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 Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent

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Quel est votre choix ?
Aider les Amoureux du Vent et donner de mon sang pour éveiller les vivenefs
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Refuser mon aide aux Amoureux du Vent et rejoindre le peloton d'exécution
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Serenus Dardalion
Serenus Dardalion

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J'ai : 36 ans
Je suis : Guerrier a l'antenne de la Volte.

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J'ai fait allégeance à : La Guilde des Guerriers
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Message Sujet: Re: Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent   Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent - Page 7 EmptyDim 15 Mai - 23:29

Une voix familière le fit sursauter. Serenus se retourna et fit un grand sourire a Neve. Il se leva et fit une accolade chaleureuse au jeune chevaucheur. Il lui répondit tout en conservant son sourire :

- C'est quand même pas passé loin. La Marie Sanglante va avoir du mal à combler ses failles. Surtout après avoir perdu son capitaine.

Serenus se rassit et invita Neve a en faire de même. Il le regarda de haut en bas. Il avait l'air d'aller bien. Il se demanda comment allait son dragon. Il lui demanda alors :

- Tu faisais partie de l'équipe de sauvetage ? Que vous est il arrivé ? Ou est ton dragon ?

Il attrapa une autre infusion et regarda les amoureux du vent, ceux ci continuaient A vaquer à leurs occupations, indifferents aux captifs qui les entouraient. Il savait qu'ils espéraient beaucoup d'eux. Leur vie et leur avenir dépendaient de la décision qu'ils allaient devoir prendre. Serenus avait certes déjà pris la sienne mais qu'en etait il des autres ? Il savait que certains d'entre eux avaient posé pas mal de questions a Carmine, La plus agée des amoureux du vent. Mais ils semblaient encore incertains et confus.
Il se tourna vers Neve et avala une gorgée d'infusion. Il savait pas ce qu'il avait avec ces infusions mais il les trouvaient délicieuses. Il faudrait qu'il demande à cette femme cuisinière la recette de cette preparation. Serenus bailla. Ces derniers jours avaient été épuisants. Il n'avait qu'une seule envie : rentrer chez lui et se glisser sous sa couverture et ne plus donner signe de vie pendant une semaine entiere ! Serenus n'était pas du genre a passer du temps à ne rien faire, mais après tout cela...

Il sortit de ses pensées et revint à la realité. Il regarda Neve et demanda :

- Penses tu que ces amoureux du vent sont sincère ?

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Message Sujet: Re: Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent   Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent - Page 7 EmptyLun 16 Mai - 18:23




Me voilà fait comme un rat, totalement prisonnier de ce manteau de givre qui m'immobilise des pieds à la tête. Cette carapace étriquée me permet tout juste d'inhaler assez d'air pour ne pas crever sur place. J'en connais une à qui ça ferait rudement plaisir si je fermais les yeux pour de bon : Radada, la fourbe, la perfide, capable d'envoyer au casse-pipe les membres de son propre groupe pour sauver sa vilaine face de crapaud. Mais je ne lui procurerai pas ce plaisir, je tiendrai le coup, puisque l'autre corniaud m'a laissé un sursis, alors qu'en utilisant son exécrable magie il aurait sans doute pu me faire partir les pieds devant. Je l'en remercierai à ma manière, ce couard incapable de se battre comme un homme, ce poltron se camouflant à l'abri de ses aptitudes spéciales. De telles femmelettes ne méritent aucune considération. Ils sont un affront au courage, ils sont la lie de l'humanité. Un jour, lorsqu'il ne s'y attendra pas, je surgirai dans son dos et il me le paiera de sa vie. Bon, ce ne sera peut-être pas extrêmement glorieux de ma part non plus, mais ai-je vraiment le choix ?

En attendant, je dégèle, puis je regèle au fur et à mesure. C'est vachement bien réglé leur saloperie de tour de cochon. Après quelques minutes on a le sentiment que la glace se fendille, qu'on va pouvoir échapper à cette gangue hostile et cavaler très loin, mais que dalle, l'étau se resserre et on en revient au point de départ. Une heure, deux heures, j'vous jure, on pourrait croire que ce n'est pas la mer à boire, mais c'est foutrement long quand on ne peut même pas remuer le petit doigt. J'suis tellement trempé que j'ai l'impression d'avoir uriné dans mon froc.

Que penser des autres glandeurs ? Un pignouf applaudit et vient me narguer. Il va aller prévenir Siméane, me dit-il. J'ai des doutes quant à la version qu'il va lui servir. Ce ne sera certainement pas très flatteur pour mézigue. Et là, soudain, j'ai un peu honte de moi. J'ai flanché, je me suis remis à picoler le jour même de nos retrouvailles. Satané poison. Maudite papaye. Maudit pirate sans la moindre volonté. Le seul qui ait une parole compatissante à mon égard est Mayeul. Je me suis sans doute comporté comme un idiot, mais, à l'origine de ce différent, c'est quant même cette bécasse avec de la soupe au pois dans la tignasse. C'est elle qu'il faudrait punir et clouer au pilori.

Lentement, je me sens émerger de mon état de soûlographie avancée. L' «effet papaye» se dissipe graduellement, à l'image de ce brouillard matinal qui berce mes réveils à Lorgol. Le froid contribue sans doute aussi à cette phase de transition. Je commence à pouvoir aligner quelques pensées moins confuses, et cela risque de se révéler très utile si ma Samy se décide à venir jusqu'ici. Il va en effet falloir que j'accommode un brin la vérité. Je n'ai pas encore eu l'occasion de lui raconter l'incroyable épopée que fut notre poursuite pour les retrouver, elle et les mioches, mais je n'omettrai aucun détail à propos de la lâcheté des Mages et des Chevaucheurs, et cela justifiera ma colère, mon emportement, et éclaircira l'origine de cette houppelande de glace qui me paralyse. Plus tard, lorsque nous serons rentrés au palais d'Ibélène ou chez moi, au port, je lui avouerai tout, et elle me pardonnera. Elle me pardonne toujours.


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Message Sujet: Re: Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent   Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent - Page 7 EmptyMer 18 Mai - 9:44

Je me tends avant de tressaillir, dégoûtée et révulsée, quand ce malotru me vomit tout le contenu de son estomac sur ma veste et ma capuche, allant même jusqu’à souiller ma chevelure d’ébène. Je contiens l’envie qui me prend d’enfoncer mon poing dans son abdomen, voir s’il en ressort autre chose et s’il va se mettre à tanguer davantage encore… Je me contente de me reculer précipitamment pour retirer ma veste et mes protections de cuir, me retrouvant bras nus, en simple chemise et corset.

Fort heureusement, l’élémentaire d’eau de Tristan est déjà à mes côtés, pour m’aider à laver mes vêtements et ma chevelure afin qu’il n’en reste plus aucune trace. L’odeur persiste encore un peu quand il s’évapore, et je n’ai pas le temps de le remercier ou de lui demander d’en appeler un autre, qu’il réagit vivement en transformant le pauvre hère en véritable glaçon. Je me relève avec ma veste en main, évite de rire devant son funeste sort, mais je ne peux pas retenir un sourire satisfait. Mon capitaine qui me défend en retour et n’exige même plus d’excuses de ma part ! Sous ses dehors calmes et conciliants, on dirait qu’un vrai feu couve, prêt à exploser sur le premier qui a le malheur de le contrarier. Il va falloir que je me méfie de ne pas en faire les frais à mon tour par un écart de conduite malvenu, mais dans l’immédiat, je m’en réjouis et apprécie tout particulièrement son intervention.

C’est plus étonnant de voir les deux autres qui prenaient les paris sans s’interposer ne plus apprécier tellement le spectacle, comme s’ils se décidaient enfin à prendre les choses en main… L’un s’en va chercher sa compagne, et l’autre nous faire la leçon, mais au final, tous deux décident de planter le pirate là et de s’écarter au plus vite du capitaine. Sage décision… Et après, on parle de mon comportement, vraiment !

Je fronce le nez et glisse quelques mots au voltigeur, dont le ton n’est finalement pas si réprobateur, et me rappelle finalement celui de mon capitaine quand il essaie de se faire entendre sans élever la voix.

- Il a trop bu, oui, et il s’est mis en danger tout seul. Brûler une Vivenef, si ce n’est par miséricorde envers elle, entraîne de graves conséquences. J’en ai fait personnellement les frais, à brûler de l’intérieur avec elles. Je ne le souhaite à personne, pas même à mes ennemis. Mon capitaine cherchait à le mettre en garde et le préserver, et cet homme, au lieu de le remercier, comptait lui mettre son poing dans la figure ! La réponse me semble appropriée pour calmer ses ardeurs et l’aider à dessaouler.

Je jette à peine un regard au glaçon de pirate avant de me détourner ensuite. Si je reste, je risque de vouloir briser la glace dans le mauvais sens du terme… Je vais plutôt m’occuper de faire partir ces mauvaises odeurs. Il me faut une bonne demi-heure pour ce faire, et quand je reviens sur mes pas pour retrouver Tristan, c’est pour m’apercevoir que les deux comparses se sont attablés avec Neve, et que le pirate doit toujours être dans son carcan de glace. Je surprends le voltigeur interroger Carmine, et m’approche à mon tour pour le soutenir dans sa démarche.

- Ils n’ont pas besoin de venir jusqu’ici et ne vous mettrons pas en danger… Mais il a raison. Vous avez fait venir des chevaucheurs et des voltigeurs à vous pour trancher sur cette épineuse problématique que vous nous soumettez, et c’est une décision qui se mûrit à deux.

J’aperçois ensuite Tristan, et l’interroge aussitôt sur ses intentions, sans même laisser planer le doute :

- Je ne sais quel est ton choix, même si je crois le deviner. Je ne le cautionne pas, mais si tu as besoin de moi d’une quelconque façon, je veux pouvoir t’aider.

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Message Sujet: Re: Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent   Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent - Page 7 EmptyMer 18 Mai - 22:01


Je dors, mais derrière mes paupières closes, les images de ces dernières semaines se bousculent, s'entrechoquent, m'empêchent de trouver le repos. Je m'agite, je marmonne. Le visage torturé du capitaine me hante, le cruel dilemme que nous impose les Aventuriers du Vent m'obsède. Un énième réveil en sursaut et je découvre qu'Ismaïl a déserté le lit. Le sommeil le fuit aussi sans doute.
Le souffle tiède de la nuit m'accueille alors que je ferme doucement la porte de nos hôtes. Je découvre que je ne suis pas la seule à arpenter le village, comme si chacun cherchait des réponses dans la quiétude nocturne. Serenus, le brave guerrier blessé en tentant de nous sauver, me prévient qu'Ismaïl est sur la plage d'une manière plutôt sibylline :

- Merci Serenus, Je vais aller le rejoindre. Je vois que vous allez bien mieux, j'en suis ravie. Merci encore d'être intervenu tout à l'heure.

La crique du Berceau pourrait être féerique si les ombres des Vivenefs en étaient absentes. Leurs silhouettes inquiétantes s'allongent sur le sable blanc, alors que je marche vers elles. Jamais je n'ai craint Rhéa, bien au contraire, sa sagesse est infinie, et j'admire ce lien merveilleux qu'elle a tissé avec l'équipage de l'Audacia. Mais jamais je n'oublierai que Maria a enlevé Lena et Lou-Ann pour les offrir aux Amoureux du Vent, ni sa voix hargneuse lorsqu'elle m'a maudit. Je me demande s'il est bien raisonnable que je donne mon sang après avoir assassiné le capitaine de la Marie-Sanglante. Est-ce que je ne risque pas de rendre folle l'une de ces créatures de bois ? Je n'ai encore rien dit à Ismaïl, mais je dois en parler à Carmine. Sans le vouloir je suis responsable de la réaction agressive de nos hôtes -ou plutôt geôliers- , j'aimerais lui expliquer, lui poser les questions qui me turlupinent au sujet de l'éveil des Vivenefs, des conséquences si nous sommes impuissants à le faire.

De drôles de bruits me tirent de mes réflexions, des gargouillis, des craquements … mouillés ? Comme de la glace qui se fendille ! Et … Ismaïl qui se débat au milieu d'un glaçon ! Dans quel pétrin s'est-il encore mis pour finir gelé ? C'est sans aucun doute l'oeuvre d'un mage, mais qui a osé et pourquoi ? C'est en courant que je parcours les derniers mètres qui nous séparent. Mon pirate baigne dans une mare d'eau glacée, et il fulmine, il a sa mine de flibustier prêt à sauter à la gorge de quelqu'un. Et puis l'odeur vient à mes narines, l'odeur honnie de cet alcool qui empoisonne la vie et la santé d'Ismaïl depuis trop longtemps. Je ne suis pas naïve, je sais que les rechutes sont courantes, mais j'espérais l'impossible apparemment et je suis déçue. Terriblement déçue qu'il ait craqué aujourd'hui, que nos retrouvailles soient entachées par cette défaillance.

