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 L'amour au temps des momies

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La Cour des Miracles
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Agathe de Vigdir
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J'ai fait allégeance à : la cour des Miracles et Mélusine de Sylvamir.
Mes autres visages: Astarté des Sables • Gabrielle de la Volte • Sifaï Sinhaj • Tancélie le Sustain
Message Sujet: L'amour au temps des momies   L'amour au temps des momies EmptyJeu 19 Juil - 0:44


Livre III, Chapitre 4 • La Légion des Oubliés
Agathe de Vigdir & Lancelot l'Adroit

L'amour au temps des momies

Une petite leçon de préservation



• Date : 28 juillet 1003
• Météo (optionnel) : Il fait chaud mais une brise aide à rafraîchir la soirée.
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Grâce et Melsant sont enfin mariés! Agathe et Lancelot profitent des festivités jusqu'à ce que des bruits étranges se fassent entendre, au loin. La rumeur traverse les convives : un groupe de gens apeurés approchent le domaine et, avec eux, cris, pleurs et momies.
• Recensement :
Code:
• [b]28 juillet 1003 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3963-l-amour-au-temps-des-momies#147444]L'amour au temps des momies[/url] - [i]Agathe de Vigdir & Lancelot l'Adroit[/i]
Grâce et Melsant sont enfin mariés! Agathe et Lancelot profitent des festivités jusqu'à ce que des bruits étranges se fassent entendre, au loin. La rumeur traverse les convives : un groupe de gens apeurés approchent le domaine et, avec eux, cris, pleurs et momies.



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Message Sujet: Re: L'amour au temps des momies   L'amour au temps des momies EmptyJeu 19 Juil - 4:09

La cérémonie de mariage de Grâce et Melsant de Séverac avait rendu Agathe particulièrement émotive. Voir sa mère refaire sa vie dans un mariage qui la ravissait et se lancer dans une famille qu’elle comptait aimer de tout son coeur avaient fait mouiller ses grands yeux clairs et déverser sur son minois quelques larmes de bonheur. Et de chagrin, un petit peu, aussi. Elle ne l’avait pas dit, Agathe, essuyant ses émotions du bout de son mouchoir brodé, mais elle se doutait ne pas être entièrement transparente pour ceux partageant son quotidien, ses inquiétudes et ses joies. Un bonheur immense. Un chagrin secret et fautif. Les émotions furent rapidement balayées par les festivités et Agathe avait pu répéter à de nombreuses reprises tous ses vœux de bonheur pour les mariés. Sur le bout des pieds, elle avait murmuré à… son beau-père que la famille Séverac avait acquis un bien joli joyau par cette union. À sa mère, elle s’était permise de lui embrasser la joue avec tendresse avant de lui chuchoter son souhait de félicité éternelle.

Les festivités avaient été grandioses dès le premier soir et Agathe en était restée ébahie. Il n’y avait rien de similaires avec le mariage de Castiel et d’Alméïde de Sombreflamme, mais constater que le bourg d’Automnal en entier se réjouissait pour le maître des lieux et sa nouvelle épouse avait quelque chose de poignant. De groupe en groupe, la jeune femme s’était promenée armée de son plus joli sourire, aisément perceptible malgré le voile léger qui ornait son minois. Elle avait salué, elle s’était inclinée, elle avait gloussé et rougit en s’efforçant de retenir le plus de noms possibles, jusqu’à ce que son fiancé l’enlève pour une danse ou deux. Puis vint le tour de Melsant, d’Arsène, de quelques inconnus, aussi. Agathe avait tourbillonné à s’en étourdir lors des premières journées de célébration et n’avait rejoint ses draps que tardivement dans la nuit, éreintée mais subjuguée par cette nouvelle vie que Mélusine avait eu la générosité de lui offrir. Là, grisée par le bonheur et l’effervescence des jours de fête, blottie dans ses draps fins et soyeux, elle avait songé à son prétendant qui devait sommeiller non loin. Songeait-il à elle comme elle songeait à lui? Se surprenait-il à la contempler, lorsqu’elle était affairée dans l’une ou l’autre de ces conversations mondaines, comme elle le faisait si souvent avec lui?

Elle avait craint si fort de ne plus lui plaire, d’avoir oublié son aisance à sa proximité! Il n’en était rien; Agathe s’en était aperçue assez tôt. Si bien que le jeu s’était instauré de lui-même, entre eux, sans qu’Agathe ne l’initie vraiment. Lancelot s’était incliné sur elle, à son oreille, pour lui murmurer combien son désir de l’embrasser était fort et vibrant. Elle avait senti chaque parcelle de son corps frissonner d’appréhension avant qu’Arsène ne vienne réclamer une danse. Comment la lui refuser, à ce grand garçon qui la partageait déjà avec un autre? Non sans un sourire plein de promesse, Agathe s’était soustrait à ce baiser tant désiré. Puis de danse en danse, de conversation en conversation, de sourire amusé et de regard perçant, elle s’était dérobée encore et encore. Ses pensées lui appartenaient. Elle en mourait d’envie, de le retrouver, de soulever son voile brodé, de lui offrir ce qu’il désirait. S’il la retrouvait, s’il posait sa main sur elle, elle lui offrirait ses lèvres, pour cette dernière journée de fête.

