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 Les tourments peuvent-ils s'éteindre ? | Liam

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La Noblesse
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Message Sujet: Les tourments peuvent-ils s'éteindre ? | Liam   Jeu 8 Déc - 4:17


Livre II, Chapitre 1 • Les Sables du Temps
Chimène de Faërie & Liam d'Outrvent

Les tourments peuvent-ils s'éteindre ?



• Date : 7 janvier 1002
• Météo : Temps relativement clair, températures basses.
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Ayant appris que Chimène est en vie par Hugues, ils organisent une rencontre a l'Académie avec la complicité relative de Cassandre.
• Recensement :
Code:
• [b]Date :[/b]7 janvier 1002 [url=http://arven.forumactif.org/t1568-les-tourments-peuvent-ils-s-eteindre-liam]Les tourments peuvent-ils s'éteindre ?[/url] - [i]Chimène de Faërie & Liam d'Outrevent[/i]
Ayant appris que Chimène est en vie par Hugues, ils organisent une rencontre a l'Académie avec la complicité relative de Cassandre.



Dernière édition par Chimène de Faërie le Jeu 8 Déc - 4:24, édité 2 fois
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Message Sujet: Re: Les tourments peuvent-ils s'éteindre ? | Liam   Jeu 8 Déc - 4:20


Chimène & Liam

Les tourments peuvent-ils s'éteindre ?




« Êtes vous certain que la route est sûre ? »

Je suis inquiète. On le serait sans doute à moins. Mais je me suis résignée à la peur, une compagne constante depuis des semaines. Depuis toujours en fait. Je ne sais guère. Pourtant, rien ne pourrait me faire dévier de ma décision en cette heure. Celle ci est folle, imprudente aussi. La guerre couve, s'enflamme et même exilée, même morte, je demeure une Princesse de Faërie. La capuche de ma cape dissimule mes traits et la couleur si particulière de mes cheveux, je ne cesse de me tordre les doigts, n'arrivant pas a me débarrasser de cette lourdeur dans mon ventre. Mais je ne reculerais pas. Pas cette fois, je l'ai tellement fait auparavant. Je me cachais toujours. Derrière mes Conseillers. Derrière Liam. Derrière tant de monde auquel j'ai cru. La désillusion fut amère et la douleur qui m'étreint lorsque je regarde derrière moi ne cesse de pulser au creux de mon ventre, de mon cœur. Je ne sais si je saurais un jour me défaire de l'amer qui pare ma langue.

Mes traits se sont durcit, mon teint est devenue bien plus pâle qu'auparavant. J'ai maigris selon mes Dames d'atour généreusement mise à ma disposition par ma sœur. Catarine ne m'a pas abandonnée, mais le malaise qu'il existe entre nous ne semble vouloir se dissiper. Nerveuse, je tire sur le rabat de la capuche sous le regard amusé de Blanche. Ma chère suivante a pensé a tout bien évidemment et elle est l'une des rares dans la confidence. Officiellement, ce n'est qu'une visite à Cassandre. Officieusement...Je soupire doucement en baissant les yeux sur mes doigts entremêlés. Pourquoi devrais je craindre de le revoir ? C'était idiot, mais je ne pouvais m'empêcher d'appréhender l'instant où je croiserais de nouveau son regard.

Hugues m'a fait part de ce qu'il avait fait et je ne savais pas vraiment si cela était une idée lumineuse. Je ne serais plus reine, je ne le voulais plus, que mon frère s'amuse avec le pouvoir avant que celui ci ne le dévore, mais je savais aussi que ce désir n'était pas partagé par tous. De toute manière, une morte ne peut régner. Je haïssais Gustave, réellement, et je n'étais pas coutumière de ce sentiment brûlant. Il m'avait prit le trône et il m'avait appris la haine. Doucement, mon index caresse ce pli nouveau au coin de mes lèvres et je sais l'ombre qui nage désormais dans mes iris, je ne sais si j'aime ce nouveau reflet que je vois désormais dans le miroir. Je ne sais si Liam l'aimera. C'est pour lui que je prends ces risques, parce que même entourée de Hugues et de Blanche, j'ai besoin de sa sagesse, de son avis...de le voir tout simplement, qu'a-t-il pensé de ma mort ? M'a-t-il pleuré ? Mes dents martyrisent un instant la chair de ma lèvre. Gustave a fait preuve de tant de cruauté, il a blessé tant de mes proches en exhibant mon soit disant cadavre. Pour ma sécurité. Paroles de serpent. Il n'a que faire de ma sécurité, il ne pense qu'a lui. Mais qu'attendre d'autre d'un acolyte de l'Ordre ? Cet Ordre honni qui tuait ce peuple qu'il disait sien avec son consentement.

La main qui se pose avec légèreté sur mon bras, me ramène au présent alors qu'il se dresse devant moi. L'un des derniers portails encore actifs en Ibélène, celui ci fait le lien avec Lorgol et l'Académie. Il est temps sans doute. Ma sœur m'attend de l'autre côté et avec elle, Liam, je l'espère. J'ai besoin de lui sans doute plus que jamais. Je me sens perdue, si seule aussi, c'est un sentiment terrible qui me ronge. M'en voudra-t-il ? D'avoir échoué ? Si misérablement ? Comprendra-t-il ce soulagement si incongru que je ressens à ne plus siéger sur un trône empoisonné ? Mes paupière se serrent et je franchis le portail. Seule. Blanche attendra mon retour.

Cassandre m’accueille a l'arrivée. Elle n'est ni chaleureuse, ni froide. Non. Peut être est ce pire en vérité. Il y a tant de gêne. Car aucune ne m'a aidé et elles le savent. Aucune ne m'a soutenue. Mais l'aurais je réellement accepté alors que je ne jurais que par le nom de Chrisolde ? Nous sommes maladroites dans nos embrassades. Je ne sais que lire sur son visage mais qu'importe, j'y réfléchirais sans doute plus tard.

Une heure plus tard, elle m'introduisait dans un petit salon à l’Académie, les fenêtres ouvertes en ogive donnant sur les cours extérieures. Je ne tiens pas en place et la nausée me prends. Par tous les Dieux, vais je donc être malade ? Et puis la porte s'ouvre dans mon dos. Je retrouve le bleu des océans et l'envie de pleurer me noue la gorge alors que je tente un sourire trop incertain.

« Liam... »
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Message Sujet: Re: Les tourments peuvent-ils s'éteindre ? | Liam   Ven 16 Déc - 18:56

Chimène…
Cela fait quatre jours déjà, que j’ai brisé le sceau du silence, pour lire avec avidité ces quelques lignes couchées sur papier par Hugues Hurlenfer. Quatre longues journées, à me demander si ce n’est qu’un tissu de mensonges, une nouvelle torture plus raffinée que l’on m’inflige, ou si… Si Chimène est bien en vie, quelque part, et que l’occasion me sera laissée de la revoir. Je n’ai pu m’empêcher de me raccrocher à cet espoir tenu, que cela pouvait être vrai, à reléguer dans un coin de mon esprit le souvenir de ce cadavre pâle à la gorge tranchée. Je me serais écouté que je serais immédiatement parti pour Ibélène, afin d’en avoir le cœur net. Avec les tensions grandissantes entre nos deux nations, cela aurait été comme me jeter dans la gueule du loup. Mais quelle importance ? Si elle est en vie, cela change toute la donne. Peut-être pas pour Faërie, car il est trop tard pour faire machine arrière… Mais pour moi, oui. Même si je l’ai trahie, en me ralliant à Gustave de la Rive, pour sauver ce qui pouvait encore l’être. Pourra-t-elle me pardonner de l’avoir ainsi abandonnée, au moment où elle avait le plus cruellement besoin de moi ?

