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 Chaque jour est une nouvelle naissance, rien est défini car tout commence...

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Tara Mille-Visages
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Message Sujet: Chaque jour est une nouvelle naissance, rien est défini car tout commence...   Chaque jour est une nouvelle naissance, rien est défini car tout commence... EmptyMar 2 Oct - 17:22


   
Livre III, Chapitre 6 • Puisse le sort vous être favorable
Tara Mille-Visages et Merle Consent

   
Chaque jour est une nouvelle naissance, rien est défini car tout commence...

   
Bienvenue Amarante...

   


   
• Date : 28 août 1003
   • Météo (optionnel) : le jour se lève, il y a un vent doux qui souffle
   • Statut du RP : privé
   • Résumé : Tara vient de mettre au monde sa petite fille et Merle vient la rencontrer.
   • Recensement :
   
Code:
• [b]28 août 1003[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t4208-chaque-jour-est-une-nouvelle-naissance-rien-est-defini-car-tout-commence#155290]Chaque jour est une nouvelle naissance, rien est défini car tout commence...[/url] - [i]Tara Mille-Visages et Merle Consent[/i]
    Tara vient de mettre au monde sa petite fille et Merle vient la rencontrer.
   

   



   

   
   
   
   
   
   
   
   
   


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Message Sujet: Re: Chaque jour est une nouvelle naissance, rien est défini car tout commence...   Chaque jour est une nouvelle naissance, rien est défini car tout commence... EmptyMar 2 Oct - 17:27

Parfois il suffit d’un rien. D’un souffle, d’un cri, pour que tout bascule. Juste un instant, infime, qui pourtant semble durer toute une éternité. Comme si votre vie s’arrêtait, comme si le monde cessait brusquement de tourner pour que cet instant se fige pour de bon dans votre esprit.

Je pourrais parler de chaque détail. De ce courant d’air qui n’a eu de cesse de m’agacer durant les heures qui ont précédé ce moment. D’Archimède qui restait perché en hauteur, le regard rivé sur moi alors qu’il répétait que tout irait bien, que nous irions bien. Des enfants de la Cour, tous autant qu’ils sont, à attendre dehors de savoir ce qu’il en est avec une absence totale de retenue et de discrétion. Après tout, une naissance, surtout parmi les membres de la Cour des Miracles, ça se fête non ? Surtout quand le travail dure toute la nuit. Et ils ne se sont pas privés. Je ne peux guère leur en vouloir, j’aurais fait pareil à leur place. Je sais que Merle devait être parmi eux, souriant et plaisantant pour masquer son inquiétude. Je me demande où pouvait bien être Tyr par contre, même si je gage qu’il était tout aussi inquiet, quand bien même lui non plus ne le montrera pas.

Je pourrais aussi parler des femmes qui m’ont aidé, durant ces heures difficiles qui ont précédé le lever du jour. De mes cris qui n’ont pas manqué de franchir mes lèvres, même si je m’étais promis d’être forte. De la douleur, parfois insupportable mais qui, paradoxalement, m’a enfin donné le sentiment que tout cela était bien réel et pas simplement le fruit de mon imagination ou d’un esprit si tourmenté que toute notion de raison a disparu pour de bon.

Et pourtant, en vérité, je pourrais parler de rien.

Parce qu’au moment où le jour a fini par se lever, je l’ai entendue. Son premier cri, son premier souffle. Cet appel qui n’était que pour moi et cette chaleur que j’ai ressentie quand on me l’a déposée sur mon cœur. Je me souvenais de l’amour que j’ai éprouvé quand mon regard a croisé Archimède et, en cet instant, je ressens la même chose. Cette impression qu’un brasier s’est allumé en moi et que rien ni personne ne pourra jamais l’éteindre.

Cet amour inconditionnel, dénué de toute raison alors que mon regard croise celui de ce tout petit être. Je serais bien incapable de dire qui l’a emmaillotée et qui me l’a mise dans les bras. Parce que plus rien d’autre ne compte que ce regard qui a accroché le mien. Elle a arrêté de pleurer au moment où je l’ai serrée contre moi et les larmes de douleur ont laissé place à quelque chose que je n’avais encore jamais connu. Des larmes de joie, d’espoir. Un bonheur tellement pur, sans rien qui puisse l’assombrir.

J’effleure doucement son front, de mes doigts tremblants alors que je murmure, juste pour elle. Rien que pour ma petite fille. « Bienvenue ma douce. J’avais hâte de faire ta connaissance tu sais... »

Et je serais bien incapable de dire combien de temps je reste comme ça, à la regarder, à lui sourire. Quelques secondes ? Des journées entières ? Peu importe dans le fond. Archimède se pose tout près de nous, hululant doucement, comme s’il lui chantait une berceuse. Et il souffle dans mon esprit. « Elle est plutôt jolie pour un petit bout d’humain. Mais ils sont toujours aussi fripés ? » J’ai un rire entrecoupé de larmes alors que mon front va se frotter à ses plumes avec affection. « Merci d’être là. » De l’avoir été, d’être ce point de repère qui m’a maintenue à flot durant tant d’années. Je sais qu’il sera toujours là et à cette pensée, mon cœur se gonfle d’amour pour cette petite boule de plumes.

Je relève la tête alors que j’entends qu’on frappe à la porte, réalisant que nous sommes seuls tous les trois, sans bien arriver à savoir depuis combien de temps. Et, alors que la porte s’ouvre, je ne peux m’empêcher d’esquisser un sourire devant la mine hésitante de Merle. A qui je souffle, la mine malicieuse, quand bien même mes yeux sont bouffis par la fatigue et les larmes. « Bonjour. Approche, j’ai quelqu’un à te présenter. N’aie pas peur, elle ne te mangera pas tout de suite. » Et je baisse les yeux en direction de notre fille avant de reprendre, d’une voix douce. « Merle, je te présente Amarante. »



   

   
   
   
   
   
   
   
   
   


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Message Sujet: Re: Chaque jour est une nouvelle naissance, rien est défini car tout commence...   Chaque jour est une nouvelle naissance, rien est défini car tout commence... EmptyLun 22 Oct - 20:38

Il est amusant de se retrouver pour une fois de l’autre côté, d’être celui qui attend et espère, celui que l’on chambre et que l’on félicite. Je n’aurais jamais pensé me retrouver à cette place, et même là, malgré tout, j’ai encore du mal à le concevoir. Pourtant, j’ai, des mois durant, vu son ventre s’arrondir et le petit se manifester au fur et à mesure que le temps passait. Pourtant, j’ai vu l’agitation des accoucheuses et des autres femmes alors que le travail devenait réel et pressant. Pourtant, j’ai entendu ses cris de douleur alors que la nuit avançait. Je sais depuis plusieurs mois maintenant que je vais être père, je n’ai jamais douté de ce qu’elle m’a annoncé, quand bien même cela pourrait paraître naïf. Je la crois, à quoi bon chercher plus loin ?

