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 Intrigue 1.4 • L'Ordalie de Diamant

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Les Voltigeurs
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Mayeul de Vifesprit
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Message Sujet: Re: Intrigue 1.4 • L'Ordalie de Diamant   Intrigue 1.4 • L'Ordalie de Diamant - Page 4 EmptyVen 1 Juil - 23:01

Il devait se sentir bien seul, Gustave, avec ces récriminations et ces ricanements. S’il s’attendait à une arrivée triomphale, il était bien mal tombé. Quelle idée aussi de désirer une entrée spectaculaire alors que personne ne savait qui vous étiez!

Le Duc de Lagrance semblait en savoir un peu plus que le commun des mortels en tout cas, expliquant brièvement les conditions de l’Ordalie, même si Mayeul ne s’avouait pas aussi confiant que lui sur la capacité à demeurer coi du duc et de la Duchesse qui se tenaient avec lui et Chimène sur l’estrade, leur mine revêche n’appelant certainement pas à l’amour de leur future Impératrice. Mais il avait raison sur un point : ce Gustave qui sortait d’on ne savait où - d’une petite baronnie, indiqua une jeune femme - ne ressemblait guère à l’idée qu’on aurait pu se faire d’un héritier légitime. Chacun y allait de son petit commentaire, le marquis d’Amar déclenchant les chuchotements empressés d’une majorité de la salle quand il déclara ses accointances avec la Magie du Sang. Les rumeurs courraient, évidement, mais de là à l’annoncer publiquement, c’était un risque qu’il prenait. Mayeul haussa les épaules, quelque peu déconnecté. Cela ne le concernait guère, mais il était réellement curieux de voir ce que Gustave avait à apporter.
Il adressa un sourire à Mélusine et sa jumelle, accompagnées d’Alméïde, qui s’esquivaient vers un recoin plus tranquille. Elles avaient sans doute raison. Gustave n’était peut-être qu’un péon sorti de nulle part, mais il devait croire en ce qu’il avançait, et les hommes qui le suivaient aussi, sinon il n’aurait pas prit un tel risque. Les Chevaucheurs semblaient serrer les rangs, et la tension dans la pièce se faisait plus palpable de minutes en minutes. Mayeul lissa sans y penser sa splendide chemise, regrettant quelque peu que personne n’ai répondu effectivement à sa question, ni même mentionné qui pouvaient bien être Calibourne et Rea quelque chose. D’un pas guilleret, il se fraya un chemin dans la foule, désireux de se joindre lui aussi à la foule des contestataires. Après tout, si chacun avait son mot à dire, pourquoi lui n’aurait-il aucun droit? Parce qu’il était Ibéen? Peuh, non-sens.

«Que vous vous soyez perdu en chemin, passe encore, mais brandir ici des termes aussi désuets pour proclamer votre légitimité indique à coup sûr que vous avez passé les vingts dernières années dans une grotte... Ou sur une île oubliée de tous.» Lança le voltigeur avec un sourire entendu. Etait-ce vrai? Il n’en savait rien, mais ceux qui avaient été sur l’île des Amoureux du Vent ferait sans doute le lien. Après tout, puisque tout le monde y allait de sa théorie, pourquoi ce droit lui serait-il refusé?
Si c’était le cas, de toute façon, le dénommé Gustave pouvait probablement tirer un trait sur sa légitimité. Le monde avait évolué sans lui, et qu’il soit issu d’une grotte ou d’une île lointaine, nul ne semblait désireux de soutenir ses réclamations aujourd’hui.

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Intrigue 1.4 • L'Ordalie de Diamant - Page 4 TitreMayeul1
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La Cour des Miracles
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Hiémain de Sylvamir
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Message Sujet: Re: Intrigue 1.4 • L'Ordalie de Diamant   Intrigue 1.4 • L'Ordalie de Diamant - Page 4 EmptyDim 3 Juil - 1:29

Elle a bien du courage, cette jeune Impératrice, le front haut, le regard déterminé, elle avance sans craindre les regards, prête à endosser le rôle que bien des gens ne souhaitent lui voir prendre. Les choses ne tardent pas à se gâter...

Il est trop facile de songer que tout se passerait sans encombre. Et quand des portes grandes ouvertes s’infiltre un homme avec sa suite, c’est toute la salle qui détourne le regard de la belle et charmante Chimène qui perd peu à peu l’assurance dans sa voix, trébuchant sur les mots d’un discours si joliment apprit. En compagnie du couple de Séverac – père et mère pour couronner la suite de ses aventures palpitantes – Hiémain observa avec une certaine sévérité cette arrivée inopportune sans pour autant laisser ses pensées s’emballer sur son compte ou ses intentions. Il était bien trop facile de le juger de la sorte, mais s’il n’était qu’un idiot illégitime – ce qui semblait être le cas aux vues des commentaires et de son propre discours – sa venue n’était pas anodine, et le Baron de Sylvamir ne contesterait pas l’idée que quelque chose clochait réellement. Des termes anciens sont évoqués, et s’ils ne lui disent rien, il sent vibrer en lui une vague de colère qui n’est pourtant guère la sienne. Tenue et mesurée, elle résonne pourtant avec une force toute particulière. Et imperceptiblement, son poing se serre, comme si il voulait saisir l’invisible et l’air, dévoré par le sentiment d’injustice. Si le calme revient en une poignée de seconde, Hiémain sait qu’un Roi ancien ne peut supporter une telle humiliation sur Faërie. Il ne peut hélas rien faire, pas dans cette foule si nombreuse, pas sous les regards méfiants. Patience.

Et bien vite, son attention est captivée par autre chose, non sans quitter réellement la situation périlleuse actuelle. Bien heureusement, elle ne le concerne guère, et happé par les yeux de la belle Mélusine dont il croise le regard un peu plus loin dans la foule, le baron s’excusa auprès de la Mère et du Père Séverac, indiquant qu’il allait chercher leurs filles repérées un peu plus loin. Un couple de pas, quelques esquives entre les gens dans la foule, il arrive près de Mélusine, le regard froid sondant les pupilles de la belle Marquise, où il y voit une irritation contenue et… autre chose. Il devine sans mal que la discussion avec Castiel n’avait pas été facile.

« Tout vas bien ? » Un chuchotement quand il arrive à son oreille. Il saisit sa seconde main libre, y caressant du pouce la paume dans un geste rassurant. « Que s’est-il passé ? »

Pas la peine de s’appesantir sur le problème des Faës actuellement. Les pauvres étaient dans une situation que eux seuls pouvaient régler pour l’instant, les Ibéens n’avaient pas grand intérêt à porter dans les affaires comme celle-ci. Et puis, ils avaient l’air de bien se débrouiller pour l’instant, même si une voix en lui continuait de lui murmurer d’une colère toute retenue de faire attention. L’Ordalie de Diamant ne semblait pas être quelque chose d’anodin. Le contraire aurait été étonnant.


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Message Sujet: Re: Intrigue 1.4 • L'Ordalie de Diamant   Intrigue 1.4 • L'Ordalie de Diamant - Page 4 EmptyDim 3 Juil - 11:21

Difficile de faire la fière quand on se tient esseulée devant ces provocateurs. Une vague d'agitation remonte doucement dans la foule, et Denys est plus à même de la tempérer que l'impératrice. La frêle Chimène qui se laisse balloter par les événements.

A croire que le Duc de Lagrance mériterait mieux d'être à la tête de Faërie... Une simple pensée qui vient de m'échapper, et que je balaie aussitôt. Nous avons déjà devant nous un prétendant qui désire faire valoir ses droits sur le trône de Faërie en invoquant des rites si anciens qu'ils ne sont plus connus de personne. Il cherche à nous embrouiller, oui !

Je ne pensais pas que Neve serait le premier à me rejoindre, honnêtement. Il faut croire que je n'ai plus besoin de le secouer pour obtenir une réaction adéquate de sa part... En tout cas, qui l'est pour moi. Une œillade sur le côté me certifie pourtant qu'il est encore dans la réflexion, à calculer et chercher de comprendre ce qu'ils tentent de faire. Je peux sentir sa tension au paroxysme sans même le regarder. J'ai une grimace mauvaise en réponse, lâchant à voix basse :

- Ca m'étonnerait qu'ils soient venus sans s'assurer du soutien au préalable.

Et, malgré tout le respect que je dois à mon Capitaine, il ne leur donne qu'une raison de plus de discréditer le pouvoir en place en évoquant la magie du Sang. Ils vont s'en servir pour le retourner contre l'impératrice, pour prouver qu'elle s'entoure mal. Et les ducs ? Si ce que Denys dit est vrai, concernant cette Ordalie de Diamant, il a dû prévoir cette réaction et une parade, non ? A moins que Denys ne joue qu'une mise en scène. Assez de politique ! Ce qui peut amuser les grands de ce monde me déplaît au plus haut point.

Je sens une pensée m'effleurer, peu de temps après, quand Mirage se pose à nouveau dans les hauteurs du Palais, donnant corps à mes craintes.

De l'agitation, de la confusion... Mais personne n'est blessé, et aucune trace d'autres intrus.
Ils auraient pénétré l'enceinte du Palais... Parce qu'on les aurait laissé faire ?
Je ne saurais dire. Je reste vigilant, fais-en de même.


J'essaie de ne pas laisser la confusion prendre le dessus. Je connais ma place, nous la connaissons tous. J'ai un mince sourire entendu vers le Chevaucheur à mes côtés, inclinant la tête vers Thomas qui prend position à son tour.

- Mirage n'a rien repéré d'anormal au dehors. Les gardes sont agités, mais aucun signe de combat ou d'autres intrus qui auraient pénétré l'enceinte. C'est ce que l'on pouvait craindre. J'aimerais des fois qu'on arrête de donner raison à notre paranoïa, Neve.

Je pose une main sur mes lames, sans pour autant les sortir de leur fourreau. J'hoche la tête vers lui. Oui, l'Ordalie de Diamant n'est qu'un prétexte. Je ne suis pas certaine que nous allons apprécier ce que cette mascarade nous réserve ensuite.

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Message Sujet: Re: Intrigue 1.4 • L'Ordalie de Diamant   Intrigue 1.4 • L'Ordalie de Diamant - Page 4 EmptyDim 3 Juil - 13:34

Tandis que de nouvelles informations venaient compléter les échanges, Agnès observait Gustave et son groupe. Sa revendication tardive la laissait songeuse et la mention précédente des mages de Sang fit surgit une idée peu encourageante. Et s'ils étaient derrière cette manœuvre ?

Gustave ne devait avoir eu connaissance de sa filiation et de son héritage que récemment, d’où son intrusion durant la cérémonie car autrement il se serait manifester bien avant, du temps de Chrysolde voire même avant. Or, le retour des mages de Sang sur le devant de la scène pouvait coïncider. Certes, Agnès leur laissait le bénéfice du doute car, comme toute magie, certains l’utilisaient à bon escient, d’autres non. Pourtant, maintenant qu’elle supposait un lien possible, elle ne pouvait se départir du fait qu’ils auraient pu trouver, soit un véritable prétendant au trône, soit une marionnette, qu’ils soutiendraient et placeraient à la tête de l’empire faë. Quoi de mieux pour asseoir leur retour et légitimer leur place ? D’ailleurs, l’ibéen à la chemise colorée évoqua une île, mais sous-entendait-il vraiment que Gustave aurait pu venir avec la délégation arrivée à l’Académie ?

La jeune noble porta son attention sur la foule présente. Denys avait énoncé les conditions pour en appeler à l’Ordalie de Diamant. La revendication était faite, une contestation de deux ducs pouvaient être vérifiée car tous ne soutenaient pas Chimène mais elle ne savait pas s’ils en viendraient à cette extrémité. Quant au courroux des Dieux… Gustave avait invoqué Calibourne et Realia sauf que les attributions de ces divinités échappaient à Agnès. Peut-être que les conditions étaient finalement réunies ?... Elle se tourna vers les ducs pour observer leurs réactions, essayer de déceler l’intention de faire tomber Chimène mais il pouvait être difficile de lire à travers le masque du politiquement correct.

Puis son regard glissa vers Maelys, interrogatif. Les Chevaucheurs avaient resserré les rangs autour de l’Impératrice, démontrant leur soutien et leur loyauté. Pourtant subsistait une question. Comment Gustave a-t-il pu franchir les gardes ? Des sympathisants… Agnès ne voyait que cela. D’où sa question muette à l’attention de son amie, quant aux potentiels ennemis à l’extérieur. Les dragons devaient être sur le qui-vive et en relation avec leurs chevaucheurs, source d’informations externe. Pour sa part, Agnès vérifia par l’outrevision que sa sœur était à l’abri et que son état de santé n’empirait pas en son absence.

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Message Sujet: Re: Intrigue 1.4 • L'Ordalie de Diamant   Intrigue 1.4 • L'Ordalie de Diamant - Page 4 EmptyDim 3 Juil - 14:16

Elle est bien seule, Sitara, à représenter Erebor. Inquiète, pour sa belle-sœur et son époux. Inquiète de son époux, de ses réactions. De la colère que va subir Alméïde. Elle ne remarque pas le conseiller qui part, l'état de Castiel.

