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 Le gage de leur liberté

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Martial de Bellifère
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Message Sujet: Le gage de leur liberté   Le gage de leur liberté EmptyMar 23 Avr - 22:28


Livre IV, Chapitre 3 • Au Fer Rouge
Césaire Chesnenoir & Martial de Bellifère

Le gage de leur liberté

Où l’on se rappelle que l’évasion et le retour sur le trône de Bellifère du couple ducal ne tiennent pas du miracle.  



• Date : 30 avril 1004
• Météo (optionnel) : Relativement chaud pour une soirée belliférienne d’avril. C'est Beltane le lendemain, y va faire chaud et beau. :sisi:
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Derrière les portes closes du palais ducal, dans la chambre de la princesse héritière, des demandes viennent être formulées. Le rappel d’une dette contractée à l’évasion planifiée des geôles d’Outrevent survenue fin septembre. Un prix fort, un tribut à la hauteur d’un retour sur le trône.
• Recensement :
Code:
• [b]30 avril 1004 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t4731-le-gage-de-leur-liberte]Le gage de leur liberté[/url] - [i]Césaire Chesnenoir & Martial de Bellifère[/i]
Derrière les portes closes du palais ducal, dans la chambre de la princesse héritière, des demandes viennent être formulées. Le rappel d’une dette contractée à l’évasion planifiée des geôles d’Outrevent survenue fin septembre. Un prix fort, un tribut à la hauteur d’un retour sur le trône.



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Dernière édition par Martial de Bellifère le Mar 23 Avr - 22:39, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Le gage de leur liberté   Le gage de leur liberté EmptyMar 23 Avr - 22:38

Lorsque le jour se baisse et que le ciel s’embrase, que la nuit doucement s’installe et que le palais ducal en vient à s’endormir doucement, les peurs et les inquiétudes grandissent dans les esprits. Lorsque s’achève le repas et que dans les couloirs de pierre on ne croise plus que les soldats de faction pour la nuit - les fous sans famille dévoués à leur duché -, que lentement se meurent les murmures et les rires, les bruissements d’un bâtiment plein de vie, alors arrive l’anxiété. On guette le souffle des sinistres cavaliers, le hurlement d’une des banshees éplorées annonciatrice de mort - qui aurait cru que Bellifère la fière un jour s’endormirait en craignant la voix d’une femme ? On redoute les aboiements des chiens, les sabots des montures des chasseurs.
Lorsque le jour baisse et que la nuit s’approche, même le duc n’est pas à l’aise. C’est l’heure où ses peurs se réveillent : la peur d’être ravi à nouveau, de repartir là-haut chasser dans les nuées, de se salir encore du sang d’insouciants. La peur de ne pas savoir ce qui viendra après la Chasse, lorsque la dernière âme sera tombée.

Demain matin, il faudra être prêt. Les célébrations de Beltane brûleront à travers Bellifère, et pour la saison chaude elles rassembleront les hommes et les autres dans des fêtes propres à ceux du duché : simples. Joyeuses. Vraies.Rudes pour qui n'a pas l'habitude.
Un jour comme une échappatoire pour le duc qui n’en connaît que peu. La visite de sa cousine en fin du mois dernier (et de son époux, mais passons les sujets fâcheux) n’a à peine pu lui sortir de l’esprit  la myriade de projets qu’il se doit d’accomplir.
Petit pas par petit pas. Le conseil a été reformé par des hommes en lesquels il a confiance, qui savent lui opposer la raison quand il s’emporte. Il a retrouvé dans les affaires d’Ermengarde des projets, des ébauches et des esquisses de réalisations qu’elle n’aura jamais pu mettre en oeuvre – en son souvenir et pour Bellifère il a changé les lois.
Pour Clémence, aussi.

Demain, il faudra être prêt. Ce soir, lorsque le jour baisse et que la nuit s’approche, Martial comme tous les soirs fait un détour pour aller rejoindre la chambre de sa fille. Il sait qu’il n’y croisera ce soir personne, hormis la nourrice. On ne s’y étonne pas, quand vient le soir, de le voir arriver : lorsque tombe la nuit, le duc laisse au père le droit d’exister.
Clémence. Elle a de sa mère le teint si pâle et les cheveux si sombres, le visage fin, les colères reconnaissables - Martial a bien essuyé nombre d’entre elles de la part de la duchesse et qu’il soit damné si Clémence n’a pas d’elle le tempérament, quand ses pleurs se font entendre. Et de Bellifère, aussi, elle a l’allure - le regard fier et innocent encore d’un bleu ciel pur. De Martial elle a pris, mais il voit plus sa cousine ou sa grand-mère dans l’arrondi du visage encore poupon que lui. Il y voit les portraits de ses ancêtres, leurs gravures, leurs exploits et leurs récits – mais ne se verra jamais lui.
Sa fille. Son héritière, légitime désormais. Princesse du duché de la guerre, dernier espoir de la lignée de Bellifère. Frêle et fragile espoir dont les pleurs résonnent si souvent entre les lourds murs de pierre !

Les couloirs sont vides, hormis les gardes de faction. Le blond Belliférien pousse la porte de la pièce de sa fille sans grand bruit de peur de la réveiller : elle ne dort pas, d’ordinaire, aux alentours de ces moments-là, mais c’est un bébé et on ne peut rien dire d’un enfant si jeune encore. Sa porte se referme. Il faut moins d’un instant pour que Martial ne remarque la silhouette qui se tient près du couffin de sa fille, une silhouette qui n’a rien de celle des matrones qui tournent autour d’elle nuit et jour. Plus frêle, moins imposante – toute menaçante, toujours.

Une hésitation – la fierté, la certitude, l’orgueil quand sa main se porte à son côté sans y trouver d’arme autre que la dague qui l’accompagne depuis son évasion, et qui rejoint alors sa main. La silhouette dans la lumière des lunes n’est pas un ancien du château, pas un homme d’armes. Quelqu’un qui a su passer les gardes, pourtant encore parfaitement alertes.