Mais j’avoue humblement que l’impatience a laissé la place à l’inquiétude, que la joie a laissé la place à la fébrilité. Alors à bien y réfléchir, amusant n’est pas le terme adéquat. Angoissant et effrayant conviendraient sans doute bien mieux, mais il serait malaisé de le reconnaître. Je ne suis ni le premier, ni le dernier dans cette situation, et cela ne doit être aisé pour personne. Et puis comment pourrais-je faire mine de me plaindre alors que je suis entouré d’amis, alors que ma famille, notre famille, est là pour célébrer cette naissance ? Comment pourrais-je me lamenter alors que je dois avoir plus d’alcool dans le sang qu’autre chose ? Et surtout, alors que je plaisante et souris, riant et plaisantant avec tout à chacun alors qu’elle s’épuise à l’intérieur ? Bon, en vérité, je n’ai pas bu tant que cela, je ne suis pas totalement inconscient et j’ai bien trop envie de rester maître de moi-même… Même si l’envie se fait pressante alors que tout un tas de scénarios pire les uns que les autres me passent par la tête. Mais je suis Maître de la Cour, Maître du Charme qui plus est, il faut bien que je tienne mon image, n’est-ce pas ? L’insouciant et le léger, le souriant et l’espiègle Maître du Charme. Je sais bien que personne n’est réellement dupe, ils me connaissent bien trop, mais il est plus aisé de jouer le jeu que de réfléchir et laisser tomber le masque.

Alors je jette de fréquents regards vers la porte, les mêmes questions revenant sans cesse. Est-ce normal que ce soit si long ? Si personne ne sort en paniquant, est-ce plutôt bon signe ou cela signifie-t-il qu’il y a trop à faire à l’intérieur ? Va-ton venir me chercher ou vais-je devoir me mettre à tambouriner à cette satanée porte pour avoir des informations ? Et j’inspire et expire, essayant chaque fois de chasser ces pensées, tendant l’oreille malgré moi.
Et si les gens se dispersent un peu alors que la nuit passe et le jour se lève, alors que les ivrognes se mettent à rouler par terre, je ne peux que sourire en voyant qu’ils sont encore presque tous là. Ma famille. Parce qu’ils s’inquiètent pour elle, même si l’excuse de pouvoir boire et rire plus que de raison est fort utile, parce qu’un nouveau venu en son sein rassemble toute la Cour.


Mon attention est détournée alors que l’une des sages-femme sort enfin de la tour. Je me lève, ignorant soudainement ceux qui m’entourent, provoquant un éclat de rire généralisé, quand bien même je sais qu’ils vont être tout autant pendu à ses lèvres que moi. Elle nous sourit en hochant la tête et mon cœur s’allège d’un poids que j’ignorais si lourd. Elle parle alors que mon regard se perd sur la porte et je ne l’écoute que d’une oreille. Moi qui ai tant attendu, je n’arrive plus maintenant à entendre ses paroles. Elles vont bien, c’est là tout ce que je retiens. Elles. Une fille.
J’ai une fille.

Je hoche la tête quand elle me donne l’autorisation de les rejoindre, alors que les autres femmes la rejoignent et se dispersent. Je souffle un rire où le soulagement est presque aussi grand que la joie et je bois de nouveau alors que chacun me félicite de nouveau, comme si j’avais fait quoique ce soit. Les rejoindre. Je peux lui laisser un peu de temps pour souffler et profiter aussi non ? Et pour prendre mon courage à deux mains soit, mais je préfère ma version.

Il faut bien pourtant que j’y aille. Même si je redoute cet instant autant que je l’attends. Je toque sagement à la porte, l’ouvrant lentement, tentant vainement de sourire. Mon regard se pose sur elle, sur elles, et je cille un peu avant de me décider à entrer, refermant la porte derrière moi. « Que tu dis. On ne sait pas ce dont de si petites choses sont capables, elles sont bien plus dangereuses que ce qu’elles ne paraissent tu sais. » Tellement plus dangereuses… J’avance en silence, venant me placer juste à côté d’elles et mon cœur s’arrête un instant en la voyant, emmaillotée et posée dans les bras de sa mère. J’ai un sourire un peu perdu alors que je la contemple.« Amarante. » J’inspire avant de remonter jusqu’au visage épuisé de Tara, les yeux brillants. « Comment va… la jeune maman ? » Je replace avec douceur une mèche de cheveux derrière son oreille, un mince sourire au visage. Et mon regard vient de nouveau se poser sur le bébé. Sur cette petite merveille. Ma fille. « Elle est belle… » Et moi qui pensais ne pas pouvoir aimer plus que je n’aime la Cour ou mes enfants…


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Message Sujet: Re: Chaque jour est une nouvelle naissance, rien est défini car tout commence...   Chaque jour est une nouvelle naissance, rien est défini car tout commence... EmptyLun 5 Nov - 13:44

Il est amusant de voir à quel point l’on peut être fatiguée, épuisée même, et s’en moquer totalement.  Je devais probablement avoir envie de dormir de tout mon soûl, de ne me réveiller que dans plusieurs jours et, pourtant, j’ai juste envie de l’admirer, de regarder ce petit visage que je trouve parfait, en toute objectivité. « Tu n’as pas assez dormi, je confirme... » J’ai un rire alors que j’effleure les plumes d’Archimède et que je souffle, à mi-voix. « Ne sois pas aussi moqueur ou je ne l’empêcherais pas d’essayer de te plumer. » Il agite les ailes en réponse, alors que je songe vaguement qu’il y a quelques mois à peine, jamais je n’aurais cru entendre un jour le son de sa voix résonner dans mon esprit. Et pourtant, elle me semble maintenant si naturelle que je ne pourrais plus imaginer qu’il se taise de nouveau. Il n’appartient qu’à moi que cela n’arrive plus jamais, que je n’ai plus un secret si lourd à porter que mon Familier doive y consacrer toute son énergie pour ne pas que je vacille. J’ai un soupir à cette pensée, le bout de mes doigts allant se perdre sur le sommet de son crâne tandis qu’il ferme les yeux, appréciant la caresse sans s’en cacher.

Et la porte finit par s’ouvrir sur un Merle bien plus hésitant que d’ordinaire. Je ne peux m’empêcher de sourire à le voir presque emprunté, quand bien même mon regard reste empli d’une émotion que je n’arriverais pas à masquer si l’idée saugrenue de le faire me passait par la tête. Et je souffle, d’une voix douce, ma main effleurant doucement l’ovale du visage d’Amarante. « Evidemment qu’elle est bien plus dangereuse qu’il n’y paraît. C’est notre fille après tout. » Notre fille. Voilà quelque chose de bien plus surprenant que tout le reste en vérité. Je pourrais dire que cela ne change en rien ma relation avec Merle. Après tout, il y a bien longtemps que j’ai abandonné l’idée de le voir se contenter d’une seule femme. Et encore, je ne sais même pas si je l’ai vraiment eue un jour. Nous ne sommes pas un couple et ne le serons probablement jamais mais, dans le fond, ce lien que vient de créer Amarante entre nous est bien plus fort que le reste. Un petit être à protéger, notre petit être, voilà qui vaut bien plus qu’une amourette qui n’aurait pas d’avenir.