Puis Melbren l’avait attrapée au vol, entre deux danses, et la mignonne s’était blottie contre son bras avec toute l’affection qu’elle avait pour lui. Pour une énième fois, le Cielsombrois se plaisait à lui rappeler qu’elle était sa nièce, désormais - sa nièce! - et Agathe, toujours aussi folle de joie, acquiesçait avec émotion. Son petit jeu avec Lancelot perdurait, malgré tout, et entre deux paroles, la jeunette relevait le minois pour le retrouver dans la foule. La traquait-il, en ce moment-même? La voyait-il le chercher avec une certaine fébrilité? Se concentrer sur la conversation lui devenait de plus en plus pénible. Elle ne souhaitait en aucun cas heurter les sentiments de son cher Melbren, alors que ses pensées étaient toutes destinées à cette traque étrange et exaltante qui s’était glissée entre son fiancé et elle. Il désirait un rafraîchissement, un vin léger ou autre chose, et avançait même la possibilité que Lancelot ne soit pas loin. Ils n’avaient pas fait vingt pas qu’un bruit en provenance du dehors couvrait les conversations. Des cris, on aurait dit. Des pleurs, songeait Agathe. Qui pouvait pleurer aussi fortement en temps de réjouissance?

- ...Qu’est-ce que c’était? Melbren?...
- ...D'Erebor?
- Des gens perturbés, je crois bien…
- Mort?! Ils sont morts!

La panique, dans son coeur. Agathe se cramponnait maintenant au bras de Melbren qui, malgré son ton qui se voulait rassurant, ne la trompait pas avec son regard anxieux. Il se hissait sur le bout des pieds, cherchant à voir au-delà de la petite foule d’invités. En quelques minutes, à peine, le jeune savant avait traversé l’assistance et rejoint l’un des buffets où se trouvait Lancelot, comme par enchantement. Elle n’entendait pas leur échange, Agathe, le regard angoissé perdu sur l’assistance, mais sa main délicate fut délogée du bras de Melbren afin de retrouver celui de Lancelot. La symbolique était forte : C’était lui, désormais, qui veillerait sur elle et la protégerait. La mignonne se souvenait de ses élémentaires de feu. Combien d’autres talents cachaient-ils, pour la défendre?

- Que se passe-t-il, Lancelot? Il y a eu des blessés? Vous n’avez rien, rassurez-moi?

Il n’y avait plus cette mélodie légère et enjouée qui couvrait leur voix, seulement un bourdonnement cacophonique de conversations terrifiantes concernant des morts, des blessés et des créatures décharnés.


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Message Sujet: Re: L'amour au temps des momies   L'amour au temps des momies EmptyMer 22 Aoû - 14:45

J'avais éprouvé de la jalousie quand j'avais vu au bras du marquis d'Automnal Grâce de Sombregemme, désormais Grâce de Séverac.  J'avais guetté les sourires et les larmes d'émotion d'Agathe, l'enveloppant d'un regard protecteur, aimant.  Un jour, peut-être les invités seraient-ils moins nombreux, la venue moins grandiose, les célébrations plus courtes, mais un jour, c'est elle qui serait à mon bras et qui unirait sa vie à la mienne.  Cette conviction était forte en moi et s'il m'avait été possible d'empêcher à tous ces autres hommes que moi de faire valser mon aimée, je l'eus fait sans aucune honte.  Que ce fut Arsène, ce frère d'adoption ou alors Melsant le marié et mon seigneur,  je les regardais tous avec dépit.  À mon bras, quelques demoiselles se laissèrent promener entre les couples qui virevoltaient, je les guidai en dansant, déplorant qu'elles ne fussent pas elle.  L'une avait la taille trop épaisse, l'autre des yeux fades ou alors un nez trop retroussé.  Aucune n'avait l'élégance d'Agathe, aucune n'avait son expression joviale, aucune ne soulevait chez moi l'extase et l'ébahissement, à un point où il devenait presque une corvée de devoir les faire sautiller et virevolter.  Je n'avais demandé qu'un baiser, un simple goût de ses lèvres entre les différents couples, mais dès que tes doigts pouvaient enfin effleurer sa main blanche, déjà elle se défilait, elle s'évanouissait comme la vague sur le sable.  Elle était insaisissable.  Elle me glissait entre les doigts à chaque tentative de la retenir.  Mon cœur se serrait de la voir chaque fois m'échapper, comme s'il pouvait s'agir d'un funeste présage pour notre vie future.

Après un nombre incalculable de cavaliers tous plus déplaisants les uns que les autres, je l'aperçus enfin au bras de Melbren et je songeai que je pourrais la lui ravir : nous étions de vieux amis et il ne me priverait pas plus longtemps de la compagnie de ma promise, il pourrait la faire tourbillonner en d'autres occasions, lorsque j'aurais eu mon tour.  Le temps que je n'arrive à faire glisser les pieds de mon infortunée partenaire jusqu'à eux, déjà ils m'échappaient en quête de rafraîchissements et une fois de plus, elle s'évadait.  Combien de temps encore me ferait-elle languir d'elle?  Attendait-elle de voir mon cœur s'arracher de ma poitrine, inondant de sang le parquet de la piste de danse?

