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 Le regard que l'Histoire portera sur toi

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La Noblesse
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Martial de Bellifère
Martial de Bellifère

Messages : 647
J'ai : 27 ans
Je suis : Duc de Bellifère

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : Bellifère avant tout, Ibélène mais non l'homme sur son trône.
Mes autres visages: Gauthier ; Jehanne ; Hector ; Meldred
Message Sujet: Le regard que l'Histoire portera sur toi   Le regard que l'Histoire portera sur toi EmptySam 15 Déc - 1:31


   
Livre IV, Chapitre 1 • Les Labyrinthes de Sithis
Martial de Bellifère

   
Le regard que l'Histoire portera sur toi

   

   


   
• Date : 1er décembre 1003
   • Météo (optionnel) : Nuit.
   • Statut du RP : SOLO
   • Résumé : Insomnie, culpabilité et déni mènent Martial à réaliser plusieurs choses, autant sur Bellifère que sur lui-même.
   • Recensement :
   
Code:
• [b]1er décembre 1003:[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t4382-le-regard-que-l-histoire-portera-sur-toi]Le regard que l'Histoire portera sur toi[/url] - [i]Martial de Bellifère[/i]
   Insomnie, culpabilité et déni mènent Martial à réaliser plusieurs choses, autant sur Bellifère que sur lui-même.
   

   


CE BÉBÉ EST MORT À L'APOCALYPSE.
(Je suis fun, joie et amour)




Dernière édition par Martial de Bellifère le Sam 15 Déc - 1:42, édité 1 fois
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J'ai fait allégeance à : Bellifère avant tout, Ibélène mais non l'homme sur son trône.
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Message Sujet: Re: Le regard que l'Histoire portera sur toi   Le regard que l'Histoire portera sur toi EmptySam 15 Déc - 1:41

Quatre jours. Quatre jours depuis que dans le palais ducal le couple a réintégré ses fonctions - repris sa couronne, retrouvé ses marques et son pouvoir, suite à une chevauchée à travers le duché. Quatre jours que Martial prétend, qu’il se donne, qu’il ne vit pas, il n’a pas à vivre il a à diriger un duché qui s’effondre.
Il a changé. Le regard plus orageux. Le port peut-être plus droit - et si son apparence est soignée, il garde quelque chose de sombre dans sa démarche.  Il a changé. Il faut dire que les quelques mois en Outrevent n’ont pas aidé, que le massacre de l’Académie l’a touché, que le vide résonne au fond de lui. Il faut dire que les casernes qui s’effondrent, les ravins qui se creusent lui donnent des insomnies. Dormir, il n’en a pas besoin. Vivre, il le fera plus tard.
Il est de retour, et c’est bien assez.
Il y a tant à faire, tant à reprendre et réorganiser. Tant à prétendre, et il s’acquitte de ce rôle naturel qu’il aime jouer avec sa dévotion toute particulière. Il laisse la duchesse retrouver ses marques, faire ce que font les femmes - pas grand chose. Il redevient Martial de Bellifère, et, tant que le jour brille, on peut dire que rien n’a changé.

C’est la nuit que tout devient plus compliqué. Quand les chandelles s’éteignent, que seuls restent les quelques gardes qui ont l’obligation de rester éveillés - on les paye en conséquence, pour le risque, quand le palais ducal de Hacheclair devient silencieux, que sa femme a regagné ses appartements et que lui-même se retrouve seul dans les siens. Quatre jours qu’il n’y dort pas. Appartements dévastés, envahis par l’odeur et la présence d’un autre. Les draps ont été changés, les meubles n’ont pas bougés, mais le fait est là : où que le duc pose les yeux, où qu’il détourne son regard, il a l’impression de voir la silhouette de Guillaume profaner sa chambre. Il ne pourra pas dormir ici, pas ce soir, aucun autre soir. Son lit lui fait horreur, sur le matelas où il devrait reposer il ne peut même pas s’allonger sans avoir l’impression d’être un étranger.
Il ne peut pas rester ici. Il ne veut pas rester ici, dans cette chambre qui l’a vu grandir et changer. Il s’y est installé quand les chambres de l’aile est ont été condamnées, lors de l’épidémie de fièvre, et n’a jamais voulu changer. Le changement, ce n’est pas Martial.
Ce n’était pas Martial.