Elle lui en veut, de faire subir cela à Alméïde. De compromettre ainsi, à nouveau, l’image d’Erebor. Il doit y être indifférent, c’est certain. Preuve en est qu’il ne répond pas à sa requête de lui parler une fois tout cela fini. Elle est disposée à faire preuve de bienveillance envers Sombreciel, ou était peut-être ? Elle n’en sait trop rien, mais elle n’a guère le temps d’y penser davantage. L’agitation la sort de ses pensées, de sa légère torpeur. Les paroles de celui à ses côtés, de l’objet de sa colère, aussi.

Mascarade ? Elle a entendu les revendications, elle a entendu les protestations. Elle a entendu, aussi, cet appel aux mages du sang. À ceux qui ont enlevé son enfant. Ça la démange, de se lever, d’interpeller ce chevaucheur, qui fait appel à cette magie dont on ne sait rien. Mais elle n’a pas son mot à dire. Elle n’est pas faë. Alors elle attend. Elle écoute, et attend la suite. Elle ignore l’angoisse sourde qui la prend.

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Message Sujet: Re: Intrigue 1.4 • L'Ordalie de Diamant   Intrigue 1.4 • L'Ordalie de Diamant - Page 4 EmptyDim 3 Juil - 14:38

Tu ne relèves pas les yeux de ton œuvre, attentif aux moindres singularités de ton modèle. Une existence entière pourrait s’écouler dans la plus grande des complaisances près de toi, mais rien ne semble capable de t'extraire de cet ouvrage.

Tu as saisi, sur la toile parcheminée que tu étires sur ton petit chevalet, la chevelure de ce marquis, flamboyante et rebelle. Tu as comme trouvé une raison aux lois qui gouvernent cette assemblée, et ce roux si distinctif en est la clé. Quelques nobliaux te jettent des regards obliques, plein de condescendance ou de curiosité. Leurs visages sont tous égaux dans l’immensité des couleurs que la salle du trône du palais impérial d’Alfaë découvre sous tes yeux. Tes regards papillonnent innocemment sur les dorures et toujours ces mèches de feu que rehaussent les touches de vert sur le pourpoint du jeune marquis. Comment diable Firmin l’avait-il nommé ? Le marquis d’Amar, oui. Tristan d’Amar ; le nom te revient, et puis il s’en va de nouveau, si immatériel dans l’enchevêtrement de pensées qui se percutent et se répercutent dans ton esprit. Tu ne perçois que vaguement la lourde porte s’entrouvrir dans un grondement sourd, et le pas prompt et déterminé d’un nouveau venu troubler le calme cristallin des lustres au plafond.  

L’homme qui a pénétré en grandes pompes dans l’enceinte de la salle du trône, interloquant chacun des invités présents et coupant net le discours de la jeune Chimène, parvient, en quelques mots, à revendiquer devant toute l’assemblée le trône de Faërie, déjà si controversé. Ses paroles ne te tirent pas de ton œuvre, imperturbable et surtout, inconscient que tu es. Le silence est tombé comme une chape de velours sur le cortège, ébahi et soufflé devant tant de présomption et une requête dont les conséquences semblent inconcevables. Tu ne relèves pas les yeux lorsqu’un homme – et s’il avait été à tes côtés, Firmin t’aurait sans aucun doute aidé à l’identifier, ce cher duc de Lagrance, Denys du Lierre-Réal – prit la parole devant tous pour tenter de clarifier les dires abscons de l’imposteur et de défaire sa parade et sa prestance. D’autres effusions de voix se succédèrent, chacune tentant bon gré mal gré de tirer des conclusions limpides de tant de chambardements. Mais ce qui te ramène brusquement à la réalité, c’est ton modèle qui soudain s’enorgueillit et s’en va, déterminé, défendre l’impératrice de Faërie en proposant le jugement des mages du Sang, au nez et à la barbe du fameux Gustave. Tu n’as plus rien à peindre.

Tu te redresses, hagard, esseulé dans le brouhaha crescendo de l’assemblée en émoi. Tu ne cherches plus des yeux ni ce petit marquis d’Amar ou d’Amir, ou… enfin, tu l’ignores, ni Firmin, ballotté par la foule comme un fétu de paille dans le vent. Aucun visage ne te semble familier, ni même celui de l’impératrice Chimène, offusquée et ne pipant mot depuis l’apparition de Gustave. Quelques Chevaucheurs se sont précipités pour tenter d’encercler les imposteurs, tu ressens cet étau invisible qui se resserre sur ton cœur, tu ne saisis plus ces lois si évidents qui jusqu’alors gouvernaient cette assemblée si bombée de couleurs, et soudain si terne. Les robes ne chatoient plus, les parures sensuelles et flamboyantes des femmes, les maquillages et les froufrous, te semblent invisibles. Où donc se sont enfuient les couleurs ?

Tu reportes alors ton attention sur Gustave et son cortège d’hurluberlus aux vêtements plats comme les pluies outreventoises, sans couleurs ni apparat, et aux visages emplis d’une volonté insondable, jetant un voile obscur sur toute l’assemblée. Le geste est alors plus fort que toi, comme l’expression d’une peur panique et de ton incompréhension grandissante de la présente situation. Tu perçois l’anxiété, la crainte dans les regards des convives, sans pourtant parvenir à poser des mots sur cette indescriptible perte de nuances de toute l’assemblée. Avec une vivacité nouvelle, tu empoignes l’un de tes pinceaux et, dans un geste plein d’une faiblesse candide, tu l’envoies résolument sur le dénommé Gustave. Le pinceau ricoche sur sa large figure rougie par l’assurance.

Monsieur, tu n’es pas très courtois de voler les couleurs, tu lâches sans t’en rendre compte, la voix claire.

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Message Sujet: Re: Intrigue 1.4 • L'Ordalie de Diamant   Intrigue 1.4 • L'Ordalie de Diamant - Page 4 EmptyDim 3 Juil - 16:01

La peur est refoulée au fond de moi. Les regards convergent vers Gustave, l’accusant de mensonges et de tromperies. Il se retrouve seul après avoir erré longtemps loin des siens. Serais-je accueillie de la sorte lorsque je retrouverai ma famille ?

L’homme qui fait vaillamment face à cette assemblée hargneuse semble se tenir droit au milieu de cette foule. Après avoir marché des années, il peut enfin retrouver ceux qu’il devrait appeler sa famille. Au lieu de quoi, il doit se protéger contre les mots blessant d’étrangers qui ne s’intéressent qu’au pouvoir. Pour le vivre à longueur de journée, je connais la douleur ressentie lorsqu’une destinée est arrachée sauvagement. Mon ventre se contracte pour s'opposer à cette idée.

Comment peut-on accueillir un être humain de cette manière ? Comment peut-on amener le doute dans une vie qui est déjà remplie de craintes et d’angoisses ? La réponse est simple. Le monde qui nous entoure n’a jamais ne serait-ce qu’effleuré le manque de liens familiaux. Ce vide nous a forgés. Je me sens liée à cet être qui est passé par les mêmes épreuves que moi. Même si je ne cautionne pas ces actes, je comprends que le besoin de connaître et de s’approprier un passé l’a amené là où il en est aujourd’hui. A défaut de l’amour qu’il aurait dû recevoir de droit, il s’empare du pouvoir avant qu'on ne le lui enlève.

En fermant les yeux, je peux presque entendre son raisonnement. Sans doute, pense-t-il qu’il le mérite. Peut-être n’a-t-il pas tout à fait tort. Peut-être a-t-il le droit de s’emparer du pouvoir, si comme il le prétend, il est le légitime héritier. Peut-être que seule son apparition inattendue nous a fait réagir aussi négativement. Il devrait alors être reçu avec tous les honneurs. Nous devrions tous nous écarter de lui et libérer le passage qu’il veut emprunter. Alors, pourquoi les insultes, les doutes et la méfiance continue de pleuvoir ? Que doit-on ressentir dans sa situation ? Quels efforts doit-il mettre en œuvre pour ne pas laisser voir au monde qui le fixe, la douleur qu’est la sienne ? Il suffirait peut-être d'un mot pour qu'il reprenne confiance et que telle une braise, il illumine la salle de sa valeur. Toutefois, parmi tous les sons qui me parviennent, je n'entends aucun encouragement.

Alors quand un pinceau vole dans les airs pour aller s’écraser contre la face de ce pauvre homme, je sens les larmes obscurcir mon regard. Serais-je accueillie de la même manière dans ma famille ? Pourrais-je rester aussi calme que cet homme ? Si je ne peux pas adhérer à ses actes, je peux compatir à sa souffrance. Je voudrais l’approcher. Je voudrais lui apporter mon soutien. Je voudrais qu’il comprenne que dans la foule, une personne au moins le supporte mais qui suis-je pour m’élever contre le monde ? Qui suis-je pour prétendre désigner un successeur ? De quelles armes est-ce que je dispose pour pouvoir me battre avec les complots et les intrigues ? Je regarde mes mains désespérément vides. Comme une évidence douloureuse, la réponse surgit au plus profond de moi : « je suis démunie ». Il ne me reste plus qu’à assister à la scène qui se déroule devant mes yeux en espérant qu’elle ne détruise pas cet homme. Je hais mon impuissance. Comme j'aurais voulu être noble pour prendre part au débat! Pourtant, je ne suis qu'une marchande sans passé et sans avenir qui ne devrait pas être dans cette pièce. Il est de mon devoir de me taire.

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Mélusine de Sylvamir
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Je suis : baronne de Sylvamir, marquise de Sinsarelle, dame de Séverac, Voleuse de la Cour des Miracles

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Message Sujet: Re: Intrigue 1.4 • L'Ordalie de Diamant   Intrigue 1.4 • L'Ordalie de Diamant - Page 4 EmptyDim 3 Juil - 18:18

A mi-chemin, Hiémain vient à notre rencontre, s’empare de ma main libre, me décrochant de la taille d'Alméïde à laquelle j'étais appuyée. Autour de nous, la cohue s'intensifie - discours et provocations se répondent, s'enchaînent et escaladent.

Je me sens un peu rassérénée, entre ces trois personnes que j’aime de tout mon cœur, chacune à sa manière. J’entrelace mes doigts à ceux de mon baron, les serrant doucement pour y puiser un peu de sa force, trouvant dans la glace de ses prunelles un réconfort que je ne suis pas encore accoutumée à recevoir. « Une explication avec Sa Grâce le duc de Sombreciel. » Hors de question ne serait-ce que de prononcer son nom ; finir en larmes en pleine assemblée serait fort malvenu. « Ça va aller – ne t’en fais pas, ce sont juste des mots. » Et un cœur blessé. Je me sens trahie, déçue ; mais l’irruption de la bande d’hurluberlus a au moins le mérite de me distraire un moment. Père et Mère sont là également : je vois bien au regard de Père qu’il n’est pas dupe un seul instant et voit droit à travers de ma cuirasse l’ampleur de mon chagrin ; mais Mère, elle, semble plutôt intéressée par le spécimen masculin au coude duquel j’ai passé le bras, lâchant Mélisende au passage.

Père s’incline courtoisement devant ma princesse, qu’il a déjà rencontrée lors de la pléthore d’occasions officielles où il chaperonnait notre duc insupportable ; et Mère, d’un pas en avant, se fend d’une révérence bien plus profonde que ne l’exige l’étiquette, et qui trahit bien à quel point elle se trouve émue de se trouver en présence d’une noble erebienne. « Père… Pouvons-nous partir ? Ou tout du moins, observer… mais de loin ? Les broutilles des Faës ne nous concernent pas… »

Il est préoccupé par le duc, je le sais – nous le sommes tous – mais je suis fatiguée de tous ces rebondissements. J’ai besoin d’une heure de paix. Agrippée au bras de Hiémain, je tends l’autre main pour saisir celle d’Alméïde qui ne doit pas trop savoir quoi faire d’elle-même au milieu de cette nuée de Cielsombrois, mais que je refuse d’abandonner sur place. « Viens, Mémé ; on va attendre par là-bas que ça se calme un peu. » Père nous mène à l’écart, vers un petit groupe de nobles parmi lesquels je distingue quelques tenues de Voltigeurs de tous nos duchés. Ici au moins, nous devrions être en sécurité : je reconnais la haute silhouette de mon frère en tenue de parade qui surveille la foule d'un regard d'aigle, et non loin de lui Grâce Martel accompagnée de ses filles. Je salue Agathe d’un sourire un peu crispé – reste sage, petite, on est pas totalement en sécurité, ici – et observe d’un œil distrait deux Voltigeuses au teint erebien nous emboîter discrètement le pas, sûrement pour veiller sur leur princesse. L’une d’elle, je la reconnais comme étant Soltana Kamar, une lointaine parente dont le regard froid n’est pas très engageant – l’autre ressemble fort à ma douce amie et je soupçonne un lien de sang. Je ne vois pas Mayeul – sûrement est-il en train d’exhiber sa chemise de l’autre côté de la salle. « Est-ce que tu vois ta Solange ? » J’ai chuchoté à l’oreille de Hiémain. Il m’a tellement parlé de cette femme, de cette presque-sœur, que je suis impatiente de la rencontrer.

