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 Rien ne vaut une bonne flambée

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Message Sujet: Rien ne vaut une bonne flambée   Rien ne vaut une bonne flambée EmptyDim 15 Mai - 21:25


Livre I, Chapitre 3 • Les Amoureux du Vent
Melinda Orlemiel & Freyja de Brunante

Rien ne vaut une bonne flambée



• Date : le 5 juin 1001
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Melinda entre dans la Taverne de la Rose et, comme à son habitude, s'interroge à haute voix sur les meilleures façons de provoquer le chaos.

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Message Sujet: Re: Rien ne vaut une bonne flambée   Rien ne vaut une bonne flambée EmptyDim 15 Mai - 21:26

J’étais perdue.

Un grand sourire illumina mon visage lorsque cette constatation se fraya un chemin dans mon esprit. La plupart des gens normaux n’auraient probablement pas été aussi heureux de se perdre dans une ville comme Lorgol, mais mon horaire de la journée était à peu près vide. Tant que la période d’entretiens de l’Académie de Magie et de Savoir n’avait pas commencé, je n’avais pour ainsi dire pas d’autres choix que d’errer au hasard dans les rues, explorant, découvrant, et apprenant, heureuse comme un enfant devant un nouveau jouet. Dans ces circonstances, passer toute la journée, voire même toute la nuit à tenter de retracer mon parcours jusqu’à une partie de la cité plus familière, était la meilleure chose qui pouvait m’arriver.

— Je commençais à penser que je connaissais Lorgol assez bien pour pouvoir retrouver mon chemin n’importe où, maintenant, remarquai-je à haute voix, sans la moindre touche d’exaspération. Raté, Melinda.

En un mois d’exploration, j’aurais pu parcourir au moins une cinquantaine de fois un village comme le mien. Pourtant, j’avais le sentiment que Lorgol n’avait pas de limites, et que la ville conservait quelque part dans un petit recoin un trésor que je n’avais pas encore pu apercevoir. Avec un enthousiasme renouvelé, les yeux écarquillés comme des soucoupes, je descendis la rue en regardant de tous côtés. En fait, c’était une rue tout à fait habituelle, bordée de deux rangées de maisons, et parcourue de quelques passants un peu plus pressés et un peu moins perdus que moi, qui avançaient d’un pas rapide. Pourtant, c’était une rue de Lorgol et ça faisait toute la différence à mes yeux.

L’idée d’explorer la ville aux Mille Tours me donnait un sentiment d’indépendance exaltant. Je me surprenais à n’avoir pas commis la moindre bêtise depuis un mois. D’un autre côté, n’ayant plus de véritable autorité à laquelle me confronter, mes âneries se retourneraient probablement contre moi au lieu d’ennuyer mon monde, ce qui ternirait de beaucoup l’amusement que je pourrais ressentir. Néanmoins, je n’avais même pas eu le besoin dévorant de me lancer un nouveau défi. Visiter Lorgol concentrait l’essentiel de mon attention, et parvenait à m’apaiser bien mieux que toutes les tentatives de mon frère et de mes parents en ce sens.

— Tu me surprendras toujours, Lorgol, susurrai-je en m’enfonçant plus profondément dans le réseau de ruelles inconnues.

Je marchai encore quelques minutes avant que mon regard ne tombe sur la devanture d’un bâtiment. La Taverne de la Rose. Presque malgré moi, je laissai mes pas me porter jusqu’à la porte de bois, guidée par la curiosité. Je poussai le battant, profitant au passage de la texture du bois sous ma paume. Ce genre de détails me rappelait que ce que j’étais en train de vivre était réel. Après un mois à Lorgol, j’avais encore du mal à réaliser que j’avais vraiment tenté cette folie de quitter mon foyer et de partir pour l’Académie. Et pourtant, tous les matins, en me réveillant, je m’apercevais que ce n’était pas un rêve. J’étais bien là. A Lorgol. A attendre les entretiens qui m’ouvriraient les portes de l’Académie.

J’entrai dans la taverne et pris une profonde inspiration. Je parcourus rapidement les lieux du regard, observant avec un intérêt détaché les clients attablés qui discutaient entre eux ou qui, seuls, se morfondaient sur leurs chaises, perdus dans la contemplation capitale de leur verre. Soudain consciente que je venais de marcher toute la journée, que mon corps désirait une petite pause et que j’avais soif, je m’assis à une table et commandai une bière. Par habitude, mes doigts caressèrent ma bourse pour en soupeser le poids. Au début, il m’avait paru évident que j’aurais assez d’argent, mais Lorgol était une ville qui coûtait plus cher que je ne l’aurais pensé et je commençais à m’inquiéter de mon avenir. Enfin…  « inquiétude » était peut-être un mot un peu fort. Disons que la question m’était déjà passée une ou deux fois par l’esprit. Je secouai la tête pour passer à autre chose et décidai de patienter en attendant ma commande.

