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 Balade Hivernale

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Message Sujet: Balade Hivernale   Balade Hivernale EmptySam 4 Juin - 20:57


Livre I, Chapitre 2 • Le Carnaval des Miracles
Siméane Adelphe & Ismaïl de l'Ancre

Balade Hivernale

Libérée, délivrée … ♪♫



• Date : 20 février 1001
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Après cette réconciliation imprévue avec Alméïde, Siméane a besoin de faire le point avec Ismaïl …

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Message Sujet: Re: Balade Hivernale   Balade Hivernale EmptySam 4 Juin - 21:06


La joie , la tristesse, le soulagement et l'expectative se bousculent joyeusement dans ma tête, dans mon coeur, alors que ma sœur quitte le Palais d'Ibélène. Frissonnant sur les marches, malgré la chaude cape que j'ai enfilée pour sortir, j'attrape le bras d'Ismaïl, je dois m'éclaircir les idées, parler de ce qui vient de se passer, de cette éventuelle invitation en Erebor d'Alméïde. J'ai terriblement envie de me blottir dans ses bras, pour évacuer les tensions, les émotions de cette rencontre. Mais les deux gardes qui encadrent la grande porte en seraient certainement choqués.

- Viens Ismaïl ! Allons marcher un peu dans les jardins. J'ai besoin de m'aérer l'esprit, de discuter avec toi de cette rencontre et savoir ce que tu en penses. Tu veux bien ?
Sans attendre sa réponse, je l'entraîne par la main, tournant le dos au Palais. Un peu de solitude nous fera le plus grand bien. Les allées sont encore recouvertes de neige, et en cette fin d'après-midi, l'hiver se montre plus mordant, dégainant une bise glaciale. Instinctivement j'ai pris le chemin de mon, non, de notre maison. Encore une chose à laquelle je dois m'habituer. Je réalise que ma vie est un véritable tourbillon ces derniers jours. La naissance de ma liaison avec Ismaïl, la réconciliation avec Alméïde, j'espère que le Destin ne me réserve pas d'autres surprises. Quoique si elles sont aussi agréables, qu'il ne se gêne pas …
Loin des oreilles indiscrètes, je peux enfin tenter de démêler l'écheveau de mes sentiments, de mes espoirs :

- Mon pauvre Ismaïl je t'ai entraîné dans une drôle d'aventure. Honnêtement je n'aurais jamais imaginé que nous puissions nous réconcilier un jour. J'étais trop empêtrée dans mes ressentiments, à remâcher mes projets de vengeance … J'étais complètement folle !
Je m'arrête de marcher pour lui faire face. Le froid a rougi ses pommettes, ses yeux bruns me dévisagent avec une attention affectueuse. Je lui souris, charmée par ce regard dans lequel je me perds volontiers, puisant des forces dans cet amour qui nous lie désormais. Je me sens si légère, débarrassée de ce  fardeau lourd de haine qui pesait chaque jour, de plus en plus sur mes épaules.

- Je suis heureuse ! Heureuse que tout ça soit enfin terminé , heureuse de tourner la page, heureuse de marcher avec toi dans ces jardins.
Je me risque à passer mes bras autour de son cou, et à l'embrasser avant de m'épancher, de livrer en vrac mes sentiments, mes impressions :

- Quand nous avons accusé Alméïde de trafiquer des cadavres, j'ai pris conscience que c'était de la folie, que cette rancoeur avait aliéné mon esprit, ma raison. Mon coeur ne pouvait pas à la fois contenir tout l'amour que j'ai pour toi, pour mes amis, pour mon travail, et cette haine envers Alméïde … Tu l'as vue toi-même, elle est si douce, si gentille … si courageuse d'avoir osé venir jusqu'ici pour me rencontrer.
Je reprends mon souffle, et réfléchis quelques secondes avant de poursuivre :

- Je ne sais pas si nous irons un jour en Erebor, mais j'aimerais beaucoup. Le soleil, le désert, la chaleur me manquent, le thé sous l'ombre des arbres en fleurs, les robes légères, … Ici c'est impossible regarde toute cette neige. Même si je m'y suis habituée, parfois toutes ces couches de vêtements me pèsent, c'est lourd et vraiment pas pratique ! Oh je te vois venir, chuuut tu vas dire des bêtises !
En riant, je pose mon index sur ses lèvres, puis je reprends son bras pour nous diriger vers la maison, mais quelqu'un nous y attend. C'est Guillaume, un soldat de la garde d'Ibélène. un homme charmant qui me gâte depuis que j'ai réussi à apaiser ses douleurs dues à une violente crise de goutte. Je sais maintenant d'où venaient les douceurs qu'Ismaïl nous a rapportées ! Je m'avance vers lui pour le remercier chaleureusement pour les pâtisseries, quand une idée me traverse l'esprit :

- Dites-moi Guillaume, est-ce que vous pensez que nous pourrions emprunter  une calèche et aller faire un tour ?

