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 Faire table rase | PV

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Alméïde de Sombreflamme
Alméïde de Sombreflamme

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Message Sujet: Faire table rase | PV   Faire table rase | PV EmptyMer 3 Fév - 17:40


Livre I, Chapitre 2 • Le Carnaval des Miracles
Siméane Adelphe, Ismaïl de l'Ancre & Alméïde d'Erebor

Faire table rase

tentative de réconciliation



• Date : 20 février 1001
• Statut du RP : Privé // terminé
• Résumé : Après l'anniversaire de Chimène, Alméïde décide de contacter Siméane afin de prévenir de sa visite imminente à Ibelin. Elle souhaite arranger les choses après l'incident qui s'est déroulé.



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Dernière édition par Alméïde d'Erebor le Mer 24 Aoû - 14:04, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Faire table rase | PV   Faire table rase | PV EmptyMer 3 Fév - 17:41

Deux jours seulement après l'anniversaire organisé à l'intention de l'Impératrice de Faërie, la princesse sans couronne s'est installée à sa table de travail, feuille de papier et plume à la main. Cette situation ne pouvait décemment plus durer. D'une écriture fine et soignée, elle a rédigé une lettre au Palais Impérial d'Ibelin, destinée son médecin, Siméane, sa demi-sœur. Son attitude durant cette soirée officielle l'a rendue pantoise et l'incident diplomatique qu'elle a bien failli causer la laisse perplexe. Alméïde aurait voulu passer outre ces histoires et ne pas y donner suite, mais désormais, ça touche également Erebor et ce n'est pas une situation des plus idéales. Les griefs de sa demi-sœur lui sont incompréhensibles, son comportement encore plus. Blessée, elle a longtemps hésité à rédiger ces quelques mots à son intention. L'idée que le duché soit montré du doigt pour si peu l'a finalement convaincue. Elle a donc scellé la lettre et l'a envoyée, prévenant ainsi de son arrivée dans les jours qui viennent et de son désir d'avoir un entretien en sa compagnie. Cette perspective ne l'enchante guère mais pour soutenir Anthim, elle fera le nécessaire.

Comme prévu, Alméïde se rend à Ibelin grâce aux bons soins de la guilde des Mages et de leurs portails incroyables. Le changement de décor est rude puisque la chaleur du désert laisse place au climat plus rude et plus froid du duché voisin. Elle s'est apprêtée en conséquences cette fois-ci, malgré l'état discutable des pans de ses vêtements, récemment victimes d'une prolifération de mites dont elle ignore l'origine. Détail minime mais qui ajoute sur ses épaules une certaine appréhension car elle désire fortement faire bonne impression lors de cet entretien délicat. Elle se presse d'ailleurs dans le palais, peu désireuse de s'attarder dans le froid sous le vol constant des griffons qui parcourent le ciel ; ceux-ci semblent bien trop agressifs en sa présence depuis quelques temps sans qu'elle n'en comprenne la raison.

Arrivée au sein du palais, elle est escortée par des serviteurs avant que l'un d'eux ne s'en aille quérir sa demi-sœur. Un peu inquiète mais non moins déterminée, Alméïde se déplace jusqu'à la fenêtre, le regard posé sur le sol recouvert de neige. Spectacle rare pour la princesse du désert avant qu'elle n'aille étudier une partie de l'année à Lorgol. La seule neige qu'elle pouvait apercevoir était celle au située au sommet des montagnes d'Erebor.

Son attention est alors tournée vers la porte quand celle-ci est ouverte par Siméane. Alméïde incline la tête légèrement, un sourire poli sur les lèvres. « Merci d'avoir accepté de me voir. » dit-elle simplement d'une voix douce mais voilée par l'appréhension. Elle n'aime pas les conflits et cette discussion a pour but d'en désamorcer un. Encore faut-il que son vis à vis soit pour cette initative.


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Message Sujet: Re: Faire table rase | PV   Faire table rase | PV EmptyVen 5 Fév - 18:37


La missive est arrivée, depuis quelques jours, semant le trouble dans les jours idylliques que je viens de passer avec Ismaïl. C'est une lettre d'Erebor, que j'ai tournée et retournée cent fois entre mes doigts, hésitant à l'ouvrir, puis remettant la décision au lendemain. Bonne ou mauvaise nouvelle ? Je n'y ai plus de famille, quelques rares amis m'écrivent, mais jamais avec le sceau officiel d'Anthim. Aujourd'hui, j'ai décidé d'en avoir le coeur net, d'un geste sec, je brise le cachet de cire et reconnais aussitôt l'écriture soignée d'Alméïde, la princesse d'Erebor, ma demi-sœur que je hais avec ténacité depuis qu'elle m'a volé ma place, ma vie à la cour de Vivedune.

Je froisse immédiatement le parchemin que je jette rageusement au travers de la pièce, sans même le lire. Je l'abandonne sur le sol de mon bureau, et sors brusquement de la maison. J'ai besoin de respirer, de calmer le feu de la colère dévastatrice qui brûle en moi dès qu'on parle d'Elle, et qui me fait commettre des actes des plus insensés. La dernière fois, pendant l'anniversaire de Chimène, j'ai accusé cette usurpatrice, déclenchant des réactions politiques désastreuses que je n'imaginais même pas, que je ne voulais surtout pas …

J'arpente l'allée devant la petite bâtisse qui me sert de logement, creusant un sillon rectiligne dans la neige fraîche. Les bras enserrant mon buste pour lutter contre le froid, je me calme peu à peu. Que me veut-Elle ? Est-ce que Anthim aurait des problèmes de santé ? Ou même Sitara ? Pourtant je n'ai rien décelé pendant la soirée …
Curieuse autant qu'inquiète, je finis par rentrer et tombe sur Ismaïl qui, certainement intrigué par mon manège et par les bruits inhabituels, est descendu. Je l'emmène dans le bureau, ramasse au passage le courrier, et pendant que j'essaie de le défroisser tant bien que mal, je lui explique les raisons de mon trouble :

- Pardonne-moi, Ismaïl ! J'ai reçu cette missive … Il y a trois jours … Je ne parvenais pas à t'en parler. Elle vient d'Erebor … D'Alméïde plus précisément. Rien d'alarmant, non, j'aurais du m'en douter après les incidents à la fête de Chimène. Sa Majesté, la Princesse désire que nous nous rencontrions, et bien soit, qu'elle vienne, ici, à Ibelin, au Palais. Je l'attends.
☙❧

Je suis devant la porte, la confrontation dont je rêve depuis des années est à la portée de ma main et pourtant celle-ci reste sur la poignée, hésitant à abaisser la clenche. J'ai demandé à Ismaïl de me laisser seule avec Elle, de n'entrer que s'il me pense en danger, ou bien en passe de commettre l'irréparable. Nous avons même convenu d'un code. Si je prononce le mot « reptile », il devra nous rejoindre. Un dernier regard, un dernier sourire en demi-teinte, et je pousse le lourd battant de bois, le laissant se refermer derrière moi.

Alméïde se tient près de la fenêtre, elle me salue d'un signe de tête auquel je réponds avec une certaine raideur. Sans un mot, je la détaille, la dévisage, la toise avec mépris. Et ce que je découvre m'étonne grandement, Elle qui est toujours impeccable, les pans de son manteau laissent entrevoir de nombreux petits trous de mites, et ce ne sont pas des flocons de neiges qui nimbent son opulente chevelure brune, non, ce sont des pellicules. Si je n'en reviens pas, je n'en laisse rien paraître, et vengeance toute féminine, je suis intérieurement ravie de contempler sa beauté ainsi amoindrie.

- Bonjour Alméïde, que me vaut le déplaisir de votre visite, Princesse ? énoncé-je d'un ton froid, insistant ironiquement sur le titre qui ne veut rien dire en dehors d'Erebor. Oui, je cherche délibérément à la blesser, pendant que je contiens encore les chevaux sauvages de ma hargne et de mon dégoût :
- Quelle bévue ai-je encore commise ? Quelle faute dois-je encore endosser en votre nom ? Je commence à être fatiguée de ce petit jeu … Parlez franchement, nous sommes seules, aucun témoin ...


Dernière édition par Siméane Adelphe le Sam 13 Fév - 16:56, édité 2 fois
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Message Sujet: Re: Faire table rase | PV   Faire table rase | PV EmptySam 6 Fév - 14:11




L'on croit tout connaître à propos de la femme de sa vie lorsque, à l'image de ma Samy et de ma modeste personne, on se côtoie depuis une éternité. Après cinq ans, cinq ans de complicité, de rires et de confidences, cinq ans d'un amour mûrissant à pas de loup comme la canneberge de novembre, l'on acquiert la certitude que rien dans le comportement de l'autre moitié de soi ne peut encore surprendre. Et c'est là qu'on se fourre le doigt dans l’œil jusqu'au troufignon ! Je n'avais remarqué ni son malaise, ni son inquiétude. Sans doute étais-je totalement absorbé par le magnétisme, la douceur, l'apparente fragilité qui se dégagent de chacun de ses gestes, surtout si on les met en balance avec mes attitudes de rustaud mal dégrossi, issu du monde abrupt des gueux et des montagnards.

Ainsi, voilà plusieurs jours que cette lettre est arrivée, et l'apprendre de cette manière me perturbe un brin, je l'avoue. Mais je comprends les raisons du silence de mon amante en recueillant l'identité de son expéditrice ainsi que le but de cette missive pour le moins inattendue. Alméïde, cette intrigante, sera bientôt dans nos murs. Elle désire un entretien avec ma Samy. C'est somme toute assez logique de sa part, car les accusations portées par ma compagne lors des récentes festivités de Faërie l'ont mise sur la sellette. Elle a dû écumer de rage d'être ainsi désignée comme l'instigatrice d'un scandale qui a bien failli provoquer un ouragan de haine et de représailles sur l'intégralité des terres d'Arven.

Vivre à Lorgol est synonyme de méfiance envers l'humanité entière. J'ignore tout de la personnalité de la demi-sœur de ma Siméane, ainsi que l'étendue exacte de ses magouilles destinées à priver mon gracieux toubib de ce privilège qui lui revenait de droit, une influence prépondérante à la cour de Vivedune, si bien que ce rendez-vous me contrarie à l'avance. Je redoute une obscure menace. J'entrevois la possibilité de nouvelles machinations, d'une machiavélique vengeance. Les dieux seuls peuvent savoir ce qui peut mijoter dans un cerveau aussi retors que celui de cette aventurière. A choisir entre elle et moi, c'est elle la véritable flibustière !

***

Le jour est arrivé. Mon vaillant petit soldat ne s'est pas débiné. Elle affrontera en tête à tête cette princesse de nulle part, la princesse « peau de balle et balai de crin ». Quant à moi, à sa demande, j'assisterai à cette entrevue l'oreille collée à la porte du boudoir qui accueillera les deux demi-sœurs. Ma Samy a imaginé un code secret, à tout hasard, si elle se sent menacée ou prête à exploser comme une irréversible lame de fond. Elle prononcera le mot « reptile », un mot parfaitement choisi, un mot désignant exactement comment je perçois cette Alméïde. Le battant se referme sur mon amante. La voilà dans la cage aux fauves. Hop, ce n'était pas prévu, mais du bout du pied j'empêche l'huis de se rabattre entièrement. Je suis bien trop curieux et inquiet pour ne pas assister à la scène en témoin oculaire. Je laisse juste un minuscule interstice, de quoi y glisser un œil attentif et circonspect. Et j'écoute en silence.

Me serais-je fait du mouron pour rien ? Alméïde ne me parait nullement agressive. Elle se contente de remercier poliment ma toubib d'avoir accepté cet entretien. Mouais. Façade ou bonne foi ? Mystère. C'est ma Samy qui se montre la plus incisive. Ce n'est sans doute nullement prémédité de sa part, mais cette rigueur dont elle fait preuve est à mon sens la meilleure façon de dominer les débats. Mentalement, je l'en félicite.

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Message Sujet: Re: Faire table rase | PV   Faire table rase | PV EmptyVen 12 Fév - 18:42

La vision de sa demi-sœur n'apaise en rien les appréhensions accumulées durant ces derniers jours. Le regard qu'elle pose sur elle n'aide certainement pas. À peine entrée dans la pièce, elle l'observe avec mépris, posant sur ses vêtements et sa chevelure un regard suffisant. Alméïde tente d'en faire abstraction. Elle a bien conscience de ne pas être sous son meilleur jour. Même noués, ses cheveux présentent encore bien des traces de pellicule. Quant à ses vêtements, elle n'a clairement pas pu faire mieux. Et bien que l'apparence ne soit pas un sujet sur lequel elle s'attarde d'ordinaire, la princesse sans couronne se sent bien pataude face à une Siméane prompte à la rabaisser au moindre faux pas. Les paroles prononcées lors de l'anniversaire de l'impératrice Faë lui reviennent avec clarté et le malaise croît un peu plus en elle. Il est grand temps que sa demi-sœur s'explique.

