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 Dans l'ombre de nos coeurs

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Agathe de Vigdir
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J'ai fait allégeance à : la cour des Miracles et Mélusine de Sylvamir.
Mes autres visages: Astarté des Sables • Gabrielle de la Volte • Sifaï Sinhaj • Tancélie le Sustain
Message Sujet: Dans l'ombre de nos coeurs   Dans l'ombre de nos coeurs EmptyDim 14 Juil - 15:50


Livre IV, Chapitre 4 • À Cor et à Cri
Agathe de Vigdir & Lancelot l'Adroit

Dans l'ombre de nos coeurs

ou les bons conseils de Liselotte



• Date : 5 avril 1004
• Météo (optionnel) : La soirée est fraîche
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Une lettre bien mystérieuse tombe entre les mains de Lancelot. Sa promise l'invite à sa petite tour, à la pénombre. Là où tout laisse croire à une invitation coquine, Agathe tisse un piège maladroit pour s'assurer l'affection de celui qu'elle croit perdu.
• Recensement :
Code:
• [b]5 avril 1004 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t4812-dans-l-ombre-de-nos-coeurs#183079]Dans l'ombre de nos coeurs[/url] - [i]Agathe de Vigdir & Lancelot l'Adroit[/i]
Une lettre bien mystérieuse tombe entre les mains de Lancelot. Sa promise l'invite à sa petite tour, à la pénombre. Là où tout laisse croire à une invitation coquine, Agathe tisse un piège maladroit pour s'assurer l'affection de celui qu'elle croit perdu.



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Message Sujet: Re: Dans l'ombre de nos coeurs   Dans l'ombre de nos coeurs EmptyDim 14 Juil - 15:53

Grâce. Hiémain. Mélusine. Arsène. Aubrée.

Combien de fois avait-elle répété ces prénoms, depuis qu’une aube nouvelle s’était installée sur Lorgol? Sur le pont du navire, à voir la ville flamber sous ses yeux, captive d’une impuissance cruelle, Agathe avait songé à chacun d’eux. Il y avait eu Grâce. Il y avait eu les Sylvamir. Il y avait eu Aubrée. Ils l’avaient tous abandonnée, à leur façon. Elle avait pleuré, beaucoup trop. Elle avait soupiré son âme entière, mais personne n’était réellement revenu. Il y avait l’ombre constante de l’incertitude qui ombrait ses pas. Puis Lancelot, en pleine tempête, avait opté pour le choix le pire.

Se diviser. Se quereller. Se détester.
Il avait opté pour le silence, cette colère muette des hommes qui n’étaient pas de Bellifère.

Elle allait le perdre. Y songer lui serrait l’estomac d’une bien méchante manière, et Agathe se sentait tout près du précipice. Elle allait sombrer. Elle allait tomber. Le vide qu’il créerait en l’abandonnant à son tour l’engloutirait toute entière, et le spectre de cette idée, à lui seul, parvenait à la chambouler. Il y avait bien un moyen, pour le garder à elle, pour se faire pardonner. Agathe y avait parfois songé avec curiosité, plus rarement avec envie, mais désormais, si près de la falaise, elle s’y rattachait désespérément. Une lettre était partie vers l’allée marchande la plus prisée de la Ville Haute, mystérieuse par sa simplicité.

Un endroit. La tour de Vigdir.
Un moment. À la pénombre.
Un paraphe. A.


Elle était mignonne, la tour de Vigdir. Lancelot ne l’avait peut-être pas constaté en accourant à sa chambre, alors que la menace planait sur eux. Agathe, elle, avait eu la chance de découvrir l’endroit d’une manière plus agréable. Petite tour de quatre étages, elle semblait néanmoins ancrée au sol par sa stabilité, rappelant aux yeux du monde que même la plus menue des tours kyréennes était aussi robuste que l’if. Le confort de l’endroit l’avait charmée et lui rappelait la douceur des moments qu’elle avait su passer avec Arsène, à déguster des tartes à la framboise. Lancelot pourrait s’émerveiller du bas-relief enjolivant l’entrée. Il y serait sensible, Agathe aurait pu parier. Il apprécierait les étranges formes marbrant le sol, dans cet art typiquement kyréen. Elle espérait qu’il aime autant qu’elle cet endroit, cette petite tour, et qu’il l’aime elle plus encore. Que la simple idée de l’abandonner le révulse. Que toute cette histoire ne devienne qu’une mauvaise blague.

Ce fut une dame grande et massive qui accueillit l'amant étourdi, le soir venu. L'une des rares domestiques présentes à la tour malgré les évènements ayant secoués Lorgol. Un protecteur guettait le couloir menant au salon et salua Lancelot d'un mouvement presque imperceptible de la main, sur son passage. Le signe des Miracles. Puis une pièce étroite mais douillette s'ouvrait devant lui, où quelques fauteuils à peine étaient disposés devant l'âtre ensommeillé. Des bougies, nombreuses, éclairaient la place et rappelaient combien la magie était méprisée pour les Kyréens ; aucun orbe ne décorait la pièce, seulement quelques tapisseries et tapis épais.

Un pas. Petit pas. Elle sortait de l'ombre pour le saluer, ses cheveux défaits cascadant ici et là en boucles soyeuses, un livre épais -croyait-il avoir bien vu un Petit Mitra…?- blotti à sa poitrine. Et des boucles, il y en avait, tout au long de ce corset qu'elle osait porter. Des boucles délicates et claires qu'il semblait si simple de défaire. Était-ce de la dentelle ou du satin? Agathe ne savait plus trop, de ces vêtements qu'elle avait soigneusement choisi, rougissante, avec l'aide d'Aubrée, quelques mois auparavant.