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Message Sujet: Re: Balade Hivernale   Balade Hivernale EmptyLun 6 Juin - 8:08



Le bonheur survient toujours là où l'on ne l'attend pas, dit-on. Et cette journée maussade, qui se languissait sous un ciel gris de neige, a enfanté d'une immense joie pour ma Samy : la réconciliation avec sa sœur. Moi qui la connais sur le bout des doigts, ma toubib, au sens propre comme au sens figuré, je suis très conscient de ce qu'elle ressent. J'ai beau n'être qu'un gueux, maquillé en érudit, je la sais désormais comblée, réconfortée, mais aussi émue et chagrinée par ces années d'incompréhension et de bouderies qui les ont tenues éloignées l'une de l'autre, Alméïde et elle. Et lorsque ma compagne me propose une balade à travers les jardins du palais, habillés de blanc et de silence, je trouve l'idée résolument séduisante. Parler, échanger, rien de tel pour éviter que ma princesse n'en arrive à se sentir la principale responsable de ces dissensions familiales enfin révolues. Parfois, les remords vous bouffent la vie ...

Parler, échanger, donc, mais aussi rire et s'embrasser. Gaieté et tendresse, les meilleurs remèdes. Pas question d'exhibitionnisme, non, mais nous faisons fi de la présence discrète de quelques gardes en uniforme et nous nous bécotons fiévreusement le museau, sous l'imposante statue d'un  pignouf galonné chevauchant fièrement un affreux griffon aux ailes largement déployées. Nous sommes redevenus pour un instant deux enfants s'ingéniant à dissimuler leurs facéties aux yeux du monde entier. Pour un instant, pour un instant seulement, car il me faut aussi tenter de l'apaiser.

- C'est vrai qu'Alméïde n'a pas manqué de cran en venant discuter ici. Mais c'est pareil en ce qui te concerne, ma chérie, tu as fait preuve de beaucoup de caractère en lui avouant ton entêtement et ton herméticité à certains de ses arguments. Il faut être bougrement courageux pour reconnaître qu'on a eu tort lorsqu'une querelle prend ainsi de gigantesques proportions. Surtout que je ne t'ai pas facilité la tâche en lui hurlant dessus pour te soutenir, sans vraiment prendre la peine d'entendre ses allégations. Mais tu sais, mon cœur, à dire vrai j'me fichais pas mal que tu aies raison ou tort, je t'aime, c'est aussi simple que ça, faut pas chercher plus loin. Mais tout est bien qui finit bien, non ? Pensons à l'avenir, maintenant.

Une brève escarmouche de nos langues, et nous empruntons une autre allée, qui se coule entre deux rangées d'arbrisseaux faméliques dont les branches maigres ploient sous le poids de la neige qui s'y amoncelle. Au loin, comme abandonné sous un nuage gris par une main malicieuse, se dessine le toit de la coquette habitation octroyée à ma compagne par la Princesse. C'est un monde à part ici, loin de Lorgol, loin d'Erebor, de ses collines et de son désert, endormi à jamais sous le doux miroitement d'un soleil à nul autre pareil. Je souris aux propos de ma Samy, en hochant la tête d'un air extatique, lorsqu'elle parle de notre terre natale. Et je l'approuve.

- Aaaah oui, la chaleur, le sable fin, les tenues légères des donzelles aux gambettes dorées, que ce coquin de vent chaud soulève et retrousse. Bien-sûr que nous irons un jour, ma chérie, avec ou sans invitation.

Je médite un instant, puis je poursuis notre causette en m'immobilisant entre deux congères et en retenant Siméane par le bras. Je plante mon regard dans le sien, en retirant furtivement trois flocons qui s'accrochent à ses cils.

- Tu sais, ma princesse, je ne resterai plus sur l'Audacia durant des siècles. Certaines erreurs que j'ai commises avant de te connaître m'ont valu la réprobation générale. J'ai souvent été mis à l'index par le bosco et sa femme, et je ne suis pas, comme eux, attaché à ce rafiot. Je suis, en définitive, bien plus cartographe que pirate. Je pense que mon avenir réside désormais dans l'élaboration de cartes marines. Terminé pour moi les abordages de bateaux ennemis. J'y réfléchis sérieusement depuis un moment, je demeure sur l'Audacia à contrecœur, et j'ai d'autres ambitions. En outre, je ne veux plus te quitter pour d'interminables voyages en mer ...  surtout que je sais à présent que je risque de te voir bientôt uniquement vêtue de quelques voiles transparents, sur quelque dune ocrée ! ... ajouté-je en riant aux éclats. D'ailleurs, puisque tu me tends la perche, ma chérie, nous pourrions peut-être ôter quelques-unes de ces couches de vêtements qui te préoccupent tant, ce soir, au coin du feu. J'ai là dix vilains scélérats qui ne demandent qu'à t'aider pour cette tâche exquise ... dis-je en agitant les doigts devant ses yeux puis en effleurant sa bouche de mes lèvres.

