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 Ne pas mourir sans nom

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La Noblesse
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Martial de Bellifère
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Message Sujet: Ne pas mourir sans nom   Ne pas mourir sans nom EmptyMar 6 Aoû - 0:25


   
Livre IV, Chapitre 4 • À Cor et à Cri
Séverine & Martial de Bellifère

   
Ne pas mourir sans nom

   
Où le duc et la duchesse finissent par avoir une discussion sans hurler (on espère)

   


   
• Date : 30 juillet 1004
   • Météo (optionnel) : CHAUD. :argh:
   • Statut du RP : Privé et express (on essaye)
   • Résumé : Martial fait venir Séverine pour l'entretenir d'une décision qui la concerne. C'est également un geste essentiel dans la construction de ce Bellifère qu'il envisage - et un geste pour leur couple.
   • Recensement :
   
Code:
• [b]30 juillet 1004 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t4830-ne-pas-mourir-sans-nom]Ne pas mourir sans nom[/url] - [i]Séverine de Bellifère & Martial de Bellifère[/i]
Martial fait venir Séverine pour l'entretenir d'une décision qui la concerne. C'est également un geste essentiel dans la construction de ce Bellifère qu'il envisage - et un geste pour leur couple.
   

   


CE BÉBÉ EST MORT À L'APOCALYPSE.
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Message Sujet: Re: Ne pas mourir sans nom   Ne pas mourir sans nom EmptyMar 6 Aoû - 0:26

Les lettres sont là, sur son bureau. Signées, il ne manque plus que le sceau, apposé en bas de celles-ci. Le contenu en est bref, officiel, froid presque. Il a bien dû s’y reprendre à quatre fois, cependant, pour trouver la tournure correcte. Celle qui ne donnerait pas l’impression qu’il abandonne, celle qui ne laissera pas le sous-entendu amer qu’il ne sait pas ce qu’il fait.
Parce qu’il sait ce qu’il fait. Bien évidemment. (Il fait ce qu’il a envie, ce qu’il juge être juste et non ce qui est attendu de lui par des hommes qui ne voient pas qu’ils courent à leur perte en agissant ainsi. )

Martial essuie son front, doucement. La chaleur de fin juillet est intenable, même entre les murs de pierre : poisseuse et lourde, les endroits frais pris d’assaut finissent par ne plus l’être. Les prêtres qui défilent au palais et lui murmurent que c’est de sa faute pointent tous du doigt ses récentes proclamations – celle, en particulier, de sa fille en tant qu’héritière. Contre-nature, donc la nature se rebelle votre Grâce.
Qu’ils aillent se faire foutre.
Comme si Bellifère avait mystérieusement attendu une héritière pour être invivable en été.

Heureusement pour lui, il est six heures du soir et le plus chaud de la journée est passé. Son bureau est redevenu une pièce vivable, et il a pu entrouvrir les rideaux pour laisser passer la lumière. Ca ne l’empêche pas de mourir de chaud, et il faut avouer que pour plus de confort dans la longue et ennuyante tâche de son après-midi, il a préféré abandonner sa chemise. (De toute manière, personne n’oserait rentrer sans s’annoncer. On sait son caractère. )

Les lettres sont là, sur le bureau de chêne. Avant de les envoyer, il se doit de les faire lire. D’informer l’intéressée. Il a demandé à ce qu’on la fasse venir, de préférence si elle n’est pas occupée aux côtés de l’héritière – qu’il aime ce titre ! Mais qu’elle vienne seule. La chose dont il veut l’entretenir ne peut être entendue ni de leur adorable fille, ni de l’austère – mais belle, magnifique – dame de compagnie de la duchesse. C’est un sujet bien trop délicat et important, qui pour l’heure ne doit rester qu’entre les deux régnants.


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Séverine de Bellifère
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Message Sujet: Re: Ne pas mourir sans nom   Ne pas mourir sans nom EmptyMar 6 Aoû - 1:20

Les mois avaient passé et la toute petite chose qu’était Clémence à la naissance continuait de pousser.  Malgré les promesses de Martial, sa mère restait encore réservée, incapable de démonstration d’amour en public, pas même devant son mari.  La nuit, elle se levait en silence et traversait les couloirs tel un fantôme dans ses robes de nuit flottantes.  Ses pieds nus marchaient discrètement jusqu’au berceau de la princesse qu’elle regardait dormir, pensant que personne ne la voyant. Dès que l’enfant sursautait, Séverine s’écartait et retournait rapidement à sa chambre : les pleurs réveilleraient la nourrice et elle ne voulait pas en être vue.  C’était déjà bien assez difficile de passer devant les gardes discrètement — ils la laissaient tout naturellement passer en prétendant n’avoir rien remarqué, on n’aurait pas laissé la garde du berceau à de pareils incompétents.

Le jour, elle restait tout simplement cloîtrée dans ses appartements pour éviter la chaleur insupportable.  C’est son premier été à Hacheclair.  La première année de son mariage avait vu venir Lughnasadh et ses affreux événements.  Le second, elle venait tout juste de quitter la Chasse Sauvage en Outrevent.  Plus que jamais, Sombreciel lui manque, plus que jamais elle aimerait retrouver les champs de mauve de son enfance.

Convoquée auprès de Martial, elle était intriguée Séverine.  Leur relation houleuse poursuivait son cours entre les disputes et les réconciliations.  En lui, il lui arrivait d’entre apercevoir un autre homme qui lui était inconnu et qui ne lui déplaisait pas exactement.  Elle était toutefois toujours sur ses gardes et marchait toujours sur des coquilles d’oeufs en sa présence.  Elle entra dans son bureau après avoir toqué : avait-elle encore fait quelque chose de réprimandable?  Y avait-il quoi que ce soit qu’un duchesse cielsombroise ne puisse se faire reprocher?  C’était peut-être la bouteille de liqueur qu’elle avait bue en secret.

« Vous m’avez demandée? » demanda-t-elle.  C’était une bonne chose que Prudence ne soit pas là.  Il aurait été humiliant de se faire réprimander devant elle.  Séverine ne doutait pas que ce soit sa duègne qui ait trahi son secret.  On ne pouvait pas lui faire confiance.








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Message Sujet: Re: Ne pas mourir sans nom   Ne pas mourir sans nom EmptyMar 6 Aoû - 2:08

La porte s’ouvre dans un grincement léger, le faisant sursauter. Discrètement, le temps que celle-ci pivote sur ses lourds gonds, il rattrape sa chemise en catastrophe et l’enfile à l’envers – ce dont il ne se rendra pas vraiment compte. Il sait qu’il va rapidement mourir de chaud mais c’est une question de décence et de prestance. Il aurait l’air vaguement ridicule à se présenter à elle dépenaillé et à moitié nu. Ils ne se sont jamais vraiment vus ainsi, après tout.  Leur réveil d’Outrevent, leur retour, a marqué la fin de leur bref instant de vulnérabilité. Déjà un an.
Le temps file.

«Fermez la porte et laissez-nous. »
La situation se répète. Pas de colère sur son visage, cependant, juste une expression impénétrable où pourrait aussi bien danser l’orage de la fureur que la douce tempête de sa joie. Le garde placé à sa porte referme celle-ci et s’éloignera, possiblement – de peur que les éclats de la rage de son duc ne parviennent à lui et le blessent.
Martial se lève doucement, grimace avec discrétion – ses articulations sont raidies par les heures assises, malgré sa jeunesse il souffre quand même. Il a toujours plus été homme d’action – et va barrer d’un tour de clé la porte. Juste pour être sûr. « Asseyez-vous, je vous prie. » D’un geste de la main, il désigne le fauteuil en face de son bureau.

La porte close semble avoir allégé considérablement son pas, atténué un peu la dureté de ses traits – il appréhende toujours un peu, mais au moins il sait que l’huis ne laissera filtrer aucun des mots qui seront échangés entre les deux époux. Sur le bois les lettres sont là. Tentatrices. Dangereuses.
Martial pousse un soupir en regagnant son propre siège, maudissant en silence l’air qui colle autour d’eux. Il aime son duché d’un amour fou et sincère, mais sa canicule, il saurait bien s’en passer.
« J’ose espérer que vous supportez nos températures. Vous n’y étiez pas encore habituée. Elles frappent fort, cette année. » Laisse échapper le duc d’un ton de voix presque mondain, presque normal. Mais ça ne veut rien dire entre eux, la colère peut naître d’un simple regard.


