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 I can't tell where the journey will end

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Mélusine de Sylvamir
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Je suis : baronne de Sylvamir, marquise de Sinsarelle, dame de Séverac, Voleuse de la Cour des Miracles

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Message Sujet: I can't tell where the journey will end   I can't tell where the journey will end EmptyVen 13 Mai - 3:42




Livre I, Chapitre 3 • Les Amoureux du Vent
Tyr Parle d'Or & Mélusine de Séverac

I can't tell where the journey will end

But I know where to start




• Date : 9 juin 1001
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Mélusine a été contactée pour venir en aide aux filles de Grâce Martel. Elle a consenti à prendre sous son aile la cadette, Agathe, et sollicite de Tyr, Second des Ombres, la permission de la prendre comme Apprentie sans lui faire passer les épreuves traditionnelles de recrutement.











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Message Sujet: Re: I can't tell where the journey will end   I can't tell where the journey will end EmptyVen 13 Mai - 3:46


I can’t tell where the journey will end
But I know where to start
Tyr & Mélusine • 9 juin 1001


Les premiers jours de juin sont encore frais sur Lorgol, si loin au nord du continent, et je frissonne dans l’air timide de la nuit. Le crépuscule est tombé depuis une heure, les étoiles ont repris possession des cieux, et j’arpente les pavés sous ma cape légère. Toute vêtue de noir, ce soir, pour mieux me fondre dans les ombres : c’est vers la Cour des Miracles que je dirige mes pas, et je ne tiens pas particulièrement à être enquiquinée par un quidam de passage. Mante et robe couleur de l’encre la plus ténébreuse, chevelure aussi libre que l’air qui les fait voler : je n’ai aucun apprêt particulier et cette neutralité m’assure l’indifférence. Au fond, j’aime quand je suis ainsi, libérée du carcan de la noblesse et surtout de cette façade polie et travaillée que je dois offrir au monde, pour tenir mon rang et porter fièrement la renommée de mon nom. Castiel ne doit pas rougir de sa sœur ; et Père ne me pardonnerait jamais si je déshonorais Séverac par un comportement oublieux de la hauteur de ma naissance. De jour, je suis donc la très noble marquise de Sinsarelle, avec tout ce que cela comporte d’obligations, de sourires polis et de paroles creuses.

Mais la nuit – ah, par Valda qui couronne les cieux et Mirta qui me protège de sa grâce, la nuit m’appartient, et en son sein souverain je suis reine. La nuit est mienne, l’ombre me bénit, l’obscurité m’a prise sous son aile il y a bien longtemps déjà. Je reste Mélusine pourtant, éprise profondément de l’or des dunes de mon duché, amoureuse du soleil et de sa chaleur sur ma peau ; mais il y a tout autant de Sombreciel dans mes veines, et je suis cette femme à deux visages que bien peu ont jamais vue dépourvue de sa carapace d’illusions et de faux-semblants. Ce soir, je serai même totalement et pleinement moi-même : je me faufile dans le dédale des canaux de la Ville Basse et bientôt, me voilà foulant du pied les pavés enchantés de la Cour des Miracles. Ma demeure et ma maison. Isil a reçu ma foi et mon serment, et je me plais sous le manteau des Voleurs, trouvant ici une place bien plus authentique que dans la cohorte chamarrée de la noblesse des huit duchés. Ce soir, un sourire un peu nostalgique étire mes lèvres tandis que je m’imprègne de l’ambiance familière. Je me suis faite rare ces temps derniers : le départ définitif de mon aimé m’a tenue éloignée des souvenirs que nous avions ici et qui nimbaient chacune de mes visites de douleur. La trahison de Perle a été un coup de plus et j’ai pris mes distances ; jusqu’à ce que le Second des Ombres en personne ne vienne me rappeler mes devoirs et mes engagements.

Mais Melsant avait disparu, et j’avais devoir de veiller à la bonne tenue de ses domaines, aussi ai-je pu repousser le moment de prendre un nouvel apprenti pour remplacer l’ingrate traîtresse. Puis Melsant est revenu – et Castiel m’a parlé de ces deux délicates demoiselles de Bellifère confiées à sa garde. Il s’était engagé auprès de leur mère Voltigeuse, amie de mon aîné, à les confier à des dames bien nées sachant leur procurer une place dans la société et leur procurer l’indépendance manquant cruellement aux femmes de ce duché d’arriérés. La légende de Grâce Martel est connue de tout Ibélène, et c’est avec curiosité que Mélisende et moi-même nous sommes penchées sur le devenir de ses deux filles, à la demande de notre jeune frère tout excité, et de Père passablement inquiet des résultats de quatre mois de présences desdites fragiles jouvencelles à la Cour débridée d’Euphoria. Après moult réflexion et entretiens avec les deux mignonnes logées à la Tour de Séverac à Lorgol, sous la bonne garde de notre chère Joséphine, Mélisende a pris en charge l’aînée, Aubrée, pour la confier à l’une de ses camarades de la Confrérie Noire. J’ai pris pour moi-même la cadette, la timide Agathe, curieuse de savoir si je réussirais à en faire une Voleuse de Charme comme moi. Rude défi pour une Belliférienne ; mais la petite semble bien disposée et j’ai, après tout, ordre de former une apprentie.

