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 As-tu vu la mort et la vie danser ?

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Tara Mille-Visages
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Message Sujet: As-tu vu la mort et la vie danser ?   As-tu vu la mort et la vie danser ? EmptyDim 9 Déc - 18:11


   
Livre III, Chapitre 6 • Puisse le sort vous être favorable
Tara Mille Visages & Tyr Parle d'Or

   
As-tu vu la mort et la vie danser ?

   


   
• Date : 17 novembre 1003
   • Météo (optionnel) : Il fait un grand soleil en cette fin de matinée, même si un petit vent frais souffle par intermittences.
   • Statut du RP : privé
   • Résumé : Tara profite d'un peu de calme pour prendre l'air avec sa fille et propose à Tyr de partager un déjeuner. Pour passer enfin un peu de temps... en famille.
   • Recensement :
   
Code:
• [b]17 novembre 1003 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t4331-as-tu-vu-la-mort-et-la-vie-danser]As-tu vu la mort et la vie danser ?[/url] - [i]Tara Mille Visages & Tyr Parle d'Or[/i]
    Tara profite d'un peu de calme pour prendre l'air avec sa fille et propose à Tyr de partager un déjeuner. Pour passer enfin un peu de temps... en famille. résumé
   

   



   

   
   
   
   
   
   
   
   
   




Dernière édition par Tara Mille-Visages le Dim 9 Déc - 18:11, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: As-tu vu la mort et la vie danser ?   As-tu vu la mort et la vie danser ? EmptyDim 9 Déc - 18:11

J’effleure l’ovale de son visage, un doux sourire se dessinant sur mes lèvres alors qu’elle s’agite un peu et baille, sans se réveiller. Pourtant, l’agitation autour de nous est palpable entre les murs de la Cour. Les enfants babillent et courent un peu partout, plus ou moins poursuivis selon leurs exactions du jour. L’on peut entendre des rires, des cris, le plus souvent sous le regard bienveillants des quelques adultes qui ne sont pas occupés à une tâche quelconque. Ce qui est mon cas aujourd’hui. Mes apprentis sont éparpillés je ne sais où et il n’y a, semble-t-il, pas d’urgence à régler. Alors je profite du beau temps, malgré la fraîcheur, pour prendre un peu l’air.

« Et pour profiter d’elle. Tu ne trompes personne avec ce sourire. » Archimède se pose sur le sommet du couffin, sans même le faire bouger, alors que je hausse une épaule, le regard pétillant. « Je ne cherche à tromper personne voyons. Même pas moi. » Et j’effleure ses plumes avec la même tendresse que lorsque j’ai touché ma fille, mon Familier relevant le bec pour me permettre de le caresser à mon aise alors que mon regard se perd un peu dans le vide.

Je ne trompe personne. Même pas moi.

Pour un peu, j’arriverais presque à m’en convaincre. Amarante va avoir trois mois dans quelques jours et à chaque instant, je bénis ce cadeau des dieux, ce petit miracle. Tout semble si naturel, si normal, que j’arrive presque à croire que c’est totalement réel. Il n’y a que le matin, quand j’entrouvre les yeux et que le jour n’est pas totalement levé, que les ombres semblent planer tout autour de moi, prêtent à m’engloutir si je n’y prête pas attention, que j’ai peur. Ou plutôt, que j’ai le plus peur. Que tout cela ne soit encore et toujours que le fruit de mon imagination, une illusion bien plus forte et tenace que les autres. Après tout, j’ai été capable de me faire passer pour une autre pendant près de vingt ans, pourquoi ne pourrais-je pas me flouer moi-même durant quelques mois ? J’ai beau n’avoir de cesse de me répéter les mots de chacun, surtout ceux de Tyr ou de Merle, de me raccrocher à cette sensation que tout est bien réel, j’ai toujours cet instant dans la journée, ce moment qui m’échappe alors même que je m’en rends à peine compte, où je me dis que, peut-être, tout cela est encore et toujours faux.

Mais je n’ai pas la moindre envie de savoir la vérité si c’est le cas. Je ne veux plus quitter cette vie, même s’il m’arrive d’être épuisée, même s’il m’arrive d’être agacée. Parce que son sourire me fait tellement penser à Tyr et à notre mère que rien ne pourra jamais l’égaler. Fort heureusement, notamment pour la sensibilité de son oncle, elle me ressemble parait-il. Quand bien même les traits de Merle sont des plus agréables à l’oeil, il semblerait qu’elle ait tout pris de moi. Sauf le regard. Elle a les yeux de Merle, je le vois bien. Ce petit froncement de sourcils quand elle souffre une contrariété, qui n’est pas de moi. « Le petit bout d’humain est réveillé on dirait. » Je sursaute aux paroles d’Archimède, réalisant à ce moment-là à quel point j’étais perdue dans mes rêveries.