Mon esprit est hanté par tous ces doutes, qui me rongent de l’intérieur, quand je dépasse les remparts de la Ville-Haute pour prendre le chemin de l’Académie. Je suis arrivé un jour en avance, à prétexter un nouveau séjour à Lorgol. Ils sont suffisamment nombreux en temps normal pour que cela n’éveille pas l’attention, sauf de Lionel… Mais je n’ai pas songé utile de le prévenir en avance, préférant qu’il ne s’en mêle pas. Je me suis assuré de prendre toutes les précautions nécessaires à cette entrevue, en la planifiant à l’avance avec Cassandre, en choisissant moi-même la date et en m’assurant les services d’un Outreparleur pour contacter Hugues Hurlenfer sans craindre que le message ne soit intercepté. Je ne sais s’ils viendront, mais Lorgol est un territoire neutre, et les passages à l’Académie sont si nombreux que cette demande si particulière se noie dans la masse. Tout comme moi, qui ai pris l’habitude de me déplacer en toute discrétion pour assurer ma tranquillité.

Les salutations auprès de Cassandre restent froides, empruntées. Il m’est difficile de la regarder après tout ce qui s’est passé, et je suis bien trop préoccupé pour échanger plus que quelques paroles avec elle. Elle me mène à un petit salon, dans une aile annexe de l’Académie, et se contente d’en repousser le battant avant de s’éclipser pour nous laisser un peu d’intimité.

Elle est là, face à moi. Chimène…
Mes yeux s’écarquillent, sous le coup de la stupeur. J’en ai rêvé si souvent, de ces retrouvailles impensables. J’ai cherché à étouffer cet espoir grandissant de la revoir, de peur que la vérité soit toute autre, et qu’elle ne m’entraîne à nouveau dans le plus profond des désespoirs. J’ai perdu bien trop de mes proches, ces dernières années, pour supporter que l’on joue encore avec mes sentiments. Mais celle qui me fait face… Cette chevelure rousse. Ces perles grises, ourlées d’un sourire chancelant… C’est Chimène. La douce Chimène, si tourmentée, qui prononce mon nom avec cette note de détresse.

C’est bien elle.
Vivante.

L’émotion, si poignante, me saisit à la gorge sans prévenir. Je fais disparaître la distance qui nous sépare en une fraction de secondes, pour la serrer dans mes bras avec une infime douceur, comme si cette vision d’elle si fragile menaçait de se briser à mon simple contact. Je caresse lentement sa chevelure de feu, dans un geste qui se veut rassurant. Ce n’est que lorsque ma respiration se fait à nouveau paisible, que je me recule pour mieux la regarder, une main de chaque côté de son visage.

- Chimène. Je t’ai vu… Morte.

Ma voix est rauque, difficile. Mon regard ne peut s’empêcher de quitter ses prunelles grises pour se river à son cou, là où une cicatrice nette pourrait avoir vu le jour. Mais non, elle est indemne. Mes pensées s’entrechoquent, me tiraillent. Je lâche finalement dans un souffle tenu :

- C’est impossible.

Est-elle bien là ? Est-elle vraiment… Elle-même ?
Est-ce un rêve, ou la réalité ?

Je me force à réfléchir calmement, devant une situation qui n’a rien de rationnelle. La conduite a adopté est pourtant une évidence. J’ai longuement eu le temps de songer à ce que je devrais dire, ou faire, si elle se tenait bien devant moi, pour m’assurer que l’on ne se joue pas encore de moi. J'avais besoin d'en avoir le cœur net.

- Chimène… Tu te souviens, ce que tu m’as dit, à la mort de Chrysolde ?

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Message Sujet: Re: Les tourments peuvent-ils s'éteindre ? | Liam   Mer 21 Déc - 0:13


Chimène & Liam

Les tourments peuvent-ils s'éteindre ?




Le manque. C'est peut être la première des sensations qui m'assaillent. La douceur. Sans doute la seconde dans mon prénom qui s'échappe de ses lèvres. La joie. Définitivement troisième parce qu'il est évident que sa simple présence m'enchante. La peur. Toujours et encore présente, rongeant doucement le courage que je tente d'entretenir à une flamme vacillante. Les doutes. Qui ne sont que bois sec pour ce brasier. Les larmes. Silencieuses, muettes, qui s'extirpent de mes paupières closes. Le temps a couru. Les drames sont consommés. Le mal déjà fait et pourtant, il demeure cette force à laquelle je me suis constamment abreuvée. Une force que j'ai sans cesse admirée, enviée même, auprès de laquelle je me suis toujours reposée. Ses bras qui m'apportent chaleur et réconfort, ce qui me manque si cruellement malgré la présence de Hugues et de Blanche.

J'ai honte du gémissement pathétique que j'étouffe contre son épaule. Honte d'être si faible, honte de l'avoir été, honte de cette arrogance qu'il a vu naître et contre laquelle il m'a prévenue, cette même arrogance qui m'a conduite à une tombe fictive. Honte de n'être qu'une enfant capricieuse et bien trop protégée qu'un simple souffle de vent fera plier. Honte de mes doigts qui s'accrochent à ses vêtements. Juste honteuse d'être ce que je n'aurais jamais voulu être.

Il parle, mais mon sang tambourine si fort à mes tempes que je ne comprends goutte. Je ne sais que regarder ses lèvres qui s'animent et en deviner le sens. Son visage est brouillé par mes larmes, amères, cruelles et tristes. Une boule d'acide erre dans ma gorge empêchant le moindre son de la franchir. Pourtant j'aimerais le rassurer, dévoilant dans la foulée la fourberie de mon frère sous couvert de miel. Qu'a-t-il fait ? Pourrais je lui pardonner un jour la souffrance et l'espoir que je lis dans les prunelles océans qui me font face ? La douleur qui martèle ma propre poitrine ? Iridia en soit mon témoin, je ne saurais l'absoudre de cette méfiance, de cette souffrance qu'il a fait naître dans les cœurs que je chéris le plus.

Sa question ne me heurte pas. Comment le pourrait elle alors que je sais sa prudence ? L'ombre d'un sourire, tache écarlate au milieu des rigoles silencieuses de mes larmes, naît sur mon visage et mes paumes hésitantes, gelées de l'appréhension et de la peur, se déposent avec douceur sur ses joues.

« Une plaie immense et jumelle de la tienne me fend la poitrine. Permets moi d'être ton baume alors que tu es le mien. Il n'y a rien a pardonner car jamais tu n'as fauté.»


Je n'ai jamais oublié ce jour. Je ne le pourrais sans doute jamais. Ce jour honni où l'on m'arracha une sœur et une souveraine. Des neveux et nièces qui faisaient ma joie. Ce jour où l'on me décréta reine et où nos fiançailles furent brisées. Le début d'un long calvaire, d'une descente au royaume de Sithis parsemées d'épines tranchantes. Un jour gravé à jamais sur la roche de mon cœur. Chrysolde me manque toujours et parfois, je me prends à la haïr d'avoir disparue, de m'avoir laissée avec une charge bien trop lourde pour moi. De m'avoir abandonnée. Si elle n'avait trépassée... Je serais mariée, femme et sans doute mère. J'aurais lié ma vie a celle qui me fait face avec sérénité et confiance, je n'aurais jamais souffert des crocs du pouvoir. Mais les Dieux en avaient décidés autrement et je n'étais pas assez forte pour les défier. Personne ne le pouvait.

Ces mots, je les lui avait offert en larmes, comme maintenant. Percluse d'une douleur sans nom, trop faible pour savoir comment me relever de cette perte, j'avais cherché le roc qu'il pouvait être pour ne pas sombrer alors même qu'il faisait face à son propre deuil. Avais je fais, alors, preuve de trop d'égoïsme ? Sans aucun doute mais jamais il ne m'en tint rigueur. Il est tellement meilleur que je ne le serais.

