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 Faute avouée

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Message Sujet: Faute avouée   Faute avouée EmptyMer 24 Oct - 22:46


Livre III, Chapitre 6 • Puisse le sort vous être favorable
Pénélope de Bellancre & Matvei de Hvergelmir

Faute avouée

est à demi-pardonnée



• Date : 9 septembre 1003
• Météo (optionnel) : Le soleil se couche
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Pénélope vient avouer la vérité concernant les jumelles à Matvei, mais le trouve victime d'une malédiction bien malvenue.
• Recensement :
Code:
• [b]9 septembre 1003 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t4258-faute-avouee]Faute avouée[/url] - [i]Pénélope de Bellancre & Matvei de Hvergelmir[/i]
Pénélope vient avouer la vérité concernant les jumelles à Matvei, mais le trouve victime d'une malédiction bien malvenue.

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Message Sujet: Re: Faute avouée   Faute avouée EmptyMer 24 Oct - 22:47

Il faut lui dire.
Il faut tout lui avouer, et tu n’as que trop reculé, Pénélope : c’est maintenant que la situation a terriblement dégénéré que tu vas devoir tout raconter à Matvei, et il risque certainement de t’en vouloir. Férocement, avec ce froid entêtement buté des Kyréens obstinés, et cette idée te désole. Tu as apprécié de le retrouver au sein du corps professoral de l’Académie, tu as aimé vos instants de tranquillité volés ici et là pour vous remémorer le passé – tu as adoré le choquer en dévoilant scandaleusement tes chevilles et parfois même la rondeur d’un genou. Tu as savouré sa présence, tout simplement, la discrétion d’un de ses rares sourires, la complicité de souvenirs jamais évoqués mais suspendus dans l’air entre vous, et les pitreries d’Elsir qui se charge de faire comprendre au monde entier combien tu es heureuse de côtoyer le digne sénéchal de Hvergelmir.
Même s’il s’est marié récemment.
Dans ton pays à toi, où l’alizé a le goût de la vanille et la couleur fauve du couchant sur l’océan, le mariage n’existe pas. Tu as eu bien du mal à comprendre ce besoin d’exclusivité des continentaux à ton arrivée ; et tu te désoles un peu, dans la solitude de tes pensées, de savoir Matvei irrémédiablement lié à une autre. Pas que tu ne saurais pas partager, non – mais le partage est étranger aux fils et filles de Valkyrion, et celle qu’il a épousée est la princesse de son duché. Une porte qui se ferme, sur un rêve que tu n’as jamais vraiment oublié.

Mais tu dois lui dire, Pénélope.
Ce secret que tu as porté lové au fond de ta mémoire toutes ces années – il doit s’en échapper à présent. Astrée a été enlevée au-delà de votre portée, mais il reste Aurore à apprivoiser, si la chance vous en est donnée. Si tant est que Matvei puisse te pardonner. Le voudra-t-il seulement ? S’intéressera-t-il à ces presque adultes qui n’en sont pas moins ses enfants ? Est-ce qu’il continuera à t’adresser la parole, après ça, après toutes ces années de silence ? Comprendra-t-il que tu aies voulu les protéger, elles, de n’être que les bâtardes d’une Îlienne mal éduquée ; que tu as voulu le protéger, lui, de l’opprobre d’avoir engrossé une mage en dehors de tout lien conjugal ?

Tu dois lui dire, quoi qu’il t’en coûte.
Alors, la mort dans l’âme, tu te diriges vers son bureau. Tu as entendu dire que ses cours avaient été annulés, aujourd’hui – tu le devines plongé dans ses travaux de réfection de l’Académie, perdu dans un plan complexe, tout entier concentré dans son œuvre, et tu le devines presque. Tu le dessines, là, dans ta tête, les sourcils froncés, penchés sur son bureau, des éclaboussures d’encre parsemant sa chemise, et le gras du fusain autour des doigts, et sur son front, là où il s’est frotté les yeux pour se secouer. Il sera contrarié, sûrement, que tu le déranges ; mais il faut que tu lui avoues la vérité. Alors, vaillamment, tu toques à la porte de son bureau, à l’heure où le soleil se couche. « Matvei ? Tu es là ? »

