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Message Sujet: Retour à Lorgol   Retour à Lorgol EmptyVen 11 Déc - 18:59


Livre I, Chapitre 1
Melsant & Mélusine De Séverac

Retour à Lorgol

Retrouvailles entre frère et soeur.



• Date : 02 Décembre 1000
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Melsant retourne à Lorgol pour demander des conseils sur l'acclimatation de Gypse, et retrouve sa soeur Mélusine.



Dernière édition par Melsant de Séverac le Ven 11 Déc - 19:03, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Retour à Lorgol   Retour à Lorgol EmptyVen 11 Déc - 19:00

Dix années. C’était une période très longue pour un homme, surtout lorsqu’il vit loin de sa patrie et de son foyer. Certes Melsant s’était habituée à Valkyrion, et son climat rude. Il ne pouvait nier que cette vie lui avait appris à s’endurcir face aux conditions difficiles, et il avait appris à apprécier la vie dans ce territoire. Mais voilà ce n’était pas sa terre natale. Et puis, son supérieur était un homme qu’il ne pouvait respecter. Une situation presque immédiate entre eux, un affrontement d’autorité naturelle probablement. Avec Hjalmar c’était ce type de relation dont on connait la conséquence sans pouvoir en expliquer clairement les raisons. Ils ne s’appréciaient pas, et personne ne pouvait rien y faire. Cependant, malgré ce conflit explosant régulièrement entre eux, ils restaient des voltigeurs professionnels pendant le service et les entraînements. Chacun accomplissait sa tâche, et malgré ses envies, Melsant ne s’octroyait finalement que peu de liberté face aux ordres de l’homme. C’est pour cette raison que le marquis mit toute son énergie afin d’être transféré dans le vol de Sombreciel. Il devrait faire ses preuves à nouveau, gagner sa place parmi ses camarades. Un nouveau défi exaltant et intéressant. Mais le plus important était le rapprochement avec sa famille de sang et de cœur. Castiel était un homme pour lequel il pourrait mourir, Sombreciel était une terre pour laquelle il donnerait tout sans hésiter. Ce jour était enfin arrivée et Melsant était enthousiaste. Une émotion qui déteignait de plus en plus sur Gypse, sa griffonne.

Avant de prendre définitivement son poste, Melsant était remonté vers le Nord sur le dos de Gypse. Il se souvenait de sa formation à la Caserne de la Serre, mais il souhaitait demander conseils auprès des instructeurs. La griffonne allait connaître de gros changements au niveau de son environnement, et du climat principalement. Le voltigeur souhaitait aider au mieux sa partenaire dans cette situation qu’il lui imposait dans le fond. Le voyage fut agréable. Depuis son incorporation comme cadet, il ne se lassait pas de cette sensation du vent fouettant son visage. De ce sentiment de liberté lorsqu’il était dans les airs. Melsant se sentait vivant, et contre toute notion de sécurité, il n’hésitait pas parfois à ouvrir grand les bras tandis que Gypse plongeait vers le sol. Elle était plus douce que lui, et probablement plus posée. Mais quand il s’agissait de voltiger dans les airs, l’un comme l’autre s’encourageaient dans ce domaine. Lorgol fut rapidement en vue du duo. Melsant prit la direction de la tour des Séverac. L’une de ses sœurs si ce n’étaient les deux devaient s’y trouver normalement. L’arrivée de Gypse sembla animer l’élevage de hiboux que menait Mélusine dans la plus haute tour, et par amusement, le voltigeur tournoya quelques secondes autour. Cela sembla amuser la griffonne. Puis ils vinrent se poser à proximité. Melsant descendit de Gypse et entreprit de la desceller. Des pas résonnèrent, et il se tourna.


_ « Chère sœur. »

Malgré les années, Melsant avait toujours un peu de mal à les différencier au premier abord. Il avait besoin de les entendre parler et de les voir réagir pour les reconnaître. Laissant son activité de côté, le voltigeur se dirigea vers sa sœur et l’étreignit dès qu’elle fut à portée de ses bras. Il était heureux de la voir, étant donné le peu de visites qu’il pouvait se rendre à cause de leurs obligations respectives.

_ « Comment vas-tu ? Quoi de neuf à Lorgol ? » S’écartant de sa sœur, Melsant lui sourit chaleureusement. Son attention fut attirée par des images inondant son esprit. Il se tourna vers Gypse. « Voilà j’arrive. »

Elle avait envie de partir vagabonder avec les autres griffons, et de faire connaissance avec les nouveaux arrivants probablement. Ou tout simplement l’envie de voler librement sans contrainte laissant ainsi son voltigeur profitait des retrouvailles avec sa sœur.
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Mélusine de Sylvamir
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Je suis : baronne de Sylvamir, marquise de Sinsarelle, dame de Séverac, Voleuse de la Cour des Miracles

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Message Sujet: Re: Retour à Lorgol   Retour à Lorgol EmptyDim 13 Déc - 0:03



Retour à Lorgol
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Melsant et Mélusine de Séverac


« Mélusine ? Un Voltigeur vient de se poser sur le toit. »

Enfouie jusqu'aux épaules dans un coffre imposant dont je fouille le contenu à pleins bras, je relève la tête, surprise. Je n'attends aucune visite aujourd'hui ; je suis simplement venue voir si tout allait bien en ces lieux où nos serviteurs sont seuls la plupart du temps, Mélisende étant souvent à la Tour de la Confrérie et moi à celle des Voleurs. Officiellement, bien sûr, elle réside à la Tour de Chamaar et moi à celle de Sinsarelle, ce qui nous permet des allées et venus discrètes. Qui donc pourrait ainsi se présenter à la Tour de Séverac en l'absence des maîtres des lieux ? Repoussant des brassées de vêtements démodées, j'émerge de mon fatras de tissu tel le phénix renaissant des cendres, m'agrippant au rebord du coffre pour l'enjamber et en sortir. Joséphine m'aide à remettre de l'ordre dans sa tenue, et je lui accorde un sourire affectueux. Amie dévouée, fidèle suivante, elle a toujours été à notre service, et l'enfance que j'ai partagée avec Mélisende est marquée par sa présence.

« Qui est-ce ? Un messager ? »
« C'est ton frère. »

Mes bagues cliquètent les uns contre les autres alors que je joins les mains, entrouvrant la bouche sous l'effet de la surprise. Aux dernières nouvelles, Melsant et sa griffonne sillonnaient les cieux de Valkyrion, au sein de l'escadron des Voltigeurs où mon frère est major. Que peut-il bien faire à Lorgol, si loin de ses ailiers ? Enchantée, je claque une bise sonore sur la joue de Joséphine, la remerciant de me porter une aussi excellente nouvelle, et je cours à toutes jambes vers l'escalier menant au dernier étage, sans la moindre dignité, et dans une grande envolée de ces jupons raffinés qui ont fait ma réputation. Un peu essoufflée, j'arrive au sommet : et Melsant est là, dessellant méticuleusement sa griffonne entourée de la nuée de chouettes que j'élève dans la Tour et qui virevoltent autour de sa tête. Battant des mains comme une enfant, un sourire rayonnant sur le visage, je me jette à son cou tandis qu'il effectue le reste du chemin qui nous sépare. « Mon bien-aimé frère, bienvenue ! » Je le serre contre moi, très fort – ses visites sont rares et je suis bien décidée à chaque seconde de la présence de ce frère héros de mon enfance – avant de me rappeler les bonnes manières que notre mère m'a inculquées. Sans lâcher Melsant que j'entraîne à la suite, le tirant par la main, je m'avance près de la reine des cieux perchée sur mon toit et la salue gravement, inclinant le buste comme il sied à son statut, et à la tendresse que mon frère lui porte très visiblement. De ma main libre, je caresse les plumes, derrière la noble tête, juste entre ses canaux auditifs, grattouillant avec délice le fin duvet qui pousse à cet endroit.  « Bienvenue, Gypse. Je suis bien heureuse de te voir bien portante, protectrice de mon frère. » Le regard intelligent du bel animal croise le mien, et elle pose délicatement le bec sur mon épaule, comme si elle me rendait la caresse. Lui souhaitant bon vol, je reporte mon attention sur son cavalier dont j'agrippe toujours les doigts. Dans l'embrasure qui mène à l'intérieur de la tour, j'aperçois les jupes de Joséphine disparaître, et je sais ce qu'elle est partie faire.

