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 Une journée bien débutée..

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Message Sujet: Une journée bien débutée..    Une journée bien débutée..  EmptyJeu 26 Mai - 3:19




Livre I, Chapitre 3 • Les Amoureux du Vent
Melinda Orlemiel & Jehan Remot

Une journée bien débutée..

Qui se teinte d'imprévu




• Date : 18 Mai 1001
• Statut du RP : Libre / Rp Test
• Résumé : Alors qu'il s'attable à une taverne pour manger, Jehan se fait interrompre dans son repas par l'arrivée d'une jeune fille mystérieuse..

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Message Sujet: Re: Une journée bien débutée..    Une journée bien débutée..  EmptyJeu 26 Mai - 3:30

Jehan sortit de chez lui avec la ferme intention de n’absolument rien faire de la journée. Il n’était chargé en ce jour d’aucune mission, ce qui d’ailleurs faisait du bien, et il voulait tout simplement se laisser aller aux rumeurs et aux ragots de la Ville Basse. Les personnes dans la rue et dans les échoppes n’avaient que ces mots à la bouche : Audacia, Enlèvements, Grande aventure.. Il est certain que ce qui se déroulait au large des côtes de Lorgol avait tout d’évènements de grande ampleur. La preuve en était qu'on n'avait pas vu ces deux vivenefs amarrées côte à côte depuis bien longtemps! Mais en n'en savait pas plus que ça depuis qu'elles avaient toutes deux quitté le port..

La Ville Basse avait cette allure de fourmilière qui la caractérise tant. Alors qu’il se promenait, Jehan vit du coin de l’œil quelque chose qui l’intéressait dans une échoppe. Un livre trônait là, au milieu de tout pleins d’autres choses, poteries et bibelots qui eux étaient sans intérêt particulier. Il entra, et s’approcha de l’article qui l’intéressait. Le livre en lui-même n’avait rien d’extraordinaire : il n’avait ni une couverture travaillée, ni des dorures extravagantes, mais une chose pourtant le rendait précieux aux yeux de Jehan. Son auteur. Un poète précurseur en tout points, mais dont l’œuvre n’avait pas eue malheureusement un grand succès. Il avait très rarement vu de ses ouvrages sur les étalages d’autres boutiques.
La vendeuse, attirée par le carillon qu’il avait déclenché en entrant, arriva et lui demanda si elle pouvait l’aider.

Je prendrais bien celui-ci, dit-il en lui tendant le livre.

Elle examina quelque peu l’objet en question et lui répondit :

Poète, n’est-ce pas ?

Oh de temps à autre, lui répondit-il en rougissant

Elle rit de sa gêne et lui tendit la note.
Étonné du prix si raisonnable pour un ouvrage de tant de valeur il sortit sa bourse de sa poche et régla sans hésiter le moindre instant. Il se dirigea alors vers la sortie mais la vendeuse le rattrapa :

Prenez celui-ci avec, je vous l’offre !


Jehan accepta avec reconnaissance le supplément inattendu et se retrouva dans la rue. Il fut vite englouti par la foule des badauds qui déambulaient dans les rues étroites, louvoyaient pour d’autres à la sortie des tavernes, bien que l’après midi ne vienne simplement que de débuter.

En observant les clients attablés sur les terrasses il se donna faim à lui-même et entreprit de trouver un endroit où il pourrait manger à son gré sans pour autant être dérangé outre mesure.

Après avoir flâné quelques minutes il arriva sur une place où il avait déjà remarqué quelques jours plus tôt une taverne qui avait l’air agréable.  Il s’approcha alors des tables à l’extérieur mais aucune n’était libre. C’était bien dommage, car il aurait voulu manger tout en disposant d’une vue sur la rue, mais cependant l’intérieur lui apportera un peu de calme, pense-t-il. Il entre alors et s’installe à une des seules tables encore disponibles, en plein milieu de la salle. Il se souvient encore d’une phrase d’un homme respectable. Il sort de sa besace une liasse où il note les citations de ce genre, et la crypte, ce qui au final, donne à peu près ça :
« Jc bjg thi jc pbx ktghpixat. H'xa hjgktxaat ith pggxtgth, xa ktggdjxaat idc theprt. Htja at hdi ht uxt pj bjg »
Enfin il annote cette magnifique citation en précisant « Happé par la Déesse » afin de se rappeler quel codage il a utilisé..
Par peur de se faire surprendre pendant cette activité, qui pourrait paraître pour le moins étrange pour tout un chacun, il ramasse le tout dans sa besace et commande une chope de bière ainsi que son repas.
En attendant de se faire servir il observe les clients attablés, quand soudain il voit arriver vers sa table une demoiselle qui semble perdue. Elle ne passe pas inaperçue parmi la foule des clients, non pas à cause de son habillement qui est très correct et la met assurément en valeur, mais à cause de l’empressement avec lequel elle entre dans la pièce. Et pourquoi donc fonce-t-elle directement précisément vers sa table à lui ?