« Es-tu rassuré ? »

Mon sourire tremble. Je ne sais réellement comment lui faire face sans sentir mon front se couvrir de rougeurs honteuses. Mes mains enlacent les siennes, un geste familier que nous avons eu tant de fois et je l’entraîne vers la causeuse de velours qui n'attend que ses occupants. Oserais je dire que je crains la traîtrise de mes jambes ? Peut être. Je dévore ce visage. Il fut mon fiancé, mon ami, mon soutient, celui qui reçu mes larmes et mes rires, mon ignorance et mes erreurs, le seul en qui j'ai placé une confiance absolue et aujourd'hui le Destin chamboule encore les cartes. La missive de Hugues me dérange car faite sans ma consultation, elle me surprend mais en même temps, aurais je osé de moi même faire un pas vers lui ? Je ne le sais pas.

J'essuie mes joues d'un revers de la main et tente un sourire affirmé sur mes lèvres. Ais je réussis ? Je ne le sais pas vraiment.

« Je bénis Hugues tout autant que je le maudis de cette missive qui te fut envoyée, Liam. Ma position est trop difficile pour que tu ne prennes le moindre risque et pourtant...Je ne saurais refréner le plaisir immense de te voir, de te parler. Suis je égoïste à tes yeux ? »

Je ne sais détacher mes doigts des siens parce que j'y puise tant et tant. Chaleur. Force. Confiance alors que je ne sais plus où mes yeux doivent porter, où ils doivent se poser, mon avenir est aussi opaque que la nuit la plus profonde et même si il ne peut me donner de réponse, il demeure une étoile sur ce tapis ténébreux.

« J'ai peur de ton jugement. De celui qui naît lorsque tu poses les yeux sur moi...Si je n'avais été aussi...Idiote, peut être ne verrais je pas cette douleur, ni cette incrédulité dans tes iris. »
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Message Sujet: Re: Les tourments peuvent-ils s'éteindre ? | Liam   Sam 31 Déc - 23:21

Une plaie immense et jumelle de la tienne me fend la poitrine. Permets-moi d’être ton baume alors que tu es le mien.
Ces paroles... Les mêmes, à l’exactitude. Le souffle me manque, alors que du pouce, je viens rompre le sillage que ces larmes tracent sur ses joues. Ses mains sont froides, quand elles cessent d’agripper mon vêtement pour se déposer sur les miennes. Et ce sourire hésitant, qui revient ourler ses lèvres... Chimène. C’est elle.

- C’est bien toi. C’est... Tu es là.

J’ose à peine y croire, alors que je la serre à nouveau contre moi, avec d’autant plus de force. Un hoquet m’échappe, à mi-chemin entre une souffrance trop longtemps contenue, et une joie insoupçonnée... Celle d’avoir la chance de la retrouver. Je peine à contenir ces tremblements qui m’agitent, cette émotion bien trop vive qui menace de me consumer. Je me suis refusé d’espérer un dénouement heureux à cette rencontre, à craindre le pire. De nouveaux pièges, de nouvelles atteintes... Je ne m’étais pas préparé à la revoir. Vivante. Indemne. J’hoche la tête, sans me détacher d’elle. Rassuré, oui. Comme jamais.

Je ferme les yeux. Je respire son odeur, tout contre sa chevelure de feu, jusqu’à ce que je me sente à nouveau en mesure de m’exprimer calmement. Je lui rends un sourire navré, en desserrant mon étreinte, qui aurait menacé de la broyer si je ne faisais pas attention, et qui était aussi un peu m’oublier, malgré tout ce que nous avions partagés. Je peine pourtant à être à nouveau ce roc inébranlable dont elle a besoin, à ces paroles prononcées à nouveau. Il n’y a rien à pardonner, car jamais tu n’as fauté.

Mes bras se dénouent et mes mains viennent s’échoir sur ses épaules. Je fronce les sourcils, les lèvres pincées, avec cette expression contrite, presque tourmentée.

- Pardonne-moi. Je n’avais pas d’autres moyens de m’assurer que c’était bien toi. J’ai fauté, Chimène, envers toi. Ils ont réussi à me faire croire à ta mort. J’ai vu ton corps, sur cette civière, la gorge tranchée. J’ai cru que tout était fini. J’ai cédé aux exigences de Gustave de la Rive, tu dois le savoir.

Mes paroles sont hachées, reflet de cette culpabilité que je porte chaque jour depuis, d’autant plus maintenant que je sais avoir été dupé, ne pas avoir su reconnaître celle qui était une amie chère, mon Impératrice, et qui aurait pu être bien plus encore. Je suis comme hanté, quand elle m’entraîne vers ces sièges de velours pour que nous puissions prendre place. Je peine à soutenir ce regard, qui ne me quitte pas. Je bénis et maudis tout à la fois cette distance instaurée, même si ses mains n’ont pas quitté les miennes. Mes doigts se referment dessus, comme pour réchauffer cette peau si froide. Un sourire peine à percer en réponse au sien, quand elle se fait si touchante, à tenter encore de faire bonne figure, après avoir essuyé ses joues pour me faire face.

- Je m’inquiète pour toi, Chimène. Je ne sais pourquoi tu as été épargnée jusqu’à maintenant... Mais je refuse de signer ta perte, après n’avoir su te soutenir comme il l’aurait fallu. C’est dangereux d’être ici, à mes côtés, malgré toutes les précautions prises. On doit te surveiller, et moi aussi.

Peut-être guettent-ils même le moindre faux-pas pour en finir avec elle... Ou même avec moi. Mais cela, on me l’a clairement signifié. Néanmoins, voir Chimène ne peut pas être considérée comme une trahison envers les serments que l’on m’a arraché. Elle chasse si bien ses pensées sombres, à ne vouloir briser cette proximité quand la distance nous serait plus bénéfique. Et elle me surprend encore, par ces hésitations si attendrissantes.

- Egoïste ? Non. Tu as tellement sacrifié pour Faërie, jusqu’à ta propre vie...

Ma main se referme sur la sienne, comme pour lui assurer mon soutien. Je voudrais lui dire, moi aussi, quel plaisir immense j’éprouve à seulement la voir, avoir encore l’occasion de lui parler ne serait-ce qu’une fois de plus... J’en ai tellement rêvé. Mais ces retrouvailles sont teintées d’amertume. La situation est difficile, inextricable. Elle doit le savoir, et pourtant, c’est mon jugement qu’elle craint. Je lâche un souffle, ironique.

- Ils t’ont trahi, Chimène. Ils se sont tous détournés de toi presque aussitôt. Je ne doute pas qu’ils guettaient tous l’instant de ta chute, s’ils ne l’ont pas précipités. Outrevent était isolé. Et... Gustave de la Rive a retrouvé mon neveu. Il était prêt à se débarrasser de moi, après toi, et en faire sa marionnette pour mettre mon Duché au pas.

Je plante à nouveau mon regard dans le sien, meurtri.

- J’étais prêt à mourir pour toi. Si seulement... Je ne pouvais pas le laisser entre ses griffes, ni précipité Outrevent dans le chaos. Je te croyais perdue. J’ai cru pouvoir nous garantir la paix. Je suis certainement le plus idiot de nous deux, vois-tu.

Je pousse un profond soupir, et baisse les yeux sur nos mains nouées. Je songe à ce qui a permis cette rencontre, cette lettre écrite de la main d’Hugues pour sceller des fiançailles. Je les relève sur elle, avec une lueur interrogatrice au fond du regard.

- On te traite bien, en Ibélène ? Le silence est de courte durée, avant que je ne rajoute cette question qui me brûle les lèvres. Voudrais-tu revenir ?