- Bon sang, Ismaïl tu as bu ! J'espérais que tu en avais terminé avec l'alcool, ou du moins que tu savais te montrer raisonnable … Qui t'a congelé de la sorte ? Et pourquoi ?
Connaissant le caractère irascible de mon compagnon lorsqu'il est alcoolisé, je le soupçonne d'avoir poussé le bouchon un peu trop loin avec l'un des Mages ou des Chevaucheurs, mais l'emprisonner dans la glace est une punition cruelle. Le voilà qui grelotte malgré la douceur de la nuit, au moins le froid lui a rendu sa lucidité :

- Rentrons, tu vas tomber malade si tu ne quittes pas ces vêtements trempés. Et je n'aime pas cet endroit, ces Vivenefs endormies me mettent mal à l'aise. Tu m'expliqueras ce qui s'est passé en route … Et surtout pourquoi tu t'es enivré …
Je lui prends la main pour remonter vers la maisonnette de nos hôtes. Je ne veux pas me disputer ou me mettre en colère, j'ai compris qu'avec Ismaïl, il valait mieux employer la manière douce. Je connais ses raisons, pourquoi il a bu, mais je veux l'entendre le dire. Mon sermon est succinct :

- La situation n'est facile pour personne Ismaïl. Tu aurais du me réveiller si tu avais besoin de parler ou de te changer les idées …

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Message Sujet: Re: Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent   Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent - Page 7 EmptyJeu 19 Mai - 16:26




En trois mots comme en cent, je m'les gèle. Et j'me sens comme un fauve en cage, comme un poisson prisonnier de la nasse. Comme une moule enfermée dans une coquille trop étroite. A de nombreuses reprises, j'ai goûté aux cellules de la prison de Lorgol, suite à mes frasques dans les caboulots adossés aux docks, mais ce n'est en rien comparable à ce que je vis présentement. Le temps passe pourtant, son grand sablier a la tête à l'envers, et je ressens confusément que l'heure de ma libération approche. Le carcan qui m'étreint se fissure, la glace se craquelle et pleure, à l'image de ces filaments de givre que le soleil des doux matins d'été réchauffe et liquéfie. J'vais bientôt pouvoir courir jusqu'à la maisonnette qui nous a été confiée par un de ces fichus autochtones, et p't'être qu'en me pressant, en tricotant des guibolles, j'y arriverai avant ce pignouf qui veut tout raconter à ma Samy. C'est marrant comme certains adultes, à l'image des gosses qu'ils ont été, s'ingénient à jeter de l'huile sur le feu pour que leurs voisins en prennent plein la tronche. A la réflexion, d'ailleurs, ce n'est pas si marrant que ça, c'est plutôt débile ...

J'suis un pirate, pas un professeur de bonnes manières, et je me mets à sacrer et à tempêter, ce qui, au demeurant, s'avère plus spectaculaire que réellement efficace. Alors je me mets à me tordre, à me trémousser, à tortiller du cul en cadence, pour accélérer la fonte et la décomposition de ma carapace. Le résultat ne se fait pas attendre, les dernières pellicules de glace se font la malle, et me voici planté au centre d'une mare peu ragoûtante. J'suis trempé comme un mulot s'échappant d'un bateau qui coule, et j'éternue à en éclater des statues de pierre sur trois kilomètres à la ronde.

Bref, toutes les turpitudes ont une fin, même les plus grand-guignolesques, et me voilà libre comme le vent. C'est à cet instant précis que ma Samy déboule sur la plage. Ma princesse n'a ni la lippe souriante, ni l’œil de velours. Ça va barder pour mézigue. Isma, mon grand, numérote tes abattis. Et ça commence fort, sans les tendres préliminaires habituels, que je me retiens d'ailleurs de provoquer, n'étant pas suicidaire. Prends-ça dans les dents, pirate ! Je m'empresse de faire le dos rond, et je décide d'attendre que l'orage s'éloigne. D'ailleurs, que répliquer ? Ma toubib a parfaitement raison, je me suis comporté comme un âne. Et le pire c'est que cet alcool de papaye n'était même pas bon, comparé à mon rhum préféré.

Penaud, je l'escorte jusqu'à l'entrée du village. Nous demeurons silencieux, mais ça frétille bougrement entre mes deux oreilles. Je l'aime, ma Samy, plus que tout au monde, et nous sommes heureux ensemble lorsque je ne me conduis pas comme un parfait crétin, mais, cette fois, il est indispensable que je lui débobine quelques explications crédibles pour me tirer de ce mauvais pas. Certes, je déteste lui raconter des bobards, mais, dans l'immédiat, comment agir autrement ?

- Je n'ai pas eu le cœur de te réveiller, ma chérie. Tu semblais si fatiguée hier que j'ai cru bien faire. J'ai effectivement bu deux ou trois verres avec un couple qui m'a raconté sa vie sur cet îlot, et c'était si passionnant que je n'ai pas vu le temps passer. Ensuite, ils sont allés se coucher, et je me suis baladé pour me détendre un peu, après toutes les angoisses de ces derniers jours. Et là, patatras, j'suis tombé sur la greluche qui m'a lâchement livré aux mains des « Amoureux du vent » en utilisant sa magie. Bref, je me suis énervé, la conversation s'envenimait, et un de ses compagnons m'a transformé en bloc de glace parce que j'étais en train de lui expliquer à quel point son geste était inélégant. Tu vois, mon cœur, y'a vraiment pas de quoi en faire un drame.

Je la dévisage et je me risque à lui sourire gentiment. P't'être qu'elle décidera que l'incident est clos. J'éternue alors, un peu plus violemment que nécessaire, afin qu'elle s'inquiète de ma santé et qu'elle en oublie le reste. On peut essayer, non ?


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Message Sujet: Re: Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent   Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent - Page 7 EmptyVen 20 Mai - 17:49


La mine contrite d'Ismaïl ferait sans doute bien rire ses amis du « Perroquet Unijambiste ». En d'autres circonstances, j'en aurais souri, mais cette aventure a sans doute anesthésié mon sens de l'humour et je reste impassible alors qu'il tente de s'expliquer, comme nous marchons vers le village. Ce n'est certainement pas trois malheureux verres du tord-boyaux local qui l'a mis dans un état pareil, il tient bien mieux l'alcool que ça ! Je ne peux pas l'aider s'il n'y met pas du sien, cependant compte tenu des événements, chacun gérant différemment ses angoisses, je comprends que sa volonté ait flanché. Si son sourire me fait fondre, j'ai du mal à pardonner ses mensonges  …

- Écoute Ismaïl, je ne te jette pas la pierre, après tout, tu avais certainement besoin de te détendre, ces derniers jours ont été très pénibles. Pour tout le monde, pas seulement pour toi. Mais à l'avenir, essaie d'éviter l'alcool, tu t'attires toujours des ennuis quand tu es ivre … Je l'ai vécu, rappelle-toi … Quelque chose de bon en est sorti ce soir-là, mais c'était exceptionnel. Ne le détruis pas, je t'en prie …
C'est le bon moment pour avouer mon crime, je le sais, j'hésite encore, me trouvant des excuses aussi niaises qu'inutiles. Le parallèle entre nos deux situations me saute soudain aux yeux, chacun d'entre nous se cherche de vaines échappatoires, comme cet éternuement tapageur.

- Je te fais des reproches, mais j'ai aussi quelque chose à te confesser …
Je nous arrête entre deux maisons, et me plante face à Ismaïl pour le dévisager à mon tour. Les ombres dansent sur son visage, et ne pas distinguer clairement son expression me convient parfaitement pour ce que j'ai à lui révéler :

- J'ai … j'ai … tué le capitaine de la Marie-Sanglante … L'un des pirates a menacé de me tuer, pour que je le soigne … Un morceau de bois l'avait salement éventré, il agonisait … Je croyais Grâce et les petites Jedidiah mortes, noyées, j'étais dévastée ... furieuse … je l'ai … je l'ai étouffé. Maria est devenue incontrôlable à ce moment-là … Je … Aveuglée par mon besoin égoïste de vengeance, j'avais oublié le lien qui l'unissait à son capitaine. C'est … c'est à cause de moi que les Amoureux du Vent nous ont attaqués …

Je ne voulais pas pleurer, non, j'espérais avoir la force de tout dire sans sangloter entre chaque phrase. Impossible. Toutes les tensions, les déceptions, toutes les peurs dévalent mes joues, torrent de larmes que je ne sais retenir. Longtemps je suis restée à sangloter dans les bras d'Ismaïl. Lorsque les spasmes se calment, que je peux de nouveau le regarder dans les yeux sans m'effondrer, je me sens à la fois vidée et étrangement revigorée.

- Au moins cette fois je n'aurai pas inondé ton habit, dis-je d'une petite voix. Mais me voici trempée aussi ! Tant pis ! Tu veux bien m'accompagner chez Carmine ? Je lui dois la vérité, même si je ne sais pas encore quelle décision prendre … Et toi ? Tu en as une petite idée ? C'est pour ça que tu étais sur la plage ? Allons-y vite, avant que mon courage ne s'effiloche …

L'horizon se teinte d'une aube douce et pâle que la nuit épouse, hésitant encore à quitter le ciel. La vieille dame est déjà sur le pas de sa porte, comme si elle attendait de la visite. Je m'incline légèrement pour la saluer :

- Bonjour Dame Carmine, auriez-vous quelques instants à m'accorder ?
Je me lance d'une voix hésitante, serrant fort la main d'Ismaïl dans la mienne :
- Voilà … J'ai … Je suis responsable de la mort du capitaine de la Marie-Sanglante. Il était mourant, et je voulais venger la mort de mes amies qui avaient disparu dans la tempête. Si sur le moment j'ai pensé bien faire, je le regrette amèrement compte tenu de ce que j'ai provoqué ensuite.

Je relève les yeux vers la Mage, cherchant à deviner ses sentiments sur son visage parcheminé :
- Je crains de nuire à leur éveil en offrant mon sang à vos enfants …

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Marianne d'Orsang
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Je suis : Voltigeuse, médecin

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Message Sujet: Re: Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent   Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent - Page 7 EmptySam 21 Mai - 18:10

Après les révélations de Carmine, Marianne reste pensive. Pesant le pour et le contre. S'ils n'offraient pas leur sang aux vivenefs selon la mage, les rivages des Murmures seraient probablement leur seul avenir. Certes, elles avaient plus de chances aujourd'hui avec tant de gens différents venu des quatre coins d'Arven. Mais comment, depuis mille ans, personne n'a jamais pu être au courant sur le continent de ce qui se passait ici ? Leur expédition pour retrouver les disparus est une première de ce qu'elle en sait, mais si les Amoureux du Vent n'ont jamais blessé les innocents offerts aux sirènes, ils auraient pu revenir vers leurs familles avec une vivenef éveillée et raconter le drame qui se jouait ici. A moins que d'autres veillaient à leur silence...
Tiens, ce détail est étrange, quand on y pense. Marianne brise le silence, interrompant Grâce perdue elle aussi dans ses pensées.
« Mon amie, quelque soit notre décision, ça n'empêchera pas d'autres mages du sang de tenter de créer des vivenefs sur le continent. Ils voudront le faire à la seule force de leur esprit et de leur sang, ignorant ce qui se trame ici, et d'autres estropiées rejoindront l'île des Murmures tandis que le Berceau se repeuplera de sirènes. Et ce qu'on aura fait ici sera réduit à néant. Il faudra les mettre au courant. »
Oui, pour que leur décision ne devienne pas totalement futile, il fallait à tout prix prévenir les deux empires et Lorgol des conséquences d'avoir à moitié bridé la Magie du Sang.
Mais cela n'avançait pas vraiment le dilemme de la médecin. Pire, cela complexifiait les choses.

Replongeant dans ses pensées, Marianne se sépare de Grâce et se dirige vers le Berceau, échangeant des avis avec les connaissances qu'elle croise. Elle découvre en chemin le bras de Louis, en piteux état malgré ses soins primaires à base d'alcool. Mettant ses soucis de côté, elle soigne la plaie du mieux qu'elle peut, protégeant la blessure avec un pansement, après avoir recouvert la peau du pirate d'une généreuse couche de son baume cicatrisant.

Finalement, ses pas l'amènent vers la crique, là où l'Audacia a été amarrée. La décision à prendre lui pèse et Iode lui manque, plongé dans une torpeur mystérieuse. Elle aimerait passer du temps avec Freyja et Rhéa. Quand elle monte à bord, non sans pester de voir que son mal de mer ne l'avait pas oubliée, elle sent une certaine tension courir dans le bois. Le destin des jeunes sœurs de la grande vivenef allait bientôt se révéler.
Marianne s'avance vers la figure de proue, Iode étalé sur le pont à prendre le soleil. L'esprit de son griffon est trop embrumé pour lui répondre.
Arrivée au gaillard avant, Rhéa semble l'attendre et hélas Freyja est hors de vue. Alors Marianne s'accoude au bastingage et se confie sans détour.

« Rhéa, je suis perdue. Je voudrai aider tous ses esprits en sommeil, mais j'ai l'impression que les chances qu'elles deviennent aussi belles que toi sont minces. Elles ont reçu du sang souillé, des quantités.
Tout en parlant, elle pense à tout ce qu'elle a vécu : étudiante, médecin, pirate, voltigeuse, marraine. Elle aime la vie et ses rebondissement, la liberté. Le mien est peut être meilleur, mais ne suis-je pas orgueilleuse de penser ça ? J'ai vu tes sœurs à l'Ile des murmures, j'aimerai les aider aussi, et pas leur envoyer d'autre âmes en peine. Je ne peux me résoudre à tuer ces Amoureux du Vent, dont toutes les intentions m'échappent, ceux qui ont cru éveiller une vivenef par la seule force de leur esprit, mais ne suis-je pas aussi orgueilleuse qu'eux de penser que je peux réussir là où ils ont échoué ? »
Elle caresse le bois sous ses doigts, bien consciente de la chance qu'elle a eu de faire partie de l'équipage de Rhéa. Pauvre Rhéa, qui a sacrifié jusqu'à son capitaine des siècles plus tôt, en vain, envoûté par les sirènes implorantes.
« J'ai vécu dix années à ton bord, riches et merveilleuses. Merci pour cela. J'espère prendre la bonne décision. Je ne te demande pas de me conseiller, mais ton avis sur toute cette histoire me tient à cœur. »

Spoiler:
 







J'ai pour moi les vents, les astres et la mer.


