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 Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent

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Message Sujet: Re: Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent   Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent - Page 4 EmptyLun 25 Avr - 11:32



Une nuit de joyeuses ripailles, sous les lumignons miteux du « Perroquet Unijambiste », j'ai déclaré à ma fine équipe d'indécrottables pignoufs : « Il est des comptoirs qui tanguent davantage que les rafiots pris dans la tempête » ! Eh bien, je me mettais le doigt dans l’œil jusqu'au-delà du croupion, car il est totalement impossible d'être plus secoué qu'en ce jour maudit ! La rage des éléments paraît inextinguible. Les vagues et la pluie se confondent, les hululements plaintifs du vent se mêlent au tohu-bohu des gréements et aux douloureuses secousses qui ébranlent la Vivenef. Notre dernière heure est-elle venue ? Je le crains. Mes rêves d'une vie pépère à Lorgol prennent l'eau, si je puis m'exprimer ainsi.

J'ai assisté à l'envol de Iode et de Marianne. Comment dire ? Le griffon était dans ses petits souliers, perturbé par les tourbillons dévastateurs, mais la Voltigeuse a puisé dans mes mensonges les arguments capables d'aiguillonner son partenaire. Je pensais savourer cet instant de douce vengeance, mais il n'en est rien, les risques qu'encourt Marianne ont assouvi ma rancune. S'il lui arrivait malheur je m'en voudrais énormément, je me sentirais coupable, car je considère que nous sommes malgré tout moins exposés sur ce satané rafiot que dans la tourmente des bourrasques. Je me pose d'ailleurs une question : ce déchaînement soudain des cieux est-il vraiment naturel ? N'est-il pas lié à cette sulfureuse magie responsable de la disparition des morveux ? J'ai volontairement abandonné les pouvoirs surréels qui bouillonnaient en moi en ingérant le Philtre de Mortessence, mais je présume, à tort ou à raison, que rien n'est impossible pour ceux qui manipulent les nues.

Je me suis accroché des deux mains au bastingage, près de la proue, et j'assiste aux catastrophes qui se succèdent. Deux des énormes bestiaux de l'Orichalque se sont tamponnés au-dessus des flots mugissants, et l'un des Chevaucheurs est occupé à boire la tasse. Je pense l'avoir reconnu, c'est sans doute celui qui m'a repêché lors de ma baignade forcée. J'espère sincèrement qu'il s'en tirera, mais la mer ne semble pas de cet avis, elle cherche à l'avaler tout rond, et les efforts accomplis par l'autre Chevaucheur paraissent bien dérisoires.

Le vent fouette inlassablement le pont, nous ne sommes plus que des pantins transis qu'il ballotte selon sa volonté toute puissante, et, soudain, un cri d'effroi me parvient, bien qu'il soit atténué par le brouhaha général. Je n'ai pas identifié la voix, mais je reconnais l'homme qui gigote désespérément au ras de la vague, suspendu à un filin. Eric. C'est un miracle qu'il ne soit pas mangé par la houle furibonde qui s'empresse autour de l'Audacia. Que faire ? J'hésite, car je tiens à ma peau plus qu'à la sienne, et un bain m'a suffi. Tirer le cordage vers moi pour ramener le pirate à bord ? L'entreprise me parait vouée à l'échec, mais demeurer les bras ballants ne sauvera pas notre bonhomme. Je m'y efforce donc, tout en scrutant autour de moi pour trouver de l'aide. C'est alors qu'une silhouette étrange me survole, dans un bruissement d'ailes accéléré. Un griffon, lequel se déplace en direction du neveu des Jedidiah et parvient à le capturer entre ses griffes. Je lâche le cordage et lorgne la manœuvre. Réussira t-elle ?


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Le Pavillon Noir
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Louis de Brunante
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Message Sujet: Re: Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent   Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent - Page 4 EmptyLun 25 Avr - 19:30

Il y a bien une raison pourquoi Louis est un pirate et pas un Chevaucheur, ou un Voltigeur.

Outre le fait qu’il soit dénué de magie, il n’est pas spécialement à l’aise dans les hauteurs. Oh, évidemment, il peut monter jusqu’au nid-de-pie sans ciller et ne craint pas de glisser du haut d’un mât, mais ce n’est jamais ce qu’il préfère. Il a l’habitude, disons, et son corps autant que son esprit a appris à se plier è ces exercices nécessaires. Alors, quand il sent une puissante paire de griffes l’attraper par les bras – autour des bras, pas dedans, heureusement – et l’éloigner des cordages, avant de l’élever dans les airs, il ne peut retenir un glapissement effrayé. Effrayé et surpris. Il était si près du but, pourtant ! Il sentait bien le cordage être tiré vers le pont du bateau, peut-être par un Ismaïl ayant entendu son appel, et était prêt à attraper n’importe quel autre appui lui permettant de se hisser à bord.

Ainsi soulevé, il voit l’Audacia, un peu petite, et Ismaïl, les bras ballants, le regard fixé vers lui. Son visage se tourne vers le haut et il reconnaît Corail, la griffonne de Grâce. L’homme est quelque peu soulagé, mais le sauvetage n’est pas terminé. L’équilibre est précaire et Corail doit encore le déposer, ce qui n’est une mince affaire. Il suffit de cette pensée pour qu’apparemment Messaïon et Valda se montrent taquins et fassent lever les vents encore plus, toujours plus. Ils n’y arriveront pas. Quelles chances ont-ils de survivre ? Corail prend un peu plus de hauteur et l’angoisse plus de profondeur, dans le ventre de Louis, qui se voit déjà s’écraser sur le pont, comme une pauvre poupée de chiffon. Le cordage auquel il se retenait est aspiré par l’océan, emportant le tonnelet de rhum avec lui (tant pis pour le rhum). Moins une. Ça aurait pu être lui. Aurait dû. Dès qu’il sent la descente s’amorcer, il ferme les yeux, récitant des chapelets d’injures et de prières à la fois – Par tous les putains de merde de requin dans ton océan de saloperies, je ne veux pas mourir.

Le pirate est déposé sur le pont, bien que lancé avec toute la délicatesse possible en cet instant convient sans doute plus à la manœuvre effectuée tant bien que mal par la griffonne, et Louis atterrit donc avec une grâce rarement égalée. Il s’échoue, pour ainsi dire, sur un de ses camarades, sa mâchoire claquant férocement sur sa langue lors que leurs deux crânes s’entrechoquent. Elle n’est pas coupée, il aurait été bien malheureux de zézayer pour le restant de ses jours ; mais la douleur, vive, et le sang, n’aident certainement pas son cas. Au moins, il est vivant, et sur le pont de l’Audacia.

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Les Voltigeurs
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Mayeul de Vifesprit
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Message Sujet: Re: Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent   Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent - Page 4 EmptyLun 25 Avr - 23:11

La brusque plongée dans l’eau glaciale avait au moins contribué à rendre une partie de sa lucidité à Mayeul. L’instinct de survie? La volonté de se battre? Mais entre un petit voltigeur pas vraiment en pleine possession de ses moyens et les éléments déchaînés, le combat était quelque peu inégal. Panique. Terreur. Détresse. Ses pensées, ou celles du griffon? Tout se mélangeait dans sa tête, et il ne parvenait à ne penser à rien d’autre qu’à la prochaine bouffée d’air à aspirer, tandis qu’il essayait de se maintenir à flots malgré les creux et les vagues qui se succédaient sans cesse. Il n’avait aucune chance. Non.Non. Panique. Terreur. Échec. Échec? Nuage cherchait à se saisir de son voltigeur, mais la tempête, puissante et indomptable, ne lui autorisait pas la moindre tentative. Les bourrasques emportaient le griffon au loin, toujours plus loin, vers le cœur du cyclone. Non.
Mayeul ne pouvait pas être responsable de la mort de Nuage. Même si ça devait être sa dernière action, même si l’obligation de se concentrer devait saper ses dernières ressources, il s’efforça de faire comprendre au griffon qu’il devait prendre le large. Leur mission, c’était les prisonniers. Sauver les petites, sauver les infortunés de ces sirènes dont ils ne savaient rien, si ce n’est qu’elles avaient envoûté même leurs vivenefs. Le chant macabre résonnait dans la tempête, si terrifiant, mais pourtant tellement beau. Magique. Ça aurait pu être ironique, s’il avait eu le temps de penser à ce genre de chose. Refus. Le voltigeur avala une belle quantité d’eau, avant de concentrer ses pensées brouillées sur Nuage, à nouveau. Va t-en. Adieu. Merci.
Une nouvelle gerbe d’eau le submergea, apportant avec elle une ombre noire. L’inconscience? Ou autre chose? L’adrénaline de la bataille contre les éléments refluait, et avec elle la lucidité de Mayeul. C’était simple, tellement plus simple de ne plus lutter et de se laisser emporter...

C’était sans compter les serres qui l’agrippèrent, l’élevant au-dessus des flots impétueux. Confusion. Soulagement. Nuage? Non. C’est tout ce que son cerveau réussit à appréhender avant que le voltigeur n’aspire une première bouffée d’air, qui lui brûla les poumons et lui arracha une toux qui se finit en gémissement. Des mains, peut-être. Aïe! Une gifle? Deux? Mais à nouveau, son esprit peinait à sortir de la torpeur infligée par exhaustion, et, très probablement, les fines drogues de Sombreciel. L’inconscience le clama pour sien, et tout devint noir.
Le voltigeur ne reprit pied avec la réalité qu’en atterrissant sans grâce sur un pont. Un navire? Malgré son esprit brumeux, Mayeul décida qu’il n’aimait pas les bateaux. Trop humides. Trop glissants. Trop... Agités. L’eau de mer avalée, la gîte impressionnante du navire, ou peut-être tout simplement la drogue inspirée un peu plus tôt finirent par avoir raison de son estomac et il s’éloigna de quelques pas chancelants pour finir par vomir ses tripes au-dessus du bastingage, inconscient de ce qui pouvait bien l’entourer. Groggy, il se laissa tomber au sol, notant avec désappointement que le vent s’engouffrait dans des trous qui n’étaient pas là quelques instants plus tôt, et n’étaient pas des mieux placés. Enfin, il était Cielsombrois, et cela ne le choquait pas plus que ça de dévoiler quelques parties de son anatomie. A moins que ce ne soit la drogue qui courrait dans ses veines, qui lui indiquait que ce n’était pas important. Peut-être bien les deux.

Une chose était sûre cependant : s’il s’en sortait et racontait cette histoire, il passerait sur toute cette partie vol dans la tempête, pour le bien de sa réputation.

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Le Destin
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Message Sujet: Re: Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent   Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent - Page 4 EmptyMar 26 Avr - 2:26




Chroniques d'Arven

Les Amoureux du Vent

Intrigue 1.3



Intrigue animée par Aura·


Les Amoureux du Vent


Larguez les amarres !
En guerre, compagnons, à la bataille !
Que tremblent les embruns et pleurent les vagues !
Les pirates s'en vont à l'assaut des flots !

Oh, chaos ! Tourments et larmes, serments et deuils, dans cette tempête abyssale qui hurle et qui dévore. Tourbillon de plumes foudroyées qui s’abattent en pluie sanglante dans les flots déchaînés. Volée d’écailles effilées qui se plantent en sifflant dans le pont enchanté des vivenefs livrées à leur propre folie. Ils tombent, les Seigneurs du Ciel – ils tombent, dragons et griffons, frappés par la fureur qui vibre et qui résonne dans le noir d’encre de cette nuit maudite.

