement le marquis d’Amar…

La mine bienveillante, elle observait Amarante absorber la nouvelle. Ce n’était pas tous les jours qu’une jeune femme d’à peine vingt-ans pouvait se targuer de peindre pour la princesse impériale, et la réaction de la peintre intéressait particulièrement Gabrielle.




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Message Sujet: Re: Ne voir que la beauté   Ne voir que la beauté EmptyMar 21 Aoû - 21:49

Il y aurait eu tant de choses à dire, sur cette rencontre encore ! Elle aurait pu, si on le lui avait demandé, dessiner de tête et sans se tromper un seul instant et sans hésiter le visage de son agresseur. Mais il fallait dire, pour être tout à fait honnête, que l’art des portraits était celui qui lui réussissait le plus, et qu’elle avait une excellente mémoire de ceux qui en venaient à l’offenser. Elle arrivait à oublier d’autres choses, il était vrai, mais ça, c’était bien peu probable. Et l’homme avait été un tel… Imbécile dangereux. Ah, elle le savait, qu’il ne fallait pas traîner autour des mages pourtant. Ils ne lui apportaient que des soucis. Gabrielle exceptée, bien évidemment. D’ailleurs, en toute honnêteté, si elle avait pu passer avec la princesse plus de temps, elle ne s’en serait que mieux portée.
Encore quelque chose qu’elle garderait au fond d’elle, sur ce point. Ca non plus, personne ne devait le deviner.
La jeune rousse inclina la tête, mordillant légèrement sa lèvre. Elle semblait presque contrite, d’imposer ainsi à la princesse de lui fournir une protection. Jamais elle n’avait émis l’idée d’elle-même, mais la demande semblait sincère – pour ce qu’elle connaissait de la sincérité – , si bien qu’Amarante se sentit toute gênée d’accepter. D’un seul coup, il lui avait semblé donner l’impression d’avoir passé énormément de temps à se plaindre d’une rencontre mineure, d’avoir même gâché le temps de Gabrielle. Peut-être était-ce faux. Peut-être que non. Quoi qu’il en soit, elle rencontra son regard à nouveau,
« Je vous en remercie grandement. » fit-elle, toujours avec ce petit sourire qui laissait transparaître sa gêne.

Son esprit se mit à faire le tour de toutes les possibilités, de là où elle devrait ensuite aller. Il n’y avait rien, encore, de prévu pour elle sur le mois d’août, ou même de juillet. Usuellement, si ses clients ne l’accaparaient pas, il lui arrivait de se rendre chez elle en Lagrance pour retrouver son frère. Cette année, cependant, avec la mort d’Acanthe depuis bientôt dix mois… Se rendre à Nacarat, c’était assister à la lente procession des prétendants.  C’était devoir rejeter des hommes fades et, pour la plupart, dans la quarantaine voire la cinquantaine, en insinuant des impuissants ou des personnes qu’elle ne supportait pas à ses parents. C’était devoir mentir, que de rentrer à Nacarat.
Alors, en soi, la commande de la princesse tombait à point nommé.

Elle laissa une gorgée de thé passer ses lèvres, le liquide en venant à détendre les traits de son visage, autrement tendus par la confusion et les souvenirs auparavant. A la seconde gorgée, alors que son interlocutrice et commanditaire commençait à lui parler de sa commande, elle jugea plus prudent de reposer sa tasse sans un bruit.

Et la Lagrane fit bien, tant la stupeur et l’étonnement furent grands. Elle n’avait pas eu d’informations sur ce qu’elle était supposée réaliser, en effet, mais elle avait estimé que la demande viendrait de la princesse pour la princesse – ce qui, en soi, était déjà une grande avancée dans la noblesse de ses clients.
Mais là… La surprise qui se peignit sur ses traits, l’intérêt aussi, firent briller ses yeux et s’arrondir légèrement sa bouche. Ne pas s’avancer sur la demande.
L’intérêt était réel, cependant.

« Je suis en effet au courant… Ce qui me rend extrêmement curieuse de savoir… La teneur de votre demande ? Elle me semble être des plus importantes. » et prestigieuses. Il y avait une forme de déférence, dans son ton de voix. Elle respectait autant la personne en face d’elle que les futurs mariés. Et puis sa curiosité allait prendre rapidement le dessus.
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Gabrielle de Faërie
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Message Sujet: Re: Ne voir que la beauté   Ne voir que la beauté EmptyLun 3 Sep - 17:40

Les renseignements semblaient laborieux à soutirer de la demoiselle, et Gabrielle n’insistait pas pour ne pas brusquer les sentiments de son invitée. Si la douce Amarante avait eu une solution pour déterminer tout à fait de qui il s’agissait, Gabrielle ne doutait pas qu’elle aurait avancé cette idée. Elle nota brièvement qu’il lui faudrait demander à ce que Manaël l’Ardence se présente à son bureau, sitôt sa rencontre avec Amarante terminée. Ses appartements étaient déjà apprêtés à soutenir son séjour de quelques jours, ainsi, il ne lui restait réellement qu’à profiter de la présence de l’artiste entre ses murs et la distraire suffisamment pour qu’elle en oublie le malencontreux événement. La distraire par sa requête, entre autre chose. Amarante sembla s’étonner du lien possible avec Armandine de Faërie et la princesse se réjouissait d’être au centre de ce réjouissement.