Il serait tellement plus simple d’appeler la garde, si Martial n’avait pas un mauvais pressentiment au coeur. Une réminiscence d’autres ombres auxquelles il a déjà parlé, de promesses murmurées qu’un jour...
Un pas vers lui – vers le berceau, vers sa fille endormie. Un assassin aurait déjà agi. « Reculez. »
Le tenir loin d’elle, d’abord. Savoir qui il est ensuite. Il garde la tête claire dans le danger, la tête vide. Il sait qu'en cas d'affrontement, il pourra le retenir la poignée de secondes qu'il suffira aux soldats pour intervenir.


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Message Sujet: Re: Le gage de leur liberté   Le gage de leur liberté EmptyVen 26 Avr - 19:44

Il y avait longtemps qu’il n’avait pas remis pieds en Bellifère. Une fois ou deux seulement que ses chemins l’avaient menés dans le duché qu’il avait quitté tout jeune. Il avait travaillé aux quatres coins d’Arven, autant en Faërie qu’en Ibélène, mais ses affectations ne l’avaient pas ramenées sur les terres de son enfance.
Le palais ducal n’était pas exactement cela. Il avait grandit bien loin de la capitale, loin de ses richesses et de son effervescence. Le petit village qui avait été témoin de ses premières années n’était pas exactement ce qu’il retrouvait ici, mais les hommes étaient toujours pareils ; les mentalités et la façon de vivre étaient la même sur les plage qui bordaient le duché comme aux abords de l’énorme palais. Dans les rues il s’était laissé un instant aller à des souvenirs lointains, enfouis, alors que les odeurs qui émanaient des petites échoppe lui rappelaient la cuisine de sa mère. Il n’avait jamais su ce qu’elle était devenue ; tout comme ses soeurs et ses frères. Les premières avaient très certainement été enlevées pour fonder à leur tour leur famille, les seconds avaient dû suivre les chemins déjà tracées pour eux et emprunté les armes.

Mais les rues de Hacheclair n’étaient pas sa destination et il n’était pas venu faire le touriste en Bellifère. Sa venu était beaucoup plus importante, peut être même un peu dangereuse. C’était pourquoi il s’en chargeait lui-même d’ailleurs. Pas qu’il n’ait point confiance en ses espions ou ses confrères de la Cour, au contraire, mais si tout devait mal tourner, il préférait qu’il en fasse les charges plutôt que quiconque d’autre ; nombreux étaient ceux qui auraient soulevé que de perdre Césaire serait une grande perte de ses compétences et son expertise, mais il se plaisait à leur rappeler que la mort pouvait aussi bien l’emporter au petit matin et qu’il ne se mettait pas plus en danger en accomplissant telle mission qu’en allant au lit le soir ne sachant pas si son sommeil serait son dernier.

C’était sa première fois dans le palais ducal de Belifère, pourtant il s’y déplaçait avec aise, parcourant les passages secrets et les couloirs désertés qui le mèneraient à sa destination sans se faire voir ou soulever quelques questionnements sur sa présence singulière ici. La Cour avait son réseau d’espions qui avait pu lui fournir le plan des lieux, les horaires des gardes, les habitudes du duc. Aussi il savait que chaque soir, ce dernier se rendait seul voir sa fille avant de rejoindre ses appartements pour la nuit. Laissant le masque du duc derrière pour revêtir simplement celui du père, c’était dans cette vulnérabilité que Césaire voulait le trouver. Cette même vulnérabilité qui serait un souvenir de comment il était alors qu’ils leur avaient tendu la main, à lui et son épouse quand ils étaient prisonniers des geôles d’Outrevent.

Dans le berceau il y la petite Clémence, endormie d’un sommeil fragile. Elle semble repue, et certainement qu’ils auront le temps de cette conversation avant qu’elle ne se réclame pour réclamer la nourrice qui lui donnera le sein. Sa main glisse doucement sur le bord du couffin, son regard captivé par l’enfant endormie. Elle lui rappelle Odette quand cette dernière était toute petite, et il sait que les mois passeront rapidement et que la petite princesse grandira beaucoup trop rapidement.
Le bruit d’une porte se fait entendre, mais Césaire ne lève pas même la tête. Il sait très bien, au son des pas uniques, à la vitesse de l’entrée qui témoigne la confiance de celui qui arrive, que c’est le duc de Bellifère qui est là ; fidèle à ses habitudes. La commissure de ses lèvres s’étire doucement en un petit sourire que ce dernier ne verra pas, encore trop loin pour apercevoir clairement les traits de son visage ; il n’est pas masqué. Martial l’aura peut-être croisé au cours des dernières années alors qu’il servait Castiel comme majordome, mais il doute que ce dernier se souvienne de lui. Et puis ce qui les lient à présent lui promet couverture de toute façon.

Sa main glisse doucement sur le bord du berceau, alors que son regard se lève pour croiser celui du duc. Sa main qui recule, ses doigts quittant un à un le couffin, son bras qui retrouve sa place le long de son corps. Il ne fait qu’un demi pas vers l’arrière, juste assez pour signifier qu’il ne touchera pas la petite, mais si peu pour témoigner le poids de l’importance de sa présence.

Pas de révérence, pas de politesses. Si Martial est duc, la Cour ne fait reconnaissance de ces titres, pas en de tels moments. « C’est une jolie fille que vous avez. Conçue à même les vastes plaines d’Outrevent, si mes calculs sont bons. Le saviez-vous, alors? » Alors. Alors quand ils étaient venus les aider à s’évader. Pas lui personnellement, mais ils la Cour.


