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 Lucille Sombrefiole

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Message Sujet: Lucille Sombrefiole    Lucille Sombrefiole  EmptyJeu 10 Déc - 13:43


Lucille Sombrefiole
ft. Rachel Hurd-Wood

«  Dis, tu ne veux pas prendre une gorgée de ce truc tout à fait fiable ? »




Âge : 20 ans 
Date et lieu de naissance : 25 mai 981 en Sombreciel
Statut/profession : Mélangeuse d'herbes et créatrice de philtres, expérimentatrice compulsive, gérante d'un petit commerce à l'Académie
Allégeance :  Moi-même
Dieux tutélaires : Omen l'Aléatoire, décision commune de mes parents qui pensaient que confier leur enfant au hasard était le meilleur moyen de se faire de la chance une alliée. Comme je me refuse à croire que quelqu'un d'autre que moi maîtrise ma destiné, je ne prie pas. Ni lui, ni un autre.
Groupes : Lorgol, Peuple, Savants


Anecdote : 
Seule la découverte prime, l'argent n'est pas important.
Voilà ce que je me suis toujours dit, jusqu'à ce que je commence à gagner plus que ce dont j'avais besoin pour vivre. La découverte devenait alors plus confortable avec un peu de réserve et mes voyages n'étaient plus nécessaire. Je peux me procurer des herbes du monde entier en gardant mes fesses clouées sur la chaise de ma petite chambre à la Taverne de la Rose.
Mais où est l'intérêt ? La nature me manque et j'ai besoin de me promener et de récolter mes ingrédients moi-même. Je ne saurais pas les élever, mais si la nature me les fournit, je suis prête à aller les chercher, les vendeurs parfois ne voient pas ce qui est précieux, ils vendent ce qui marche déjà.
Malgré tout, je continue de vendre. Seule la découverte prime, mais si mes préparations s'achètent, je ne vais pas les conserver. Tout se vend, à la moindre expérience qui tourne bien, j'ai un nouveau produit à proposer, pour le bonheur des habitués de ma boutique à l'Académie. Les remèdes marchent bien, mais beaucoup sont ceux qui les fabriquent, alors ce sont mes teintures et mes lotions qui ont du succès. Et bien sûr, toujours, les mélanges festifs qui égayent les soirées étudiantes.
Je suis savante, exploratrice, mais aussi marchande et tout compte fait, ça me plaît.



Dans la vie, je suis...

Imprévisible, impulsive, inconsciente, curieuse.
Pourvue de sens de l'humour, immature, créative.
Indépendante, obstinée, sûre de moi, arrogante.
Extravertie, joyeuse, fidèle, rancunière, naïve.
Bohème, éveillée, désordonnée, influençable parfois.



« Je vois... je vois un avenir changeant, pas incertain, non, mais un avenir toujours en mouvement, dépourvu d'ennui. Je vois une enfant imprévisible qui en surprendra beaucoup. »

- Voyante de passage à la Taverne de la Rose, après 'quelques' pintes
(ne rigolez pas, j'ai même dû lui donner des pièces)
«  Imprévisible » dit-elle. Beaucoup le disent. Imprévisible est le mot qui revient le plus souvent, car il est vrai que ma logique n'appartient qu'à moi. Disons que je saute sur la première idée venue et, vous connaissez le cheminement de la pensée, les idées vont et viennent et se bousculent. Pas question de prendre le risque d'en laisser une s'échapper, il se pourrait qu'elle soit bonne ! Impulsive, entends-je ? Que croyez-vous ? Que j'ai le temps de réfléchir sans altérer toute la substance d'un concept spontané ? Que ceux qui disent que je suis inconsciente arrêtent d'avoir peur de tout ! Il faut bien prendre un peu de risques pour apprendre quelque chose. Cessez d'imaginer que ma curiosité me mènera à ma perte, c'est elle qui me fait vivre !

« Capable de concrétiser la plus géniale des théories dans son domaine, elle s'obstine pourtant à passer des heures de travail sur les projets les plus saugrenus. »

- Bilan de dernier semestre
(encore un prof qui n'a pas compris l'intérêt artistique de mes teintures colorées)
(peut être celui de chimie dont j'ai redécoré la salle)
Ah mais j'ai le sens de l'humour moi, Professeur ! Faudrait-il que tout soit sérieux ? Non merci, je m'ennuierais trop ! Les adultes me qualifient d'immature, j'espère alors ne jamais grandir si c'est pour finir comme eux.  Je me moque de ceux qui évoquaient une 'phase', je n'ai jamais fait de crise d'adolescence, je sais ce que je fais, et si je me laisse emporter par des élans créatifs qui ne me donnent pas toujours de raison valable, je sais que j'en ressortirai enrichie et non pas abrutie. Il est regrettable qu'on me demande si souvent de me justifier alors que j'aime juste ce que je suis et ce que je fais, parfois je me fais rire, parfois je m'instruis, il n'y a pas d'acte meilleur qu'un autre, il n'y a pas de savoir meilleur qu'un autre et je n'ai pas besoin qu'on approuve ce que je fais pour continuer.

« J'ai peur pour elle, car elle n'en fait qu'à sa tête et n'écoute que les conseils qui lui conviennent. »

- Lubin Sombrefiole
(tu m'a apporté plus que tu ne le crois, Papa)
J'imagine que ça doit être décevant pour un parent, d'avoir une fille aussi indépendante aussi jeune. Il se trompe, ceci dit, j'écoute les autres et j'absorbe tout ce qu'ils ont à me transmettre, mais ensuite, je fais à mon idée. Quand j'ai une idée, j'ai horreur de la lâcher, je suis très obstinée et j'aime aller au bout des choses. Cette volonté fait alors barrage à toutes les remarques négatives venant de l'extérieur et même aux appréhensions venant de l'intérieur. Bien sûr il m'arrive de douter, qu'est-ce que vous imaginiez ? Ce n'est pas parce que j'ai l'air sûre de moi que je suis confiante en toute circonstances. Mais laissez apparaître une faiblesse et ceux qui croient déjà que vous ne valez rien ont matière à nourrir leur argumentation contre vous. Mieux vaut les laisser croire que vous savez ce que vous faites et que ce qu'ils vous disent vous est égal. En toute honnêteté, et certains y verront un signe de mon arrogance, j'ai plus souvent raison qu'eux.

« Elle est pas très jolie, mais elle est sympa. »

- Lena Jedidiah
(je vais mettre du vert dans son rose à cette petite peste !)
Il est bon de savoir qu'on attire tout de même la sympathie. Etre extravertie aide parfois : j'ai beau cacher mes incertitudes, j'ai une facilité à transmettre mes émotions. Etant le plus souvent joyeuse, j'envoie beaucoup de sourires, naturellement, sans chercher à plaire aux autres dont j'ai précédemment dit que leur estime m'importait peu. En fait, je crois que même si je ne fais pas l'unanimité, je n'attire pas réellement la haine. Au pire, je passe juste pour une gamine, une folle ou une idiote. Parfois, moi aussi je m'attache aux autres et soyez sûrs que je suis une amie fidèle. Ne vous avisez pas de me trahir, ceci dit, parce que si je réalise la plupart de mes préparations en toute innocence, je prendrais un plaisir particulier à me venger de quelqu'un qui m'a fait souffrir. Je suis rancunière, il ne faut pas jouer avec moi. Heureusement, ce n'est pas encore arrivé, ou bien peut-être suis-je un peu trop naïve...