Ce soir, c’est pour elle que je suis donc venue rencontrer Tyr, Second des Ombres, pour solliciter sa permission. Contourner le processus de recrutement des apprentis n’est possible qu’avec l’aval du Conseil des Ombres ; c’est donc à Tyr que je dois présenter ma demande. Elle va dans le sens de ce qu’il m’a ordonné, j’imagine donc qu’il y consentira, mais je dois malgré tout me plier aux règles des Enfants des Miracles. C’est ainsi que je me faufile dans le dédale de ruelles en direction de son antre. Bien peu y sont admis, je sais par ouï-dire qu’il courtise plutôt la compagnie des dames dans leurs propres demeures, au lieu de leur ouvrir la sienne. Qu’à cela ne tienne : il s’est invité chez moi sans permission, je lui rendrai la pareille.

C’est ainsi que j’attends, assise nonchalamment sur le bras d’un fauteuil tout près de l’entrée, ma présence clairement signalée par un chandelier allumé placé derrière la croisée, que le maître des lieux ne revienne au logis.











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Message Sujet: Re: I can't tell where the journey will end   I can't tell where the journey will end EmptyVen 13 Mai - 12:56

Une caresse tranquillisante, obligeant l'abandon de tout malheur en un sourire exquis témoignant d'un bonheur retrouvé. Tout Homme solitaire se trouve un jour, les yeux clos, penseur et nostalgique quant à son passé, allongé sur un lit en présence du seul véritable remède pour les hommes, avec comme seul l'espoir celui de tout oublier. Ces quelques heures lui étaient essentielles, cette femme dont il n'avait jamais demandé le nom, se trouvait être une source de réconfort pour le Second des Ombres. Tyr se redressa après un sommeil reposant, s'asseyant au bord du lit de cette jeune demoiselle. Les mains frêles et douces de cette dernière se déposèrent sur les épaules taillés et solide du quarantenaire, inspirant sereinement, tête baissée dans le but de profiter et de ressentir chaque seconde de tendresse qu'il lui été accordée. Elle n'avait pas de nom, lui non plus, seul son temps acheté comptait pour l'un et pour l'autre. Elle s'agenouilla derrière lui, silencieuse, enlaçant son buste tout en plongeant ses lèvres dans la nuque du Voleur. Ce dernier récupéra sa chemise froissée, traînant au bord du lit et en sorti quelques pièces d'une poche avant de les tendres au dessus de son épaule. «Tu sais très bien que je n'en demande pas autant pour ce que tu désires». Se relevant, le haut du corps nu, le voleur rassembla ses affaires, nouant sa chemise sous son long manteau noir, il se tourna finalement face à la muse qui s'approchait de lui d'un pas souple et déhanché. «J'espère te revoir bientôt, peut-être un jour me payeras-tu pour autre chose que de simples marques d'affections». Esquissant un mince sourire, Tyr s'en alla sans un mot, se retrouvant dans la vieille ville, aussi sombre et glauque qu'à son habitude. Les cris de détresses percutants les ruelles de la ville se mélangeaient aux rires de beuveries de la taverne d'à côté. Les mendiants se confondaient avec les ivrognes, déambulant face à lui. Un homme, à la barbe grisonnante et au regard franc s'interposa face au Voleur, plongeant ses iris dans ceux de Tyr avant de sourire, donnant une tape sur son épaule en lançant d'une voix rauque «Alors, elle était bonne la donzelle ?» Bousculant le Second des Ombres dans un rire narquois, il pénétra à son tour dans la demeure de la prostituée.

Tyr n'est pas de ceux qui paient pour une relation charnelle, non. Il payait cette femme rencontrée, il y a quelques années, pendant deux voir trois heures dans le but d'oublier sa vie l'espace d'un court instant. Imaginer, les yeux clos, ce qu'aurait pu être sa vie s'il n'avait suivi ce chemin. Cette quête de sang qui le hante depuis sa jeunesse ne c'était toujours pas achevée, le poing serré autour du médaillon de sa sœur, il se mordit la lèvre inférieur avant de lever un court instant les yeux au ciel. C'était un rituel, lorsqu'il sortait de la bourgade de cette femme, sa première pensée venait à sa défunte sœur puis sa vie, ses angoisses et sa haine refaisaient surface après un moment de tranquillité tel une bouffée d'air entre deux noyades.

Reprenant le chemin de la Cour, c'est dans une discrétion naturelle qu'il y pénétra dans le but de trouver un sommeil mérité. Les couloirs étaient d'un silence de mort et peu de personnes arpentaient encore les dalles à cette heure tardive. Les murmures étaient audibles tel une conversation normal dans un calme pareil, le nom de Mélusine siffla à travers l'air faisant sourire le Second des Ombres, satisfait de savoir qu'elle faisait enfin acte de présence, mais pourquoi en parlaient-ils aussi tard. Au bout de quelques minutes, il aperçut finalement ce qu'il redoutait, elle était là. Assise près de la porte de son refuge, elle avait eu le respect de ne pas y entrer. «Je savais que nous finirions par nous revoir très vite, mais j'ai cette impression, par votre attente ,dont je m'excuse sincèrement, et votre respect de mon intimité, que vous souhaiter quelque chose..» dit-il en passant à côté d'elle, ouvrant la porte de son antre.

Un espace sombre regorgeant de bibliothèques contre les murs, à l'écart d'un bureau massif, couvert de papiers en désordres, se trouvant lui-même dos à une fenêtre touchant ciel et terre. Un lit défait non loin d'une cheminée avec laquelle cuisinait et sur laquelle reposait des souvenirs. Plusieurs coffres se trouvaient, fermés, éparpillés au peu partout aux coins de la pièce.