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Message Sujet: Re: Le gage de leur liberté   Le gage de leur liberté EmptySam 27 Avr - 15:10

Il risque la vie de sa fille pour bien peu constate-t-il amèrement. Dans la lueur des lunes, car Clémence dort et qu’une bougie pourrait la réveiller bien plus sûrement qu’un fracas, il a du mal à bien distinguer. Il risque la vie de son héritière, surtout, à ne pas appeler la garde au moindre souffle qui ne serait pas le sien. Mais ce foutu pressentiment, là, bien niché au coeur de sa poitrine et qui délie ses doigts rigidifiés autour de la garde de sa lame est de ceux qui ne se laisseront jamais ignorer. Un avertissement. Un rappel. Le bon sens lui hurle d’appeler les hommes de faction, son instinct paternel de se jeter sur l’intrus bien trop proche, son esprit lui dit d’attendre, de comprendre, d’écouter, de le voir, ombre dans la chambre silencieuse, à peine se décaler du couffin de sa fille. Et, oh ! Il pourrait tellement se jeter sur lui, le traîner au loin, l’empêcher d’approcher à nouveau celle qui est l’espoir de tout un duché ! Celle qui est la clémence d’un homme qui n’en montrera aucune pour ceux qui voudront l’empêcher d’avancer. Celle qui est le coeur et l’âme d’une lignée sur le point de s’éteindre, la dernière braise qui pourra de son feu raviver le feu de la grandeur de Bellifère – la vraie.

Toujours sur ses gardes, le duc ne rengaine pas. Un pas. Deux pas. Il avance doucement vers l’homme dont les traits à peine visibles lui sont vaguement familiers – sans qu’il ne parvienne à mettre un nom dessus. Quoi de plus normal ? Ce n’est pas comme s’il prêtait attention à tout ceux gravitant dans son orbite et dans les hautes sphères politiques, avant. Il n’a toujours retenu que les hommes capables de briller – et non les hommes faits d’ombre, comme il semble l’être.

Sa question ramène dans l’esprit de Martial de lourds souvenirs. Des sensations, fugaces, désespérées, violentes, dangereuses. Le baiser échangé, son premier – elle ne l’a jamais su –, leurs mains qui se découvrent comme si c’était la première fois. L’herbe sur sa peau, la rosée et la bruine qui s’accrochent sur eux quand leurs corps s’accordent. La satisfaction, cette fois, la douceur de l’avoir aimée non pour le devoir mais pour elle, pour être. Ne parlons pas encore de désir.
Le trou dans sa poitrine, béant, si grand, si impossible à combler même en un millier d’années. Martial n’est plus. Le besoin de tout détruire, pierre par pierre, ce que d’autres ont construit.
Ce besoin violent de vide.
Et la peine qui en ronge les bords.

Son regard s’est voilé un instant. L’absence de quelque chose, en lui.

« Non. Nous ne savions pas. Elle.. » Une réponse mécanique et automatique du Martial qui n’existe plus, qui s’amorce et qui meurt. « … Il arrive que celles-ci refusent de croire en la vie qui pousse en elles. Et nous avions d’autres choses à penser. »
Comme de trouver un moyen de s’évader.

Le blond reprend sa lente avancée. Il reste calme dans son pas, un pied devant l’autre, et si sa main est sur sa lame il ne menace plus l’homme directement. Il savait qu’un jour la Cour viendrait toquer à sa porte et se rappeler à son bon souvenir – comme s’il pouvait, de toute manière, les avoir oubliés. Définitivement, malgré la sensation fugace de peut-être un jour l’avoir vu, l’homme lui est inconnu, peu importe comment il retourne l’image de son visage. D’un œil circonspect il le juge, avant de rengainer sa lame.
Il n’est pas un combattant, lui non plus.
(Il est un chasseur, au fond de son coeur. S’il prenait juste la peine de s’en rendre compte. )

« J’ai un bureau, vous savez. Vous auriez pu à loisir vous y introduire et m’y attendre, plutôt que de possiblement risquer de réveiller la princesse – et de ramener bien du monde avec son réveil. » La remarque est prononcée d’un ton qui n’admet certainement pas d’erreur quand à ce qu’il voulait dire : il s’est mis, l’envoyé inconnu, dans une situation bien dangereuse pour peu de choses. Clémence est surveillée.
Elle est plus précieuse que Martial, à certains égards. Pour lui, pour Séverine – et pour Bellifère, sans qu’ils ne le sachent.
« Que venez-vous faire ici ? »


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Message Sujet: Re: Le gage de leur liberté   Le gage de leur liberté EmptyJeu 2 Mai - 3:18

Il sait que c’est dangereux. Il le sait et il guette avec minutie chacun des gestes du duc de Bellifère. Il ne sait pas exactement quel sera l’action suivante de nouveau père. C’est un jeu dangereux, oui. Les gardes sont proches, juste derrière la porte close. Il n’y a besoin que d’une seule remarque pour qu’ils entrent, Césaire le sait. Et c’est sans parler de Martial lui-même, qui sans être un combattant sait assurément se battre plus que lui-même. Il est certes un fils de Bellifère à son tour, mais le vieil homme n’est pas un combattant. Il est une ombre. Un murmure. Ce soir il est un promesse, un rappel.

La réponse du duc vient aussitôt, comme s’il était pris au dépourvu par la question, comme s’il n’avait pas pris le temps d’analyser avant que la réponse glisse sur ses lèvres. Il se doutait qu’il ne savait pas ; les oreilles écoutent, partout, les murmures se propagent ; la Cour a son réseau, des petites souris et des oiseaux éparpillés sur tout Arven. Mais malgré tout, la grossesse de la duchesse était une surprise par son absence de signes, et en ces temps-ci qui étaient les leur, c’était un mystère qu’ils ne pouvaient pas s’expliquer et qu’ils se devaient de laisser aux dieux.