Patienter, selon ma définition, ne signifiait pas rester immobile en se tournant les pouces, ce qui, pour le coup, serait encore plus ennuyeux. Non, pour passer le temps, je cherchais la chose la plus incroyablement stupide à faire selon l’endroit où je me trouvais. Autrement dit, celle qui aurait le plus de conséquences désastreuses. Habituellement, je ne mettais pas en application ces idées-là (à moins que l’une d’entre elle ne me paraisse vraiment trop bien trouvée pour être gâchée) mais j’avais pris l’habitude de les dire à voix haute, et rien que ça, généralement, parvenait à m’attirer des ennuis. Mes parents avaient essayés de m’éduquer pour faire disparaitre cette mauvaise habitude, prouvant encore une fois qu’ils n’avaient rien compris. Le plus amusant, ce n’était pas de dénicher la bêtise la plus grave que je puisse faire, mais de voir la réaction des autres si j’énonçais simplement lesdites bêtises à voix haute.

— Alors, voyons voir, voler un client ?

La plupart des établissements qui se respectaient un tant soit peu et qui voulaient garder leurs clients abhorraient les voleurs. Toutefois, Lorgol était une ville surprenante, et si je m’y prenais assez discrètement, personne ne verrait rien. Non, voler quelqu’un ne m’attirerait pas de grands ennuis, du moins, si j’étais assez intelligente pour passer inaperçue, ce dont je ne doutais pas. Je fis la moue.

— Non, agresser un client, voire le tuer, ce serait sans doute préférable.

Il régnait un calme relatif dans la taverne, et il ne faisait aucun doute que lancer une bonne baston serait très très mal vu. Cette idée parvint à me faire sourire. Je n’avais pas la moindre chance de m’en sortir indemne si je donnais un coup ou deux. D’abord, je n’étais pas sûre qu’eux sentiraient quoi que ce soit si je les frappais, mais en plus, la probabilité qu’ils ripostent était particulièrement élevée. Et il y avait de fortes chances pour que j’en ressorte avec un nombre d’ecchymoses absolument invraisemblables, voire un ou deux os cassés et quelques organes aux mauvais endroits. Oui, c’était effectivement une très mauvaise idée. Mon sourire s’effaça. Ou alors, ils se moqueraient de moi lorsque mes coups resteraient sans effets. Ce qui, du coup, ne serait pas aussi amusant.

— Rien ne vaut une bonne flambée..., songeai-je soudain avec un sourire mutin. Et si je brûlais cet endroit ?

Oui, personne ne pourrait rester indifférent si je brûlais cette taverne. Le propriétaire serait probablement furieux, mais également les clients qui n’avaient pas encore terminé leurs consommations, et les habitués qui tenaient à cet endroit. Pour le coup, j’aurais une bonne partie de Lorgol sur le dos et – qui sait ? – l’Académie, avertie de mes frasques, déciderait peut-être de me rayer de sa liste à tout jamais. Je devrais retourner piteusement chez mes parents et leur dire que parce que j’avais simplement fait brûler une taverne juste pour m’amuser, j’avais été mise à jamais à la porte de l’Académie et que je n’étais désormais plus considérée comme bienvenue aux yeux des habitants de Lorgol… ou du moins, aux yeux de ceux qui appréciaient cet endroit. La ville aux Mille Tours était assez grande pour que certains des résidents ne soient même pas au courant de mes méfaits.

— Adjugé pour l’incendie, alors, m’exclamai-je en constatant du même coup que j’étais sur le point de recevoir la bière que je j’avais commandée.

Je m’emparai de la chope et réglai immédiatement ce que je devais.

— Merci, murmurai-je avec un large sourire.

J’étais effectivement très contente. Aujourd’hui était une journée parfaite. Une de ces journées où j’avais le sentiment que le monde était fait juste pour moi. Depuis mon arrivée à Lorgol, en fait, la plupart des jours avaient été ainsi. Mais cette « routine heureuse » ne ternissait en rien mon bonheur.

Etre ici, loin de chez moi, en toute liberté, était toujours aussi plaisant.
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Message Sujet: Re: Rien ne vaut une bonne flambée   Rien ne vaut une bonne flambée EmptyDim 22 Mai - 22:33


Rien ne vaut une bonne flambée
A part une bonne dérouillée
Melinda & Freyja • 5 juin 1001