Elle regarde autour d’elle, agitant ses poings, alors que je me demande ce qu’elle peut réellement voir. Je l’attrape avec douceur et la serre contre mon sein, alors qu’Archimède se met à hululer doucement, juste pour elle, comme il le fait bien souvent. Je suis toujours impressionnée de voir que, malgré le brouhaha ambiant, l’on peut l’écouter sans avoir à réellement tendre l’oreille. C’est comme s’il chantait directement dans notre esprit, même si je sais que ce n’est pas possible pour ma petite. Mais le chant s’arrête brusquement alors que ma chouette souffle joyeusement. « Bonjour Tyr ! Tu te joins à nous pour une collation ? Je crois qu’il y a de la tourte à la viande pour nous. Et du lait pour le petit bout d’humain. » J’ai un sourire timide à l’attention de mon frère aîné. Je me sens toujours un peu empruntée en sa présence, même s’il a fait preuve envers moi d’une bienveillance à toute épreuve. Je sais qu’il a été inquiet au moment de la naissance, même s’il n’a pas vraiment osé s’approcher et que depuis, il a été un peu comme Merle, à ne pas oser s’approcher de cette petite chose toute fragile. Mais le temps semble avoir filé comme un battement de cils et je n’ai guère eu l’occasion de passer un instant seule avec lui. Avec Amarante. Je ne sais si c’est volontaire, de sa part ou de la mienne, ou si c’est juste un acte manqué, rien de plus.
Mais je crois, au final que c’est la première fois où nous retrouvons comme ça. Et le visage d’Amarante s’illumine à le voir se rapprocher, sa tête se tournant vers lui et ses grands yeux semblant le fixer avec une attention toute particulière. « Je crois qu’elle avait hâte de te voir. Tu déjeunes avec nous ? Il y a largement de quoi faire si les garnements ne viennent pas me dérober mon panier. J’ai même des fruits frais et du fromage. » Un peu de légèreté, même si je vois bien dans ses yeux qu’il est préoccupé. Je le connais assez pour cela et, surtout, il s’est passé bien des choses ces derniers temps pour être aussi sereins qu’on le voudrait.



   

   
   
   
   
   
   
   
   
   


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Message Sujet: Re: As-tu vu la mort et la vie danser ?   As-tu vu la mort et la vie danser ? EmptyDim 13 Jan - 21:32

Cela faisait très précisément huit mois et un jour, depuis que je l’avais retrouvée. J’avais vu Tara à plusieurs reprises depuis ce jour fatidique où les masques étaient tombés, mais la vérité conservait ce goût d’amertume. Mes sourires demeuraient forcés. Je m’adressais à elle comme j’aurais pu le faire avec Mille-Visages, avec bienveillance mais aussi avec retenue. C’était plus facile, et à la fois, ce comportement rendait sans doute les choses plus difficiles encore. Elle était ma sœur sans l’être. Elle avait vécu loin de moi, et pourtant si proche à la fois. Nous ne nous étions ni perdus, ni retrouvés.

Elle avait gâché vingt ans de nos vies, mais elle avait également promis d’attendre vingt ans de plus, s’il le fallait, pour que je lui pardonne. Et ce qui paraissait être des paroles en l’air s’avéraient chaque jour un peu plus ne pas l’être. Mon impatiente petite sœur s’était découverte être un trésor de calme et de sérénité depuis. Cette grossesse n’avait finalement pas été un autre de ses mensonges pour fuir la réalité, et la petite Amarante était née. Elle portait le même nom que sa grand-mère et arborait le même sourire. Elle était un cadeau du Destin, comme une promesse de renouveau pour ma sœur.

Et au milieu des cris d’enfants surexcités courant sur les pavés des Miracles, un bruissement d’ailes attira mon attention. Je fronçai les sourcils, quelque peu indisposé, quand Archimède trouva bon de me héler. Je ne m’étais pas encore habitué à ce que le hibou ait une voix, même si ce n’était rien de plus normal pour un Familier. Mais… Pas celui-là. La première fois qu’il avait chantée de la sienne était en de bien d’autres circonstances, placée sous le signe du secret. Il ne m’avait jamais paru aussi enjoué auparavant, sans doute parce qu’il s’était senti libéré d’un poids et se permettait enfin d’être lui-même.

