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 Grand frère pathologique

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Gauthier Coeurbois
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Message Sujet: Grand frère pathologique   Grand frère pathologique EmptyVen 31 Mai - 22:08


   
Livre IV, Chapitre 3 • Au Fer Rouge
Eloïse Brumagie & Gauthier Coeurbois

   
Grand frère pathologique

   
Où cette fois il fait jour, il n'y a pas de cadavre entre eux et où ils discuteront probablement comme des êtres civilisés.

   


   
• Date : 12 avril 1004
   • Météo (optionnel) :
   • Statut du RP : Privé - Express (on tente :geu: )
   • Résumé : Gauthier est sur le chemin de la Taverne de la Rose, et du port pirate plus tard, pour aller aborder des Accordés qui pourraient l'aider à soigner sa soeur. Cependant il reconnaît une petite qu'il a sauvée fin décembre... Et, vu que la rencontre est inévitable, va chercher à savoir ce qu'elle devient dans les rues de la ville aux Mille Tours.
   • Recensement :
   
Code:
• [b]12 avril 1004 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t4766-grand-frere-pathologique#181734]Grand frère pathologique[/url] - [i]Eloïse Brumagie & Gauthier Coeurbois[/i]
    Gauthier est sur le chemin de la Taverne de la Rose, et du port pirate plus tard, pour aller aborder des Accordés qui pourraient l'aider à soigner sa soeur. Cependant il reconnaît une petite qu'il a sauvée fin décembre... Et, vu que la rencontre est inévitable, va chercher à savoir ce qu'elle devient dans les rues de la ville aux Mille Tours.
   

   



#5E0021


Dernière édition par Gauthier Coeurbois le Ven 31 Mai - 22:10, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Grand frère pathologique   Grand frère pathologique EmptyVen 31 Mai - 22:09

Le temps a repris sa course comme si de rien n’était. Secoué, un peu perdu, définitivement avec une gueule de bois pas possible, Gauthier avait ouvert les yeux sur un nouveau jour qu’il n’avait pas espéré voir naître. Pas de flammes pour cette fois, pas d’étreinte glaciale de la mort ou de dangereuse asphyxie, lente agonie, trépas délicat. Rien, juste un réveil, des draps qu’il ne connaît que trop bien – les siens. Seul, enchevêtré, sans avoir la moindre idée de ce qu’il a pu lui arriver. Trou noir.
Vide dément.

Alors sa vie a continué. Une vie où la rousse Dauphine n’est pas sa femme officiellement, à son plus grand regret – mais derrière les portes closes, quand ils se retrouvent, dans les murmures et les caresses ils savent qu’ils s’appartiennent. Une vie où lui-même a un peu, peut-être, peur de la mort. Pas de mourir, mais peur de ne pas réussir à survivre assez longtemps pour tout faire.
La vie a continué. Il s’est assuré immédiatement que ses sœurs, autant de coeur que de sang, n’avaient pas été blessées. Heureusement pour lui, Rhapsodie n’était pas à Lorgol. Quant à Gisèle…
L’assassin n’en dort plus la nuit, depuis qu’il l’a revue. Pâle et frêle comme au jour où il l’a retrouvée avec leur mère, le regard dans le vague qui ne voit plus rien, le sourire ébauché qui trahit que là-haut, les nerfs et l’esprit ont lâché.
« J’ai vu maman aujourd’hui, tu sais. Elle m’a demandé si tu serais d’accord pour que nous deux, on retourne à la maison ? Tu lui manques. C’est dur de vivre loin de chez nous. Je veux rentrer, Gauthier. »
Les poings serrés, les mains tremblantes, les larmes refoulées. De rage et de peine mêlées dans l'impuissance.. « Promis. On rentrera bientôt. »
« Sinon elle va s’inquiéter. Elle me l’a dit, par Outreparole, dans ma tête. »
« On ne la laissera pas s’inquiéter. »

La vie a continué, même si depuis dix-huit ans il a l’impression d’arpenter le même chemin et d’avoir juste mis le pied dans une ornière alors qu’il pensait atteindre une portion plus stable de la route.
Le quadragénaire a donc pris une décision : au fait des allers et venues des musiciens logés sur la Symphonie grâce à certaines connaissances dont il taira le nom, il a fini par se faire une raison. Les Accordés sont les seuls à pouvoir la sauver.
Il en a parlé à Rhapsodie, il y a bien longtemps, n’a jamais vraiment acté la chose : aujourd’hui, alors que le soleil se voile en cette mi-avril, il prend la direction d’une taverne bien connue où il sait que certains des parias mélomanes aiment à y traîner.
C’est au détour d’un canal, là où deux ruelles sombres emportent vers les bas-fonds de la Ville Basse d’où il sort fièrement qu’il reconnaît de loin une gamine : rousse, la démarche singulière, pas si loin devant lui. La surprise se peint sur ses traits. Elle arrive en face de lui, en pleine lumière, et les rues sont étroites par ici. A moins de sauter dans le canal et de se faire bouffer par un crocodile, il ne peut pas l’éviter.
Qui sait, peut-être ne se souviendra-t-elle pas ?



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Message Sujet: Re: Grand frère pathologique   Grand frère pathologique EmptySam 1 Juin - 20:52

La vie avait repris son cours, sa routine, son quotidien habituel, sans les aléas magiques et les frasques du Temps. Sans boucle, sans mur de flammes dévastateur et sans réveil brutal précipité par la peur et la douleur. Petits pas pressés, claquement des semelles sur les pavés sales des ruelles bordées de canaux où les yeux enfantins jetaient régulièrement des coups d’œil inquiets. Eloïse se dirigeait rapidement vers un endroit qu’elle espérait plus accueillant que les sombres allées puantes dans lesquelles elles se trouvaient. Elle avait suivi quelqu’un, une impasse une fois de plus, rien qui ne l’avait vraiment aidé, alors elle retournait dans la partie de la Ville Basse dont elle connaissait mieux les coins et les recoins.
Depuis les événements survenus lors du carnaval, elle sortait moins, avançait plus vite, rasait les murs. Tout avait été si confus, si perturbant, qu'elle se méfiait encore plus de tout et tout le monde à présent. Elle avait eu vent des raisons, des responsables, autant du désastre que de sa résolution, et tout cela l’avait rendu profondément anxieuse de tout et n’importe quoi. Elle surveillait toujours les alentours, craignait de voir des choses se répéter. Après près de deux semaines, l’angoisse commençait peu à peu redescendre, mais elle s’était éloignée de tout, ou presque. Elle gardait contact avec quelques rares personnes qu’elle connaissait à Lorgol, mais n’allait plus vers la Cour, restait dans son coin, faisant ces petites affaires sans attirer l’attention, respectant les règles et les interdits en tirant sur la corde comme elle l’avait toujours fait.

Et aujourd’hui, elle déambulait en vain, rentrant d’un pas décidé, évitant souplement les passants, se faufilant entre les inconnus qui emplissaient les rues. Elle passa devant l’étale d’un marchand qui la héla soudainement. Elle tourna son regard suspicieux vers le visage jovial du commerçant qui lui fit signe d’approcher. Elle obtempéra et reconnu celui qu’elle avait aidé pendant le carnaval. « Salut gamine ! Ça fait plaisir de t’voir ! Je cherchais ta frimousse justement. Tiens, c’pour toi. » Il lui tendit un petit panier recouvert d’un tissu qu’elle souleva. Fruits et légumes remplissait l’osier et elle leva un sourcil en même temps que ses yeux remontaient vers le commerçant qui ne se départait pas de son sourire. « Pour te remercier. Quand tu verras ton copain, dis-lui de venir lui aussi. Et si tu veux, hésite pas à repasser, je te ferai des ristournes. » Un peu étonnée, elle acquiesça sans un mot et repartit sous le regard surpris de quelques passants et celui, bienveillant, du marchand.