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Message Sujet: Re: Intrigue 1.4 • L'Ordalie de Diamant   Intrigue 1.4 • L'Ordalie de Diamant - Page 4 EmptyLun 4 Juil - 9:11

Je haussais les sourcils... tombé de mes bagages ? Quelle femme se baladait avec des croquis d’elle nue ? Qui pourrait semble-t-il tomber entre de mauvaises mains. Je lui souris quand il accepta de me le rendre. Je ne lui aurai pas laisser le choix...

« Je vous remercie au nom de ma sœur et moi pour votre bienveillance à nos égards.  Vous ne m’avez point importuner.  » Je m’éloignais de Serenus, serrant très fort le carnet sur ma poitrine, je ne pouvais pas laisser une seconde de plus Hiémain aux côtés de Mère ; je savais comment elle était et comment elle pouvait être. Mélusine me rejoignit avant que je puisse faire quoi que ce soit pour secourir Hiémain, percutant Serenus au passage, elle m’enlaça tendrement.

«  Ne t’inquiète pas chère sœur, tout va bien se passer... .  »
J’essayais de prendre une voix assurée et réconfortante, j’essayais de me persuader que mes propres paroles avaient du sens, que Castiel n’avait causé notre perte à tous... Il rejoignit sa place, au bout d’un moment ordonnant  à Père de partir... Je le regardais avec un mauvais regard... mais qu’est-ce qu’il lui prenait encore... ?  J’espérais du plus profond de mon coeur, de mon être que Castiel allait bien se tenir. De Grâce !

De stupeur, je lâche ma jumelle lorsque la troupe armée entre dans la salle du trône. Alméïde est à nos côtés et je souris quand j’entends Mélu s’excuser pour notre frère. Nous avons eu la même idée, cela ne m’étonne guère... Je regarde le spectacle attentivement buvant les paroles du rouquin, jetant des regards en coin vers Castiel pour le surveiller... Rien qu’à voir les traits de Mélusine, je comprends que ce qu’il s’était passé en coulisse était grave.  J’acquiesce les paroles de ma sœur et la suit, lançant un discret sourire amical à ma complice de cadavres, contente qu’elle soit à nos côtés surtout en pareil moment.  Je rendis par la même occasion son sourire à Mayeul de Vifesprit, quel charmant garçon... Hiémain nous rejoignit, soulagée de voir qu’il avait survécu...


Dernière édition par Mélisende de Séverac le Dim 10 Juil - 23:56, édité 2 fois
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Message Sujet: Re: Intrigue 1.4 • L'Ordalie de Diamant   Intrigue 1.4 • L'Ordalie de Diamant - Page 4 EmptyLun 4 Juil - 10:00

Neve observait l’assemblée, encerclant Gustave et ses hommes, avec une méfiance grandissante. Cet homme qui semblait provenir du passé projetait-il réellement de discréditer Chimène, ou pire, de mettre en œuvre un coup d’état ? Quelle était la marche à suivre ?

Le jeune ansemarien jeta un regard par-dessus son épaule. Chimène demeurait, impartiale, tout son être tendu par l’infraction perpétrée, mais le regard aussi fort que celui d’une impératrice. Tandis que les effusions de voix, de contradictions, de suppliques, de questions perpétraient leur œuvre entre les convives, la jeune femme demeurait stoïque, et Neve espérait de tout cœur qu’elle interviendrait sans se laisser dicter quelques lois extérieures, sans être aliénée par quelconque entité ou chantage, mais en se fiant à sa propre justice. Il s’agirait alors du véritable comportement d’une souveraine. Le Chevaucheur se questionna longuement sur la marche à suivre si Chimène abdiquait. Et lui, qui jusqu’alors ignorait jusqu’à l’existence de l’Ordalie de Diamant, comment saurait-il juger avec droiture de ces évènements ? Devait-il pousser la rébellion ou défendre la jeune impératrice coûte que coûte ? Neve secoua la tête, comme pour chasser toutes ces spéculations.

Un autre Chevaucheur vint se poster aux côtés de Maelys, que le jeune ansemarien avait déjà entrevu auparavant, peut-être à l’Académie. Il ignorait son nom, et la confusion ambiante lui retira l’envie de le questionner à ce sujet. Maelys dévoila en vitesse les découvertes de son dragon, Mirage, et les doutes de Neve prirent soudain une consistance nouvelle, comme un morceau de pierre plombant son esprit. Inespéré, dans son crâne, lui adressa de vagues sensations de l’agitation à l’extérieure. Comment Gustave et ses hommes étaient-ils parvenus dans l’enceinte de la salle du trône, au nez et à la barbe des gardes ? Il s’agissait sans aucun doute du lieu le plus gardé de tout Faërie ! Le jeune ansemarien songea alors que l’ampleur de cette mascarade demeurait encore insoupçonnée, qu’il convenait de rester sur ses gardes. L’imprévisible pouvait avoir lieu à tout instant.

Pragmatisme serait plus juste que paranoïa, sourit Neve d’un ton amer.

Il avisa la main de Maelys se porter instinctivement à ses lames, comme une mise en garde. Le jeune ansemarien grimaça ; la violence n’était jamais la meilleure des réalisations, il fallait toujours espérer un dénouement pacifique. Pour le moment, aucun écart ne justifiait une intervention, et la tension était déjà si pensante, si lourdement affligeante. Neve effleura l’avant-bras de Maelys, agrippée à ses armes.

Si nous usons de la violence, tout sera définitivement perdu, souffla-t-il à son intention.

Le mot perdu avait une consonance particulière, sa voix s’effilocha quelque peu en le prononçant. Le jeune ansemarien était encore persuadé que le couronnement de Chimène pouvait être sauvé, et rien ne venait encore le démentir proprement et simplement. Alors il fallait y croire encore, car ne s’agissait-il pas de sa singulière nature ?

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Dernière édition par Neve l'Embrun le Lun 11 Juil - 21:43, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Intrigue 1.4 • L'Ordalie de Diamant   Intrigue 1.4 • L'Ordalie de Diamant - Page 4 EmptyLun 4 Juil - 13:45

La remise des attributs. Une première étape de franchis et une Chimène qui s'en sort à merveille. Tout comme le début de son serment. Sa voix est posée tout en restant des plus impériale. Pour sûr, elle est faite pour cela.

Seulement comme il était à prévoir, Mizajourèfa vient semer le trouble sous les traits d'un homme. Gustave comme il s'annonce. L'hérité de Clotilde ? Voyez-vous ça ? Comme c'est bien pratique d'arriver en cet instant. Le voltigeur qui m'avait subtilisé aux bras de mon époux pour une danse lors des festivités est le premier à réagir, un peu malgré lui il me semble. Puis c'est au tours de Denys de prendre la parole, se mettant par la même occasion aux côtés de notre impératrice. Je me raidi sur mon siège, par fierté un peu, mais aussi par crainte. On ne sait pas de quoi est capable ce Gustave, mais pire encore, s'il disait vrai et qu'il décidé de ce venger des personnes qui lui ont tenue tête.

Bon, au moins mon époux n'est pas le seul à réagir. Mais je ne comprend pas tellement la réaction du Capitaine de Vol de Lagrance. Avouer dans un moment pareil des liens avec les Mages du Sang ? La situation est-elle vraiment si désespérée que cela ? Je ne peux pas le croire. L'empêcheur de tourner en rond qu'est l'invité surprise de ce couronnement ne tenterait pas de faire quoi que ce soit ? Avec la présence de tout ces Chevaucheurs cela relèverait du suicide.

Je continue de regarder la scène en silence, observant attentivement les échanges. Je ne dis rien. Je n'est rien à dire de toute façon. Que je soutiens Chimène ? Cela n'apporterais rien. Pour le moment je me contente donc seulement de me préparer à toute éventualité. On ne sait jamais après tout...


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Message Sujet: Re: Intrigue 1.4 • L'Ordalie de Diamant   Intrigue 1.4 • L'Ordalie de Diamant - Page 4 EmptyLun 4 Juil - 19:52

Je suis perplexe devant la tournure prise par les évènements. Arrivée quelques jours plus tôt avec la délégation kyréenne, j’ai profité des jours de festivités pour découvrir Alfaë, capitale de l’empire de la Magie.Puis,l’heure du couronnement arriva.

Je me suis préparée pour cette occasion, revêtant une robe bleu azur avec des motifs argentés et une fois dans la salle du trône, j’ai pris place dans la partie réservée aux délégations après avoir salué quelques personnes de ma connaissance, principalement mes homologues ibéens. J’en ai également profité pour repérer dans la foule les gens de ma suite. L’arrivée de l’Impératrice en instance de couronnement marque le début de la cérémonie. Tout se déroule pour le mieux jusqu’à l’arrivée d’un dénommé Gustave. Son entrée fracassante attire mon attention vers la porte. Et ses revendications me font quitter ma chaise. Un prétendant au trône… Je suis surprise d’autant que cela survient au plus mauvais moment. Pourtant, je n’ai pas mon mot à dire dans les affaires faë. Je crains juste que cela n’apporte de l’eau au moulin des détracteurs de Chimène. Comme Hjalden serait content de ce revirement de situation… Ce dernier ne m’a pas accompagnée, seul Ludvig se trouve à mes côtés. D’ailleurs, je pose une main rassurante sur son épaule et le rapproche de moi tandis que je reste à proximité de mes gens, protection relative mais rassurante. Je conserve mon calme, attentive à la tournure des échanges qui oppose Gustave aux faës. Par contre, je déplore le manque de sécurité qui a permis une telle intrusion.

Portant mon regard vers la jeune Impératrice, je constate que les chevaucheurs ont pris place pour assurer sa protection. Mais je me demande si les trouble-fêtes ne gardent pas en réserve quelques hommes pour maîtriser l’ensemble des invités. Les jugements évoqués échappent à ma compréhension bien que je comprenne l’importance sous-jacente de ceux-ci, mais je grimace à l’évocation des mages de sang. Magie exilée pour une bonne raison, magie dont le retour provoque bien de remous. Et je reste bouche bée devant l’audace de ce peintre. Quelle mouche l’a piqué !... Ma main se crispe sur l’épaule de mon fils à la perspective d’une réplique armée face à cette agression.

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Message Sujet: Re: Intrigue 1.4 • L'Ordalie de Diamant   Intrigue 1.4 • L'Ordalie de Diamant - Page 4 EmptyLun 4 Juil - 20:44

Sa Grâce de Sombreciel... Le nom n’est même pas prononcé, et il n’en faut pas plus à Hiémain pour comprendre que le nœud du problème est plus profond. Pas besoin de demander. Il n’est plus temps d’en parler.

Après tout, biens d’autres problèmes se révèlent et les Ibéens n’ont guère à s’en mêler, même si certains le feront, cela ne fait aucun doute. Serrant dans sa main celle de Mélusine pour lui apporter un peu plus son soutien, entrecroisant leurs doigts sans craindre les regards, il se contente d’acquiescer quand elle affirme que tout va bien. Mais il connaît cette femme, il la connaît trop bien. Un regard, un effleurement de ses prunelles dans les siennes, il sait quand elle va mal. Elle est si expressive, la Dame de Sinsarelle, et son regard vibre de douleur, caché sous un masque qui ne peut tromper le kyréen. Qui ne trompe sans doute pas non plus sa famille. Partir n’est pas une option, même si pour préserver Mélusine et les siens, il le souhaiterait. Au fond de lui, une conscience continue toujours de lui souffler qu’il ne peut partir, qu’il ne doit pas. Toujours cette injustice profonde, cette colère sourde qui se mesure et se bride avec adresse, mais qui bouillonne de cette scène parfaitement humiliante. Faërie moquée devant tout le monde. Devant les deux peuples des Empires…

C’est cette main qui le tire, ce bras accroché au sien qui l’attire, qui le réveille un instant de ce cheminement de pensées dans lequel il s’était noyé. Il ne peut l’ignorer, mais il ne peut hélas rien faire non plus. Cette colère, elle n’était pas sienne, et Mélusine comptait sur lui. Il la suit silencieusement, mais il aperçoit quelqu’un qui doucement le fait ralentir. Oh il n’en arrête pas son pas, ne bloque pas la douce Marquise qui marche à ses côtés, mais son regard se détourne pour observer la duchesse à qui il a donné sa loyauté. Astrid. Elle semblait bien seule, malgré la présence de son fils à ses côtés… Hjalden n’était pas venu, sans surprise. Et ce n’était pas plus mal, Hiémain ne tenait pas à voir ce Duc qu’il tenait en si basse estime. Mais il se rassure de la voir elle, la Duchesse qui se permettait de lui accorder sa sympathie, malgré la réputation des siens, malgré le sang souillé des Sylvamirs.