« Bonjour Alméïde, que me vaut le déplaisir de votre visite, Princesse ? » Le ton est glacé et elle peine à garder un visage impassible face à cette démonstration de haine. L'incompréhension se lit sur les traits de l'erebienne qui, malgré tous ses efforts, ne parvient pas à saisir quelle erreur elle a pu commettre pour que Siméane en vienne à la détester autant. « Quelle bévue ai-je encore commise ? Quelle faute dois-je encore endosser en votre nom ? Je commence à être fatiguée de ce petit jeu … Parlez franchement, nous sommes seules, aucun témoin ... » Cette fois-ci, c'est une réelle surprise qui se dessine sur ses traits. De quel petit jeu parle-t-elle ? Alméïde en reste un instant sans voix, tant l'idée de faire porter le chapeau à sa demi-sœur pour une quelconque erreur lui semble absurde. À vrai dire, elle ressent même une pointe d'amertume à la voir ainsi se poser en victime quand elle a été celle qui, pendant des années, a tout fait pour qu'elle soit à jamais discréditée à la cour d'Anthim.

« Vous connaissez les raisons de ma visite ; je suis venue pour discuter des propos que vous avez tenus durant l'anniversaire de l'impératrice de Faërie et de leurs conséquences. » Son ton est calme malgré tout. Elle n'est pas ici pour s'énerver mais pour comprendre. « Je sais que vous ne m'appréciez pas, même si j'en ignore les raisons. Vos insultes à mon égard m'importent peu à vrai dire, mais cette fois, vous avez mis à mal Erebor à cause d'un incident et ça, je ne peux pas le laisser passer. » Anthim ne mérite pas ça. Pas plus que le reste du duché. « Quoi que je vous aie fait par le passé, j'en suis désolée, je n'ai jamais voulu que ça aille aussi loin. Alors expliquez-moi, j'aimerais comprendre. Qu'est-ce que vous voulez exactement ? » Son regard se pose sur elle avec une sincère volonté. Il est temps que ça s'arrête et elle a réellement envie de faire des efforts en ce sens. Encore faut-il que Siméane soit également de cet avis.


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Message Sujet: Re: Faire table rase | PV   Faire table rase | PV EmptySam 13 Fév - 16:57


La surprise, l'incompréhension qui défilent sur le visage de la Princesse me laissent de glace. Comment pourrait-elle comprendre ce que je ressens ? Choyée par un père qui m'a abandonnée, adulée par un frère qui m'a ignorée, sortie du harem pour vivre à la Cour, elle n'a pas connu ces journées interminables pendant lesquelles je l'enviais tant alors qu'elle pouvait jouer à l'extérieur du sérail. Ni ces nuits où je peinais à m'endormir, pleurant silencieusement une mère que je n'ai pas connue, me sentant si désespérément seule …

Comment pourrait-elle me comprendre ? Non, elle se tient là devant moi, me demandant de m'expliquer, alors que je voudrais la voir se départir de son vernis de grande dame, qu'elle explose, qu'elle se fâche, me reproche tout ce que j'ai pu inventer pour la discréditer ou bien la faire souffrir.
Son calme trop serein à mon goût est déroutant, je dois l'avouer, mais il n'apaise pas la colère, la rancoeur qui gronde furieusement en moi. Cette main tendue, je ne veux pas la voir. Même pour Erebor. Ma réaction fuse aussitôt :

- Ne rejetez pas la faute sur moi ! Je n'ai pas mis à mal Erebor ! Non, je vous ai reproché cette stupide idée d'apporter des serpents à une enfant délicate qui n'en a que faire. C'est vous par cette bourde qui avez entaché le nom de notre Duché et embarrassé Anthim. La Princesse Sixtine en personne était outrée par votre bêtise. Si les érebiens aiment les ophidiens, ce n'est pas le cas de tout le monde, contrairement à ce que vous pensez. Pour finir, je ne suis pas responsable des critiques proférées ensuite par le Maréchal de flammes, et je crois bien que même l'Impératrice et son entourage n'ont pas compris son attitude …

En jetant ma diatribe, je me suis approchée de quelques pas, et son apparence me sidère, j'en tirerais satisfaction, si Alméïde n'était pas la représentante d'Erebor. Je ne peux m'empêcher d'enfoncer le couteau dans la plaie :

- Mais parlons de vous, qu'est-ce qui vous prend de vous présenter en guenilles miteuses à la Cour d'Ibelin ? N'avez-vous donc aucun amour-propre ? Et vos cheveux ? Depuis quand vous laisser vous aller ainsi ? Vous êtes médecin, vous connaissez forcément les vertus du vinaigre contre les pellicules. Enfin Alméïde vous rendez-vous compte de l'image que vous renvoyez ? Et c'est moi qui porte tort à Erebor ! Vous vous moquez du monde !

Bien sûr que cette attaque perfide sur son allure est peu glorieuse, mais je ne suis plus à un coup bas près. Et je suis bien aise d'avoir pris le soin de revêtir une robe élégante mais sans ostentation, elle me donne l'avantage, et surtout l'assurance nécessaire pour poursuivre mes récriminations, vider mon sac, une fois pour toutes :

- Vous n'avez donc aucune idée des torts que vous m'avez causés ? Vous avez commencé enfant, lorsque vous avez tout fait pour monopoliser l'attention de notre demi-frère. Vous, et certainement votre mère, avez oeuvré pour devenir princesse d'Erebor, me reléguant, moi l'orpheline, au fin fond du harem, au milieu de ces femmes toujours en guerre pour gagner les faveurs du Duc. Vous, vous aviez encore votre mère pour vous soutenir, pour vous défendre, moi, j'ai du grandir seule … Nous étions sœurs, et vous m'avez abandonnée aussi …

Le dire à voix haute me fait mal, mais c'est la vérité, le nœud de mon amertume, de ma haine, il est là dans ces quelques mots : elle aussi m'a laissée tomber …
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Message Sujet: Re: Faire table rase | PV   Faire table rase | PV EmptyDim 14 Fév - 13:09



Alméïde ne se démonte nullement, en dépit de l'impétuosité grandissante de ma belle amante. Demeurer calme constitue également une arme, et la méfiance est donc de mise dans notre camp. Par contre la voici qui accuse ma Samy d'épouser la responsabilité des incidents qui se sont déroulés au Palais Impérial d'Alfaë, ce qui, à mon sens, constitue une incontestable maladresse, voire même une provocation, et devrait entraîner une vive riposte de la part de ma toubib. Car c'est quand-même bien elle qui a amené ces foutus serpents qui ont semé la pagaille et auraient pu susciter une virulente animosité entre les deux empires, non ?

Bref, je ne m'étais point fourvoyé, ma bien-aimée réplique aussitôt. Je ne la distingue que de profil, par l'entrebâillement de la porte, mais cela me suffit amplement pour lire la colère qui flamboie sur chacun des traits de son visage. Je ne l'ai jamais vue aussi agitée, ma Samy, et dès lors je me tiens prêt à entrer dans la danse, même si le mot convenu, « reptile », ne devait pas être prononcé. Ma maîtresse a beau être l'incarnation vivante de la douceur, si cette fichue érebienne devait dépasser les bornes et la pousser hors de ses gonds, la situation s'envenimerait irrémédiablement et l'explication se muerait en une fâcheuse algarade et m'obligerait à intervenir illico.

Ma délicieuse compagne dompte parfaitement les mots qui égratignent. Je la découvre sous un jour nouveau et inattendu lorsqu'elle souligne l'outrage au bon goût et à l'urbanité que constitue la toilette miteuse de cette princesse de nulle part. Mon amante ne fait point dans la dentelle. Ses remontrances ne concernent que de loin l'objet du différent qui les oppose, mais elles devraient déstabiliser son interlocutrice, laquelle, en effet, est aussi élégante qu'un sac rempli de patates. Tu marques un point, ma chérie. Continue de la sorte, et ta rivale va se prendre une telle déculottée qu'elle ne s'en relèvera jamais.

Mon joli toubib aborde alors le nœud de la discorde : la trahison de sa demi-sœur. Car c'est bien de cela qu'il s'agit. En plus des magouillages et des intrigues de salon, Alméïde a abandonné Siméane, elle n'a pas bougé le petit doigt pour la maintenir à la cour d'Anthim, alors qu'un seul mot de sa part aurait suffi, car elle était déjà la préférée à qui on ne refuse aucune faveur. Voilà la stricte vérité. Elle a fait preuve d'un comportement indigne d'une soi-disant dame du grand monde, ce qui attise encore l'aversion que j'éprouve pour elle et pour cette prétendue élite qui dirige le pays. Je réalise encore mieux ce qu'éprouve ma compagne. Son emportement est légitime. Je n'ai d'ailleurs jamais douté d'elle, même si je découvre seulement aujourd'hui tous les éléments de cet imbroglio familial.

Est-ce une once de regret que je perçois soudain dans le ton de sa voix, bien plus que dans les phrases qu'elle assène ? A nouveau, j'hésite à entrer pour lui apporter un soutien unilatéral, mais, à la réflexion, je m'en abstiens. Nul doute que mon intrusion fausserait les débats, et qu'elle risquerait d'effaroucher sa demi-sœur. Alméïde en dira davantage si je ne viens pas perturber leur charmante causette avec ma délicatesse d'ours coléreux.


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Message Sujet: Re: Faire table rase | PV   Faire table rase | PV EmptyMar 23 Fév - 0:53

Les paroles de Siméane se déversent alors sur elle dans un flot ininterrompu. Le barrage a cédé et chaque mot prononcé semble vouloir l'enfoncer un peu plus au fond des eaux glacées de son amertume. La princesse sans couronne reste interdite face aux réactions de sa demi-sœur qui la prennent de court. Tantôt accusatrice, tantôt désobligeante, elle parvient enfin au nœud du problème qui la laisse sans voix. Alors c'est pour ça qu'elle lui en veut tant ? Pour des vies qui ont pris des routes différentes ? Pour un Destin qui a jeté son dévolu sur l'une et pas sur l'autre ? Malgré elle, la culpabilité l'étreint et elle réalise à quel point elle a pu être aveugle toutes ces années, trop heureuse d'avoir trouvé en Anthim une nouvelle famille. Elle pensait pouvoir arranger les choses en reprenant les rênes du harem au couronnement de son frère. Elle pensait pouvoir faire une différence. Mais elle n'a pas songé à toutes celles pour qui il était déjà trop tard. Celles qui, comme elle, avaient grandi dans cet environnement mais qui n'avaient pas eu la chance d'en sortir comme elle l'avait fait.

« Je... je suis désolée Siméane, je ne savais pas. J'aurais dû... » Alméïde ne trouve pas ses mots, à la fois honteuse de ne pas avoir été la demi-sœur qu'elle aurait dû être et également humiliée par toutes les paroles proférées. Néanmoins, elle n'oublie pas toutes les tentatives du médecin pour la discréditer auprès de la cour Erebienne et c'est également une certaine irritation qui fait surface au milieu de tout le reste. « J'aurais dû m'en rendre compte mais vous auriez pu venir m'en parler au lieu de manigancer dans votre coin. Et tout ça n'excuse en rien votre comportement. Les serpents étaient un cadeau d'Erebor et pas uniquement de mon fait. Vous le savez, en dehors de notre duché, mon titre n'a aucune valeur et si Erebor est montré du doigt, ce n'est pas moi qui serai accusée, que je sois seule responsable ou non. » La princesse du désert parvient à garder un ton mesuré, bien que la situation la mette extrêmement mal à l'aise. Siméane peut dire ce qu'elle veut, toute accusation portée à la délégation Erebienne ne lui fait pas de tort directement. C'est Anthim qui se trouve alors dans la position la plus vulnérable et Alméïde a du mal à accepter une telle chose.

« Quant à mon allure, je crois qu'elle ne vous concerne pas. J'aurais pu attendre de régler mes quelques... problèmes avant de venir vous voir mais ils m'ont semblé insignifiants par rapport au sujet dont nous devions nous entretenir. J'ose espérer que vous êtes de cet avis également. » Et elle rougit assez de honte comme ça pour que le médecin s'amuse à en rajouter une couche. Elle a tout essayé. Oui, même ce vinaigre dont elle vante tant les vertus. Entre l'invasion dans sa garde-robe et ce petit souci capillaire, nul doute qu'elle ne doit pas offrir un spectacle très reluisant, même avec quelques retouches et des cheveux noués. Mais peu importe, elle ravale cette honte et fait face à sa demi-sœur comme elle désirait le faire. À la fois terriblement peinée et coupable d'avoir ainsi négligé celle qui partage une partie de son sang mais également d'avoir eu à encaisser des paroles dures, parfois insultantes. Elle voudrait tant se rattraper d'une manière ou d'une autre mais la vérité, c'est qu'elle ne saurait même pas par où commencer.


