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 On n'entend que ce qu'on veut

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La Confrérie Noire
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Gauthier Coeurbois
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Message Sujet: On n'entend que ce qu'on veut   On n'entend que ce qu'on veut EmptySam 4 Aoû - 0:45


Livre III, Chapitre 5 • La Joueuse de Flûte
Shahryar Khamsin & Gauthier Coeurbois

On n'entend que ce qu'on veut

Où des progrès pourraient être faits, si les deux partis n'étaient pas aussi bouchés.



• Date : 10 août 1003
• Météo (optionnel) : ... Elle a des fenêtres, la tour, au moins...?
• Statut du RP : Privé
• Résumé : De retour d'Erebor, Gauthier souhaite essayer de renouer un semblant de dialogue et de fraternité avec celui qui a été autrefois un de ses amis les plus proches. Mais quand les deux sont aussi butés l'un que l'autre, les messages ont tendance à se déformer ou à s'égarer...
• Recensement :
Code:
• [b]10 août 1003 :[/b] [url=arven.forumactif.org/t4033-on-n-entend-que-ce-qu-on-veut]On n'entend que ce qu'on veut[/url] - [i]Shahryar Khamsin & Gauthier Coeurbois[/i]
De retour d'Erebor, Gauthier souhaite essayer de renouer un semblant de dialogue et de fraternité avec celui qui a été autrefois un de ses amis les plus proches. Mais quand les deux sont aussi butés l'un que l'autre, les messages ont tendance à se déformer ou à s'égarer...



#5E0021
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Gauthier Coeurbois
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Message Sujet: Re: On n'entend que ce qu'on veut   On n'entend que ce qu'on veut EmptySam 4 Aoû - 0:50

Cela faisait à peine quelque jours que les Assassins étaient rentrés de leur mission en Erebor. Cette mission qui avait, légèrement, dévié en Cibella et Sombreciel. Enfin. La Confrérie, encore une fois, l’avait menée à bien malgré un contretemps, et en tentant de faire de son mieux pour rappatrier les momies comme de vulgaires vachers. Enfin, rapatrier celles que les invités de fêtes organisées en contrebas des vallées funéraires – quasiment – n’avaient pas littéralement hachées en morceaux. La chose aurait pu sembler difficile à croire, mais, alors que lui même s’était donné pour objectif de n’endommager que le strict minimum les morts, d’autres s’en étaient donnés à coeur joie… Ce qui avait rendu le rapatriement un peu plus compliqué.
A peine.
Mais tout était fini, désormais. Les morts avaient retrouvé leurs tombeaux, et les enfants de Sithis et Lida étaient rentrés chez eux, à Lorgol. Certains étaient rentrés dans les cellules moindres, comme celles de Vivedune ou Cibella. Chacun, en somme, était rentré là où ses obligations le demandait.
Aussi Gauthier avait-il retrouvé avec joie la chambre de la tour au coeur de Lorgol, ses draps frais et surtout un véritable oreiller. Non parce que nous pensez qu’il avait eu autant de confort, en mission ? Il avait du porter pendant des jours son masque, et le retirer fut un soulagement.
Bon, un peu moins quand il se rendit compte que son visage avait une couleur légèrement plus pâle que le reste de sa peau. Décidément, cette mission l’avait mis à mal. Non seulement ça, mais également une large mèche de ses cheveux était désormais sectionnée. Parmi la masse de sa crinière, évidemment, on ne le remarquait pas de suite, mais si l’on prêtait attention ou que l’on y glissait une main, la chose était plutôt compliquée à ignorer.
Enfin, encore fallait-il qu’on désire toucher ses cheveux.

Une autre chose l’avait choqué, dans cette mission. Dit comme ça, ça ne semblait presque rien, et, au vu de la mission qu’il venait de passer, on aurait pu penser à n’importe quoi, de la perte de sa mèche à son aversion pour les griffons d’escorte. Sauf que non. Ca n’avait rien à voir avec la mission en elle-même, mais plutôt avec l’un des exécutants présents.
C’avait été sa première mission de concert avec Shahryar depuis… Il ne se souvenait même plus. Avant que l’Erebien ne devienne un Adepte. Depuis une sombre histoire qui avait semé la rancoeur entre eux, et qui était encore vivace malgré les années. Aussi avait-il été choqué de la manière dont celui-ci avait maîtrisé la situation…
Parce que, bon. La dernière fois, par sa faute, et uniquement la sienne, une Lame était tombée. A l’époque, ils avaient pleuré leur frère disparu, mais Gauthier savait. Il savait que Gabriel était mort uniquement par la faute de ce foutu Shahryar. Oh, il n’avait jamais porté ses accusations aux oreilles de leurs Ecoutants respectifs de l’époque : l’accusation était grave, et il ne voulait pas priver la Confrérie d’un de ses membres, elle qui venait déjà d’en perdre un.
Alors la rancoeur s’était accumulée. Encore et encore. Ils étaient tombés en froid, sans seulement vouloir l’un faire un pas vers l’autre.
Un peu comme des gamins.