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Message Sujet: Re: Ne pas mourir sans nom   Ne pas mourir sans nom EmptyMar 6 Aoû - 2:19

Était-ce l’éclat d’un torse dénudé que Séverine venait d’apercevoir?  Elle ne pouvait que regretter cette vision fugace : elle fut beaucoup trop courte, Martial lui accordait beaucoup trop peu souvent — pour ne pas dire jamais — le privilège d’une jolie vue sur sa poitrine et son ventre.  À quand remontait la dernière fois que Séverine avait vu un homme nu?  Par Mirta, cela faisait déjà un an.  C’en était presque scandaleux.  Le pis dans tout cela, c’était qu’elle s’y était tout simplement habituée.

Elle prit place dans le fauteuil qu’on lui désignait.  Pour le moment, pas de trace de veine palpitante sur la tempe.  Il semblait un peu rouge, mais on pouvait facilement l’attribuer à la chaleur.  Peut-être n’était-il pas fâché contre elle.  Elle espérait toutefois qu’il n’allait pas lui parler de faire d’autres enfants.  Elle ne voyait pas trop pour quelle autre raison l’aurait-il fait appeler.  Son bas ventre se remettait à peine de la délivrance de Clémence, il n’était pas question qu’on lui force un nouveau bébé dans le ventre.  Elle lutterait jusqu’au bout.  Forcément, il voudrait d’elle un héritier, mâle, mais désormais que leur fille avait le statut d’héritière, elle ne voyait pas l’intérêt de traverser à nouveau cette épreuve.

« Difficilement, la chaleur est insupportable.  Sans vouloir manquer d’égard, j’eus préféré me trouver en Sombreciel en ce moment, » répliqua-t-elle.

Pas seulement pour la température, certes, mais en ce moment, c’était la plus importante des raisons.  Même Valkyrion lui aurait paru être un meilleur endroit, malgré ses glaces éternelles, peu propices au port du décolleté.  Elle se doutait toutefois que le temps ne serait certainement pas le réel sujet de leur entretien.  Elle laisserait à Martial le soin de guider la conversation : elle n’était pas pressée d’entendre des choses désagréables.  Enfin, il n’était pas impossible que son époux ait une conversation intéressante et plaisante, mais elle préférait s’attendre à être réprimandée pour ne pas être déçue.

« J’espère que la chaleur ne nuit pas à l’accomplissement de vos tâches, » ajouta-t-elle.








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Message Sujet: Re: Ne pas mourir sans nom   Ne pas mourir sans nom EmptyMar 6 Aoû - 2:51

Ca fait mal, de se dire qu’après plus de deux ans de mariage (déjà ? ) ils se connaissaient encore bien peu. Ca fait mal de se dire, également, qu’au bout de deux ans d’un mariage qui n’était pas si fantastique que cela – mais les mariages de la noblesse, ces mariages où presque jamais l’amour ne prévaut, ne donnent jamais dans les premières années de nobles histoires. Ca fait mal, surtout, de se dire qu’en deux ans, le souhait le plus cher de sa femme quand vient un climat typiquement de chez lui – un climat aussi brûlant que peut être son propre esprit, si seulement elle se donnait la peine d’un jour s’intéresser à lui – c’est de vouloir fuir en Sombreciel.

Surtout en Sombreciel. Il la fixe avant de soupirer, longuement. Son calme apparent ne faillit pas mais une once de regret passe dans ses yeux. « Nous ne pouvons y faire grand-chose. Les quartiers d’été, plus près du sol, pourraient peut-être vous convenir ? » La demande ressemble presque à une pique : il doute que les chambres en enfilade, plus exigues que les actuels appartements de la duchesse – ceux de sa grand-mère, réhabilités au goût de Séverine doucement – plaisent à l’extravagante qu’est son épouse.
Ils ne peuvent quitter la capitale ; La Javeline, résidence côtière des ducs, est trop loin pour un voyage avec Clémence, si jeune encore. Peut-être, si elle accepte de partir seule, alors Séverine pourrait échapper à la chaleur.
Plus tard.

Le duc hausse les épaules, sa main passant dans ses cheveux récemment rasés sur les côtés – une épaisseur de moins. « J’endure. Je ne peux me soustraire à mes fonctions juste pour quelques températures élevées. » Il sent la sueur qui a perlé dans son cou, la chemise, pourtant légère, bien trop lourde sur son corps.
(Mais il n’aime pas, Martial, se montrer. )
D’un geste de tête il désigne les lettres posées devant lui. « Elles vous concernent. Lisez-les. »
Calme, clair. Concis.
Elle ne peut pas deviner l’impatience en lui.


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Message Sujet: Re: Ne pas mourir sans nom   Ne pas mourir sans nom EmptyMar 6 Aoû - 3:04

Peut-être n’aurait-elle pas dû parler de Sombreciel.  Elle n’avait pas pu s’en empêcher toutefois.  Même si c’était le duché qui l’avait vendue comme un morceau de viande, elle n’arrivait pas à l’oublier.  La beauté des champs de mauves.  Son observatoire à Val-du-Ciel.  Martial pouvait-il comprendre toute cette nostalgie?  Sûrement, Bellifère avait dû lui manquer pendant leur exil forcé en Outrevent.  Leur captivité.  Mais le moment était passé.  Elle soupirait Sombreciel, mais n’espérait pas y retourner.  Puis Clémence était trop petite pour le voyage.  Bien qu’elle feignait ne pas s’intéresser à la petite, elle n’aurait pas supporté être au loin.  Malgré elle, elle espérait que son premier mot soit « maman » et non « papa ».  L’espoir était exagéré toutefois.  Elle avait plus de chance de se lier avec son père.  L’insécurité de Séverine était encore trop forte.  Malgré tout, elle ne pouvait s’abandonner complètement.

L’idée d’aller chercher un récipient d’eau fraîche pour l’éponger effleura sincèrement l’esprit de Séverine.  Quoi qu’on en dise, son mari était un homme travaillant.  Peut-être devrait-elle s’occuper un peu plus de lui.  Elle chassa rapidement cette pensée : la mentalité de Prudence commençait à déteindre sur elle, par tous les dieux!  Et puis ces lettres qu’il poussait vers elles tombaient à point pour lui faire oublier pareille pensée.

Elle déplia le parchemin pour parcourir rapidement des yeux.  Ceux-ci se fixèrent sur les mots, elle lisait sans comprendre.  Lorsqu’elle réussit à reprendre ses esprits, en relevant la tête, sa bouche était entr’ouverte de stupéfaction.

« C’est une plaisanterie?  Vous n’êtes pas sérieux? »

Venait-elle de lire qu’il…. Était-il réellement possible que Martial lui offre une terre?  Elle n'avait pas encore ouvert les autres.








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Message Sujet: Re: Ne pas mourir sans nom   Ne pas mourir sans nom EmptyMar 6 Aoû - 3:34

Cette foutue chaleur aura probablement sa peau, un jour. Il sait qu'en Erebor la chaleur est bien plus horrible - pour y avoir été, pour y avoir souffert et pour y avoir regretté, presque, celle de Bellifère. Mais leurs vies, leurs murs sont construits pour ; son peuple connait son désert et sa chaleur, tout au long de l'année. Bellifère, elle, doit se munir d'argile et de pierres, se fortifier, se dresser contre les vents venus de la frontière faë et du large, s'armer contre le froid de Valkyrion qui remonte jusque dans les terres quand vient l'hiver, accompagné par les pluies. Bellifère souffre, quoi qu'il arrive, d'un climat bien rude et peu hospitalier, peu propice à la vie humaine - et lorsque celle-ci se développe, la survie vient avant la courtoisie.

Il s'enfonce un peu plus dans son fauteuil, ses yeux glacier rivés sur elle. L'incrédulité pare ses traits - un masque qui lui va bien, qui la rend innocente, sublime sa beauté plus que le dédain ou la colère. Un instant, il voudrait l'embrasser. Un désir fou, un rêve dingue, un sentiment pour elle qui trotte dans sa tête, un besoin qu'il doit harnacher.