- Lancelot…

Qu'il était beau, son fiancé, ainsi incliné vers les flammes mourantes, le regard posé sur elle sans réellement comprendre. Alors elle s'était approché d'un pas puis d'un autre, gênée par les attaches souples de ses dessous qu'elle croyait affriolants. Son coeur voulait partir, battant des ailes très fort, de sa poitrine à son ventre. Si elle restait, aussi fière de son audace que honteuse de ce qu'elle allait commettre, c'était pour lui. Pour ne pas le perdre. Pour l'aimer une fois pour toute. Pour qu'il ne s'envole pas.

- Embrasse-moi. Comme à la ruelle aux chats…

Oh, ce baiser… Comme il l'avait transportée! Elle y avait songé longtemps et avec délice.


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Message Sujet: Re: Dans l'ombre de nos coeurs   Dans l'ombre de nos coeurs EmptyDim 14 Juil - 23:18

Les événements étaient encore si frais dans ma mémoire et ils me torturaient constamment.  Le temps s’était à nouveau joué de nous et plus cruellement encore que la première fois qu’il s’était détourné de son cours.  Je commençais à comprendre mieux les sentiments violents qui avaient empêché Mélodie d’avancer, qui l’avaient cloîtrés à son logis privé de lumière.  Elle avait raison.  Nous étions morts.  Je ne pouvais pas l’effacer de ma mémoire.  La douleur de la brûlure, la panique dans les yeux d’Agathe.  C’était la première fois depuis plusieurs mois que je pensais à Mélodie, j’ignorais ce qu’elle était devenue et je ressentais quelque culpabilité à l’idée de l’avoir poussée dans ses retranchements comme je l’avais fait.  Maintenant, je comprenais mieux.  Maintenant, je savais réellement quelle hantise venait troubler ses nuits.  Et ce mot.  Ce mot qui était venu dès l’aube.  L’envie de me précipiter plus tôt à la demeure de mon aimée m’avait terrassé.  Cependant, elle m’attendait à la pénombre.  Pourquoi tant de mystère?  Pourquoi m’interdisait-elle de la retrouver plus tôt?  Peut-être ne m’aimait-elle plus après les feux ayant ravagé Lorgol.  Peut-être méprisait-elle ma couardise.  Peut-être réfléchissait-elle simplement au moyen de rompre ses fiançailles avec moi.  Après tout, elle ne m’avait jamais trouvé digne d’elle, jamais assez homme.  L’illusion aurait duré plus longtemps que je ne l’avais espéré.  J’avais le sentiment de ne pas en avoir assez profité, de ne pas avoir su assez l’apprécier.

Je m’étais montré ingrat.  Colérique.  Boudeur.  Dans mon désir de protéger Agathe, j’avais nié sa capacité à décider pour elle-même.  Piégé dans ma peur de la perdre et de la voir encore souffrir et s’évanouir sous mes yeux, j’avais voulu la contraindre à m’écouter, à subir les choix que je faisais pour elle.  Je ne m’étais pas mieux comporté qu’un rustre de Belliférien alors que je m’étais promis de lui faire connaître toutes les douceurs que pouvaient apporter une relation avec un homme tendre, qui l’aimerait avec passion.  Je ne pouvais point lui en vouloir de désirer rompre tous liens avec moi.  Je ne pouvais que me reprocher mon manque de délicatesse et la stupidité qui me ferait perdre la seule femme que je puisse jamais aimer.

Le temps, comme s’il n’en avait pas encore eu assez de me torturer, s’écoula lentement.  Un sablier eusse-t-il été posé sur mon bureau, j’aurais eu le temps de voir distinctement chacun de ses grains tomber un après l’autre.  Tout s’était arrêté pour retarder l’heure fatidique, le coup de grâce qui m’achèverait et me laisserait sans vie.

Arrivé devant les lourdes portes de la tour de Vigdir, il me semblait qu’une éternité venait de s’écouler, il me semblait que j’avais attendu toute une vie.  Celle qui m’ouvrit était corpulente, suffisamment solide pour me jeter dehors s’il me venait à l’idée de tenter de supplier en pleurs de ne pas m’abandonner, de menacer me donner la mort si elle me laissait.  J’imaginais déjà monter jusqu’au plus haut pignon de la tour et me laisser tomber en bas de la fenêtre pour m’écraser jusqu’au sol.  La douleur de la chute serait plus supportable que celle de voir mon coeur être arraché et piétiné.  J’étais déraisonnable, j’étais injuste.  Je le savais et pourtant… pourtant…

Mes pieds étaient lourds tandis que j’avançais, tressaillant à chaque bruit, craignant qu’au prochain détour les yeux remplis de jugement et de mépris d’Agathe ne m’attendent.  Mais je ne la voyais pas, je ne la distinguais qu’à peine, tapie dans l’ombre, cachée à ma vue.  N’aurais-je même pas la consolation de la revoir une dernière fois avant que tout ne soit fini?  Peut-être avait-elle entendu mes prières et qu’un peu de pitié avait su toucher son coeur, car elle m’apparut, telle une vision merveilleuse, dans la clarté feutrée des bougies qui servaient d’unique source de lumière.  Cruelle!  Se montrer ainsi à moi, la lèvre tremblante, aussi abandonnée avec ses boucles dorées cascadant sur ses épaules, aussi simplement vêtue, aussi… désirable.  Comme elle me faisait souffrir, comme je me languissais de la toucher.  Et mon nom qui s’échappait ainsi d’entre ses lèvres.  Elle n’aurait pu m’infliger de pire torture.  La tension qui s’empara de mon être tout entier était douloureuse et je ne pouvais que remercier la pénombre de l’empêcher de n’en rien remarquer.

Quand je croyais qu’il était impossible de souffrir plus encore, quand je croyais qu’elle m’écraserait de toute sa puissance, il n’en fut rien.  Quelques mots, un murmure.  En un instant j’étais sur elle, mes mains la saisissaient pour mieux la serrer contre moi tandis que mes lèvres cherchaient les siennes, les trouvaient, les goûtaient, sombraient dans l’ivresse de leur goût de miel.  Ce n’était pas le baiser de l’allée des chats où plein de hardiesse je m’étais précipité sur elle, incapable de me contrôler.  C’était une supplique, un plaidoyer dans lequel je la priais de m’accorder son coeur, son âme, son corps, tout d’elle.