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Message Sujet: Re: Faire table rase | PV   Faire table rase | PV EmptyLun 29 Fév - 19:04


Comment ces mots ont-ils pu sortir de ma bouche ? À peine prononcés je les regrette déjà, tant ils révèlent la vulnérabilité qui a habité si longtemps mon coeur d'enfant, j'ai avoué à ma pire ennemie combien j'avais souffert de son abandon. Me découvrir de la sorte est une sacrée bourde, et je le réalise trop tard puisque les mots ont déjà franchi mes lèvres presque malgré moi. La surprise et la culpabilité qui s'inscrivent sur l'ovale parfait du visage d'Alméïde sont tout aussi étonnantes que ma franchise involontaire. J'ai toujours pensé qu'elle savait pourquoi je me conduisais aussi mal envers elle, pourquoi j'ai essayé à plusieurs reprises de la discréditer devant la Cour d'Erebor. Apparemment je m'étais fourvoyée, puisque nous en sommes à parler franchement, je ne doute pas de la sincérité de ses émotions. Malheureusement la trêve n'aura duré que le temps de ses regrets exprimés de façon hésitante. Les reproches qui s'ensuivent, résonnent à mes oreilles comme des encouragements à poursuivre mes virulentes attaques de plus belle.

- Comment aurais-je pu approcher la petite Princesse chérie du Sultan et de son fils ? Nous, les autres demi-sœurs nous n'étions pas autorisées à sortir du harem. Alméïde, nous avons grandi, joué, rêvé si souvent ensemble, que je n'ai pas compris lorsque vous avez quitté le sérail, que je ne vous reverrais jamais. Les autres filles se sont chargées de me mettre les points sur les « i » sans me ménager, se moquant de moi, de ma naïveté … Tout ce que j'ai fait ensuite,  je l'assume complètement. Je ne cherche pas d'excuse. Non. Je vous en voulais, je vous en veux toujours !

La colère est mauvaise conseillère, et mon impulsivité m'a déjà joué des tours, mais les chevaux sont lâchés, et je ne peux, ni ne veux plus les retenir. Je réduis encore l'espace entre nous, et je poursuis ma diatribe, acerbe, violente :

- Vous avez poussé Anthim à me chasser de la Cour d'Erebor. Mais en quittant mon duché, j'ai pu étudier à l'Académie, et c'est là, le seul point positif de cette histoire. Mais revenons-en à vos manigances à vous, j'ai appris incidemment que vous prépariez quelque chose pour la fête d'anniversaire de l'Impératrice. Et lorsque j'ai vu ces maudits reptiles se répandre sur le sol du Palais, j'ai compris. J'ai tout compris. C'était votre cadeau, votre faute, et c'est vous qui avez jeté le discrédit sur Erebor, je n'ai fait que révéler votre forfait.

Je la dévisage haineusement, j'en ai assez qu'elle joue les innocentes bafouées. Je veux qu'elle reconnaisse ses torts, je lâche alors ma dernière information, la plus extravagante et la plus dangereuse pour Alméïde. Je la tiens de la seule femme du sérail, avec laquelle j'ai gardé des liens épistolaires. Elle a été témoin d'un étrange manège qui a piqué sa curiosité, et m'en a conté tous les détails, sans penser à mal. Mais moi, j'ai tout de suite réalisé l'importance d'une telle révélation, et surtout les dégâts qu'elle pourrait faire.

- Ce n'est d'ailleurs pas la seule vilenie dont vous vous êtes rendue coupable. Je sais, de source sûre, que vous recevez à Vivedune, dans le plus grand secret, des cadavres de Lorgol. Ils vous sont livrés dans des sacs, comme une vulgaire marchandise, de la viande froide, sans le moindre respect. Je suppose que vous les disséquez. Vous connaissant vous en avez certainement fait des croquis très réalistes. C'est vraiment horrible pour ces pauvres gens qui n'auront jamais de sépulture, jamais ils ne retrouveront leur famille dans la mort. Vous rendez-vous compte du tort que vous pourriez faire à Anthim, si cela se savait !? Que croyez vous qu'en penserait la Cour d'Erebor ?

Un grincement léger m'interrompt, lentement la porte s'ouvre dans mon dos. Dans l'effervescence de mon courroux, j'ai certainement prononcé le fameux mot de passe qui invite Ismaïl à entrer. Honnêtement j'aurais préféré que ce duel se poursuive à huis clos, mais il m'empêchera sans doute de commettre l'irréparable. Bouillant encore de rage, je me tourne vers lui pour l'accueillir :

- Ah voici mon ami Ismaïl de l'Ancre, que vous avez peut-être croisé à la fête de l'Impératrice …
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Message Sujet: Re: Faire table rase | PV   Faire table rase | PV EmptyMar 1 Mar - 13:27



Je commence à m'agiter, planté là comme une potiche oubliée. Bientôt j'aurai le tronc qui s'enfoncera dans les guibolles, à force de demeurer immobile. Et je connaîtrai par cœur chaque arabesque des riches moulures ornant l'huis qui me dissimule. Bien-sûr, je veille ! Et plutôt deux fois qu'une ! J'voudrais pas qu'il arrive des crosses à ma belle amante ! Et je reluque furtivement par l’entrebâillement de la porte dès que l'antagonisme qui régente la conversation entre mes deux donzelles reprend du poil de la bête ! Mais bon, j'suis pas une lopette, j'suis un homme d'action, et cette passivité forcée me hérisse le poil. J'en suis à espérer que ma Samy prononcera bientôt le mot magique et que je pourrai me ruer dans la pièce pour y débagouler mon venin.

En attendant cet instant, je patiente, je lorgne, je prête l'oreille à ce duel verbal. La princesse de rien semble baisser pavillon, elle se prétend désolée, mais c'est pour mieux relancer les hostilités. Elle ne manque pas d'air ! La voilà qui cherche à se dédouaner ! C'est tout Erebor qu'elle accuse ! C'est pourtant bien elle qui les amenées, ces fichues bestioles ! Elle est donc complice, voire même instigatrice principale ! Accroche-toi, mon tendre oiseau des îles. Balaie les arguments de cette vipère.

Alméïde poursuit son baratin. Son allure ne concerne qu'elle, réplique t-elle à l'édifiant constat dressé par ma toubib. Et la fierté dans tout ça ? Elle se niche où ? Je ne voudrais même pas de sa toilette pour habiller un épouvantail ! Bon, j'exagère un tantinet, bien évidemment, mais je suis comme ça moi, j'suis un sanguin, et qui s'en prend à ma toubib s'en prend également à moi.

Les vitupérations de cette demi-soeur si arrogante ne tempèrent pas les propos de ma libellule. Ma Samy repart à l'abordage. Elle a le dard aussi effilé que la pointe de mes estocs. Sa conclusion est, selon moi, irréfutable : Alméïde n'a pas bougé le petit doigt pour la conserver auprès d'elle à la cour d'Erebor, et c'est elle aussi qui a semé la pagaille au palais ! Comment peut-on nier une telle évidence ? Et je suis totalement impartial et objectif en voyant les choses de la sorte ! Non ?

Bigre ! Voilà que mon ravissant toubib décoche une nouvelle flèche ! C'est quoi cette histoire de cadavres ? Je n'étais pas au courant. J'écoute attentivement, si attentivement que je ne réalise qu'à posteriori que mon aimée a prononcé le mot que j'attendais ! Reptiles ! Par toutes les plumes d'un cacatoès, que j'aime ce mot qui m'invite à participer à l'hallali ! Reptiles ! Reptiles ! Mmmm. Je pousse un peu plus la porte, je passe ma fiole dans l'ouverture, j'ouvre tout grand mes quinquets pour constater que les deux interlocutrices se jaugent du regard, puis je pénètre énergiquement dans la pièce. Siméane se détourne de sa demi-sœur et me présente, mais j'avoue que je n'y prends pas garde. Je suis fermement résolu à égratigner cette Alméïde et ma Samy vient de m'en donner l'occasion idéale en évoquant cette affaire de cadavres déplacés et découpés en morceaux. Je n'ai pas très bien compris qui sont ces macchabées, mais peu importe, j'ai décidé d'en faire tout un pataquès. Et je me lance, sans plus attendre, sans saluer cette princesse de nulle part. J'suis pas là pour multiplier les courbettes et les ronds de jambe, et j'peux me montrer particulièrement teigneux et vicelard si les circonstances l'exigent !

- Comment est-ce possible ? Vous n'avez pas honte d'agir ainsi ? De priver ces gens du respect que leur confère la mort ! D'en faire de la chair à saucisse sans se soucier de leurs familles, qui ne pourront pas se recueillir devant les dépouilles de ceux qu'ils ont aimés ! Et qui sont ces défunts ? Peut-être des gens respectables ! Des marins ! Des commerçants ! Des étudiants ! Des amis ou des parents que nous croyons tous en voyage ! Et quand vous en manquez, vous les assassinez vous-mêmes pour les découper en rondelles, pour les disséquer comme des animaux ? Ça ne va pas se passer comme ça ! Cette boucherie va être rendue publique !

Je m'interromps là, mais je suis plutôt fier de mon réquisitoire. J'pense que je ne pouvais pas mieux apporter mon soutien à ma Samy, ce qui constitue ma motivation essentielle, ma préoccupation majeure, bien plus que le sort de quelques macchabées. Je croise les bras et je fixe âprement sa rivale. Que va t-elle nous balancer comme élucubrations pour sauver la face ?

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Message Sujet: Re: Faire table rase | PV   Faire table rase | PV EmptySam 26 Mar - 18:23

Tous les jeux, tous les rêves qu'elles ont partagé... Oui, peut-être, mais Alméïde n'avait que six ans quand Anthim l'a arrachée au quotidien du harem. Elle n'était alors qu'une petite fille encore peu consciente de ce que cette main tendue signifiait. Puis elle a grandi sans s'apercevoir du malheur de celles restées en arrière. Cette simple pensée l'oppresse, fait naître en elle une culpabilité intense qui ne s'éteindra certainement pas de si tôt. Comment prétendre désormais qu'elle parvient à faire une différence en tant que régisseuse si elle a autrefois fermé les yeux sur ce qu'il pouvait s'y passer au quotidien ? Ce n'était certes pas de sa responsabilité, mais il s'agissait de ses sœurs. Beaucoup la malmenaient alors, mais pas Siméane. Non, elle ne faisait pas partie des ces gamines capricieuses qui venaient se moquer d'elle jour après jour. Et elle l'a laissée tomber. Elle l'a laissée derrière elle sans agir et il n'y a rien qu'elle puisse dire pour se faire pardonner.

Sa demi-sœur poursuit ses accusations. Injustes pour la plupart, puisqu'elle n'a jamais poussé personne à la chasser. La princesse a été soulagée de ne plus avoir à souffrir de ses tentatives infructueuses pour la discréditer, certes. Mais de là à manigancer pour qu'elle quitte le palais ? Siméane ne s'arrête pas là, revient sur le sujet des serpents qui est au cœur de cette visite tout sauf courtoise. Ces reptiles sont des animaux très appréciés dans le duché, ce cadeau n'était qu'une idée parmi d'autres. Que celle-ci vienne d'elle soit une chose mais le résultat est le même ; Alméïde ne sera pas celle qui sera montrée du doigt et les paroles de sa demi-sœur n'était encore une fois que venin à son égard. Lassée de se justifier, la princesse réalise qu'elles ne trouveront peut-être pas d'accord à ce sujet. Ses lèvres restent scellées, elle songe même à repartir plus vite qu'elle ne l'avait envisagé, déçue de la tournure des événements. L'amertume qui se dégage de sa demi-sœur est presque palpable et sa colère irradie la pièce. Quant à ce qui suit, elle n'aurait jamais pu s'y attendre.

La mention des cadavres la laisse pantoise. Comment a-t-elle pu le savoir ? Pire encore, que compte-t-elle faire de cette information ? Elle menace d'en parler à Anthim, mais le duc d'Erebor est parfaitement au courant de cette activité, lui-même ayant des contacts au sein de la Confrérie Noire. Elle se garde bien de corriger le médecin sur ce point néanmoins. Elle se garde d'ailleurs de toute réaction et s'en félicite quand elle voit une silhouette passer la porte sans s'annoncer. À la fois surprise et contrariée, Alméïde fronce les sourcils, détaillant l'homme qui fait son entrée et qu'il lui semble reconnaître sans qu'elle ne sache où elle a pu voir ce visage auparavant. Ce sont les paroles de Siméane qui l'éclairent à ce sujet. Ismaïl de l'Ancre. Ce nom ne lui dit rien mais elle ne compte pas l'oublier, car il se met à son tour à pointer sur elle un doigt accusateur. La princesse se sent minuscule face à ces regards qui la foudroient sur place. Prise la main dans le sac, très certainement. Et sans aucune échappatoire.