Je hoche la tête quand il répète son prénom avant de souffler, à mi-voix. « C’était celui de ma mère. J’espère que cela te convient. » Quant à lui trouver un nom de famille. Voilà qui est encore une autre histoire. Peut-être pourra-t-elle porter celui de son père, s’il le souhaite. Ou qu’elle se trouvera sa propre identité avec les années. Je n’ai guère envie de lui imposer quoi que ce soit en vérité, même si j’ai un regard interrogateur en direction de Merle. Je lui rends un sourire alors que je vois ses yeux briller. « Je vais bien. Mais je ne suis pas prête de renouveler l’expérience, quand bien même le résultat dépasse tout ce que je pouvais imaginer. Et toi ? As-tu tellement bu que tu risquerais de prendre feu si j’approche une allumette ou est-ce que tu serais en état de la prendre dans tes bras ? » La petite baille avant d’ouvrir les yeux et semble soudain le fixer, tandis que la voix d’Archimède résonne dans nos esprits sans que j’ai le temps de dire quoi que ce soit. « Evidemment qu’elle est belle ce petit bout d’humain. Et elle marchera bientôt ? » J’ai un rire qui secoue la petite. « Toi, tu as peur qu’on te court après pour t’arracher les plumes, non ? » Un hululement indigné en réponse alors qu’il se perche sur la tête de Merle comme si de rien était. « Je crois qu’elle veut te dire bonjour. » Je me redresse un peu, la gardant tout contre moi, avant de la désigner d’un mouvement du menton. « … alors ? Prêt ? » A sa tête, je dirais que non, mais il va bien falloir, d’autant que mon regard ne souffre guère d’un refus. Et celui de notre petite non plus semblerait-il.



   

   
   
   
   
   
   
   
   
   




Dernière édition par Tara Mille-Visages le Mar 4 Déc - 19:46, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Chaque jour est une nouvelle naissance, rien est défini car tout commence...   Chaque jour est une nouvelle naissance, rien est défini car tout commence... EmptyDim 2 Déc - 21:12

J’ai attendu toute la nuit pour cela, noyant mon agitation dans l’alcool et dissimulant mon inquiétude derrière des plaisanteries à m’en plus finir. Néanmoins, maintenant que je suis là, face à cette porte, j’hésite. Elles vont bien, ce n’est plus la peur de les perdre qui me retient, mais quelque chose de plus pernicieux que je ne saurais trop décrire. Une autre forme d’inquiétude que j’ai rarement connue jusque-là. Soit, jamais je n’avais non plus attendu qu’une femme donne naissance à mon enfant. Ma fille. Je souris pourtant à cette idée, me rassurant tant bien que mal. J’ai eu de nombreux mois pour me faire à cette idée, j’ai eu une multitude d’enfants pour savoir que ce n’est pas si terrible, et j’ai affronté de bien pires situations pour ne pas trembler de cette rencontre. Non que je tremble notez-le, je n’en suis point encore là, quand bien même l’alcool ingurgité pourrait me faire tanguer.

Je finis par me décider, après tout ce n’est qu’un nouveau-né et une mère épuisée, je ne risque rien, et par pousser la porte pour me rapprocher d’elles. Je les fixe, un sourire hésitant aux lèvres, et je hoche la tête aux paroles de Tara. Effectivement, elle a de qui tenir… et aura de qui apprendre, en bien comme en mal d’ailleurs. Mais nous n’y sommes pas, j’ai encore quelques années avant de devoir me préoccuper de cela… Pour le moment, j’essaie de ne pas me perdre et je souris en regardant ce minuscule petit être. Je relève le regard vers celui de Tara, et mon sourire s’agrandit un peu alors que j’acquiesce de nouveau. « C’est un très joli prénom, ça lui va à merveille. » Et si mon regard a tendance à redescendre vers l’enfant, je m’enquiers de l’état de la mère. J’ai un minimum de savoir-vivre tout de même. Et puis, il s’agit de Tara. Je souffle un rire quand elle répond, avant de grimacer. Je hausse les épaules et la dévisage, les sourcils levés. « Un seul, c’est bien suffisant. Et j’ai sans doute beaucoup trop bu, mais on m’y a forcé. Je me retrouvais sans cesse avec mon verre rempli, je soupçonne une conspiration pour me rendre moins irrésistible, mais ça n’a pas eu l’effet escompté, je le suis toujours autant. » Je lève un doigt avec une moue ennuyée. « Toutefois… Je préfère ne pas prendre de risque. Il serait dommage que je ne sois si maître de mes gestes que j’aime à le croire et que je ne la fasse tomber. Tu m’en voudrais, cela finirait en drame, ce serait horrible, j’aime autant éviter. » Je hoche la tête d’un air convaincu, avant de lever les yeux quand le volatile se perche sur mon crâne. Et je fronce les sourcils en regardant Tara, faisant presque un pas en arrière sans m’en rendre compte. Prêt ? Prêt pour quoi ? Pour la prendre. Par les Dieux non. « Je peux lui dire bonjour d’ici, et même l’embrasser, sais-tu. » Je la fixe, me renfrognant un peu en voyant son regard, comme un enfant se rendant compte que sa stratégie n’a pas l’air de fonctionner. Et je croise son regard à elle. Ce petit truc ne doit même pas me voir en vérité, quand bien même a-t-elle l’air de me fixer bien trop intensément. « Elle est trop petite. Je la prendrais dans mes bras quand elle sera plus grande. » Je montre une hauteur de la main. « Genre comme ça. Oui, voilà, quand elle tiendra sur ses jambes et essayera d’arracher les plumes de notre petit ami. » C’est un excellent compromis je trouve. Et sans doute devrais-je chercher un moyen de m’échapper au plus vite. En sautant par exemple par la fenêtre entrouverte de l’autre côté du lit. Ce serait parfait et discret oui…


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Message Sujet: Re: Chaque jour est une nouvelle naissance, rien est défini car tout commence...   Chaque jour est une nouvelle naissance, rien est défini car tout commence... EmptyDim 9 Déc - 18:44

Je me souviens avoir eu peur comme jamais. Même lorsque j’étais effrayée par l’inconnu, par toutes les erreurs que j’avais pu commettre, ce n’était pas comme cela. Pas cette peur panique de tout perdre de nouveau, que tout ne tienne qu’à un fil, qu’à ce fil si ténu de son existence à elle qui n’était même pas encore là.

Et puis, quand je l’ai serrée dans mes bras, tout s’est envolé. La peur, l’angoisse face à ce que demain pourra bien être fait, face à la femme que j’avais refusé d’être durant des dizaines d’années. Tout cela n’a plus la moindre importance maintenant. Parce que je peux sentir son souffle chaud contre ma peau, que je peux effleurer le petit duvet blond qui recouvre le sommet de son crâne encore rougi parce qu’elle n’a que quelques heures à peine. Je ne pensais même pas pouvoir éprouver un sentiment aussi fort que lors de ma rencontre avec Archimède. Et pourtant, elle a réussi à tout balayer, même si mon lien avec mon Familier reste aussi précieux qu’au premier jour.

