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 La Voleuse et l'Assassin

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Eloïse Brûmagie
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Message Sujet: La Voleuse et l'Assassin   La Voleuse et l'Assassin EmptySam 29 Déc - 11:41


Livre IV, Chapitre 1 • Les Labyrinthes de Sithis
Éloïse Brûmagie & Gauthier Coeurbois

La voleuse et l'assassin

Poison à domicile



• Date : 05 Décembre 1003
• Météo (optionnel) : Froid
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Alors qu'Eloïse entre dans une maison inconnue pour trouver de quoi passer l'hiver, elle tombe sur Gauthier qui venait vérifier l'état de sa dernière victime. Quelque chose qu'elle n'aurait jamais dû voir...
• Recensement :
Code:
• [b]05 Décembre 1003[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t4422-la-voleuse-et-l-assassin#164705]La voleuse et l'assassin[/url] - [i]Éloïse Brûmagie & Gauthier Coeurbois[/i]
Alors qu'Eloïse entre dans une maison inconnue pour trouver de quoi passer l'hiver, elle tombe sur Gauthier qui venait vérifier l'état de sa dernière victime. Quelque chose qu'elle n'aurait jamais dû voir...



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Dernière édition par Eloïse Brûmagie le Sam 29 Déc - 11:43, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: La Voleuse et l'Assassin   La Voleuse et l'Assassin EmptySam 29 Déc - 11:43

Début de soirée à la Volte, le ciel commence doucement à rosir et les commerçants s'efforcent de rentrer leurs marchandises tandis que le froid devient de plus en plus poignant, faisant grelotter la fillette à la tignasse rousse qui cours sur les pavés. Éloïse a froid et cela ne fait qu'empirer depuis le début de l'hiver. Les bourses se font rares et ses habits ne sont pas vraiment conçus pour résister des heures entières au vent parfois glacial qui s'engouffre entre les maisons et s'infiltre dans les moindres recoins de son abri de fortune. Elle a passé la journée dehors, ne réussissant qu'à voler un maigre bout de pain et quelques fruits, n'améliorant pas vraiment son humeur quelque peu massacrante depuis plusieurs jours. Elle est coincée ici depuis deux mois et cela l'énerve profondément, elle doit partir !

La journée s’achève donc pour Éloïse qui compte bien trouver une petite bourse ou de quoi se couvrir ce soir, cela devient plus qu'urgent, elle en a conscience. Elle coupe par une ruelle en espérant tomber plus rapidement sur des passants dans la rue suivantes et voit un fenêtre ouverte. Elle ralentit et s'arrête à quelques mètre, intriguée. Qui laisserait sa fenêtre ouverte juste avant la tombée de la nuit en plein mois de décembre ? Une idé lui vint, mais elle hésite. Jamais elle n'a osé rentrer chez quelqu'un pour voler quelque chose. Elle trouve que c'est dangereux et quue cela pourrait lui valoir bien plus d'ennuis que toutes ses rapines. Elle hésite un moment avant qu'un coup de vent ne la fasse frissonner, puis elle se décide enfin: elle a besoin de vêtements chauds et d'argent, elle se doit d'être audacieuse. Il lui reste une bonne heure avant le coucher du soleil, autant en profiter. Elle s’approche doucement de la fenêtre ouverte et ne voit personne. Elle tend l’oreille mais aucun bruit ne lui parvint. Elle grimpe avec agilité sur le rebord et se glisse à pas de loup dans la maison, veillant à ne pas toucher quoi que ce soit qui pourrait trahir sa présence. Elle observe un moment avant d’avancer prudemment, guettant le moindre mouvement. La pièce où elle est doit servir de pièce à vivre, il y a une grande table, des meubles pour ranger la vaisselle et quelques ornements qu’elle trouve franchement laid, mais qui doivent valoir leur pesant d’or si elle trouve quelqu’un pour les revendre, mais rien qui ne puisse lui servir dans l'immédiat.

Elle continue son exploration, délaissant l’escalier qui mène à l’étage pour approcher d’une ouverture menant à une autre pièce. En veillant à rester discrète, elle passe l’embrasure de la porte et se fige devant le spectacle qui s’offre à elle. Un homme est au sol, la bave aux lèvres, les yeux injectés de sang, probablement mort, tandis qu’un deuxième, vêtue d’un long manteau sombre et portant un masque, est penché au-dessus de lui et est en train de vraisemblablement vérifier son souffle pour voir s’il est bien mort. Éloïse tente de reculer mais cogne contre le mur, attirant soudainement l’attention de l’inconnu masqué qui relève vivement la tête vers elle. La fillette prend peur en voyant l’homme se relever et fait volte-face, traversant en trombe l’autre pièce et se jette par la fenêtre ouverte, roulant sur les pavés avant de s’enfuir à toutes jambes. Elle n’aurait jamais dû voir ça, elle le sait, mais elle ne pense qu’à une seule chose : fuir. Elle détale aussi vite qu’elle le peut parmi les ruelles, prenant des directions aléatoires pour semer le type au cas où il serait à sa poursuite. Pas une fois elle ne se retourne, elle a trop peur de le voir à ses trousses et préfère regarder droit devant elle, évitant avec une certaine aisance les rares passants ou les quelques obstacles qui se dressent sur sa route. Après ce qui lui paraît une éternité à courir, ses jambes deviennent lourdes, son souffle erratique, ses poumons la brûlent. Épuisée, elle s’arrête et constate que personne ne la suit. Elle a encore des sueurs froides, mais elle se sent soulagée. Elle s’adosse contre un mur et tente de reprendre son souffle, prenant de longues goulées d’air.

Elle reste ainsi quelques minutes, elle sent ses jambes et ses mains trembler et n’arrive pas à s’ôter la vue de cet homme et de son masque. Elle est prise de tremblements et ferme les yeux pour se calmer.

- Tout va bien, tout va bien, calme toi Eloïse, tu peux le faire.

Elle expire lentement et ouvre les yeux. Le masque, elle le voit toujours. Il l’a retrouvé ! Elle se lève en vitesse mais il la plaque contre le mur pour l'empêcher de fuir. Elle se fige, les yeux écarquillés. Elle tremble de tout son être, elle n’a jamais eu aussi peur de toute sa vie. L’homme ne dit rien, il se contente de l’observer tandis qu’elle sent des larmes lui monter aux yeux. Bizarrement il n’essaie pas de lui faire mal mais elle ne peut s’empêcher de trembler, elle n’est pas en état de réfléchir, elle est juste terrifiée.

- Je ne veux pas mourir… pitié… je ferais ce que vous voudrez…

Elle supplie en sanglotant. Elle n’avait jamais vraiment envisagé avoir à subir ce genre de choses et cela lui enlève toute force. Elle n’a aucune idée de quoi faire au moment présent.

- Je ne veux pas mourir…


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Message Sujet: Re: La Voleuse et l'Assassin   La Voleuse et l'Assassin EmptyMar 1 Jan - 20:54

Ils ne répondaient toujours pas.
« Ô Sombre Mère... »
Les mains entaillées, croûtées par du sang qui coule à chaque prière, Gauthier priait. Les genoux écorchés par le geste répété, les bras tailladés. Les doigts pressés contre la pierre de l’autel de la Sombre Mère, Gauthier priait. Agenouillé dans la poussière du sanctuaire, il essayait vainement. Ça faisait un mois depuis que les dieux de la Confrérie avaient décidé de se taire. Un mois à se réveiller sans le regard diffus de quelqu’un, ou quelque chose ; un mois à avancer dans le vague sans vraiment bien comprendre ce qui pouvait se passer. Un mois à attendre, à espérer que ça ne soit que temporaire. Les assassins étaient perdus, depuis novembre.
Abandonnés, encore. Abandonnés pour de vrai, cette fois, et comme des enfants sans parents ils ne savaient qu’à peu près s’orienter sans leurs directives.
Ils ne répondaient plus.
Ils n’étaient plus là.
Les mains entaillées, chaque jour un peu plus, éraflées par les contacts répétés avec les autels. Les suppliques sans fin, les appels, les pleurs camouflés.
« Entends ma prière. »
Reviens. Je t’en supplie.

Alors que d’ordinaire le Cibellan n’arrivait qu’avec la nuit – quand besoin était – sur les lieux de son contrat, lors des rares qu’il leur restait il arrivait désormais tôt. Très tôt. Il passait par l’autel des sanctuaires à visiter, et les prières s’enchaînaient. Il avait changé, en un mois : outre ses cheveux coupés aux épaules désormais, dans son regard il avait une tristesse profonde, un espoir qui s’accrochait. Dans ses gestes, une sorte d’alerte – et s’ils revenaient aujourd’hui ? Dans ses mots, dans sa voix, dans tout ce qu’il était, il attendait. Il attendait et il espérait qu’enfin se termine leur attente – mais pouvait-on mettre fin à un abandon, volontaire ou non ?

Dans le sanctuaire de La Volte, là où les quelques assassins passaient avant leur mission, Gauthier priait. Il priait depuis le matin froid où il était arrivé – et la statue de sa déesse devant lui était largement couverte de son propre sang. Du matin au soir, jusqu’à ce qu’arrive l’heure de fuir dans les rues pour accomplir un devoir presque divin. Du matin au soir, heure par heure, goutte à goutte lent et douloureux de silence et de vide.
Il faisait nuit, presque, lorsqu’il en sortit. Le masque sur le visage pour que les quelques personnes qu’il pourrait croiser, éventuellement – les fous et les ivrognes – ne puissent le reconnaître.
La mission fut, somme toute, plus simple que d’ordinaire. Un contrat comme les autres, qui viendrait ensuite réduire la pile de ceux restant à faire.
S’introduire en silence dans la demeure, déverrouillée. Glisser quelques gouttes sur l’argenterie, dans la nourriture également – on n’était jamais assez trop prudent – et attendre, dans l’ombre.
Attendre l’homme. Le dernier souffle. Le corps massif qui s’écroule.
Et Attendre. Attendre.
Attendre la présence dans son dos, le frisson glacial. Attendre et ne rien ressentir, quand on vérifie le cadavre. Attendre, et souffrir.

Un bruit dans son dos le fit se retourner violemment.
Un visage, un corps à la fin de l’enfance. Des cheveux sombres, roux probablement supposait-il. La petite – car il s’agissait d’une fille – s’enfuit sans demander son reste et l’assassin… L’assassin hésita, un instant, à peine, à la suivre. Mais si elle le signalait ? Il n’avait vraiment, vraiment, aucune envie de se dépatouiller avec celles qui surveillaient les rues.
Il hésita. Un dernier regard vers l’homme, définitivement mort, avant de s’élancer à sa poursuite : il risquait bien assez gros d’avoir été vu, beaucoup trop. Et une partie de lui, celle qui n’était pas incendiée et enflammée par la mort comme toujours, s’inquiétait d’avoir sans doute exposé une jeune fillette innocente à cette vision-ci.

Il ne fallut pas plus de quelques minutes de course dans les rues de la ville qu’il connaissait si bien pour la retrouver. Elles étaient relativement calmes, et Gauthier savait éviter les regards et les endroits trop fréquentés. Ruelle après ruelle. Chemin après chemin. Il savait que c’était probablement futile : si elle était déjà rentrée chez elle…
Sa chance joua pour le brun, heureusement. Il réussit à la retrouver et à l’attraper.
« Petite. »
Un ton menaçant. Gelé. Loin de l’humanité qu’il exultait originellement lorsqu’il parlait aux gamines. Un ton froid, froid comme son regard, d’acier comme sa poigne sur le bras de la fillette qu’il avait failli saisir à la gorge si elle n’était pas aussi petite et frêle.
Il ne céda pas devant ses larmes, devant ses suppliques – lui aussi, il suppliait. Et ses suppliques restaient sans réponse.
« Arrête de pleurer. »

Il aurait voulu lui dire qu’il n’allait pas la tuer. La rassurer, sécher ses larmes, à cette petite inconnue… En d’autres circonstances, sans doute le ferait-il. Mais elle avait interféré dans un rituel profondément intime pour lui, elle avait souillé un lieu qui, pendant un moment, devenait une terre sacrée. Elle avait profané, elle avait sali.
Il ne pouvait pas se permettre la douceur et la tendresse avec elle. Pas quand l’envie de sentir la mort le prenait toujours autant à la gorge.
« Qu’as-tu vu ? » gronda-t-il plus qu’il ne demanda.