Portant son petit panier, elle repensa aux paroles du commerçant. Elle voyait très bien de qui il parlait, mais elle n’était pas sûre de le recroiser un jour, alors elle ne se prit pas la tête à ce propos et changea de direction, avec dans l’idée de donner un peu de sa trouvaille à quelques mendiants à qui elle devait des informations. En remontant une ruelle bordée de canaux, elle aperçut un visage qu’elle n’allait jamais oublier, mais qu’elle ne pensait pas recroiser un jour. Elle était presque à sa hauteur lorsqu’elle le remarqua et se planta devant lui, écarquillant des yeux surpris. Elle ne savait pas trop comment réagir. Les circonstances de leur rencontre avaient été chaotiques, mais finalement, il l’avait aidé et elle était, encore aujourd’hui, très reconnaissante de ce qu’il avait fait pour elle. Un sourire enfantin apparut sur son visage. « Bonjour m’sieur. Ça faisait longtemps, vous allez bien ? » Elle nota la ruelle où ils se trouvaient. « Vous allez au port ? ». Curiosité qui ne l’avait jamais vraiment quittée, même en face d’un homme qu’elle savait assassin. Cette fois, elle saurait le remercier et lui demander correctement son nom.


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Message Sujet: Re: Grand frère pathologique   Grand frère pathologique EmptyDim 2 Juin - 21:57

Ses espoirs tombent bien vite à l’eau. Ils coulent au fin fond du canal à sa gauche, sous la couche glauque de choses non-identifiées qui flottent à la surface et troublent la clarté de l’onde. Est-ce que l’eau qui coule dans ces rigoles et ces dédales, au coeur de la Ville Basse, a un jour été d’une autre couleur que celle-ci ? Glauque et troublée et insondable, à l’image de ceux qui hantent ces lieux. Peut-être est-ce là la réalité. Ou alors, c’est tout simplement la faute à toutes les choses que l’on balance dedans, plus ou moins saines et définitivement non-adaptées à la vie aquatique.

La gamine l’a probablement reconnu : elle s’arrête devant lui, un peu trop près, si bien qu’il doit lui aussi piler pour ne pas la percuter. L’assassin aurait dû s’en douter. En même temps, qu’elle ait oublié aurait relevé du miracle – ou du violent coup sur la tête, mais on ne moleste pas les jeunes filles. Sinon, inconnue ou petite emmerdeuse embarquée au passage sur un coup de pitié, Gauthier s’énerve. Elle est plus petite que dans son souvenir. Dans la lumière du jour d’avril, elle semble plus vivante, aussi. Ou peut-être que ce n’est là qu’un effet renforcé par le sourire et le fait qu’elle ne semble clairement pas avoir peur de lui, cette fois.
Comme s’il n’était pas capable de tuer en pleine rue.
Ne nous égarons pas.

Gauthier fouille dans sa mémoire rapidement, passe en revue leur courte rencontre alors qu’il la détaille. Il cherche un nom, décemment, il ne peut l’appeler petite et gamine et gone et minette et choupette et autres sobriquets. D’autant plus qu’il ne se sent guère d’être aussi affectueux avec elle. Protecteur, oui, toujours, de cette manie légèrement inquiétante sur les bords qui vire à la maladie de vouloir protéger les plus jeunes. Mais pas affectueux.
« Assez longtemps, oui, fait remarquer l’assassin – qui a senti en sa chair la morsure de chaque jour passé seul. Eloïse, c’est ça ? »
Un petit sourire joue sur ses lèvres. Bienveillance qui glisse dans la malice et la tranquille assurance de ne pas encore être sénile. « Aussi bien que la vie me permet d’aller. J’ai pas à me plaindre. »

L’assassin ne vit-il pas pour venger ceux scarifiés par la vie ? Ou qui s’estiment l’être, du moins. « En direction… Oui. Le port. » Autant aller chercher directement à la source : la vivenef amarrée n’a pas bougé depuis maintenant plus d’un an. Elle souffrira bien d’attendre que Gauthier aille la découvrir un peu plus tard. Pour l’heure, il s’écarte afin de laisser passer quelques personnes visiblement pressées, un sourcil levé. « Et toi ? Ca me rassure de te recroiser. » La confession est faite à mi-mots et suivie d’un haussement d’épaules. Oui, il n’y a cru qu’à moitié quand il l’a larguée seule en pleine nuit de décembre à Lorgol. Qui peut le blâmer ?



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Message Sujet: Re: Grand frère pathologique   Grand frère pathologique EmptyLun 3 Juin - 20:15

Elle aurait pu paraître effrayée ou anxieuse la rouquine, mais elle ne ressentait rien de tel. Elle n’était plus la même petite fille sans défense de leur première rencontre et elle se sentait, sinon en sécurité, plus à l’aise en plein jour, au beau milieu d’une rue où des passants circulaient. Elle s’écarta également lorsque certains les dépassèrent d’un air pressé, trouvant un équilibre précaire en jetant un œil inquiet au canal non loin. Elle avait déjà vu quelqu’un tomber dedans une fois, provoquant l’hilarité des habitants, les cris de sa famille et la terreur du pauvre homme qui s’en était sorti in extrémis. Elle n’avait aucune envie d’en faire l’expérience et se campa fermement sur ses jambes pour éviter une telle chose.

Elle hocha la tête, un léger sourire sur les lèvres. « Oui c’est ça. » Elle n’avait pas pensé au fait que, si elle, elle ne risquait pas de l’oublier, lui en revanche aurait parfaitement pu se sortir de la tête la gamine qu’il avait emmené à Lorgol. Après tout, il n’avait aucune raison de s’inquiéter pour elle,  aussi fut-elle étrangement contente qu’il se souvienne. Elle n’en chercha pas la raison, se contentant de hocher la tête face au léger sourire de l’assassin, haussant un sourcil à sa réponse quelque peu étrange. Ce n’était pas un « oui, tout va bien » auquel elle avait l’habitude, la plupart des gens répondaient poliment sans vraiment dévoiler quoi que ce soit, mais lui, il était plus franc, ce qu’elle appréciait.
« Je crois qu’il y a eu du grabuge non loin du port. Y’avait des types louches à deux rues d’ici, en face de chez le Gros Bill. Je vous conseillerai de faire le tour.» Elle met en garde, bien qu’elle imagine aisément que lui, contrairement à elle, passerait ce genre de détails sans trop de problèmes. Elle avait rapidement aperçu les fameux « types louches » et c’est ce qui l’avait décidé à rebrousser chemin avant de tomber sur le marchand. Elle voulait éviter les ennuis, elle avait déjà fort à faire avec sa vie quotidienne sans en plus foncer dans des magouilles qui semblaient dangereuses et pas vraiment adapté à ses quelques talents.

« Oh moi… je m’en sors on va dire. Tout ne se passe pas vraiment comme je l’espérais. » Surtout depuis les événements du carnaval où elle avait été profondément chamboulée et était toujours en train d’essayer de recoller les morceaux. Elle aurait presque préféré totalement oublier cette journée là et ne jamais avoir ne serait-ce qu’un souvenir de ce qu’il s’était passé. En témoignait son état quelque peu négligé ces derniers temps. Elle était plus préoccupée par ses pensées que par son apparence. Pourtant, un sourire se dessina sur son visage et ses yeux pétillèrent lorsque l’assassin lui dit être rassurée de la voir. « Je suis coriace, faut pas vous en faire. ». Eloïse était pourtant ravie que quelqu’un s’inquiète pour elle, ici, à Lorgol, même si cela venait d’un homme qu’elle connaissait à peine. Cela lui donnait l’impression de ne pas être une parfaite inconnue dans ses rues sales et bondées. Elle tendit finalement le panier devant elle en relavant le tissu qui le recouvrait. « Vous voulez quelque chose ? On m’a donné ça en remerciement, mais je mangerai jamais tout ça. Ça vous tente ? »


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Message Sujet: Re: Grand frère pathologique   Grand frère pathologique EmptyMar 11 Juin - 23:18

Bien. Au moins n’a-t-il pas totalement perdu la mémoire depuis leur rencontre. C’est une bonne chose, semble-t-il : la vieillesse le guette déjà et l’attend au tournant (encore qu’il soit loin d’être un vieux croulant, il sait se maintenir en une bonne condition physique afin d’échapper au pire si d’aventure le pire lui tombait sur la gueule) et on n’est jamais trop prudent. Elle ne le voit sans doute pas, mais le soulagement envahit un court instant ses traits.
Il ne bouge qu’à peine quand des perturbateurs pressés les dépassent. Qui pourrait vouloir courir par ici ? Ou plutôt, qui pourrait vouloir risquer sa vie avant de plonger dans un canal ? En tout cas, pas Éloïse. Intelligente, cette petite. Tête brûlée, possiblement dangereuse pour lui si d’aventure elle venait à parler, mais intelligente.  