« Je me rappelle à quel point elle était influençable, je suis heureuse de l'avoir mise sur la bonne voie. »

- Alicia
(sans surprise, ma mère n'a pas voulu garder son nom)
Aussi en colère puis-je être contre elle, je dois admettre qu'elle a raison. Sans elle, je n'aurais pas été aussi libre, je n'aurais jamais cherché à remettre quoi que ce soit en question. Elle m'a transmis sa vision de bohème : elle m'a appris à vivre aujourd'hui et à ne pas penser à demain. Elle m'a appris à vivre et à ne vivre que par moi.. Elle m'a initiée, elle m'a lancée et si je suis aussi éveillée, c'est plus grâce à elle qu'aux nombreux livres que j'ai pu lire. Elle m'a appris à être désordonnée, car l'ordre n'est qu'une autre manière de se plier à des règles. Elle m'a appris à exister. Certes, je reste toujours plus influençable que ce que je ne le voudrais, mais peu importe si je me laisse guider sur un chemin, car je sais que je suis capable d'en modifier la direction. Je mène ma propre vie, je choisis qui je fréquente et la seule raison pour laquelle ils sont autorisés à me montrer la voie, à me compléter ou à me changer, c'est qu'ils en valent la peine. Au final, je me retrouve toujours.

« Pour résumer, Lucille c'est le genre à faire des trucs parce que c'est drôle ou juste 'pour voir' et tant pis si c'est n'importe quoi ou que ça finit mal. Pour tout le reste, ça dépend de son entourage, mais il est certain que nous saurons lui trouver les influences les plus pertinentes. »
- Mabenta
(quel bonheur d'avoir une créatrice aussi impliquée !)


Et voilà comment j'en suis arrivée là.


Votre vie trépidante à Lorgol vous épuise ? Besoin de profiter de quelques jours d'ennui absolu au milieu de nulle part ? Envie de rencontrer des autochtones dont l'intelligence limitée vous donnera l'illusion d'être un peu plus utile ou l'occasion de perdre quelques neurones ? Curieux d'expérimenter les diverses activités locales passionnantes telles que la course de poulets, le lancer de crottin de poney ou encore la sculpture sur patate douce ? Le village est fait pour vous !

Il y a plusieurs choses à savoir sur le village.
Tout d'abord, le village n'a pas de nom, à quoi bon ? Les habitants du village sont les seuls à connaître le village, donc quand ils parlent du village, ils savent bien de de quoi il s'agit.
Ensuite, le village n'a pas d'emplacement. Enfin si, toute chose en a un, mais on ne sait pas trop où c'est. Essayez vous-même ! Demandez à n'importe quel habitant de situer le village sur une carte. La moitié ne saura pas ce qu'est une carte, l'autre moitié ne saura pas comment la regarder. Les plus initiés avanceront avec certitude que nous habitons « quelque part en Sombreciel ». Un bout de prairie entre un lac et une forêt - profitez d'un séjour reposant dans un cadre bucolique ! - aura suffit à quelques idiots pour s'installer, faire des bébés avec leurs cousins et fonder une tribu dans l'endroit le plus isolé du monde !
Le village se suffit à lui-même. C'est pour ça que les gens n'en sortent pas et n'y viennent pas. C'est pour ça que nous sommes condamnés à nous coltiner les mêmes abrutis pour la vie et même les futures, vu qu'ils ont compris comment se reproduire. Parfois, il y a une bonne surprise, un éclair de génie ou un esprit rebelle mais il comprend vite qu'il faut déguerpir d'ici.

Du coup il ne nous reste que les pires. La masse des pires. En plus les pires se croient les meilleurs. Après tout, ils doivent être très forts pour ne pas dépendre du reste du monde ! Quel exploit de réussir à cultiver des aubergines, assembler trois planches de bois, élever des chèvres et faire du fromage ! Apprendre à lire, pour quoi faire ? Ca ne fait pas avancer le troupeau, ça ne nous habille pas pour l'hiver ! A vrai dire je me fiche qu'ils se complaisent dans leur médiocrité, mais qu'ils arrêtent de me regarder comme si j'étais l'incarnation du démon de la connaissance ! L'art, c'est pour les incapables, la science pour les prétentieux.  


I

J'ai dix ans. Aujourd'hui j'ai appris que je me marierai avec Gauvin plus tard. Je m'en doutais un peu, c'est le seul garçon d'à peu près mon âge, mais j'aurais espéré que mon père soit avec moi sur ce coup-là. « Ta mère et moi, on ne s'aimait pas, et pourtant ça a fonctionné, on a appris a vivre ensemble... » Oui, ça doit être pour cette raison qu'elle a fuit dès qu'elle a pu. « ...et on a créé la plus belle créature du monde. » Attends... Tu as VRAIMENT cru qu'un peu de flatterie allait arranger tous mes problèmes. Je te croyais plus malin.
Au passage, Gauvin aussi est un peu gavé. Pourquoi devra-t-il se marier avec la folle avec ses livres ? Pourquoi devra-t-elle porter ses enfants, celle qui n'est même pas capable de coudre un bouton ? Pourquoi n'a-t-il pas le droit d'engrosser la ô combien plus estimable Gersande ? Parce que c'est ta jumelle, et oui, même ici, ça fait mauvais genre. Il sera donc condamné à subir le même sort : être la risée du village, être rejeté du troupeau et devoir s'occuper de ses moutons tout seul et rentrer pour être en tête-à-tête avec une tête pensante. Tous les jours. Toute la vie. Qu'importe qu'elle sache par où tenir un bouquin, Lucille-la-foldingue ! Qu'importe qu'elle soit capable de guérir sa gueule de bois,  Lucille-la-cinglée ! Peut-être bien qu'elle pourrait l'empoisonner tout à fait par inadvertance. Ou peut-être bien qu'elle pourrait partir d'ici pour vivre sa vie sans avoir à suivre les traditions insensée d'un groupe d'animaux pas plus éveillé.
« Tu finiras par t'intégrer. Regarde, ils me font confiance. » En même temps, ils sont bien obligés, de se fier au seul apothicaire du coin ! Un peu pour guérir leurs maux, surtout pour leur apporter leurs doses de plaisance. « Si tu faisais un peu d'effort, aussi. » Ah tiens donc, la prochaine fois qu'ils me tapent dessus, je leur dirai merci et ils m'inviteront à leur fête. « Il n'est pas si méchant, Gauvin. » J'en sais rien, qu'il soit idiot est une raison suffisante. « Tu verras quand tu auras un enfant. » Super, un abruti de plus. « Est-ce que tu as essayé de le connaître au moins ? » Je vaux tellement mieux que lui. « De toute façon, tu n'as pas le choix. » Si, j'ai le choix.

Je vais leur montrer que j'ai le choix. Mon père m'a appris à lire, à chercher des informations dans sa bibliothèque, à reconnaître les plantes, à retenir leurs propriétés, à reproduire des recettes sans aucune erreur. Il était trop heureux d'avoir une petite apprentie qui pourrait intégrer son savoir et le transmettre à son tour pour que le village ne manque jamais de soins. Il oublie parfois que j'ai eu une mère. Ma mère m'a appris à observer, explorer, expérimenter, créer, critiquer. Elle m'a appris que je valais quelque chose. Elle m'a appris que j'avais toujours le choix. Elle m'a montré qu'elle aussi. J'ai le choix et je vais leur montrer.