Le livre était peut-être tombé, ou elle l’avait laissé, je pouvais sentir le galbe de sa poitrine soulevée par le délicat corset.  Une main posée dans le bas de son dos, l’autre suivait la courbe de ses fesses à travers ses jupons.  Une vague de honte s’empara de moi.  J’avais toujours veillé à contrôler mes envies, ce désir de tapisser chaque centimètre de son de corps de ma présence.  J’attendais que le bon moment soit venu.  J’aurais pu la laisser me quitter avec dignité, sans porter atteinte à son honneur auquel elle tenait.  Je me croyais mieux que les Bellifériens.  J’étais pire.  Pire parce que je me convainquais qu’en lui volant un peu de sa pureté, elle n’aurait d’autre option que de rester à moi.  De crainte de l’effrayer et de la faire fuir, je lui avais toujours dissimulé, je m’étais toujours tenu éloigné.  N’allais-je pas regretter ce que j’étais en train de faire?

Mes lèvres se détachèrent de cette bouche délicieuse, glissèrent le long de sa mâchoire, se blottirent contre son cou qui s’étira, comme pour mieux s’offrir à leur caresse.  Imaginai-je ce soupir?  Ce fut pourtant lui qui me rappela à l’ordre.  Mes mains se figèrent, mon souffle se coupa, ma tête tomba lâchement sur cette épaule si frêle.

« Pourquoi ne me repousses-tu pas mon Agathe?  Ne sais-tu pas ce que par folie je suis en train de faire? »

Ma voix tremblait.  Mes mains tremblaient.  Mon être entier était tendu en un seul point culminant vers elle.  J’étais allé trop loin pour me détacher d’elle par moi-même.  Je savais que je devrais reculer, mettre une distance entre elle et moi pour la protéger, mais je ne le pouvais pas.  Pouvait-on encore me sauver de commettre une pareille erreur?  Pourtant, j’en mourais d’envie.

« Je ne vaux pas mieux que ceux que je méprisais, peut-être même suis-je pire encore.  Tu ne peux imaginer…  tu ne peux imaginer tout ce que j’ai envie de te faire, toutes les façons dont j’ai envie de te toucher.  Non mon aimée, mon idole, rien de tout cela ne doit être, car je sais que je t’ai perdue à jamais.  Ne me laisse pas t’entraîner avec moi sur le chemin de la perdition.  Écarte-toi, fuis avant que la raison ne m’échappe à nouveau et que la prison de mes désirs ne se referme en étau sur nous deux. »

Et comme je la suppliais de m’abandonner, mes bras la retenaient plus fort contre moi, l’empêchaient de s’éloigner de moi si elle en esquissait le geste.  Son parfum était enivrant.  Je la voulais mienne et ce désir supplantait tout le reste.






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Message Sujet: Re: Dans l'ombre de nos coeurs   Dans l'ombre de nos coeurs EmptyMar 16 Juil - 0:16

Elle avait demandé. Il avait obéit. Et avec empressement, il fallait bien l'avouer. Elle ne s’était pas douté de sa promptitude, de sa fébrilité à lui obéir, et le livre, le si précieux livre, avait chuté maladroitement au sol lorsqu’il s’était élancé vers elle. Un bruit sourd, étouffé par le tapis épais, mais qui précédait l’un des plus lascif kaléidoscope qui soit. Là, à leurs pieds, sans que les amants n’y prêtent la moindre attention, deux silhouettes soigneusement dessinées s'adonnaient en boucle à l’Union du Griffon. Agathe n’y prêtait pas attention, car déjà Lancelot avait su l’accaparer toute entière. Entre ses bras, les yeux obstinément fermés, elle accueillait ses baisers gourmands et empressés, reculant d’un pas maladroit pour mieux encaisser cette fièvre si longtemps contenue. Il l’enlaçait, la serrait, la redessinait à travers ses jupons, et la mignonne se croyait bien capable de perdre l’esprit, elle aussi.

Mais comment l’encourager… Comment lui dire, lui faire comprendre, lui rendre un peu de toutes ces délicieuses sensations? Ses mains, timides, se hissèrent jusqu’à ses joues pour cercler son visage, le temps d’un baiser. Il lui semblait si doué, si parfait, si naturel. À peine avait-elle effleuré ses joues, sa mâchoire, que son Lancelot quittait ses lèvres pour couvrir sa gorge de délicieuses caresses. Elle s’était faite muette, toute petite souris, jusqu’à ce qu’un infime soupir s’échappe sournoisement d’entre ses lèvres. À peine l’avait-elle entendu qu’elle regrettait déjà sa démonstration, les joues rouges de honte d’être aussi réceptive aux milles douceurs de Mirta.

Ce fut lorsque Lancelot prit enfin parole qu’Agathe s’extirpa de cet étrange tourbillon. Sa voix la ramenait au moment présent, la questionnait, la remettait en question, elle et cette envie soudaine de braver ce qu’elle avait toujours cru interdit. Puis il lui murmurait tout ce dont il avait de lui faire, de la caresser, affolant son imagination et sa pudeur. Si elle avait détourné le minois, pudiquement, écarlate d’embarras et d’envie, ce fut sa phrase, ses étranges mots, sur le fait qu’il l’avait perdue qui la fit relever les yeux vers lui. Froncement de sourcils. Incompréhension à travers un regard embrumé d’envie.

- Mais je suis là… Lancelot, je suis là. Tu ne m’as pas.. perdue.

Elle avait fait courir ses mains sur lui, sur ses épaules jusqu’à son visage qu’elle attirait délicatement vers elle, un peu maladroite par son hésitation. Un baiser léger, puis un autre, un peu plus langoureux, qu’elle mit fin d’elle-même pour venir lui murmurer d’une toute petite voix.