Bras dessus, bras dessous, nous nous rapprochons des appartements de Siméane, et nous remarquons soudain qu'un planton nous y attend. J'aurais dû m'en douter, il s'agit de Guillaume. Sans doute vient-il pour récupérer sa desserte que j'ai, par mégarde, oubliée là où nous nous sommes entretenus avec Alméïde. Je n'ai pas l'occasion de m'en assurer, car ma compagne le sollicite pour une faveur avant que je puisse ouvrir le bec. Une randonnée en calèche hors du Palais ? Pourquoi pas. Je ne connais guère les quartiers voisins, et je ne demande qu'à les découvrir. Ce bon Guillaume accepte d'emblée, visiblement très heureux de pouvoir rendre service au « docteur Adelphe », et, accessoirement, à son chevalier servant. Bibi.

- Suivez-moi, je vous mène tout de suite aux écuries. Un gentilhomme séjournant ici vient à l'instant d'en ramener une, et les chevaux sont sans doute encore attelés. Ce n'est pas la plus confortable, mais vous serez à l'abri des flocons sous la capote de toile. D'ailleurs, ne l'avez-vous pas déjà empruntée pour aller soigner des patients, docteur ?

Je souris discrètement, notre brave bonhomme n'a d'yeux que pour ma Samy et il se montre d'une courtoisie sans borne. A l'entrée des stalles, un de ses collègues s'apprête à dételer les deux juments, et Guillaume l'invite à interrompre l'opération.

- Voilà pour vous, docteur ! Faites une excellente promenade malgré ce fichu temps ... lance t-il à Siméane d'un ton avenant et empressé, tout en me tendant machinalement les rênes, sans même regarder dans ma direction. Foutre dieu, quel zigoto, celui-là !

Mais bon, peu m'importe. L'air est vivifiant, et ma Samy est heureuse et très belle. Nous nous installons sur la banquette, une couverture posée sur les genoux, et nous quittons l'enceinte du Palais. J'observe ma compagne en souriant. Et bien, docteur Adelphe, prenons-nous à gauche ou à droite ? Décidez-donc, je suis à votre service   ... lancé-je en imitant tant bien que mal la voix infiniment onctueuse et obséquieuse de Guillaume, tout en agitant mollement le licol au dessus des croupes dodues des chevaux.

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Message Sujet: Re: Balade Hivernale   Balade Hivernale EmptyMar 21 Juin - 20:49


Grâce à la célérité de ce bon Guillaume, une petite calèche est mise à notre disposition. Ainsi, chaudement emmitouflés dans une couverture, nous quittons le Palais pour explorer les environs qu'Ismaïl ne connaît pas encore. Tout à l'heure, sur le chemin de la maison, sa déclaration sur ses projets d'avenir m'a surprise. Je n'avais jamais envisagé, qu'un jour, il puisse quitter l'Audacia. Bien sûr, ses problèmes d'alcool l'ont peu à peu éloigné de ses compagnons et du capitaine Jedidiah, mais il a fait d'énormes progrès, même s'il n'est pas guéri pour autant, si tant est qu'on guérisse d'une telle addiction. Cependant avec l'esprit plus clair, libéré de l'alcool, sa vie à bord sera certainement plus agréable pour lui comme pour l'équipage.
J'aime beaucoup l'avoir à mes côtés ici, à Ibelin, mais je le connais depuis trop longtemps pour être dupe, notre relation amicale a beau avoir évoluée, Ismaïl est un homme qui a besoin de liberté, d'air pur et d'espace. Je m'en voudrais qu'il sacrifie cela, qu'il se sacrifie à notre amour naissant.