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Message Sujet: Re: La Voleuse et l'Assassin   La Voleuse et l'Assassin EmptyJeu 3 Jan - 12:34

Jamais Éloïse n’aurait pu croire que sa journée finirait ainsi. D’accord en ce moment elle manquait de chance et l’arrivée des jours froids n’arrangeait rien, mais là, tomber sur un meurtre et être à la merci d’un assassin, c’était de loin la pire situation qu’elle n’ait jamais connu. L’homme qui la retient possède un regard d’acier qui la fait trembler, sa poigne de fer sur son bras commence à lui faire mal et sa voix… sa voix…  Elle lui glace le sang. Elle supplie mais il semble n’en avoir rien à faire. Il lui ordonne d’arrêter de pleurer et la petite hoquette en essayant de retenir ses larmes tout en se taisant. Elle a peur, elle a mal au bras et elle veut être ailleurs, n’importe où sauf ici, avec ce type. Elle veut se réveiller, elle doit se réveiller. Mais ce n’est pas un cauchemar, c’est réel et l’homme, impassible sous son masque lui demande ce qu’elle a vu, de cette même voix glaciale et tranchante comme un rasoir. Éloïse tremble, sa voix est faible mais elle s’efforce de répondre, elle ne veut pas qu’il lui fasse du mal, elle ne veut pas…

- Je suis désolée, je voulais juste des vêtements chauds… j’ai juste vu un homme au sol et vous à côté…

Elle se tait, consciente que si elle dit qu’elle a compris que l’homme l’avait tué, elle allait elle aussi y passer, comme l’autre.

- Je n’ai rien vu… Rien du tout…

Elle ne ment pas vraiment, elle n'a pas vu l’homme le tuer, elle ne sait pas comment il est mort et elle ne veut pas savoir. Son bras commence à lui faire horriblement mal. L’homme serre bien trop fort et elle sent sa poigne comme si elle avait le bras dans un étau. Les larmes remontent rapidement et elle gémit doucement.

- Vous me faites mal… Je ne dirai rien, je vis dans la rue, personne ne me croira, s’il vous plait…

Elle essaie de se dégager mais cela lui fait encore plus mal alors elle abandonne très vite en sanglotant de nouveau malgré elle. Pourquoi a-t-il fallut que cela se passe ainsi ? Elle était si près du but, elle allait quitter la ville dans les jours suivants et là, elle risquait sa vie pour une bête tentative de voler quelques laines afin d’avoir chaud… Elle renifle à plusieurs reprises et se souvient enfin qu’elle a toujours sur elle la petite dague. Elle y jette un œil furtif. Elle est toujours à sa ceinture. Peut-être pourrait-elle s’en servir ? Elle ne veut pas se laisser faire à présent, elle peut s’en sortir. Il suffit juste d’empoigner le manche qui dépasse légèrement sur sa hanche et elle pourra peut-être lui faire lâcher prise en l’entaillant, avant de fuir. Elle tremble toujours, mais au moins elle a un espoir maintenant. Sa main se dirige lentement vers le manche du poignard, dissimulée, elle l'espère, par l’obscurité ambiante.


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Message Sujet: Re: La Voleuse et l'Assassin   La Voleuse et l'Assassin EmptyLun 7 Jan - 13:33

En d’autres temps, d’autres lieux, sans doute Gauthier aurait-il laissé filé la petite. S’il avait juste senti le poids du regard de la Sombre Mère à son côté, sans doute aurait-il été plus coulant. S’il avait ressenti la présence diffuse et bienveillante, apaisée, fière, de Lida derrière lui et guidant sa main lorsque l’homme s’était effondré, sans doute aurait-il laissé la gamine s’enfuir. Si tout avait été normal, si ce contrat n’avait pas signé la quasi-fin des siens, en d’autres temps et d’autres lieux sans doute n’aurait-il fait que s’enfuir en ne laissant rien derrière lui.

Mais le silence, les nuits sans sommeil et l’attente avaient mis à vif son coeur et sa patience, même pour lui, l’assassin au coeur si tendre face à la jeunesse. Il n’avait presque plus de repères auxquels se raccrocher, juste le sang qui coulait sans cesser comme un signal que les dieux ignoraient ; plus de lieux sacrés où leur présence déjà ne se délitait pas légèrement ; plus de rituels qui garderaient pour toujours un sens. Et voilà que, dans le peu de choses auxquelles il tentait de se retenir pour ne pas perdre entièrement la raison, une petite venait souiller l’un des moments les plus sacrés !
Sa prise sur son bras ne se fit pas plus douce, sans pour autant se raffermir plus que de raison. Il ne voulait pas la briser, non plus. Juste…
Il ne savait pas vraiment.

« As-tu la moindre conscience de ce que tu as fait ? » Coupant, presque sifflant son ton. Sans appel. Il lui ferait peur, il lui ferait regretter. Oui, son faux pas était involontaire, mais bafouer un lieu sacré et une cérémonie de la Confrérie Noire avait forcément des conséquences. Personne n’avait le droit de voir la mort apportée par les dévoués enfants de Lida, sauf eux-mêmes. « As-tu la moindre idée de ce qui aurait pu arriver si tu m’avais fait échouer ? » Il ne l’aurait pas tuée, mais elle pouvait aisément le croire. « Sais-tu seulement que tu as sali un sol consacré, gamine, que tu as entravé un rituel et failli mettre à mal plus que tu ne peux imaginer ? » Son regard semblait vouloir la transpercer. Il n’avait pas d’armes, sur lui, hormis une dague pendant à sa propre ceinture. Ses yeux sur elle n’étaient pas humains. Pas encore.


« Personne ne te croira ? » Il avait envie d’en rire, presque. Il aurait pu lui donner des centaines d’exemple où un enfant aurait pu le faire tomber. Ne serait-ce que pour avoir, en effet, accès à un gîte et un couvert, quelques vêtements et couvertures, en échange d’une description d’un des fils de la Sombre Mère ! L’assassin ne connaissait pas la jeune : pouvait-il croire ses mots ? La fatigue, la faim, la fragilité naturelle des enfants pouvait les rendre si aptes à troquer une information contre de quoi survivre ! Et elle lui semblait débrouillarde. « Et moi, comment puis-je te croire ? » souffla-t-il.

Il y eut un bruit dans la maison contre laquelle ils étaient. Une bougie qui s’allume à la fenêtre proche, et Gauthier détourna son visage masqué, pour aviser l’autre bout de la ruelle, là où il savait qu’elle ferait un coude et le mènerait, au bout de quelques mètres, à la porte de la maison abandonnée où le sanctuaire de Lida se trouvait.  « Suis-moi en silence. J’ai pas fini. Tu mouftes, tu alertes, tu regrettes. Je t’assure que tu t’en sortiras en vie si tu te tais. » Il l’attira sur son chemin, tournant dans l’ombre, loin de la lumière. Loin de tout. Son coeur commençait à se calmer, sa prise sur elle se desserra un peu. Même sa voix, sur la fin, avait été éclairée d’une légère once d’humanité.



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Message Sujet: Re: La Voleuse et l'Assassin   La Voleuse et l'Assassin EmptyMar 8 Jan - 15:53

Il semble fou. C’est ce qu’Eloïse se dit lorsque l’assassin lui parle. Un rituel qu’elle aurait souillé, une faute qu’elle aurait commise en souillant un sol sacré. Mais de quoi parle-t-il ? Du meurtre ? Un rituel ? Elle est complètement perdue par ce qu’il dit.

- Je ne comprends pas… quel rituel ? Je… ne l’ai pas fait exprès ! Je ne savais pas !

La peur a laissé une petite place pour la colère dans l’esprit d’Eloïse. Elle n’est pas responsable, c’était le hasard, c’est tout, un maudit hasard ! Et voilà qu’elle se retrouve sous le regard meurtrier de cet homme qui ne croit pas un mot de ce qu’elle dit, qui veut quelque chose, mais quoi ? Elle n’a rien à lui offrir, rien du tout. Elle tente de lui faire comprendre qu’elle ne dira rien. Qui l’écouterait ? Mais il ne la croit pas, il se méfie et ne semble pas vouloir la laisser en paix. Alors la main de la jeune fille descend de nouveau vers sa dague, lentement.

Puis un bruit la fait sursauter et une lumière apparait non loin d’elle, sur une fenêtre. Quelqu’un est tout proche, elle pourrait appeler à l’aide, hurler pour que l’homme la laisse partir ou que quelqu’un la remarque et vienne l’aider. Il suffit qu’elle ouvre la bouche. Mais l’homme lui ôte toute envie de faire le moindre bruit en lui disant que si elle l’ouvre, si elle alerte qui que ce soit, elle le regrettera et la tire en avançant. Elle est incapable d’avoir une pensée cohérente et ne pense même plus à sortir sa dague, elle ne sait plus quoi faire. Il a dit qu’elle n’avait qu’à suivre et elle s’en sortirait vivante. C’est tout ce qu’elle veut, alors elle le suit sans rechigner et elle sent la poigne de l’homme se desserrer légèrement, arrêtant de lui broyer les os. Il tourne et avance vers une maison qui semble abandonnée. Eloïse n’est pas plus confiante qu’avant. Il a dit qu’il ne la tuerait pas mais… il pouvait tout de même mentir, lui faire du mal, la séquestrer ou autre chose qu’elle craignait bien plus.

Il ouvre une porte et la pousse à l’intérieur. Elle trébuche mais se retient de justesse avant de voir qu’il l’a enfin lâché. Mais il est entre elle et la seule sortie, donc elle est piégée. Elle se tourne vers lui et recule autant qu’elle le peut avant de se recroqueviller contre le mur d’en face. Elle se fiche de l’endroit où elle est, elle veut juste partir. Pourquoi s’acharne-t-il ? Elle ne le comprend pas. Mais elle le craint, alors elle essaie de comprendre, de savoir.

- Qu’est-ce que vous voulez ? Qu’est-ce que vous allez me faire ? Laissez-moi partir…

Le lieu dans lequel elle se trouve lui est totalement inconnu, elle n’est jamais entrée dans cette maison, bien qu’elle l’ait déjà remarqué à plusieurs reprises. L’avait-il conduit ici par hasard ou connaissait-il cet endroit, elle n’en sait rien. Elle ne souhaite qu’une seule chose, c’est déguerpir au plus vite.

- Où sommes-nous ? Pourquoi m’avoir amené ici ? Vous… vous allez me faire du mal c’est ça ?

Elle a de nouveau cet air suppliant, autant sur le visage que dans sa voix. Elle d’habitude si forte, elle se rend compte qu’elle n’a jamais vraiment connu la peur viscérale qui la prend au ventre en ce moment même. Même la Chasse Sauvage ne la faisait pas autant trembler, car elle n’était pas réellement devant elle lorsqu’elle y pensait. Mais là, c’est réel, et elle est aux premières loges.