- Il y a … Il y a…

Une surprise? Un cadeau?

- Il y  un petit quelque chose, sous mes jupons… Po.. Pour toi.

Les bons conseils de Liselotte. Alors que les mots s’échappaient d’entre ses lèvres, Agathe plissait les yeux, regrettant presque de les avoir prononcés. Maintenant, il était trop tard, bien trop tard, et désormais qu’elle était lancée… La mignonne récita de cette même voix fragile ce qu’elle avait répété si longuement devant la glace, toute seule. Mais il lui semblait bien que sa voix n’était pas tout à fait la même, pressée par la nervosité, engourdie par l’audace.

- Il y a quelques dentelles que tu pourras me… Enfin.. Si tu le veux… Tu pourras me les retirer…

Devait-elle lui signaler que sa supplique était pour maintenant? Elle hésita encore un moment, ses mains bien trop crispées sur le tissu de la chemise de son Lancelot. Il lui semblait qu’il y avait eu un flottement bien trop lourd, après sa requête, et pendant un bref instant, Agathe se demandait si il l’avait bien entendu, ou si son murmure s’était fait trop faible. Voyait-il les efforts qu’elle faisait, pour lui? ...Ou la trouvait-il simplement ridicule, à emprunter ainsi les mot de son ancienne amante? Elle chercha un instant à se dérober de son étreinte, mais il fallait bien avouer que ses mains, sur elle, la rassurait. Même en un moment aussi embarrassant. Alors elle inclina légèrement le visage vers son ventre, dans ce petit espace qui séparait leur corps, pour entreprendre de dénouer la ceinture joliment tressée qui retenait jupe et jupons.


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Message Sujet: Re: Dans l'ombre de nos coeurs   Dans l'ombre de nos coeurs EmptyMar 16 Juil - 3:39

Ne l’avais-je pas perdue?  J’en étais pourtant si certain et elle me contredisait.  Elle me rassurait.  Moi qui l’avais toujours considérée comme cette petite chose fragile que je devais protéger, fleur délicate dont je ne devais point frôler les pétales par crainte de les faner, je réalisais qu’elle était plus solide que je ne l’avais imaginée.  Ou peut-être me trompais-je peut-être tout simplement sur ses faiblesses.  Ses lèvres pressées contre les miennes.  En ne me repoussant pas, m’indiquait-elle qu’elle ne m’en voulait pas pour mon horrible comportement pendant cette affreuse journée sans fin?  Qu’elle me pardonnait d’avoir été odieux, avec elle mais aussi avec son bon ami et maintenant oncle par alliance Melbren?  Je n’osais pas y croire.

Parce que cette Agathe là devant moi, entre mes bras, pressée contre mon corps, ce n’était pas mon Agathe.

C’était elle sans être elle.  Il y avait quelque chose d’emprunté dans ses gestes, dans ses paroles, quelque chose qui ne lui ressemblait pas et que je n’arrivais pas à m’expliquer.  Il y avait longtemps déjà que mes pensées s’égaraient, qu’elles rêvaient d’un peu plus que ces chastes baisers que nous échangions, jusqu’à présent je n’avais jamais connu ce que c’était que de devoir faire preuve de retenue.  Je m’étais imaginé mille fois dans le rôle de ce preux chevalier qui viendrait l’enlever.  La tradition était barbare, mais j’avais déjà obtenu qu’elle m’accorde sa main ce qui amoindrissait la brutalité d’une pareille pratique.  Je m’étais imaginé la soulever entre mes bras, elle si frêle et légère, pour franchir le seuil de ma boutique et l’entraîner jusqu’à ma chambre où je l’aurais déposée sur mon lit décoré de pétales de roses.  Je m’étais répété la scène mille et une fois, jusqu’à ce que chacun des détails soit parfait, jusqu’à ce tout soit irréprochable.  Je désirais que cela fut le présage d’un bonheur éternel.

Et j’avais failli tout gâcher dans mon désespoir, dans la laideur de ce que ma passion me poussait à faire.

Et pis encore, elle m’y encourageait.

Devais-je encore y résister alors que ses délicates mains glissaient vers son ventre, que ses doigts s’affairaient maladroitement à défaire les noeuds.  Je l’arrêtai doucement, serrant des miennes ses mains tremblantes.

« Laisse-moi faire… » soufflai-je à son oreille.

Le moment était précieux, presque figé.  Je déposai un baiser sur son front avant de la soulever délicatement dans mes bras.  Comme je me l’étais imaginé, elle était aussi légère qu’une plume.  Mes pas rejoignirent rapidement le seul canapé de la petite pièce dans laquelle nous étions sur lequel je la déposai.  À califourchon au-dessus d’elle, encore à quelque distance, je baisai son front, son nez, ses joues, ses lèvres, son menton.

Une main glissa lentement jusqu’à son ventre plat.

« Le veux-tu vraiment? »






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Message Sujet: Re: Dans l'ombre de nos coeurs   Dans l'ombre de nos coeurs EmptyDim 21 Juil - 2:49

Il y avait quelque chose d’infiniment rassurant, de profondément délectable à l’entendre lui murmurer de le laisser faire. Il prenait les choses en main. Il avait compris, peut-être bien, à quel point elle ne savait que faire, que dire, pour mener à bien cette danse nouvelle et fascinante qui se profilait vers la nuit. Il avait compris ce qu’elle désirait. Elle avait arrêté son geste, Agathe, en voyant les mains de son amoureux se poser sur les siennes, et elle avait acquiescé, un peu honteuse d’être si empotée tout en étant pupille de la scandaleuse Mélusine. Mais soulagée, aussi. Ce serait plus simple si… Si il prenait la direction, s’il la menait dans la bonne direction. Sans faux pas. Elle s’attendait à ce qu’une pluie de baisers enfiévrés viennent se mêler à ce moment intime, mais Lancelot n’en fit rien.

