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 Ne fuyons pas cette réalité, tournons simplement la dernière page

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Message Sujet: Ne fuyons pas cette réalité, tournons simplement la dernière page   Ne fuyons pas cette réalité, tournons simplement la dernière page EmptyMar 15 Jan - 19:57




Livre IV, Chapitre 1 • Les Labyrinthes de Sithis
Serenus Dardalion & Manaël l'Ardence

Ne fuyons pas cette réalité, tournons simplement la dernière page

& Puissions nous trouver une autre histoire à dévorer ensemble




• Date : le 28 septembre 1003
• Météo (optionnel) :  sec et lumineux
• Statut du RP : privé
• Résumé : Un petit repos bien mérité, pensait-il. Un moment pour souffler. Une pause pour retrouver des amis et se détendre. C'était trop demandé, visiblement. Manaël rencontre à nouveau Serenus. Cette fois dans la réalité et non plus dans la trame alternée. Pourvu qu'il ne se souvienne pas.
• Recensement :
Code:
• [b]Le 28 septembre 1003 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t4477-ne-fuyons-pas-cette-realite-tournons-simplement-la-derniere-page]Ne fuyons pas cette réalité, tournons simplement la dernière page[/url] - [i]Serenus Dardalion & Manaël l'Ardence[/i]
Un petit repos bien mérité, pensait-il. Un moment pour souffler. Une pause pour retrouver des amis et se détendre. C'était trop demandé, visiblement. Manaël rencontre à nouveau Serenus. Cette fois dans la réalité et non plus dans la trame alternée. Pourvu qu'il ne se souvienne pas.

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Message Sujet: Re: Ne fuyons pas cette réalité, tournons simplement la dernière page   Ne fuyons pas cette réalité, tournons simplement la dernière page EmptyMar 15 Jan - 20:23

Quelques bons contrats auprès de nobles de çi de là, quelques voyages éprouvants en tant qu'escorte également. Lui qui trouvait parfois qu'être protecteur auprès de Gabrielle de la Volte n'amenait pas forcément son lot d'action, regrettait amèrement aujourd'hui le confort qu'il avait eu quelques mois plus tôt – et qu'il avait perdu depuis. Parcourir les chemins était dangereux ; pour ceux qui n'avaient pas assez pour se payer un portail ou pour ceux qui désiraient goûter au frisson et admirer le paysage. Aussi, épuisé, un contrat terminé et avant de s'engager ailleurs, Manaël avait-il décidé de rejoindre Lorgol. Pour se reposer, mais surtout pour profiter un peu de son temps libre pour dépenser son argent. Et pour retrouver quelques têtes familières au passage.

Ainsi il prit des nouvelles de sa nièce, étudiante à l'Académie, avant de passer un moment avec son ami d'aujourd'hui et ennemi d'autrefois Rodrigue Roncenoire, professeur de cette même Académie. Ils quittèrent la foule estudiantine et prirent la direction de la Ville Haute. Les sujets de conversation ne manquaient nullement entre eux, les rires non plus. Ils discutèrent en marchant, parlant des cours, de leur dispute adolescente, des femmes, de la Chevauche un peu, de Cibella, de Gabrielle, de Creska la moqueuse et fidèle, de son renvoi, de la Chasse avant d'aboutir sur Raël l'Obstiné.

« Nous avons commencé à nous fréquenter. Oh, naturellement, c'est discret. C'est délicat aussi. Il insiste un peu et cela m’embarrasse assez pour tout t'avouer. Les Cielsombrois sont si – Manaël ? »

Manaël n'écoutait plus. Manaël était choqué. Manaël était blanc comme un linge. Bien sûr, il était stupéfait, choqué aussi, d'apprendre la liaison qui doucement s'était créée entre son ami et l'un de ses premiers contrats. Entre l'homme qui écoutait et le second qui n'avait fait que le suivre dans l'espoir de le toucher plus qu'il en était nécessaire. Mais c'était surtout l'apparition d'un homme, plus loin, qui l'avait soufflé comme on éteint une bougie. Interdit. Tétanisé. Il le voyait avancer dans sa direction. Un frisson lui parcouru l'échine et une boule sembla remonter jusque dans sa gorge.

C'était lui.

Le fou.

Le taré.

Le bouché.

Le psychopathe.

Le gentil aussi un peu.

Celui qui l'avait croqué.

Ou plutôt celui qu'il avait croqué lorsqu'il s'était éveillé dans cette trame alternée.

Celui qui avait été assez bête pour le croire.

Celui dont il avait espéré qu'il trouverait quelqu'un de mieux, chose difficile il en était conscient et bien orgueilleux, pour le remplacer.

Celui qui chevauchait dans un autre sens.

Celui qui l'avait fait remonter sur un dragon après des années à refuser pour que Tempérance soit la dernière.

Celui là donc qui avait mis fin à cette promesse.

Celui qui l'appelait trop affectueusement poussin.

Horreur et damnation. Il aurait été Belliférien que Manaël lui aurait sauté à la gorge. Une grimace déforma sa bouche, mélange de rictus, d'effroi et de répugnance. Il existait vraiment. Comme les autres dont il avait entendu les récits de cette trame. Et puis sa respiration s’accéléra. Se souvenait-il ? ''Qu'est ce qui se passe Mana ?!' Creska semblait inquiète, vraiment. 'Il est là.' 'Qui ça ?' 'L'autre là.' 'Mais encore ?' 'C'lui avec qui j'ai couché dans l'autre réalité là ! Que Sithis m'enterre.' 'Oh s'il te plait c'est pas bien grave... ça arrive à tout le monde de' 'Je n'étais pas consentant !' 'Moui, ça dépend du point de vue je suppose...' 'Ce n'était pas moi.' 'En effet, sans moi tu n'es rien.'

Il se serait bien vu piquer un sprint dans l'autre direction s'il n'avait pas craint de passer pour un voleur. C'est que le 'gars' était bien armé, lui semblait-il. Un guerrier. Et qu'il ne souhaitait nullement que celui-là en question lui court après. Leur regard se croisèrent un court instant, une seconde beaucoup trop longue à son gout, alors qu'il s’apprêtait à le dépasser.

Il ne se souvient pas. Il ne se souvient pas. Mnémosie merci, remercia t-il. Trop vite. Car tout s’enchaîna alors.

« Manaël ! » fit plus fort Rodrigue, inquiet de le voir aussi... absent. « Manaël l'Ardence ! » Répéta t-il pour ramener sa pleine conscience.
« C'est lui ! C'est lui qu'a dépouillé ma femme ! » Cria soudain une voix poissarde d'un étal en pointant un doigt vibrant de colère dans sa direction.
« Ne soyez pas absurde, mon ami vient tout juste d'arriver ! » Rétorqua Rodrigue d'un ton indigné et d'un torse droit. Mais l'autre n'en avait pas fini, point du monde impressionné
« C'est lui qu'a volé ma femme j'vous dis ! Mon Helena ! Il m'a tout pris ! Voleur ! Arrêtez-le ! »

C'était une erreur, une grossière erreur, mais Manaël peinait à suivre. Trop d’éléments en cet instant. Trop de choses en tête. Et les yeux de l'autre qui le dévisageait en prime...


Dernière édition par Manaël l'Ardence le Mar 15 Jan - 20:57, édité 2 fois
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Serenus Dardalion
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Message Sujet: Re: Ne fuyons pas cette réalité, tournons simplement la dernière page   Ne fuyons pas cette réalité, tournons simplement la dernière page EmptyMar 15 Jan - 20:50

« - Ce que tu dis est complètement fou Obédience. Moi, avec un homme ? Impossible !

- Et pourtant, c’est vrai. Tu l’as aimé plus que ta propre vie. Tu n’arrêtais pas de l’appeler « Poussin » ou « Chaton ». Tu as beaucoup pleuré quand il t’a laissé. Il a fui, après avoir, comme toi, « retrouvé ses souvenirs ». C’est en partie à cause de ça que tu étais d’humeur exécrable ce jour-là. Le jour où nous sommes partis pour Lorgol avec cet Aaron. »

Serenus caressa le museau de son dragon, perdu dans ses pensées. Il n’arrivait pas à croire ce que disait son dragon, et, pourtant, cette explication était crédible. Cet homme, dont il ne parvenait pas à se souvenir ni du nom, ni du visage, avait partagé sa vie, avait dormi dans son lit, et avait fait bien plus encore… Comme lui briser le cœur, d’après les dires d’Obédience. Serenus ferma les yeux, et secoua la tête. Heureusement qu’il avait retrouvé ses souvenirs, il aurait sinon continué à se comporter comme une jeune fille effarouchée.