Son regard va de l'un à l'autre. Ravalant la honte qui l'étreint, elle croise les bras en posant finalement ses yeux sur Siméane. « Qu'est-ce que vous voulez ? Qu'est-ce que vous attendez de moi ? J'espérais avoir une chance d'avoir une réelle discussion avec vous, en privé, mais vous invitez un ami et maintenant quoi ? Vous me menacez ? Vous me faites du chantage ? En fait, vous n'aviez aucune intention d'entamer un réel dialogue, c'est ça ? » Sa voix n'est ni dure, ni accusatrice. Elle est faible, se brise sur ses dernières paroles et la déception marque ses traits ainsi qu'un fort sentiment d'humiliation et de trahison. Elle espérait sincèrement pouvoir arranger les choses cette fois-ci. Il semblerait que ses espoirs étaient placés trop hauts et qu'elle se fourvoyait complètement. Au moins à présent, elle saura à quoi s'en tenir.


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Message Sujet: Re: Faire table rase | PV   Faire table rase | PV EmptyVen 1 Avr - 10:04


L'intervention d'Ismaïl, je ne l'avais pas prévue, du moins pas si tôt, pas sans le mot de passe dûment prononcé. Je savais qu'il m'empêcherait de faire une bêtise, et qu'il me soutiendrait, mais ses accusations, encore plus virulentes que les miennes, en sont presque dérangeantes. Evidemment savoir qu'Alméïde fait commerce de corps pour ses expériences est un atout de poids, et la surprise qui se peint sur son visage me conforte dans cette idée, même si je la comprends, moi aussi, j'aurais bien aimé pouvoir observer l'anatomie dans de telles conditions. Nous sommes médecins toutes les deux, et notre curiosité est sans fin, pour soigner au mieux nos patients, et connaître parfaitement le corps humain. C'est certainement l'un des rares points sur lesquels nous sommes d'accord toutes les deux. Mais je ne compte pas lui avouer, ni à Ismaïl qui ne comprendrait probablement pas que c'est au détriment de ces pauvres gens que les progrès de notre savoir de guérisseuse se forgent.

La colère qui m'étreint est si violente, si intense, qu'elle dévore ma raison déjà vacillante. Elle brouille mes pensées, et m'enferre dans des ténèbres de  confusion. J'en veux à Ismaïl d'être entré, même si c'est de ma faute, j'ai sûrement prononcé notre mot de passe sans même m'en apercevoir. Je ne raisonne plus. Je voulais garder la Princesse à ma merci, je voulais la pousser dans ses retranchements seule à seule, je voulais démolir cette façade de respectabilité qu'elle affiche en permanence, je voulais … je voulais …
Que les Dieux me pardonnent, l'agressivité qui me submerge est aussi puissante qu'une tempête en mer. J'ai l'impression d'être une coquille de noix ballotée par des vagues âpres qui vrillent mon ventre, assaillent ma tête d'images de mon passé, de notre passé. La vigueur de ce torrent de souvenirs m'effraie soudain, comment en suis-je arrivée à de telles extrémités ? Comment ai-je pu me focaliser ainsi sur Elle, uniquement sur Elle, et la rendre entièrement responsable de ce qui n'était qu'une décision d'adulte, du Duc, de mon père qui, lui, m'a abandonnée. Lâchement … C'est lui que j'aurais dû haïr avec tant de force …

Alméïde tente de reprendre le contrôle de notre entretien, elle est acculée, sa voix vacille sur ses derniers mots, elle, qui avait espéré aplanir nos divergences en me rencontrant, est face à un mur de haine. Le sang bat si furieusement à mes tempes, que j'y porte machinalement les mains pour les masser et chasser cette douleur qui explose dans mon crâne, intense, inquiétante. La guérisseuse en moi prend peur, cette animosité excessive que je porte en moi depuis si longtemps est en train de me dévorer de l'intérieur. Elle va finir par me rendre malade, ou même pire ! Cette révélation est si inattendue, si brutale que je chancelle sous le choc, et recule de deux pas.

La voix d'Alméïde s'éteint et sur son visage se dessine le désarroi et la déception …  Comme lorsqu'elle était enfant, que les autres filles se moquaient d'elle ! Cette moue dépitée, et triste … poignante … Le voile se déchire enfin ! En un éclair, la vérité me dessille les yeux, me confrontant crûment à mon acharnement stupide. Hagarde, je regarde Ismaïl, puis Alméïde, je ne sais que dire, que faire …

Comment lui expliquer ? …

- Je … Ma voix déraille, incertaine, confuse. J'avais … j'avais demandé à Ismaïl de veiller derrière la porte … Ce n'était pas pour te mettre mal à l'aise. Non. C'était juste au cas où je me serais … trop emportée … Nous avions convenu d'un mot de passe, et je crois bien l'avoir dit sans même m'en apercevoir …
Sans les voir, je regarde mes mains que je tords nerveusement, je quête du soutien, du courage dans les prunelles sombres d'Ismaïl, puis mes yeux tourmentés se posent sur Alméïde, sur ma sœur.

- Je … J'ai commis bien des erreurs, aveuglée par la haine que je te portais, Alméïde … Tu as bien fait de venir, j'admire ton courage, tu es venue m'affronter seule, connaissant mes sentiments plus qu'hostiles à ton égard …
Je réalise que je la tutoie, comme lorsque nous étions enfants, mais en ai-je encore le droit ?

- Veuillez me pardonner mon égarement Princesse, j'ai perdu le droit de vous considérer comme ma famille, après tout ce que j'ai comploté contre vous … Lorsque je vous ai revue à Alfaë, j'étais si choquée, si en colère, que les accusations me sont venues naturellement. Avec le recul, et un peu d'objectivité, j'aurais compris que vous n'étiez pas responsable de l'évasion des serpents, mais c'était si facile … Et surtout je n'ai pas envisagé un seul instant la réaction incroyable du Maréchal de Flammes … Jamais je ne nuirai à Anthim, ou à Erebor, croyez-moi … Vous étiez malheureusement la seule cible de mon courroux …

Comprendra-t-elle ? J'en doute, et je ne pourrai lui reprocher … J'ai entraîné Ismaïl dans une vaine querelle et voilà que j'abandonne la partie, il s'interroge certainement sur ce revirement presque inconcevable, moi-même, j'ai encore du mal à y croire …
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Message Sujet: Re: Faire table rase | PV   Faire table rase | PV EmptyLun 4 Avr - 12:56



Je voulais agresser, je voulais mordre, je voulais que chacun de mes mots soit un coup de poignard décoché dans le cœur de cette princesse de rien, et ma diatribe a atteint son but. Pour toute riposte, Alméïde n'a esquissé qu'un bref sursaut d'orgueil, ponctué de quelques interrogations, puis sa voix s'est lentement éteinte, comme la flamme d'une bougie captive d'un souffle de vent. A dire vrai, jamais encore je n'avais houspillé quelqu'un avec autant d'impétuosité et de virulence. A Lorgol, le plus souvent, on résout les différents d'une autre manière, on s'éclate le pif à grands coups de marrons dans la façade, et zou, c'est seulement après qu'on règle ses comptes verbalement, par exemple autour d'un pichet d'un vin gouleyant à souhait, un pichet dont le parfum appelle à la réconciliation.

Mais ici, en l'occurrence, aucun rabibochage n'est envisageable, je perçois trop de haine, trop de rancœur, dans les prunelles de ma Samy. Ces dissensions intestines ne se termineront pas de cette façon, j'en mettrais ma main au feu. Ceci dit, cela ne me tarabuste nullement, car cela me permet d'apporter tout mon soutien à ma maîtresse. J'aime qu'elle sache que je prends fait et cause pour elle. Qu'elle ait raison ou tort ne revêt finalement qu'une importance relative à mes yeux ! Ce n'est d'ailleurs pas à moi d'évaluer le poids de ses arguments. Non, je me contente d'épouser son camp, d'être à ses côtés, sans la moindre réserve, et j'y serai toujours, quoiqu'il arrive.

D'ailleurs je l'observe. Comment va t-elle réagir aux propos d'Alméïde et à cette voix désabusée qui se lézarde étrangement ? Nos yeux se croisent à nouveau, et, soudain, quelle métamorphose. Son regard se trouble, elle chancelle, elle s'écarte de sa demi-sœur, elle paraît se réveiller dans un autre monde, totalement inconnu. Ses doigts se portent à ses tempes. Que se passe t-il ? Où est cette hargne que je découvrais et qui me servait d'aiguillon, de gouvernail, de gréement ?

Elle parle enfin. Toute agressivité a disparu de ses intonations. Fichtre ! Je n'y comprends plus rien. La voilà qui se rétracte, qui pardonne, qui s'excuse. Tout ça à la fois. Elle se tord les mains, submergée par un indicible embarras, par un assaut de culpabilité que je n'avais pas anticipé. Je dois avoir l'air idiot, à présent, avec mes accusations, mes menaces, ma volonté de nuire à cette rivale de toutes les façons possibles et imaginables. J'en demeure interloqué. Je recule également de deux pas. Dois-je également chercher à me disculper, à baisser pavillon ? Tout cela n'était-il vraiment qu'incompréhension mutuelle ? Je ne sais plus comment me comporter. Nous avons été trop loin pour battre en retraite de cette manière. Les mots s'envolent, dit-on, mais ils marquent les esprits à tout jamais, c'est indéniable. Bref, je demeure muet, j'ai dit suffisamment de conneries, et je me campe aux côtés de mon toubib, comme le grand couillon que je suis devenu en quelques instants.

Ma caboche continue cependant à fonctionner à la vitesse d'un bateau fouetté par le grand vent. Ces cadavres dépecés, on les oublie vraiment ? C'est dommage. Nous détenions là un excellent moyen de clouer le bec de cette magouilleuse. Nous en reparlerons sans doute en tête-à-tête, plus tard, dans l'intimité des appartements de ma Samy.


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Message Sujet: Re: Faire table rase | PV   Faire table rase | PV EmptyJeu 7 Avr - 1:36

Elle est au pied du mur la princesse d'Erebor. Mise à nue par celle qui partage son sang et un homme qui lui est totalement inconnu. Le sentiment de trahison est fort mais ce n'est pas ce qui l'inquiète le plus à cet instant. Jamais elle n'aurait pu croire que cette histoire de cadavres allait lui retomber dessus avec autant de force. Comme toujours, elle ne pensait pas à mal, n'avait pas songé aux répercussions, trop ravie de pouvoir assouvir cette curiosité qui la démangeait depuis qu'elle avait entamé avec sérieux l'étude de la médecine. Comment un corps fonctionne-t-il ? D'où lui viennent ces incroyables propriétés ? Comment se fait-il qu'il flanche du jour au lendemain. Des questions qui l'ont toujours taraudée et qui, enfin, trouvaient des bribes de réponses dans ses explorations macabres qu'elle reportait dans son carnet de croquis. Car Siméane a bien raison sur ce point ; elle a reproduit des corps et de nombreux organes avec un soin tout particulier. Et elle ne doute pas que ces connaissances précieuses font d'elle un médecin compétent. Elle regrette néanmoins d'avoir entraîné Anthim et le duché dans une telle situation. Si ça venait à se savoir, la réputation d'Erebor en pâtirait forcément. Cette fois-ci, elle ne peut s'en prendre qu'à elle-même.

Emplie d'appréhension, elle fait face à ses accusateurs mais aussi à ses juges. Ils détiennent entre leurs mains son avenir, et pas uniquement professionnel. Un seul mot à la bonne personne et la princesse ne serait plus la bienvenue nulle part. Elle qui n'est déjà pas considérée comme tel dans tous les duchés... C'est donc un véritable étonnement qui se peint sur ses traits quand Siméane reprend la parole, visiblement bouleversée elle aussi. Elle tente de tirer la situation au clair, lui explique l'histoire du mot de passe, accentuant la surprise chez la princesse. Son discours a changé, elle apporte justifications et excuses. Alméïde ne sait plus sur quel pied danser. Son regard se pose parfois sur l'homme aux côtés de sa demi-sœur, apparemment tout aussi pris de cours. A-t-elle donc changé d'avis ? Ses paroles semblent sincères et il lui est difficile de continuer à lui en vouloir après les avoir entendues, bien qu'elle n'en soit pas pour autant soulagée après les révélations qui ont été faites. Elle se sait sur le fil du rasoir et il suffirait d'un faux pas pour que cet élan d'espoir qui naît soudain en elle retombe comme un soufflé.