Un sourire paisible et apaisé lui échappe alors que la gamine lui fait comprendre qu’apparemment, une fois encore, des gens sont allés se foutre sur la gueule dans un coin de Lorgol. Comme si ça n’arrivait pas tous les jours. Comme si la débandade du mois dernier n’avait pas marqué les esprits, encore et encore. « Merci de l’information. » Remerciement rapide : il ne passait pas spécialement par ce chemin, mais si jamais, il saurait s’en souvenir. Nombreuses sont les rues qui sauront le conduire jusqu’à la Symphonie. Ce n’est pas comme si l’assassin traînait ailleurs qu’en ces rues quand il en avait le temps
En presque vingt ans, il a appris à les connaître. A s’y perdre, quelquefois, au début - il y a retrouvé des amis et des amantes, rencontré des demoiselles en détresse et d’autres prêtes à en découdre. Il ne se fait guère de souci.
Surtout si ce sont des ‘types louches’... Car, en général, il tombe souvent lui aussi dans cette catégorie.

Les bras croisés, une main sur son propre poignet par défaut, le quadragénaire l’écoute. L’écoute lui narrer en quelques mots ce qu’elle a vécu depuis décembre - depuis une éternité. Rien ne se passe jamais comme prévu lorsque l’on se retrouve à Lorgol. La ville n’en est-elle pas la preuve ?
D’un geste de la tête il décline sa requête, sincèrement touché par l’offre. Elle en aura définitivement plus besoin que lui - nourri par la Confrérie ou de lui-même, il fait partie de cette frange de la population qui n’a pas, au coeur des sombres rues, à s’inquiéter de sa subsistance plus que cela. Elle, en revanche…
Même si elle lui semble en bonne santé, même si elle affirme pouvoir s’en passer, il aura bien du mal à la délester. D’autres en ont plus besoin que lui, raisonne-t-il, et si certains noms lui passent en tête, sans doute elle aussi saura aisément avec qui partager.
« T’es adorable, mais non merci. Et tu peux me tutoyer. » Ca passerait mieux. Il n’a rien fait qui mérite la distance du vous… Même sans lui avoir, jamais, donné son prénom.

Gauthier est curieux.  Vraiment curieux, surtout par rapport à ce qu’elle a pu vivre. Comment, depuis son arrivée, celle-ci a pu exister et seule de sûrcroît ! Dans ces ruelles souvent hostiles si on ne sait à qui s’adresser. (Une part de lui soupçonne que la Cour n’y est pas forcément étrangère, mais n’ayant guère de contacts avec eux… ) « Tu as passé l’hiver, c’est déjà ça. Tu t’en sors, dans ta recherche ? Lorgol te traite bien ? » Un sourire glisse sur cette fin de phrase. C’est presque une maladie, à ce niveau, de s’en faire pour une presque inconnue qu’il aurait du tuer.



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Message Sujet: Re: Grand frère pathologique   Grand frère pathologique EmptyVen 14 Juin - 22:25

Loin d’être perturbé par la mise en garde de la jeune fille, seul un fin sourire étira les lèvres de l’assassin lorsqu’elle évoqua le potentiel grabuge qu’elle avait soigneusement évité. Elle n’était guère surprise, il habitait probablement ici depuis longtemps et c’était un homme, adulte, assassin de surcroît, il savait gérer ce genre de situation. Elle se contenta de hausser les épaules avec un léger sourire face à ces remerciements sommaires. Elle se contentait de donner des informations, elle commençait à être douée pour ça, en faisant un moyen de grappiller quelques pièces de temps à autre, bien plus facile et moins risqué que la rapide, qu’elle avait presque abandonné à  présent, avec la Cour qui surveillait les rues.

Un peu déçue, elle recouvra le haut de son panier et le remit sur son bras. Qu’il décline ne l’ennuyait pas, mais elle n’aimait pas gaspiller et elle avait clairement bien trop pour elle seule. Comme prévu elle partagerait avec les mendiants du coin, elle leur devait bien ça. Peut-être même avec quelques gamins du quartier aussi, bien qu’elle ne fréquentait guère d’enfants de son âge. Elle n’en était plus à voler pour survivre à présent, mais il était vrai qu’elle s’en sortait mieux que d’autres. Et puis cela lui permettrait de se faire bien voir, c’était toujours bon pour les contacts et les affaires futures, ce qu’elle comprenait malgré son âge. La rue lui avait beaucoup appris, pas seulement pour survivre au jour le jour, mais aussi pour le futur, se faire des contacts, se faire connaître et attirer l’attention des bonnes personnes…. La plupart du temps. Elle haussa un sourcil étonné mais répondit d’un sourire, surprise par la phrase de l’homme, particulièrement le fait de le tutoyer. Elle vouvoyait la plupart des adultes, simple réflexe de son enfance, ne tutoyant que les gamins et ceux pour qui elle n’avait que peu d’estime ou qui, comme l’assassin, le lui proposait. Après tout, elle était bien élevée, à l’origine. « D’accord ! Vous… tu euh… c’est bizarre, vous avez pas un nom ou même un surnom ? ». Elle tenta, maladroitement, d’en savoir un peu plus, innocemment, comme une banalité lancée au détour de la conversation, mais dont elle attendait la réponse avec une impatience difficilement dissimulée.

Elle soupira et secoua la tête en signe de dénégation lorsqu’il en vient à parler de son projet. Elle se gratta la nuque, faisant onduler sa tignasse couleur feu autour de son visage. « Pas vraiment… impasses sur impasses. Je commence à me demander s’il est encore en vie… ou s’il a un jour existé. » Elle n’avait pas totalement perdu espoir, mais il fallait avouer qu’elle commençait à douter de plus en plus. Elle ne renoncerait pas si vite, pas après avoir tout quitté, mais elle avait peut-être été trop optimiste. Elle offrit une grimace déçue à l’adulte. « Je continue quand même, j’ai toujours des pistes. » Maigres, peu nombreuses, mais elle en avait, alors elle les suivait, une par une. La suite de la phrase la laissa songeuse et elle se gratta le nez en réfléchissant. « On peut dire ça. Si on enlève le mur de flamme, la journée qui recommence, les pirates, les rats, les canaux sales et les marchands qui escroquent plus vite que leurs ombres, c’est une ville agréable. » Ton ironique et sourire mutin, une lueur amusée dans le regard, la rouquine n’en dit pas moins ce qu’elle pense de la ville dans laquelle elle espérait trouver son père et démarrer une vie, un jour. « Je mange à ma faim et je ne dors pas dehors, j’ai pas trop à me plaindre en ce moment. » Cela ne fut pas toujours le cas, aussi profitait-elle tant qu’elle le pouvait.

Elle sursauta lorsque son prénom transperça le brouhaha ambiant et se retourna, apercevant un groupe de garçon venant vers elle. Elle soupira et se tourna vers l’adulte. « Euh… ça te dérange qu’on change d’endroit ? Ces gars sont un peu trop… collants. » Pas méchant, mais  ennuyant. Leur « chef » autoproclamé, du nom de Jory, s’était fait un devoir d’intégrer Éloïse à leur bande lorsqu’elle les avait aidé  sans vraiment le vouloir, et depuis ils ne cessaient de lui casser les pieds dès qu’ils la croisaient. « Ils sont pas méchants, juste pénibles. Ça t’ennuie d’aller… où tu veux et que je te suive ? Si je suis avec quelqu’un ils me ficheront peut-être la paix. Ils savent qu’il ne faut pas me déranger avec des clients potentiels. ». Elles les entendaient distinctement approcher en l’appelant, la faisant soupirer et lever les yeux au ciel. Tellement pénibles… « S’il te plaît ».