Il l’embrassa plutôt avec douceur et lenteur, et Agathe eut alors la certitude que son amant était le bon, que son amoureux accordait à ce moment tout le temps qu’il lui faudra. Tout le sérieux, aussi. Lorsqu’il la souleva de terre sans même arracher ses dessous - n’était-ce pas ce que Liselotte lui avait dit..? Le souvenir était confus -, Agathe laissa entendre un gloussement, à parfaite distance entre les élans d’angoisse qui soulevait sa poitrine et l’espièglerie de cet instant partagé qui ne les regardait qu’eux seuls. Elle s’enfonça tout contre le fauteuil, un sourire timide aux lèvres tandis que son amant se tenait au-dessus d’elle, ses genoux de part et d’autre de ses cuisses. Si près… Plus près qu’il ne l’avait jamais été. Des baisers légers, des baisers amoureux, sur son visage, sur ses lèvres, comme pour lui faire oublier cette main qui descendait, inexorable, jusqu’à son ventre.

- Le veux-tu vraiment?
- Oui!.. Oui… Je veux.. Je veux être tienne.

Elle avait levé ses mains sur son visage, alors qu’elle sentait cette main fine jouer sur elle. À travers ses doigts, gamine, Agathe avait échangé un regard pétillant avec son amoureux qui trahissait son état d’esprit du moment. Encore et toujours partagée entre l’instant présent, magique et doux, et cette  crainte de… De quoi, au juste, Agathe? Elle s’était crispée en sentant son jupon remonter sur sa jambe et s’était retenue de parler, de respirer, d’agir, alors que les doigts délicats de Lancelot dessinaient quelques symboles abstraits cruellement osés. Que c’était bon! Que c’était doux! Et alors que sa chair semblait palpiter sous ses attentions, et alors qu’elle le laissait l'effeuiller, vêtement après vêtements, la mignonne retenait péniblement tout éclat de plaisir. Elle ne savait plus trop ce qu’il faisait, elle ne voulait sans doute pas savoir car les baisers eux-même l’auraient embarrassée, mais le feu, sur sa peau, elle le ressentait parfaitement. Sa main s’était figée sur l’une de celles de Lancelot, à l’aveugle, cherchant à arrêter l’incendie ou plutôt à s’assurer que les braises ne s'éteignent jamais. Comme elle était confuse, Agathe…!

- Oh… Lancelot. Lancelot… Enlève-moi.

Elle avait ouvert les yeux sur lui, cruellement sérieuse mais si peu crédible, encore haletante du plaisir qui palpitait en elle. Réfléchir. Elle n’y parvenait pas vraiment, Agathe, comme étourdie ou grisée.


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Message Sujet: Re: Dans l'ombre de nos coeurs   Dans l'ombre de nos coeurs EmptyDim 21 Juil - 3:32

Il n’était rien de plus précieux que ce que j’avais entre les mains, point de fleur plus rare ou magnifique.  Lentement, avec un regard qui demandait en tout temps l’approbation, la confirmation qu’elle ne changerait pas d’avis, prêt à m’arrêter dès qu’elle m’en donnerait l’ordre, je remontai sa jupe, mes doigts la découvraient d’abord par-dessus ses jupons de dentelles.  Mes baisers ne connaissaient point de frontières, ils parcouraient chaque centimètre disponible de peau jusqu’à ses épaules.  Chaque geste était lent, mais sûr.  J’avais tout le temps, toute la vie, toute l’éternité.  Je défis une première boucle.  Une première pétale était tombée, lentement je traçais la route jusqu’au bouton de la rose, ma rose.  Elle m’était précieuse parce que c’était moi qui l’avait arrosée, moi qui l’avait tant aimée.  Elle était unique cette rose.  Sous mes doigts le galbe de ses cuisses, la douceur de sa peau en rien comparable à celle des soieries qui la drapaient.

Sa main sur la mienne.  Je retins mon souffle.  Avais-je fait quelque chose qui lui déplaisait?  Peut-être avait-elle changé d’avis, peut-être n’était pas aussi prête qu’elle ne l’avait cru.  Il n’était pas encore trop tard, un mot, un seul, et j’arrêterais tout, je l’aiderais à se recouvrir des vêtements dont je l’avais dépouillée.  Je remettrais un peu d’ordre dans sa coiffure et ce qui venait de se passer ne serait plus qu’un secret entre nous deux.

« Oh… Lancelot. Lancelot… Enlève-moi. »

Je…  La surprise se peint sur mon visage sans que je ne puisse la masquer.  Il y avait plus d’un an que j’avais demandé sa main, prêt à l’attendre encore toutes les années que dureraient son apprentissage auprès de Mélusine.  Je ne m’attendais pas à ce que la requête ne vienne sitôt.

« Oh Agathe…  Comme j’attendais ce moment!  Mais pas aujourd’hui mon aimée, pas ce soir.  Je le ferai, oh, je le ferai avec toute la bravoure de ces Bellifériens qui te font soupirer.  Je ne profiterai pas de ce que tu es seule.  Je veux te mériter, gagner ta main comme n’importe quel homme ne l’aurait fait de là d’où tu viens.  Je veux être plus digne de toi que n’importe qui. »

Ma main droite cueilla sa mâchoire, elle tremblait sous l’émotion du moment.  Je m’inclinai pour mieux l’embrasser, peut-être avec un peu moins de délicatesse, emporté par la vague de bonheur qu’elle venait de propulser sur moi.  De ma main libre, je serrai la sienne.