Quatre d’entre eux notamment ont réussi à se jouer des éléments. Sur le pont de la Marie Sanglante, deux griffons ébouriffés par les bourrasques se sont calés sous les majestueux poitrails de deux dragons d’Or massifs. Justice, raide comme la vertu, protège de sa silhouette imposante Vif-Argent qui reste prudemment abrité contre lui, Mayeul entre les pattes. De l’autre côté du pont, une Fantasme enchantée bat gaiement des ailes dans la tourmente, jouant avec le vent, agrippée de toutes ses griffes au pont. Lové contre elle, fermement accroché mais tout aussi enjoué, tendant la tête ébouriffée au bout d’un cou démesuré, Sulfure trempé de la tête aux serres hulule sa joie devant ce chaos indescriptible, aidant sa camarade étincelante à balancer subrepticement quelques pirates par-dessus bord. Le temps passe – plus bas, dans les entrailles du navire, les cavaliers aident les prisonniers à sortir de la cale : le Roi Noir mène la marche d’un pas conquérant, sa Tour encadre avec grande vigilance la troupe apeurée… et les deux Fous sautillent gaiement derrière, main dans la main, s’entraînant l’un l’autre dans leur inconséquente légèreté. Le matin s’est levé… L’aube est venue, et Maria s’est calmée. Son équipage décimé par l’ouragan et les gestes nonchalants des montures de la Rose, la voilà bien embêtée. Son esprit semble apaisé : et contre sa promesse de ne pas les livrer aux sirènes, elle obtient l’aide des rescapés pour la manœuvrer dans la direction où elle doit aller. Il faut bien survivre, n’est-ce pas ?

Les navires poursuivants s’en sont plus ou moins tirés aussi. L’ouragan se dissipant a laissé l’Orichalque et l’Audacia échouées sur le même rivage, à quelques encablures à peine l’une de l’autre. Nombreux sont les portés disparus parmi ceux qui ont dansé dans les nuées. L’on est entre autres sans nouvelles de Mayeul, Neve et Inespéré, Marianne et Iode, Aurore et Quartz – où sont-ils ? Nul ne le sait à bord des deux vivenefs qui ont repris leurs esprits avec la dissipation de la tempête. Elles savent où elles sont, les deux dames des flots – mais elles n’ont plus assez d’équipage pour naviguer. Après quelques délibérations, les blessés sont transférés à bord de l’Orichalque grièvement endommagée qui attendra sur place, et les valides se réaffectent sur l’Audacia où ils réparent les avaries de leur mieux pour reprendre la mer vers leur objectif.

Au fond des mers, contre toute attente, Neve et son dragon ont survécu. Reposant sur les récifs, sa coque brisée déchiquetée par les rochers, seule sur le lit de l’océan proche de la surface à cet endroit qui fut jadis un îlot, se trouve Solitaire. Vivenef de légende, sa figure de proue Gisèle a vu arriver les deux victimes de la tempête, et a profité des remous intenses générés par la tempête pour s’arracher à son lit sableux et remonter les deux malheureux à la surface, flottant tant bien que mal – plutôt mal que bien, malgré toute la bonne volonté de Gisèle ravie de voir des visiteurs. Neve a repris conscience rapidement ; mais Inespéré a bu la tasse et ne donne pas signe de vouloir revenir à la vie…






Du côté du Skadi, ça va à peu près. Les trois rescapées ont chevauché la tempête dans la coque enchantée du navire de légende sans trop de difficultés. Eda a gentiment décliné l’offre de Lou-Ann, et au plus fort de l’ouragan une bourrasque intense a parachuté dans les voiles, pêle-mêle dans un tourbillon de plumes, une Aurore passablement déconfite et un Quartz tellement ébouriffé qu’on n’en voyait même plus la forme de son corps. Les voilà mis au sec entre les ponts anciens – au lever du jour, une fois la folie des éléments calmée, elles trouvèrent en remontant sur le pont un massif dragon d’Améthyste cramponné de toutes ses griffes au bastingage, réchauffant de son mieux deux griffonnes traumatisées et une cigogne dégoulinante. Serment a réussi à ramener Corail, Soie et Sayam sur un pont allié – au large, une voile se devine, celle écarlate de la Marie Sanglante. Que faire, les suivre ? Ou tenter de requinquer suffisamment Corail, Soie et Serment pour retrouver les autres navires… ?

Et pendant ce temps, du côté desdits alliés…

RHÉA : « Nous sommes sur l’île des Murmures, mon capitaine. Elle n’est pas la demeure des sirènes, les créatures qui la peuplent ne sont pas celles qui chantent sur les flots, mais elles chuchotent dans le vent leur plainte désincarnée. Ne restons pas là : partons, et revenons vite, ensuite chercher Iseult et ses passagers, car un danger sommeille ici. Il ne faut pas troubler l’eau qui dort, ô mon capitaine – il faut se garder d’éveiller ce qui dort dans les eaux sombres des Murmures. Répare les brèches dans ma coque, retends mes voiles, redresse mes mâts – et fuyons, fuyons ceux qui sont morts et celles qui n'ont plus de raison… »

Des gardes armés demeurent à bord de l’Orichalque pour veiller sur les blessés. Et tandis que les charpentiers s’affairent à bord de l’Audacia, les Chevaucheurs et Voltigeurs patrouillent pour repérer le danger dont parle Rhéa. Et c’est Tristan qui le trouve, le premier. Echouées de l’autre côté de l’île, certaines presque totalement ensablées, se trouvent des dizaines de vivenefs ravagées par les outrages du temps, des éléments, et de leur propre esprit égaré. Coques brisées, ponts éventrés, mais figures de proues bien réelles, bien vivantes, encore animées et totalement prises de folie, bien décidées à démembrer le pauvre Iode tombé droit au beau milieu de leurs bras de bois avec sa cavalière assommée. Marianne n’a que quelques secondes pour reprendre conscience et tirer son griffon de là,  en vérité grand est le danger.

Car telle est l’Île des Murmures : le sanctuaire isolé des dames des flots qui ont sombré dans la folie, le cimetière désolé des vivenefs condamnées…



Quatrième Tour

Consignes



IRL : du lundi 25/04 au dimanche 01/05.
IRP : du 20 mai au 22 mai, les navires sont sortis de la tempête, Marianne et Iode ont encore tiré le gros lot aux dés, Neve a réussi à trouver une vivenef cachée.

• Ce topic concerne uniquement les équipages recensés en tête de topic. Les personnages dont la participation à l'intrigue ne serait pas cohérente peuvent rejoindre l'animation de ce chapitre « Contes et Légendes : Les Amoureux du Vent ». La participation à chaque tour de l'animation donne droit à la carte d'Omen d'assiduité, en lieu et place de l'intrigue. (Il est possible de participer aux deux, mais vous n'aurez qu'une seule carte à la fin.)

• Si vous n'étiez pas inscrit et souhaitez vous rajouter, adressez un MP au Destin en précisant si vous voulez être captif ou poursuivant, et il vous affectera un navire. Maelys rejoint officiellement l’intrigue, ainsi que les pièces de la Rose Écarlate.

L'Orichalque et l'Audacia (échouées sur l'île des Murmures).
L’Orichalque ne reprendra pas la mer. L’Audacia est en cours de retapement, ce qui va prendre jusqu’au 22 mai au crépuscule. (Ce mot existe.) (Je suis Le Destin, j’ai raison.)
Sont à bord, à part l’équipage :
- Nuage (qui perçoit vaguement Mayeul)
- Tristan et Ferveur
- Maelys et Mirage
- Aaron et Héritage.

La Marie Sanglante (en pleine mer) :
- les quatre pièces de la Rose venues faire coucou : elles peuvent rester à bord aider un peu, tenter de repérer les autres navires, ou repartir par où elles sont venus vaquer à leurs affaires importantes, au choix des joueurs. Les quatre montures, les deux qui sont sérieuses et les deux qui s’amusent comme si elles sortaient de l’œuf.
- Mayeul : essaie de servir à quelque chose et file un coup de main ! Tu perçois vaguement ton griffon, mais il l’air un peu traumatisé.
- Les captifs libérés, qui sont devenus équipage de fortune et aident de leur mieux pour ne pas périr avec le navire s'il venait à couler. La magie est revenue, mais comme étouffée. Son efficacité est réduite.
- Frénésie trouvée au petit jour cramponnée de toutes ses griffes à la poupe, après avoir bu la tasse sévèrement plusieurs fois, venue chercher son Chevaucheur et pas très très vaillante, là, tout de suite. Elle récupère sur le pont sous la garde de Fantasme et Justice qui font du dragon-sitting jusqu'à ce que leurs pièces en décident autrement. C’est elle qui a éventré la cale dans un mouvement de panique, et il faut maintenant écoper avant de pouvoir colmater la brèche.

Le Skadi (en pleine mer) :
- Grâce (et Corail, du coup).
- Jedidiah senior et presque-senior.
- Serment (assez groggy) et Sayam (a bu la tasse et récupère, les yeux dans le vague). Ils perçoivent vaguement Quitterie.
- Aurore et Quartz (toujours traumatisé et en mode « boule de plumes agressive »).
- Soie (PNJisée suite au départ de Melsant, remise entre les mains de Grâce).
Vous devez décider si vous pourchassez la Marie Sanglante, ou si vous partez à la recherche de l’Audacia et l’Orichalque.

Solitaire (en pleine mer) :
- Neve, et Inespéré.
Courage, petit, sauve ton dragon.

• Le tour prend fin le 22 mai au soir, à la tombée du jour.
L’Audacia s’apprête à reprendre les flots. A vous de voir ce qu’il advient de Marianne et Iode coincés parmi les vivenefs échouées, en plein cœur du cimetière des Murmures.
Le Skadi peut soit suivre la Marie Sanglante, soit partir de son côté. Vous avez des bestioles traumatisées à remettre sur patte.
La Marie Sanglante doit être réparée si vous ne voulez pas couler : il n’y a pas assez de montures à bord pour emmener tout le monde et vous êtes trop loin de ceux arrivés sur l’île des Murmures.
Solitaire dérive.

• Chaque RP devra compter moins de 700 mots : indiquez le nombre de mots + un résumé de vos actions sous spoiler à la fin de votre message. Vous pouvez bien sûr prendre des initiatives, envoyez un petit MP au Destin pour check avant !  :slip:

• Vous pouvez vous coordonner entre vous ici.

• 1892 mots plus tard, le Destin vous HAIT.  :hihi:

• Si le Destin a oublié quelqu’un, braillez dans le topic de coordination !

Bonne chance à tous !  :poele:


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Message Sujet: Re: Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent   Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent - Page 4 EmptyMar 26 Avr - 11:30

La dragonne ne parvint pas à lutter contre les flots et les vents déchaînés, elle plongea dans la mer en furie et essaya de s'en sortir. Elle lutta de toutes ses forces mais les éléments étaient trop puissants et elle ne pouvait rien faire, à part tenter de garder la tête au-dessus de l'eau. Elle se laissa emporter dans les vagues, commençant à perdre ses forces peu à peu...Elle était sous l'eau quand elle heurta avec force la coque d'un navire qu'elle ne pouvait pas éviter, même si elle l'avait vu. Frénésie s'agrippa de sa patte valide mais ne put qu'arracher des planches de la coque et provoquer une brèche qui mettrait en danger tout l'équipage. Mais elle ne pensait pas à cela, la dragonne, elle pensait à survivre avant tout, à ne pas finir noyée dans l'océan en furie ! A force de battre des pattes, elle finit par parvenir à s'accrocher à la proue, plantant ses griffes dans le bois autant qu'elle le pouvait, submergée encore et encore à chaque vague qui passait. Frénésie se cramponna jusqu'à ce que la mer se calme peu à peu et qu'elle distingue des voix sur le pont. Elle se hissa avec le peu de force qu'il lui restait sur le pont où elle s'affala en soufflant fortement et bruyamment.