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Message Sujet: Re: Grand frère pathologique   Grand frère pathologique EmptyVen 21 Juin - 22:13

Il ne sait pas s’il peut lui dire son nom. Pour être honnêtre, il pourrait : il lui a déjà donné le droit de s’addreser à lui à la deuxième, mais c’est majoritairement car elle lui donnait la vague impression d’être encore plus vieux qu’il ne l’est en le vouvoyant. Aussi, peut-être, car il avait l’impression d’être à ses yeux bien trop important – une figure qu’on ne peut atteindre, une ombre dans le coin de l’esprit. Un cauchemar, peut-être, dont on ne peut guère se débarrasser volontairement. Il hésite. Ca se voit dans ses yeux et dans sa bouche qui ne veut pas lacher son nom. Eh, quoi. Même si une gamine le dénonce, qui ira simplement la croire ?
« Tu peux m’appeler Gauthier. »
Il lui ferait presque confiance.

Il écoute son histoire avec grand intérêt, l’ancien apothicaire, hochant légèrement la tête avant de rire légèrement. « Bienvenue à Lorgol. » Ville d’espoirs comme de désillusions. Troubles qui vous attendent quand vous l’arpentez autant que merveilles. Au moins est-elle protégée comme elle le peut, la gamine, dans ces rues qui souvent leur sont fatales s’ils n’ont pas de protecteur qui sait les tenir loin des chemins sombres et des ruelles où ils perdent la vie.
Gauthier tourne la tête, alors que le prénom de la petite résonne. Un sourcil levé, il attend une explication qui ne tarde guère – et il acquiesce. « Bougeons. Marchons un peu ? Je sais comment les semer. »
Il hoche la tête. « On reste dans la lumière, tout ira bien. Viens. » Il se rappelle de la tour qu’ils ont allègrement squattée, avec Mélodie – non loin d’un temple. Ca lui semble depuis des éternités. Une autre de ses protégées. Avec les temps, elles se sont toutes éparpillées au vent et sur le continent. Assassins, herboristes croisées. Jeunes filles en difficulté au détour d’une mission qui gardent avec lui une correspondance – avec l’homme, pas l’assassin.

Naturellement, il l’entraîne à sa suite dans les rues. Il préfère les grandes artères aux sinueux chemins, mais en emprunte de temps à autre pour semer la confusion et le doute dans ces gamins qui pourraient les suivre. Des chemins où d’autres ont certainement perdu la vie.  « Ils te collent souvent ? S’il y a quelque chose à y faire, fais-moi signe. Je  pense pouvoir m’en sortir face à eux. » Il rit doucement, mais se reprend presqu’aussitôt. S’il n’y a aucune menace dans son rire, elle ne peut en être consciente. « De manière inoffensive. Je tabasserai pas des gamins. C’est pas mon genre. Juste… Leur faire peur, tu vois le genre, non ? »

Le Cibellan sourit prend à gauche, la tire avec lui – comme si c’était simplement une longue marche entre deux amis. « Quelques tours et ils seront perdus. Tu parlais des pirates, plus tôt. Ils t’ont posé quelques problèmes ? » Ca l’étonne. Mais, après, sa vision est strictement celle d’un homme de presque deux mètres dont la réputation n’est plus à faire dans certains cercles – et dont le surnom glisse encore dans les ruelles. Meurtrier. « Parce que c’est autre chose que des gamins, à ce niveau-là. Ou qu’un père disparu dont tu vas finir par retrouver la trace. » Il a confiance en elle, bien sûr. « Si jamais je peux aider, à ce propos... »



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Message Sujet: Re: Grand frère pathologique   Grand frère pathologique EmptyLun 24 Juin - 8:54

Il avait l’air d’hésiter. Elle le voyait bien qu’il était réticent. Elle comprenait et allait lui dire de laisser tomber, elle ne voulait pas le gêner. Mais finalement, le nom tombe, tout comme le masque ce soir-là. Gauthier . Elle sourit d’un air enfantin en l’entendant lui répondre presque nonchalamment. Preuve de confiance ou simple politesse, la rouquine n’en savait rien, mais la raison importait peu, elle avait ce qu’elle voulait et était ravie. Mettre un nom sur un visage, surtout un visage aussi ancré dans son esprit, était une petite victoire pour la jeune fille. Son rire lorsqu’elle lui parla de sa vision de Lorgol la fit sourire de nouveau.

Sourire qui s’effaça lorsque son nom sonna au-dessus du brouhaha ambiant. Elle demanda de l’aide, même si elle ne risquait rien, ne voulait simplement pas devoir encore subir les incessantes demandes des mêmes idiots. Il écouta, un sourcil levé et acquiesça, accepta, au soulagement de la jeune fille qui hocha la tête, lui emboîtant le pas. Contre toute attente, il prit des rues éclairées et spacieuses, se fondant dans la foule malgré sa haute stature. Éloïse le suivait de près, veillant à ne surtout pas le lâcher d’une semelle et à se faire la plus discrète possible, évitant souplement les passants lorsqu’ils se présentaient. Elle se laissa entraîner, regardant parfois derrière elle avant qu’une question de Gauthier ne la fasse relever le regard vers lui. Elle écarquilla les yeux avant qu’il ne lâche un léger rire, la rassurant quelque peu. Ces garçons étaient pénibles, mais ne méritaient rien de plus qu’une bonne frayeur, ce qu’il semblait enclin à donner, faisant sourire la jeune rousse. « C’est parce que je les ai aidé sans le savoir, ça fait une semaine qu’ils me courent après dès qu’ils me voient. Ils veulent que je fasse partie de leur bande ou je sais pas quoi. » Elle soupira, quelque peu ennuyée. « C’est gentil, je ne dirai pas non. Ils vont finir par me causer des ennuis à force. » Vis-à-vis de ses petites affaires qu’ils semblaient s’évertuer à interrompre aux pire moments possibles.

Il l’entraîna soudainement sur la gauche, l’air de rien. Elle hocha la tête, regardant autour d’elle avec curiosité, connaissant relativement bien le quartier sans pour autant s’y aventurer souvent. «  Les pirates ? » Elle pinça les lèvres en se rappelant les quelques déboires qu’elle avait eu. « Rien de grave, mais certains semblent un peu trop aimer les rousses, même de mon âge. Pas toujours évident de s’en débarrasser. C’est normal cet attrait pour les cheveux roux ?» En général une légère poussée et une course suffisaient, ils étaient souvent complètement saouls et elle avait depuis appris à les éviter comme la peste. Elle sourit franchement lorsqu’il parla de sa recherche. Sa proposition la prit au dépourvu et elle lui lança un regard étrange, entre étonnement et reconnaissance, souriant  en serrant brièvement son bras. « Merci… Gauthier. »  L’idée sembla douce à ses oreilles, mais elle hocha la tête pour décliner l’offre. « C’est quelque chose que je veux faire seule. Tu m’as déjà aidé plus que quiconque en m’emmenant ici. Et tu l’as dit, je vais le retrouver. » Sourire enfantin un peu crispé adressé au grand homme. Elle n’était pas sûre d’elle, n’avait aucune réelle certitude, mais elle n’allait certainement pas laisser tomber et finirait par trouver, d’une manière ou d’une autre.