Gauthier ne lui avait pas pardonné. Pas le moins du monde. Il avait la rancune tenace, et il n’espérait pas un jour prochain lui présenter des excuses sur son comportement. Par contre, cela n’excluait pas de vouloir lui dire. Lui dire qu’il avait admirablement bien géré la situation. Lui dire que de travailler avec lui avait été un plaisir, malgré les contretemps. Qu’il méritait sa place d’Adepte, même en étant une sale ordure.
C’était pour ça que, lorsqu’il le croisa du regard dans une des pièces qui faisait office de salon, l’Adepte du Poison s’approcha. Ils avaient été amis, avant de se déchirer – des millénaires auparavant, lui semblait-il. Si c’était à jamais perdu, au moins le Cibellan pouvait-il tenter de renouer le dialogue sans heurter plus que necéssaire sa fierté.
« Shahryar. » Le regard calme, la posture ouverte, prête au dialogue. A l’échange. « Il faut que je te parle. Ca sera pas long. »
On pouvait être le plus talentueux des Assassins et le pire des abrutis.



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Shahryar Khamsin
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Message Sujet: Re: On n'entend que ce qu'on veut   On n'entend que ce qu'on veut EmptyMer 15 Aoû - 20:07

Quelle affaire… Heureusement que les choses étaient rentrées dans l’ordre et que les agents de la Confrérie avaient pu rentrer sains et saufs à Lorgol, car la mission n’avait pas été de tout repos. Le rituel pour renvoyer les momies dans le royaume de Sithis avait pu se faire, mais non sans encombre, et cette balade en Cibella s’était soldée par de nombreux blessés et des cadavres anciens en charpie à aller ramasser. Sans parler d’un dragon millénaire desséché qu’il avait fallu ramener et replonger dans son tombeau, non sans difficultés. Mais le sultan des sables et du roc avait bien fait de faire appel aux Fils et Fils de Lida, car malgré les contretemps, tout s’était terminé comme il le fallait, tout du moins sur le plan de base. Hélas, Shahryar avait bien conscience que le sultan Anthim – son sultan – allait avoir fort affaire désormais avec le secret brisé et l’invasion occasionnée chez deux de ses voisins. Et si la Confrérie n’y était pour rien, elle n’avait pu conserver le silence, tout du moins en surface, dans son implication auprès de lui. Bien que préoccupé pour l’avenir de ses terres natales, l’Adepte de la Corde était rentré avec les siens à Lorgol, accusant le coup des températures bien plus froides que celles d’Erebor et qui ne lui avaient pas tant manqué que ça. Mais d’une certaine manière, il faisait du bien de rentrer, dans ce lieu qui était sa maison et avec ceux qui étaient sa famille.

Ou presque.

Dans chaque famille, il y avait toujours des membres que l’on ne pouvait forcément apprécier – ni choisir… Celui qui approchait à cet instant même, alors qu’il prenait un peu de repos dans l’une des salles communes de la tour, n’inspirait à Shahryar que mépris et colère. Un soupçon de respect aussi, bien caché sous une couche de mauvaise foi et de haine farouche. Gauthier. Pourquoi celui-ci venait-il le voir alors qu’ils n’avaient tous deux plus aucune raison de se côtoyer, sinon pendant une mission ? Constat étrange de la part de l’erebien, qui, méfiant, observe ce confrère venir à lui de son plein gré, une posture presque ouverte dans sa façon de lui parler, mais rien qui n’avive une once de confiance chez l’Adepte. S’il s’était écouté, il lui aurait refusé très nettement sa demande sans plus de cérémonie. Jamais il ne lui pardonnerait ce qu’il a fait. Et pourtant…

« Je t’écoute. »


Un peu froid est le ton employé pour inviter Gauthier à poursuivre. L’autre peut-il s’attendre à autre chose de la part de celui qui fut son ami avant de devenir son ennemi ? Ou tout du moins une personne qui le déteste, partageant ce sentiment mutuel. Décidément, comment oublier cette fois, il y a longtemps désormais, lorsqu’ils étaient plus jeunes et que Gauthier avait, dans son incompétence, causé la perte de l’un des leurs. Gabriel, cette Lame à jamais perdue. Il aurait pu pardonner cela, Shahryar, car il n’imagine pas un instant Gauthier désireux de voir ce frère mourir. Mais c’était avant que l’autre ne l’accuse d’être le coupable dans cette affaire. Le seul à blâmer. Quel bel esprit ! Quelle mauvaise foi ! Ah comme il lui en avait voulu et lui en veut toujours aujourd’hui, de ne pas assumer son erreur, celle d’un sot maladroit. La maladresse se pardonne pourtant, mais pas l’hypocrisie et la traitrise. Pourquoi ne l’avoir jamais dénoncé ? En souvenir peut-être d’une vieille amitié qui n’était aujourd’hui plus que cendre sous les flammes de la haine.