« Je suis on ne peut plus sérieux. Ses mains se joignent devant lui, et c'est avec un visage calme tourné vers elle Martial exprime sa pensée. Les terres de l'Oriflamme sont tombées dans le domaine ducal il y a une vingtaine d'années, faute de successeurs. Vous étiez sans terre, qu'il s'agisse de terres cielsombroises ou autres. Ce titre que vous portez vous assure tout juste une prétention de noblesse, sans réelle appartenance à ce duché ou à son histoire. »
Il se mord la lèvre, un peu, le temps de réfléchir à comment expliquer ça. « Je vous donne un titre et des terres pour exister. »

Dans les autres enveloppes, elle y trouvera les papiers nécessaires, paperasse inutile quelque peu, lui accordant le titre de baronne de l'Oriflamme.
Martial la fixe, presque comme un enfant qui aurait peur d'avoir décu. Un enfant qui n'a pas les mots, qui ne sait pas si la personne en face a compris la grandeur de ce qu'il essaye de lui exprimer.
(Qu'il tient à elle. )


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Message Sujet: Re: Ne pas mourir sans nom   Ne pas mourir sans nom EmptyMer 7 Aoû - 19:51

Martial ne le savait pas, mais il venait de réparer mille blessures dans le coeur de Séverine.  Elle n’avait plus espéré avoir un endroit à elle après son mariage, après la fuite du manoir de Mauve.  Bellifère n’était certainement pas le choix qu’elle aurait fait par elle-même, mais dans sa situation, personne d’autre que Martial n’était en réalité dans le pouvoir de lui offrir ce présent.  Il était difficile de comprendre son époux, il lui semblait de plus en plus… différent.  Vraiment, ce prince qu’elle avait épousé n’était pas le duc qu’elle avait devant elle.  Elle n’arrivait pas à décider lequel des deux était réel.

« Je… » commença-t-elle avant de s’arrêter, incapable de poursuivre sa phrase, submergée par les émotions.  Elle n’avait pas besoin de sa permission, ni de lui pour exister, pourtant maintenant qu’il l’avait dit, elle avait l’impression de renaître, de ne plus être qu’un objet de décoration.

Et l’impensable se produisit.  Le froufrous des jupons tinta contre les murs de pierre dans un écho alourdi par la chaleur.  Ses genoux semèrent la pagaille dans les papiers encore sur le bureau.  Il lui en voudrait certainement, mais l’élan qui s’était soulevé en elle était impossible à arrêter.  Avant qu’il ne puisse s’écarter, elle se laissa glisser sur ses cuisses, ses jupes en travers de la table, de la chaise, une ronde de tissus éparpillé.  Cette fois, elle ne posa pas ses lèvres sur les siennes pour se prouver qu’elle était encore en vie.  Elle le faisait parce qu’elle se savait vivante, plus que jamais et qu’elle en avait terriblement envie.

On ne pouvait privé une Cielsombroise plus longtemps, surtout pas quand la passion brûlait.  En récompense, elle lui apprendrait.  Elle lui apprendrait tout ce qu’il ignorait encore.  Et pour la première fois, la pensée qu’ils pourraient être plus que des alliés de circonstance lui effleura l’esprit.  Pour la première fois, elle songea qu’elle pourrait peut-être un jour le respecter comme son mari et pas seulement comme un homme ou un duc.

« Merci.  Quand Clémence sera suffisamment grande, vous nous y emmènerez? » demanda-t-elle.

Elle n’osait pas prolonger le baiser.  Elle voulait l’arrêter avant qu’il ne la repousse.  Elle ne quitta toutefois pas sa place sur ses genoux.








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Message Sujet: Re: Ne pas mourir sans nom   Ne pas mourir sans nom EmptyMer 7 Aoû - 21:33

Elle ne mourrait pas inconnue. Elle aurait dans l’histoire au moins une place, même infime. Il ne sait pas exactement où elle s’inscrit quant aux récits actuels de leurs temps troublés… Ou plutôt, si, il sait. Malheureusement, il sait. Quelques textes ici et là qui circulent – pour ou contre lui, les deux arrivent jusqu’à son bureau – et aucun ne mentionnent la duchesse. Les seuls écrits qui daignent s’intéresser à elle sont éphémères, virulents, s’accompagnent souvent de caricatures et jamais ne mentionnent son nom.
Depuis qu’elle est ici, depuis son mariage, Martial et Bellifère lui ont volé son nom. Séverine de Bellifère n’est qu’une vague plaisanterie, un paraphe en bas d’une page, elle n’est réellement personne pour le futur – quoi qu’elle y fasse, parce qu’elle est femme, et qu’en devenant belliférienne elle acceptait intrinsèquement de ne pas avoir d’impact sur les générations futures. Elle a accepté d’être ‘femme de’, s’est condamnée à l’oubli. C’est de ça que le duc veut la préserver, et c’est toute cette subtilité dont elle n’a sans doute pas entièrement conscience qu’il tente d’exprimer.
(Il a vu les livres où les noms féminins, au fil des décennies, disparaissent.)

Il en est encore là dans ses pensées, surveillant sa réaction, espérant avoir bien fait : il s’attend à un remerciement, à quelques larmes éventuellement – elle est cielsombroise - , à un très léger sourire s’il a une immense chance ! C’est pourquoi le Belliférien est pris au dépourvu quand celle-ci se rapproche dangereusement de lui – et il n’a pas le temps de réagir, acculé dans son siège, ses yeux s’agrandissant légèrement. Tout ce à quoi il arrive à penser c’est que ses papiers vont être dans un désordre monstre.
Puis il ne pense plus à rien. Panique diffuse et complète, ses mains qui d’instinct serrent les accoudoirs au lieu d’aller se poser sur elle comme il le voudrait, ses lèvres qui n’osent pas répondre parce qu’elle sera forcément déçue, elle l’est déjà, le sera toujours avec lui. Son coeur s’emballe un peu trop pour que ça soit normal, et au moins sa présence sur lui l’empêche de fuir pour encore plus l’outrager.
Il remarque juste quand il va pour lui répondre qu’il a retenu son souffle jusque là.
« Je – C’est – Oui, enfin, bien sûr. » Regagner un brin de contrôle pourrait être intéressant, mais il n’y arrive pas, ses pensées s’entrechoquent et se mêlent à la panique, aux envies qu’il ne connaît pas, qu’on ne lui a pas apprises à avoir mais à supprimer. Ses yeux ne s’attardent pas sur elle, elle pourrait y lire sa vulnérabilité, les failles, l’homme perdu, incertain. « Le voyage n’est pas des plus longs, et l’Oriflamme est définitivement plus habitable… En hiver. Ou au printemps. Pas par ce temps-ci. »
Parce que, définitivement, il fait beaucoup trop chaud. (et ce n’est certainement pas uniquement du fait de l’été belliférien, quoi que torride actuellement. )


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Message Sujet: Re: Ne pas mourir sans nom   Ne pas mourir sans nom EmptyMer 7 Aoû - 22:15

Séverine se cala un peu mieux sur les genoux de Martial, indifférente à tout l’inconfort que cela pourrait peut-être lui causer.  Indifférente au fait qu’il faisait extrêmement chaud.  Elle même ne le savait que trop bien dans ses tenues si prudes.  Pourtant, l’envie de quitter sa place ne lui traverse même pas l’esprit, surtout quand elle réalise l’inconfort mal à l’aise de son époux.  Surtout quand elle remarque qu’il n’ose pas la regarder.  Elle pose sa tête contre son épaule.

« Clémence est encore trop petite pour aller où que ce soit, peu importe le temps qu’il fait, » remarqua-t-elle, certaine que jamais Martial ne laisserait l’héritière seule au palais en son absence et elle-même refuserait d’aller sur ses terres seules.  Elle voulait que Martial soit là pour ordonner à tous de se plier à ses désirs.  Peut-être qu’elle pourrait aménager un joli jardin où observer les étoiles et faire pousser quelques mauves.

