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 Laisse-moi rêver des terres ocres de Bellifère

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La Cour des Miracles
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Agathe de Vigdir
Agathe de Vigdir

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J'ai fait allégeance à : la cour des Miracles et Mélusine de Sylvamir.
Mes autres visages: Astarté des Sables • Gabrielle de la Volte • Sifaï Sinhaj • Tancélie le Sustain
Message Sujet: Laisse-moi rêver des terres ocres de Bellifère   Laisse-moi rêver des terres ocres de Bellifère EmptyLun 14 Oct - 18:43


Livre IV, Chapitre 5 • La Fin des Temps
Agathe de Vigdir & Lancelot l'Adroit

Laisse-moi rêver des terres ocres de Bellifère



• Date : 14 octobre 1004
• Météo (optionnel) :
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Son fil est arraché. Agathe s'efface. Ça en aura valu la peine?
• Recensement :
Code:
• [b]14 octobre 1004 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t4888-laisse-moi-rever-des-terres-ocres-de-bellifere#185392]Laisse-moi rêver des terres ocres de Bellifère[/url] - [i]Agathe de Vigdir & Lancelot l'Adroit[/i]
Son fil est arraché. Agathe s'efface. Ça en aura valu la peine?



Laisse-moi rêver des terres ocres de Bellifère 1528994804-agathe










Dernière édition par Agathe de Vigdir le Lun 14 Oct - 18:44, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Laisse-moi rêver des terres ocres de Bellifère   Laisse-moi rêver des terres ocres de Bellifère EmptyLun 14 Oct - 18:43

Elle n'aura plus l'occasion de devenir une brave Belliferienne. Ni même une audacieuse Cielsombroise. Elle ne retrouvera pas les bras d'Arnaut. Le monde continuerai de tourner sans elle. Elle n'aura marqué la vie de personne. Elle ne manquera à personne. Une apprentie ratée. Une pupille abandonnée derrière. Est-ce que la fuite en aura valu la peine, douce Agathe? Elle sait que oui. Elle sait que non. L'idée de mourir sans Arnaut la fait souffrir comme jamais encore. Mourir sans Grâce. Sans Melbren. Sans Melsant, sans Mélodie, sans Arsène, sans Merle. Le souffle lui manque, tant la douleur est vive, presque palpable, à son coeur, à sa gorge, elle ne sait plus. Mourir sans engendrer la vie. N'est-ce pas en ayant des enfants que l'on s'assure de marquer Arven de sa présence?

Mais les enfants meurent aussi, douce Agathe. Elle sanglote, les poings crispés sur le drap fin qui sépare son corps de celui de Lancelot. Elle halete  et cherche son air. Les bras de son Lancelot, de ce qui est son monde, se referment sur elle. Ses mains retrouvent le chemin familier jusqu'à sa tête. Il la blottie contre lui comme on le fait d'une enfant terrorisée. Il a mal, elle le sait, elle le ressent jusqu'à sa chair. Et ça lui fait atrocement mal, à elle aussi. Est-ce que ça aura valu toute cette peine, toute cette angoisse, douce Agathe? Est-ce que ta vie aura valu autant de chagrin?

- J'ai… J'ai peur.

Une traînée de mots fragiles et difficilement arrachés entre quelques sanglota violents.

- Je ne peux pas mourir. Pas.. Pas déjà… J’ai enfin maman… Je.. Je suis marraine. Je…

Elle lève son minois pour mieux le voir. Plonger ses grands yeux de chagrin dans les siens. Pendant un temps, ça l’apaise, on dirait, de s’accrocher, de s’ancrer, de se lier à lui. Son souffle se calme un peu. Son coeur s’adoucit, comme souvent, quand elle le contemple dans la plus tendre intimité. Une petite voix lui murmure qu’elle aurait dû retrouver Sombreciel avant que la folie ne s’empare tout à fait de Lorgol. Mais ç’aurait été sans lui. Sans son Lancelot. Elle l’a désiré si longtemps, trop longtemps, avant de réellement s’abandonner.. Ses peurs d’enfant lui semblent dérisoires, ce soir.

- J’ai rêvé ma vie pendant si longtemps, Lancelot… Je ne veux pas que ça se termine. Pas comme ça...