Et malgré la haine, il écouterait. Malgré la haine, il ferait peut-être preuve de patience envers lui comme il le faisait avec d’autre. Malgré la haine il reconnaîtrait peut-être les talents de Gauthier et son implication intelligente au cours de leur dernière mission. Malgré la haine…








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Message Sujet: Re: On n'entend que ce qu'on veut   On n'entend que ce qu'on veut EmptyMer 15 Aoû - 23:04

Calme, courtoisie. Ne pas lui lancer la table à la figure. Ne pas lui lancer des années de rancoeur pour un meurtre qui était sûrement un accident. C’était une véritable préparation mentale pour Gauthier, que de simplement prévoir une discussion avec un tel homme. Ceci n’était, d’ailleurs, pas à prendre dans le sens où l’Adepte était impressionné, non. Non, s’il avait besoin de préparation, c’était bien parce que l’homme lui était totalement insupportable. Le pire des imbéciles, depuis ce jour où ils avaient perdu leur confrère. Qu’ils avaient du rentrer, ensemble, et annoncer que la mission avait été effectuée – mais que Gabriel avait perdu la vie.
Il s’en souvenait, d’ailleurs. Il se souvenait s’être rendu le premier au sanctuaire, seul, la rage au coeur, pour prier. Après ce contrat, il avait prié, supplié la Sombre Mère de montrer à l’Oracle que Shahryar avait enfreint les règles de leur ordre, qu’il avait assassiné son propre frère ! Plein de rancoeur, de douleurs aussi, la prière ne l’avait pas apaisé. Peut-être parce que dans son esprit, tout au fond, il savait que le jeune Cielsombrois était mort seul.
Jamais l’Oracle n’eut vent de la traîtrise de Shahryar. Et, Gauthier s’en doutait, celui-ci avait du tenter les mêmes recours.

Maintenant, là, face à lui, celui-ci commençait à se dire qu’en fait, l’Erebien portait sur son visage, après tant d’années, la trace de la trahison et du meurtre de leur ancien ami. Onze ans les séparaient, presque, eux les deux Adeptes. Quatre de plus venaient s’ajouter, pour Gabriel, menant la différence entre lui et le Cibellan à quinze ans. Et pourtant, jamais il n’y avait eu entre eux une quelconque distance quant à l’écart assez important. Ils étaient amis. Proches. Et c’était toujours plus douloureux, de perdre ceux auxquels on tenait le plus, surtout si jeunes.
Inspirer. Ne pas se formaliser des souvenirs rancuniers qui venaient tourbillonner dans son esprit. Expirer, ne pas non plus lui en vouloir pour le ton presque volontairement froid. Ce n’était pas comme s’il s’attendait à ce qu’il l’accueille avec force sourire et une tape sur l’épaule.
« Je voulais te parler de la mission. J’y ai repensé. Ca faisait longtemps qu’on a pas été sur le terrain ensemble. Même en entraînement. »

En même temps, quand un entraînement pouvait tourner au règlement de comptes – sans se tuer, les choses pouvaient s’envenimer rapidement, entre les deux. En venir aux mains n’était pas la meilleure des solutions, mais, du moins pour Gauthier, il n’y avait pas d’autre réelle manière. Peut-être n’avaient-ils jamais fait le deuil complet de leur ami. En même temps, ils vivaient avec la mort au quotidien : savaient-ils encore ce qu’était un deuil ?

La suite, il ne savait pas trop comment la formuler. Comprenez, il était compliqué de faire des compliments… Sans pour autant trop complimenter. Oh, bien sûr, il méritait le compliment pour avoir retrouvé la statue de canard, entre autres. Pour être toujours aussi efficace, surtout. Mais c’était dur, de complimenter une personne que vous pensiez détester. Il se passa la main dans les cheveux, par habitude légèrement nerveuse, sa main repérant presqu’immédiatement la mèche coupée.
« Ce que j’veux dire, c’est que... » Comment dire. Calme. Courtoisie. « C’était bien. De retravailler ensemble. »