Alors que nous empruntons la route qui serpente le long des différents quartiers de la ville, j'essaie de rassembler mes mots pour le convaincre de réfléchir, de ne surtout pas prendre de décision trop hâtivement. Je saisis le bras d'Ismaïl et me blottis contre lui, pour revenir tout d'abord sur ce qu'il a dit de ce bon Guillaume :

- Tu es vraiment incorrigible, Ismaïl ! Te moquer de ce brave Guillaume ! Tu es pourtant bien content de faire appel à lui quand il s'est agi de nous apporter une collation. C'était parfait d'ailleurs, et les pâtisseries étaient vraiment excellentes. Tu sais, il me facilite vraiment la vie ici, je peux faire appel à lui à chaque fois que j'ai besoin de quelque chose. Il est très serviable et sa sœur est une cuisinière hors pair …
La calèche avance lentement, la neige fondue est glissante et ne facilite pas la tâche d'Ismaïl, concentré sur notre trajectoire. Des passants nous saluent, reconnaissant les armoiries du Palais, d'autres ont été mes patients tout simplement, je leur réponds d'un sourire, ou d'un petit signe de la main, identifiant certains visages. Je ne dois pas me laisser distraire, cette fois j'aborde le sujet de front et expose à mon tour mes arguments sur notre avenir :

- Ismaïl, trésor, tout comme moi tu es passionné par ce que tu fais. Les cartes, la navigation, la mer sont ton univers, tout comme soigner les malades est le mien. Bien sûr que j'aimerais te garder auprès de moi. Mais ici, tu dépérirais, au milieu de ces terres, tu te sentirais vite prisonnier des convenances de ce monde. De mon côté, je ne peux pas me permettre de quitter trop souvent la Cour, ni te suivre sur l'Audacia ou à Lorgol … La Guilde des Médecins, en m'offrant ce poste, m'a permis d'asseoir ma réputation de guérisseuse. Je ne peux leur faire défaut, et j'apprends encore  beaucoup …
Je l'observe attentivement, essayant de deviner ce qu'il pense, ce qu'il ressent. Mais ce coquin garde les yeux rivés sur la route, ce qui est certainement plus sûr. Je me risque à déposer un baiser sur sa joue, à la commissure de ses lèvres :

- Ne précipite pas les choses, je t'en prie, Ismaïl. Je ne veux pas que tu regrettes une décision hâtive, ou que plus tard, tu me la reproches. Nous sommes amis depuis plusieurs années, amants depuis seulement quelques jours, laissons faire le temps, tu veux bien ? L'hiver terminé, tu devras réintégrer l'Audacia, mais nous avons encore le temps pour apprivoiser ces nouveaux sentiments, pour … pour définir un juste milieu entre nos deux vies, nos deux univers. Nous trouverons toujours quelques jours, quelques heures pour nous voir. Je peux te rejoindre à Lorgol, assez facilement … Enfin si ces dames de la Cour ne me retiennent pas pour des broutilles …
Mon trait d'humour est d'une banalité navrante, à côté des sentiments qui tourbillonnent en moi. Ismaïl a toujours été un pilier inébranlable sur lequel j'ai pu compter dans les moments où j'étais désemparée par mon métier, ma vie, et même ma relation avec Alméïde et Erebor. Aujourd'hui, j'ai renoué avec ma demi-sœur, retrouvant ainsi une famille, même s'il y a encore quelques obstacles. Ismaïl est resté à mes côtés malgré la tournure inattendue de cette entrevue, il m'a soutenue sans hésiter, loyalement. Et je ne l'aime que plus encore, même si j'ai encore du mal à l'exprimer de vive voix. Cette sensation vertigineuse, ce saut dans le vide sidéral de l'inconnu de la vie à deux m'effraie terriblement, même si c'est aussi très excitant ...

Nous arrivons sur une petite place sur laquelle un marché s'installe certains jours de la semaine. La fontaine gelée scintille sous les rayons blafards du soleil hivernal. Un groupe de villageois discutent vivement, quand l'un d'eux se précipite vers nous, manquant de se faire renverser par les chevaux.

- Dame Adelphe, Dame Adelphe, c'est la Florine, la serveuse de l'auberge, elle … elle est …  Venez vite !
L'urgence qui perce dans la voix du brave homme invite Ismaïl à stopper notre voiture, dont je saute sans en attendre l'arrêt complet, manquant de m'étaler au pied de la fontaine. Rattrapée de justesse par le villageois, je cours avec lui vers l'attroupement qui s'ouvre aussitôt dans un silence lourd d'appréhension. Des sanglots entrecoupés de gémissements de douleur s'échappent de la jeune femme, à demi-allongée sur le sol. Malheureusement pour elle, ses jupes relevées dévoilent ses jambes dont l'une forme un angle improbable, certainement du à une fracture. Je m'agenouille auprès de la serveuse, et cherchant son pouls, je l'interroge doucement :