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Message Sujet: Re: Les tourments peuvent-ils s'éteindre ? | Liam   Lun 9 Jan - 20:42


Chimène & Liam

Les tourments peuvent-ils s'éteindre ?




Cette souffrance. Cette incrédulité. Dusse ai je être bien trop cruelle pour lui avoir infligé cela ? Mes erreurs passées n'étaient que le commencement de cet instant aussi douloureux que délicieux. Je n'aime voir cela dans ses yeux. Des yeux qui ne m'ont jamais regardé comme une reine ou une princesse, il y a toujours eu cette douceur lorsqu'il les posait sur moi, cette tendresse. Mes défauts, mes caprices, mes éclats, il les a contemplé comme aucun autre n'aurait pu le faire et pourtant, cette lueur n'a jamais vacillé. Jusqu'a maintenant. Jusqu'a un frère honni.

Un instant. Un souffle. Mon cœur se pince et l'amer envahit ma langue. Irrationnellement. Je sais qu'il n'a pas eu le choix. Je sais que cela devait être. Je sais tout cela et pourtant, une ombre au fond de moi s'insurge. Avec idiotie. Qu'importe ce qu'a fait le Duc, ce n'est pas l'ami qui m'a trahie.

« Ton cœur m'a-t-il trahie Liam ? »

Je ne suis plus sa reine, si tant est que je l'ai été un jour. Je n'ai jamais tellement sut me conduire en souveraine, tout au plus n'ais je été qu'une enfant qui joue à en être une. Mes erreurs furent nombreuses, immatures aussi, le regard que je porte sur mes pas se fait parfois si dégoûtant, si horrifié qu'il m'arrive d'en rêver la nuit. Éveillée de trop de cauchemars me laissant lasse et épuisée. Comme vidée de toute essence, de toute substance. Comme réellement morte. Mais je ne le suis pas, l'étreinte de Liam sur mon corps me le prouve. Mon cœur n'est pas flétri, il ne peut l'être quand, de ses blessures, perle autant de sang. Je dois juste cicatriser. Ne pas oublier. Forcer mon regard à se porter devant moi et accepter le vide que je découvre. Etrangement ou peut être que je le savais depuis toujours, la présence de Liam rend cela si supportable et même possible. Relever la tête ne me paraît plus si ardu, si terrible quand je sers ses doigts entre les miens, tremblants, froids et gours. Ces premières paroles sont pour moi car je ne doute pas de son inquiétude, je la sais sincère. Les ombres reviennent danser au cœur de mes prunelles, parce qu'il a raison. Il est impensable que l'on m’aie envoyée auprès de Catarine sans s'assurer que j'y reste. Mon soupir est lourd, amer et acide. Il m'arrache la gorge.

« Pardonne moi de nous mettre en danger ainsi, je refuse qu'il t'arrive quoique ce soit à cause de moi. En cela, j'en ai voulu à Hugues et ma confiance si belle autrefois n'est plus qu'une vitre brisée, je ne comprends pas pourquoi il l'a fait. Il n'est pas en ton pouvoir de me sauver, quand bien même je ne le permettrais pas, pas si tu dois déchirer ton cœur en deux, qu'importe ce que j'ai sacrifié pour Faërie, je me refuse à te sacrifier toi. »

Cela m'est impossible, je n'exigerais jamais rien de tel de lui. Je ne le peux plus dorénavant. Il me faut apprendre à compter sur mes propres forces, même lorsque celles ci m'abandonnent peu à peu, quand le gouffre sans fond et glacial qui me guette ne cesse de grignoter mon âme. Le mention de ce frère haït et de ses actes pince mes lèvres et révèle un éclat froid qui n'existait pas avant dans mes iris. Oui la trahison fut terrible. Et moi bien trop naïve. Que connais je du pouvoir et des avidités qu'il faisait naître dans le cœur des hommes ? Absolument rien. Et je ne peux rester de marbre devant ces agissements cruels et gratuits.

« Que peut il te reprocher ? Veut il jusqu'à me priver de mon ami le plus cher pour satisfaire son ambition ? Me tuer n'aura donc pas suffit ? Faut il vraiment qu'il dispense douleur et mensonge pour obtenir ta loyauté ? »


Je ne peux cacher mon amertume et ma colère impuissante. Ma faiblesse en est une cause, je le sais. La souffrance que je lis par moment dans l'océan qui me fait face en est une autre. La douceur reprend sa place dans mon regard, la tendresse aussi pour cet homme si fort muselé par les liens qu'il a lui même tissé. Que n'aurais je donné pour le voir libre d'entraves, plus encore que ma chair et mon sang. Je porte sa main à mes lèvres, en embrassant la peau :

« Ne te reproche rien. Un peuple dépend de toi et de tes décisions, qu'aurais tu donc pu faire ? Le choix ne t'étais pas offert Gustave s'en est assuré. En vérité, tu es bien plus courageux que moi qui se cache dans l'ombre de sa propre sœur comme une enfant attendant que l'orage passe. »

Je tente de chasser la colère et la tristesse de mon âme pour lui offrir un sourire délicat, comme un pétale qui résiste au vent, sans espoir de victoire.

« Bien, autant que puisse l'être un otage. L'on me traite en invitée de marque et on sursoit a mes besoins. Je ne sais ce que pense Catarine de ma situation et je t'avoue que je crains de le savoir parfois, alors je demeure discrète. »

Et sa question perce mon cœur comme une flèche. Il connait mon amour pour ma patrie. Il sait déjà que Faërie me manque. Mon sol natal sous lequel dort pour l'éternité Chrysolde et sa famille.

« Oui. Oui je le voudrais. Mais je sais aussi que cela est impossible. Gustave m'a prit le trône et ma vie. Qu'il garde donc son trône acquis dans le sang, je n'en ai cure, mais je ne peux lui pardonner d'avoir fait de mon existence une page soudainement vide et de me priver des contrées de ma naissance, ni le sang versé pour y parvenir. Je ne suis pas faite pour régner, je le sais à présent, mais je ne peux cesser d'aimer ceux qui furent mon peuple et ma terre.  Je ne peux lui pardonner de m'avoir appris ce qu'était la haine.»


Je baisse doucement les yeux sur nos mains liées. Lui refusant le spectacle de ce sentiment si répugnant dans mes iris.

« Alors oui, je voudrais rentrer chez moi, je voudrais un devenir clair et non le gouffre qui s'ouvre devant moi lorsque je pense à l'avenir mais je redoute d'y parvenir. »
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Message Sujet: Re: Les tourments peuvent-ils s'éteindre ? | Liam   Sam 14 Jan - 4:21

« Jamais. »
Une promesse. Un aveu.
Je ne sais plus vraiment ce qui m’anime, ce en quoi il me faut croire, mais ce seul mot a jailli avec une sincérité poignante. Chimène a toujours eu une place privilégiée en mon cœur. Elle aurait même dû me le ravir, si tout n’avait pas basculer irrémédiablement. Si nous avions su, à l’époque, dans quels tourments la chute de Chrysolde risquaient de la plonger... Mais noue le savions, n’est-ce pas ? Nous étions deux idiots idéalistes, maintenant désillusionnés. Nous aurions dû simplement nous marier, comme il était convenu, et j’aurais pu la protéger, la préserver de toutes ces souffrances. Chimène aurait pansé les plaies de mon âme, et moi les siennes. Cette relation était tendre, et faite de certitudes. Tout a volé en éclats, mais les certitudes, elles, sont restées. J’ai continué d’être ce soutien immuable pour elle, par-delà cette mort illusoire, car il ne s’était pas écoulé un jour sans que mes pensées ne l’accompagnent. Jamais mon cœur ne l’a trahi.