Ah bah quand même, quand on veut, on peut ! C’était le mieux qu’il puisse faire, sans virer dans le sentimental excessif, dans le ‘tu étais le frère le plus frère que j’ai jamais eu’, l’amitié brisée, la tristesse profonde et tout ça….
Quand on veut on peut ! Dire que c’était bien, c’était parfait.
Les mains dans les poches, l’air toujours aussi détendu, franchement, la phrase passait vraiment pour le compliment qu’elle était. Pour ce qu’il pensait vraiment.
« Et puis au moins, personne n’est mort cette fois. »



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Message Sujet: Re: On n'entend que ce qu'on veut   On n'entend que ce qu'on veut EmptyJeu 16 Aoû - 2:17

Quand bien même aurait-il voulu ne plus jamais recroiser le visage de Gauthier que leur présence à tous deux au sein de la tour ne lui permettait pas de réaliser ce vœu. Pourtant, ce visage lui rappelait tout autant une amitié passée que l’amer goût de trahison. Comme les poisons qu’il maîtrisait, ce frère là l’avait empoisonné et ne cessait aujourd’hui de distiller son venin par sa simple présence. Comment osait-il se présenter devant lui, sans pouvoir jamais assumer le mal fait dans le passé, sans assumer cette erreur que Shahryar aurait pu aisément pardonner. Avec du recul et moins de haine, il aurait pu, l’erebien, convenir que l’erreur était double, qu’ils la partageaient tout autant l’un que l’autre. Mais il n’avait pas fallu longtemps pour que Gauthier l’accuse et le prenne pour responsable de la mort de leur ami commun. Pauvre Gabriel qui n’aurait jamais accepté voir une telle déchirure entre eux. Mais le malheureux ne souhaitait certainement pas la mort non plus, et celle-ci l’avait quand même trouvé, par la seule faute de cet imbécile de Gauthier. C’était lui qui avait mal agi, lui qui avait causé la mort du plus jeune de leur groupe. Sa faute, si Gabriel n’avait pu vivre pleinement dans le sillage de Lida, bien qu’il trouvait désormais place aux royaumes de Sithis. Depuis longtemps, Shahryar avait fait le deuil. Pourtant, il n’avait pas pardonné à son ancien ami. Et sans doute jamais ne parviendrait-il à le faire. Car chaque fois qu’il croisait ce regard, il percevait le même mépris qu’il lui adressait. Ils avaient tant en commun, et tout cela était parti en fumée.

La mission ? Etait-ce de cela seulement que Gauthier voulait lui parler, sciemment ? La méfiance ne disparaît guère du regard de l’assassin, et même, il fronce un instant les sourcils, prit d’une légère surprise. Il ne s’attendait guère à ce que son ancien acolyte vienne converser avec lui à propos de cette banalité qu’ils n’avaient tous deux pas choisis. Leurs Ecoutants avaient décidés de les envoyer là bas, et ils n’avaient fait qu’obéir. En vérité, même s’ils avaient du collaborer, on ne pouvait pas dire que les deux Adeptes avaient beaucoup converser au cours de cette aventure. Alors quoi ? Il s’était attendu à des insultes, Shahryar, ou de nouveaux reproches, comme Gauthier savait si bien le faire pour ne pas assumer ses propres faiblesses. L’erebien connaissait bien ses défauts, et quand bien même ne pouvait-il tous les dépasser qu’il essayait de les combler, sans forcément se glorifier de toutes ses réussites. Il fallait simplement faire leur meilleur pour la Confrérie et pour leurs dieux. Aussi s’attendait-il à tout de la part de Gauthier, à l’exception de compliments. Et lorsque ceux-ci sortirent enfin de la bouche de l’Adepte du Poison, le silence répondit à sa place, soulevé d’une surprise au fond de ses prunelles noires.  

Ces mots, ils auraient pu adoucir la méfiance. Ils auraient pu faire reculer la rancœur et la haine. Ils auraient pu faire réfléchir, s’il n’y avait pas eu cette phrase anodine, mais aussi piquante qu’une épine. Le venin de Gauthier frappait encore, sous le couvert d’un sourire et d’une légèreté qui fait grincer les dents à l’erebien. S’il avait, pendant un instant détendu son corps, celui-ci avait retrouvé toute sa crispation à cette simple mention. Un léger rire, amer et froid, finit par dépasser ses lèvres, rapidement suivi de mots aux tonalités acerbes.