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Message Sujet: Re: La Voleuse et l'Assassin   La Voleuse et l'Assassin EmptySam 12 Jan - 20:53

Il y allait peut-être un peu fort, avec elle. Plus tard il le regretterait, lui qui plus d’une fois s’était surpris à refuser des missions quand sa cible était encore bien trop jeune – et féminine. Il n’avait pas ce souci avec les jeunes hommes, dans la fougue de la jeunesse masculine. Peut-être parce qu’il l’avait vécu et qu’il savait qu’à un moment ou à un autre, un garçon dans la pleine possession de ses jeunes années pouvait aisément se rendre coupable d’un crime entraînant sa mort. Peut-être parce que quand la cible était un jeune homme, c’était Gabriel qu’il voyait – et que Gabriel était mort, et qu’il ne l’avait peut-être pas mérité mais que c’était fait et donc que ça pouvait arriver.

Mais les jeunes filles étaient incapables de mourir sous ses yeux. À cause de Gisèle, bien évidemment, à cause de cette sœur qui l’attendait à la tour de la Volte, cette sœur dont l’esprit se délitait de plus en plus autour d’une illusion d’existence.
Pour l’heure, Gauthier ne se rendait juste pas encore compte de l’impression totale qu’il donnait. La froideur qui vivait dans ses mots, il la ressentait dans son coeur et dans son être. L’énervement croissant, la rage qui lui faisait serrer les dents et continuer n’était pas simplement là, elle embrasait son coeur et lui ferait presque perdre la tête. Être seul après vingt ans à croire aveuglément n’était pas sain.
Le départ brutal de ses dieux lui avait fait beaucoup de mal.

Il ne pouvait pas nier, cependant, que la petite avait raison : elle ne pouvait pas savoir, Gauthier. Elle ne pouvait pas savoir ce qu’elle avait brisé, ne pouvait pas deviner l’importance de la cérémonie implicite qu’elle avait interrompue, le sang versé qui n’avait plus la même signification. Elle ne pouvait pas connaître vos rituels. Comme bien des autres, elle était encore aveugle. Un peu moins, sans doute, que les nantis et les bien-nés. Si vraiment elle vivait dans les rues, sa conception même de la justice se rapprochait sans doute quelque peu de la sienne. Mais ça, c’était si elle ne lui avait pas menti.

La porte se referma derrière lui. La maison où il l’avait poussée était abandonnée depuis des années. Une porte dans un coin des combles, au-dessus de leurs têtes, la liait à une autre qui elle était totalement murée et retenait en ses profondeurs le sanctuaire de la Sombre Mère. Par les fenêtres, la lumière des lunes se levant éclairait la pièce poussiéreuse.
« Respire et calme toi. Si je te voulais morte, tu le serais déjà. »

La phrase était sèche. Il croisa les bras, s’appuyant contre la porte. Elle ne saurait sortir, et il la rattraperait si elle essayait.
« Je vais rien te faire, mais décemment, t’avoir en larmes et paniquée dans les rues de La Volte n’est pas la meilleure manière pour moi de disparaître. T’attirerais beaucoup trop l’attention, et y a des questions que les gens vont se poser… Et te poser. »
Même gamine des rues, même abandonnée de tous, les passants ne le sauraient pas forcément – et il y avait toujours une bonne âme pour la prendre en pitié et avertir la garde.

L’assassin ne bougeait pas, figure sombre parmi les ombres aux traits dissimulés sous ce masque qu’il n’ôterait pas de sitôt.
« J’me doute que t’as pas la moindre idée de ce que t’as vu. Ou que t’as pu vivre. »

Avait-elle senti quelque chose ? La question pointait dans sa voix sans qu’il n’osât la formuler. Avait-elle senti quelque chose, là où lui-même était resté sans réponse alors qu’il accomplissait le devoir divin ?



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Message Sujet: Re: La Voleuse et l'Assassin   La Voleuse et l'Assassin EmptyMar 15 Jan - 17:02

Eloïse n’en revient pas. Il lui demande de se calmer ? Mais comment peut-elle se calmer ? Elle tremble toujours sous le regard et la voix glaciale de l’homme qui l’a enfermé dans cette maison poussiéreuse et abandonnée. Il s’est appuyé à la seule sortie possible, ôtant toute possibilité de fuite. Eloïse comprend vite qu’elle doit obéir, se calmer, se calmer à tout prix, si elle veut avoir une chance de s’en sortir. Alors elle inspire profondément, fermant les yeux de longues secondes. Un silence s’installe, à peine brisé par sa respiration. Elle a du mal, elle revoit sans cesse le visage de l’inconnu mort, le regard glacial de son meurtrier. Elle essaie de penser à autre chose, mais sa situation l’oppresse. Elle a peur. De cette peur viscérale qui lui comprime l’estomac et l’empêche de vraiment réfléchir. Elle aurait besoin d’être rassurée, elle veut être en sécurité.

La voix de l’homme retentit, toujours froide. Il ne va rien lui faire. Il n’a cessé de le répéter, mais aussi son contraire si elle faisait trop de bruit. Alors elle acquiesce en silence. Elle ne sait pas quoi faire d’autre en réalité. Les explications de l’homme lui semblent logiques, elle comprend mais elle ne peut s’empêcher de penser qu’il aurait pu juste la laisser tranquille et elle n’aurait pas été dans cet état. Ou peut-être que si, elle n’en sait rien. Le comportement de l’homme lui semble soudainement moins effrayant et cela l’aide à se calmer, au moins un peu. Ses tremblements cessent peu à peu et elle reprend un peu contenance, restant néanmoins le plus loin possible de cet homme qu’elle craint toujours.

Ce qu’elle a vu… elle le sait. C’était un meurtre, pas de doute là-dessus. Si ce n’était pas le cas, il n’aurait pas cherché à la poursuivre et à la faire taire ainsi. Mais cette histoire de rituel rend Eloïse perplexe. Elle ne comprend tout simplement pas de quoi il parlait. Est-ce pour cela qu’il est aussi en colère ? Quelque chose qu’elle a brisé sans le savoir ? Elle ouvre la bouche, hésitante.

- Vous… vous faisiez quelque chose d’important c’est ça ? J’avoue ne pas comprendre mais… vous ne tuez pas n’importe qui c’est ça ? Sinon vous m’auriez déjà…

Elle se tait, elle n’arrive pas à formuler l’idée de nouveau. Elle manque de longer de nouveau dans une peur panique mais elle parvient à se ressaisir à temps. Elle ne peut pas se laisser aller, elle doit retrouver son père. Alors elle se lève, s’appuyant sur le mur pour éviter que ces jambes tremblantes et douloureuses à cause de la course ne lui fassent défaut. Elle a toujours peur, cela va sans dire, mais au moins elle ne veut pas céder à la terreur ressentie plus tôt. Alors elle regarde l’homme et prend la parole.

- Si vous promettez de me laisser partir, je vous promets de ne parler de ça à personne. De toute façon je comptais partir pour Lorgol, donc personne ne saura rien de vous.

Vague excuse, mais elle ne ment pas donc elle espère que cela suffira. Et avec un peu de chance, elle dormira sur ses deux oreilles cette nuit.


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Message Sujet: Re: La Voleuse et l'Assassin   La Voleuse et l'Assassin EmptyJeu 17 Jan - 13:28

Gauthier juge du regard la petite, appuyé contre le battant de la porte. Elle semble peiner à se calmer, la rouquine, et pourtant elle ne part pas en crise hystérique. Étrange. Inquiétant, un peu - si tant est que Gauthier puisse s’inquiéter de la réaction d’une petite fille. Elle a plus de courage qu’il n’aurait pensé, même si en son opinion à peine biaisée les femmes de sa contrée sont des plus courageuses comparé aux autres. Lui-même profite de ce temps de silence pour se calmer entre ses mots. La rage bouillonne toujours en lui, l’impression d’inachevé qui le prend à la gorge et lui fait encore serrer les dents par intermittence. L’impression d’avoir raté, d’être de retour à la case départ – l’abandon n’a jamais été une option, pas plus que de rater. La personne est morte, soit, mais la Sombre Mère a-t-elle approuvé ? A-t-elle détourné à jamais le regard de Ses enfants ?

Et surtout, la jeune n’a-t-elle vraiment aucune conscience d’avoir interrompu quelque cérémonie (même non-officielle) liée à la Confrérie ? Il ne sait plus quand il en a entendu parler, réellement parler. Quand il a appris à leur sujet plus que ‘ce sont des assassins tuant des gens’. Probablement aux alentours de ses quinze ans, peu après la naissance de Gisèle, en partant rassembler ses informations sur les dieux.

Des fanatiques. Des fous furieux. De dangereux dingues avides de sang, sans foi ni loi autre que celle de la mort. Des lunatiques à la lame facile, des Lames qui vous attrapaient au détour d’une ruelle pour le bon vouloir d’un ennemi, qui vous éventrait sans cérémonie et en riaient. Des hommes qui vénéraient dans des endroits dissimulés aux yeux du monde une déesse injuste et tout aussi brisée dans son esprit qu’eux, des femmes au ventre stérile qui prenaient la vie qu’elles ne donneraient jamais.
Personne ne saurait jamais la noblesse de leur ordre.

«Je ne risque pas de te tuer, t’as raison. Ce gars-là, dont tu as investi la maison, méritait sa mort. » Et mille autres encore, quand on songeait à ce qu’il avait pu faire. « C’était important pour moi, et pour ceux de mon ordre. J’sais pas ce que t’y comprendrais, si je t’expliquais, puis je pense que t’as pas grand-chose à faire de ça. » Une ébauche de sourire invisible. Il la regarde presque impressionné se relever – sans pour autant, lui, baisser sa garde. Elle peut tenter n’importe quoi n’importe quand.

Il secoue la tête. « J’te crois quand tu me dis que tu diras rien, et je t’ai déjà dit que je te laisserai partir. Mais regarde-toi. Si je te laisse aller maintenant, tu vas t’effondrer sous peu. Ou paniquer. Ou les deux.  » Ses sourcils se lèvent malgré lui, et il fait une légère moue, pensive. « Lorgol, hein ? Et tu comptes y aller pour quoi ? Et comment ? T’as pas de portail pour toi, je suppose, et à pied t’en as pour… Pour perpète. Si tu survis.  »

Converser, sa voix étouffée quelque peu par le masque. Lui laisser entrevoir l’homme plus que l’assassin, qu’elle regagne de la contenance, puisse fuir sans s’évanouir. Peut-être, s’il réussit à contacter l’Outremarcheur qui vient le chercher dans cette même maison sous peu, pourrait-il l’emmener avec lui… ?
Mais elle n’a rien préparé. Elle le suivra pas, faut pas rêver, lui le fou qui a tué devant ses yeux.



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Message Sujet: Re: La Voleuse et l'Assassin   La Voleuse et l'Assassin EmptyMar 22 Jan - 19:51

Elle avait raison donc, il a tué cet homme pour une raison précise. A-t-elle envie de savoir ? Pas vraiment elle doit l’avouer. Et il le comprend tout à fait, il n’essaie pas de lui expliquer qui que ce soit. Peut-être plus par discrétion que dans son intérêt, mais cela importe peu au final. Elle retient surtout qu’il la croit quand elle dit qu’elle ne dira rien. Mais elle restera avec lui cette nuit quoi qu’il arrive, peu importe ce qu’elle peut dire. Elle n’en a pas spécialement envie mais elle n’a guère le choix. Elle se retient de l’envoyer paître, lui et ses questions. Elle ne doit pas l’énerver et de toute façon ce n’est un secret pour personne. Alors elle s’appuie contre le mur et regarde les lunes à travers l’ouverture du mur.

- Mon père est probablement là-bas, je veux le trouver. C’est tout ce que je veux.et ce n'est pas comme si quelque chose me retenait ici.

Elle le considère un instant.

- J’y ai pensé figurez-vous. J’ai vol… entassé assez d’argent pour payer un aller simple. En quoi ça vous intéresse ?