Je recueille son soupir, si lourd. Je passe doucement mes doigts sur sa main, en un geste qui se veut rassurant, protecteur. « Je suis soulagé qu’il m’ait contacté, rien que pour rétablir la vérité. J’avais besoin de savoir. » Je ne regrette en rien cette entrevue. Je n’aurais pas voulu continuer ainsi indéfiniment, à me noyer dans mes tourments. La simple perspective qu’elle soit en vie a sonné comme une délivrance. J’ai beaucoup à me reprocher, mais au moins, sa mort ne pèse plus sur ma conscience. Je refuse de porter encore un nouveau deuil.

Je lui souris, doucement. Je retiens l’envie qui me vient de la prendre à nouveau dans mes bras. Elle paraît si vulnérable, et si forte à la fois. Elle a toujours été ainsi, même si certains refusaient de voir ce feu qui l’animait. Je crois toujours qu’elle aurait fait une grande Impératrice, si seulement où lui avait laissé le temps de faire ses preuves. Ses paroles me touchent, plus que je ne l’admettrais. « Tu n’es pas seule, Chimène. » Elle doit le savoir. Ses dernières années ont été un éternel combat pour elle, et toujours, je me suis tenu à ses côtés, pour lui apporter mon soutien indéfectible. Même maintenant, alors qu’elle tente de réunir les fragments de son existence. « Me fais-tu confiance ? » Je sais ce que Hugues a cherché à faire. Il a toujours été ambitieux, mais sa loyauté à toutes épreuves m’étonne réellement. J’aurais pensé qu’il serait du genre à suivre le vent qui tourne, à la manière du Duc des Fleurs. Mais au-delà de ses propres aspirations... Je suis convaincu que ces fiançailles pourraient la préserver plus durablement que ce secret, et surtout, qu’elle pourrait réapprendre à vivre en Outrevent. Cela apporterait la dissidence, mais elle serait sauve, et à mes côtés.

Je baisse la tête sur nos mains entrelacées, le poids de ces décisions pesant lourd sur mes épaules. Un bref soupir s’échappe de mes lèvres.

« Outrevent est devenu un refuge, pour tout ceux qui se sentent trahis dans leurs convictions. Le vent de la révolte gronde... Gustave de la Rive veut souder Faërie, pour que nous livrons un front uni si la guerre venait à éclater. Il veut faire taire les voix qui s’élèvent, par des fiançailles avec sa fille, Armandine, avec celui qu’il n’a pu rallier à sa cause que par le chantage. » Je marque une pause, la fixant longuement. Elle doit comprendre, tous ces enjeux politiques. « Je n’ai pas encore accepté. »

J’entends sa colère, son indignation, qui sont comme un baume à mon âme meurtri. Elle m’a réellement manqué, et n’a certainement pas conscience d’à quel point j’ai aussi besoin d’elle. Chimène se serait exprimée, ce fameux jour, quand tous ont continué de se taire, hormis le Séverac. « Il n’aurait pas pu obtenir ma loyauté autrement, mais elle ne tient que sur une parole, c’est bien ce qu’il me reproche. »

Je sens le contact doux de ses lèvres contre la peau de ma main. J’ouvre lentement les doigts pour les égarer sur sa joue. La dernière fois que j’ai cru la toucher, elle était si froide... Et la voilà à chercher à me rassurer, sur mes propres décisions, qui m’ont forcé à abandonner mes convictions, à l’abandonner elle. Douce Chimène... Je ne mérite décidément pas son amitié.

« On m’a appris à mourir pour ce que je croyais juste. Seulement... Je ne pouvais pas entraîner mon neveu, et mon Duché, dans la tourmente. C’était une nécessité, mais elle n’en est pas moins difficile à accepter. »

Revoir ce sourire ourler ses lèvres m’apaise. Je suis soulagé d’apprendre qu’on la traite bien, même si elle est placée dans une situation délicate. L’envie me prend de l’arracher de leurs griffes, pour que nous puissions tout deux prendre notre envol, débarrassés de ces chaînes qui nous accablent. Un rêve fou, qui pourrait pourtant se réaliser, si nous consentons à nouer ce lien, plus pur et irrévocable encore que les autres. Je dois trouver un moyen de lui rendre une vie. Il le faut.

Je l’écoute, attentivement. Elle parle avec sincérité, Chimène. Je n’en attendais pas moins d’elle, et la réponse qu’elle m’offre est celle à laquelle je m’attendais. Elle ne veut plus de ce trône maudit, mais sa vie demeure en Faërie. Elle peut exister, encore, à mes côtés. Je prononce ces mots, capable de tout changer :

« Veux-tu m’épouser, Chimène ? »

Je serre sa main dans la mienne. Mon regard est intense, pour elle. Le souffle est faible. L’instant est fort. « Je veux te rendre cette vie arrachée. Je veux que nous nous redonnions cette chance, avant que la tragédie ne fasse basculer nos deux vies. Je veux pouvoir croire que c’est encore possible. Je pourrais convaincre Gustave de te réhabiliter... Je le dois. Alors, accepterais-tu ? »

Une promesse.
Cette fois, je veux pouvoir l’honorer.

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Message Sujet: Re: Les tourments peuvent-ils s'éteindre ? | Liam   Lun 23 Jan - 0:39


Chimène & Liam

Les tourments peuvent-ils s'éteindre ?




Comment un simple mot. Unique, Proféré avec sincérité peut il a ce point être porteur de bonheur ? Je ne le sais pas et pourtant c'est ce sentiment bien trop rare qui éclot comme une fleur dans ma poitrine. Aurais je supporté le contraire ? Non, je le sais déjà. J'ai tant perdu que je n'aurais sans doute pas pu supporter cette ultime perte. Pas lui. Alors le sourire qui courbe mes lèvres tandis que je l'entends n'en est que plus précieux, teinté de larmes amères et de culpabilité intense, mais au cœur joyeux et soulagé. Il reflète si cela est possible, les sentiments qui m'animent, qui me torturent nuit après nuit depuis mon exil. Lorsque les pensées s'envolent dans le silence d'Ibélin, lorsque je n'ai d'autre choix que de les laisser me tourmenter. Mais dans l'instant présent, les griffes qui n'ont de cesse de se planter dans mon esprit s'écartent et me laisse enfin seule. Tout cela par la magie de son regard sur moi, dénué de jugement, dénué de condamnation.

« Alors cela me suffit. »

Il ne peut en être autrement, il m'offre déjà tellement. Alors je ne peux m'empêcher d'avoir peur pour lui, parce que les chaînes qui me retiennent lui seraient fatales si je n'y prends garde et je refuse de le perdre comme j'ai perdu ma vie et ma fierté. Malgré cela, je suis heureuse de le voir. Un sentiment dérangeant, incongru qui me serre la poitrine tout autant qu'il me permet de respirer enfin.

« Parfois le savoir n'est pas une bénédiction Liam...Promets moi d'être prudent. Je ne veux pas voir le bonheur de te voir ternit par la douleur des conséquences. S'il te plait. »

Il y a comme une prière dans ce filet de voix. Peut on être se réjouir de quelque chose qui pourrait devenir sa perte ? Je ne le devrais pas et pourtant, je ne peux l'empêcher. Son image m'a traversé tant de fois depuis ma mort. Le fantôme de sa voix et le mirage de son visage. Les conseils qu'il ne me donna pas. Suis je trop gourmande à vouloir faire de lui une pierre angulaire de mon existence malgré tout ? Sans doute, mais j'apprendrais la force et la volonté si il le faut. Je bas doucement des cils à sa question, a son affirmation.

« Je t'ai toujours fait confiance Liam, rien ne saurait changer cela. »

Qu'il puisse penser le contraire m'horrifie plus que je ne saurais le dire. Il ne peut douter de cela alors que jamais il ne m'a tourné le dos, qu'importe mes erreurs ou mes tourments. Je serais bien ingrate si je m'éloignais de lui. Et je ne le peux pas, quand bien même le voudrais je.