« J’aurais dû me douter que tu es incapable de venir me parler sans évoquer de mort en mission. Encore un moyen d’empoisonner les choses entre nous j’imagine. » Ah comme il lui en veut, de cette simple remarque qui aurait pu être si anodine, s’il n’y avait pas eu tant de tensions entre eux, tant de haine et colère refoulée qu’ils exprimaient parfois par de fugace tempête. Se relevant du siège où il s’était posé, Shahryar toisa l’Adepte devant lui. « Oui il n’y a pas eu de morts, et ce n’est pas grâce à toi. » Il le pense, hélas, ce n’est pas la mesquinerie des paroles, juste la rancœur qui parle et qui détruit tant de choses, qui balaye les restes d’une amitié presque oubliée. « Si c’est tout ce que tu avais à me dire… » Il ne termine pas sa phrase, mais l’idée est là, et il ne faudrait que quelques pas pour qu’il s’en aille, pour éviter cette confrontation qui pourrait, à n’en pas douter, tourner en dispute, animée de cette haine qui brule si avidement dans leurs cœurs.








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Message Sujet: Re: On n'entend que ce qu'on veut   On n'entend que ce qu'on veut EmptyJeu 16 Aoû - 14:13

Bon.
Peut-être qu’il avait encore quelques efforts à faire.
Peut-être. Pourtant, ce n’était pas vraiment ça, qu’il avait voulu dire ! Directement, du moins. Il n’avait pas voulu lui rebalancer à la figure aussi sèchement le meurtre de leur ami. Ce qu’il avait voulu dire, c’était que la mission s’était bien passée, sans aucune perte de leur côté – due à Shahryar ou non. Mais sa langue avait fourché, et, dans sa fierté, il n’allait pas l’avouer. Tout comme il n’allait pas avouer qu’il avait eu pour lui le plus grand des respects, en menant cette action de concert avec lui. Plus de respect qu’il n’en avait eu pour Anselme, l’Ecoutant présent avec eux, pour qui il avait pourtant bien moins de rancoeur. Parce que Shahryar, c’était différent. C’était l’ancien ami, sous une couche de rage, c’était reconnaître un talent qui semblait s’exacerber à chaque mission ; c’était retravailler avec une personne que l’on savait déjà douée, mais qui ne cessait jamais de nous surprendre.
Il garderait ses compliments pour lui, la prochaine fois.
Ou il apprendrait à les faire.
Son sourire disparut, remplacé par un air neutre, vaguement mal à l’aise, retenant son irritation. Ce n’était pas intentionnel. Il n’avait pas voulu amener Gabriel, ou qui que ce soit d’autre, dans leur discussion. Il avait juste voulu souligner que c’était mieux, qu’ils avaient avancé ensemble sans se bouffer la gueule, sans perdre personne ! Un soupir agacé lui échappa, alors qu’il croisait les bras.

« Ca reste juste un foutu compliment, Shahryar. Ca fait presqu’une décade que j’ai pas mis les pieds en mission avec toi, comment je pouvais ne pas appréhender que tu nous envoies pas tous à la mort ? » Peut-être que la perte aurait été moins dure, dans leur groupe, s’ils en avaient perdus certains. Gauthier n’aurait pas autant porté le deuil de l’Ecoutant que celui, disons-le, de Tom par exemple.
Et si c’était Shahryar qui était mort ? Non. On n’allait pas se lancer sur ce sujet. Les dents serrées, il se contenta de le fixer, sans bouger.
Les doigts contre son bras serrant la peau, ses ongles s’y enfonçant pour éviter de lui en décrocher une.

Autour d’eux, la pièce semblait être devenue un peu plus silencieuse : les quelques apprentis qui traînaient là, reconnaissables à leurs yeux grands ouverts, étaient sortis ; d’autres semblaient prêts à se lever de leurs sièges, des fois que les choses dégénèrent. Mais non, voyons. Ca allait bien se passer. Ils n’avaient pas confiance en eux, ou quoi ?
« C’était pas de ma faute, et tu le sais. »
Ils le savaient tous les deux.
Toute la Confrérie le savait.

Il y avait une chance qu’il se calme, et juste avec cette phrase, Shahryar l’avait repoussée au loin.
« Pourquoi j’aurais saboté sciemment notre mission, tu peux me le dire ? Vu que c’est ton domaine, ça. » Et il y croit. Il y croit tellement que c’en deviendrait risible. Il savait qu’il ferait mieux de partir, de le laisser. Mais il n’arrivait pas à s’y résoudre. « J’pensais qu’avec le temps t’aurais pu au moins prendre la responsabilité de tes actions. J’suis pas venu à l’origine pour te chercher des noises, franchement. Mais bon. C’est triste de se dire que t’es pas foutu de reconnaître tes propres erreurs et d’avancer. »
C’était un appel, discret, en quelque sorte. Il voulait faire la paix, sous toute cette colère qui commençait à grandir. Mais il ne savait pas comment le dire.