Il n’y a pas de méfiance dans sa voix, juste une curiosité maladive qu’elle a du mal à contrôler. Elle se renfrogne en considérant sa bourde. Elle ne doit pas lui parler, il reste dangereux et même s’il ne semble pas lui vouloir de mal, elle doit être prudente. Consciente qu’elle va probablement devoir passer la nuit ici, elle s’assoit en soupirant, essayant tant bien que mal de trouver une position confortable. Au moins dans son refuge elle a une couverture et un semblant sa paillasse pour lui éviter de dormir complètement par terre, soumise au moindre courant d’air qu’apporte souvent le vent glacé qui souffle en ce moment. Elle se recroqueville, les jambes collées à son torse, les mains rentrées dans ses manches et les bras autour de ses jambes, espérant conserver sa chaleur corporelle et ne pas grelotter de froid.

Elle garde un œil sur l’homme qui lui fait toujours face. Sa peur ne s’est pas envolée, mais la curiosité et son tempérament de tête brûlée refont surface, alors elle l’observe, se moquant d’être vue ou non. Elle n’avait pas pris le temps avant. Mais elle n’apprend pas grande chose, sa silhouette est difficile à cerner à cause du large et long manteau qu’il porte et son maque empêche tout autre contact visuel avec autre chose que ses pupilles. Pupilles qui ne transmettent d‘ailleurs plus cette colère, cette rage qu’il avait eu et qui avait tétanisée Eloïse lorsqu’elle l’avait lu dans son regard. Bien plus que sa force ou sa voix tranchante, c’était son regard qu’elle avait craint en premier. S’est-il calmé ? Peut-être, elle n’en est pas sûre. Et elle ne veut pas risquer de l’énerver de nouveau, alors elle se tait et elle essaie de se maîtriser, de ne pas laisser la faim, la peur et le froid prendre le dessus. Elle doute de pouvoir manger ce soir de toute façon. Son ventre lui fait clairement comprendre que cela fait un moment qu’elle est dans cette situation, mais elle l’ignore. Elle a appris à ignorer la faim, à force. Elle connait ses limites. Il suffit qu’il la libère demain, et elle s’en sortira, elle s’en sort toujours.


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Message Sujet: Re: La Voleuse et l'Assassin   La Voleuse et l'Assassin EmptyJeu 24 Jan - 13:35

Il est dans sa nature de s’inquiéter des jeunes filles, tout comme il est dans sa nature de laisser la mort étendre son emprise sur l’existence, de rétablir l’équilibre. Il est dans sa nature d’osciller dangereusement aux portes de l’humanité - il a besoin de terminer les choses. Il a besoin de la finalité. Il est dans sa nature d’être tant de choses, d’être humain et de tuer, de ne jamais douter. Il n’y a plus aucune place pour le doute dans cette existence à laquelle il prétend, dans ce culte qu’il a rejoint de son plein gré - acculé par le deuil, détruit comme sa famille l’était, pilier sur le point de se briser.  
Il est dans sa nature, lorsque la dévotion et le sang ne clarifient pas son esprit, de s’inquiéter des plus faibles dont le genre et la jeunesse lui rappellent celle qu’il aime plus que tout au monde de manière fraternelle. L’assassin n’est pas un monstre de cruauté et de différence : il est juste incompris, à ses yeux, dans cette foi que peu partagent.
Cette foi qui lui fait mal quand on ignore ses appels, quand on l’abandonne sur terre sans raison. Ça passera. Ça passe toujours, quoi qu’il arrive.

Gauthier tique quelque peu à la mention de son père - heureusement, son visage reste imperturbable. Il estime l’âge de la jeune en face à une dizaine d’années, peut-être une quinzaine ? Pas plus, évidemment. Elle n’est pas une femme, sa voix reste presque juvénile, et sa peur a tout de celles qui prennent les coeurs d’enfant. Violente, irraisonnée, dangereusement efficace. Les adultes apprennent à la contrôler, souvent à tort. Quinze ans, donc, maximum. 88, 93. Lors des années de sa fin de son apprentissage, ses premiers contrats à lui.  Ses sourcils se froncent. Il n’a pas le souvenir d’une rencontre dans cette période, surtout sur La Volte. A la limite, sur Lorgol… Il connaît bien sa faiblesse quant aux dames rousses - l’image de Chasteté danse dans sa mémoire -. Bon.
Au moins, il n’y a aucune chance qu’elle soit sa fille. Il aurait été quelque peu embêté par la nouvelle… Et aurait eu probablement du mal à expliquer la chose. (Et puis il se sait prudent, l’assassin aux yeux de glace, et il sait ses partenaires d’avant tout aussi prudentes. Quand la procréation était… Enfin. Ses pensées partent quelque peu loin, juste pour prouver qu’il n’est pas le père. )

Il ne répond pas. Pas de suite. Elle a du courage, de l’ambition, ou une sacrée envie de mourir il ne sait pas vraiment. Et retrouver quelqu’un à Lorgol peut prendre des années, à condition qu’on sache où et à qui s’adresser, que la personne n’ait pas changé de nom, qu’elle soit encore en vie, qu’elle n’ait pas fui la capitale des peuples libres…
Mille possibilités, dans la ville aux mille tours.
« T’as du courage, ça, je dois l’avouer. Et une sacrée patience. » Lorgol, c’était pas la Volte, c’était pas Alfaë. C’est des milliers d’endroits, des milliers de chemins, des ruelles à n’en plus finir, des canaux succédant aux pavés. Un territoire si grand, si instable, incontrôlable - à l’image de la liberté, en pleine expansion, indéfinissable réellement. « Tu sais où chercher, je suppose. » Il hésite puis ajoute, les mains glissant dans les poches. « J’dis pas ça pour te chercher, ou pour venir te faire du mal plus tard -- je te l’ai dit, je te toucherai pas. Ce qu’il s’est passé, là, plus tôt … J’ai été déstabilisé. C’est compliqué. Mais j’aurai jamais pu te blesser. » Elle ne le croira pas.

Il hausse les épaules. Prétendre qu’il est calmé, quand au fond de lui ça hurle encore. Tu n’aurais pas dû être là. Tu as sali, sali l’acte, sali le lieu, sali l’instant.
La mort a été rendue, mais qui sait ce que tu as interrompu en respirant quand il a expiré ?
Je donnerai mon sang, encore et encore, pour réparer cette faute que tu ne peux racheter.

Prétendre.
Son futur, à lui.
« Je dis ça parce qu’à Lorgol, t’en as pour un bout de temps, si t’es paumée. J’le sais, je l’ai fait y a longtemps. » Changer de sujet. Ne pas réveiller la flamme en lui. Au moins lui parler, à elle, permet de la calmer.



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Message Sujet: Re: La Voleuse et l'Assassin   La Voleuse et l'Assassin EmptySam 26 Jan - 1:30

Du courage ? De la patience ? Il se méprend complètement. Eloïse n’est pas courageuse, sinon elle n’aurait pas eu aussi peur. Patiente ? Non plus, sinon elle n’aurait pas fuit de sa maison pour retrouver ce père qui était peut-être mort ou qui n’en avait peut-être rien à faire d’elle. Cet homme la jugeait sans la connaître, sans même comprendre, comment pouvait-il être aussi catégorique ? Peut-être disait-il ça à cause de sa volonté de trouver son père dans une ville inconue après plus de treize ans sans nouvelles. Peut-être. Mais pour elle, il était dans le faux. Elle avait fuit, elle avait peur, elle n’était pas celle qu’il décrivait.

Où chercher ? Oui elle avait une piste. Une piste bien maigre, presque rien en réalité. Mais la seule chose qui lui permettait de tenir, la seule chose qui lui permettait d’avancer, de combattre le froid et de supporter la faim alors qu’elle aurait pu abandonner, laisser tout ça derrière elle. Mais elle voulait savoir. Elle voulait le connaître, quitte à passer sa vie à sa recherche. Elle est comme ça, têtue au-delà de toute raison.

- J’ai une… idée oui.

Il se justifie, la rassure encore. Sa voix ne contient donc plus cette colère qu’il possédait il y a encore peu de temps. Peut-être… Peut-être pourrait-il passer à autre chose ? Elle grelotte malgré les précautions qu’elle a prises, soufflant sur ses mains pour tenter de se réchauffer.

- Ecoutez… je suis désolée. Je voulais juste trouver de quoi me couvrir à cause du froid et … et c’était ouvert alors… Je suis vraiment désolée de vous avoir gêné.

Il lui donne des conseils ? Non il l’a met en garde, contre Lorgol. Elle écoute attentivement. Elle a entendu parler de cette ville, de ce qu’il peut s’y passer. Elle n’est pas naïve au point de croire que tout ira bien, mais elle sait se débrouiller, elle trouvera, elle a toujours trouvé. Et elle est tenace, ça oui, alors elle y croit. Elle défie l’homme du regard, comme pour lui dire « J’y arriverai ». Elle y croit, elle sait qu’elle n’aura pas le droit à l’erreur une fois là-bas, mais elle s’en fiche ou plutôt elle met cela de côté.

Elle remarque un léger renfoncement dans un des murs, probablement un ancien foyer pour réchauffer la maisonnée pendant les soirées les plus froides. Elle n’a hélas rien pour allumer de feu. Pas de bois et rien pour embraser la plus petite brindille. Mais peut-être que lui a de quoi rentre cet endroit plus vivable. Elle n’avait que des vêtements légers, d’habitude elle affrontait la nuit recouverte d’une couverture et dans une maison qui n’était pas ouverte à tous les vents que la région s’efforçait de lui envoyer dans la figure.

- Dites… ça vous dérange si on fait un feu, dans ce foyer juste là ? Je… je sais que vous préférez être discret, mais je meurs de froid. S’il vous plaît.

Le froid, la raison pour laquelle elle était entrée chez cet homme, comme elle le lui avait expliqué juste avant. Peut-être comprendrait-il ? Elle frissonna de nouveau. Il fallait vraiment qu’il comprenne, elle n’était pas sûre de tenir une nuit entière à grelotter comme ça. Elle avait faim aussi, mais elle ne voualit pas trop compter sur l'assassin pour ça. Elle patienterait.


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Message Sujet: Re: La Voleuse et l'Assassin   La Voleuse et l'Assassin EmptyMer 30 Jan - 8:36

La colère ne repartira sans doute jamais. Pas avant qu’il ne soit rentré à la tour, du moins. Que ses pieds aient foulé le sol sacré, qu’il ait pu s’excuser, se punir, racheter la faute de l’innocente gamine. Le remord monte en lui, pendant un instant. Il n’avait pas besoin de faire ça. Pas besoin de la terroriser. Remords, quand on sait qu’elle ne sait rien, qu’elle vit dans l’ignorance bienheureuse de ceux qui ne comprennent pas. Remords, parce que Gauthier n’a pas la moindre idée de ce que la petite a pu endurer et que quand tombera son masque il redeviendra le grand frère aimant et protecteur des jeunes filles en détresse. L’homme qui les sauve des méchants et des monstres tapis dans la nuit (car il en est un lui-même, aux yeux du monde). Le frère qu’on voudrait avoir à son côté pour l’éternité, un bouclier contre l’horreur.

Et il est face à une gamine. Le masque tombera si facilement. Ou tout du moins pourrait-il tomber, s’il ne l’avait pas malmenée dès le début, poursuivie, effrayée. Maintenant ? Il ne pourra jamais s’il en venait à la recroiser dans Lorgol lui dire bonjour, lui accorder sa malingre protection - mais protection pourtant il y a.
L’arrogance qu’il arrive à lire juste là dans ses yeux, cette lueur de défi continuent de lui dire qu’il aurait pu faire peur à une autre pauvrette infiniment plus impressionnable.  Elle reprend ses esprits, la rousse chapardeuse qui n’a pas peur de se glisser chez autrui - est-elle de la Cour ? Il a quelques doutes. Les chapardeurs et enfants de misère ne sont pas, de plus, tous liés à celle-ci - mais on survit mieux que contre eux.
C’est une simple gamine.