Elle remarqua une goutte de sueur sur le front du duc et sortit de son corset son mouchoir pour l’éponger d’un geste presque tendre.  « Vous devriez vous reposer en attendant que la chaleur ne tombe avec la nuit.  Cela ne devrait pas tarder. »

Enfin, il pourrait prendre du repos.  Ou du bon temps avec elle.  Depuis la conception de Clémence, il ne l’a plus touchée.  Mars est suffisamment loin pour qu’il n’y ait aucun danger d’avoir mal pendant l’acte.  Séverine était certaine que toute femme Belliférienne serait déjà enceinte du prochain rejeton à pareille distance de la naissance du précédent.  Distraitement, elle fait courir ses doigts sur la chemise de Martial et remarque qu’elle est mal boutonnée.








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Message Sujet: Re: Ne pas mourir sans nom   Ne pas mourir sans nom EmptyMer 7 Aoû - 22:58

Elle aurait fui depuis longtemps, furieuse et vexée, il y a deux ans, pense-t-il. Blessée dans sa fierté qu’autrefois il a jugé stupide car son époux n’ose la regarder, n’ose faire un geste ou lui céder. Autrefois, elle aurait pris le malaise pour une insulte. Autrefois, lui-même n’aurait pas cherché bien loin : la gêne a toujours été là, accompagnant l’incertitude. Le désir qu’elle saurait susciter n’a pas le droit d’être tourné vers autre acte que celui de la procréation – et quand il ne vient pas, et quand l’enfant n’est pas là, il faut le forcer. Gestes répétés. Pensées fades mais suffisantes. Un acte à deux qui en deviendrait inhumain, sans plaisir, qui se répète chaque soir, chaque fois qu’il le faut.
Triste réalité de leur passé. Sans doute pour ça que ça n’a pas marché ; certainement pour ça que quelque chose en lui est brisé, à ce niveau.

Le contact entre eux est doux, incongru, son coeur tambourine violemment dans sa poitrine alors que Martial garde les yeux rivés sur le mur, en face, la porte qu’il sait close et donc la clé est tournée dans la serrure. Il sait qu’il n’y a personne pour voir la parfaite représentation de leur couple (de l’échec qu’ils sont, parodie de vie maritale, un magnifique tableau) : elle, cherchant avec douceur et délicatesse un contact dont il la prive, lui aussi froid et détaché qu’il l’a toujours semblé à son égard. « Plus tard. Elle nous accompagnera. » répond-il. Même protégée, la petite ne serait pas à l’abri entièrement.

Un mouvement. Il baisse le regard – mauvaise idée – et le remonte immédiatement, soupirant quelque peu. « Et lorsque la nuit arrive, je ne pourrais plus travailler. Non pas que j’ai encore l’espace pour. » Une ombre de sourire qui se dessine. Il est bien, là. L’anxiété et la panique retombent dans la tendresse de ses gestes dont il n’avouera pas avoir eu besoin – mais il aime l’avoir si près de lui.
Jusqu’à ce que ses doigts commencent à jouer avec sa chemise. Son esprit et son corps s’emballent, chacun dans deux directions opposées. Instinctivement, il porte sa main à la sienne, l’arrête.
Un instant de silence, quand ses yeux rencontrent enfin les siens. Il voudrait se pencher sur elle et ravir ses lèvres, la serrer contre lui, foutre le bordel encore plus sur son bureau déjà de toute manière dérangé, apprendre, comprendre, juste être capable de ça. Un instant de silence durant lequel il hésite, si proche de ses lèvres, avant de détourner la tête.
« Je suis désolé. »
Il relâche sa main, mais réussit à glisser la sienne dans son dos, légère présence.
« Reste. »
Supplique plus qu’ordre, murmure hésitant.


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Message Sujet: Re: Ne pas mourir sans nom   Ne pas mourir sans nom EmptyMer 7 Aoû - 23:23

L’espace d’un moment, Séverine crut qu’il allait franchir cette distance qu’il leur imposait à tout deux, qu’il allait laisser tomber les barrières entre eux, mais ses lèvres se rétractèrent, le fossé repris toute la place en eux et elle laissa échapper un lourd soupir.  Certaines choses ne changeraient peut-être jamais.  Elle se cala encore plus confortablement contre lui, pour lui cacher toute sa déception : il valait peut-être mieux qu’il ne devine rien de toute l’attente en elle, de son corps tendu vers le sien.  Il venait de lui offrir une place dans ce monde, il était tout naturel qu’elle veuille célébrer, tout naturel que l’attirance entre eux se soulève, après tout Martial était tout de même beau garçon.

Au bout d’un moment, elle songea à se lever et partir.  Le laisser retourner à ses papiers.  Probablement qu’avec le coucher du jour qui ne saurait plus tarder, il n’aurait que vaguement le temps de tenter de leur redonner un peu d’ordre.  Mais comme elle s’apprêtait à se lever, il la réclamait près d’elle.  Ce seul mot.  Cette demande, cet ordre suffit à ce qu’elle restât là où elle était.  Elle leva son visage vers lui.

« Donne-moi une chance.  Une chance de t’apprendre, de te montrer, » murmura-t-elle, comme une supplique.

Oui, il l’avait touchée, mais toujours avec comme idée la reproduction.  Il n’avait pas chercher le plaisir et pourtant, combien elle aurait pu lui en apporter s’il lui en avait laisser l’occasion.  « N’ai-je pas appris à garder silence, à longer les murs pour toi?  N’ai-je pas donné la vie? »  Bon elle n’avait pas spécifiquement eu le choix pour la grossesse, c’était trop tard pour l’interrompre et personne ne lui en aurait laissé l’occasion.  Mais le fait était qu’elle l’avait tout de même fait.  Malgré elle, Bellifère s’était imprégnée en elle.  Un peu de Sombreciel pourrait peut-être trouver son chemin jusqu’à lui.








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Message Sujet: Re: Ne pas mourir sans nom   Ne pas mourir sans nom EmptyJeu 8 Aoû - 1:38

Il en a envie, désespérément. Il peut le sentir en lui, en son coeur et plus bas encore, le devine aux pensées qui tourbillonnent et viennent à se heurter à ses insécurités et sa panique de plus tôt. Mais tourbillonnent avec les images parasites et le poids des chaînes qu’il s’est imposé, seul, carcan qui a inutilement compliqué leur vie et a possiblement ruiné ses envies à jamais.
Il la revoit, durant toutes ces nuits, souffrir en silence sa présence pendant que lui attendait juste que la chose se finisse. Répétition. Des actions dénuées de réel plaisir, juste une libération parce qu’il en faut bien une. Il la revoit, et il sait qu’il aurait voulu, tant de fois, juste ressentir quelque chose.

Il la voit suppliante, si belle, désemparée. Elle est un mystère pour lui. Il attend qu’elle ait fini, et ses yeux s’emplissent d’une tendresse non-feinte à son égard. « Séverine. »
Il est maladroit dans le baiser qu’il dépose du bout de ses lèvres sur les siennes, sous l’impulsion du désir qui n’est pas encore mort – qui brûle alors peut-être encore un peu plus.   Il voudrait l’embrasser encore, dans les mots, ses lèvres effleurent sa peau trop légèrement pour que cela soit volontaire. « Je… »


Les mots s’embrouillent, dans son esprit perdu, submergé, affolé. Il doit juste lâcher prise, un instant.
« Je n’ai jamais fait ça naturellement. » Les nuits forcées dansent dans sa mémoire, lui brisent un peu le coeur. « Je ne sais pas si j’en suis capable. »
Peur de te décevoir. Son regard croise le sien encore, car il ne saura pas le dire, pas à haute voix. Il ne peut pas. Peur que tu comprennes combien je m’en veux et les failles qui me parcourent. Combien je tiens à toi, combien je voudrais être capable de te donner ce que tu désires, te rendre heureuse réellement.
Il ne sait pas, mais il peut essayer, sombrer juste un peu. La panique bat à ses tempes, toujours les images jouent dans un coin de sa tête. Mais quand il l’embrasse, l’embrasse vraiment – comme un adolescent  - tout s’apaise, au moins un instant.
Ce n’est rien.
Juste sa capitulation.