Ce soir, il voudrait détruire ce château pierre par pierre.
Démolir les portes, brûler les tentures, briser les chaises, les tables, déchiqueter les tapis, fracasser les carreaux, tordre les chandeliers, exploser les serrures, éventrer les matelas, jeter les papiers qui s’entassent sur ce bureau, fendre à la hache de guerre cette table ronde du conseil, écraser sous le talon de sa botte fatiguée les encriers pour avoir le plaisir de voir l’encre se répandre comme le sang des martyrs dans l’arène, faire voler en éclats les miroirs, démembrer le parquet comme s’il était vivant, fissurer les pavés pour les voir se scinder en un milliers d’éclats. Tout détruire, mettre le feu aux chutes et puis se tenir au milieu des gravats pour enfin être libéré de la présence de Guillaume.
Elle flotte dans l’air, elle imprègne l’instant et les lieux. Lourde. Suintante. Elle est là, et Martial la fuit ce soir.
Il sort en hâte, encore en pantalon et chemise.
Il ne sait pas où il va.
Il passe devant la porte close des appartements de Séverine sans s’y arrêter, dépasse ceux de Madeleine désormais inoccupés. Ici comme ailleurs, les portes sont marquées de cette trace sombre et odorante.

Sa main s’immobilise sur la poignée de la double porte d’Ermengarde et pour un moment, il pense à aller la déranger juste pour lui parler, pour qu’elle le rassure, pour qu’elle soit là, pour ces discussions dont personne n’a jamais rien su sur le passé et le futur de ce duché dont ils ont tenu la destinée entre leurs mains.
Elle ne te répondra pas.

Sa main se serre sur la poignée.
Elle ne répondra jamais plus.
Le fer est froid contre sa peau, contre sa paume. Il est figé.
Laisse-la.
Il n’y arrive pas.
Lâche la poignée, Martial.
Il ne veut pas.
Laisse-la.

Il finit par céder.
Le fer, discrètement gravé aux armes du duché, a laissé une marque rougeâtre dans sa main qu’il contemple alors qu’elle s’efface doucement. Il recule.
Ses pas résonnent sur le sol de pierre. S’éloignent.
Il suit le couloir, passe des pièces inoccupées, emprunte un escalier, un autre, des couloirs étroits aux murs aveugles, des degrés abrupts craquelés menant sur des pièces oubliées.
Martial connaît chaque recoin de ce palais, son plan est gravé dans sa mémoire.
Ici, il avance à l’aveugle, et dans la pierre sent les dates gravées.
Dans ces pièces, il sait ne rencontrer personne d’autre que lui-même.
D’autres sont passés ici, avant. Il y a si longtemps.
D’autres qui voulaient qu’on se souviennent d’eux.

Voyager dans le palais d’Hacheclair, c’est vivre le passé de Bellifère. Vivre les affrontements, les pactes, les trahisons, les alliances, les vies. C’est vivre les traités qui au fil des siècles ont repoussé les femmes à leur place actuelle, vivre les assassinats de généraux trop ambitieux, vivre le coup d’état. Vivre les morts, aussi. Vivre Juste, le dernier duc ; mais également vivre Achille, Hémon, Auguste, Quintus, Valérien, Flavius, Néron, Tibère.
Ermengarde ?
Voyager dans le palais d’Hacheclair, c’est vivre l’histoire du duché de la guerre. Vivre l’histoire où les duchesses ne sont pas. Elles n’existent pas, il le sait. Le nom des duchesses qui ont précédé la sienne n’est mentionné nulle part - dans les livres de sa lignée, même les princesses sont oblitérées.
Et il tente de se convaincre que c’est normal.
Et il tente de se convaincre qu’Ermengarde doit être oubliée.

Il rencontre une porte close, à la serrure piquetée de rouille. Son souffle est court, comme s’il avait couru. Couru pour échapper au deuil, pour échapper à ses remords, pour échapper à son éducation, aux souvenirs, à l’avenir qui tangue, à la Chasse qui le suit où qu’il aille dans un coin de son esprit, à son existence, à ces morceaux de lui qui autrefois faisaient sens et lui semblent maintenant stupides, à Bellifère, à lui-même. Il pousse sur le battant, sans vraiment y songer. Elle s’ouvre dans un craquement.
La fraîcheur de la coursive semble coller autour de ses yeux. Devant lui, un couloir dallé. Il sait où il est. Une nouvelle volée de marches qu’il emprunte, pour déboucher à un étage qu’il sait peu emprunté. Personne ne se hasarde dans l’aile est, depuis que la mort s’y est installée.  Il hésite, rongé par la peur d’avancer.
Parcourir l’histoire de Bellifère, c’est se convaincre de s’affronter.

Ici, Guillaume de Brumecor n’a pas apposé sa marque.
Ici, le temps s’est arrêté un soir d’octobre 985, en même temps que le souffle de Juste. On a refermé la porte de la chambre ducale, scellé les lieux sur ordre de la nouvelle duchesse, désormais régnante. Les meubles et les gens avaient déjà été déménagés à l’autre bout du palais.
Ici, l’air, les murs, la lumière sont purs. Martial a l’impression de respirer avec plus d’aisance. C’est son palais. Celui qu’il a quitté contre son gré le soir de son anniversaire. Son duché. C’est là qu’il est né, là qu’il a vécu, là qu’il vivra toujours. Là où sa famille a laissé sa trace.
Là où les hommes ont posé leur histoire, oblitérant leurs épouses, leurs amantes, leurs sœurs.