Mademoi..
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Message Sujet: Re: Une journée bien débutée..    Une journée bien débutée..  EmptyVen 3 Juin - 22:09

Je devais être maudite.

C’était l’unique possibilité. Ou, du moins, la seule explication crédible à ce qu’il m’arrivait. Jamais, raisonnablement, je n’aurais pu penser qu’un tel drame se déroulerait avant mes entretiens d’entrée à l’Académie, alors qu’il me restait encore un mois, à peu de choses près, à visiter Lorgol. Je découvrais avec un désarroi auquel j’étais peu accoutumée que certaines choses que je pensais improbables se produisaient quand même. J’avais espéré que l’ignorer me permettrait de le faire disparaitre, mais je m’apercevais que cette idée était ridicule. Cette chose, que je préférais ne pas nommer de peur d’affirmer son existence, ne cessait de croître, comme si elle tenait immanquablement à se faire remarquer. Je soupirai. Pour une raison inconnue, aujourd’hui, le Destin semblait me haïr.

— Tu ne pouvais pas attendre encore un mois ? grommelai-je entre mes dents, lançant un regard mauvais à un passant surpris de me voir parler toute seule. Non, il fallait que tu te manifestes maintenant, alors que je n’ai même pas encore parcouru la moitié de Lorgol ! Tu te crois marrant ? Tu en est fier ?

Je secouai la tête et prit une profonde inspiration pour me calmer. Mes pas continuaient à me porter au travers des rues de Lorgol, bien plus rapidement que ce que j’en avais l’habitude. Je n’étais pas d’humeur à faire du tourisme. Je n’étais même pas d’humeur pour continuer à marcher une seconde de plus, à vrai dire. Ma cheville me faisait affreusement souffrir, et la douleur se répandait le long de ma jambe comme un douloureux rappel que j’étais désormais condamnée à m’asseoir quelque part à me morfondre sur mon sort jusqu’à ce que mon corps se décide à se soigner tout seul.

Je m’étais tordu la cheville. Habituellement, je n’aurais pas pris ça avec autant de fureur – j’aurais simplement, au grand désarroi de mon frère qui m’aurait encore fait la leçon, continué à gambader sans me préoccuper d’empirer mon état – mais il se trouvait que, étant en pleine visite de Lorgol, je préférais avoir l’usage plein et entier de mes deux jambes. Or, mon pied droit était définitivement en train de m’abandonner. Les vagues de douleur qu’il répandait m’obligeaient presque à boiter. Ma détermination me tenait encore debout, et me permettait de filer droit à travers la ville, mais je n’étais pas certaine de tenir quelques instants de plus.

La devanture d’une taverne attira mon attention. Je regardai à peine quel était son nom et me dirigeai avec assurance vers la porte. La plupart des tables étaient occupées. En fait, il ne restait pas la moindre table libre. A croire que cet endroit contenait à lui seul la moitié de la population de Lorgol. D’accord, seule la rage me faisait penser ainsi, mais je voyais difficilement comment le monde pouvait s’acharner contre moi au point de me tordre une cheville et de m’empêcher de trouver la moindre place où m’asseoir. Habituellement, je n’aurais eu aucun scrupule à m’installer par terre. Mais j’étais déterminée à prouver à l’esprit qui avait maudit ma journée que je n’étais pas du genre à me laisser faire, même si tout était contre moi.

D’un pas rapide et assuré, je me dirigeai vers une table au beau milieu de la salle. Elle était occupée par un blondinet maigrichon à qui je n’adressais même pas un regard. Toutefois, en face de lui se dressait une chaise vide, et je m’y affalai sans la moindre hésitation, ignorant ses protestations comme si elles n’avaient pas existé. Dans le but de prévenir tout accès de colère ou manifestation d’exaspération de sa part, je le foudroyai du regard et commençai à parler d’une voix implacable, quoiqu’encore relativement affable.

