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 A l'assaut

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Mélusine de Sylvamir
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Message Sujet: A l'assaut   A l'assaut EmptyDim 5 Juin - 1:56




Livre I, Chapitre 4 • L'Ordalie de Diamant
Hiémain & Mélusine

A l'assaut

De tes terres, de ta maison, et de ton cœur




• Date : 22 juin 1001
• Statut du RP : Privé, et potentiellement explosif
• Résumé : Mélusine monte à l'assaut des terres de Sylvamir après s'en être vu refuser l'entrée par les tantes, cousines et assimilées du seigneur des lieux une dizaine de jours plus tôt...













Dernière édition par Mélusine de Sylvamir le Dim 29 Jan - 3:35, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: A l'assaut   A l'assaut EmptyDim 5 Juin - 1:56


A l'assaut
De tes terres, de ta maison, et de ton cœur
Hiémain & Mélusine • 22 juin 1001


« Tu en veux un grand comment ? »
« Un de ceux-là, ce serait parfait : déplaçable sans trop de difficulté, et suffisamment maniable pour ce que je veux en faire. »

Castiel est un frère merveilleux. Et dévoué. Je l’ai bien élevé, ce petit : il a suffit que je lui demande son aide pour qu’il mette à mon service toutes les merveilles des entrepôts d’Euphoria, et j’y ai trouvé très exactement ce que je cherchais. Il m’a même fourni les hommes nécessaires à son transport et son maniement, et le mage des portails pour envoyer tout ça au bon endroit. Non vraiment, je n’ai pas à me plaindre ; et certains détails de l’assemblage me portent à croire que mon cher Melbren a contribué à l’efficacité générale de l’instrument. Il faudra que je lui écrive pour le remercier de son concours aux initiatives risquées de notre frère couronné : leur duo redoutable marque de son sceau efficace toute mon entreprise du jour, et j’éprouve une vague puissante d’amour pour mes benjamins, mes deux poussins qui ont bien grandi mais que je vois encore avec leurs yeux d’enfants et leurs dents de devant manquantes. J’ai une famille merveilleuse.

Et efficace, oh oui, terriblement. Je me rappelle de ma précédente visite ici, au début de la semaine passée : on m’avait refoulée dès l’entrée du domaine, comme un cancrelat abject, comme une roturière pouilleuse, comme une importune – moi ! Moi, Mélusine, fille de Séverac, sœur ainée du duc de Sombreciel, toute-puissante marquise de Sinsarelle en Erebor ! Moi, à la noblesse plus haute que certaines des têtes couronnées du continent ; moi, l’étoile d’Euphoria, fille de Maximilien et d’Ismalia – moi, Mélusine, l’insolente et la flamboyante fleur du désert ! Obligée de piétiner devant la grande herse de bon acier trempé défendant les murailles, je me suis entendu dire que les femmes de mauvaise vie et les filles publiques n’étaient pas les bienvenues sur les respectables terres de Sylvamir. Par une duègne, que dis-je – une guenon ! – dont la seule vue ferait sûrement se flétrir les attributs de l’homme le mieux mis du continent. Laissée à la porte, pendant deux heures, à faire le pied de grue comme une manante – pour qu’une cohorte de harpies envieuses et jalouses se permettent de me chasser comme une malpropre. Outrée, proprement scandalisée et vexée comme un pou, je suis rentrée à Euphoria en remâchant mon ego blessé ; et une fois de retour au palais, j’ai laissé mon tempérament exploser dans une de ces crises de colère tumultueuse auxquelles les domestiques locaux sont habitués, puisque Castiel tient décidément beaucoup de moi et leur sert à peu près les mêmes, environ sept fois par mois.

Il a d’ailleurs fallu toute l’influence diplomatique de Père pour que mon adorable frère ne parte pas sur le champ déclarer la guerre à Valkyrion pour venger l’honneur bafoué des Séverac tandis que je hurlais à la mort, et toute la ruse subtile de Melbren pour faire entrer dans nos deux caboches entêtées qu’une revanche audacieuse et surtout bien personnelle serait plus fructueuse et satisfaisante. Parfois, je pense que Père doit désespérer un peu devant sa couvée qui a pour sacro-sainte habitude de n’en faire qu’à sa tête, mais il nous aime quand même, je crois. En tout cas, voilà comment j’en suis venue à me trouver présentement de retour devant ladite herse insolente, dix jours plus tard, mais cette fois avec une troupe armée, et ce prêt généreux de la couronne cielsombroise.

Un bélier.

Un magnifique, splendide, glorieux et solide bélier, qui fait merveilleusement son ouvrage et démolit impeccablement l’obstacle. L’ingéniosité terroriste de mes deux cadets ne cesse de m’abasourdir, et vraiment, il faudra que je leur ramène un cadeau pour les remercier de leur appui dans cette sortie stratégique audacieuse. Peut-être une tête de harpie empaillée ? Mm. A voir. Pour le moment, abandonnant sur place l’outil décisif de notre réussite, j’entre dans le domaine de Sylvamir au grand galop, arme au clair – comme toutes les femmes erebiennes, je sais manier le cimeterre des dunes – et déterminée à voir Hiémain, dussé-je trancher la tête de toutes ces misérables bonnes femmes qui s’accrochent à ses terres comme des tiques sur un chien.  

Pour le moment, la résistance est minime : sûrement l’irruption de la femme refoulée à l’entrée du domaine la semaine précédente, à la tête d’une troupe armée, a-t-elle calmé les velléités d’insolence de ces mégères. Elles sont massées en groupe tremblant dans le vestibule d’entrée lorsque mes hommes motivés en dégondent les portes pour permettre mon entrée, aussi vais-je droit au but sans perdre de temps en salamalecs inutiles.

« Que l’une de vous aille quérir le baron. Informez-le qu’il est mandé dans son hall d’entrée par une femme insultée sur ses terres, qu'elle vient d'enfoncer sa herse et sa porte, qu’elle est armée, et que si elle doit démolir ce manoir pierre à pierre pour le voir, c’est sans remords aucun qu’elle s’y résoudra. »

Un serviteur marmonne quelque chose en rapport avec une baignoire, mais d’un grand geste du bras qui tient mon cimeterre, je convaincs l’une des plus jeunes femmes d’obtempérer.

A nous deux, Hiémain.














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Hiémain de Sylvamir
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Message Sujet: Re: A l'assaut   A l'assaut EmptyMer 8 Juin - 2:26

Elles sont épuisantes, ces fichues harpies.

Les termes étaient faibles pour décrire l’état dans lequel Hiémain se trouvait à cet instant. Quoique ce n’était pas ce jour-ci en particulier qui lui faisait défaut mais bien tous ceux qu’il avait passés depuis son retour à Sylvamir. Ca faisait quoi… un an ? Déjà. Le temps filait vite, bien trop et son absence prolongée commençait à terriblement lui peser. Plus qu’il ne voulait le reconnaître. Il avait abandonné beaucoup en faisant le choix de revenir sur les terres de son enfance et d’assumer pleinement la charge qui lui revenait. Pour son amie Astrid, la douce duchesse de Valkyrion qui l’avait prié de revenir et aussi pour lui, car son héritage était lourd à porter et il était temps pour lui de se battre pour le conquérir définitivement. La controverse, les critiques, le regard des autres, tout cela était blessant mais le baron de Sylvamir était de ces hommes fait de glace, solide comme les hauts pics qui prolongeaient l’horizon de Valryrion. Ces choses là ne l’atteignaient plus. Il avait trop souffert par le passé pour aujourd’hui se permettre de laisser entrevoir quoique ce soit sur ses pensées et les élans de son cœur. Le masque, il le portait toujours, pour se protéger plus que pour se cacher en vérité.

Mnémonie lui en soit témoin, Lorgol lui manquait. Sa vie de voleur lui manquait. La couronne des ombres lui manquait. Et… Mélusine lui manquait. Ce qu’il avait pu être ingrat avec elle, il le reconnaissait sans détour et s’en énervait depuis. Il s’était si mal conduit, être parti ainsi en laissant un simple mot et depuis ne lui donnant aucune nouvelle… Elle n’avait pas mérité ça, pas la belle Mélusine de Séverac qui avait bien souvent hanté ses pensées et fait battre son cœur. Le baron avait espéré au début l’oublier, se donner une chance de passer à autre chose, rien n’y avait fait et bon sang, il regrettait aujourd’hui tous les silences et les lettres écrites tard à la lueur d’une bougie qu’il n’avait pas eu le courage d’envoyer… Elles demeuraient enfermées dans ses tiroirs, cachetées mais restées finalement, par peur peut être de ne jamais recevoir de réponses. Ou de ne pas mériter celles-ci. Au bout d’un an, il ne se faisait plus beaucoup d’illusion, et les peu de fois où il avait demandé des nouvelles, les fichues harpies s’étaient exprimées pour lui signifier leur dégout envers la Dame de Sinsarelle et que de toute évidence celle-ci avait trouvé mieux. A les écouter, cette femme n’avait de toute façon pas le droit de franchir les frontières de Sylvamir. Hiémain n’avait jamais pensé une seule seconde que cette remarque put être un jour vérifiée et appliquée. Il avait négligé le pouvoir que les dames de Sylvamir pouvaient encore exercer et surtout… Surtout à son insu. Mais ça, il ne tarderait pas à le découvrir.