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Matvei de Hvergelmir
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Je suis : professeur d'architecture, sénéchal de la couronne kyréenne

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Message Sujet: Re: Faute avouée   Faute avouée EmptyMar 30 Oct - 3:27

Tout ceci est un cauchemar.
Il a pensé à un mauvais tour. À un mauvais rêve. À une hallucination.
Pourtant, rien de tout ça, et Matvei a dû se rendre à l’évidence, en constatant que son reflet ne lui mentait pas.

Il a passé la journée dans son bureau et a fait porter un message afin d’annuler ses cours de la journée, rapport à des affaires urgentes, sans en préciser la nature. Sénéchal, époux de la princesse de Valkyrion, ami du duc Hjalden, peu questionnent les allées et venues de Matvei de Hvergelmir et la confidentialité requise par ses fonctions. De toute façon, homme honnête jusqu’à en frôler l’outreventoiserie par moment, qui irait le soupçonner de mentir ? Ce n’est même pas tout à fait un mensonge : c’est en effet une affaire urgente, que cette… malédiction. Oh, Lorilis, qu’a-t-il fait, pour mériter un tel sort, en ce jour ?

Heureusement, même sans cours à donner, le travail ne manque pas. Les devoirs doivent tout de même corriger, les essais commentés, les plans de l’Académie toujours annotés et retravaillés, les rapports des ouvriers lus et approuvés, des missives écrites et envoyées en direction de Svaljärd. Désormais, le soleil décroît dans le ciel et, il l’espère, emportera sa malédiction avec ses rayons. Un coup à la porte, une voix, l’arrête dans son travail, une plume suspendue au-dessus de son encrier : « Matvei ? Tu es là ? »

Que peut-il répondre ? Non ? Cette seule idée est ridicule.
Puis, c’est Pénélope. Pennia. Elle n’est pas n’importe qui. La personne la plus importante, dans cette Académie.
Peut-être la malédiction a-t-elle frappé d’autres personnes ?
Dans un éclair, une seconde inattendue, il revoit Pennia comme elle était, il y a seize, dix-sept ans, dans sa tunique légère de l’Archipel, ses boucles blondes sur ses épaules.

Matvei a un sursaut et maladroitement, fait tomber son encrier sur ses feuillets soigneusement rédigés, générant chez lui un glapissement paniqué, alors qu’il tente de sauver ses travaux de la vicieuse encre. Le papier est expédié ailleurs, ses mains se tachent d’encre et un second geste non prémédité envoie valser ses instruments au sol, dans un fracas métallique. « ... oui », répond-il enfin, sur un ton piteux. Il retrouve un chiffon, qu’il utilise pour entrouvrir déverrouiller la porte, puis l’entrouvrier et dévisager d’un oeil méfiant, la personne de l’autre côté. Personne qui est bien l’Enchanteresse de l’Automne. « Entre, vite », la presse-t-il dans un chuchotement, avant de refermer la porte derrière elle et de la verrouiller. Il reste figé, dos à l’Ansemarienne, sans oser se retourner, d’abord. Elle ne peut pas se douter, simplement en voyant son dos. Il envisage même de considérer cette posture pendant toute leur conversation.
Ce serait aussi ridicule que de prétendre qu’il n’était pas là.
L’homme se racle un peu la gorge, avant de couler un regard en biais à sa consoeur enseignante. Qui semble avoir le bon âge. Il est donc vraiment le seul frappé de ce sort. « Pardonne-moi cet accueil… précipité, Pennia, mais tu comprendras que les circonstances sont exceptionnelles. »

Il ose enfin se retourner, sans oser la regarder en face, gêné de cette apparence… résolument différente de celle habituelle. Une apparence qui revient à des années en arrière. Quand il était un Matvei de Hvergelmir tout juste à la fin de son adolescence, grand et trop maigre, les mains tachées d’encre et les joues rouges de gêne, les yeux brillant comme deux lanternes.