Lui offrant alors sa main dans le but de lui demander la sienne pour l'aider à sa relever, tête baissée, il soutenait son regard.

«Après vous».
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Message Sujet: Re: I can't tell where the journey will end   I can't tell where the journey will end EmptySam 21 Mai - 1:42


I can’t tell where the journey will end
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Tyr & Mélusine • 9 juin 1001


La Cour des Miracles, finalement, n’a pas réellement changé depuis l’année passée. Mes précédentes visites, depuis le départ de Hiémain, se sont faites brèves et insipides, pour expédier l’objet de ma venue et ne point m’y attarder. Quelques paroles rapidement échangées, un objet qui change de mains, un paiement reçu pour service accompli, et un retour chez moi qui ressemblait presque à une fuite. Je n’ai pas vraiment pris le temps de m’y attarder. Trop de souvenirs chargés d’émotions, d’espoirs ternis, de regrets. Mais bon – la visite du Second des Ombres avait des allures de sommation et je ne m’y suis pas trompée. L’on attend de moi que je fasse au moins acte de présence, alors… peut-être est-il temps que je renoue avec les enfants de la nuit, ces Enfants des Miracles dont je fais partie et que je fuis depuis trop longtemps maintenant.

Il fut un temps où la Cour des Miracles m’apportait équilibre et sérénité. Un temps où elle incarnait pour moi l’idéal d’un havre de paix. Peut-être tout n’est-il pas perdu ? Peut-être puis-je encore y revendiquer ma place, m’y sentir chez moi, acceptée pour la femme que je suis réellement ? Et non pas vainement courtisée pour ma couronne à huit fleurons, ma richesse scandaleuse, ou la noblesse de mon nom. L’avenir me le dira, je suppose. En tout cas, fouler de nouveau ses pavés me remplit d’une nostalgie plus douce que ces derniers mois. Il y a peut-être aussi cette décision que j’ai dû prendre, face à la demande de ce frère aîné que j’admire de tout mon être. « Peux-tu aider une de mes amies, Mélusine ? » m’a-t-il dit, avec ce regard trop sérieux qui le caractérise. En arrière-plan dans mes souvenirs, un Castiel tout frétillant sautillait gaiement en menant à moi une jeune mignonne aux yeux curieux. Agathe, me l’a-t-on présentée ; Agathe Martel, fille de Grâce, la Voltigeuse rebelle de Bellifère, la femme qui refuse de plier l’échine devant les hommes. Vaillante et fière, oui, et l’admiration que j’ai pour elle aurait suffi à ce que je lui apporte mon aide, mais son amitié avec mon frère justifie d’autant plus le soin particulier que j’accorde à sa demande. Deux filles Martel sauvées d’un mariage arrangé : la première, l’aînée Aubrée, a été confiée à Mélisende pour être remise à la Confrérie Noire ; et j’ai hérité de la seconde, fragile et délicate Agathe, pour la placer sous la protection de la Cour des Miracles.

L’occasion rêvée de m’acquitter des devoirs rappelés à ma mémoire par le Second des Ombres en personne ; et de rendre service à ma famille et ses alliés – même si Castiel s’est montré fort désappointé de se voir ôter ses deux invitées. Pour le moment, la mignonne confiée à mes bons soins repose sa blondeur innocente à la Tour de Séverac, sous la vigilance de Joséphine érigée en protectrice de sa candeur. Et moi… Et moi, je m’incline devant Tyr Parle-d’Or, répondant d’un sourire à son salut, curieuse de découvrir cette antre sur laquelle l’on murmure moult ragots et potins.

Des bibliothèques. Partout, le long des murs. Je ne sais de quoi traitent les ouvrages empilés à ce qui me semble au petit bonheur le long des rayonnages, mais il y en a à perte de vue. Des coffres fermés. Une cheminée. Un bureau noyé sous un amoncellement de parchemins épars. On dirait l’antre d’un sage, ou le repaire d’un fou. La limite est parfois mince entre les deux et un fin sourire se dessine sur mes lèvres. Étrange homme que ce Second des Ombres. Il m’intrigue, cet homme plein d’énigmes, et la curiosité qui m’envahit ne fait que se renforcer à chaque détail capté par mon regard attentif. Presque à contrecœur, je laisse aller la main que je n’avais pas lâchée, avançant de quelques pas sur le parquet usé par des générations d’allées et venues. J’attends un instant que la flamme de quelques bougies ne vienne éclairer la pénombre, et je noue les mains devant moi, le menton dressé, prête à soumettre ma requête. « J’ai en effet faveur à vous demander. Vous m’avez sommée de former un élève ; or voilà que m’est venue une apprentie en dehors du circuit de recrutement habituel. Je suis venue solliciter dérogation de votre part, pour la prendre en charge et lui apprendre ce que je sais. » Carrant les épaules, je présente rapidement le cas d’Agathe. « Elle est d’âge ; elle a seize ans. Elle courait le risque d’un mariage non consenti en Bellifère, et a cherché refuge auprès de moi. Elle est intelligente bien que peu éduquée, sa mère est de sang noble : elle sera admise à mes côtés au sein de toutes les cours renommées du continent. Je la pense digne d’être Fille des Miracles, et capable de tenir son serment. »

Il a sûrement des questions. Je m'interromps pour reprendre mon souffle. J’ai rarement sollicité faveur de mes supérieurs au Conseil des Ombres ; aussi, j’espère que cette entorse au règlement de la Cour me sera permise… Que dire à Agathe, sinon ? Je ne m’imagine pas la renvoyer chez elle…