Mais vinrent les cris.  Vinrent les cris qui me tirèrent de mon agonie, la remplaçant par une panique contrôlée par l'inquiétude.  Quelque chose d'anormal se passait et avant même de songer à mon père ou à ma sœur qui célébraient eux aussi dans le village le mariage de Melsant de Séverac, toutes mes pensées tendirent vers Agathe.  Abandonnant ma danseuse de façon cavalière, je me précipitai dans la foule, ne me préoccupant que très peu de bousculer les gens pour retrouver ma promise.  C'est près d'un buffet que je la récupérai, Melbren me la confiant alors qu'il irait s'enquérir de ce qui pouvait troubler la fête : c'était le domaine de son frère, il se devait d'intervenir.  Moi, je devais protéger Agathe au prix même de ma vie s'il le fallait.  Sans égards pour sa pudeur habituelle, plutôt que de me contenter de l'avoir accrochée à mon bras, je l'enveloppai du mien alors que je nous attirais à l'arrière de la salle, où nous serions à couvert.  Seulement là, je m'autorisai à répondre à ses questions.

« Je ne sais pas, mais ces cris…  J'ai entendu au passage… Des morts relevés se faufilent dans le bourg.  Des morts de nos voisins Erebiens, enrobés de bandelettes mortuaires.  Quelle idée d'embaumer les morts plutôt que de les incinérer… » grommelai-je.  J'étais inquiet.  Je ne savais point ce qui arriverait.  Ces momies étaient-elles agressives?  Je n'en savais rien, je n'avais pas cherché à obtenir d'informations que de retrouver Agathe et de m'assurer de sa sécurité.  C'était le plus important.

« Je n'ai rien mon aimée, je ne sais s'il y a des blessés.  Dès que j'ai entendu que quelque chose d'étrange se tramait, je n'ai eu d'autres buts que de vous retrouver rapidement et m'assurer de votre sécurité. »

Je l'attrapai par les épaules, comme je l'avais déjà fait autrefois dans l'arrière boutique de mon magasin d'automate, mais cette fois je ne la secouai pas dans tous les sens, je ne serrai pas l'emprise de mes doigts sur elle jusqu'à lui faire mal.

« Mais vous Agathe, n'avez-vous rien?  Êtes-vous blessée?  Dites-moi que vous n'avez rien et le monde me paraîtra plus supportable.  Restez près de moi, je vous protégerai du danger. »

Sans attendre sa réponse, sans repenser à ce désir frustré de l'embrasser, je l'attirai dans mes bras, comme si ce cocon que je créais autour d'elle pouvait la soustraire à toute menace.






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Message Sujet: Re: L'amour au temps des momies   L'amour au temps des momies EmptyLun 3 Sep - 16:54

Qu’il était bon de sentir le bras protecteur de Lancelot l’envelopper toute entière. Qu’il était rassurant de s’en remettre à lui, son fiancé, alors que la panique gagnait la salle et que l’angoisse étreignait son coeur! Il ignorait ses questions et ses inquiétudes, et si Agathe se sentit d’autant plus pressée par le danger, mais également rassurée de se retrouver en terrain connu, celui de Bellifère. C’était lui, l’homme. C’était lui, l’aîné. C’était à lui de prendre soin d’elle. Silencieuse, passive, elle se contenta de se laisser entraîner tout au fond de la salle. C’est seulement là qu’il retrouva la parole et l’informa de la situation.

Et quelle situation! Les yeux hagards, sa poitrine se soulevant soudainement bien rapidement, Agathe tentait d’assimiler la gravité des événements. Des morts erebiens marchaient sur les terres de Grâce et Melsant. Elle ne releva pas sa critique acide quant à la préservation des morts : ils n’étaient pas coutume de préserver la mémoire, en Bellifère. La mort méritait une fête horrible où les hommes buvaient et où Agathe craignait la sauvagerie des vivants. Elle savait, par les confidences d’Arnaud, que les os des défunts rejoignaient le caveau familial. Il lui avait dit, une fois, qu’ils rejoindraient peut-être celui des Brumecor. Elle en avait toujours douté. Pourquoi rejoindraient-ils la famille de Grâce, eux tous qui se souciaient bien peu des rejetons Martel? Lancelot chassa ses souvenirs et sa pointe de curiosité pour les rites cielsombrois en la rassurant sur son état. Il n’avait rien. Agathe se permit de soupirer, soulagée d’un point qu’elle ne savait pas avoir, alors qu’il enserrait ses épaules de ses deux mains pour l’observer elle, sous ses moindres détails et voilages.