Nous voilà de retour. Enfin. Ces dernières semaines de traversée ont été éprouvantes. Avant cela, l’absence terrible de mes deux aînées : Lou-Ann et Lena, disparues en mer après leur enlèvement par la Marie Sanglante, m’ont affreusement manqué, et l’inquiétude m’a tenaillée sans répit jusqu’à ce qu’elles soient retrouvées, mes deux petites, mes mignonnes. La tentation est grande de les garder enfermées jusqu’à leurs trente ans, mais je sais très bien que le sang qui coule dans leurs veines les fera s’échapper à la première occasion… Aussi, mon capitaine et moi avons-nous décidé d’un compromis. Ce matin, il a repris la mer avec l’équipage – et sans moi, alors que nous ne sommes pas en hiver, et que je ne suis pas enceinte. A ma connaissance, du moins. Non, je suis restée à terre pour nos enfants : pour Lou-Ann, qui reste aussi jusqu’au prochain retour de l’Audacia où nous remonterons à bord ensemble, pour Lena qui passera son entretien d’entrée à l’Académie dans le courant de l’été, pour Lucy et Leo qui ont été privés de leurs sœurs ces derniers mois. Un bonheur tout simple. Sans mon capitaine, mon Philippe qui vogue sans nous, mais il a ses obligations, et ces quelques jours qu’il a passés avec nous ont été fort doux.

Pour le moment, je reprends donc en main la gestion de la taverne. L’intendante à laquelle je confie nos affaires quand je navigue a fait de l’excellent travail, et je la sais ravie de profiter de quelques vacances inattendues. J’ai fait le tour de nos fournisseurs locaux ce matin, reprenant contact avec chacun. Petit à petit, je reprends mes marques à Lorgol, comme après chaque traversée. L’omniprésence de la conscience de Rhéa en marge de mes pensées me manque quand je suis à terre ; mais je sais que je serai chaleureusement accueillie à bord à mon retour. Pour l’instant, je profite de la capitale des peuples libres, écoutant les murmures qui bruissent le long des pavés, saluant nos clients habitués et les nouveaux arrivés depuis mon départ. J’aime redécouvrir cette cité millénaire, qui est pour moi un foyer bien plus que les plaines de Bellifère où se trouve mon domaine, ou les rivages d’Ansemer qui m’ont vue naître.

Mais bon, l’endroit que je préfère, c’est tout de même la Taverne de la Rose. Je l’aime, cet endroit bien à moi, qui sent bon la piraterie et le grand large, mais qui accueille quantité d’habitants de la Cour des Miracles et même, je n’en suis pas dupe, des membres de la Confrérie Noire. C’est un lieu accueillant, où chacun est le bienvenu tant qu’il ne nuit pas à son voisin, et je mets un point d’honneur à faire respecter cette règle cardinale de la maisonnée. Depuis une dizaine d’année, je loge même dans les étages supérieurs du bâtiment des jeunes élèves de l’Académie de Magie et du Savoir : ils paient un écot symbolique pour payer leur nourriture, et dépannent de quelques menus services. J’ai sûrement la taverne la mieux entretenue de toute la capitale. Sans compter le vaste jardin à l’arrière, arrivé là je ne sais trop comment, mais sûrement en rapport avec les deux mignonnes du premier : la petite mage en quatrième année de floraison, et sa copine la petite savante horticultrice. Il manquerait juste deux-trois abeilles là-dedans pour qu’on devienne complètement autonomes de ce côté-là. J’irai peut-être mettre une petite annonce à l’ambassade d’Outrevent dans la Ville Haute, on ne sait jamais.

En tout cas, le confort de ma taverne ne saurait être remise en question par les velléités pyromanes d’une cliente – aussi, décrochant le sabre suspendu sous le comptoir, je me glisse jusqu’à celle que le serveur m’a signalée. Elle parle toute seule, et je me méfie : on ne sait jamais quelles idées folles peuvent avoir les jeunes à peine débarqués de leurs campagnes, et la vie trépidante de la capitale peut entraîner n’importe qui aux pires excès, surtout des esprits juvéniles pas encore bien terminés. D’un geste vif, je place la pointe de l’arme contre la nuque de l’inconnue, appuyant juste assez pour qu’elle sente la froide morsure de l’acier, mais pas au point d’entailler sa peau. « Demoiselle, je sais pas du tout qui tu es, mais tu as deux options. Soit t’es sage, tu mouftes pas, tu paies et tu peux finir ton assiette ici sans qu’il t’arrive de peccadille, soit tu veux casser des choses et là, il risque de t’arriver quelques menues bricoles. A toi de voir, gamine. » Tout autour, je sens l’atmosphère se tendre. Mes pensionnaires se préparent à intervenir pour défendre les murs qui les abritent, je vois des pirates tâter les pommeaux de leurs sabres, quelques sombres silhouettes encapuchonnées se redresser, quelques habitués affiliés aux arcanes activer leurs magies respectives.