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Message Sujet: Re: I can't tell where the journey will end   I can't tell where the journey will end EmptyDim 29 Mai - 15:13

C'était un discours formel, professionnel pourrions-nous dire, qui semblait avoir été travaillé d'avance, cela expliquerait cette visite tardive sans doute. Les épaules carrés, le menton droit et le ton inspirant la confiance, les mots de Mélusine étaient clairs et allaient à l'essentiel, ce qui plaisait à Tyr bien qu'il avait toujours eu du mal avec ces formalités lorsque l'on s'adressait à lui dans son bureau ou simplement dans les couloirs. Son grade de Second des Ombres avait été acquis il y a peine plus d'un an, cependant, le temps d’adaptation à ce nouveau statu demandait bien plus d’acquis.

Le dos tourné à Mélusine lors de sa prise de parole, il observait par cette fenêtre les ruelles menant à la Cour. Se mordant machinalement l'intérieur de la joue au fur et à mesure des mots prononcés par la Voleuse, son regard voltigeait sur les passants qui frôlaient l'entrée de la Guilde sans le savoir. Réfléchissant à ces paroles en occupant son esprit ailleurs. Bien que ce discours sonnait juste aux oreilles de Tyr, un fin sourire dénoua ses lèvres pour en montrer toutes ses dents. Sans un mot, il s'approcha de la cheminé dont les braises incandescentes illuminaient encore les bûches de bois, tenant au chaud une marmite d'eau dans laquelle flottait de nombreux agrumes et plantes. Trempant deux gobelets taillés dans le bois à l'intérieur de la casserole, il alla les déposer par la suite sur son bureau tout en rapprochant une chaise à l'allure confortable, d'un bois massive et  recouverts par des couches de tissu rouge face à son bureau. Faisant signe à Mélusine de s'y asseoir, il prit place face à elle, le regard franc et malicieux avant de finalement prendre la parole. "Vous savez.. Si je vous offre ce traitement de faveur.. Beaucoup viendront par la suite me demander la même chose, les rumeurs et cachotteries n'en restent pas longtemps ici. De plus, sans avoir passé d'épreuves, rien ne me prouve que votre demoiselle est à la hauteur de la Cour, je ne peux prendre de risques tels que celui-ci." Ses mots étaient secs, autoritaires tel un rappel à l'ordre. Il prit le gobelet chaud d'une main pour en boire quelques gorgées avant de répliquer sans plus attendre "Vous avez manqué à l'appel pendant une trop longue période pour prétendre pouvoir bénéficier d'un traitement de faveur, ne pensez-vous pas ?" Il n'aimait pas ce système administratif, il n’aimait pas non plus refuser des services demandés. Mais la Cour ne pouvait se permettre d'exceptions qui dérogeaient aux règles.

Plongeant son regard dans celui de la Voleuse face à lui, il inspira profondément et bruyamment avant de se relever, longeant de ses pieds les bordures du bureau avant de s'asseoir sur celui-ci pour être plus proche de son interlocutrice. "Ce n'est rien de personnel, si c'était une faveur qui ne risquait pas de mettre la Cour en péril, pour quelque chose d'aussi futile, j'y aurais réfléchis plus attentivement." Attrapant son récipient de bois pour en boire une nouvelle gorgée, il regarda dans le vide en finissant sa phrase à messe basse. "Cependant, l'avantage de traiter avec un membre de la Cour, est que nous sommes tous des raclures, Mélusine, il suffit de savoir à qui pouvons-nous donner confiance, et si confiance il n'y a pas, nous sommes tous attirés par les mêmes malices et les mêmes trésors"
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Message Sujet: Re: I can't tell where the journey will end   I can't tell where the journey will end EmptyDim 29 Mai - 23:41


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Tyr & Mélusine • 9 juin 1001


Je n’aime pas ce sourire. J’ai été honnête et sincère dans mon exposé pourtant, totalement franche dans mon explication des faits, directe et concise dans ma demande. Que lui faut-il de plus ? J’ai toujours été une dévouée suivante d’Isil, et j’ai toujours honoré mon serment, tenant les engagements auxquels les enfants des Miracles sont tous soumis. J’ai été une loyale sujette pour le précédent Fils des Ombres, oui – même avant d’en soupçonner l’identité réelle, j’étais sensible à l’aura de droiture qui émanait de lui, respectueuse de son autorité et déterminée à user de mes richesses et de mes charmes autant qu’il le faudrait pour être utile à la Cour des Miracles. Alors, pourquoi ? Pourquoi ce sourire plein de malice sur son visage ? Il connaît ma valeur, il connaît la teneur profonde de mon engagement, alors, pourquoi ?

J’ai presque l’impression d’être de nouveau une apprentie en cours de probation, et de prendre place devant le Conseil au complet, lorsqu’il me fait asseoir sur une chaise aux allures de fauteuil tant elle est confortablement rembourrée. Sans mot dire, je le suis des yeux dans son univers familier, observant le naturel de ses gestes, et la grande aisance avec laquelle il évolue dans la pièce sombre. Ses paroles cependant font bouillir le sang dans mes veines. Je comprends ses raisons, bien évidemment : les règles sont là pour être respectées, et la Cour des Miracles a besoin d’un solide cadre pour exister ; et certes, la durée de mon absence pourrait expliquer une certaine réticence à mon égard si j’avais été sujette à caution par le passé.