— On ne se connait pas, je suis au courant. Vous n’avez pas envie de me connaitre, c’est bien, parce que c’est réciproque. Moi non plus je n’ai pas envie de vous connaitre. Je suis ici pour la place assise, alors j’aimerais que vous vous montriez gentil, que vous gardiez vos commentaires pour vous et que vous me laissiez tranquillement m’asseoir. J’ai mal au pied, je suis de mauvaise humeur, et je n’ai pas vraiment envie de vous parler. Maintenant, mes réserves d’affabilité s’arrêtent ici, alors pour votre propre bien, vous feriez mieux de ne même pas me répondre.

Je soupirai, baissai les yeux sur ma jambe et me demandai comment j’allais bien pouvoir oser remarcher. Maintenant que j’étais assise, je doutais sincèrement pouvoir me relever. Exaspérée, je désignai mon pied du doigt, le foudroyant du regard.

— Toi, je ne t’oublierai pas. Tu m’as trahi au plus mauvais moment ! Tu te rends compte ? Trahie par mon propre corps ! D’abord ma langue dit des choses que je préférerais garder pour moi, ensuite tu m’assaillis de douleur pour une simple chute avortée ? Ne crois pas que tu vas t’en sortir comme ça. J’espère au moins que tu as conscience de l’embarras dans lequel tu me mets. Qu’est-ce que tu veux que je fasse maintenant ?

Ma cheville sembla me regarder comme pour me dire que ce n’était pas sa faute, ce qui était probablement un effet de mon imagination. Je ne pus m’empêcher, toutefois, de lui répondre.

— Oui, j’étais distraite et assez imprudente, mais ce n’est pas une raison ! Tu es mon pied ! Que vais-je devenir si je ne peux même pas faire confiance au pied qui me soutient ?

Il semblait me narguer à rester là, irradiant toujours la même souffrance. Avec un soupir de dépit, j’appelai un serveur pour demander une bière. Un peu fatiguée, je mis mes coudes sur la table, la tête entre les mains, et me demandai ce que j’allais faire maintenant. Je ne pouvais décemment pas visiter la ville aux Mille-Tours avec ce traitre au bout de mes jambes. Il pouvait lâcher à tout moment. En considérant, bien entendu, qu’il n’avait pas déjà lâché. Je soupirai de nouveau, désemparée. J’avais tendance à me sentir relativement déprimée lorsque je ne pouvais pas bouger.

Déjà, toutefois, mon esprit tendait à élaborer une dizaine de nouvelles possibilités. J’adorais improviser.

J’aurais juste préféré que ce soit moins douloureux.
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Message Sujet: Re: Une journée bien débutée..    Une journée bien débutée..  EmptyMar 12 Juil - 19:00