Car il est certain que plus tôt dans la journée, quand il avait prit la décision de se retirer pour prendre un bon bain après quelques décisions et actions épuisantes sur ses terres froides et soufflé d’un vent pourtant clément, il ne s’était pas attendu à entendre les murs trembler et la herse hurler sa détresse dans un fracas métallique. Par tous les dieux, que pouvait-il bien se passer ? Assez prestement, le baron se redressa dans sa baignoire pour en sortir, laissant choir de l’eau sur le sol et s’empressa de passer quelques vêtements, négligemment trempé, ses cheveux gouttaient encore un peu et sa chemise resta entrouverte quand il partit en direction du tumulte. Sur le chemin, un domestique semblait courir en sa direction et bafouilla quelques mots incompréhensibles. Sans l’attendre, Hiémain le somma de le suivre et de se calmer pour reprendre calmement ses explications.

« Une… une personne… avec un bélier. Les… dames… attendent dans le hall. Une femme…
-Ca suffit. Je ne comprends rien. »

A peine finit-il d’arrêter le domestique dans tous ses états qu’il arrive à la porte du hall d’entrée. Une voix. Il est certain de reconnaître cette voix quand il approche. Et un instant cela le fait ralentir, le fait douter de vouloir passer cette porte. Si c’était une simple illusion ? Après tout… pourquoi serait-elle là ? Mélusine… Mais les mots prononcés rappellent bien vite la réalité au baron de Sylvamir qui d’un geste puissant ouvre les portes, faisant sursauter les quelques harpies agglutinées dans un coin et dont l’une d’elle semblait prête à partir le prévenir. Il avait été plus rapide. A peine une poignée de seconde, le regard de Hiémain passe sur ces femmes sans intérêt qui lui pourrissent la vie et ne sont bonnes qu’à se plaindre et geindre sans cesse. Puis lentement, il glisse vers la source de toute cette agitation, et son cœur manque de rater un battement. Son visage, si habitué à tout masquer, affiche cette sérénité froide quoique ses prunelles semblent d’une douceur qu’on ne lui connaissait plus depuis presque un an.

Mélusine. Ô Mélusine. Que faisait-elle ici ?

« Cela ne sera pas nécessaire, laissez donc mon manoir en l’état Ma Dame. » Et un fin sourire ne peut s’empêcher de se former quand il contemple cette femme qu’il a aimé. Non. Qu’il aime encore, en secret. Elle est si belle, parée de cette fierté et cet orgueil indiscutable, le front haut et le regard fixe, droit. Cette noblesse qui l’habille et la sublime, cette lumière qui occulte tout le reste quand elle prend place quelque part, attirant tous les regards. Si belle et… si énervé, il peut le voir, et à nouveau, le regard de Hiémain dévie vers les harpies, dévoré de froideur et d’une colère montante. « Que signifie tout ceci ? » La question leur est posée, mais le froid les envahies. Silencieuses, les yeux se baissent, refusant d’affronter le regard du maitre des lieux. A nouveau, sa phrase résonne, plus venimeuse, plus courroucé. « Qu’est-ce que cela signifie ?! Pourquoi la noble Dame de Séverac se trouve à cet instant sur les terres de Sylvamir, quémandant justice pour avoir été insultée et bafouée ?! Aurais-je manqué quelque chose ? » Et plus que jamais, les regard se baissent, les statures se ratatinent… Il ignore ce qui a pu arrivé, mais il ne doute pas que si la réaction de Mélusine ait été aussi… grandiose, quelque chose de grave était arrivé. Et ça, il ne pouvait le supporter. Il ne manquerait pas de leur faire payer.

Sans leur accorder plus d’attention, il se retourna vers Mélusine et s’approcha d’elle avant de la saluer respectueusement, peut être plus bas qu’il ne l’aurait du d’ordinaire. De bien des manières, il s’excusait. Pour l’insulte proféré sur ses terres et… pour bien d’autres choses, même s’il estimait ça bien insuffisant.

« Veuillez m’excuser Ma Dame si offense il y a eut sur mon territoire. Peut-être souhaiteriez vous que nous nous expliquions de manière plus diplomate et… seuls ? »

Les derniers mots étaient plus adressés à l’attention des gardes qui accompagnaient Mélusine et à la troupe de harpies ratatinée dans un coin que dans un réel désir d’être seul avec la femme qui hantait toujours son esprit. Quoique… il ne niait pas l’envie pressante de la voir, de lui parler. Il s’attendait aux coups, aux cris, aux hurlements… tout cela il les méritait pleinement.
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Message Sujet: Re: A l'assaut   A l'assaut EmptyVen 10 Juin - 2:14


A l'assaut
De tes terres, de ta maison, et de ton cœur
Hiémain & Mélusine • 22 juin 1001


Je ne sais pas encore laquelle je vais passer au fil de mon cimeterre. La tentation est grande de toutes les aligner le long du mur, côte à côte, et de trancher leurs têtes l’une après l’autre : en prenant mon élan, j’arriverai peut-être même à les occire toutes d’un seul coup, en courant vite et en tendant le bras dans le bon angle ? Pensive, j’incline la tête, fais quelques pas vers elles pour mesurer leur taille de plus près, comptant leur nombre sur mes doigts. Je ne sais si mes intentions létales sont inscrites sur mon front, ou si c’est mon entrée tonitruante qui les a un peu effrayées, mais elles me regardent en tremblant comme si j’étais Sithis incarné, et je savoure ma vengeance. On n’insulte pas impunément le nom de Séverac, on ne refoule pas la marquise de Sinsarelle ! Je suis toujours en train d’essayer de choisir l’ordre dans lequel je vais décimer la parentèle du maître des lieux lorsqu’il se décide enfin à faire son apparition.

D’un haussement de sourcil méditatif, j’accueille sa tenue fort peu réglementaire et bien plus négligée que je n’ai pu le voir vêtu en plusieurs années de fréquentation assidue de la Cour des Miracles et des salons huppés de Lorgol. Ça lui va… plutôt bien, je dois dire. Et si c’est une technique de Voleur patenté pour distraire mes pensées et alléger un peu ma hargne, force m’est d’admettre que c’est rudement bien calculé.

Homme impossible !

Narines frémissantes d’une sainte colère, je me contente de brandir mon cimeterre dans la direction approximative du troupeau empilé dans l’angle, provoquant un concert de hoquets et de cris étouffés. L’ampleur du geste, la manche qui vole, ma posture agressive : tout cela est fort théâtral, et les harpies de Sylvamir sont prises au piège. Relevant fièrement le menton, je parle d’un ton emporté, comme si je déclamais les vers guerriers d’un poète martial de Bellifère. « Des têtes ! Au moins trois, peut-être quatre, messire, pour laver l’affront qui m’a été fait. Ces mécréantes, que dis-je ? Ces souillons, ont osé me refuser l’entrée de vos terres, il y a de cela dix jours à peine ! Soi-disant en votre nom, et parce que la hauteur du mien ne leur suffisait pas ! Je suis très haute noble d’Erebor et parente du duc de Sombreciel, deux duchés ont été offensés par cette insulte – je laverai cet outrage dans leur sang ! » Et pour faire bonne mesure, j’enfonce violemment la pointe de mon cimeterre entre deux dalles de pierre, posant les mains sur mes hanches, rejetant ma chevelure en arrière. Ratatinage dans le coin : ça se tasse de plus en plus, et si elles pouvaient se fondre dans les blocs du mur, ces misérables, elles le feraient, j’en suis convaincue.

Il me salue, toutefois : d’un geste profond, bien plus qu’il ne devrait l’être ; et lorsque son regard d’acier croise le mien, c’est un cortège de souvenirs qui remonte à ma mémoire, comme une bulle d’air qui viendrait éclater dans un lac calme en envoyant mille rides agiter sa surface tranquille. Je revois la première fois que ces yeux-là ont croisé les miens : à l’une de ces réceptions fades de la cour impériale d’Ibelin, où j’accompagnais ma maisonnée, et où lui était le noble au sang vicié que beaucoup regardaient avec dégoût, hostilité ou curiosité déplacée. Un bref signe de tête et il s’en était allé plus loin. Je l’avais revu des années plus tard, dans un riche salon de Lorgol : un autre bal, une autre fête, mais toujours la froideur de ces yeux si clairs. Cette fois pourtant – avant qu’il ne se détourne, avant qu’il ne s’incline poliment, j’avais souri. J’étais en retard, ce soir-là, retenue par mon installation dans la capitale des peuples libres. C’est à son bras que j’avais fait une entrée remarquée dans la salle du banquet, glorieuse dans le faste étincelant de Sombreciel et la coupe audacieuse de ma tenue. Oh, l’on avait colporté des ragots, cette nuit-là et les années qui passèrent ensuite, sur l’amitié scandaleuse qui liait une marquise toute-puissante au très noble sang à un baron au nom synonyme d’inceste et donc la compagnie était supposée me faire horreur.