Une gamine qui a froid : la raison première de sa venue sur le lieu d’exécution, un besoin humain, était maintenant complètement justifié et normal. Et il ne pouvait pas… Il considéra le lourd manteau sur lui. Non : les poches renfermaient, pour ne citer que ça : des fléchettes anesthésiantes et d’autres mortelles ; des poudres et sels dont le simple contact vous plongerait dans l’agonie ; quelques fioles bringuebalées au rythme de ses pas, emplies de liquides clairs.  Des décoctions personnelles contre son coeur, anti-poisons ou liquides plus inutiles - toniques secrets - dans d’astucieux rangs recousus pour les empêcher de verser.
Un véritable apothicaire.
Son manteau aurait plus sûrement tué la petite qu’autre chose, de par sa lourdeur et son contenu.  Sa famille - ce qu'il en reste du moins, vit à l’autre bout de La Volte. Le temps d’y aller et de revenir…
«T’as raison. À ta place j’aurais fait la même. Y a eu un mauvais concours de circonstances…. C’est tout. » Mais, en arrogant et fier Cibellan, il n’avoue certainement pas que c’est de sa faute. Non. C’est de la sienne, ne vient-elle pas de l’avouer ? Il incline légèrement la tête, dans un soupir qui en dit long. C’est de sa faute, à elle et elle seule. Un concours de circonstances - et peut-être que ses dieux l’ont abandonnée, elle aussi.

C’est qu’elle réussirait presque à l’apitoyer. Il est de notoriété publique - relativement, surtout au sein de la Confrérie - que Gauthier n’est pas fichu de résister aux jeunes filles en détresse. Qu’il embrasse aisément le rôle de protecteur pour celles qui savent attirer sur lui son regard et lui rappeler cette soeur aux mains ensanglantées, aux cuisses marquées de bleus et à la robe déchirée, regard dans le vide, sourire d’enfant aux lèvres - et l’esprit à jamais si loin.

L’homme regarde autour de lui mais l’idée d’un feu est bien vite repoussée : déjà, il n’y a pas grand chose pour allumer le foyer. Ensuite la maison communique directement avec celle, totalement murée, que les enfants de Lida et Sithis nomment leur sanctuaire. Il suffirait que la milice vienne, qu’ils fouilent cette maison abandonnée - encore en parfait état, utilisée quelquefois mais abandonnée. Il suffirait d’un feu. « Je peux pas l’allumer. Mais je pense pouvoir te trouver de quoi te couvrir dans les pièces en haut. Les gens ont laissé des trucs, en partant. J’ai déjà fouillé dedans y a longtemps. Y a un mage qui a protégé contre les… Mites, ce genre de machins.» Une profession de rêve, mage anti-mites et anti bestioles en tout genre. «Si ça peut te permettre de traverser la nuit… » Et la vie. Et d’atteindre Lorgol sans danger. Il hausse les épaules en regardant par la fenêtre, ne semblant plus hostile le moins du monde. Presque… Intrigué. Protecteur ?
Gauthier, dans toute sa splendeur.
« C’dans une malle sous le grand lit, au premier. La chambre devant quand tu rentres. Personne se hasarde par ici, ils doivent encore y être. »



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Message Sujet: Re: La Voleuse et l'Assassin   La Voleuse et l'Assassin EmptyLun 11 Fév - 13:30

L’inconnu est conciliant finalement, il comprend que tout ça vient d’un hasard, d’un mauvais hasard qui aurait pu lui coûter la vie. Il soupire, regarde un peu autour et, malgré le fait qu’il refuse de faire un feu, il indique à Eloïse une malle à l’étage qui pourrait l’aider. La jeune fille le regarde avec un léger étonnement mais hoche la tête en signe de remerciement et se lève, époussetant ses vêtements usés et se dirige vers l’endroit qu’il lui a indiqué. L’escalier grince misérablement mais elle parvient à atteindre l’étage et à trouver la fameuse pièce. Un grand lit au centre mais sans aucun moyen de dormir dedans, à son plus grand regret. Elle se baisse, aperçoit la malle qu’elle tire avec peine tant elle est lourde. Le raclement lui semble si bruyant qu’elle s’arrête, comme si elle s’attendait à être prise sur le fait d’un crime ou d’un vol. Mais elle se ressaisit, la tire entièrement  et ouvre la malle.

Elle sourit en voyant les couvertures épaisses qu’elle s’empresse d’examiner. Elles sont en bon état comme il lui a dit, grâce au mage anti-mites. Un mage anti-mites, cela la fait doucement rigoler. Elle prend trois couvertures, les plus lourdes et les plus épaisses, puis elle redescend, un léger sourire de contentement sur les lèvres. Elle redescend par l’escalier grinçant et jette un œil  à l’homme mystérieux dont elle n’a toujours pas vu le visage. En vérité elle se fiche de le voir, elle ne cherche pas à le connaître, mais elle se sentirait plus rassurée de savoir qu’il était… normal. Elle pose les couvertures au sol, soulevant un petit nuage de poussière. Elle en étale une au sol, s’enroule dans un deuxième et pose la troisième à mi-chemin entre elle et l’assassin.

- Je me suis dit que vous voudriez peut-être une couverture vous aussi… et … merci.

Elle se hâte de retourner contre son mur, s’enroulant totalement, ne laissant visible que son visage tandis qu’elle pousse un soupir de contentement en frissonnant  pour se réchauffer. Elle a voulu faire un petit pas vers lui, pas dans le but de s’en faire un ami, mais juste parce qu’elle ne veut pas avoir l’air d’être une ingrate. Non pas qu’elle se sente redevable, après tout c’est sa faute à lui si elle grelottait, mais elle estimait qu’elle n’avait rien à perdre à montrer patte blanche. Elle sait très bien qu’avoir l’air gentille lui a souvent sauvé les fesses, les gens la sous estiment et elle peut ainsi voler et s’enfuir rapidement. Qui imaginerait qu’elle soit une voleuse adroite et agile ? Donc elle fait un geste vers lui dans l’espoir que tout se passe au mieux.

Mais une chose se produit qu’elle n’avait pas prévu. Son ventre grogne bruyamment et elle se fige, détournant le regard pour cacher sa gêne. Elle a faim, c’est un fait, et depuis un moment, mais d’habitude, elle arrive à rester discrète quand c’est le cas. Mais la panique et les évènements de cette nuit l’ont rendue moins vigilante. Elle toussote pour masquer sa gêne et se roule en boule pour conserver le plus de chaleur possible. Elle n’a pas encore sommeil mais elle est plus rassurée lorsqu’elle est dans cette position une fois la nuit venue. D’habitude elle ne traîne pas aussi tard en ville, trop effrayée par ce qu’il pourrait s’aventurer sous le couvert de l’obscurité. Non pas qu’elle ait peur du noir, mais les récits qu’elle a entendu çà et là sur la chasse sauvage lui ont fichu une telle frousse qu’elle craint toujours que quelque chose ne lui arrive lorsque le soleil descend à l’horizon. Et sa curiosité reprend le dessus. Elle reste jeune et malgré le danger, elle est de plus en plus intriguée par l’homme qui lui fait face. L’angoisse qui lui prenait les tripes il y a encore quelques minutes a laissé place à une curiosité probablement malsaine qu’elle a dû mal à réfréner.

- Vous… vous ne craignez pas la tombée de la nuit ? Avec la Chasse et toutes ses histoires horribles ?

Mea Culpa:
 


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Message Sujet: Re: La Voleuse et l'Assassin   La Voleuse et l'Assassin EmptyJeu 14 Fév - 13:54

Est-il un monstre, d’ainsi la traiter ? La question le taraude. Cette question qui d’ordinaire ne résonne pas dans son esprit : il ne doute pas de ses actions, de ses meurtres ou de l’acte qu’elle a surpris. De ça, s’il est coupable - et il le reconnaît - il ne lui viendrait pas à l’idée d’une seule fois se remettre en question sur ce point. Non, si son sens moral s’affole pour l’heure, c’est bien parce qu’une fois redescendu de la frénésie qui le saisit à chaque exécution, il s’en veut d’avoir ainsi angoissé la jeune. Ce n’est qu’une gamine. Les dieux savent qu’il est impuissant face à elles et que jamais il ne saura leur faire le moindre mal - ou les terroriser.  Depuis Gisèle, son coeur ne saurait supporter.
Et pourtant ne lui a-t-il pas fait peur, à la jeune là ? Ne l’a-t-il pas retenue ? Il tente de se convaincre alors qu’elle disparaît dans les étages qu’il ne l’a pas blessée pour la vie. Qu’il peut se rattraper. Ce n’est qu’une enfant, seule de surcroît dans un monde où les ressortissants de son âge souffrent et grandissent bien trop vite en ces temps troubles.  Il déverrouille la porte derrière lui : si jamais elle trouve cela plus intéressant de tenter de fuir quand il aura le dos tourné, elle en aura la possibilité.
Son masque est lourd, sur ses traits. Il aimerait l’ôter, sait qu’il ne le peut pas. Il sera un inconnu dangereux qui l’aura au final quelque peu aidée. Vengeur anonyme qui appartiendra, une fois qu’elle vivra à Lorgol, au passé et à La Volte.

Appuyé contre le mur, il attend. Ses yeux courent sur les murs, sur la cheminée où repose, il le sait, un grand miroir derrière le lourd voile noir qui le recouvre. Dans l’autre pièce, derrière la porte close à sa droite, il sait que d’autres miroirs s’y trouvent, voilés eux aussi. Pareil au premier étage. Une maison de miroirs, où personne n’a le droit de se regarder.
On raconte bien des choses, sur la maison où ils se trouvent. Sur la présence qui vous suit quand vous marchez dans les couloirs du premier étage, sur l’odeur sucrée et légère qui y flotte. Sur les pas qui résonnent, feutrés, sur le plancher, sur le souffle qui caresse l’arrière de votre nuque. On raconte bien des choses, sur la maison si proche du sanctuaire de la Sombre Mère sans que personne ne le sache.
Si la maison est encore abandonnée, et pourtant sans aucune dégradation, c’est bien pour une bonne raison. On raconte bien des choses, sur la maison des Vanités.
Tant que les miroirs restent couverts, ils ne risquent rien. Peu importe les souffles et les touchers, peu importe les rires, les suppliques et les formes indistinctes. Vues de l’esprit et folles illusions. Tant que les miroirs sont voilés, ils sont en sûreté.
Gauthier ne s’inquiète pas des ombres qui dansent autour dans la lumière des lunes et semblent suivre les pas de la gamine rousse revenant. Ils ne risquent rien.
« Merci. Garde-la pour toi, t’en fais pas. C’est très gentil de ta part. Et ne me remercie pas… Je veux dire. Les gens n’osent pas venir ici. Profites-en. »

L’assassin n’est pas gêné, par la nuit ou pas l’instant. Dans son esprit, il élabore une sorte de plan. N’importe quoi, sans doute. Mais il peut demander au mage qui le retrouve dans peu de temps dans l’arrière-cour de cette maison de le ramener ailleurs dans la Ville Basse au lieu de la Tour. Il peut aider.
Se racheter comme il peut.
Le Cibellan s’installe au sol, à une distance respectable de la petite, tout en répondant. « Nan, pas vraiment. Pour ceux qui me sont chers, mes frères et soeurs, mon aimée, oui. Mais de mon côté.. C’est un empêchement plus qu’autre chose. J’ai conscience des risques que je prends, mais si je ne les prends pas, c’est pire à mes yeux. Et toi ? T’arrives à trouver le sommeil ? »
Gisèle non. C’est bien pour ça qu’il demande.  Il jette un oeil à la fenêtre, celle qui donne sur la cour intérieure. Personne, juste la lumière des lunes.
« T’as aucune raison de me suivre, et j’te comprendrais si tu partais là. Mais… Je peux peut-être te proposer de t'emmener sur Lorgol. Ce soir. C’est la moindre chose que je puisse faire, après… » Il a un vague geste de la main. Et si rien ne l’attend ici comme ailleurs, les rues de Lorgol ou de la Volte, peu importe. La mage a l’habitude du quadragénaire, et de son souci avec les petites. Elle comprendra.