Quand le silence revient, il se prolonge encore quelques instants. Muette d'étonnement, touchée par les paroles qui ont dû lui demander un grand effort, elle met plusieurs secondes à reprendre ses esprits, peu à l'aise de s'exprimer face à un étranger. Mais puisque Siméane a pris son courage à deux mains, elle s'efforce d'en faire de même. « Vous... vous êtes ma famille. Je veux dire... tu es ma famille Siméane. Je l'ai sûrement trop longtemps oublié et j'en suis terriblement désolée. » Ses yeux se baissent sur ses mains qu'elle entortille sans trop savoir où se mettre. L'idée qu'elle ait pu laisser tomber celles qui comptaient sur elle la peine réellement. Aurait-elle pu faire la différence ? Parler à Anthim ou à leur père pour que ses sœurs la rejoignent ? Elle n'en sait rien, mais elle aurait pu essayer. Il n'est peut-être pas trop tard pour ça. Elle a aperçu une brèche, elle espère pouvoir s'y engouffrer. « Tu as tous les droits de m'en vouloir. Je serais venue plus tôt si j'avais compris les raisons de ta colère, mais j'ai été aveugle. Je te demande pardon... » Elle tente de ne pas faire attention aux deux paires d'yeux tournées vers elle, se concentrant avant tout sur sa demi-sœur qu'elle a dû blesser par son manque de discernement. Si la situation est délicate, le fait qu'un inconnu assiste à leur échange la met plus mal à l'aise encore. Et son appréhension grandit dans l'attente d'une réaction de la part de Siméane.


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Message Sujet: Re: Faire table rase | PV   Faire table rase | PV EmptyVen 8 Avr - 20:38


Mes derniers mots sont suivis d'un silence interminable à mes yeux. Je ne réalise pas encore tout à fait leur portée, mais je suis certaine d'une chose : la haine, la rancune qui creusaient leur lit au creux de mon être, le rongeant sans cesse, sont désormais bannies. Plus jamais je ne veux ressentir un tel sentiment de destruction …
Pour tromper l'attente, je détourne les yeux d'Alméïde, et pose mon regard sur la fenêtre. Il neige à nouveau. Comme de grands papillons blancs, les flocons voltigent gracieusement. Fille du désert d'Erebor, je n'avais jamais vu un tel spectacle avant d'arriver au Palais. J'ai appris à en aimer la beauté silencieuse et apaisante, malgré le froid auquel j'ai toujours autant de mal à m'habituer. J'y puise force et réconfort, puis je dévisage Alméïde, désormais les cartes sont entre ses mains,j'ai hâte d'entendre sa réaction, mais je comprends que mon revirement soudain l'ait déstabilisée. Si je suis soulagée du poids de mon amertume, je me doute qu'entre nous, il faudra du temps pour normaliser nos relations.

Le soutien indéfectible d'Ismaïl, les sentiments profonds et purs que j'éprouve pour lui m'ont peut-être permis d'évoluer dans ma façon de juger les gens, les événements ... Je fais partie des Savants, je cherche une explication rationnelle à la situation, mais existe-t-elle ? Je devine à l'attitude de mon pirate, son incompréhension, son étonnement, je ne veux pas qu'il incrimine davantage la Princesse, et d'une pression discrète de la main je l'invite à me suivre sur la voie de l'apaisement. Je me la rappelle timide et secrète, ce doit être éprouvant de nous faire face. Elle pourrait croire que c'est encore une ruse de ma part pour lui nuire, surtout avec cette histoire de cadavres qui plane entre nous, encore menaçante ...

Lorsque la voix d'Alméïde s'élève à la fois fragile et résolue, je l'écoute attentivement évitant de manifester la moindre émotion, lui laissant le temps de s'exprimer, craignant d'entendre une fin de non recevoir. Mais j'avais oublié combien elle était généreuse, et l'entendre s'excuser, me demander pardon est aussi salutaire que de prononcer mes propres excuses. J'observe discrètement ses mains qu'elle entortille et malmène comme je le fais si souvent lorsque je suis mal à l'aise, aurions-nous plus de points communs que je le croyais ?

- Je crois que nous nous sommes assez excusées pour aujourd'hui, Alméïde. Venez ... Viens, asseyons-nous, comme nous aurions du le faire depuis bien longtemps.
Je désigne de la main les grands fauteuils qui font face à la cheminée où crépite joyeusement un bon feu. Je la précède et prends place dans une confortable bergère.
- Ismaïl, viens t'asseoir près de moi, je crois qu'il est inutile de taire à la Princesse, les liens qui nous unissent. Et puis tu as été en quelque sorte son garde du corps invisible ...
Ma tentative pour détendre l'atmosphère est sans doute maladroite, mais je ne peux me résigner à demander à mon amant de quitter la pièce, j'ai besoin de le sentir près de moi, pendant cette discussion qui risque de bouleverser la donne.

- J'ai eu le tort de ne pas discuter  franchement avec toi de tout ce qui se passait au harem, et de mon sentiment d'abandon. Ma jalousie était si intense, qu'elle m'aveuglait autant que ton bonheur t'a aveuglée. À la mort de notre père, je me suis sentie encore plus seule et abandonnée, sans famille vers qui me tourner. Toi, tu avais trouvé ta place.
J'énonce les faits, sans animosité,  en bon médecin, je veux vider l'abcès, une bonne fois pour toutes, et débarrasser notre relation de tout ce venin qui a pourri ma vie, nos vies pendant si longtemps.

- L'Académie m'a donné ma chance, être chassée d'Erebor a aiguillonné mon orgueil, et je suis devenue médecin comme notre père, comme toi, sans doute est-ce inscrit dans notre sang. Tout ce que j'ai tenté contre toi n'était que le résultat de cette haine nourrie de ma jalousie, j'essayais sans doute d'attirer ton attention, je recherchais la confrontation, mais elle n'a jamais eu lieu. Jusqu'à aujourd'hui … Je crois que c'est la première fois que nous nous rencontrons seule à seule …
Je guette ses réactions sur son beau visage, j'espère sincèrement que nous parviendrons à aplanir les différends qui nous ont opposées :

- Nous aurions sans doute plus à gagner à partager nos connaissances, notre passion, qu'à nous faire la guerre. Qu'en penses-tu ?

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Message Sujet: Re: Faire table rase | PV   Faire table rase | PV EmptyLun 11 Avr - 9:59




Diable, en voici des regrets, des excuses, comme s'il en pleuvait. Quelle spectaculaire volte-face amorcée tout-à-coup par ma Samy ! Quel retournement de situation inattendu ! Je n'aurais pas été plus médusé par la vision d'un banc de sardines s'envolant à travers cieux.

Un silence soudain, lourd comme une stèle de marbre blanc, me permet de constater que je ne suis pas le seul à demeurer comme deux ronds de flan suite aux propos de ma toubib. Ça doit sérieusement cogiter entre les oreilles de la princesse de rien. Sous les pellicules enneigeant sa chevelure. Et je me demande soudain si cette querelle familiale justifiait bien tout ce déballage de demi-vérités, d'accusations et de justifications plus ou moins malhonnêtes. On peut vivre sans famille lorsqu'on possède une profession que chacun respecte, des compagnons qu'on apprécie, une certaine aisance matérielle, et, plus particulièrement pour ma Samy, lorsqu'on partage la vie d'un loustic de mon espèce prêt à accaparer chacun de vos instants. Non ? Ai-je tort d'envisager les choses de cette manière ?

Alméïde se décide enfin. Son verbe paraît laborieux, presque douloureux. Ma présence l'intimiderait-elle ? C'est vrai que je peux être impressionnant quand je pousse une gueulante. Mais pas question que je tourne les talons, même s'il flotte déjà dans l'air les prémisses d'un doux parfum de réconciliation, ce que je n'aurais pu imaginer trois minutes plus tôt. D'ailleurs ma toubib m'a discrètement heurté la main, ce que j'interprète comme une invitation à rester là, à ses côtés, mais à me tenir tranquille. C'est qu'elle me connaît par cœur, ma toubib, elle n'ignore pas que j'ai la tête près du bonnet et que je peux exploser en moins de temps qu'il n'en faut à nos grands-mères pour nous tricoter une écharpe de laine.

Curieusement, les regrets de la princesse me paraissent aussi sincères que ceux de ma Samy. Je suis pourtant méfiant, et même très méfiant, je nourrissais un a priori défavorable quant à son intégrité, mais je ne distingue pas le moindre iota de perfidie ou de duplicité dans son mea-culpa. Elle est même très convaincante. Bref, voilà nos deux rivales sur la même longueur d'ondes, elles n'ont plus envie de s'entre-dévorer et sont prêtes à se pardonner leurs erreurs mutuelles et à oublier le passé.

A l'initiative de mon amante, nous passons à l'étape suivante, après avoir posé nos menus fondements dans les coussins des fauteuils qui meublent joliment la pièce. Cette seconde étape, c'est celle des regrets, des souvenirs, celle du temps qui a défilé dans le goulot du grand sablier des années. J'écoute religieusement ma Samy, qui ne compte pas en rester là avec Alméïde et évoque de possibles retrouvailles entre demi-sœurs pour y échanger diverses considérations au sujet de leur profession commune. N'est-elle pas mignonne ma toubib ? Conciliante et professionnelle jusqu'au bout des ongles !

Lorsqu'elle se tait, je me redresse et je les dévisage alternativement. Ma joie est sans doute un peu forcée car j'ai tendance à considérer que toutes les familles connaissent un jour leur contingent de problèmes, mais, à tout prendre, je suis néanmoins satisfait de ce rapprochement imprévu qui libère Siméane de ce sentiment d'agressivité qui sommeillait en elle. Et si nous fêtions ça ? ... lancé-je tout de go. Je me fais fort de nous dénicher une bonne bouteille ! Je sais où m'adresser ! ... ajouté-je gaiement, un brin mystérieux.

J'hésite un instant à embrasser ma toubib, puis j'y renonce, afin de ne pas l'embarrasser outre mesure, et je quitte le moelleux salon d'un bon pas. J'ai sympathisé avec un garde du palais qui me fournira certainement de quoi nous inonder la luette. Mes bottes font crisser la neige épaisse lorsque je m'éloigne à travers les jardins.

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Message Sujet: Re: Faire table rase | PV   Faire table rase | PV EmptySam 23 Avr - 18:01

Elle ne savait pas à quoi s'attendre, la princesse du désert. Cette visite la mettait dans un état d'anxiété sans précédent, elle qui déteste confronter qui que ce soit devant ses torts. Et face à celle qu'elle accusait de tous les malheurs survenus durant la fête d'anniversaire désastreuse, elle à dû encaisser des accusations tout aussi réelles à son égard. Trop longtemps, elle a manqué de jugement et elle s'est reposée sur ses acquis. Trop longtemps, elle s'est laissée emporter par ce fleuve calme aux doux effluves d'une bonheur sans anicroches. Sa place au sein du duché est celui dont rêve toutes les petites filles et, bien qu'elle soit reconnaissante, elle n'a pas su exploiter ce rôle autant qu'elle l'aurait souhaité. Aveuglée par le soulagement d'y avoir trouvé sa place, d'y avoir trouvé une famille. Anthim est devenu son monde et c'est autour de ce frère qu'elle a construit son existence, le soutenant dans ses décisions, le suivant la où il avait besoin d'elle, faisant tout pour qu'Erebor soit flamboyant aux yeux de tout Arven. Elle en a oublié l'essentiel et n'en finira pas de s'en vouloir à ce sujet.

L'appréhension s'amenuise en son être tandis que les secondes s'écoulent et que Siméane adoucit ses paroles. Parviendraient-elles enfin à un compromis, après toutes ces années où l'incompréhension les ont éloignées l'une de l'autre ? Serait-ce l'un de ces instants qui ouvre la porte sur une nouvelle ère ? Alméïde peine encore à y croire, mais c'est son optimisme constant et parfois déroutant qui reprend le dessus. Elle baisse la garde et éloigne ses craintes, elle fait confiance parce qu'elle n'a pas plus grand désir que de rattraper ses erreurs et d'arranger les choses. Pour elle, pour sa demi-sœur, pour leur passion commune qui ne pourra qu'en bénéficier. Un sourire sincère prend forme sur ses lèvres quand elle propose de mettre fin aux excuses qui n'en finissent plus. Elle a certainement raison, il est temps de cesser de s'attarder sur le passé pour se tourner un peu plus vers l'avenir. Comment vont se dérouler les choses désormais ? Elle n'en a pas la moindre idée mais elle ose espérer que les querelles pourront être laissées derrière elles et qu'à terme, toute rancune sera écrasée sous une amitié sincère. Peut-être que c'est trop en demander après seulement une lueur d'espoir, mais Alméïde aime voir les choses en grand.