Encore une fois, c’est la voix de Mélusine, chuchotée à son oreille, qui le rappelle à elle. Solange ? Son regard scrute l’attroupement de voltigeurs non loin, mais il doutait d’y voir sa chère sœur, sans nuls doutes était-elle restée à Valkyrion. Un instant il regarde, une légère déception teintant ses prunelles avant qu’il ne les repose sur Mélusine.

« Non, elle doit être restée en Valkyrion, elle ne m’a pas dit qu’elle venait. » De longues lettres avaient été échangées. Depuis toutes ces années, jamais Hiémain n’avait perdu le contact avec celle qu’il considérait comme sa sœur et qui était sans doute l’une des personnes les plus importantes à ses yeux. Un fragment de sourire vient ourler ses lèvres. « Rassure-toi, je te la présenterais quand le temps viendra. Tu l’aimeras, j’en suis certain. »

Mais la gravité revient bien vite glacer son visage, retournant son attention sur les arrivants venus gâcher la cérémonie du couronnement. Et maintenant que tout était dit, que la légitimité de chacun était remise en cause, que les mots avaient trouvés sens, que les bouches et langues s’étaient déliées… qu’allait-il se passer ?

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Message Sujet: Re: Intrigue 1.4 • L'Ordalie de Diamant   Intrigue 1.4 • L'Ordalie de Diamant - Page 4 EmptyLun 4 Juil - 23:54




Chroniques d'Arven

Intrigue 1.4

Informations



Intrigue animée par Delrya


L'Ordalie de Diamant



Silencieux dans les bourrasques d'indignation provoquées par son intrusion subite, Gustave n'a pas bougé. Un mince sourire à peine étire ses lèvres, tandis qu'il écoute, le port altier, la tempête de récriminations qui s'élève. Et ce n'est qu'une fois les protestations éteintes, qu'il prend le temps de répondre.

« À ceux qui ne voient en moi qu'un imposteur, soyez assurés de la justesse de ma requête. Comme l'a dit cette damoiselle, je suis né de la Rive. Mais de cette baronnie, je ne porte que le blason, non la charge. Comme tant d'autres en ces terres, le domaine de la Rive ne peut échoir qu'à une femme – injustice cibellane qui m'a fait grand tort. Car c'est au nom de ce même matriarcat ancestral et dépassé que je fus éloigné au jour de ma naissance du trône qui me revenait par droit d'aînesse.
Depuis cinq générations, la couronne faë est venue ceindre le front d'impératrices fortes et dignes. Mais il n'en était pas ainsi, autrefois. Faërie est une terre de justice. Jamais auparavant un enfant de la lignée impériale n'avait été dépossédé de la sorte, sur le seul motif d'être né homme.
Oui. Il est bien tard pour me faire connaître de vous. Mais à l'heure où décéda ma mère, à l'heure où ma cadette monta sur ce trône, j'étais trop jeune et trop peu assuré pour oser ainsi demander réparation. Ce sont les derniers événements qui m'ont convaincu d'agir. Cette maladie que nul guérisseur n'a su soulager de son art est envoyée par les dieux pour manifester leur colère. Quant aux contestations... j'en suis navré, ma chère sœur. Mais vous savez combien votre position est fragile. Et deux de vos ducs ont d'ores et déjà accepté de soutenir la mienne.
L'Ordalie de Diamant aura lieu. »

Le ton est courtois, poli. La voix sincère. Et les mots touchent juste, atténuant le premier choc d'une arrivée brutale.
Alentour, dragons et familiers se sont empressés de patrouiller. Cherchant une faille dans la sécurité, un acte de violence... Quelque chose qui expliquerait pourquoi et comment cette troupe armée a pu faire irruption sans être appréhendée. Mais sur les marches du palais, les gardes sont bel et bien en factions. Indécis, ils s'agitent sans savoir quelle attitude conserver, partagés entre la nécessité de tenir leurs postes et l'envie d'aller aux nouvelles.


L'Ordalie de Diamant est une cérémonie ancestrale, comme l'expliqua le duc de Lagrance, qui ne fut plus utilisée depuis des siècles. Régie par des lois immuables, rares furent les audacieux à y faire appel par le passé. Car ses prérequis furent rarement réunis. Et son issue, souvent fatale.
Pourtant, Gustave attend sereinement. Son calme impose malgré tout le respect à quelques agités. De toute évidence, il sait ce qu'il fait... et force est de constater que tout est réuni pour que commence l'Ordalie. Si obscur soit son passé, Gustave apparait comme un prétendant légitime au trône de Faërie, au milieu d'un couronnement entaché par une étrange maladie qui apparait bel et bien comme symbole du courroux céleste. Et Chimène, fragile Chimène, voit le Destin se nouer sur un signe de tête de Bartholomé d'Ansemer et Gaëtane de Cibella.
L'Ordalie sera.


Selon le rituel, la première épreuve aura lieu dans trois jours.
Très vite, le palais se met en branle. Il est des marches à suivre qui se transmettent de régisseur en régisseur et ceux du palais ne tardent pas à en faire condamner les accès. Advienne que pourra : ceux qui furent témoins de l'Appel à l'Ordalie devront témoigner jusqu'au bout. Nul ne peut plus sortir ni entrer, à l'exception des domestiques chargés de l'approvisionnement.
Gustave de la Rive a toutefois sollicité la permission de faire entrer les siens : son épouse, Lauriane et ses deux enfants, si proches en âge de leur tante. Chimène, superbe en cette délicate situation, les a fait installer tous quatre dans une aile reculée du palais, en compagnie de leurs hommes. Et a chargé les Chevaucheurs de s'assurer personnellement de leur... sécurité.

Trois jours à patienter. Une première nuit passée, les esprits se sont apaisés. Certains trouvent même prestance et légitimité au nouveau venu, qui se montre des plus affables.
Trois jours de préparation pour les Champions qui représenteront Chimène et Gustave quand viendra l'heure des épreuves.
Trois jours à occuper au mieux.
Rumeurs et théories courent à tout va.
Pour les uns, l'inquiétude est à son comble. L'état des malades ne cesse d'empirer et depuis l'apparition hardie des ducs d'Outrevent et d'Erebor au matin du Couronnement, nul n'a plus quitté son lit. Blancs comme linge, ils ne peuvent plus s'alimenter du tout et leurs fièvres sont montées dans la nuit.  
Pour les autres, les heures à venir seront longues... à moins de trouver à s'occuper. À s'interroger.
Après tout, il suffirait que l'une des conditions préalables se révèle fausse pour que l'Ordalie soit abandonnée...







Les suggestions du Destin




Par la culotte de Sithis ! Que d'émotions !
A tel point que pour ce tour... Le Destin attend de vous vos plus beaux jurons ! Dieux, jupons de Mélusine, catins des ports... les jurons sont fleuris en Arven alors... soyez créatifs :mimi:

Consignes




IRL : du lundi 03/07 au lundi 10/07.
IRP : du 02 au 05 juillet au soir.

• Ce topic concerne les personnages qui participent à l'intrigue « L'Ordalie de Diamant ». Les personnages dont la participation à l'intrigue ne serait pas cohérente peuvent rejoindre l'animation de ce chapitre « Contes et Légendes : L'Ordalie de Diamant ». La participation à chaque tour de l'animation donne droit à la carte d'Omen d'assiduité, en lieu et place de l'intrigue. (Il est possible de participer aux deux, mais vous n'aurez qu'une seule carte à la fin.)

• Si vous n'êtes pas inscrit, envoyez un MP au Destin avant toute chose afin de voir avec lui pourquoi votre personnage est présent et en quelle qualité.



• Conséquence de l'Ordalie, le palais impérial est verrouillé. Tous ceux qui ont assisté à l'Appel doivent être témoins des événements à venir et il n'est plus possible de partir. Cependant, vous pouvez librement vous promener dans tout le palais.

• Ce tour dure trois jours. Libre à vous de faire passer le temps à votre guise mais pensez bien à le signaler explicitement !

• Il n'y a aucune limite de mots. Essayez cependant de rester concis et indiquez un résumé de vos actions sous spoiler à la fin de votre message.

• Il n'est absolument pas obligatoire de se plier aux suggestions du Destin. Mais gardez bien à l'esprit qu'il aime récompenser les dragonnets qui le divertissent... et châtier les dissidents qui ignorent ses volontés !

• Si vous répondez aux suggestions du Destin, pensez bien à le mettre en valeur dans vos messages afin que votre valeureuse contribution ne passe pas inaperçue !

Bonne chance à tous !  :poele:



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Message Sujet: Re: Intrigue 1.4 • L'Ordalie de Diamant   Intrigue 1.4 • L'Ordalie de Diamant - Page 4 EmptyMar 5 Juil - 19:52

Cette situation est exagérée, et des plus ridicules. Et… Nom d’une cielsombroise vierge, que passe-t-il par la tête de ce peintre, à lancer son pinceau sur l’imposteur ? Stupéfait, Tristan ne perdit pas de temps, et se rendit aux côtés de Maelys et Thomas, ainsi que de Neve, confiant aux deux premiers le soin de vérifier que chacun était à son poste durant les trois jours à venir, et de questionner les gardes et chevaucheur de ce qui avait pu se passer. Quant à Neve, il lui demandait s’il envisageait pouvoir s’occuper de la sécurité auprès de la famille de la Rive. Il était ansemarien, et devait donc avoir la confiance de son duc – son duc félon, d’ailleurs. Il avait suffisamment confiance en lui pour lui demander d’en savoir plus, quoi qu’il ne veuille pas le mettre en porte à faux vis-à-vis de son duché. Mais il n’attendait pas de lui qu’il le trahisse, simplement d’en découvrir plus. Si cela corroborait les dires de ce Gustave, alors… Alors il en serait ainsi, de cette ordalie, peut-être.


Il avait cogité toute la nuit, ayant l’impression d’avoir été délaissé par le sommeil. Sans perdre de temps, prenant une très légère collation avant de se rafraîchir quelque peu, il se dirigea vers les appartements du duc du Lierre-Réal. Il ne voulait agir dans son dos, sachant qu’il serait probablement visé par ses actions étant donné qu’ils avaient tous deux pris parti la veille. Il lui demanda si Chimène pouvait leur accorder l’opportunité de parcourir le palais, et les archives, afin de découvrir bien des choses. Quant à la duchesse, il lui demanda si, par son aisance dans les relations et la confiance qu’avait en général le peuple envers elle, elle pouvait tenter de se rapprocher de la famille de la Rive, pour les questionner.

Les quittant, il croisa Agnès en direction des appartements de Cassiopée, et lui proposa de l’accompagner. Il avait besoin d’elle, afin d’espionner les ducs, et de semer le doute dans ceux des deux dissidents. Il leur expliqua, leur laissant le choix de la méthode – ou de refuser. Sa dernière visite, avant de rejoindre le duc, fut accompagnée d’une bouteille d’alcool lagran, d’alcool d’Amar à vrai dire, et d’un agréable moment passé à boire avec un camarade de l’académie qui le poussait à agir de manière inconsidérée, ces années là. Camarade diplômé en psychologie, Tristan espérait pouvoir compter sur Mayeul pour se joindre à Marjolaine, et essayer de comprendre la famille de la Rive.

Vint finalement le temps de rejoindre son duc, qui l’informa de leur possibilité de commencer leurs recherches. Marjolaine du Lierre-Réal était déjà partie. Un autre besoin se faisait sentir, celui d’enquêter sur la maladie, ce qu’il avait souligné à Neve. Si ce dernier ne pouvait rejoindre la garde des de la Rive, il pourrait peut-être s’y essayer. Et s’il n’y arrivait pas… Une jeune médecin qui l’avait soigné alors qu’il était inconscient suite à une chute particulièrement douloureuse depuis Ferveur se trouvait là. Demandant à son duc s’il la connaissait, il lui dit qu’elle pourrait les aider dans leur quête, éventuellement, s’il pouvait l’aborder. Toutes mains étaient nécessaires – il avait d’ailleurs demandé à Ferveur d’observer les alentours extérieurs, et à Kumquat d’observer ceux à l’intérieur, dès fois qu’il y ait une activité suspecte.

Spoiler:
 

|HJ| J'ai résumé le RP en bien plus court, ci-dessous la version initiale.

RP version longue :
 












Dernière édition par Tristan d'Amar le Dim 10 Juil - 17:41, édité 5 fois
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Message Sujet: Re: Intrigue 1.4 • L'Ordalie de Diamant   Intrigue 1.4 • L'Ordalie de Diamant - Page 4 EmptyMar 5 Juil - 22:35

Par les cornes d’Amir. Quel calme… Gustave, en dépit du pinceau lancé à son encontre, s’exprima d’une voix posée pour démonter les interrogations soulevées par l’assistance et confirmer sa requête. Fils de Clotilde, si sa lignée était prouvée, était un argument de poids. Cette maladie étrange qui sévissait depuis quelques jours et que personne ne parvenait à guérir… Soit, les plus croyants verraient une action divine mais Agnès n’en était pas totalement convaincue. Que l’infortune d’Ulf soit de ces revendicateurs.  Par contre, apprendre que deux Ducs avaient déjà signifié leur soutien…  Agnès eut l’impression d’une trahison et porta un regard indéchiffrable sur les coupables. L’assurance affichée par le revendicateur était perturbante, comme s’il savait avoir toutes les cartes en main. L’Ordalie était en marche et les portes du palais furent fermées pour les trois jours à venir.