Valarr était demeuré cramponné lui aussi, mais au gouvernail du bateau qu'il finit par lâcher quand les choses se calmèrent, il n'avait pas la moindre idée de comment diriger un bateau et il valait mieux qu'il laisse ça à quelqu'un qui savait y faire. Les bras ankylosés, il avait du mal à bouger mais sentit la présence réconfortante de Frénésie non loin de lui. Echo s'envola pour rejoindre la dragonne épuisée et se poser sur sa tête avec douceur. Le petit chevaucheur trébucha sur le pont en essayant de courir pour la rejoindre à son tour, elle était entourée par deux autres dragons. Valarr s'assit contre sa dragonne, aussi épuisé qu'elle l'était de s'être accroché au gouvernail autant qu'à la vie. Ils espéraient autant l'un que l'autre que l'on aurait pas besoin d'eux tout de suite, qu'ils seraient en paix le temps de se reposer quelques minutes...ou quelques heures.

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Message Sujet: Re: Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent   Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent - Page 4 EmptyMar 26 Avr - 13:16



Et la tourmente, enfin, se tait, allant semer plus loin agonie et désolation. La mer redevient ce miroir chatoyant où se mirent l'azur et la lumière d'argent et où paissent tranquillement mille moutons d'écume blanche. Je la déteste pourtant chaque jour davantage, cette traîtresse à la mine doucereuse et aux soupirs enjôleurs, cette chattemite qui retient, au loin, ma mie. Demain, ou après-demain, je lui tournerai le dos avant qu'elle ne me happe en son sein. Demain je vivrai sans elle, et elle ne me manquera pas.

Mais il est grand temps de mesurer les dégâts causés par cette tempête foudroyante. Nos rangs sont clairsemés, de nombreux marins manquent à l'appel. Ce gars plutôt sympathique avec lequel je bavardais, Mayeul, n'arpente désormais plus le pont. Je ne l'ai pourtant point vu disparaître. Je regretterais presque que ce pignouf n'encombre plus nos allées et venues, mais, à l'heure où nous sommes, son cadavre flotte sûrement entre deux eaux, s'il n'est pas encore avalé par les abysses. L'Audacia aussi a souffert dans sa charpente. Vergues et drisses ont cédé et pendouillent au vent léger qui les brandille. L'ossature du rafiot craque sous les pas pressés des charpentiers et menuisiers que nous sommes devenus soudain. Des débris de toutes tailles jonchent la dunette et l'ensemble de la structure, de la proue au gaillard d'arrière. Une partie du bastingage, des mâts et des gréements a été arrachée, et les voiles déchirées ainsi que les haubans libérés de leurs entraves flottent misérablement. Bref, c'est l'hécatombe dans toute son horreur. Il va nous falloir des siècles pour rafistoler tout ce micmac ! Même si nous possédons à bord un duo de vaillants raccommodeurs qui n'hésitera pas à s'abîmer les ongles et les phalangettes pour la bonne cause ...

Est-ce un bonheur parmi tous ces malheurs qui se sont abattus sur nos carcasses ? L'Audacia s'est échouée sur une langue de terre totalement inconnue. Nous ne dérivons donc pas, ce qui est un sérieux souci en moins. Cependant, nous devons déchanter rapidement. La nouvelle qu'un danger se tapirait sur cet îlot est apparue sur les lèvres de quelques rescapés bien informés, et elle s'est répandue comme une traînée de poudre. D'ailleurs, cette terre n'est pas uniquement un îlot, non, il s'agit surtout d'un gigantesque sanctuaire pour une kyrielle de Vivenefs que de précédentes tempêtes ont reléguées sur ces rivages hostiles. Voilà ce que Chevaucheurs et Voltigeurs ont déclaré au retour d'une mission de surveillance.

Me voici ballotté entre deux idées. Aller rôder dans les parages de ce cimetière marin, ou mettre la main à la pâte pour contribuer à retaper le rafiot. Voilà à quoi je cogite en observant de loin l'Orichalque, qui semble encore plus mal en point que l'Audacia, et qui, selon toute apparence, grossira bientôt les rangs des épaves condamnées à pourrir ici jusqu'à la fin des temps. Un pirate sollicite soudain mon aide pour transporter une lourde caisse d'outils, et je m'exécute. Moi, vous me connaissez : Y'a pas plus courageux que moi sur ce rafiot !


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Message Sujet: Re: Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent   Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent - Page 4 EmptyMar 26 Avr - 18:14


Le Roi

La Rose Noire





Enfin, cessent les tourments des dieux. Enfin, la mer se calme, se vent tombe. La Marie Sanglante, déchirée, mais encore à flot, a retrouvé la paix. Le silence est immense, sur l’océan, et aux côtés de sa Tour et des deux Fous, le Roi Noir réfléchit. Il réfléchit, le regard sur la troupe de prisonniers libérés, puis sur la brèche qui fait entrer toujours plus d’eau dans la cale du navire pirate. Eaux déchaînées, rochers acérés, corps à la dérive. Il réfléchit aux images que lui envoie Vif-Argent, reflet de son propre esprit qui n’a certainement pas la paix des eaux. Il réfléchit aux mots de Maria. Il se lève, finalement, et remonte des entrailles du bateau pour se diriger jusqu’à la proue, jusqu’à voir le visage de bois de la femme ensorcelée qui mène la danse. Elle est épuisée, autant que les mortels qui foulent ses planches abîmées. Ordalie sort de son fourreau et fend une paume blanche, libérée d’un gant noir. Le sang coule entre les doigts et goutte sur le pont, petit à petit, aspiré par le bois. « Maria, que notre promesse soit scellée. Contre la vie sauve de ces innocents, nous te conduirons aux sirènes. »

Les pirates n’osent pas piper mot devant ces figures majestueuses, légendaires, contre ce Roi Noir qui les regarde avec une expression que l’on devine sévère sous le masque. Ils sont sept, à être restés à bord, tant bien que mal, dont ce Chevaucheur abrité contre son dragon. Ce n’est certainement pas assez pour naviguer un bateau, pour ce qu’il en sait, et ils ont comme équipage de fortune une tripotée d’êtres certainement pas plus habiletés que lui à manier une telle coquille de noix et particulièrement mal en point. Il range Ordalie et remet son gant, sans se soucier du sang qui continue de couler contre sa chair chaude. « Lequel d’entre vous est le meilleur charpentier ? » Un homme lève une main timide. « Lorsque nous aurons écopé suffisamment pour que la brèche soit colmatée, mettez-vous au travail. » Ce n’est pas une demande, mais bien un ordre, qui n’est absolument pas discuté. Un homme se précipite au gouvernail, le charpentier à la cale y chercher outils et matériaux pour son futur travail, et les autres s’éparpillent pour tenter d’effectuer toutes les tâches urgentes.
Alors seulement le Roi Noir se retourne vers les autres pièces. C’est Hypérion, plus que jamais, qui contrôle le mortel sous le masque, qui parle de cette voix forte et impérieuse, qui maîtrise cet esprit aujourd’hui rebelle. Le sang a coulé, le sang de la Rose. « Je ne suis pas marin, mes amis, mais j’ai juré de mon sang de conduire la Marie-Sanglante où elle le désire. Partez, si vous le voulez, j’accompagnerai ces hommes et ces femmes. »

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Message Sujet: Re: Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent   Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent - Page 4 EmptyMar 26 Avr - 18:49


La Tour

La Rose Noire





Les prisonniers sont enfin libérés, sains et saufs. La tempête s'est finalement calmée. Tous sont trempés des pieds à la tête, épuisés et surtout soulagés. Le vent ne cesse de souffler, écartant les nuages au-dessus de leur tête et les rayons d'un soleil discret éclairent le spectacle désolant de ce navire malmené par la tempête. Le danger n'est pas pour autant écarté, tu le sais. D'un regard intense, tu observes ce qu'il reste de l'équipage ainsi que tes camarades. La navigation, tu n'y connais rien, c'est à peine si tu ne confonds pas encore babord et tribord. Tu ne comptes pas repartir comme ça pourtant. Les prisonniers ne sont pas sortis d'affaire, ce rafiot est à deux doigts de couler et Maria est encore terriblement attirée par les sirènes. Tu suis des yeux ton Roi qui prends les choses en main et s'assure que la figure de proue tienne parole, mais la tiendra-t-elle réellement ? Et ces pirates encore présents, se tiendront-ils à carreau malgré leur nombre diminué ? Toi, la Tour, tu n'y mettrais certainement pas ta main à couper et tu comptes bien les garder à l’œil. Mais d'abord...

« Mon Roi, si vous le permettez, Justice et moi allons inspecter la mer afin de nous assurer qu'aucun naufragé n'a été laissé en arrière. Nous reviendrons ensuite vous aider à rafistoler ce navire et veiller à ce que Maria tienne sa promesse. » Le ton et ferme et solennel. Ta décision est prise et ta suspicion à l'égard de la Marie Sanglante est grande. Tu as néanmoins confiance en tes camarades de la Rose, même en ces Fous aussi imprévisibles qu'impétueux. S'ils décident de rester, ils sauront faire ce qu'il faut pour venir en aide à ton Roi.

« Justice, allons-y. » Tu retournes auprès de ton dragon qui prend son envol, ses écailles dorées et encore humides luisant sous les rayons du soleil. Et déjà, vous vous retrouvez à scruter les moindres remous à la recherche de la présence d'une âme assez déterminée pour combattre encore les flots. « Droit devant. » Bien que faible à travers la barrière magique qui n'a pas encore tout à fait disparue, tu perçois la voix profonde de Justice quelques minutes à peine après votre départ. Puis tu la vois, la Vivenef qui dérive, avec à son bord un dragon et son chevaucheur. Arrivés à leur hauteur, Justice reste à distance raisonnable, battant négligemment de ses ailes puissantes pour se maintenir en vol stationnaire pour ne pas avoir à se poser sur le navire déjà mal en point. Il n'est d'ailleurs pas le seul dans cet état, puisque le dragon ne semble pas éveillé. « Besoin d'un coup de main ? » Ta voix porte à travers le vent et tu te redresses sur le dos de Justice qui se rapproche assez du navire pour que tu puisses sauter à son bord, atterrissant sur le pont en douceur.


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Dernière édition par La Rose Écarlate le Jeu 26 Mai - 3:20, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent   Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent - Page 4 EmptyMar 26 Avr - 22:01

La tempête cessa et le soleil fit son apparition. Quelques rayons timides caresseront le pont de La Marie Sanglante et une petite brise souleva légèrement les voiles. Le calme etait enfin revenu. Mais ce n'était pas encore terminé pour les prisonniers. Ils etaient maintenant devenus des membres d'équipages du navire.