- J’ai peur…

Un couinement se fit entendre et Agathe s’en voulut de ne pas mieux se ressaisir. Lancelot semblait déjà prêt à la défendre, à agir, alors qu’elle était encore engourdie par la stupeur de la nouvelle. Peut-être la verrait-il enfin comme elle-même se voyait? Une femme bien fade, apeurée et angoissée, bien peu utile pour survivre et infiniment Belliférienne dans son besoin de protection constant? Et comme s’il entendait ses pensées et ses doutes, en plus de ses craintes, le Cielsombrois l’attira à lui aussitôt pour l’enserrer dans une étreinte protectrice. Elle tremblait un peu. Juste un peu. Il s’en rendrait compte, peut-être bien.

- Je n’ai rien, j’ai seulement… Comment peuvent-ils marcher? Pourquoi ici, Lancelot?

Une question qui n’attendait aucune réponse. Sa voix n’était pas bien forte, et c’est bien leur proximité qui lui permettait de se faire entendre des oreilles de son fiancé. Elle resta ainsi un long moment, ignorant l’impudicité de leur étreinte, simplement bercée par les battements puissants du coeur de Lancelot. Plus réguliers que les siens. Les yeux clos pour ne pas se laisser contaminer par la panique générale et la cohue qui s’intensifiait, ses doigts crispés sur l’étoffe soyeuse de la chemise de son promis, Agathe sursauta seulement lorsqu’on la bouscula de plein fouet. Elle écarquilla les yeux pour mieux voir, alors que Lancelot l’entrainait d’un pas ou deux vers le mur. La salle était désormais bondée!

- Je n’aime pas ça. Ils sont trop… Je n’aime pas ça, Lancelot. Il y a.. Il y a un corridor pour le personnel, pour rejoindre l’aile ouest. Là où se trouve le salon des invités, et l’escalier pour leurs chambres.

Césaire le lui avait expliqué de cette manière si gentille et si délicate, pour son intelligence. Il lui avait dit combien l’escalier était laborieux à monter, pour un homme de son âge, afin de rejoindre la chambre de la duchesse de Bellifère. Il avait précisé combien il était préférable de patienter la soirée, après le repas, pour l’emprunter, alors désert de serviteurs, il pouvait grimper à son rythme. La mignonne, bien plus perspicace que sa blondeur et sa jeunesse ne laissaient croire, avait saisi les moindres détails et explications du vieil homme des Miracles pour retrouver le coffret convoité. Elle n’avait pas osé, pas encore, alors que les réjouissances s’étiraient jusqu’au matin, mais elle comptait bien mettre la main sur celle-ci avant le départ de la délégation. Si le vol était très certainement le dernier de ses soucis, en ce moment, les renseignements, eux, étaient précieux.

Elle se déroba à l’étreinte de son aimé puis, main dans la sienne, s’aventura à longer le mur de la large pièce désormais surpeuplée, en direction du corridor de service.


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Message Sujet: Re: L'amour au temps des momies   L'amour au temps des momies EmptyLun 1 Oct - 4:13

Mes bras resserrèrent leur emprise sur les épaules frêles et délicates d'Agathe alors qu'elle avouait sa crainte.  Je n'étais pas plus rassuré qu'elle par la tournure des événements, mais je ne pouvais le lui montrer et devais faire preuve d'une bravoure exemplaire.  C'était une chance pour moi de lui montrer qu'il n'était pas nécessaire d'être Belliférien et habile au combat pour protéger sa dulcinée.  Je devais réfléchir à un plan pour nous mettre en sûreté tous les deux et rapidement.  Je n'avais pas l'étoffe d'un preux chevalier défendant sa belle à coup d'estocs et en pourfendant les ennemis, mais au moins, je pouvais prouver mon intelligence et l'aptitude de celle-ci à préserver sa sécurité.  J'aurais souhaité avoir réponse à ses questions, pouvoir lever le voile sur tous ces mystères, mais j'étais aussi ignorant qu'elle à ce sujet.  Je ne pouvais qu'émettre des suppositions, sûrement toutes plus erronées les unes que les autres.  C'était difficile de ne pas savoir, encore plus quand je la sentais autant dépendre de moi et de mes réponses.  J'avais envie de lui occulter cette vue terrifiante qu'offraient ces corps couverts de bandelettes et qui avançaient inlassablement, dans on ne savait trop quel but.  Et alors que je cherchais une porte de secours pour nous préserver tout deux de ce cataclysme s'abattant sur nous, c'est elle qui apporta la réponse.  Une fois encore, j'échouais à lui montrer qu'elle pouvait s'appuyer sur moi, tandis que je la suivais, serrant avec toute la tendresse possible cette main qui me guidait et me tirait derrière elle vers notre salut.

J'avançais rapidement sans jeter un regard derrière moi.  J'entendais les bruits des combats, mais ce n'était pas les miens, ce n'était pas ma place.  Ma priorité était de mettre Agathe en sûreté et de veiller à ce qu'elle y reste.  Plus tard, peut-être, j'irais les retrouver et tenter de contribuer à l'effort collectif pour repousser l'invasion de morts erebiens.  Je ne savais pas encore comment je pourrais le faire, je n'avais guère le temps d'y penser non plus.