« On est en train de te préparer ta chambre, et je mettrais ma main à couper que c'est le branle-bas de combat en cuisine. Je vais faire porter un mot à Mélisende, qu'elle nous rejoigne ce soir si elle le peut – nous serons tellement heureuses de t'avoir pour nous, mon frère, tu nous manques tant ! » Je le serre à nouveau contre moi, dans cette effusion d'affection et de tendresse que nous réservons au privé. Des nobles démonstratifs, ce n'est pas très digne, n'est-ce pas ? Souriante, je finis enfin par répondre à sa question. « Tout va bien en la cité, mon frère. A l'approche de l'hiver les navires s'amarrent pour la saison et le port trépigne de bruit, mais la Ville Haute est toujours égale à sa nature : étourdissante, de fêtes et scandale. Point de nouvelles de Melbren et Castiel, je gage que tu en as plus que moi – dis-moi, comment se portent nos parents ? »



Dernière édition par Mélusine de Séverac le Dim 13 Déc - 15:23, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Retour à Lorgol   Retour à Lorgol EmptyDim 13 Déc - 15:09

Melsant était de retour à Lorgol. Finalement depuis son incorporation en tant que Voltigeur, il n’était revenu dans la cité qu’en de rares occasions et toujours par obligation. La tour de Séverac était un lieu peu familier, qu’il considérait comme le domaine de ses sœurs. Elles étaient censées vivre dans leur domaine, mais il est conscient de leur présence régulière à Lorgol pour d’autres obligations. Aujourd’hui l’aîné des Séverac était de passage dans la ville afin de demander quelques conseils à ses instructeurs pour l’acclimatation de Gypse. La griffonne allait subir un énorme changement dans sa vie quotidienne. Ils venaient d’être transférés dans le vol de Sombreciel, quittant ainsi celui de Valkyrion. Dix années dans un climat rude rendaient le changement compliqué. Même si Melsant avait encore des souvenirs de sa formation, il préférait s’assurer d’agir de la meilleure manière possible afin de rendre ces changements les moins perturbants pour son amie. Gypse était devenue un membre de sa famille avec les années, et elle comptait énormément pour lui. Se posant au sommet de la tour, l’homme entreprit de desseller la griffonne pour lui permettre de voler librement autour de la cité. Elle aurait ainsi l’occasion de retrouver des membres de sa famille, en tout cas il l’espérait sincèrement pour elle. Des pas attirèrent son attention, et Melsant partit à la rencontre de sa sœur venant à sa rencontre. Il la prit dans ses bras et la serra avec affection.

Après cette étreinte, Melsant s’intéressa à la vie de sa sœur et aux nouvelles de la cité de Lorgol. Dès que la jeune femme prit la parole, il reconnut Mélusine. Son attitude, ce timbre de voix et les mots choisis étaient caractéristiques. Le voltigeur pouvait mettre un nom sur ce visage avec une grande certitude. Elle l’entraîna aux côtés de Gypse qui s’agitait déjà, à moitié détachée. Ses mouvements finirent de la libérer de la selle. Mélusine la salua et la caressa. La griffonne fit de même à sa manière avant de s’envoler vers les cieux pour profiter d’un peu de liberté. Melsant resta au sol en compagnie de sa sœur. Sa sœur enserrait toujours sa main, et il lui rendait cette étreinte avec une joie puissante. Un sourire illumina son visage en entendant les paroles de sa sœur. Il ne resterait guère longtemps, peut-être deux jours tout au plus, mais il aurait ainsi l’occasion de discuter un peu avec ses sœurs. Habitué à la rudesse de ses camarades et de Valkyrion, Melsant appréciait ces effusions de tendresse de la part de sa sœur ; il lui rendait chaque étreinte, chaque regard et chaque sourire. D’une voix posée et amusée, il reprit la parole.


_ « Tu connais nos jeunes frères. Egal à eux-mêmes comme toujours. Ils vont bien même si je n’ai pas eu la chance de les croiser souvent. Nos parents vont bien. Nous échangeons souvent avec père, surtout ces dernières semaines pour préparer mon retour en Sombreciel. » Melsant afficha un large sourire, ne sachant finalement pas si sa sœur avait appris la nouvelle. « Je vais pouvoir m’affairer à la gestion d’Automnal et soulager un peu notre père d’une part de sa charge. Il a déjà tant à faire. »

Ils continuèrent à avancer. Avant de pénétrer dans la tour, Melsant lança un regard vers les cieux s’étalant à perte de vue ; ses pensées se tournèrent vers Gypse, qui devait déjà avoir atteint la Caserne. Ses yeux donnaient l’impression d’être ceux d’un oiseau blessé et coincé sur le sol. Voler était devenu une seconde nature pour lui, et il n’était plus habitué au faste d’une vie de noble. En tout cas du faste selon les cielsombrois. Tout en descendant quelques marches, il reprit.

_ « Est-ce Joséphine que j’ai vu disparaître tout à l’heure… J’espère que Mélisende pourra se libérer, je ne resterais malheureusement guère longtemps. Je suis venu interroger les instructeurs de la Caserne avant de rejoindre Automnal. En tout cas, je suis heureux de pouvoir profiter de ta présence. Nous nous voyons bien trop rarement »

Ils avançaient côte à côte, gardant cette proximité et cette attitude tactile issue de leur enfance et de leur éducation. L’un comme l’autre avait beaucoup depuis cette période, mais le lien les unissant était toujours très puissant… Comme avec le reste de la famille. Les Séverac étaient souvent envié pour leur attachement, et de nombreux camarades de vol jalousaient la proximité de Melsant avec ses sœurs et ses parents.
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Mélusine de Sylvamir
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Message Sujet: Re: Retour à Lorgol   Retour à Lorgol EmptyDim 13 Déc - 17:47



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Nos jeunes frères, oui. Je les connais aussi. Combien de fois le manoir familial a-t-il retenti de leurs facéties ? Combien de murs ornés de trous de tailles diverses en fonction de l'explosif utilisé, combien de rosiers déracinés en plein vol dans les jardins ? Combien de serviteurs terrorisés, de vaisselle cassée, de visiteurs vexés, de mobilier massacré, de fontaines ruinées, de cygnes effarouchés, de catastrophes non maîtrisées ? Mais voilà, Castiel, c'était le petit duc : et même si cela n'a jamais empêché Mère de lui tirer fortement les oreilles, il a toujours réussi à s'en sortir avec ses grands yeux suppliants et sa bouille d'enfant câlin. Même aujourd'hui : un simple coup d'œil un peu mouillé me fait fondre, et il le sait, cet infernal trublion... Melbren, c'est différent. Lui, il est capable de trouver des justifications tellement farfelues, avec sa voix d'homme raisonnable et sensé qu'il a héritée de Père, que l'on ne sait tout simplement pas quoi lui répondre. En général, je me contente d'un câlin. Mélisende est plus douée que moi pour canaliser le petit dernier, je dois bien l'avouer. Melsant n'a jamais eu ce tempérament à bêtises : j'ai bien conscience de la pression posée sur ses épaules, lui l'héritier de Séverac, le successeur de père, élevé pour diriger, assister, soutenir, obéir et conseiller. Son enfance a été bien moins gaie que la nôtre, moins lumineuse, moins chaotique, moins rieuse ; mais bien plus solide, bien plus sérieuse. Et pourtant il ne nous en garde nulle rancune : son affection envers nous est flagrante dans ses gestes et dans ses mots, et j'estime à sa pleine valeur la chance que nous avons d'être nés après un aîné tant dévoué à ses cadets. Voilà pourquoi ses bien trop rares visites me réjouissent à ce point : c'est un peu de Séverac et de notre enfance bénie qu'il me ramène.