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Faute avouée 794932WikiFredia
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Message Sujet: Re: Faute avouée   Faute avouée EmptyLun 12 Nov - 22:17

Les sons qui résonnent de l’autre côté du battant t’évoquent curieusement l’image mentale d’un éboulement, et tu te demandes un instant à quoi ton si digne collègue peut bien être occupé. Tu as cru un instant qu’il n’était pas là, trompée par le silence épais, et tu t’apprêtais à faire demi-tour déçue au fond de ne pas avoir l’opportunité de te décharger du lourd secret que tu étais venue lui avouer. Mais il est là, visiblement – et il met du temps à te répondre, ce que tu ne sais comment interpréter au juste. La porte s’entrouvre, tu entrevois du mouvement ; puis le battant s’entrebâille un peu plus, juste assez pour te faire entrer. Qu’est-ce qui peut bien causer tant de précipitation et de cachotteries ? Perplexe, tu te plies à ses instructions ; et lorsqu’il se retourne, dans la lumière fauve du crépuscule, ce que tu vois te laisse pantoise. « Par Lorilis… ! » exhales-tu d’une voix tremblante, secouée jusqu’à la moelle de tes os.

En un battement de cœur, te voilà repartie dans le passé, presque vingt ans en arrière : projetée à cette époque où tu étais une va-nu-pieds des îles sans complexes et sans honte, mal peignée et trop fine dans tes tuniques de l’Archipel qui scandalisaient les bonnes mœurs de l’Académie. Une adolescente de quinze, seize ans, aux hormones bouillonnantes dans tes veines, poussant ce corps encore frêle dans le lit de Matvei sans hésitation. Le même Matvei que tu vois là devant tes yeux : trop grand, malhabile et maladroit avec ces jambes interminables et ces bras encore gauche, l’encre au bout des doigts – parfois, il tatouait ta peau de ses caresses, quand vous dérobiez quelques heures peuplées de ces étreintes fébriles qui ont produit de si complexes conséquences. La tête te tourne un moment, et la vive inquiétude d’Elsir te fait comme un coup de fouet. Glacée de la tête aux pieds, tu te laisses glisser sur le premier siège venu – une chaise un peu branlante que son propriétaire a visiblement heurtée dans son désastre domestique, portant une main tremblante à tes lèvres.

« Je… Je ne comprends pas, qu’est-ce que… Qu’est-ce que tu as… fait ? Est-ce que quelqu’un t’a… attaqué, jeté un sort, un maléfice, que… Que s’est-il passé ? Mati… » Incrédule, tu secoues la tête sans vouloir croire ce que tu vois. Et s’il restait comme ça pour toujours ? Tu pouvais avouer à un Matvei adulte la vérité concernant vos filles ; mais pas à un Matvei qui a l’âge de les avoir à peine conçues ! Les larmes, soudain, te montent aux yeux. En cette période terrible, tu as besoin de certitudes et de repères – et tu réalises, un peu trop tard, à quel point la présence de ton si digne collègue est devenue familière dans ta vie d’aujourd’hui, tout comme dans celle de naguère. « Oh, Mati… Qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire de toi… ? »

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Message Sujet: Re: Faute avouée   Faute avouée EmptyLun 26 Nov - 22:19

Il craint sa réaction, à cette amie chère à son coeur. Plus que celle de tous les autres, élèves et professeurs confondus, puisque Pénélope l’a connu, à cet âge, jusque dans le secret d’une intimité qu’il n’ose jamais évoquer avec elle, malgré la douceur des souvenirs. Malgré aussi la douceur de leur amitié, relevée des braises où elle couvait, en attente de retrouvailles au coeur de cette Académie où ils se rencontrés et aimés. Il la craint, de son coeur qui bat si vite, et l’Îlienne semble frappée par la foudre, lorsqu’elle l’aperçoit enfin. Pendant de longues, douloureuses, secondes, elle ne bougr pas, ni ne donne suite à son exclamation pantoise.