Tous les trois s'installent sur les fauteuils et la princesse sent la gêne qui se fait moins forte. Ses cheveux emplis de pellicules et ses vêtements troués ne l'aident pas à se sentir totalement à l'aise, particulièrement en la présence de cet homme qu'elle connaît à peine et qui lui a été présenté dans une situation houleuse. Néanmoins, elle fait l'effort de se détendre, pose son regard sur l'un et sur l'autre avec la même douceur et écoute avec attention ce que Siméane a à lui dire. Ses paroles ne sont plus empruntes de cette animosité caractéristique dont elle faisait preuve encore quelques minutes plus tôt, mais Alméïde sent dans ses mots un désir de terminer ce qu'elle a commencé en déballant tout ce qui a pesé sur son cœur. Elle ne répond rien mais n'en reste pas moins attentive, laissant posé sur elle ce regard qui se veut sans jugement.

« Nous aurions sans doute plus à gagner à partager nos connaissances, notre passion, qu'à nous faire la guerre. Qu'en penses-tu ? » La proposition lui fait honnêtement plaisir et elle y répond sans détour : « Je pense que c'est une excellente idée. » Après tant d'années, elle ne saurait même pas par où commencer, mais chaque chose en son temps. Ce dont elle ne manqueront pas désormais pour rafistoler ces morceaux de passé déchirés.

« Et si nous fêtions ça ? ... Je me fais fort de nous dénicher une bonne bouteille ! Je sais où m'adresser ! » Son ami se relève et ce ton léger la fait sourire. « Avec plaisir. Je... si vous pouviez également trouver une boisson sans alcool, je vous en serais gré. » précise-t-elle tout de même avant de le voir filer hors de la pièce. Non pas qu'elle n'apprécie pas de trinquer en compagnie de sa demi-sœur, mais la dernière boisson alcoolisée ingurgitée a eu sur elle des effets fort peu agréables, comme une allergie étrange, expérience qu'elle préfère ne pas tenter à nouveau de si tôt. Et détail qu'elle préfère garder également sous silence car elle semble déjà assez ridicule par son allure des plus épouvantables.

Enfin, elle se retrouve seule à seule avec Siméane. La tension semble s'être pratiquement envolée mais l'embarras demeure quelque peu, joignant ses mains pour en masquer les effets. « Il a l'air aimable. » Quelques mots lancés à la volée sur ce compagnon dont elle ne sait rien, si ce n'est qu'il semble très proche de sa demi-sœur pour la suivre ainsi dans sa vendetta personnelle. « Je suis heureuse de pouvoir à nouveau discuter avec toi sans détour. Pour être honnête, j'avais peur que ça n'arrive plus jamais et maintenant que c'est le cas, je ne sais même pas par où commencer. » avoue-t-elle de but en blanc, un brin d'amusement dans ce ton timide dont elle parvient difficilement à se détacher. Oui, elle s'attendait à beaucoup de choses, mais pas à ça. Et pourtant, elle vient peut-être de retrouver une sœur.


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Message Sujet: Re: Faire table rase | PV   Faire table rase | PV EmptySam 7 Mai - 19:27


En proposant à Alméïde d'échanger sur notre passion commune pour la médecine, je ne m'attendais pas à un enthousiasme débordant de la part de celle que je considérais comme une ennemie lorsqu'elle a passé la porte tout à l'heure. Mais c'était sans compter l'incurable optimisme et la gentillesse de ma sœur. Ma sœur. J'ai le droit de le dire désormais, et ce lien détricoté par ma stupide rancune, semble renaître au travers des sourires et des paroles échangées sans animosité, dans une atmosphère presque sereine, bien que teintée de retenue.
Il y a tant de questions qui trottent dans ma tête, tant de retard à combler, tant d'événements que nous avons vécus chacune de notre côté. Par où commencer ? Nous en sommes au même point toutes les deux m'avoue-t-elle d'une voix légèrement amusée. Cette situation n'est vraiment pas banale, qui aurait cru que nous en serions à discuter aimablement après les accusations haineuses que j'ai proférées, j'en ai honte maintenant, mais je ne veux plus y revenir, je ne veux plus y songer.

C'est Ismaïl qui, sans le vouloir, nous offre un premier sujet de discussion. Alors que quelque peu abasourdi par la tournure de cette rencontre, il propose avec humour d'aller nous chercher des boissons pour sceller notre réconciliation, il s'éclipse en jouant les mystérieux. J'ai beau le connaître, cette facette malicieuse de son caractère est toujours un rayon de soleil pour moi. Ce que je l'aime ce coquin !

- Ismaïl est adorable en effet. Nous étions amis depuis plusieurs années, mais notre idylle est toute récente. Et c'est nouveau pour moi de vivre avec quelqu'un, avec un homme. Je suis plutôt solitaire, plongée dans mes livres, dans mes recherches quand je ne travaille pas.
Les mots me sont venus si naturellement que je m'étonne de les avoir prononcés. Ce n'est guère dans mes habitudes de me confier, surtout sur un plan si personnel, si intime. Il n'y a qu'à Ismaïl que j'ai dévoilé mes failles, mes rêves, mes chagrins et même ma haine envers Alméïde, ainsi que mes projets de vengeance. Et mon pirate courageux, mon amant loyal m'a suivie dans cette folie, sans hésitation. Il a proféré des accusations, des menaces en mon nom. Maintenant que nos relations s'apaisent, je ne veux pas qu'il en soit tenu pour responsable. Je suis la seule et unique fautive.

- Ne crois surtout pas qu'Ismaïl mettra ses menaces à exécution concernant … hum, tes loisirs particuliers ? La page est tournée. Définitivement tournée. Il le sait … À ce propos, j'espère qu'un jour tu me feras assez confiance pour me montrer tes dessins, et pour me parler de tes découvertes. Si utiliser des cadavres est un procédé qui est loin d'être compris par Ismaïl, je dois reconnaître que je suis plutôt admirative et curieuse. C'est une excellente façon d'en apprendre plus sur le corps humain, mais ne lui dis pas surtout !

Nouveau sourire, franc, sincère, complice. Que je me sens légère sans ce poids vengeur sur mes épaules ! J'adresse une prière muette à Nep, car c'est sûrement lui qui m'a enfin guidée sur la bonne voie, celle du pardon, de la réconciliation familiale. Je ne suis pas une sainte, ni une girouette, j'ai enfin compris que cette situation ne relevait pas de la responsabilité d'Alméïde et que si je ne mettais pas un terme à ce conflit, je finirai par y perdre ma santé mentale ...

Les questions se bousculent, et jaillissent de ma bouche comme un torrent printanier gonflé par la fonte des neiges. Un besoin viscéral d'en savoir plus sur sa vie en Erebor est sûrement la cause de cette logorrhée indomptable qui a pris possession de moi, la discrète Siméane ...

- Et toi ? Est-ce qu'il y a un homme qui fait battre ton coeur plus vite lorsque tu le croises ? Et comment arrives-tu à gérer le harem et à soigner les malades ? Est-ce que les fêtes sont toujours aussi somptueuses ? Comment vont Anthim et son  épouse, la magnifique Sitara ? Et le petit Qasim ?
Certes j'ai aperçu le couple princier lors de la réception d'anniversaire de la princesse Chimène, mais j'étais si chamboulée par ma rencontre inopportune avec Alméïde que je n'aurais pu les aborder. M'auraient-ils d'ailleurs accordé le moindre regard ? Je suis toujours une paria à la Cour d'Erebor. Et mon esclandre à propos des serpents les a certainement confortés dans leur décision, embarrassés de voir une Erébienne se donner ainsi en spectacle …
Pourront-ils un jour m'accorder leur pardon ? Tout vient à point à qui sait attendre dit l'adage, je saurais donc être patiente pour une fois. Je préfère me concentrer sur l'instant présent, sur les réactions diverses qui s'inscrivent sur le visage apaisé d'Alméïde.

Je m'interroge toujours sur ses vêtements troués ainsi que sur sa magnifique chevelure gâtée par ces pellicules. Mais je crains de réveiller nos différends si je m'avise de les évoquer. C'est une discussion entre sœurs sans faux-semblant, sans animosité que je désire. Ismaïl nous a gentiment laissées seules, autant que nous en profitions. J'espère qu'il reviendra avec un plateau chargé de douceurs et de boissons. Je sais très bien qu'il ne résistera pas à nous rapporter des liqueurs, mais tout comme Alméïde je leur préfère un bon thé d'Erebor surtout par ce froid glacial ...


Dernière édition par Siméane Adelphe le Mar 10 Mai - 10:15, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Faire table rase | PV   Faire table rase | PV EmptyDim 8 Mai - 20:44



Les flocons qui tourbillonnent en rangs serrés m'offrent leur charmante chorégraphie. Ils tournoient et virevoltent à l'image des jupons immaculés et des gracieux froufrous de dentelle que soulèvent les pas cadencés des jeunes danseuses qu'accueillent dans leurs somptueux palais les puissants de ce monde. Je les regarde cependant sans les voir. Je suis préoccupé. Cette réconciliation aussi soudaine qu'inattendue entre ma Samy et sa demi-sœur ne risque t-elle pas de me porter préjudice ? Ma compagne ne va t-elle pas négliger notre liaison, à peine naissante, au profit de cette embellie nouvelle, de ce retour à des relations plus chaleureuse avec sa famille d'antan ? Car, en définitive, que suis-je ? Un fils de rien, un enfant des montagnes né de père inconnu, un gueux qui a délaissé un beau jour la cognée du bûcheron pour l'épée de la flibuste. Certes, Siméane et moi nous nous connaissons par cœur, j'ai partagé ses espoirs et ses craintes avant de partager sa couche, elle est mon amie autant que mon amante, ce que je lis chaque nuit dans son regard brûlant et dans son souffle court devrait me rassurer, mais fichtre, si je suis né de mère inquiétude, je n'en suis pas responsable.

Dans le ciel si bas et si lourd qu'il semble vouloir se poser sur les toitures blanches du palais, un oiseau gris lutte contre le vent. Il progresse mètre par mètre, lentement, mais il va de l'avant, stoïque et résolu, même s'il ignore sans doute jusqu'où ses ailes accepteront de le porter. J'agirai comme lui.

Le planton avec lequel j'ai sympathisé, Guillaume, n'a rien d'un cerbère difficile à aborder. C'est un bon gars, affable et ventripotent, dont la grosse bouille rougeaude tremblote un peu entre deux énormes bajoues, pendantes et molles. Pourquoi lui ? Pourquoi moi ? Pourquoi avons-nous fraternisé de la sorte ? Il m'a confié qu'il appréciait énormément Siméane, qui l'a guéri d'une crise de goutte aussi soudaine que douloureuse, et dès lors il m'a autorisé d'emblée à me comporter comme si j'étais chez moi dans la majorité des recoins de la bâtisse. Seuls les appartements privés, en fait, me sont interdits. Je pense qu'il a le béguin pour mon toubib, et qu'il m'envie un peu, et même beaucoup, mais il ne me le fait nullement ressentir. Je l'ai surpris un matin, attablé au fond du réfectoire du personnel, en tête-à-tête avec une bouteille de cet excellent vin des coteaux d'Euphoria, il m'en a servi d'autorité une larmichette, que je n'ai pas eu le cœur de refuser, et notre franche camaraderie a débuté là. Par une fête dans nos palais, à l'intérieur du Palais, en quelque sorte.

Ce bon Guillaume est de service à l'entrée des jardins, sous un préau qui l'abrite de la neige. Deux élégantes stalactites lui pendouillent des narines et ses lèvres sont bleuies par la froidure, mais il m'accueille néanmoins avec un large sourire. Je lui expose mes desiderata. Dès que je cite le nom de ma Samy, son visage se métamorphose, et je sais déjà qu'il remuera ciel et terre pour me satisfaire.

- Je reviens de suite ! Monte la garde, ne laisse entrer personne, j'en ai pour cinq minutes ! Et il s'éloigne d'un pas vigoureux, en répétant tout haut la liste des boissons que je lui ai demandées, un jus de fruits en provenance de Lagrance pour Alméïde, du thé d'Erebor pour mon toubib, et un pichet de vin pour moi. Je me campe à sa place, contre un pilier qui me protège des assauts du vent. Même si ce n'est que pour un instant, un pirate affecté à la surveillance d'un palais princier, ça vaut son pesant de cacahuètes, non ? Quand je raconterai ça à mes amis du « Perroquet Unijambiste », jamais ils n'accepteront de me croire !

Guillaume est déjà de retour, traînant à sa suite une desserte à roulettes qui grince effroyablement et trace de longs sillons gris dans la neige qui s'est accumulée dans le sentier.