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Message Sujet: Re: Ne pas mourir sans nom   Ne pas mourir sans nom EmptyJeu 8 Aoû - 19:59

Jamais il n’avait dit son nom de cette façon.  Un frisson parcourut la colonne vertébrale de Séverine.  Il lui avait parlé comme à une femme.  Pas une femme Belliférienne, un objet décoratif.  Dans cette façon d’appeler son prénom, de dire Séverine, il parlait à un objet de désir.  C’était étouffé, encore tout faible, mais elle pouvait le sentir.  Dans ses lèvres posées sur les siennes, la première fois qu’il en prenait l’initiative.  Et c’est bon, c’est doux.  Peut-être n’y aura-t-il jamais de passion comme Séverine s’était toujours imaginée que cela devait être entre deux amants, mais peut-être en réalité, contrairement à tout ce que tout Sombreciel en elle espérait, cette douce amitié valait tous les battements de coeur affolés, l’envie de se toucher dès que l’on se voit, l’oubli de tout le reste du monde pour l’unique autre.  Combien Bellifère l’avait changée.  Combien la Chasse Sauvage lui avait-elle fait réalisé que finalement, elle n’était pas aussi forte qu’elle ne le croyait, qu’elle aussi était vulnérable.

Elle n’avait pas envie que ça s’arrête.

« Personne n’a jamais fait ça naturellement la première fois. »

Reprendre son souffle, contrôler cette envie de se plaquer à nouveau sur lui, de le dévorer.  Ne pas le terrifier de ses ardeurs.  Pour une fois, Séverine songea à quel point il pouvait être terrifiant de se retrouver devant une femme comme elle.  Elle avait toujours été consciente de son pouvoir sur les hommes, s’en était servi pour obtenir ce qu’elle désirait, pour intimider, mais la pensée même que peut-être ce qu’elle était, ce qu’elle savait pouvait être intimidant, non par coercition mais plutôt par pudeur, par timidité ou même inexpérience, ne l’avait pas même jamais effleurée.

« Peut-être devrais-tu te rappeler que tu as le droit d’être que ce qu’on attend de toi.  Parfois c’est vrai, je te hais, toi et Bellifère et vos coutumes qui me briment.  Mais quand je t’arrache à Bellifère dans mes pensées, peut-être que... tu ne me déplais pas.  Tel que tu es. »

Elle s’étira pour voler un autre baiser : pour une fois qu’il se portait volontaire à quelque rapprochement, même rien que celui de leurs lèvres, elle n’allait pas laisser l’occasion passer sans en profiter un peu.  Elle eut envie de le taquiner, précisant que quoi qu’il arriverait, elle préciserait pour les comptes rendus de ses conseillers qu’il n’y a pas de Cielsombrois pour le surpasser au lit, mais tout compte fait, le sérieux Martial n’était certainement pas prêt à se faire titiller l’orgueil.  Plus tard, peut-être un jour.








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Message Sujet: Re: Ne pas mourir sans nom   Ne pas mourir sans nom EmptyJeu 8 Aoû - 23:58

Les barrières entre eux ne tomberont jamais totalement, parce que certaines retiennent Martial et l’empêchent de s’effondrer. Jamais la confiance entre les deux époux ne sera totale, jamais ne sauront-ils s’apprécier et se confier pleinement l’un à l’autre. Ils sont partis sur de bien mauvaises bases, des bases viciées dès le début. Elle vendue et lui un mensonge vivant, chacun n’aspirant qu’à s’échapper.
Il se demande, brièvement, s’il aurait réussi à s’acclimater si leurs rôles avaient été inversés. Dans un univers bien différent, dans un monde sans sens où il n’aurait pas été duc, dans un monde où il aurait été forcé, lui, de quitter ses terres arides et inhospitalières pour le duché bien plus au sud ?
Sans doute pas. Madeleine l’a bien fait, elle, mais Madeleine n’est pas Martial.

Il la serre contre lui, incapable de lire en elle comme, d’ordinaire, il s’essaye et réussit à le faire. Le blond la connaît dans ses colères et ses haines, dans ses langueurs, dans ses pleurs – à ces moments-là, il sait ce qu’elle pense (ou du moins le croit-il). Pas maintenant. Ce frisson qui la parcourt, ces gestes, ces baisers même initiés par lui brouillent son esprit où la panique diffuse explose et meurt pour mieux renaître quand elle s’éloigne trop.  

Il est conscient, pleinement conscient, cette fois. Pas conscient au point d’en avoir mal comme en Outrevent où chaque souffle et chaque pensée, dans son être nouvellement modelé, était une torture ; conscient de son corps si proche, du sien qui instinctivement réagit. Il reçoit l’aveu de plein fouet, alors qu’il est au plus vulnérable – si elle regarde un peu au fond de ses yeux, elle y verra probablement son âme se briser un peu plus avant que leurs bouches se joignent à nouveau.

Les baisers reprennent sans être plus assurés, ils gagnent en intensité. En sens. Débutant mais vrai, poussé par le désir et l’envie. Il y a un millier de choses qu’il glisse dans ses baisers sans même s’en rendre compte. Des suppliques et des je t’adore qui ne franchiront pas encore ses lèvres pour l’heure, ces mêmes mots qui se retrouvent quand dans l’hésitation ses mains glissent dans le bas de son dos pour la maintenir contre lui, ne savent pas si elles ont le droit de se poser là.
« Tu ne m’as jamais déplu, tu sais. » souffle contre ses lèvres humides, des mots qu’elle pourrait avaler. « Je ne pouvais juste… Je ne savais pas te le montrer. »


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Message Sujet: Re: Ne pas mourir sans nom   Ne pas mourir sans nom EmptyLun 12 Aoû - 22:27

Jamais elle n’avait été embrassée de cette façon.  On était loin de la passion des nuits auprès des amants, loin du désespoir d’Outrevent, loin de la tendresse des amours passés, loin de la froideur du devoir.  C’était une toute nouvelle sorte de baiser, quelque chose de plus vrai que tout ce qu’elle avait connu par le passé, quelque chose de fragile, mais à la fois d’inatteignable, qu’il était impossible de briser.  Et peut-être même que pour une fois, il lui semblait qu’elle-même ne savait pas trop ce qu’elle faisait, que de cette expérience qu’elle croyait sienne à jamais, il n’existait plus rien.

« Je… »  Elle n’arrivait pas à formuler sa pensée.  Ou peut-être justement son esprit était-il vide.  Elle avait toujours qu’il la détestait, ou pour le moins qu’il la méprisait.  Après tout, pourquoi aurait-il choisi une femme comme elle pour être son épouse.  Elle savait qu’il avait accepté le marché avec Castiel, mais ce n’était qu’un jeu politique et l’idée qu’en la voyant et en la côtoyant il ait pu la trouver… en tout cas point déplaisante, était surprenante.  Inattendue.

Il était temps d’arrêter de se mentir à elle-même.  Il faisait chaud, mais elle se blottit quand même contre Martial.  « Je n’ai jamais voulu être princesse.  C’était ma mère qui voulait la gloire, le pouvoir.  Je pensais… je pensais que je me marierais avec quelqu’un que j’aimerais, quelqu’un qui… J’aurais préféré te connaître avant que tu ne m’enlèves. »

Elle n’avait jamais rêvé au prince charmant.  Elle savait qu’elle se serait sûrement mariée pour les avantages qu’elle tirerait d’une union, probablement d’un mariage arrangé.  Elle avait besoin d’un mari riche, capable de la couvrir de jolies parures.  Pourtant, une part d’elle-même aurait souhaité baser son mariage sur une affection cordiale.  Était-ce quelque chose qu’il était possible de créer avec Martial désormais?

« Ça n'aurait peut-être rien changé, mais j'aurais préféré.  Si les choses avaient été faites dans l'ordre, peut-être n'en serions-nous pas là. »  Ou peut-être que ce serait pire.