------------------------------------------------------------------------

Serenus ouvrit les yeux. Encore ce rêve. Obédience ne cessait d’habiter ses songes ces temps-ci. Il était vrai que la présence rassurante du grand dragon manquait au guerrier. Il se retourna, et vit non seulement qu’il faisait presque jour, mais aussi que sa fille était déjà réveillée. L’enfant pleurait. Serenus se leva et se dirigea vers son petit lit. Elle avait du faire un cauchemar. Il caressa la joue d’Ariane, l’attrapa et la serra contre lui pour la rassurer. Il n’était pas le seul à avoir de mauvais rêves. Il emmena Ariane dans leur lit et l’allongea entre Maud et lui. Il embrassa la chevelure bouclée de sa petite, et, tout en écoutant sa respiration, il regarda le jour se lever lentement sur Lorgol. Encore une nouvelle journée de travail. Mais, grâce aux dieux, ce ne serait pas comme la veille. Serenus avait passé la journée à escorter une troupe de soi-disant célèbre troubadours venus crier sous tous les toits de la ville qu’ils donnaient une représentation le soir de la prochaine pleine lune. N’importe quoi. Serenus n’avait pas ouvert la bouche de la journée, et, lorsque le crépuscule était enfin arrivé, il avait pu enfin soulager ses jambes endolories.

Ce jour-là serait différent. Juste de la représentation, et beaucoup de dissuasion. Rien de tel que sa plus belle armure pour paraitre menaçant. Serenus avait passé un long moment à nettoyer et à polir chaque pièce pour qu’elles brillent de mille feux. Il aurait bien voulu mettre celle qu’il avait porté lors du Tournoi des Trois Opales, mais elle lui rappelait trop de mauvais souvenirs. Même s’il devait avouer que les Bellifériens qui l’avaient confectionné étaient des artistes. Une bonne heure passa avant que Serenus ne se décide à se lever, laissant sa fille endormie aux côtés de sa mère. Il fit chauffer de l’eau, prit son petit déjeuner. Il passa un long moment à attacher soigneusement les lanières de son armure, et, exceptionnellement, essaya même d’arranger sa coupe de cheveux. Maud les avait récemment coupés, et il était plutôt satisfait. Sa mère, en comparaison, préférait lui tondre littéralement le crâne. Là, avec Maud, il ressemblait à un homme civilisé, et non à un barbare. Bon, il ne pouvait rien faire pour sa balafre, mais il savait qu’elle ferait grand effet. Il embrassa ses chéries et, sans un bruit, sortit.

La matinée passa agréablement, et, encore mieux, il avait droit à une pause. Serenus ne se fit pas prier pour s’éclipser dès qu’il le put, et, détendu il se balada dans les rues de Lorgol. Il s’acheta un morceau de pain et, après l’avoir avalé, il déambula, laissant son esprit divaguer. Il croisa une paire d’ami, croisa le regard d’un des deux hommes. C’était un barbu assez costaud. Avec un rapace. Surement un mage. Serenus le regarda, l’espace de quelques secondes, et trouva que l’homme semblait le fixer avec un peu trop d’insistance. Bah quoi ? Il n’avait jamais vu de guerriers balafrés le magicien ? L’ami de l’homme, conscient de son absence l’appela. Et pour Serenus, entendre ce nom à nouveau fut un véritable choc. Il s’arrêta de marcher, tout aussi confus que l’autre homme. Manaël. Manaël L’Ardence. Son amant. Enfin… Dans l’autre réalité. Celle où il était un Chevaucheur. Chevaucheur d’un puissant dragon, Obédience. Et, apparemment, chevaucheur d’hommes aussi. Manaël… Cet homme qui l’avait fait tant souffrir, selon les dires d’Obédience. Son cœur se serra. Serenus serra les poings, et leva à nouveau les yeux vers cet homme. Oui. Il correspondait à la description faite par Obédience. Et, vu son regard, lui aussi se souvenait de cette autre réalité.

Un cri le ramena à la réalité. Un autre gars pointait Manaël du doigt, l’accusant d’avoir volé sa femme. Serenus dévisagea l’homme une fois de plus, écoutant à peine l’ami défendre le cas de Manaël. Voilà l’occasion. Il s’approcha de Manaël, et, tout en haussant le ton, il dit à l’accusateur.

« - Vous faites pas de soucis. Je vais m’occuper de son cas. Je vais lui dire deux trois mots, histoire qu’il avoue où il a caché votre femme. »

Il posa une main sur l’épaule de Manaël et lui siffla :

« - Toi, suis moi sans faire d’histoires, et tu verras que tout se passera bien. J’dois te parler » Il se tourna vers l’ami de Manaël et gronda un : «  Seul à seul. »

Sans dire un mot de plus, il entraina Manaël, main toujours sur son épaule, hors de la foule. L’accusateur continuait de râler, mais l’intervention du guerrier semblait l’avoir calmé. L’ami, par contre, foudroyait Serenus du regard. Il l’ignora superbement et emmena Manaël à l’abri des regards. Il le lâcha et se tourna vers lui. Il murmura, pour lui-même :

« - Obédience ne pourrait pas avoir menti… Pourquoi l’aurait-il fait ? »

Il souffla, passa une main dans ses cheveux, puis fit face à Manaël. Il fronça les sourcils. Il devait agir, parler, faire n’importe quoi.

Il laissa son instinct et sa fiertéi agir à sa place.

Tout en assénant une magnifique droite à l’homme, il lui dit juste ceci, sur un ton teinté de colère :

« - Enfoiré ! »



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Message Sujet: Re: Ne fuyons pas cette réalité, tournons simplement la dernière page   Ne fuyons pas cette réalité, tournons simplement la dernière page EmptyMer 16 Jan - 14:06

Trop de brouhaha. Tout simplement trop alors que le gars s'était avancé et qu'il avait reculé d'instinct légèrement le buste pour ne plus sentir son souffle encore. Trop d'effet alors qu'il lui posait une main sur l'épaule d'un regard assassin et qu'il le menaçait carrément pas comme un guerrier le ferait... enfin à ses yeux :

« - Toi, suis moi sans faire d’histoires, et tu verras que tout se passera bien. J’dois te parler »
« Monsieur, c'est une violation de- »
«  Seul à seul. »

Et s'il n'entendit pas le retour de Rodrigue au faux Chevaucheur vrai Guerrier d'une réalité à l'autre, Manaël était pourtant conscient de la voix qui criait en lui : NON. Il ne désirait pas être seul à seul. Creska, d'ailleurs, était loin de rire alors qu'elle volait plus en hauteur, prête à fendre sur l'homme armé si il dégainait quoique ce soit.

Un guerrier aurait agit sévèrement mais pas ainsi. Un guerrier n'aurait pas demandé à vouloir lui parler comme ça. Un guerrier aurait cherché à démêler le vrai du faux et devant la foule. Un guerrier ne l'aurait pas mené à l'écart.

Cherchait-il, honteux, à se débarrasser de lui ? Se souvenait-il de tout comme lui. D'un tout de trop ? Souhait-il le menacer de ne pas divulguer quelques informations compromettantes sur ce qu'ils avaient vécu en commun ? Qu'il ne s'inquiète guère, seul Creska savait. Et c'était déjà trop. Loin de riposter même si par quelques grognements il indiquait clairement qu'il n'aimait nullement être traité comme un voleur, il le suivit plus loin sous la mélodie désastreuse et sinistre du marchand ayant été volé... D'après ce qu'il entendait, Manaël méritait de finir dans le caniveau, emporté par la Chasse, rejeté en pleine mer et noyé par des algues avant de succomber à l'étreinte de Messaïon. Charmant.

Enfin relâché, Manaël le regarda d'un air de défi. Il ne se laisserait pas faire si super-Guerrier souhaitait le faire disparaître. L'autre avait peut-être les armes, mais lui avait sa magie.

« J'aime pas passer pour un voleur. » Grogna t-il dans une barbe taillée court. Et il aurait pu dire plein de chose qu'il n'aimait pas. Le Guerrier en tout cas marmonna lui-aussi sans prêter attention à sa plainte.
« - Obédience ne pourrait pas avoir menti… Pourquoi l’aurait-il fait ? »
« Fait quoi ? »
Demanda le mage en plissant les yeux, énervé. Il était clairement question du dragon de la trame, mais étrangement la suite lui faisait croire que l'homme ne se souvenait pas de tout. Peut-être ne se souvenait-il pas de lui du tout ? Son cœur se mit à battre follement et positivement à cette idée. S'il ne se souvenait pas de leur liaison, tant mieux !

Sauf que sa joie disparu bien vite de ses yeux face à la droite qu'il se prit par surprise et qui lui arracha un cri plaintif de douleur dans un « Ahw ! » résumant bien son ressenti. Il avait même plutôt bien chancelé sur le côté alors que le guerrier l'insultait d'un bref mais intense « Enfoiré ! ».