Marianne • #006666
Iode • #663300
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Message Sujet: Re: Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent   Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent - Page 7 EmptySam 21 Mai - 20:01

Elle avait eu peur, le sang glacé, les mains autour de ses bras qui l’agrippaient avec force. Tout ça pour ça. Toute cette peur pour rien. Elle avait du mal à comprendre, à se figurer ce qu’il venait de se passer. Leurs ravisseurs n’étaient-ils qu’un simple peuple piégé ? Carmine parlait beaucoup, expliquait. Colombe saisissait des mots, tentait de comprendre ce qu’on lui disait, mais la petite était fatiguée, affamée, elle n’avait pas voulu accepter la nourriture qu’on lui avait proposée, et elle commençait à perdre patience. Si c’était son sang qu’on lui voulait, qu’ils le prennent, elle ne combattrait pas. Elle voulait simplement partir d’ici. Mais la petite avait ce nœud au ventre qui l’empêchait de dire ce qu’elle pensait, et cette femme, Carmine, elle savait parler, avait de beaux mots, mais elle l’effrayait. A l’entendre, Colombe n’avait qu’une envie : accepter. Elle savait si bien manier la langue qu’elle aurait pu convaincre n’importe qui de se jeter du haut d’un mat. « Il suffirait donc que chacun donne un peu de son sang, et ce calvaire serait terminé… » Elle avait pensé tout haut mais ça lui semblait raisonnable. Elle était restée au même endroit, n’avait pas bougé. Assise par terre, en tailleur. Elle aurait voulu demander conseil à Nestère mais bien qu’elle sentait sa présence, elle n’arrivait toujours pas à établir un contact avec lui. Il semblait si loin, elle était si perdue sur cette île. Elle se leva enfin, trouvant l'attente encore plus angoissante. Elle marcha jusqu’au Berceau, les vagues tout contre les vivenefs semblaient les faire chanter. Tout était très calme. Qu’adviendrait-il de cet endroit une fois qu’ils auraient éveillé les vivenefs ? Qu’adviendrait-il des Amoureux du Vent ? Pour l’instant, Carmine l’avait dit, ils ne sculptaient plus aucun vivenef. Mais une fois ceux-là éveillés, rien ne les empêchait d’en modeler encore, tel était leur rôle, leur destinée. Et sinon, se laisseraient-ils mourir ?

Colombe prit le chemin inverse et retourna jusqu’au village. Elle vit au loin Siméane et Ismaïl, discutant avec Carmine. Elle avait toutes ces questions dans la tête qu’elle n’osait pas encore poser. Le fait de voir son amie avec cette femme qui l’intriguait la poussa à aller à sa rencontre. « Pardonnez-moi de m’immiscer ainsi. » Un peu honteuse de perturber une conversation à laquelle elle n’avait pas été invitée, elle en perdit un peu ses mots. Le regard de la Mage maintenant posé sur elle l’incita à continuer. « Carmine, je me demandais, que deviendrez-vous si nous acceptons de faire cette offrande ? Que deviendra cet endroit, l’Ile, les vivenefs ? En faisant ça, condamnons-nous les Amoureux du Vent à dépérir ? » Si tel était le cas, Colombe préférait encore ne rien faire du tout, elle ne voulait pas avoir une quelconque influence sur la vie de ces gens, les forcer à se consumer peu à peu. Mais dans sa tête, elle ne voyait que ce schéma là, les Amoureux du vent ne pouvaient pas continuer à sculpter des vivenefs et reproduire la même histoire : les appels, les captifs, les sacrifices.  
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Message Sujet: Re: Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent   Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent - Page 7 EmptySam 21 Mai - 22:03




Chroniques d'Arven

Les Amoureux du Vent

Intrigue 1.3



Intrigue animée par Aura·


Intervention de Carmine et de Rhéa



MAYEUL : « Dame Carmine, je suis désolé de voler quelques minutes de votre temps, mais une question me taraude l’esprit. Nos compagnons, qu’ils soient à plumes ou à écailles, sont toujours plongé dans une étrange somnolence. Ne pouvez-vous rien faire pour cela? Ils font partie de nous, griffons et dragons, ils sont eux aussi impliqués dans ce choix. Il ne serait que juste de leur laisser la parole, et leur esprit est bien trop endormi pour le moment. Connaissez-vous le moyen de lever ce sort qui les incommode? »



CARMINE : « La personnalité d'un dragon ou d'un griffon n'a rien à voir avec celle d'un humain. Les dragons sont immortels et connaissent ce monde depuis des millénaires, une vivenef s'effondrerait sous le poids de tant de mémoire... Quand aux griffons, ils sont reliés à une conscience collective centrale, un esprit modelé en perdrait la raison. Nombreuses sont celles échouées sur l'île des Murmures qui ont succombé à la folie à cause du sang des Seigneurs des Cieux. Un enchantement a été tissé il y a bien longtemps et lié à l'île toute entière : ils sont plongés dans une profonde torpeur, pour ne pas risquer de commettre une nouvelle fois cette terrible erreur. »





SIMÉANE : « Voilà … J'ai … Je suis responsable de la mort du capitaine de la Marie-Sanglante. Il était mourant, et je voulais venger la mort de mes amies qui avaient disparu dans la tempête. Si sur le moment j'ai pensé bien faire, je le regrette amèrement compte tenu de ce que j'ai provoqué ensuite. Je crains de nuire à leur éveil en offrant mon sang à vos enfants… »







CARMINE : « Je peux comprendre la vengeance et le meurtre. Gardez à l'esprit, ma dame, que nous présidons à la magie qui fait couler le sang, et que la mort est une partenaire avec laquelle nous marchons main dans la main. Ce n'est pas tant ce meurtre qui serait profitable aux vivenefs, mais ce que vous en avez tiré, les sentiments qu'il vous a poussé à éprouver, et la leçon qu'il vous a permis d'apprendre. C'est de cela, qu'elles ont besoin : d'émotions humaines, de ressentis humains. Si vous la choisissez bien, la vivenef à laquelle vous pourriez léguer cette expérience en retiendra les bons éléments. »






COLOMBE : « Pardonnez-moi de m’immiscer ainsi. Carmine, je me demandais, que deviendrez-vous si nous acceptons de faire cette offrande ? Que deviendra cet endroit, l’Ile, les vivenefs ? En faisant ça, condamnons-nous les Amoureux du Vent à dépérir ? »







CARMINE : « Certains choisiront de trancher eux-même le fil de leur vie une fois leur serment accompli. Mais la majorité voudra revenir en Arven et retrouver le continent que nous avons perdu il y a si longtemps... Certains d'entre nous se relaieront sûrement pour veiller sur les malheureuses échouées sur les rivages des Murmures. Pour ma part... j'irai à l'Académie. J'irai trouver la Guilde des Mages, et je leur parlerai du tragique destin auquel leur décision nous a condamnés. J'irai à l'Académie, oui ; et j'irai demander au trône d'Ibélène de délivrer Faërie de cette affreuse promesse. La magie du Sang n'est pas maléfique : elle peut accomplir un bien considérable, ce n'est qu'un outil dans la main qui le manie. Je tenterai de réhabiliter les nôtres - il le faut, pour que jamais plus ne s'éveille de vivenef mutilée. »





MARIANNE : « Rhéa, je suis perdue. Je voudrai aider tous ses esprits en sommeil, mais j'ai l'impression que les chances qu'elles deviennent aussi belles que toi sont minces. Elles ont reçu du sang souillé, des quantités. Le mien est peut être meilleur, mais ne suis-je pas orgueilleuse de penser ça ? J'ai vu tes sœurs à l'Ile des murmures, j'aimerai les aider aussi, et pas leur envoyer d'autre âmes en peine. Je ne peux me résoudre à tuer ces Amoureux du Vent, dont toutes les intentions m'échappent, ceux qui ont cru éveiller une vivenef par la seule force de leur esprit, mais ne suis-je pas aussi orgueilleuse qu'eux de penser que je peux réussir là où ils ont échoué ? J'ai vécu dix années à ton bord, riches et merveilleuses. Merci pour cela. J'espère prendre la bonne décision. Je ne te demande pas de me conseiller, mais ton avis sur toute cette histoire me tient à cœur. »

La figure de proue se tourne vers le bastingage, et attrape Marianne par-dessus son épaule, pour la tenir devant elle dans ses mains jointes. Elle commence à raconter, à voix basse.

RHÉA : « Tu as compté au nombre des habitants de mes ponts, Marianne, mais il y a beaucoup que tu ignores sur mes semblables. Tu ne dois pas parler de sang souillé : le sang ne l'est jamais, et vouloir le prétendre serait dénier aux Amoureux du Vent leur nature d'être humain. Leur sang, petite, est tout aussi pur que le tien. Ce qui vous différencie, c'est la teneur des souvenirs que ce sang charrie. Toi, tu as été heureuse. Tu connais le bonheur ; il imprègne ta vie même dans les instants difficiles, alors qu'eux... Eux n'ont que l'exil. On les prétend malfaisants, déformés, malades, néfastes - Marianne, ils sont les victimes d'un traité de paix qui les a sacrifiés pour mettre fin à une guerre affreuse. » Rhéa se tait un instant, et son regard se tourne vers le rivage où Carmine parle avec Maria qui semble agitée. « Je la connais, tu sais, cette femme pour laquelle tu as grand mépris. Jadis, elle portait un autre nom - Alaïs. Alaïs de Sombreflamme, duchesse de Sombreciel, mage dans une lignée d'hommes de science... Elle m'a modelée à l'image de Rhéa, sa fille, à laquelle elle a transmis son trône pour se consacrer à ses engagements auprès des tous premiers élèves de l'Académie. Femme déchirée, Marianne, femme brisée : née en Ibélène, dotée des armes de Faërie, elle n'a jamais été vraiment à sa place à part à Lorgol, mais elle a quand même tenté d'apporter la paix au continent, de toute son âme. Je suis née dans les derniers jours de la guerre ; ils étaient quatorze à façonner mon esprit, mais c'est elle qui a modelé ma mémoire et m'a transmis son histoire. Elle n'aurait pas dû, mais elle m'a donné un peu de ce sang qui coule dans ses veines, et dans les miennes à présent. Petite, elle fut ma mère, et mon premier capitaine. Elle m'a créée pour elle, et c'est en elle que j'ai puisé les qualités qui sont miennes désormais. Je lui dois ce que je suis. Comment pourrais-je ne pas vouloir l'aider ? Je l'ai sacrifiée aux sirènes ; j'ai massacré le reste de l'équipage, et elle m'a échappée de justesse. Quand je suis revenue à moi, maîtresse de moi-même à nouveau, elle était là sur le rivage ; au milieu d'un monceau de cadavres démembrés qui étaient ces hommes et ces femmes que j'avais aimés entre mes ponts. Nous avions passé trente ans sur les flots, ensemble, elle et moi, pour fuir la vindicte de la Guilde des Mages, et j'avais trahi sa confiance - leur confiance à tous. Je pense que quelque chose s'est brisé en elle, à ce moment-là. Son regard, sur moi, était empreint d'une telle tristesse... Je ne l'ai jamais oublié. Elle est restée en arrière, prendre soin de ceux qui vivaient là, et moi... Moi, j'ai fui. J'ai erré à la dérive pendant des siècles, avant d'être trouvée. D'autres auraient succombé à la folie de la solitude, mais j'ai tenu bon, parce que j'avais dans mes veines de bois le sang de ma mère et son amour profond de la justice et de la raison. » Rhéa semble soupirer, et un peu d'eau salée perle au coin des paupières de bois. « Elle m'a tant appris. L'amour des miens, la protection de ceux qui ne sont pas en mesure de se battre pour eux-même, l'aspiration à la paix, l'appel féroce de la liberté, la puissante nostalgie du foyer perdu, le respect que l'on doit à une parole donnée... La beauté qui est en moi, c'est en partie d'elle que je la tiens. Je sais qu'elle peut la transmettre à d'autres, et je veux l'y aider de toutes mes forces. Elle m'a pardonné, elle me l'a dit - mais je ne me pardonnerai le mal que j'ai fait que lorsque mes sœurs seront toutes éveillées. Voilà mon avis, Dame du Ciel - voilà ce que je peux te dire, Marianne. Libre à toi de décider ce que tu veux faire, ensuite... »

Tendant le bras, Rhéa dépose Marianne sur le quai. Le silence retombe.


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Message Sujet: Re: Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent   Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent - Page 7 EmptyDim 22 Mai - 17:20




Bien entendu, ma Samy n'a pas gobé l'entièreté de mes sornettes. C'est une fine mouche, ma toubib, et d'ailleurs nous sommes complices depuis tellement d'années qu'elle lit en mon âme et en ma caboche comme dans un de ses bouquins de médecine, c'est-à-dire sans que rien ne lui échappe. Cependant, son ton s'est adouci lorsqu'elle répond à mes vains efforts de justification. Elle ne s'emporte pas. C'est la grande classe, Siméane. Elle explique posément. Elle déplore, elle analyse, sans lever les bras au ciel en signe d'énervement. Je parviens à conserver mon sourire, mais malgré tout, j'encaisse. C'est vrai qu'à chaque fois que j'ai abusé de la bibine, j'ai fait d'énormes conneries et je l'ai déçue. Je me botterais moi-même les fesses quand je réalise à quel point je suis idiot de mettre en péril notre superbe histoire d'amour, mais on ne balaie pas du revers de la main une habitude aussi sordide qu'opiniâtre, hélas.