Il évoque son retour en Sombreciel, et mon sourire s'élargit. Je savais ; le réseau d'information de la Cour des Miracles est d'une redoutable efficience, mais à chaque fois que cette pensée revient traverser mon esprit, je me réjouis si je l'apprenais à l'instant. « Oui, c'est bien Joséphine. Elle ne nous quitte pas, tu le sais – je gage qu'elle a alerté toute la domesticité de ton arrivée, et qu'elle s'est encourue auprès de Mélisende l'avertir de ta venue. » Une profonde affection me traverse à l'évocation de notre si fidèle suivante, tant dévouée à nos personnes comme au reste de la famille. Je descends quelques marches, continuant ma conversation avec mon frère. « La rumeur de ton retour en Sombreciel est venue à mes oreilles, en effet. Cette nouvelle me porte allégresse, tu t'en doutes ! Je sais que Mère se sent un peu seule à Séverac, avec Père si souvent près de Castiel à Euphoria. Comme le manoir doit lui sembler vide, maintenant que nous sommes tous partis. A Automnal, tu pourras la visiter parfois ; et lui rappeler que ce n'est pas parce que ses filles sont loin qu'elles l'ont oubliée, veux-tu ? Je tâcherai de me rendre au manoir quelque jour prochain. » Devisant paisiblement, nous sommes arrivés au grand salon de la Tour : de quelques gestes économes rendus machinaux par l'habitude, je l'aide à retirer son armure. Combien de fois ai-je ainsi aidé Mère à détacher l'armure de Père et de Melsant après l'entraînement, dans mes plus jeunes années ? J'imagine bien qu'il va vouloir se baigner pour ôter la poussière du voyage, et passer une des tenues propres dont les armoires de son appartement sont emplies, mais il va falloir patienter le temps que les serviteurs aient rouvert et aéré sa chambre, et chauffé de l'eau. Heureusement, nous avons une aide de cuisine mage du Feu, elle pourra sûrement accélérer l'opération. En attendant, j'invite mon frère à prendre place dans le fauteuil du maître, m'installant dans celui de plus modestes dimensions mais tout aussi richement travaillé de Mère lorsqu'elle réside en la Tour. Une nuée de domestiques s'affaire autour de nous, déposant des coupes, des assiettes de douceurs, saluant leur maître avec la sincérité née de leur profonde loyauté, assurant dans un murmure que le repas sera bientôt prêt. Tandis que Melsant hésite à choisir parmi les breuvages divers que le majordome lui propose, je dédie un sourire reconnaissant à la petite apprentie qui m'apporte ma tasse de chocolat fumant, délicatesse gustative que j'ai découverte à Lorgol. Puis les serviteurs s'éclipsent les uns derrière les autres, et nous pouvons reprendre notre discussion.

« Nous nous voyons bien trop rarement, tu as raison. Souhaites-tu que je t'accompagne à Automnal y rouvrir ta demeure ? Il te faudra une domesticité plus étendue, je puis fort bien t'aider à choisir tes gens et m'assurer que tout est en ordre, pendant que tu prends la mesure de ta nouvelle charge et de tes subordonnés. Qu'en dis-tu ? »

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Message Sujet: Re: Retour à Lorgol   Retour à Lorgol EmptyLun 14 Déc - 14:05

Melsant était heureux de pouvoir passer un peu de temps avec sa sœur. La vie les avait mené sur des chemins bien différents, et leurs obligations les tenaient éloignés les uns des autres sur de longues périodes. Cette vérité concernait particulièrement les trois aînés, dans la mesure où Melbren et Castiel ne se quittaient que rarement et que leur père devait veiller aux côtés de Castiel sur Sombreciel. Bien que plus près, et ayant plus de facilité à se déplacer rapidement, le voltigeur ne retournait pas aussi souvent qu’il le souhaiterait auprès des siens. Tenant toujours la main de sa sœur, ils rejoignirent l’intérieur de la tour tout en conversant de sujets divers et variés. Ils avaient du temps à rattraper. Les nouvelles importantes de Melsant étaient déjà connues de toute la famille, et il n’en doutait point. Cependant, cela ne gâchait aucunement son plaisir de le dire. Retourner dans son domaine, protéger sa terre natale et surtout se soustraire aux ordres du capitaine de vol de Valkyrion. Ce n’était que de bonnes nouvelles, même si son inquiétude pour Gypse assombrissait un peu ce tableau. L’intéressée semblait malgré tout heureuse et impatiente de vivre ce changement. Elle connaissait les terres qu’ils allaient survoler à présent, pour y avoir fait de nombreuses haltes et visites au cours des années. L’évocation de Joséphine provoqua un élan de tendresse chez Mélusine que l’aîné connaissait bien, elle était depuis de nombreuses années à leur service. Un sourire fendit le visage du voltigeur tandis que la conversation continuait.

Des images du manoir des Séverac revinrent en mémoires de Melsant, pendant le discours de sa sœur. Il devait effectivement paraître bien calme depuis le départ de Castiel et Melbren. Leurs explosions créaient une animation presque constante, et une inquiétude toute aussi présente chez la maitresse des lieux. Cette proximité avec sa mère serait une occasion de lui rendre visite plus souvent pour égayer ses journées, tout en lui racontant certaines histoires. Un hochement précéda la prise de parole de Melsant.


_ « Tu as ma parole que je transmettrais ton bon souvenir à notre mère. Je lui dirais à quel point elle vous manque. Elle sera heureuse d’apprendre ta venue prochaine au manoir, et je gage que le manoir sera préparé comme la venue d’un prince. »

Entre temps, ils étaient arrivés dans le grand salon de la tour. Melsant s’était laissé guider par sa jeune sœur. Il entreprit d’enlever son armure, comme il le faisait si souvent, avant de laisser Mélusine l’aider dans cette tâche. Les mains de sa sœur semblaient expertes dans ce domaine, et c’était agréable de ne pas avoir à se tortiller dans tous les sens afin d’enlever les pièces les plus gênantes. Le voyage avait été long. Le voltigeur était encore crasseux et poussiéreux de cette expédition, d’autant plus que Gypse et lui-même n’hésitaient pas à prendre les chemins les plus étranges pour assouvir leur curiosité. Cela faisait bien longtemps qu’il n’était plus l’enfant sage et discret que les Séverac avaient pu connaître. Même si l’envie d’un bain était alléchante, Melsant préférait profiter de chaque seconde avec sa sœur pour le moment. Prendre la place de son père lui paraissait toujours étrange, et cela lui rappelait le poids qui pesait sur ses épaules. Il était l’héritier. Les serviteurs le sortirent de ses pensées, et attendirent patiemment qu’il fasse son choix parmi ce qu’on lui proposait. Des sourires et des signes de tête accueillaient leur salutation, recevant la même chaleur de la part de Melsant. C’est avec reconnaissance que le voltigeur répondit à la proposition de sa sœur.

_ « C’est une proposition des plus intéressantes que tu me fais là. Cela m’ôterait d’un poids. La gestion d’une demeure n’a malheureusement pas fait partie de mon éducation, et je n’ai pas passé assez de temps auprès de mère pour en avoir la moindre notion. Si cela ne t’éloigne pas de tes obligations et ne te cause aucun problème ni charge supplémentaire, je serais ravi de profiter de tes conseils avisés et de ton œil expert dans ce domaine. »

Melsant faisait une confiance aveugle en sa sœur. Et il la savait suffisamment compétente pour lui permettre de ne pas avoir à s’inquiéter avec la gestion de son demeure dans un premier temps. Son père prenait soin de son domaine, mais il était conscient que la demeure n’était entretenue que par un nombre très restreint de domestiques. Quelques pièces étaient maintenues ouvertes et propres pour les rares venues du maître des lieux.

_ « Je risque d’être très occupé avec tous ces changements, et il va me falloir faire mes preuves et regagner ma place. C’est un défi des plus intéressants qui se présente. Et toi chère sœur ? Comment cela se passe-t-il pour toi en ce moment et quelles nouvelles de Chamaar ? »

La conversation ne devait pas tourner uniquement autour de lui après tout. Il avait envie d’en apprendre plus sur la vie de ses sœurs, si tout allait bien pour elles. Si elles ne rencontraient aucune difficulté ni aucun problème quelconque. Melsant pourrait allonger son séjour si son aide était requise, bien qu’il était conscient que ses sœurs étaient parfaitement capables de se défendre et de se débrouiller seules. Il restait l’aîné.
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Message Sujet: Re: Retour à Lorgol   Retour à Lorgol EmptySam 19 Déc - 18:04


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Mes pensées s’envolent vers Séverac, et la nostalgie m’envahit, de ce temps d’avant où nous étions famille unie et rassemblée, peuplant Séverac de notre joie d’enfants heureux, élevés dans l’amour et la droiture. Ce temps de jadis, oui, où Mère pouvait nous couver du regard à la table du dîner : son aîné déjà si grand et fort, marchant fièrement sur les traces de Père, Malsant déjà sage, déjà noble ; nous deux ensuite, ses filles, ses perles, si semblables et pourtant si différentes, Mélisende nourrie de Sombreciel et moi Mélusine respirant Erebor ; son plus jeune fils encore enfant mais déjà brillant, Melbren aux yeux remplis de rêves et d’ambition ; et le fils de cœur sinon de sang, malchanceux mais tellement aimé, Castiel notre duc. Et puis nous avons grandi, et la vie nous a éloignés : il est bien rare désormais que plusieurs d'entre nous se trouvent à Séverac simultanément, et il n'est jamais arrivé depuis mon départ que nous y soyons tous les cinq en même temps. Plus j'y pense, plus l'idée est tentante : avec un peu de chance, Mélisende consentira à nous accompagner ou nous rejoindre, et nous pourrons surprendre Mère tous les trois. Tous les cinq, même – si Castiel et Melbren nous rejoignent depuis la capitale ; et je doute qu'ils refuseraient. Un sourire réjoui traverse mon visage à cette idée, et je me promets d'en toucher deux mots à ma sœur dès que possible, et d'écrire à nos jeunes frères pour leur en parler.