Le vieil homme ne rajoute rien, il continu simplement d’observer doucement le duc alors qu’il s’avance vers lui. Son regard note la main à sa taille sur le pommeau de sa lame, mais il ne sent pas la menace. Il aurait déjà agit. Il aurait agit à l’instant qu’il l’aurait vu s’il avait eu à le faire. Et dans le silence qui avait tenu avant que Martial ne lui dise de reculer, il avait alors su qu’il ne craignait rien.
Son sourire s’élargit doucement quand Martial mentionne avoir un bureau, et il incline légèrement la tête, restant sinon complètement immobile ; droit et solide malgré le blanc de ses cheveux, malgré les rides qui creusent son visage, malgré son corps frêle. Droit et solide parce qu’il représente quelque chose de puissant à cet instant, plus puissant qu’un duché, plus puissant qu’un empire. « Mais ça aurait trop facile, n’est-ce pas? » Un peu plus hasardeux aussi. « Et je n’aurais pas eu votre attention comme je l’ai à présent. » Mais sa présence ici, dans cette pièce, auprès de sa fille, auprès de l'héritière de Bellifère, était bien plus que question d’avoir son attention. En soi, c’était déjà un message. Et il n’avait pas besoin d’en dire plus parce qu’il savait très bien que ce dernier était déjà passé. Il n’avait rien fait, sinon attendre l’arrivée du duc en contemplant le visage serein du petit poupon. Mais il aurait pu être parti, loin, avec elle, et Martial aurait ouvert la porte sur une pièce vide et bien silencieuse de l’absence des pleurs de sa fille.

La Cour était puissante. La Cour était partout. Elle les avait volé à un duché, rien ne l’empêchait de leur voler autre chose. Mais fort heureusement pour le père ce n’était pas là leur intention aujourd’hui, pas ce soir. À la question, ses mains se délient doucement de derrière son dos où elles étaient venues se croiser pour venir se joindre devant lui. Il y a une lenteur et un calme qui doit être agaçant dans chacun de ses gestes. Calculé pour rester silencieux et ne pas alerter personne, mais aussi pour tenir le duc en haleine, au bord de la confiance et de la méfiance. « Parler. Simplement. S’assurer que le temps - et vos nouvelles occupations - n’auront pas effacées de votre esprit les promesses qui ont été faites. » Un petit gémissement qui se fait entendre - Clémence dans son berceau qui bouge un peu, avant de s’immobiliser à nouveau dans son sommeil - et son regard qui quitte le duc pour se porter sur le couffin entre eux-deux. « Il serait dommage que nous allions besoin vous le rappeler autrement, nous sommes d'accord? » Est-ce une menace? Le duc en fera ce qu’il veut, mais c’est un message clair qu’il ne vaut mieux pas se mettre les Ombres de Lorgol à dos.


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Message Sujet: Re: Le gage de leur liberté   Le gage de leur liberté EmptyDim 5 Mai - 21:56

L’attente le tue : le duc n’est pas connu pour être une personne particulièrement patiente, les années précédant le début de son règne ont su le prouver – du moins ont su montrer au peuple un homme prêt à prendre le pouvoir, et non celui rongé par la peur de devoir courber la tête à ne pas savoir comment porter la couronne. Les longs silences dont l’inconnu ponctue leur échange n’aident en aucun cas. Ils agacent et titillent le blond, qui a la lourde impression qu’il se fout de sa gueule quelque peu… mais bien entendu c’est juste une impression, n’est-ce pas ? Malgré le sourire, malgré l’irrévérence qu’il peut presque deviner en filigrane des actions de l’homme. Il serait si simple d’en prendre ombrage si l’envoyé n’était pas l’ombre de la troisième des puissances gouvernant le continent – celle qui n’a ni faction ni parti-pris.
« Vous auriez eu mon attention tout de même. »

Comment pourrait-il oublier, Martial, le contrat qui le lie actuellement à la Cour ? Comment oublier les promesses et les murmures qui coulent sur les murs et se répercutent sur les pierres à Souffleciel ? Martial n’oublie rien. Un souffle agacé lui échappe malgré lui et il retient de justesse un regard vers le ciel : montrer son agacement pourrait nuire à Clémence – il est si près d’elle, encore. Néanmoins il n’apprécie que peu qu’on le traite tel un enfant, qu’on lui rappelle ainsi comme une menace qu’il leur est redevable.
Il le sait. Il n’est pas stupide. Il est au courant. C’est ce genre de jeu sur les mots, ces menaces qui rappellent le passé qui ont tendance à fortement énerver les hommes au sang chaud du duché de la guerre : plus que la menace, ce dont ils s’ulcèrent indirectement, c’est bien qu’on les prenne pour des imbéciles qui déjà oublient et doivent être morigénés comme des enfants.
Martial ne fait pas exception, au moins, sur ce point. Il tourne la tête en direction de Clémence qui s’agite un peu – à peine, dans son lourd sommeil d’innocente – et reporte son regard si clair sur l’invité intempestif. Son sang ne fait qu’un tour.
« Vous ne la toucherez pas. » L’horreur en lui se mêle à un ordre. Impérieux, dangereux. Il claque dans l’air comme lorsque il est entré. Sa fille passe avant tout. « De notre engagement, reprend le duc sur un ton plus bas – son héritière n’a même pas bougé –, je n’ai rien oublié. Pour qui me prenez-vous ? » Comment oublier la dette auprès de la Cour ? Sans eux, ils seraient encore si loin, sans doute morts.