Papa, il y a un endroit pour les gens comme moi. Ce n'est pas ici. Ces arriérés consanguins fermés d'esprit ne me méritent pas. Oui, je parle d'eux comme ça car ils ne se gênent pas pour me traiter de vilaine tarée à la face de papier. Tu sais que presque aucun d'entre eux ne sait nager ? Tu m'as appris car c'est important d'accéder aux algues du fond de l'eau. Tu te rappelles de l'ancien qui avait essayé de monter une école ? Ils l'ont noyé dans le lac car l'idée leur déplaisait. C'est d'une école dont j'ai besoin, mais pas d'une école dans ce village, une vraie école où je pourrai apprendre des choses et maîtriser quelque chose à laquelle je suis déjà bonne. Oui, j'aspire à devenir meilleure que toi, car j'aspire à inventer et non pas à suivre les consignes. Tu devrais être fier de moi, Papa ! Je m'en vais vers l'Académie dont les livres parlent. Je taperai à leur porte jusqu'à ce qu'ils me laissent entrer et j'espère les mériter, car eux me méritent. Papa, ne m'en veux pas, d'accord ? Tu sais, les autres enfants ne veulent pas non plus de ce mariage. Ca fera comme avec l'ancien, sauf qu'ils n'arriveront pas à me noyer, mais ils trouveront autre chose. Ils ont encore quelques années pour ça. Mieux vaut que je sois loin d'ici, il n'y a que toi que ça peinera, je veux le bonheur du plus grand monde, enfin surtout le mien.
C'est pour la bonne cause, Papa. Un savant de plus à ce monde, ça ne se gâche pas dans le coin le plus perdu d'Arven.

J'ai dix ans, alors je sais ce que je fais.


II

« Réflexions et complexités de la société cielsombroise »  Oui. Juste une excuse pour dessiner des gens tous nus, si tu veux mon avis. En tout cas moi, je vois juste des gens tous nus. De toute façon, l'art on n'y comprend jamais rien, c'est pour ça que ça ne plaît pas trop aux gens d'ici... Quoi que... les gens tous nus, ça pourrait.
On n'a jamais touché à l'atelier de Maman. Papa me répète depuis deux ans qu'elle reviendra et qu'il ne faut pas déranger ses affaires, mais il est bien trop sage pour faire preuve d'une telle naïveté. Je le soupçonne de s'imprégner de ce qu'elle a laissé derrière elle, comme si ses œuvres diffusaient encore un peu de son essence. Je le fais aussi. Il peut prétendre ce qu'il veut, je sais qu'il tient à elle, je sais qu'il déplore son départ, je sais qu'il regrettera le mien. Il pense que je ne lui laisse pas le choix, mais il en a un : il pourrait venir avec moi, il a simplement choisi son village. Je ne lui en veux pas comme j'en veux à Maman. Elle aurait pu me prendre avec elle, elle aurait dû m'emmener ! Combien de fois j'ai eu envie de brûler cet endroit ! Et je me retrouve ici, à regarder ses créations avec un œil nouveau, celui qui arpente chaque tableau, chaque sculpture, en essayant de repérer la plus belle pièce ou la plus marquante – ou la plus petite - celle que j'emporterai avec moi, celle qui la représentera, qui lui donnera une consistance à mes côtés.
A ce moment là, j'aimerais découvrir une lettre cachée, une trappe sous un tapis ou une pièce secrète derrière une étagère. J'aimerais croire que quelque chose m'était destiné, qu'avant de disparaître, elle m'ait laissé une petite attention. A la place, c'est à moi de trouver à quel objet insignifiant je vais donner un sens. Pas la société cielsombroise, par pitié ! De toute façon ce tableau est bien trop large, cette collection de figurines en bois devrait être plus accessible. Ca ressemble plus aux genre d'objets qu'elle confectionnerait par ennui plus que pour poursuivre son cheminement artistique, ça fera l'affaire. Je lui dédicacerai aussi une potion d'ennui, la plus amère, si possible. Cette volitigeuse sur son griffon de bois fera l'affaire et sans trop de précaution, je l'envoie voltiger dans ma sacoche.
Au tour de Papa, maintenant, choisir un livre de sa bibliothèque sera plus aisé.

A présent que tout est prêt pour le grand départ et je n'arrive pas à dormir. Mon esprit vagabonde dans des  vies parallèles. Considérant qu'une Lucille part dans un torrent de fumigènes et de feux d'artifices, qu'une autre Lucille empoisonne la source d'eau du village, je suis une Lucille plutôt sage à planifier ma sortie en toute discrétion. Je pourrais peut-être m'enfuir le jour de mon mariage, pour une sortie plus dramatique mais il est exclu que j'attende encore quelques années pour sortir de ce trou. Est-ce qu'une Lucille a épousé son Gauvin au final ? Combien de bébés bouclés ont-ils noyé dans le lac ? D'accord, il est vraiment temps que je dorme.

« Psst. »

Toc.

« Psst psst. »

Toc. Toc.

« PSST PSST PSST ! »

Ouch.

Je jurerais qu'il l'a fait exprès, de m'envoyer ce gravier là en pleine face. Ordure. J'ai un œil entrouvert qui fait la mise au point sur un Gauvin furtif au milieu de la nuit. L'autre n'arrive toujours pas à se décoller. Mais qu'est-ce que tu veux bon sang ? Tu ne peux pas me laisser tranquille ? Demain tu n'entendras plus parler de moi ! « Ton père a dit à ma mère que tu voulais m'empoisonner et t'échapper par le lac pour fuir notre mariage, c'est vrai ? » - Vous voulez tenter l'expérience d'une communauté où les autres connaissent des détails si croustillants sur votre vie que même vous, n'en étiez pas informés ? - Il se peut que mon père ait stupidement évoqué mon désir de m'envoler vers d'autres mondes, mais le reste est aussi hasardeux que mes vagabondages spirituels de la veille. Pourtant Gauvin a l'air convaincu, si convaincu qu'il cache avec plus ou moins de discrétion un large couteau dans son dos. « Pose ça, t'es ridicule. », je lui dis. Mais en vérité, je ne fais pas la maligne, c'est qu'il est capable de s'en servir, le nigaud ! Il ne faut pas que je lui montre que j'ai peur de lui mais il ne faut pas que je l'énerve. « Ecoute, toi comme moi, ce mariage, on n'a pas envie de ça. J'ai juste dit à mon père que je voulais aller à l'Académie. Tu sais c'est un endroit où on apprend des choses... Où il y a que des têtes de bouquin comme moi... Tu vois le genre ? En tout cas dans quelques heures pouf ! Plus de Lucille ! Pas besoin de tacher tes mains ou tes vêtements, ta mère va avoir du mal à les nettoyer. » Je parle trop... Si cet andouille n'arrive pas à tenir le couteau par le bon côté, c'est ma langue bien pendue qui me perdra. « Tu crois ? » Non, sérieux, je suis SI persuasive que ça ? « Les parents veulent pas que tu partes. Ils disent qu'il y aura pas de descendance sinon. » Ca m'est bien égal ce qu'ils veulent tes parents ! « Ils te laisseront pas faire. » Je ne sais pas quoi lui dire, qu'entre deux artefacts parentaux, des habits de rechange et des cahier vierges, il y a les potions spéciales juste-au-cas-où-mais-vaudrait-mieux-pas. Celles qui piquent les yeux et font pousser des pustules. Celles qui m'ont fait comprendre qu'être son propre cobaye comportait des risques. Celles qui ont des couleurs marrons et kakis qui n'inspirent déjà pas confiance.