Je n’étais pas certain de vouloir passer du temps avec ma sœur. C’était plus facile quand nous étions tous deux face à face pour des affaires concernant la Cour des Miracles, quand ce n’était pas plus personnel. A son sourire timide, le mien était presque gêné. Je n’avais aucune bonne excuse pour m’esquiver, même si j’aurais pu en trouver des centaines en cherchant bien. Parle-d’Or trouvait toujours une bonne excuse, non ? Alors peut-être que j’en avais vraiment envie. Je m’assis à côté d’elle, le couffin d’Amarante entre nous, comme une distance de sécurité. Je baissai le regard à l’intérieur pour aviser ma nièce, bien éveillée, dont le regard cherchait à accrocher le mien. Elle avait encore de grands yeux bleus, mais son nez et la forme de son visage, quasiment tout, rappelait sa mère. Je constatais avec soulagement qu’elle n’avait pas pris beaucoup de traits de Merle, en espérant que ce soit encore le cas en grandissant, et qu’elle ne développe pas un caractère aussi insupportable.

Je relevai le regard vers Tara, quand elle chercha à traduire les pensées de sa fille. « Tu crois ? C’est encore si innocent à cet âge-là. » C’était étrange de voir Tara autant aux petits soins, comme une parfaite mère de famille. Elle semblait respecter sa parole, ce bébé était le sien. Tant mieux. Si Merle pouvait éviter de lui inculquer ne serait-ce qu’un dixième de ce qu’il mettait dans le crâne de ces enfants qui l’adulaient… « Tu as l’air de bien t’en occuper. Ca lui fait quel âge maintenant ? » Je rajoutai, après un temps de réflexion : « C’est à partir de quand qu’ils commencent à galoper par terre et à babiller déjà ? Que je m’y prépare… » J’essayais de faire de l’humour, sans grande conviction. Je niai de la tête quand elle me proposa de partager son repas avec elle. En vérité, je n’avais pas vraiment faim. « Elle ne doit pas quitter la Cour des Miracles, Tara, et toi non plus. Je crains que ce ne soit plus aussi sûr pour vous, là dehors. »


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Message Sujet: Re: As-tu vu la mort et la vie danser ?   As-tu vu la mort et la vie danser ? EmptySam 16 Fév - 18:05

En voyant Tyr s’approcher de moi je réalise que le temps a filé tellement vite ces derniers mois que je pourrais presque en être effrayée si, pour la première fois depuis bien longtemps, depuis toujours même, je ne me sentais pas enfin moi-même. A ma place. Comme cela a toujours été le cas depuis que j’ai foulé les pavés de la Cour des Miracles mais, cette fois, je n’ai pas à me parer d’un masque quelconque. Oh, je continue bien évidemment à avoir mes secrets, comme tout le monde ou presque autour de moi. Mais n’est-ce pas là le propre de la Cour et de ses enfants ? De pouvoir ne révéler que ce que l’on souhaite, de pouvoir décider de qui l’on est à sa guise, sans la moindre entrave ? Et si quelque chose nous dérange, de pouvoir le laisser de côté… tant que cela ne gâche pas plusieurs vies.

A cette pensée, mon coeur se serre bien malgré moi mais j’arrive à faire face à celui que j’ai le plus blessé en redevenant celle que je n’avais plus osé être durant des années. Et pourtant, il a semblé heureux de me voir revenir à la vie, si tant est que l’on peut appeler la fin de mon mensonge ainsi. Depuis, nos relations ont été on ne peut plus cordiales, une gêne flottant cependant entre nous. Ce qui, au vu de la situation, n’était pas si mal. Et puis, je lui ai bien dit que j’étais prête à attendre vingt ans de plus qu’il me pardonne. Pour que je puisse me pardonner moi-même à ce moment-là. Alors, faire preuve d’impatience ou chercher à forcer les choses ne serait pas la meilleure façon de faire, loin de là. Mais j’avoue être passablement soulagée qu’il prenne place à mes côtés sans se faire prier, quand bien même j’ai le sentiment qu’il hésite, l’espace d’un instant. Mais s’il ne voulait pas, il aurait pu trouver une excuse des plus crédibles sans m’offenser. Je suppose en tout cas. Et je préfère chasser cette pensée de mon esprit alors que mon regard se pose un instant sur une Amarante aux yeux grands ouverts.