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Message Sujet: Re: Rien ne vaut une bonne flambée   Rien ne vaut une bonne flambée EmptyLun 23 Mai - 23:17

Je profitais sagement de ma bière – dont le goût m’importait beaucoup moins que son effet désaltérant – me délectant avec une satisfaction toute simple de cet instant de calme et de tranquillité lorsque je sentis brutalement le contact glacé d’une lame contre ma nuque. Je n’étais habituellement pas sujette au genre d’inquiétudes que provoquait le mot « danger », mais je devais avouer que c’était la première fois que quelqu’un me menaçait de son arme avec autant de sérieux. Pour le coup, même si je n’avais pas vraiment peur, et que la mort me semblait aussi impossible qu'un grain de bon sens dans mon esprit, mon assurance vacilla sur ses bases, que je croyais pourtant solides.

J’entendis l’avertissement de mon assaillant – mon assaillante, en réalité, comme le prouvait sa voix indubitablement féminine – dans un état second, focalisée sur cette arme toute prête à m’entailler la peau. J’avais levé les mains en l’air en signe de reddition, plus par réflexe que par véritable intention de me soumettre à la volonté de cet agresseur. Je sentis également la soudaine tension qui avait envahi la salle. Le silence était tombé. Tous les regards étaient braqués sur nous. Tout ça parce que j’avais seulement insinué que je pouvais peut-être éventuellement mettre le feu à cet endroit ? Pas de doute, l’incendie, c’était une excellente idée, aussi foireuse que je les aimais. Apparemment pas de celles, toutefois, que je me déciderais à appliquer. Du moins, pas avant de m’être dépêtrée de cette situation, et d’avoir dirigé cette lame vers un point moins sensible que mon cou. Nonobstant les circonstances, l’incendie restait une idée merveilleusement bien trouvée.

Malheureusement, comme bien souvent dans ce triste monde, personne n’était de mon avis, et surtout pas mon agresseur, qui semblait fermement décidé à défendre cette taverne. Songeant qu’une telle mimique passerait fort mal dans cette situation, je ravalai un large sourire, sans doute un peu nerveux. En réalité, j’espérais trouver des arguments assez convaincants pour m’en sortir sans dégâts, et pour expliquer que l’incendie n’était pas vraiment un projet que j’avais en tête, mais plutôt une de ces idées de bêtises qu’un enfant ne met jamais en application. Comme d’habitude, bien évidemment, ma langue me trahit, et je parlai avant même d’avoir pu veiller à offrir des arguments raisonnables et recevables :

— Je suis Melinda Orlemiel.

Qui pensait à se présenter dans ce genre de circonstances, sincèrement ? Ma propre stupidité, en cet instant, m’effarait. Même moi, à vrai dire, je ne me serais pas cru capable d’une telle chose. Mais je m’avérais souvent plus irréfléchie encore que ce que je ne croyais possible. Naturellement, alors que la prudence aurait dicté à quiconque de baisser la tête et de s’arrêter là, je ne pus m’empêcher d’en rajouter une couche.

— C’est pour que vous puissiez savoir qui je suis, précisai-je comme si ça avait une quelconque importance. Enfin… peu importe, je suppose. En tout cas, je peux me montrer très sage, mais ne le dites surtout pas à mes parents, ils risqueraient de vous croire, et de m’obliger à me montrer docile jusqu’à la fin de mes jours. Ce qui, vous l’avouerez, serait plutôt ennuyeux.

Je m’humectai les lèvres, consciente que rien dans mon pitoyable plaidoyer ne poussait à me laisser la vie sauve, si ce n’était peut-être un sentiment de profonde pitié. Avant que mon assaillante ait pu ajouter quoi que ce soit, je poursuivis pourtant :

— Donc, comme vous le disiez tout à l’heure, je vais me taire, renoncer à toute idée de jouer avec le feu – dans tous le sens du terme, d’ailleurs – finir gentiment ma bière et m’en aller sans demander mon reste, et sans causer d’ennui.

Je me mordis la lèvre inférieure, espérant avoir été suffisamment convaincante pour éviter les ennuis. Parce que j’étais sûre que mon assaillante ne plaisantait pas le moins du monde, contrairement à moi. Oh, et aussi parce que, pour une fois dans ma vie, je sentais le souffle du danger m’effleurer le cou.

Au point que j’étais presque sur le point de passer de l’inquiétude à un soupçon de peur.
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Message Sujet: Re: Rien ne vaut une bonne flambée   Rien ne vaut une bonne flambée EmptyMar 5 Juil - 2:02


Rien ne vaut une bonne flambée
A part une bonne dérouillée
Melinda & Freyja • 5 juin 1001


Elle a levé les mains en l’air. Brave petite. Je me méfie quand même, on ne sait jamais – les deux terreurs qui louent l’appartement privé à l’étage ont suffisamment ravagé mon intérieur pour que je sache à quel point les jeunes filles mignonnes peuvent être affreusement contondantes pour un mobilier innocent. Entre les expériences étranges, les substances nocives, les inventions saugrenues et les collisions en tout genre, j’ai été servie : et si la Taverne a survécu, ce n’est pas pour ajouter l’incendie à la liste des périls qu’elle aura subis, ça non – jamais, moi vivante ! Je garde donc un œil suspicieux sur la jeunette, poursuivant mon étude de la terroriste dans son milieu naturel.