- Comment est-ce arrivé Florine ? Il n'y a que votre jambe qui vous fait souffrir ? Votre tête n'a pas cogné trop fort sur le sol ?
J'écoute sa réponse hachée, qui confirme mes suppositions, elle a fait une belle chute. J'observe sa jambe, pas d'hémorragie apparente, ce qui est rassurant. Mentalement je dresse la liste des différentes actions que je vais devoir mener pour redresser cette jambe et l'immobiliser. La pauvre fille va souffrir, mais je n'ai guère le choix …
- Est-ce que quelqu'un peut aller chercher un drap solide, une couverture pour transporter Florine chez elle ou à l'auberge, au plus proche … J'aurais aussi besoin de plusieurs hommes, au moins quatre, pour la porter … Ismaïl ? Tu peux t'en occuper, s'il te plaît ? demandé-je en apercevant soudain le visage inquiet de mon compagnon parmi les badauds.
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Message Sujet: Re: Balade Hivernale   Balade Hivernale EmptyVen 24 Juin - 8:51



Les farandoles de neige ne perturbent pas notre excellente humeur, et mon imitation de ce bon vieux Guillaume, aux prunelles énamourées et au sourire aussi large qu'un croissant de lune, rencontre un énorme succès de la part du plus charmant public qui soit, ma Samy. Cependant, notre conversation emprunte soudain des voies moins accortes, et je m'aperçois alors que ma conception du futur de notre relation ne fait pas l'unanimité. Les mots reçus en réponse à ma vision de nos tendres lendemains ne sont nullement ceux que j'attendais. J'escomptais un vif soulagement de la part de ma Samy à l'idée de me savoir loin des sanglants abordages, des tempêtes et des naufrages. J'imaginais qu'elle serait follement heureuse de m'avoir à ses côtés beaucoup plus souvent. Je me réjouissais à l'avance de lire la joie dans ses yeux, et vlan, c'est tout l'inverse. Un coup-de-poing dans l'estomac ne me déstabiliserait pas davantage.

Bien-sûr, les arguments de ma compagne sont légitimes, je risque de trouver étriquée et monotone une vie sédentaire à l'excès, mais j'aurai de quoi m'occuper. Je ne suis pas marié à la mer. Je peux vivre sans elle. Je peux me bâtir une nouvelle existence. Je me sens capable d'exercer mille métiers différents du mien. Ou même en plus du mien, la cartographie. Mais comment présenter la chose à mon délicieux toubib ? Est-il préférable que je temporise, que je joue les indécis, ou bien faut-il que je défende bec et ongles mes projets dès maintenant ? Mes yeux se perdent sur la route infiniment blanche, sur les trottoirs que souillent les pas des gens pressés. Un morveux qui courait comme un dératé se redresse après un vol plané et repart précautionneusement en se tenant le genou. Prudence et circonspection. Patience et réflexion. Laisser mûrir lentement l'idée dans le joli ciboulot de Siméane, me plaindre régulièrement de mon sort sur le rafiot, embarquer avec des pieds de plomb, comme si j'allais affronter mille morts, voilà la bonne méthode. Isma, mon ami, tu n'es qu'une fieffée fripouille, mais t'es quand même vachement futé pour un pignouf né au fond d'une grotte.

Une seule main me suffisant pour mener l'attelage, j'entoure de mon bras libre les épaules de mon toubib et la serre tendrement contre moi. Je bécote son joli minois, ses lèvres rougies par la froidure, puis j'en reviens à nos préoccupations, mais d'une voix neutre, posée, comme si le sujet ne revêtait, en définitive, qu'une importance toute relative.

- Non, ma chérie, je ne précipiterai pas les choses, c'est promis. Tu es un amour de te tracasser ainsi pour moi, mais bon, je verrai de quelle manière se dérouleront les prochaines missions et si je jouis enfin d'un peu plus de considération. Mais tu sais, mon ange, je suis capable de me débrouiller ailleurs que sur un rafiot, et j'aime être près de toi. Quelques heures par-ci par-là, comme tu viens de le dire, ce n'est quand-même pas grand-chose lorsque l'on est si proches l'un de l'autre que toi et moi. N'ai-je pas raison, ma tourterelle ?  ...  

Je me tais alors, après avoir laissé planer ces quelques sous-entendus et planté ces quelques jalons qui, peut-être, sèmeront le doute dans l'esprit de ma compagne et l'inviteront à reconsidérer la question de notre avenir commun et de mon départ de l'Audacia. Certes, je suis bien décidé à renoncer définitivement au rafiot des Jedidiah, mais je désire agir en bonne intelligence avec Siméane, et je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour la convaincre de la justesse de mes choix. Je l'observe du coin de l'oeil, alors que nous abordons une placette accueillante, nichée sous les remparts de la ville. L'esplanade est animée, en dépit de la rigueur du temps, et de longs étals ploient sous le poids des marchandises exposées par une foule de camelots et de commerçants forts en gueule. Ce n'est pourtant pas ce brouhaha qui capture mon attention, non, je viens de repérer un hurluberlu se précipitant vers nous et manquant de peu de s'étaler sous les sabots des chevaux tirant la calèche. Le gaillard, tout excité, a reconnu Siméane, et il requiert dare-dare son aide, car une certaine Florine s'est apparemment vautrée non loin de nous et il y aurait de sérieux dégâts.