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Message Sujet: Re: Ne pas mourir sans nom   Ne pas mourir sans nom EmptyJeu 15 Aoû - 22:39

Martial, l’homme qui craint le toucher des autres, en vient à rechercher le sien avec désespoir. Ce n’est pas qu’une question de besoin, c’est une question de confiance : il se raccroche à sa présence, il cherche à s’assurer qu’il n’est pas dans un rêve où ses confessions étranges lui échappent – car elles semblent si incongrues dans la réalité ! Il lui semble si étrange d’ainsi se laisser glisser, de se laisser corrompre, de laisser sa femme le diriger et doucement le mener loin de ce qu’il devrait être. (Les pensées parasites un instant tourbillonnent avant de disparaître. )

Sa main remonte doucement dans son dos, la stabilise contre lui. Le geste est naturel. La position, somme toute, l’est moins, et le duc sait au fond de lui que ça n’arrivera bien qu’une fois. Une seule et unique fois, derrière les portes closes, se laissera-t-il aller à enfin montrer à sa femme l’affection qu’il a pour elle en son coeur. Ce n’est pas de l’amour, car l’amour est à jamais interdit à ceux de leur rang dans ce genre de mariages, mais c’est plus que l’entente cordiale de deux connaissances. C’est violent, ça le prend au coeur et l’attache à elle mais ce n’est pas de l’amour parce qu’il ne veut pas l’aimer.

Un rire vide, vide comme son âme déchirée qui résonne depuis le retour de la Chasse, lui échappe. « Les choses ont été faites dans l’ordre. L’ordre qui arrangeait les autres, mais un ordre. Tu aurais pu me connaître avant mais… Je ne sais pas ce que ça aurait donné, admet-il. Il y a un monde entre nous, Séverine. Ca ne sert à rien de le nier. Plus que nos duchés, c’est nous. » Le ton est doux, porteur de regrets qui ne font que s’accentuer quand il annonce, doucement, ce sentiment qui le ronge : « Je suis désolé de t’avoir épousé. »
Désolé que tu aies gâché ta vie à mes côtés.


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Message Sujet: Re: Ne pas mourir sans nom   Ne pas mourir sans nom EmptyJeu 19 Sep - 4:03

Son rire la blessa.  Elle s’était découverte dans toute sa vulnérabilité devant lui.  Elle lui avait montré une part cachée d’elle-même, mais elle ne recevait en échange… que des tourments.  Oui, les choses n’auraient pas été différentes, probablement.  Il avait raison.  Elle avait été sotte de croire que ça aurait pu être autrement, qu’ils auraient pu avoir plus de bonheur si leur relation n’était pas née dans la violence d’un contrat nécessaire à Sombreciel et Bellifère.  D’un contrat où elle était la victime muette, soumise à son destin.  Lui au moins avait eu son mot à dire.  Il avait accepté la main de cette Séverine de Sombreflamme qu’on lui offrait.  Séverine ignorait encore même à l’époque qu’on lui avait octroyé le titre de princesse.  Le jour même de son enlèvement, elle ignorait totalement ce qui lui arriverait.  Elle avait été arrachée sans égards à la vie qu’elle menait pour être plantée, enracinée dans un sol qui la rendrait stérile.

Elle avait toutefois vaguement espéré qu’il ne regrettait pas trop.  Qu’il ne soit pas entièrement satisfait ne la surprenait guère, mais… elle avait songé que peut-être, il ne la détestait pas complètement.  Que peut-être, il ne jugeait pas ce mariage pourtant si catastrophique comme une erreur.  Elle ne comprenait pas comme il aurait sûrement voulu qu’elle comprenne.  Elle se sentait comme une erreur de parcours, un choix qu’il effacerait s’il le pouvait.  Et s’il l’effaçait, alors il effaçait aussi Clémence et son coeur se serra sans qu’elle n’arrive à comprendre pourquoi.

« Je… je suis désolée… J’aurais dû… commença-t-elle, incapable de mettre en mots sa pensée, il aurait peut-être mieux valu que je meure en couches.  Vous auriez pu recommencer à zéro.  Avec une vraie Belliférienne, une femme qui comprendrait mieux son devoir que moi. »  Une femme qui lui ferait tous les fils qu’il désirerait sans se plaindre.  Qui ne rejetterait pas la maternité d’un bloc.  Ils auraient pu se libérer l’un l’autre.  Prétendre qu’elle était morte en donnant naissance à la princesse.  Elle se serait contentée de vivre cachée au haut d’une tour de Lorgol, à observer les étoiles jusqu’à ce qu’elle ne se fasse enlever de nouveau par la Chasse Sauvage, prête à devenir un cavalier errant jusqu’à la fin des temps.  Loin de tous les soucis.  Mais la Chasse aurait-elle encore voulu d’elle après qu’elle l’ait quittée ainsi?








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Message Sujet: Re: Ne pas mourir sans nom   Ne pas mourir sans nom EmptyJeu 19 Sep - 22:20

C’était voué à l’échec depuis le début. Entre elle et lui, seul un fou avec des espoirs stupides aurait pu croire que quelque chose de viable pourrait fleurir. Même maintenant, alors que la Chasse Sauvage a détruit tous les mensonges qui ont un jour composé l’être de Martial, le fossé reste infranchissable. C’était voué à l’échec, de vouloir construire un pont entre eux, de tenter de lier leurs âmes, de trouver un terrain commun. L’un comme l’autre ils sont viciés, détruits un peu trop par la vie, loin d’un jour pouvoir se connaître ou se confier réellement, se comprendre.

L’un comme l’autre, ils ne peuvent que se blesser. Et toutes les caresses maladroites, les moments de tendresse égarés, les douceurs et les mots porteurs d’affection ne sont qu’un baume qu’on passerait sur une blessure. Ils ne peuvent que se blesser en cherchant désespérément à s’aimer – mais leurs coeurs en sont incapables. Capables d’affection, d’adoration, de loyauté sans faille, capables de penser un autre indispensable – mais incapable de s’attacher pour la vie une autre personne.
Martial porte le poids de la solitude de son enfance : à ne pas vouloir être duc, à rejeter le toucher et les conseils, à s’isoler lentement, idôlatrant les deux seules personnes lui ayant permis de rester Martial, il s’est rendu incapable de lier avec d’autres une relation aussi profonde.
(Le lien qu’ils ont avec Séverine est si fin et si pâle, en comparaison de celui avec Madeleine.)

« Je n’aurais pas pu. »
La mascarade aurait été au dessus de ses forces, maintenant qu’il est seul. « Si tu étais morte en donnant la vie, je n’aurais pas pu reprendre une épouse. Quoi qu’ils en disent. » Devoir prétendre, devoir agir à nouveau comme un époux – remplir ce devoir conjugal qui lui fait toujours autant horreur, qui le bloque, qui l’angoisse –.
Devoir repartir de zéro, avec une inconnue.
« Ce n’est pas pour que tu t’excuses que je dis ça, enfin. » Les mots sont lourds, ont du mal à passer ses lèvres. Ses yeux n’ont même plus la force de la regarder, ses paupières se ferment pour retenir une vague envie de céder à la lassitude. « Tu n’y es pour rien si on a décidé de te faire épouser… ce que j’étais. » Un paravent de violence et de machisme faux pour camoufler le gamin timide et terrorisé, un masque d’assurance pour un Martial bien loin de savoir ce qu’il fait. « Il fallait quelqu’un. Et si aujourd’hui t’avoir avec moi est… Rassurant ? Je sais que ce n’est pas ici que tu devrais t’épanouir. » Le sourire qui apparaît sur son visage est amer, froid, blessé plus que blessant. « Tu me l’as suffisamment fait comprendre, malgré tous tes efforts. »


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Message Sujet: Re: Ne pas mourir sans nom   Ne pas mourir sans nom EmptySam 12 Oct - 20:42

La blessure sur leurs deux coeurs était trop dure, trop lourde à supporter.  Que pouvaient-ils espérer de mieux pour leur futur, pour celui de leur enfant?  Clémence devrait-elle porter à tout jamais les stigmates de ses parents si mal assortis?  De leur querelles sans fin?  De leurs différences qui n’arrivaient pas à se compléter, à parfaire l’un l’autre?  Séverine n’avait aucune envie de mourir, elle était très attachée à la vie, à son futur, il lui restait tant à accomplir.  Elle s’était effacée si longtemps pour parvenir à venger ses parents, à se venger elle-même pour tout ce que Castiel lui avait fait et si elle était sortie de la Chasse Sauvage brisée, irréparable, elle était enfin libre de toutes les chaînes qui l’avaient alors retenue de faire sa propre vie.  N’en restait plus qu’une, ce mariage.  Chaîne qu’elle n’avait plus envie de briser.  Fuir Bellifère n’était plus un objectif.  Elle se confortait dans la réclusion que le palais lui offrait, plus encore maintenant que la princesse était née.  Elle savait qu’il ne servait à rien de lutter contre son destin et il lui semblait que nulle part ailleurs ne saurait lui apporter la sécurité des murs d’Hacheclair.  Cloîtrée dans ses appartements, elle ne pouvait être la cible que des mauvaises langues et rien d’autre ne pouvait plus l’atteindre.  Tapie dans l’ombre de Martial, ce Martial qu’elle ne pouvait aimer, mais auquel elle s’était habituée, en qui elle avait désormais en quelque sorte confiance.