Melinda Orlemiel. Mmm. Un nom de Lagrane, ça – ou d’Outreventoise, peut-être. Elle a bien l’accent des arriérés des falaises, à bien y réfléchir. Qu’est-ce qu’elle vient fabriquer à Lorgol ? Dans la Ville Basse ? Dans ma taverne ? Fronçant les sourcils, pinçant les lèvres, je campe un point sur ma hanche et abaisse légèrement la pointe de ma lame. Un flot de paroles sans queue ni tête s’échappe de ses lèvres, et sous la contrariété méfiante qui pulse sous ma peau, un brin d’amusement commence à poindre. Elle a l’air un peu paumée, cette gosse, mais elle a visiblement pas la langue dans sa poche, et ça me plaît comme qualité. Après tout, il en faut du courage – ou de l’inconscience – pour se laisser aussi peu démonter par une assemblée de pirates, mages, coupe-jarrets et malandrins de tout poil. D’un signe de tête entendu, je fais signe à ma clientèle de se calmer – j’ai la situation bien en main, et je sais qu’à la moindre alerte de ma part, ils lui tomberont tous dessus à bras raccourcis. Au fil des années passées ici, à mi-chemin entre la terre et les flots, la Taverne s’est bâtie une solide réputation de confidentialité, de tolérance et de convivialité. Point de jugements portés ici, chacun est bienvenu du moment qu’il ne porte pas préjudice au bien-être des autres. Un peu comme sur le pont de l’Audacia, finalement – chacun est libre d’aller et venir à bord, tant que Rhéa y consent et que personne n’a à en souffrir préjudice.

Bien. Elle a compris, semble-t-il, et je lance mon sabre d’un mouvement rendu fluide par des années de pratique, droit dans les mains d’un acolyte qui le remet sans plus de façons sous le comptoir. Croisant mon regard, il hausse un sourcil en me désignant la jeune turbulente – qu’est-ce que tu vas faire d’elle, Freyja, semble-t-il me demander. Indécise encore, je hausse les épaules – je vais prendre le temps de me faire ma propre opinion, avant de prendre une fâcheuse décision. Le calme est revenu, petit à petit, et les habitués retournent à leurs occupations, rassurés de me voir détendue. Je perçois leur vigilance, toutefois – les oiseaux veillent sur le nid, et dans le coin de la salle, un jeune homme à l’œil vif aiguise négligemment sa lame, sans quitter la dénommée Melinda du regard. Il a sûrement des accointances avec la Confrérie Noire – je me doute bien que certains de mes familiers en sont, et cela ne me pose pas particulièrement de problème. Il faut bien que chacun gagne son pain, n’est-ce pas ?

Contournant ma jeune visiteuse, je m’assieds en face d’elle, faisant signe à Cléo, ma serveuse, de m’apporter une chopine de rhum. « C’est mieux comme ça. T’es la bienvenue ici, fillette, tant que tu casses rien et qu’tu te tiens bien. Je m’appelle Freyja : ici, c’est chez moi, quand je suis pas sur l’Audacia. Qu’est-ce tu viens donc faire à Lorgol, mignonne ? » Paisiblement, je m’appuie contre le dossier de ma chaise, attentive à la moindre nuance de son langage corporel. Chacun a droit à une seconde chance – libre à elle de corriger la première impression désastreuse qu’elle a faite à l’ensemble de l’assistance.

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Message Sujet: Re: Rien ne vaut une bonne flambée   Rien ne vaut une bonne flambée EmptySam 9 Juil - 22:14

Malgré la piètre qualité de mes arguments, et à ma grande surprise, mon assaillante finit par se calmer. Au fil de mes mots, elle écarta tout d’abord la lame de ma peau, calma ensuite sa clientèle d’un simple mouvement de tête – signe, à mes yeux, qu’elle possédait une bonne dose d’autorité – et lança finalement son arme sans la moindre hésitation, à un homme qui la rattrapa comme si la situation n’avait rien d’étonnant – preuve qu’elle savait parfaitement ce servir de cette arme. Je résistai miraculeusement à l’envie de lui demander de m’enseigner à faire de même. Nous n’avions pas commencé notre conversation dans les meilleurs termes, et je doutais qu’elle accepte de me laisser tenir une lame dans cet établissement, pas après que j’aie laissé entendre que je souhaitais le brûler. Je remis donc cette demande à plus tard.

