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 Lettres faës

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Message Sujet: Lettres faës   Lettres faës EmptyMar 12 Avr - 4:58


Port-Liberté, le 2 mai 1001.

Tristan,

Mon ami, depuis notre dernière rencontre sous le regard attentif des plaines cibellanes, les nouvelles se font rares. Si je n’ai eu l’occasion de te rencontrer au Carnaval des Miracles de Lorgol, je doute que les récents enlèvements te soient inconnus. Je me souviens de ce brin de voyage au-dessus de l’océan, sur les traces de la Marie Sanglante. Puis les combats acharnés, et enfin Ferveur prenant son envol. Il y a quelques jours, après une poignée de disparitions à l’Académie, Chimène a convoqué les corps de Chevaucheurs au secours de la population. Je dois bien reconnaître m’être rarement senti si inutilement présent auprès de ce cher peuple arvenien, ces entités auxquelles nous faisons face nous dépassent de bien loin. J’ai cherché à te rencontrer à nouveau dans le remue-ménage constant de ce début de printemps, vainement je l’avoue. Je m’inquiète, j’attends de tes nouvelles.

C’est étrange à dire, mais malgré mes origines ansemariennes, les vivenefs n’avaient que rarement attiré mon attention jusqu’à présent. Je n’ai jamais su les saisir, les concevoir, et si j’ai toujours cru en un mouvement grandissant en toutes choses, animé par la magie, ces créatures légendaires me semblaient au-delà de toute portée et de toute conception arvenienne. Je pèse alors toujours plus profondément à quel point tant de choses nous dépassent sur ce continent, et nous dépasseront toujours. Tu dois certainement mesurer cela tous les jours aux côtés de Ferveur : les secrets que renferment les dragons sont encore innombrables. Pourquoi nous ? À quoi bon ?

Bref, j’épilogue toujours un peu trop. En vérité, si je t’écris si maladroitement jusqu’alors – pardonne au passage ma calligraphie désastreuse –, c’est qu’un profond vague à l’âme accompagne mes pitreries pensives – c’est joli, tiens. Tu étais sur le pont de la Marie Sanglante lorsque Louison a été enlevée par le navire. Tu l’as vue, tu le sais, et pourtant je ressens le besoin d’écrire qu’elle n’est plus là, à la Caserne de Port-Liberté. Je me souviens encore te parler d’elle au présent à Alfaë, songeant à une rencontre quelque peu houleuse. À présent seule la peine demeure, et la certitude qu’elle ne sera pas la seule à laisser comme un vide en moi. L’Académie a déjà été frappée de plein fouet, et à présent ?

Je serais aux côtés des pirates dans une poignée de semaines. Je ne serais probablement pas d’une immense utilité sur l’Orichalque, mais si je peux donner du cœur à l’ouvrage, alors je le donnerai.

Je pense à toi, j’espère te revoir bientôt.
À toi,

Neve


Dernière édition par Neve l'Embrun le Dim 31 Juil - 12:19, édité 2 fois
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Les Chevaucheurs
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Tristan d'Amar
Tristan d'Amar

Messages : 4809
J'ai : 33 ans
Je suis : Capitaine de Vol de l'Escadron de Chevaucheurs de Lagrance
Marquis d'Amar

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : Fluctuante. S'il était fidèle à l'impératrice, il l'est nettement moins à l'empereur, bien qu'il se soit éloigné de Chimène de son vivant, par son attitude envers les mages du Sang. Il est malgré tout toujours fidèle à son duc, à son duché, et à Faërie.
Mes autres visages: Grâce de Sombregemme
Message Sujet: Re: Lettres faës   Lettres faës EmptyMer 11 Mai - 20:51

Edenia, le 5 mai 1001

Neve,

Recevoir une lettre de toi est une distraction bien agréable, m’éloignant de mes nombreuses recherches concernant la malédiction liée à ces nombreux enlèvements – sans grand succès, je dois te l’avouer. J’espère que tu m’excuseras de mon silence, et de cette inquiétude que je t’ai causée, je me suis, comme souvent, perdu dans mes lectures et dans mes responsabilités auprès des chevaucheurs de Lagrance – d’autant qu’on a une nouvelle recrue, assez… dissipée, si je peux dire. Elle deviendra excellente, mais elle manque parfois de mesure, dans ses réactions, et c’est un travail de tous les instants. Tu la rencontreras sûrement en réponse à l’appel de l’Impératrice. Elle est aussi téméraire que dissipée, et elle ne manquera pas de volonté pour découvrir ce qui se cache derrière tout cela.

Je ne sais réellement où nous devrons nous rendre encore, mais sois assuré que nous nous y verrons – si je comprends bien tes propos. Nous ne savons pas ce vers quoi nous nous dirigeons, et les dangers seront réels, il serait parfaitement compréhensible que tu ne prennes pas part à cette chasse à… l’homme ? Aux sirènes ? Aux vivenefs ? Je ne saurai dire qu’elle est notre réelle cible, si notre but est de porter secourir aux disparus.