Il hulule de plus belle à cette pensée, avant que le jeune papa se décide à faire son entrée. Il a l’air tellement gauche que je ne peux m’empêcher d’en rire. Merle Consent, intimidé. Comme quoi, tout peut vraiment arriver. Je hoche pourtant doucement la tête, le regard brillant, avant de reprendre un rien plus hésitante. « J’ai hésité. Pour son nom de famille. A dire vrai, je ne suis toujours pas décidée. Est-ce que l’on doit lui en donner un ? Est-ce que tu veux qu’elle porte le tien ? Ou est-ce qu’elle choisira plus tard qui elle est, quand elle sera en âge de comprendre ce qu’un nom peut vraiment signifier ? » Je guette sa réponse, me demandant vaguement s’il est réellement en état de réfléchir à tout cela et je tousse un rire quand il reprend. « Un seul, c’est parfait. » J’embrasse mon petit trésor sur le sommet du crâne et elle s’agite à peine alors qu’Archimède lui, volette avec curiosité autour de Merle.

Et je lève un sourcil quand il continue. « On t’a forcé ? Evidemment. Un couteau sous la gorge et des menaces de mort. Au minimum. Mais je suis soulagée de voir que cela n’a en rien entamé ta modestie légendaire. C’eut été dommage pour le grand jour. » J’ai un sourire attendri même si je plisse les yeux à sa moue ennuyée. « Il est vrai que si tu l’abîmes, je serais obligée de t’envoyer Archimède pour qu’il te picore à mort. Pourtant, nous savons tous les deux que cela n’arrivera pas. » Même s’il n’a pas l’air d’être à même de marcher parfaitement droit, il serait impensable pour moi qu’il ne puisse pas prendre sa fille dans ses bras. Pire, qu’il le refuse réellement et pas uniquement parce qu’il a peur de faire n’importe quoi. Mon autre sourcil se lève quand je le vois reculer d’un pas et je me redresse légèrement alors que je souffle, la petite toujours dans mes bras et tournée dans sa direction. « Je le sais parfaitement oui. Tu es capable de tout et surtout du pire. »

Je baisse alors les yeux pour fixer notre fille qui a, si l’on peut dire, le regard braqué sur lui. Je ne saurais dire ce qu’elle voit réellement mais, alors que nous parlons, on pourrait presque croire qu’elle est en train de lui sourire. De ces sourires de nouveaux-nés qui, dit-on parfois, s’adressent aux dieux qui veillent sur nous. En cet instant, j’ai envie d’y croire, que quelqu’un est vraiment là pour nous protéger, même si pour le moment, j’ai un problème autrement plus important à régler. Et, vu qu’il m’oblige à froncer les sourcils, je le fais, soufflant, un ton plus haut. « Merle Consent, cette petite fille est exactement à la bonne taille. Et tu vas la prendre dans tes bras immédiatement. »

Je lui désigne le siège à côté de moi d’un mouvement du menton. « Tu ne vas pas attendre des mois, voire des années avant de le faire, ne sois pas stupide. Et si tu continues, je serais obligée de dire que Merle Consent, le charmeur de ces dames, a peur d’un petit bout d’humain de quelques heures à peine. Voilà qui serait navrant tu ne crois pas ? » Je lui décoche mon plus beau sourire qui contraste avec mes sourcils froncés et je tends la petite vers lui, qui s’agite doucement, non sans cesser de le fixer.



   

   
   
   
   
   
   
   
   
   




Dernière édition par Tara Mille-Visages le Sam 9 Fév - 16:50, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Chaque jour est une nouvelle naissance, rien est défini car tout commence...   Chaque jour est une nouvelle naissance, rien est défini car tout commence... EmptyMer 9 Jan - 22:43

Cela devrait être aisé, j’ai déjà affronté bien pire qu’un petit être emmitouflé dans une couverture. Mais ça ne l’est pas. Car même si Tara a été très claire dès le début et que je suis bien conscient qu’elle ne me demandera jamais rien, même si cette petite peut fort bien se débrouiller sans moi, ce n’est pas aussi simple. Je sais qu’elle est là, je sais qu’elle existe, et même si je parvenais à omettre le fait que sa mère est l’une de mes plus proches compagnes, je ne pourrais renier et rejeter ainsi mon enfant. Il n’y a que les personnes sans âme et sans cœur qui peuvent tourner le dos à leur rejeton, qui plus est à un nourrisson. Quand bien même s’en sortiraient-elles fort bien sans mon aide je sais. Mais je ne suis pas comme ça. Et puis, si je ne suis là, qui sait qui pourrait la guider ou l’influencer plus tard ? Non, non, il vaut décidément mieux que je sois présent pour elle.
… Et j’en ai possiblement envie tout simplement aussi. Malgré mon air embarrassé qui fait rire la jeune mère. Je la fixe et secoue la tête.

« Nul besoin qu’elle porte mon nom pour être… ma fille. Ou pour que tout le monde en prenne soin et sache qui elle est. Elle choisira. Quand elle sera en âge… Elle trouvera sa propre voie. Et son nom. Comme sa mère l’a fait avant elle. » Je lui souris doucement, acquiesçant de nouveau quand elle confirme mes paroles et qu’elle embrasse la petite chose qui ne réagit même pas.
Je fronce un peu les sourcils. « Forcé n’est peut-être pas le terme approprié. Mais tout le monde voulait boire avec moi et mon verre se remplissait malgré tout sans que je ne le demande, ce qui revient au même tu le sais bien. Je n’ai pas eu la possibilité de refuser. » Je hausse un sourcil. « Oserais-tu contester que je suis irrésistible ? Ne m’enlève pas le peu de qualités que j’ai ma chère, ce serait désolant de ne pas être séduisant en étant Maître du Charme. Et à quoi bon être modeste sur un fait avéré ? Ce ne serait que de la vanité camouflée, ce qui est bien pire que l’orgueil. Ou bien est-ce le contraire. Hum. » Je chasse ces pensées d’un geste de la main, avant de grimacer de plus belle. « Même en s’y prenant bien, tu es bien petit mon ami pour me picorer à mort. Cela prendrait du temps et ce serait atroce. Mieux vaut éviter. »

Je me rends compte que je ne m’y prends pas de la meilleure manière qui soit, mais à ma décharge, je ne suis pas vraiment en état d’élaborer un stratagème plus poussé. J’ai sans doute pensé à moult solutions pour me sortir de là, mais lesdites solutions ont disparues au fur et à mesure des verres que j’ai ingurgités. Je vois bien à sa tête que cela ne lui plaît pas, je retiens même une nouvelle grimace en voyant son sourcil se hausser, mais je fais néanmoins un pas en arrière, conforté dans mon idée quand elle se redresse un peu. J’ouvre la bouche pour protester, avant de me raviser. Ne pas jeter de l’huile sur le feu en arguant que je ne fais que rarement le pire. Ce n’est pas le moment. D’autant que ma fille de quelques heures… minutes ? Seulement semble se ranger du côté de sa mère. Si jeune et déjà déloyale, cela promet. Je cligne des yeux en me rendant compte que je lui souriais en retour, si tant est qu’elle me souriait. Est-ce capable de sourire si petit ? Non, bien sûr que non. Et voilà. Ce que je redoutais finit par arriver. Tara fronce les sourcils. Elle est redoutable quand elle fronce les sourcils.