Mais je suis une Séverac, par tous les jupons de Mirta – une Séverac, et femme de surcroît ! Les femmes de ma famille ont toujours été réputées pour la valeur de leur serment ; et voilà que cet homme s’estime supérieur à ma parole ? Mon tempérament volcanique bouillonne fiévreusement, et Tyr ne doit qu’au respect que j’éprouve pour sa fonction de ne pas entendre ma voix vociférer des insultes en erebien des dunes sous une grêle d’objets divers et variés choisis pour leur aérodynamisme. Ah, comme j’aimerais, les dieux m’en soient témoin, céder à la fureur qui rugit en mon cœur et piquer une de ces colères théâtrales qui font ma réputation à la maison. Comme j’aimerais, oh oui, comme j’aimerais décharger ma colère et ma frustration de ces derniers mois au visage de cet homme buté qui me refuse une demande anodine et ordinaire ! Tient-il donc tellement à faire étalage de son pouvoir ? N’ai-je pas accompli ce qu’il attendait de moi, ne suis-je pas une bonne Fille des Miracles ?

Au prix d’un effort suprême, je parviens à ne pas exploser de rage, enfonçant mes ongles dans les paumes de mes mains. Père serait fier de moi, lui qui déplorait tant que Castiel ait pris de moi cette habitude de piquer une colère en brisant le mobilier à la première contrariété. Inspirant à fond, hargneuse et révoltée, tendue comme un arc, je l’observe se déplacer dans la pièce, rêvant de membres brisés et de coups portés, trouvant dans ces idées de violence imaginaire un dérivatif à ma fureur. Rien de personnel ? Ah ! Me rejetant en arrière d’un geste brusque, je croise bras et jambes dans une attitude hostile, narines frémissantes et menton relevé. Rien de personnel, évidemment ! On ne dit pas non à une Séverac, soit-on Second des Ombres ; et cet homme mesquin vient de se gagner une ennemie qui – hein ? Comment ça, « tous attirés par les mêmes malices et les… » ?

Oh.

Evidemment.

Grinçant des dents furieusement, je me force à respirer. Bien sûr, son sous-entendu est outrageusement insultant ; bien sûr, sa manière d’user de sa position pour me forcer à m’aligner sur ses desseins est scandaleusement révoltante. Bien sûr, mais de tels travers sont les traits communs de la Cour des Miracles – bien que, d’ordinaire, ils ne soient jamais employés entre nous, mais contre ceux de l’extérieur. Il regarde ailleurs – cela me laisse le temps d’adresser une ardente prière à Mirta pour m’aider à garder mon calme. Allons, Mélusine, il a simplement fait usage de la réputation attachée à ton nom – au souvenir de ces jupons que tu dissémines au gré de tes lubies, de lit en lit, sans attachement, sans conséquences. Et je dois bien admettre, forcée d’être honnête, que son sous-entendu aurait amplement suffi à me trouver plus que coopérative, eût-il été formulé autrement. J’inspire à fond – allons, l’homme est sûrement un goujat, mais il y a un fond de raison dans son propos, et je suis trop femme pour ne pas le reconnaître.

« Vous me connaissez bien peu, et je ne crois pas que vous puissiez décider à laquelle de ces catégories j’appartiens, messire » dis-je dans un murmure sifflant en quittant l’assise du fauteuil, laissant derrière moi en petit tas la cape que j’ai dénouée et qui expose mes épaules dans la robe sombre que je porte ce soir. Presque méprisante, je le toise d’un air hautain, dégrafant un par un les crochets qui retiennent le corsage de ma robe. « Alors ? » Le corsage ouvert, je m’en défais d’un souple mouvement d’épaules, laissant le tissu d’encre de mes jupes glisser au sol dans un bruissement feutré. L’air frais de la nuit éveille un frisson sur mon dos dénudé, et j'y étale mes cheveux dénoués avant de laisser mes bras retomber le long de mon corps, simplement vêtue de mon jupon aussi sombre que la nuit. « Suis-je malice... ou trésor ? »












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Message Sujet: Re: I can't tell where the journey will end   I can't tell where the journey will end EmptyDim 5 Juin - 2:51

Tout voleur considère ses malices tel un trésor.. Braver les interdis est devenu une vocation pour ces Hommes qui en ont fait un métier. L'appât du gain est une soif à assouvir, certains dont la force ou la beauté mesure celle des Dieux préfèrent étaler au grand jour leurs richesses au péril d'être volés. Le monde connaîtra toujours une différence social au sein même de la population, différence observée de par les accessoires, les domaines, les lieux de résidences et la manière de parler, marcher, réfléchir voir même acheter. Les voleurs eux, quasiment unanimement, firent de cette voie leur vocation non pas par envie, mais pas besoin. Une nécessité de survivre dans une époque où la vie est rude et dans laquelle glisser une pomme sous son manteau peut coûter une main. Nombreux sont ceux qui n'ont pas les moyens de se payer à manger, les plus faibles, peureux et honnêtes décident de mendier, priant à chaque passant pour acquérir une pièce qui rallongera leur vie d'une journée. Les autres, pour la plus part, finissent au concours d'entrée de la Cour des Miracles. Confiant et nécessiteux, peu d'entre eux finissent par être accepter au sein de la Guilde et pour cause, aucun d'entre nous n'a le droit d'échouer.
Ce test d'entré n'est pas qu'une mise à l'épreuve physique, une confiance doit naître et c'est de ce fait, que le Second des Ombres ne capitulera pas à une simple demande, aussi belle soit-elle.