Oui, par Lorilis, et par tous les dieux du Panthéon, qu’importe celui ou celle qui a trouvé amusant de le maudire !

L’homme s’inquiète toutefois de la pâleur soudaine de Pénélope, sous sa peau encore hâlée de l’été, et il s’empresse de sortir une bouteille d’eau-de-vie du cabinet dédié à cet effet, ainsi que deux verres. Un pour redonner quelques couleurs à l’Enchanteresse, et un pour lui, parce qu’il est impoli de laisser une dame boire seule. Surtout en de telles circonstances. « Je… Je ne comprends pas, qu’est-ce que… Qu’est-ce que tu as… fait ? Est-ce que quelqu’un t’a… attaqué, jeté un sort, un maléfice, que… Que s’est-il passé ? Mati… Oh, Pennia, si je savais… », soupire-t-il sans avoir de meilleure réponse. Il a pensé à toutes ces possibilités, sans savoir laquelle était la moins farfelue, avant de se résigner. De se convaincre, aussi, que si cet effet désagréable durait plus d’une journée, il convoquerait un de ses collègues afin de lever le sort. En espérant que ce soit bien temporaire, rien de plus. « Oh, Mati… Qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire de toi… ? » Quelle détresse, dans la voix de Pénélope, dans ses yeux soudainement humides et brillants, et il est attristé de générer chez elle ces sentiments.

Le verre qu’il destine à Pénélope est généreusement rempli et il le lui apporte avec déférence, s’assurant que ses doigts sont bien serrés autour de celui-ci avant de le lâcher. Quoiqu’il n’en serait pas à un accident près, dans ce bureau. « Je nous suggère de partager un verre, et de m’expliquer pourquoi ces larmes, mon amie. Qu’est-ce qui te trouble ainsi ? » Matvei sait son coeur généreux et tendre, et la franchise de son amie ne lui permet pas de tout à fait dissimuler son trouble, bien plus grand que la simple vision de son visage adolescent.


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Faute avouée 794932WikiFredia
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Message Sujet: Re: Faute avouée   Faute avouée EmptySam 5 Jan - 21:36

La tête te tourne une seconde. Tu ne comprends pas ce qu’il se passe ; la perte de tes repères t’étourdit et tu perds pied, juste un instant, dans la panique rentrée qui menace de déborder. Tu es venue en quête de réconfort, pour alléger ta conscience troublée, confesser ce grand secret qui a pris tant de place dernièrement qu’il t’enserre la gorge à t’en étouffer – tu es venue tout avouer à Matvei, prête à affronter sa déception, sa froide colère dont la simple idée te glace le sang, et pire que tout la trahison au fond de ses yeux. Tu t’es préparée à tout ça, ton cœur s’est déjà fêlé par avance devant tout ce qui aurait pu être, n’a jamais été et ne pourra sûrement plus jamais exister ; tu t’attendais au drame, aux reproches, aux mots durs et au rejet, mais… pas à ça. Te voilà toute désemparée devant cet adolescent tout en longueur, tellement grand qu’il en semblait interminable à la petite Îlienne que tu étais.

Dans le verre qu’il te tend, il y a de l’eau-de-vie ; cet alcool fort prisé des Kyréens, dont tu avales une grande lampée sans ciller, désireuse du coup de fouet que le breuvage va te procurer. Que faire ? Le léger problème de Matvei est nettement plus urgent que le soulagement de ta conscience, et dans les rayons du crépuscule qui se faufilent par l’entrebâillement des rideaux, tu l’étudies du regard, encore un peu perdue dans la conflagration de tes souvenirs d’adolescence venus téléscoper brutalement ta conscience actuelle, sans crier gare. Une part de toi regrette ce temps d’avant nettement plus insouciant, où tu n’avais guère è ta préoccuper du lendemain ; ou vous étiez en un sens absolument libres, lui et toi, dans vos bêtises partagées aux si définitives conséquences, que vous étiez alors bien loin d’imaginer.