« Y sommes nous bientôt Agathe? » demandai-je d'un ton que je voulais calme.  La progression des bandelettes ne ralentissaient pas et je craignais qu'elles ne nous rattrape avant que nous n'ayons pu nous échapper.

Comme je m'inquiétais, nous arrivions devant le passage secret qu'ouvrit ma fiancée avec habileté.  Devant ses yeux clairs et innocent, il m'arrivait si souvent d'oublier qu'elle était des nôtres et n'était pas seulement la pupille de Mélusine, mais aussi son apprentie.

La porte s'ouvrait et sans hésiter je laissais Agathe s'y engouffrer la première.  Au moment où j'allais m'y glisser à mon tour, je sentis quelque chose s'accrocher à mes vêtements.  Mon corps se figea un instant, le temps que je ne me remette de la surprise.  Ma tête pivota sur mon cou alors que je jetai un œil derrière moi pour voir ce qui s'y trouvait et mes yeux rencontrèrent rapidement l'absence de regard d'une des momies.  Je retins un cri horrifié de toute peine tandis que la poigne chancelante du mort-vivant s'accrochait à moi.

Quand le museau d'Agathe revint à la lumière de la pièce, inquiète de ne pas me voir la suivre rapidement, je la repoussai à l'intérieur du passage secret.

« Fuyez!  Elles sont là!  Fuyez Agathe, je vous rejoindrai!  Cachez-vous! »

Ma voix était saccadée, la panique me faisait peiner à parler et la peur de voir l'une des amies de mon agresseur prendre le chemin du passage et trouver Agathe m'envahissait. Dégoûté à l'idée de toucher un mort, j'essayai d'abord de me secouer dans tous les sens pour m'en débarrasser, mais visiblement le voyage dans le royaume de Sithis n'avait pas affaibli son bras qui tenait bon malgré mes tentatives violentes pour me débattre.  Il fallait que je trouve rapidement une solution pour me défaire de son emprise et rejoindre mon aimée. Fermer cette porte et les empêcher de nous trouver.  Avec répulsion, je levai la main pour détacher celle qui me tenait prisonnier de son emprise.






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Message Sujet: Re: L'amour au temps des momies   L'amour au temps des momies EmptyJeu 1 Nov - 3:18

La chose rampait devant son regard horrifié. Un corps décharné aux mouvements saccadés. Elle tendait la main, misérable créature, vers Agathe, et son visage qui n’avait plus rien d’humain s’animait par secousses. La jeunette s’immobilisa, plusieurs pas devant Lancelot, et porta d’instinct ses mains jointes sur ses lèvres ouvertes de stupeur. Aucun cri ne traversa ses lèvres, tant la peur était grande et la tenait paralysée. La scène aurait perduré encore et encore si la créature ne s’était pas agitée soudainement, déterminée à ramper vers Agathe. Sa main pendait lamentablement au-devant, comme pour l’attraper, ou alors pour désigner quelque chose, plus loin, au-delà des corps encore vivants et des murs épais. Quelque chose qui l’attirait et qui expliquait peut-être sa présence. Le corps de la chose semblait se désarticuler alors qu’il gagnait en vitesse. Agathe sursauta en le voyant s’approcher avec une rapidité insoupçonnée et poussa un hurlement strident et libérateur.

Agathe pivota aussitôt et accourut vers Lancelot qui, elle l’ignorait alors, était toujours aux prises avec l’une de ces créatures. Sa main retrouva la sienne sans hésitation, sans timidité, bien déterminée à entraîner son promis à sa suite, dans les jardins ou à l’étage. C’est en se retournant pour déguerpir vers l’escalier qu’elle aperçut du bout des yeux la silhouette maigre accrochée au bras de Lancelot. Voilà donc la raison pour laquelle Lancelot l’avait retournée seule dans le petit vestibule de l’aile ouest, tout affairé à se débattre avec cette monstruosité. Elle relâcha la main de son fiancé, épouvantée et apeurée, le regard perdu sur un mur ou un autre à la recherche de quelque chose pour se défendre. Si seulement elle était en Bellifère…! Si seulement! Des armes, des boucliers, des masses, au mur des manoirs. Après un deuxième coup d’oeil, la Belliférienne se hissa sur le bout des pieds pour cueillir une sphère de verre ou de cristal, décoration sans doute onéreuse en raison de sa mise en valeur. Agathe n’hésita pas un seul instant alors qu’elle lançait violemment la sphère sur le mort-vivant toujours agrippé à son cher Lancelot. La créature chancela, moins hargneuse que celle qui rampait toujours vers elle, la main éternellement tendue vers une destination bien mystérieuse. L’apprentie longea le mur, sa main sur le bras de l’espion, pour mieux rejoindre l’escalier, promesse de survie.

- Je n’aime pas ça, je n’aime pas ça, je n’aime pas ça.