La jeune fille ignora ma question et sans la moindre gêne s'empara physiquement de la chaise vacante qui se trouvait en face de moi. Elle s'y laissa tomber si lourdement que les quelques personnes qui n'avaient pas été dérangées par son intrusion quelque peu étonnante le furent quand les pieds de sa chaise claquèrent sur le plancher en bois. Avant même que je n'eus pu à nouveau la questionner elle me répliqua sèchement qu'elle n'était là que pour s'assoir et que je pouvais garder mes commentaires pour ma propre personne.
J'étais au milieu de la salle, attablé avec une inconnue qui avait focalisé les regards sur nous. Les clients autour regardaient si intensément la scène, emplis de surprise et de mécontentements, qu'oppressé je fus sur le point de me lever et de m'expliquer, de me justifier, de dire haut et fort que rien ne me liait à cette inconnue. Cependant alors que les regards commençaient à se détourner ladite inconnue se mit à parler. Je crus tout d'abord qu'elle lèverai les yeux pour s'expliquer d'abord auprès de moi, puis auprès des autres clients qui attendaient pour reprendre leur repas. Mais elle n'en fit rien et son regard tomba à ses pieds. Après quelques instants la jeune fille ouvrit un plaidoyer éclatant contre, semblait-t-il, son pied qui avait décidé de la lâcher.
Alors qu'elle continuait son monologue la tension qui agitait la salle se fit de plus en plus palpable. Les regards s'agitaient. Les verres s'étaient arrêtés à mi hauteur attendant une suite à son histoire, ou bien un dénouement. De tous côtés on parlait, on discutait à voix basse ou bien à gorge déployée. De toutes parts les commentaires fusaient, "Le jeu est stupide !" s'offusquait-on à ma gauche, "Qu'on la sorte d'ici !" quémandait-on derrière moi.
Mais malgré tout cela la jeune fille continuait à prendre à parti son pied qui semblait-il la faisait énormément souffrir.
Elle semblait ne pas même se préoccuper de ce qui se disait.
Elle semblait ne pas même entendre les remarques tant elle était perdue dans ses pensées, ou plongée, à mon avis.
Alors qu'elle s'arrêtait, songeuse, et que l'ambiance retombait doucement, les clients offusqués quittant la taverne et les autres retournant à leur bière avec des grognements de mécontentement, je me dit que ces mêmes mécontents avaient tort, comme ont tort les personnes qui pensent avec leurs yeux.
Ils avaient torts parce son histoire, malgré toute l'incongruité, la mauvaise humeur et la relative violence verbale dont elle m'avait assommée, quelque peu étrange en premier lieu cette jeune fille m'avait plu. Ce n'était sûrement pas le but, et son attitude allait en ce sens. Malgré tout je compatissais pour cette fille. On avait à peu prêt le même âge, de vue, et nous avions pourtant une vie si différente.. Elle avait un avenir qui s'ouvrirait peut être à elle avec ses examens à l'Académie, et moi j'avais choisie ma voie.. Tout nous séparait et pourtant sa voie paraissait bien belle elle aussi, moi la liberté, elle la magie.
Sans m'en rendre compte, pensif, je laissai s'échapper ces quelques mots: Foutu pied..
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Message Sujet: Re: Une journée bien débutée..    Une journée bien débutée..  EmptySam 16 Juil - 15:02

— Foutu pied…

Ces mots eurent deux effets radicaux. Le premier fut de me rendre compte que je n’étais pas seule dans cette taverne, et que je parlais peut-être un tout petit peu trop fort. Les regards s’étaient tournés vers moi, perplexes, sans doute, de me voir converser avec mon pied. Je n’en éprouvai aucune gêne, bien au contraire : je fus même agacée de voir que plus personne ne pouvait tranquillement réprimander une partie récalcitrante de son corps sans être la cible de l’attention générale. Le second effet qu’eut cette phrase fut de m’apercevoir que je n’avais aucun droit, justement, de sermonner mon pied. Je fronçai les sourcils et jetai un regard au blondinet qui m’avait fait cette remarque.

— Mon pied est loin d’être foutu, il traverse juste une mauvaise passe, grondai-je d’une voix irritée.

Irritée, je l’étais. Par les regards interloqués des clients de cette taverne. Par la façon dont ce jeune homme avait tenté d’exprimer sa compassion. Par la douleur qui me parcourait toujours la cheville. Par cette journée qui prenait un tour vraiment noir. Par l’idée que je ne pourrais plus visiter Lorgol avec autant de facilité et d’entrain qu’avant. Pour me calmer, je pris une profonde inspiration, la bloquai quelques secondes lorsque mes poumons furent pleins, puis la relâchai doucement.

— Je vous avais dit que mes réserves d’affabilité étaient épuisées, et il aurait été bien plus malin de votre part de vous faire oublier, fis-je remarquer avec un sourire faussement aimable. Enfin, je suppose que tout le monde n’a pas la capacité de raisonner avant d’agir…

C’était mon cas, d’ailleurs. Je ne réfléchissais pas beaucoup avant de parler, et pas beaucoup plus avant de commettre une bêtise quelconque. Je considérais ça, la plupart du temps, comme une qualité. La raison avait cette capacité détestable de saboter les actes les plus productifs. Néanmoins, en cet instant, ce trait de caractère tenait plutôt d’un défaut. Ce jeune homme aurait sans doute mieux fait, pour son propre bien, de se taire et de partir discrètement. Je n’étais pas toujours agréable quand j’étais de bonne humeur ; j’étais infernale quand j’étais de mauvais poil. Je secouai la tête avec incrédulité.

— Foutu pied… Je n’arrive pas à comprendre comment vous en êtes arrivé à cette conclusion. Au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, sans vos pieds, vous n’en mènerez pas large. Les pieds nous soutiennent et nous permettent de rester debout. Sans eux, nous serions incapables de marcher, de courir, de danser. Il faudrait les remercier, au lieu de les prétendre « foutus » et de les considérer avec autant de mépris.