Que reste-t-il, aujourd’hui, des deux insouciants que vous étiez alors ? Une marquise loin de ses terres, ansemarienne presque par inadvertance, par la simple fatalité d’un naufrage et de quelques étreintes hasardeuses – une sujette d’Ansemer plus loyale au pavillon noir de l’Archipel qu’aux navires de son propre duché, mage et professeur, installée à Lorgol depuis des années. Et lui ? Lui, le Kyréen loin de ses terres, renié par son frère, l’ami fidèle d’un duc qui abhorre la magie où qu’elle se trouve, et marié à la sœur cadette de cet ami – un Kyréen dont la fidélité est inscrite dans le sang depuis sa naissance, et qui ne pourra jamais revenir vers toi. Et entre vous deux, rempart infranchissable, ces deux filles dont la naissance ne lui a jamais été dévoilée, secret qui pèse de plus en plus lourdement sur ta conscience.

Mais comment lui dire, comment ? D’un geste mécanique, tu bois une autre gorgée, savourant la brûlure qui descend vers ton estomac. Puis une troisième. Le verre est vide, et tu regardes Matvei en silence un instant, le temps de réfléchir à une stratégie – l’alcool n’aidant pas vraiment. Prendre la fuite ne porterait guère ses fruits, même si dans son état actuel tu estimes qu’il hésiterait à se lancer à ta poursuite dans les couloirs. Lui asséner la vérité abruptement serait sûrement un coup un peu trop violent à son calme que tu devines fragile.

« Je – je voulais te demander, si tu avais déjà pensé à avoir des… des enfants. »

Entrée en matière tout en douceur – bien qu’un peu inattendue, sûrement, à en juger par sa perplexité.

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Message Sujet: Re: Faute avouée   Faute avouée EmptyJeu 10 Jan - 21:14

Il ne pensait pas que le choc de son apparence temporaire (qu’il espère) serait si grand, sur Pénélope, encore plus qu’il l’a été pour lui. Même s’il est vrai qu’il a eu toute la journée, pour se faire à cet état de fait, et presque ne plus y accorder d’attention. Presque. La mage le détaille en silence, générant une certaine nervosité chez lui. Ce qu’elle veut lui confier est probablement bien grave, pour qu’elle ne sache pas comment lui annoncer ! « Je – je voulais te demander, si tu avais déjà pensé à avoir des… des enfants. Des enfants ? » Il répète le mot, un peu perplexe, comme s’il ne savait pas de quoi elle parle. Comme s’il devait réfléchir au concept d’enfants, avant de se prononcer. Très savant de sa part, certainement. Il ne faut pas bien longtemps au Kyréen avant de répondre, cela dit : « Oui et non. »

D’une seule et longue gorgée, il avale l’eau-de-vie, l’alcool fort et clair faisant chauffer et rougir ses oreilles sans même qu’il y porte une réelle attention, par la force de l’habitude. Ces choses intimes, il n’en parle pas. Il n’y a bien qu’avec Pénélope, qu’il soit capable d’en parler. Qu’il ait envie, d’en parler. « J’en voulais, avant. Avant que Maksim décide de couper tout contact entre nous. Avant qu’il sache que ses enfants ne pourraient jamais grandir sur les terres qui l’ont vu naître, qu’ils n’y seraient pas les bienvenus. Ensuite, je me suis contenté de la science. Puis… je n’ai jamais eu d’opportunités, en ce sens. » Oui et non. Sénéchal, architecte, proche du duc, il a eu nombre de propositions, mais Matvei les a toutes repoussées sans même un regard. Son coeur accroché à une ancienne histoire, son esprit trop occupé à son travail et à se soucier de tout un duché, bien plus que de sa personne. Puis, de toute manière, aucune de ces femmes ne s’est sincèrement intéressée à lui. Il n’a jamais vu ce qui aurait pu les attirer, serait-ce physiquement, dans ce corps trop grand, trop maigre, puis dans sa timidité farouche. Il entend bien Nicolas rire, d’où il est, et lui glisser que c’est bien ce qui le rend attirant, cette maladresse qu’il a déjà qualifiée de touchante. Le Kyréen sait toutefois ce qu’il en est vraiment, hors des compliments intéressés des diables cielsombrois : il n’a ni charme, ni gouaille, pour combler ses écueils, et il ne reste donc rien du tout.