Lorsqu'elle se plante face à moi, dans l'ombre de deux maisonnettes voisines, je découvre dans ses yeux, je ressens à son attitude, à sa perplexité, que mon comportement n'est pas l'unique sujet de préoccupation qui la tourneboule. Elle a effectivement quelque chose à m'avouer, me dit-elle. Je ne l'interromps point. Aborder un autre problème que celui de mon alcoolisme me conviendrait assez, sauf, bien entendu, s'il s'agit d'un incident crucial et vraiment fâcheux qui pourrait occasionner de déplaisants prolongements. Fichtre, à croire que je le subodorais, c'est exactement ça. J'en demeure interloqué. Ma douce amante se débarrassant volontairement d'un blessé ... Je n'aurais pas cru que ce fut possible, même si ce blessé était effectivement un pourri de la pire espèce.

Le désarroi de ma princesse m'émeut immensément. Ses larmes itou. Je la serre fort contre moi quand elle se réfugie dans mes bras, comme une toute petite fille effrayée par l'acte qu'elle a commis. Et les mots me viennent, de là, de tout au fond de moi.
- Tu as fait ce que tu estimais juste, ma chérie. Tu as voulu venger des personnes qui te sont chères et que tu croyais mortes par la faute de ce salopard, et c'était très courageux de ta part. Tu as été le jouet des circonstances puisque, par bonheur, elles sont toujours vivantes. Je ne laisserai personne affirmer le contraire de tout cela. D'ailleurs cette pénible histoire était commencée bien avant cet épisode, mon ange, tu n'as été qu'un des multiples rouages de cette aventure rocambolesque qui nous a menés de surprises en surprises. Tu n'es coupable que de loyauté envers les gens que tu aimes. En réalité, je suis vraiment très fier de toi !

L'accompagner chez la vioque ? J'avais tout-à-coup autre chose en tête, d'infiniment plus voluptueux qu'un entretien avec une vieille radoteuse, mais je concède que la situation doit être tirée au clair, et que le plus tôt sera le mieux.
- Allons-y !

Les propos de ma Samy, et ceux de Colombe, qui nous a rejoints auprès de Carmine, me forcent à prendre conscience de ce que je ne désirais pas voir. Ignorer les pignoufs qui vivent sur cette île ne nous mènera à rien. Nous ne parviendrons pas à filer d'ici en feignant de ne pas nous sentir concernés par ce qui s'y passe. C'est impossible. Un choix entre les deux options présentées s'avère incontournable. En outre, tous ceux qui désirent offrir leur sang sont apparemment les bienvenus, quelle que soit leur identité, ou leur personnalité. Cette option me semble d'ailleurs la plus raisonnable. La moins terrible des deux. Quelques gouttes de sang, ce n'est pas la mer à boire, et les figures de proue y récupéreront ce qui leur sera utile pour prendre leur envol. Si j'étais d'humeur espiègle, je demanderais à la mémé si elle est sûre de son coup, parce que la Vivenef qui pourrait éventuellement hériter de mon sang risque d'être marquée à tout jamais, compte tenu du taux élevé d'alcool de papaye qu'il contient. Je la vois d'ici, hoquetant sur l'onde, louvoyant en d'interminables zigzags, et se vautrant sur le premier banc de sable venu. Faut vraiment que je pèse le pour et le contre avant de me décider !


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Message Sujet: Re: Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent   Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent - Page 7 EmptyDim 22 Mai - 18:07

Elle écoute attentivement les propos de Carmine, la voltigeuse avide de liberté, de justice. Elle a des milliers de questions, mais ne veut pas submerger la vieille femme, qui semble si usée, fatiguée. Pourtant, malgré tout, elle le fait. Elle et Marianne, cherchant la vérité, à prendre la décision la plus sage. Beaucoup de choses la perturbent, à vrai dire. Elle s’interroge, veut comprendre. C’est difficile pour elle, qui n’a eu qu’un accès limité au savoir et cela grâce à Freyja, qui n’a réellement approché la magie que quand elle s’est liée à Corail, quand elle est montée à bord de l’Audacia. Elle a été intrépide à donner son sang à Maria. Alors elle questionne, elle écoute. Marianne est plus directe, mais elle pose aussi des questions pertinentes. Elle n’est pas si hostile, en temps normal. Peu importe. Secouant la tête, Grâce revient à la conversation.

« J’ai été captive sur le Marie-Sanglante, privée de toutes armes. Peut-être s’y trouvent-elles, mais j’apprécierai que vous m’en fournissiez, Dame Carmine. »

Carmine parle, se confie, n’est pas avare de paroles. Elle se confie, elle explique ce qu’ils ont tous à offrir. Grâce n’ose plus l’interrompre que par toutes les questions qui lui ont été posées. Si se remémorer la plupart de ses interrogations a été dur pour elle, alors cela doit l’avoir été pour Carmine, d’y répondre. Et tant d’interrogations. Elle déglutit, soudainement triste malgré elle, de sentir que Maria a failli s’éveiller briser. Maria, à qui elle s’est liée, bien plus qu’elle ne le savait, prête malgré tout à le faire. La figure de proue ne l’aura pas aidée, si ça n’avait pas été le cas, n’est-ce pas ? Elle inspire doucement, continue d’écouter. Elle ne sait que faire, non, pas le moins du monde. Elle suit Marianne, l’écoute.

« Il faut les prévenir, en effet, mais avant cela, il faut agir… Je crains que Carmine ne dise vrai. Je ne sais simplement dans quel sens… Il n’y a aucune décision aisée, je le crains. »

Elle sourit à son amie, alors qu’elles se séparent. Pourrait-elle questionner Melsant, avec Soie ? Non, elle ne veut pas le déranger. Elle a d’autres questions à poser… À Carmine, mais pas seulement. Elle connaît Rhea, elle pourrait la questionner, mais ses pensées sont tournées vers Maria. Elle voit Marianne parler à Rhea, alors qu’elle rejoint le pont de la Marie Sanglante, s’approche de celle qui l’a sauvée.

« Maria, te souviens-tu de ta vie ici ? Sais-tu ce qui a fait que tu ne succombes pas à la folie, que tu t’éveilles et deviennes une belle vivenef ? Que puis-je offrir, à qui, pour sauver ces pauvres malheureuses piégées ? Qu’attends-tu de moi, aussi ? Vas-tu… me revendiquer ? Comment puis-je être ton salut, et rester voltigeuse ? Le puis-je seulement ? Mes armes se trouvent-elles à tes côtés ? Je sais que tu as perdu ton capitaine, et je n’ose imaginer ta douleur. Je ne peux rien faire pour l’apaiser, je le crains, mais tu m’as offert ton aide, et je ne l’oublierai pas. Bien que je doive offrir une capitaine au Skadi, c’est un Serment que j’ai fait, et que je ne souhaite pas briser. Je ne peux te faire un serment que je ne serai pas en mesure de tenir, mais si je dois échouer, j’essaierai de t’aider malgré tout. Tu n’étais pas obligée de me séparer de ton équipage. »

Elle frémit, Grâce. Elle ne veut offenser Maria, la peiner. Elle veut simplement être aussi franche que lorsqu’elle a demandé son aide.

**

Elle est bouleversée, de son passage sur la Marie Sanglante, plus perplexe. Elle veut aider les vivenefs, malgré tout. Mais elle est taraudée par une autre question. Elle approche doucement Carmine sur la plage.

« Dame Carmine, quelle est cette magie bannie qui pourrait sauver les vivenefs brisées sur les rivages des Murmures ? Pouvons-nous agir ? Quitte à aider les vivenefs en attente d’être éveillées, pourquoi pas elles ? C’est beaucoup pour une seule personne, mais nous sommes plus que nécessaire pour celles ici, pouvons-nous aider les deux ? »

Elle voit Marianne non loin, ira lui parler, après, pour partager ce qu’elles savent, et se décider.

Spoiler:
 


Dernière édition par Grâce Martel le Jeu 26 Mai - 8:12, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent   Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent - Page 7 EmptyDim 22 Mai - 18:50

Il comprenait les mots de Carmine, sincèrement, mais quelque part, son esprit les refusait. La torpeur de Nuage l’affectait plus qu’il ne voulait l’admettre, et l’idée de ne pas le revoir, maintenant, comme avant, ne lui convenait pas. Comme un enfant capricieux qui vient de se voir refuser son jouet préféré, Mayeul s’apprêta à répliquer, mais la présence de Maelys à ses côtés l’en dissuada. A moins que ce ne fût celle de Carmine, vieille, mais si sage. Si... Brisée. Pouvait-elle leur mentir? Et pourquoi?
Visiblement, bannir la Magie du Sang avait été une erreur. Ou peut-être pas, vu ce qu’elle avait engendré, tous ces esprits brisés, ces Vivenefs échouées, ces rivages endeuillées. Ceux qui avaient reçu des explications de Carmine les avaient partagés, mais cela n’éclairait guère la question et, si cela était possible, la complexifiait encore plus. Comment prendre une décision, sans avoir, en arrière-pensée, la peur de la regretter? Quoiqu’ils choisissent, quoi qu’ils décident au final, le sort de beaucoup étaient entre leurs mains. Est-ce qu’en choisissant d’aider les Amoureux du Vent, ils n’allaient pas finir par attirer le malheur sur tout Arven? Massacrer, car c’était de cela qu’il s’agissait, quelques innocents n’était pas, dans ce cas, un sort préférable? Mayeul commençait à entrevoir pourquoi Carmine avait tant insisté sur leur choix, et, surtout, leur volontariat.

Mais ils ne savaient pas tout, et c’était bien ces zones d’ombres qui lui donnait des frissons. La peur de se tromper, de choisir à-côté, et d’entraîner d’autres dans leur erreur. Mayeul ne pouvait s’en défendre, il détestait cette idée que d’autres vies que la sienne reposaient sur ses épaules. Par Valda, il était voltigeur, simple voltigeur, pour une seule et unique raison : monter en grade ne signifiait que des problèmes. Et il avait bien assez des siens pour ne pas devoir, en plus, prendre à sa charge ceux des autres.
Plongé dans ses pensées, il remercia l’aïeule de sa réponse qui ne lui convenait pas, et indiqua à la petite chevaucheuse de le suivre. Il était quasiment persuadé que la réponse ne lui plaisait pas plus qu’à lui, et au point où ils en étaient, se montrer insistant et se mettre Carmine à dos ne semblait pas être une bonne idée.
Il aurait voulu retourner au Berceau, convaincre à nouveau Nuage de le suivre et embarquer sur la première Vivenef venue. Fuir, loin des choix, loin des responsabilités. Abandonner et laisser le fardeau à ceux qui leur succéderaient dans cent ans. Lâche? Assurément. Mais il ne pouvait pas. D’abord parce que même si Nuage se trouvait sur l’Audacia, le cerveau du griffon était comme endormi et bien en peine de communiquer activement avec son voltigeur. Et deuxièmement, parce que visiblement, les Vivenefs n’étaient décidées à aller nulle part. Et quand bien même cela aurait été le cas, Mayeul aurait été bien incapable de la manœuvrer. Il avait essayé, avait même rejoué le petit numéro du Roi Noir, et ça avait lamentablement échoué.

En désespoir de cause, il retourna vers le village, s’installant auprès des autres rescapés et sauveteurs, se joignant à la discussion qui ne tournait plus qu’autour d’un seul sujet. Il accepta un bol rempli de fruits et donna, lui aussi, son opinion.
Nos choix sont, de toute façon, limités : nous ne pouvons partir et tourner le dos aux amoureux du Vent. Et personnellement, je ne pense pas être capable de massacrer hommes, femmes et enfants de sang-froid. Quand à éveiller les Vivenefs, cela paraît être une option qui comporte ses propres problèmes, mais nous n’en avons pas d’autres.
Tout à l’heure, il irait trouver quelques Amoureux du Vent. Ils devaient bien avoir un moyen de tromper leur ennui sur cette fichue île non? Une fleur quelconque, une plante hallucinogène? Parce qu’il en avait besoin. Désespérément.

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Message Sujet: Re: Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent   Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent - Page 7 EmptyDim 22 Mai - 19:53

Marianne savait que Carmine était passée plus tôt voir Rhéa, et au fond d'elle elle appréhendait la réaction de la figure de proue, regrettant son emportement sur la plage. Elle avait oublié combien Rhéa est empreinte de sagesse. Elle se sent bien petite quand les mains de bois la cueillent, et encore plus en découvrant l'histoire d'Alaïs. Elle ne s'attendait pas à une telle révélation, à des lieues d'imaginer le lien qu'il pouvait y avoir entre l'Audacia et la vieille mage.