Ma compagne dégringole de la calèche et accompagne précipitamment notre bonhomme, tandis que j'attache les chevaux à la murette entourant la fontaine. Lorsque je retrouve ma Samy, elle est penchée sur la blessée et distribue ses instructions aux péquenauds qui les entourent. M'avisant parmi les gueux, elle me demande d'en réunir quelques-uns afin de transporter la serveuse dans un endroit plus tranquille. Laissez-moi passer, j'suis médecin !   ... bougonnai-je en me faufilant vers elle tout en embarquant à ma suite une poignée de curieux désireux de se rendre utiles. Et c'est alors que tout me revient ! Une auberge, une serveuse, un prénom, un visage m'en rappelant un autre, je ne puis me tromper, cette Florine est la fille de Madeleine la Baleine, une des clientes les plus fidèles et sympathiques du « Perroquet Unijambiste », le caboulot que je fréquente assidûment lorsque je suis à Lorgol. Madeleine est presqu'une amie pour moi, qui n'en ai guère. Florine n'est cependant pas en état de tailler une bavette et de causer de sa famille, elle souffre énormément, et je remets ma découverte à plus tard.

Un grand dadais surgit alors avec une couverture réclamée par Siméane, nous la glissons précautionneusement sous les fesses de la fille de salle, et zou, direction le bistrot avec notre donzelle. L'échalas et moi avons pris la tête du convoi, nous écartons les pignoufs à grand renfort de « Bougez-vous nom d'un chien ! » et de « Tirez-vous de là, bande d'enquiquineurs » et nous parvenons sans encombre devant un vieil estaminet à la devanture peu reluisante. La baraque est tellement biscornue qu'elle tirerait des larmes de désespoir à un régiment d'architectes. En haut, dans une chambre ! ... propose le mastroquet en nous guidant vers un escalier en colimaçon tapis dans l'ombre. Nous grimpons à la queue leu-leu, d'abord le proprio, puis ma Samy, et enfin toute la fine équipe transportant la blessée et une demi-douzaine de commères et de casse-pieds ravis d'assister à l'événement du jour.

Car le malheur des uns, mes amis, attire les gueux autant que la fortune des autres.
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Message Sujet: Re: Balade Hivernale   Balade Hivernale EmptyVen 8 Juil - 10:13

C'est l'auberge du "Chat qui pêche" qui accueille notre étrange équipage, escorté par quelques badauds curieux. Ce n'est pas la plus reluisante d'Ibelin, mais l'établissement est propre et chaleureux. Si les clients sont fort surpris de nous voir débarquer ainsi, tout le monde s'apitoie sur le sort de la pauvre Florine qui gémit à chaque soubresaut de son brancard improvisé. À Lorgol, je peux fréquenter à mon aise ce genre d'établissement, cependant, ici, il m'est plus difficile de le faire,  si près du Palais, compte tenu de mon rôle auprès de la Cour. Déjà que certaines dames jasent parce que je soigne les gens du commun, heureusement que la Princesse Sixtine me soutient dans cette voie. Même si je le voulais, je ne sais pas dire non, quand mon aide, mon savoir sont requis par un ou une malade : tous mes patients reçoivent la même attention de ma part, riches dames, ou ibéens et même faës dans le besoin.

Mon esprit chemine alors jusqu'aux derniers mots d'Ismaïl, qui m'ont semblé teintés d'un soupçon de déception. Il s'attendait sans doute à me voir ravie qu'il quitte l'Audacia. Mais je ne peux pas m'en réjouir complètement, car je sais qu'il y occupe un poste d'importance, que Freyja et Philippe comptent sur lui. Je crains qu'un départ irréfléchi nuise à sa réputation de cartographe, et qu'il perde également ses amis marins et pirates qu'il possède à Lorgol. Et puis que fera-t-il ensuite ? Où vivra-t-il ? Il dépérira au Palais … Même s'il se montre confiant en l'avenir, je suis sans doute plus lucide et beaucoup moins optimiste. Mais nous en reparlerons plus tard …

À la lueur des torches, nous escaladons un escalier pour le moins fantaisiste dont chaque marche requiert toute mon attention. Derrière moi, les porteurs soufflent et tentent de manoeuvrer avec délicatesse, mais la malheureuse blessée souffre malgré leurs efforts. Je souris à Ismaïl au détour d'un virage, puis j'ajoute pour notre escorte :

- Mesdames, messieurs, je suis certaine que Florine vous sait gré de votre sollicitude à son égard, mais vous resterez derrière cette porte. Comprenez que je ne peux la soigner, si vous êtes tous dans la pièce. Nous avons besoin de calme et d'intimité. Merci de nous avoir accompagnés. Messire Gilles, pourriez me faire porter de l'eau chaude, des linges propres, et de petites planchettes de bois, hmm … disons de cette taille … J'écarte mes mains de la longueur voulue, et me tourne vers Ismaïl :
- Reste avec moi, Ismaïl, je vais avoir besoin de toi.