Mon assaillante finit par me contourner pour s’asseoir en face de moi. Curieuse, je l’observai tandis qu’elle commandait du rhum. Il émanait d’elle cette même impression d’autorité et de dangerosité qui perçait dans sa voix. Si je devais trouver un mot, un seul, pour la qualifier, j’aurais choisi « imposante ». Assise, elle paraissait bien évidemment moins menaçante que lorsqu’elle tenait encore son arme sous ma gorge, mais je ne pouvais pas me départir du sentiment que, si je faisais montre de la moindre pulsion pyromane, je me retrouverais de nouveau dans une très mauvaise posture. Voire six pieds sous terre avant même d’avoir pu m’apercevoir de ce qui m’arrivait. Par chance, j’avais déjà décrété que c’était une bêtise que je ne commettrai pas.

Mon interlocutrice prit de nouveau la parole pour approuver mon assagissement. Elle m’affirma que j’étais la bienvenue tant que je me montrais sage. J’eus un sourire amusé, que je dissimulai derrière une nouvelle gorgée de bière. Ne rien casser ? Tout à fait à ma portée. Bien me tenir ? J’en étais capable, évidemment, mais le monde en deviendrait beaucoup moins amusant. D’un autre côté, la prolongation de ma vie valait sans doute bien quelques sacrifices. Si je devais épargner mes frasques à cette taverne, il me restait encore tout le reste du monde pour m’amuser et me complaire dans des défis rocambolesques.

Elle se présenta sous le nom de Freyja. Je ne pus m’empêcher d’établir le lien avec le mot « frayeur », et étouffai un léger sourire. Etant donné qu’elle m’avait épargnée, je supposai qu’il y avait bien plus en elle que l’inquiétude qu’elle était parvenue à susciter chez moi. Cet endroit que j’avais voulu détruire n’était autre que son chez-elle, après tout. Rien d’étonnant à ce qu’elle se soit montrée menaçante. Je me demandai brièvement ce qu’était l’Audacia exactement, mais je reléguai la question dans un coin de mon esprit lorsque Freyja me posa la sienne.

— Je suis venue à Lorgol pour rentrer à l’Académie, déclarai-je avec un large sourire. Enfin, c’est l’explication officielle, du moins, celle que j’ai donnée à mes parents et que j’utilise d’habitude pour répondre à la plupart de ceux qui posent la question. Quand je vois Lorgol, je me dis que même si je n’avais pas été mage, j’aurais cherché une excuse pour venir ici. Je n’aurais pas pu finir ma vie sans avoir vu cette ville.

Lorgol avait marqué un nouveau chapitre de mon existence. Bien entendu, mon séjour ici avait été marqué par du négatif : des moments de doute et la nostalgie de ma famille, de mon pays et de mes abeilles. D’un autre côté, j’y avais découvert le frisson grisant de l’indépendance et je m’étais allègrement abreuvée des merveilles de la Ville aux Mille Tours.

— J’ai le sentiment que Lorgol est une ville qui frappe irrémédiablement ceux qui franchissent ses portes. J’ai dû mal à m’imaginer être restée toute ma vie en Outrevent à m’occuper de mes abeilles. J’aime bien mon duché, là n’est pas la question, mais il m’aurait manqué quelque chose d’essentiel.

Je fronçai les sourcils, soudain frappée par une idée.

— D’un autre côté, peut-être qu’une autre ville que Lorgol aurait pu convenir. Je n’ai jamais quitté Outrevent avant de venir ici, alors il se pourrait que j’aie raté un tas d’autres endroits inoubliables.

J’eus un vague geste de la main, comme pour chasser les paroles que je venais de prononcer.

— Enfin, je suppose que ça n’a pas vraiment d’importance. Je visite Lorgol en attendant les entretiens d’entrée à l’Académie. J’avoue que j’aime bien votre taverne. Tant que je n’ai pas une lame sous la gorge, c’est un endroit plutôt agréable. Vous devez en être fière.

Je baissai les yeux sur mes mains, mal à l'aise.

— Je suis désolée que vous ayez pensé que je voulais menacer votre chez-vous. Je ne comptais pas brûler cet endroit, loin de là. Je trouve juste amusant de chercher les idées les plus désastreuses à avoir en fonction d'une situation donnée. Je ne les mets pas toujours en application.

J'esquissai un sourire hésitant, consciente que ce petit jeu ne devait probablement pas amuser tout le monde, et que ce n'était pas non plus une excuse. Je reportai mon attention sur Freyja, laissant ma curiosité s'exprimer.