Leur petite course les emmena dans un autre quartier de la ville. Elle reconnut quelques visages en passant, salua un mendiant qui jeta un regard étrange à Gauthier, mais elle ne s’y attarda pas, se contenta de le suivre. « Tu sais je… je t’ai jamais vraiment remercié de m’avoir emmené ici alors… si un jour je peux t’aider à mon tour, dis le moi. » Elle était parfaitement sincère et sérieuse dans sa proposition. Elle était rancunière envers ceux qui l’ennuyaient, mais elle était loyale avec tous ceux qui l’aidaient, d’une manière ou d’une autre. Un léger sourire amusé lui vint alors. « Enfin tant que tu me demandes pas d’entrer chez des gens la nuit. J’ai arrêté, on y rencontre de curieux personnages franchement pas fréquentables. » Petite boutade qu’elle espérait amusante, pour bien lui montrer que ce n’était que de l’histoire ancienne et qu’elle ne le considérait pas comme une menace. Peut-être à tort, mais elle avait si peu d’allié qu’elle espérait bien pouvoir le considérer comme tel, au moins un peu. « Tu nous emmènes où ? »


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Message Sujet: Re: Grand frère pathologique   Grand frère pathologique EmptyVen 5 Juil - 22:55

L’histoire se répète, inlassablement. Des tyrans d’un jeune âge un peu trop empressés de montrer leur pouvoir et d’assoir leur domination sur une jeune fille. Certes, Eloise est loin d’être aussi impuissante ou aussi jeune que Rhaps a pu l’être lorsqu’ils se sont rencontrés. D’elle ne se dégage pas la même aura de terreur et de tristesse de l’enfant esseulée, et pourtant… Pourtant l’histoire se répète. Ici comme à La Volte il y a bien vingt ans déjà, en arrondissant bien, il entraîne une jeune fille, la sauve des autres. Et si d’autres lui ont déjà fait remarquer plus d’une fois que ce comportement pouvait lui apporter des regards étonnés comme des refus, il n’en a cure : ceux qui le connaissent savent que l’assassin ne pourrait blesser ou faire du mal d’une quelconque manière à une jeune. Ils savent que le Cibellan a ce besoin de protéger et d’accompagner aussi longtemps qu’elles le voudront les jeunes qui se mettent en difficulté et croisent son chemin.

Au moins, il a la confirmation en lui parlant que les jeunes ne sont pas dangereux, juste très con. Charitable comme toujours, il lui sourit. « Ca vient peut-être de là. Si je les croise, je leur parlerai. Je sais pas s’ils écouteront un vénérable de mon genre, mais tout de même. Ca ne coûte rien d’essayer. » Vénérable dans la force de l’âge, à la carrure et à la stature encore impressionnantes.
« Les cheveux roux… C’est quelque chose de moins courant, par certaines régions du monde, je t’avoue. Enfin. Traîne pas trop vers les pirates si tu ne sais pas ce que tu y cherches. A la limite, la taverne de la Rose si tu as confiance ce jour-là, mais le port… » Il lève les yeux au ciel, réfléchissant un peu. Il a peu de chance qu’elle puisse y retrouver son père.

Avec un haussement d’épaule et un regard vers les rues, tandis qu’ils continuent de tourner, de reprendre des ruelles parallèles pour revenir au point de départ non loin d’une auberge qu’il sait fréquentable, l’assassin l’écoute et sourit. « J’suis pas particulièrement fier de ce moment-là, Eloise. » Il aurait du la tuer. Il aurait du la sentir avant, l’entendre, au moins la neutraliser avant qu’elle ne prenne la fuite ! Mais non, tout entier à son travail et déterminé à offrir à des dieux sourds la juste mort d’un homme de plus, il avait fallu qu’elle y assiste. « Je viendrai te voir, si jamais j’ai quelque demande, t’en fais pas. Et que des choses n’impliquant pas de se rendre chez d’autres de nuit, je te promets. Ou de jour. »

Elle a néanmoins une dette envers lui, à ses yeux. Une dette pour avoir souillé le sol consacré du sang de sa victime. Une dette pour ne pas être morte sur le coup – parce qu’il préfère un jour pouvoir lui permettre d’elle-même de laver ses péchés.
Mais comment ?
Peut-être la présenter à Gisèle. Non, raisonne-t-il. S’il la soigne, celle-ci n’aura plus d’attrait et d’intérêt à traîner avec de si jeunes filles.
« Hm ? Oh, je ne sais pas. C’était surtout nous faire marcher un peu. Je connais quelques endroits par ici, mais peu sont recommandés pour emmener sa fille. » Eclair de malice dans les yeux, un clin d’oeil, et il l’entraîne dans une autre rue d’un pas plus lent. « Mais je connais une auberge non loin assez familiale. Cibellane. Enfin… Autant qu’on puisse être cibellan dans ce coin de Lorgol. Laisse-moi t’inviter, le temps que nos poursuivants nous lâchent un peu. »
Ils ne sont pas loin : déjà, la porte se profile.



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Message Sujet: Re: Grand frère pathologique   Grand frère pathologique EmptyVen 2 Aoû - 21:55

Elle le suivit d’un pas confiant, persuadée qu’il la protégerait. Elle-même ne savait pas d’où cette assurance pouvait bien provenir. De sa stature ? De la façon dont il avait aussitôt proposer son aide pour la sortir des ennuis où elle s’était bien involontairement embarquée ? Elle n’en savait rien, mais elle trouvait réconfortant de le suivre, lui, plus que quiconque. Peut-être projetait-elle l’image paternelle dont elle manquait cruellement sur cet homme, sur Gauthier, l’assassin certes, mais celui qui avait rendu son voyage et son projet possibles. Alors lorsqu’il l’entraina, elle ne se fit pas prier, le suivit, resta à sa hauteur, répondit à ses questions, sourit à ce qu’il disait.

« Ils auraient tort de ne pas t’écouter. Et vénérable... tu exagères !» Elle sourit sincèrement, toujours heureuse qu’il s’inquiète pour elle, alors même qu’ils n’ont échanger rien de plus que quelques paroles, une malheureuse nuit et un voyage par portail jusqu’ici. Assez pour se connaître, trop peu pour quelque chose d’autre. Mais pourtant, il était  sincère, elle le sentait. Elle prit un air songeur. « Je ne vois pas l’intérêt, mais d’accord. Et non les pirates je les évite, mais parfois ce n’est pas évident. » Ils étaient quelque peu encombrants à certains endroits. Et même si elle n’y allait quasiment jamais, il n’était pas rare qu’elle doive y faire un crochet sans crier garde. Jusque-là elle s’en sortait, elle n’avait qu’à souhaiter que cela continue.

Elle se pinça les lèvres tandis qu’ils tournent dans les rues pour revenir vers des lieux plus connus. « Je… ce n’était qu’une blague, excuse-moi, je ne t’en veux pas. Vraiment. » Elle sourit, ravie, lorsqu’il lui assure qu’il pourrait lui confier quelques courses pour lui. « C’est vrai ? Super ! Je traîne souvent dans les alentours du marché quand je n’ai pas de courses à faire, hésite pas à demander si tu ne me vois pas. Les marchands commencent à me connaître. La preuve ! » Elle montra son panier avec un sourire fier. Elle haussa les sourcils. Une taverne cibellane ? Cela ne lui disait pas grand-chose, aussi suivit-elle docilement Gauthier jusqu’à ce qu’il ne se dirige vers une porte en particulier. « T’es sûr ? C’est gentil de ta part mais tu n’es pas obligé. » Personne ne l’invitait jamais où que ce soit, c’était une petite nouveauté pour elle qui se débrouillait seule la plupart du temps. Elle le suivit à l’intérieur. Ambiance chaleureuse et bruyante, même en cette heure de la journée et ils s’installèrent à une table. Quelques regards se braquèrent sur eux, des curieux sans doute. Les jeune filles n’étaient guère nombreuses à s’installer et profiter de ce genre de lieu en journée, mais Eloïse étaient dans son élément et cela ne la dérangea pas outre mesure. « C’est joli ici, je ne connaissais pas… je vais rarement dans des tavernes il faut dire. » Cela n’avait que peu d’intérêt pour ses affaires, aussi découvrit-elle l’intérieur avec des yeux d’enfants curieux, ses jambes se balançant au rythme de la mélopée légère qui flottait. « Tu viens souvent ici ? » On leur demande ce qu’ils veulent, elle fait une moue dubitative à la serveuse qui lui sourit, lui murmurant qu’ils ont ce qu’il faut pour elle. Elle jeta un œil vers Gauthier. « Tu es sur ? Je peux payer ma boisson tu sais. » Une seul, mais elle pouvait sans risquer d’avoir des soucis pour les jours suivants. Une fois la serveuse repartit, elle se pencha en avant, un fin sourire sur les lèvres. « Merci Gauthier. »