Observant avec intérêt cette Muse, laissant tomber un à un ses vêtements, ses gestes lents et souples témoignant de son habilitée et de son expérience, dont le voleur se doutait bien, les flammes de la cheminé éclairant la pièce faisaient danser l'ombre de cette tentatrice derrière elle. Tyr lança un sourire empli de satisfaction à la voleuse qui, dans son regard, témoignait d'une rancœur certaine bien que cela ne se reflétait ni dans ses mouvements, ni dans son ombre.
Inspirant profondément à la question de cette dernière, le Second des Ombres se redressa du bureau sur lequel reposait ses fesses précédemment, traversant la pièce tel un courant d'air il esquiva la femme à moitié nue présente au centre tout en lui ordonnant d'une voix ferme mais délicate de ne pas faire un geste. Verrouillant la porte d'entrée avant de tourner les talons, il retira son long manteau noir, dévoilant une chemise de coton aux manches retroussés pour finalement reprendre sa marche dans le dos de sa partenaire. Ses doigts aussi agiles que fermes glissèrent dans la chevelure sombre de Mélusine, dévoilant sa nuque il déposa l'ensemble de ses mèches sur l'une de ses épaules, se collant alors à elle, il susurra à son oreille tout en déposant une main sur le bas du ventre de cette dernière«Mes trésors sont toujours faits de malice, vous pouvez vous considérer comme l'un et l'autre, étant aussi belle que dangereuse».

Malgré les tensions charnelles du voleur et explosives de la fille de Séverac. Tyr avait pour habitude de s'enfermer en présence d'individus dans son bureau, non pas pour ne pas être dérangé, mais pour éviter à ses hôtes de s'enfuir trop facilement dans le cas où ils auraient l'intention de le poignarder. Il serait trop facile pour une femme, d'autant plus une Femme des Miracles, de séduire un homme dans le but de le dérober, voir même de dérober à sa vie. De plus, séduire et voler étaient biens là les atouts dont Mélusine avait fait une profession. La méfiance malgré la plaisir était de rigueur.
Relâchant la voleuse après quelques secondes, il s'installa face à elle sur cette chaise de bois massif aussi confortable qu'attrayante, lançant un regard provoquant, muni d'un sourire malsain mais doux à la fois à cette Muse, il plongea ses prunelles dans les siennes sans un mot de plus.
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Je suis : baronne de Sylvamir, marquise de Sinsarelle, dame de Séverac, Voleuse de la Cour des Miracles

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J'ai fait allégeance à : la Cour des Miracles
Mes autres visages: Quitterie ♦ Ljöta ♦ Rejwaïde ♦ Faustine ♦ Pénélope ♦ Shéhérazade ♦ Chasteté
Message Sujet: Re: I can't tell where the journey will end   I can't tell where the journey will end EmptyVen 10 Juin - 0:49


I can’t tell where the journey will end
But I know where to start
Tyr & Mélusine • 9 juin 1001


Un bien étrange sentiment oppresse l’arrière plan de mes pensées, et il me faut un instant avant de mettre le doigt dessus. Bien sûr, il y a cette colère sourde de la femme ravalée à un morceau de chair utilisable à loisir, il y a cet orgueil de race profondément outragé devant le refus sans considération qu’on vient de lui opposer, il y a cette fierté blessée de devoir mendier une faveur là où l’on est habituée à être obéie sans discussion. Il y a tout cela c’est vrai, et je suis bien trop consciente des excès de mon tempérament pour le nier ; mais il y a aussi une pointe de douleur légère qui pulse en sourdine dans les tréfonds de mon âme, et au bout de quelques instants, tandis que le Second m’ordonne de rester là pour s’en aller verrouiller la porte, je réalise soudain d’où elle provient.

Regret.
Nostalgie.
C’est le souvenir du passé qui resurgit.
Du temps d’avant, d’avant mon départ, d’avant mon absence, du temps où Hiémain était encore là et où le Fils des Ombres était différent – de ce temps-là, jamais je n’avais eu à m’avilir ainsi. La Cour des Miracles m’avait ouvert grand les bras, acceptant en son sein la noble que je suis, mon indépendance, mon envie d’aventures et la légèreté de mes jupons, sans jamais me contraindre à quoi que ce soit de dégradant. Telle est l’essence des enfants des Miracles : tout sacrifice doit impérativement être librement consenti ; et rien ne doit être arraché qu’ils n’aient choisi de donner. La place que j’avais reçue ici à l’issue de mon apprentissage englobait bien plus que mes mœurs modernes ; l’on y honorait ma compétence, et ma capacité à remplir les missions qui m’étaient confiées.

L’on n’avait jamais auparavant réduit ma personne au rang subalterne d’objet à marchander. Quand suis-je devenue aussi insignifiante et négligeable ? Je grince des dents, sous le regard équivoque de cet homme qui me fait face, et l’indignation me fouette le sang. Il se glisse derrière moi : je sens sa main dans mes cheveux, son souffle dans mon cou, ses doigts sur ma peau, et le frisson qui parcourt mon dos n’a rien d’agréable. Je suis femme de plaisirs, pourtant ; j’aime à m’étourdir sous les mains d’un homme et à vibrer sous ses caresses, mais ma colère est si vive ce soir que mon corps reste sourd à tout effleurement. Il s’assied devant moi, me toise de ce regard crispant qui n’aurait pas déparé dans une gargote mal famée, et je ne peux m’empêcher soudain de le trouver indigne de sa fonction. Qui suis-je pourtant pour porter un jugement sur le Second des Ombres, l’homme de confiance de notre souverain sans visage ? Je n’ai pas de jugement à porter sur lui – mais je ne peux m’empêcher de regretter démesurément ce temps d’avant où je pouvais m’installer à la terrasse d’une des tavernes de la Cour et rire à gorge déployée avec mes frères et sœurs des Ombres, sans malentendu, sans faux-semblants, sans convoitise honteuse ni sordide humiliation.