— D’ailleurs, je me demandais... qu’est-ce que l’Audacia ?
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Message Sujet: Re: Rien ne vaut une bonne flambée   Rien ne vaut une bonne flambée EmptyLun 1 Aoû - 0:24


Rien ne vaut une bonne flambée
A part une bonne dérouillée
Melinda & Freyja • 5 juin 1001


Le sourire amusé qui traverse fugitivement les lèvres de la petite me laisse à penser que je vais devoir la surveiller de près. Très, très près : elle a l’air pleine de malice et d’énergie, et je me méfie un peu des errements de la jeunesse. Je l’aime, moi, ma taverne, qu’on ne vienne pas me l’estropier ! Il y a entre ces murs la vie entière de générations de pirates, et j’y tiens énormément. L’Audacia, c’est ma maison des flots ; et la Taverne de la Rose, c’est ma maison des terres. C’est là qu’on élève ma tribu de rejetons, bien que Lou-Ann ne s’en vienne bientôt avec nous sur les flots et que Lena s’émancipe prochainement à l’Académie. Il y restera au moins ma Lucy si mignonne, et bébé Leo qui découvre encore le monde avec ses grands yeux curieux de bébé heureux. Je ne suis pas la meilleure des mères, c’est certain ; mais je ne laisserai nul mal leur arriver.

Je la laisse parler, écoutant avec attention ses explications. Outreventoise… quelle idée saugrenue l’a prise de venir dans ces lieux de perdition ? Je n’ai pas de préjugés, mais enfin, tout le monde sait bien qu’ils sont pas spécialement rigolos, les Outreventois. Graine de mage, tiens donc ! La moitié de mes pensionnaires sont des étudiants de l’Académie, à croire que ma Taverne attire les candidats. Je ne sais pas trop dans quel domaine elle songe s’inscrire – j’espère seulement qu’elle ne tiendra pas à nous en faire une démonstration. Elle m’explique ensuite la raison de ses paroles inconsidérées, et ajoute quelques compliments sur ma taverne. La manœuvre est transparente, mais j’apprécie tout de même l’intention. Hochant lentement la tête, j’emmagasine toutes ces informations, et un petit rire amusé m’échappe lorsqu’elle me parle de l’Audacia.

« L’Audacia ? Tu n’es pas à Lorgol depuis longtemps, petite, hein ? L’Audacia, c’est la plus vieille vivenef encore navigante. Tu sais ce que sont les vivenefs, oui ?  Ces navires à la figure de proue éveillée, qui bouge et parle ? » C’est une manière bien sommaire de décrire Rhéa, et je cherche les mots qui sauraient lui rendre hommage, célébrer sa conscience, définir sa personnalité. Comment dépeindre l’Audacia pour que ma jeune visiteuse comprenne bien à quel point elle est merveilleuse ? « L’Audacia, c’est… C’est un rêve de liberté. Elle bat Pavillon Noir, elle règne sur les flots ! Elle peut parcourir les mers jusqu’à toucher l’horizon, elle chevauche les vagues et dompte les embruns, c’est la reine des océans, une des filles bien-aimées de Messaïon. Je navigue avec elle depuis que j’ai choisi la piraterie, et entre ses ponts, je me sens chez moi. Aimée, protégée, et en sécurité. L’Audacia, c’est… C’est un engagement, mais l’on gagne tellement en prêtant serment que l’on ne peut jamais songer à vouloir le rompre. »

Sauf Ismaïl. Un instant, mon humeur s’assombrit ; je ne sais pas s’il reprendra la mer quand nous lèverons l’ancre, et une part de moi l’espère. J’aime mon équipage, pourtant : mais il est de plus en plus évident que notre cartographe n’est plus vraiment à sa place à bord. Quelle tristesse, tout de même, nous avions tant l’espoir de parvenir à faire quelque chose de lui ! Enfin, j’espère qu’il trouvera la place qu’il mérite dans le monde. « Moi, je suis la seconde de l’Audacia. Celle du pont des femmes ; il y a un second pour le pont des hommes, car il y a presque autant de femmes que d’hommes à bord. Et quand le vent gonfle les voiles, que la coque fend l’eau et que la brise souffle sur le pont, quand je respire la mer et que le sel vient caresser mes lèvres, petite, je me sens… Je me sens à ma place, tu comprends ? »

Je doute qu’elle comprenne vraiment. Il faut avoir mis les pieds sur une vivenef au moins une fois pour comprendre la profondeur du lien qui unit une dame des flots aux humains qui vivent sur son dos. Deux mois encore, avant que le navire ne revienne au port me chercher, et que je ne remonte à bord. C’est le temps que je m’accorde pour remettre d’aplomb la vie de mes deux aînées. « Elle me manque. Pour le moment je reste au sol avec mes enfants, mais bientôt… Bientôt, je repartirai. »


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Message Sujet: Re: Rien ne vaut une bonne flambée   Rien ne vaut une bonne flambée EmptyLun 8 Aoû - 12:55

J’étais peut-être inculte – et pour mon interlocutrice je l’étais sans doute d’ignorer ce qu’était l’Audacia – mais je connaissais tout de même l’existence des vivenefs, aussi hochai-je affirmativement la tête. Pourtant, le mot était sans doute trop faible aux yeux de Freyja pour décrire à sa juste valeur ce navire, et lorsqu’elle se lança enfin, je compris pourquoi elle avait dû chercher ses mots.