Tu ne dois pas t’appesantir sur tout ce que nous ne maitrisons pas, mon ami, je t’en assure. Si je n’étais pas mage et n’avais pas eu vocation à devenir chevaucheur, dans tout mon être, alors sûrement serais-je historien, et malgré la frustration et l’inquiétude parfois, que cela créé en moi, il y aura encore bon nombre de choses qui nous dépasseront, et auxquelles nous n’aurons aucune réponse. Je crains que les vivenefs en font partie, de même que bien des savoirs liés au dragon. Je ne nierai pas avoir un sentiment profond d’insignifiance, par moment, aux côtés de Ferveur. Je ne m’arrête pas pour autant de chercher à en savoir davantage. C’est une de mes raisons de vivre, et elle m’animera encore longtemps je le pense.

Ta calligraphie ne souffre d’aucune imperfection, tu as, comme toujours, bien trop modeste. Je ne peux te faire la promesse de te ramener Louison sans séquelle, mais je peux t’assurer que je ferai tout pour la retrouver, à tes côtés. Et tous les chevaucheurs de Lagrance, s’ils l’acceptent et se joignent à nous, aussi. Nous devons être soudés les uns et les autres, encore plus lorsqu’il s’agit d’une amie chère à tes yeux. Et sens-toi libre de m’écrire à ce sujet autant de fois que tu le souhaites, jusqu’à ce que nous nous retrouvions sur l’Orichalque. Je serai oreille attentive.

En espérant que nous soyons dans la meilleure des formes lorsque nous nous retrouverons pour notre épopée, mes pensées sont tournées vers toi ainsi que vers Louison.

Tristan










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Message Sujet: Re: Lettres faës   Lettres faës EmptyDim 31 Juil - 12:39


Port-Liberté, le 1 septembre 1001.

Tristan,

Voilà que de nombreux mois se sont écoulés, munis comme toujours de distractions bien singulières. J’étais heureux, mon ami, de te retrouver au couronnement de Chimène, bien que le temps et la disponibilité d’esprit nous ait manqué pour échanger davantage. Tu as pris en main la situation avec brio, et comme toujours, ta vivacité d’esprit m’a épaté. Je te prie d’accepter mes excuses quant à ce long silence qui fut le mien depuis ta dernière missive, il y a plusieurs mois de cela. Notre épopée maritime me semble déjà un souvenir bien lointain.

Depuis l’Ordalie de Diamant, je me sens écartelé entre deux mondes : celui de mes convictions et celui de mes origines. Tu n’es pas sans savoir que Bartholomé d’Ansemer a pris position à l’encontre de Chimène, appuyant du même coup les agissements de Gustave de la Rive. Je parcours désormais les rues de Port-Liberté comme un étranger – étranger dans mon pays lui-même. Le peuple ansemarien est aussi franc que brave, mais tout aussi bien victime de sa vie distanciée, sur les flots ; un mot de Bartholomé, et tout le duché me semblât traître et hostile. Fort heureusement, sa femme, Jehanne d’Ansemer, est bien plus maligne que ce que son mutisme laissait transparaître. Peut-être sera-t-elle une alliée, le moment venu ? Mais enfin, je ne veux pas t’ennuyer avec mes divagations politiques. Nous ne sommes, après tout, que des instruments, sophistiqués peut-être, mais des instruments toujours ; quand apprendrons-nous à nous faire engrenages ?

J’espère avec sincérité avoir l’occasion de te retrouver au tournoi des Trois Opales. Je ne soupèse pas encore avec justesse quelle avancée extraordinaire cette invitation de la couronne ibéenne représente pour nous, peuple faë. Bartholomé a fait de moi le champion guérisseur d’Ansemer, mais ne sois pas dupe de sa félonne gratitude. Maelys elle aussi sera sans doute présente, je t’avoue que les nouvelles se font rares depuis l’incident du couronnement.

Si mon cœur ne parvient pas à émettre de jugement sur sa prise de position, mes pensées sont toutes tournées vers elle et vers l’avenir. Les rumeurs courent avec bien des perfidies, et si je n’y prête pas l’oreille, je m’inquiète toutefois. J’ai cru comprendre que Maelys demeurait sous tes ordres ; qu’en est-il d’elle depuis le couronnement ? Aussi, bien que je demeure à la Caserne de Port-Liberté, les occasions me manquent de rencontrer Louison. Je n’ai que peu de nouvelles depuis l’île des Amoureux du Vent, nos conversations se font rares. J’espère qu’elle aussi, va bien.

Et plus que tout, je souhaite que tu te portes bien, mon ami. T’écrire est un soulagement en ces jours étranges, emplis d’un mouvement imperceptible et maladroit qui anime toutes choses. Nous ne devons pas nous détourner de ce mouvement.

Bien à toi,

Neve
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