- Je vais t'aider. 
- Pardon ?
- C'est toi qui l'a dit. On a envie de pas ça. Ou un truc comme ça.

Ce type est vraiment niais, mais il a l'air sincère. C'est presque mignon. Presque parce que j'ai toujours « envie de pas ça ». J'aurais voulu dire au revoir à mon père, mais puisqu'il a l'air décidé à monter le village contre moi, c'est moins risqué de filer en douce, à cette heure nocturne.

- Comment tu veux m'aider ? J'avais prévu de déguerpir en douce.
- Ton père est devant chez toi. Je vais faire semblant d'être malade.


D'accord, ce gamin a de l'idée. Dis Gauvin, tu ne veux pas prendre une gorgée de ce truc tout à fait fiable ? Histoire que ton prétexte fasse plus vrai ! Non, je ne vais pas prendre le risque qu'il croie que je veuille réellement l'empoisonner. Par contre, si ses parents sont au courant de mon départ et n'approuvent pas, ils seront forcément postés à la limite du village. Je n'avais pas spécialement envie de partir à la nage, mais au final c'est peut être bien le moyen le plus sécurisé, vu que nous sommes très peu à savoir nager.

- Jvais allumer un feu et ouvrir l'enclos des bêtes avant ça.
- On a fait plus discret mais y a de l'idée, ça les occupera.

Ca les a occupé.

J'ai froid, je suis trempée, il fait encore nuit, j'entends des bruits bizarres, j'ai dû m'appuyer sur Gauvin et rien que ça me donne des frissons, mais je l'ai fait ! Nous l'avons fait ! Maman regarde, ta voltigeuse peut enfin voir du pays ! Maman regarde, je lui fais profiter du paysage ! Soudain, en la tournant et la promenant, je remarque sous son socle ce mot gravé avec force :
« Liberté ».


III

J'arrive dans le monde. Ce monde qui n'est pas entre la forêt et le lac, mais après. Celui de tout le monde, pas celui des villageois. Là, je comprends. Je comprends que je fais partie du monde et que j'étais enfermée. La mini-voltigeuse Liberté est entre mes mains tout comme la vraie liberté qui m'entoure et m'entraîne. La brume m'empêche de voir très loin pourtant j'ai l'impression d'ouvrir les yeux en grand et je veux la rencontrer et la traverser. Je veux qu'elle m'emmène et qu'elle me montre, je veux qu'elle me dise que je suis chez moi, que le village n'est qu'un souvenir, que ce monde est aussi le mien, que j'ai ma place et que je vais l'honorer. Alors c'est moi qui murmure à la brume à quel point je suis excitée et l'excitation faisant, je ne murmure plus mais je hurle : « Je suis ici ! Merci !» Est-ce le Destin ou bien les Dieux qui reçoivent ma gratitude ? Mon courage, je ne le dois qu'à moi-même et je n'avais guère besoin de plus que ça pour me défaire de ma prison. Mais dans l'euphorie, je veux remercier tout ce qui existe, car j'ai enfin le monde autour de moi. Je nage dans la brume matinale et je me noie dans le bonheur, je voudrais ne jamais sortir de cette extase.

Pourtant c'est bien la faim qui me ramène à la dure réalité de la survie en solitaire. Les jours devenant des semaines, les provisions disparaissent et l'alimentation limitée au baies et fruits sauvages ne suffit plus à faire taire mon ventre orageux. Parfois je croise un nid abandonné et point de pitié pour ces œufs sans défense – ô douce ironie, moi-même abandonnée de ma propre mère – ils sont donc mon festin et j'apprécie particulièrement ce déjeuner imprévu. Parfois j'ai moins de chance et des insectes grillés font l'affaire car passé le dégoût, ils sont bien nourrissants, abondants et faciles à attraper.
Puis il y a cette fois où je crois à un mirage, mais non, c'est bien un lapin qui me toise au loin. Il sait que je le regarde et je sais qu'il sait et lui-même sait que je sais qu'il sait. Je ne peux pas laisser cette chance même si je n'ai jamais chassé de ma vie. J'entends dans ma tête ricaner les gamins du village, ils se disent que je ne peux pas le faire. Ce lapin lui-même se dit que je ne peux pas le faire, sinon il se serait déjà enfui alors que là, il me fixe, immobile, de son air hautain. Même ses moustaches respirent le mépris, oh je vais me faire une joie de l'égorger. Ce n'est plus une bête histoire de survie primaire, c'est un défi qu'il me lance, c'est ma fierté qui est en jeu. Lui, il pense déjà avoir gagné, je ne peux pas lui laisser savourer sa victoire. J'empoigne mon petit couteau, il suffira bien à transpercer sa chair si fine. Si tendre... J'en bave déjà et j'ai le goût dans ma bouche. Même mon estomac a cessé de gronder, comme un encouragement, comme pour me dire « Je t'accorde un peu de répit, mais ne me déçois pas. ». Peut-être devrais-je le saisir par les oreilles, ou bien par le cou. Tout est une histoire de rapidité, le tuer ensuite, ce sera aisé. Je fais un pas en avant, il ne bouge toujours pas, le coquin. Les rires ont pris possession de mon esprit mais je sais faire avec, j'ai appris, à force. Je m'élance et... je rate. Il bondit un peu plus loin et me regarde avec autant, sinon plus, de dédain. Pauvre petite humaine que je suis, si lente et si stupide. Que tu crois ! Tant pis si je ne gagne pas ce duel à la loyale. Je sais que tu as des faiblesses toi aussi, j'ai vu comme tu regardais ces laitues sauvages, quand ton petit ventre animal ne tiendra plus, là je frapperai et ta viande ne sera pas uniquement nutritive, elle sera délicieuse car assaisonnée de victoire.

Quelques jours plus tard, je croise mon premier village et de nouvelles têtes. Tellement absorbée par la nature et le monde animal, j'appréciais ma vie en solitaire et mes petits succès quotidiens. Le premier lapin n'a pas eu raison de mon orgueil, j'ai persévéré jusqu'à l'avoir et avec l'entraînement nécessaire, je peux à présent chasser de petits animaux. Parfois je me sens seule, mais ce n'est pas de présence humaine dont j'ai besoin, mais de présence paternelle. Il me manque et je ne suis pas surprise. Ca ne suffira pas à me faire renoncer, juste à me faire sangloter quelques fois. Pourtant, discuter avec des inconnus est agréable, c'est la première fois qu'en plus d'être la curiosité locale, je suis appréciée et j'arrive à faire rire sans que ce soit contre moi. Ils apprécient mes histoires, ils veulent en savoir plus sur le village. J'aime à croire que je conte bien, car ils ne peuvent pas se fasciner de la vie des arriérés. Toujours est-il que j'en ressors avec des piécettes, les premières que je touche, nous n'avions pas de monnaie là-bas. J'arrive aussi à vendre les quelques remèdes que j'ai emportés avant mon départ, je peux racheter des fioles et faire des bénéfices et je me fais un nom au milieu de cette nouvelle communauté. On me propose de m'emmener en Lagrance à bord d'une charrette, mais je refuse, j'aime trop me promener. Je vais commencer à récolter ce que je vois, les plantes diffèrent de celles de mes terres natales, j'ai des expériences à mener, des découvertes à faire. J'ai toujours un but et pour y arriver, je dois impressionner.