Les mots filaient à rapidement entre ses lèvres en une bien triste ritournelle, alors qu’Agathe grimpait l’escalier à vive allure, manquant de peu de se vautrer, un pied dans son jupon. Elle se concentra un peu plus, une main sur la rampe, l’autre dans celle de Lancelot, obstinée à ne pas la lâcher malgré ses apparats qui se déchiraient. Tant de joliesse, tant de soie et de broderie pour terminer ainsi.

Était-ce à gauche ou à droite? Agathe s’immobilisa un bref instant pour s’efforcer de se rappeler les paroles du vieil homme. Elle ferma les yeux et pria Isil de l’aider à se dissimuler, cette nuit. Elle, mais aussi Lancelot. Surtout Lancelot. Non sans une profonde respiration, l’apprentie voleuse rouvrit ses yeux dans le couloir baigné d’ombre. Au loin, des cris. Impossible de savoir leur provenance exacte. Était-ce l’écho de ce qui se déroulait un étage plus bas? Était-ce des morts-vivants qui avaient réussi l’exploit de grimper à l’étage? Agathe ne savait pas mais, surtout, ne désirait pas savoir. Elle resserra sa prise sur les doigts de son fiancé et se faufila dans la chambre de gauche.

Une vaste pièce se dévoilait à eux, opulente par ses tableaux et décorations précieuses, richissime par la noblesse évidente de son mobilier. Était-ce ici que Madeleine avait séjourné, lors de son passage? L’idée traversa l’esprit d’Agathe, mais la jeunette ne laissa pas son imagination s’emballer, pour une fois. Morte de peur, elle fonça vers ce qui semblait être un placard et s’y dissimula avec Lancelot. Voilà ce qu’il épouserait. Une pleutre. Elle lui faisait face, toujours, à quelques centimètres à peine de lui, tant le placard était étroit. Un faible rayon lunaire - ou était-ce les feux extérieurs ? -  parvenait jusqu’à eux, par une mince fente décorative sur la porte.

- Pardon… Pardon, Lancelot. J’aurais dû vous embrasser lorsque vous me l'aviez demandé, avant que ce soit.. la fin.

Un rire triste. Puis le silence, car Agathe pleurait sans bruit.


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Message Sujet: Re: L'amour au temps des momies   L'amour au temps des momies EmptyMer 26 Déc - 21:21

Je sentie une main sur mon bras, froide.  J'aurais pu craindre qu'il ne s'agisse d'une autre de ces horribles créatures, mais j'aurais aisément reconnu ce touché entre mille et si l'horreur m'envahissait, c'était parce que je ne voulais pas qu'elle revienne sur ses pas, j'eus préféré qu'elle se terre dans ce couloir, annonciateur de son salut.  Il était beaucoup trop dangereux qu'elle m'eut rejoint et quand sa délicate main délaissa mon avant bras, je ressentis un profond soulagement à songer qu'en voyant la situation précaire dans laquelle je me trouvais, elle s'était écartée pour se remettre à l'abri.  Je pouvais à nouveau me concentrer à défaire la prise de cette horrible momie pour aller la rejoindre.  Le soucis était simplement que pour une morte, elle s'accrochait avec beaucoup de vigueur et j'avais toutes les peines à m'en défaire.  Si le passage secret semblait sûr, je ne savais rien des lieux où il arriverait et peut-être la horde d'envahisseur serait-elle présente au bout du tunnel pour cueillir ma douce fiancée et n'en faire qu'une bouchée.  Je forçais de toutes mes forces contre la poigne du mort, mais ce ne furent point mes efforts qui m'en débarrassèrent.  Plutôt, c'est l'intervention de ma fiancée qui me tira de cette situation précaire.  Sacrifiant un magnifique globe qui ornait la salle de réception, en le lançant contre l'infâme créature, elle me libéra de son empoigne et je retrouvai avec soulagement et une honte certaine la douceur de sa paume qui déjà me tirait à l'écart de l'invasion, que déjà je refermais la porte du passage secret sur nous, nous coupant du chaos que causait l'arrivée de ces invitées surprises.  Le silence était presque aussi effrayant que le tumulte à l'extérieur.

Seuls le bruit de nos pas retentissait contre la pierre, parfois accompagné par le son du tissu qui se déchirait, les beaux atours de ma fiancée se transformant peu à peu en lambeaux.  Parfois, des cris s'élevaient jusqu'à nous et un long frisson me parcourrait l'échine.  Où pourrions-nous fuir et être en sûreté?

Agathe le savait, c'était elle qui me guidait à travers les dédales du passage secret.  Je taisais ma honte de devoir tant reposer sur elle en situation de danger.  Elle qui devait s'attendre à être protégée par un homme fort, c'était elle qui me sauvait, doublement.  J'eus préféré qu'il n'en soit pas ainsi, j'aurais voulu briller à ses yeux par ma bravoure et mon courage pour qu'elle ne m'en aime que plus encore.  Mais j'avais échoué.  Et ces remords, ces pleurs me prirent au dépourvu.  Combien devait-elle être chamboulée!  Mes bras l'attirèrent doucement contre moi et mes lèvres se posèrent délicatement sur son front.  Coincés dans ce placard, il manquait de place pour la pudeur, terrés dans le noir on n'y voyait rien, mais je la serrais contre mon cœur.  Tant pis si elle l'entendait battre trop fort.  Trop fort parce qu'elle était si près, trop fort parce que la crainte me glaçait les veines.