« Alors c'est entendu, je te rejoindrai dans une quinzaine de jours, le temps de mettre mes affaires en ordre ici et de rassembler ceux des domestiques qui méritent un avancement : j'ai quelques noms en tête et je sais qu'ils te serviraient bien. Je pense que ton manoir doit être à peu près vide ; j'écrirai à Castiel pour lui demander s'il peut te fournir quelques éléments de ses réserves, ses intendants seront ravis de faire un peu de place dans ce bric-à-brac, il y a de quoi meubler dix palais du sol au plafond. Je le sais : il me les a montrées. Voyons, nous sommes le 2... Je devrais être là aux alentours du 17. Ne nous rejoins pas avant : le manoir ne sera pas habitable. » Mentalement, je commence la liste de ce qu'il me faudra pour remettre en état la demeure de mon frère et installer une maisonnée efficace. Un majordome, déjà, pour veiller sur les hommes du service, et une gouvernante pour garder l'œil sur les bonnes et les filles de cuisine. Ah, une cuisinière, oui. Un régisseur sûrement, pour veiller aux affaires d'Automnal en l'absence du maître : les terres de mon frère sont vastes et quantité de métayers y exploitent le sol. Une blanchisseuse, un menuisier, un soigneur pour Gypse, un forgeron, un médecin, un secrétaire... Machinalement, je fais défiler la liste sur mes doigts, passant en revue ceux de nos serviteurs qui se sont distingués par leur compétence. Certains partiront pour Automnal avec moi pour prendre un poste plus élevé ; d'autres remplaceront ici leur supérieur que j'emmènerai à ma suite. Hochant la tête, j'émets un bruit satisfait : mon frère sera bien entouré, et je recruterai sur place le petit personnel.

Je sors de mes préparatifs lorsqu'il me demande nos nouvelles. Un sourire paisible étire mes lèvres. « Tout est en ordre ici, mon frère. Mes... activités me donnent pleine satisfaction, et celles de Mélisende la rendent heureuse également. » Je n'entre pas dans les détails, pas ici : il sait que je suis de la Cour des Miracles, et qu'elle est de la Confrérie Noire. Nul besoin de le répéter, et ainsi nos domestiques ne peuvent surprendre aucun détail compromettant. « Mon régisseur m'écrit chaque quinzaine avec le bilan des activités de mon marquisat : Sinsarelle prospère, et je ne manquerai pas de m'y rendre lorsque je serai en Sombreciel, saluer mes gens et m'assurer que rien ne requière mon attention. J'irai sûrement visiter la princesse Alméïde également, la couronne d'Erebor est garante de mes biens lorsque je ne suis pas sur mes terres, et je me dois de leur manifester mon respect. Le domaine de Mélisende a souffert de quelques raids de pillards du désert, aussi se rendra-t-elle à Chamaar lorsqu'elle le pourra, je pense. » Rien que de très habituel dans les dernières nouvelles. « Et toi, dis-moi : est-ce que tout va bien ? Gypse est en bonne santé ? Cela va la perturber, non, de passer aussi soudainement des glaces de Valkyrion au climat de Sombreciel, je sais bien que vous avez vécu à Lorgol des années, mais c'était il y a longtemps... » Je l'aime bien, cette griffonne. Elle veille bien sur mon frère ; et j'espère vivement qu'elle saura bien s'acclimater une fois le transfert d'un Vol à l'autre terminé.











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Message Sujet: Re: Retour à Lorgol   Retour à Lorgol EmptySam 19 Déc - 21:41

Melsant accepta l’offre de Mélusine de se charger de la réouverture d’Automnal. Son domaine était un peu laissé à l’abandon pour le moment, et le voltigeur n’y accordait que peu de son temps ayant laissé la charge du domaine à son père. C’était un accord passé entre eux lorsque l’aîné des Séverac avait intégré le vol de Valkyrion. Il se souvenait encore de la fierté dans les yeux de son père, lorsqu’il avait été choisi par Gypse. Ce moment restait gravé dans son esprit. Melsant laissa sa sœur plongée dans les méandres de son esprit, la connaissant elle devait déjà préparée ses futures actions pour son domaine. Il se plongea dans ses propres pensées, plus pratique et centrée sur Gypse. La griffonne allait subir un changement radical. Le cavalier se souvenait encore des conseils et recommandations donnés lors de sa formation, mais il préférait venir demander quelques compléments et confirmations auprès des professeurs plutôt que de commettre un impair. En tout cas ce dont il se souvenait c’était que l’état d’esprit du griffon comptait pour beaucoup dans cette adaptation. De ce point de vue, Gypse était encore plus enthousiaste que lui concernant ce changement. Cela représenterait un défi pour eux deux. Pour le moment, Melsant s’était contenté d’un hochement de tête afin de confirmer leur entente à ce sujet. Un sourire apparut sur ses lèvres à l’évocation de Castiel. Si ce dernier s’en mêlait, cela promettait d’être des plus intéressants.

_ « Promis. Je ne rejoindrais pas Automnal avant le 17. Tu as ma parole. J’en profiterais pour rendre visite à notre mère, et faire la connaissance de mes nouveaux compagnons. »

Cette réponse apparut en plein milieu des réflexions de sa sœur. Il préférait ne pas en apprendre plus sur ses décisions, lui accordant toute sa confiance. Mélusine était compétente dans ce domaine. Melsant avait envie de profiter au maximum de ce temps passé en compagnie de sa jeune sœur, tant qu’il le pouvait. C’est pour cette raison qu’il ne souhaitait laisser le silence se prolonger trop longuement. Le voltigeur interrogea sa sœur afin d’obtenir des nouvelles concernant sa vie et son domaine. Il connaissait parfaitement les activités des jumelles, et sa question ne concernait aucunement ce sujet. Tant que ses sœurs étaient heureuses, il était satisfait. C’était tout ce qui comptait à ses yeux. La réponse de Mélusine attira l’attention du jeune homme sur un détail. Si il réussissait à reconnaître ses sœurs, il confondait encore leur domaine. Sa bévue passa inaperçue pour le moment, ou peut-être que sa sœur avait eu la gentillesse de ne pas la relever. Des signes de tête accueillirent les paroles de la jeune femme. Les nouvelles du domaine de Mélisende l’inquiétèrent un peu plus. Le voltigeur était prêt à se rendre sur place, montrer à ses pillards ce qu’il en coûte de s’en prendre à sa sœur. Gypse serait probablement d’accord avec lui à ce sujet.

_ « Merci pour ces nouvelles. Je suis peiné pour le domaine de Mélisende, et je lui assurerais de mon aide si le besoin s’en fait sentir. Tant que rien de fâcheux ne vous arrive, et que vous êtes heureuse, j’en suis ravi. » Il marqua une pause avant de continuer en affichant un léger sourire. « Gypse est en pleine forme, et elle se fait une joie de changer de vol. Elle le voit comme un nouveau défi. Et concernant les grands changements, c’est la raison de ma présence à Lorgol. Je souhaite vérifier auprès des instructeurs les démarches à effectuer, afin de rendre ce changement le plus doux et le plus paisible pour elle. Mais son enthousiasme est tellement débordant. »

Melsant se tut quelques instants. Ses pensées s’éloignèrent du manoir, et se tournèrent complètement vers Gypse et son acclimatation. Ce ne serait pas une tâche aisée, tout comme le fait de retrouver un allié digne de ce nom. Cette décision avait été mûrement réfléchie, en compagnie de la griffonne, et il comptait bien l’assumer pour le meilleur et pour le pire. Son père avait aussi été consulté à ce sujet. Son objectivité pouvait être remise en cause, mais il le connaissait suffisamment pour savoir que sa réponse avait tenu compte de très nombreux aspects.