Trois mois.

Sombreciel, puis Lagrance, puis Cibella.

Sur la fin, j'appréhende de ne pas être à l'Académie à temps alors j'accepte d'être transportée. Beaucoup se demandent ce qu'une enfant fait seule, mais peu osent me parler de mes parents. Je dois passer pour une orpheline et c'est un peu ce que je suis, ma mère et partie, mon père ne me soutient pas. Mais je préfère. Ce voyage n'aurait pas été le même avec des adultes. J'aime mon indépendance et j'aime ma liberté. Je vais arriver à Lorgol et j'ai hâte de voir la cité. Nul doute que leur sérieux de grande-personne m'aurait clouée à l'Académie sans me laisser une minute pour faire du tourisme. Plus je m'en rapproche, plus je suis excitée, mais aussi inquiète. En trois moi j'ai rencontré plus d'étrangers que dans toute ma vie et tous tellement différents qu'ils me font prendre conscience que je ne sais pas parler et que j'ai un entretien à passer.

Que vais-je bien pouvoir leur dire à l'Académie ?


IV

« Non. »

Là, ma fierté dégringole.

« Non. »

Voilà le seul mot que j'entends.

« Non. »

Je n'ai pas la force d'être indignée, je suis juste abattue.

« Non. »

Il y a bien une raison, pourtant, mais je ne peux pas la comprendre.

« Non. »

Voilà le seul mot que j'entends.

Je m'en veux. Je n'ai pas réussi à être à l'écoute, je ne sais pas ce que l'on me reproche. Je suis assise sur un banc à l'extérieur, dépitée. J'ai encore devant mes yeux ces visages fermés. J'ai encore dans mes oreilles le brouhaha dont je ne perçois qu'un mot. Je n'ai dans ma tête que ce mot, toujours le même mot. J'ai subi des moqueries depuis toute petite, mais elles ne m'ont jamais fait aussi mal. J'ai mal. Je me voyais comme l'élève parfaite mais je ne suis qu'une recalée. Je souffle et je soupire. Je retiens mes larmes. Je pars, enfin. Je pars sans me retourner.

A force d'errer dans les rues de Lorgol, je me traîne dans une taverne, il faut bien que je dorme quelque part. De la Rose, la taverne. Quel bien beau nom pour une herboriste ratée. C'est bien trop amer comme ironie, bien trop piquant comme blague. J'y passerai une mauvaise nuit mais tant pis, demain je m'en irai. Installée au comptoir, j'ai commandé ma chambre, j'ai commandé mon verre de lait et j'ai les yeux bleus de la gérante plantés dans les miens et je finis par lâcher un « Quoi ? » rempli de toute la haine qui noircit le fond de mes entrailles.
Elle se demande ce qu'une gamine fait seule ici, tiens donc, elle se demande si tout va bien, elle trouve que j'ai l'air paumée et déprimée. Devine quoi ! Je SUIS paumée et déprimée ! Je pensais être quelqu'un mais en fait je ne suis personne. Voilà ce que je lui dis. J'avais basé toute mon existence sur cet entretien et j'ai raté cet entretien et je ne sais même pas pourquoi car tous les refus du monde se sont logés dans ma tête à ce moment là. « Non. » Voilà ce que j'ai entendu, alors qu'ils avaient tellement plus à dire. Je suis la ratée que je mérite d'être et ces professeurs m'ont donné la leçon que je méritais. Voilà ce que je lui dis.   Je n'ai personne, je déteste d'où je viens, ma mère m'a abandonnée, mon père ne m'a pas soutenue. J'ai fait le chemin toute seule et je me suis écrasée à l'arrivée. J'ai fait le plus beau des chemins pour l'arrivée la plus désastreuse et maintenant je suis perdue. Voilà ce que je lui dis. Je n'ai rien à faire et je ne sais rien faire. Ils ont eu raison, tous, de se moquer toujours de moi, je suis une incapable qui croyait être intelligente. Je suis stupide et même si je retournais là-bas, ils ne voudraient même pas de moi. Voilà ce que je lui dis. Il n'est pas question que je retourne là-bas ! Plutôt mourir affamée et dans la rue que de retourner là-bas ! Même rejetée de tout le monde, je vaux tellement plus qu'eux. Voilà ce que je lui dis.
Ce mélange aussi instable que l'un de mes liquides, elle l'absorbe sans broncher. Elle éponge mes larmes avec la patience d'une mère. Quand enfin elles sont taries, elle me propose d'aller me reposer avec la bienveillance d'une mère. Je n'ai plus la force d'être en colère, mère, elle l'est, mais pas la mienne, ça non. Je suis si fatiguée. Elle m'emmène à ma chambre et je m'écroule sur mon lit et je ne rêve pas.


Le lendemain je suis toujours une recalée. Mais je suis une recalée capable de faire la vaisselle et le ménage, voilà ce que je vais lui dire. Par pitié ou par nécessité, elle accepte et je passe les quatre prochains mois à travailler pour la Rose. Parfois le soir, je discute avec elle et au fur et à mesure je l'aime. C'est la première personne qui n'est pas de ma famille que j'aime vraiment. Le premier soir elle est restée calme, mais les autres elle ne se ménage pas. Parfois elle est dure mais je l'aime pour ça. J'ai besoin que ma confiance revienne et elle accélère les choses. Parfois ses gamines gambadent dans la taverne et j'attrape un de leurs sourires. Parfois un matin, un type se plaint de sa gueule de bois et je sais que je peux faire quelque chose. Je n'étais pas si mauvaise avant. J'étais habile et je voulais apprendre. Alors je recommence et je recommence. J'arrive enfin à soigner ce type alors je recommence. Je continue et je soigne les gens. C'est pas grand chose le remède à la migraine, mais ça se vendait bien en Sombreciel. Ici dans la taverne, la petite qui fait le ménage et la vaisselle, elle fait aussi des potions et ses potions marchent bien. Parfois elles font venir des gens et je suis contente. Mais la patronne ne l'est pas. Ca fait quelque mois qu'on se connaît maintenant, presque une demi-année qu'elle n'est pas ma mère. Elle partira bientôt et je devrais aussi, voilà ce qu'elle me dit. Mon travail ne te convient-il pas ? Si, mais elle sait que je vaux mieux et moi aussi. Mon rêve c'est l'Académie, alors il faut que je réussisse cet entretien. Que je trouve n'importe quoi, que je lise des livres si ça me chante ou que je sorte cueillir des fleurs pour apprendre sur le tas. Elle n'en sait rien, elle, elle est tavernière, pas professeur ! Mais une mère, c'est un peu un professeur de la vie alors pourquoi pas suivre ses conseils ?

Quatre mois après, je sors de la Taverne et je découvre à quel point je suis passée à côté d'une ville exceptionnelle. Mais l'heure n'est pas au tourisme, j'ai le monde à visiter et des millions de mélanges inconnus qui n'attendent que d'être découverts.


V

«Laissez-moi vous raconter une histoire.