« C'moi qu'on cogne et c'est moi l'enfoiré ?! Quelle blague ! »
Grogna Manaël en se remettant droit et en foudroyant l'homme du regard. Il avança même d'un pas, ou deux, tous ses sens de nouveau à l’affût, tout en essuyant d'une main son nez douloureux et le peu de sang qui y coulait. Puis pointant du doigt le guerrier, reprit sauvagement :

« On dirait que tu t'rappelles un peu mais pas d'tout. Alors moi j'vais t'dire, j'ai sauvé ton cul et l'mien au passage. Plutôt que d'me frapper, tu d'vrais me remercier ! » cracha t-il au visage de l'autre en sentant la douleur enflée de plus belle dans sa mâchoire.


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Message Sujet: Re: Ne fuyons pas cette réalité, tournons simplement la dernière page   Ne fuyons pas cette réalité, tournons simplement la dernière page EmptyMer 16 Jan - 19:33

Par Kern, qu’est-ce que ça faisait du bien ! Serenus se sentait maintenant affreusement soulagé. Il secoua sa main endolorie par le coup, et se dit qu’il aurait même pu lui en donner une deuxième. Après tout, d’après Obédience, c’était de sa faute s’il avait été de si mauvaise humeur le jour où il avait retrouvé ses souvenirs. Il aurait pu le frapper une deuxième fois pour son cœur meurtri… Mais une fois suffisait largement. Il n’allait quand même pas lui casser le nez non plus. Il regarda Manaël. L’homme semblait très perturbé et très surpris d’avoir reçu un tel coup. Mais bon, Serenus estimait que c’était plutôt un cadeau. Un cadeau pour l’empêcher d’abandonner une nouvelle fois quelqu’un qui s’était attaché à lui. Les cadeaux, Serenus les offraient bien volontiers. Surtout des présents dans ce genre-là. Gratuit, nécessitant peu d’efforts et d’imaginations. Et, en prime, il pouvait donner de belles couleurs sur le visage de celui qui les recevait. La voix de Manaël le fit sourire de toute ses dents. Il estimait qu’il n’était pas un enfoiré. Et qu’il devrait même le remercier, car il avait sauvé ses fesses. Le guerrier, quand l’homme avança, ne bougea pas d’un pouce. Il laissa échapper un ricanement et répondit sur un ton taquin :

« - Estime toi heureux, au contraire, que je ne me rappelle de pas grand-chose mon poussin. Sinon, crois moi, t’aurais rencontré la petite sœur. » Il leva son poing gauche et repris : « Te remercier ? Pour m’avoir fait souffrir ? Mais t’a cru quoi, au juste ? Obédience m’a tout raconté. Tout, dans les moindres détails. »

Il fouilla dans les recoins de son armure et sortit un mouchoir, heureusement propre, et le tendit à Manaël pour que celui-ci puisse essuyer le sang qui coulait de son nez. Il en profita pour l’observer un peu plus attentivement. Qu’avait-il pu lui trouver pour qu’il en tombe aussi fou amoureux ? Cette barbe lui donnait l’air d’un bucheron. Et cette coupe de cheveux… Après il n’était peut-être pas comme ça dans l’autre réalité. Il avait un regard qui lui faisait penser à ceux des loups défendant leur proie. Serenus en avait croisé un, lors d’un de ses nombreux voyages. L’animal venait de tuer un lièvre. Quand le guerrier s’était approché, au lieu de fuir, le loup avait montré les crocs. Manaël avait le même regard que ce loup. Prêt à fondre sur son ennemi. C’était sans doute ça qui avait dû lui plaire, dans cette autre vie. Manaël semblait être un homme fort, sûr de lui. N’empêche, il ne comprenait quand même pas comment il avait fait pour s’en éprendre au point d’avoir eu le cœur brisé. Il fronça les sourcils et gronda :

« - J’pensais même pas que t’existais dans la vraie réalité. J’me disais qu’Obédience m’avait pt’être raconté des bobards, même si ça m’aurait étonné de lui. J’me suis même dit que j’avais rêvé tout ça. Obédience, Melinda et son bébé, que j’ai demandé en mariage. »

Il se rendit soudain compte qu’il sortait carrément du sujet. Il avait une affaire à régler. Par fierté, après ce qu’Obédience lui avait raconté au sujet de cette homme, Serenus se devait de recoller les morceaux brisés. Ou alors, il pouvait les éparpiller. Il ne tenait pas tellement à se retrouver dans la situation que lui avait décrit Obédience, après qu’il ait retrouvé ses souvenirs. Coucher avec un homme, alors qu’il n’était d’ordinaire pas attiré par eux… Franchement ! Le guerrrier passa une main dans ses cheveux. Non, rien chez Manaël n’aurait pu lui plaire aujourd’hui. Tout ce qu’il avait envie de faire, c’était lui taper dessus. Il y avait sa fierté en jeu. Si ce qu’avait raconté Obédience était vrai, il ne pouvait le laisser s’en aller et sortir de sa vie sans que cette histoire soit réglée. Mais, d’abord, il ne serait pas contre d’en savoir un peu plus sur lui, et sur ce qu’ils s’étaient passés entre eux. Serenus lui dit alors, sur un ton plus neutre :

« - Dis moi qui tu es, ce que tu es. Je veux savoir à qui j’ai affaire. J’veux savoir comment ça s’fait qu’Obédience m’ait parlé de toi, alors que j’t’ai jamais vu de ma vie. »

Il le fixa quelques instants, attendant sa réponse, mais, juste avant qu’elle n’arrive, il le coupa une dernière fois avec un :

« - Oh. Et… Désolé pour le coup. Ça m’a échappé. »



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Message Sujet: Re: Ne fuyons pas cette réalité, tournons simplement la dernière page   Ne fuyons pas cette réalité, tournons simplement la dernière page EmptyDim 20 Jan - 13:40

Il se moquait. Il le menaçait. Il lui disait de le remercier même. Le tout en ricanant. Manaël senti sa veine battre à sa tempe gauche. Pour qui se prenait-il au juste ? Pour un guerrier ? Il n'en avait que le physique, nullement le caractère, encore moins les manières. Peut-être devrait-il songer à en discuter à son supérieur, verrait bien qui rirait le dernier dans ce cas là. Un homme de la Guilde des guerriers qui frappe les petits gens sous prétexte qu'ils ont blessés sa fierté dans une autre réalité, à son idée que cela ne passerait pas chez un chef sans quelques sanctions.

« Si j'rencontre la p'tite sœur, il lança un coup d’œil au poing de l'homme, j'me ferai un plaisir d'aller trouver ton supérieur pour avoir une p'tite discussion privée. Libre à lui d'imaginer le contenu de cette dernière. Sa fierté en prendrait définitivement un autre coup en tout cas. Il ne voyait que ça pouvant expliquer la colère du guerrier. Il reprit ensuite. Et pour ton Obédience, qui te dit qu'il ne s'est pas moqué de toi ? C'est un souvenir après tout. Moi, je suis réel. Moi, j'ai des souvenirs. Et je peux t'dire que je me passerai bien de certains détails que tu cherches presque à vouloir posséder. »

Il avait décidé de garder ses souvenirs, Manaël. C'était une expérience énorme après tout. Une expérience unique. Mais il y avait des détails qu'il valait mieux oublier. Le toucher de la peau de l'homme en face de lui, par exemple. Son souffle chaud. Ses quelques regards de braise envoûtants troqués aujourd'hui contre deux médiocres charbons ardents de rancune. Serenus s'était 'éveillé' après lui. Il ne savait pas. Obédience avait trouvé le temps de lui conter leur amour vache. Ça ne suffisait pas pour se faire une idée. Mais qui, en cet instant, était le plus amène de raconter, de connaitre, ce qui s'était passé ? C'était Manaël. Et l'impression de posséder un savoir unique face un autre gonfla son orgueil.

Il refusa le mouchoir, le nia d'un regard en coin. Il avait beau être sympathique, il y avait quand même des limites à ne pas franchir. Celle de le frapper, de se moquer pour ensuite lui tendre un bout de main en était une. Il se frotta de nouveau le nez du plat de la main. Le gars en face de lui n'était en aucun cas celui de l'autre réalité. Au moins l'autre lui avait semblait certes fou, mais gentil surtout. Tellement gentil qu'il s'en était senti un peu coupable de le rouler ainsi dans la farine... Autant à présent, il regrettait presque de ne pas lui avoir fait subir le pire.

« - J’pensais même pas que t’existais dans la vraie réalité. J’me disais qu’Obédience m’avait pt’être raconté des bobards, même si ça m’aurait étonné de lui. J’me suis même dit que j’avais rêvé tout ça. Obédience, Melinda et son bébé, que j’ai demandé en mariage. »

« J'ai choisi de me rappeler, indiqua Manaël en relevant le menton avant d'ajouter. Mais pas pour toi, finit-il sa phrase. Tout sauf pour lui. Le Chevaucheur n'avait été qu'un détail depuis son éveil. Son dragon, un plus gros. J'aurai préféré ne pas t'revoir. Surtout si c'était pour m'prendre un coup, » cracha t-il et avoua t'il quelque peu rancunier pour la douleur vive qu'il ressentait encore alors que le regard du guerrier coulait sur lui. L'évaluait-il ? Lui non plus, n'était pas du tout son genre au cas où.