« Ce à quoi je m’engage, je me tiens. La couronne de Bellifère vous reste redevable tant que je vivrais. Il est des alliances qui nous sont plus profitables que d’autres. » L’amertume sous-jacente dans ce murmure est immanquable. Bellifère appartient à Ibélène depuis si longtemps qu’il est inconcevable que celle-ci suive Erebor dans son indépendance ; Bellifère est un duché qui porte en son coeur aride et bien caché l’amour du Savoir aussi ardemment que Valkyrion ou Sombreciel ; d’Ibélène, elle a toujours été un soutien, et plus d’un empereur sur son trône est issu de ses terres d’ocre.
Mais Martial ne peut se résoudre à donner l’allégeance de son duché, réellement, à l’homme sur le trône impérial actuellement. Ce n’est sans doute que la rancoeur qui parle, ce n’est que l’honneur froissé d’un enfant spolié qui s’exprime…
Ou bien c’est l’amour sincère d’un souverain pour ses terres qu’on lui a si brutalement arrachées. Pour Bellifère, il a noué cette alliance dangereuse…
Et refuse de la regretter.
« Je ne suis pas homme à revenir sur mes paroles, et encore moins à reprendre ce que j’ai donné. Il n’y a aucun besoin de venir menacer ma famille pour s’assurer de ma coopération. » Son regard se vrille sur lui. Dur, inquisiteur. « Car je pense, maintenant, que mon allégeance vous est claire. »
Clémence s’agite encore dans son couffin et Martial se fige. Heureusement pour eux, elle ne se réveille pas. Pas encore. Il lance un regard vers la porte du salon attenant, peu utilisé et désert – déplacer la conversation aura au moins le mérite de la mettre, elle, en sûreté.


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Message Sujet: Re: Le gage de leur liberté   Le gage de leur liberté EmptyVen 10 Mai - 17:30

« Peut-être, oui. Mais nous ne sommes pas des diplomates ou des ambassadeurs. Nous fonctionnons autrement. » Un petit haussement d’épaules, un sourire amusé qui pointe au coin de ses lèvres. Ils étaient une puissance aussi forte que les duchés ou les empires, peut-être plus même, mais ils étaient en tous points différents de ces derniers. Les lois ne s’appliquaient pas à eux ; ils avaient leur propre code de conduite. Ils étaient une société entière, hiérarchisée et avec un code stricte aux conséquences lourdes pour celui ou celle qui s’en éloignait. Mais ils ne se jouaient pas de la politique que pratiquaient les différent ducs d’Arven. Ils ne prenaient pas vraiment de parti-pris, sauf lorsque cela était à leur avantage, et pouvaient rapidement changer de côté, parce qu’au final, seuls eux-même comptaient. Ils étaient la puissance des ombres, et c’était ainsi qu’ils se présentaient. Pas dans les bureaux des hauts dirigeants à les attendre comme l’auraient fait des invités diplomatiques. Ils n’étaient que rarement invités d’ailleurs, on préférait éviter leur présence, sauf lorsque cela devenait absolument nécessaire. Cela avait été le cas du duc et de la duchesse de Bellifère, et à présent ils ne pourraient se dérober de marque de la Cour aussi facilement qu’ils le souhaiteraient surement.

L’insinuation est là, flottante dans des mots qui laissent imaginer quelconque menace. Et le duc est rapide à répondre, un ordre presque qu’il donne. Césaire ne répond rien à cela, au père qui rugit pour défendre sa fille. Il n’y a rien à répondre. Ils n’ont pas l’intention de toucher à Clémence, de toute façon ; pas tout de suite du moins. Laisser Martial craindre que la Cour puisse se rendre jusque là est suffisant ; oh n’est pas à s’y méprendre, si la nécessité les y menaient, ils le feraient. Ils voleraient la petite pour l’arracher à ce duché qu’elle gouvernerait sans doute un jour. Mais ils espéraient ne pas se rendre jusque là, et le duc semblait vouloir coopérer. « Un homme. » Un homme, comme beaucoup. Avide de richesses ou de pouvoir. Aux convictions et aux alliances fluctuantes. Un homme, imprévisible, comme tous peuvent l’être. Un homme qui peut changer d’idée, qui peut se rebeller, après avoir récupéré sa couronne et sa puissance. « Un duc. » Trahison et complots. C’était du commun chez les hautes puissantes, après tout.

Césaire hausse doucement un sourcil aux mots suivent la promesse réitérée. Ne manquant aucun des détails sous-entendus dans les propos utilisés par le duc de Bellifère. Il ne réplique pas tout de suite, alors que Martial poursuit, répétant qu’il n’y a nul besoin de venir menacer sa famille, avant de porter un regard, que le Maitre espion suit, vers la porte close qui mène à un petit salon attenant. Il ramène son regard sur le duc, hochant simplement la tête pour lui signifier qu’ils peuvent s’y déplacer, qu’il le suivra. Inutile de poursuivre la conversation autour de l’enfant endormie maintenant que le poids de sa présence a été établie.

« Savez-vous qui suis-je? » Il n’en a assurément aucune idée. Pas de l’homme qu’il est, qu’il a été. Pas de l’enfant qui a grandi sur les terres rouges du duché de la guerre. Et que sait-il de l’organisation de la Cour? Que les enfants des miracles suivent le fils masqué des Ombres est connu. Mais de l’organisation interne, du conseil et de ses Maitres, qu’en sait le duc de Bellifère? La Cour sait et connait, comment est régit chaque duché, par qui est aidé chaque puissance. Elle connaît les figures qui soutiennent les souverains. Eux, devinent-ils seulement comment ils se construisent?


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Message Sujet: Re: Le gage de leur liberté   Le gage de leur liberté EmptyJeu 16 Mai - 20:10

Piqué au vif, Martial n’a pas réellement su s’empêcher de répondre. Il fait grand cas de ses engagements, il ne saurait en contracter un et se parjurer ensuite. Certes, certains sont de ceux pris avec la haine au coeur et l’esprit clair, pour le bien de Bellifère, mais cela ne signifiera jamais qu’ils ne restent pas des paroles données. Il s’est engagé auprès de la Cour, il ne reprendra pas son soutien.
« Homme comme duc, une parole est une parole. » lâche-t-il, finalement. Froissé, très clairement. Et dire qu’il a pensé, l’ombre d’un instant, pouvoir passer une soirée tranquille. Une fois assuré qu’il le suivra, Martial, dans un silence relatif, l’escorte plus qu’il ne l’accompagne jusqu’à la salle attenante dont il ferme la porte avec douceur et délicatesse. Clémence est plus en sûreté si celle-ci les sépare. Lourd et épais, rempart plus que portillon, le panneau isolera parfaitement leur conversation - et les murs de pierre millénaire retiendront jusqu’aux murmures qui pourraient s’échapper. Il ne vient que peu ici, le duc : cette pièce attenante n’a guère d’intérêt quand on sait le peu de temps qu’il a à offrir à sa fille, lui qui en voudrait plus. Plus de temps.