Et, quand le regard de Tyr se pose sur moi, je relève la tête, sentant le rouge me monter aux joues, sans bien arriver à saisir pourquoi. Je laisse filer un léger silence, avant de souffler, le bout de mes doigts effleurant la joue de la petite avec douceur. « Je ne sais pas. J’aime à me convaincre qu’elle arrive déjà à formuler des pensées, à faire attention à ce qu’il y a autour d’elle. Et peut-être que c’est juste moi qui avais hâte de te voir en vérité. » Je pique un peu du nez, la moue un rien penaude, même si je lui lance un regard en coin. « Je me demande à quel moment perd-on son innocence. » J’ai parlé dans un murmure et je sursaute presque à sa question. « Elle va avoir trois mois dans quelques jours. Et… merci. J’essaie de faire au mieux. Qu’elle ne manque de rien. Et de ne pas trop l’étouffer dès le départ. Elle a la chance de grandir ici et elle goûtera très tôt à une liberté que peu connaissent. Il va m’être difficile de savoir comment appréhender tout cela. » A son autre question, j’ai une ombre de sourire. « A croire que c’est un sujet d’inquiétude pour beaucoup de monde, n’est-ce pas? » Je lève les yeux en direction d’Archimède, très occupé à picorer une grappe de raisin dans le panier qui s’envole avec un hululement indigné. « Tu serais inquiète toi aussi si elle risquait de t’arracher les plumes ! » Et je secoue la tête avant de reporter mon attention sur Tyr. « Vers un an m’a-t-on dit. Parfois plus tôt, parfois plus tard. Que ce soit pour galoper ou pour marcher. Et je vais éviter de jouer à la maman poule qui pense que son enfant est un génie qui saura tout faire très tôt, je risquerais plus de me ridiculiser qu’autre chose. Tu n’as pas envie de voir des petites mains potelées s’accrocher à ton pantalon et manquer de te faire chuter ? »

Si je me suis fait malicieuse, je retrouve bien vite mon sérieux quand il reprend. Et je le fixe, sourcils légèrement froncés. « Nous avons toujours su nous débrouiller Tyr. Pourquoi est-ce que cette situation t’inquiète plus que d’habitude ? Enfin, si cela peut te rassurer, elle ne sortira pas de là avant bien longtemps et il y a toujours quelqu’un de la Cour pour veiller sur un enfant des miracles. Mais moi... » Je grimace, sans finir ma phrase. J’espère qu’il ne songe pas réellement à m’empêcher de sortir de là, même pour ma protection. Si j’ai eu plaisir à pouponner depuis la naissance d’Amarante, j’ai tout autant de plaisir à renouer avec le monde extérieur, quand bien même il est beaucoup plus dangereux qu’avant semble-t-il.



   

   
   
   
   
   
   
   
   
   


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Message Sujet: Re: As-tu vu la mort et la vie danser ?   As-tu vu la mort et la vie danser ? EmptyLun 4 Mar - 19:58

C’était étrange. Nous étions comme deux vieux amis qui tentaient de renouer contact, après s’être perdus de vue pendant de très longues années, sans savoir comment faire. Alors on parlait de choses sans conséquence, on prenait des nouvelles l’un de l’autre, et puis… Nous étions également ces deux amis-là qui s’étaient disputés si violemment, après des non-dits qui avaient brisé le lien qui les unissait, et cherchaient ensuite à faire la paix sans trop savoir comment s’y prendre. Oui, nous étions sans doute un peu des deux. Un frère et une sœur perdus, désemparés, qui ne savaient plus comment faire pour s’aimer.

Je le vis bien, dans son regard voilé et incertain, à se poser mille questions sur mon compte. Le moindre de mes gestes était étudié, décortiqué. Elle agissait comme un petit animal méfiant qui s’attendait, à tout moment, à ce qu’une main tendue se transforme en poing serré. Changer la donne entre nous prendrait du temps et… Nous avions tous les deux besoins de ce temps pour s’apprivoiser à nouveau. Inutile de brûler les étapes, sauf à risquer de plonger à nouveau droit dans ce même précipice, celui qui avait manqué de le tuer, et qui avait manqué de nous séparer.

Être là, avec elle, ne me demandait pas d’efforts particuliers. Tara suscitait en moi ce même sentiment de douceur et de tristesse mélangées. La mort violente de Jamal avait au moins permis d’apaiser un peu ma colère, assez pour que je ne la déverse plus sur ma sœur, avec une violence que personne ne connaissait à Tyr Parle-d’Or.