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Message Sujet: Re: La Voleuse et l'Assassin   La Voleuse et l'Assassin EmptyJeu 14 Fév - 16:16

Installée sur le sol et emmitouflée dans ses couvertures, Eloïse essaie de comprendre les actions de l’homme qu’elle a en face d’elle. Il semble être devenu… différent. Sa voix est plus douce, plus  calme et il semble désormais s’inquiéter de son sort. Elle tente de déceler un quelconque piège mais rien ne semble émerger de l’homme qui, brusquement, ne lui semble plus si terrifiant. Certes il est grand, fort, habillé d’habits sombres et d’un masque qui lui couvre son visage et ce simple fait n’est pas pour la rassurer, mais il n’a plus cette espèce de rage bouillonnante qu’il portait dans chaque geste et dans chaque parole. Peut-être a-t-il enfin compris qu’elle était désolée, qu’elle n’avait pas fait exprès et que tout ce qu’elle voulait était repartir d’ici en vie. Elle l’avait entendu déverrouiller la porte, comme une invitation à s’enfuir. Mais elle ne saisit pas l’occasion, parce qu’il fait nuit.

Cela fait des mois qu’elle craint la nuit, même lorsqu’elle était en sécurité sous les draps de son lit chez ses parents adoptifs, même là, elle craignait la nuit. Alors maintenant qu’elle dormait seule, à même le sol dans un endroit où tout le monde pouvait pénétrer, comment aurait-elle pu dormir de manière insouciante ? L’homme n’a pas l’air de s’en faire pour lui. « Frères », « sœurs », « aimée ». Ces trois mots font prendre conscience à Eloïse qu’il n’est qu’un homme. Un homme qui tient à quelqu’un, un homme qui aime. Cela la rassure inconsciemment. Alors elle est honnête, parce qu’elle aussi elle aimerait être comme lui, forte, à s’inquiéter davantage pour quelqu’un plutôt que pour elle seule.

- Je dors peu… Je fais des cauchemars. Depuis que je sais que ça existe je ne peux pas m’empêcher d’avoir peur de la nuit. Je vais pas dire que je ne dors pas, parce que des fois je n’arrive pas à rester éveillée, mais je n’ai pas eu une nuit calme depuis longtemps.

Rien que la veille, elle s’était réveillée trois fois, simplement parce qu’elle avait cru entendre quelques chose. Elle s’était recroquevillée dans un coin, se cachant comme elle pouvait, finissant par se rendormir pour se réveiller de nouveau en sursaut. Il lui était même arrivé de s’écrouler de fatigue et de dormir comme une pierre en plein jour tant ses nuits étaient synonymes d’insomnies et de cauchemars.
Elle relève la tête, surprise par la proposition qui lui est faite. Pourquoi voudrait-il l’aider ? Ce soir en plus. Elle hésite. Elle ne dit pas oui parce que malgré le changement d’attitude dont il a fait preuve et la certaine et étrange bienveillance qu’il commence à montrer, elle a vraiment cru mourir lorsqu’il l’avait rattrapé et saisit. Mais elle ne dit pas non, parce qu’elle veut aller à Lorgol, à tout prix. Cela fait des semaines qu’elle se prépare pour ça, qu’elle n’attend qu’une occasion pour quitter la Volte et trouver une piste, retrouver ce père qu’elle veut connaître. La balance s’équilibre pendant de longues minutes, penchant d’un côté puis de l’autre avant de finalement se déséquilibrer complètement. Peut-être a-t-elle tort de  faire ça, peut-être qu’elle le regrettera tout sa vie.

- Je ne comprends pas pourquoi vous me proposez cela.

Elle inspire longuement et son cœur s’accélère. Est-elle vraiment prête pour ça ? La réponse est pourtant évidente.

- C’est d’accord. Puisque vous proposez… j’aimerais partir pour Lorgol.

Voilà, elle l’a dit. Elle sent qu’elle commet peut-être une erreur, que peut-être tout ceci finira mal pour elle, mais il y a quelque chose dans la manière dont il lui a parlé qui a fait pencher la balance de son esprit. Il avait l’air navré. Sa voix semblait hésitante et il n’avait pas osé revenir sur ce qu’il s’était passé entre eux peu avant. Difficile pour la rouquine d’imaginer qu’il pouvait être un homme bon et qu’il aidait la veuve et l’orpheline, mais elle sentait qu’il ne lui ferait rien. Alors plutôt que d’hésiter bêtement pendant encore des heures et peut-être rater une telle occasion, elle l’avait saisis de toute ses forces et était prête à assumer son choix. Mais il restait un léger détail à régler si elle voulait partir, et elle ne pouvait pas passer à côté.

- Par contre… J’ai besoin de récupérer quelque chose… un souvenir de ma mère, je l’ai caché là où je dors habituellement. Ce n’est pas loin, à peine deux rues d’ici. Ça vous ennuie de… de m’accompagner pour le récupérer ? J’ai peur de sortir tout seule la nuit. S’il vous plaît. J’y ai mis tout mon argent pour le voyage aussi, j’ai vraiment besoin de tout récupérer.

Il n’a aucune raison d’accepter après tout, mais elle espère quand même qu’il le fera, parce qu’elle ne partira pas sans la petit broche en pierre précieuse qui est le seul moyen qu’elle ait de retrouver son père. Ou que lui, il la retrouve.


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Message Sujet: Re: La Voleuse et l'Assassin   La Voleuse et l'Assassin EmptySam 16 Fév - 17:39

Il semble si différent, même à ses yeux maintenant. La rage n'est pas disparue, elle est juste enfouie quelque part : prête à rejaillir, à s’exprimer cette fois pour une cause qui lui sera juste. Il ne se sent pas calme entièrement pour autant. Elle a vu bien plus en quelques minutes que des milliers de femmes et d’hommes verront durant leur existence. Elle a vu la Confrérie Noire prendre la vie d’une de leurs cibles. Beaucoup, y compris ceux qui au fond de leurs lits ont les fantaisies d’imaginer tomber nez à nez avec un tueur masqué, ne peuvent en dire autant. Elle a vu la vie fuir de l’homme, entendu la joie et le plaisir de l’acte dans le silence religieux qu’elle a brisé, senti la rage d’un être orphelin qui tente de ramener à lui un sens dans sa vie, dans le sang et la douleur, dans la routine et la dévotion.
Elle a croisé l’un de ceux qui arpentent les routes les plus sombres, pour découvrir maintenant qu’ils sont humains derrière le sang et le masque. Ce n’était pas le but premier du Cibellan, mais on ne peut y faire grand chose pas vrai ? Le Destin aime provoquer des hasards… Si tant est que lui soit encore là.

Il ne fait que hocher la tête en soupirant. Le quotidien des hommes et des femmes de tout Arven, à la nuit tombée. Même les plus braves guerriers de Bellifère qui une fois l’an se soumettent à de barbares rituels dans un ancien colisée en ruines des terres arides tremblent de se faire emporter ; pas un ne craint, lui semble-t-il, la disparition d’un proche ou d’un allié, et tous craignent encore plus la leur. En leurs coeurs, la Chasse instille la même peur que la Confrérie - à un détail près. Les assassins sont juges.
La Chasse n’a que faire des exactions commises, emportera l’enfant comme le plus dévot, le tueur comme le saint. Là où les confrères masqués frappent sans discernement pour réparer un équilibre bafoué, les quatre Cavaliers ne font que faire pencher le monde vers le chaos.  
Il comprend la peur.
Ça ne veut pas dire qu’il la ressent.

«J'fais ça parce que je peux ? Je t’ai quand même foutu une sacrée frousse. Puis je retourne dans la Ville Basse alors autant t’y déposer. T’économiseras d’autant plus un voyage long et dangereux. »


L’assassin hésite, mais finit par se redresser : il préfère la surveiller - méfiant encore quelque peu - et peut-être un peu la protéger. Sinon il la laisserait en plan ici et irait attendre au sanctuaire, c’est évident… Il n’est pas du genre à s’encombrer inutilement.
« On y va, alors. On en a pas pour longtemps. » Il s’approche de la porte, l’ouvre, hésite.  

Le quadragénaire n’est qu’un homme parmi les autres, ce soir, le visage baissé. Les gardes arpentent les rues, s’ils vont s’y aventurer, il vaut mieux pour lui et pour la petite gamine qu’il aille à visage découvert, mais il ne peut s'y résoudre.
Les seuls à porter foi aux propos des gamines des rues, si jamais elle en venait à rapporter son visage une fois à Lorgol, n’auraient jamais la stupidité de se mettre en travers de la Confrérie.
« Guide-moi. Je te suis. Si on t’arrête, tu es avec moi et on rentre chez nous. » Gauthier emboîte son pas comme si de rien n'était. À la moindre rencontre, son masque tombera. Il est rodé à ce jeu.



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Message Sujet: Re: La Voleuse et l'Assassin   La Voleuse et l'Assassin EmptyDim 17 Fév - 2:11

Jamais Éloïse n’aurait cru que sa soirée puisse tourner ainsi. Effrayée, angoissée, terrorisée avant d’être certaine de mourir, pour finalement se voir offrir une opportunité qu’elle n’était pas prête à laisser passer. Mais les faits sont là, elle a accepté et fait une requête à celui qu’elle craignait il y a encore quelques minutes, celui qu’elle voyait comme un homme dangereux mais qui, étrangement, a voulu l’aider alors que rien ne l’y obligeait. Et elle sent dans ses paroles qu’il regrette son geste, il admet qu’il lui a fait peur. Alors peut-être fait-il ça pour qu’elle lui pardonne ? Cela rassure Éloïse, car elle n’arrive pas à croire que quelqu’un qu’elle ne connaît pas irait l’aider par pur altruisme. Tout n’est que dette et échanges dans ce monde, elle avait été élevé par des commerçant, elle savait cela.

Le fait qu’il accepte de l’accompagner, de la rassurer pour qu’elle aille chercher son butin et son précieux bijou lui tire un sourire. Un sourire honnête, un sourire de remerciement, le premier de la soirée, qui lui vient spontanément. Elle se libère de ses couverture et se redresse vivement, consciente qu’elle ne doit pas traîner, il n’a pas que ça à faire, été elle ne veut pas qu’il la laisse en plan, elle espère beaucoup trop de ce voyage qu’il lui offre. La porte s’ouvre et Éloïse s’en approche, amis elle sent l’hésitation de l’homme. Craint-il qu’elle ne s’enfuit ? Ce serait logique, mais elle n’en a pas l’intention. L’idée de partir pour Lorgol la retient plus sûrement que des chaînes et s’enfuir signifierait rater une occasion en or.

- Merci, vous n’imaginez pas ce que ça représente pour moi.

Elle parle autant du voyage que de ce qu’elle va récupérer. Les seules attaches qu’elle a avec sa vraie famille. SI elle sait que sa mère est morte, elle espère que son père est vivant, quelque part à Lorgol et qu’elle réussira à le retrouver. Le chemin jusqu’à la petit masure abandonnée est relativement court et se fait dans le silence, seulement rythmé par leurs pas respectifs sur les pavés. Elle pousse la porte à moitié dégondée de l’endroit, se dirigeant immédiatement dans la pièce du fond, la plus sombre de toute, qu’elle a calfeutré avec ce qu’elle a trouvé pour empêcher le vent de la frigorifier. Elle récupère la petite couverture pleine de trous et se met à taper légèrement du pied à un endroit précis. Une planche se soulève légèrement et elle récupère un morceau de métal dont elle se sert pour soulever une autre planche où est cachée son trésor. Son bras disparaît sou le plancher une première fois, remontant le petit coffret en bois, avant de replonger pour remonter l’étoffe de cuir sombre qui protège son bien le plus précieux.