« - Dis moi qui tu es, ce que tu es. Je veux savoir à qui j’ai affaire. J’veux savoir comment ça s’fait qu’Obédience m’ait parlé de toi, alors que j’t’ai jamais vu de ma vie. » « - Oh. Et… Désolé pour le coup. Ça m’a échappé. »

Au moins il s'excusait... valait mieux tard que jamais. De ses petits yeux calculateurs, Manaël s'était bien vu proposer d'en revenir à l'affaire du fameux vol... Ou à ce que le guerrier agisse comme l'exigeait son travail. Pourtant, après une moue fâchée, l'homme préféra dire ce qu'il pensait, refoulant les excuses et la douleur à plus tard.

« Obédience, l'autre toi, l'autre moi, c'est du Passé, c'est différent. J'sais pas ce que t'a raconté le dragon de cette vie là, mais cette vie c'était pas la nôtre... et j'vois pas ce que j'pourrai dire de mon autre moi. M'éveiller à tout changé. J'l'avais dit à ce moment là et j'te l'répète aujourd'hui encore, ma fuite était pour le mieux, pour toi comme pour moi. »

Ça se voyait qu'il n'avait aucune idée du choc que cela pouvait être de se réveiller sur quelqu'un d'autre... ou dedans selon le niveau de détails.


Dernière édition par Manaël l'Ardence le Mar 22 Jan - 20:12, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Ne fuyons pas cette réalité, tournons simplement la dernière page   Ne fuyons pas cette réalité, tournons simplement la dernière page EmptyDim 20 Jan - 20:00

Serenus fronça les sourcils et se retint de lui faire « vraiment » rencontrer la petite sœur. Manaël venait de le menacer. Il menaçait d’aller tout raconter à son supérieur.  Là, il fut partagé entre deux émotions : la peur, et la colère. La peur d’être mis à la porte de la Guilde, de se retrouver sans boulot, sans rien pour faire vivre sa famille. Et la colère d’entendre de tels propos, et le fait qu’il en avait tellement pris de la part de ses supérieurs qu’il s’en fichait même un peu. Après tout ce qu’il avait fait dans sa carrière, tout se qu’il avait fait de travers, il en faudrait beaucoup pour qu’il puisse ne serait-ce que gravir un échelon. Dommage. Il aurait bien aimé que sa fille présente son père à ses amis avec autre chose qu’un simple : « C’est un guerrier ». Quoique, c’était déjà pas mal. Peu de personnes pouvaient prétendre rejoindre la guilde des Guerriers. Le guerrier resta silencieux, jusqu’à ce que l’homme se mette à prétendre qu’Obédience ait raconté n’importe quoi. Serenus secoua la tête. Non. Son dragon n’aurait jamais fait cela. Il ne l’avait connu que pendant un court moment, mais cela avait été suffisant pour qu’il sache qu’ils étaient faits l’un pour l’autre. Serenus ressentit un pincement au cœur à la pensée du grand dragon. Si Manaël existait vraiment, Obédience aussi. Où était-il ? En Faërie, c’était certain. Mais bon. Serenus n’allait pas se mettre à le chercher, Obédience ne le reconnaitrait surement pas. Serenus inspira et répondit à Manaël :

« - C’est bien pour ça que j’te la présente pas. J’ai une famille à nourrir… Et pour Obédience… Non, j’crois pas qu’il se soit moqué de moi. C’était mon dragon. J’crois pas qu’un dragon puisse mentir ainsi à son cavalier, ça doit pas être dans ses principes…. Enfin, qu’est-ce que j’en sais, j’suis qu’un guerrier… »

Il lui avoua ensuite qu’il ne pensait même pas que Manaël puisse exister, et qu’il avait peut-être même rêvé de tout ça. Manaël lui répondit qu’il avait choisi de se rappeler, mais pas pour lui . Il lui dit qu’il aurait préféré ne jamais le revoir, surtout si c’était pour prendre un coup. Serenus haussa les épaules. Il devait avouer qu’il y avait été un peu fort. Mais sa fierté était en jeu. Serenus ne plaisantait pas avec ses choses-là. La fierté, l’honneur… Il se souvint alors de ce que son père lui avait dit, juste avant son départ pour Lorgol, le jour fatidique où Serenus avait quitté son foyer et ses parents pour suivre son rêve. Serenus prétendait qu’il agissait pour faire honneur à sa famille, son père avait répondu que ce n’était là que de l’orgueil. Le jeune homme avait demandé, sur un ton dédaigneux, la différence entre ces deux termes. Son père, inflexible, avait répondu que l’honneur était la façon dont les autres le voyait, alors que l’orgueil était la manière dont lui-même se voyait. Agissait-il par orgueil aujourd’hui ? Serenus aurait bien aimé que son père soit là, en ce moment même. Ses conseils auraient été précieux.

Serenus décida donc de calmer le jeu, et il demanda à Manaël de lui dire qui il était, ce qu’il était. Et, enfin, il s’excusa. Il vit l’homme réfléchir un court instant, puis il lui dit qu’Obédience, et les personnes qu’ils avaient été, c’était rien d’autre que du passé. Serenus ne pouvait le contredire. Il ne savait pas ce qu’Obédience lui avait raconté, et il ne pouvait pas lui dire grand-chose sur son autre lui, car son éveil avait tout changé. Serenus fit une petite moue. Il avait eu raison, après tout, de s’en aller. Mais peut être pas comme il l’avait fait. N’empêche, il était curieux de voir le point de vue d’une autre personne, sur ce qu’il s’était passé. Lui ne se rappelait de rien, et Obédience avait surement « ommis » quelques détails. Son dragon était déjà préoccupé par un Serenus triste de s’être fait rejeté par Melinda, il ne voulait pas en plus un Serenus perturbé d’avoir été également rejeté par celui qui avait été « l’homme de sa vie ». Serenus regarda la rue, où la foule était toujours aussi dense. Il cru apercevoir l’ami de Manaël, qui, à bonne distance, les attendait. Il finit par dire :

«- J’dois avouer que ça a pas dû être facile pour toi. Mais n’empêche. Obédience m’a dit que j’en ai beaucoup souffert. D’après lui, tu m’as abandonné comme un malpropre. Tu laisses pas toutes tes conquêtes comme ça, rassure moi ? Ça s’rait bien lâche de ta part. »

Il passa une main dans ses cheveux, qu’il ébouriffa sans s’en rendre compte. Tant pis pour la coupe de cheveux matinale. Il se sentait étrangement calme. Il aurait pu lui dire tout ça sur le coup de la colère, comme il l’avait été quelques secondes auparavant. Mais, maintenant, il se sentait plus vidé qu’autre chose. Il avait réalisé que, ce qu’il avait vécu était loin derrière lui, et que, à part Manaël et lui-même, personne n’était au courant. Il avait vengé sa fierté, mais il n’avait pas pour autant apaisé sa curiosité. Il voulait en savoir plus. Il voulait en connaitre plus sur cette autre réalité, sur cet autre lui. Il désirait avoir une autre version des faits, du point de vue de celui qui avait tout déclenché, par son simple réveil. Serenus lui demanda alors :

« - . Obédience t’a décrit comme quelqu’un de très possessif, et jaloux, avec ça. Il t’aimait pas beaucoup. Même avant ton réveil, il se méfiait. Que s’est-il vraiment passé ? Enfin… J’veux dire, de ton point de vue à toi. »

Il ne partirait pas sans avoir obtenu des réponses. Comment était-il, dans cette autre vie ? Comment avait-il fait pour se retrouver dans cette situation ? Il espérait franchement que Manaël accepte de lui en parler. Ce serait dommage que son coup de poing ait tout gâché.



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Message Sujet: Re: Ne fuyons pas cette réalité, tournons simplement la dernière page   Ne fuyons pas cette réalité, tournons simplement la dernière page EmptyMar 22 Jan - 20:11

« - C’est bien pour ça que j’te la présente pas. J’ai une famille à nourrir… Et pour Obédience… Non, j’crois pas qu’il se soit moqué de moi. C’était mon dragon. J’crois pas qu’un dragon puisse mentir ainsi à son cavalier, ça doit pas être dans ses principes…. Enfin, qu’est-ce que j’en sais, j’suis qu’un guerrier… »

« Exactement. »

Furibond, il n'avait pas pu laissé passer une telle occasion de lui donner raison de façon assez cruelle. Il n'était qu'un guerrier, pas un Chevaucheur. Et Manaël était assez gentil pour ne pas enfoncer le couteau dans la plaie en lui indiquant le chemin de la Caserne de Flamme. Il en serait peut-être blessé, mais au moins il aurait des réponses à ses fichues questions dont la plupart étaient déplacées. Lui-même, ancien Chevaucheur, ne tenait absolument pas à lui faire part de son savoir concernant les dragons... Serenus avait perdu un souvenir ; Obédience. Manaël avait perdu un rêve ; Tempérance. C'était peut-être assez similaire en terme, mais loin d'être comparable.