Je passai deux mains au-dessus du couffin, mes doigts s’agitant habilement pour retranscrire quelques mots avec le Signe. Ta mère pense que tu seras intelligente comme elle. Moi aussi, à condition que tu n’écoutes pas ton père. J’entendis le rire d’Amaranthe me répondre, tandis qu’elle tentait d’attraper mes doigts qui s’agitaient dans le vide. Un sourire malicieux étira mes lèvres en réponse. « Tu as raison. Elle comprend déjà le Signe. Et en plus, elle me trouve drôle. »

Je relevai le regard vers Tara qui n’avait sans doute rien perdue des quelques mots glissés silencieusement à Amaranthe. Trois mois, déjà. Je réalisais que Tara avait sans doute toujours voulu avoir des enfants, en se convaincant pourtant que cette chance ne lui serait jamais offerte. Peut-être aurait-elle-même eu la présence d’esprit de choisir quelqu’un d’autres que Merle pour compagnon, si elle avait su. Je reposai mes mains contre le muret, bien plus sages. « Elle ne manquera de rien à la Cour des Miracles, mais c’est elle qui choisira la voie qu’elle veut suivre, et elle ne sera peut-être pas parmi nous… Même si j’en doute. N’est-ce pas le choix que nous avons tous les deux faits, plutôt inconsciemment même ? »

Je piquai quelques grains de raisin, suivant du regard un Archimède quelque peu inquiet. Je lâchai un bref rire à sa remarque, me rendant subitement compte du ridicule de ma question à le voir réagir ainsi. « Non, les enfants, ça ne m’a jamais tenté… J’ai déjà beaucoup à faire à la Cour des Miracles. Le rare temps libre qu’il me reste, je préfère le consacrer à m’amuser un peu. Et élever des enfants, ce n’est pas très amusant. »

Je retrouvai bien vite mon sérieux, soudain bien plus soucieux, vu à la situation actuelle. Tara avait sans doute raison, nous avions toujours su nous débrouiller, mais… « Parce que les Dieux nous ont abandonné, et que c’est bien une première, Tara. Ici, à la Cour, Isil nous protège. Les incidents se multiplient dehors… Tout peut arriver. » Ma sœur voulait me rassurer, me conforter dans le fait qu’il n’était pas question qu’Amaranthe sorte de la Cour… Mais elle ? « Elle a besoin de toi, Tara. Tu comprends ? Ça veut dire qu’il va falloir éviter les missions audacieuses et les laisser à d’autres. Tu peux plus te permettre de faire comme moi, à prendre n’importe quel risque en te disant que ça va passer… Elle n’a que toi. » Je songeais, bien involontairement, au bambin que j’avais laissé derrière moi, de longues années auparavant. Sa mère était morte, et qu’était-elle devenue ensuite ? Aucune idée. Merle et moi étions pareils là-dessus. Trop libres pour se laisser enchaîner. Il veillerait sur elle, bien sûr, mais le cœur de son univers… C’était Tara.

Je soufflai doucement : « On ne sait pas si les Dieux vont revenir. On ne sait même pas s’ils sont morts ou vivants, et si ce concept peut s’appliquer à eux. On ne sait rien du tout. Tu vas être très occupée les prochains mois, si on veut tenter de démêler le mystère de ces disparitions. Et encore plus à éviter que nos voleurs ne meurent accidentellement, car nous ne pourrons pas entièrement nous reposer sur Isil pour nous protéger du pire. »


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Message Sujet: Re: As-tu vu la mort et la vie danser ?   As-tu vu la mort et la vie danser ? EmptyJeu 21 Mar - 20:31

Qu’il a changé ce frère protecteur que j’avais tant peur d’affronter. Je sais que j’ai brisé quelque chose ce jour-là, même si toute une vie ne sera peut-être pas suffisante pour arriver à saisir tout ce qui a changé et à quel point nous arriverons tous les deux à construire quelque chose de solide, qui nous permettent de nous entendre enfin. Nous ne serons plus jamais ce frère et cette sœur qui se sont perdus, il y a vingt ans de cela. Mais nous restons bien plus que deux compères de la Cour des Miracles. Sa confiance m’est tout aussi importante que son amour. Et je ne veux pas faire quoi que ce soit qui m’empêche de retrouver l’un ou l’autre. Alors je dois sembler bien maladroite, empotée et peu sûre de moi. Contrairement à d’habitude.

Pourtant il sait. Que j’attendrais le temps qu’il faudra. Pour que les plaies s’apaisent, que notre relation trouve naturellement son chemin sans que le mensonge n’entrave quoi que ce soit entre nous. Et sa présence m’apaise bien plus que je le voudrais. Qu’il n’ait pas l’envie de passer son chemin, qu’il s’intéresse à ma fille, tout cela me réchauffe le coeur et je ne peux m’empêcher de lui offrir un sourire moins timide, plus assuré, sans avoir peur de me faire rabrouer, consciemment ou non.