Sitôt que son regard se détourne du sien, c’est pour mieux pleurer. Alors sa respiration se serre, ses poings se crispent. Son visage, lui, ne rougit pas de tristesse et de colère. Il demeure pâle, si pâle. Elle disparaîtra bientôt, comme Castiel avant elle. Comme le Cavalier Noir.

- Je suis si désolée!

Elle se tord dans son chagrin, avalant à plein poumons l’air qui lui manque, quand les sanglots la secouent toute entière. Ici, ce soir, il n’y aura pas de dignité dans la mort. Juste une grande enfant angoissée et terrorisée par sa propre fin. Désolée. De ne pas être son épouse. De ne pas lui avoir offert une famille. De ne pas l’avoir aimé plus tôt. De ne pas l’avoir aimé complètement. De lui avoir causé du chagrin, près de la fontaine. D’avoir laissé la distance les séparer trop souvent. D’avoir été capricieuse. Jalouse.

Elle aurait dû retourner en Bellifère. Une vie amère, une vie de routine, une vie d’ennui. Ne rien connaître de la beauté du monde, ne pas la regretter avec autant de tristesse et de douleur. Est-ce que sa vie si courte aura valu tout ce désespoir? Elle sait que oui. Elle sait que non. Les terres ocres de Bellifère lui manquent. Ses dernières pensées glissent vers la chaleur de Bellifère et ses pluies diluviennes. Les pluies de son enfance. Elle n’aura jamais revu ce duché qu’elle craignait ardemment mais qu’elle aimait tout autant.

Alors que l’odeur de Lancelot se mêle à ses souvenirs, alors que le Tisserand arrache son fil et l'efface peu à peu d’Arven, Agathe sait. Sa vie en valait la peine. Sa vie si brève valait toutes les larmes tombées.


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Message Sujet: Re: Laisse-moi rêver des terres ocres de Bellifère   Laisse-moi rêver des terres ocres de Bellifère EmptyLun 21 Oct - 5:59

Les jours passaient et lentement, inexorablement, Agathe pâlissait, perdait de sa couleur, de sa constance.  Et malgré la transparence de la mort, elle était encore plus belle, nimbée de cette fragilité si nouvelle, de ce désespoir sans fin.  Chaque jour qui s’achevait l’arrachait un peu plus à la vie, à moi.  Je sentais encore sa chaleur sous mes doigts, sa frêle figure entre mes bras et j’avais presque l’impression qu’elle serait toujours là.  Mais alors que le temps s’écoule, sa présence éthérée était de plus en plus impossible à saisir.  Lorsque ma main se glissait dans ses cheveux, dans le blond clair de ses cheveux, mes doigts tachés d’huile paraissaient si noirs, sous sa taille fine on voyait si clairement mon bras qui la retenait contre moi.  Alors qu’elle s’effaçait doucement, se sentait-elle refroidir?  Ressentait-elle encore la chaleur de mon corps contre le sien quand je l’enlaçais, tâchant de m’imprégner de son odeur de plus en plus faible, de plus en plus imperceptible.  Avec chaque jour qui passait, mon angoisse grandissait.  Je ne pouvais plus que penser au futur avec crainte et douleur.  Je savais qu’elle me serait arrachée, qu’on l’enlèverait et c’était en vain que je tentais de discerner chez moi cette même pâleur, cette même transparence.  Le Tisserand refusait à m’arracher de sa tapisserie simultanément.  Je devais la regarder disparaître, s’évanouir comme si elle n’avait jamais existé seul, désespéré.

Pourtant, je m’efforçais de me montrer serein, de lui cacher la douleur que j’éprouvais.  Elle n’était pas naïve, elle savait, elle savait si bien la tourmente qui agitait mon coeur, mais comment affronter chaque levé du soleil en me disant que c’était peut-être le dernier qui réchaufferait sa peau, que lorsque les étoiles se mettraient à briller elles n’éclaireraient peut-être plus sa nuit.  Et ses pleurs, ses sanglots.  Elle se savait sur le point de partir, pouvais-je l’accabler en plus du poids de ma tristesse?  Mes bras se serrèrent sur elle, tâchant de la réconforter, tâchant de lui donner une dernière fois l’illusion qu’elle vivait et vivrait pour encore longtemps.  Nous savions que c’était faux, je me réfugiais dans le déni volontairement.  Il y avait encore tant à faire, tant à voir.  Tant de promesses que je n’aurais jamais tenues.  Notre histoire ne pouvait pas s’arrêter comme ça…. Une fois encore en moi-même, je suppliai qu’on ne me l’enlève pas, ou qu’au moins on me laisse mourir avec elle.  Comment pourrais-je lui survivre?  Cruel.