Il se demande, parfois, comment il a bien pu réussir, jadis, à attirer l’attention de Pénélope. Même à cet instant, il se le demande. Ils ont changé, grandi, vieilli, mais Matvei ne peut nier que son coeur bat toujours pour la marquise. À ses formes menues se sont substituées des courbes pleines, et autour de ses yeux déjà se dessinent quelques rides de celle qui sourit et rit souvent, aussi fort que possible.

Matvei baisse les yeux, soudainement embarrassé de ces images, ces idées. Le rouge de ses oreilles transmis à ses joues. « Ljöta ne peut pas avoir d’enfants. » Elle lui a dit, avant qu’ils décident de nouer leurs fiançailles. La croix, finale, sur ce désir de jadis, sur ces rêves qui ne faisaient que s’étioler peu à peu, au fil des années. « N’as-tu jamais souhaité en avoir, Pennia ? » C’est sans doute déplacé, de lui dire qu’elle ferait une bonne mère. Et que jadis, c’est avec celle, qu’il imaginait avoir des enfants. Des filles aussi blondes que Sigrid, souriantes comme Pénélope, ou des garçons sérieux avides de liberté et d’apprentissage. Avant le silence. Avant Ljära.


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Faute avouée 794932WikiFredia
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Message Sujet: Re: Faute avouée   Faute avouée EmptyLun 14 Jan - 0:19

Bien, quelle que soit la question à laquelle il s’attendait, clairement – ce n’était pas celle que tu viens de lui poser. Il semble abasourdi, l’espace d’un instant, et tu dois bien admettre que, peut-être, ton approche manquait de subtilité. Mais comment aborder de tes sujets, aussi ? Il n’y a rien dans le manuel de la parfaite petite marquise que ton défunt père t’a forcée à ingurgiter à tes neuf ans qui soit susceptible de t’indiquer quelle introduction choisir pour de tels propos épineux. L’état actuel de Matvei ne facilite pas non plus la confidence, évidemment – ô Lorilis, s’il restait ainsi définitivement… ? Sa réponse ne t’avance guère – oui et non, comment donc ? Silencieuse, attentive à l’explication qui va certainement venir compléter cette affirmation, tu l’observes vider son verre cul sec, envisageant un instant de faire de même avant de te raviver. Il faut quand même que l’un de vous deux conserve un minimum les idées claires, n’est-ce pas ? Et avec un peu de chance, s’il boit plus que de raison, même tenant compte de la résistante naturelle des Kyréens aux forts breuvages, tu pourras prétendre qu’il a tout imaginé si les choses venait à mal tourner et que sa réaction s’avère désastreuse.

Vous n’en êtes pas encore là, toutefois, et Matvei reprend. Ses explications font sens, et tu hoches gravement la tête, guère surprise d’entendre la part de responsabilité de Maksim dans tout cela. Vous n’en aviez jamais parlé, à l’époque : jamais évoqué l’avenir hypothétique que vous auriez pu avoir, ensemble, si… Si les dieux vous avaient souri. Tu as le cœur serré, un peu, pour cet homme que tu devines solitaire, et qui aurait mérité des années de bonheur – lui qui mérite tant d’être aimé. Tu te souviens de ces instants volés au Destin, de votre complicité discrète, de la chaleur dans ton cœur de le savoir prêt à tout risquer pour ta compagnie. Tu t’en rappelles, oui, avec une nostalgie qui enserre ton âme quand tu te sens si affreusement seule, parfois, dans les moments de découragement quand te guette le désespoir. Tu as grandi, mûri, évolué ; mais l’homme que tu as retrouvé lors de son retour à l’Académie fait toujours battre ton cœur un peu plus fort.