Je lève un sourcil quand je le vois utiliser le Signe avec Amarante, soufflant un rire en écho à celui de ma petite alors que je lève les yeux au ciel. « Je risque d’exploser d’orgueil, tu en es conscient Tyr ? » Et ma fille attrape son doigt, le serrant avec autant de force que peut le faire un si petit être plein de vie. « Tu as toujours su charmer les demoiselles, elle ne fera probablement pas exception et te trouvera fort amusant, je n’en doute pas. » Je me sens rougir, sans bien savoir pourquoi, quand il lève les yeux vers moi et j’ai un sourire alors qu’Amarante finit par le relâcher et qu’il semble retrouver une distance de sécurité, ou quelque chose dans le genre. « Elle ne pouvait pas grandir dans un meilleur endroit. Ici, elle pourra être qui elle voudra, sans barrière, sans entrave. Elle n’aura pas à avoir peur, elle n’aura pas à avoir honte de quoi que ce soit. Cette liberté, c’est un cadeau que nous avons. Et je veux qu’elle en comprenne toute la valeur. Mais si elle veut une vie toute autre, je sais que je serais en mesure de lui offrir. » Je laisse filer un silence, effleurant le couffin avant de reprendre, d’une voix douce. « Je sais que j’en fais trop, mais je n’ai jamais regretté mon choix de rejoindre la Cour et ce qu’elle a pu m’apporter. Et toi ? » Sans cela, je ne l’aurais probablement jamais retrouvé, même s’il m’a fallu toute une vie ou presque. Et Amarante ne serait jamais venue au monde.

Je regarde Archimède pousser la main de Tyr, réclamant clairement qu’il partage un de ses grains de raisin avant d’esquisser un sourire amusé. « Et oserai-je demander comment Tyr Parle-d’Or s’amuse ou je risque d’être choquée et de devoir couvrir les oreilles de ta nièce ? » Quant au reste… je soupire et je hoche la tête. « Oh pourtant, c’est fort amusant tout cela. Les nuits blanches, les pleurs sans en comprendre la raison, cette peur de ne pas être à la hauteur de tout ce qu’elle mérite… ce genre de choses. » Mon regard s’est fait pétillant de malice à mon tour, alors que j’en oublie l’espace d’un instant cette gaucherie que j’ai en sa présence. « J’ai l’impression de ne pas avoir assez de temps pour faire tout ce que je voudrais, pour profiter de sa présence, de vous, de tout. Mais c’est plutôt une bonne chose non ? »

Et j’ai un soupir à peine audible quand Tyr retrouve son sérieux. Je le fixe longuement, songeuse. « Penses-tu vraiment qu’ils nous ont abandonnés pour de bon ? Qu’ils ne nous mettent pas à l’épreuve pour savoir si nous sommes capables d’être forts malgré leur absence ? Ou peut-être sommes-nous allés trop loin, à nous croire capables de tout. La magie a été manipulée, le temps également. Et nous n’avons pas forcément toutes les clés pour comprendre ce que nous faisons. » Je me fige un instant quand il continue et je finis par hocher la tête, le coeur un peu serré. « Elle n’a que moi. Je sais. Même si elle peut compter sur vous et votre protection, quoi qu’il arrive. Mais ne devrais-je pas tout faire pour veiller sur elle ? Quel qu’en soit le prix ? » Je n’avais pas vu les choses comme lui, autant être parfaitement honnête. Et ses propos entraînent nombre de réflexions qui commencent à se bousculer dans mon esprit, que ce soit au niveau personnel qu’au niveau de la Cour et de ce que tout cela peut bien impliquer.

Et je fronce légèrement les sourcils, mon regard se perdant un instant dans le vide. « Tu crois qu’Isil pourrait aussi nous abandonner ? » Cette pensée me fait plus peur que je ne veux bien le reconnaître. Pour autant, je préfère ne pas trop m’appesantir sur ce sentiment et je continue, attentive à ses réactions. « Tu me dis que je vais être fort occupée. A quoi songes-tu exactement ? Si tu ne souhaites pas que je prenne de risques, c’est que tu as pensé à quelque chose ou pas vraiment ? » Alors que je parle, Amarante se met à gazouiller joyeusement dans son couffin, accompagnée par Archimède qui a fini par se poser sur le rebord, la fixant, protecteur comme toujours depuis qu’elle a ouvert les yeux pour la première fois.