Elle était si terrifiée et moi qui m’étais juré de la protéger, encore une fois j’étais impuissant, incapable de la préserver de la peur et de la souffrance.  Ses yeux cherchaient les miens, je les évitais.  J’étais incapable de supporter la peine de la perdre, je ne pouvais pas lui laisser voir tout ce déchirement en moi.  Comme j’étais égoïste!  Je tentai de me raisonner, de me redonner courage.  Mes prunelles croisèrent les siennes et devant les perles de larmes qui décoraient ses yeux telle la rosée, une violente vague de détresse monta en moi.  Sa présence était si tenue, je la voyais s’évanouir.  Je tentai de sourire, que son dernier souvenir ne soit pas empli de désespoir et de chagrin, qu’elle ne regrette rien de ce qui n’arriverait jamais.

« Agathe, mon Agathe, je suis si heureux de t’avoir rencontrée, de t’avoir aimée, » soufflai-je.

Mes bras se resserrèrent sur le vide.  La sensation même de sa frêle figure appuyée contre la mienne s’amenuisait déjà, comme si elle n’avait tout simplement jamais existé.  Ne reste plus que le froid de l’absence.

Mes larmes commencèrent à couler silencieusement, avant de redoubler d’intensité alors que la réalité s’imprimait dans ma tête.  Abandonnant toute dignité, je me laissai aller à pleurer bruyamment.  Mes mains agrippèrent les draps encore froissés de sa présence, cherchant une trace d’elle, son odeur, n’importe quoi.  Mais il ne restait plus rien.  Rien qu’un vide béant dans ma poitrine.  Je me recroquevillai sur moi-même, enfouissant mon visage dans ces draps qui avaient été les siens, qui auraient pu, qui auraient dû être les miens un jour, m’abandonnant à toute la brutalité de mes sentiments écorchés à vif.

« Agathe… Agathe… » l’appelais-je en proie au désespoir.  Je n’avais cure d’être entendu par les domestiques de sa tour, d’apparaître sans dignité.  Avais-je hurlé mes pleurs, les avais-je tus, je n’avais plus conscience de rien d’autre que de la douleur de sa disparition.  Combien longtemps encore aurais-je à vivre sans elle?  Qui se souviendrait d’Agathe une fois que ma vie s’éteindrait à son tour?

« Mais qu’est-ce que je vais faire sans toi, ô mon aimée, mon adorée.  Ne me laisse pas Agathe.  Reste près de moi, ne m’abandonne pas seul ici… »

Pouvait-elle encore m’entendre?  Était-elle encore là, tout près de moi?  Son sourire tendre me réveillerait-il le lendemain matin?  Je n’osais regarder, n’osait poser un regard sur cette pièce qui me rappelait tout d’elle et où elle ne serait plus jamais.  Il ne restait plus qu’un drap.  Un drap dépourvu de sa chaleur, de son odeur.  Un drap qui n’avait rien d’elle, celui qui aurait pu pendre à sa fenêtre le jour de ses noces si elle était restée en Bellifère.  Un drap encore pur et immaculé.  Et dans ma douleur, dans ma haine envers les dieux de me l’avoir arrachée, je remerciai Mirta de l’avoir mise sur mon chemin, d’avoir versé le feu de la passion dans mes veines pour elle, de l’avoir préservée de la barbarie belliférienne.  Mais plus que la reconnaissance, la douleur dominait sur mon âme entière.  Plongé dans la noirceur, accroché à cette dernière preuve de l’existence de mon aimée, je restai là des heures, des jours durant.  Le puits de ma peine ne connaissait pas de fond.






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