Piqué en lui-même, encore un peu quand même, par l'attitude violente du guerrier et par la douleur chaude qu'il sentait se répandre à son visage, Manaël laissa sa frustration parler pour lui, et sa vérité, en indiquant qu'il aurait souhaité ne pas revoir l'homme de cette autre réalité. Et bon sang ! À bien repenser à ce qu'il avait dit plus tôt, il était père ! À quoi servait-il de fouiller dans un tas de merde quand on avait un trésor à côté ?! Manaël ne s'estimait pas sale, le souvenir qu'il avait de l'homme par contre était beaucoup moins reluisant.

Le père de famille, homme violent, pseudo guerrier, avait fini par s'excuser... avant de revenir à l’assaut avec ses questions. 'Mais gobe lui la langue, il comprendra peut-être mieux comme ça !', proposa son Familier. L'idée de Creska flotta dans sa tête un instant. Cela aurait le mérite de le faire fuir ou de le faire véritablement réfléchir aux choses qu'il valait mieux oblitérer de son esprit. Il sourit même un instant avant de la chasser de ses projets. Un coup, pas deux. Encore que c'était vraiment tentant.

«- J’dois avouer que ça a pas dû être facile pour toi. Mais n’empêche. Obédience m’a dit que j’en ai beaucoup souffert. D’après lui, tu m’as abandonné comme un malpropre. Tu laisses pas toutes tes conquêtes comme ça, rassure moi ? Ça s’rait bien lâche de ta part. »

« Je n'agis pas ainsi avec les femmes... » Et il retroussa le nez un peu indigné de ce commentaire. Serenus était un homme, il était normal que sa réaction à son égard n'eut pas été la même. Il aurait dû remettre en question certaines choses sinon. Sa réaction, sa fuite, avait été un choix naturel et tout vite décidé. Choix qu'il ne regrettait absolument pas. Choix qu'il aurait mis en pratique plus tôt si un dragon n'avait pas fait barrage devant la fichue porte d'un foutu trou à rat.

Le guerrier semblait plus calme, mais toujours désireux d'en savoir plus. Ne le laisserait-il donc pas partir sans réponses ? Laisserait-il un faux vol planer sur lui ? Un crime impuni...

« - . Obédience t’a décrit comme quelqu’un de très possessif, et jaloux, avec ça. Il t’aimait pas beaucoup. Même avant ton réveil, il se méfiait. Que s’est-il vraiment passé ? Enfin… J’veux dire, de ton point de vue à toi. »

Manaël soupira quelque peu exaspéré, mais surtout las d'entendre les même questions. Il voulait des réponses ? Et bien soit, sa fierté volerait davantage en éclat. Petite sœur ou non.

« Toi, il planta un doigt sur le torse de l'homme, appuyant par à-coups à chaque fois qu'il enfonçait un clou dans sa description, t'étais collant. Affreusement collant et tout aussi insistant que maintenant. Toi, t'm'aimais trop pour ton bien. Un léger frisson lui parcouru l'échine à se remémorer la dépendance de l'homme pour ses lèvres. Toi, tu m'as pas cru quand je t'ai parlé de mon éveil, non, t'as rien voulu entendre. Le dragon m'a dit jaloux ? Toi, t'étais complètement obsédé de ma personne. Enfin toi, quand j'me suis réveillé, t'étais en-dessous. Il arrêta de presser son doigt sur l'armure, ses sourcils restants froncés et sa bouche affichant un mince sourire goguenard. Là voilà, ta vérité. C'est ça que tu voulais entendre 'Chaton' ? »
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Message Sujet: Re: Ne fuyons pas cette réalité, tournons simplement la dernière page   Ne fuyons pas cette réalité, tournons simplement la dernière page EmptyMar 22 Jan - 20:53

Serenus avait de plus en plus de mal à comprendre comment il avait fait pour tomber amoureux d’un abruti pareil. Il le regarda, serrant les poings, à mesure que l’homme parlait. Il lui avait dit d’abord qu’il n’agissait pas ainsi avec les femmes, ce qui ne rassura pas Serenus. Pas le moins du monde. Même s’il n’abandonnait pas ses conquêtes féminines, cela demeurait un bel enfoiré de première. Serenus avait bien remarqué qu’il avait retroussé le nez, dégouté. Il le comprenait, enfin, en partie. Il comprenait le fait qu’il soit dégouté d’avoir eu une relation avec un homme, alors qu’il ne ressentait aucune attirance envers eux. Mais il ne supportait pas le fait que lui-même avait été ainsi abandonné par Manaël. Homme ou femme, ça se faisait pas, c’est tout. Il se retenait vraiment de lui faire rencontrer la petite sœur, et de lui faire ravaler ce sourire pensif qu’il venait d’afficher. Au lieu de cela, il préféra s’excuser, et se calmer. Il devait rester passif, essayer de se faire accepter de l’autre, afin d’obtenir des réponses.

Il lui parla d’Obédience, et lui dit que le dragon avait décrit Manaël comme étant quelqu’un de très jaloux. Il passa sur le fait que l’Elena de cette autre réalité avait perdu son enfant peu de temps avant que Manaël retrouve ses souvenirs, ce qui était louche, en soi. Il préféra alors lui demander sa version de l’histoire. Il se doutait que, si Obédience avait raison, sa fierté allait en prendre un coup, mais il tiendrait. Au pire, si l’homme se montrait irrespectueux envers lui, il rencontrerait vraiment la petite sœur, mais pas qu’elle. Serenus se foutait de savoir s’il allait tout raconter à son supérieur. A 36 ans, il estimait avoir suffisamment fait ses preuves pour qu’on le garde, malgré ses erreurs passées. Même s’il devait avouer, qu’à la pensée d’une autre rencontre avec son chef, il avait une légère anxiété. Il serra donc les dents quand Manaël planta un doigt dans son plastron. Il lui renvoya un regard noir, plein de fureur. Comment osait-il le toucher ainsi ?

D’après Manaël, il avait été très collant, et très insistant. Ce n’était pas étonnant. Serenus avait toujours été têtu. Cela le rassura un peu. Il n’était donc pas si différent du Serenus de l’autre réalité. Mais c’était aussi effrayant. Ce n’était donc pas complètement un autre qui s’était retrouvé dans les bras de Manaël. Il resta silencieux et le laissa poursuivre. L’homme lui dit qu’il l’avait beaucoup trop aimé pour son bien. C’était aussi vrai dans cette vie-là. Il aimait Melinda à en perdre la tête, et il avait commis beaucoup d’erreurs à cause de ça. Serenus, apparemment, n’avait également pas cru Manaël quand il lui avait parlé de son éveil. Rien d’étonnant à cela, qui aurait cru à une telle histoire. Il était également très obsédé par Manaël, et ne semblait vivre pour rien d’autre au monde. Cela fit sourire Serenus. Il ne se rappelait pas avoir déjà eu de telles obsessions, sauf étant jeune, quand il désirait plus que tout rejoindre la Guilde. Comme quoi, il avait son caractère, le Serenus Chevaucheur.  

Serenus sursauta, par contre, quand Manaël lui avoua qu’il avait été en dessous lors de son réveil. Il rougit, et, lorsqu’il imagina la scène, il secoua la tête. Il lui répondit :

« - Tu racontes n’importe quoi, j’aurais jamais été dans cette position-là, j’me connais. Et arrête de m’toucher, si tu tiens à tes doigts. »

Sa mère lui avait avoué, un jour, qu’elle l’avait nommé Serenus en raison de ses soi-disant lointains ancêtres bellifériens, et aussi parce qu’elle voulait un enfant qui reste serein, en toute circonstances. Elle avait été très déçue. Serenus pouvait rester calme, mais jamais très longtemps, surtout quand on le provoquait ainsi. Manaël arrêta de presser son doigt sur son plastron, et lui demanda, avec un sourire s’il était satisfait. Quand il prononça le « Chaton », Serenus sentit son sang s’enflammer. Si Obédience avait été là, il aurait carrément mis le feu au pantalon de cet impertinent personnage. Il leva la main, prête à prendre l’homme par le cou mais, finalement, il se ravisa. Il passa plutôt la main dans ses cheveux et soupira. Il avait sans doute raison. Cela correspondait plus ou moins avec ce qu’Obédience avait raconté, et avec son propre caractère. Il finit par répondre :