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Message Sujet: Re: Grand frère pathologique   Grand frère pathologique EmptyVen 9 Aoû - 22:09

Gauthier ne sait pas vraiment quoi faire de la gamine. Les chemins qu’ils empruntent sont praticables et éclairés, larges, loin des plus dangereux des canaux ; il ne passera pas par cette ruelle où le pavé s’effondre dans l’eau, où plus d’un, un soir de pluie, a failli sombrer dans la flotte sombre de Lorgol – triste fin que bien des importuns et des têtes-en-l’air viennent à connaître. Il faut toujours regarder où l’on fout les pieds, dans la Ville Basse. Pour l’heure, il cherche juste à semer leurs poursuivants sans courir et sans alerter qui que ce soit. Ceux dont ils croisent le regard ne disent rien, peut-être arquent-ils un sourcil devant l’étrange duo : la carrure de l’homme, sûrement, les dissuade de tenter la moindre chose. Ils ont raison.

Et elle est fière, la petite. Fière de s’acclimater à ce monde inhospitalier aux gens sensés qu’est Lorgol – sa maison, sa patrie de coeur. Fière et presque heureuse qu’il ait des choses à lui demander. Si elle savait… Il pense juste que la petite sera sûrement heureuse de faire quelques courses pour lui jusqu’à Gisèle – et, réciproquement, Gisèle sera heureuse de voir une Cibellane venir de la part de son frère lui tenir compagnie. Une Cibellane qui a le même âge qu’elle en son esprit. (Ca, il en parlera avant que la rouquine ne se décide à accepter, évidemment. )

« Mais si. Je te dois bien ça. » Il veut se placer en protecteur, tout le temps, quoi qu’il arrive. Il a failli, cette nuit-là – mais il n’était pas lui, pas l’homme mais bien le véritable Gauthier. Il s’en voudrait presque. Il veut la protéger pour effacer cette dette, sa vie qu’il n’a pas saisie et que si facilement il aurait pu détruire. Contre toute attente, elle semble s’être épanouie.
Il aurait pu la faucher si aisément.

L’endroit où il l’amène est – plutôt – bien fréquenté. Du moins en journée. Quand tombe la nuit, personne ne répond réellement plus de riens dans les zones sombres de Lorgol.
« Je viens de temps à autre. » admet l’assassin en haussant les épaules, relaxé contre son siège. Elle est curieuse, la petite, ça se voit. Curieuse et sa jeunesse le frappe au creux du ventre.
(Quelle connerie que de vouloir se rappeler, constamment, qu’il n’aura jamais d’enfant. )

« Et je t’invite, je t’invite. Là encore... » Il sourit juste. Elle saura. Elle saura qu’il s’en veut. Qu’il s’en veut qu’elle ait été là, qu’elle ait failli mourir, qu’il n’ait pas pu la tuer. Quelque chose ne tourne pas rond dans leur relation. Il hausse un sourcil vers la fille de l’auberge qui visiblement semble vouloir écouter leur conversation. Rougissement, départ précipité. Soupir, de son côté. « Mouais. Désolé, marmonne-t-il en retournant son regard glacier vers la jeune. Avec le temps, j’deviendrais presque paranoïaque. »
De quoi a-t-il peur, enfin ? Ce n’est pas comme si la petite allait se mettre à hurler son alignement. D’ailleurs, elle ne saurait le prouver – et qui croirait une gamine qu’il a lui-même amenée ici ? L’endroit n’est pas forcément un lieu de repère pour les filles et fils de Sithis, mais il ne craint pas pour sa vie. Ils sont peu, ceux qui voudraient encourir la fureur des assassins. « Raconte-moi, alors. Lorgol. Ce que tu fais. Tout. Je suis grandement curieux, petite. »
Il lui sourit gentiment. Ils ont peut-être discuté sur le chemin et même avant, mais il veut savoir, le grand, tout savoir. Qu’il n’ait pas l’impression d’avoir fait une immense bêtise.



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Message Sujet: Re: Grand frère pathologique   Grand frère pathologique EmptyDim 18 Aoû - 11:48

Chaleur douceâtre mais odeurs étranges emplissaient l’atmosphère de l’auberge où l’étrange duo avait fait une halte après avoir semé ls jeunes poursuivants. Les yeux curieux d’Eloïse examinait les alentours, les visages, les habits, se posaient parfois sur une bourse, s’y arrêtant plus longuement qu’ils ne devraient avant qu’elle ne se reprenne et concentre son attention sur Gauthier. Ses jambes se balançant sous la table au rythme de la musique qui ambiançait l’air, elle souriait comme une enfant à qui on venait d’offrir un cadeau. C’était peut-être le cas après tout, il l’invitait et souhaitait lui offrir à boire, c’était un cadeau non ? Elle pouvait se payer à boire, mais elle n’insista pas, trop heureuse de pouvoir profiter sans avoir à débourser la moindre pièce. Il semblait décidé à le lui offrir, alors elle se contenta de hocher la tête en souriant. Elle savait très bien que les tavernes ou auberges de ce genre n’étaient pas toujours des lieux fréquentables, surtout pour de jeunes filles comme elle, proies faciles si laissées seules, particulièrement la nuit. La seule présence de Gauthier suffisait, mais ses yeux n’avaient pu s’empêcher de fouiller la pièce, par réflexe, pour se protéger.

Elle haussa un sourcil lorsque Gauthier sembla visiblement dérangé par la serveuse qui restait trop longtemps à côté d’eux à son goût. Cette dernière s’éloigna prestement en s’excusant, tirant un moue dubitative à Eloïse. Elle n’avait rien fait, pourquoi s’excusait-elle. Elle se reconcentra sur Gauthier, essayant de comprendre. Avait-il peur qu’on écoute leur conversation ? Ce n’était pas comme si elle était de la plus haute importance, mais elle imagina qu’i ne souhaitait pas que son statut, qui pouvait sortir de sa bouche à elle comme de la sienne au détour d’une conversation, ne soit perçu par qui que ce soit. Elle se contenta donc de hoche la tête, compréhensive. Elle aussi était devenue méfiante, parfois trop, voyant souvent une arrière-pensée là où il n’y avait qu’une proposition somme toute normale. « Ce n’est pas grave. Au moins je sais que ton regard est efficace pour faire fuir les gens. » Elle afficha un demi-sourire avant de prendre une moue pensive devant sa question, se posant contre le dossier de son siège.