Je soupirai, en jetant un regard entre tendresse et fureur à ma pauvre cheville qui s’était dérobée sous moi. Je savais que mes paroles étaient plutôt… déplacées, étant donné que j’avais vertement réprimandé mon pauvre pied durant plusieurs minutes, au vu et au su de toute une assemblée. Ce n’était pas, toutefois, parce que j’avais eu quelques remarques acerbes à formuler que je n’en considérais pas moins cette partie de moi comme essentielle. J’avais conscience de ce qu’elle m’apportait, autant que je savais ce que je perdais lorsqu’elle m’abandonnait.

— D’ailleurs, mon pied ne m’aurait jamais trahi, je crois. S’il a choisi de me délaisser aujourd’hui, c’est sans doute pour une bonne raison. Ce n’est pas parce que je ne vois pas le sens de quelque chose qu’il n’y en a pas.

Je posai une main douce sur ma cheville encore douloureuse, l’observant avec une moue contrite.

— Désolée pour ce que je t’ai dit. J’aurais dû te faire confiance, c’est juste que… Tu mets à mal certains de mes projets et ça m’agace.

Je reportai mon attention sur mon interlocuteur.

— Je suppose que je devrais être reconnaissante envers vous, puisque votre remarque m’a ouvert les yeux au sujet des services que me rend mon pied, mais j’avoue que j’ai dû mal à remercier qui que ce soit pour avoir dit une idiotie, déclarai-je en le foudroyant du regard, les bras croisés sur ma poitrine.

Je le toisai du regard, sans pour autant me lever de la chaise sur laquelle je m’étais écroulée.

— En tous cas, ne vous attendez pas à ce que je m’excuse, ou à ce que je bouge, m’exclamai-je, comme s’il était nécessaire de préciser mes intentions pourtant évidentes. Au cas où vous ne l’auriez pas encore remarqué, j’ai quelques problèmes pour me déplacer, maintenant que mon pied s’est décidé à prendre des vacances.

Je poussai un profond soupir, me demandant combien de temps j’allais attendre avant de me décider à essayer de rentrer à l’auberge que j’occupais actuellement. Je savais que la douleur n’allait pas disparaitre avant un bout de temps ; la meilleure chose que j’avais à faire était probablement de repartir tout de suite, mais je n’en avais pas le courage. Lasse, je m’avachis sur le dossier de ma chaise et jetai un regard autour de moi, essayant de me remémorer le trajet qui me ramènerait dans un bon lit duquel je ne bougerais sans doute pas beaucoup avant plusieurs jours.

Je pouvais y arriver.

Je m’accordais juste une dizaine de minutes pour rassembler le courage de me lever.


Dernière édition par Melinda Orlemiel le Dim 31 Juil - 10:19, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Une journée bien débutée..    Une journée bien débutée..  EmptySam 23 Juil - 0:12

Après cette apostrophe qu'elle m'avait adressée, la jeune fille, dont le prénom m'était encore inconnu, s'arrêta et plongea dans ses pensées à mon grand étonnement: Comment aurais-je pu imaginer qu'une personne aussi volubilement jolie eut pu  s'arrêter de parler aussi subitement, après avoir de longues minutes durant dérangé certes mais aussi intrigué une partie des clients. Chacune des personnes autour de notre table commença à s'inquiéter, au bout de quelques instants que la voix effroyable ne retentisse plus. Allait-elle bien ? Était-elle victime d'un malaise ? J'entendis à ma droite une voix qui pariait sur une perte de connaissance, quand soudain:

Un sourcil! Elle a bougé un sourcil!

Cela rassura tout le monde et chacun retourna vaquer à ses occupations.

Pendant ce temps le visage de la jeune fille était le témoin d'une bien étrange bataille. On sentait en elle s'affronter le laisser-aller de la pensée et l'attirance presque magnétique de la parole ouverte lorsqu'elle regardait en direction de son pied. Et puis la pauvre avait l'air de souffrir le martyr!
Je pourrai peut-être l'aider à rentrer chez ou au moins la réconforter, pensai-je.
Cependant le ton utilisé par la jeune fille à mon égard ne m'incitait que très peu à lui proposer mon aide, simple pressentiment.
Mais..
Entre toutes ses invitations à me faire petit et à me taire, ne m'avait-elle pas posée une question? Ne m'avait-elle pas demandé d'où m'était venue cette réponse ?
J'hésitai encore quelques instants quand une idée me vint.
Je jetai négligemment mon regard autre part que vers elle et sortit de ma besace mon carnet me servant habituellement à rédiger quelques poèmes et en déchirait une page. Jetant de temps à autre un regard, ou bien au pied de la jeune femme, encore installée, ou bien aux personnes qui continuaient leur repas, je me mis à rédiger..