S’ils savaient. Que je l’avais trouvé le lendemain sur les pavés de la Cour des Miracles où j’étais venue me présenter, qu’il avait souri – tellement plus librement que dans le carcan de la noblesse, et que j’avais aimé dès le premier instant son cynisme un peu mordant et son humour décalé, la grandeur de cet esprit de glace aux rouages si affûtés, le courage de cet homme brave qui payait l’amour que ses parents se portaient. Amitié sincère, affection immédiate, estime mutuelle – je ne sais pas à quel moment mon cœur s’est mis à battre sur un autre rythme, mais c’est en le perdant que j’ai compris la réelle portée de ma tendresse à son égard. Que j’ai admis à quel point sa présence me manquait – que j’étais consciente de chaque instant où il posait le regard sur moi, même quand je lui tournais le dos, même quand je ne le voyais pas. Que je voulais plus que tout, avec fureur, avec désespoir, avec acharnement, parvenir à remplir ce vide immense qui hantait ses prunelles et semblait guetter le moindre de ses pas. Qu’il avait, lentement, au fil de ces années sur les pavés disjoints de la Cour des Miracles, ramassé chaque morceau de mon cœur brisé, pour le tenir à l’abri entre ses mains. Et qu’en partant, quand il l’a laissé tomber sans plus le protéger, qu’il s’est brisé à nouveau, en mille fragments sanglants, et que depuis cela fait un an que je respire son absence.

Il m’a manqué.
Maudit soit-il.

Secouant la tête, incrédule, je le toise de la tête aux pieds. La ligne de ses épaules, sous le tissu tout simple de sa chemise. La musculature de son torse, par l’entrebâillement du col dénoué. Le port de tête si fier, si droit, qui sied à la hauteur de son âme ; et ce regard de glace, intense et puissant, qui semble pouvoir lire le moindre secret de mon âme lorsqu’il croise le mien. Nos yeux s’accrochent, et c’est comme si le temps suspendait son cours, comme si l’année passée n’avait pas existé ; comme si Hiémain ne m’avait pas quittée, et que je n’avais pas erré seule dans un monde sans couleurs pendant une éternité. Je n’entends qu’à peine ses paroles : je bois son regard, avidement, comme l’assoiffée au bord du desséchement qui trouverait enfin une fontaine à laquelle étancher son manque. Un instant – rien qu’une fraction de seconde, je lui laisse voir à quel point sa présence m’a manqué, puis je remets en place mon masque de noble évaporée. « Certes, messire. Devrais-je moi aussi me dévêtir ? » Le hoquet scandalisé émis en chœur par toutes ces rombières coincées est une récompense pleinement satisfaisante, et c’est avec un sourire ravi que je viens placer ma main dans celle qu’il me tend, le suivant dans les escaliers et multiples couloirs de sa demeure. J’aime le contact de ses doigts autour des miens ; et je le suis sans hésiter parmi un véritable labyrinthe de portes et de paliers. On dirait… on dirait une meule de gruyère géante dans laquelle une souris serait capable d’égarer toute sa portée. Au moins, dans ce petit salon lové au cœur du dédale du manoir, personne ne viendra nous enquiquiner.

Nous voilà seuls à présent, la porte est refermée ; et me voilà à court de mots, soudain, alors que plus personne ne nous écoute.

Que lui dire ?
Qu’il m’a manqué ? Que son départ m’a fait chavirer ? Que j’ai déserté la Cour des Miracles car ne plus l’y voir était une torture au-delà de ma force de résistance ? Que j’ai pleuré mes espoirs déçus dans un torrent de larmes qui ont ravagé mon âme ?

Que je l’aime ?

Je n’ai pas les mots pour ça.

Alors, je laisse parler le tempérament des Séverac, cette flamme indomptable des femmes de Sinsarelle ; ces filles de Sombreciel et ces filles des dunes. De deux pas vifs, je me colle devant lui, et d’un geste irrépressible, à toute volée, je lui assène une gifle magistrale dont l’écho retentit dans le petit salon douillet. J’inspire un grand coup, tends l’index sous son nez – et me ravise, lui assénant du revers de la main cette fois le soufflet de retour.

Ça, c’est fait.
Il a sûrement compris que j’étais… « pas contente ». Voilà. Contrariée. Un tantinet remontée. Passablement agacée.

Mais pas seulement.
Pas que ça.
« Je ne sais absolument pas quoi faire de toi. » Ce tutoiement des Voleurs m’est venu aux lèvres instinctivement. L’instinct est d’un bon jugement dans ces situations, n’est-il point ? Je lui lâche la bride encore un instant, prenant son visage entre mes mains et rivant mon regard au sien, chamboulée plus que je ne veux bien l’avouer, car il est là. Devant moi. D’un geste rapide, prompte et vive, je me hisse sur la pointe des pieds et dépose un baiser léger au coin de ses lèvres. Une offre, une promesse, l’esquisse d’un aveu qui se dessine en filigrane de mon chuchotement. « Je te hais d’être parti comme ça. »

Je te hais.
D’être parti sans moi.












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Hiémain de Sylvamir
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Message Sujet: Re: A l'assaut   A l'assaut EmptyLun 20 Juin - 19:29

Colère. Ô vengeance.

Elle s’élève et grandit à mesure que les paroles sont prononcées, avec fierté et aplomb, le faisant gronder de hargne envers ces harpies. Il pensait avoir déjà tout vu et tout subit de leurs méfaits, il était bien loin de se rendre compte de l’absurde vérité. Oser renvoyer – que dis-je – insulter la grande et noble Dame de Séverac aux portes de son domaine, parler en son nom, lui qui n’avait rien su de cette affaire, et se rendre compte qu’il avait raté de peu les retrouvailles avec cette femme qui lui avait tant manqué… Son regard glissa avec une froideur nouvellement mesurée sur les femmes qui se tassaient dans un coin de la pièce, à la fois effrayées par les paroles et actes impérieux de la marquise de Sinsarelle et par les songes terriblement vengeurs du baron de Sylvamir, visible dans la glace de ses prunelles. Et alors il répond. De toute la hauteur de son sang souillé mais noble il répond. De toute la grandeur de son caractère fier et blessé il répond. Oh oui il répond, s’approchant avec une vivacité nouvelle de ces femmes stupides qui ont osé une nouvelle fois l’humilier.

« Seulement quatre têtes madame ? Allons, prenez autant qu’il vous plaira, choisissez parmi ces misérables celles qui conviendraient mieux, bien que je doute un seul instant que leur sang suffira à épancher l’affront engendré. Celle-ci peut être ? » Il désigna de la main une jeunette qu’il savait aussi capricieuse qu’emporté, la voit se décomposer de peur et de crainte. « Ou celle-là ? » Une vielle dame au regard outré mais pas moins caché derrière les autres, espérant que la haine du baron ne soit qu’esbroufe bonne pour les faires se terrer. Mais le regard de Hiémain, plus glacial que les vents d’hiver de Valkyrion, distille la graine du doute, à sa grande satisfaction. « Bien sur, je m’engage à offrir ce qui plaira à la Marquise de Sinsarelle pour pardonner l’outrage subit sur mes terres, c’est le moins que je puisse faire. »

Et alors, le temps semble se figer quand son regard de nouveau se pose sur elle. Si fière et si brave, le regard haut et la colère dans les prunelles. Il sait que l’outrage est sans commune mesure, mais il perçoit aussi autre chose. Plus profond encore, cet écho qui vibre à même son propre cœur : le manque et l’abandon. C’est de cela dont il doit se faire pardonner. Les reproches sont tous là, cette affaire n’est qu’une entrée en matière, un tremplin pour rappeler combien il avait fauté.

Il l’avait laissé si seule, alors qu’il lui devait tant.