La petite broche est toujours là et elle soupir de soulagement en la sortant de son étui sommaire. Elle craint toujours qu’elle ne disparaisse. Elle la glisse dans sa poche et emballe son coffret dans sa couverture, créant un petit baluchon qu’elle portera plus facilement. Elle rejoint celui qui l’accompagne, assurant qu’elle avait tout ce qu’il lui fallait. Elle aurait aimé laisser un petit quelque chose à ses tuteurs, ceux qui l’avait élevé, mais ils habitaient à l’autre bout de la ville et elle n’en avait pas le temps. Elle se promet de revenir, pour s’excuser, pour les rassurer et pour leur dire qu’elle regrettait de les avoir fui comme elle l’avait fait. Mais elle doit d’abord retrouver son père.

Sur le chemin du retour, elle garde la broche au creux de sa main qu’elle cache dans sa poche, sentant le contact rassurant des pierres sur sa peau. Toujours ce même silence qui les accompagne le long du retour. Elle hésite un moment, se mordant les lèvres, puis, n’y tenant plus, elle ouvre la bouche.

- Je… Je m’appelle Eloïse et… je…‘fin je voulais…

- Qu’est-ce que vous faites dehors à cette heure vous deux ?

La rouquine sursaute en entendant cette voix soudaine et inattendue venir de derrière elle et elle se retourne vivement, cachant son baluchon dans son dos. Deux gardes, sortant visiblement d’une allée transversale, les détaillent. La présence d’Eloïse semble les rassurer car leurs mains sont loin de leurs armes mais la rouquine déglutit face à la situation plus que dangereuse qui vient d’arriver. Elle se rappelle clairement les paroles de celui qui l’accompagne et décide de les mettre en pratique, jouant parfaitement la comédie. Elle agrippe le bras de son accompagnateur et répond d’une voix assurée.

- On... On rentre à la maison, mon père et moi, je suis restée trop longtemps chez des amies et il a dû venir me chercher… je suis désolée, je ne voulais pas causer de problèmes.

Elle ment avec une aisance certaine, habituée à le faire en de maintes occasions pour obtenir quelques pièces ou de quoi manger lorsque la rapine ne suffisait plus. Si au début cela lui était difficile car on lui avait appris à abhorrer le mensonge, elle avait fini par passer outre et par mentir de plus en plus aisément. Certes il lui arrivait de bafouiller ou parfois de dire des choses invraisemblables, mais cela était devenu rare et elle était persuadée que les gardes ne verraient pas la différence. Elle espère juste que l’homme à qui appartient le bras qu’elle serre ira dans son sens. Elle veut vite se débarrasser des gardes et partir pour Lorgol.


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Message Sujet: Re: La Voleuse et l'Assassin   La Voleuse et l'Assassin EmptyMar 19 Fév - 12:09

Dans quoi s’embarque-t-il, l’assassin ? Voilà à peine quelques heures, il était encore agenouillé dans la poussière du sanctuaire, à attendre que tombe la nuit ; quelques heures plus tôt, il était encore prêt à partir pour une mission avec au coeur l’espoir que la Sombre Mère répondrait à ses prières si la mort venait correctement. Il y a quelques heures, qui semblent des éternités quand on y repense – comme à chaque fois que l’on repense au passé – il n’aurait jamais pu prévoir sa rencontre. Et il aurait encore moins pu prévoir de la ramener, cette gamine, sur Lorgol ! S’il y a bien quelque chose que les assassins ne font pas habituellement, c’est de ramener quelqu’un d’autre d’une mission. Ils ne sont pas de vulgaires taxis. Et qui pourraient-ils ramener ? Des cadavres ?
Mais si la vie n’était qu’une succession de moments identiques, ça se saurait. On apprend bien vite à compter sur les imprévus et à les tourner à son avantage, à prendre des décisions dans le feu de l’action ; quand on sait que la vie peut s’arrêter à un tournant de rue pour ses croyances ou parce qu’on ne court pas assez vite, on apprend à choisir au dernier moment.
On apprend à changer ses plans sans les compromettre.

Dans l’embrasure de la porte, il ne dit plus rien. Il n’ose pas imaginer combien la petite a du perdre, si celle-ci cherche à aller sur Lorgol. Ils sont nombreux, les enfants et les autres, à rêver de la cité aux mille tours : l’infinité de possibles des terres libres, la cité tentaculaire qui s’étend jusqu’à l’océan et s’enfonce en même temps dans les terres, la faune et la flore urbaine, la cohabitation de deux empires bon gré mal gré, les centaines, les milliers d’âmes qui arpentent les pavés et les canaux. Lorgol défie la logique et l’imagination.
Ils sont nombreux à rêver de s’y évader, mais bien peu, à l’âge aussi tendre que le sien, à actuellement tout mettre en œuvre pour s’y rendre. La misère, à Lorgol ou la Volte, n’est pas si différente.
Les futurs possibles le sont.

Le voyage dans les rues est somme toute rapide. Elle n’a pas menti, ils sont vraiment proches. La distance rassure l’assassin. Ils ont de quoi se réfugier. L’air autour d’eux s’est considérablement rafraîchi. Pris dans sa folie meurtrière, engoncé dans son esprit, Gauthier n’en a même pas eu conscience auparavant. Là, alors qu’il fouette son visage et pénètre même les couches pourtant lourdes de ses vêtements, il peut constater que la rigueur de l’hiver cibellan reste la même qu’en ses souvenirs.
Patiemment, il guette dans une pièce attenante, n’osant pas aller la suivre à l’arrière. Peut-être a-t-elle besoin de temps. Peut-être va-t-elle fuir – mais le temps qu’elle ramène des gardes, il sera reparti par portail.
Le silence est toujours là, ami fidèle, alors qu’ils se glissent à nouveau sur le chemin inverse. Gauthier est aux aguets : ils marchent trop lentement pour son goût, lui qui n’a pas l’habitude de s’attarder à visage couvert dans ces rues.

Le quadragénaire ne sursaute même pas, alors qu’une voix retentit derrière. Il réagit vite, cependant. Le masque glisse de ses traits, disparaît dans les plis de sa cape alors qu’il est pris d’une quinte de toux fort à propos. Pas la plus discrète ou la plus fine des stratégies, il est vrai, mais elle lui permet de se pencher en avant pour l’ôter sans attirer les soupçons. C’est grossier, mais c’est une réaction d’instinct. Il se retourne et hoche la tête, détaillant d’un air neutre les deux gardes.

« Je voulais pas qu’elle rentre de nuit seule surtout. » Il y croit. Elle pourrait être sa fille, dans d’autres réalités. Et il mentirait s’il ne disait pas, l’espace d’un instant, voir en elle l’enfant qu’il n’élèvera jamais de Chasteté. Douce rêverie. Un mensonge qui se pare d’idées irréalisables. « D’ordinaire, j’la laisse pas sortir aussi tard, on a besoin d’elle à la boutique assez tôt le matin, surtout sa mère. »

Il inspire confiance, Gauthier, quand il lève les yeux au ciel et soupire. Ils s’en tirent après quelques explications supplémentaires. Heureusement pour lui, les gardes ont autre chose à foutre que de s’interroger sur la présence si tardive d’un père et de sa fille dans les rues – surtout quand on vient de leur apprendre qu’à quelques rues d’ici, on a retrouvé un homme vraisemblablement mort.
Il promet de faire attention, rapproche la petite de lui dans un geste d’affection presque réel.

« Allez viens, ne traînons pas. » murmure-t-il à sa fille. Ils reprennent le chemin de la maison, et, une fois s’être assuré que personne n’est sur leurs traces ou ne peut les voir, Gauthier se glisse dans la maison où sont encore au sol leurs couvertures. Il ne verrouille pas la porte, cette fois. Il n’y en a pas besoin.
« On ne devrait pas s’attarder. Tu as tout récupéré, je suppose ? » Il ouvre la porte qui donne sur l’arrière-cour dans un grincement léger. Le masque a au moins été utile pour protéger son visage du froid, jusque là.



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Eloïse Brûmagie
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Message Sujet: Re: La Voleuse et l'Assassin   La Voleuse et l'Assassin EmptyJeu 21 Fév - 16:22

Comme elle l’espérait, son « père » joue le jeu. Il retire même son masque sans qu’elle ne l’ai vu faire et elle fait un effort immense pour ne pas le dévisager devant les gardes alors qu’il leur sert un mensonge pour justifier leurs présences ici. Lorsqu’il parle d’une boutique, elle se crispe. Simple coïncidence ou est-ce qu’il l’a déjà vu chez ses tuteurs ? Non, elle refuse de croire qu’il la connaisse, ce n’est qu’une coïncidence, il aurait pu dire n’importe quoi pour que les gardes les laissent en paix. Il enchaîne les explications fausses qui finissent par convaincre les gardes avant d’attirer la rouquine contre lui dans un geste qu’il veut affectueux. Elle se laisse faire, consciente des enjeux, lâchant même un petit sourire pour que cela paraisse convaincant et les gardes finissent par les laisser tranquille, leur conseillant tout de même de ne pas traîner dehors par les temps qui courent. S’ils savaient…

Ils retournent silencieusement dans la maison sans qu’Eloïse ne fasse un mouvement pour s’éloigner de lui, ne voulant pas donner l’impression qu’elle veut fuir. Une fois rentré, il ne verrouille pas la porte et elle lui fait face, détaillant finalement son facies. Il est plus doux, plus noble qu’elle ne l’aurait cru, imaginant un visage plus fermé, plus carré, plus froid que celui qu’elle voit en ce moment-même.

- Je n’ai pas grand-chose mais oui, j’ai tout récupéré.

Elle serre son petit baluchon contre elle, sentant sa broche contre sa poitrine. Elle ne possède réellement que ça, le reste étant un coffret et de l’argent volé, qu’elle a su conserver. Elle n’imagine pas trop ce qu’elle va faire une fois arrivée à Lorgol. Elle a eu beau y réfléchir longuement, elle n’a aucune idée de comment réellement retrouvé son père, si ce n’est la Cour, où les informateurs pourront la renseigner. Mais comment trouver la Cour, là est toute la question. Son regard dévie à nouveau sur le visage de l’assassin. Elle le suit dans l’arrière-cour après qu’il est ouvert une porte grinçante et le froid, mordant, l’assaille de nouveau, la faisant frissonner. Alors elle retourne à l’intérieur, prend un des couvertures et retourne auprès de lui en trottinant et en montrant l’épaisse couverture.

- Cela vous dérange si j’en prends une ? Je ne sais pas trop où je vais atterrir donc je préfère avoir de quoi dormir au chaud.

Elle a de l’argent pour pouvoir dormir dans une auberge, mais l’argent n’est pas éternel, elle le sait, donc elle préfère prendre ses précautions. Elle fixe de nouveau le visage de l’homme et elle est prise d’un doute. Elle se triture les doigts, se dandinant d’un pied sur l’autre d’un air légèrement gêné, parce qu’elle hésite.

- Est-ce que… vous allez avoir des problèmes parce que j’ai vu votre visage ?

Elle ne sait pas comment fonctionne l’ordre dont il a parlé, mais elle imagine sans mal que dévoiler son visage à une inconnue ne doit pas être dans son intérêt. Elle sait qu’elle ne dira rien, parce qu’elle a une certaine dette envers lui, même si elle se garde bien de le lui dire pour le moment. Mais d’autres pourraient avoir vent de tout ça, par un moyen ou un autre, et elle ne voudrait pas qu’il lui arrive quelque chose par sa faute. Parce qu’au final, il lui a plus rendu service que causé du tort, cet homme. D’accord, il l’avait terrifiée et enfermé dans une maison sordide où elle avait cru sa dernière heure arrivée. Mais au final, il n’avait rien fait, il l’avait même aidé, d’une certaine manière. Alors elle ne pouvait pas vraiment lui en vouloir.