« Il s’est passé beaucoup de choses et en même temps rien du tout, c’est difficile à expliquer » il lui arrivait presque chaque jour une petite aventure, encore plus depuis qu’elle avait eu l’idée de servir de coursière, mais ce n’était rien d’intéressant ou dangereux Des rencontres, étonnante souvent, étranges parfois et perturbantes pour une poignée d’entre elles, au détour d’une ruelle, deux corps enlacés dans l’ombre qu’elle surprenait, détalant rapidement devant la scène. Y penser seulement la fit rougir et elle se reprit sans réussir à cacher le rougissement de ses oreilles. « J’ai rencontré pas mal de gens. Me suis pas fait d’amis vraiment, j’évite en fait. Pas d’ennemis non plus heureusement, même si j’ai eu des ennuis avec la… avec la Cour. » Rien de grave finalement, mais le moment où elle y avait été confrontée, elle avait presque eu aussi peur que lors de sa rencontre avec l’homme qui se trouvait en face d’elle. « Mais bon c’est réglé et je m’en approche plus trop, sauf pour mes recherches. Sinon… enfin tu dois savoir, y’a eu le feu là… » Rien qu’y repenser la fit frémir et elle se tritura les mains pour ne pas montrer qu’elles tremblaient légèrement. « C’était horrible, mais j’ai essayé d’aider à trouver l’origine tu sais ? Y’avaient d’autres personnes et on a fouillé la ville et j'ai fini sur un bateau avec Adonis… enfin un garçon. »

La serveuse finit par leur apporter leur boisson avant de repartir en vitesse avant de se prendre un nouveau regard de Gauthier, faisant sourire brièvement la fillette qui jeta un œil à la boisson blanche et épaisse qui se trouvait dans son gobelet. Du lait, assurément. « Enfin, je préfère ne plus trop y penser. » Elle jouait avec son verre, faisant tourner le liquide à l’intérieur sans y tremper les lèvres. « Hey, Gauthier. Je voulais savoir… si jamais je voulais prendre un portail, tu m’indiquerais quelqu’un qui pourrait m’aider ? » Elle reposa son verre sans y toucher. « Je regrette pas d’être venue ici, mais des fois, je me dis que j’aurai dû mieux faire les choses au lieu de fuir comme une idiote. Et ils me manquent, donc j’essaierais de les revoir si c’est possible. » Elle plongea ses iris claires dans celles de son interlocuteur. « Mais je veux pas que tu penses que c’était une erreur. Je te remercierai jamais assez de m’avoir emmenée ici Gauthier. Et peu importe les circonstances. J’ai pas oublier ce qu’il s’est passé, je pourrai jamais… » Elle avait encore parfois des résidus de cette peur qui surgissait dans des cauchemars, songes éphémères qui la réveillaient en sursaut et haletante, mais sans être plus que cela, de mauvais rêves. « … Mais je t’en ai jamais voulu, sache-le. J’ai bien vu que tu étais gêné et je… je voulais juste t’assurer que tout allait bien, tu vois ?» Elle but une gorgée de lait, dessinant une moustache blanche sur le dessus de ses lèvres qui ne semblait pas la gêner outre mesure. Le visage grave qu’elle avait pris juste avant s’évanouit aussi vite qu’il était apparu, ses yeux pétillant de nouveau. « Tu pourrais m’apprendre à faire les gros yeux comme toi ? Ça pourrait me servir ! » Un brin taquine, mais elle voulait surtout chasser l’atmosphère qui c’était appesantit après ses paroles. Elle n’était pas là pour lui gâcher sa journée après tout.


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Message Sujet: Re: Grand frère pathologique   Grand frère pathologique EmptyVen 6 Sep - 23:58

Certains, et certainement pas à tort, iront dire à Gauthier qu’il a de sérieux problèmes avec les enfants, les gamines, les petites perdues qui trop simplement disparaissent des histoires. C’est plus compliqué que ce que bien des gens lui diront : plus compliqué que le traumatisme causé par sa sœur, plus compliqué que le fait que son aimée jamais ne puisse enfanter – Chasteté ne laissera jamais son poste prestigieux et, de toute manière, bientôt son corps lui refusera la joie de l’enfantement. C’est plus profond. C’est plus dangereux. C’est son éducation, c’est sa propre impossibilité à pouvoir un jour concevoir.
Il ne pourrait se séparer de son enfant, si celui-ci naissait. Il ne pourrait pas le laisser, ne pas s’en occuper, ne pas faire ce pourquoi il a été élevé – prendre soin de sa famille. (C’est son instinct paternel qu’il aurait voulu embrasser bien plus tôt dans sa vie qui, sans doute, ressort aussi dans son métier. La Confrérie n’est qu’une famille. Famille de doux dingues certes, mais une famille. )

C’est sa faiblesse. Qu’on la lui laisse. Accoudé tranquillement en attendant qu’on leur rapporte de quoi passer le temps – après le lourd regard qu’il a su poser sur la jeune femme, ça ne devrait pas être trop long – il écoute le récit qu’on lui fait d’une vie dans Lorgol. Une vie réelle, une existence faite de normalité et non d’attentes dans une tour, de prières et de visites. La vie d’une gamine des rues qui s’en sort, et là est le plus étonnant.
La mention du brasier ramène des souvenirs, lourds, ancrés – il les chérit, les ravive dès qu’il le peut. Souvenirs d’une célébration, d’un jour entier, d’étreintes jusqu’à ce que les flammes viennent les trouver. De sa femme. (Elle l’est toujours. Secrètement. Ils le savent, tous les deux. Un mariage si secret que personne ne saura jamais le prouver. )
« C’est passé, maintenant. » Il hoche la tête, l’assassin, après un regard en coin vers la serveuse. Son propre verre ne l’intéresse qu’à moitié. La compagnie est bien plus intrigante. « Un portail ? »
Des dizaines de noms lui viennent à l’esprit, suivant l’endroit, la distance, le prix, la légalité de la chose. La plupart sont sous le contrôle strict de la Guilde, bien sûr : tarifs plus ou moins décourageants pour une petite. Il doute sincèrement que ses économies mal acquises puissent couvrir le déplacement jusqu’à La Volte. Encore que… « J’y réfléchirai, promet-il. Incapable de lui dire non.

Son regard s’assombrit un peu. « Eloïse. Cesse, veux-tu ? » Douce est sa voix, dangereux contraste. « Ce qui est arrivé… Peu importe. Ce serait compliqué à expliquer en détails. Je suis juste heureux que tu t’en sortes ici. » Il ne dira rien sur cette gêne qu’elle pense avoir vu. Comment expliquer à une personne aveugle et sourde le véritable monde ?
L’assassin cherche un mouchoir dans sa poche. Tissu orange fané, de facture passable et usé par les années, maladroitement ouvragé. Gisèle. Toujours, Gisèle, dans ses années à s’ennuyer loin du monde extérieur. « Essuie-toi. La moustache est un genre bien particulier que je ne saurais te conseiller. Trop d’entretien. » Son sourire prouve que tout n’est pas, réellement, perdu.

« Je pourrais, oui. Je suis sûr que tu as un regard effrayant. » Il part d’un éclat de rire. Il ne se moque pas : l’affection perce au fond, ou, à défaut d’affection, au moins une forme d’amitié naissante. (Si on peut nommer ainsi la protection légère qu’il étend sur les petites qui en ont besoin. )



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Eloïse Brûmagie
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Message Sujet: Re: Grand frère pathologique   Grand frère pathologique EmptyDim 22 Sep - 10:51

Au cœur de l’auberge, Eloïse semblait peu à peu se détendre. Rarement elle avait eu l’occasion de discuter ainsi avec un adulte en toute franchise, comme une égale. Toujours les adultes semblaient la considérer comme une petite chose fragile, comme quelqu’un qui ne comprenait pas ce qu’ils disaient, comme si elle était stupide parce qu’elle était plus jeune. Mais pas Gauthier, lui il l’écoutait, lui parlait sans détour, du moins il lui semblait. Alors elle parlait, piaillait presque tant elle semblait joyeuse de pouvoir partager ce qu’elle vivait, ici, à Lorgol. Pas toujours de bonnes choses, surtout pour une fille de son âge, plus une enfant mais pas non plus une adulte, jonglant entre les deux mondes quotidiennement sans vraiment y penser. Mais avec lui, elle laissait de côté sa part d’adulte, redevenait l’enfant curieuse, taquine et souriante qu’elle était. Du moins en partie. Les souvenirs liés au brasier lui firent perdre son sourire quelques instants, les yeux revoyant comme si c’était réel les sombres images de l’horreur qui s’était abattue sur la ville. Il n’en parla pas, se contenta de dire que c’était du passé. Elle crut déceler une pointe de regret, mais pensa l’avoir imaginé. Comment regretter une telle chose après tout ?