Quand Rhéa la pose doucement sur le quai, la tête lui tourne. A croire qu'elle vient de siffler une des meilleures bouteilles d'Ismaïl. Elle fait quelques pas avant de s’asseoir, comprenant que ce n'est pas le sol qui tangue, mais bien ses convictions. Elle se met à rire.
Ah ! Je cherchai à choisir en connaissance de cause ! Je voulais des informations ! Me voilà satisfaite, totalement ivre d'avoir bu tant de paroles, et aveuglée par la lumière de la vérité que je refusais de voir jusque là, me complaisant dans mes préjugés !
Son esprit vacille un instant, Iode s'en inquiète au point de lutter contre son enchantement pour savoir si son amie va bien
C'est peut-être ce que ressentent les vivenefs avant que leur esprit s'écroule ? Ne t'en fais pas camarade, je vais bien, il faut juste que mes idées se remettent en place. D'une autre manière j'imagine. Je suis juste mauvaise perdante, que veux-tu !
Finalement, dès le début elle voulait aider les vivenefs, mais la portée du choix à faire dépassait l'Île du Vent, jusqu'à l'ancien traité de paix et la magie du Sang.
Le sang. Elle regarde ses mains, la médecin. Elle s'était jurée qu'elles ne serviraient qu'à accueillir la vie ou l'adoucir des blessures et de la maladie. Que jamais elles ne toucheraient d'armes faites pour tuer, écourter une existence. Maintenant, elle envisage de les faire saigner, pour éveiller une autre sorte de vie à ce monde, mais peut être aussi en briser l'esprit vers l'Ile des Murmures. Le risque était grand.
Mais si l'Ancienne y croyait, la mère de Rhéa... oui, ce risque devait en valoir la peine. Et quitte à le prendre pour les sirènes, elle pense aussi aux vivenefs brisées au-delà de l'horizon. Il fallait qu'elle en parle à Freyja et Grâce.


***


Au matin du jour du vote, la Voltigeuse surprend quelques Amoureux du Vent en rejoignant les rangs de ceux prêts à les aider. Elle s'approche de Carmine qui à son habitude ne lui accorde pas un regard, mais elle se lance tout de même :
« Dame Carmine – si vous souhaitez toujours que l'on vous nomme ainsi – j'offre mon sang à toutes les vivenefs auxquelles vous pensez qu'il serait profitable. Je dois vous paraître bien naïve, avec mon optimisme et ma détermination qui n'ont pas connu des siècles d'amertume, mais j'espère de tout cœur que vos enfants échouées sur l'Île aux Murmures s'éveilleront un jour. Je leur offre aussi mon sang, si vous le jugez utile. Vous avez laissé entendre qu'une autre magie bannie pourrait les aider, et je vais m'accrocher à cette piste de sortie. Elles ne seront peut-être pas apaisées de mon vivant, mais leur existence ne sera pas oubliée, je m'emploierai à ce que ce jour se produise en racontant ce que j'ai vu ici. Jusqu'à ce que l'histoire tombe dans l'oreille des bonnes personnes. »
Elle hésite un instant, se demandant si l'ancienne duchesse va la rabrouer... bah, son choix est fait, donc elle n'a plus rien à perdre. Elle s'incline timidement.
« Qu'importe l'opinion que vous avez de moi, pour ma part mes préjugés ont été piétinés allègrement par plusieurs bottes ces derniers jours, et j'ai réussi à aller au-delà. Merci de votre patience à notre égard et d'avoir répondu à nos interrogations. »

Elle retourne ensuite aux côtés de Freyja et Grâce, le cœur un peu plus léger. Elle se sent presque d'humeur à plaisanter.
« Évitez tout de même de donner plus que votre corps ne peut supporter. Ne vous tuez pas à la tâche... ce serait dommage. »

Spoiler:
 







J'ai pour moi les vents, les astres et la mer.


Marianne • #006666
Iode • #663300
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Message Sujet: Re: Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent   Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent - Page 7 EmptyDim 22 Mai - 22:53

Je n’ai pas de doute. Aucune hésitation, pas de réserve, nulle crainte.

Je n’ai pas pris logis parmi les Amoureux du Vent avec les autres ; je suis restée à bord de l’Audacia, avec mon capitaine, avec nos deux filles retrouvées. Cette nuit, elles dorment au village avec Grâce et Marianne, et je suis seule avec Philippe sur le navire. L’aube sera bientôt là – et blottie dans les bras de cet homme que j’aime de tout mon être, sa peau contre la mienne et nos deux souffles mêlés, je ne dors pas. Je n’y arrive pas. Je sais ce que je veux faire, pourtant, j’ai pris ma décision dès que le regard de Rhéa a croisé le mien et que j’ai perçu sa supplique silencieuse… Me libérant délicatement des bras de Philippe pour ne pas l’éveiller, je m’habille en silence, veillant à ce que le talon de mes bottes ne claque pas sur les lames de bois du plancher.

Je monte sur le pont – Rhéa n’est pas seule, Carmine est là, assise dans sa main, et je ne les dérange pas. La figure de proue m’a raconté leur histoire commune, et je ne veux pas les interrompre. Je descends à terre, passe la tête par la cabane où dorment mes filles, avance le long du rivage, passant de vivenef en vivenef. Oserai-je transmettre de moi à ces dames de bois endormies ? Comment savoir à laquelle je serai utile ?

Assise sur la plage, j’attends le lever du jour. Puisse Messaïon nous assister...

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Message Sujet: Re: Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent   Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent - Page 7 EmptyDim 22 Mai - 23:02

JE VERROUILLE POUR POUVOIR POSTER.
Merci.
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Message Sujet: Re: Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent   Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent - Page 7 EmptyLun 23 Mai - 1:01




Chroniques d'Arven

Les Amoureux du Vent

Intrigue 1.3



Intrigue animée par Aura·


Les Amoureux du Vent


Larguez les amarres !
En guerre, compagnons, à la bataille !
Que tremblent les embruns et pleurent les vagues !
Les pirates s'en vont à l'assaut des flots !

Ils ont choisi. Une écrasante majorité a parlé : ils consentent à donner leur sang, pour que les vivenefs du Berceau soient éveillées. Le long cérémonial commence.

Pour ne pas répéter les erreurs du passé, les Amoureux du Vent se rassemblent par groupes d'une dizaines d'officiants, passant de vivenef en vivenef pour achever le lent rituel de l'éveil. Devant chacune, lorsque vient son tour, ils rejoignent les captifs déterminés à offrir leur sang à cette égérie de bois en particulier. Quelques gouttes suffisent, et les mages brûlent de détermination. Le soleil avance dans le ciel ; et petit à petit, les vivenefs s'éveillent.

Quelques-unes se sont brisées. L'Île des Murmures les accueillera - Maria a failli les rejoindre, mais Rhéa l'a retenue, tentant de lui redonner quelques bribes de lucidité.

Voilà ce qu'il se passe pour chacun des donneurs volontaires...

Mayeul :Il n'a pas le temps de choisir la vivenef à laquelle donner son sang. Sur la plage, un groupe d'Amoureux du Vent s'affaire près d'une vivenef qui achève de s'éveiller. Le bois frémit - et sous l'effet de la magie, les traits de la vivenef se modifient, tandis que les souvenirs imprimés dans son bois modèlent son apparence. Un tourbillon de copeaux s'envole, et lorsque le nuage se dissipe, un visage qu'il reconnaît le regarde fixement. Puis la figure de proue s'anime, cligne des yeux ; et un tendre sourire fleurit sur ses traits de bois. « Je m'appelle... je m'appelle Mathilde. Donne-moi un capitaine ! »

Louis : C'est une vivenef fine et élancée qui reçoit quelques gouttes de son sang. Deux modeleurs sont à l'oeuvre : un homme nimbé d'une aura de tristesse, et une femme jeune et frêle. Après quelques minutes de lutte, ils baissent les bras, résignés ; quand soudain, dans un tourbillon de copeaux, la vivenef prend vie. Chevelure blonde, port royal : la figure de proue est clairement aristocratique, et l'affection avec laquelle elle serre les deux modeleurs contre son cœur de bois en dit long sur la personnalité qu'ils lui ont insufflée. Ce jour-là, Louis contribua à l'éveil de quatre autres vivenefs. Aucune ne le réclama comme capitaine. Sa loyauté était déjà trop engagée auprès de Rhéa.

Marianne : Une mage du sang est venue elle-même la démarcher, envoyée par Carmine, qui pensait apparemment que sa personnalité serait la clé de l'éveil pour la vivenef encore en sommeil. Prudemment, Marianne laissa couler quelques gouttes sur le bois. Lorsque le bois s'anima, lorsque les traits sculptés se mirent à bouger, un nuage de copeaux tourbillonna sur l'épaule droite de la figure de proue, représentant un mignon chaton lové sur les courbes de bois. D'une main hésitante, la vivenef effleura la joue de la mage. « Je suis... Je suis Chemsa. » Ce jour-là, Marianne d'Orsang participa à l'éveil de trois autres vivenefs, chacune arborant fièrement un petit chat de bois ronronnant.

Siméane : D'un groupe à l'autre, elle hésite longtemps, de peur de traumatiser des vivenefs fragiles avec ce sang chargé de meurtre qui coule dans ses veines. Finalement, c'est vers une vivenef déjà aidée par Ismaïl qu'elle se dirige. Ensemble, ils donnent un peu d'eux à la figure qui sommeille encore - et lorsqu'elle s'éveille, droite et fière, c'est une personnalité indépendante qui prend vie - bien qu'un peu influençable. Elle choisit un Amoureux du Vent non-mage pour capitaine. Le couple n'aida aucune autre vivenef.

Serenus : Pauvre homme. Deux vivenefs auxquelles il donne son sang avec tant d'autres captifs, deux esprits qui se brisent au moment de l'éveil. Deux vivenefs de plus pour l'Île des Murmures... Prudent, il songe à s'arrêter ; mais c'est Carmine qui vient le prend par la main pour l'amener devant une vivenef qui est la seule à arborer des traits masculins. Sculptée par un mage de Bellifère, très visiblement ; et avec l'aide de Serenus, le guerrier de bois finit par s'animer. Serenus arrêta là ses efforts pour la journée.

Grâce : Sur le bastingage d'une vivenef endormie, Carmine est assise, un paquet sur les genoux. De la main, elle invite Grâce à s'approcher, et lui remet son présent. « Voici Châtiment. C'est une belle arbalète. Elle est inflexible mais droite, vengeresse mais juste, hargneuse mais équilibrée, moqueuse mais protectrice. » Elle pique le doigt de Grâce à l'improviste, fait couler le sang sur le bois de l'arme qui se met à vibrer dans les mains de la Voltigeuse. « La voici éveillée. Elle n'obéira qu'à vous. Son esprit se nomme Adélaïde, comme cette princesse de Bellifère qui s'émancipa de sa famille pour régner seule et s'affirmer. Elle vous ressemble, vous vous entendrez. » Carmine s'en va éveiller d'autres vivenefs. Ce jour-là, Grâce donna son sang à sept vivenefs, puis resta près d'Eda, sur le Skadi, guettant un potentiel capitaine pour la vivenef.

Tristan : Il s'apprête à donner son sang à la vivenef qu'il a choisie pour l'aider à s'éveiller, lorsque la main de Carmine sur son poignet l'en empêche. « Pas comme ça. Suivez-moi. » Elle l'emmène près de la vivenef qu'elle a elle-même façonnée. « Poussez, avec votre esprit, mon jeune ami. Est-ce que vous sentez son âme sommeiller ? » Devant l'air choqué de Tristan, elle hoche la tête, solennelle. « Vous portez la marque de Sithis. Votre magie pulse le gel de l'Hiver, mais elle ruisselle aussi d'un torrent de Sang, mon enfant. Si vous désirez un jour exploiter ce potentiel... Cherchez-moi. » La vivenef de Carmine s'éveilla grâce au sang de Freyja de Brunante et Philippe Jedidiah : lorsque le tourbillon de copeaux se dissipa, deux silhouettes de bois se tenaient main dans la main, deux enfants aux bras tendus vers l'horizon. Lisa et Liam. « N'y pense même pas ! » déclara d'un ton péremptoire la seconde de l'Audacia, l'index vigoureusement brandi sous le nez de son capitaine, tandis qu'il la couvait d'un œil inquisiteur. Tristan aida à éveiller trois autres vivenefs ce jour-là, Philippe et Freyja aucune supplémentaire - mais ils avaient fort à discuter.

Colombe : La seule vivenef à laquelle Colombe donne son sang est d'une extrême intelligence, et couronnée d'une crinière rousse. Elle ressemble un peu à l'un de ses professeurs de l'Académie, et la jeune mage ne donne son sang à aucune autre.

Neve : Elles sont deux vivenefs à se le disputer comme capitaine ; et il est bien embarrassé, le Chevaucheur, de devoir leur expliquer que les cieux l'ont réclamé avant elles. Finalement, les deux dames de bois se tournent vers d'autres possibilités, mais Neve n'offre pas son sang à d'autres, de peur de quitter les rivages de l'Île du Vent avec un troupeau de vivenefs nouvelles-nées à ses basques.

Lou-Ann : C'est vers Maria qu'elle va, la vaillante boucanière. « On m'a dit que tu avais mal de toute la souffrance qu'on t'a apprise ; moi, je voudrais te donner des choses belles. Tu veux bien ? » Rhéa, à proximité, se tient prête à intervenir s'il le faut. Maria acquiesce, et lorsque le sang de Lou-Ann touche le bastingage, il se répand sur toute la longueur du navire, traçant de sombres arabesques qui s'étirent à l'infini. Avant que quiconque ne puisse l'en empêcher, Lena pose un index ensanglanté à côté de la paume de sa sœur ; et les arabesques se colorent de mille teintes d'arc-en-ciel. Rapidement, leurs parents viennent les récupérer, et les félicitent pour leur courage. Maria semble maintenant considérablement plus jeune : toujours aussi impulsive et imprévisible, mais plus sereine et apaisée. Les arabesques multicolores se sont dissipées, mais Maria est enfin suffisamment stable pour réclamer un nouveau capitaine : son canonnier.