« Ne joue pas à ça avec moi Tara, ça ne marche pas le moins du monde ! » Ou peut-être que si, mais elle n’a pas besoin de le savoir davantage qu’elle ne le suppose. «  C’est moi qui fais les gros yeux d’habitude, je connais. Et cette petite fille est minuscule, pour un peu, Archimède pourrait la manger. »

Je la regarde, avant de regarder le siège qu’elle désigne. Et presque malgré moi, je me rapproche d’elle, sans pour autant faire mine de prendre la petite. Je suis persuadé que je pourrais atteindre la fenêtre sans qu’elle ait le temps de réagir. Il me suffirait de rester hors de son champ de vision durant quelque temps, disons quelques années, pour qu’elle oublie et passe à autre chose. Et d’ici là, la petite serait bien assez grande.

« Les petits d’hommes sont effrayants pour la plupart des hommes sainement constitués. Ça n’aurait rien de navrant, et tu n’iras pas… » Je soupire en la dévisageant. Bien sûr que si elle le ferait, non sans en rajouter des tonnes. Je regarde de nouveau Amarante qui tend une main vers moi. Traitresse. « Je n’ai pas peur. Pas d’elle en tout cas. Même si on ignore de quoi elle est capable. Mais je ne m’en occupe pas quand ils sont si petits. » Je la fixe et esquisse un sourire. « Toi, tu es effrayante, arrête de faire cette tête, c’est un mélange trop bizarre, même pour moi. »

Je sais. Je n’aurais pas dû entrer et rester à distance de sécurité en lui lançant un gâteau par la fenêtre par exemple. C’était foutu dès que j’ai mis un pied dans la pièce, j’aurais dû le savoir. Je finis donc par rapprocher le fauteuil du lit et par inspirer profondément, la fixant une énième fois, l’air mécontent. « Rappelle-toi que c’est toi qui as insisté malgré mes avertissements. » Je prends la petite qu’elle continue de me tendre, et je m’installe dans le siège. Non en vérité, je sais comment les porter ces petites choses, je ne vais ni la faire tomber, ni la suspendre par les pieds. Mais… Fichu. Je suis fichu. J’effleure sa main du doigt, doigt qu’elle finit par saisir.  « Je savais que c’était dangereux. Celle-là encore plus que les autres… »

Et comme un idiot, je souris à cette gamine qui papillonne des yeux sans vraiment me voir, resserrant mon étreinte pour la caler contre moi. Pis que tout, je chantonne sans m’en rendre compte. Une de ces vieilles chansons pour enfants, que ma mère devait chanter pour moi quand j’étais môme. Mais… je peux bien me ridiculiser un peu pour elle je crois.


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Message Sujet: Re: Chaque jour est une nouvelle naissance, rien est défini car tout commence...   Chaque jour est une nouvelle naissance, rien est défini car tout commence... EmptySam 9 Fév - 18:07

Si l’on m’avait dit, quelques années plus tôt, que je finirais par avoir un enfant et qui plus est avec Merle, j’avoue que je ne l’aurais pas cru. En vérité, j’ai toujours du mal à le croire à la réflexion, tant tout ce qui se passe autour de nous semble nimbé d’une irréalité peu commune. Même pour quelqu’un comme moi, rompue à l’illusion et à ses charmes, j’ai du mal à distinguer ce qui peut être vrai de ce qui peut être faux. Et si j’arrive à rire de ses mimiques, j’ai tout de même de véritables interrogations concernant notre fille. Ce petit être qui, en quelques heures à peine, m’a donné l’impression de pouvoir chambouler mon existence tout entière. Je me demande s’il en est de même pour lui. Je sais que je ne lui ai rien demandé, qu’il n’a aucune obligation face à Amarante.

Mais sa réponse m’arrache un sourire plus doux tandis que je couve la petite des yeux. « Nul besoin de nom pour qu’elle sache qui est elle est donc. D’accord. Elle sera Amarante, enfant des Miracles. Cela te convient ? Et si elle veut porter ton nom, elle viendra te le demander quand elle sera capable d’aligner plus de deux mots. Nul doute que tu seras incapable de lui refuser quoi que ce soit. » Je lui lui lance une oeillade amusée avant de reporter mon attention sur cette petite chose que je tiens dans mes bras. Elle dégage une telle chaleur et un tel bien-être que je sens mon coeur serré par l’émotion.

Au froncement de sourcils de son père, je ne peux m’empêcher de souffler d nouveau un rire. « Mon pauvre, tu as été pris dans le pire des traquenards. Et je suppose que ne pas vider ton verre pour ne pas le voir sans remplir sans cesse ne t’a bien évidemment pas effleuré un seul instant. Tant d’acharnement à ton égard, la nuit-même où tu deviens père. Voilà qui est cruel de leur part. Cruel. » Je hoche la tête avant de hausser une épaule, retrouvant ma malice habituelle l’espace d’un instant. « Je parie que si tu n’étais plus séduisant, tu n’y verrais qu’un défi supplémentaire pour montrer que tu es tout de même capable de passer outre pour arriver à tes fins. Je ne saurais dire quoi de ta mine ou de ton verbe sont les plus charmants mais, dans l’immédiat, j’aimerais que tu évites de dire à notre fille trop tôt que la modestie est inutile. Sinon, elle sera impossible. » J’ai un regard en direction d’Archimède qui bat des ailes lorsque Merle s’adresse à lui. « Je pourrais le faire, ne me défie pas ! Et j’ai tout mon temps moi ! Tu aurais un volatile à tes basques constamment, tu deviendrais fou, j’en suis sûr ! » Et il hulule joyeusement à cette idée qu’il trouve visiblement fort amusante alors que je vois les méninges de Merle s’activer à toute vitesse pour trouver une échappatoire à ce qui l’attend. C’est-à-dire une rencontre directe avec sa fille. Ou mon courroux. A choisir, je ne suis pas sûre de ce qu’il préfère en vérité et, fort heureusement, il ne semble pas être en état d’élaborer des stratagèmes que mon froncement de sourcils ne pourrait pas démonter en un instant.