Alors, d’un mouvement décidé, je tourne le dos à Tyr Parle-d’Or assis dans son fauteuil comme un roi sur son trône, envoyant voler cette chevelure qu’il avait repoussée sur mon épaule. De quelques pas, je retourne vers mon siège, me drape dans ma cape pour cacher ma nudité avec laquelle je suis pourtant fort à l’aise, mais qui n’a pas sa place ce soir. Nouant soigneusement les cordons, je fais face à l’homme. « Je ferai porter dès demain une somme conséquente dans les coffres de la Guilde, pour satisfaire votre convoitise et payer le droit d’apprentissage d’Agathe Martel. » Mon ton est calme, mais d’une résolution d’acier que jamais personne n’a réussi à faire plier. C’est l’orgueil de Séverac qui parle, marié à cette fierté barbare du peuple sauvage des dunes d’Erebor, et je me sens mieux, maintenant que j’ai refusé de déchoir à mon rang. « Pour le reste, monseigneur Second – s’il vous prend l’envie d’évaluer la qualité des trésors que je conserve par-devers moi, la prochaine fois, il vous suffira de demander. Je suis une fille des Miracles, sujette du Fils des Ombres, loyale à Isil et fidèle à mon serment. Ce qui est mien m’appartient : l’on ne peut me faire chanter. Je paierai le droit que je suis venue quérir, comme il est loi de s’en acquitter ; et en compensation de votre déception, messire, je vous en prie : gardez ma robe. »

La petite pointe d’ironie sous-jacente, c’est l’insolence flagrante des filles des pavés, ces Voleuses de charme auxquelles j’appartiens et qui ne peuvent s’empêcher d’utiliser tous les moyens pour parvenir à leurs fins. Un zeste de bravade, un peu d’esbroufe : l’affirmation de mon indépendance, et de ma liberté.











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Message Sujet: Re: I can't tell where the journey will end   I can't tell where the journey will end EmptyVen 10 Juin - 1:56

Un sourire, un geste, un clignement de cil peut parfois suffire comme seule réponse, mais son interprétation n'est jamais perçue de la même façon. Assis sur son siège, Tyr observait, le malice au coin des lèvres, cette fille des ombres lui tourner le dos. Sa cheville droite se posa calmement sur son genoux gauche, les doigts entrelacés sur son ventre, il écoutait avec attention la frustration et l'énervement certain de cette dernière. Une inspiration profonde, silencieuse et calme abreuvait toute la perfidie de son acte. Le temps paraissait long, lourd et froid du côté de ce siège dans lequel reposait Tyr, une réciproque certaine au sentiment qu'éprouvait à coup sûr cette femme qui était encore une étrangère aux yeux du Second.

Il se releva soudain, sans un mot, sans un bruit, sans un souffle de plus, se dirigeant à l'arrière de son bureau en bois massif. Un édifice au sein de la Cour, un meuble ayant endossé les bras de plus qu'un homme proche du Fils des Ombres. Il est intransigeant pour un tel rang de se permettre des faveurs scrupuleuses envers sa propre famille, Tyr en avait bien conscience, mais cette tâche qu'il avait accepté d'acquérir au bon vouloir du Roi lui-même l'obligeait cependant à malmener les fidèles.

Le bruit crissant de l'ouverture de son tiroir était rare en présence d'autres personnes dans ce bureau. Ils étaient peux à déjouer les malices du maître voleur, et pour ce, son rôle était bien souvent intransigeant, une comédie montée de toute part, un test parmi d'autres. Une faveur telle demandée par Mélusine après une aussi longue absence nécessitait une preuve de confiance, d’honnêteté et de franc parlé. Il déposa alors une plume, un encrier dont la couleur symbolisait à la fois la Cour des Miracles et le rôle dont chacun d'eux avait accepté d'endosser le fardeaux. «Mélusine de Sévérac, je vous prie de bien vouloir vous approcher, votre requête est acceptée». Ce choix pouvait sembler incompréhensible, détourné des événements passés et pourtant si proche. Néanmoins, c'est en cet instant, parmi le silence régnant dans la pièce que Tyr rédigeait une lettre, dans sa concentration, il rajouta «Sachez que tout l'or du monde n'est rien face à une personne digne de confiance, il me semble en effet que vous l'êtes, et de plus, apte à transmettre vos savoirs à cette jeune femme pour en faire une membre aussi pleine de bon sens que vous l'êtes à présent». Ce parchemin griffé d'encre stipulait en effet l'acception à la demande de Mélusine plus tôt.