« Je n’avais ma place nulle part.  Peu importe où, j’aurais été rongée par la haine, dévorée par mon désir de vengeance.  La noirceur aurait continué sans relâche.  Il n’y avait pas de repos pour moi, j’étais sotte de croire que j’arriverais un jour à mes fins. »

Le seul moment où elle aurait pu y prétendre, c’était ce jour où Martial l’a enlevée, où Castiel a été trop lâche pour se battre réellement contre le prince belliférien, ce jour où pour la première fois elle avait demandé quelque chose à celui qui serait son époux : il ne s’agissait que d’une transaction, comment Martial aurait-il pu tuer le souverain d’un duché allié, le mari — indigne certes — de sa cousine.

« Je suis lasse Martial, trop pour chercher à devenir celle que j’aurais pu être.  Élève Clémence pour être ton héritière, ou encore essayons d’avoir un garçon quand je serai rétablie.  J’aurais pu enfanter plus tôt, tu n’as pas trouvé mes potions tout simplement parce que tes gardes ont fouillé au mauvais endroit.  Tu n’auras pas besoin de te contraindre trop longtemps. »

Séverine ne cherchait plus à dominer son époux en utilisant ses attraits.  Jamais elle n’avait abandonné, jamais on ne s’était refusé à elle, jamais on avait évité le plaisir qu’elle pouvait apporter.  Jamais avant Martial.  Elle savait désormais que c’était inutile, que là où elle trouvait réconfort dans les plaisirs charnels, il ne trouvait probablement que tourmente et devoir.

« Je ne demande rien, rien d’autre que tu ne tiennes ta promesse.  Mon observatoire.  C’est tout ce qu’il me reste. »

Tant pis pour la Chasse Sauvage qui arpentait encore le ciel d’Arven.  Si tout tournait mal, elle trouverait au moins le repos, effacée derrière les Cavaliers pour n’être plus qu’une parmi tant d’autres dans les rangs des chasseurs.








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Message Sujet: Re: Ne pas mourir sans nom   Ne pas mourir sans nom EmptyMer 16 Oct - 18:04

Avec difficulté Martial tente de ne pas céder à ce sentiment confus qui tambourine dans son coeur alors qu’elle parle. C’est douloureux, bien trop désormais, de se dire qu’il l’a brisée. Qu’il a fait d’elle ce qu’il n’aurait pas du faire, ce qu’il redoutait dans  son inconscient. (Que dirait Madeleine en voyant la détresse dans laquelle il a plongé son épouse ? Que dirait Ermengarde ?) Il a toujours accordé, au fond de lui, plus à sa femme que ce qu’il n’aurait voulu lui donner. Autrefois paré des croyances et des conneries qui, le pensait-il, le rendaient apte à grimper sur son trône et à mener un duché d’hommes, il aimait la résistance et l’indépendance qu’elle lui opposait – il aimait leurs joutes, le feu dans ses yeux, la haine dans sa voix, la rage dans ses larmes quand elle s’inclinait mais ne renonçait pas.

Aujourd’hui, détruit au fond de son âme par une cavalcade intemporelle, il aime la savoir en vie, la découvrir telle qu’il n’a jamais su la voir. Lui accorder cette attention secrète et la laisser s’approcher trop près de lui.
Dommage que tout ça arrive bien trop tard : dans la reddition de ses mots, dans la lourde tristesse de devoir se conformer à un statut qu’elle a si souvent rejeté, elle échappe à jamais à Martial.

La douleur emplit son regard et il serre les dents – les serre à se briser la mâchoire. Son souffle se perd et ne veut pas revenir, il lui manque ; Martial s’étouffe, se noie un instant. Elle ne comprendra pas… Et lui, il n’écoute pas. Il se ferme à ses mots, il refuse de penser, se bute, s’entête à imaginer qu’elle ne lui a pas dit. N’est-ce pas plus simple pour eux deux de vivre dans le mensonge et le déni ?
Le supporterait-il encore seulement ?

L’air est lourd autour d’eux : lourd de la chaleur de Bellifère, imposante, écrasante ; lourd des confessions qu’il tire à Séverine ; lourd de ces chaînes qu’il lui a passées en l’épousant et dont il ne peut pas la libérer. « Clémence sera mon héritière. Elle l’est, le jugement est sans appel. Je ne reviendrai pas là-dessus. Je ne veux pas d’un autre enfant, tout comme toi, tu n’en veux pas. »
Il s’enfonce un peu plus dans son siège, distance illusoire entre eux. Ils étaient si proches de briser les barrières qui jusque là tenaient bon. « Tu l’auras. » maugrée-t-il en détournant le regard vers la fenêtre où perce un rai de lumière ocre. Il voudrait que la clarté brûle sa vue, qu’il ne la voit plus. Qu’il ne voit pas l’état auquel il l’a réduite.

« Tu auras la paix, Séverine, puisque c’est tout ce que tu veux. Ton observatoire, ton calme. Loin de ta fille, loin des responsabilités. Tu l’auras. Je ne veux plus... » Plus avoir à te voir, mais c’est faux ! Une inspiration brève déchire sa gorge. « Je ne peux pas t’offrir de briser ce mariage, mais je peux t’en offrir l’illusion. »
Il lui a offert un nom, un morceau minuscule de liberté pour mieux la lâcher loin de lui – n’est-ce pas ce à quoi elle aspire ?


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Message Sujet: Re: Ne pas mourir sans nom   Ne pas mourir sans nom EmptyLun 21 Oct - 6:33

Séverine avait mal.  Elle n’avait jamais renoncé, elle avait toujours cru qu’elle sortirait vainqueur de cette lutte qu’elle menait contre la vie avec une détermination frisant le désespoir.  Mais elle était lasse, si lasse.  Si fatiguée.  Maintenant qu’elle avait connu la paix, l’absence de désir, le calme absolu, guidée simplement par les cavaliers de la Chasse Sauvage, elle n’en pouvait plus.  Et elle n’avait plus envie de tenir tête à Martial.  Tout simplement parce qu’elle avait compris qu’il n’était pas celui qu’elle croyait être.  Elle avait pensé pendant tout ce temps qu’elle luttait contre son époux, mais c’était contre une société décidée à ne pas évoluer qu’elle se battait.  Elle n’avait plus le courage de lui reprocher avec bravade ce qui n’était pas de sa faute.  La duchesse malgré elle n’avait pas la prétention de connaître son mari, cela lui serait sûrement impossible à jamais.  Il y avait des murs entre elle et lui, des barricades qui seraient trop longues à abattre.

Et pourtant, elle avait si mal.  Une part d’elle-même avait peut-être espéré qu’il ne se mette en colère, qu’il ne la remette à sa place.  Peut-être y aurait-elle retrouvé le même feu qu’avant, cette impertinence qu’elle aimait tant à lui servir.  Dans sa voix, elle n’entendait que la même résignation que la sienne.  Sa lèvre inférieure trembla.  Il ne lui restait plus que lui au monde, lui et Clémence, mais les deux lui étaient interdits.  Elle se raidit dans sa chaise pour ne pas montrer sa peine, sa douleur, son désespoir.