Et l'horreur se peint sur mes traits, chassant ma juste colère. Mes doigts s'agitent nerveusement entre les siens. Une enfant ! Cet homme honni vendrait sa fille pour son rêve hypocrite ? Je bats furieusement des paupières, refoulant les larmes qui menacent de naître. Faites de colère devant cet injustice flagrante.

« Il veut te faire épouser une enfant ?... »

Mes mots butent sur mes lèvres avant qu'un rire grinçant de m'échappe. Cassant. Amer.

« N'a-t-il donc aucune fierté ? La politique est une maîtresse cruelle qui dévore bien trop d'âmes bonnes. Tu ne peux risquer la révolte de tes gens Liam, tu ne peux risquer ton titre ainsi, si le peuple te renverse par la colère et la violence cela sera encore pire. »

Je soupire doucement. Gustave a tissé les liens de sa toile à coup de chantage et de meurtre. Révélant l'étendue de son ignominie et je ne sais comment le sauver.

« Durant cents ans la paix a été maintenue, sera-t-il assez fou pour la briser ? T'imposer sa fille ne lui apportera pas la loyauté d'Outrevent. Il ne reconnaît donc pas ton honorabilité ? Ta parole vaut bien plus qu'un millier de contrats, tu es l'homme le plus droit que je connaisse. »

Et le plus fort malgré tout. Il vacille doucement sur sa position et mon cœur saigne d'en contempler les affres dans ses yeux. Il ne mérite pas cela. Il ne peut pas endurer cela. Je ne peux pas le permettre. Mais que puis je faire ? Je suis prisonnière. Même d'argent, mes barreaux restent des barreaux. Je lève une main, empaumant sa joue, effaçant si je le peux le plis amer au coin de sa bouche d'un pouce.

« Penser a ta terre ne t'en rend pas moins fort, bien au contraire. Tout autre aurait plié..D'ailleurs tous l'ont fait...Le rouge au front. Ce n'est pas leur terre ou leurs gens qu'ils sauvent, c'est eux même. Tu es bien différent. »

Ma main retombe lentement, couvrant la sienne car je ne peux me détacher de lui. Reflet de mon existence, la seule personne qui ne me fut pas arrachée et la plus chère sans aucun doute. Et malgré ses propres doutes, ses tourments qui l'accable, il s'enquière encore de moi. De mon bien être et je ne peux que l'en remercier pour cela, parce que le vide qui m'étreint s'amenuise un peu. Je lui conte ce qu'est devenue ma vie, ce que je crains aussi. Ce sentiment détestable qu'est la haine, planté par un être soi disant de mon sang au creux de mon cœur. Parfois, j'ai peur de ce que je deviens. Lentement mais sûrement. J'ai l'impression d'en attendre trop de lui, d'espérer trop de lui. De me laisser porter comme autrefois par la force des autres, la tentation est puissante, mais je ne le dois pas. Je ne le peux plus.

Je ne m'attendais pas à sa demande. Je me fige, estomaquée. Je me souviens de cette même demande, des années auparavant. Une demande qui m'avait rendu heureuse. Une demande que j'avais attendue car tel était l'arrangement. Si nombre de jeunes filles craignaient leur union, ce n'était pas mon cas. Oui j'avais été heureuse et bénie ce jour là. Maintenant, c'était les doutes qui m'assaillaient, martelant de leur murmure mes pensées rendues folles et disparates alors que mon coeur semble de plomb dans ma poitrine.

« Liam... »

un simple murmure, résonnant de mes doutes et de ma peur aussi. Un simple prénom qui porte en lui tellement. Si je lui disais oui. Serais je alors assez forte pour la tempête que cela provoquera immanquablement ? Serais je assez forte pour l'épauler ? Serais je assez solide pour recevoir le poids de ses doutes lorsque le temps viendra ? Alors qu'il m'offre sa sincérité et ses pensées. Je sais qu'il le fait pour moi.

« Me penses tu assez forte pour toi ? Comment peux tu croire en moi lorsque moi même je ne sais plus le faire ? Tu risqueras la colère de Gustave, sa vengeance peut être. Son mensonge exposé en pleine lumière et je ne sais si il te le pardonnera... »

Et puis cela apparaît en moi. Cette certitude étrange, comme un renouveau espéré mais aussi dangereux, mes doigts se crispent sur les siens. L'air me manque alors que la sensation de errer au dessus d'un précipice me hante. Je ne peux rester ainsi. Inutile. Faible. Vulnérable. Je dois apprendre à relever la tête.

« Je t'épouserais Liam, si tu crois assez en moi pour être ton soutiens, parce que c'est ce que je serais pour toi. Je suis encore faible et immature par bien des côtés mais je reste Princesse de Faërie, c'est quelque chose qu'il ne pourra pas m'enlever. En m'épousant, tu te lie a la famille impériale et cela il ne pourra aller contre sans perdre la face. Il ne peut me dénier ma filiation lorsqu'il s'en regorge lui même. »

Et je veux être là pour lui, comme il l'est pour moi. Il n'y a pas vraiment de mot sur ce qui nous lie mais nul ne pourra en dénier la force car elle est celle du roc. Et puis une larme coule, solitaire, sur ma joue.

« Ce sera un combat difficile, mais je ne te ferais pas défaut. Jamais. »
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Message Sujet: Re: Les tourments peuvent-ils s'éteindre ? | Liam   Dim 29 Jan - 3:23

Je lui souris doucement. Cela lui suffit ? « J’aimerais pouvoir en faire bien plus. » Mais la prudence est de mise, comme elle le souligne si bien. Il va me falloir réfléchir à un plan d’action, le meilleur moyen pour l’extirper de cette situation et... Lui rendre une vie, si ce n’est celle de l’Impératrice, une vie qui pourra pleinement la satisfaire. Je dois pouvoir faire cela au moins pour elle.

« Je serais prudent, autant que possible. » Je ne peux pas lui promettre plus, parce que je me connais. J’ai toujours été un prudent, qui prend le temps de réfléchir avant d’agir, qui guette la meilleure opportunité pour s’en saisir... Mais l’audace seule permet parfois de saisir l’éclat. Je me suis déjà montré déraisonnable, à plusieurs reprises, pour elle. J’ai bien trop à perdre, à la laisser repartir. Certainement autant que de vouloir qu’elle reste à tout prix. Il va falloir qu’elle me fasse une confiance aveugle, oui, car c’est sa vie que nous mettons en jeu, par ces seuls regards échangés. Chaque instant volé risque de me la dérober à jamais. Une erreur de calcul de ma part, et je la condamne. Elle doit le savoir. Elle doit comprendre pourquoi il me fallait lui poser une telle question. « Alors tu sais que je ne te mettrais jamais en danger volontairement. »

Je lui livre mes propres tourments, mes propres dilemmes... Ceux que l’on pose à celui dont le Duché gronde, et plie à contrecœur. Je sens naître un éclat de colère dans ses pupilles, mais ses pensées révoltées ne sont pas les premières qui m’avaient traversées. Bien entendu, j’ai quasiment le double de l’âge d’Armandine de la Rive, et je n’imagine pas devoir prendre pour une femme une mage de Sang, mais ce n’est pas de moi dont il s’agit, ni d’elle. C’est bien plus que cela.