Freyja était passionnée. Plus que je ne l’étais de mes abeilles, de mon duché, de ma famille. Et ses mots, à eux seuls, faisaient rêver. Je l’écoutai dans un silence presque religieux, tandis que ses paroles laissaient naitre tout un tas de questions – et de grisantes possibilités – dans mon esprit. Depuis que j’avais quitté Outrevent pour Lorgol, j’avais commencé à croire qu’il était impossible de concilier « liberté » et « chez soi ». De même, je voyais mal comment allier « engagement » et « liberté ». Pourtant, que Freyja soit parvenue à dépasser cette contradiction, c’était… beau.

Ainsi, elle était la seconde de l’Audacia. Je ne savais pas au juste quel était le rôle d’un second à bord, mais je supposais que c’était relativement important – je ne voyais pas, de toute façon, l’intérêt d’une tâche inutile sur un bateau. Quant à se sentir à sa place… non, je ne comprenais pas. Je n’étais pas certaine de savoir encore quel effet ça faisait de se sentir à sa place. Quand mon frère avait été encore en vie, peut-être, mais après… après j’étais devenue celle qui restait, même chez moi, surtout chez moi, à vrai dire. Et parfois, j’en venais à me dire que tout aurait été plus simple si je m’étais laissé mourir avec mon frère. Pour être à ma place, autrement dit, pour être à ses côtés. J’eus une moue mitigée à la question de Freyja.

— Je ne crois pas, non. Je ne crois pas être capable de comprendre. Mais ça a l’air… beau.

J’avais l’impression que le mot était trop faible, et en même temps je n’en trouvais pas d’autre, comme si mon vocabulaire était trop restreint pour décrire à sa juste valeur ce que je ressentais aux paroles passionnées de mon interlocutrice. Sublime peut-être. Parfait. Je pouvais comprendre que ça lui manquait, et qu’elle ait envie de repartir. Bien entendu, je ne doutais pas qu’elle appréciait passer du temps avec ses enfants – et d’ailleurs elle aimait cette taverne, puisqu’elle l’avait défendue contre mes envies destructrices – mais elle trouvait sans doute quelque chose de plus, là-bas, en mer, quelque chose de différent.

— Si vous vous sentez sur l’Audacia comme chez vous, alors c’est normal qu’elle vous manque, murmurai-je en baissant les yeux sur mes mains. D’autant plus si elle est aussi importante à vos yeux que vous le laissez paraitre.

Moi aussi, ma maison me manquait. Elle m’avait manquée dès l’instant où j’avais passé ma première nuit loin de chez moi. Pourtant, mon amour de la liberté, du voyage, et du défi que représentait la ville aux Mille Tours m’avait poussé en avant, encore plus loin de chez moi. J’avalai une gorgée de bière, avant de m’apercevoir que si Freyja était pirate sur l’Audacia, elle avait dû beaucoup voyager. Les yeux brillants, je me penchai vers elle.

— Vous avez dû voir un tas de choses extraordinaires en naviguant, fis-je remarquer d’un ton admiratif. Les paysages en mer doivent être magnifiques ; les étoiles dans le ciel nocturne éclatantes ; et les couchers de soleil splendides.

Je me rappelai d’un certain petit bonhomme que j’avais rencontré deux jours plus tôt.

— Et bien entendu, il y a les trésors pirates.

Mon admiration céda bientôt la place à la curiosité, et je lançai un coup d’œil interrogateur à Freyja.

— Je peux vous poser quelques questions ?

Je n’attendis même pas sa réponse avant de poser lesdites questions, que je laissai pleuvoir sans la moindre interruption.

— Est-ce que vous avez déjà fait le tour du monde ? Est-ce que vous avez déjà eu affaire à des tempêtes ? Est-ce que vous avez déjà failli vous noyer ? Est-ce que vous avez déjà eu des trésors pirates, au fait ? Est-ce que c’est déjà arrivé que l’Audacia n’ait pas envie de voyager ? Parce qu’elle a son propre caractère, non ? Et comment elle réagit quand elle n’aime pas ses passagers ? Quelle serait la chose la plus étrange que vous ayez jamais vue ? Et si…

Un léger sourire s’épanouit sur mes lèvres.

— Enfin, je ne vais pas vous demander ce que vous feriez si jamais vous étiez attaquée par d’autres bâtiments pirates, parce que j’ai pu constater par moi-même que vous saviez vous servir d’une lame.

Mon sourire s’élargit considérablement.

— D’un autre côté, je serai bien incapable de différencier quelqu’un capable de se battre de quelqu’un qui ne l’est pas.

Je m’aperçus que personne n’aurait été capable de caser la moindre réponse dans la pluie de questions que je venais de faire subir à mon interlocutrice, et mon sourire s’effaça légèrement.

— Désolée, je parle trop… je crois.
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