- J’ai passé commande auprès de plusieurs des meilleurs artisans de Cibella. Si j’ai pris grand soin de mettre de l’avant l’inventivité et le savoir faire des miens, il me semblait délicat d’offrir à Armandine quelque chose de plus personnel, également. J’ai fait faire un coffre par des ébénistes de Lagrance, comme il s’agit de sa nouvelle demeure. J’aimerais désormais qu’elle y retrouve le visage familier de son frère, afin qu’elle retrouve un peu de ses racines jusque dans les jardins luxuriants. Et qui serait plus qualifié que vous pour peindre les traits de mon fiancé?

Elle s’était levée tout en parlant, la Cibellane, un sourire charmant aux lèvres alors qu’elle élaborait son projet. Ses pas l’avaient menée jusqu’au coffre ouvragé, sur pattes, qui patientait plus loin depuis le début de leur entretien. Il s’agissait d’un meuble luxueux, le contraire eut été étonnant, d’un bois précieux, sans doute du noyer. La princesse s’agenouilla sous le bruissement délicat de ses jupons et entreprit d’ouvrir le large coffre. Sur l’intérieur du couvercle, un espace lisse fut réservé pour une peinture, déjà cerclé de ciselures fines représentants quelques lierres entremêlés. Elle y fit courir ses doigts, non sans fascination, et riva ses prunelles claires sur son invitée, cherchant à voir si elle partageait son enthousiasme pour le meuble de grande noblesse.

- C’est ici qu’il vous sera possible de peindre Antonin. Les artisans m’ont assurée qu’il serait possible de détacher le couvercle, le temps que vous y couchiez votre art, sans endommager le meuble. Mon cher Antonin était ravi de se prêter au jeu, et il me fera plaisir de vous divertir tout au long des séances, Amarante, si ma présence est souhaitable.

Élégante, Gabrielle se redressa et laissa tout le loisir à la peintre d’étudier son nouvel outil de travail. Elle demeura toutefois à ses côtés, peinant à ne pas guetter ses réactions comme pour se rassurer de la justesse de sa propre idée. Il n’était pas rare qu’elle s’emballe aisément devant la joliesse ou la grandeur, bien délicate encore pour le rôle qu’elle allait bientôt tenir, en s’unissant à Antonin de Faërie.

- Ils s'uniront à la fête de l’Engagement, il faudrait donc que le coffre soit livré pour ce jour précis. Antonin et moi avons plusieurs obligations, mais nous ferons beaucoup d’efforts pour nous libérer afin que la réalisation se fasse rapidement.

Elle pressait ses mains ensemble, dans l’attente de la réponse d’Amarante. Allait-elle accepté ou se sentirait-elle trop contrainte, dans sa créativité? La princesse la couvait toujours du regard, si soucieuse de voir naître un peu d’intérêt chez elle qu’elle n’avait pas encore abordé l’aspect monétaire de cette requête.




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Message Sujet: Re: Ne voir que la beauté   Ne voir que la beauté EmptyVen 7 Sep - 23:07

Elle en trépignerait presque d’impatience, la peintre ! Si le geste, en lui-même, n’était pas des plus grossiers et des plus détachés de son caractère, elle pourrait en trépigner. Et longuement. Et probablement sautiller autour de la princesse dans son excitation. La scène serait cocasse, très embarrassante… Et ne correspondait que tellement peu à la rousse ! Elle était dans la retenue, dans la joie discrète : un sourire, un scintillement dans les yeux, quelquefois mieux, souvent rien, pour ne pas mettre mal à l’aise un interlocuteur peu porté sur les démonstrations des sentiments des gens qu’il embauchait. Elle n’était pas dans l’exubérance des sentiments ; ironiquement, ses toiles pouvaient les transpirer, comme ils transpiraient de cette vision de l’instant qu’elle se plaisait à nommer la vérité.

Chassant de son esprit toute altercation avec le malotru, survenue plus tôt dans la semaine – du moins pour un temps, le souvenir reviendrait la hanter bien vite – elle se concentra plus tôt, avec un intérêt tout renouvelé, sur la tâche que Gabrielle voulait lui confier. Son nouveau projet. Sa prochaine œuvre, pour personne d’autre que la princesse impériale – techniquement, bientôt marquise. Gabrielle ravirait ce titre en épousant son fiancé. Valse des titres, danse en laquelle, typiquement, seuls les nobles pouvaient se targuer d’avoir quelque compréhension obscure.
Dans un froissement léger de tissu, Amarante s’était redressée pour suivre la princesse, à distance respectable certes, mais assez pour pouvoir avoir une vue sur l’objet dont elle expliquait l’utilité… Et le rôle que la Lagrane aurait à jouer.
Indéniablement, le coffre était magnifique. Le bois attirait et apaisait le regard, rassurant : il ne contenait rien de valeur, et en même temps le plus précieux. Habituée à voir le beau, esthète dans son âme – pis encore ! Esthète plus que femme – la jeune de Nacarat ne pouvait que se sentir flattée que l’on lui laissât, seulement, approcher un tel objet pour y contribuer. Elle trouvait l’objet d’une grande beauté, sans oser cependant y toucher encore.
« C’est un grand honneur que d’être choisie pour cette œuvre si unique. » fit-elle remarquer, un léger sourire aux lèvres. Attendri et émerveillé. « Il s’agit là également d’un objet d’une immense beauté. »