_ « Penses-tu que j’aurais l’occasion de voire Mélisende avant mon départ ? Cela me ferait plaisir de nous retrouver ensemble le temps d’un diner ou d’un moment. Cela me rappellera notre jeunesse au domaine. Parfois cela me manque de nous retrouver tous ensemble comme à cette époque »

Un sourire amusé s’afficha sur le visage de Melsant. Sa famille lui manquait, même si il comprenait la nécessité d’évoluer et de prendre son indépendance. Ils avaient toujours été proches, et le seraient probablement toute leur vie. Ces pensées l’amenaient à sa propre condition, et le faisaient réfléchir à son avenir. Maintenant que tout se mettait en place sur le plan professionnel.
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Mélusine de Sylvamir
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Message Sujet: Re: Retour à Lorgol   Retour à Lorgol EmptyLun 21 Déc - 19:47


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Melsant et Mélusine de Séverac


La Voltige lui sied bien, c’est une évidence. Il y a cette étincelle éclatante qui s’allume, au fond de son regard, dès qu’il évoque Gypse et leurs acrobaties aériennes – comme un brasier qui couve, en permanence, tout au fond de son être, et dont les reflets jailliraient par intermittence du miroir de ses yeux. Il vit le cœur dans les nuages, mon frère ; il respire l’éther et son âme vibre au rythme des ailes de sa griffonne. Il est fait pour voler, c’est une évidence, lorsqu’on le voit avec Gypse, lorsqu’on l’écoute parler d’elle. C’est un vrai bonheur de le voir tant épanoui : et la joie qui rayonne de tout son être depuis l’annonce de son retour en Sombreciel me réchauffe le cœur.

Nous pouvons nous estimer chanceux, nous, Séverac. Chacun d’entre nous trouve sa voie : Melsant dans les airs, Melbren dans le génie, Mélisende parmi les ombres de la Confrérie, et moi sous le soleil sauvage de la Cour des Miracles. Quatre enfants, profondément liés, intrinsèquement différents – et tous heureux. Voilà qui doit plaire à nos parents – ah, quelle joie de les revoir en accompagnant Melsant ! Pour le moment, mon frère me parle de Gypse, de son acclimatation aux températures plus douces de Sombreciel. J’opine gravement du chef, bien consciente des difficultés d’adaptation que ce changement brutal de climat peut causer au noble animal. J’ai moi-même rencontré des soucis similaires lors de mon installation à Lorgol, lorsque j’ai amené avec moi mon élevage de serpents erebiens, mes chouettes de Séverac, et mes mignons petits hérissons. C’est fragile, mine de rien, ces petites bêtes – celles qui ont le mieux supporté cette petite révolution, ce sont les crocodiles, mais j’ai rapidement abandonné cette activité après les premières fugues de mes pensionnaires dans les canaux de la Ville Basse… Pensive, je me note mentalement d’emmener quelques-unes de mes chouettes pour les installer à Automnal, pour y débarrasser les couloirs et les combles de la vermine qui a pu s’y installer. Des chats ? Inutile, les miens resteront là, je fais confiance à Castiel pour se charger de cette partie-là des événements…

« Je pense que Joséphine a couru lui annoncer ton arrivée, où qu’elle se trouve présentement. Si elle n’est pas avec nous dès à présent, je gage qu’elle trouvera moyen de se défaire de ses tâches dans la soirée pour se joindre à notre souper ; ou bien qu’elle nous rejoindra dans la nuit. Je suis bien assurée qu’elle ne manquera pas cette occasion de te voir, mon frère : tu nous manques tant ! » D’un index méditatif, je tapote ma lèvre supérieure. Il y a bien une question que je brûle de lui poser, et qui alimente mes débats avec Mélisende et Joséphine, mais j’ignore si Melsant consentira à trancher parmi nos spéculations. « Dis-moi, mon frère… Ce retour à Sombreciel augure-t-il d’un avenir plus pérenne ? Vas-tu officiellement prendre demeure à Automnal et en gérer les terres, vas-tu… vas-tu installer une épouse en ton logis ? » Après tout, ma sœur et moi rêvons de neveux et de nièces sur nos genoux depuis que Castiel et Melbren sont trop grands pour avoir déserté les nôtres, et je mettrais ma main à couper que mère attend les épousailles de son aîné avec une impatience angoissée.











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Message Sujet: Re: Retour à Lorgol   Retour à Lorgol EmptyMar 22 Déc - 11:58

Melsant était heureux de se retrouver dans la tour de sa famille en compagnie de sa sœur. Cela lui donnait l’impression de se retrouver quelques années auparavant, où l’insouciance était encore leur qualité première. Sa famille lui manquait. Cela ne lui semblait jamais aussi évident que lorsqu’il se trouvait en compagnie de l’un d’eux. Mélusine lui enleva une épine du pied en se proposant pour aménager Automnal, et rouvrir son domaine. C’était des activités dans lesquelles il n’excellait pas, et ses compétences dans ce domaine étaient extrêmement limitées. Un jour il faudrait qu’il s’informe un peu plus à ce sujet, car sa jeune sœur ne pourrait pas toujours accomplir ce genre de tâche à sa place. Il nota dans un coin de son esprit la date du 17. Elle semblait en tout cas déjà préparé sa mission dans son domaine. Cela lui fit penser qu’il allait devoir écrire à son père pour le prévenir, qu’il ne soit pas surpris que Mélusine prenne des décisions pour son domaine. Maximilien serait sûrement content de pouvoir alléger un peu sa charge, d’autant plus que selon ses dernières informations, ce n’était pas de tout repos d’être aux côtés de Castiel. La conversation dévia sur Gypse et son nouvel habitat. La transition ne serait pas aisée, mais finalement elle serait peut-être moins compliquée que celle pour s’intégrer dans le vol de Valkyrion. La griffonne avait grandi dans un environnement plus proche de celui de Sombreciel.

Finalement Melsant interrogea Mélusine sur la possibilité de voir Mélisende avant son départ. Il avait envie de voir sa sœur tant qu’il était en ville, car il ne pouvait dire avec exactitude quand il serait à même de la revoir. Un brin de nostalgie s’empara de l’aîné des Séverac tandis qu’il évoquait des souvenirs avec sa sœur. Rien de précis juste des impressions sur leur enfance. Un hochement de tête accueillit la nouvelle concernant Joséphine. Mélisende les rejoindrait, et cette nouvelle le combla de joie. Il était ravi à l’idée de pouvoir la rencontrer et passer un moment avec elle, en espérant que la fatigue ne le gagne trop rapidement. Gypse et lui n’avait pas pris le temps de s’arrêter ou de faire une halte sur le chemin les menant à Lorgol. Parfois il manquait un peu de retenu. Melsant tourna le regard vers la sœur, et son attitude laissait présager une nouvelle question. Elle avait ce regard qu’il lui connaissait bien lorsque des hésitations apparaissaient concernant la teneur de son interrogation. Son sourire s’élargit à mesure que la question était posée, et un rire accueillit les dernières paroles. Ce sujet semblait alimenter bien des débats parmi les Séverac. Le voltigeur mit un peu de temps avant de reprendre son calme.


_ « Hum… je me doutais bien que cette question finirait par être posée. » Il marqua une pause théâtrale avant de reprendre. « Je me permettrais bien de te demander où en sont les spéculations à ce sujet. » Il sourit à nouveau. « Je pense que ce retour augure une situation plus pérenne pour moi, en tout cas c’est mon intention que de m’installer à Automnal et de gérer les terres tout en accomplissant mon devoir de Voltigeur. Quant à ta dernière interrogation, ce ne sont pas dans mes projets immédiats malheureusement. »

Mélusine donnait souvent l’impression de lire dans ses pensées. Il venait de s’interroger sur sa vie sentimentale, et elle avait abordé ce sujet. L’aîné des Séverac était extrêmement discret sur ce sujet. Il possédait une réserve naturelle concernant ce qui touchait son intimité, contrairement aux autres membres de la famille qui évoquaient certains détails ouvertement entre eux. Le voltigeur était conscient des interrogations à son sujet, et cela l’amusait plus qu’il en était dérangé ou offusqué. Sa volonté était de conserver cette partie de sa vie pour lui. Son cœur n’avait pas encore été capturé au cours de ses années, même si il avait battu pour quelques demoiselles. Et puis sa vie était déjà bien remplie, et en toute honnêteté, il n’avait pas pris le temps de s’intéresser à ce domaine. Il reprit.