« Ne pleurez pas Agathe, je vous en prie, ne pleurez pas.  Ce n'est pas la fin, pas encore.  Nous avons l'existence d'un futur démesurément long, pour que me torturiez en me refusant ou acceptant mes baisers selon votre humeur.  Séchez vos pleurs.  Nous ne mourrons pas ce soir, ni vous, ni personne. »

Mes mains se resserrèrent contre elle, je laissais son visage s'enfouir contre ma poitrine.  Sa détresse me heurtait.  Une douleur me compressait la poitrine : elle n'avait pas confiance, elle ne croyait pas que je pourrais nous sauver tous les deux.  Peut-être avait-elle raison.  Mais la laisserais-je s'éteindre sans me battre pour elle?  Ma magie ne savait que faire peu.  Mes entités n'étaient pas utiles au combat, mais je saurais toujours invoquer quelques élémentaires pour nous protéger, pour gagner du temps lors de notre fuite, de sa fuite.  Quitte à me sacrifier pour elle, je ferais tout pour qu'elle survive à la crise.

Je tendis l'oreille contre la porte. Les cris à l'étage inférieur se laissaient encore entendre à quelque moment.  Tout près, toutefois, il n'y avait pas le moindre son.  Je posai un nouveau baiser sur le dessus des cheveux de mon aimée et je lui murmurai à l'oreille : « Agathe, il n'y a pas de bruit à l'extérieur.  Restez cachée ici, je vais sortir en éclaireur. »

J'esquissai un léger mouvement pour la détacher de moi.  Je ne voulais pas la brusquer.






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Message Sujet: Re: L'amour au temps des momies   L'amour au temps des momies EmptyJeu 14 Fév - 15:12

Ses larmes s'étaient taries en entendant ses mots chargés de réconfort et d'affection. Ils avaient vu pire, l'un et l'autre. Il y avait eu le tournois des trois opales. Les souvenirs de Lughnasadh étaient encore vifs à son esprit, tout comme les cauchemars éveillés où elle s'était retrouvée traquée par la Chasse Sauvage. Ils allaient vivre. Agathe n'avait pas survécu à Brumecor et son enfant façonnée par la violence pour mourir ce soir, sur des terres envahies par les morts-vivants. Elle avait essuyé ses joues et son menton du revers de la main, alors que Lancelot comptait braver l'extérieur de la chute pour leur salue. Si l'envie de le retenir et de l'empêcher tout à fait de la quitter était grand, Agathe savait, au fond d'elle-même, qu'elle ne pouvait pas réellement l'empêcher de jouer son rôle de fiancé convenablement. Alors elle acquiesça pour lui donner raison, oui, qu'il aille en éclaireur, qu'il joue les braves, car il était vrai qu'autant d'audace charmait son petit coeur apeuré.

- Je vais compter jusqu'à cent, et si tu n'es pas de retour…

Sa main se pressait sur la sienne, avant qu'il ne quitte totalement la vaste penderie qui leur servait de cachette. L'obscurité se referma sur elle. Et le silence. L'espion savait se faire oublier, Agathe en avait là une preuve bien évidente. Mais elle était là, confinée dans les appartements luxueux d’une noble cielsombroise, ses esprits environ repris. Il ne lui fallut que de quelques secondes pour ouvrir les tiroirs d’un coffret trônant sur l’une des étagères, reniflant ses dernières larmes ici, détaillant ce qui scintillait par-là. Les mains pleines de ces bijoux dérobés, la mignonne repoussa la porte du placard de son coude. Elle fourra ses trouvailles dans les poches dissimulées de ses jupons brodés tout en balayant la pièce du regard. Lancelot ne devait pas être très loin…! Elle n'avait pas compté, comme elle le lui avait dit, mais il lui semblait que leur séparation avait eut lieu une minute plus tôt, à peine.

- Lancelot?

Son chuchotement se perdait dans l'espace. Elle se doutait bien, Agathe, qu'au-delà de la porte de la chambre, le brouhaha de l'entrée du domaine au prise avec les morts s'entendait et couvrait ses murmures. Après quelques petites secondes de réflexion, l'apprentie empoigna l'un des miroirs sur la coiffeuse et s'accroupir devant cette porte qui la séparait du danger. Avec l'habitude des jeunes filles indiscrètes, elle glissa le miroir sous la porte pour voir un peu ce que le dehors lui réservait. Des lueurs rouges et orangées apparaissaient clairement, et le doute la prenait : était-ce bien du feu, qu'elle percevait?

- Lancelot!