Sa demande sembla surprendre Gauthier, et elle-même n’était pas sûre d’elle. Il fallait sans doute payer et elle était loin d’avoir de quoi se payer un toit tous les jours, alors c’était probablement un rêve, une chimère qu’elle ne verrait jamais se produire. Mais elle essayait, voulait tenter, elle n’avait rien à perdre, ce serait tout au plus une déception parmi d’autres. Son regard s’illumina lorsqu’il lui affirma qu’il y réfléchirait. Elle ne demandait rien de plus, n’était même pas certaine que ce fusse possible. « C’est vrai ? Merci Gauthier ! » Sourire de gratitude qui était probablement le plus sincère qu’elle ait faite depuis des semaines, si ce n’était plus. Et elle ne put s’empêcher de dire une nouvelle fois qu’elle lui était reconnaissante, de lui assurer qu’il n’avait pas à s’en faire. Sur un coup de tête, sans y réfléchir, mais il la coupa dans son élan, d’une voix douce mais avec un regard plus sombre qui dessina une moue penaude sur le visage de la rouquine avant qu’un timide sourire ne réapparaisse. « D’accord, excuse-moi, c’est du passé ça aussi. » Un passé qu’elle n’oublierait jamais là non plus, mais dont elle se souviendrait bien plus volontiers.

Il lui tendit un mouchoir visiblement fait main, d’une couleur orange, tandis qu’elle reposait son verre. Elle haussa les sourcils, ricana tandis qu’il souriait, redressant fièrement la tête, parlant d’une voix plus grave. « Sieur Gauthier je suis outrée par ces afablabut… non… mince… afablu… Rhaaa, zut !» Elle fronça les sourcils et finit par saisir le tissu en soupirant, s’essuyant avec, l’examinant quelques instants, ne pouvant s’empêcher de se demander si une main enfantine avait réalisé l’objet. Pensive, elle le lui rendit néanmoins, un peu déçue que sa tentative de moquerie soit passée à la trappe à cause d’un manque, pourtant rare, de vocabulaire. Lorsque Gauthier affirma qu’elle a déjà un regard effrayant, elle le regarda bouche bée tandis qu’il éclatait de rire. Elle le rejoignit cependant rapidement, son rire enfantin et cristallin résonnant entre les murs de l’auberge. «  N’importe quoi, je suis très mignonne ! » Elle bâtit des cils dans une mauvaise caricature qui ne convaincrait personne, un sourire narquois apparaissant sur ses lèvres. « Tu as peut-être raison, des fois un regard suffit et les emmer… les autres me laissent tranquille, mais pas toujours, donc ce n’est pas encore au point. » Elle haussa les épaules, comme pour signifier que ce n’était pas vraiment un problème en soit. Elle s’en sortait très bien, se tirer de situations délicates ou ennuyantes était une de ses spécialités depuis le temps, et elle connaissait suffisamment les ruelles et les canaux sombres de Lorgol pour savoir où aller pour disparaître, la plupart du temps.

« J’y pense, il y a un moyen de te contacter ? » Elle se triturait nerveusement les doigts, comme si cette simple demande la rendait soudainement nerveuse. « C’est pas pour … ton travail, c’est juste… c’est pas souvent que je peux discuter avec un… un ami alors…si tu es d’accord, de temps en temps, ce serait chouette de te voir, tu vois ? » Elle-même ne savait pas comment lui la considérait après tout. Elle avait si peu l’occasion de discuter ainsi. Un peu de sa faute, elle qui ne voulait pas se mêler aux enfants des rues, qui restait dans son coin. Mais la rencontre avec Adonis et revoir ainsi Gauthier lui avait fait prendre conscience qu’elle était ridicule et qu’elle faisait tout ça pour être moins seule, pour avoir une famille, pas pour finir seule et perdue dans la masse de Lorgol. « T’es pas obligé, c’était juste une idée… »


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Message Sujet: Re: Grand frère pathologique   Grand frère pathologique EmptyJeu 3 Oct - 21:41

Avancer. N’est-ce pas là ce qu’ils tentent donc tous plus ou moins de faire, ensemble ? Oublier les horreurs du brasier, les flammes qui embrasent et embrassent les bâtiments pour ne laisser derrière que désolation ; faire fi des remarques lourdes et des murmures chaque jour qui pleuvent et qui pavent les tracés des êtres dans Lorgol (personne jamais ne se mêle uniquement que de ses affaires) ; remiser dans un coin, au loin dans le cerveau déjà encombré, les doux moments qui se sont mal terminés et les horreurs qui n’auraient jamais dû avoir lieu ; cracher sur les traumatismes, cacher les désordres, détruire les souvenirs n’en valant plus la peine, vomir les mots qui se doivent de sortir pour se libérer de la peine, ne pas regarder en arrière de peur que le passé ne nous rappelle combien il était doux d’exister auparavant, refuser en bloc de rester bloqué.
C’est là tout le sens de leur humanité, si tant est que Gauthier en ait encore une.
(Avancer, c’est mettre au rebut les regrets qui tiraillent le coeur. Plus simple à dire qu’à faire, songe l’assassin qui, lorsqu’il croise la rousse du regard, n’ose jamais dire qu’il se revoit incapable de lui faire du mal – qu’il se revoit trahir sa mère et son père par faiblesse et par lâcheté.)

Un rire passe ses lèvres en reprenant le mouchoir, lequel rejoint ensuite précieusement une des poches de sa cape. Comme toutes les choses concernant Gisèle, le quadragénaire n’oserait la perdre ou l’abîmer, sentimental et trop possessif pour son propre bien. Elle ne se souvient sans doute même pas qu’elle le lui a réalisé, mais son frère s’en souvient bien volontiers pour elle. « Affabulations. » corrige-t-il d’un air satisfait. Il n’a pas de vocabulaire ou de grands mots, aussi est-il toujours satisfaisant pour son foutu orgueil trop malmené de pouvoir étaler le peu de savoir qu’il possède. Il est tombé bien bas pour se gratifier de corriger une petite de quinze ans et s’en sentir fier, mais la remarque n’était pas dite avec méchanceté.
« Tu peux jurer, tu sais, personne t’en dira rien, remarque l’assassin en haussant les épaules. Et puis être mignonne veut pas forcément dire que tu ne sais pas y allier une forme de terreur. Tu peux être adorablement terrifiante. C’est un filon prometteur à creuser. » Il en sourit derrière son verre, sourit tellement qu’il en est sincère.

« Je me doute que c’est pas pour mon travail. » Les yeux du Cibellan s’attardent sur elle, sa main rejoint les siennes pour les dénouer avec calme et douceur. Geste mille fois répété, délicat, tendre. Le geste d’un frère envers sa sœur. « Tu es entrain de te mettre dans tous tes états juste pour me demander où m’écrire, Eloïse, calme-toi. Respire, pense un bon coup à la situation. » L’assassin se rassoit, penché en avant et ses mains jointes devant lui alors qu’il réfléchit. « Le plus simple serait que tu voies à me laisser un message à la taverne de la Rose. Tu connais les messagers, dans la Ville Basse, ils sauront y délivrer le message et si je n’y suis pas, d’autres de ma corporation sauront me relayer que tu me cherches. »

D’un coup d’oeil il juge de son calme avant de se faire faussement plus sévère, pour la bonne cause. « Aucun messager ne s’approcherait sciemment de mes quartiers et j’ose espérer que tu suivras leur exemple. Compris ? »
Les abords de la tour de la Confrérie cachent en leur sein les pires meurtriers – de véritables fous, assoiffés de sang – et repris de justice que la vie a abandonné. Des femmes et des hommes qui vivent hors-la-loi, bien loin des enseignements de toute guilde. La lie de l’humanité, terreau fertile pour les enfants de Sithis et Lida.

Le visage de Gauthier se radoucit. « Je t’aurais bien dit de laisser un message à certaines personnes de la tour de La Volte, que je connais plutôt bien, mais la nouvelle partirait plus pour ma sœur que pour moi. Aucun besoin de la mettre dans tous ses états. Tu peux me contacter quand tu veux. J’ai le temps, ces derniers mois. »
Morsure de son inutilité au coeur. La situation n’a pas évolué depuis qu’il l’a rencontrée – quel foutu bordel. Son chemin s’obscurcit un peu plus chaque jour et, aveugle, il se sent trébucher.



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