Alors, forcément, je fronce les sourcils de plus belle à ses propos, même si une lueur amusée brille dans mes iris. « Bien que si cela fonctionne. Tu ne m’as jamais fait les gros yeux mais je serais curieuse de te voir t’essayer à l’exercice. Je serais alors obligée de croiser les bras en représailles ou, pire encore, de poser les poings sur les hanches. Et notre enfant n’est pas minuscule, elle fait plusieurs Archimède voyons. » Le voilà tout de même qui  semble sur le point d’abdiquer. De toute façon, ce n’est pas comme si je lui avais laissé le choix. Et, à son soupir, je lève les yeux au ciel tandis qu’il reprend la parole. « Elle sera capable de tout, ce sera la digne fille de ses parents voyons. Et tu n’auras pas à t’en occuper si tu ne le souhaites pas, je te l’ai déjà dit. Mais je veux qu’elle te connaisse, c’est non négociable. » Je me contente d’un sourire amusé au reste. « Je peux être encore plus effrayante et tu le sais. »

Et il s’assoit finalement, prenant la petite dans ses bras. « Je n’oublierai pas, sois en assuré mon cher. » Je le suis des yeux alors qu’il s’installe et qu’elle attrape son doigt de ses toutes petites mains. Les larmes me montent aux yeux, sans même que j’en ai réellement conscience alors que je vois toute ses barrière tomber les unes après les autres, comme par magie. J’ai toujours cette partie de moi qui reste persuadée que tout cela n’est qu’une illusion qui s’effondrera tôt ou tard mais, en cet instant, je savoure ce moment comme jamais, alors qu’Archimède se met à hululer, accompagnant les paroles de la chanson de Merle.



   

   
   
   
   
   
   
   
   
   




Dernière édition par Tara Mille-Visages le Dim 21 Avr - 23:25, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Chaque jour est une nouvelle naissance, rien est défini car tout commence...   Chaque jour est une nouvelle naissance, rien est défini car tout commence... EmptyJeu 21 Mar - 20:46

Tara, moi, un bébé… Je ne sais pas trop si c’est son influence à elle et son inquiétude presque constante de n’être que dans une illusion de plus ou si c’est simplement le fait que ce soit plus qu’inattendue comme situation, mais je dois avouer que durant quelques instants à les regarder toutes les deux, je m’interroge. Je me rends compte que cette scène est presque surréaliste. Mais elle est réelle, bel et bien tangible quoi qu’en pense la jolie blonde un peu débraillée et épuisée qui me fait face. Et quoi que je puisse m’imaginer moi, qui ai encore du mal à me rendre compte que cette petite chose est à moi. Enfin, façon de parler.
Je lui retourne son sourire.

« Cela me convient. Et je serais on ne peut plus capable de lui refuser certaines choses, pour qui me prends-tu ? J’ai l’habitude des sourires innocents et des grands yeux suppliants, je connais par cœur leurs tours et la fourberie dont ils sont capables. » Certes, je ne suis pas stupide au point de dire que je n’y succombe pas. Et que ce ne sera pas pire avec elle. Mais l’espoir fait vivre comme on dit, et j’aimerais garder un tant soit peu de dignité aussi longtemps que possible. Je grimace, avant de la regarder avec une réplique parfaite desdits grands yeux innocents. « Oh. Effectivement. Ne pas vider mon verre, je n’y avais pas pensé. C’est pourtant évident maintenant que tu en parles. J’essayerais de m’en souvenir pour la prochaine fois. Bien que, dans leur cruauté, ils trouveront alors autre chose… » J’ai un hochement de tête convaincu, avant de lever les yeux au ciel non sans un sourire à son intention. « Mais je le suis toujours, nul besoin de défi supplémentaire. Mais j’en serai capable. Tu sais pourtant qu’elle le sera déjà, impossible, non ? Fille du Maître de la Stratégie et du Maître du Charme, avec mon sourire et tes yeux, ton intelligence et mon éloquence, comment pourrait-il en être autrement ? » Je secoue la tête, perturbé quelques secondes quand Archimède s’adresse à moi directement, un jour je m’habituerais, sans perdre mon sourire pour autant alors que je le regarde. « Peut-être deviendrais-tu fous avant moi ! Et tu n’en feras rien quoi qu’il en soit, tu m’aimes trop pour ça. »

Je crois. Ce n’est pas la question pour le moment, le plus urgent étant de trouver une issue à ce traquenard. Venir les voir et m’enquérir d’elles n’était en aucun cas une acceptation pour la suite des événements, malgré ce qu’à l’air de croire Tara. Elle qui affirmait qu’elle n’attendait rien de moi concernant cette enfant mentait visiblement, puisque la voilà en train de froncer les sourcils et d’élever la voix en me voyant reculer à sa demande. Mais prendre cette petite dans les bras ? Quelle folie !
Je fixe Tara, essayant de trouver quelque chose d’intelligent à répondre, mais il semblerait que mes quelques neurones restant aient finis par se noyer dans les vapeurs d’alcool.

« Tu ressemblerais ainsi à une de ces mégères rabats-joie rappelant les enfants à l’ordre ou houspillant leur époux indiscipliné. En plus jolie évidemment. » Bien rattrapé. « S’il peut me picorer, imagine ce qu’il ferait d’elle. Elle est… petite, toute petite. »

Tellement petite que je pourrais la tenir d’une main. Ce que je ne tenterais pas, ce serait un coup à la faire tomber et à la casser. Et j’aurais le droit à un Archimède me picorant à mort et à une Tara fronçant les sourcils, les poings sur les hanches, me plongeant dans un cauchemar sans fin.

« Ce n’est pas ce que je voulais dire. Je n’ai pas l’habitude des si petits. Ils sont plus grands quand je les récupère… Et je n’ai pas à m’en occuper, mais je dois la porter ? C’est totalement contradictoire de me forcer à faire quelque chose d’aussi dangereux en prônant mon libre-arbitre. » Je serais sans doute plus convaincant si je ne m’avançais pas pour la prendre et m’installer dans le fauteuil. « C’est un piège. Si je réponds que tu peux l’être, tu me feras de nouveau les gros yeux pour avoir acquiescé, si je dis que je ne le sais pas, tu me feras de nouveau les gros yeux pour me le démontrer. »

Mais plus rien de tout cela n’a d’importance. Car je l’ai finalement récupéré et que je tiens cette petite chose en sécurité au creux de mon bras.

Les enfants sont pires que tout. Ça pleure, ça râle, c’est incapable de se débrouiller seul, ça bave, ça n’écoute rien. Mais c’est pire que n’importe quelle drogue. S’ils peuvent vous exaspérer en deux minutes chrono, ils peuvent vous faire rire plus rapidement encore. S’ils peuvent se montrer insolents et insupportables, ils peuvent vous perdre pour toujours en vous faisant un câlin sans raison aucune. S’ils peuvent vouloir croire et faire croire qu’ils sont forts et indépendants, ils se reposeront sur vous en sachant que vous serez toujours là pour eux.
Quand c’est tout petit, c’est encore plus vicieux, puisque tout cela est fait en toute innocence, tout naturellement. Cette petite est donc terrible et dangereuse.