   

   
   
   
   
   
   
   
   
   


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Message Sujet: Re: As-tu vu la mort et la vie danser ?   As-tu vu la mort et la vie danser ? EmptyDim 21 Avr - 19:48

Je me fendis d’un sourire faussement innocent vers ma sœur, faisant mine de ne pas comprendre. Mon sourire se fit ensuite mutin pour Amarante, quand elle interrompit mes signes en m’attrapant le doigt. Sa main en faisait tout juste le tour. Cette si petite chose…

Je lâchai un bref rire à la remarque de Tara, qui ne manqua pas de complimenter mes charmes auprès de la gente féminine, décochant un clin d’œil à ma nièce en réponse. Ce petit être était attendrissant, impossible de le nier. J’en oubliais presque cette gêne qui s’étirait entre nous, dont je n’étais pas non plus étranger. Je ne cessai de fixer la petite, avec un sourire pensif. « Elle ne manquera de rien. Sur les pavés de la Cour, elle deviendra qui elle veut être. N’est-ce pas ce que nous avons tous souhaité un jour, en la rejoignant ? Je ne regrette pas non plus mon choix d’avoir rejoint la Cour des Miracles, même si cette existence s’est révélée parfois bien difficile. Le plus dur, en vérité, a été de franchir le pas. Je l’ai fait sous le coup de la colère et de l’indignation. Je n’ai compris que récemment que c’est en ébranlant les fondations d’une vie entière que j’ai su me libérer de ces entraves pour devenir celui que j’étais vraiment, au fond de moi… Celui que l’on nomme Parle-d’Or. » Comprenait-elle ? J’avais peut-être rejoint les pavés de la Cour, fou de chagrin à sa perte, mais ce choix m’avait toujours paru le plus judicieux. J’avais regretté sa perte comme nul autre, mais si j’étais amer envers elle, qui m’avait arraché – volé même – un pan de mon existence, une part de moi la remerciait de m’en avoir privé un temps pour ouvrir les yeux. Peut-être, oui… Peut-être qu’au fond, je l’avais toujours su, et que j’avais accepté sur mes traces cette jeune mage de l’illusion précisément parce que c’était elle. J’avais naturellement pris le rôle de mentor avec ma très chère sœur. N’étions-nous pas deux à nous mentir sur la nature exacte de notre relation depuis toujours ?

Archimède me sortit de mes pensées, à pousser ma main de son bec pour partager quelques grains de raisin. Je la retirai précipitamment, de peur que Tara n’en ressente des effets néfastes, lui tendant du bout des doigts grain par grain les raisins demandés. Je le réprimandai gentiment en retour. « Tu sais parler, maintenant, non ? Demande, alors. » Mon sourire s’étira, amusé, à la question innocente de ma soeur sur mes activités qui survint ensuite. « Pas devant les enfants, voyons. » Je me nourrissais de mystère, de n’importe quelle nature qu’il soit, et l’entretenir était tout aussi divertissant. Tara en savait bien quelque chose.

J’arrêtai mon geste, un grain de raisin laissé en suspens au-dessus de la tête d’Archimède, trop haut pour qu’il puisse s’en emparer sans jouer de ses ailes. « Tu es trop exigeante avec toi, Tara. » Sans doute était-ce de famille, non ? Moi-même ne m’étais pas senti à la hauteur, mais contrairement à elle, j’avais préféré confier cette lourde tâche à d’autres plutôt que de l’assumer seul. En cela, elle forçait l’admiration. « Tu t'en sortiras très bien, et ce qui est sûr, c’est que tu ne risques jamais de t’ennuyer ! »

Je fourrai le grain de raisin dans le bec d’Archimède, subitement plus sérieux, à l’évocation des Dieux. Tout ce qui se tramait actuellement n’augurait rien de bon. « Les temps changent, Tara. J’ai bien peur que ce soit de pire en pire… Loin de moi l’idée de jouer les sombres prophètes, mais le temps chamboulé, la magie empoisonnée, la reprise des hostilités entre les deux empires, la Chasse Sauvage et maintenant les Dieux qui nous abandonnent ? Notre monde est en péril, comme malade. A nous d’évoluer avec le changement, ou de périr car nous refusons de l’admettre. Isil est encore de notre côté, alors fions-nous uniquement à elle, pour le moment… Et surtout à nous-mêmes. » Oui, car Isil pourrait bien également disparaître à son tour, même si je n’ose pas le formuler à voix haute. Tara comprit rapidement mes craintes profondes, qui se passaient de mots. « Ma priorité restera toujours de vous protéger, toutes les deux, ainsi que la Cour des Miracles dans son ensemble. Nous devons comprendre pourquoi les Dieux ont disparus, et la vérité doit se cacher ici, à Lorgol, peut-être même au sein de la Cour des Miracles. Si on ne peut pas les ramener, alors on doit apprendre à faire sans eux. Que choisis-tu, Tara ? Veux-tu continuer de croire en eux, ou avant tout en toi ? »