« J’ai été odieux Agathe, j’avais si peur, si peur de ne jamais revenir de cette journée, de te perdre réellement.  Et j’ai cru que tu me détesterais, j’ai cru t’avoir déçue.  Pourtant… Pourtant tu m’apportes encore un tel bonheur, une telle euphorie! »

Un, puis deux et même trois baisers plurent sur elle sans qu’elle ne soit prévenue.  Mon coeur battait à grand bruit, je l’entendais cogner contre mes côtes dans ma poitrine.  Toute cette joie venait alimenter encore mon désir et je l’eus fait mienne dans l’instant si la raison ne m’avait pas rappelé à l’ordre.  Je la soulevai et la serrai contre moi.

« Rien ne presse, nous avons tout notre temps, toute la vie.  J’étais prêt à attendre jusqu’à ce que tu sois voleuse de plein droit, je le suis encore.  Ces dentelles sont les plus jolies que j’aie jamais vues, mais tu n’as pas… à te forcer pour les porter bien qu’il me fasse plaisir de te voir aussi belle.  Agathe, je souhaite que ce moment soit inoubliable pour toi, parce qu’il te rendra heureuse, pas parce qu’il a été un argument pour m’attacher à toi. »

Je baisai ses cheveux.  Le parfum en était enivrant.

« J’ai envie de voir dans tes plus simples artifices, j’ai envie de sentir ta peau contre la mienne, j’ai envie de marquer chaque parcelle de toi de ma présence, j’ai envie de me fondre en toi.  Tous les jours.  Parce que je t’aime et il en sera toujours ainsi. »






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Message Sujet: Re: Dans l'ombre de nos coeurs   Dans l'ombre de nos coeurs EmptyMer 24 Juil - 16:32

Dès les premiers mots prononcés par Lancelot, Agathe savait qu'il ne s'inclinerait pas devant sa requête, et l'étrange sentiment de vulnérabilité l'envahissait peu à peu, à la manière d’une marée montante. Il parlait, il parlait, et Agathe s'efforçait de l'écouter tout en cherchant à replacer le désordre qu’avait créé ses attentions sur elle. Son corps frissonnait encore des délices que son fiancé lui avait octroyés. Une minute, petite minute, plus tôt, et elle soupirait d'aise, et elle frissonnait de désir. Maintenant, il lui parlait de mériter sa main. De moment mal choisi. Du bonheur qu'elle lui offrait en évoquant ce souhait d'enlèvement. Elle acquiesça vaguement alors qu'elle recouvrait son corps de tout ce que Lancelot avait réussi à effeuiller. Remonter ses bas. Replacer ses jarretelles. Il était si heureux… Pourquoi ne l'était-elle donc pas?

Les baisers passionnés qu’il lui avait offerts, ensuite, avivaient la chaleur qui ne s’était pas tout à fait dissipée, à son ventre. Lancelot lui prit la main, et Agathe ne put s’empêcher de glisser ses doigts sur sa joue, dans ses cheveux, alors que l’appel de se revêtir était fort.

- J’ai été odieux Agathe, j’avais si peur…
- Mais… Non…

Une protestation bien faible et bien fausse, soufflée entre ses lèvres. Il ne devait pas y croire, son espion si perspicace, car elle-même pouvait juger des élans de mensonge dans la mollesse de sa voix. Mais l’entendre lui dire ce qu’elle n’avait jamais osé dire tout haut, savoir que cette peine qu’il lui avait causée n’était pas sans honte, pour lui, retirait un poids de chagrin et de peur à sa poitrine. Il ne la quitterait pas. Pas ce soir. Jamais. Alors elle l’enlaça, lorsque les baisers plurent à nouveau sur ses lèvres et sur sa gorge, et l’attira doucement dans sa chute lorsqu’elle se lova à nouveau sur le fauteuil. Une main timide se glissa à l'encolure de sa chemise, ne sachant trop comment s’y prendre pour lui faire comprendre ce besoin, cette envie, de le sentir contre elle, à présent. Mais Lancelot parlait à nouveau et la jeunette suspendit son geste pour mieux l’écouter, les yeux brillants d’émotion et les joues bientôt écarlates de l’entendre lui dire toutes ces choses coquines et scandaleuses..! Et délicieuses, aussi, bien qu’elle ne se l’avouait qu’à moitié.

- Il n’y a plus personne, Lancelot. Il n’y a que toi… Mélusine ne reviendra pas, elle est partie avec ses enfants. Hiémain avec la Chasse. Aubrée… Je devais rester avec Mélusine pour mon apprentissage, et un mariage m’en aurait détourné. Mais désormais… Maintenant, Merle s’occupe de moi, depuis Lorgol. Si tu m’enlèves, si tu me fais tienne… Cette tour serait notre demeure, ma formation se poursuivra.

L’ombre d’un sourire revenait sur son minois, malgré la chaleur qui irradiait de ses joues. Il la voulait dans ses plus simples artifices, par Mirta..! Ses doigts, maladroits mais pris de hardiesse, entreprirent de dénouer le noeud à sa gorge tout en caressant sa peau légèrement rugueuse au passage. Il s’agissait d’une manoeuvre difficile, mais Agathe s’y dévoua avec gravité. L’affaire ne devait pas être bien plus difficile que de dérober de petits objets au marché, n’est-ce pas..?

- J’ai cru que tu m’abandonnerais. C’était… C’était horrible. Puis j’ai pensé aux conseils de Liselotte, de Mélusine aussi. J’avais peur de… De ce soir…

Elle se souleva un peu vers lui, à peine, suffisamment pour laisser ses mains courir sur sa nuque, sous cette chemise qui s’ouvrait un peu plus, et lui souffler quelques mots à l’oreille.

- J’ai envie, moi aussi. J’ai envie que… Que ça ne s’arrête pas. Que le feu ne s’arrête pas.

Toute sérieuse, la mignonne, elle retrouva ses aises sous lui. Délicate, elle enlaça sa main à celle de son amant pour la déposer sur son ventre, là où tout avait débuté, là où la chaleur ne demandait qu’à revenir. Son regard captura le sien pour une petite éternité.