« - J’comprends pourquoi Obédience t’aimait pas. T’es un bel enfoiré, poussin. Si ce que tu dis là est la vérité, et bien… j’peux pas te contredire, j’me souviens de rien, et heureusement.   » Il regarda en direction de la rue et finit par reprendre : « - Bon, écoute ce que j’te propose. On va voir l’autre qui gueule, j’lui dit que t’a rien fait. Et, en échange, tu m’laisse te payer un verre pour m’faire pardonner. » Il ajouta, avec un sourire :  « - J’veux pas te mettre dans mon lit, rassure toi, juste repartir sur de bonnes bases. J’aime pas tellement m’fâcher avec des gens que j’ai connu. Surtout si j’ai couché avec. Ça t’va ? »



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Message Sujet: Re: Ne fuyons pas cette réalité, tournons simplement la dernière page   Ne fuyons pas cette réalité, tournons simplement la dernière page EmptyJeu 24 Jan - 20:14

« Toi, t'étais collant. Affreusement collant et tout aussi insistant que maintenant. Toi, t'm'aimais trop pour ton bien. Toi, tu m'as pas cru quand je t'ai parlé de mon éveil, non, t'as rien voulu entendre. Le dragon m'a dit jaloux ? Toi, t'étais complètement obsédé de ma personne. Enfin toi, quand j'me suis réveillé, t'étais en-dessous. Là voilà, ta vérité. C'est ça que tu voulais entendre 'Chaton' ? »

Là, ce regard valait bien son audace à lui vomir cette vérité en plein visage ! Qu'il était satisfait de cette réaction, vraiment. Et son sourire léger, en coin, ne fit que s'étendre d'arrogance en attendant que le fleuron tombe complètement dans la tête, assurément vide, du guerrier. Il rougissait, par les dieux qu'il ne regrettait vraiment pas son choix de mots. Il niait même vivement en secouant la tête.

« - Tu racontes n’importe quoi, j’aurais jamais été dans cette position-là, j’me connais. Et arrête de m’toucher, si tu tiens à tes doigts. »

« Tu ne sais rien. »

Ou il en savait si peu que le mage en était tout supérieur de ses connaissances. Il ne prit même pas peur pour ses doigts, ayant retiré doucement le seul qui avait eu l'envie de toucher à l'armure du guerrier. Non. Si Serenus avait voulu lui faire 'du mal' il l'aurait déjà fait. On ne refaisait pas une brute après tout. Il était si différent de l'autre et heureusement d'ailleurs dans un sens. Le guerrier s’enflamma ensuite de plus belle au petit nom. Bouillonnant sur place comme une marmite prête à exploser. Avait-il réagit ainsi au premier 'poussin' ? Non, mais il avait tiqué, ça oui.

La main se leva et Manaël se prépara à la rencontrer, ou plutôt, à l’arrêter. Sauf qu'elle ne vint pas. Le guerrier se ressaisi bravement par il ne savait quelle magie – sûrement pas la sienne en tout cas. Et à la place, il se peigna les cheveux, une nouvelle fois. Était-ce un code pour lui signaler de faire attention ? Un tic quand le cerveau peinait à suivre ? Ou une manière de l'inviter comme une femme jouant à tourne-tourne la boucle avec une mèche de cheveux ? 'J'vote pour la parade, certaines femelles sont violentes, ca expliquerait beaucoup de chose...' 'Sauf que c'est un mâle.' 'Peut-être qu'avec ce qui vous est arrivé de l'autre côté, il se sent féminine au fond ?' 'Il a gardé aucun souvenir de nous.' 'Il est peut-être pas tout seul dans sa tête alors ?' 'Possible.' 'Merci !'

« - J’comprends pourquoi Obédience t’aimait pas. T’es un bel enfoiré, poussin.  Manaël ne réagit même pas. C'était un retour de surnom auquel il s'était attendu. La réaction plus calme par contre était plutôt surprenante. Il plissa d'ailleurs les yeux en entendant la suite. Si ce que tu dis là est la vérité, et bien… j’peux pas te contredire, j’me souviens de rien, et heureusement.   »

« C'est c'que j'disais depuis le début... » renifla le mage en suivant le regard du guerrier vers la rue, vers Rodrigue qui l'attendait toujours. Serait-ce la fin tant attendue ? Ce règlement de compte avait déjà trop duré... et ce faux méfait sur son compte également. Et le guerrier reprit :

« - Bon, écoute ce que j’te propose. On va voir l’autre qui gueule, j’lui dit que t’a rien fait. Et, en échange, tu m’laisse te payer un verre pour m’faire pardonner. » Il appelait ça une proposition ? Manaël appelait ça du chantage. Du chantage et un 'non merci' qui aurait bien suivi si l'homme n'avait pas continué sur sa lancée.  « - J’veux pas te mettre dans mon lit, rassure toi, juste repartir sur de bonnes bases. J’aime pas tellement m’fâcher avec des gens que j’ai connu. Surtout si j’ai couché avec. Ça t’va ? »

« Tu m'dois rien... sauf d'rétablir la vérité sur ce vol à la con, il lui avait déjà donné des excuses, certes insuffisantes, mais il préférait boire un verre avec son amie Rodrigue par exemple. Qui plus est et si cela se trouvait, l'homme risquait de lui poser davantage de questions ou de ne faire que parler d'Obédience. Et c'était pas toi, ni moi, c'est mieux d'faire comme si on s'connaissait pas, » proposa t'il enfin au guerrier en haussant un peu les épaules. N'était-ce pas là la meilleure proposition ? Après avoir réglé le soucis du vol et du putois beuglant de la rue bien entendu.
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Message Sujet: Re: Ne fuyons pas cette réalité, tournons simplement la dernière page   Ne fuyons pas cette réalité, tournons simplement la dernière page EmptyLun 28 Jan - 20:14


Comment avait-il pu se retrouver « en dessous » ? Serenus avait du mal à y croire. Il s’était toujours considéré comme étant une sorte de « mâle dominant », d’homme qui n’était pas du genre à se laisser facilement dompter. L’autre Serenus devait alors être très différent, malgré les quelques similitudes qu’il avait pu relever dans le discours de Manaël. Le guerrier se surprit à imaginer la scène du réveil de Manaël, et frissonna, dégouté. Non, il ne devait pas penser à ça, ou il en aurait des cauchemars. Il se contenta donc de transformer ce dégout en colère, et il s’apprêta à lever le poing. Un deuxième coup dans le pif de cet homme devrait lui apprendre le respect. Il n’aimait décidément pas le ton qu’il employait pour lui parler. D’un autre côté, cela restait compréhensible, Serenus l’avait quasiment enlevé à son ami, pour ensuite lui mettre un coup de poing dans la mâchoire. Pas étonnant qu’il le déteste à présent.

Serenus finit par baisser le poing, pour se passer la main dans les cheveux, gêné. Il remarqua le regard de Manaël, et se demanda à quoi il devait bien penser. Il semblait être comme un mur. Impénétrable, indéchiffrable… Le guerrier fit une petite moue. Son regard se tourna ensuite vers la rue, où l’autre homme les attendait toujours. Il se rendit compte que, malgré ses efforts pour la restaurer, sa fierté avait pris un sacré coup. Et le pire dans tout cela, c’est qu’il avait aidé à cela, en questionnant Manaël sur ce qu’il s’était passé. Il ne pouvait pas croire que l’autre Serenus ait pu être comme ça, et avoir une relation aussi folle avec un tel homme. Heureusement que, dans tout ça, il n’y avait que Manaël et lui qui était au courant. Mais c’était déjà deux personnes de trop. Maudite soit sa curiosité. Il avait voulu savoir, maintenant, il regrettait. Il doutait qu’il puisse un jour oublier cette rencontre, ni les propos échangés avec Manaël.