Puis Matvei mentionne Ljöta, et tu retiens de justesse une grimace désabusée lorsque son épouse s’immisce soudain entre vous, simplement esquissée mais si encombrante – tu connais très bien l’absurde exclusivité des Kyréens, et tu sais que le tien t’est devenu irrémédiablement inaccessible lorsqu’il a donné son nom à sa princesse, la sœur de son meilleur ami et redoutable guerrière pour couronner le tout. Stérile, pour compenser tout cela – toutefois, là où d’autres en auraient tiré une joie mesquine, tu es peinée : peinée pour lui, pour cet ami précieux à défaut de plus, pour cet homme si digne et droit qui aurait mérité une nuée d’enfants pour égayer ses jours. Ton sourire se fige un peu aux entournures, une tristesse diffuse envahit ton regard ; et tu bénis la pénombre de dissimuler la réaction que tu n’as pas su contrôler.

Et toi ?
Et toi, Pennia – il est le seul, avec ta chère Liry, à te nommer ainsi – et toi, as-tu déjà voulu en avoir ? Ton sourire passe de la tristesse à l’amertume, et tu hausses une épaule fataliste, ton regard s’égarant le long des rideaux pour fuir le sien. « Tu sais, dans l’Archipel… Les enfants sont un élément incontournable de l’existence, reçus comme une bénédiction et élevés comme des trésors. Ici… Ici, il faut se marier, pour en avoir sans rougir, sans attirer sur eux le mépris et l’opprobre, et je ne – je n’ai pas trouvé d’époux à mon goût pour Bellancre. Je sais bien, ce que l’on dit de la vieille fille qui rendra son marquisat à la couronne quand elle trépassera, je connais les rumeurs qui courent, qui me prétendent… froide, insensible, qui prétendent que je préfère les jupes aux pantalons. Oui, c’est ridicule, tu le sais mieux que quiconque. » Tu sais, toi, pourquoi aucun homme n’a trouvé grâce à tes yeux : c’est juste qu’aucun d’entre eux n’est jamais arrivé à la cheville de ton amour de jadis. « Mais tu sais, au fond… au fond, la marquise toute apprêtée reste une Îlienne, et je… et je… » Ton regard se pose maintenant sur tes mains, crispées dans ton giron, tordant nerveusement le tissu précieux de ta robe.

Tu lui dois la vérité.
Toute nue, sans apprêt, sans faux-semblant.
« J’ai deux enfants, Mati. » annonces-tu calmement, sur le ton chuchoté de la confession.

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Message Sujet: Re: Faute avouée   Faute avouée EmptyVen 25 Jan - 18:59

Il est étrange, de voir Pennia si… distante, soudainement, son sourire teinté d’amertume et de tristesse, son regard si loin du sien. Matvei se sent immédiatement coupable, de générer chez son amie de telles émotions. Lui retourner sa question est probablement ce qui a généré tout ceci. Il aurait dû être plus sensible, plus attentif, et ne pas faire comme tous ceux qui doivent déjà bien trop s’enquérir de tout cela. La marquise ne se dérobe pourtant pas à la question. Il rougit légèrement, parce qu’en effet, il sait mieux que quiconque que Pénélope ne préfère pas les jupes aux pantalons, comme elle l’a si poétiquement exprimé. Il ne peut pas être étonné des rumeurs, toutefois, au sujet de l’Enchanteresse et de son célibat prolongé, de son domaine encore dépourvu d’héritier ou d’héritière, mais il connaît la Bellancre. Elle n’irait jamais se forcer à épouser qui que ce soit par obligation, celle aussi futile, doit-il parfois sembler à son coeur d’Îlienne, de transmettre des terres et un domaine. La vie est bien différente, sur l’Archipel, les moeurs également, et la blonde a toujours été partagée. « Mais tu sais, au fond… au fond, la marquise toute apprêtée reste une Îlienne, et je… et je… » Sent-il, ce qu’elle va lui avouer ? Ces derniers mots jettent une ombre anxieuse, sur le visage du Kyréen, qui fixe les mains de Pénélope, ces mains qui font de sa robe un chiffon tordu et fripé, qui avouent bien plus que les mots tout ce que cache la marquise. « J’ai deux enfants, Mati. »

Il regrette d’avoir bu son eau-de-vie si rapidement.