De taille modeste, meublée en conséquence de quelques sièges, fauteuils aux couleurs fanées par le lourd soleil qui en journée rentre par la croisée, la pièce est parfaite pour l’intimité ou les confidences. Pour les rencontres avec des ombres, encore plus. Le regard clair de Martial se porte vers la fenêtre d’où coule la lueur des lunes, voilées par un nuage lorsqu’ils entrent. Sur ce versant du palais, c’est Hacheclair qui s’étend lorsque l’on regarde : cité basse qui domine la plaine. Quelques chandelles sont allumées : sans doute, plus tôt dans la soirée, sa femme… Ou une nourrice. Peu importe.
Il reprend le contrôle sur la situation, tout du moins en a-t-il l’impression. La confiance qu’il laisse transparaître n’est pas entière et se craquelle un peu, au fond de lui. Certes, l’homme face à lui est plus proche de rejoindre Sithis que de lui sauter à la gorge si les choses tournaient mal, mais ça ne veut rien dire. Le Belliférien, plus que tous les autres, sait.
Ermengarde est restée absolument terrifiante et dangereuse jusqu’à la fin de sa vie.

La question a le mérite d’empêcher l’esprit nostalgique d’encenser et se perdre dans les souvenirs de l’ancienne duchesse. Le regret de ne pas avoir été là quand elle s’est éteinte. La peine qu’il n’a pas eu le droit de porter. L’espoir qu’elle soit fière, un peu, des décisions stupides qu’il prend. Tout ça s’envole dans l’instant, et alors seulement le duc reporte sur l’inconnu toutes ses pensées. Non.
Non, il n’en a pas la moindre idée. De toute manière, attaché qu’il est à la vérité, il mentirait bien mal s’il affirmait le contraire.

Volontairement, alors qu’il s’installe et l’invite d’un geste à en faire de même, il reprend la formule employée plus tôt. « Un homme. » De ça, il est sûr. Le duc s’installe sans le quitter réellement du regard mais sans peur. Toujours, sans peur. Il jauge, évalue, essaye de deviner : il s’agit là d’un jeu auquel il a peu d’habileté. « Un envoyé de la Cour. Possiblement respecté. Tout du moins au courant de votre implication dans mon retour. » L’orgueil que d’aucuns s’amusent à appeler fierté, lui le premier, ne permettrait pas au duc de penser qu’on lui envoie le premier péquenaud à traîner son corps à moitié mort. Sa tête se penche un peu. Le sérieux jamais ne quitte ses traits – front lisse, regard assuré, mains jointes. Il semble relativement plus détendu maintenant qu’ils peuvent parler sans crainte de réveiller la petite.
« Quoi qu’il en soit, il y a une raison à votre présence en ces lieux. » Il anticipe, il essaye de savoir. Il ne demande pas, mais il est évident qu’il n’attend que cela : savoir, enfin, ce que la Cour demande.


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Message Sujet: Re: Le gage de leur liberté   Le gage de leur liberté EmptyJeu 4 Juil - 16:45

Il a froissé le duc. Il le voit. Il le ressent. Dans les mots qu’il prends, presque pour se défendre, dans l'intérêt qu’il porte, à vouloir assurer qu’il tiendra sa promesse. Mais sous cela, c’est peut-être même de la vulnérabilité qu’il y a - celle de devoir être redevable et de craindre les retours de l’aide demandée. Il n’est pas en position de pouvoir sur ce coup, et il ne doit pas être habitué à être celui qui se doit de rendre les coups. Il est duc et après tout, ce dernier fait loi d’ordinaire. Surtout ici en Bellifère.

Césaire sourit simplement, sans répondre autrement. Le duc verra dans son visage que ce sourire est poli mais que la pointe de celui-ci quelque peu narquois. Comme s’il n’avait pas confiance, comme s’il savait quelque chose de plus. Comme si au final, il savait que ce dernier n’aurait pas le choix de tenir sa parole, peu importe les intentions qu’il aimerait avoir.

Et ils quittent la chambre de la petite héritière du duché de la guerre pour rejoindre le petit salon. Il examine attentivement Martial en s'asseyant, alors que ce dernier semble réfléchir à la question qu’il lui a posé. Il n’en sait rien. Il ne voit, le ressent, dans la première réponse donnée, copie même de ses mots à lui. Mais il voit aussi avec un soulagement qu’il ne laisse nullement paraître qu’il ne le reconnait pas - qu’il ne reconnaît pas la majordome qu’il a longtemps été auprès de Castiel. Ça n’aurait pas changé grand chose ; il n’aurait pas laissé Martial se servir de cette information comme un poids dans la balance. Qu’importe vraiment que le duc de Sombreciel l'apprenne à présent. Son seul intérêt à garder cette information secrète n’était que personnelle ; il avait détesté le gamin qui avait pris la couronne du duché de l’esprit à son arrivée en poste, mais à sa mort, il s’était rendu compte qu’il l’aimait, de cet amour paternel, fier. Il voulait simplement lui éviter d’apprendre la vérité, puisque si sa présence au palais était entourée de mensonges, sa relation avec le duc et ses épouses ne l’étaient pas.