Il se dit alors qu’il pouvait peut-être arranger la situation, en invitant Manaël à boire un verre, et, ainsi, s’en faire un ami. Même s’il n’était pas sûr d’avoir envie d’avoir un tel enfoiré pour ami, il se dit que c’était la meilleure conduite à adopter. Il lui fit donc la proposition et, sans grande surprise, Manaël refusa catégoriquement. Il demanda juste de rétablir la vérité sur ce vol qui n’avait jamais eu lieu. Serenus baissa la tête, et cherchait un prétexte pour insister, mais n’en trouvant pas, s’avoua vaincu. Il n’avait jamais été doué pour la parlotte. Ses rencontres avec Melinda en étaient la preuve flagrante. Il soupira doucement et lui répondit :

« - Tu le sais autant que moi. Même si on s’ignore, on parviendra pas à s’oublier. Ce que nous avons partagé, contre notre volonté certes, est trop fort pour que ça s’perde. »

Il tourna la tête vers la rue, et, tout en indiquant à Manaël de le suivre, il commença à se diriger vers l’autre homme, qui les attendait de pied ferme. Il reprit contenance le temps de quelques secondes, histoire qu’il ne paraisse pas complètement déconfit devant l’autre. C’était dur. Sa fierté était mal en point. Il se tourna vers Manaël , baissa les yeux et lui dit, presque dans un souffle :

« - Bon, allons voir l’autre gars… »



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Message Sujet: Re: Ne fuyons pas cette réalité, tournons simplement la dernière page   Ne fuyons pas cette réalité, tournons simplement la dernière page EmptySam 2 Fév - 11:38

Il se montrait têtu, Manaël. Agité aussi. Violent même. Mais qui ne l'aurait pas été à sa place ? Se retrouver devant un homme qu'il avait vu nu dans son lit, sous lui. Se retrouver devant un 'amant' qu'il ne désirait pas reconnaître, qu'il n'avait jamais choisi d'ailleurs. Se retrouver devant Serenus, choqué de devoir reconnaître son existence, pour se manger un poing dans la face. Subir une double injustice ; celle du faux vol aujourd'hui et celle d'un autre lui qu'il avait tenté de rectifier en abandonnant le guerrier dans cette autre réalité. Cela avait été beaucoup trop. Beaucoup trop que pour accepter cette invitation à boire un verre. L'homme marié ne savait pas assez. Il savait par les mots, oui, mais pas par le physique. Il ne se rappellerait jamais. Pouvait-il seulement s'imaginer à la place de Manaël ? Comment aurait-il pu lui dire oui, boire en face de lui, comme si de rien était, alors qu'il avait tout vu de son voisin d'en face et y avait même goûté ? Les sensations lui démangeaient encore la peau, souvenir honteux, alors qu'il indiquait, immédiat, préférer tourner la page.

Et le guerrier baissa la tête, ses pensées semblant s'élever bien trop vite que pour être rattrapées au vol. Était-il entrain de trouver un prétexte ? Quel prétexte suffisant aurait-il pu lui donner ? Manaël n'en voyait aucun. Il ressentait simplement de la douleur à son visage, à son nez, provoquée par une brute trop curieuse pour son propre bien. Une brute trop pleine de fierté pour penser aux autres. Une brute qui sembla se ramollir, défaitiste en reprenant la parole.

« - Tu le sais autant que moi. Même si on s’ignore, on parviendra pas à s’oublier. Ce que nous avons partagé, contre notre volonté certes, est trop fort pour que ça s’perde. »

Ce fut à Manaël de bouillir en son sein, alors que le guerrier lui indiquait de le suivre, de voir l'autre gars. Et toujours ce regard baissé ! Comme dans l'autre réalité, à le rendre coupable. Si faible. SI FAIBLE ! On donne des coups et après on fuit ? COUARD. Comme lui, quelque part. Triple injustice.

« S'oublier ? Ha ! Il n'y a que moi qui m'souvient de toi et d'ta folie. De ton regard luisant qui s'brise pour peu d'choses. De cette stupide tête défaitiste ici comme tu l'avais là-bas. Trop fort pour que ca s'perde ? Me fait pas rire, mon cul même, tu l'as déjà perdu ! Tu l'as jamais eu même. Tu t'en rappelles que par des mots, moi j'me rappelle de la chair. De la tienne. Tu veux boire un verre alors qu'tu m'vois comme un monstre insensible qui a foutu en l'air ta fierté, pour être potes peut-être ? Imagine, moi, ce que j'dois ressentir un instant ! Tu m'fais passer pour coupable de tout, tu t'fais passer pour un innocent, sauf que tu l'es pas, mon gars. Tu le seras jamais. »

Sa voix haussée avait alertée un peu Rodrigue qui se décida à se mettre en mouvement pour les rejoindre. Trop c'était trop. Il fallait y mettre un terme. Corriger la vérité. Remettre les choses à leur place. Tenter de ne plus y penser. Même si, lui même, avait décidé de se souvenir pour sa curiosité.
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Message Sujet: Re: Ne fuyons pas cette réalité, tournons simplement la dernière page   Ne fuyons pas cette réalité, tournons simplement la dernière page EmptyJeu 14 Fév - 20:53

Il avait réussi à le rendre en colère. Déjà que l'homme n'était pas ravi de cette rencontre, Serenus était, sans le vouloir, parvenu à faire éclater sa fureur. Serenus le regarda, levant un sourcil, tandis que Manaël parlait, tout en haussant le ton. L'autre homme, l'ami de Manaël, s'approchait déjà, prêt à intervenir s'il le fallait. Serenus, tout en écoutant Manaël, se demandait comment réagir. Il pourrait facilement maitriser les deux hommes s'ils venaient à attaquer. L'un d'eux était mage, cela rendait la tâche plus ardue. Il n'avait que son épée sur lui, et une dague bien dissimulée dans sa botte. Mais cela ne suffirait pas si l'homme était un mage expérimenté dans le combat. Serenus en avait déjà vu, lorsqu'il était au front, et cela lui avait donné froid dans le dos. Il finit par laisser tomber cette pseudo stratégie de défense. Il ne ferait rien, cela ne servait à rien, puisque les hommes ne l'attaqueraient pas. Ils n'avaient aucune raison de le faire. La rue, non loin, était bondée, et Serenus était un combattant expérimenté. Cela devait être suffisant pour les en dissuader. Il se tourna à nouveau vers Manaël, qui, visiblement outré par ce qu'il venait de dire, continuait son monologue.

Il lui dit qu'il était le seul à se souvenir, à se souvenir de ce qu'il s'était vraiment passé. Il prétendit que, tout cela, Serenus l'avait déjà perdu, depuis longtemps, tout comme sa fierté. Serenus serra les poings. Il pourrait le frapper à nouveau, mais il se retint. Il ne voulait pas non plus passer pour un sauvage. Il réfléchit alors à une deuxième solution. Il pouvait le planter là, et le laisser se débrouiller avec l'autre gars qui l'accusait de vol. Cela lui ferait les pieds de passer quelques jours aux cachots. Mais il se dit qu'il ferait mieux d'écouter tout ce que Manaël avait à lui dire. Après tout, l'homme avait bien "accepté" d'en faire de même. Il lui dit qu'il se rappelait de la chair, de la sienne. Il lui demanda si Serenus était capable d'imaginer ce qu'il était en train de ressentir. A ces mots, Serenus se rendit compte qu'il avait été tout sauf bon avec le pauvre Manaël. Tout ce qu'il voulait, c'était qu'on lui fiche la paix, et Serenus, sans le moindre respect envers lui, l'avait entrainé dans cette ruelle, frappé et assommé à la fois de reproches et de questions. Serenus fit une moue. Il avait laissé ses propres sentiments éclater et submerger ceux de Manaël. Il attendit que Manaël ait fini pour lui dire ;

"- Je suis désolé Manaël. Sincèrement. J'suis passé au delà de ce que tu ressentais, j'ai pensé en égoïste, sans me soucier du mal que je faisais." Il se tut, regarda l'homme qui approchait et reprit : "T'a raison, même si ça me tue de le reconnaitre. Je ne pourrais jamais retrouver cette "fierté" perdue. En vérité… J'sais même pas si elle l'est. Y'a que toi et moi qui savons. J'compte pas le crier haut et fort. Donc c'est sans doute suffisant."

Il se tourna vers Manaël et, tout en fronçant les sourcils, il lui dit :

"- Tout ce qui reste à faire, c'est réparer les derniers torts qui ont été faits, et s'en aller chacun de son côté. J'espère ne plus avoir à croiser ton chemin, Manaël. Tu vas repartir avec ton pote, et je vais revenir auprès de ma femme et de ma p'tite. J'risque pas d'oublier ce jour, mais je vais faire de mon mieux pour plus y penser. Je suis encore désolé pour… tout ça. "

Il avait dit ces derniers mots tout en détournant le regard. Cela lui faisait mal de l'admettre. Mais Manaël, à lui seul, avec ces quelques mots, avait réussi à le renverser. Lui, Serenus Dardalion, le guerrier inébranlable, pliait devant lui. Il ne voyait plus comment défendre son cas, vu qu'il ne se souvenait de rien, et qu'il n'avait aucun sentiment pour cet homme rustre et sans coeur. Manaël, lui, avait l'avantage de se souvenir, et c'était bien plus que toutes les armes dont Serenus aurait pu se servir contre lui. Sa fierté était-elle vraiment perdue ? S'il en faisait un cas personnel, il pourrait dire que oui, mais, dans ce cas là, si la chose ne s'ébruitait pas, il pouvait être tranquille. Il tâcherait de ne plus trop penser à tout ça, d'effacer les paroles d'Obédience de son esprit. Avec une Ariane pleine d'énergie avec lui, cela ne devrait pas trop être difficile. Serenus soupira et, quand l'autre homme arriva à leur hauteur, il dit, d'un ton parfaitement neutre, essayant de balayer ses excès de familiarité habituels pour paraitre le plus respectable possible :

"- Je suis désolé pour ce contretemps, monsieur. Il se trouve que je connais votre ami, et j'avais une petite chose à régler. C'est chose faite. "



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Message Sujet: Re: Ne fuyons pas cette réalité, tournons simplement la dernière page   Ne fuyons pas cette réalité, tournons simplement la dernière page EmptySam 16 Fév - 12:36

Une explosion de mots tranchants. Manaël avait déballé son ressenti mélangeant passé, présent et futur, mélangeant l'autre trame à la vraie réalité, mélangeant quelques idées de sens qui lui revenaient en mémoire comme le poing du guerrier qu'il avait reçu plus tôt en plein visage. La douleur ressentie à son nez pouvait presque être comparée à celle qui lui en coûtait, sur-le-champ, de s'imaginer manger pépère avec ce faux amant collant.