La porte se referme sur le dernier brancardier qui emporte la couverture, et promet à Florine de récupérer ses courses éparpillées dans la neige. Je me débarrasse de mon lourd manteau d'hiver et me lave les mains dans la cuvette apportée par l'aubergiste. Précautionneusement je retire le bas de la jeune femme qui serre les dents courageusement. Je palpe délicatement son mollet un peu enflé mais intact. Les os ont cassé net, non un seul apparemment, et il n'a pas transpercé les chairs. Voilà une bonne nouvelle que je m'empresse de partager avec Florine car la guérison en sera facilitée. Tout en m'affairant autour de sa jambe, je ne cesse de lui parler d'une voix rassurante, lui expliquant la suite des opérations, et surtout les précautions qu'elle devra prendre dans les semaines à venir pour que l'os se ressoude au mieux. J'aligne d'un geste sûr l'os fracturé, arrachant un cri à la blessée :

- Je suis désolée, Florine, mais c'était nécessaire. Vous êtes très courageuse, et je suis certaine que vous ne voulez pas boiter toute votre vie … Bien, je vais maintenant attacher ces attelles autour de votre jambe. Je ne vous cache pas que ça risque d'être douloureux. L'os va rester en place grâce à ces attelles. Ismaïl va vous tenir pour que vous ne fassiez pas de mouvement qui nuirait à l'alignement des os. Vous êtes prête Florine ? Ismaïl, elle ne doit pas se relever, d'accord ? Tiens la bien aux hanches, et n'en profite pas coquin !
Un sourire d'encouragement à Florine, j'aligne les planchettes tout contre son mollet. Je commence à nouer les liens l'un après l'autre, un peu lâche pour placer l'attelle, puis je les resserre précisément, tentant d'ignorer les gémissements de douleur que ma patiente ne peut réprimer. Je vérifie une dernière fois que la jambe est bien alignée, que le sang circule correctement. C'est tout ce que je peux faire pour le moment.

- Voilà c'est terminé, dis-je en rabattant la jupe sur les jambes de la blessée. Si jamais souffrir devenait insupportable, n'hésitez pas à me faire chercher. Je vais vous faire porter une décoction de plantes pour calmer la douleur, je passerai vous voir demain. Faites-vous aider pour vous lever, mais surtout ne posez pas votre pied sur le sol. Reposez-vous maintenant, Florine, à demain.
Sur ces ultimes conseils, j'entraîne Ismaïl vers la sortie, ne désirant pas m'attarder dans la taverne, afin qu'il ne soit pas tenté de consommer de l'alcool. Je salue l'aubergiste lui expliquant qu'un soldat apportera une potion pour Florine d'ici peu, et qu'elle doit se reposer pour l'instant. Puis nous remontons dans notre calèche pour rejoindre au Palais. La promenade aura été de courte durée, mais je ne peux pas faire attendre la pauvre éclopée dont la douleur risque de se réveiller une fois le calme revenu.

- Nous devons malheureusement écourter notre balade, trésor, pour que Florine reçoive sa potion très vite. Pour une fois, que je ne prends pas ma trousse avec moi … Allons-y, veux-tu ?
Je me blottis tendrement contre mon pirate, sous la chaude couverture, et le laisse nous ramener à la maison.
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Message Sujet: Re: Balade Hivernale   Balade Hivernale EmptySam 9 Juil - 13:25



Ce n'est nullement une surprise, voilà que les tronches des bonshommes et des donzelles qui nous escortaient s'allongent ostensiblement lorsque Siméane les invite à quitter la chambre. Les pignoufs sont amèrement déçus, car nous les privons ainsi d'un spectacle peu ordinaire. Ils n'auront rien à raconter à leurs proches, le soir, devant le feu qui ronronne dans l'âtre et lèche amoureusement la casserole de soupe. Bref, ils sortent en ronchonnant, en traînant les pieds, comme si on les emmenait en cellule pour qu'ils y terminent leur médiocre existence. Ma Samy a beau les remercier et se montrer patiente et diplomate, ça grogne lorsque l'huis se referme. J'suis même obligé d'escorter le dernier et de lui décocher mon regard le plus féroce pour qu'il disparaisse enfin. Allez les pochtrons, du balai, le comptoir c'est en bas des marches ! Zou ! Laissez donc exercer les talentueux docteurs Adelphe et de l'Ancre ! Je souris de façon fugace en me demandant si j'ai vraiment la tête du toubib que j'ai prétendu être, puis je me mets à la disposition de ma compagne, et j'essaie d'exécuter au mieux tout ce qu'elle me demande. En fait, j'ai déjà vu rafistoler des bras et des guiboles sur le pont de l'Audacia, suite à de sanglants abordages, et je ne suis pas trop désorienté par la méthode utilisée par ma Samy, même si, je l'avoue sans la moindre honte, je serais parfaitement incapable de bricoler avec des planchettes comme elle est en train de le faire. Mais bon, chacun son boulot, non ? Moi j'serais plutôt de la race des briseurs de tibias, et mon doux trésor appartient à la tribu des ravaudeuses de ligaments. On se complète, en quelque sorte.