Serenus cligna des yeux. Il avait mît du temps à reprendre connaissance après sa libération. Et maintenant il se sentait mieux après ce repos certes forcé mais réparateur. Il se tenait maintenant debout, appuyé sur le bord du navire, le regard perdu dans l'océan. Ils avaient maintenant une chance de survivre vu que les troupes de pirates avaient été décimés. Mais visiblement la Marie sanglante tenait à rencontrer les sirènes d'après ce qu'en avait compris Serenus.

La voix forte du roi noire ne leur laissa pas le temps de se détendre. Il ordonna que l'on comble la brèche dans la cale et designa un charpentier pour aller chercher les outils dans la cale. Serenus se souvint qu'il avait déjà vu des outils dans la cale, dans un placard et décida d'accompagner le charpentier. Ils descendirent ensemble les marches qui menaient à la cale quand soudain une marche glissante fit trébucher le charpentier qui tomba dans l'eau. Serenus le rattrapa de justesse avant que celui ci ne se blesse.

- Faites attention, j'ai cru voir des bouts de bois flotter. Ils pourraient nous blesser.

Le charpentier hocha la tête et se dirigea vers le placard. Beaucoup D objets étaient immergés et ils mirent un long moment pour trouver tous les outils qui s'étaient dispersés dans toute la cale. Le charpentier les donna à Serenus qui les monta sur le pont.
Le guerrier marcha donc jusqu'à un autre homme chargé de reunir du bois pour combler la brèche.

Il longea donc le bord du navire pour éviter un dragon qui s'étirait quand une vague percuta la coque par le côté. Serenus faut déséquilibré et tomba A la renverse. Habituellement, il aurait su tenir sur ses jambes mais le manque de nourriture lui avait fait perdre le contrôle de celles ci.. Il secoua la tête, la main sur son front endolori d'avoir percuté le bord du bateau. Un gros plouf le fit revenir à la realité. Il se releva et chercha la caisse d'outil des yeux. Celle ci etait introuvable. La peur au ventre il se pencha et regarda la mer. La caisse avait coulé ! Serenus se maudissait. Ils avaient perdus les seuls outils qui leur permettrait de réparer la brèche ! Et il savait qu'il n'y en avait pas d'autre. Le charpentier et lui avaient fouillé toute la cale de fond en comble malgré l'eau qui montait ! "Non mais quel ABRUTI" pensa t'il.

Il tourna la tête vers le Roi noir, espérant que celui ci n'ait rien vu. Il allait devoir trouver un autre moyen de combler la brèche. Mais sans outils indispensables comme les clous et le marteau cela allait être quasiment impossible. Il fallait qu'ils se préparent à quitter le navire d'une façon ou d'une autre. Il se mordait la lèvre, soucieux et le front en sang quand une silhouette attira son attention. Était ce Mayeul de Vifesprit qu'il apercevait la bas, assis à l'autre bout du navire, entre les pattes d'un griffon ? Serenus avança (enfin tituba) vers le jeune homme et sourit. C'était bien lui ! Il n'était visiblement pas en forme..  Il arriva à la hauteur du voltigeur tout en vérifiant que le dragon restait coopératif, s'agenouilla et dit en souriant :

- Bonjour Mayeul, vous vous souvenez de moi ? Serenus Dardalion, vous nous aviez hébergé avec mes collègues et le convoi qu'on escortait jusqu'à Euphoria ! il regarda le visage du jeune homme et le trouva bien pâle. Il reprit :Vous aussi vous avez été capturé ? Vous êtes mal en point. Tenez j'ai trouvé ça, vous en avez plus besoin que moi.

Serenus lui tendit une gourde de vin qu'il avait trouvé pret de la trappe, a côté d'un canon. Le vin était tiède mais il permettrait à Mayeul de reprendre un peu de force. Il aida celui ci a boire avant de boire à son tour et de ranger la gourde.

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Message Sujet: Re: Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent   Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent - Page 4 EmptyMar 26 Avr - 23:59

Après que le griffon l’ait déposé sans plus de cérémonie sur le pont, la tempête avait semblé redoubler de violence. Déconnecté, pas vraiment en état de réfléchir, Mayeul s’était laissé guider auprès du grand dragon doré, l’abri le plus sûr sans doute : comment en aurait-il été autrement, protégé qu’il était par une légende vivante? Roulé en boule sous les pattes d’un des griffons de la Rose Ecarlate, les mains autour des genoux, les yeux fixement braqués sur l’horizon, le voltigeur était resté silencieux. Il avait l’esprit vide, il était trempé et plus que tout, l’incertitude quand au sort de Nuage le rongeait. Il avait dormi par bribes, somnolant sans vraiment le vouloir, regardant sans les voir les éclairs qui zébraient le ciel.
Ce n’est qu’au petit matin que la tempête s’acheva, et avec elle l’hébétude dans laquelle Mayeul semblait plonger, le temps que les drogues qu’il avait ingurgité délaissent, un peu, son esprit embrumé. Maintenant que tout était calme, et que l’emprise de Maria semblait s’être réduite -ou celle des sirènes, à ce stade, il hésitait encore à croire que la Vivenef et ses fameuses sirènes étaient deux personnes bien distinctes- le voltigeur retrouva le lien qu’il cherchait tant. Un lien faible, ténu, traumatisé et choqué, mais Nuage, indubitablement. Pour la première fois depuis le début de cette tempête, il pût souffler, apaisé.

Pourtant, en observant les retrouvailles du pirate et de sa dragonne -donc, pas du pirate, d’accord-, il ressentit une pointe de jalousie. Un moment, un bref moment, son esprit se porta sur les drogues qui restaient encore dans sa poche, mais il y renonça bien vite. Il avait besoin de retrouver Nuage, et rien que pour ça, il devait faire son possible pour partir d’ici, ce qui impliquait de rester lucide. De sa place, il observa le roi Noir converser avec Maria, puis avec la poignée de pirates restants. Maria. La Marie-Sanglante. Les prisonniers. Dans la tempête, il n’avait pas remarqué où il se trouvait, mais désormais, il reconnaissait les voiles et le pont, enfin, ce qu’il en restait et qui n’avait pas été abîmé, que ce soit par la furie des éléments ou les griffes des dragons. Écoper, donc. Une voie d’eau? Encore pas mal désorienté, Mayeul fit mine de se lever avant qu’une voix connue ne vienne interrompre son mouvement. Serenus Dardalion. Le voltigeur mit un moment à comprendre ses paroles, avant de boire quelques gorgées d’un vin tiède tendu par le guerrier. Il ne voulait pas en parler, bien trop honteux pour s’y attarder maintenant. Ou jamais.
Pas... Vraiment. C’est compliqué. On devrait aller aider.
Hasarda-t-il, indécis. Après un geste vague en direction de la cale, il finit par se relever, titubant quelque peu, l’esprit toujours vide. Mais bon, pour écoper, pas besoin de réfléchir. La Rose semblait savoir ce qu’elle faisait, et honnêtement, il n’était guère en état de prendre des initiatives.
Merci de votre aide.
Lança-t-il , respectueusement, aux deux griffons et au dragon encore sur le pont avant de s’éloigner. Il leur devait la vie, après tout. Et les ex-prisonniers aussi, très certainement. Empruntant le chemin menant à la cale qui se remplissait d’eau, il croisa d’ailleurs les kidnappés qui, tous, semblaient avoir été réunis sur la Marie-Sanglante. Tant mieux, au moins, la chasse s’arrêtait ici. D’un côté, il avait rempli sa mission. Mais... Toutes les personnes enlevées? Non.
Où est Grâce? La Voltigeuse? Et les petites Jedidah?
Demanda-t-il, sans s’adresser à personne en particulier.

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Message Sujet: Re: Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent   Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent - Page 4 EmptyJeu 28 Avr - 18:24

Enfin à l’air libre, Colombe pouvait respirer à plein nez, ce qui lui évitait d’avoir trop de nausées et de décorer à nouveau le bateau d’un beau mouchetis verdâtre odorant. Ca ne l’empêchait pas de rester agrippée au bastingage la tête penchée vers la mer en attendant que sa marée intérieure ne renvoie encore les restes du dernier repas qu’elle avait ingurgité, qui commençait à remonter loin maintenant. Elle se demandait presque si son malaise n’était finalement pas dû à sa faim plutôt qu’au mal de mer.

Ils étaient finalement sortis de la tempête, et sortis de la cale par la même occasion, par une équipe de sauvetage qu’elle n’attendait plus mais qu'elle avait été ravie de voir arriver mais dont la petite Colombe se méfiait tout de même. Elle se méfiait également du nouveau venu (Mayeul) qui était arrivé sans trop qu’elle ne sache comment et qu’elle regardait d’un mauvais œil. Ils étaient maintenant, eux, captifs, à la tête du bateau. Comme si la jeune fille savait naviguer… Elle laissait le soin aux hommes de s’occuper de cette tache, elle, elle comptait s’occuper du trou dans le navire qui aurait tôt fait de les faire couler avant même qu’ils ne sortent indemnes du chant des sirènes. Elle se sentait en tout cas plus confiante, elle sentait que sa magie était revenue, pas totalement, mais assez peut-être pour soigner quelques captifs qui en auraient besoin. En attendant, elle avait réussi à s'en servir pour atténuer un peu sa douleur à l'épaule qu'elle ne sentait maintenant presque plus. Elle avait également de nouveau une connexion avec Nestère, elle ne pouvait pas lui parler mais elle sentait sa présence et c’était tout ce qui lui importait, elle avait retrouvé une partie d’elle-même.

« Bon il faut qu’on se mette au travail pour ne pas que ce navire se transforme en bain, ou pire, en lac. » Elle pensa qu’un lac ne lui déplairait pas, on y trouvait toutes sortes de plantes aquatiques qu’elle aurait bien voulu récupérer, mais là n’était pas la question. « Je suppose que personne n’a ne serait-ce qu’une miette de pain à manger ? » Elle avait prononcé cette phrase tout bas, comme pour elle-même, mais son ventre qui gargouillait confirmait ses dires, elle mourrait de faim. L’air frais pourtant lui avait fait du bien, un peu trop même. Tous ses soucis s’étaient presque évaporés et Colombe était de nouveau énergique et efficace et elle n’avait qu’une envie : faire quelque chose pour rejoindre enfin la terre ferme. Ce bateau ne les y guiderait pas en un claquement de doigt, ils devaient tous se mettre à la tache. Elle se remonta les manches avant de se diriger vers la cale. Elle souleva la trappe pour observer les dégâts : l’eau montait toujours continuellement. « Il faudrait déjà qu’une équipe aille là-dessous pour repérer où se trouve la fuite. Je veux bien m'en charger. Pendant ce temps, les autres peuvent chercher un moyen pour réparer le tout, en essayant de ne rien faire tomber par dessus bord. » Elle regarda Serenus d’un air à la fois amusé et désespéré. Elle ne lui en voulait pas vraiment, ils étaient nombreux, ils trouveraient bien un autre moyen, il était inutile de paniquer ça ne serait pas la bonne solution. Il fallait résonner, être logique.

« Il n’y aurait pas de Mage de l’Automne ici ? Une bonne maitrise du bois pourrait peut-être fonctionner. » Elle ignorait si cela pouvait être une bonne solution mais elle savait qu’indirectement, elle avait pensé à Ambroise, son professeur. Sans le nommer, elle espérait qu’il pourrait peut-être faire quelque chose.  
 