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Message Sujet: Re: Dans l'ombre de nos coeurs   Dans l'ombre de nos coeurs EmptyVen 26 Juil - 20:36

J’avais agi comme le pire des égoïstes.  Alors que je savais bien combien elle était seule depuis l’abandon de Mélusine.  En Cielsombrois, je pouvais comprendre le désespoir qui avait pris la voleuse en sachant son époux enlevé à elle par la Chasse Sauvage, mais je ne pouvais que condamner l’irresponsabilité, le manque à sa parole, dont elle avait fait preuve envers Agathe qui était sa pupille, qui la regardait comme un modèle, qui éprouvait tant de respect à son égard peut-être même plus que pour sa propre mère.  Inconscience regrettable.  Et j’avais bien failli faire pareil.  Je l’avais forcée à choisir, je l’avais menacée de l’abandon si elle suivait ses désirs.  C’était ignoble, j’avais joué avec ses sentiments de la pire manière.  Et plutôt que de m’en vouloir, peut-être se blâmait-elle.  Elle avait cherché à me retenir.  À quel point méritais-je vraiment tout cet amour?  Je ne le savais plus, j’étais trop fortuné, les dieux étaient trop cléments avec moi.  Et pourtant mon avidité me coûterait sûrement un jour beaucoup plus que je ne pourrais en payer le prix.  J’avais envie de la garder toute entière, rien que pour moi, mais peut-être était-ce cela aussi l’amour?  Le sentiment de ne pas pouvoir vivre sans l’autre, être incapable de souhaiter son bonheur si celui-ci était loin de soi.  J’avais besoin d’elle près de moi, à mes côtés et son départ m’aurait tué.

J’étais surpris toutefois d’apprendre qu’elle suivait les conseils de Liselotte et je m’en inquiétai.  Que lui avait raconté l’espionne?  Il était vrai que nous avions passé une ou peut-être quelques nuits dans les mêmes draps, mais jamais je n’avais eu de sentiments romantiques pour elle.  Je n’avais jamais cherché à cacher à Agathe que j’avais connu d’autres femmes, des hommes aussi, avant elle, mais je préférais ne pas aborder le sujet pour éviter de heurter sa sensibilité.  Peu importe qui était ces flammes passées, elles étaient éphémères et aucune d’entre elles n’atteignaient le même niveau de passion que j’éprouvais pour Agathe.  Personne d’autre qu’elle n’avait jamais eu un tel pouvoir sur mon coeur, sur ma vie, sur mon âme.  Et son visage tendu vers moi, si aimable, plus femme qu’elle ne m’avait jamais paru, plus désirable que jamais me résolut dans ma décision.

Les quelques centimètres qui nous séparaient furent franchis rapidement, mes lèvres s’emparèrent des siennes.  Je ne bougeai pas ma main, pas de suite.  Il fallait plus de tendresse, moins d’impulsivité, plus de douceur, moins de violent désir.

« N’aie pas peur… » murmurai-je.

Cette nuit pouvait prendre mille et une tournures, mais j’avais déjà pris ma décision.  Face à sa demande mi-muette mi-formulée, je ne pouvais que céder.  Encore une fois, j’explorai sa mâchoire, le creux de son cou.  Ce qui avait déjà était fait ne comptait plus, je recommençais de zéro avec encore plus de tendresse et de lenteur, je retirai les vêtements qu’elle s’était mis en tâche de renfiler.  Je prenais mon temps de défaire les rubans un noeud à la fois, un côté à la fois.  Je guidai ses mains pour qu’elle défasse les boutons qui retenaient ma chemise.  La nuit était encore longue devant nous et je n’étais pas pressé de la dévêtir complètement.






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Message Sujet: Re: Dans l'ombre de nos coeurs   Dans l'ombre de nos coeurs EmptyDim 11 Aoû - 15:03

Il semblait aisé de sortir une femme de Bellifère, mais il était impossible d’extirper Bellifère du coeur d’Agathe. Les yeux clos, le souffle enfin apaisé, elle songeait à son corps qui avait livré bataille. Combien de temps avait-elle cherché à combattre les attentions délicieuses de son amant? Combien de soupirs avait-elle tenté de faire taire, alors que les baisers de Lancelot la terrassaient toute entière? Combien de temps, encore, songerait-elle à l’amour comme une bataille, un combat armé, où elle devait hisser palissade et bouclier? Plus maintenant, plus jamais, après cette nuit. Ou cette aube… Elle ouvrit un oeil pour constater que le dehors n’était plus si sombre, un nouveau jour se lèverait bientôt. Elle avait dû s’assoupir, à un moment ou un autre. Malgré la chaleur étouffante, Agathe ne parvenait pas à se détacher de Lancelot. Lovée contre lui, sur lui, ses cheveux défaits, son corps nu, sa peau rendue légèrement humide par la chaleur, elle eut un sourire à l’idée saugrenue d’être décente.

- Monsieur l’Adroit…

Toute ronronnante de cette petite sieste improvisée et encore grisée par les relents de plaisir, la jeunette laissa ses doigts courir timidement sur son torse dénudé. Le ramener parmi les vivants. Elle eut une pensée soudaine, comme un pique glacée, à l’idée qu’elle puisse enfanter de cette nuit d’amour, puis la raison de la ramener dans ce cocon de quiétude et de tiédeur. Son amant était toujours vêtu de son pantalon sombre. Quoi qu’il lui ait fait, alors qu’elle gardait obstinément les yeux clos, rien ne pouvait faire naître un petit être au coeur de son ventre.

- J’aimerais que le temps s’arrête ici. Entre l’ombre et la lumière…

Si seulement elle avait eu un peu de cette magie, d’invoquer élémentaire d’air ou serviteur invisible, que les rideaux se tirent pour leur laisser le spectacle paisible de la levée du jour à Lorgol. La mignonne gardait les yeux fixés sur la brève ouverture entre les lourds pans de rideaux, la joue écrasée contre le coeur battant de son amant. Il sentait bon… Il devait s’être parfumé, avant de la visiter, et cette coquetterie raviva son sourire.