- J'ai tout ! ... lance t-il d'un ton triomphant. J'ai même ajouté quelques pâtisseries à l'intention du docteur Adelphe ! C'est ma cousine Agathe qui les a confectionnées ! Tu le lui diras, hein ! ... réclame t-il en me fixant de ses gros yeux implorants, au fond desquels dansent plus d'étoiles qu'il n'y en aura jamais dans le ciel, car rien que le fait de prononcer le nom de ma Samy le hisse au summum de l'extase.

- Bien évidemment, mon ami ! Je lui suggérerai même qu'elle vienne te remercier en personne, mon cher Guillaume ! Je souris gentiment en le dévisageant. Si je lui annonçais que la princesse Sixtine m'a confié qu'il allait être promu au rang de chef des armées d'Ibelin, il n'aurait pas été plus heureux.

Je repars donc en direction du petit salon où j'ai abandonné les deux sœurs. Devant moi, la desserte répète inlassablement son crrrrr, crrrrr, crrrrr. J'ai les pieds gelés. Ouf, m'y voilà enfin. Je ralentis et colle mon oreille à la porte. La princesse de rien et ma princesse à moi papotent aimablement. Parfait ! J'aurais eu l'air idiot en entrant joyeusement avec mes boissons et mes gâteaux si elles étaient en train de se crêper le chignon. Je saisis deux ou trois mots au vol en poussant l'huis avec mon plateau à roulettes.
 - Sitara ? Quasim ? Mais qui est-ce donc ? ... demandé-je en déposant tout mon attirail sur une table basse et en m'ébrouant comme un canard frileux afin de me débarrasser des quelques flocons qui se sont installés dans ma tignasse.

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Message Sujet: Re: Faire table rase | PV   Faire table rase | PV EmptyMer 11 Mai - 21:36

La discussion prend doucement son rythme de croisière, les tensions semblent apaisées. Alméïde ressent une réel soulagement face à ce renversement de situation inattendu. Elle n'est pas à l'aise dans le conflit ou dans l'incompréhension, encore moins lorsque cela dure depuis des années sans qu'elle ne puisse rien y faire. Désormais, elle est en terrain déjà plus connu et plus familier. Reconstruire une amitié sur une base plus solide, voilà quelque chose qu'elle est plus à-même d'accomplir si on lui en laisse l'occasion. Siméane a ouvert une brèche et la princesse s'y engouffre, s'accroche à ce mince rayon de soleil qui pourra peut-être éclairer à nouveau les liens qui les unissent. Et déjà, elles trouvent dans leur passion commune un chemin qu'elles peuvent emprunter à deux sans trop de peine, source de leurs conflits d'autrefois, la clef de leur réconciliation aujourd'hui. Du moins elle l'espère. Et elle est tout à fait sincère quand elle assure à sa sœur que collaborer lui ferait plaisir. Elle la sait douée et travailleuse ; bénéficier de son expérience ne peut être que positif.

Son ami se volatilise, une lueur malicieuse dans les yeux, les laissant en tête à tête. Et Siméane se confie, dévoile un peu de leur histoire et de sa vie. La princesse soutient son regard, compréhensive. Elle ne connaît que trop bien cette situation. Studieuse et passionnée, Alméïde lève rarement le nez de ses ouvrages pour véritablement s'intéresser à ceux qui oseraient poser leur regard sur elle. S'occuper du harem et prêter à son frère un oreille attentive sont des responsabilités qui lui prennent du temps également. Des responsabilités qu'elle apprécie et qu'elle n'échangerait pour rien au monde, mais elle a pris l'habitude de mettre les besoins des autres avant les siens. Un geste tout naturel qui ne lui demande pas grande réflexion. Alors elle ne dit rien, l'erebienne. Elle acquiesce, tout au plus avant de se tendre à la mention de son secret dévoilé. Les paroles de sa demi-sœur semblent si sincère pourtant. Et sa demande si inattendue. Quelques minutes plus tôt, elle l'accusait d'avoir l'audace d'utiliser un tel procédé au détriment des pauvres hères qui lui sont apportés. À présent, elle révèle sa propre curiosité à ce sujet. Alméïde est un peu pris de court mais elle finit par accepter, non sans une certaine réserve.

« Je... je ne lui dirai rien. Mais je te montrerai volontiers mon travail si tu le désires, un jour. Je sais bien que la méthode peut paraître... barbare pour certains. Mais j'ai beaucoup appris de cette façon. » Comme pour se justifier, elle laisse également couler les aveux, se dédouanant ainsi des accusations perpétrées des deux côtés. Elle ne sait plus très bien comment elle en est arrivée là à vrai dire. Les relations d'Anthim avec la Confrérie Noire ont toujours été excellentes, peut-être que le sujet est arrivé un jour dans la conversation, peut-être qu'il a voulu lui faire plaisir et que la princesse n'a simplement rien trouvé à en redire, heureuse de pouvoir étancher sa soif de connaissances. Elle-même entretient désormais un contact fort agréable avec l'une des ces fines lames. La baronne de Chamaar est toujours prompte à lui apporter ce qu'elle désire lorsque l'occasion se présente, femme sereine même dans le plus sombre des actes, elle l'admire sans aucun doute.

C'est alors qu'elle est assaillie par un flot de questions ininterrompu. Par où commencer ? Ses amours ? Son travail ? Sa famille ? C'est cet instant que choisit Ismaïl pour revenir, chargé de boissons et de pâtisseries qui mettent l'eau à la bouche. Sa question la fait doucement sourire et elle se tourne vers lui pour lui fournir les explications. « Sitara est l'épouse de notre frère Anthim, le duc d'Erebor. Et Qasim est leur fils. » À leur mention, ses yeux s'illuminent d'une joie sincère et elle se tourne vers Siméane. « Ils vont très bien. Qasim grandit si vite et il fait le bonheur de ses parents, même s'il peine encore à faire ses nuits. » Un petit bout de chou haut comme trois pommes mais qui a déjà un sacré caractère semble-t-il. Son frère aura certainement de quoi se faire des cheveux blancs à l'avenir le concernant, mais tout ça est encore loin et ils ont le temps de voir venir. Et Siméane a d'autres interrogations laissées en attente. « Le harem se porte bien, j'essaie surtout d'y éviter les conflits comme on a pu en vivre autrefois et pour le moment je crois que c'est efficace, du moins je l'espère. J'ai commencé à étudier à l'Académie aussi, quelques mois par année. Entre ça et mes responsabilités en Erebor, je n'ai pas vraiment le temps pour d'autres... activités. » En d'autres termes, personne qui ne fait battre son cœur pour le moment. Mais elle aime ce qu'elle fait, elle aime se tenir occupée ainsi et prendre soin de son entourage.

Alméïde se tourne alors vers cet homme dont elle ne connaît rien, timide mais curieuse. « Et vous Ismaïl, parlez-moi un peu de vous. Comment vous êtes-vous rencontrés tous les deux ? » Car si l'idylle est récente, elle doit bien avoir commencé quelque part et elle serait enchantée d'entendre cette histoire.


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Message Sujet: Re: Faire table rase | PV   Faire table rase | PV EmptyLun 23 Mai - 15:04


Dans ce petit salon du Palais d'Ibélène, l'atmosphère glaciale du début de la rencontre s'est transformée radicalement en une conversation amicale. J'en suis aussi étonnée que ravie, et Alméïde semble sur la même longueur d'ondes que moi, privilégiant les sujets sur lesquels nous ne pouvons qu'être d'accord : la médecine, les études, la famille, Erebor ...
Ces nouvelles récentes sont une véritable symphonie à mes oreilles, un baume pour mon coeur meurtri. Ismaïl est natif d'Erebor également, mais de la même région que nous. Le harem, le Palais, Vivedune lui sont inconnus, alors que c'est encore un peu chez moi, même après toutes ces années à Lorgol, ou à Ibelin, je suis à tout jamais une fille des sables.

Ismaïl choisit cet instant pour entrer, poussant devant lui une petite desserte chargée de douceurs et de boissons. Il y a si longtemps qu'il a quitté Erebor, que la nouvelle famille régnante lui est étrangère, et les noms que je viens de citer lui sont quasiment inconnus, et je doute qu'il soit vraiment intéressé. Cependant Alméïde répond à nos interrogations avec la gentillesse qui la caractérise, éclairant la lanterne de mon pirate.
Je suis heureuse qu'elle gère désormais le harem, c'est un rôle qui lui convient à merveille : elle y a vécu et connaît bien les tensions qui peuvent y régner. De plus, elle est la sœur du Duc, elle a donc les coudées franches pour se faire respecter et établir les bases d'une entente cordiale entre les femmes du sérail. Elle raconte sa vie, la petite Princesse, mais lorsqu'elle parle de l'Académie, des études, l'accent de la passion se fait entendre et vibre à l'unisson de ma propre passion pour mon métier de guérisseuse. Bon sang ne saurait mentir, n'est-ce pas ?

- Merci Alméïde ! Tu ne peux pas savoir à quel point Erebor me manque parfois. Le soleil, les couleurs, les odeurs … Ici il fait froid, et les gens sont bien moins ouverts … Et puis le thé ! Son parfum est vraiment exceptionnel, non ? Merci Ismaïl, tu es un magicien ! Tu sais toujours où trouver les meilleures pâtisseries du Palais.
Mes deux mains s'enroulent autour de la fragile tasse de porcelaine, accueillant avec bonheur la chaleur qui s'en dégage. J'inspire les volutes capiteuses qui s'échappent, avant d'y tremper les lèvres. Si je fermais les yeux, j'aurais l'impression d'être assise dans le jardin du harem, près des bassins à la végétation luxuriante, aux fleurs odorantes.

La question d' Alméïde me prend au dépourvu, me ramenant à la réalité, dans ce salon d'Ibelin. Pour tout le Palais, Ismaïl est un cartographe réputé, issu avec les honneurs de l'Académie et qui travaille avec les nombreux bateaux qui commercent sur les mers d'Arven. Seule mon amie, la Princesse Sixtine connaît la vérité, notre secret. Je croise le regard sombre d'Ismaïl : dois-je mentir par omission, ou bien révéler qu'un pirate est assis là juste à côté de moi ? Je noue mes doigts à ceux de mon homme, et inspire longuement avant de prendre la parole :

- Tout à l'heure, je t'ai dit qu'Ismaïl et moi nous connaissions depuis de longues années. Nous nous sommes rencontrés dans une taverne de Lorgol. Et oui, l'avantage de redevenir une personne du commun est que je pouvais circuler à mon aise dans la Ville-Basse, comme dans la Ville-Haute. J'avais terminé mon cursus à l'Académie, mais je continuais à y donner des consultations, et à fréquenter les bibliothèques pour mes recherches. Je soignais aussi les petites gens dans la Ville-Basse …
Les souvenirs affluent, réveillant des images que j'espérais enfouies à jamais. Le visage de cet enfant me hantera à jamais sans doute, ainsi que ceux que je n'aurais pas réussi à sauver. La vie à Ibelin est comme un cocon : mes patientes du Palais ont souvent plus besoin de parler que de se faire soigner. Heureusement je donne aussi de mon temps aux habitants d'Ibelin, qui me rappellent à mon vrai métier, celui de guérisseuse.

- J'avais perdu un très jeune patient d'une mauvaise fièvre. C'était la première fois que j'y étais confrontée, et j'ai … j'ai erré dans le long des canaux, jusqu'à ce que j'entre dans une taverne au hasard. Je me suis assise dans un coin et ai bu deux verres, fermée aux autres clients. Une bagarre a éclaté, un banc a volé au travers de la pièce, et m'a heurté l'épaule, me projetant au sol, hébétée. Un homme a tenté d'en profiter et Ismaïl a surgi, s'interposant entre ce pervers et moi … Je n'avais personne à qui parler et c'est Ismaïl qui m'a écoutée, et réconfortée …
Je serre fort la main de mon pirate qui enveloppe la mienne, puis je me penche vers Alméïde, et prends la sienne :

- Je ne sais pas si cela t'est déjà arrivé, mais je veux que tu saches que tu pourras en discuter avec moi si jamais tu en as besoin un jour … En attendant, je laisse Ismaïl te raconter la suite …
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Message Sujet: Re: Faire table rase | PV   Faire table rase | PV EmptyMar 24 Mai - 15:05



J'ai commis une belle bourde en interrogeant Alméïde à propos de l'identité des personnes dont elle a prononcé les noms, lorsque j'ai réintégré le petit salon en compagnie de ma desserte musicale. Car sapristi, tout respectable gentilhomme, tel celui que j'incarne présentement, se doit bien évidemment de connaître le prestigieux duc Anthim d'Erebor et sa proche famille, même s'il n'a pas eu l'opportunité de les fréquenter. Isma, ta question était idiote et tu n'es qu'un gros pignouf sans cervelle ! Par bonheur, sur ces entrefaites, voilà que ma Samy s'inquiète de la santé de ce joyeux trio, et la conversation emprunte progressivement des routes qui me sont plus familières. L'Académie, les responsabilités, l'amour, le travail. Elle ont énormément de points communs, les deux sœurettes, et l'on pourrait croire désormais qu'elles sont complices et amies depuis l'enfance, si bien que c'est un réel plaisir de les entendre papoter, et que je n'ai nulle envie de les interrompre. Je m'efface donc un tantinet, tout en grattouillant les doigts de mon toubib, prisonniers de l'une de mes grandes paluches. De ma main libre, je distribue gâteaux et boissons, et lorsque ma douce maîtresse m'attribue un dix sur dix en débrouillardise, je la remercie d'un sourire aussi large que le pont de l'Audacia.