_ « Je me doute que notre mère attend cet évènement avec impatience, mais je ne pourrais pas combler ces attentes dans ce domaine pour le moment. Le temps me manque, et l’envie aussi d’une certaine manière, pour tenter de me trouver une épouse. Encore faudrait-il trouver une personne capable de capturer mon cœur. »

Melsant sourit tendrement à sa sœur, et l’observa. Elle devait probablement avoir un avis sur la question, mais il ne saurait dire si elle l’exprimerait ou le conserverait pour elle. Son père aurait probablement des propositions à lui faire dans ce domaine, voire des recommandations.
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Mélusine de Sylvamir
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Message Sujet: Re: Retour à Lorgol   Retour à Lorgol EmptyMer 30 Déc - 0:31


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Melsant et Mélusine de Séverac


Il rit. Je suis sûre qu’il se moque gentiment de moi, mais je suis tant heureuse de le voir s’esclaffer qu’un sourire amusé vient étirer mes lèvres. Il rit de bon cœur, mon grand frère si sérieux, et c’est un spectacle merveilleux que de voir une étincelle de gaieté s’allumer au fond de ses yeux. La vie sentimentale de Melsant est sûrement le sujet de conversation favori de l’ensemble de la famille, et chacun y va gaiement de son hypothèse. Il faut bien admettre que Mère n’est pas gâtée, avec des enfants tels que nous quatre : Melsant muet comme une statue, Melbren papillonnant ici et là dans une parfaite inconstance, Mélisende peu intéressée par les affaires de mariage, et moi… et moi, accueillant un défilé d’hommes et de femmes sous mes jupons, sans jamais me fixer. Il y a effectivement de quoi s’arracher les cheveux, je dois bien l’avouer…

Joignant les mains sur mes genoux, je laisse mon sourire s’attarder, heureuse de ce moment de complicité. Il a parfaitement raison : nous nous répandons en considérations telles des commères de village désœuvrées, et s'il y a un esprit bon enfant derrière tout cela, je n'en suis pas moins profondément inquiète pour le bonheur de mon frère. Il s'est éloigné de nous ces dernières années, avec Gypse en Valkyrion, et j'espère que son retour au bercail va lui permettre d'entamer une vie plus sereine, plus paisible, loin des divergences d'opinion avec le capitaine de son Vol. Et puis... il mérite que l'on s'occupe de lui. Qu'une épouse aimante et dévouée l'accompagne sur le chemin qu'il s'est choisi. Je suis certaine que des Voltigeuses bien nées doivent pouvoir se trouver – peut-être, dans son nouveau Vol, quelque cielsombroise avenante et sincère... ? Je rêve de neveux et de nièces dans mes jambes. Je ne pense pas avoir jamais d'enfant, aussi, je compte sur lui pour en avoir pléthore, que l'une de ses mignonnes ou l'un de ses vaillants puisse recevoir en héritage la somme de mes biens, et la garde de mes gens. Et puis... Et puis, il y a nos parents.

« Mère sent l'âge la rattraper, je pense. Elle ne cesse de m'écrire, me fait part de ses inquiétudes pour le nom de Séverac. Père n'en parle pas, mais... il sait ne pouvoir compter ni sur Mélisende, ni sur moi, pour transmette Séverac. Melbren est... Disons qu'il ne serait peut-être pas le meilleur gestionnaire du domaine. Tout repose sur toi, une fois de plus : la pérennité de Séverac, et la transmission de notre nom. » Je marque une pause, le temps de laisser l'écho de mes mots s'estomper dans la grande salle silencieuse. Il le sait parfaitement : depuis ses plus tendres années, il porte sur ses épaules le poids des espoirs de nos parents. C'est son sérieux et ses responsabilités qui nous ont permis, à nous les cadets, de nous épanouir dans l'insouciance et la liberté, et une vague de profonde affection me submerge. Quittant mon siège, je viens m'asseoir sur ses genoux, comme lorsque nous étions enfants et qu'il venait nous conter quelques épopée fantastique. Délicatement, je prends son visage entre mes mains, pleine de nostalgie : il a grandi, mon frère, mais au fond de ses yeux il reste encore le grand gaillard attentionné qui me faisait rêver de la liberté au-delà de l'enceinte du manoir. « Et moi, je suis inquiète, tu sais ? Par pour la terre, pas pour le nom, mais pour toi : pour ton âme, pour ton cœur. Tu mérites une compagne digne de toi, de ces qualités que tu as enseignées, et j'aimerais tellement te voir, heureux, un peu, après toutes ces années passées à veiller sur nous. »











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Message Sujet: Re: Retour à Lorgol   Retour à Lorgol EmptyMer 30 Déc - 13:50

La question de Mélusine fut source d’hilarité pour le voltigeur. Melsant était conscient que son silence était à l’origine de nombreuses hypothèses et suppositions de la part de ses proches, mais c’était sa décision que de maintenir le secret à ce sujet. Cela avait toujours paru une évidence à ses yeux, même si il serait bien incapable d’expliquer les raisons de ce choix. Sa famille était plutôt libérale et très ouverte à ce sujet, peut-être un peu trop pour le jeune garçon sérieux qu’il avait été. D’ailleurs sa famille devait encore conservé cette image, ne le côtoyant plus au quotidien depuis de nombreuses années. Nul doute que sa mère devait se faire un sang d’encre à son sujet, voyant les années passer et aucun de ses enfants se poser de manière pérenne. Chacun d’eux avait une vie dissolue à sa manière. Les parents devaient régulièrement parier sur le premier qui s’installerait, et Melsant serait bien incapable de se prononcer à ce sujet pour le moment. Ses sœurs semblaient déterminer à vivre leur vie en totale liberté, et Melbren ne donnait pas l’impression d’avoir envie de relation sérieuse et posée. En même temps il devait profiter de sa jeunesse évidemment. Le sourire de Mélusine à sa réaction était une bénédiction, car c’était une expression sincère lui rappelant son enfance en sa compagnie. Les mains sur les genoux, sa sœur sembla se plonger dans certaines pensées profondes.

Mélusine reprit la parole, et Melsant reprit un air plus grave en entendant ces paroles. Les considérations évoquées par sa sœur lui étaient connus, et il avait toujours eu conscience que son poste de Voltigeur n’était que temporaire d’une certaine manière. Ses obligations le rattraperaient bien assez vite. Gypse était consciente de cet état des choses, et c’était probablement l’origine de leur comportement parfois casse-cou et téméraire. L’aîné des Séverac avait envie de satisfaire les attentes de ses parents, et la perspective d’une épouse et d’enfant n’était pas déplaisante bien au contraire. Malheureusement aucun visage ne prenait les devants lorsqu’il s’imaginait dans cette vie future. Un signe indéniable que pour le moment aucune femme n’occupait ses pensées ni son cœur. Ce fut le geste de sa sœur qui le ramena à la réalité. Son regard se posa sur sa cadette, et il lui sourit tout simplement. Cela faisait bien des années qu’elle ne s’était pas assise sur ses genoux. Un brin de nostalgie étreignit son cœur, et il se souvenait encore des histoires qu’il leur contait les faisant rêver de liberté et d’épopée fantastique. Enfant, ses amis étaient les livres et ces voyages fantastiques qu’il vivait dans les recoins de son esprit. Melsant posa ses mains sur celle de sa sœur et lui répondit simplement.