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Message Sujet: Re: Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent   Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent - Page 4 EmptyJeu 28 Avr - 23:28

Affronter la tempête avait été une épreuve comme j’espérais ne plus jamais en affronter, moi qui reculais pourtant rarement devant les défis se présentant à moi. Ferveur, bien plus sage que moi, avait ressenti un réel effroi devant les éléments déchainés, et son inquiétude n’avait pas tardé à me gagner. J’étais grandement rassuré que nous en soyons sortis, et passablement secoué. Le dragon, qui était mon compagnon depuis plusieurs années maintenant, s’ébrouait, pour chasser cette eau salée lui collant à la peau, alors que moi-même était tenté de revêtir d’autres vêtements, mais je craignais que le maigre paquetage que j’avais amené avec moi ne soit pas dans un meilleur état. Dans tous les cas, nous avions autre chose à penser que cela. Neve, notamment, qui ne se trouvait nulle part en vue.

Faisant signe à la cadette qui avait récemment rejoint mon escadron de me suivre, je signalais aux autres chevaucheurs que j’allais parcourir l’île puis survoler la mer, à la recherche de rescapés miraculés, et notamment de Neve l’Embrun. Demandant un nouvel effort à Ferveur, à qui je promettais un certain repos ici même si nous devions laisser les vivenefs nous devancer et les rejoindre plus tard, je remontais sur elle, et partait en m’assurant que Maelys me suivait. Elle s’était portée volontaire pour cette mission périlleuse, j’entendais pourtant qu’elle respecte ma place, et apprenne de ce qu’elle vivait, même si tout semblait nébuleux. Il était assez frustrant de n’avoir pas décelé aucune information sur la malédiction qui agissait ainsi actuellement, et d’avancer comme un aveugle.

Les paroles de Rhéa m’avaient glacé les sangs, n’affirmant cependant que plus ma détermination. Si des rescapés se trouvaient là, alors nous devions les chercher. Plus encore que soumis aux dangers des flots, à la colère de Messaïon, de Valda ou de Levor. Elle devait en avoir vu, des tempêtes et des dangers. Ses avertissements ne devaient pas être pris légèrement. Je frissonnais légèrement, sur le dos de Ferveur, en voyant ces figures de proue qui semblaient bien malveillantes, bien plus encore que celle de la Marie-Sanglante dans sa transe mortelle. Bien que consciente de la perte inestimable de leurs connaissances, la seule solution était peut-être la destruction totale. Pouvaient-elles seulement être brûlées ?

Je m’approchais encore, distinguant une forme, deux en fait, en leur sein. Prisonnières, et mal en point. Pris de frisson de nouveau, j’échangeais un regard avec Maelys. Je ne pouvais rien faire pour la jeune voltigeuse et sa créature céleste, c’était certain. Ma magie de l’hiver ne pourrait pas rendre leur santé à ces figures de bois enchantées, ou pas avec ma seule aide. Il faudrait davantage de mages. Et je devais retrouver Neve… S’il était lui aussi dans un tel péril et y perdrait la vie, je ne pourrais me le pardonner.

Je me tournais vers Maelys. « Essaye de l’aider, de la dégager comme tu le peux. Je crains que ta magie ne soit pas assez puissante, mais je ne pourrais rien faire pour elle, hormis panser ses blessures aussi rapidement qu’elles lui seraient refaites par ces êtres naguère glorieux et présages de mort maintenant. Je vais à la recherche de Neve, et j’essaierai d’orienter les autres vers toi. Peut-être que tu peux te faire aider d’élémentaires. »

Je sentais le regard de la jeune femme peser sur moi, mais je me détournais, malgré le besoin viscéral de lui venir en aide. Je ne devais pas y céder, pour Neve. Et pour parcourir le reste de cette île, et peut-être trouver une solution. J’aurai bien suggéré à la jeune Maelys de faire léviter la voltigeuse, mais elle n’en aurait jamais la force.

Je reprenais la direction de l’Audacia, signalant à tous les chevaucheurs et voltigeurs que je croisais la position de la jeune femme aussi bien que je le pouvais, et la nécessité de s’atteler à son sauvetage à plusieurs, mais aussi celle de trouver d’autres rescapés. Je ne perdais pas une seconde, avant de rejoindre la figure de proue.

« Grande Rhéa ! Peut-on les neutraliser ? Sont-elles sensibles aux flammes et au feu, ou en sont-elles protégées ? Risque-t-il d’augmenter leur fureur ? Comment sauver quelqu’un sous leur emprise physique, déjà fortement affaibli ? »

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Message Sujet: Re: Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent   Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent - Page 4 EmptyVen 29 Avr - 15:58

Nous avions réussi. Je commençais à ne plus y croire, quand Mirage se pose enfin sur cette plage déserte. Le grand dragon replie ses ailes, la tête basse. Une profonde lassitude se lit dans son regard de glace, mais aussi ce même soulagement qui fait écho au mien. Je me laisse tomber au sol, fourbue et trempée. Les deux vivenefs sont dans un sale état, et je me demande si elles parviendront à reprendre la mer. Nous ne sommes que trois Chevaucheurs, ainsi qu’un griffon esseulé… Où est Neve ? Ne me dites pas qu’il n’a pas réussi à tenir le rythme…

Je m’accroche à cette colère qui me fait bouillir les sangs en chassant d’un revers mon inquiétude. Tristan donne ses ordres. J’hoche la tête, quand il me fait signe de le suivre. Je me hisse à nouveau sur le dos de Mirage, qui gronde bassement avec un air de reproche en orientant sa lourde tête vers moi.

- On n’a pas le choix. Il faut les chercher.

Le dragon puise dans ses dernières forces pour reprendre son envol, se portant aux côtés de Ferveur. J’oriente mon regard en tous sens, voir s’il m’est possible de discerner l’un de nos rescapés. Les mises en garde de la vivenef ont de quoi nous inquiéter, mais tant que nous écumons les cieux et qu’ils restent calmes, rien de fâcheux ne devrait nous arriver dans l’immédiat. Le doute me guette pourtant en apercevant ces figures de proue décharnées, qui referment leur emprise sur un malheureux griffon. Une cavalière, non loin, semble inconsciente. A croire qu’ils ont échappé à la tempête pour mourir d’une autre manière.

Je m’attendais à ce que nous poursuivions notre route, mais Tristan me demande de leur venir en aide pour partir lui-même à la recherche de Neve. Voilà bien une décision qui ne m’enchante guère… Je me mords la lèvre quand il lâche avec placidité que ma magie ne sera pas suffisante. Qu’attendrait-il de moi, si ce n’est de réussir dans l’entreprise qu’il me confie ?

- Je m’en charge, comptez sur moi.

Je garde ma rancœur pour moi. J’aurais préféré partir à la recherche de Neve plutôt que de me risquer à sauver un griffon et sa cavalière de vivenefs prises de folie. Je n’ai pas de mal à deviner la réticence de Mirage quand je lui demande de descendre pour me rapprocher d’eux. Je n’ai pas besoin qu’il se pose, simplement qu’il me ramène assez proche du sol pour que je puisse amortir suffisamment ma chute. Nous ne sommes plus qu’à quelques mètres quand je me lance, faisant appel à ma magie pour que mes bottes percutent le sol au ralenti. J’évite ainsi de me fracasser à l’arrivée, mais la chute est moins contrôlée que prévue et mon tibia percute le bois alors que j’essaie d’esquiver celle que je suis censée secourir. J’étouffe un juron et m’approche de la femme inconsciente. Dans l’urgence, je ne trouve rien de mieux à faire que de la baffer pour qu’elle retrouve plus rapidement ses esprits.

- Debout, ton griffon a besoin d’aide ! Vite !

Je me rapproche ensuite de lui en deux foulées. Les doigts d’une proue déchirent ma tunique au niveau du bras, mais je lui échappe et me rapproche de l’animal alarmé. Mes lames risquent de ne pas être suffisantes pour entailler le bois qui le retient. Elles se fichent dedans et ma seule force ne suffit pas à le dégager. Je réfléchis à toute vitesse quand une voix impérieuse se fait entendre dans mon esprit. Recule-toi un peu, petite.

J’obtempère sans discuter. Il ne faut pas bien longtemps avant qu’un éclair vert passe à nouveau au-dessus de moi, répandant feu et mort sur son passage. Mirage ne plaisante pas, et la chaleur suffocante qui émane du cimetière de vivenefs ne fait que renforcer les lamentations. Je crains qu’il n’ait roussi un peu les plumes du griffon que je tentais de libérer au passage, et si le bois peut céder plus facilement, je ne suis pas à l’abri d’un coup de griffe mal placé. Je m’affaire à toute vitesse, pour que le piège ne se referme pas davantage sur nous après ce torrent de flammes.

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Message Sujet: Re: Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent   Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent - Page 4 EmptyVen 29 Avr - 18:38

Je me sens étrange.

Je me revois encore – en fait, non, je ressens encore, l’eau s’infiltrant lentement dans mes vêtements, la brume dans mon esprit tandis que les mains de Siméane pansaient la plaie sur mon front, épongeant mon sang qui coulait, rouge carmin dans la pénombre. Je me souviens du rouge, de la couleur – pouvaient-ils la voir, eux, dans l’obscurité à peine éclairée par les lanternes opaques de la cale, ou étaient-ils aussi aveugles que moi ? Je ne sais pas. Je me rappelle simplement du hauban violemment percuté, des étincelles dans ma tête – j’ai titubé, et le monde a tourné alors même que j’avais les yeux fermés. Je me suis sentie mal, la nausée au creux de l’estomac et d’incontrôlables tremblements agitant mes membres. Le froid, me faisant grelotter ? Sûrement. La faim, la fatigue et l’angoisse ? Indéniablement. Le manque de Sayam et de Serment ? Forcément.

Je me suis vue mourir. Noyée, lentement, par cette eau que ma magie de l’Hiver tout autant que mon enfance sur les rivages de Bellifère m’avaient pourtant appris à aimer. Je revois ces années d’insouciance à courir sur la plage, la lande d’Aubenacre, les huîtres perlières élevées par mon père, les sourires de ma sœur qui illuminaient son visage et ses yeux aveugles. Périr en mer, dans les entrailles d’une vivenef ensorcelée, privée de cette magie pour laquelle j’ai tourné le dos à tous mes engagements, loin de ce dragon qui m’a emportée conquérir les cieux de Faërie – c’est ridicule, et pourtant. C’était en train d’arriver. Je me voyais déjà noyée dans la cale condamnée de la Marie Sanglante – et puis, il m’a sauvée.

Le Roi Noir, avec sa couronne d’argent – je l’ai aperçue en émergeant de la cale, massée parmi les autres, car elle accrochait la lumière des torches. Nous avons été secourus par des êtres de légende : une silhouette sombre, massive et solide, nous a aidés à monter sur le pont. La Tour, rigide et sérieuse, comme les histoires le racontent ; et c’est après quelques minutes seulement que j’ai compris l’origine de sa désapprobation, quand les deux Fous, Noir et Blanc, se sont mis à comparer le nombre de pirates mis à l’eau par leurs montures respectives, visiblement surexcitées. Hum.