Une petite fille était dans cette vaste salle. Elle rencontrait pour la première fois l'élite du savoir, mais elle ne comprenait pas encore ce que ça signifiait. Alors elle leur servit cet habile mélange qui fonctionnait sur tous ceux qu'elle avait croisés jusqu'à présent. La recette de la sociabilisation : deux louches d'histoire cynique sur des péquenauds du fond de Sombreciel, une cuiller de description enflammée d'expérimentations diverses et variées, quelques brins d'exploration et d'aventure, le tout assaisonné d'arrogance et d'orgueil, la petite touche qui lui était propre et qui faisait sourire la masse, attendrie par son caractère à un si jeune âge. Excepté que ces personnes là, ce jour là, n'étaient pas la masse. Ils avaient l'habitude d'écouter des jeunes gens conter et embellir leurs exploits, puisque pour convaincre, il fallait avoir l'air convaincant.

Dans cette vaste salle, cette petite fille n'était pas tout à fait comme tous les autres qui avaient été à sa place. Elle n'avait aucun doute, aucune pression. Elle savait qu'elle était plus intelligente, plus douée et plus forte que tout le monde. Elle se trompait. Elle voulait montrer que l'école la méritait mais ne s'était pas demandé si elle méritait l'école. Trop présomptueuse et aveuglée par son amour-propre, elle n'écouta pas un mot de ce qu'il se dit dans cette vaste salle. Le refus la frappa avec violence et la blessa, comme jamais elle ne l'avait été avant. Elle ne fut même pas prise par un sentiment d'injustice, seulement l'incompréhension la plus totale et le choc, un choc nécessaire à sa remise en question future.

J'ai... oui. J'ai préparé ce récit à l'avance. C'est ma façon un peu maladroite de vous présenter mes excuses les plus sincères. Je sais que je ne suis pas là pour ça, mais je tenais à m'expliquer, avec le plus d'humilité et d'honnêteté possible, si tant est que je sois capable d'en faire preuve. Rien ne pourra justifier l'attitude avec laquelle je me suis présentée à vous pour la première fois. Cet échec que j'ai eu tant de mal à supporter et à dépasser, il m'a ouvert les yeux et aujourd'hui ce n'est plus une petite fille qui vous parle.

Pour progresser dans mon art, il fallait que je comprenne ce qui me faisait vivre. J'ai cru à un moment que l'Académie n'était qu'un prétexte, après tout, vivre ici m'aurait permis de ne pas vivre là-bas et c'était tout ce que je cherchais. Sauf que non, j'en voulais plus. J'ai compris que cet échec n'était pas simplement une blessure à mon amour-propre mais le gaspillage, non, le sabordage de l'opportunité la plus importante qu'il m'était donné de connaître. Préparer des potions, ce n'est pas quelque chose que je fais parce que je sais le faire et que j'ai des facilités, ça me passionne. Ca me passionne tellement que je ne fais pas que mélanger des trucs, je recherche, je teste, je goûte ; le cheminement est aussi important que le résultat. Parfois plus.

Deux ans auparavant, je vous parlais de mes recherches mais je ne vous en montrais qu'une ébauche. Ce que j'ai fait durant ces deux ans – non, disons un an et demi, le temps de me recentrer – c'est un dépassement continuel. J'avais ce journal, qui était vierge quand je suis partie du village, je voulais y consigner mes découvertes du monde. Je suis allée en Arven, je suis allée partout, j'ai exploré les terres autant que j'ai exploré mon intérieur. J'ai compris le sens de ma vie, j'ai grandi. J'ai compris que je devais aller plus loin et que je pouvais vous montrer quelque chose de concret. Aujourd'hui, j'ai cinq volumes de ce journal, tous rédigés de ma main. Je vous les confie, vous y trouverez toutes mes notes, de la plus simple à la plus complexe, des observations et des croquis végétaux, des hypothèses, des expériences. Vous n'y trouverez peut-être pas le talent que je vous ai vanté lors de ma précédente visite, mais une persévérance et une rigueur qui ne pourront que vous prouver que je suis capable de bien plus que ce que je croyais suffisant.

J'espère de tout cœur vous convaincre de me prendre, car ce que j'ai fait par moi-même, je voudrais le développer avec vous. J'ai tellement de route à faire, le chemin de la connaissance est infini mais je veux l'explorer, j'ai besoin de l'explorer et j'ai besoin de vous pour ça.

Je n'avais pas que mes carnets à vous montrer, mais aussi des préparations diverses que voici. Les pages référentes pour chaque mélange sont inscrites sur les étiquettes des fioles correspondantes. Aussi, j'ai amené quelques ingrédients que j'ai conservés de mes voyages, si vous le voulez bien, je peux vous montrer la façon dont je prépare une potion d'énergie avec des algues d'Ansemer. La difficulté réside dans le dosage, mais la préparation est assez rapide, ce qui me permet de vous la présenter. Vous proposez aussi des cours de cuisine, vous serez ravis de constater qu'en plus de son effet tonique, cette préparation est d'un goût agréable, ce qui est assez rare lorsqu'on parle de potions. Je découpe donc les algues comme ceci, il y en a trois variétés, suivant les proportions, on peut arriver à une potion de bonheur, ce qui est aussi intéressant mais plus abstrait pour une démonstration pratique. Après les avoir écrasées et remuées au fond de ma fiole, j'ajoute le double du volume en eau, je remue avec délicatesse jusqu'à obtention d'un mélange homogène. Je pose à peine sur le feu et je dispose les quelques herbes. Voilà, ce n'est pas plus compliqué que ça, si vous avez la conviction de la justesse de mon travail, je vous laisse y goûter, en accompagnant peut-être de quelques groseilles pour rehausser le goût. C'est un de mes breuvages préférés et j'en ai eu l'usage beaucoup plus souvent que ce que je ne l'aurais voulu.

A présent, je souhaiterais répondre à vos questions. »

Alors, est-ce que je vous mérite ?


VI

« Mais qu'est-ce que vous faites là ?! »

L'Académie est un endroit fascinant. Je ne parle pas des couloirs à rallonge ou des salles mystérieuses, des bibliothèques qu'il faudrait plusieurs vie pour épuiser ou du hall magnifique qui plante le décor dès le franchissement de la porte d'entrée. Je parle de ce parallèle entre magie et savoir, cette cohabitation de deux domaines opposés et, je l'avoue, ces mages m'intriguent. Que peuvent-ils bien apprendre ? Qu'est-ce que ça fait de ressentir la magie, de vivre la magie ? J'aimerais être l'un d'entre eux, une fois, pour comprendre. Je pense alors à m'immiscer dans un cours, j'espère être assez discrète pour en percevoir une partie, au moins. C'est un cours de guérison, ils sont très peu, je vais avoir du mal à me faire passer pour une mage alors je me cache dans un placard. C'est un cours intéressant, du moins c'est l'impression que j'en ai, à travers le trou de la serrure. Les petits mages de l'eau sont des gens paisibles, mais ils restent des élèves, pas toujours très précis ou très efficaces. Une fille éclabousse son camarade, j'essaie d'étouffer un petit rire. Pas assez discret. La porte s'ouvre. Murmures d'excuses, je me fais jeter.