Je grogne par principe quand Tara me répond, me rendant parfaitement compte qu’elle escomptera que je prenne notre fille ainsi à chaque fois que je viendrais. Ou pire encore, qu’elle n’aura pas à me houspiller, car je le ferai de moi-même. Que ce soit pour ressentir encore la chaleur qui émane d’elle, pour apercevoir encore ses yeux qui semblent chercher un point d’ancrage, pour sentir encore sa petite main serrer mon doigt avec autant de force.
Je ne sais trop combien de temps je reste ainsi, à la contempler en fredonnant, nous enveloppant dans une bulle. Je finis par la quitter des yeux, alors qu’elle a fermé les siens et fait des bulles en dormant, pour regarder de nouveau la maman. Je retire lentement mon doigt de sa main, pour effleurer le visage de Tara en lui souriant doucement.

« Je sais, je suis quelqu’un de remarquable et rempli de surprises. » Je l’observe un instant, continuant de bercer inconsciemment Amarante, et j’essuie une larme qui a coulé sur sa joue. « Maintenant que j’ai cédé et qu’il est avéré que tu es plus effrayante que ce bébé à mes yeux… Tu es certaine que tu vas bien ? »


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Message Sujet: Re: Chaque jour est une nouvelle naissance, rien est défini car tout commence...   Chaque jour est une nouvelle naissance, rien est défini car tout commence... EmptyLun 22 Avr - 11:04

Est-ce le moment de songer à l’avenir ? Ou est-ce que je dois me contenter de savourer le moment présent sans avoir peur cette fois de ce qui m’attend demain ? Difficile à dire. Je suis tellement épuisée que je pourrais, l’espace d’un instant, profiter de sentir la chaleur de mon bébé entre mes mains et cette sensation de bonheur infini, d’une pureté que je ne pensais même pas exister. Mais cette inquiétude latente ne me quitte guère. Peut-être ne le fera-t-elle jamais après tout. Pour autant, si c’est le prix à payer pour ce miracle, ce n’est pas grand-chose non ?

Et puis, la mine de Merle vaut le détour, ne nous leurrons pas. Archimède s’en amuse autant que moi, même si ma malice est grandement atténuée par cet amour que j’éprouve et que je veux partager avec tout le monde ou peut s’en faut. « Enfant des Miracles donc… voilà un joli nom pour toi ma douce, tu ne crois pas ? » J’effleure son front de mes lèvres et je relève la tête vers Merle, toussant un rire. « C’est ta fille, elle connaîtra des ruses que tu n’imagines même pas possible, j’en suis certaine. » Mon regard accroche le sien alors que mes yeux se font rieurs à son attitude, même si je les sens s’embuer d’une émotion que j’ai du mal à contenir.

Heureusement que mon ami arrive à me faire rire encore et encore. Avec légèreté, avec le sentiment que tout se passera pour le mieux sans que je n’arrive à saisir pourquoi. « Bien évidemment. Et de quelle prochaine fois parles-tu ? Hors de question que je remette cela, quand bien même le résultat dépasse de loin mes espérances. » Et je secoue la tête au reste de ses propos, levant moi aussi les yeux au ciel en une parfaite imitation de ses propres mimiques. « Je sais qu’elle sera impossible. Et qu’elle sera capable de tout. » Après tout, c’est tout un monde qui lui ouvre les bras avec une famille comme la notre. La famille des Miracles. Que demander de plus après tout ? « Viens-tu de dire que je suis plus intelligente que toi ? Voilà une chose que je ne suis pas prête d’oublier c’est certain, quel que soit mon état de fatigue. » Et je ne peux m’empêcher de rire quand il s’adresse à Archimède alors que celui-ci fait gonfler ses ailes. « Moi ? Fou ? Que nenni ! Mais il se pourrait que je t’aime bien grand humain. »

En tout cas, qu’il ne pense pas pouvoir échapper à ce qu’il attend. Je le connais, il essaie de noyer le poisson et s’il pouvait noyer la poissonnière avec, il en serait bien aise. Sauf que je continue de le fixer, les sourcils froncés jusqu’à ce qu’il finisse par céder. Il sait très bien que je tiendrais jusqu’au bout mais je suis bonne joueuse, je lui laisse le temps d’assimiler l’information. « Ne tente pas de m’amadouer avec tes compliments Merle Consent. Je retiens que tu me compares tout de même à une mégère. Attention à ce que ce ne soit pas toi que je houspille, tu risquerais de ne pas t’en remettre. » Archimède penche la tête quand il parle de picorer notre fille et il se rapproche d’elle, effleurant sa toute petite main avec douceur de l’arrondi de son bec. « Il veillera toujours sur elle. Même quand elle ne sera plus aussi toute petite. » Si Merle a dit ça avec inquiétude, je ne peux pour ma part cacher l’amour que j’éprouve pour cette petite chose qui effraie tant notre Maitre du Charme. En d’autres circonstances, j’avoue que je serais probablement de chasser les larmes du fou rire que son attitude n’aurait pas manqué de provoquer. Et, ne nous leurrons pas, quand je repenserais à ce moment, cela arrivera, à n’en pas douter.

Mais pour l’heure, ce petit être doit faire connaissance avec l’homme qui est son père. Et qui est donc terrorisé. Voilà qui est surprenant, j’avoue. « Je suis une femme Merle, évidemment que je suis totalement contradictoire. Tu avais encore des doutes à ce propos ? Tu n’as aucun libre-arbitre face à une femme qui vient de passer les dernières heures à tenter de faire sortir cette petite chose de son propre corps. Et je peux te garantir que, de mon point de vue, elle était tout sauf petite. » Au reste de ses propos, j’ai un sourire innocent, qui se fait bien plus doux quand il finit par s’exécuter et que, l’espace d’un instant, j’ai presque l’impression qu’il a oublié tout ce qui n’était pas Amarante. Je suis surprise à l’entendre chantonner pour elle, mon coeur se gonflant d’amour et d’affection devant cette scène alors qu’Archimède hulule doucement.  Je sens mes yeux se remplir de nouveau de larmes et il me faut prendre de grandes inspirations pour ne pas éclater en sanglots incontrôlés. Les humeurs d’une jeune maman parait-il. Toute jeune maman. Il semblerait pourtant que mon état n’a pas échappé à Merle qui semble soudain se rappeler du monde qui l’entoure. « Tu vois que ce bébé n’est pas si effrayant. Et que tu peux très bien la porter sans que le monde ne s’écroule. » Au reste, j’ai un temps de silence avant de souffler, indécise. « … je ne sais pas. C’est… tellement irréel Merle. Elle est là, je sens sa chaleur, je peux entendre son coeur battre, sa respiration régulière et l’amour que j’éprouve pour elle dépasse l’entendement. Et pourtant, j’ai toujours peur que ce soit ... » Une illusion. Oui, c’est idiot, Merle a passé les derniers mois à essayer de me convaincre que ce n’était pas le cas. Mais c’est comme si je n’avais pas vraiment le droit d’être aussi heureuse.