Au cours des années, Amarante avait quelque peu du laisser à ses instants de repos la peinture sur bois : de nos jours, le plus grand chic était de s’afficher sur une toile, et tous en voulaient. C’était grandement dommage, en soi : il y avait, dans la manière de peindre sur le bois, une force et une volonté qui se dégageraient souvent plus que sur une toile. Car le support était aussi important, dans une œuvre. Beaucoup le dédaignaient. Elle n’en fit pas la remarque à Gabrielle.
La jeune peintre se laissa aller à genoux, doucement. Ses doigts fins en vinrent à effleurer, avec toute la délicatesse qu’on lui connaissait, l’endroit où reposerait le visage à jamais jeune du prince de Faërie. Travaillé discrètement, mais parfait pour elle. C’était sûr, elle était destinée à réaliser cette commande. La pièce lui parlait. Ce serait parfait.
Tout serait parfait.

« Vous serez toujours la bienvenue aux séances de pose, bien évidemment. Et même si vous souhaitiez voir l’évolution de l’oeuvre entre ces dernières… » Elle hocha la tête, en se redressant doucement, rectifiant par habitude sa robe. Elle aurait bien aimé, il était vrai, pouvoir un jour peindre la princesse, dans toute cette beauté particulière qu’elle dégageait. Ses yeux bruns clairs pétillaient d’enthousiasme et d’intérêt, et elle inclina la tête. « Le délai me semble plus que raisonnable, pour une pièce de cette envergure. » elle n’avait pas d’autre commande, et entre le temps où la peinture devait prendre et le reste des choses à faire, en plus de l’action de peindre en elle-même… Oui. Ca serait définitivement bon.
Et magnifique. Elle offrit un sourire léger à la princesse, comme pour la rassurer. Avait-elle peur qu’elle refuse ?
Qui pourrait simplement refuser ?
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Message Sujet: Re: Ne voir que la beauté   Ne voir que la beauté EmptySam 20 Oct - 19:38

Elles étaient loin, désormais, les inquiétudes de la rencontre malheureuse avec cet étranger et son rapace. Gabrielle suivait chacun des sourires de son invitée, chacun de ses éclats d’enthousiasme, même les plus discrets, confortée dans son idée d’avoir choisi une peintre aussi dédiée pour son art. Amarante s’était inclinée, tout comme elle, pour frôler du bout des doigts la splendeur du bois. La famille d’Aurebois était réputée dans ce domaine, et la noblesse du matériau se voyait aisément, tant à l’oeil qu’au toucher. La Cibellane ne manquerait pas de vanter la richesse des ressources de la famille de son amie.

- C’est un grand honneur que d’être choisie pour cette œuvre si unique.
- Vous me parliez de vos études avec tant d’intérêt et de passion, dans vos lettres. Il me semblait naturel de vous contacter pour parfaire ce coffre.

La princesse avait aidé la Lagrande à se redresser à son tour, en profitant pour presser avec chaleur sa main dans la sienne. L’invitation à une correspondance avait été une simple civilité, à la base, mais l’ardeur de la femme à livrer ses impressions sur l’Académie et ses études avaient fini par charmer la Cibellane. Il ne s’agissait pas d’une amitié, loin de là, car les deux femmes ne se connaissaient que bien peu, mais il y avait certainement quelque chose de plaisant pour les faire se retrouver si aisément, après tant de silence. Après lui avoir rendu sa liberté, détachant sa main de la sienne, et après que la peintre eut confirmée que le délai était convenable, la princesse l’invita à reprendre place autour du thé.

- Souhaiteriez-vous que nous vous aménagions un atelier dans l’une ou l’autre des pièces du manoir? Le Ru-d’Argent propose un paysage verdoyant, lors de la belle saison…

Elle lui avait offert ce sourire un peu coquin, lourdement chargé d’avenance, alors qu’elle replaçait son jupon du bout des doigts. La tâche serait moins aisée à produir si Antonin et elle devaient courir jusqu’en Lagrance à chacune des séances, il était vrai… Il était également vrai que la présence de la rouquine changeait les habitudes de la prospère baronnie.

- Nous avons beaucoup à nous dire, depuis tout ce temps, ne croyez-vous pas?

Des fiançailles, un mariage, peut-être bien. Il lui tardait de savoir si elle était présente, lors de la journée des Anciens, si elle avait eu vent des nouvelles concernant les professeurs ou les anciens collègues d’étude. Il lui semblait alors qu’Amarante passerait autant de temps à bavarder avec elle qu’à peindre son fiancé.




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