Lionel pense que je devrais le faire, pour amener de la stabilité. Chimène, elle, m’expose le contraire pour exactement les mêmes raisons. « Je ne veux pas qu’Outrevent soit lié à l’engeance d’un traître. » Mes mots sont forts, mais bien sentis. Il s’est emparé du trône, en semant le chaos et la mort, et il risque de briser cette paix qui aura duré un millier d’années... Un millier ! Que lui faudra-t-il encore, pour être satisfait ? La mainmise sur mon Duché, apparemment, par l’intermédiaire de sa progéniture. L’idée me répugne, oui. « Cela ne lui apportera pas davantage de ma part, non, mais l’alliance sera forte aux yeux de tous, et ma descendance sera aussi la sienne. » J’ai un sourire ironique. Mon honorabilité ? Bien sûr, qu’il la reconnaît. Il savait très bien, que s’il a dû me forcer à prêter serment, je le respecterais pourtant bien davantage que mes homologues. Une parole donnée ne peut pas être reprise, en Outrevent.

Je cesse de m’agiter, à me débattre dans mes propres chaînes, quand sa main vient capturer ma joue. Je la fixe à nouveau, tandis qu’elle cherche à m’apporter un peu de réconfort. J’ai un sourire las, en retour. Je dois lui paraître si fatigué, si éprouvé, pour qu’elle ressente le besoin de me rassurer ainsi. L’instant passe, et sa main retombe. Je m’abreuve de ses paroles, comme un baume qu’elle apposerait sur mes plaies. Certaines se sont déjà refermées, seulement à la savoir à nouveau avec moi.

Je m’inquiète pour elle, pour son devenir plus qu’incertain. Elle, la traquée, la morte revenue à la vie. Je voudrais tellement la préserver, lui garantir ma protection... Pour ne plus jamais voir ce corps mort à la gorge tranchée. La situation est compliquée, mais des épousailles pourraient aider à la réhabiliter.

Je l’entends prononcer mon nom. Je reste silencieux, à attendre. Je sais, que c’est une décision bien plus difficile à prendre et lourde de conséquences que la première fois que j’ai prononcé ces mêmes mots, mais ma détermination n’est que plus forte encore, car c’est sa vie qui va se jouer. J’entends ces doutes, ces incertitudes. Ma main enserre la sienne en retour.

« Je sais, tout cela. Je suis prêt à prendre le risque, si tu le veux aussi. Chimène... Tu peux continuer de vivre cachée, dans l’ombre, le reste de ta vie. Je ne te jugerais pas. Ou tu peux vouloir retrouver ton identité, une nouvelle place en Faërie à mes côtés. Tu peux renaître de tes cendres... Mais ce sera une voix longue et difficile, avec la mort dans notre sillage. Je ne peux pas te promettre de réussir, mais de faire tout ce qui est en mon pouvoir, oui. »

Je crois en nous. Je crois en notre force, celle que nous sommes capable de déployer, à deux, quand il est question de faire face à nos ennemis, toujours plus nombreux ces derniers temps. Je me moque de la colère de Gustave. Pourquoi l’a-t-il laissé en vie, si c’est pour la voir mourir ?

Et elle accepte.
Elle accepte, malgré ses doutes, ses incertitudes. Elle veut se battre, finalement, et non plus se terrer dans l’ombre. Douce Chimène, dont on ignore la force.

Je souris doucement en retour, avant de le perdre pour retrouver ma gravité.

« Pas un mot là-dessus. Sauf... Peut-être à Hugues. Il pourra t’aider, pour que cela se concrétise. » Cela me tue de le dire, car je n’ai jamais fait confiance à cette vipère, mais il a à cœur ses intérêts... Et donc ceux de Chimène. Il veut autant la réhabiliter que moi, et il a l’esprit aussi vif et retors pour ce faire. « Il va me falloir confronter Gustave de la Rive, mais avant cela, il nous sera nécessaire d’avancer nos pièces. Nous devons réfléchir à la meilleure façon d’agir, pour l’emporter, sans courir à notre perte. »

Oui. Gagner ou mourir.
Je me passe une main sur le visage, lâchant un instant la sienne. Lionel ne va pas apprécier, que je prenne autant de risques inconsidérés.

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Message Sujet: Re: Les tourments peuvent-ils s'éteindre ? | Liam   Dim 29 Jan - 19:07


Chimène & Liam

Les tourments peuvent-ils s'éteindre ?




Ses questions me font peur. Pourtant, elles sont légitimes. Je veux sa sauvegarde et sa sécurité lorsqu'il désire les miennes aussi. Mais jamais, que les dieux m'en soient témoins, jamais il ne me mettrait en danger. Ma vie pouvait se reposer, aussi lasse qu'elle l'était, entre ses mains. J'ai envie de m'abandonner à lui, fermer les yeux et laisser le vent me porter. Arrêter de penser encore et encore a ce qui ne fut pas. Arrêter de pleurer jusqu'à en assécher mes yeux. Mais cela serait trop facile. Trop dur pour lui. Je ne peux plus être cette enfant faible et ignorante qui buvait ses mots et s'épanouissait sous son regard. Cette enfant avide de reconnaissance et d'identité, un désir fou qu'il comblait en me prêtant une attention sincère. Je ne peux plus être ainsi. Mais les forces me manquent encore. La témérité de mes sœurs, leur volonté, en avais je été exempte ? N'y avait il pas au fond de moi autre chose que la haine et la colère, le désespoir des faibles et des vaincus ? Que puis je faire devant les manœuvres malhonnêtes de ce soi-disant frère ? Dois je me contenter de contempler les chaînes dont il leste cet homme si cher à mon cœur ? La colère enflamme mes iris. A la pensée de ses chaînes amères, à la pensée de sa volonté bridée et de sa parole bafouée, car à mes yeux elle l'était, qu'importe ce qu'il pouvait en dire.

« Elle sera forte, peut être, mais elle te fragilisera dans ta propre maison quoiqu'on en pense. Je ne veux pas te voir devenir aigri, prisonnier d'une femme qui ne t'apportera rien ou si peu. »

L'on pourrait me penser jalouse. Peut être y avait il de cela, je n'en savais rien, mais je refusais de le voir s'enfermer dans une telle union. L'amour n'était souvent qu'un fantasme pour nous, mais je voulais espérer qu'il soit heureux. Le serait il avec une femme imposée ? Qu'il n'aurait pas lui même choisie ? Je tenais immensément à lui et j'enrageais de songer que son bien être n'était que peu de chose face au pouvoir politique. Je ne voulais et ne pouvais le voir comme un pion alors qu'il était bien plus que cela et qu'il serait toujours plus que cela pour moi. Làs, je n'avais plus les moyens et la force de le faire. Mon impuissance rongea mon cœur comme un acide, mon inquiétude se répandit dans mes veines en contemplant ses traits tirés. Il n'y avait pas ces plis amers avant. Il souriait si facilement, un baume délicat que j'aimais admirer.

Sa demande en mariage me surprends. Me fige. Me plonge dans une tempête de sentiments dont je peine a faire le tri. Il n'y a plus cette légèreté, cette sérénité qui avait caractérisé la première fois. Aujourd'hui, il y avait la peur, les doutes et l'ombre d'un pouvoir qui nous dévorerait si l'on n'y prenait garde. Je songe un instant à refuser, pour lui, consciente malgré moi l'ouragan que cela provoquera immanquablement. Oui, je songe à refuser par peur, par lâcheté en me cachant derrière la pensée égoïste que cela serait le protéger. Et pourtant, est ce la solution ? N'avais je donc pas rêver de me plonger encore une fois dans sa force à lui ? Dans ses convictions ? Je croyais en lui, j'avais toujours cru en lui. Mais lui, me pensait il digne de lui, d'être à ses côtés nanti de la volonté de l'épauler ? Je fouille ses yeux, si bleus et si francs. Je m'y cherche sans doute alors que ma respiration se fait plus hachée. J'y contemple mon reflet aux contours irisés, telle qu'il me voit, telle qu'il m'a toujours vu. Je peine à contenir mes larmes. De joie, de reconnaissance, d'amertume aussi, il y a tant de choses qui agitent mon cœur que je ne sais y faire un tri.