- Lorsque tu seras monsieur de Vigdir, tu n’auras plus à fuir avec les premiers rayons du jour. Je te garderai pour moi toute seule.

Elle le partagerait sans doute un peu avec ses automates et les autres enfants des miracles. C’est tout. Encore faudrait-il qu’il ait un moment pour poursuivre son art, avec la gestion de Vigdir… Ou peut-être s’en remettrait-il sur les talents d’un intendant, comme tant de famille issue de la noblesse autour d’eux? Ils n’auraient sans doute pas le choix, comme sa vie serait bientôt auprès de Lancelot, et que Lancelot resterait sans doute à Lorgol. Sans oublier sa formation qui devait se poursuivre auprès de Merle… Tant de questions, tant d’incertitudes. Mélusine l’avait mise en garde, de la complexité de la chose, et Agathe s’en voulait presque de ne pas avoir tout réglé avant que sa tutrice ne l’abandonne complètement.

- Tu le seras…? Tu seras Lancelot de Vigdir? N’est-ce pas?

Peut-être était-ce un petit tour de passe-passe des voleurs du Charme, mais il lui semblait tout naturel d’obtenir des réponses à ce sujet précis entièrement nue, poitrine doucement appuyée contre son aimé.


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Message Sujet: Re: Dans l'ombre de nos coeurs   Dans l'ombre de nos coeurs EmptyJeu 19 Sep - 1:09

Le sommeil était venu tout naturellement, si facilement, le corps d’Agathe blotti contre le mien.  Il me semblait que jamais je n’avais aussi bien dormi de ma vie, peut-être était-ce l’assurance de savoir ma bien-aimée toute à moi, de n’avoir à la partager avec nul autre.  C’était d’une douceur incomparable de se savoir auprès de l’être cher, libre de toute inquiétude et de tout soucis.  Dans ce cocon d’amour, nous étions à l’abri de tout danger, libres d’être nous.  Pas de Bellifère, pas de Sombreciel pour guider nos pas, simplement les sentiments et une sensation d’être au bon endroit.  Là où on appartenait.  Tout mon corps, tout mon coeur, tout mon être, toute mon âme étaient si intimement liés à Agathe, ils étaient incontestablement siens, pour toujours.  Le savait-elle?  Comprenait-elle la fougue de mes sentiments, la force de ceux-ci, leur violence seulement?  Je l’aimais d’une souffrance à la poitrine qui était si douce, si forte et si chaleureuse.  Dans ses bras, j’étais aussi invincible que le plus brutal des aciers, mais j’étais aussi faible que la plus fragile des fleurs.  Pour elle, j’étais tout et je n’étais rien à la fois.  Abandonné au sommeil, elle aurait pu me déposséder de tous mes biens, je n’en avais cure, tant que je la savais là, près de moi, lovée tendrement dans mes bras.

Ce ne fut qu’avec les premiers éclats de l’aube que je ne m’éveillai.  Les rayons du soleil filtraient entre les rideaux pour venir s’asseoir langoureusement sur le visage endormi de ma douce.  De cette main qui ne la retenait pas contre moi, je lui offris un écran, une ombrelle, que ses rêves ne soient point troublés si tôt.  Elle était si belle mon Agathe, ainsi abandonnée au sommeil.  J’aurais pu la contempler pendant des heures, des jours, des semaines, des mois, des éternités.  Peut-être grisé par ce doux spectacle ou alors épuisé me rendormis-je.  Je n’avais que le souvenir du visage auréolé de lumière de la jolie voleuse lorsque j’entendis sa voix, sa voix que je ne pouvais plus entendre de la même façon, cette voix que j’avais modelée la veille en accords harmonieux, de plus en plus haut, cette si belle voix qui m’appelait.  Mes paupières encore lourdes s’entrouvrirent, les prunelles cachées en-dessous se fixèrent sur les siennes.  Un long sourire étira mes lèvres et un baiser alla se poser sur son front.

« Pour toi mon Agathe, je serai tout ce que tu voudras.  Où tu iras, j’irai.  De Vigdir veux-tu que je sois?  Eh bien je serai.  Lancelot Sombreforge, Lancelot l’Adroit, Lancelot de Vigdir, le nom importe peu.  M’appellerais-je Brutus Rouge-Acier, je ne t’en aimerais, ne t’en adorerais pas moins. »

Que le jour cesse de se lever!  Que l’aube demeure éternelle!  Qu’il me soit permit d’encore rester étendu près d’elle, mes mains glissant sur sa peau soyeuse, douce.  Je m’emparai de ses lèvres, avec la délicate fougue des amants qui font la promesse de revenir.

« Lorsque je serai Lancelot de Vigdir, lorsque tu seras Agathe Sombreforge, lorsque nous serons madame et monsieur l’Adroit, nulle part sur le continent tu ne pourras m’échapper.  Je ne partirai ni avec l’aube, ni ne viendrai dans la clarté obscure du crépuscule.    Je te garderai à l’atelier, je te suivrai en plein jour jusqu’à ta tour, je mettrai les domestiques à la porte, personne ne pourra m’empêcher de t’aimer, personne ne te protégera des vagues de la passion qui m’habite.  Laisse-lui suivre son cours et plus rien ne pourra l’arrêter.  Il faudra me museler, m’attacher mon aimée pour que je me prive d’un seul instant de toi. »

Au diable l’atelier.  Au diable les Miracles.  Au diable tout le reste.  Lorsqu’elle serait mienne, chaque minute, chaque seconde lui serait consacrée m’en donnât-elle la permission.  Me chasserait-elle, je la supplierais de me garder auprès d’elle.  Devant elle, je n’avais plus le désir d’être digne, je n’avais plus d’autre ambition que de me noyer en elle, de perdre mon âme pour la lui laisser toute entière.






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