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Message Sujet: Re: On n'entend que ce qu'on veut   On n'entend que ce qu'on veut EmptyMar 28 Aoû - 16:25

Un compliment ? Il osait qualifier ça de compliment alors que ce n’était rien d’autres que des piques acerbes pleines de ressentiments ? Il n’y voyait que ça, Shahryar, cette mention anodine et pourtant fatale, dans les mots de Gauthier, sans chercher à lire plus derrière la sincérité. Peut-être que oui. Peut-être que son homologue avait cherché réellement à le complimenter. Mais par Sithis ! Etait-il obligé de refaire référence à Gabriel, même à demi-mot et sous le couvert d’une légère touche d’humour ? Cela, l’erebien ne pouvait l’accepter, la fierté chevillée au corps et le sentiment d’injustice toujours prégnant lorsqu’il y avait Gauthier en face. Il n’était pas coupable de ce passé, il ne l’avait jamais été et il lui était impensable d’en porter toutes les conséquences, quand bien même l’Adepte du Poison crachait sur lui son venin continuellement depuis presque dix ans. Il ne se laisserait pas faire, mais préférait éviter de chercher plus la bagarre. Car il savait, l’Adepte de la Corde, que s’il restait, cela finirait forcément ainsi, poing contre poing plutôt qu’un débat éclairé. Depuis leur perte commune, lui et Gauthier étaient de toute façon incapable de communiquer sereinement. Pas sans que le sujet de Gabriel ne revienne sur le tapis, comme c’était le cas aujourd’hui.

« Peut-être parce que je n’ai jamais envoyé personne à la mort, Gauthier ! Et si c’était là un compliment, tu as des efforts à faire aussi. »

La voix s’est élevée, pleine d’une frustration contenue, pour mieux devenir mesquine à l’intention de son homologue, se moquant de ces compliments qui n’en étaient pas vraiment à ses yeux. La mauvaise foi était aussi présente chez l’un que chez l’autre, autant que la haine qui vibrait au plus profond de leur cœur. Elle ne s’éteindrait pas si simplement, maintenant que les braises étaient réchauffées. Gauthier aurait dû le laisser s’en aller avant qu’il ne soit trop tard, avant que les instincts de Shahryar ne s’emballer pour mieux avoir l’envie de le tuer sur place. Il ne le ferait jamais, mais son poing le démangeait.

« Ouvre les yeux et accepte les faits. »

Il ne servait à rien, aux yeux de Shahryar, de débattre encore et encore à ce propos, car il savait Gauthier certainement aussi têtu que lui, plongé dans un fort déni et incapable de reconnaître la vérité. Lui l’avait fait, lui s’était remis en question, mais il acceptait mal que celui qu’il avait considéré comme un ami ne rejette entièrement la faute sur lui. Et une telle attitude avait fini par lui faire croire que c’était lui, cet assassin du Poison, qui était responsable de la mort de Gabriel.

La tension est si forte dans la pièce, mais l’attention de l’Adepte de la Corde, concentré tel un fauve sur son homologue, ne remarque qu’à peine les jeunes recrues et assassins sortir, laissant les deux ennemis se faire face avec la très claire envie de se battre. Tout cela aurait pû être si simplement évité si Gauthier n’avait pas été aussi stupide ! C’était lui qui était venu le voir, lui qui l’avait provoqué et qui continuait de le faire, exacerbant la colère de Shahryar qui peinait à contenir l’élan de violence qui s’emparait de son corps.

Et c’est le mot de trop qui fait réagir l’erebien au sang si chaud. Habile, rapide, félin, sa main vient cogner la gorge de son homologue et le plaquer contre la paroi froide du mur par toute la force de son corps. Ses doigts se resserrent alors, usant avec précision de la bonne pression pour laisser Gauthier respirer, mais lui offrir cette impression de suffocation.

« Prendre la responsabilités de mes actions ?! Pour qui tu me prends Gauthier ? » Une première secousse violente de sa main contre la gorge, blessant sans doute son homologue. « Cela fait des années que j’assume à moi seul la mort de Gabriel, à cause de toi ! Je pleure sa perte, alors que tu sembles tout faire pour l’ignorer ! Nous étions deux ce jour là ! » Il serre sa main, retenant difficilement sa colère. « Nous étions deux ! » Qu’il répète avec une hargne farouche. « Alors ne vient pas me dire que je n’assume rien de mes actes, car tu sais que c’est faux ! » Et d’un geste, il relâche l’Adepte de la Corde, sentant sa rage venir et repartir au gré de ses propres suppliques intérieures pour s’arrêter.

Il n’a pas envie de faire du mal à Gauthier, au fond de lui, il le sait.