Manaël savait ce qu'il disait quand Serenus ne pouvait que l'imaginer à peine. Et il en avait quelque part bien de la chance. L'homme aurait pu passer outre, si la rencontre s'était passée différemment, si le guerrier s'était montré tout aussi curieux, mais charmant un minimum. Tout aurait pu être si différent. Tout aurait pu être plus sympa aussi. Peut-être que dans d'autres circonstances, il aurait pu prendre un verre avec ce fameux poussin sans hurler de ses souvenirs, d'en rire avec lui. Sauf que rien ne s'était bien passé depuis que leurs regards s'étaient croisés et depuis qu'il avait été embarqué dans cette ruelle sans ménagement. Il avait été blessé pour rien. Il avait été accusé à tort et à travers pour rien. On l'avait fait passer pour coupable alors qu'il n'en était rien. Trop, c'était trop. Et quand rien ne pouvait aller, il valait mieux en finir une bonne fois pour toute, tout déballer puis se séparer en espérant ne plus avoir à se revoir.

Et Manaël termina de sortir son fiel, appréciateur que la fausse victime le laisse parler jusqu'au bout. Désapprobateur en même temps de l'entendre s'excuser platement. À jamais insatisfait quelque part.  Tout aurait pu être si différent. Quel dommage.

« J'me contenterai de ces excuses-là et de la justice, pour c'qui est de c'que j'sais, à moins qu'tu m'fasses chanter, personne n'en saura jamais rien. » Enfin, Creska le savait, il n'avait pas su le lui cacher, mais elle était la seule. Le guerrier pourrait donc recoller les morceaux de sa pseudo-fierté en évacuant le souvenir de ce jour et en faisant abstraction des mots de ce dragon venu d'ailleurs. C'était également un avertissement, s'il le faisait un jour chanter ou si un jour, il devait se sentir menacé d'une manière ou d'une autre, il n'hésiterait pas à user de son savoir, de ses souvenirs, pour le faire payer.

Qu'ajouter ensuite ? Que ce serait plus facile à oublier pour le guerrier que pour Manaël ? Ce serait se plaindre pour rien. Il était évident que c'était le cas. Ils avaient affronté cette réalité à deux, mais préféraient à présent la fuir, la laisser derrière, pour mieux rebondir, pour tout reconstruire correctement. Au moins, du nom qu'on aurait pu donner à cette désastreuse rencontre, à ces retrouvailles pleine de sentiments, ils avaient pu tourner la page, la dernière l’espéraient-ils.

"- Je suis désolé pour ce contretemps, monsieur. Il se trouve que je connais votre ami, et j'avais une petite chose à régler. C'est chose faite. "

« Et vous frappez souvent vos connaissances pour régler vos affaires ? Eh bien, bravo, quel exemple magnifique vous faites en tant que représentant de la justice, » ironisa quelque peu grondant le Lagran en dévisageant tour à tour Manaël et Serenus d'un regard emprunt de sévérité, comme le professeur qu'il était. Tapant du pied devant le silence de son ami, l'homme reprit quelque peu agacé, mais prêt lui aussi à tourner la page sur ce passage étrange. « À présent que son innocence ne fait plus de doutes quant à ce cas tout simplement absurde, pourriez-vous faire votre travail et régler les choses comme il se doit ? Mes oreilles n'en peuvent plus de bourdonner des injures de ce profanateur de marché. Ah, et soit dit en passant, messieurs, pendant que la vérité vous éclatait aux visages en privée, sachez que la femme dont est question l'accusation n'a jamais existée d'avis de ses voisins, » les avisa le professeur qui avait trouvé le temps de mener une courte enquête pendant que Manaël et Serenus s'expliquaient.

Peut-être que cette fameuse Helena avait existé dans une autre vie, mais cela ne les regardait pas en cet instant. Rodrigue entreprit de tirer Manaël par le bras afin de voir son visage rouge au nez un peu gonflé tout en regardant strictement le guerrier pour l'inviter à faire régner le calme. D'un dernier regard des mages au guerrier, Manaël accepta les excuses et espéra ne plus rencontrer ce dernier... ou tout du moins de nier sa présence si d'aventures leurs chemins se recroisaient à nouveau.

« Allons-y, » fini enfin par dire Manaël à Rodrigue quand son cas fut réglé et ôté de toutes accusations. Et d'un dernier regard vers la silhouette du guerrier, ils se séparèrent, reprenant le cours de la vie, de la vraie.
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Message Sujet: Re: Ne fuyons pas cette réalité, tournons simplement la dernière page   Ne fuyons pas cette réalité, tournons simplement la dernière page EmptySam 16 Fév - 21:44


L’ami de Manaël était aussi furieux que Manaël lui-même. Quand Serenus s’excusa platement du temps perdu, l’homme lui reprocha d’avoir frappé son ami, et d’être un très mauvais exemple pour le représentant de la justice qu’il était. Serenus ne se laissa pas démonter. Il le regarda dans les yeux, refusant de baisser le regard comme un enfant qu’on gronde. Il n’avait jamais été à l’école, Serenus. La seule qu’il ait jamais connu, c’était celle de la vie. La Guilde lui a certes appris à se battre, mais la vie lui a enseigné tout le reste. Il savait un peu lire et écrire, grâce à un vieux professeur de la Volte à la retraite. Il n’avait jamais vraiment connu la discipline que pouvait imposer un professeur. Seuls ses parents, ses instructeurs et ses voisins à la Volte lui avaient appris à bien se tenir. C’est pour cela qu’il ne baissa pas les yeux devant ce professeur d’Académie. Il ne se montra pas impoli, bien au contraire. Mais il lui montrait par ce regard qu’il était tout sauf une proie facile. Cela lui avait déjà suffit de perdre face à Manaël. Il ne tenait pas à en faire de même avec ce parfait inconnu.

L’homme, devant le silence de Manaël et de Serenus, tapa du pied et demanda à ce que les choses soient réglées. Il avait fait sa petite enquête de son côté, et avait découvert que l’épouse de l’accusateur n’avait jamais existé. Etrange. Vraiment très étrange, alors, pourquoi accuser Manaël ? Serenus se contenta d’hocher gravement la tête. Il croisa le regard de Manaël, qui, visiblement, réfléchissait, lui aussi. Il finit par mener les deux hommes auprès de l’autre, qui gueulait toujours. Serenus, étrangement calme, lui parla, lui expliqua que Manaël n’avait rien à voir dans cette histoire de vol de femme. L’autre resta inflexible mais, devant l’expression du guerrier, il ne tarda pas à changer d’avis. L’ami de Manaël, tout en observant le guerrier, inspecta le nez rougi de Manaël. Serenus tenta tant bien que mal de l’ignorer. Il ordonna à l’homme de s’excuser, qui s’exécuta sans demander son reste. Voilà qui était fait. L’heure de la séparation avait sonné. Serenus baissa les yeux, et regarda Manaël.

Avait-il vraiment été amoureux de cet homme, dans cette autre vie ? Il avait encore du mal à le croire. Il ouvrit la bouche, pour dire quelque chose mais voilà que Manaël s’éloignait déjà, après un dernier regard. Serenus soupira, se sentant étrangement vidé. Vidé de toute énergie, de toute substance. Assommé, comme si c’était lui qui avait reçu le coup, et non Manaël. Il avait perdu une bataille aujourd’hui, et, étrangement, il se sentit terriblement seul. Il avait pourtant une famille qu’il aimait mais, ce dont il avait besoin, c’était de la présence rassurante d’Obédience. Il avait besoin de ses conseils, de ses grondements, de son esprit, étroitement entremêlé au sien. Mais Obédience appartenait à un autre. Obédience ne reviendrait jamais. Serenus passa une main dans ses cheveux, tout en regardant Manaël s’éloigner. L’homme était parti depuis plusieurs minutes quand le guerrier se rendit compte qu’il avait encore du pain sur la planche. Après un nouveau soupir, il s’en alla. Il partit loin de Manaël, loin de ces souvenirs qu’il n’avait pas, de cette autre vie.



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