Volubile Inconnue, dont le nom m'est mystère
Venons sur mon terrain, pour éviter la guerre.
Jamais on n'oserais vous coupez la parole
Mais mon droit de réponse, jamais on ne le vole

Vous vous êtres trompée, dans votre empressement
Vous avez mal compris ce que je souhaitais dire
Quelle stupide attitude, les insultes et le rire
J'aurais eue face à lui, si tel était mon plan

Il parait évident, à mon sein tout sincère
Que cet être si cher, attire le respect
Pour toutes les aventures, que vous lui faites faire!
Ainsi vous accompagne, tout le long de vos marches..

Et les marches sont longues, quand on loge à Lorgol
Les ruelles y sont belles, et multiples en ces lieux
Mais stupide est celui, qui n'ouvre pas les yeux
La pause est salutaire, quand on gravit des cols!

Mais vous semblez l'aimer, comparé à certains
Qui ne pensent à lui, qu'à de rares occasions
Quand ils se montrent nus, ou ont quelques frissons
Ce n'est pas de l'amour, quand ils le cachent aux yeux!

Le respect qui se sent, de vous à votre pied,
Fait peut être sourire, cette bande d'idiots,
Mais témoin gracieux, de votre humanité,

Vous semblez bien souffrir, alors ménagez le!
Face à tant de douleur, laissez moi vous aidez
Je pourrais me lever, pour vous accompagner,
Et profiter ensemble, de ce très beau ciel bleu!

Je m'incline à vos pieds, pour votre naturel,
Et vous dis platement: le "Foutu pied!" n'était,
Par Uld, L'Infortuné! pas du tout une insulte!
Je vous respecte trop, pour oser vous mentir!


Avant qu'elle ne s'en aille je lui tendit le texte, et ne fit aucun commentaire, chacun son rôle après tout!
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Message Sujet: Re: Une journée bien débutée..    Une journée bien débutée..  EmptyLun 25 Juil - 16:19

Par chance, l’idiot avait compris.

Il resta sage, ne me répondit pas, et se mit même à écrire – preuve à mes yeux qu’il ne comptait plus me parler. J’avais toujours été persuadée que les mots avaient beaucoup de pouvoir et ils en avaient bien eu besoin pour empêcher cet inconscient de prononcer une phrase supplémentaire. Je pris une profonde inspiration pour me calmer. D’accord, je l’avouai volontiers, mon exaspération n’était pas entièrement tournée vers cet idiot. En réalité, je pouvais même très bien oublier son existence, maintenant qu’il s’était tu. Si j’étais irritée, c’était principalement envers moi-même. J’avais conscience de sombrer dans un certain pessimisme à cause de ce maudit pied. Et je n’étais pas comme ça. Je n’aimais pas être comme ça.

Est-ce qu’un pied m’était vraiment utile ? Durant une visite de Lorgol, assez, oui. A quoi pouvait me servir un pied douloureux dans la situation actuelle ? A rien. Qu’est-ce que j’allais pouvoir trouver pour contourner ce léger contretemps ? A part marcher sur les mains et finir par me les blesser aussi ? Ou rester immobile à me morfondre sur mon sort ? Rien non plus. En d’autres termes, j’avais le droit de déprimer. Vraiment. J’avais été frappée par un malheur que rien ne me permettait de contourner. Et le fait que je ne trouve aucune solution subsidiaire m’emplissait également de rage et d’impuissance. J’avais envie d’agonir d’injures ce maudit pied. Mais je savais, au plus profond de moi – parce qu’indirectement, cet idiot me l’avait rappelé – que ce pied n’était ni maudit ni foutu ni même coupable. Alors ma rage restait en suspens, sans cible sur laquelle fondre comme un vautour sur sa proie, sinon cet homme et moi. Et des deux, je préférais encore que ce soit lui qui écope des foudres de ma colère.