Mnémonie encore une fois se rappelle à lui. Hiémain, te souviens-tu de la Cour des Miracles et de Mélusine, dansant avec toi sur ses pavés, chapardant habillement, charmant de son sourire les passants ? Te souviens-tu de l’amour naissant qui avait réchauffé ton cœur et éveillé tes sentiments ? Cette affection d’abord, née de ses attentions envers toi, ce regard sincère qu’elle t’avait toujours porté, sans jugement ni haine ni mépris. Cela s’est rapidement mué et bientôt, tes pensées ont même trahi ta raison. Tu l’as aimé. Oh oui tant aimé. Mais tu as eu si peur de la souiller que tu l’as fuit et finalement abandonné…

Il n’y a rien qu’il détestait plus que cette pensée. Comme il s’en voulait, comme il ne pouvait se pardonner d’avoir trahi Mélusine et son propre cœur. Pas un mois, pas un jour n’était passé sans qu’il ne songe à la belle Dame de Séverac. Rien n’avait pu réellement l’éclipser de ses pensées, pas même cette prétendante venue dans le but certain de l’épouser… Celle là… Ah celle là ! Elle avait eu bien peu de chance avec le froid Baron de Sylvamir au cœur brisé. Il n’y avait qu’elle, oui cette fée faite de sable et de mystères capable de le rassembler et le réparer. Ce regard un instant, quand les mots proposent de discuter plus posément seul à seul… Oh ce regard qui le laisse bien silencieux, qui fait tressauter son cœur tant de fois qu’il en perd le compte, assourdit par le tambourinement frénétique. Elle accepte, et l’humour le fait sourire. Si naturel, le cynisme mordant revient, embellissant le sourire en coin qu’il se permet d’accord en prenant la main de la Dame.

« Le feriez vous ? Je ne m’en plaindrais certes pas, mais je regretterais qu’on m’accuse, en plus d’être impoli, de laisser mes invités mourir de froid. »

La réponse laisse échapper des murmures outrés et scandalisés, les propos doivent leurs sembler trop libres et si peu conventionnels. Mais Hiémain s’en contrefiche bien, il n’a déjà que Mélusine en tête et son regard dévore chaque parcelle de sa personne qu’il peut observer à la dérobée. Et sans un mot de plus pour ces harpies mal lunées, il guide son invité dans le dédale curieux que représente le manoir de Sylvamir. Loin de cette foule bruyante et désireuse de détruire son bonheur. Loin, oui loin, au calme et dans la sérénité d’une charmante pièce qui forme une partie de ses appartements. Ici au moins ils auraient la paix, personne ne venait aussi loin dans les profondeurs du manoir.

Tout à coup, le silence.

Trop pesant, lourd. Et il voudrait dire quelque chose, mais sa voix demeure muette, coincée au fond de sa gorge sèche et aride comme les déserts d’Erebor. Il a beau lui faire face, la regarder de cette passion qui ne peut s’éteindre, il ne peut rien dire, et c’est dans un silence de mort qu’il l’observe s’approcher et punir d’une main vengeresse l’outrage de l’abandon.

Une claque.

Elle résonne et vibre avec force sur sa joue, rougissant la peau sans lui arracher la moindre réaction. Le regard du baron reste froid, stoïque, neutre si ce n’est cette pointe d’acceptation face au châtiment. Il s’y attendait. Il s’attendait à la première du moins. Peut être pas la seconde qui vient à revers et frappe une nouvelle fois.

Une seconde claque.

Elle réveille souvenirs et même un sourire. Il n’a guère mal, ce n’est rien comparé à tout ce qu’il avait pu endurer durant sa vie. En fait, c’est même plutôt rassurant que la charmante Mélusine daigne lui accorder cette attention. Car à cette distance il peut y lire tous les sentiments qui illuminent ses prunelles. Et à nouveau son cœur bat à la chamade. Chaque battement assourdis son ouïe, le piégeant dans cette bulle d’éternité qui se forme autour de lui et de Mélusine. Il n’y a qu’eux à cet instant.

« Tout ce que tu souhaites. » Il voudrait lui murmurer simplement ces mots, mais il n’en a ni le temps ni l’envie. Les lèvres se posent sur les siennes, excitant à tout rompre les brusqueries de son cœur qui s’emballe et s’emballe encore. Ce premier contact signifie tant. Il brise les tabous et les barrières que Hiémain avait mit si longtemps à ériger et maintenir. Mais la force l’abandonne, la conviction lui fait défaut. Il n’a plus envie d’être loin d’elle. Hiémain est à Mélusine. Il l’était devenu dès l’instant où leurs mains s’étaient effleurées et que le cœur froid avait fondu au soleil de l’été. Trop léger, mais pourtant si présent, il croit encore percevoir la douceur de ses lèvres sur les siennes, la pointe sucrée qui vient éveiller aussi bien ses papilles que son imagination.

Elle le hait. Oh oui elle le hait. Mais pas tant que lui. Au chuchotement répond le murmure. Si proche de ses lèvres, les souffles se croisent et s’entrechoquent.

« Alors haïs moi Mélusine, déteste moi. Car cela ne sera jamais suffisant, jamais je ne me pardonnerais d’avoir laissé là bas mon cœur et ne pas l’avoir emmené avec moi. »

C’est sa main qui se pose sur la joue chaude et blanche de la si belle et si envoutante marquise. Mais ce n’est ni sa beauté ni sa grandeur qui avaient charmé Hiémain. C’était la profondeur de son esprit et la beauté de son âme qui avaient eut raison des sentiments du baron.

Il l’aime oui. Que tous les dieux le sachent, il l’aimait, à dépérir pour elle il l’aimait.

Et ses lèvres, guidé d’instinct et d’envie se posent sans crainte ni peur sur celle de la femme qui depuis si longtemps neutralisait sa pensée et sa conscience. Nuls regrets pour l’arrêter, nuls songes d’un possible échec. Tout ce qu’il voulait, c’était l’aimer.

« Je suis prêt à faire tout ce qui est en mon pouvoir et même au delà pour le récupérer. Oh pardonne moi Mélusine. Pardonne moi de t’avoir laissé là bas. » Et doucement il se prend à l’enlacer, laisser fondre la glace qui en la présence de cette femme n’avait jamais réellement tenue. Elle avait toujours su voir au delà du masque, toujours sur lire les sentiments qui naissaient dans son regard avant que lui ne les perçoive. Elle était la source de toutes les envolées de son cœur.

Mélusine. Il lui appartenait corps et âme. Et cette simple perspective ne parvenait qu’à le combler. Même s’il devait être repoussé. Même s’il devait être rejeté. Il avait avoué ce qui depuis si longtemps tenaillait son cœur.

Il l’aimait.
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Mélusine de Sylvamir
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Message Sujet: Re: A l'assaut   A l'assaut EmptyJeu 30 Juin - 3:56


A l'assaut
De tes terres, de ta maison, et de ton cœur
Hiémain & Mélusine • 22 juin 1001


Sa main sur ma joue. Peau contre peau – juste un effleurement, une esquisse, une promesse, comme un serment chuchoté sous la douceur d’une caresse. Juste ce simple geste – un souffle d’air, léger comme le baiser du vent par un froid matin de printemps, le souvenir lumineux du temps d’avant, lorsque je baignais dans sa présence et la discrète chaleur de ses sourires.

Ah, son sourire – prudent comme le soleil qui oserait percer les nuages sombres d’un orage trop sérieux, comme les premières notes d’une chanson tranquille qu’on ne pourrait chanter vraiment qu’à deux. J’ai toujours aimé ce sourire, dès la première fois dans ce hall de pierre écrasant de splendeur vaniteuse, à Lorgol ; cette fois où j’ai souri quand il m’a regardée arriver, tendant la main vers lui pour qu’il m’offre la sienne, scellant les premiers pas d’un pacte d’affection et d’amitié qui nous a menés le long d’années de tendresse partagée. Son sourire ! Rare, et tellement précieux, comme le couronnement d’une bonne journée, comme s’il me caressait de loin, rien qu’avec ses yeux. Jamais menteur, jamais hypocrite, jamais trompeur, jamais factice ; rare, oui, mais sincère lorsque d’aventure il le laissait fleurir sur ses traits. Complice, entendu, amical ; réservé, prudent et méfiant, mais franc et droit. Isil, toi qui connais tout de moi, des noirs secrets que je cache lorsque l’obscurité prend le pas et que je deviens une autre si différente de moi, de ces détours et dédales de sentiments que j’enfouis au plus profond de mon être car j’ai trop peur qu’ils me blessent si quelqu’un venait à les découvrir, oh Isil à laquelle je me suis toute entière vouée – tu sais à quel point son sourire m’a manqué.