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Message Sujet: Re: On n'entend que ce qu'on veut   On n'entend que ce qu'on veut EmptyJeu 30 Aoû - 23:37

C’était dingue tout de même qu’en dix ans pas un seul des deux n’ait été fichu de se demander ce qu’il était advenu de Gabriel. Dingue que pas un, à un moment, n’ai pensé à calmement s’assoir et à tenter de réparer l’horreur qui les avait séparés. Enfin… Gauthier, là, semblait avoir essayé. Semblait. Il avait voulu le complimenter, mais on ne pouvait pas être bon de partout, et c’était dur, de le lui dire. De lui avouer son estime, son admiration, son amitié qui n’était peut-être pas définitivement disparue. C’était horriblement dur, et bien compliqué, que de se tourner vers lui et d’avouer ce qu’il se trouvait sous un lourd vernis de rancoeur et de fausse haine., étouffé par un stupide orgueil.
C’était dingue, combien leurs esprits butés ne pouvaient pas s’entendre.
C’était dingue, que Gauthier recherchât à ce point la confrontation. Il ne dirait pas pourquoi, il ne savait pas pourquoi. Peut-être pour se prouver que Shahryar le haïssait ? C’était toujours plus facile, quand l’autre vous détestait réellement. Plus facile de tirer tout un trait sur le passé. Ou alors, peut-être était-ce une mise à l’épreuve.
Qui savait ? Quand on était aussi buté que Gauthier, après dix ans, on ne savait même plus pourquoi la rage survenait, pourquoi les piques revenaient. C’était triste, horrible même à penser, mais c’était.

La salle s’était presque vidée. Certains curieux restaient, certains fous plutôt. Peu importait. Il se retenait, le nouvel Adepte. Il se retenait, parce que, comme beaucoup d’autres fois, on lui renvoyait ses mots sans prendre la peine d’en parler. Un simple jeu de balle, c’est toi, non c’est toi. Un jeu qui dégénérait, souvent, comment aurait-il pu en être autrement, les connaissant ? Et là encore, oui, ça allait déraper.
« Accepter quels faits ? Ta version ? » souffla-t-il, plus pour lui-même que pour l’autre. Accepter qu’il était en tort ? Mais il le savait, et il était prêt à le jurer, il n’avait jamais tué Gabriel !

Un léger conseil, pour ceux qui d’aventure penseraient à chercher des noises à leurs collègues au sein de la tour : franchement, évitez de vous faire des ennemis de la seule branche de la Confrérie qui tue littéralement avec ses mains.
Sinon, au combat, vous serez forcément désavantagé.
Dire que Gauthier avait l’habitude, c’était mentir. Voilà longtemps qu’ils ne s’étaient pas retrouvés dans la même pièce, qu’ils ne s’étaient pas parlés… Et longtemps qu’ils ne s’étaient pas affrontés. La dernière fois avait laissé d’assez lourdes cicatrices et souvenirs. Il fut pris par surprise, quand son dos heurta la pierre. Peut-être un peu moins par la pression sur sa gorge.
Ca, il fallait s’y attendre.

Le pire, dans la suffocation, c’était cet instant où l’on sentait que l’on devait respirer, que l’on pouvait respirer, et ce blocage. Cette barrière, juste là, alors que l’on sait l’air de l’autre côté, si proche, salvateur.
Réflexe, ses mains se levèrent, stupidement, comme pour l’arrêter. C’était idiot, il était entraîné, il était conditionné, il était un assassin, parfaitement formé et bon dans ce qu’il fasait. Gauthier ne pourrait pas le faire lâcher prise. Le coup de genou qu’il tenta de lui décrocher le ferait à peine ciller, il en était sûr.
Les mots se gravèrent dans son esprit. A moitié à cause de la peine, qui le forçait à écouter, à moitié à cause du manque d’oxygène. Il écoutait, au lieu de se débattre. Que Shahryar passe sa rage.
Inconsciemment, peut-être retenait-il ses coups à cause de ses mots, justement. Lorsqu’il le relâcha, le Cibellan n’était certainement pas en état de répliquer : il porterait la marque sur sa peau pour quelques jours, et là, devant ses yeux, de lourds papillons noirs et des étoiles scintillantes dansaient, en plus d’avoir la tête soudainement très lourde.

Appuyé contre le mur, la respiration sifflante, les poings serrés pour ne pas se jeter sur lui, il sourit. Froid. Presque cynique. Sa voix était rauque, quelque peu. Ca s'améliorerait avec le temps, quand l'air reviendrait plus naturellement dans sa gorge malmenée. « On était trois. On est rentrés à deux, mais on était trois. » Il détestait ces souvenirs, là. Le retour à la tour, le regard de leurs Ecoutants, de l’Oracle même devant qui ils avaient rendu compte de la mort de leur frère. La douleur, mordante, vivace et si froide dans son coeur.
« Ce que j’ignore, c’est pas ta peine. C’est toi. Toi qui pense avoir raison, qui n’imagine même pas un instant que d’autres aient souffert aussi. »

Il trouva le courage et la force, physique, de le fixer dans les yeux. « Comment tu peux seulement croire que je l’ai laissé mourir, Shahryar ? » Toi qui me connaît mieux que beaucoup parmi nos sœurs et frères, comment peux-tu hier comme aujourd’hui te tromper ainsi ?