Justice, dragon un peu con : Elle reste en retrait, la Tour, sage et prudente ; mais si les dragons sont forts vieux, ils ne sont pas forcément intelligents. Elle n'a pas le temps de réagir quand elle aperçoit la silhouette dorée de Justice se pencher sur une vivenef à peine esquissée, que déjà son dragon a entaillé son flanc pour faire son offrande. « Non ! » Le hurlement paniqué de Carmine fige toute la plage, tandis que la vivenef tremble violemment de toutes ses armatures et que le dragon recule, piteux, d'avoir cédé à la curiosité. « Elle va attaquer ! Reculez, reculez tous ! » Aussitôt dit, aussitôt fait, la panique gagne la plage ; mais soudain, la vivenef agitée cesse de bouger. Le familier tourbillon de copeaux l'environne, toute entière de la poupe à la proue... et lorsqu'il se dissipe, la figure de proue n'est plus humaine. C'est un dragon qui est là, et qui étend deux ailes massives de chaque côté du bastingage ; à la poupe, l'on distingue sa queue fourchue dans le sillage du bâtiment. « Par Messaïon ; un drakkar... » Le murmure choqué de Carmine résonne dans le silence de plomb. Un drakkar : ces navires de légende, ancêtres des vivenefs, protecteurs des cités côtières à l'époque où les empires n'existaient pas encore. C'est la Tour Noire qu'il vient réclamer comme capitaine ; et Justice, tout penaud, tente de se faire oublier sur le rivage. Oups. :geu:

La Tour Noire : Une seule, ça lui a suffi. Une seule vivenef, et uniquement parce que son hôte grillait de curiosité et d'envie d'aider, et parce qu'elle avait besoin de se changer les idées après avoir copieusement engueulé son idiot de dragon : une seule goutte de sang, et voilà, la magie s'est emballée. C'est par terre, les quatre fers en l'air, qu'elle s'est retrouvée la Tour, tandis qu'un ouragan de copeaux de bois remodelaient la malheureuse vivenef à laquelle elle a donnéson sang. C'est une forteresse navale qui apparaît : quarante canons, six ponts, quatre mâts... un galion de guerre redoutable, bien plus dangereux que toute la flotte belliférienne. Merci, hein, Simon. L'esprit de la pièce n'en mène pas plus large que le dragon, et quand la femme de bois cuirassée à la proue se penche vers lui, il se recroqueville même un peu. « Quelle est ma mission ? » La Tour balbutie, cherchant désespérément quelque chose de sensé à dire. « Défendre... défendre le... les... l'île des Murmures ! Défendre les vivenefs de l'île des Murmures contre ceux qui voudraient leur nuire ! » La vivenef approuve gravement, et demande comme capitaine une jeune Amoureuse du Vent qui s'empresse d'accepter.

La chose non mentionnée au nord de l'île... : C'est vers l'île des Murmures que se dirige cet équipage-là. Sur place, ils mettent en oeuvre une magie ténébreuse, entachée d'anathème et d'interdit ; et au loin, ceux restés sur la place du Berceau aperçoivent les silhouettes d'une vivenef naguère folle se redresser et voguer fièrement. Elle l'entend, cette musique tissée au cœur de son être par sa modeleuse, cette chanson ; oh, oui, elle l'entend, et elle chante dans cette langue décousue des vivenefs perdues, tandis que son esprit se reconstruit lentement. Il est temps, enfin, pour Ambal de prendre la mer...






Septième Tour

Consignes



IRL : du lundi 23/05 au dimanche 29/05.
IRP : le 29 mai, toute la journée (jour de l'Éveil).

• Ce topic concerne uniquement les équipages recensés en tête de topic. Les personnages dont la participation à l'intrigue ne serait pas cohérente peuvent rejoindre l'animation de ce chapitre « Contes et Légendes : Les Amoureux du Vent ». La participation à chaque tour de l'animation donne droit à la carte d'Omen d'assiduité, en lieu et place de l'intrigue. (Il est possible de participer aux deux, mais vous n'aurez qu'une seule carte à la fin.)

• Si vous n'étiez pas inscrit et souhaitez vous rajouter, adressez un MP au Destin en précisant si vous voulez être captif ou poursuivant, et il vous affectera un navire.

• Racontez l'éveil de vos vivenefs, détaillez en brodant sur la trame fournie par Le Destin. Vous pouvez aussi réagir aux éveils des vivenefs de vos petits camarades.

• Le Destin pourra PNJiser Carmine si vous avez des questions.

• Le tour prend fin le 29 mai au soir, quand le Berceau est vide.

• Vous ne saurez rien de plus pour le moment sur la magie étrange à l'oeuvre sur l'Île des Murmures.

• Chaque RP devra compter moins de 700 mots : indiquez le nombre de mots + un résumé de vos actions sous spoiler à la fin de votre message. Vous pouvez bien sûr prendre des initiatives, envoyez un petit MP au Destin pour check avant !  :slip:

• Vous pouvez vous coordonner entre vous ici.

Bonne chance à tous !  :poele:




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Message Sujet: Re: Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent   Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent - Page 7 EmptyLun 23 Mai - 13:43


La Tour

La Rose Noire





Tu les regardes s'éveiller, les unes après les autres. Toi qui es restée à l'écart jusqu'à présent, écoutant les conversations sans y prendre part, pesant le pour et le contre dans ton esprit en compagnie de Simon et de Justice, tu te réjouis désormais du succès du choix des captifs. Mais tu sais également ce que signifie cette victoire ; la Magie du Sang reviendra en Arven pour plaider sa cause et cette perspective annonce bien des problèmes à l'horizon. Tes compagnons de la Rose devront être mis au courant. Que chacun de vous veille à ce que cette paix fragile ne se brise pas sous le poids d'une magie aussi ancienne. Tu y songes en connaissance de cause, toi qui es là grâce à elle, petite Tour qui observe de son regard inquisiteur.

Et tu as longtemps hésité, débattu avec Simon de la meilleure chose à faire. Toi qui es une Tour novice et qui, malgré tout, es là pour aider. Faut-il risquer de donner un sang ancien, risquer de rendre folle l'une des sirènes qui attend d'être éveillée ? Le Roi l'a bien fait. Oui mais toi, tu es si raisonnable. Tu ne ferais pas quelque chose d'irréfléchi n'est-ce pas ?

Justice lui, n'attend ni avis, ni conseil. Sage parmi les sages, il régresse de quelques centaines ou milliers d'années pour se retrouver plus bête qu'un Fantasme dans ses meilleurs jours. Le drakkar prend forme sous tes yeux ébahis, te réclame toi, Tour droite et soudain interdite. Justice, tout penaud, s'en va sur la berge sans un mot et tu soupires sous ton masque, bien embêtée par cette situation. « Si nous le ramenons à Lorgol, les Epines pourront en prendre soin pour nous. » Hum... ce n'est pas bête. Un drakkar pour la Rose, ça pourrait être utile. Tu jettes pourtant un regard de reproches à Justice. Tu l'y reprendras à te faire la morale pour un rien !

Le risque semble bien plus réel maintenant que ton dragon a fait des siennes, n'est-ce pas ? « Je pourrais le donner sous ma forme normale. » « Mais tout le monde saurait qui tu es. » Impossible. Tu restes pourtant face aux Vivenefs en devenir et Simon redevient silencieux. Vous contemplez les possibilités quand tu croises le regard de Carmine. Elle indique d'un geste une Vivenef et te décides. Une seule. Rien qu'une seule goutte pour une seule vie. Car maintenant que l'éveil est en cours, tu ne peux pas te résoudre à t'en aller sans un geste envers ces Amoureux du Vent dont tu contestes encore les méthodes mais qui n'ont d'autre choix que de se libérer ou mourir.

Et une goutte, c'était plus que suffisant. Le navire de guerre qui prend forme sous tes yeux est imposant. Tu sens Simon se recroqueviller dans un coin de ton esprit, lui aussi pris de cours par cette vision gargantuesque. La figure de proue est droite et fière. Comme toi, elle est née pour servir et tu sais qu'elle suivra tes directives, quoi qu'il en coûte.

Ton devoir est accompli, tu n'as plus rien à faire ici. Mais avant, tu t'approches de Carmine. « Arven n'est peut-être pas encore prête à accueillir à nouveau la Magie du Sang en son sein. Soyez prudente, nous ne sommes jamais bien loin. » Tu ne cherches pas à enrober tes paroles de miel. Tu entrevois déjà les conflits qu'un tel retour pourrait engendrer et tu espères de tout cœur qu'ils pourront être étouffés dans l’œuf.

« Justice, allons-y. » Ta voix se fait plus sévère et le dragon vient te chercher sans faire le fier, cette fois. Avant de t'installer, tu t'approches du drakkar que tu effleures du bout de tes doigts gantés. Il vibre de contentement et te tire presque un sourire à toi aussi. « Finalement, il n'est pas si mal. » « Ne crois pas que tu t'en sortiras comme ça, on va en rediscuter toi et moi. » Et tu t'installes sur ta selle, prenant déjà de l'altitude pour t'envoler au-dessus des flots. Derrière vous, le drakkar se met en route, suivant la lueur dorée à l'horizon, docile et déjà si heureux d'accompagner son capitaine en voyage.


Spoiler:
 



Dernière édition par La Rose Écarlate le Jeu 26 Mai - 3:16, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent   Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent - Page 7 EmptyLun 23 Mai - 17:53

J'n'ai pas fait grand-chose d'ces derniers jours écoulés. A vrai dire, j'suis surtout restée auprès d'Marianne. Et d'mes parents aussi, quand les yeux d'maman ont arrêté d'jeter des éclairs dans ma direction. J'en avais besoin après toutes ces aventures. Alors j'les ai r'gardés discuter entre grands, sans trop m'en mêler. De toute façon, j'pense que ça m'dépasse un peu tout ça. J'ai écouté, ça oui ! Mais j'n’ai rien dit jusqu'à ce qu'ils aient fait un choix et qu'ils soient tous occupés avec leurs tentatives. J'suis restée au loin, à les r'garder faire jusqu'à voir la Marie Sanglante, toute seule dans son coin.
J'l'aime pas des masses, ce bateau, faut bien l'avouer. Mais à bien le regarder, à l'voir là-bas tout abandonné... J'me suis dit que j'pourrais peut-être faire quelque chose, lui rendre un peu d'espoir, d’jeunesse ou de j'sais pas trop quoi que j'peux avoir en moi. Du coup, j’m’entaille un peu la paume et j’la pose doucement sur le bois. Le peu d'sang qu'j'lui ai donné a dessiné des arabesques partout sur le pont. Puis y'a Lena qu'est v'nue aussi mettre une p'tite goutte de son sang sur le bastingage et tout s'est coloré. La Marie Sanglante, tu parles ! C'la Marie Arc-en-Ciel qu'on va l'appeler maint'nant !

On est r'parties toutes les deux vers la plage, laissant les parents rejoindre l'Audacia en se disputant à propos d'un Liam et d'une Lisa. Aucune idée d'qui c'est et pour l'moment, j'm'en moque un peu, j'dois vous dire. Y'a trop à voir et à admirer avec toutes ces nouvelles vivenefs éveillées. J'voudrais courir sur l'pont de toutes, de ce galion immense à celle qui a deux figures de proue. Mais celle qui m'attire encore plus, c'est le drakkar superbe qu'a surgi de la magie avec son dragon à la poupe. Par Messaïon, c'qu'il est beau !
Un coup d'œil alentour. Tous les adultes semblent occupés. Je viens pauser doucement ma paume encore maculée de sang séché sur le drakkar, fascinée. Et j'vous jure qu'on dirait qu'il vibre à mon contact ! Si, si ! Oh puis après tout... y'a aucun mal à voir de plus près, pas vrai ? M'assurant qu'personne ne m’voit – j'sais pas pourquoi, mais j'suis pas totalement sereine sur le fait que j'ai l'droit d'faire ça ! – je me glisse à bord pour en explorer les moindres recoins. Finie la captive, je redeviens capitaine, à visiter les ponts et les entreponts. Jusqu'à qu'une secousse bien connue m’fasse ouvrir de grands yeux. Nom d'un p'tit poisson multicolore, ne m’dites pas que... Bah si. Suivant la silhouette noire toute encapuchonnée d'la Rose, le drakkar s'est élancé sur les flots et déjà j'vois la plage qui rétrécit derrière et les vivenefs ne sont déjà plus qu'des hannetons à l'horizon. Par toutes les écailles des poissons des océans, si maman me r'trouve pas avant d'lever l'camp, j'suis bonne pour rester enfermer à vie dans une soute, moi !