Mais il n’avait pas besoin de se soucier de ce point, fort heureusement. Et il se rend compte que Martial n’a strictement aucune idée des divisions qui structurent la Cour des Miracles. Il ne le blâme pas, ses enfants font un travail admirable à garder tout cela secret.
Césaire se racle doucement la gorge, alors qu’il s’en vient pour éduquer le duc sur l’une des organisation les plus puissantes et les plus secrètes du continent. « Je suis Maître Espion en infiltration. Alors oui, on pourrait dire que je soit quelque peu respecté. Nous sommes neuf Maîtres qui forment le Conseil des Ombres, présidé par le Fils des Ombres et son Second. Nous aurions pu envoyer n’importe qui à votre porte, ne vous flattez pas trop de ma présence. Je suis simplement assez vieux qu’il ne m’est plus rien à craindre d’une telle mission et je m’ennuie quelque peu ces derniers temps. Loin derrière moi sont mes dernières aventures, autant en Faërie que dans les déserts d’Erebor. Et puis Bellifère me manquait. J’y suis né, il y a très longtemps. » Son regard glisse sur la pièce, les accents qui décorent les murs, la structure solide de ces derniers. « Je n’avais jamais mis les pieds ici, bien évidemment. Je viens des terres qui bordent la mer, d’une toute petite famille de petits guerriers. Un garçon du petit peuple qui à présent se tient ici, à discuter avec le duc. » Sa voix se termine en un rire léger, amusé de ses propres propos, de la situation.

Et ce dernier s’éteint et il retrouve son sérieux. « Oui, bien évidemment. Vous ne me croiriez pas si je vous disais qu’il ne s’agissait que d’une simple visite de courtoisie pour s’assurer de votre bien-être et de comment vous avez repris vos aises depuis notre aide, je ne me trompes pas n’est-ce pas? » Si c’est formulé comme une question il ne lui laisse toutefois pas vraiment le temps de répondre. « Nous voulons nous assurer de votre soutien. Et votre parole ne nous suffit pas. » Son sourire s’élargit. Il ne rajoute rien, fixant simplement le duc, le laissant avec cela. C’était à lui de leur prouver vers qui sa loyauté tenait à présent, et il avait intérêt à être à la hauteur puisque que sinon la Cour s’en chargerait elle-même et il n’apprécierait certainement pas.


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Message Sujet: Re: Le gage de leur liberté   Le gage de leur liberté EmptyVen 12 Juil - 23:31

S’il ne peut la protéger de son arme ou de son armée, car face aux ombres et à la Cour ils ne sont rien de plus que poussière, au moins peut-il détourner leur regard sur lui. C’est à ça que sert la pièce dans laquelle le duc a mené l’inconnu menaçant – menaçant de par sa présence. Il tente de gagner du temps et de s’assurer que Clémence, elle, en ressortira vivante et intacte. Chaque minute qui passe la rapproche un peu plus de l’heure à laquelle elle va se réveiller et réclamer en chouinant sa nourrice. Alors là, et seulement là, l’enfant sera sauvée. Loin des griffes de ceux qui, pour les erreurs de son père, pourraient vouloir lui nuire. Il n’a jamais voulu lui imposer ce danger : bien sûr, être princesse et d’autant plus princesse héritière fait peser sur elle de bien lourdes charges, aussi écrasantes que dangereuses. Mais c’est du danger des alliances et des pactes que lui-même noue qu’il voudrait la préserver, innocente encore. Tout comme sa femme, elles n’ont pas à s’en mêler tout comme elles n’ont pas à en pâtir, si les dits contrats en venaient à être brisés. (Martial est un homme de promesses, mais ne sait-on jamais. Les autres ne le sont pas.)

Assis confortablement dans le fauteuil dans lequel il a pris place – rouge fâné qui rappelle les terres d’ocre de l’extérieur, Bellifère qui saigne à perte de vue – et sans laisser paraître le moindre sursaut de surprise que volontairement l’homme lui déroule le fonctionnement de la Cour, il écoute. Il ne sait s’il dit vrai. Possiblement, mais bien des gens qui arpentent cette terre sont des menteurs nés, même sur les terres de la Guerre.
Même ceux qui y sont nés il y a bien longtemps. Sans doute a-t-il connu le règne bancal de son arrière-grand-père, avant celui de Juste. Il n’a pas la moindre idée de l’âge de celui qui se tient devant lui, car son seul repère lentement efface ses traits de sa mémoire. Elle se délite lentement et s’évapore jusqu’à ce que ne restent que les souvenirs flous, de plus en plus lointains.

Et il sourit un peu, Martial. Calme, amusé, loin d’être agacé. Certains prouvent leur valeur autrement que par les armes, mais en remportant d’autres combats petit à petit triomphent du plus grand des ennemis – pour un temps, seulement. C’est un guerrier, en quelque sorte, qu’il accueille au coeur de son palais. Un survivant, un battant. Un Belliférien.
Un gagnant.
Il n’en a pas grand-chose à faire, Martial, de la vie passée d’un homme qui est sur le point de mourir dans quelques années, mais en donner l’illusion ne peut qu’amener

Malgré tout, son sourire qui a fleuri à peine sous sa barbe de plus en plus broussailleuse se fâne et son regard se refait plus sombre. Le ciel de ses iris se transforme en orage sans qu’il ne bouge. Royal, sur son siège. Il impose de sa présence sans même le vouloir – du moins le pense-t-il.
Et nous y voilà. Tant de palabres et de menaces voilées pour une simple demande. Presque de la politique, ou une conversation mondaine. Le genre de choses que le duc n’a jamais adoré plus que de raison, lui qui est direct et franc et qui, sans détour, va à l’essentiel.
« Vous avez de toute manière, par deux fois, eu la confirmation de ma bonne foi et de mon engagement. » Sa patience, déjà relativement peu connue et depuis le début mise à l’épreuve, commence à lui manquer. Il se penche légèrement en avant, un soupir passe ses lèvres. « Ma question reste la même. Que voulez-vous, qu’attendez-vous de moi ? »
Il a passé un pacte avec eux, en s’échappant d’Outrevent, et le tribut à payer… Martial ne le connaît pas encore.
Qu'importe.
Il s’en acquittera, quel qu’il soit.