Mais le Roi, le seigneur souverain sous son masque couronné d’argent – ah, quelle prestance dans sa voix. Je n’ai pas les yeux de Sayam pour le voir, mais je perçois cette aura subtile qui émane de tout son être et qui fait battre mon cœur un peu plus vite. Comme tous les enfants d’Arven, j’ai grandi en écoutant leurs épopées narrées au coin du feu, à ces douze héros sans nom dont l’individualité s’efface derrière la pièce qu’ils ont choisi d’incarner. Ils sont différents, les quatre qui sont là, profondément dissemblables : le tsstss marmonné de la Tour offre un saisissant contraste avec l’allégresse échevelée des deux fous, la grandiloquente exubérance du Noir et l’imprévisible euphorie du Blanc. Et le Roi, le Roi qui tranche sa paume pour abreuver Rhéa – inconscient, follement généreux ou terriblement oublieux ? Ne connaît-il donc point les sombres rumeurs qui accompagnent la magie du sang ? Je les ai vus, les épais grimoires poussiéreux cadenassés étroitement à l’Académie, ces ouvrages maudits traitant d’une magie perdue et honnie. Ne fais pas ça, ô Roi. Garde par-devers toi la richesse de ton sang et la profondeur de ton enchantement.

Trébuchant sur le pont humide, je m’avance au jugé vers la sombre silhouette, la percutant maladroitement tant le soleil de l’aube m’éblouit. « Oh ! Je vous demande pardon ! » Confuse, je me tords les mains, gênée, tandis que mes joues soudain brûlantes s’empourprent du rouge de la honte. « Votre paume, monseigneur… Je suis mage guérisseuse, puis-je panser votre plaie… ? » Ma magie balbutie au bout de mes doigts. Je perçois Serment, je ressens Sayam – de très loin, mais ils sont là. Magie étouffée, magie timide ; mais je devrais être capable de guérir une plaie superficielle, assurément.

Aurai-je le privilège de toucher la main de la légende ? Par Valda, ce serait un tel honneur !

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Message Sujet: Re: Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent   Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent - Page 4 EmptyVen 29 Avr - 21:13

Du sable contre mon visage... enfin...on a donc survécu à la tempête ?
« sang chaud... palpite... »
« groml sulun baraz »
Iode pousse un piaillement inquiet...bon, il va bien. Ma tête bourdonne. Cognée contre... un mât.
« Agh... burzum-ishi krimpatul ... »
« mmmhhh pour moi, mmmmmmmmon bois, boire. »
« ...deux cœurs... »
Mes oreilles sifflent bizarrement. Je suis faite de plomb. Écroulée. Ce sont des voix ?
Un nouveau cri, d'avertissement cette fois. Une masse plumeuse me pousse. Ça continue de grommeler et susurrer. Faut-il vraiment que je me réveille ?
« Sulu khazad ! Ssssssssang... »
Dans un effort, je me retourne, ouvre les yeux. Tout est flou. Mal à la tête. Je suis entourée de sable et... de bois, limé, détruit par le temps, le vent ?
Loin au dessus, je distingue deux formes. Des dragons. Ah, les secours ? Je ne suis pas contre. Hé, le bleu s'en va, revenez... ha, le vert s'approche.
Colère. Je sens enfin mon lien avec Iode, mais quand finalement je le distingue, c'est pour le voir pris d'un piège de bois, appelant à l'aide.
« Plume. Vie. Vie ! »
Des vivenefs ! On est entouré de figures de proue défigurées, le regard morne ou fou. Et l'une d'elle s'est emparée de Iode ! Mon sang ne fait qu'un tour.
A peine ai-je le temps de réagir qu'une Chevaucheuse apparaît devant moi... et me flanque une claque.
« Non mais ça va pas ! J'suis réveillée bécasse ! Occupe-toi plutôt de la vivenef ! »
M'a-t-elle entendue ou m'ignore-t-elle complètement, en tout cas elle me laisse en plan pour courir vers mon griffon. Je saute sur mes pieds pour la suivre, ignorant les douleurs de mon corps épuisé par la nuit, esquivant des mains géantes.

La mage se dirige vers les doigts de la créature avec ses armes, en pure perte. Le bois est trop épais, elle prend son épée pour une hache ?
Iode se débat, m'appelle au secours. La figure de proue enchantée se penche sur nous, une vieille voile accrochée à son épaule.
La voile !
Je tente le tout pour le tout alors que la jeune fille commence à entailler la main noueuse. Je saute sur le poignet, cours sur le bras, puis l'escalade aussi vite que possible. L'effort me fait grimacer, mais je ne faiblit pas et attrape le tissu élimé une fois l'épaule atteinte.
« Hoé ! Gueule de bois ! Par ici ! »
Dans un grand mouvement, je bondis vers le visage ravagé par le sable, déployant la toile vers ses yeux. Ainsi aveuglé, peut-être lâchera-t-elle Iode sous la surprise ?
C'était sans compter sur le dragon de tout à l'heure. Qui plonge vers nous, gueule grande ouverte.
Osera-t-il ?
Le cimetière de navires se transforme en brasier de flammes vertes.

Il a osé !

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Message Sujet: Re: Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent   Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent - Page 4 EmptyVen 29 Avr - 21:33


Le Roi

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Il hoche la tête gravement aux mots de la Tour Noire. Le Roi, après tout, est l’élément le plus important des échecs, mais en est-il le plus puissant ? Le plus réfléchi ? S’il l’était, il serait seul sur l’échiquier, mais le voilà plutôt entouré de sujets qu’il estime autant que lui-même et qui lui sont précieux. Ainsi, il devine la méfiance sa Tour et il lui en fait grâce. L’esprit dont il est né est bien trop souvent prétentieux, même frimeur, et incapable de reconnaître ses erreurs, ainsi faut-il surveiller ses arrières. Il observe, longuement, l’or de Justice s’élever dans les cieux. Sang, sirènes, corps à moiti dévorés. Les images de Vif-Argent ne lui parviennent qu’à demi, mais elles suffisent à le sortir de ses pensées. Le griffon n’aime pas naviguer – sa curiosité indomptable s’est arrêtée nettement à cet élément imprévisible qu’est l’eau – et se fait l’écho de ce qu’Hypérion repousse dans l’esprit du mortel sous les habits noirs. Peurs légitimes, craintes qui néanmoins doivent être oubliées. Il doit prêter main forte aux hommes et aux femmes de la Marie Sanglante, pour que toutes les promesses soient honorées. Quelques voix et bavardages lui parviennent, confusément : un des conseillers du duc Bartholomé se propose pour barrer, l’autre pour conduire le bateau ; on recherche des mages, malgré la magie ténue qui peine à revenir, pour réparer la coque ; un chuchote, on murmure, et il désire savoir ce qui se trame dans les entrailles de la Marie Sanglante.

Son mouvement s’amorce à peine qu’il est percuté (« Comme s’il n’y avait pas assez de place sur ce pont désert pour marcher librement ! », raille Hypérion), par une silhouette qui aussitôt s’excuse : « Oh ! Je vous demande pardon ! » Il évalue du regard la jeune femme. Rescapée, sauvée, par leur intervention. Les joues empourprées, autant que le bandage qui lui ceint le front, taché de sang épars. Il ne s’attend pas à sa demande et s’en révèle bien surpris : « Votre paume, monseigneur… Je suis mage guérisseuse, puis-je panser votre plaie… ? » Le soigner ? Il regarde les mains de la Chevaucheuse, tordues l’une en l’autre, puis sa main gauche, dont la blessure ourdit sous le gant. Mage guérisseuse, mage de l'Hiver. Sans doute est-ce la jeune femme enlevée, perdue, au même moment que l'héritier de Séverac ? (« Sa magie ne vaut certainement pas la science, en ce moment. »)

Sous le masque, un sourire.

« Bien sûr. »

Est-ce imprudent ? Est-ce inconsidéré ? Le Roi Noir n’en a cure. Il retire son gant, une nouvelle fois. La paume est barbouillée de sang, la blessure à vif, mais la douleur semble être engourdie – repoussée par la nécessité de se concentrer sur autre chose. La main est tendue. « Louison… est-ce bien cela ? » La voix puissante est plus douce, soudainement – le Roi Noir la fait caressante, curieuse, alors qu’il observe la Chevaucheuse prendre sa main entre les siennes.  « Restez aux aguets, Chevaucheuse des flots… Nous avons encore bien des aventures à venir. »

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Message Sujet: Re: Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent   Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent - Page 4 EmptyVen 29 Avr - 22:00

Serenus se releva et regarda Mayeul tituber vers les autres prisonniers, désireux d'aider. Il secoua la tête et leva les yeux vers le Roi Noir qui tendait la main a Quitterie. Il avait entendu parler quand il était petit des aventures des pieces de la rose écarlate, mais il n'avait jamais pensé les rencontrer un jour. Sa tete lui faisait de plus en plus mal. Il toucha son front et regarda ses doigts couverts de sang. Serenus soupira. Il avait pris un mauvais coup mais il n'avait pas le temps de s'apitoyer. Il suivit Mayeul et descendit dans la cale. Il entra dans l'eau gelée et rejoignit le groupe chargé de trouver la faille.

Il plongea et tâta les yeux fermés le sol de la cale à la recherche d'une éventuelle brèche. Quelque chose percuta son oeil droit. Il ouvrit instinctivement les yeux et croisa le regard d'une sardine perdue. Serenus sortit La tête de l'eau. Des poissons zigzaguaient entre ses jambes. C'est A ce moment La qu'il constata que le niveau de  l'eau dépassait ses hanches. Ils n'avaient plus beaucoup de temps. Il replongea et reprit ses recherches. Il ne trouva bien sûr aucune brèche. Il ressortit la tête de l'eau et toucha sa blessure. Le sel irritait sa peau et sa blessure le piquait affreusement. Il croisa le regard du charpentier qui secoua la tête. Serenus dit alors :

- L'eau est trop trouble. On va perdre un temps fou si on continue à chercher à tâtons. Et l'eau continue de monter.

- M'en parlez pas. J'ai avalé un petit poisson par erreur.

Serenus regarda l'eau.mais oui ! Des poissons ! S'il les attrapait, il pourrait nourrir les prisonniers et leur redonner des forces. Il attrapa un panier qui flottait et commenca a attraper quelques poissons. Soudain il chuta lourdement. Son pied etait passé à travers la brèche et il se retrouvait avec une jambe entiere hors du navire. Le trou était bien plus important qu'il le pensait... Ou alors sa jambe avait élargi le trou ce qui n'était pas bon signe. La coque devait être beaucoup trop fragile pour continuer à s'abîmer comme ca. L'eau et le sel y etaient peut être pour quelque chose. Serenus sortit de l'eau avant de se noyer et annonça en crachant de l'eau :

- J'ai trouvé La brèche !

Le charpentier, A l'autre bout de la cale hurla :

- Moi aussi !

Quoi ? Il y aurait plusieurs failles dans la cale ? Serenus regarda le trou sous ses pieds. D'où venait celui ci si la vraie brèche était de l'autre côté de la cale ?! Est ce qu'il avait contribué à la creer en marchant simplement sur ce bois pourri ? Serenus fit une grimace. Les prisonniers allaient le tuer s'ils apprenaient qu'il avait malgré lui peut être ouvert une autre brèche.. Deja qu'il avait perdu les outils...

Il remonta les marchés de la trappe, déposa le panier rempli de poissons paniqués et regarda les prisonniers. Il annonça avec un ton qui montrait son angoisse :

- On a un probleme. Le charpentier a trouvé une brèche.. L'ennui... C'est que j'en ai trouvé une autre.