_ « Tes paroles me touchent… mais je ne cesserais jamais de veiller sur vous, tu le sais bien. C’est mon rôle et mon devoir, comme celui de perpétuer notre nom et de pérenniser notre domaine. » Il frotta sa joue contre la main de sa sœur et ajouta. « Rassures-toi je suis heureux. Mon âme se porte à merveille. Je doute qu’une personne puisse se sentir autant en paix et aussi heureux que moi lorsque je suis là-haut avec Gypse. »

Melsant sourit à nouveau à l’attention de sa sœur. Il comprenait ses inquiétudes même si il ne les partageait pas. Son rôle était de porter le poids de sa famille, pour permettre à ses frères et sœurs de profiter de leur vie. C’est ainsi que le voltigeur concevait son devoir, et la seule liberté qu’il s’offrait était de prendre son temps en attendant une réponse de son cœur face à la gente féminine. Il avait eu des aventures, mais aucune n’ayant fait vibrer son âme. Il caressa à son tour la joue de sa sœur et reprit.

_ « Et moi je m’inquiète pour toi et Mélisende. J’aimerais être sûre que vous êtes heureuse, et que vous profitez de votre vie. Vos devoirs respectifs me paraissent bien plus lourds et contraignants que les miens dans le fond. D’ailleurs moi aussi j’aimerais voir une personne prendre soin de vous et vous offrir la vie que vous méritez… tout comme pour Melbren » Il sourit un long moment avant de reprendre. « Mais pour lui il est encore jeune. »

Melsant s’était permis cette petite taquinerie avec sa sœur, bien qu’elle n’était pas vieille comme sa dernière phrase le sous entendait. Mélusine était une femme charmante, et elle devait faire chavirer de nombreux cœurs. Mais ce choix lui appartenait, et elle était maîtresse de sa vie comme elle l’avait toujours été d’ailleurs.
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Message Sujet: Re: Retour à Lorgol   Retour à Lorgol EmptyJeu 31 Déc - 3:25


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Il me prend les mains, et je reste silencieuse un moment, savourant simplement la présence de ce frère adoré dont les absences se font si longues. Je sais bien qu'il aime plus que tout l'existence dans les nuages, à régner sur les cieux sous le soleil comme sous les étoiles, et une part de moi est jalouse, férocement, de ne pas être à la hauteur : de ne pas avoir à ses yeux cette importance que la Voltige a su gagner. J'ai perdu mon frère aux ailes de l'envol, et j'en reste toujours un peu orpheline, quand bien même il se trouve là et me tient sur ses genoux. Il est comme le marin épris de la mer et marié aux embruns ; sauf que l'épouse qu'il s'est choisie, c'est cette liberté étourdissante qui le fait planer sur les nuées, seigneur des airs et souverain de l'horizon. Oui. Bon. C'est ridicule d'être jalouse d'un griffon. Je sais. Surtout quand le griffon est une griffonne aussi adorable que Gypse, je l'admets, mais voilà : c'est mon grand frère, et il me manque.

Qu'il se trouve une épouse, oui. Je l'espère de tout mon cœur. Une compagne qui soit son égale – un soutien ferme et indéfectible, fidèle et loyal, qui devienne pour lui le pilier que Mère est pour Père. Le socle de son foyer, son parfait complément : l'extension de sa volonté, la flamme de ses pensées. Entendez-moi, dieux familiers : qu'il lui soit donné un peu de bonheur, rien qu'à lui. Il m'affirme être heureux, et je veux croire en sa sincérité ; mais je sais également qu'il pourrait l'être plus. Le Destin fasse que cette nouvelle affectation soit la clé de son avenir, dans tous les domaines. Il mentionne soudain mes devoirs, et d'une idée à l'autre, c'est très inopinément le visage de Hiémain, baron de Sylvamir, qui traverse mes pensées sans me demander mon avis. Une rougeur bien peu coutumière me monte aux joues, et j'aimerais m’asséner une bonne gifle pour ramener mon esprit sur le rail de la logique.

D'un bond, je quitte mon siège improvisé sur le genoux de mon frère, pirouettant sur mes talons, mes jupes tourbillonnant autour de mes chevilles alors que je lui fais face, les poings sur les hanches et la mine faussement vexée. « Comment donc, 'lui' ? Suis-je donc si ridée à tes yeux par le défilé des années, ô mon frère bien-aimé, toi si bellement versé dans l'art délicat de parler aux femmes bien nées ? Je comprends mieux les raisons de ton célibat ! Quant au mien, ma foi... » Je joins les mains devant moi, cherchant les mots justes. Tout Arven connaît la légèreté des jupons de la marquise de Sinsarelle, et je n'ai jamais rougi de cette réputation tout à fait honorable pour une fille de Sombreciel. « Tu sais bien que tous les mariages qui nous sont proposés, à Mélisende et moi, sont motivés par la position de père, notre proximité avec Castiel, et nos richesses respectives. Je suis un peu comme toi, au fond, tu sais : je voudrais trouver quelqu'un qui... qui m'aimerait pour moi, même si j'étais pauvre et roturière. Je n'ai pas encore croisé la route d'un tel homme, et je pense que pour ma tendre sœur, c'est pareil. La solitude n'est pas un mal, et mon lit est rarement vide de toute manière. Je serais, tout le monde le sait, une bien affreuse mère : aussi, je suppose que c'est mieux ainsi. » D'un vif hochement de tête, je souligne mes paroles. Mieux vaut trébucher seule, que courir mal accompagnée. Tout le monde le sait... Alors, pourquoi cette tristesse qui étreint mon cœur soudain, et pourquoi – pourquoi, ô dieux, sur le fond de mes pensées le visage de Hiémain ?











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Message Sujet: Re: Retour à Lorgol   Retour à Lorgol EmptyJeu 31 Déc - 12:43

Melsant était heureux d’être en compagnie de sa sœur, et de retrouver ces gestes tendres de leur enfance. Des gestes simples. Ils n’avaient plus l’occasion de se voir aussi souvent, et de passer du temps ensemble comme avant. C’était l’un des éléments qui lui manquait le plus depuis son départ de la maison familiale. Chaque enfant avait suivi sa propre route, et les rencontres étaient très espacées dans le temps. D’ailleurs pouvoir passer autant de temps ensemble était rare. Généralement cela ne durait que le temps d’un regard et d’une embrassade dans un couloir avant de retourner vaquer à ses occupations. Le sujet de sa vie amoureuse amusait fortement Melsant, qui continuait malgré tout de maintenir un voile de mystère autour de celle-ci. Son cœur allait devoir être capturé, lui qui ne vivait que pour les hauteurs et la voltige. L’homme se sentait libre et vivant lorsqu’il était sur le dos de son griffon à virevolter au gré des vents et de leurs envies. La sagesse laissait généralement la place à l’intrépidité une fois dans les cieux. Il n’était même pas sûr que ses proches aient conscience de ce changement profond en lui, mais ce n’était guère important. Melsant retourna les paroles de sa sœur. Il pensait aussi à leur bonheur et s’inquiétait aussi à leur sujet. Le bonheur, il le méritait tous. Aucun d’eux n’en méritait plus qu’un autre. Pour conclure son discours, Melsant se permit une petite taquinerie pour sa sœur.

La réaction de Mélusine fut attendue et évidente, bien qu’un peu feinte. Melsant en put réprimer un sourire amusé devant son attitude si théâtrale, elle avait toujours été douée dans ce domaine. Un haussement d’épaule accueillit sa remarque sur son manque de délicatesse et son célibat. Silencieux, le voltigeur se contenta d’observer la jeune femme en attendant sa réaction et ses réponses. Il avait hâte de voir ce qu’elle allait lui dire. Leur nom et leur proximité avec Castiel attiraient beaucoup les profiteurs et les ambitieux de tout bord, autant dans leur amitié que dans les demandes de mariage. Il en était parfaitement conscient. Cela ne voulait pas dire que tous n’étaient intéressés que par ces détails. Melsant se leva de son siège, et se mit face à sa sœur. Son regard était lourd et désapprobateur. Il mit une pichenette sur son front avant de reprendre.


_ « Je vous ai vu agir avec Melbren et Castiel, toi et Mélisende. Je suis sûr que vous ferez de bonnes mères toutes les deux, et je ne veux pas t’entendre me dire le contraire. » Il déposa finalement un baiser sur son front et reprit. « La solitude n’est pas un mal, mais être solitaire l’est au contraire. Et rassures-toi, même si je ne m’en vante pas, ma couche est rarement vide aussi. » Il lui fit un clin d’œil. « Je vais te dire ce que Père m’a dit lors de notre dernier échange à ce sujet. Tu dois écouter ton cœur et faire confiance à ton instinct. Si tu penses avoir trouvé une personne, ou si un visage occupe ton esprit, tu dois foncer et ne pas réfléchir. »

Melsant avait bien remarqué les joues légèrement rosies de sa sœur, et il doutait que ses paroles en soient réellement la cause. Elle devait avoir pensé à quelqu’un probablement, ou en tout cas il espérait que ce soit le cas pour son propre bonheur. Que les choses étaient compliquées chez les Séverac, alors qu’ils venaient d’un domaine où les mœurs étaient plus légères et les choses plus simples. Cela venait probablement de l’exemple donné par leurs parents, fidèle et loyal malgré le libertinage prôné par la culture cielsombroise. Ses parents étaient l’exemple de ce qu’aimerait trouver le voltigeur auprès de sa compagne. C’était probablement placer la barre un peu haute mais… Il soupira et reprit.