« J'arrive pas à croire que tu aies fait ça ! »  
Non, ma petite Kitty, je ne suis pas aussi timide que lors de notre première rencontre à la Taverne de la Rose. J'étais impressionnée par tout ce qui touchait à l'Académie, même par la plus nouvelle de ses recrues. Aujourd'hui, voilà que j'ai le culot de me glisser dans un cours qui n'est pas le mien. Les temps changent,  il y a quelques mois je me promettais d'être la plus sage des élèves. Mes questions sont toujours sans réponse mais ce cours m'aura fait gagner une amie. Kitty en rigole encore, de ce moment où j'ai essayé de m'expliquer à ce professeur.

Nos différences importent peu, nous devenons amies, puis sœurs. Parfois je me surprends à laisser glisser mon regard le long de sa tresse rousse et je me demande si je suis narcissique au point d'aimer autant quelqu'un qui me ressemble avant de repenser à cette magie que je ne comprends pas. Sa naïveté et sa maladresse la rendent vraie mais son don l'entoure de mystère. Parfois je me sens vraiment chanceuse de l'importance qu'elle m'accorde et je ne comprends même pas moi celle que je lui donne. C'est étrange d'être aussi proche de quelqu'un, ça ne m'est jamais arrivé. J'avais trouvé en Freyja une mère de substitution, mais je pouvais comprendre ce que je ressentais. Kitty, c'est plus compliqué et plus je grandis, plus ça devient compliqué. A l'Académie, je suis appréciée, j'ai des amis et des gens avec qui j'échange avec plaisir, mais personne comme elle.

Parfois, je lui fais voir ce sur quoi je travaille et alors elle me donne les idées les plus lumineuses. Elle est ma muse. Parfois, nous partons à l'aventure et nous gravons des runes sur des gens, parce que mine de rien, c'est drôle de graver des runes sur des gens.  Elle est ma camarade de bêtises. Parfois, nous discutons de tout et de rien jusqu'au lever du jour et nous paniquons ensemble car nous avons un examen dans quelques heures. Elle est ma confidente. Parfois je lui fais goûter ceci ou cela, elle rigole encore plus que d'habitude et alors je sais que les autres vont apprécier, en soirée. Elle est ma testeuse. Parfois, je la regarde et je me dis que j'aimerais profiter de ma jeunesse. Elle est...

Nous restons toujours unies, peu importe les circonstances. Une fois ou deux, nous nous égarons, mais cette amitié, elle est au-dessus de ça. Elle est au-dessus de son envol vers sa destinée de chevaucheuse, même si l'abandon est douloureux.

Je suis seule et vide.


VII

« …et évidemment, les plus avisés n'y verront pas l'incendie des rideaux du dortoir des plus jeunes mais la démonstration auprès de ces âmes nouvelles et dans un but purement pédagogique, de la création de feux d'artifices sur la base des ouvrages de physique qui sont à disposition de tous. »

Ainsi se conclut ma plaidoirie. J'ai dix-sept ans et ma dernière année menace d'être amputée d'un semestre. Evidemment que les petits élèves s'impressionnent de beaucoup de choses, alors autant les motiver avec des trucs qui font boum. Après, le fait que le mobilier décoratif de leur dortoir aie pris feu n'est selon moi dû qu'à une faille dans l'équipement de cette école. Mais ce n'est pas le moment de se la ramener, je suis devant un tribunal de professeurs mécontents et ce n'est pas comme si cette situation était inédite. Elle n'est plus à mes côtés aujourd'hui, alors je continue sans elle, à pratiquer le divertissement scolaire à la limite du renvoi. La plupart du temps nous menions nos petites aventures en toute discrétion et même si à force, il était évident que bon nombre d'événements incongrus étaient de notre fait, l'absence de preuves nous disculpait et nous nous en tirions à bon compte. Où est-elle aujourd'hui ? Probablement sur un dragon en train de se marrer en douce et moi dans une posture où je n'aime vraiment pas être, celle où je joue de mon charme et mes talents de conteuse pour me justifier de l'injustifiable et espérer que mes bons résultats rattrapent une fois de plus mon manque de discipline.

Fort heureusement, mon fan-club ne se limite pas à la nouvelle génération d'apprentis savants et j'ai quelques professeurs de mon côté. Une fois de plus, je tire sur la corde mais elle tient bon. La promesse de me tenir à carreaux sera sans doute bafouée mais après tout, la discipline n'est qu'une histoire de point de vue. Avec l'autre, on en a tout de même fait des bonnes, la mousse colorée dans toutes les fontaines faisant partie des mignonnes, la gravure de runes sur visiteurs faisant partie des dangereuses et la concoction et distribution de substances servant à pimenter les soirées étudiantes faisant partie des utiles. Celle-ci est toujours d'actualité d'ailleurs. J'ai un petit commerce d'encres et de teintures mais officieusement, il se charge bien d'approvisionner lesdites fêtes en spécialités cielsombroises à la sauce Lucille, en toute discrétion, du moins il me semble. A la fin de l'année, je serai partie et même si je pourrai continuer à m'en occuper, je ne veux pas me coincer dans ce coin de Lorgol pour toute ma vie, alors autant former quelques remplaçants, histoire de faire tourner les affaires.

Elle s'est bien enrichie la fille du peuple, pour une petite qui n'a vu un fleuron qu'à l'âge de dix ans. Je ne recherche pas la richesse, seulement la connaissance, mais avec quelques fonds pour financer quelques importations d'ingrédients rares, la recherche est beaucoup plus aisée. Je progresse sans arrêt et je pense faire une bonne savante, je n'ai aucune idée de ce que je ferai par la suite en revanche, mais il n'y a que les autres que ça dérange. Pour ma part, je me contente de dire 'aujourd'hui c'est comme ça, demain n'existe pas encore', à part lorsqu'une potion a besoin de plusieurs jours de préparation. Je vois quelques camarades se diriger vers la Voltige et d'autres parler déjà avec passion d'enseigner leur savoir. Rares sont ceux comme moi qui n'ont aucun projet et peut-être même que je suis là seule à ne rien en avoir à faire. Pourquoi ai-je tant tenu à entrer à l'Académie alors, me demandent-ils. Pour apprendre des choses. « A quoi ça sert si tu ne peux pas concrétiser ton apprentissage ? » Mais je concrétise, mon ami, peut-être pas de la façon la plus noble, mais de celle qui me convient. « Tu ne peux pas passer ta vie à faire des bêtises ! Va falloir grandir à un moment. » Le plus tard possible, merci.

Et deux ans plus tard, j'en suis au même stade. Les études en moins. J'ai proposé à Freyja de m'embaucher en tant que cuisinière diplômée, mais c'était pour rire. Je même pensé à être empoisonneuse pour la Confrérie Noire mais il paraît qu'ils sacrifient des bébés et qu'ils mangent des chatons, ou l'inverse. Alors j'essaie de voyager mais j'ai toujours cette attache à l'Académie qui me ramène vers Lorgol au moins une fois par mois, j'ai beau avoir formé les petits, il faut que je fasse quelques apparitions pour que la double activité de mon échoppe continue d'exister, il n'y a que moi qui connaissent ces recettes alors peut-être que je vais ouvrir une annexe à Euphoria quand j'aurai les moyens, histoire d'être un peu reconnue.