Je pris une profonde inspiration, la relâchant tout doucement pour apaiser la rage sourde que je sentais pulser au plus profond de mon être. Quelque part en moi devait bien résider un zeste de motivation qui me permettrait de rentrer jusqu’à l’auberge où je logeais. Non ? Penser à mon frère ? Dans l’état où j’étais, c’était sans doute une très mauvaise idée. A mes abeilles ? Si jamais je m’y risquais, sans doute la nostalgie que je ressentais à l’idée de leurs bourdonnements prendrait-elle le pas sur tout le reste. Aux merveilles que j’avais découvertes dans la Ville aux Mille Tours ? Un léger sourire étira mes lèvres, avant de s’effacer tout aussi rapidement. Merveilles dont je ne pourrais plus profiter à présent. Je baissais les yeux sur la table. Il ne me restait plus, sans doute qu’à laisser ma motivation moisir dans un coin oublié de mon esprit, où elle s’était sans doute perdue.

Etoile.

Le mot surgit dans mon esprit comme une bouée de sauvetage, et je m’y accrochais sans demander mon reste. Elles étaient là les étoiles, gardiennes figées par les temps, qui veillaient sur nous depuis le ciel, de leur éclat à la fois doux et rude, à la fois froid et chaleureux, à la fois présent et distant. La vie était sans doute pareille à ces étoiles du firmament que je prenais souvent plaisir à observer. Peut-être que je vivais un moment rude et froid, mais sans doute que bientôt ma vie se remontrerait sur un aspect bien meilleur. Il me suffisait juste de laisser la douleur, la rancœur et la colère passer comme le faisaient ces nuages noirs qui masquaient les étoiles. Et pour ça, je devais les affronter, ces sentiments dont la simple présence m’irritait.

Je m’apprêtais donc à me lever – ô gentille petite étoile, toi qui m’avais redonné force et courage – lorsque l’idiot m’interrompit pour me donner un morceau de papier au bord déchiré, celui sur lequel il n’avait pas cessé d’écrire depuis le début de ma petite pause. Je haussai un sourcil sceptique, songeant qu’il était sans doute un peu plus malin que je ne l’aurais pensé. Je lui avais demandé de se taire ; il l’avait fait. Pourtant, il avait quand même trouvé un moyen d’exprimer ce qu’il le pensait. Je laissai mes yeux parcourir la poésie, lâchant de temps en temps un petit commentaire

— Melinda Orlemiel, pour le nom mystère, commençai-je d’une voix radoucie par l’éclat de la petite étoile qui s’était installée quelque part entre deux idées. Et je vois que vous avez à merveille pu prendre votre droit de réponse, malgré mes… conseils.

De toute évidence, il y avait des idiots qui pouvaient se permettre de perdre leur temps. Bien entendu moi-même adorait m’inventer des jeux ridicules sans grand intérêt pour l’avenir, sinon la distraction qu’ils apportaient, mais je ne voyais aucune raison d’écrire en rimes l’histoire entre un pauvre pied et son utilisateur.

— Ne pensiez-vous pas il y a quelques instants que je n’avais qu’un « foutu pied » ? ricanai-je en haussant un sourcil sceptique. Votre avis me parait changer plus vite que la direction du vent pendant un ouragan.

Je laissai mes yeux lire jusqu’à la fin et relevai un regard vers l’idiot, secouant la tête avec un mélange d’incrédulité et de moquerie.

— Vous l’aurez compris, le respect que vous avez pour moi n’est nullement réciproque. Je me vois mal capable de respecter quelqu’un qui change d’avis plus vite qu’une girouette. Je n’ai pas besoin non plus que vous vous incliniez à mes pieds, même si je suppose qu’il s’agit d’une figure de sytle… ?

Je laissai ma phrase en suspens quelques secondes, puis finit néanmoins par esquisser un léger sourire. Je pris appui sur la table pour me relever sans que mon pied n’effleure le sol dans un éclair de douleur.

— Par contre, je veux bien que vous me raccompagniez. Peut-être que le ciel sera moins bleu à vos côtés, mais je suppose qu’au moins il y aura quelqu’un pour appeler à l’aide si je m’écroule et que je m’avère incapable de me relever.

Mon exaspération s’était transformée en simple taquinerie, même si je n’étais pas certaine que cela soit évident aux yeux de tous. « Peut-être » était de ces expressions qui signalaient que j’étais sans doute en train de dire quelque chose que je ne pensais pas vraiment. J’esquissai finalement un sourire amusé, et mon regard finit par s'adoucir.

— Merci, murmurai-je finalement.
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