Chimène accorda à Gustave et aux siens la jouissance d’une aile reculée sous bonne surveillance. Agnès quitta la salle du trône pour se rendre au chevet d’Adélaïde, prier Callia pour que ce mal disparaisse et réfléchir à tout cela. Un jour nouveau se leva sur Alfaë.  Agnès quitta les appartements des Aurebois pour se changer les idées après s’être assurée de l’état de sa sœur. Elle ne savait pas vraiment où aller, mais sur le chemin elle croisa Tristan d’Amar qui, après l’avoir remercié de son soutien, l’invita à le suivre. Elle accepta, curieuse de voir ce qu’il avait en tête. Arrivée à destination, Tristan lui expliqua ainsi qu’à Cassiopée, ce qu’il attendait d’elles. Utiliser leur magie. Agnès haussa un sourcil.

- Oui, je peux surveiller les Ducs pour vous et vous rapporter toute parole suspecte. Si cela peut nous permettre de comprendre leurs liens avec le dénommé Gustave…  Agnès en avait la capacité et le fait qu’Ansemer et Cibella se soient ralliés aussi vite, l’étonnait.  Elle pencha la tête pour réfléchir à la dernière supposition du marquis. Semer le doute dans l’esprit des Ducs. La jeune femme se tourna vers sa camarade, connaissant les compétences de Cassiopée. Par contre, elle n’était pas certaine d’avoir aperçu des mages de sa connaissance au palais.  

*Ce serait amusant* Agnès porta son attention sur Mara, son familier. *Peut-être bien, mais comme l’a souligné Tristan, c’est risqué si l’on se fait surprendre à manipuler les Ducs. *

Puis le chevaucheur laissa les damoiselles discuter des modalités. Agnès acceptait de chercher des éléments à l’encontre du nouveau prétendant au trône. Denys avait expliqué les conditions pour en appeler à l’Ordalie, mais quelles en étaient les épreuves ? Pour l’heure, elle devait surveiller Gaëtane et Bartholomé.

- As-tu une idée des moyens à employer pour perturber les Ducs ? Agnès était curieuse d’en savoir plus.

Spoiler:
 
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Message Sujet: Re: Intrigue 1.4 • L'Ordalie de Diamant   Intrigue 1.4 • L'Ordalie de Diamant - Page 4 EmptyMar 5 Juil - 23:53

L’indignation se fait presque complète. Et pourtant, l’homme garde une contenance exemplaire. Il fallait sans doute s’y attendre, se présenter de la sorte devant une telle assemblée ne laissait ni la place au doute ni à la faiblesse. Tout méprisable que semblait être ce Gustave, il n’était certainement pas venu en brandissant des mots dans le vent et de l’esbroufe bonne à impressionner les enfants. Denys n’était pas idiot ou dupe, quand bien même ses propres paroles avaient-elles un sens qu’il avait comme la conviction que les choses étaient d’ores et déjà acquises pour l’indésirable invité. C’était naïf de croire que Gaëtane et Bartholomé n’étaient pas au courant d’une telle manœuvre, et tout cela prouvait bien que les choses avaient été calculées à l’avance. Ces deux là ne valaient vraiment rien, nom d’une carte double d’Omen ! Pensaient-ils pouvoir s’en sortir aussi facilement ? Cela dit, ce n’était valable que si Chimène gagnait… et l’Ordalie de Diamant étant ce qu’elle était, les chances de celles-ci déjà maigres s’amenuisaient. Sur quatre Ducs, deux lui faisait défaut et l’un n’étaient même plus assez fort pour tenir seul debout… Pauvre Chimène, si cruellement désoeuvrée et pourtant si droite et solennelle en cet instant de tourment. Denys se retint de grincer quelques mots à l’encontre de ses homologues traitres, mais le mal est de toute façon déjà fait, et rien, si ce n’était des preuves d’un contresens, n’arrêterait le jugement. « Soit, le choix ne nous appartient plus. » A qui appartenait-il, c’était un mystère. Ils étaient donc condamnés à rester bloqué au palais jusqu’à ce que l’Ordalie touche à sa fin. Et quelque soit l’issue, elle promettait souvent un chemin funeste.

***

Il était tôt, le lendemain du couronnement avorté, quand quelqu’un frappa à la porte des appartements du couple ducal. Habitué à ne dormir que peu et d’un naturel matinal, la venue du marquis d’Amar et capitaine du vol de Lagrance ne surprit pas Denys dans son sommeil, mais l’étonna quelque peu malgré tout. Il était en la compagnie de Marjolaine quand le serviteur fit avancer le jeune homme devant eux, visiblement pressé de parler malgré les salutations d’usages parfaitement exécutées.

« Allez y Tristan, je vous écoute. »

Il l’invita à s’expliquer clairement sur les raisons de sa venue à une heure aussi matinale, mais la curiosité et les multiples réflexions qui bouillonnaient déjà à l’intérieur de l’esprit du Duc avaient rapidement identifiées ce qui avait pu pousser le marquis Lagran à venir le voir. Cela semblait assez évident en vérité. Il ne pouvait s’agir que de Gustave et des événements à venir concernant l’Ordalie. Il était vrai que rester trois jours confinés à observer silencieusement le temps passer n’était pas au programme pour le Duc, et il fut satisfait de voir que son capitaine de vol en pensait tout autant. Malgré tout ce que son père – illustre imbécile – pouvait dire sur lui, Denys gardait pour le jeune homme une réserve et une certaine admiration vis-à-vis du travail qu’il effectuait brillamment.

Il acquiesce une première fois suite aux paroles de Tristan. Puis, quand un léger silence s’installe et sciemment laissé par ailleurs, il lui répond, une voix ferme oui, mais qui ne dénotait pas une forme de refus.

« Il va de soit que j’aimerai découvrir la vérité derrière toutes cette histoire. Mais c’est une entreprise risquée, vous le savez sans doute Tristan. Je n’ai aucune certitude que Chimène me laisse une telle liberté dans son palais. Et quand bien même ce serait le cas, je vous rappelle que nous sommes dans une situation particulière. »

Il n’avait pas besoin de préciser laquelle, tous ici le savaient. L’Ordalie de Diamant ne souffrait d’aucune erreur à commettre, le jugement ne pouvait certainement pas être perturbé par des inconscients au risque de fâcher un peu plus les dieux. Mais en même temps, ce n’était qu’une simple enquête pour découvrir la vérité. Et Denys n’avait pas envie de rester dans la faiblesse de l’ignorance s’il avait un moyen d’en apprendre plus. Se tournant vers Marjolaine sollicité elle aussi par le marquis d’Amar, il lui accorde un sourire malicieux, sachant pertinemment que si elle acceptait, elle excellerait sans doute dans la tâche qui n’était pas une mauvaise idée. Qui de mieux que la famille proche pour en apprendre plus sur le principal concerné ? Et puis, il s’était révélé être le seul en défaveur de Gustave, pas Marjolaine. Elle avait toutes ses chances de ce côté là. Elle était maligne, digne Lagrane nom d’un dragon touroriste ! Non qu’elle ait besoin de son approbation, son léger rictus approuvait néanmoins avant qu’il ne reprenne à nouveau.

« Bien. En ce qui me concerne, je verrais ce que je peux faire auprès de Chimène. Revenez me voir quand vous en aurez terminé avec vos affaires. Et il me pèse de vous prévenir, mais favorisez la discrétion. Nous ne sommes jamais trop prudent. »

Surtout si cela devait être remarqué, les conséquences seraient fâcheuses non pour le marquis d’Amar mais bien pour lui, Duc de Lagrance que l’on soupçonnerait de superviser les opérations. Ce qui n’était certes pas totalement faux vu qu’il approuvait, validait et participait au plan.

Une fois Tristan parti, Denys se prépara à aller voir Chimène, non sans adresser quelques mots à Marjolaine, lui intiment d’être prudente malgré tout. Personne ne savait de quoi étaient capable les de la Rive, même si Gustave restait le plus mystérieux dans toute cette histoire. Se dirigeant vers les appartements de l’Impératrice, il fut bien évidemment autorisé à lui parler, même si la surprise de celle-ci fut identique à la sienne quand il vit le capitaine d’Amar chez lui de si bonne heure. Ils discutèrent un certain temps, Denys tentant de rassurer la jeune femme sur sa position et sur les événements à venir. Malgré tout, elle continuait de garder une prestance louable qui n’avait pas à rougir du maintient noble de son prétendu frère.

Lorsqu’il quitta les appartements de l’Impératrice pour retourner dans les siens, il n’eut pas à attendre longtemps que le marquis d’Amar ne revienne jusqu’à lui. Il avait de toute évidence fini ses affaires de son côté, lesquelles lui avaient été confié un peu plus tôt lors de leur première entrevue. Marchant dans les couloirs, Denys écouta à nouveau Tristan dont la franchise lui arracha un sourire amusé.

« Ah, vous vous laissez soigner par les médecins d’Ibélène Tristan ? Vous êtes décidément bien surprenant. » Se permettant d’y aller d’une petite remarque sans grande méchanceté, il soulève cependant, bien sciemment d’ailleurs, le souvenir des paroles du chevaucheur la veille. Des mots que le duc n’avait pas oublié concernant les Mages du Sang. « Il s’agit de la Dame Alméïde, je la connais bien en effet. Hélas, la maladie qui frappe en ce moment n’est connue de personne, j’en ai bien peur. A ce que j’ai entendu dire, les cas s’aggravent… » Pauvre Alméïde, elle devait être particulièrement mal. Denys savait combien elle aimait son frère et l’état d’Anthim d’Erebor était des plus critiques selon les rumeurs. « Mais une aide supplémentaire ne sera pas de refus, c’est une femme intelligente, elle pourra certainement nous éclairer sur certaines choses. »

Au même moment, ils approchèrent justement de la princesse du désert en prise dans une discussion. Denys fit quelques pas dans sa direction, attendant poliment qu’elle en finisse avant de l’interpeller, sourire sincère et désolé du sentiment qui se peignait tristement dans son regard.

« Bonjour ma Dame. Vous avez bien grise mine... tout va bien ? Et comment se porte le Duc ? Bien mal à ce qu’on m’a dit, mais votre avis est sans doute le plus pertinent que je puisse entendre. » Lui tendant une main pour l’inviter à le rejoindre et faire de nouveau quelques pas vers Tristan, il écoute sa réponse avec attention, hélas peu surpris de ce qu’elle peut lui apporter sur Anthim. Terrible maladie… « Je crois que vous vous connaissez déjà, mais voici Tristan d’Amar, marquis et capitaine du vol de Lagrance. Nous étions en quête de quelques réponses sur les événements d’hier, peut être souhaiteriez vous vous joindre à nous ? »

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Message Sujet: Re: Intrigue 1.4 • L'Ordalie de Diamant   Intrigue 1.4 • L'Ordalie de Diamant - Page 4 EmptyMer 6 Juil - 0:44

Elle s'est effacée dès qu'elle l'a pu, la princesse des dunes. Ces histoires faës ne la concernent pas, toute cette agitation ne la concerne pas. Elle a rejoint Sitara dès que possible et l'a accompagnée dans leurs appartements où son frère se trouvait déjà dans un état critique. La fièvre a empiré et son teint est plus pâle que la mort. Alméïde veille à son chevet depuis son retour de la salle du trône, touchant à peine à la nourriture qui lui est apportée, s'efforçant de prodiguer à Anthim tous les soins dont elle est capable. Mais ses gestes semblent inutiles, les maux de son frère sont de plus en plus forts et elle se sent démunie. Plusieurs fois, elle adresse ses prières à Callia, plusieurs fois son coeur meurtri saigne de se savoir incapable d'agir. Avant d'aller dormir, elle embrasse Anthim sur son front brûlant, adressant même une prière désespérée à Anzaplasthe. Puisse-t-il apaiser ses souffrances durant le sommeil par ce baiser délicat.

Et comme il fallait s'en douter, Alméïde n'a que peu dormi. Dans son esprit se rejouent les événements de la veille. Qu'importent les embrouilles politiques, qu'importe la faute du duc de Sombreciel, qu'importe cette Ordalie de Diamant dont elle se moque bien. Elle songe à cette étrange maladie et à ses effets dévastateurs. Une maladie qui, étrangement, ne se répand pas parmi les invités, qui ne frappe que quelques personnes au hasard et s'acharne sur elles. Alméïde n'a jamais vu ça, pas de façon aussi nette et puissante. Elle n'ose y songer et pourtant, son esprit forme l'hypothèse la plus probable malgré elle : du poison. Un poison qui mimique parfaitement les symptômes d'un mal qui serait d'ordinaire plus aisé à apaiser. Car la fièvre n'est pas retombée durant la nuit, l'état de son frère ne s'est aucunement amélioré. Et la magie des guérisseurs est aussi impuissante que sa science. Que faire alors ? Par les chaussettes de Callia, elle compte bien trouver le fin mot de cette histoire.