Au d’ssus, j'vois le dragon qui continue son vol. Faut absolument qu’on change de cap ! Ni une, ni deux, j'grimpe dans les gréements plus vite que si j'étais poursuivie, plus vite même que quand on s'faisait attaquer sur le Skadi – parce j'vous assure qu'la colère de ma mère, c'bien pire ! et une fois au nid d’pie, j'apostrophe le gros lézard d'une voix un peu hésitante : « Euuuuh... excusez-moi là-haut. M'sieur d'la Rose. Ou m'dame. J'pensais pas à mal, je visitais votre navire parce qu'il est vraiment superbe. Puis vous avez amarré. Enfin, décollé. Enfin, un peu les deux j'suppose. Et bref, j'me r'trouve comme qui dirait... passager clandestin. Bon, pas qu'ça me dérange de naviguer sur pareil bâtiment, loin d'là mais... 'fin vous comprenez j'ai déjà disparu y'a deux mois sur un autre bateau, mes parents m'ont couru après. 'fin navigué après, techniquement. Et du coup, j'ai un peu peur qu'ils prennent pas très très bien l'fait que j'sois là avec vous, voyez ? Y'a... y'aurait encore moyen de faire demi-tour ? S'il vous plait ? »

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Message Sujet: Re: Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent   Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent - Page 7 EmptyLun 23 Mai - 22:40

Ils avaient fait leur choix, ils iraient donner leur sang aux vivenefs pour que celles ci s'éveillent. Serenus n'osa pas tout de suite s'avancer vers le Berceau. Il regarda Mayeul et les autres qui commençaient à offrir leur sang. Il vit que le voltigeur n'eut pas besoin de se faire saigner, sa vivenef etait deja prête. Elle s'éveilla et prit la forme d'une jeune femme que Serenus avait déjà vu quelque part. Il se rappela alors qu'il avait déjà vu ce visage chez Mayeul, sur un tableau representant Mathilde, sa soeur. Serenus fit un grand sourire, visiblement heureux pour Mayeul puis il s'avança. Un amoureux du vent se présenta à lui et lui donna un couteau bien aiguisé. Le guerrier leva la main droite et s'entailla la paume avec une grimace. Il ferma le poing pour que le sang coule sur les vivenefs. Serenus regarda attentivement, la vivenef commenca A se comporter d'une manière bizarre, comme si elle était habitée. L'amoureux du vent secoua la tête et dit en soupirant :

- Elle est brisée, on ne peut plus rien faire pour elle.

Serenus regarda la vivenef et soupira. L'homme l'entraîna vers une autre qui réclamait déjà du sang. Serenus présenta donc sa main et la passa sur le bois sculpté. Il attendit et une fois encore, l'homme à ses côtés déclara qu'elle était brisée. Serenus recula, desormais sur que son sang n'apportait rien de bon aux vivenefs. Il aurait au moins essayé mais il se sentait triste pour ces vivenefs qui etaient devenues folles.
Soudain une main rugueuse prit la sienne. Serenus tourna la tête et croisa le regard de Carmine qui lui souriait gentiment. La vieille dame l'entraîna dans un autre coin du Berceau, face à une vivenefs aux trais masculins. Serenus remarqua que celle ci était la seule à posséder de tels traits. Le guerrier laissa Carmine poser sa main ensanglantée sur le bois de la vivenef. Le sang pénétra dans la matière, Serenus leva alors La tete et observa le visage sculpté lorsque celle ci s'éveilla. Elle prit la forme d'un guerrier de bois aux muscles saillants et avec une armure rutilante. Carmine s'éloigna et Serenus resta seul avec la Vivenef fraîchement éveillée. Il l'observa, A la fois surpris et émerveillé. La vivenef regarda autour d'elle et finit par fixer l'homme face à elle. Elle prononça juste ces quelques mots :

- Qui est mon capitaine ?

Serenus secoua la tête et répondit :

- Je l'ignore, je ne suis qu'un guerrier. Quel est ton nom ?

- Trouve moi un capitaine et je te le dirais.

Serenus hocha la tête et resta un moment a la contempler avant de se laisser entrainer par un amoureux du vent vers le village.
On leur servit à manger et à boire pour fêter cela. Serenus eut du mal à se joindre aux festivités, il mourrait d'envie de trouver un capitaine pour la vivenef qu'il avait aidé. Il tourna la tête vers le Berceau et soupira. Soudain une élégante jeune femme posa devant lui une chope remplie de papaye alcoolisée. Elle lui sourit et s'éloigna tout en frôlant le dos de Serenus avec ses doigts fins. Celui ci se retourna et la regarda partir, intrigué. Non mais pour qui elle se prenait celle la ! Serenus but une gorgée de sa chope et se tourna vers les autres captifs et tenta d'oublier cette jeune femme. Mais cela fut très difficile vu qu'elle revint vers lui à chaque fois que son verre était vide. Serenus parvint enfin a se mettre dans l'ambiance festive et célébra l'éveil des vivenefs avec les captifs et les amoureux du vent.

Après plusieurs heures et plusieurs verres, la jeune femme se fit plus entreprenante et n'hésita pas à s'asseoir à côté du guerrier pour lui parler. Serenus comprit vite son intention et lui dit d'une voix pâteuse mais hésitante :

- Je suis marié...

Elle se contenta de faire un sourire qui aurait pu faire fondre le plus glacé des cœurs.

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Message Sujet: Re: Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent   Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent - Page 7 EmptyLun 23 Mai - 23:24

Mayeul s’était levé ce matin, la tête douloureuse et le coeur au bord des lèvres, abusant sans aucun doute de l’hospitalité des Amoureux du Vent. Il avait suivi les autres vers la plage, l’esprit hagard et le regard flou, en espérant que personne ne remarquerait son air quelque peu dispersé : il avait choisi de donner de son sang pour éveiller les Vivenefs, après tout, et comptait bien accomplir son devoir même si un mal de tête labourait ses tempes. Nuage semblait bien plus réveillé, et cela avait contribué à lever ses doutes. En partie, du moins.
Mais déjà, une des Vivenefs s’éveillait, assistée par un groupe de mages. Confus et fatigué, le voltigeur suivit l’étrange scène du regard : il avait beau s’en défendre, la Vivenef lui semblait familière. Un bref tiraillement de sa main bandée à nouveau de frais par l’un des Amoureux du Vent la veille, lui confirma pourtant sa première impression. C’est sa Vivenef, celle qu’il avait essayé -et échoué- de charmer et de faire bouger, répétant le rituel du Roi Noir avec Maria. Le sang... Mais ses pensées n’allèrent guère plus loin, quand un tourbillon de copeaux s’envola, révélant la Vivenef éveillée.
Non.
Ce n’était qu’un murmure, qui trouva un écho dans le désespoir de Nuage. Il n’avait pas besoin de voir la Vivenef s’éveiller pour le comprendre, il n’avait même pas besoin de voir le doux sourire de la figure de proue, ses yeux qui le regardaient, ni même d’entendre sa voix. Il le savait déjà. Mathilde. La figure de proue était Mathilde.
Ressemblait à Mathilde, tenta de raisonner son esprit. Mathilde, à travers les souvenirs qu’il avait d’elle, et pas vraiment sa jumelle. Mais comment distinguer le visage de bois de celui dont il rêvait chaque jour? Il lui avait donné son sang, une partie de son être, avait dit Carmine. Une part de lui, une part d’elle : c’est le même sang qui coulait dans leurs veines. Ils étaient nés jumeaux et depuis, Mathilde avait toujours fait partie de lui. Se pouvait-il qu’elle fasse également partie de la figure de proue?
Je...
Il ne prit même pas garde aux larmes sur ses joues, aux regards intrigués autour de lui. Aux autres Vivenefs qui s’éveillaient. Il n’avait d’yeux que pour elle. Qu’attendait-elle de lui? Un capitaine? Si elle le lui avait accordé, pourtant, il se serait proposé. Lui. Pour sa soeur, il était prêt à abandonner Nuage, Vifesprit, son avenir, sa vie entière. Avait-il, de toute façon, le moindre avenir dans un monde sans Mathilde? Il rejeta aussitôt cette pensée, de toutes ses forces. De toute sa bien maigre détermination. Car il le savait, au fond, que ce n’était pas sa soeur. A peine plus qu’une hallucination, comme durant la tempête. Mais comment lutter? Il avait tellement désespéré de la revoir un jour. Elle lui manquait tant, chaque jour, chaque heure, qu’il ne pouvait se raisonner. Il ne savait plus. Son apparence à elle, ses souvenirs à lui. Ce n’était pas elle. Et pourtant, il ne pouvait se résoudre à s’en détourner.
Comme un automate, il s’approcha d’elle, avide de lui parler, avide de la toucher de nouveau. Et si la voix de la raison -celle qui ressemblait tellement à Mathilde, dans sa tête- lui hurla de se reprendre, il ne pût que l’ignorer. Il avait besoin de parler à la Vivenef, besoin d’être près d’elle. Besoin qu’elle le guide, à nouveau.
Si j'avais pu, j’aurais aimé être ton capitaine.
Avoua-t-il, la voix piteuse et désespérée. Fuir, à nouveau, cette douleur et ce manque. Oublier. Partir. Avec elle.

Mais il y avait Nuage. Et le griffon était bien la seule chose qui l’empêchait de s’embarquer sans le moindre regard en arrière.

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Le Pavillon Noir
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Louis de Brunante
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Message Sujet: Re: Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent   Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent - Page 7 EmptyMer 25 Mai - 5:01

Ils ont voté.
Ils ont décidé de donner leur sang.

Lui aussi l'a décidé. Il a hésité, mais les paroles rapportées par Grâce et Marianne ont su le convaincre. La suite des choses ne lui revient pas, ce ne sera pas à lui de défendre la cause de ces mages, mais il veut les aider. Ainsi, Louis s'est avancé timidement jusqu'à un homme pâle et blond, aux traits marqués par la tristesse, et à une jeune femme aussi blonde que lui. La vivenef devant eux est élancée, mince, déjà fière et belle. Un fabuleux bateau, ça oui – le genre qu'il aime, capable de fendre les flots avec aisance. La pointe de son sabre suffit à entailler le bas de sa paume et quelques gouttes à peine tombent sur le bois, pour être aussitôt aspirées par celui-ci.

Et rien.

Son cœur bat si fort, au même rythme que ceux des deux mages, mais rien ne se passe. Pas même la folie. Que le silence. Déjà, il voit l'homme baisser les bras, le désespoir prendre place sur son visage. Combien d'échecs a-t-il essuyé, et combien encore par sa faute ? « Je... je suis vraiment dés... » Désolé. C'est de sa faute. Il a crû, dans un excès d'orgueil mal placé, pouvoir réellement aider. Ses mots s'éteignent bien vite lorsqu'un tourbillon de copeaux de bois tombe autour d'eux et qu'en son cœur s'éveille la figure de proue. Cette femme est d'une noblesse qui n'existe plus. Blonde, le port de tête royal, le visage fier et pourtant pas hautain. Le regard qu'elle lui porte est reconnaissant et son cœur, oh, se gonfle de joie, lorsqu'il la voit prendre entre ses mains les deux mages et les serrer contre son cœur de bois. Il a fait la bonne chose.

Cinq vivenefs, en tout. Quatre, suite à Pennia. Chaque fois, à peine quelques gouttes de sang, et pourtant, il se sent épuisé. Épuisé de tout cet émerveillement, à chaque nouvelle figure de proue s'animant grâce à la magie des modeleurs. Et grâce à lui. Épuisé de toutes ces émotions. Lorsqu'il s'assit enfin, aux abords du Berceau, son regard s'apparente à celui d'Aymeric suite à une longue journée de cavalcades – fiévreux et fatigué. Il accepte le verre d'alcool que lui propose un de ses camarades de l'Audacia et savoure délicieusement sa première gorgée. « Alors ? Content ? Oui. Oui, bien sûr. Impossible à nier. Malgré tout, quelque chose le tiraille. Oui, mais... j'aurais aimé... j'sais pas. Qu'une d'elle me réclame comme capitaine. » C'est ridicule, immature au mieux. Il a bien vu un Chevaucheur être réclamé par deux vivenefs, et d'autres encore se faire appeler par les figures fraîchement éveillées. Pourquoi pas lui ? N'a-t-il pas le sang et l'âme d'un capitaine ? Les qualités pour en devenir un ? Il est jeune, certes, mais il a donc bien des années devant lui ! Un fort rire le sort de sa réflexion et défait sa moue, devenue boudeuse. C'est Rhéa, qui rit de bon cœur, et qui fixe un regard emplit de malice sur lui, flottant paisiblement sur l'eau près de toutes ses sœurs éveillées. « Tu m'appartiens, petit, et elles le savent. En elles coule ton sang, ton honneur, ta loyauté. Celle que tu as envers moi. Tu es à moi et je compte bien te garder. »

Il rit.
Il rougit.
Rhéa a raison. Il lui a donné sa loyauté, c'est à son bord qu'il est l'homme libre qu'il a toujours désiré être. Pour elle et pour aucune autre.