Il regarda le roi noir et les pieces de la Rose Écarlate. Il fallait un miracle pour les sauver. A moins que les montures présente sur le navire fassent plusieurs voyages entre la terre ferme et la Marie Sanglante ? Cela pourrait être une possibilité... Il secoua la tête. Il valait mieux reparer le navire plutot que de perdre du temps à reflechir.

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Dernière édition par Serenus Dardalion le Sam 30 Avr - 9:47, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent   Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent - Page 4 EmptySam 30 Avr - 0:28


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Courroux de Messaïon

Maelys Aigrépine & Marianne d'Orsang


Oh, magie ancienne. Oh, pouvoir puissant ! Elles hurlent, les figures de proue au cœur du brasier, leur bois enchanté léché par les flammes leur causant une douleur inimaginable, mais ne pouvant brûler, elles ne peuvent échapper à cette torture indicible. Et elles hurlent - oh, comme elles hurlent, leur douleur et leur détresse, ces pauvres créatures oubliées de tous depuis longtemps.

Ô, sacrilège - impardonnable, inexpiable, éternel et irrévocable. Hors de l'espace, hors du temps, l'être que les hommes et leur esprit ont façonné et nommé Messaïon s'insurge. Crime infâme !

L'on s'en prend à ses enfants, aux filles qui naviguent sur ses flots, aux fils qui errent sur ses vagues ! L'on s'en prend aux faibles, aux désarmés, à ceux qui n'ont point de lucidité pour comprendre et accepter, pour apprendre et progresser. L'on s'en prend aux isolés, aux solitaires, aux fous sur leur rivage oublié.

Messaïon ne saurait pardonner.

Elle enfle, son indignation immense, elle gronde et hurle sur les océans, et résonne sous les étoiles de Valda. Empli d'un courroux millénaire envers celles qui osent s'en prendre à ses enfants déjà bien malmenés, il les maudit dans sa colère.

Partagez, viles et égoïstes mortelles.

Partagez la douleur de mes enfants, partagez leur souffrance : sentez les flammes vous lécher la peau sans parvenir à vous détruire, sentez la douleur infinie dont rien ne pourra vous libérer, car vous êtes ignifugées comme le sont toutes les vivenefs éternelles.

Partagez.



• Maelys et Marianne (ainsi que Mirage et Iode) ont désormais la sensation de brûler vives, comme les figures de proue noyées dans le feu, et ce jusqu'à ce que le feu s'éteigne. Mais bon - le feu de dragon, ça brûle longtemps...
Ce mal n'est que mental : physiquement, elles vont bien.
Si le Destin peut se permettre une suggestion : que quelqu'un éteigne l'incendie et les tire de l'amas de figures de proue déchaînées avant que les deux mignonnes n'en perdent la raison pour de bon...  :keu:


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Message Sujet: Re: Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent   Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent - Page 4 EmptySam 30 Avr - 0:50


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Marchandage avec le Destin

Marianne d'Orsang



Le Destin est un peu vénal.
Il a diligemment encaissé les 150 points de Marianne.  :angel:

Seuls Maelys et Mirage subissent le courroux de Messaïon.
Marianne peut donc s'échapper avec Iode et voler en panique chercher du secours.
(Ou planter la pyromane terroriste là comme elle le mérite ! :argh:)



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Message Sujet: Re: Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent   Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent - Page 4 EmptySam 30 Avr - 16:58

Reviens, Rhéa. Reviens-nous. La tempête est finie, l’aube se lève – j’ai repris mes esprits, mon capitaine aussi. Cramponnés au gouvernail tous deux, agrippés l’un à l’autre autant qu’à la barre, nous avons tenu bon dans la tempête. Un regard échangé, chargé de toute l’intensité des sentiments que nous tairons pour l’instant car ce n’est pas le moment, puis nous traitons les priorités. Il parcourt le bâtiment, de la proue à la poupe, scrutant les voiles, les mâts, le bastingage, et finit par s’engouffrer dans les entrailles du navire avec les charpentiers pour relever les points nécessitant réparation. De mon côté, je recense l’équipage, en bonne seconde : il en manque, des visages familiers, et mon cœur se serre un peu. Il y a également de nombreux blessés : la violence dont la nature nous a accablés a lourdement fait peser sur nous la fureur de Messaïon, de Levor, de Valda. Atal sûrement nous a protégés un peu tout de même : nous avons échoué à proximité de l’Orichalque, et rapidement les deux équipages s’organisent.

Rhéa ne réagit toujours pas. Les yeux dans le vague, ses lèvres articulent des mots silencieux que je ne parviens pas à deviner, et l’inquiétude me ronge. Rhéa, ma douce, ma beauté, reviens-nous – rappelle-toi de qui tu es, de ce que tu es venue faire ici, des êtres qui arpentent ton pont. Ferme ton cœur au chant des sirènes ; reviens-nous, notre splendide égérie, notre guide et notre lumière. Préoccupée, j’arrache une dague à la ceinture d’Ilse, et j’en passe fermement le fil au creux de mes deux paumes, traçant une ligne écarlate qui suinte rapidement le flot de mon sang. Puis, des deux mains, j’empoigne le gouvernail, grimaçant à la familière sensation de brûlure dans mes paumes. Nous sommes échoués, je ne compte pas tourner la roue massive ; mais je gouvernail que j’ai entre les mains a été transféré de navire en navire en même temps que la figure de proue, et je sais qu’elle lui est liée.

Quelques secondes passent, et je me concentre intensément sur les souvenirs que j’ai de Rhéa – de son premier accueil quand je suis montée à bord, il y aura bientôt vingt ans ; de mes enfants que je lui ai présentés, l’un après l’autre, lorsqu’ils sont nés et que l’Audacia revenait me chercher au port ; de ces nuits étoilées passées appuyée au bastingage pour discuter paisiblement entre femmes. De l’autre coté du gouvernail, j’aperçois Ilse trancher ses paumes également, saisir la roue : elle aussi a déjà donné son sang à notre figure de proue, et elle sait que cette offrande peut nous la ramener. Un frémissement agite Rhéa – et je la vois tourner vers nous son regard, par-dessus son épaule de bois. Entraînant Ilse à ma suite, je traverse le navire, enjambe le bastingage et me glisse dans sa main immense. Je ne fais pas ça très souvent, la haute mer rendant d’ordinaire l’exercice acrobatique, mais elle me tient bien et je sais que je ne risque rien. Les mains à plat sur son bras, je vois les gouttes de mon sang être absorbées par le bois.

« Messaïon est en colère, Freyja. De l’autre côté de l’île, il se passe quelque chose – je perçois le feu, la solitude, la détresse, et la douleur de sœurs affligées. Il se passe quelque chose là-bas… »

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Message Sujet: Re: Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent   Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent - Page 4 EmptyDim 1 Mai - 1:29

Le temps de m’absenter afin de solliciter Rhea pour une façon de libérer la pauvre Marianne, et éventuellement obtenir un peu d’aide, que tout semble dégénérer. Si j’escomptais partir à la poursuite de Neve, cela me semble tout bonnement impossible maintenant, alors que Rhea affirme que quelque chose se passe de l’autre côté de l’île ) autre côté que je viens tout juste de quitter. Est-ce une tentative pour sauver Marianne qui aurait échoué ? Je n’ai même pas eu le temps de réfléchir à la solution adéquate, mais peut-être aurais-je dû rester par là-bas. Je ne me laisse pas une seconde de répit, et repars avec Ferveur vers ces lieux que je viens de quitter.

Je m’alarme davantage, en voyant les flammes pourlécher les vivenefs anciennes, et que j’ai l’impression de les entendre à l’agonie. Peut-être est-ce seulement une impression devant ce spectacle et, surtout, devant celui de ma jeune chevaucheuse, qui vient d’être affectée très récemment dans mon vol. Elle est dans mon vol, et elle semble souffrir d’une peine incommensurable, et surtout d’être incapable de faire quoi que ce soit, de l’endroit où je me trouve. Sauf qu’elle est maintenant, à la place de la voltigeuse libérée sans que je ne comprenne bien comment, prisonnière des vivenefs.

La fureur de Messaïon semble retentir, alors que le supplice des vivenefs est partagé par la jeune femme hors de notre emprise. Je tente de la soigner, mais je sens bien l’inefficacité de la magie que j’essaye de lui faire parvenir. Que se passe-t-il donc ? Quelle puissante magie est à l’œuvre ? Celle des Dieux, de toute évidence.

Descendant de Ferveur, sans guère m’approcher des vivenefs, je me laisse aller sur le sol à genoux, et je prie. J’aurai dû rester à ses côtés, et son sort m’incombe. Alors je prie. Je prie Sithis, Dieu de la Justice, pour qu’il lui vienne en aide. Le tribut sera surement lourd, mais il en va de ma responsabilité, de sauver Maelys, et je suis prêt à l’accepter.

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Message Sujet: Re: Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent   Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent - Page 4 EmptyDim 1 Mai - 1:53

Tout est mouvementé, et pourtant j’ai entièrement confiance en la vivenef légendaire, sa proue non moins légendaire, et son équipage fantôme. Elles semblent voguer ainsi depuis des millénaires, sinon plus, pourquoi douter d’elles ? Je suis rassurée que les filles soient à mes côtés, et je sens le lien bien présent mais distendu avec Corail. Me cherche-t-elle ? Comment va-t-elle ? Elle a dû être durement malmenée, elle aussi, si j’en crois les épreuves que j’ai moi-même du traverser, le bref aperçu que j’ai eu de l’effroyable tempête dans laquelle le Skadi s’est plongé sans un regard en arrière.

Je me lève, légèrement titubante, alors que les éléments déchainés semblent apaisés, que Messaïon semble s’être calmé. J’ose espérer que cette tempête était entièrement surnaturelle et que la plus forte des plus naturelles ne soit pas aussi dévastatrice. Bien que j’ai pu, exceptionnellement, être amenée à vivre des tempêtes sur l’Audacia, nulle ne m’a semblée aussi intense.

Peu importe. D’un sourire aux petites, j’ouvre la trappe qui nous a protégées, et leur indique de sortir à ma suite, pour voir où l’on se trouve, ou du moins ce que l’on fait. Le lien avec Corail me semble plus fort, plus présent, et je ne peux m’empêcher de courir, autant que je le peux malgré mon affaiblissement, sur le pont en voyant la griffonne que j’aime tant, et d’enfouir ma tête dans son encolure. Effusion d’affection bien rare de ma rare, mais combien de temps est passé depuis que je ne l’ai pas vue ?

Je vois Soie, non loin, aussi, ainsi qu’une autre voltigeuse. Aurore. Passablement secouée elle aussi. Je lui demande brièvement si ça va, avant de m’approcher de Soie qui a l’air désemparée sans son maître. Je ne sais si Corail s’adresse à elle, mais je le fais personnellement, pour tenter de la rassurer.

« Soie. Ton maître va bien. Je l’ai vu, il y a peu. Il est secoué, mais il tient le choc. Patiente, on va le retrouver. »

Je sens Corail qui me distrait, avec Quartz. J’acquiesce pour elle. Qu’elle s’en occupe, qu’elle l’apaise. Je continue à m’occuper de Soie. Posant ma main doucement sur la griffonne, pour tenter de l’apaiser, je me retourne vers le dragon et la… cigogne, qui se trouvaient côte à côte.