Il ne sourit pas, juste là – il y a juste la peau de ma joue qui chante sous ses doigts, et l’intensité de son regard me dévore toute entière, comme si la muraille érigée pour garder mon cœur s’effondrait sous les coups du bélier que j’ai moi-même apporté. Jamais encore nous n’avions une telle proximité : je l’ai aimé de loin, comme le feu qui couve sous la cendre, comme la braise qu’on aurait oubliée et cru éteinte alors qu’elle n’était qu’endormie et n’attendait que le bon moment pour se réveiller. Je l’ai aimé à distance, satisfaite pour un temps de simplement goûter à sa présence, avant de comprendre en le perdant seulement à quel point j’étais mutilée par son absence. Je l’ai aimé, en me mentant à moi-même avec la plus obstinée constance, refusant d’admettre à quel point le simple écho de son nom déséquilibrait la balance. Il aura fallu des mois, pour que j’admette enfin l’évidence ; des mois de lutte et de silence, pour que mon cœur enfin ose clamer son allégeance. Ô folle imprudence ! Sentiments aventurés, confidence murmurée, espérance inavouée, et dans mon âme cette infinie violence des émotions refoulées.

Oh, Hiémain, comme je t’ai aimé.

Je me rappelle à peine à présent le goût de cendres dans ma bouche, les couleurs du deuil qui ont repeint mon esprit dans leurs sombres harmonies ; ce futur est révolu, ce cauchemar s’est perdu. Sa voix murmure, sa voix chuchote, et son souffle déverse dans le mien l’aveu gracieux de cet homme de glace dont l’armure de gel a fondu au fond des yeux. Un instant, une poignée de secondes, un infime fragment d’éternité figé à jamais dans ma mémoire – il me regarde et je redeviens entière dans le miroir de son âme. Il y a ses doigts sur ma joue – peau contre peau, je respire encore, j’existe à nouveau. J’ose à peine y croire – m’est-il permis d’espérer ? Après une année de solitude, d’errance et de détresse absurde, ai-je le droit à présent de placer entre ses mains mon cœur et ma foi ? Veut-il vraiment de moi, est-ce mon esprit qui me joue des tours ? Suis-je digne de lui, peut-il me réclamer sienne sans rougir ? Est-ce que la libertine et volage marquise de Sinsarelle est autorisée à s’éprendre du très droit et noble baron de Sylvamir ? La barbarie sauvage des dunes d’Erebor, la liberté étourdissante de Sombreciel peuvent-elles revendiquer pour elles la solennelle dignité de Valkyrion ? Mirta ai-je le droit – ô Valda, toi qui veille sur les vœux des enfants, peux-tu exaucer ma prière et me permettre de l’aimer vraiment ? Puis-je, est-ce permis, est-ce autorisé ? Hiémain, est-ce que j’ai le droit de te vouloir pour moi ? Est-ce que je suis digne de toi ?

Ses lèvres viennent capturer les miennes, et je sens mon cœur tressauter dans ma poitrine, victime de cette émotion bien trop forte contre laquelle il ne sait pas s’armer. Je voudrais m’en dédire, je voudrais résister – m’en absoudre, m’en protéger, car je porte encore les cicatrices d’un sentiment lacéré par l’indifférence et le rejet, mais c’est trop tard. Il a déjà tout de moi, cet homme froid qui fait naître la chaleur en moi, et je peux lire dans le gris de ses yeux à quel point je lui appartiens déjà. J’ai abdiqué il y a longtemps, entre les pavés de la Cour des Miracles et les tapis de velours d’une des Tours de la Ville Haute, sûrement – je lui ai cédé tous les droits sur mon cœur, je lui ai tout donné. En a-t-il eu conscience, sait-il que tout ce qui constitue Mélusine appartient à Hiémain, et que je veux en retour le réclamer pour mien ? Sait-il, ce Kyréen si réservé, qu’en abattant la grille de ses murailles et les portes de son manoir, c’est sa personne que je suis venue quérir, exigeant son cœur en échange du mien ?

Mon cœur est fort et mon âme est celle d’une guerrière, je tiens cela de ma mère et de ce sang chaud des dunes qu’elle a mis dans mes veines ; mais entre les bras de Hiémain je me trouve désarmée soudain. La tête me tourne un peu : j’ai peine à croire qu’il est vraiment là, que c’est avec lui que je partage enfin ce baiser empli d’aveux informulés qui met le feu à tout mon être. Et pourtant – je le sens sous mes mains, accrochées à sa taille ; je perçois son souffle contre le mien, ses lèvres sur les miennes, son cœur tout près du mien. Un instant, je tente de trier mes idées, son front contre le mien – nouant les mains sur sa nuque, je ferme les yeux, un peu étourdie, déterminée à ne pas le lâcher tant son contact m’affole. A court de mots, la flamboyante fille de Séverac si théâtrale d’ordinaire ; elle ne sait pas quoi dire, l’impertinente marquise à la coutumière insolence, tant elle se trouve vulnérable entre les mains de cet homme qui recèle la clé de son avenir. « Tu es ma raison et ma foi ; si tu veux être à moi, alors je t’appartiens. Je te veux pour moi, Hiémain. » J’ai rouvert les yeux, nos regards se croisent – puisse-t-il y lire combien je suis sincère en cet instant, combien je suis fragile devant lui, dépouillée de toute mon armure, vulnérable et exposée. Je suis complètement désarmée – d’un seul mot, d’un seul geste, d’une seule pensée esquissée, il peut me briser, irrévocablement.

Je te veux pour moi, homme des glaces au si droit caractère, pour tempérer mon exubérance et ma folie ; je veux être tienne, femme au sang sauvage aussi imprévisible qu’une flamme déchaînée, pour t’apprendre le rire et la complicité. Je veux combattre mon égoïsme et penser au futur non pas pour moi, mais pour nous. Je veux cesser de conquérir pour moi seule ; je veux construire un avenir à deux. Du bout des doigts, je suis la courbe de sa mâchoire entre deux baisers. « Je ne veux pas d’un lendemain où tu ne serais pas. J’ai essayé de vivre sans toi : le monde a perdu sa couleur, sa mélodie et sa saveur. La Cour des Miracles m’a fait horreur, tant chaque pavé me rappelait ton départ ; je te voyais sans cesse, dans chaque ruelle, sur chaque rempart, et le manque de toi a failli me rendre parjure à Isil. Reviens, Hiémain ; reviens à Lorgol, quitte ces harpies, et sois mien. Je te veux pour moi, j’ai besoin de toi – je t’aime. »

L’aveu m’a échappé, à l’improviste. Trois mots anodins, et si terriblement angoissants ; trois mots que je n’avais dits qu’à un seul autre jusque là, qui les avait par la suite tant souillés et bafoués que je m’étais juré de ne jamais les répéter. Trois mots solennels, comme un engagement, comme une promesse, comme l’esquisse de quelque chose de nouveau, de tellement fort, de tellement beau – oh, Hiémain, j’ai peur de tout briser, mais j’ai tant envie d’espérer ! De croire que je peux moi aussi être aimée – aimée vraiment, pour la femme que je suis, pour la Voleuse cachée derrière la Marquise, pour la femme éprise de poésie et de tendresse derrière la cuirasse de la libertine éhontée, pour la fragile fleur de Sombreciel qui a fleuri sur l’or sauvage des dunes d’Erebor. Je veux y croire, désespérément – que je peux être fragile et vulnérable entre tes mains, et paradoxalement dans la plus parfaite sécurité, invulnérable tant que je suis protégée. Que je peux, moi la forte, moi la bravache, moi la fière et l’indomptable, poser la tête sur ton épaule et me montrer fatiguée sans craindre d’être blessée ni humiliée. Que tu peux m’aimer autant que moi je t’aime ; qu’un homme puisse s’attacher à la Mélusine que je suis vraiment, sans se laisser tromper par mes leurres, par mes artifices et mes faux-semblants. Que tu puisses voir l’ensemble de mes défauts, la totalité de mes faiblesses, mes secrets honteux et mes fautes inavouées, et m’aimer quand même – m’aimer en dépit de mes manquements, envers et contre tout.

« Je t’aime. »

Plus calmement. Avec la certitude absolue d’être dans le vrai, d’avoir bien choisi, d’avoir raison. Je l’aime, cet homme que je suis venue réclamer comme un trophée confisqué, ce joyau sans prix – je l’aime, et j’espère, si fort, qu’il éprouve à mon endroit le total engagement que je suis venue lui demander. Je l’aime – ô Mirta, ô Isil, ô Valda, je l’aime. Je suis encore capable de m’attacher, alors ? Les délicats mécanismes de mon cœur naguère brisé ont donc réussi à se ressouder, la fragile machine à sentiments ne s’est pas enrayée ? Ô Tisserand à ton Métier, tu peux donc encore filer pour moi l’amour sincère, l’attachement véritable, cette passion enivrante qui pulse dans mes veines et tend, à chaque souffle partagé, à chaque caresse, à chaque baiser, l’infernal ressort lové au creux de mon ventre ?