Son coeur continue de tambouriner,. Son visage entier est glacé par le vent qu’il a l’impression de sentir - mais les fenêtres sont fermées. Sa vue se brouille, un peu. Une clé de sa poche glisse dans une serrure qui claque alors que le duc de Bellifère déverrouille l’entrée des appartements de ses prédécesseurs.
Les portes de chêne s’ouvrent et se referment sur lui. Il s’adosse au montant, les yeux fermés. Sa main se porte à son visage, qu’il n’ose même pas essuyer. De toute manière, personne ne peut témoigner qu’il a pleuré.

Ici, le monde est paisible.
Ici, le monde est vierge de la présence néfaste qu’il a laissé infecter son duché.
Ici, Martial peut être Martial, celui revenu de la Chasse et celui d’avant la fièvre. Ici, Martial peut arrêter de prétendre.
Ici, Martial pour la première fois prend conscience. Conscience du vide, dans l’histoire.
Conscience que c’est stupide.

Pourquoi doit-il l’oublier ? Pourquoi doit-il prétendre qu’elle n’est plus, qu’elle n’a été qu’une femme, que son nom doit être effacé ? Pourquoi ses actes, à elle, ne peuvent-ils être écrits dans les livres ?
On lui a dit les femmes faibles, indignes de rester dans les mémoires. On lui a dit les femmes vénales, corruptibles, stupides, incapables de réfléchir, soumises surtout à l’autorité. On lui a dit, et il a cru sans vouloir se question.
On lui a dit et à cause d’eux, personne ne veut se souvenir de celle qui n’était rien de tout ça.

On lui a dit que c’était ça Bellifère : le duché des armes, de la guerre, des hommes surtout.
On lui a dit.
Et ce n’est pas ce qu’il croit. Et pour la première fois, il ose le dire.
Parce que dans ce Bellifère-là, pas un n’osera pour l’ancienne duchesse porter un deuil même minime, pas un n’osera honorer sa mémoire ou se souvenir de ses actes, pas un n’osera parler de celle qui a osé monter sur le trône qu’aucune encore n’avait osé seulement effleurer. Dans ce Bellifère-là, on parlera toujours de la régence de l’ancienne femme du précédent duc. Dans ce Bellifère-là, son nom sera oublié.
L’histoire ne retiendra pas Ermengarde, dans ce Bellifère-là.

À ce Bellifère-là, Martial n'est plus sûr d'appartenir. Il veut la vérité dans son ensemble, rendre au duché de la Guerre la plus grande de ses guerrières, et toutes celles qui sûrement ont été oubliées.
Il veut Bellifère.
Celui qui croit et honore ceux qui se battent avec vaillance, celui dont la force et le talent militaire n’ont d’égal que son attente pour la paix. Celui qui sait le sacrifice, qui connaît son passé et sait le dépasser.

Que feras-tu, alors, Martial ?
Les heures passent. Il ne s’endort pas. Appuyé contre la porte, il réfléchit, il pense, il cherche. Il baigne dans la paix diffuse qui entoure toute crise de larmes, quand le chagrin est évacué et qu’il ne reste plus que la bienheureuse fatigue.
C’est un deuil qu’il fait. Un dernier adieu à la dernière duchesse. Une promesse de ne pas détruire ce qu’elle a entrepris. De continuer, d’avancer sur sa voie, de reprendre le bon chemin. D’être Martial, celui qu’elle a connu et qu’elle a pensé digne. De ne pas être l’homme toxique, dans ses gestes comme ses pensées, qu’il a fabriqué pour être aimé – cet homme, Famine a entrepris de le détruire.
Lorsque le jour se lève, il se glisse en silence dans son bureau, le regard embrumé mais le geste et la paroles sûrs.
Le ciel est rouge, par la croisée derrière lui.

Pour Bellifère, tu éclateras un peu plus la cuirasse que tu t’es forgé. Pour Bellifère, tu apparaîtras fort dans ce que tu as toujours dissimulé, tu éparpilleras au vent les miettes de cette discipline qui t’as pendant douze ans empoisonné. Tu seras vrai, tu seras ferme, tu seras ce dont ils ont besoin pour grandir et ne plus stagner dans une fausse grandeur. Pour Bellifère, pour que changent les choses, pour que ton duché se relève.
Pour Bellifère tu prendras le chemin le plus périlleux, mais en douceur tu les écarteras du précipice où leur orgueil allait finir par les mener. Tu tiens les rênes, maintenant, Martial, et tu sembles savoir cette fois, où tu vas.
Je suis fière de toi.


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