#5E0021
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Shahryar Khamsin
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Message Sujet: Re: On n'entend que ce qu'on veut   On n'entend que ce qu'on veut EmptyMer 3 Oct - 17:02

Contre sa paume et même contre ses doigts serrés sur la gorge solide, il peut sentir le pouls de Gauthier frapper la chair comme tentant de se libérer de son carcan. Là, avec la précision des Assassins de la Corde, il peut sentir le cœur s’affoler et battre plus fort que jamais, à la recherche de l’air qui ne vient pas. Qui ne viendrait jamais s’il le voulait. Il peut observer toute la tension qui monte dans le regard de celui qui avait été son ami, pas de peur mais une colère aussi violente que celle qui brille dans ses yeux. Les coups rendus sont risibles, la poigne que l’Adepte du Poison tente de lui rendre pathétique. Car il en faut bien plus pour s’arracher des griffes d’un assassin confirmé comme Shahryar, dont les mains arrachent sans pitié la vie de ses victimes. Jamais pourtant il n’aurait fait plus de mal à Gauthier. Le geste est un avertissement et ce sont surtout les paroles qu’il veut graver au plus profond de l’esprit de celui-ci. Qu’il entende enfin, qu’il comprenne et accepte la culpabilité au lieu de se voiler la face en accusant un autre.

Lorsqu’il relâche la pression, l’erebien voit son acolyte chanceler et garder appui sur le mur froid derrière lui. Oh comme il avait l’envie de faire cesser au plus vite cette discussion, peu désireux d’entendre les arguments que pouvait lui renvoyer Gauthier. C’était trop naïf de croire qu’il écouterait et comprendrait. Le cynisme dans la voix rauque, le regard arrogant et frondeur qu’il lui renvoi sont toutes de bonnes raisons pour faire volte face et abandonner toute discussion. Ils en sont venus aux mains de toute façon, il est trop tard pour garder un débat calme. Cela n’avait jamais pu être possible entre eux.

Comment ose-t-il prétendre pareille chose ? Lui qui faisait tout pour l’accuser sans chercher à comprendre la peine qui étreignait le cœur de l’erebien à chaque fois qu’il songeait à Gabriel. A la culpabilité qui le rongeait à chaque fois qu’il se disait qu’ils auraient pu faire quelque chose. Au dégoût qu’il ressentait à chaque souvenir de leur lâcheté commune, à fuir sans un regard vers leur ami blessé. Ils l’avaient abandonné parce que Gabriel l’avait demandé. Mais ils n’auraient pas dû… Oui d’une certaine manière ils étaient sans doute responsables de la mort de leur ami, mais il était aussi bien plus facile de se voiler la face en accusant un autre. Et aucun d’eux, dans leur rancune tenace, ne voulait reconnaître que les torts leur appartenaient à tous deux. Qu’ils portaient le poids de ce frère sur les épaules, et le porteraient toute leur vie.

« Si, j’imagine très bien la peine que tu peux ressentir Gauthier. Nous avons tous deux perdus quelqu’un qui nous était cher. » Gabriel était un précieux ami, le troisième membre de leur équipe, plus joyeux et léger que ses deux comparses, lien indéfectible entre eux. Comme il serait surement triste de voir la haine et le chagrin de ses deux amis, se déchirant par orgueil et par rancune… « Et toi Gauthier, crois-tu vraiment que je souhaitais sa mort ? Que je ne voulais pas le sauver ? » Pourtant, c’est bien ce qu’il s’était passé… S’il ne l’avait pas désiré, il n’avait rien fait pour retourner en arrière et récupérer Gabriel… Tout comme Gauthier.

« Ca ne sert à rien de discuter. » C’est une nouvelle porte de sortie qu’offre Shahryar, s’éloignant de la silhouette encore appuyée sur le mur. Décrochant leurs regards, il n’a plus envie de se faire du mal en repensant à ce passé qui, quoiqu’ils fassent, quoiqu’ils disent, continuerait de les hanter. Avant de sortir définitivement pourtant, son pas ralentit, à l’écoute si d’aventure Gauthier avait encore quelque chose à lui cracher au visage. Et comme rien ne répond au silence, il disparait de la pièce, rejoignant d'autres ombres.








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