Lâchant prise soudain, je repousse fermement mes doutes, mes angoisses, mes pensées empoisonnées, et ces hésitations délétères qui voudraient me priver de ce moment béni. « Je t’aime. » Comme une litanie de promesses éparpillées sur ses lèvres, son cou, ses épaules – comme une nuée de serments accrochés à sa peau au fil d’un cortège de baisers. J’ai vaguement souvenir d’avoir ôté de mon chemin cette scandaleuse chemise qui faisait obstacle à mes caresses – je sens sous mes mains son torse encore mouillé du bain dont je l’ai tiré, ses bras qui me serrent contre lui, son cœur qui tambourine tout près du mien, et je me concentre sur chaque sensation. Son souffle contre ma peau, éveillant un déferlement de frissons ; ses doigts fugitifs le long de mon dos, arquant mes hanches instinctivement pour me rapprocher au plus près de lui, mon corps répondant déjà aux exigences du sien ; ses mains dans mes cheveux, qui effleurent et appellent. Mon souffle s’accélère, tout mon corps se tend – son contact est enivrant, et le sang bat lourdement à mes tempes, obsédant, réclamant toujours plus. Je me contiens, pourtant – j’ai peur encore, d’être rejetée, d’être repoussée, et j’attends. Le reste du monde a totalement disparu. Je ne sais plus vraiment où je suis, l’heure du jour, ni comment je suis arrivée ; tout ce que je sais, c’est que Hiémain est là, que je suis entre ses bras, peau contre peau, et que je l’aime. Sans pirouette, sans échappatoire, sans faux-semblant.

« Je t’aime. »

Les yeux dans les yeux. Irrévocablement.














Dernière édition par Mélusine de Séverac le Dim 17 Juil - 12:25, édité 1 fois
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Hiémain de Sylvamir
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Message Sujet: Re: A l'assaut   A l'assaut EmptySam 9 Juil - 3:09

Elle disparaît, la glace qui encercle son cœur dans un cocon protecteur, destinée pourtant à l’éloigner de toutes émotions susceptibles de le trahir. Ne pas se laisser emporter par les sentiments, ne pas se blesser par la force de ceux-ci, s’en éloigner pour mieux observer. Mais souffrir intensément de ce maintien constant… il avait failli rater son bonheur, de saisir du bout des doigts son souffle et effleurer des lèvres sa douceur. Et le Destin lui offrait une nouvelle chance de l’attraper. Le prendre et ne plus jamais le lâcher. Il était là ce bonheur, encore vibrant de jeunesse et naïveté, un bonheur fébrile et tremblant, mais un bonheur malgré tout chaleureux et puissant. Ce bonheur c’est Mélusine qui répond à son baiser, ses lèvres qui goûtent les siennes avec avidité, ce corps si proche qu’il aimerait approcher d’un geste. Cette main. Oh cette main, qui caresse des doigts cette peau douce et chaude. Cette autre main posée sur la courbure de ses hanches, resserrant peu à peu cet étau entre eux, les enfermant dans l’éternité d’un instant de bonheur. Un bonheur qui vient frapper vivement et de manière si inattendue. Mais tant désiré dans quelques rêves fous d’une nuit.

Oh il comme il l’aime. Cette femme qui est tout pour lui, qui possède tout de lui.

Hiémain voudrait ne jamais voir s’arrêter ce moment qu’il a tant espéré. Là dans ses bras, il sent son cœur se perdre dans une danse endiablée. Il lui fait mal, ce cœur qui bat, il lui fait mal et il ne voudrait pour autant pas qu’il s’arrête. Car ce cœur, c’est entre ses mains que Mélusine le tient. C’est elle qui en à tous les droits, la toute puissance souveraine. Un sacrifice offert et consenti sans la moindre honte ou soupçon de peur. Il s’en rend compte aujourd’hui, le froid baron de Sylvamir, qu’il n’a plus le contrôle ni de ses sentiments ni de lui même, que cette part de lui était d’ores et déjà détenu par la lumineuse et chatoyante marquise. Combien de temps déjà ? Dès le premier regard, dès les premiers instants, à tenir sa main dans la sienne, accrocher son regard au détour d’un couloir, se laisser guider dans le tumulte d’une soirée faste, se laisser porter sur les pavés secrets de la Cour des Miracles, témoin de ses sentiments secrets. Combien de fois a-t-il voulu avouer et s’était rétracté ? Ô peur indicible. Ô peur cruelle. Il n’était pas assez bien pour elle. Mélusine si belle et si noble, Mélusine si grande et si forte, adulée et remarquée par tous, mais pourtant si méconnue, cachée sous un masque que Hiémain avait apprit à aimer. C’était la vérité qu’il percevait sous les traits de lumière qui l’avait charmé et attiré, jusqu’à l’en mettre complètement à sa merci, au supplice. Affres de l’amour inconnu, jamais Hiémain n’avait aimé de la sorte quelqu’un. Toujours secret, il avait gardé les sentiments de son cœur pour lui, se murant dans la froideur et la droiture si semblables aux hautes montagnes gelées de Valkyrion. Sa terre, le reflet de son cœur désolé.

Il avait peur et il doutait, le jeune et mystérieux baron de Sylvamir. Peur d’aimer et de souiller la beauté solaire de la plus belle et fantasque des fées.

Mais il ne faut qu’une seconde et un geste pour que le doute vole en mille éclats. Ce signe tant attendu, ce mouvement non calculé. Ces lèvres… Oui ces lèvres qu’il dévore et embrasse avec une fougue non mesurée. Avide, il le rejette enfin, le doute qui pèse sur son cœur. Partie. Elle est partie loin la peur ! Un an d’attende incertaine et choisie, un an de souffrance solitaire, piégé dans la glace de sa vie et de son esprit. Il aurait du avouer… et le temps qu’il avait perdu, en cet instant il voulait le rattraper. Front contre front, les regards s’accrochent et se perdent dans les prunelles de l’autres. Il peut la lire, cette beauté semblable à la sienne, un amour qu’il peine à croire, une sincérité qui le fait trembler de toute part, fracassant son souffle dans une respiration haletante et laborieuse. Ah comme elle lui fait tourner l’esprit, la belle Mélusine, comme la force de ses sentiments l’enivre d’une énergie nouvelle, le poussant à tomber les masques. Oh les mots transpercent son cœur, mais seule réponse, si silencieuse mais pleine de sens : ce léger sourire qui vient trahir la franchise de ses pensées, clair et lumineux, aimant, ce sourire s’adresse à elle, exclusivement à elle. Il la voit si fragile dans ses bras… Oh par tous les dieux il l’aime. Ses lèvres, d’un baiser léger, viennent répondre aux paroles, avant que sa voix grave ne vienne susurrer quelques mots dans un souffle qui s’échange avec celui de la belle.

« Depuis le premier jour… depuis le premier instant, je suis à toi Mélusine. A toi seulement. »

Elle est cette lumière tant attendue et désirée venue éclairer le chemin ardu et baigné d’un sang décrié et souillé. Ce phare dans cette nuit trop longue. Elle serait là pour illuminer son monde, le colorer des milles couleurs de sa joie et sa folie, son tempérament tempétueux et emporté. Et il serait là pour ordonner et calmer, apprécier à sa juste valeur la femme qu’elle était, pas seulement la friponne aux jupons légers mais cette femme vraie qui s’était libérée sur les pavés de la Cour des Miracles, tout comme lui l’avait fait. Il n’y a qu’elle. Qu’elle pour imaginer un avenir, un futur peut être qu’il se prend à espérer. Car il l’aime.

Et elle l’aime oui. L’aveu est fait, l’aveu est dit.

Trois mots seulement. Symbole d’une promesse, d’un engagement. Lâché dans un murmure peut être emporté, mais ces trois mots signifient tant que Hiémain en reste l’espace d’un instant incrédule et effrayé. Ce sont ces même mots pourtant qui brulent ses lèvres et assèchent sa bouche. Ils caressent sa langue, irritent sa gorge, mais rien ne sort encore. Pas l’ombre d’une voix pour répondre, pas un son pour acquiescer, pas une tonalité pour s’accorder à la sienne. Mais le regard – Ô prunelles traitresses – vibre d’une sincérité poignante et d’un sentiment vrai. Ils dégoulinent sur son visage comme l’eau de pluie lavant le masque. Enfin totalement brisé, enfin totalement envolé.

Ils sont répétés ces trois mots.

D’abord d’un calme pénétrant, aveu certain et confirmé. Cette fois c’est son cœur qui est touché, criblé d’une flèche d’argent qui transperce son poitrail. Ça ne fait pas mal. Oh non, c’est tout le contraire en vérité. De ces quelques mots, il ne peut à nouveau qu’en rendre un regard profondément ébranlé. Mais front contre front à nouveau, il la voit réellement, son regard tombé dans la noirceur chaleureuse de ses prunelles. Pourquoi ne peut-il encore lui répondre ? Ah il presque entendre Stellaire jurer du fond de sa pensée, s’exaspérant de ce silence maintenu, lui qui connaît mieux les pensées de Hiémain que quiconque. Il garde le silence, ce dragon impertinent, bien heureusement. Sa présence aurait sans doute déstabilisé le baron. Plus qu’il ne l’est déjà.