Dans ma tête, ça se bouscule

Que penses-tu des compétences de la toute nouvelle impératrice de Faërie, la jeune Chimène ? La trouves-tu légitime, penses-tu qu'elle va réussir sa période de probation ?
La politique ne m'intéresse absolument pas, je ne sais si elle est légitime et  il m'importe peu de la voir couronnée ou pas au final. Ce qui est amusant, en revanche, c'est d'entendre un peu partout des gens se disputer à son sujet. Dès que les discussions dérivent vers les affaires impériales, personne ne peut trouver un terrain d'entente et dans une cohérence approximative, même le plus timide des interlocuteurs peut devenir enragé pour peu qu'il ait une opinion. Alors de temps en temps, juste pour voir ce que ça fait, je glisse un petit « Oui mais quand même, elle n'a pas la force de caractère pour diriger un empire... » et ça repart.

Envisages-tu de prendre part au conflit si une guerre entre Ibélène et Faërie devait se déclarer ? Quel parti prendrais-tu, et pourquoi ? Comment participerais-tu à la lutte ?
C'est déjà un peu plus difficile comme question. En cas de guerre, je peux difficilement dire « je m'en fiche », car je pense bien que je ne pourrais pas mener ma petite vie comme je l'entends. Peut-être que mes services de fabrication de potions seraient réquisitionnés, peut-être qu'on aurait besoin de poison, peut-être de médicaments, après tout, c'est une activité comme une autre. Même en devant contribuer, je serais fidèle à moi-même, ce n'est pas parce que c'est un vrai problème, que j'en deviendrais sérieuse. Je me rattacherais à Ibélène, car c'est de là d'où je viens, mais je ne sais pas si je peux trouver une autre raison, je l'ai déjà dit, les histoires politiques ne m'intéressent pas.

Que penses-tu de Lorgol, la ville aux Mille Tours ? Est-ce que tu t'y promènes sereinement ou est-ce que la capitale des peuples libres t'oppresse ?
Lorgol est superbe ! Je trouve ça fascinant d'habiter dans une ville où chaque sortie devient une expédition, tant elle regorge de secrets et de coins de rue douteux. Je n'ai jamais été inquiète de m'y promener, dites que je suis inconsciente si vous voulez, mais j'arpente volontiers même la plus sombre des ruelles. Il y a toujours quelque chose à voir ici, c'est très animé et pour moi qui ai passé mon enfance dans le village perdu, je suis emballée par son immensité. J'y suis très attachée et même si je veux voir le monde, sa diversité fait que j'y reste à chaque fois un jour de plus et que je ne m'y ennuie pas. Je ne dis pas que je pourrais y passer ma vie, mais il faudrait bien une vie pour la visiter dans son intégralité.


C'est un peu une surprise, vous savez.


Derrière l'écran

Dans la vie, je m'appelle Laura/Mabenta et j'ai 23 ans. J'ai découvert le forum via Aura• et voici ce que j'en pense : ♥ (<= toujours dans la pertinence)
Pour les inventés : Je ne vous autorise pas à faire de mon personnage un scénario si mon compte était supprimé (mais peut tout à fait être PNJisée).



Dernière édition par Lucille Sombrefiole le Lun 10 Oct - 1:46, édité 24 fois
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Message Sujet: Re: Lucille Sombrefiole    Lucille Sombrefiole  EmptyJeu 10 Déc - 13:46

Je me demande si la première partie de l'histoire (avant le "I") peut avoir sa place dans l'anecdote :hm:
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Message Sujet: Re: Lucille Sombrefiole    Lucille Sombrefiole  EmptyJeu 10 Déc - 13:55

Où tu veux tant que tu le gardes :**:
JE T'AIME.










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Message Sujet: Re: Lucille Sombrefiole    Lucille Sombrefiole  EmptyJeu 10 Déc - 13:58

MOI AUSSI ! ♥️

Au final, après test des deux, ce texte va bien comme intro de l'histoire, va falloir que je trouve d'autres conneries à écrire du coup (OUAAAAIS !!!! :keu: ).


Dernière édition par Lucille Sombrefiole le Jeu 10 Déc - 15:20, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Lucille Sombrefiole    Lucille Sombrefiole  EmptyJeu 10 Déc - 15:04

Bienvenuuuuue :coucou:

Je suis contente de te retrouver parmi nous, j'ai hâte de lire cette nouvelle version de Lucille :**:
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Message Sujet: Re: Lucille Sombrefiole    Lucille Sombrefiole  EmptyJeu 10 Déc - 15:11

Merci ♥️
J'espère ne pas décevoir ceux qui ont connu l'ancienne Lucille, c'est tout ! :ange:
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Message Sujet: Re: Lucille Sombrefiole    Lucille Sombrefiole  EmptyJeu 10 Déc - 16:09

Je suis sûr qu'elle sera tout aussi top, ta Lucille !


Dialogues de Castiel en darkred ◊ Dialogues de Mirat (chat persan ou panthère) en indigo




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Message Sujet: Re: Lucille Sombrefiole    Lucille Sombrefiole  EmptyVen 11 Déc - 13:26

BIENVENUUUUE ♥
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Message Sujet: Re: Lucille Sombrefiole    Lucille Sombrefiole  EmptyVen 11 Déc - 18:51

Bienvenue sur le forum, et bon courage pour ta fichette.
On la reconnait à peine Rachel sur ton avatar.
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Message Sujet: Re: Lucille Sombrefiole    Lucille Sombrefiole  EmptyDim 13 Déc - 1:32

Je suis tellement contente de te retrouver ici :amour:
Bon courage pour ta fiche :love3:
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Message Sujet: Re: Lucille Sombrefiole    Lucille Sombrefiole  EmptyDim 13 Déc - 19:47

Merci vous êtes chou ! :ballon:

Melsant > Je n'ai pas fait attention, mais c'est plutôt une bonne chose je pense, je préfère qu'on associe mon avatar à mon personnage plutôt qu'à son actrice.

Méli > Moi aussi :blowkiss:
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Message Sujet: Re: Lucille Sombrefiole    Lucille Sombrefiole  EmptyDim 24 Jan - 3:26

Je viens aux nouvelles, ma jolie, tu t'en sors ? :angel:










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Message Sujet: Re: Lucille Sombrefiole    Lucille Sombrefiole  EmptyLun 25 Jan - 12:10

Je suis en weekend chez mon copain (oui c'est lundi et alors ?) donc j'ai pas trop avancé vu que j'ai tout mon brouillon chez moi, je vais essayer de finir en début de semaine.
C'est vrai que c'est un peu compliqué, après les partiels j'ai repris le travail et enchaîné direct avec les cours du deuxième semestre, sans parler du retard que j'ai accumulé en graphisme à cause de mon accident de tablette... :fureur:
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Message Sujet: Re: Lucille Sombrefiole    Lucille Sombrefiole  EmptyMar 26 Jan - 0:40

Comme je te comprends ._.
Bon courage :loving:
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Message Sujet: Re: Lucille Sombrefiole    Lucille Sombrefiole  EmptyMer 27 Jan - 16:47

ENFIN ! FINI ! CHAMPAGNE ! :yipi:
(ok je me suis un peu beaucoup égarée sur le RP, ne me huez paaaaaaaas :fureur: )
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Message Sujet: Re: Lucille Sombrefiole    Lucille Sombrefiole  EmptyMer 27 Jan - 17:11

OOOOH WAYYYY  :yay:

Cocktail molo... CHAAMPAAGNE ! :trinque: :hum:

j'espère que tu es satisfaite parce qu'elle est géniale cette fiche. :keur:
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