Voilà, l'opération se termine. Du moins sa première partie. Il nous faudra revenir pour vérifier régulièrement l'évolution de la blessure, et ce n'est pas demain la veille que la Florine frétillera du croupion au bal du village, sous les lampions brillant comme autant d'étoiles. Elle devra faire preuve de patience, la greluche, mais, à tout prendre, un cuissot un peu raide c'est quand-même nettement préférable à une jambe de bois accrochée à l'extrémité d'un moignon, non ?

En plus de la nécessité pour ma Samy de préparer un onguent pour la serveuse, cette mésaventure a coupé notre bel élan et notre envie de vagabonder au cœur des ruelles enneigées. Nous quittons donc le « Chat qui pêche » après avoir donné quelques brèves instructions au patron. En sortant du bistrot, je m'efforce de ne pas trop regarder en direction des bouteilles disposées derrière le comptoir, afin d'éviter toute tentation inopportune. C'est sûr qu'un gorgeon d'un quelconque tord-boyaux local aurait été le bienvenu, mais fuir l'ennemi est aussi une façon de s'en débarrasser, me souffle à l'oreille une opiniâtreté nouvelle et chèrement acquise. Hop, nous grimpons sur le siège de la calèche, ma Samy se love contre moi, je lui prends la main, et cette sensation est infiniment plus capiteuse qu'un godet du meilleur alcool. Un petit cri d'encouragement, et les chevaux s'ébrouent puis se mettent à trotter avec application. La neige tombe toujours, à gros flocons duveteux, comme aux plus beaux jours de l'hiver dans mes montagnes, et la prudence est de rigueur. La pelisse blanche s'est encore épaissie, et elle atténue le claquement du sabot des chevaux. Siméane m'indique un raccourci par de tranquilles venelles, et, déjà, les altières tours du Palais jaillissent entre d'autres toitures, infiniment moins tarabiscotées. Avant de parvenir à destination, je m'empresse alors de raconter à mon toubib qui est cette Florine, et ma compagne en est surprise, bien évidemment.

- Oui mon ange, c'est assez ahurissant de retrouver ici la fille de Madeleine la Baleine. Mais bon, j'ai préféré ne pas en rajouter devant elle, car elle a sans nul doute entendu parler de moi, de mes activités, et elle n'ignore pas que je fais partie de l'équipage de l'Audacia. J'ai pensé dès lors qu'il valait mieux éviter le sujet, mais p't'être qu'un jour je lui en parlerai, si elle se montre digne de confiance. Ahh, nous arrivons ! Mais regarde donc qui est à la grille, ma tourterelle ! C'est notre ami Guillaume ! Le pôôôvre bougre s'impatientait ! J'suis certain que tu lui manquais déjà ! Si je n'avais pas autant de charme et de distinction, j'pense que je devrais réellement m'inquiéter de son obstination à vouloir te séduire ! ... lançai-je tout de go, en adressant à ma maîtresse une mimique malicieuse et rigolarde.

Nous franchissons l'entrée, et j'fais mine, un court instant, de ne pas avoir remarqué Guillaume. Je stoppe seulement après l'avoir dépassé d'une vingtaine de mètres, et notre bonhomme se précipite vers nous, ou plutôt vers ma Samy, sans se douter, une seule seconde, que je l'ai perfidement obligé à galoper derrière la calèche. Je lui tends les brides, mais le coquin préfère aider « son bon docteur Adelphe » à descendre de son perchoir. Je l'aime bien, ce pignouf, il est serviable et bienveillant, mais bon, faudrait pas non plus pousser bobonne dans les congères.

- Merci, mon ami, mais excuse-nous, nous sommes pressés, nous avons une potion à concocter ! Et zou, je lui fourre les rênes dans les paluches, je prends mon toubib par la taille, et nous nous dirigeons vers nos appartements. Nous y resterons jusqu'au lendemain, partageant mille câlins somptueux, chacun de nous évitant soigneusement le douloureux sujet de l'avenir d'un pirate.

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