A nouveau ces trois mots.

Comme chantés sur sa peau, égarés entre les baisers déposés avec légèreté, dans un souffle presque éphémère. Oh comme sa conscience s’envole quand il sent les mains de Mélusine se perdre sur les muscles de son corps tendu tandis que les siennes cherchent, caressent, s’accrochent sur ses hanches pour l’approcher de lui. Chaque seconde passe dans une lenteur indifférente. Et de chacune de ces secondes, Hiémain s’en abreuve pour étendre l’instant, ne jamais le voir prendre fin, profiter sans songer à demain. Une main qui s’égard dans la chevelure de la marquis, des gestes furtifs et fugaces qui s’échangent dans un bal d’envie et de désir palpable, une chaleur qui s’envole, autant dans les cœurs que dans l’air ambiant. Aux baisers de Mélusine il répond par ses lèvres sur les espaces visibles de sa peau, trop peu nombreux à son gout pourtant. Les tissus se retirent bien rapidement, tombent dans un bruit feutré pour n’être plus qu’un vague souvenir.

Et ces trois mots à nouveau dans un regard. Il est certain alors. Et à son tour enfin, ils sortent seuls, glissent avec une assurance toute partagée, une sincérité vraie, une conviction forte et déterminée.

« Je t’aime. De tout mon cœur, de toute mon âme je t’aime Mélusine. Je t’aime. »

Il n’a pas tant besoin de lui répéter, mais sa voix se perd à le faire dans un murmure. D’un geste assuré, instinctivement exécuté, il soulève sans mal Mélusine, l’enfermant dans le carcan de ses bras, passant ses mains autour de sa taille pour l’emporter sur les tapis devant la cheminée où se meurt encore quelques braises. Ah, cela manque terriblement de charme en diraient certains, mais il ne nie pas que l’attente et l’impatience lui font perdre ces quelques qualités. L’envie crie famine, mais en vérité, tout ce dont il a besoin, c’est elle. Juste elle, sa Mélusine : sa chaleur, sa grandeur, sa force. Tout d’elle. Oui tout d’elle… Allongé sur les lourds tapis d’une fourrure épaisse et irrésistiblement douce, il la surplombe, la contemplant d’abord, sans plus la toucher. Presque fébrile, il caresse encore cette joue, en suit les lignes et les contours, laisse ses doigts glisser sur la courbe de sa gorge. Le gris de ses yeux ne quitte par l’onyx des prunelles qui s’opposent à lui. Tout en lui murmure un désir, cette chaleur qui grandit, elle ne s’arrête pas, elle s’embrase et enflamme les glaces d’un dernier doute. Se penchant pour dérober un baiser – dieu quel baiser, il voudrait le faire durer à l’infinie – il se redresse, ce sérieux peut-être de retour dans le regard. Mais il n’est pas froid, il n’est pas lointain. Quand sa voix s’élève enfin, tout semble prendre son sens. Il est certain.

« Plus jamais… plus jamais je ne veux te perdre. Plus jamais je ne veux t’abandonner. Je te suivrais, je reviendrais avec toi. Oh plus jamais oui je ne veux être séparé de toi, centre de mes pensées et de mon univers. Mon cœur, tu le détiens. » Une caresse sur cette joue, ce doigt qui effleure ses lèvres rouges. « Mélusine… épouse-moi. »

Car sans toi je ne peux vivre.
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Message Sujet: Re: A l'assaut   A l'assaut EmptyDim 17 Juil - 14:28


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Hiémain & Mélusine • 22 juin 1001


Le cœur bat tellement fort dans ma poitrine qu’il pourrait la briser et s’envoler, j’en ai le pressentiment. Il m’aime – ô Isil, il vient de le dire, de cette voix grave qui fait courir un frisson le long de mon dos, il vient de le dire et je doute encore, pourtant, de ce qui se joue là entre nous. Est-ce réel ? Suis-je bien éveillée ? J’ai envie de pleurer et de rire aux éclats. Il m’étourdit de sa présence, et je m’abreuve de son contact, de ses mains sur ma peau, de ses lèvres contre les miennes, de nos corps enlacés enfin. Ô Dieux, que le courage qu’il m’a fallu rassembler pour oser forcer son seuil et me présenter devant lui est amplement récompensé ! Ses bras m’enlacent, me soulèvent, m’emportent – près de la cheminée, devant les braises qui murmurent dans l’âtre, sur le moelleux des fourrures étendues là. Je ne prête plus vraiment attention à la pièce autour de nous – ce ne sont que des détails, il est le centre de ma conscience, et je ne vois que lui, tant je suis concentrée sur sa personne. Il semble sincère, ô Isil – il semble réellement penser ce qu’il me dit, et tout mon sang chante en cavalant le long de mes veines.

Mais voilà, il prononce des mots que je n’attendais pas. L’épouser ? Moi ? Lui, et moi ? Mariés ? Le sang se fige, mes veines charrient soudain un torrent de glace – et je secoue la tête frénétiquement, prise de panique. Fermement, je me dégage de son étreinte, me redresse à genoux sur les fourrures, tendant la main pour le garder loin de moi. Non, disent mes lèvres. Non, non, non. « Non, surtout pas ! » Cri du cœur. Supplique éperdue. Surtout pas Hiémain, non non ! Mon souffle accélère, et la panique s’empare de mon être. Sous la main que j’appuie au sol, je devine soudain le bois d’un arc qui se dessine imperceptiblement ; tandis que des limbes où il demeure, Vespéral répond à la terrible sensation de danger qui s’est emparée de moi. Calme-toi, ma fille ! La voix sèche de Rhéa n’est plus du tout amusée, et mes oreilles tintent alors que je tâche de trier ma confusion. De très loin, je perçois un mouvement d’air, quelques toits – Fantasme est à l’autre bout du continent, mais elle s’envole tout de même pour me rejoindre. Reste où tu es, ma sœur. Elle ne court aucun danger. Je ne comprends pas. La voix dans ma tête m’embrouille, et un instant, juste un instant, je manque céder à la tentation de sécurité, tirant Vespéral du néant et me voilant de ténèbres pour me réfugier dans l’obscurité et la sombre folie qui me protègera. Mais juste un instant – le regard blessé de Hiémain me remet les idées en place, et je prends conscience de ce que j’ai dit. Je repousse les prémices de Vespéral dans le néant, et porte la main à mes lèvres, horrifiée, tandis que du bout des doigts de l’autre, j’effleure sa joue. « Oh non, non. Ce n’est pas – je ne voulais pas dire ça. Pas comme ça. Je-ne-nnn-n. » Mes mains tremblent soudain, et je bégaie misérablement, incapable d’exprimer ma pensée.

Des genoux, je me rapproche de lui – rester près, le toucher, c’est important, je le sens confusément, et je l’enlace des deux bras, cachant le visage contre son cou. « J’ai peur. J’ai peur de t’épouser, parce que si jamais tu ne m’aimes pas vraiment, et que tout est détruit – je t’aurai tout donné de moi, et tout sera cassé, et je n’y survivrai pas. J’ai peur de t’épouser Hiémain, parce que je t’aime – tellement, si tu savais ! » Le flot de larmes monte, et crève finalement dans un torrent silencieux que je ne parviens pas à retenir, emmenant avec lui les fragments d’un cœur brisé il y a déjà bien longtemps. « J’ai peur de me tromper, j’ai peur que tu trompes, toi – que tu regrettes, Hiémain, de m’avoir épousée moi, et que tout s’achève dans les ruines de nos serments. J’ai peur de tout abîmer, j’ai peur de te faire du mal – Hiémain, j’ai peur que tu ne veuilles plus de moi un jour. » Voilà, c’est dit. Enfin, c’est marmonné contre son cou, d’un ton hésitant et clairement pitoyable, mais voilà. Je suis ridicule. Mais je ne peux pas ne pas lui dire tout cela – lui montrer à quel point je dépends de lui, à quel point je suis fragile, et vulnérable, quand il est question de lui. « Tu vois le pouvoir que tu as sur moi, dis ? Tu pourrais me détruire, d’un seul mot, d’un claquement de doigts. J’ai peur de ça. Est-ce que tu es… sûr, de toi ? » Péniblement, je fais marche arrière, tâchant de voir sur son visage la conclusion de ses pensées, passant une main tremblante le long de sa mâchoire. « En Sombreciel, le mariage, c'est quelque chose de vraiment sérieux, tu sais. Tu veux vraiment de moi pour femme ? Me donner ton nom, m’installer à la tête de ta maison ? Tu veux vraiment que je porte tes enfants ? Moi ? » De mon autre main, je me désigne, tapotant mon cœur de mes doigts repliés. Tu veux vraiment de moi, dis ?