Elle est restée quelques temps encore auprès de son frère. À ses côtés, Sitara semble tout aussi bouleversée et il est difficile d'entrevoir un dénouement positif dans de telles circonstances, alors que la palais est fermé pour les trois jours à venir et que tous n'ont que le nom de cet étrange trouble-fête à leurs lèvres. Alméïde ne peut cependant rester à rien faire. Elle est médecin, nom d'un dragon en jupons ! Et que Sithis l'emporte si elle ne fait pas tout ce qui est en son pouvoir pour tenter de trouver une solution.

Elle embrasse sa belle-sœur avec douceur. « Je reviens aussi vite que possible. Fais-moi prévenir si sa situation change d'une manière ou d'une autre et ouvre l’œil. » Elle ne sera pas seule de toute manière, la couronne d'Erebor est bien entourée ; sigisbées et voltigeurs veillent au grain après tout. Des questions se bousculent en masse dans son esprit mais aucune réponse ne se dessine pour le moment. Seule dans un couloir, surveillée par quelques gardes en faction, elle hésite sur la direction à prendre. La bibliothèque ? Non, elle a déjà passé ses journées à potasser tout ce qui pouvait lui être utile à ce sujet durant les jours qui ont précédé le couronnement. La théorie ne lui servira à rien en ce instant de troubles. Elle a besoin d'informations différentes.

Remonter le temps. Bien. Quand Anthim est-il tombé malade exactement ? Si elle se fie à ses souvenirs, il ne se sentait pas bien quelques heures après leur arrivée au palais d'Alfaë. Les symptômes se sont manifestés lors de la visite de la ville. A-t-il pu attraper quelque chose dans le palais ? Est-ce quelque chose qu'on lui a servi à son arrivée ? À manger ? À boire ? Alméïde commence à parcourir les couloirs, cherchant à trouver une personne parmi les domestiques qui pourrait la renseigner. Et elle aperçoit justement une jeune femme qui semble faire partie du personnel du palais.

« Excusez-moi... ? » Elle l'interpelle avec hésitation mais avance tout de même dans sa direction, lui adressant un sourire poli. « Vous travaillez au palais n'est-ce pas ? Sauriez-vous me renseigner quant aux domestiques chargés des appartements de la délégation erebienne ? J'aurais quelques questions à leur poser. » Elle a l'air un peu prise de cours, la jeune domestique. Oui, jeune, peut-être même encore un peu novice ? Elle semble ne pas pouvoir la renseigner à ce sujet, en tout cas. Mais Alméïde en profite tout de même pour lui poser quelques questions, de manière tout à fait anodine, sur la façon dont est gérée l'organisation liée aux invités de ce palais durant cet événement prestigieux – bien que totalement gâché par un opportuniste sans aucun savoir vivre.

Alméïde la remercie avec douceur et songe à continuer son chemin quand elle remarque Denys, en compagnie de Tristan, le chevaucheur qui s'est exprimé la veille et qu'elle a déjà rencontré à plusieurs reprises. Les voir ainsi, en cette période de trouble, fait naître un mince sourire sur ses lèvres. Et elle s'incline poliment devant son ami quand il s'approche d'elle.

« Bonjour ma Dame. Vous avez bien grise mine... tout va bien ? Et comment se porte le Duc ? Bien mal à ce qu’on m’a dit, mais votre avis est sans doute le plus pertinent que je puisse entendre. » Son sourire s'affaisse quelque peu mais elle garde la tête haute Alméïde. « Je vais bien, mais je ne peux pas en dire autant de mon frère malheureusement. Son état empire d'heure en heure, j'ai... je crains de ne plus savoir quoi faire. » Retenir l'angoisse qui l'étreint. Masquer le chagrin qui menace de déformer ses traits. Faire bonne figure, malgré la fatigue, malgré les doutes. Toujours faire bonne figure et s'obstiner, encore et encore, tant qu'il y a une chance de trouver une solution.

Alméïde serre cette main qui lui est tendue et suit le duc de Lagrance. Elle incline poliment la tête face au chevaucheur. « Je crois que vous vous connaissez déjà, mais voici Tristan d’Amar, marquis et capitaine du vol de Lagrance. Nous étions en quête de quelques réponses sur les événements d’hier, peut être souhaiteriez vous vous joindre à nous ? » Oh. Elle ne retient pas sa surprise, la princesse sans couronne, mais l'idée n'est pas pour lui déplaire. Les événements de la veille ont été marquants pour bien des personnes et, bien que le sort de Faërie ne la concerne pas directement, la maladie qui sévit l'inquiète. Si celle-ci est liée à tout ça, il lui faudra comprendre ce qu'il se trame.

« J'étais moi-même à la recherche de réponses. Aucun remède ne semble fonctionner face à cette maladie qui frappe au hasard et j'ai cru comprendre que les mages guérisseurs n'avaient pas plus de succès. J'ai peine à croire que les dieux puissent être à l’œuvre ici, bien que je ne nie pas leur puissance... Croyez-vous que ça pourrait avoir un rapport avec l'arrivée de cet homme hier ? » Son regard se pose sur les deux hommes qui lui font face et elle ajoute : « Je ne veux pas pointer du doigt sans réfléchir, mais en dehors de mes prières aux dieux, il n'y a rien d'autre que je puisse faire. C'est la seule hypothèse vraisemblable qu'il me reste et je refuse de rester les bras croisés en attendant que ça passe. » Ca, il n'en est pas question. Et si elle peut avoir le soutien d'un duc et d'un capitaine de vol dans sa démarche, elle n'en sera nullement mécontente.


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Message Sujet: Re: Intrigue 1.4 • L'Ordalie de Diamant   Intrigue 1.4 • L'Ordalie de Diamant - Page 4 EmptyMer 6 Juil - 9:39

Le dénommé Gustave semblait bien sûr de sa légitimité, en tout cas. Un beau discours, certainement rodé, une trahison manifeste de deux Ducs de Faërie qui se contentèrent d’un hochement de tête, et l’Ordalie de Diamant fût entériné. Et, surtout, le palais fermé. Maudits soient les langes salis d’Osir, qu’allait-il bien pouvoir faire en ces murs pendant trois jours entiers? Une fois le beau discours achevé, et les portes scellées sous l’indignation de certains, Mayeul rejoignit les autres voltigeurs, bien conscient que même si Gustave ne semblait pas être une menace pour les Ibéens qu’ils étaient, la prudence restait de mise. Son esprit virevoltait pourtant en compagnie de Nuage qui avait pris son envol, loin d’Alfaë et de son palais désormais verrouillé à double-tour. A peine acquiesça-t-il à ses engagements pour la nuit à venir et les suivantes.

Ceci dit,lui qui pensait s’ennuyer dut revoir son jugement avant que le soleil ne se lève. Tard dans la soirée, à peine libéré de ses obligations pour le reste de la nuit, le voltigeur tomba un peu par hasard sur un groupe de fêtards qui buvaient à la santé de Gustave. Ou de Chimène. De quelqu’un, visiblement. Il se laissa entraîner avec bonne humeur : une quinzaine de verres plus tard, honnêtement, il ne savait plus très bien à qui il trinquait mais il le faisait avec un enthousiasme débordant. L’alcool lagran n’était certes pas très fort, mais quand les verres s’empilaient, il finissait tout de même par faire mal au crâne.
Il était tôt quand il ouvrit les yeux. Trop tôt, et si on en croyait le mal de crâne qui tambourinait à ses tempes, la journée allait être longue. Après avoir enfilé une chemise d’un violet éclatant, décorée du symbole de Sombreciel sur les manches dans un angle un rien hasardeux, et où on aurait pu en mettre trois comme lui. Il serra son harnais de vol dessus pour limiter les dégâts et, ainsi attifé, sortit de la chambre. Le premier moyen de se débarrasser de sa gueule de bois serait le bon. Mais ce fut sur le marquis d’Amar qu’il tomba. Il lui semblait bien avoir remarqué l’homme et ses cheveux roux dans la salle, mais ses souvenirs de la veille était assez flous pour le moment, la faute à l’alcool absorbé dans la nuit.
Tristan était... Un ami, peut-être bien. Quelqu’un avec qui il avait apprécié de semer le trouble plus jeune, en tout cas. Mais son air était sérieux quand il l’accosta, et peut-être que Mayeul aurait refusé ce sérieux bien peu en accord avec son mal de crâne, mais le marquis avait prononcé les mots magiques, alcool et verre, aussi acquiesça-t-il sans rechigner, un peu intrigué quand à ce que l’homme lui voulait. Il n’eut pas à attendre longtemps que le Faë lui expose son plan. Chercher à connaître la famille de Gustave? Et pourquoi pas? Cela représentait un défi amusant, sans nul doute, et ce n’était pas comme s’il avait mieux à faire. Mayeul avait toujours été capable de déchiffrer les comportements des gens, une disposition naturelle validée par ses années à l’Académie et un diplôme de psychologie. Mais tout de même, accepter la proposition de Tristan, c ’était un acte irréfléchi, stupide et probablement risqué. Un reflet de son amitié lointaine avec le désormais Chevaucheur. Mayeul accepta donc avec le même enthousiasme qu’il mit à frapper son verre contre celui de Tristan, histoire de sceller leur marché. Un Ibéen enquêtant pour les Faës, par les dents pourries d’Aegon, en voilà une étrange collaboration!

Au moins, la liqueur lagrane avait mis à distance sa gueule de bois, et réveillé son enthousiasme. D’un pas sautillant, le voltigeur se dirigea vers l’aile allouée à la famille de la Rive, rencontrant la belle Marjolaine sur son chemin, avec qui il avait dansé quelques jours auparavant. La femme du duc de Lagrance, quel honneur! Décidement, il passait son temps à chiper la femme de Denys, avec l’accord de ce dernier qui plus est. Il la salua d’une courbette exagérée - il avait bien vu ses yeux au ciel la dernière fois, devant tant d’extravagance - lui offrant son bras pour ensuite se rendre jusqu’aux chambres de Lauriane, Gustave et leurs enfants, sous bonne garde des Chevaucheurs. Qu’avait dt Tristan déjà? Negue quelque chose? Neve? Neuve? Sa mémoire lui jouait des tours, souvent, aussi regarda-t-il d’un air un peu étrange les Chevaucheurs alignés, perplexe quand à la suite des événements. «Nous sommes envoyés pour nous assurer de la sécurité de la dame et de ses enfants.» Assura-t-il, songeant que, peut-être, un voltigeur serait parfait dans le rôle de garant de la sécurité. A nouveau, qu’est-ce qu’un Ibéen pouvait bien vouloir à Gustave? «Neuve, vous pouvez nous accompagner à l’intérieur si vous le souhaitez.» Assura-t-il, bien que ne sachant absolument pas qui était ce Neuve. Ou Negue? Ou autre chose? 
Ses yeux se tournèrent vers Marjolaine à ses côtés. Elle avait bien quelque chose qui les autoriserait à entrer, non? Après tout, elle était la femme du duc de Lagrance, et pas n’importe qui. Un mot de passe? Un bout de papier qui s’enflamme après avoir lu? Loués soit les baisers bénis d’Anzaplasthe, il espérait que c’était ça, ça serait sans doute spectaculaire! 