_ « Je crois que nous devrions tous ouvrir notre cœur dans ce domaine tout simplement… Mais bon comme tu le dis, ce n’est pas non plus une obligation ou une nécessité pour le moment. Le moment viendra tout simplement et je n’en doute pas. » Melsant sourit simplement à sa sœur et ajouta. « Oh et ne te vexe pas, tu es magnifique ma sœur. Si tu ne l’étais pas, j’aurais probablement tenté de te séduire depuis longtemps. »

Il observa Mélusine quelques secondes, et lui sourit tendrement. En tout cas les pensées de Melsant étaient principalement tournées vers Gypse et le domaine Automnal pour le moment. Il serait déjà bien occupé avec ces problèmes pour les mois à venir, le temps de trouver ses marques et de se faire sa place.
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Message Sujet: Re: Retour à Lorgol   Retour à Lorgol EmptySam 2 Jan - 15:08

Je ne fis qu’un tour sur moi-même lorsque j’entendis la douce voix de Joséphine derrière moi qui m’annonçait que Melsant était là. Melsant à la Tour des Séverac. Melsant à Lorgol. Je n’y croyais à peine et pourtant le visage enjoué et sérieux de Joséphine me le prouvait. Les rares visites de notre frère étaient des moments à ne rater sous aucun prétexte si bien que j’abandonnais mes projets et m’empressais de prendre la suite de Joséphine pour retourner à la Tour. Impatiente de revoir mon aîné, surprise par cette visite inopinée. Je me trouvais, alors, dans les rues de Lorgol, préparant mon futur départ pour mes terres en Chamaar, ma présence était requise là-bas. Joséphine me connaissait bien et savait où me trouver. Une fois arrivée, j’ôtais ma cape et me hâtais pour rejoindre Mélusine et Melsant.

« Mon frère. Mon très cher frère. Quel vent t’a porté jusqu’aux mille tours ?» Je tendais les mains dans sa direction pour l’embrasser. « Qui parle de séduire qui », disais-je avec un petit sourire et un air étonné en me dirigeant vers ma sœur pour la saluer à son tour. Le plaisir de voir Melsant ici se lisait clairement sur mon visage. Il représentait la réussite des Séverac et son avenir, j’en étais intimement persuadée. Il en avait la carrure et la sagesse. «  Joséphine m’a dit que tu n’étais que de passage... je ne pouvais rater ta venue. Je ne m’attendais pas à te voir. Comment se porte Gypse ? » Toujours une pensée pour sa griffonne, je savais à quel point un voltigeur était attaché à son compagnon ailé. Gypse faisait désormais partie de notre famille, un peu comme toutes les bêtes qui grouillaient ici et là à la Tour de Séverac au grand désarroi des serviteurs.

Je m’étais toujours demandé de qui nous tenions notre esprit volage et épris de liberté. Melsant ne dérogeait pas la règle, discret à ce sujet. Une pensée était bien ancrée dans mon esprit : il préférait sa griffonne aux femmes ou bien avait-il un penchant pour les hommes, un désir inavoué pour la gent masculine. Sa liberté, il l’avait trouvé dans les airs. Nous l’avions, tous, trouvé d’une certaine manière, chacun à notre façon.  « Comment te portes-tu ? Tu m’as l’air en pleine forme, un peu fatigué du voyage surement ? » Un sentiment d’inquiétude était toujours présent en moi pour ma famille ; émotion que devait ressentir Melsant à son tour en tant qu’aîné, c’était son rôle de nous protéger et de veiller sur nous, même si le besoin se faisait moins ressentir avec les années qui défilaient. Nous nous étions habitués à vivre ainsi, séparés, parfois je regrettais le temps passé éloigné les uns des autres. Espérant secrètement que tout ceci ne finisse pas par nous rendre étrangers les uns envers les autres.
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Mélusine de Sylvamir
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Message Sujet: Re: Retour à Lorgol   Retour à Lorgol EmptySam 9 Jan - 13:56


Retour à Lorgol
Plume et jupon
Melsant, Mélisende & Mélusine de Séverac


Les tendres paroles de Melsant me font chaud au cœur. La maternité ne fait pas partie de mes projets, qu’ils soient à court ou à long terme – je me rappelle avec nostalgie de ce temps d’avant et d’un petit Castiel de cinq ans accroché à mes jupes, mais c’était il y a longtemps, et je goûte trop ma liberté actuelle pour consentir à l’abdiquer. Un enfant ne vient jamais seul : il s’accompagne d’une cohorte d’impératifs et de responsabilités que je ne me sens aucunement prête à endosser. Je ne suis plus toute jeune, qui plus est : les femmes sont fécondes dans la famille, notre sang nuancé de l’or des dunes nous le garantit, mais j’ai dépassé ma trentième année. Bientôt, je serai officiellement une marchandise périmée ; et peut-être les prétendants avides cesseront leur hypocrite ballet…

D’un baiser sur mon front, mon frère chasse ces sombres pensées ; un sourire complice m’échappe lorsqu’il évoque ses conquêtes. Nous sommes, après tout, de bien dignes cielsombrois lui et moi, même s’il se montre bien plus discret que je ne le suis. Mes jupons sont devenus célèbres à Lorgol tout comme ils le furent naguère à Séverac ; tandis que les jeunes filles de la noble société se demandent encore si l’héritier du titre est attiré par les femmes… Deux attitudes bien différentes, deux bonheurs profonds. Il me conseille de foncer, et j’enregistre ses paroles avisées, tournant et retournant la question dans un coin de ma tête. Effectivement, le baron de Sylvamir a retenu mon attention, mais… il n’est pas le seul. Je ne sais pas vraiment ce que je veux, en fait – si. Je le sais. Je veux un couple aussi uni que mes parents le sont, je veux connaître un amour aussi profond que le leur, tissé tout autant de respect que de passion. Est-ce irréaliste ? Peut-être pas totalement. Illusoire et utopique ? Pas nécessairement. Je dois juste trouver le bon – celui fera battre mon cœur un peu plus vite, un peu plus fort. Celui qui sera la personne juste pour moi ; et surtout, qui me donnera envie d’être la femme juste pour lui. Un jour, peut-être… ?

L’arrivée de Mélisende sur les talons de Joséphine m’empêche de répondre à la boutade malicieuse de Melsant. « Notre frère m’expliquait qu’il aurait sûrement de nous séduire, si nous n’avions pas été de son sang. Je pense qu’il tentait de panser mon orgueil blessé. » Un rire amusé m’échappe tandis que ma jumelle l’assomme de questions. Je la rejoins le sourire aux lèvres, l’enlaçant par-derrière d’un bras passé autour de sa taille, l’attirant contre moi et dégageant ses cheveux de l’autre main pour déposer un baiser de bienvenue sur sa joue toute fraîche de l’air hivernal. La lâchant, je lui laisse l’opportunité de profiter un peu de Melsant, me rapprochant de Joséphine qui nous couve d’un regard attendri. A mi-voix, je lui donne quelques consignes pour les jours à venir. « Mon frère prendra logis céans, il faudra prévenir l’intendant de la Tour d’Automnal de se présenter ici pour lui rendre compte même si la Tour est fermée. Pour ce soir, prévois un dîner simple, juste entre nous, Mélisende et moi tenons à profiter de sa présence ; par la suite, s’il reste plusieurs jours, vois avec lui quels personnes il souhaite convier… ? » J’ai élevé légèrement la voix en fin de phrase, dirigeant l’interrogation vers Melsant. Vas-tu rester, au moins un peu, mon frère ? Je vais profiter de ta présence à Automnal, mais Mélisende aussi mérite de te voir, et tu lui manques tout autant qu’à moi…












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