C'était un gémissement désespéré qu'elle avait poussé en ouvrant la porte à la volée. La crainte que son promis soit en danger et blessé - ou pire encore! - la terrorisait au point de s'exposer et de repousser sa propre peur. C’est un spectacle bien différent, toutefois, qui s’imposait à elle. Lancelot semblait maîtriser la situation ; un élémentaire de flammes - le même que lors de la Roue Brisée - se dressait entre eux et une momie égarée. Le feu léchait bientôt les murs et les ornements, faisant barrage pour le mort-vivant décharné. La jeunette avait plaqué ses mains sur ses lèvres ouvertes pour éviter un nouveau cri. Ce n’était pas le moment d’attirer l’attention plus encore sur eux, alors qu’ils cherchaient à fuir. C'est d'une petite voix, semblable à la souris qu'elle semblait être, qu'elle attira l'attention du mage.

- Elle ne nous suivra plus... Nous devrions prendre l'escalier des domestiques, leur aile et la plus éloignée de l'entrée.


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Message Sujet: Re: L'amour au temps des momies   L'amour au temps des momies EmptyLun 4 Mar - 3:29

D'où me venait cette bravoure de chevalier de conte de fée?  Je l'ignorais tout à fait.  Visiblement mon amour pour Agathe me poussait à poser des gestes que je n'aurais jamais posé si elle n'était pas là.  L'espace d'un bref instant, j'espérai qu'elle ne me retienne, mais elle laissa son bras tomber et je poussai la porte de l'armoire, pointant mon bout du nez à l'extérieur.  Rien à signaler.  Je tentai de lui offrir un sourire rassurant et je m'extirpai à l'extérieur de la penderie avant de fermer la porte derrière moi.  Les momies ne trouveraient pas Agathe là-dedans, n'est-ce pas?  J'étais inquiet et le courage qui me poussait vers l'avant était aussi vacillant que la flamme d'une bougie par une nuit venteuse, cependant il fallait bien que je fasse quelque chose.  Je ne pouvais compter sur personne d'autre que moi-même pour m'en sortir.  Prudent, j'avançai lentement jusqu'à la porte fermée de la pièce, doucement je poussai le battant ouvrant une légère craque pour regarder dehors : le chemin semblait libre.  Je poussai un soupir de soulagement : nous pourrions nous enfuir par-là.  J'ouvris complètement l'encadrement, et me tournai pour appeler Agathe, mais les mots s'étouffèrent dans ma gorge quand j'entendis un bruit.

Elle était là.  Une de ces momies avançait de son pas titubant dans ma direction et bloquait le passage du couloir.  Que pouvais-je faire?  Elle progressait rapidement pour une morte en pas très bon état et avant que je ne puisse fermer la porte elle avait déjà parcouru les derniers centimètres qui nous séparaient ou presque.  Je me jetai à l'extérieur de la pièce pour l'empêcher d'atteindre Agathe tout en tentant de réfléchir à un moyen de me débarrasser du mort-vivant.  Et la seule idée qui me vint fut de faire appel à un élémentaire : peut-être qu'un peu de feu allait réussir à le tenir à distance.  Je n'allais tout de même pas commencer à frapper un mort!

Les flammes commençaient à peine à lécher les tapisseries au mur que j'entendis un couinement.  Agathe.  Je me retournai brusquement, pour la voir derrière moi, effarée.  Elle m'appelait.  Je pris néanmoins soin d'observer la situation : l'élémentaire montait la garde entre nous et la momie.  Cela ne nous laissait que peu de temps pour fuir.  Je n'avais pas fait mes études en magie élémentaire et les miens ne sauraient durer si longtemps sans être emprisonnés dans un objet.  Je détournai mon attention et courus vers Agathe, l'attrapant par la taille et l'entraînant dans ma course.

« Venez!  Par ici! »

Je la guidai à travers le couloir.  L'élémentaire s'éteindrait bientôt de lui-même, ne laissant que les flammes abîmer la belle demeure du marquis.  Je me ferais pardonner plus tard.  Pour le moment il fallait fuir, rapidement.

Au bout d'un moment, nous étions en vue d'une fenêtre.  Je jetai un œil dehors, pour voir si la situation était sécurité.  Une longue file de morts-vivants évoluaient, mais elle ne se jetait plus avec violence vers le manoir.  Elle s'en éloignait, comme attirée par quelque chose.  Je me penchai pour retrouver mon souffle, la tête entre les genoux.

« Elles s'en vont.  Je ne sais pas ce qu'elles voulaient, mais elles s'en vont, » soufflai-je, soulagé.

Je me redressai et attirai Agathe contre ma poitrine et la serrai contre moi avant de l'écarter pour mieux la regarder. Je la détaillai de la tête aux pieds. « Vous n'avez rien n'est-ce pas? »  Je l'enlaçai de nouveau et déposai un baiser sur son front.  « Allons tenter de retrouver votre famille et la mienne, s'assurer que personne n'est blessé.  Et si pouviez… enfin, je crois qu'il faudrait mieux éviter de mentionner à votre mère que les tapisseries brûlées…  vous comprenez. »  Je me fis la promesse d'offrir un magnifique présent aux nouveaux mariés pour leur premier anniversaire de mariage pour les compenser.  Prenant la main d'Agathe, j'entraînai nos pas vers les étages inférieurs en espérant ne pas croiser d'autres bandelettes.






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