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Message Sujet: Re: Le gage de leur liberté   Le gage de leur liberté EmptyMar 24 Sep - 4:21

Il l’ennui, il l’agace, il le dérange. Martial n’a pas le contrôle. Martial lui est redevable. Et il sent très bien que ce dernier n’est pas à l’aise. Il connaît les ducs, les hommes de pouvoir, les nobles, le Maitre Espion de la Cour des Miracles. Par plusieurs fois dans sa longue existence il s’est vu cotoyer ses derniers. Il a appris, un peu, comment ces derniers étaient. Figures publiques qui n’ont d’intime que très peu de chose, il est facile quand on est rien du tout de les connaître. Ces hommes et ces femmes tout puissants habitués à se faire servir et être entourés. Quand on les entoure, quand on n’est là que pour assouvir chacun de leur désirs, si on ouvre les yeux et reste attentif, il est facile d’apprendre. Il n’y a que très peu de secrets qu’ils peuvent se garder. Et il ne les envie pas, aucunement. Difficile de se cacher, difficile de se garder ce jardin secret quand on est une figure publique. Et il les connaît, ces hommes de pouvoirs, parce que même s’ils sont tous un peu différents, ils sont tous plus ou moins pareil au final. Ils ont été élevés pour être où ils sont à cet instant, et c’est précisément de qui différencie Martial de Césaire en ce moment. Césaire n’a jamais été élevé pour un jour être ici, pour un jour discuter avec un duc, être en position de pouvoir face à ce dernier.

Est-ce un avantage, est-ce un inconvénient? Possiblement un peu des deux. Il a beau être sur de lui, agir si nonchalamment qu’on pourrait croire que la présence du duc ne l’impressionne aucunement - c’est un peu le cas, surtout après avoir servi Castiel ces dernières années - c’est un jeu dangereux qu’il joue, et il ne joue sans filets. Il jette ses cartes et se dévoile, il appel presque le danger, il appel presque à la vengeance du côté de Martial. Que ce dernier ose se défendre, répliquer, protéger sa famille et sa maison. Qu’il réplique contre la Cour, qu’il réplique contre ce vieil homme qui se glisser chez lui à la nuit tombée. Il n’a pas peur de la mort Césaire, certes, mais est-ce que la tenter ainsi lui sert réellement?

Il n’avait plus grand espoir d’un Arven nouveau pour les générations à venir, et les derniers événements sont là pour entacher les plus petites parcelles de lumière qui auraient pu éclairer la suite. Oui, bien sur. Ils étaient protégé encore, à la Cour, alors que leur dieu à eux était encore là, veillait toujours sur eux. Mais ce n’était pas bon signe. C’était le chaos qui lentement tomberait. La guerre qui éclaterait. Différente de celle laquelle les hommes étaient habitués - ce ne serait pas les armes ni la magie qui s’affronteraient ici. Une guerre là-haut surement, une guerre entre ces êtres qu’on ne voyaient pas, entre ceux qui gouvernaient réellement. Une guerre entre la Chasse et le Tisserant. Ah, s’il savait que les hommes perdraient. Petits êtres insignifiants après tout, de simple fils sur la grande tapisserie de la vie.

Alors il prenait des risques. Des risques non nécessaires. Des risques qu’autrefois il n’aurait pas pris. Des risques qu’il déconseillait malgré tout aux autres - aux plus jeunes, à ceux qui nourrissaient encore des rêves - mais qu’il venait jouer lui-même sans trac. Il était venu ici, voir le duc, chez lui. Il était venu demander ce qu’ils n’avaient pas nécessairement besoin mais ce dont ils pourraient profiter si le Belliférien cédait à la crainte des représailles et leur donnait.
« Que vous cédiez la main de votre fille à la Cour. » Et ainsi le pouvoir de la Cour s’étendrait encore un peu plus davantage. Qu’importe que la future duchesse s’intéresse à leur cause, que le futur duc de Bellifère soit l’un des leur. Voilà qui ferait pencher la balance et leur conférerait une toute nouvelle portée.

Césaire ne laisse pas vraiment le temps au duc actuel de répondre qu’il se lève. Il n’est pas là pour négocier, après tout. Il est venu poser les termes de ce qu’ils attendent - ce qu’ils espèrent idiotement obtenir peut-être? La petite est jeune. Son mariage ne se fera pas avant longtemps. Son règne également. Qu’il vienne seulement un jour même. C’est une promesse de liaison entre Bellifère et la Cour qui s’étendra plus longtemps que la vie de l’homme que les Voleurs ont sauvés. Ce qu’ils veulent n’est pas seulement influer quelques années, mais pour des générations à venir.

Et le vieil homme est droit et digne devant le duc cette fois, avec un sourire presque sincère alors qu’il s’excuse de devoir le quitter pour rejoindre les ombres de la ville libre. À l’extérieur des grands murs du palais on l’attend pour le ramener sur les pavés des Miracles. « Vous passerez mes salutations au duc de Sombreciel. » qu’il glisse avant de s’éclipser. Le fera-t-il seulement? Oserait-il parler de cette rencontre avec cette société interdite avec son confrère duc dans le but de découvrir le sens de ces mots?

Et pour Césaire, c’est cela. La lune qui brille doucement sur le chemin de son retour, alors qu’il quitte le palais des passages secrets qu’il a mémorisé au fond de son esprit. Son regard glisse un instant de plus sur l’architecture et les odeurs de Hacheclair, sur les détails du Bellifère qu’il a jadis connu mais qu’il ne reconnaît plus que comme un lointain souvenir à présent. Et il retourne chez lui. Un chez lui étrange qui ne sera jamais aussi doux que ses appartements au palais de Sombreciel. Pourrait-il avouer que cette dernière vie lui manque? Pas à n’importe qui.

C’est la prochaine qu’il attend à présent. Cette dernière vie pour lui. Celle de la vie après la mort. La mort, la vraie.


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