Louis scrute ceux qui restent aux abords du berceau, à la recherche de la plus vieille de ses nièces-cousines. Histoire de lui glisser en douce un peu d'alcool, pour fêter (lui ne va pas la gronder d'avoir balancé sa sœur du haut du nid-de-pie; il aurait fait la même chose avec Laurent, en sachant très bien que son frère a seulement le pouvoir de l'endormir à force de parler)(à vrai dire, il a trouvé ça hilarant). Pourtant, pas de traces de la rouquine. « Ma tante ? Lou-Ann est pas près d'toi, par hasard ? »

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Message Sujet: Re: Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent   Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent - Page 7 EmptyMer 25 Mai - 10:18

Le choix avait été donné, et beaucoup avait choisi la solution de facilité. Ils n’étaient pas prêts à tuer, massacrer de sang-froid un peuple entier pour préserver le leur. Je ne savais pas non plus si j’aurais été capable de commettre de tels actes sans que les regrets ne m’assaillent en représailles… Ou sans que le feu ne s’éveille à nouveau en moi en un divin châtiment. Je frissonne encore à cette idée, comme si curieusement, mes veines étaient devenues de glace. Je me sens mal, nauséeuse… Et pire que tout, acculée. Je ne supporte pas ce sentiment qui m’étreint à nouveau, alors que les Vivenefs s’éveillent une à une, qu’elles contemplent leurs créateurs et qu’eux s’extasient devant elles. Pensent-ils que cette magie soit belle, ou même bénéfique ? Se sentent-ils puissants, dotés d’un immense pouvoir, à pouvoir accoucher des âmes ? Bientôt, chacun repartira de son côté et peu prendront leurs responsabilités auprès de leurs nouvelles créations. D’autres devront le faire pour eux… Et qui ? Ces Amoureux du Vent qui ont échoué à maintes reprises à garder leur raison intacte, parce que la leur est déjà vacillante après des siècles enchaînés par leur devoir inachevé ?

Inconscients. Tous. Et c’est à moi qu’on fait la leçon ? J’observe Neve qui en éveille deux, déjà occupée à se chamailler entre elles pour savoir qui l’aura pour capitaine. Il est bien embêté, maintenant, à devoir se justifier parce qu’il n’en prendra aucune. Je ne peux pas m’empêcher de lui lancer une petite pique bien sentie en passant, justement parce que c’est lui.

- Quel tombeur, Neve ! C’est le moment où tu leur dis que ton cœur est déjà pris et que tu les abandonnes à leur funeste sort ?

Je suis amère, oui. Je pense au moins, à leur sort, même si je n’éprouve plus rien d’autres que de l’aversion pour ces entités de bois. Combien de temps avant qu’elles ne deviennent folles à leur tour, et entraîne leur équipage dans leur chute ? Neve ne pourra pas être leur capitaine, ces deux Vivenefs devront s’en trouver un autre qui ne sera certainement pas aussi équilibré s’il est choisi parmi les Amoureux du Vent. Et elles auront tôt fait de se briser si elles font preuve de la même sensibilité que le Chevaucheur.

Je secoue la tête, et me détourne pour retrouver mon Capitaine. Je sens Mirage qui me presse, comme autant de coups portés à mon esprit. Il vole à nouveau, dans les cieux, mais le fier dragon refuse de se poser à nouveau sur cette île. C’est son amertume à lui, qui est la plus communicative, parce qu’il est ancien et ne peut oublier aussi facilement. Au moins, Tristan m’a laissé libre de ce choix, et je sais qu’il ne me tiendra pas rigueur de ne pas l’avoir suivi sur cette voie, d’avoir mes propres convictions, nos convictions. Lui, a déjà tellement donné… Et il continue de le faire, comme si chaque coup porté ne l’incitait pas finalement à reculer. Je me rapproche de lui, alors qu’il est tout à ses découvertes. Je couve Carmine d’un œil méfiant et attends qu’elle se retire pour prendre la parole.

- Mirage est éveillé… Lui et moi n’aspirons qu’à nous éloigner de ce lieu au plus vite. Notre mission est finie alors… Si tu n'as plus besoin de moi, nous allons attendre le départ plus en retrait.

Le dragon bleu-vert daigne enfin se poser, lui qui est si invisible dans les cieux et la verdure de Lagrance contraste fortement avec le sable qu’il soulève durant son atterrissage, comme un élément incongru du décor. Il s’avance pour se porter à ma hauteur, et même s’il est silencieux, je sais qu’il m’appuie. Je sens son âme meurtrie, sa colère encore. Il lui faudra du temps, et de la distance. Je pose une main réconfortante sur ses écailles froides, avant de monter en selle.

L’instant d’après, Mirage a déjà repris son envol. Le dragon disparaît dans les cieux, comme un mauvais rêve qui s’achève, comme un mirage qui s'évanouit.

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Message Sujet: Re: Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent   Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent - Page 7 EmptyMer 25 Mai - 21:17

Devant un tel sourire, Serenus restau completement figé, il avala sa salive et recula vivement, ce qui bien sûr, le fit tomber de son banc. Quelques amoureux du vent éclatèrent de rire mais la jeune femme se contenta de faire un petit "oh" et de se baisser pour aider le guerrier à se relever. Serenus lui dit alors sur un ton hésitant :

- Je peux m'en sortir tout seul. Merci. Passe une bonne soirée.

Il se releva et marcha (enfin tituba) jusqu'à sa tente. Il retira ses bottes et entra dans l'habitacle avant de s'asseoir sur son lit. Il s'aperçut alors qu'il tremblait comme une feuille. Il passa ses mains sur son visage trempé de sueur et fraîchement rasé. Il voulait se changer les idées. Il ne devait plus penser à cette femme magnifique qui occupait à présent toute ses pensées. Il s'allongea et étendit les bras tout en soupirant. Il prit l'oreiller et plongea la tete dedans tout en se répétant qu'il était marié et qu'il allait faire une grosse bêtise s'il cédait aux charmes de la jeune femme. Il ferma les yeux quand il entendit un froissement de tissu que l'on fait bouger. Il entendit des bruits de pas puis sentit qu'on se couchait à ses côtés. Une petite voix lui chuchota sur un ton doux :

- Pour un guerrier, tu es plutot trouillard

- Je suis marié, pas trouillard.

- Ta femme n'est pas ici que je sache... Je t'ai entendu parler pendant ton sommeil... Elle ne peut même pas te faire d'enfant.. Je t'en donnerais beaucoup.

Serenus releva la tête et essaya de se persuader qu'elle mentait, que de toute façon il allait tout perdre s'il faisait ça.. Il aimait Elena de tout son coeur et il ne voulait pas la trahir. Puis une autre voix, celle qui, grâce à l'alcool, lui embrouillait l'esprit et ses sens. Cette voix lui disait qu'Elena était surement en train de se taper le beau chasseur de la ville, l'ami d'enfance de son épouse, celui qui leur ramenait de la viande de temps en temps tout en faisant un sourire radieux à sa vieille amie. Cette voix lui disait qu'Elena avait depuis longtemps renoncé à leur couple, qu'elle restait avec lui uniquement pour le confort que lui apportait l'argent qu'il gagnait. Serenus secoua la tête et fixa la femme face à lui. Il se demanda ce qui la poussait à agir ainsi. Était elle a ce point désespérée de ne pouvoir rentrer chez elle que dés qu'un espoir se presente, elle se precipite à sa rencontre et fait tout pour le séduire ? Serenus se dit que ses pensées n'avaient aucun sens et il mit ça sur le compte de l'alcool. La jeune femme l'allongea sur le lit et lui chuchota :

- Ne pense plus a rien...

Elle posa ses lèvres chaudes sur les siennes. Serenus ferma les yeux, posa ses mains sur ses hanches et s'abandonna a elle.

Serenus se réveilla quelques heures plus tard avec un mal de crâne horrible. Il se redressa et regarda autour de lui. Il constata deja qu'il n'avait plus ses habits et qu'une femme enroulée dans une fourrure dormait à ses côtés. Il se passa la main dans les cheveux et essaya de se souvenir des heures précédentes. Il laissa tomber lorsque sa tete lui envoya un éclair de douleur pour lui dire de ne pas trop reflechir. Soudain il pâlit. Il se leva, s'habilla avec hâte et sortit. Il se précipita vers un buisson et rendit tout son repas de la fête. Il eut honte de ce qu'il avait fait. Il avait couché avec une autre femme, il avait trahi son épouse. Il respira plus fort et se releva avec difficulté. Il regarda autour de lui et constata que non seulement le soleil etait bientôt couché mais qu'en plus, la fête n'était pas terminée.

Honteux et mal à l'aise, il se rendit sur la plage et s'approcha de la Vivenef qu'il avait aidé. Il s'assit en face d'elle et mît sa tete dans ses mains. Il n'avait plus qu'une seule envie, remonter le temps.

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Message Sujet: Re: Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent   Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent - Page 7 EmptyMer 25 Mai - 22:19

Nous y étions. Je ne niais pas craindre les répercussions, mais je ne pouvais imaginer un instant laisser ces pauvres vivenefs à la dérive, à moitié conçue mais impossible à terminer et à sauver. Malgré le sort des vivenefs de l’île aux murmures, qui m’a glacé les sangs, condamner celles qui ont encore la chance d’être sauvées et terminés me semble bien trop cruel. Alors après avoir écouté, transmis mes informations, évité ce pirate pathétique, j’avais enfin pris ma décision. Elle était belle, cette vivenef. Qu’allait-elle devenir ? Je m’apprêtais à entailler très légèrement mon doigt, mais je sentis une main retenir mon poignet tenant mon épée. Fronçant les sourcils, je suivais malgré tout l’aïeule et agissais ainsi qu’elle me le disait, avant de reculer sous le choc.

Le gel de l’Hiver, un torrent de Sang ? La marque de Sithis ? Que voulait-elle dire… ? J’avais ressenti, bien sûr cet esprit, l’espièglerie de ces deux enfants. Mais… Que cela signifiait-il ? Je hochais la tête, sans rien ajouter, et sur les conseils des Amoureux du Vent, je donnais mon sang et parvenais à éveiller trois vivenefs. Je me sentais agaillardi mais épuisé à la fois. Était-ce d’avoir contribué à la construction de si beaux navires ? Peut-être. Bien décidé à aller parler à Carmine, il rejoint Maelys en souriant devant sa remarque à Neve.

« Son cœur est pris ? Tu sembles bien au courant, es-tu l’heureuse élue ? »

Il lui fit un clin d’œil, et s’éloigner légèrement, pour observer les autres vivenefs qui s’éveillaient. C’était là un spectacle fantastique et magnifique à voir, et il aurait désiré en savoir plus sur tout cela… C’était peut-être l’occasion, auprès de Carmine. J’allais pour m’en approcher, quand une voix me surprend, et m’interpelle. Maelys.

« Sois prudente, et ne t’éloigne pas trop. »

Je la regarde monter sur l’immense dragon, magnifique dragon, et s’envoler, la suivant des yeux. Je la rejoindrais peut-être, plus tard. Pour l’instant, c’est Carmine que je dois voir.

« Dame Carmine, je… je ne sais si je souhaite exploiter ce potentiel dont vous me parlez, mais pourriez-vous m’en dire plus ? Suis-je comme vous, doté de cette magie qui a causé votre exil ? Ou est-ce seulement une façon de la maîtriser ? Vais-je perdre ma magie de l’Hiver ? Que pouvez-vous me dire, de ce qui en découlerait ? Et l’influence de Sithis sur moi, alors ? »

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Message Sujet: Re: Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent   Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent - Page 7 EmptyJeu 26 Mai - 2:58


La Tour

La Rose Noire





Toute cette histoire est enfin derrière vous. Sur le dos de Justice, tu t'envoles haut dans le ciel, savourant l'air marin qui agite les pans de tes vêtements. La blessure à ton flanc picote encore un peu, malgré les soins que l'on t'a prodigués mais ce n'est pas un souci prioritaire. Tu es déjà en grande conversation avec ton dragon que tu morigènes après le geste insensé et irréfléchi de sa part. Et s'il était tout penaud quelques minutes plus tôt, il se sent déjà bien plus assuré à présent que le drakkar les suit docilement sans faire d'histoires. Justice et son sale caractère, le retour. « Tu ne t'es pas privée de donner ton sang toi aussi, ma Tour. » « Ah, ne change pas de sujet hein. La décision a été mûrement réfléchie, n'est-ce pas Simon ? » « Hmf. » En voilà un soutien comme tu en rêvais ! Le débat aurait pu continuer longtemps mais il ne se passe pas quelques minutes avant que quelque chose n'attire votre attention. Une voix qui s'élève, juste en dessous de vous. Tiens, étrange. Un drakkar ne parle pas pourtant.

« On a de la compagnie. » Et zut. Justice ralentit l'allure et perd de l'altitude, voletant autour du sommet du mât d'où se détache une silhouette confuse qui s'explique tant bien que mal quant à sa raison sur le navire. Le drakkar lui, semble bien s'amuser de la situation, rebondissant sur les vagues avec plaisir, ravi de cette première balade en pleine mer. Et toi, Tour intriguée, tu écoutes attentivement la requête qui t'est faite. Pendant que ton dragon se tient en vol stationnaire près de la jeune femme, tu relèves les yeux vers l'horizon et aperçois encore l'île, à portée de vue. Tu as le choix ; la ramener auprès de ses parents ou la garder à bord. « Elle n'avait qu'à réfléchir un peu, cette petite sotte. » « Silence, vieux grincheux. » Ne préférant pas relever l'allusion à un quelconque acte irréfléchi, tu hoches la tête solennellement dans sa direction. « On va te ramener. » Sans tergiverser, tu demandes à Justice de te déposer sur le pont de ton navire fraîchement acquis. Celui-ci semble en vibrer de plaisir, heureux d'avoir son capitaine à bord. Tes doigts caressent doucement le bois du mât de misaine tandis que tu observes l'envol de Justice, grognon, qui boude au-dessus de vos têtes. Bien, comment on fait faire volte-face à un drakkar déjà ? Tu attends que la gamine te rejoigne et tu lui fais signe d'approcher. « Tu saurais comment le faire retourner sur l'île par hasard ? » C'est que... c'est bien joli, mais tu chevauches un dragon toi, tu ne sais pas piloter un bateau.


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