Elle aurait probablement des cauchemars pendant quelques temps, focalisés sur l’homme qu’il avait tué et dont elle revoyait clairement le visage froid et immobile, mais elle était habituée au cauchemar à présent, cela passerait. Peut-être que parfois elle se retiendrait de voler, craignant de surprendre un autre comme lui en plein assassinat et tombant sur une personne moins avenante que lui. Car au final, il n’était pas méchant. Du moins pas au sens où elle l’entendait, elle. Il avait probablement une raison de l’aider, une raison qu’elle ne connaissait pas et ne connaîtrait sans doute jamais. Elle lui en était reconnaissante au fond, parce que sans cette étrange soirée, sans cette rencontre absurde et dangereuse, elle n’aurait peut-être jamais pu atteindre Lorgol.

- Comment ça va se passer maintenant ? On attend quelque chose ?

Parce qu’elle n’a aucune idée de comment il compte l’emmener à Lorgol. Elle pense que la magie peut aider, sa mère adoptive l’utilisant parfois pour rendre visite à sa famille éloignée, mais elle n’a jamais eu l’occasion de s’en servir ou de la voir à l’œuvre. Et la magie, ce n’est pas son truc. Elle appréhende ce qu’elle ne comprend pas, et même si elle sait que ce n’est rien de plus qu’un outil, comme la dague qu’elle porte, elle s’en méfie un peu, car elle trouve cela trop imprévisible. Mais à l’instant présent, elle est prête à tout pour atteindre Lorgol, quitte à utiliser la magie si c’est le seul moyen.


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Message Sujet: Re: La Voleuse et l'Assassin   La Voleuse et l'Assassin EmptyMer 27 Fév - 22:23

Gauthier n’a pas peur, alors qu’il retire son masque et ment. Pas un seul instant il ne semble faillir ou vouloir simplement la vendre et se retirer. Il ne craint pas pour leur vie, parce que le Cibellan sait mentir avec un aplomb digne de ceux qui savent prendre l’existence d’autres. Il n’aime guère le faire, mais entre mourir et faire passer une existence qu’il aurait pu mener pour réelle – s’il n’avait ouvert les yeux et suivi le chemin lumineux que jusque là il ignorait – le choix est bien souvent très facilement fait.
Il a menti. Ils s’en sont sortis, et ont rejoint sans encombre la maison. Leur histoire rocambolesque et vaguement malsaine risque de s’achever très bientôt. D’un regard un peu surpris, très clairement, Gauthier juge la petite qui le questionne. Il ne dira rien, pour la couverture : les rues de Lorgol ne la lui fourniront pas, qu’elle ne rêve pas. Elle ne sait pas, encore, ce dans quoi elle s’embarque.
Mais ce n’est pas ça qui le surprend, non. C’est la considération pour son statut, les possibles répercussions pour avoir ôté son masque en face d’elle. À ça, il sourit, simplement.
Il sait sourire.
Elle ne l’a pas encore vu, jusque là, c’est tout.

«  T’inquiètes pas pour ça. Si je l’avais pas fait, à l’heure qu’il est, on serait certainement pas ici. Et d’autres connaissent mon visage et mon appartenance. » Rhapsodie. Chasteté. Certaines personnes de passage dans sa vie, qui avaient pu à loisir connaître et observer ses allers et venues dans Lorgol et ailleurs, comprendre ce que l’apothicaire faisait. Une gamine de plus, ça ne change rien. Elles savent.
Elles savent et elles se taisent. Il lui a fait peur, tout à l’heure, et le remords grandement chevillé au corps il se dit bien que la moindre chose à faire est d’aider la pauvre gone.

« On attend la mage. » Féminin par défaut, le propre d’une éducation cibellane. « J’ai juste à lui expliquer. Elle nous déposera dans un coin sûr de la Ville Basse. De là, tu devras te débrouiller seule, et nos chemins ne se croiseront plus. Ou alors de manière plus heureuse, j’espère. »
Un instant d’hésitation, minime, infime. La peur fraternelle qu’il a pour tous quand retombe la colère. Lorgol, ce n’est pas rien. Même pour une enfant sans famille ou à la recherche de la sienne, c’est loin d’être une simple cité.
Elle se débrouillera seule, dans des rues qui pourraient lui en vouloir d’exister. Il ne peut pas mieux y faire. Eventuellement, lui donner une adresse ou deux, la mettre en garde. C’est le doute qui danse au fond de ses yeux bleus. « J’suis sincère tu sais, quand je te dis que t’as du courage et une foutue détermination. C’est pas rien que de se jeter dans Lorgol. J’respecte ça. »

Du mouvement autour d’eux. Une fluette silhouette arrive, d’un coin sombre. Elle a sans doute pris son temps, comme d’habitude. Tout comme Gauthier, la personne est masquée – mais la voix quelque peu étouffée est indéniablement féminine.
« Qu’est-ce que …
- Elle est avec moi, t’en fais pas. Changement de plan, on va faire un détour. »
Un long soupir échappe à la nouvelle arrivée. Très long.
« Encore une ? Il faut que tu arrêtes, franchement, ça devient quelque peu malsain de sauver les gamines.
- Il y a de grandes causes bien moins nobles, répond-il en haussant les épaules. Et pourtant, bon nombre de gens les soutiennent. »
L’homme sourit au mage. Celle-ci fixe la jeune rousse pendant un temps, semblant chercher quelque chose - une quelconque menace, peut-être ?
« Je nous pose où ? »
L’adresse est décidée d’un commun accord.
Le portail s’ouvre. Quelques instants plus tard, ils ne sont plus là.

Il la dépose dans une des artères principales de la Ville Basse, qui bénéficie d’un bon éclairage, à deux pas d’une auberge plus que fréquentable  et abordable.
« Courage, gamine. J'espère que tu le trouveras. »
Alors que l’assassin disparaît dans la nuit, ses mots résonnent dans l'air. Dans les ruelles qui courent jusqu’à la tour aussi noire que le ciel sans étoiles au-dessus d’eux, il se questionne. Lui ne laisse rien derrière eux, à La Volte il n’a plus personne. Il n’y a rien qui l’attend dans la capitale cibellane, rien qu’un passé détruit, des souvenirs qu’il pourrait chérir.
Lui ne laisse rien derrière.
Il ne sait pas pour elle. Ne sait pas ce qu’elle a pu abandonner, ce qu’elle a pu endurer.
Ne sait pas s’il la reverra, dans cette ville tentaculaire où le hasard donne et reprend si aisément, et où la chance danse.
Gauthier n’en sait rien de ce qu’il adviendra de la petite Éloïse mais il espère, un peu, qu’elle trouvera celui qu’elle cherche.



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Message Sujet: Re: La Voleuse et l'Assassin   La Voleuse et l'Assassin EmptyJeu 28 Fév - 18:14

Cette nuit lui réserve décidément bien des surprises à la rouquine. Le baluchon dans une main et la couverture dans l’autre, elle attend patiemment, surprenant le sourire de l’assassin. Elle le dévisage, interdite, alors qu’il la rassure. Ce n’est qu’un homme après tout, pourquoi ne pourrait-il pas sourire devant l’innocence de celle qui s’inquiète pour lui ? Mais la petite ne l’avait pas vu venir et elle sourit à son tour devant le ton doux de l’homme. Elle ne le craint plus vraiment, elle l’a vu se calmer, et elle pense qu’il s’en veut, raison pour laquelle il l’aide, elle, la petite rousse qui a failli mettre en péril leurs deux existences. Mais tout est bien qui finit bien, du moins elle l’espère.

Elle ne s’était pas trompée, ils attendent bel et bien une mage. Mage qui devrait donc les envoyer à Lorgol, dans la Ville Basse selon les dires de l’assassin. Probablement la solution la plus discrète, pas forcément la plus rassurante, mais la rouquine s’en fiche, elle sera sur place, c’est tout ce qui compte pour elle. Elle échafaude déjà des plans pour les prochains jours et a hâte de découvrir cette ville inconnue dont elle a tant entendu parler. Mais le ton qu’il emploie la fait revenir à la réalité et elle l’observe curieusement, partagée. Elle finit par hausser les épaules, rétorquant intérieurement qu’elle n’est pas comme il pense. Combien de fois a-t-elle failli abandonner ? Rentrer chez ceux qui l’avaient élevé. Mais elle avait lâchement fui et ne pouvait pas revenir comme ça, la queue entre les jambes.

Une silhouette se découpa soudainement, masquée également, relativement fine et à la voix féminine. Probablement la mage dont il parlait plus tôt. Elle semble surprise et l’échange qui s’en suit apprend à Eloïse une chose qu’elle n’envisageait pas. « Encore une ? ». Elle observa l’assassin à la dérobée, essayant d’en savoir plus mais il ne lui jette qu’un bref coup d’œil. La mage, par contre, la fixe un moment et la rouquine soutient son regard, pas le moins du monde intimidée. La mage finit par détourner les yeux après avoir ... quoi ? Évaluer l’enfant ? Eloïse n’en sait rien, elle voit simplement le portail qui s’ouvre soudainement. Elle hésite, la magie n’est pas toujours rassurante pour elle, mais elle se laisse entrainer. Elle ferme les yeux.

Un nouveau décor apparaît. Ville différente, des odeurs inconnues, et des tours, partout. La jeune fille jette un regard ébahi tout autour d’elle. Mais la nuit l’empêche de vraiment apprécier les lieux. Elle se tourne vers l’assassin qui lui désigne un bâtiment, une auberge visiblement. Elle hoche la tête et, tandis qu’il s’éloigne, lui souhaitant bon courage, elle lui répond.

- Merci, vraiment !

« J’espère vous revoir ». Ces quelques mots ne franchissent pas le bord de ses lèvres, parce qu’elle n’est pas sûre de vouloir les dire, ni qu’il veuille les entendre. Mais elle aimerait le remercier davantage. Il l’a aidé au-delà de tout ce qu’il peut imaginer et elle voudrait lui rendre la pareille un jour. Elle le regarde disparaître dans la nuit, immobile au milieu de la rue pavée tandis les rires et les bruits de l’auberge lui parviennent. Son regard s’y dirige et son corps suit, son cœur bat la chamade. L’excitation a pris place dans l’esprit et le corps de la rouquine.

Elle entre, appréciant la chaleur de l’endroit, demandant un repas après avoir réussi à se hisser sur un des tabourets pour être aperçue par le gérant. Elle mange avec l’empressement des affamés, ignorant les quelques regards curieux sur sa frêle silhouette. Elle imagine bien qu’une enfant seule débarquant en pleine nuit sans bagages n’est pas très courant, même ici. Elle demande une chambre également, faisant hausser un sourcil au gérant. Mais les pièces qu’elle dépose sur le comptoir le rassurent et il lui indique une chambre d’un large sourire. Les adultes sont si prévisibles…

Une fois allongée sur son lit, elle soupire de bonheur. Quand était-ce, la dernière fois qu’elle a pu profiter d’un tel confort ? Des mois, assurément. Elle pose son coffret et prend sa broche pour se rassurer, plus par habitude que réelle nécessité maintenant qu’elle est enfin arrivée. Par la fenêtre, elle observe le ciel et les lunes qu’elle parvient à apercevoir. Son esprit revient vers l’assassin. Elle se demande ce qu’il fait en ce moment, s’il a une famille qui l’attend comme il l’avait laissé entendre. Et elle soupire de nouveau, déçue. Malgré tout ça, elle ne pourra jamais le remercier à moins d’un hasard insolent. Parce qu’au final, malgré toutes les occasions et l’étrange honnêteté dont il avaient tous les deux fait preuve, il ne lui a pas dit son nom.


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