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Message Sujet: Re: As-tu vu la mort et la vie danser ?   As-tu vu la mort et la vie danser ? EmptyDim 9 Juin - 21:42

Je me demande, l’espace d’un instant, à voir son sourire, combien de jeune demoiselles sont tombées dans le panneau et sous son charme. Mais la petite sœur que j’ai été se dit qu’elle se passerait fort bien de cette information et je me contente de glousser doucement, mon attention se focalisant presque aussitôt sur la scène que j’ai sous les yeux. Et mon coeur se réchauffe à le voir sourire de la sorte à ma petite fille. Je sais que tout n’est pas oublié et encor moins pardonné. Pour autant, j’ai bon espoir sur l’avenir que nous pourrons avoir. Et s’il ne peut plus jamais vraiment me considérer comme sa sœur, je me dis qu’il pourra voir Amarante comme un membre de sa famille.

Je laisse filer un silence à ses propos, avant de hocher la tête, un doux sourire se dessinant sur mes lèvres. Même si ma voix est triste lorsque je reprends la parole. « Je suis partagée en cet instant en vérité. Une part de moi regrette profondément que tu aies dû en passer par là pour devenir celui qui tu avais toujours été. Et l’autre est heureuse de pouvoir parler à Parle-d’Or. Parce que je ne vois pas mon existence sans lui et encore moins celle de la Cour ou d’Amarante. Tu fais partie de ceux qui pourront lui montrer quelles sont les voies possibles, à quel point elle a de la chance de grandir ici. » Et j’ai une espèce de rire qui meurt dans ma gorge quand je reprends, regardant autour de nous. « Quand j’y pense, je n’arrive plus à imaginer nos vies autrement. » Je n’irais par jusqu’à dire que c’était notre destinée mais, l’espace d’un instant, je me demande si ce n’était pas le cas. Si toute cette douleur n’a pas été le prix à payer pour cette liberté unique qui est la nôtre, à laquelle nous n’aurions jamais pu goûter autrement.

J’ai un frisson lorsqu’Archimède effleure de son bec la main de mon aîné, mais je n’ai pas le temps de réagir davantage que Tyr retire sa main. Et je ne peux m’empêcher de sourire à sa remarque alors que mon Familier laisser échapper un hululement que je pourrais qualifier de vexé. « Les mauvais réflexes ont parfois la vie dure. Et il a dû se taire tellement longtemps que parfois, il en oublie que ce n’est plus nécessaire. » A son sourire qui se fait plus large lorsque je le questionne, j’éclate d’un rire presque enfantin, non sans mettre une main devant ma bouche alors que je rougis bien malgré moi. « Idiot va. » Et je lui assène une petite tape sur le bras en secouant la tête avant de reprendre, un brin plus sérieuse. « Tu sais ce que c’est d’être exigeant envers soi-même non ? Tu pourrais me donner des leçons je crois bien. » Je ne peux m’empêcher de me relever pour embrasser la petite sur le sommet du crâne alors qu’elle laisse filer un bâillement. « Je ne sais pas si je m’en sortirais très bien, mais je ferais de mon mieux. Tous les jours. C’est la meilleure promesse que je puisse lui faire. »

J’ai un soupir alors qu’il reprend et qu’il s’est fait plus sérieux en parlant des Dieux. Et j’aimerais pouvoir fermer les yeux sur le monde autour de nous, sur ce qui se passe, pour ne me focaliser que sur ma fille. Mais je n’ai jamais été comme cela, je ne compte pas devenir lâche maintenant qu’elle est venue au monde. c’est tout le contraire qui doit arriver, surtout si les temps deviennent difficiles.  « … à ton avis, que se passe-t-il Tyr ? Pourquoi tout est chamboulé de la sorte ? » Je le fixe longuement, les yeux un peu écarquillés, comme la petite sœur que j’ai été il y a bien longtemps et qui espère que son frère aura toutes les réponses. « Il y a bien trop de choses qui arrivent en même temps pour ce que ne soit qu’une simple coïncidence. Comme si tout se liguait contre les hommes pour qu’ils trébuchent encore et encore, jusqu’à la fois de trop. » Je garde le silence quelques instants au reste de ses propos avant de tendre la main et de la poser sur la sienne, même si je crains une rebuffade. « C’est en nous que je crois Tyr. En toi, en eux... » Je désigne les membres de la Cour autour de nous de mon autre main. « Je ne sais pas si les Dieux voudront encore veiller sur nous ou si tout va changer mais, dans le fond, cela importe peu. Tant que nous sommes ensemble. » Nous sommes capables de tout non ?



   

   
   
   
   
   
   
   
   
   


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