Le monde tourne, soudainement, autour de Matvei, et le goût fort de l’alcool devient cendré, écoeurant, dans sa gorge. Le monde a tourné, pendant toutes ces années sans se parler. Il s’est fiancé et marié. Comment pouvait-il imaginer, bêtement, secrètement, que la blonde resterait inchangée ? Les enfants sont un élément incontournable de l’existence, elle l’a dit elle-même, et pas de mari ne signifie pas qu’aucune descendance n’a été engendrée. Il doit répondre. Dire quelque chose. Les mots lui manquent, autant que le souffle, mais il ne peut pas laisser le silence s’étirer à l’infini. « Tu… dois être une mère merveilleuse, croasse-t-il finalement, dans une réponse qui sonne suffisamment sincère. Oui, une bonne mère, certainement. Comment en serait-il autrement ? Sont-ils… elles… à l’Archipel ? » Deux enfants élevés dans la nature sauvage de l’île Fauve, loin des obligations de leur marquise de mère, loin de l’opprobre jetée sur leurs innocentes têtes. Matvei ne peut que les imaginer, même si une part de lui refuse d’en savoir davantage, son coeur écrasé par la fatalité.


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Faute avouée 794932WikiFredia
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Message Sujet: Re: Faute avouée   Faute avouée EmptySam 2 Mar - 12:56

L’anxiété te paralyse, et tu continues à malmener le tissu de ta robe, le froissant sans merci à pleine poignée pour tenter de juguler ton angoisse. Il y a tant à perdre ! Tu sais bien que la vie de Matvei a continué sans toi, toutes ces années, que tu n’as plus cette place bien spéciale qu’il t’avait donnée du temps de votre folle jeunesse ; mais tu viens de retrouver un fragment de son amitié, et tu t’en voudrais de perdre son estime. Le silence s’étire, s’allonge, dans un instant terrible où tu t’attends à toutes les réactions possibles, attendant fébrilement de savoir quel couperet au juste va venir s’abattre sur toi pour te faire expier toutes ces années de secret.

C’est visiblement le choc qui l’emporte – et cette gentillesse que Matvei porte chevillée au corps, qui le rend si prévenant à ton égard, quelles que soient les circonstances. Cela ne fait qu’aviver plus amèrement tes remords, et tu tentes de réprimer le douloureux élancement de ton cœur. Le couteau tourne et retourne dans la plaie lorsqu’il reprend la parole, et ton visage se crispe un instant tandis que tu retiens le traître sanglot qui voudrait t’échapper. Tu inspires, profondément, une fois, deux fois ; puis tu trouves le courage d’affronter son regard, accrochant tant bien que mal un pauvre sourire sur tes lèvres, tremblant nettement aux entournures. « Je suis une mère déplorable, car je ne les ai pas élevées, mes jumelles ; elles ont grandi dans le foyer de mon amie Sélène, en Outrevent, et ne savent pas que c’est moi qui les ai mises au monde. » Tu devines l’interrogation dans les yeux du Kyréen, l’incompréhension devant ce que tu expliques : pour une Îlienne, abandonner ses enfants est presque un sacrilège, alors pourquoi… ? « J’étais trop jeune, quand elles sont nées. C’est mon père qui m’a isolée, pendant la fin de ma grossesse, et je me suis enfuie pour leur naissance, j’avais trop peur qu’il ne les fasse tuer pour ne pas entacher sa réputation. Elles savent qu’elles ont été adoptées, et l’une d’elles est venue m’interroger. Ses soupçons sont fondés, mais je ne pouvais pas le lui dire, et avec les derniers événements… »

Tu babilles. Va à l’essentiel. La sobre recommandation d’Elsir, bien plus sérieux qu’à l’accoutumée, recentre tes explications et remet ton discours sur ses rails. « Elles ont dix-neuf ans, Mati. Cette année-là, je n’étais pas malade, comprends-tu… ? Je portais tes filles. »

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