J’ai peur.
Rassure-moi.
Et je serai tienne.











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Hiémain de Sylvamir
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Message Sujet: Re: A l'assaut   A l'assaut EmptyMer 27 Juil - 12:24

Il n’a jamais été aussi sur de son choix, de ses convictions, de ses désirs. Il y avait déjà maintes fois réfléchi, laissé des brouillons d’idées envahir son esprit et aujourd’hui il pouvait les concrétiser. Ce n’était pas des paroles en l’air, pas un choix fait sur un instant de folie, pas une pensée fugace née d’une envie passagère. Il sait ce qu’il veut, Hiémain. Il le sait et il espère que sa demande sera acceptée. Car il l’aime Mélusine, de tout son cœur il l’aime, avec une sincérité palpable, le regard brillant de vérité. Et ce regard se fait tout à coup victime blessée, quand elle recule avec une animosité qu’il ne comprend pas. Il a mal, quand il entend ce « non » presque crié,  qu’elle le repousse comme si elle s’était brulé à son simple contact. Comme si la perspective de s’unir à lui était une horreur, une infamie. Rejeté, bafoué, il aurait presque honte si il n’était pas sur de la force de ses sentiments. Mais il a mal oui, car il pensait que l’amour lui était rendu. Devait-il croire que Mélusine ne l’aimait que comme un possible amant qu’elle avait tenu à ramener dans ses jupons ? Sinon pourquoi s’offusquer de la sorte en criant presque son refus ?

Elle s’éloigne, comme s’il était porteur de peste, comme si ses mots n’étaient qu’un mal latent et violent. Il ne comprenait pas. Il ne comprenait plus. Et lentement il se redresse, le regard redevenu cette froide glace, blessée en son cœur, mais pas encore brisé. Il a l’habitude de ces regards et de ce dégoût. Il a mal, mais il pourrait s’en remettre, pas vrai ? Il essaie de le croire, mais il pourrait presque sentir au bout de ses doigts le picotement d’un tremblotement. Là, au fond de lui, la présence rassurante de Stellaire s’appesantie, il peut percevoir sa bienveillance et le souffle compatissant qui tente de le réchauffer. Il ne parle pas, pas plus qu’Obéron visiblement pas plus capable de comprendre la réaction de Mélusine. Elle est là, cette caresse apaisante qui vibre en lui, mais elle ne parvient pas à calmer la douleur. Qu’a-t-il fait de vraiment mal ? Il suffit de la regarder pour se perdre dans le mystère d’un nuage noir de ténèbres. Elle est prostrée, il voudrait s’approcher pour la rassurer, poser une main sur la peau presque dénudée, s’enquérir de ce qui est si mal dans sa demande. Mais il est fier aussi. Et malheureux. Oh oui il est malheureux Hiémain, et son regard tente vainement de masquer ce voile qui délivre tous ses ressentis. Fol espoir.

Et elle change, une nouvelle fois. Insaisissable, le bégaiement peu assuré de sa voix le ramène dans l’instant présent qu’il aurait voulu quitter. Elle s’avance, c’est elle qui reprend le contact qu’il n’ose plus instaurer entre eux. Même quand elle se serre contre lui, l’enlaçant dans la chaleur de ses bras, il pose à peine ses mains sur elle. Le geste est incertain, lent et long, presque effrayé. Effrayé ou blessé ? Les deux sans nuls doutes. Elle ne peut ainsi jouer de son cœur qu’elle a manqué de briser. Et il lui en veut, là, l’espace de quelques secondes, d’avoir osé ainsi bafouer sa demande avec une telle vivacité, réveillant de biens sombres souvenirs qu’il ne voulait pas ravoir dans sa mémoire. Et alors elle parle, explicite sa pensée, ses peurs. Alors il peut comprendre. Doucement mais surement il comprend, même si la glace perdure encore, protégeant ce cœur qui palpite douloureusement. Il comprend et en même temps à du mal à saisir tout ce qu’elle lui dit. Elle l’aime mais à peur de l’épouser ? Elle a peur de ce choix qui les engage solennellement pour toute la vie. Mais ce n’est pas de son choix unique qu’elle a peur, c’est du sien aussi. Et quand elle recule, ce visage sillonné de larmes et ce rouge qui tâche ses joues, il sait que ses convictions n’ont pas changé.

Il est sûr. Il l’a toujours été.

Une première main vient caresser cette peau rougie, essuyant de ses doigts tremblotants encore ces perles larmoyantes. La seconde se pose sur celle de Mélusine, sur ce cœur qu’il peut entendre battre énergiquement avec le sien, liés dans une harmonie quasi parfaite. Il enserre ces doigts fins, et enfin un maigre sourire vient rassurer ce visage crevé du doute et de l’incertitude.

« A toi aussi, j’ai déjà tout donné, mon cœur, mon âme, ma parole et mes désirs. Ce choix, cette demande, j’en suis sûr depuis toujours. Depuis le premier instant où tu as dérobé mon cœur et qu’il bat entre tes doigts. La peur, le doute, ils sont permis. Mais moi je sais que cette vie, c’est à tes côtés que je souhaite la passer. C’est à toi que je veux unir mon nom et fonder l’avenir qui m’a toujours semblé trop sombre. Je suis sûr, Mélusine, des sentiments que je t’ai confessé, et cette demande, comme toutes les promesses que j’ai pu proférer et tenir, est sincère et le sera toujours. » Il approcha son visage du sien, son regard bleu dans le sien, déterminé, droit. « Je veux t’épouser Mélusine. Et toi, veux tu de moi ? »
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Mélusine de Sylvamir
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Message Sujet: Re: A l'assaut   A l'assaut EmptyLun 8 Aoû - 23:53


A l'assaut
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Hiémain & Mélusine • 22 juin 1001


J’ai l’impression que mon cœur bat au bout de mes doigts, tant le sang pulse fort dans mes veines. J’ai un peu peur – non, beaucoup – non, en fait, je suis terrifiée. Terrorisée. Plus que je ne l’ai jamais été, par le regard clair de cet homme qui transperce le mien, par ces prunelles encore hantées d’une glace souveraine mais dont la fonte m’angoisse tant elle me donne de pouvoir sur lui. Je pourrais le briser, d’un mot, d’un seul geste ; tout comme lui pourrait m’anéantir d’une pensée solitaire. Nous avons l’un sur l’autre une emprise terrible, d’autant plus cruelle et sauvage qu’elle est restée frustrée pendant toute une année, et j’ai peur, oh tellement, tellement peur de ne pas être à la hauteur.

Et pourtant.

Dans les yeux de Hiémain, il y a aussi une confiance souveraine. Absolue, immuable, éternelle. Il me veut vraiment. Comme épouse, comme compagne jusqu’à la fin des temps, comme mère de ses enfants. Mon cœur rate un battement. Je peine à croire ce qui m’arrive. J’ai droit au bonheur, moi, vraiment ? J’ai mérité l’amour de cet homme si droit que je ne sais pas vraiment comment il en est venu à baisser les yeux vers moi ? J’ai le droit, moi, d’avoir tout ça ? Un rire un peu étranglé m’échappe. Un son ridicule, pitoyable, un peu mouillé tant mes larmes ont coulé. Mais sincère. Oh, soulagement. Mes pensées balbutient. Les mots me manquent. Je vais me marier. Moi, la volage, l’inconstante, au terme d’une folle fuite en avant qui m’a jetée de bras en bras à le recherche de je ne sais quoi. De lui, sûrement. Mélusine aux lestes jupons, Mélusine l’accorte, Mélusine bénie de Mirta – il est un temps pour chaque chose, peut-être le moment est-il venu de me fixer et de cesser de fuir à toutes jambes ? Je ne suis pas si forte que ça, et la nuit je ne dors pas ; maintenant qu’il est là à nouveau, est-ce que la paix m’ouvrira les bras ? Un reste de doute m’oppresse le cœur, mais je le repousse délibérément au fond de mon esprit. J’ai été blessée naguère, brisée et mutilée ; mais cet homme-là saura réparer les dégâts, j’en suis persuadée.

« Alors épouse-moi. Si tu me veux pour femme, je te prends pour mari, et à nous deux nous fonderons une dynastie à la hauteur de notre amour. Je t’aime – depuis ce jour d’hiver à Lorgol où tu as pris ma main pour me mener au milieu des murmures et des mines choquées. Valda m’en soit témoin, et Levor qui règne sur les serments : je te donne ma foi, mon cœur et ma main. A compter de cet instant, tu es mien – et je t’appartiens. Hiémain… »

Les heures qui le suivent le prouvent amplement.

Bienvenue, nouvelle vie. Je t’attendais.

- SUJET TERMINÉ -












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