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Intrigue 1.4 • L'Ordalie de Diamant - Page 4 TitreMayeul1


Dernière édition par Mayeul de Vifesprit le Sam 9 Juil - 23:14, édité 2 fois
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Message Sujet: Re: Intrigue 1.4 • L'Ordalie de Diamant   Intrigue 1.4 • L'Ordalie de Diamant - Page 4 EmptySam 9 Juil - 11:49

Trois jours enfermés au palais, trois jours durant lesquels il ne pourrait pas prendre de nouvelles de la Guilde et des évènements, trois jours durant lesquels il allait s'ennuyer ferme vu que la famille d'Aurebois avait finalement choisi de ne plus avoir affaire à ses services. Il savait qu'il serait bien payé mais rien que le fait de n'avoir rien a faire sinon poireauter énervait Serenus. Par les collants en dentelle des jumelles Séverac, la situation ne faisait qu'empirer d'heures en heures, les malades étaient cloués au lit et la tension était palpable dans tout le palais. Serenus soupira et recula de la fenêtre ou il s'était posté pour admirer le jardin puis décida de rejoindre le quartier des gardes, histoire de pécher une ou deux informations supplémentaires, de plus il se dit qu'il n'avait pas forcément le droit de déambuler comme ça dans les couloirs où les nobles anxieux grouillaient comme des fourmis. Serenus trouva soudain sa comparaison très drôle, un noble devrait plutôt être comparé à autre chose qu'une vulgaire fourmi mais en les regardant de plus près, il n'arrivait a y voir qu'une fourmilière où les domestiques et les nobles se suivaient et se croisaient de manière rapide et ordonnée. Il secoua la tête, il avait autre chose à faire que de regarder les nobles passer. Le guerrier suivit les couloirs en évitant les domestiques et les œuvres d'art pour finalement arriver jusqu'au quartier des gardes du palais. Il salua l'un d'eux qui regardait son armure avec un drôle d'air puis alla s'asseoir près d'un groupe occupé a débattre sur Gustave et ses revendications. Certains affirmaient que ce bonhomme n'était qu'un imposteur et qu'on ferait mieux de le pendre haut et court. D'autres, au contraire pensaient qu'il pourrait peut être faire un bon empereur pour Faërie. Cette discussion ne lui apprenant rien de nouveau, Serenus décida de se lever pour aller chercher un point d'eau où il pourrait frotter un peu son armure qui en avait bien besoin. En comparant son équipement à ceux des gardes du palais, Serenus avait l'impression d'être un mendiant. Il passa un doigt sur son plastron et soupira, il avait l'impression de faire tâche parmi ces hommes jeunes aux armures rutilantes et aux armes décorées de motifs magnifiques. Il quitta la pièce avant de sombrer dans un semblant de mélancolie mêlée a de la jalousie puis décida de retrouver Melinda. Il avait besoin de lui parler, de savoir si elle en avait appris un peu plus sur les Mages du Sang. Il aurait pu aller de lui même chercher ces informations mais une domestique était plus discrète qu'un guerrier qui ne passait jamais inaperçu. Serenus sourit en s'imaginant aller espionner les conversations des personnes louches avec son armure qui faisait un charmant : "cling cling cling" a chaque pas. Non, Melinda était la plus qualifiée pour ce genre de travail, de plus sa petite taille lui permettrait de se glisser dans les moindres recoins. Serenus se dit que s'il avait eu ses bagages a porté de main, il aurait pu quitter son armure qui, en plus de peser lourd sur son dos, provoquait des regards noirs de la part des gens auquel il se frottait par inadvertance.

Le guerrier revint à la réalité lorsqu'il croisa une charmante demoiselle portant l'habit des domestiques, il n'hésita pas a l'accoster pour lui demander la direction du quartier des domestiques. Elle lui répondit avec un sourire qui, pour Serenus, voulait tout dire. Il lui rendit son sourire tout en se promettant de tout faire pour recroiser ce joli minois puis se dirigea vers le lieu indiqué. Tout en marchant, il se dit qu'Elena n'aurait pas du tout aimé ça mais après tout, elle était partie et était sortie de sa vie, les chances qu'ils se recroisent un jour étaient quasi inexistantes. Serenus secoua la tête, déchiré entre deux états de conscience. D'un coté, il était encore marié et devait respect et fidélité a son épouse, d'un autre coté elle était partie et avait peut être recommencé sa vie avec un autre homme, alors pourquoi ne pouvait t'il pas en faire autant ? Il lui fallait tout d'abord répondre a une question qui avait le don de le tourmenter dés qu'elle lui venait a l'esprit a savoir s'il aimait encore son épouse... Question dont la réponse aurait de toute manière des conséquences irréparables...
Serenus soupira et poussa la porte du quartier des domestiques, il chercha des yeux Melinda Orlemiel puis décida d'attendre son retour. Il ne l'avait pas vu depuis le couronnement et ils devaient discuter de ce qu'elle avait vu et entendu.

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Message Sujet: Re: Intrigue 1.4 • L'Ordalie de Diamant   Intrigue 1.4 • L'Ordalie de Diamant - Page 4 EmptySam 9 Juil - 12:31

J’avais coupé court à ma conversation avec Serenus, ignorant les politesses d’usage auxquelles il avait semblé, d’ailleurs, assez attaché, et ses questions à mes yeux sans intérêt. Si je lui avais parlé, c’était pour qu’il prenne une décision tout seul, comme un grand garçon. Revenue à ma place de domestique, j’observais avec un mélange de curiosité et de stupéfaction ce prétendant à la couronne impériale qui se tenait devant nous sans ciller, lorsqu’il se mit à parler. Par les cendres de la chemise de Lyncée ! Comment les choses avaient-elles pu aussi mal tourner ? Alors que deux des ducs de Faërie se laissaient convaincre par les arguments, certes prononcés avec éloquence, de Gustave, je me rappelais encore que, quelques minutes auparavant, j’étais persuadée que tout allait bien se passer.

Son discours, aussitôt, me mit mal à l’aise. Peut-être était-ce parce que ces informations, nouvelles, venaient remettre en question tout ce que je croyais être vrai. Peut-être simplement que je ne pouvais pas me départir de ma méfiance, consciente que tous les hommes ne suivaient pas la voie sacrée de Levor. Peut-être aussi étais-je incapable d’oublier cette hypothèse sans doute stupide que les Mages du Sang étaient impliqués d’une façon ou d’une autre dans l’épidémie, l’arrivée de Gustave et tout cet imbroglio familial sans queue ni tête, à mes yeux du moins. Toujours était-il que je n’étais certainement pas prête de considérer cet homme comme légitime. Principalement parce que Chimène ne méritait pas d’être la cible de la colère des dieux, ces mêmes dieux qui lui avaient arraché sa sœur et qui avaient posé sur ses épaules les responsabilités d’un empire. Et, même si l’étrange épidémie qui ravageait certains invités m’inquiétait, j'avais le sentiment que Chimène n'y était pour rien.

Je soupirai. En tous cas, je n’avais ni les ressources ni la responsabilité de chercher à vérifier ces hypothèses. Mes ennuis étaient bien différents. L’Ordalie de Diamant... Sans doute une autre cérémonie qui demanderait un travail acharné de la part de nous autres domestiques…

Le deux juillet, au cours de l’après-midi, alors que j’étais en plein travail, une dame de la noblesse erebienne si je ne me trompais pas, m’aborda avec hésitation, mais de façon plutôt polie.

— Oui, qu’y a-t-il ? demandai-je en lui rendant son sourire, malgré ma fatigue.

Elle m’interrogea sur les domestiques chargés des appartements de la délégation erebienne, et je plaignis intérieurement les pauvres qui allaient devoir faire face aux plaintes d’un noble qui n’avait rien d’autre à faire que de se lamenter durant ces trois jours d’attente. Par chance, je n’avais reçu que les informations – déjà conséquentes – qui m’étaient nécessaires pour accomplir mon travail. Connaitre les domestiques spécifiquement chargés des différentes délégations n’en faisait pas partie. Néanmoins, je répondis du mieux que je pouvais à toutes les questions de cette dame sur notre organisation liée aux invités. Elle me remercia avec une douceur qui me fit douter que son but avait été purement pernicieux.

— A votre service, achevai-je d’un ton respectueux, malgré les soupçons qui m’avaient traversé l’esprit.

Sitôt qu’elle fut partie, je retournai à mon travail, et à mes réflexions. Gustave. Les Mages du Sang. L’épidémie. La colère des dieux. Les mots tournoyaient dans ma tête sans que je parvienne à créer un lien logique entre eux. J’aurais voulu m’en détacher, les oublier, me plonger corps et âme dans ma tâche, mais je ne pouvais m’empêcher de les ressasser, comme si soudain mon esprit allait pouvoir, dans un éclair de lucidité, rassembler les pièces de ce casse-tête. Aussi accomplissais-je ma tâche l’air un peu distrait, les yeux dans le vague, l’inquiétude se terrant au plus profond de moi.

Je savais que ce n’était pas mon rôle de discuter de ces affaires politiques, et pourtant, j’aurais voulu, à l’instant, trouver un moyen de discréditer Gustave.

— Où est passé ton talent pour les Plans-sur-la-Comète Foireux, Melinda ? murmurai-je en me mordillant la lèvre inférieure.

Peut-être pouvais-je trouver quelque chose pour discréditer Gustave depuis ma position, tout en restant sage comme je l’avais promis… Un léger sourire étira mes lèvres. Après tout, j’avais trois jours pour y réfléchir.

Le lendemain matin, je parcourais d’un pas rapide les quartiers des domestiques lorsque je repérai la silhouette de Serenus. Je me dirigeai vers lui et le saluai poliment, me rappelant à quel point, la veille, il avait paru à cheval sur les bonnes manières. Je plissai les yeux. Si quelqu’un pouvait m’aider, avec les plans foireux, c’était sans doute lui… Je lui demandai avec douceur s’il avait repéré quoi que ce soit d’étrange, à propos des Mages du Sang.

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Message Sujet: Re: Intrigue 1.4 • L'Ordalie de Diamant   Intrigue 1.4 • L'Ordalie de Diamant - Page 4 EmptySam 9 Juil - 18:14

La Sultane n’avait prêté qu’une attention distraire aux trouble-fête. Si elle ressentait de la compassion pour l’impératrice en devenir, légèrement du moins, elle avait pris congé aussitôt qu’Alméïde l’avait rejointe. Sur toute la bonne foi d’Anthim, si tous ces évènements officiels se passaient comme ça, elle allait bientôt concurrencer Bathild l’Aïeule. Elle était restée aux côtés d’Anthim, finissant par s’endormir sur le siège qu’elle avait apporté à son chevet, réveillée par sa belle-sœur qui venait voir comment se porter le duc d’Erebor. Elle aurait voulu faire taire ses inquiétudes, mais elle était incapable de faux-semblants, et seul son épuisement avait eu raison de l’angoisse qui la prenait, et de la dévotion dont elle faisait preuve en prenant soin de son mari.

Elle adressa un sourire peu assuré à Alméïde, l’étreignant en retour du baiser qu’elle lui donna, acquiesçant simplement alors qu’elle lui demandait de la prévenir si l’état d’Anthim s’améliorait… ou empirait. Par tous les remèdes de Callia, pourvu qu’il se remette vite. Elle était rongée par l’inquiétude, la duchesse impuissante, incapable de protéger cet homme qu’elle chérissait plus que tout. Peut-être n’auraient-ils pas du se rendre à ce couronnement maudit, malgré le manquement à l’étiquette. Une délégation aurait été dépêchée, afin de n’offenser personne, et ils auraient pu s’atteler à sortir les turbans offerts par les clans qui ne manqueraient pas de se rendre à Vivedune. Elle sourit légèrement à cette pensée – si certains étaient tape-à-l’œil et aussi discrets que les dessous d’Arté, d’autres étaient finement ouvragés, et d’une beauté certaine.

L’allègement de son humeur ne persista pas bien longtemps, toutefois, alors qu’elle retournait au chevet d’Anthim. Sitara ne remarqua même pas les délices dignes de Rya qu’on lui avait portés, s’occupant simplement de faire ingurgiter à Anthim la soupe qui s’y trouvait, et la potion qu’Alméïde avait préparée pour lui, dans un nouvel espoir. Elle devrait prier Rya de la pardonner de cette offense plus tard, mais son cœur lourd l’empêchait de faire honneur aux plats alléchants qui l’attendaient.

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Castiel de Sombreflamme

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J'ai : 26 ans
Je suis : duc décadent de Sombreciel et mage de l'Été amateur d'explosions

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : Sombreciel et à l'empire d'Ibélène.
Mes autres visages: Louis • Octavius • Maelenn • Lionel • Matvei • Hermine
Message Sujet: Re: Intrigue 1.4 • L'Ordalie de Diamant   Intrigue 1.4 • L'Ordalie de Diamant - Page 4 EmptyDim 10 Juil - 0:33

Tu es d’une humeur massacrante. C’est toujours ainsi. Toujours, lorsque la muse ne fait plus effet. Le contrecoup est long, difficile, et sans la possibilité de recommencer, d’en reprendre… Tu donnes un coup de pied dans une des tables basses de ta suite, uniquement pour couiner de douleur quand le meuble ne bouge pas d’un centimètre. Table de malheur, laide comme un tas de déjections de griffon ! Tu n’as rien rangé, suite au passage de la garde impériale, et l’endroit est donc dans un désordre splendide. Maximilien a fait fouiller ta suite de fond en comble, à la recherche d’une réserve de quelconque drogue. Ils n’ont rien trouvé. Il n’y avait rien à trouver. C’était juste une fois. Juste… juste une fois. Une fois qui va te hanter si longtemps. Mélusine ne te parle plus, Alméïde ne le fera certainement plus également, et toutes tes larmes, toute ta colère, ne peut rien y changer. Tu es honteux et désemparé, tu tournes comme une panthère en cage, ton Familier sur les talons.

« Réalbourne et Calliope. Calibourne et Realia. Eux. Qui sont-ils ? Sont-ce des Faës ? Des dieux ? Rends-toi à al bibliothèque. Sors d’ici. Nous n’aimons pas être enfermés. » Vrai. Tu détestes être enfermé ici. Que vas-tu dire à la sultane d’Erebor, Castiel ? Tu n’en as aucune idée. Tu as bien entendu ses mots, mais tu n’as pas su y répondre au couronnement raté, obnubilé par la catastrophe imminente – et ensuite plus que jamais fâché de ne pas pouvoir partir chez toi.