   

   
   
   
   
   
   
   
   
   


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Message Sujet: Re: Chaque jour est une nouvelle naissance, rien est défini car tout commence...   Chaque jour est une nouvelle naissance, rien est défini car tout commence... EmptyDim 9 Juin - 23:08

Imprévue, surprenante ou encore surréaliste, il n’en restait pas moins que cette naissance avait été attendue et oh combien désirée, surtout par la maman. Non pas que j’en sois mécontent, loin de là, mais son désir à elle d’être mère était si ancien… Non pas qu’elle soit vieille, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit ! Mais je disais donc qu’elle l’avait ardemment désirée, et cela, depuis fort longtemps… Depuis son accident et sa mort présumée je suppose même. Ou peu s’en faut. Peu importe en vérité, le fait est qu’elle avait eu du mal, qu’elle avait du mal à y croire, même maintenant, j’en suis persuadé. Et je ne suis même pas certain qu’elle soit un jour convaincue de ne pas vivre dans une de ses propres illusions. Cela me fait mal pour elle, et j’essayerai de lui démontrer chaque jour que c’est là sa nouvelle réalité… Quoique le bébé pourrait aussi bien s’en charger je l’avoue.

Mais pour le moment, toutes ces inquiétudes sont remisées bien loin, et je me contente de profiter d’elles, de loin, et de les contempler toutes deux, un sourire fort niais sur le visage.
Enfant des Miracles. Nom qui lui sied à merveille. Je lève les yeux au ciel et laisse filer un soupir. « Des ruses que tu lui apprendras ? Je connais toutes celles possibles et inimaginables, ne te leurre pas, je côtoie bien trop de ces monstres pour les ignorer. » Et je me laisse parfois avoir bien volontiers, je le reconnais… alors avec ma fille, je n’ose imaginer ce que cela donnera.

Je la fixe, ouvrant de grands yeux quand elle répond. Je laisse filer un rire et fais un geste de la main. « Mais non, pas la prochaine fois que… La prochaine fois où l’on me piégera honteusement voilà tout. » Je fronce légèrement les sourcils en la regardant, faussement soucieux. « Quand tu dis que tu ne remettrais jamais cela, tu parles uniquement du résultat, n’est-ce pas ? Pas de la pratique… qui est fort agréable elle, pas vrai ? » Je me tiens prêt à esquiver ce qu’elle pourrait m’envoyer à la figure et je souris, niant largement de la tête. « J’ai dit qu’elle tiendrait son intelligence de toi, nuance. Toutefois, je pourrais reconnaître qu’en tant que Maître de la Stratégie, tu pourrais potentiellement être plus intelligente que moi, sur certains points, mais cela reviendrait à admettre que d’autres le seraient aussi. Et nous savons tous deux que cela n’est pas possible. » J’ai beau savoir que c’est son frère… et l’oncle de ma fille donc… et qu’il aura toujours une place dans sa vie, et dans la mienne maintenant par conséquent, malheureusement, cela ne m’empêche pas de le regretter. Mais mon sourire se fait plus large quand Archimède me répond et je lui fais un clin d’œil. « Et il se pourrait que cela soit réciproque. »

Bien évidemment, la situation semble tourner à mon désavantage, ce qui ne me sied guère,  et je tente vaillamment de m’en dépêtrer. Sans grand succès au vu de son regard. « Cesse de détourner mes paroles femme ! Mentionner que tu pourrais y ressembler en te fâchant ne signifie pas que je t’apparente à une de ces harpies. » Je lui lance un regard, avant de répondre d’un ton bougon. « Et mes compliments ont toujours marché jusqu’ici, ne va pas me faire croire que devenir mère change ton ressenti à la seconde. » Je soupire, suivant l’oiseau du regard. « Normal, il y aura davantage à manger que là… » Je souris en les regardant, me demandant vaguement qui de nous trois sera le plus insupportable aux yeux de la fillette plus tard. Pas moi, certainement pas… Je crois. Je l’espère fortement du moins, et à voir sa mère me contraindre ainsi, j’arrive à me convaincre que ce sera sur elle et non sur moi que se déversera l’ire de la gamine. J’en viens presque à souhaiter que ce soit déjà le cas, qu’elle soit déjà assez grande pour ce faire, cela m’éviterait cette fâcheuse chausse-trappe dont je ne parviens pas à m’extraire.

Je fixe Tara, mon sourcil se haussant d’un air aussi narquois que sceptique et je secoue la tête. « J’ai toujours de l’espoir pour les causes perdues. Et je suis un homme qui, comme tous les hommes, se passe fort bien des détails. Tu l’as souhaité et désiré, normal que tu fasses le boulot.  Oserais-tu te plaindre ? » Heureusement que j’ai l’enfant dans les bras, je crois que sinon, elle m’aurait lancé la table de chevet à la tête pour ces paroles. Je l’aurais fait à sa place en tout cas. Je lui offre mon plus beau sourire, comme pour me faire pardonner cet horrible excès de misogynie, avec le risque que ça ne fasse qu’aggraver mon cas il est vrai.

Mais j’oublie bien vite tout cela. Parce que mon regard s’est posé sur elle, cette petite chose rose et fripée, et tout le reste a disparu. Je ne sais trop durant combien de temps, mais suffisamment pour que je finisse de chanter, alors même que je ne m’étais pas rendu compte que j’avais commencé à le faire. Je quitte la petite endormie et observe à nouveau la maman, aux yeux humides de larmes, et je lui souris doucement. « Elle est effrayante, mais beaucoup moins quand elle dort. Elle relâche ainsi son attention et ne nous dévore pas… » Je laisse filer un soupir en l’entendant, reportant mon regard sur Amarante durant quelques secondes. « Je sais. Je te connais. » Je relève la tête vers elle et la fixe. « Aurais-tu imaginé que j’avais une si jolie voix ? Tu ne le savais pas, ce n’est pas un talent dont je fais profiter beaucoup de monde… Et très sincèrement, si cela n’était… que création de ton esprit, jamais je n’aurais reconnu que tu pourrais être plus intelligente que moi, n’est-ce pas ? Le Maître du Charme est bien trop suffisant pour cela. De plus, j’ose espérer que je n’aurais pas été effrayé par ma propre fille… Non pas que je le sois, mais tu le penses, mais ce n’est pas le cas. Absolument pas… Elle est terrifiante. » Je lui souffle ces quelques mots avant de lui sourire de nouveau, avec bien plus de douceur et de tendresse que je peux n’en avoir l’habitude, même avec elle. « Cesse de te torturer l’esprit et contente-toi d’accepter l’évidence. Que te souffle ton instinct ? Je suis navrée Tara, mais tu en as pour au moins 15, voire 20 ans, de souffrance. Cette petite fille ne disparaîtra pas et va grandir assez pour que je ne craigne plus de la casser par mégarde. » Je me rapproche d’elle et pose mes lèvres sur son front, un sourire étendant mes lèvres. « Tu te rendras compte bien assez rapidement que ce n’est pas une illusion. Quand tu nageras dans les changes sales et que tes nuits ressembleront à des siestes épuisantes. » J’effleure son visage. « Repose-toi pour le moment. Je ne la lâcherais pas, je veille sur elle. Sur vous. Tu devrais en profiter aussi. »


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Chaque jour est une nouvelle naissance, rien est défini car tout commence...
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