« On ne se connaît pas, mais je gage que vous cherchez vous aussi quelqu’un. Êtes vous venus à la rescousse des captifs ? Car si oui, le navire est non loin, Nous pouvons aller à sa poursuite. Je me retourne vers la figure de proue et la capitaine. Accepteriez-vous de poursuivre le périple, mesdames, et de nous mener à proximité de cette vivenef pour secourir ceux qui s’y trouvent ? Accepteriez-vous, exceptionnellement d’accueillir hommes et femmes, indifféremment, trop mal en point pour rentrer par leurs propres moyens ? Des jours, des semaines de captivité, ont eu je le crains, raison de ces forces. Je ne faillirais pas à mon serment de vous trouver une capitaine, que vous acceptiez ou non. »

J’espère qu’elle consentira, et poursuivra le pavillon noir de la Marie-Sanglante, dont la voile rouge est encore repérable pour le moment. J’aurai voulu envoyer les petites sur le dos de Corail rejoindre leurs parents, mais je ne peux affirmer qu’une nouvelle tempête ne surgira pas, et je veillerai sur elles de mon mieux.

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Message Sujet: Re: Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent   Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent - Page 4 EmptyDim 1 Mai - 13:19

La bonne nouvelle, c'est que la Voltigeuse est réveillée. Elle a même assez d'énergie à revendre pour m'insulter, donc je suppose qu'elle arriverait sans peine à m'aider à sortir son griffon de ces carcans de bois. Je fronce les sourcils, à peine affectée. J'en ai connu des pires, et la situation exige que nous soyons réactives, alertes.

Le bois grince sous nos pas. Elle me suit, quand je m'approche de son griffon, et j'espère pouvoir éviter un coup de griffe de l'animal pris au piège par sa présence. Nous avons déjà fort à faire avec les mains de bois qui se tendent vers nous. Il m'aurait fallu une hache pour les forcer à desserrer leurs prises, mais je n'ai rien d'autres sous la main que mes dagues. La stratégie de la Voltigeuse ne me paraît pas plus concluante, alors qu'elle attrape un vieux drap pour aveugler la figure de proue qui tient son griffon en otage.

L'imprévisible Mirage vole à notre secours, et son feu ravage les Vivenefs. Il reprend son envol au-dessus d'elles en arc-de-cercle, impatient que je m'éloigne du danger pour le rejoindre. Leurs cris de douleur me vrillent les tympans, mais le griffon déploie enfin ses ailes, libéré de leur emprise. Victoire ! Je le laisse au bon soin de sa cavalière, m'apprêtant à léviter pour quitter moi-même les figures de proue rendues folles, quand une vive douleur me cloue au sol.

Je crie, avec la même intensité qu'elles. De surprise, puis de douleur.
Mes jambes se rompent sous mon propre poids, et je cherche en vain où le feu de Mirage a-t-il bien pu me toucher. Mes yeux sont rivés à mes mains, intactes, alors que je sens les flammes les lécher comme si j'étais, moi aussi, en proie aux flammes. Une terreur vive me saisit à la gorge. J'hurle. J'hurle jusqu'à ce que mes poumons se vident entièrement. Je me débats contre un ennemi invisible, contre ce feu qui me dévore. Je me recroqueville au sol en gémissant, implorant. Les lamentations des Vivenefs sont bientôt relayées par ma propre voie, qui se joint à leurs tourments. Je souffre... Tellement. C'est insoutenable.

- Mirage ! Miraaaaage !

J'hurle son nom à travers le brasier qui me consume. Je me renverse. Je tends la main vers mon dragon qui disparaît des cieux pour tournoyer jusqu'au sol. Ses ailes ne le portent plus. J'entends son grondement, comme un coup de tonnerre qui déchire l'atmosphère, alors qu'il répond à ma souffrance avec la même intensité. Il disparaît bientôt de mon champ de vision, alors qu'il se laisse choir dans le sable depuis un pont brisé. L'eau est toute proche, lèche ses écailles, mais ne le sauve pas de son tourment. J'accroche son regard de glace à travers mes larmes de douleur.

Faites que ça s'arrête.
Que quelqu'un y mette fin !

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Message Sujet: Re: Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent   Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent - Page 4 EmptyDim 1 Mai - 15:04

Le soleil brûlait comme une orbe, loin dans le ciel. Sa chaleur effleurait les membres meurtris de Neve, étendu sur le pont bringuebalant d’un navire à la dérive. Ses yeux s’entrouvrirent sans même se soucier des rayons harassants du matin, et sa gorge sèche, torturée par le sel marin, réclama de l’eau. Le jeune ansemarien grimaça de douleur en se redressant, dans une lenteur morbide, tandis que son corps ankylosé enviait un lointain sommeil. Aucune pensée cohérente ne parvenait à franchir la barrière invisible, pleine de chaos, qui gardait avec avarice l’entrée de son esprit. Lorsque Neve parvint à se maintenir en équilibre assis, les mains contre le bois humide et peuplé d’un véritable écosystème d’algues, de coraux et de mollusques en tous genres, il s’interrogea. Longuement. Soudain, tous ses souvenirs lui revinrent avec fracas, heurtant les parois de son subconscient. Le jeune ansemarien ne put contenir un mouvement de recul, le regard affolé, cherchant autour de lui un visage ami : Inespéré. Inespéré. Ce nom résonna comme un écho dans tout son corps, tandis que des gestes maladroits lui donnaient la force de se relever, ahuri, les jambes secouées de tremblements.

Autour de lui, les restes d’un navire se maintenaient comme un miracle à la surface. Son allure maladroite et les petits coquillages qui s’étaient installés sur ses membres évoquaient davantage une épave qu’un véritable et honorable rafiot. Tout près, comme une présence discrète et curieuse, les formes féminines et le bois empli de magie d’une vivenef le toisaient. Mais Neve restait hanté par des pensées bien plus sombres, et l’apparition miraculée de cette vivenef ne parvenait pas à apaiser le chaos de ses pensées. Inespéré. Le dragon, dont le bleu des écailles semblait terni, comme un cours d’eau dans le secret d’une montagne, reposait sur le flanc, les ailes étendues et froissées, immobile.

Inespéré !

Le jeune ansemarien se précipita. Il avait beau l’appeler, encore et encore, hurlant son nom, partageant avec lui mille et une pensées rassurantes, le dragon demeurait silencieux, l’esprit inaccessible. Neve s’était glissé sous son aile pour atteindre son long cou reptilien, et devant le spectacle de ses yeux clos et de ses membres tuméfiés, la panique laissa place à un grand vide en lui. Inespéré. Aucune réponse. Le jeune ansemarien appliqua ses mains tremblantes sur le corps immobile de son ami. Faisant appel à toutes les maigres forces à sa disposition, il sembla que la magie se réveilla en lui aux côtés de sa détermination. Sous le regard curieux et attentif de la vivenef, Neve se débattait avec une fatalité impalpable, indicible. La vie ne pouvait s’éteindre comme un vulgaire feu dans les entrailles de ce si sage dragon. Le Chevaucheur sentait la magie parcourir ses membres avec l’énergie du désespoir, tremblotante comme une lumerotte, vacillante, fébrile. Il enserrait le cou d’Inespéré, le front contre ses mornes écailles, les doigts agrippés comme à un mat pour ne pas regarder la tempête alentour. Mais c’était une mer d’huile qui s’étendait ce matin à perte de vue, immobile et esseulée, non plus un océan déchaîné, et c’était le corps d’Inespéré qu’il maintenait entre ses paumes, corps que la vie semblait quitter. Sa magie se tut.

Au loin, dans la pâle clarté du soleil, la silhouette d’un immense dragon se dessina. Neve releva son visage fatigué, à bout de forces, et croyant tout d’abord à une hallucination, il reconnut la Rose Ecarlate, dans son impériale prestance, maîtresse de la contingence et de l’extrême limite. La pièce prononça quelques paroles que son vis-à-vis mit une éternité à saisir : « Besoin d'un coup de main ? » L’inconnu posa pied sur l’épave, qui vacilla sous son adresse. Le jeune ansemarien jeta un regard anéanti à Inespéré, toujours immobile, espérant le voir s’éveiller d’un moment à l’autre, et ses yeux semblaient retracer tout le déroulement des évènements, dans une infinie tristesse.

Je vous en prie, aidez-moi à le sauver, souffla-t-il comme pour lui-même.

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Louis de Brunante
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Message Sujet: Re: Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent   Intrigue 1.3 • Les Amoureux du Vent - Page 4 EmptyDim 1 Mai - 15:47

Ils ont survécu. Pas tous. Pas tous dans le même état. Mais ils ont survécu. Endommagée, mais moins que l’Orichalque, l’Audacia a traversé la tempête et son équipage avec elle. Le pirate, la tête résonnant encore de mille marteaux de son aventure contre la coque de la vivenef, claudiquant un peu, les mains râpées par les cordages et la langue à vif, fait le décompte. Quelques têtes sont perdues. Quelques passagers, quelques membres d’équipage. Le temps n’est pas là pour qu’ils s’attardent sur ces disparitions, néanmoins. Il peut seulement, avant d’aller s’affairer où on a besoin de lui, claquer un baiser sur le front de sa tante, heureux qu’elle soit là.

Grand bien lui fasse de s’affairer ! Eric Voile-Ardente a bien des talents, un type bien débrouillard, et quand il arrive dans les entrailles de la vivenef, c’est pour qu’on lui colle d’autorité des outils dans les mains, un rouleau de toile et assez de clous pour déclarer une pénurie. « Eric, t’prends l’trou où est déjà David – après, t’vas porter ces clous à Camille, elle a pas assez d’deux mains. F’est compris », répond automatiquement l’homme, déclenchant un joli concert de rires fatigués à l’entente de son zézaiement temporaire. Ça lui apprendra. Il obtempère donc et va porter les clous à Camille, puis va s’affairer à soutenir et colmater un des trous de la coque. Heureusement qu’il a réparé leurs voiles de rechange, avant la tempête : elles pourront être hissées, quand tous les mâts seront redressés, quand ils seront prêts à reprendre la mer. La vue des nombreux bris sur le bateau, aperçus pendant son chemin du pont à la cale, ne manque cela dit pas de lui arracher un joli soupir de découragement. « F’est pas gagné », souffle Louis. L’ampleur des travaux à effectuer avant de reprendre la mer est telle qu’ils ne pourront certainement pas rattraper la Marie Sanglante dans les temps prévus. Avec un peu de chance, l’autre est dans le même état et ainsi, elle ne pourra atteindre les sirènes avant eux. La pensée de ses cousines, peut-être désormais noyées, mortes, abandonnées aux éléments au milieu d’une vivenef prise de folie et désormais brisée par la colère des dieux, alourdit son estomac.
Et s’ils avaient fait tout cela pour rien ?
S’ils poursuivaient un navire désormais fantôme, peuplé de morts ?

À rebours, le désespoir le prend à nouveau – comme influencé par celui que ressent Rhéa, celui de ses sœurs torturées par un feu qui ne peut les consumer. Désespoir et haut-le-cœur. Il sort précipitamment et tant bien que mal de la cale pour aller vomir à l’air libre. L’odeur du feu se mêle à celle de sa bile (il n’a rien mangé de consistant depuis un certain temps). Oh Atal, que cela ne soit pas en vain.

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