Il ne pouvait prendre le risque d'offrir une telle requête à une membre capable d'oublier ses devoirs aussi longtemps, cependant, Tyr est humaniste avant tout. Il conçoit parfaitement le besoin de se détacher, des événements imprévus et inopportuns sont coutumes en ces terres et la seconde chance fait parti de ses principes si toute fois elle s'applique à des alliés. Glissant le serment le long du bureau, il tendu alors sa plume à la Fille des Miracles, lui lança un regard plein de remords sans pour autant lui les confier. «Vous me voyez navré d'avoir été l'homme à qui vous avez dû avoir à faire précédemment, mais dans l'intérêt de la Cour, il me semblait plus avisé d'avoir le cœur net quant à la confiance que je place en vous, ne le prenez pas personnellement, et cette fois-ci mes mots sont sincères, si votre requête est toujours d'actualité, je vous demanderait de bien vouloir signer ce bas de page, et de récupérer votre robe». Il n'avait pas pour habitude de se justifier, mais Tyr était un stratège avant d'être un brigand.
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Mélusine de Sylvamir
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Message Sujet: Re: I can't tell where the journey will end   I can't tell where the journey will end EmptySam 18 Juin - 16:14


I can’t tell where the journey will end
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Tyr & Mélusine • 9 juin 1001


Je peine à comprendre, l’espace d’un instant, ce qui joue devant moi maintenant. Je suis tellement blessée, en vérité, qu’il faut un moment à mon esprit enragé pour qu’il cesse de tourner en rond, remâchant sa hargne comme un fauve en cage. J’ai tellement peu l’habitude d’être ainsi insultée ; toute ma fierté blessée bouillonne dans mes veines révoltées, et je lutte contre mon tempérament qui voudrait lui sauter au visage, et arracher de mes ongles ces yeux insolents, ce sourire déshonorant.

J’ai toujours été excessive, oui, dans chaque instant de ma vie, et le Second des Ombres ne saura sûrement jamais qu’il est passé à deux doigts de, disons, l’amputation de certaines parties précieuses de son anatomie. Ou la décapitation. Je n’ai jamais tranché de tête encore ; mais assurément, cela doit être amusant. Je devrais peut-être me rendre en Lagrance et expérimenter sur la personne honnie de son chien de duc ? Même si le trépas est un sort trop bénin pour lui, j’envisage de faire les yeux doux à ma sœur chérie pour lui extorquer un contrat. Enfin, nous verrons cela plus tard : pour le moment, je dois surtout conclure l’accord qui m’est proposé.

« Isil soit louée. » J’ai exhalé mon soulagement dans un murmure, à bout de souffle soudain tant le contrecoup est violent. Les jambes coupées, je m’appuie des deux mains au bureau un instant, inspirant à fond pour m’éclaircir les idées. J’ai cru, l’espace d’un moment, que ce nouveau Second avait profané ce qu’il y avait de plus sacré dans la Cour des Miracles. Quelle joie de voir qu’il n’en est rien – même si la tête me tourne encore un peu. Je n’apprécie pas forcément d’être manipulée ainsi, mais il est supposé s’assurer de la bonne tenue de la Cour, il est garant de la fiabilité de chaque Voleur, de chaque Espion, de chaque Mendiant ; alors, au final, je préfère être testée que méprisée.

Tendant une main un peu tremblante, je saisis la plume, la trempe dans l’encrier. Hochant machinalement la tête pendant ses explications, je consulte le document qu’il m’a tendu, vérifiant qu’il s’agit bien de ce que je suis venue quérir : une dérogation accordant à un apprenti l’exemption des épreuves de recrutement, sous la tutelle d’un Fils ou d’une Fille des Miracles officiellement reconnu. De l’écriture soignée des filles élevées dans la noblesse sous la tutelle d’un précepteur exigeant – mon père – j’inscris le nom d’Agathe Martel sur la ligne vierge prévue à cet effet. La petite m’attend dans la chambre douillette que je lui ai attribuée à la Tour de Séverac, sous l’étroite surveillance de Joséphine qui veille sur elle et sa sœur aînée avec la vigilance d’une véritable mère poule. Maintenant qu’elle est officiellement mienne, la mignonne, je vais l’installer plutôt dans la Tour de Sinsarelle, et Mélisende confiera sûrement Aubrée à l’un de ses comparses.

Cela fait si longtemps que je n’ai eu d’apprenti satisfaisant – je me revois accepter Perle comme élève, et je frémis encore d’indignation devant l’ingratitude qu’elle a manifestée. Espérons que cette autre petite Belliférienne saura se montrer mieux élevée que sa payse… Sa mère, en tout cas, semble être une femme tout à fait comme il faut, et la chaleur avec laquelle mon frère m’a parlé d’elle en dit long sur le respect qu’il lui porte. De toute manière, Mélisende et moi ne pouvions qu’accepter de tirer nos consœurs des griffes de ces hommes qui voudraient les contrôler.

D’un geste déterminé, une fois rassérénée, je signe en bas du rouleau, sèche l’encre d’un souffle, et le roule soigneusement, le tendant à Tyr pour qu’il le reprenne. « Je vous remercie, Second. Je mènerai prochainement la jeune Agathe sur nos pavés pour lui présenter la Cour, une fois de retour du couronnement de l’impératrice de Faërie. » Je glisse un mince sourire, m’inclinant devant lui avec bien plus de sincérité que tout à l’heure. « Quant à la robe, ma foi – gardez-la, seigneur Second. Elle vous aidera peut-être à vous rappeler de moi. » Une once de malice, un brin de taquinerie ; je me relève et quitte le bureau, resserrant les pans de ma cape autour de moi, le pas plus léger qu’à mon arrivée.

Isil soit louée... !




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