Alors tu inspires, expires, et lorsque tu sors seul de ta suite, tu tombes nez à nez avec Césaire, chargé de veiller sur toi. De très près. Trop. Près. Tu n’es plus un gamin ! « Je veux que vous communiquiez avec la sultane d’Erebor. Votre Grâce- Je sais, je ne dois pas m’approcher de la couronne erebienne, ordre de Maximilien de Séverac et d’Augustus d’Ibélène, complètes-tu avec agacement. C’est pourquoi je vous demande de lui transmettre quelques mots. Et ce ne sont pas des injures, par Aïon et toutes les insultes nées de sa plume. Dites-lui simplement que sa demande a été entendue, mais que compte tenu des circonstances, je préfère m’abstenir. Ce sera un plaisir et un honneur d’y donner suite dans le futur. Accompagnez cela d’excuses et de souhaits de prompt rétablissement au duc, je préférerais qu’il ne meure pas ainsi, ce serait aussi honteux que ridicule, bien digne de sa faiblesse générale. » Les lèvres de Césaire esquissent un sourire amusé. Il sait qu’il devra reformuler tes mots, ne pas les livrer à l’identique. Le vieil homme s’incline respectueusement et quitte tes quartiers, te laissant partir à l’aventure dans le palais d’Alfaë.

Il y a forcément une bibliothèque. Un endroit où aller chercher ces informations. Au détour d’un couloir, tu aperçois la chevelure de soie d’Alméïde d’Erebor et tu presses le pas sans ralentir, ne voulant pas qu’elle te voit. Qu’elle voit ta gêne, ta déconfiture, les larges taches rouges qui déjà reviennent embarrasser ta figure. Tu marches si rapidement que tu n’en sais même plus où tu te diriges, automate raide et emprunté qui réussit à trouver la bibliothèque comme par magie. Comme c’est ironique. L’odeur des parchemins déjà t’apaise. Tu trouveras bien de quoi occuper ton esprit.

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Dialogues de Castiel en darkred ◊ Dialogues de Mirat (chat persan ou panthère) en indigo




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Message Sujet: Re: Intrigue 1.4 • L'Ordalie de Diamant   Intrigue 1.4 • L'Ordalie de Diamant - Page 4 EmptyDim 10 Juil - 21:30

Par les piquants de Brutus, la malchance semble me poursuivre. Je suis bloquée dans ce palais sans espoir de trouver une échappatoire. Je n’ai sans doute pas mon mot à dire mais l’histoire de Gustave m’émeut au-delà du raisonnable. Pour lui, il faut que j’arrive à le convaincre à renoncer à sa terrible décision. Toutefois, comment faire alors que je ne pourrais sans doute jamais traverser sa garde ? Quel trou creusé par Lyncée !

Je me promène à travers les couloirs ruminant mes sombres pensées et maudis encore une fois ma condition. Il faut que Gustave réfléchisse bien avant de se lancer dans cette décision. Toutefois, je ne suis rien. Inutile de me faire des idées. Jamais, je ne pourrais voir Gustave de près et encore moins commencer une conversation. Les gardes royaux sont aussi cordiaux que la neige de Valkyrion. Autrement dit, il est inutile de tenter de les amadouer. Il laisserait peut-être passer un noble mais jamais, une marchande telle que moi. Il faut que je trouve une autre approche. Je ne peux pas assister à la déchéance de Gustave sans réagir.

Je tourne ainsi pendant ce qui me semble être des heures, tentant de ne pas me faire remarquer par un garde. Je tombe enfin sur une pièce ouverte. J’ignore ce qu’elle contient. Toute mon attention se fixe sur un liquide noir qui je suppose peut servir à écrire. Je possède encore dans ma sacoche quelques feuilles qui peuvent aider à poser mes idées. Il ne s’agit évidemment pas d’une qualité digne d’un empereur mais dans les circonstances présentes, je n’ai pas le choix. Après avoir rapidement réfléchi au message que je veux faire passer, je commence :

"Messire,

Je vous conjure de réfléchir encore avant de lancer l’Ordalie. Je peux comprendre la douleur ressentie de se voir rejeter par sa famille. Je peux comprendre qu’il vous faille récupérer ce qui vous revient de droit. Je peux comprendre que vous ayez survécu grâce à l’idée qu’un jour le trône serait vôtre. Enfin, je saisis très bien les efforts que vous devrez mettre en œuvre pour abandonner un projet qui a fait battre votre cœur pendant de longues années. En vous écoutant narrer votre histoire, mon cœur a souffert de la dureté de la Vie. Mes yeux ont versé des larmes devant le flot de déceptions que vous avez encouru. Mon corps a tremblé sous la violence de la haine que vous éprouvez en ce moment.

Je ne prétends pas connaître votre vie. Je ne prétends pas vous dicter vos actes. Je sais seulement que la vengeance n’apporte pas le soulagement escompté. Elle amène seulement plus de haines, de rancœurs et de violences. Ne laissez pas cette soif vous aveugler. Par tout ce qui m’est cher, je vous en conjure, réfléchissez bien avant de laisser Arven tomber dans le chaos pour une situation que vous avez subie, certes injuste mais qui est passée depuis des années déjà.

Sachez toutefois que si vous décidiez de poursuivre votre œuvre, je ne pourrai guère vous en vouloir.

Après l’avoir relue une dernière fois, je plie rapidement la feuille et me faufile vers l’extérieur. J’espère que personne n’a pu me voir. Il ne me reste plus qu’à aller donner cette lettre à un soldat qui saura faire remonter l’information. Je me dirige donc vers un lieu où je rencontrerai probablement la garde de Gustave.

Je les aperçois. J’y suis presque. Il me suffit de prendre la lettre et de la leur donner pour accomplir mon devoir. Au dernier moment, le doute m’assaillit. Qui suis-je pour écrire à un futur empereur ? La réponse est simple : « personne». Gudrun me dirait de rester à ma place et d’éviter le scandale. Le courage me déserte. Je passe donc mon chemin comme si de rien n’était. Il est préférable que je ne me fasse pas remarquer. Il vaut mieux que j’aille brûler ce message avant qu’il ne soit trop tard.

J’avance donc aussi naturellement que possible jusqu’à un coin désert. Ayant fait attention de n’être pas observée, je tends ma main vers le message inutile à présent mais elle ne rencontre que le vide. Là où la lettre avait été posée, il n’y avait plus rien. J’avais perdu le message. L’effroi commence à envahir mon corps. Il me faut un temps pour me calmer. Rien dans la lettre ne peut prouver ma culpabilité. Si je retourne en arrière, je risque d’être interceptée. Il vaut mieux ne rien faire. Seul le Destin pourra prévoir ce qu’il adviendra de ce message.
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Message Sujet: Re: Intrigue 1.4 • L'Ordalie de Diamant   Intrigue 1.4 • L'Ordalie de Diamant - Page 4 EmptyDim 10 Juil - 21:52

Je me retourne vers l'Impératrice, après les éclaircissements de Gustave de la Rive. Pourquoi ne prend-elle pas la parole ? Pourquoi ne même pas essayer de se faire entendre ? Elle accepte. Elle flanche, avant même d'avoir combattu, et les contestations ne seraient même pas nées si le Duc de Lagrance n'avait pas essayé de rétablir la situation. J'ai un froncement de sourcils, une grimace mauvaise. Faible, elle l'est encore, et le montre à nouveau. Elle n'a pas changé, ce n'était bien qu'un discours savamment récité, des heures durant devant son miroir pour paraître sous son plus beau jour... Mais il suffisait que l'on s'oppose à elle pour que le masque se fissure et que le naturel revienne au galop. Qui était le plus imposteur des deux ? Je commençais sincèrement à me le demander. D'autant que Gustave n'était pas venu les bras ballants... Il avait bien œuvré, jusqu'à ce jour fatidique. Je suis même sûre qu'il a scrupuleusement choisi son moment, contrairement à ses dires. Et si deux des quatre Ducs le soutiennent, ce qui se joue en la salle du trône prend une toute autre ampleur. L'Ordalie de Diamant n'est finalement plus un prétexte, mais la seule garante pour nous éviter une guerre civile en réclamant tardivement le pouvoir.

Je sens la main de Neve qui effleure mon avant-bras dans un geste apaisant. J'oriente mon regard vers lui et relâche la pression sur mon arme, quand il me le demande calmement. Il a toujours su trouver les mots justes pour adoucir mes humeurs, et il le prouve encore en ce jour. Je pousse un léger soupir et me rends à la raison. Ce n'est pas si difficile, les agitateurs ne montrent pas de signe belliqueux, et Chimène de Faërie ne fait rien pour m'inciter à prendre les armes pour elle. Le discours de Gustave de la Rive est censé, et parvient à calmer les esprits qui s'échauffent.

Je vais pour me détourner quand ma présence ne se révèle plus nécessaire pour assurer la sécurité au devant de l'estrade, maintenant que l'instant est passé. Les choses sont rapidement prises en main et le Palais se met en branle pour préparer l'Ordalie de Diamant, quand Tristan s'approche finalement de Neve et de moi. Les Chevaucheurs se regroupent, et je sais déjà que les consignes vont tomber. J'hoche la tête, vigoureusement et coule un regard vers Thomas à mes côtés.

- On va s'assurer que la sécurité est opérationnelle. Quant à ce qu'il s'est passé ce soir...

Je marque un silence, hésitant un instant avant de m'exprimer ouvertement :

- La noblesse est divisée, le peuple doit l'être tout autant. Je suppose que les gardes n'ont pas su ce qu'ils convenaient de faire, déroutés autant que nous par cette entrée inattendue, qui remet la légitimité du pouvoir en cause. Il ne serait pas impossible que son soutien soit bien plus vaste qu'escompté, et ne se limite pas à Bartholomé d'Ansemer et Gaëtane de Cibella. Je suis étonnée que nous n'ayons pas eu connaissance de cette menace sur le pouvoir en place plus tôt.

Je me tais, et fixe un temps Tristan alors que sa prise de partie est claire. Il défendra l'Impératrice Chimène de Faërie jusqu'à son dernier souffle, et ne pense pas un seul instant que Gustave de la Rive pourrait dire vrai, et ne pas être un simple imposteur qui cherche à s'emparer du pouvoir.

- C'est une lutte pour le pouvoir, et je crains que Chimène de Faërie soit déjà perdante, rien que par son tempérament. Elle n'a pas su s'imposer, encore une fois. Je m'inquiète bien davantage de ce mal étrange qui touche la population... Ce sont aux Dieux que nous devrions nous en remettre. Aller à leur encontre coûterait de nombreuses vies. Cette Ordalie aura tôt fait de nous révéler qui a leur soutien.

Je risque d'en choquer certains, à parler ainsi de l'Impératrice, mais je ne reviendrais pas sur mes paroles. Je ne compte pas soutenir une faible, et tout ce qui m'importe est que Faërie soit entre de bonnes mains, que personne n'ait à subir le courroux des Dieux à cause de ce noble jeu.

- Puisse le Destin nous être favorable.

♦♦♦♦

Ils s'activent, tous. Ils recherchent les causes de ce mal, à percer les secrets de Gustave de la Rive, ou à s'assurer que l'Ordalie de Diamant aura bien lieu. Je me suis rendue auprès des gardes, comme convenu, pour les interroger et prendre le pouls. Je voulais savoir pourquoi ils n'ont pas réagi, mais aussi ce qu'ils pensent de Chimène de Faërie et de Gustave de la Rive. Je me demande à quel point il a pu changer les esprits, en aussi peu de temps. Il a l'étoffe d'un véritable dirigeant, charismatique et avec du sang-froid. Chimène fait pâle allure à côté... Il est venu à ma rencontre, ce qui n'a pas manqué de m'étonner. Chevaucheuse, nouvellement affectée au vol de Lagrance, que pouvait-il me vouloir ? Le Destin a de bien curieux desseins pour moi. Il faut croire que j'ai manqué de discrétion quand j'exprimais mes doutes envers l'Impératrice... Pour autant, il reste encore quelques doutes qui subsistent malgré cette entrevue. Rien ne nous dit que ce mal soit d'origine divine, et les malades pourraient être aussi bien victimes d'un empoisonnement. J'aimerais en avoir le cœur net, et quoi de mieux que de le confronter directement ?

Je sens Mirage, si présent dans mon esprit, quand cette entrevue prend fin. Il est bien le seul qui ne doutera jamais de moi, le seul qui m'accordera toujours ce soutien indéfectible. Les autres ? Je n'en sais rien. Je sais simplement que ma cause est juste, et que j'ai fait le bon choix quand je m'approche d'Agnès, si soucieuse, pour lui serrer doucement la main avec ce sourire teinté de tristesse.

- On va sauver ta sœur. Je te le promets.

Je ne dis rien de plus, et me détourne d'elle pour rejoindre les autres Chevaucheurs.

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