« J’ai essayé.  J’ai essayé de l’aimer, mais je ne sais pas comment.  Lorsqu’elle n’est pas là, je la cherche.  Quand je la vois, j’ai peur de la briser et la fuis. »

Pourquoi cherchait-elle encore à se justifier?  Elle détourna le regard.  Au fond d’elle-même, elle savait tout l’amour que son coeur aurait pu donner à sa fille s’il n’avait pas été flétri par tant de haine si longtemps, si elle n’avait pas si peur de lui transmettre toute cette amertume qui l’habitait.

Elle soupira.

« Je ne veux pas de cette illusion.  Ni d’une pareille réalité, » souffla-t-elle.  Autrefois, elle ne rêvait que de reprendre sa liberté, une liberté loin de son époux.  Être répudiée aurait été accueilli avec orgueil : cela aurait signifié qu’elle avait gagné, pris le dessus sur le prince Belliférien qui avait eu l’audace de l’enlever.  « Je ne sais que trop bien que je ne suis pas celle qu’il te faut, mais aujourd’hui je ne voudrais pas appartenir à un autre que toi. »  Elle ne l’aimait pas.  Elle en était incapable, ce n’était pas parce que c’était lui.  La vie l’avait forcée à se dessécher et à se rabougrir à l’intérieur, là où le temps la laissait jeune et jolie.  Dans d’autres circonstances, elle aurait peut-être pu, mais dans d’autres circonstances, jamais il n’aurait été imaginable que Séverine de Mauve ne devienne un jour Séverine de Bellifère.  « Tu feras de grandes choses pour Bellifère Martial, je regrette de ne pas être à la hauteur.  Sincèrement. »  Si seulement ils étaient un an en arrière, avant qu’elle ne connaisse la calme euphorie de l’oubli!  Avant qu’elle ne commence à douter d’elle-même!  Quel pilier aurait-elle pu être pour lui!  Mais elle avait compris maintenant, le changement tant nécessaire en Bellifère se braquerait rien qu’à la simple mention de la duchesse.  Elle ne croyait plus pouvoir être utile à la couronne qu’elle portait.








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Message Sujet: Re: Ne pas mourir sans nom   Ne pas mourir sans nom EmptyVen 25 Oct - 18:38

Arrive un moment où Martial n’arrive plus à suivre. Un moment où ses pensées toxiques, ses préjugés et ses idées brisées deviennent plus tangibles que la réalité : les mots de Séverine passeraient presque inaperçus, de simples murmures qu’il ne saurait même plus entendre. Des justifications fades qu’il n’accepte pas simplement par caprice de son coeur qui se souvient trop bien de comment la briser et lui faire du mal – qui a du mal, lui-même, à sortir de cette routine qu’il s’est imposé.

« Pour une fois dans ta vie essaye de ne pas... » Il secoue la tête, soupire, s’agite un peu. Nerveux, secoué par les remords et la colère, la haine, la rancoeur envers lui-même plus qu’envers elle. Il ne sait plus rester tranquille, tout son être vibre et bourdonne instinctivement. Le calme qu’il ressentait s’est évaporé et l’a quitté aussi vite qu’il avait mis longtemps à s’installer – des années.

Et voilà qu’elle refuse. Elle refuse, et ça l’enrage encore plus. Il pensait que les épreuves traversées leur avaient permis de trouver, si ce n’était un terrain d’entente, au moins une forme de compréhension l’un de l’autre ! Leur rapprochement soudain aurait pu en être la preuve. Sauf qu’elle refuse, elle tente de l’atteindre, prétend presque le connaître. Dans le vide de son âme où elle n’a pas sa place, l’idée qu’elle soit sincère ne l’effleure même pas. Incapable de calmer la vibration qu’il croit sentir dans tout son être, résidu latent de sommeil perdu et de haine croissante, il se passe la main dans les cheveux, soupire, regarde à gauche, à droite, s’agite sans fin.
(Peut-être qu’il est gêné.)
« Tu m’as demandé cette paix pendant des années, tu en as bien conscience ? » des années. Ils sont mariés depuis des années. Deux ans complets, les plus chargés de leurs existences – les plus beaux, les plus horribles, sans qu’ils ne se l’avouent. « Tais-toi. »

Les dents serrées, le regard dur – dur à se briser – et toujours cette agitation latente qui précède la colère du duc de Bellifère. « Juste… Tais-toi. Pour une fois, arrête de dire des choses que tu ne penses pas, arrête de tenter n’importe quoi pour... Un vague geste de main,  un regard vers le plafond, et sa voix qui d'une lassitude infinie se teinte de colère enfouie. Je ne sais même pas quoi. Je te donne enfin ce que tu me réclames, je te libère autant que faire se peut et tout ce que tu trouves à faire c’est chercher à m’atteindre à nouveau ! »
Il n’est pas tranquille, le blond. Pas tranquille de l’avoir laissée s’approcher si près de lui, de, plus tôt, avoir cru juste pour quelques instants être avec elle au moins un homme sans être l’ombre horrifique de l’époux qui tant de fois l’a terrorisée en silence. Il n’est pas tranquille de voir combien elle s’amuse à le blesser – combien c’est facile, désormais.


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Message Sujet: Re: Ne pas mourir sans nom   Ne pas mourir sans nom EmptyJeu 31 Oct - 20:36

Combien les mots pouvaient être blessants parfois. Elle avait l'impression que chacune des syllables prononcées par Martial la tranchait en deux, comme un couteau affûté, jusqu'à ce qu'il ne reste plus que des morceaux d'elle-même.  La paix?  Elle ne la lui avait jamais demandée.  Séverine n'avait jamais rien voulu d'autre que sa liberté.  Se libérer de la haine, du devoir de vengeance, de la cage d'or dans laquelle Castiel l'avait enfermée.  Une Cielsombroise prisonnière, c'était impensable et pourtant c'était ce qu'elle était devenue.  Et lorsqu'elle retrouvait du confort derrière les barreaux, lorsqu'elle baissait enfin les armes, rompue, vaincue, on le lui reprochait encore!  Mais que devait-elle faire pour cesser d'être critiquée de toutes parts, pour cesser qu'on attende d'elle ce qu'elle ne peut pas, ne veut pas donner?

« Non Martial, je ne me tairai pas.  La paix?  Ce que je te demande depuis des années?  Non, en deux ans de mariage, je t'ai demandé bien des choses, tuer Castiel, m'aider à me venger, un observatoire, mais la paix?  C'est la première fois aujourd'hui.  La première fois que je te demande quelque chose que tu puisses réellement me donner. »

Séverine tremblait.  Elle était blessée dans son orgueil, son orgueil déjà si malmené de devoir avouer la défaite, cet aveu qu'elle avait repoussé autant qu'elle l'avait pu.  Si elle se résignait aujourd'hui, c'était pour Clémence, pour que son enfant ne connaisse pas le même destin que le leur.  Elle ne croyait pas que continuer de lutter à contre-courant ferait le moindre bien.

« Quand je suis arrivée dans ce palais, j'ai songé que si j'arrivais à t'envoûter, peut-être que je pourrais gagner ma liberté.  Mais tu as résisté.  J'ai essayé de lutter, tu as résisté encore.  Ce n'est pas parce que je peux pas toucher ton coeur que tu ne peux atteindre le mien.  Avant d'être emportée par la Chasse Sauvage, nous avons été prisonniers de nos rêves.  Tu m'as aidée.  Sans toi je serais encore derrière Guerre.  Réveillée dans les landes outreventoises, je n'avais que toi.  C'est bien ce que tu veux non? Une femme effacée et docile, qui ne contredit pas tes décisions?  Tu as ton héritière, je te donne la femme que tu veux. »

L'espace d'un instant, la flamme s'est réveillée en elle.  En parlant, elle s'est levée, levant son nez dans un air de défi.  Elle posa ses mains sur la table.  « Je peux te rendre la vie facile, parce que je suis lasse de me débattre dans le vide, mais ça ne m'empêchera pas de penser et de ressentir. »

Elle recula, incapable de rester plus près de lui.  C'était plus facile de le détester que de le respecter.  « Merci pour les terres et pour Clémence.  J'ai plus confiance en toi pour construire son bonheur qu'en moi-même. »  Il était probablement temps pour elle de se retirer.  Visiblement, ils étaient incapables d'être en paix l'un avec l'autre, malgré tout.








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