Tout ronronne donc parfaitement, lorsque soudain, patatras, voilà la question-piège. Qui suis-je exactement, et quelles sont les circonstances de notre rencontre ? Bon, je ne m'affole pas, c'est finalement une question plutôt classique, et je suis depuis toujours un redoutable maître en sornettes et carabistouilles, improvisant avec l'aisance de ces funambules qui maîtrisent l'altitude et le vent. Ma Samy m'adresse toutefois un regard un chouïa inquiet, puis elle se lance la première dans les explications demandées. La raison de son empressement me semble évidente. Sans doute estime t-elle qu'il est prématuré d'avouer ce que je suis réellement et craint-elle que cette réconciliation subite ne m'incite à avoir la langue trop bien pendue. Mais non, pas de ça, Jeannette, ne te fais pas de mouron, je serai aussi muet qu'un banc de poisson victime d'un violent mal de gorge collectif.

J'écoute donc la version de Siméane avec curiosité et intérêt. Elle se concentre sur les circonstances de notre premier tête-à-tête, et m'attribue le beau rôle, celui du chevalier blanc, à l'armure scintillante, pourfendant le félon qui désirait s'aventurer sous les jupons de la belle. Mon amante y met énormément de conviction, et si je ne me retenais pas j'applaudirais à tout rompre. Quel talent stupéfiant ! Elle se saisit même de la main d'Alméïde pour capter son entière attention et pour que nul détail ne lui échappe, la princesse pouvant ainsi, un jour ou l'autre, tirer profit de cette expérience et de ses conseils avisés, affirme t-elle tout de go. Que dire ? C'est ébouriffant, non ?

Ma Samy se tourne alors vers moi afin que je parachève son œuvre. Aurai-je la même éloquence ? Je souris en opinant du chef, puis j'entre dans la danse, avec aplomb, et surtout avec l'enthousiasme et la modestie de ceux qui trouvent naturel de donner le meilleur d'eux-même pour secourir les innocents et les opprimés. J'suis beau en héros triomphant, non ?

- Ce pervers, ainsi que le nomme ma Samy, ne dût son salut qu'à l'arrivée de la milice de Lorgol, qui décida d'embarquer tous ceux qui participèrent à la bagarre générale. J'étais du nombre, mais la ravissante inconnue qu'était pour moi Siméane prit résolument ma défense face à la patrouille et je fus libéré séance tenante. Faut bien avouer qu'elle avait un tantinet gonflé mes mérites, si bien que son témoignage fut entériné illico. C'est ainsi que nous avons sympathisé et que j'ai eu l'immense privilège de m'occuper d'elle quand elle a été victime d'un léger malaise après ce fâcheux épisode. En quelque sorte, j'ai guéri une guérisseuse ... précisé-je alors en souriant et en distribuant à mes deux interlocutrices quelques-unes des friandises de l'ami Guillaume.

- Quant à moi, ce n'est pas très intéressant. Je suis cartographe indépendant et j'offre mes services aux propriétaires des bateaux de commerce qui louvoient le long des côtes. Mes cartes et mes itinéraires leur permettent d'éviter les embûches et je suis bien rémunéré. Tout le monde y trouve son compte. Avec mon associé, Cyprien de la Dunette, nous envisageons d'ailleurs d'acquérir quelques rafiots et d'élargir nos activités. Voilà, vous savez tout, Alméïde. Et à présent que nous avons signé l'armistice, j'espère que nous aurons l'occasion de nous voir régulièrement ...  Je regrette d'ailleurs de m'être emporté de cette manière, mais Siméane est tout ce que j'ai.  

Bien évidemment, cet associé est un personnage que je viens d'inventer de toutes pièces, afin de me mettre en valeur, et son nom m'est venu en songeant tout-à-coup à mon vieux pote Cyprien « N'a qu'un Œil », le patron de l'infâme gargote baptisée « le Perroquet Unijambiste », lieu de rendez-vous privilégié des brigands et des catins du port de Lorgol. Mais cela, c'est une autre histoire.

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Alméïde de Sombreflamme
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Message Sujet: Re: Faire table rase | PV   Faire table rase | PV EmptyVen 27 Mai - 15:30

Les pâtisseries et diverses boissons ramenées par Ismaïl sont un véritable délice. Elle le remercie d'un sourire ravi et s'empare du verre qui lui est offert. C'est en buvant quelques gouttes de ces exquis jus de fruits lagran qu'elle réalise à quel point sa gorge était sèche d'avoir tant parlé et d'avoir surtout tant appréhendé la moindre seconde qui passait. La fraîcheur de la boisson lui fait du bien et elle goûte à l'une des douceurs kyréennes qu'elle ne connaît pas encore. Et elle n'est pas déçue de la découverte. Attentive aux paroles de sa chère demi-sœur, elle acquiesce quand elle mentionne Erebor et ses merveilles, sans parler du froid qui règne ici. Bon sang, comment font-ils pour supporter de telles températures ? La princesse s'est vêtue chaudement pour l'occasion, malgré l'état lamentable de ses vêtements, mais elle sait qu'en dehors du confort de ce salon ducal elle serait déjà en train de grelotter sous la neige. Le paysage est magnifique, mais s'il pouvait être un peu plus chaud, elle n'en serait que plus ravie. Un erebien sera toujours dépaysé loin de son sable natal et du roc surplombant l'horizon, c'est en tout cas ce qui se dit et Alméïde est bien forcée d'admettre qu'elle ressent la même chose. La transition a dû être difficile pour Siméane depuis qu'elle a été jetée hors du palais d'Anthim, mais elle semble y avoir trouvé un équilibre désormais.

Elle lui raconte alors son histoire, son cursus à l'Académie, sa vie à Lorgol de façon succinte. La princesse ne peut s'empêcher d'admirer la persévérance dont elle a fait preuve pour parvenir à réaliser son but et décrocher un diplôme de l'Académie malgré tout ce qu'il s'était passé. Elle prête alors une oreille attentive à la suite, curieuse de connaître cette histoire qui s'annonce pleine de rebondissements. Et elle n'est pas déçue. Ses yeux s'écarquillent sous la surprise. Par Sithis, elle espère que ce vil gredin a eu la punition qu'il méritait ! Comment peut-on fait une chose pareille ? Alméïde ne s'attend pas à ce que sa sœur lui prenne la main mais elle lui rend sa douce étreinte sans hésitation, encore troublée parce cette histoire. Non, ça ne lui est jamais arrivé. Elle a bien croisé quelques personnages louches dans les rues de Lorgol mais jusqu'à présent, le Destin était de son côté et aucun incident n'est à déplorer. Elle retient néanmoins la proposition généreuse de Siméane, prête à lui demander conseil si un jour elle devait subir une si mauvaise expérience.

C'est avec un intérêt sincère qu'elle écoute la suite de l'histoire et qu'elle en apprend un peu plus sur cet homme qui est venu à la rescousse de sa demi-sœur. C'est à peine si elle touche aux pâtisseries pendant le récit, si captivée par ce qui lui est conté. Les excuses d'Ismaïl la touchent également et elle lui adresse un sourire compatissant. « Vous êtes tout excusé. Nous réagissons tous avec fougue lorsque ceux que nous aimons sont impliqués, je serais bien hypocrite de prétendre le contraire. » Elle qui pourtant reste très souvent mesurée mais qui est venue seule, jusqu'ici pour s'expliquer avec Siméane sur les actes et les paroles qui ont eu lieu en Faërie. Tout ça est derrière eux, du moins elle ose l'espérer.

« Je serai ravie de vous revoir, tous les deux. Vous êtes bien entendu les bienvenus en Erebor quand vous le souhaitez. » Elle se tourne alors vers Siméane. « Nous pourrons alors reprendre notre discussion sur nos expériences respectives, il me tarde d'en savoir plus sur ce qu'il t'est arrivé depuis que tu es partie, je tiens sincèrement à rattraper le temps perdu. » Et puis, tout en reposant son verre vidé de son contenu « Je ne vais pas vous imposer ma présence plus longtemps, j'ai assez abusé de votre temps comme ça. Mais je vous écrirai très bientôt afin de faire suivre une invitation plus officielle au palais. » Siméane a trop longtemps été éloignée de chez elle pour des histoires qui sont désormais derrière elles. Il serait puéril et totalement inutile de maintenir des rancœurs passées et Alméïde désire plus que tout passer à autre chose. « Merci d'avoir accepté de me recevoir et pour... tout le reste. »


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Message Sujet: Re: Faire table rase | PV   Faire table rase | PV EmptyVen 3 Juin - 18:37


La délicate question sur notre rencontre et l'identité réelle d'Ismaïl est joliment abordée par mon pirate qui brode quelques demi-vérités avec de pieux mensonges. Le voici donc cartographe pour les navires marchands de Lorgol, je lui offre un sourire approbateur et admire sa présence d'esprit, jamais je n'aurais envisagé une telle réponse de sa part, mais elle est parfaite. Il s'y entend, ce coquin, pour travestir la vérité ! Cependant lorsqu'il s'excuse concernant les accusations que nous avons proférées plus tôt, je sais qu'il est sincère, il n'a cherché qu'à me soutenir dans ma stupide croisade haineuse. Alméïde les accepte, ce qui clôt définitivement ce chapitre peu glorieux de notre histoire. Le soulagement que je ressens alors est intense, les rancoeurs, les malentendus sont désormais effacés. Mes yeux se posent tantôt sur ma sœur, tantôt sur mon amant, qui aurait pu croire que cet entretien se termine aussi bien. Je ne veux pas regretter le temps perdu, mais plutôt savourer l'avenir serein que cette rencontre nous offre. Jamais je ne pourrais assez remercier Alméïde d'avoir eu le courage insensé de venir m'affronter ...

Boissons et pâtisseries sont appréciées et disparaissent peu à peu de la petite table au gré des silences de chacun. La conversation s'anime effleurant nos activités et nos vies respectives. Plus tard, peut-être, nous aborderons des thèmes plus intimes, sans embarras, sans anicroche. L'atmosphère est légère et je l'apprécie à sa juste valeur après l'hostilité dont j'ai fait preuve depuis tant d'années. Alméïde est bien jolie avec ses joues rosies par le feu de la discussion, et Ismaïl sait charmer son auditoire avec ses facéties.  J'ai retrouvé ma demi-sœur, et j'ai bien l'intention de ne plus la perdre. Nos relations ne sont pas encore fraternelles, mais j'ose espérer que nous réussirons, avec le temps, à rebâtir ces liens familiaux qui m'ont tant manqué.

Cependant la Princesse d'Erebor a encore une surprise dans sa manche, et je mets quelques secondes avant de comprendre le sens de ses dernières phrases. Invitée à Erebor ? Vraiment ? Je la dévisage longuement avant de répondre :

- Tu es sûre ? N'est-ce pas prématuré ? Ne crains-tu pas qu'on te reproche de me faire confiance alors que j'ai essayé de te faire du mal ? Je sais bien que tes intentions sont bonnes, mais je ne voudrais pas que notre venue te porte préjudice. Promets-moi de sonder ton entourage avant de lancer cette invitation. Si cela ne risque pas de causer de problèmes, je serai ravie de revenir en Erebor, et je pense qu'Ismaïl se fera un plaisir de m'accompagner si ses occupations ne le retiennent pas en mer. En attendant nous pouvons très bien nous écrire …

Je la serre dans mes bras pour lui dire au revoir, parce que ce n'est qu'un au revoir. Je veux croire que nous nous reverrons bientôt, peu importe l'endroit.

- Prends bien soin de toi, Alméïde ! Si tu penses qu'elles seront bien reçues, transmets mes salutations à Anthim.

Nous l'accompagnons à la porte du Palais où un équipage l'attend, et c'est avec le sentiment qu'une  page est tournée que je la regarde s'éloigner ...

Fin

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