« Oui, je pourrais me cacher encore et arrêter de vivre, mais je ne le ferais pas. Toute ma vie je me suis cachée Liam, la petite princesse qui ne possède pas l'éclat de ses sœurs. Toute ma vie j'ai voulu ressembler à Chrysolde. Mais je ne suis pas elle, je ne le serais jamais, je le sais maintenant. Il faut que je trouve mon propre éclat et je le ferais avec toi. Je suis naïve par bien des côtés, mais je dois reconnaître cela à Gustave, pour certaines choses, l'aveuglement n'est plus de mise. »

J'accepte. Malgré la folie de la chose, malgré ma situation si complexe et si précaire. J'accepte la peur au ventre et l'espoir chevillé au cœur. Peut être fais je une erreur, peut être scellais je ainsi ma propre mort. Mais même si il ne me juge pas, je ne peux restée cachée, je ne peux me contenter de l'ombre et les ténèbres, me contenter d'un semblant de vie, je m'y étiolerais, je disparaîtrais encore. Définitivement. Je suis peut être la solution la plus dangereuse, la plus folle mais je risquerais tout pour lui, si il restait un infime espoir pour moi de lui rendre ne serait ce qu'un peu de ce qu'il m'offrit, de ce qu'il m'offre encore.

J'inspire doucement, quelque chose se brise en moi. Quelque chose d'étouffant et de sombre. Je ne sais si je suis prête à le suivre sur ce chemin, ni même si j'en possède la force, mais si je n'essayes pas, je le regretterais toute ma vie et je l'aurais déçu. Il n'en était pas question. D'elles même, mes épaules se redressent malgré mes doigts tremblants et mon teint pâle.

« Il m'a gardé en vie, bien que j'en ignore les raisons, je me refuse à croire ses paroles tandis qu'il me promettait la sécurité. Voulait il réellement ma mort, je ne le sais pas, mais l'Ordre la voulait avec avidité. De par ma naissance, je reste un danger pour le trône, Gustave le sait...Je ne veux pas de ce trône et une part de moi fut soulagée, immensément, honteusement même. »

Je me mordille les lèvres :

« Est ce que ton peuple m'acceptera Liam ? Cela apaisera-t-il sa colère et son ressentiment ? Car il le faut pour convaincre Gustave de la Rive. Si sa sincérité est discutable, ses actes aussi noirs qu'il l'est, je ne pense pas mensonge son désir de pacifier Faërie. Ma mort n'a pas étouffé les désirs de rébellion, comme il l'espérait, ma vie peut le faire. Je suis du sang de deux impératrices, il ne peut me dénier mon rang et même si cela équivaut à t'allier a un traitre malgré tout, penses tu que cela apaisera la colère qui gronde ?  Car si tel est le cas, c'est une alliance qu'il doit envisager. »


Je tâtonne, je ne suis pas au fait des entourloupes politiques, mais je connais la valeur de ma vie et de mon rang.

« Je renoncerais publiquement au trône. »
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Message Sujet: Re: Les tourments peuvent-ils s'éteindre ? | Liam   Jeu 2 Fév - 0:43

Je ne réponds rien, alors qu’elle s’inquiète de mon devenir, de… Oui, si je pouvais faire un bon mariage. Quelle importance, dans le contexte actuel ? J’ai beau avoir le double de son âge, Armandine être de la famille de notre bourreau, mage du Sang de surcroît… Cela ne rentre pas en ligne de compte. Rien ne devrait importer plus que la stabilité de Faërie, n’est-ce pas ? Et pourtant… J’entrevois la possibilité de me racheter de mes fautes passées en Chimène. Elle a toujours accordé son pardon bien trop facilement, et l’Impératrice déchue en est là, parce qu’elle a refusé de détruire celui qui l’a pourtant défié durant l’Ordalie de Diamant pour s’emparer de son trône. Parce qu’il était son frère, elle a permis à un traître d’avoir la vie sauve, et Gustave n’a peut-être fait que lui rendre la pareille. Pour la préserver ? Ou, au contraire, pour la plonger dans les mêmes tourments qu’il a connu ? Je ne sais quoi en penser, mais ce n’est pas le pardon de Chimène que j’attendais le plus, finalement… C’est uniquement le mien. Je veux avoir cette chance de me rattraper auprès d’elle, et ne plus jamais avoir à contempler le cadavre assassiné de l’un de mes proches.

J’ai fait mon choix, même s’il est risqué, même s’il sera difficile… Ne me restait plus qu’à savoir si elle était prête à braver ce danger avec moi, ou si elle n’aspirait plus qu’à l’oubli. Je comprends ses doutes, ses hésitations… Chimène n’a jamais eu bien confiance en elle, et s’est souvent reposée sur mon propre avis. Je ne l’aide pas, cette fois, à trancher dans un sens ou dans l’autre. Je nourris peut-être même davantage ce qui la tiraille, mais c’est important qu’elle fasse ce choix en son âme et conscience… Car il s’agit de sa propre vie, qui sera en jeu. J’en suis à craindre qu’elle accepte, qu’elle la remette entre mes mains, encore une fois.

L’émotion est palpable, et je serre doucement sa main dans la mienne, comme pour la rassurer, même si je ne saurais dire ce que nous réserve l’avenir… Je suis heureux d’être encore celui sur lequel elle se repose, sur lequel elle peut compter. Je ne compte pas la décevoir à nouveau.

« Tu pourras être… Toi. Personne ne te forcera à être quelqu’un d’autres, en Outrevent, et certainement pas moi. Tu as déjà beaucoup trop vécu d’atrocités, en une vie si courte, Chimène… »

Je passe une main légère sur sa joue, avec un sourire tendre et triste à la fois. Les choses ont tellement changé, depuis la première fois que nous avons échangé nos vœux… Mais nous voulons tous les deux croire que tout n’est pas perdu, que nous pouvons encore tout recommencer. Je renouvelle cette promesse que je lui ai faite par le passé, celle de parvenir à la rendre heureuse, et de la préserver des affres du pouvoir.

Elle tremble, dans ma prise, mais elle redresse les épaules fièrement, comme une Impératrice le ferait face aux épreuves qui dessinent devant elle. Ses paroles, pourtant, m’interpellent.

« Il aurait bravé les recommandations de l’Ordre… Pour t’épargner la vie ? » Je marque un silence, intrigué. « Il faudra que j’éclaircisse tout cela, mais si tu ne veux pas du trône… Il sera peut-être plus enclin à m’écouter, et à accorder le retour d’une princesse pour pacifier Faërie. Nous avons besoin d’être soudé, face à ce qui nous attend. » Voilà sur quoi il va me falloir baser mon argumentaire, sur le bon-vouloir de Gustave de la Rive… Et ce « peut-être » qui peut tout faire basculer. Je plisse les lèvres, mais la préserve de mes doutes, surtout qu’elle est déjà aux prises avec les siens. « Mon peuple t’acceptera, comme il l’a fait autrefois. Il t’acceptera, comme une princesse qu’on lui rend, comme une duchesse en devenir dont il a été privé, et si tu abdiques, leurs cœurs se résigneront, mais s’apaiseront. C’est ce que je tâcherais de lui faire comprendre, pour qu’il accepte ta réhabilitation. » J’hoche gravement la tête, en réponse. « Si tu renonces publiquement, alors tu ne représenteras plus un danger pour lui, mais une promesse d’avenir. Je pense que cela pourrait suffire, oui. Je l’espère, en tout cas. »

Je lui rends un sourire d’encouragement. Mon regard se rive au sien, où danse autant cette lueur d’inquiétude que de résolution. « Promets-moi d’être prudente, de ne rien tenter qui mettrait ta vie en danger, Chimène. Je vais faire tout ce qui est en mon pouvoir. J’irais parler en ton nom, auprès de Gustave de la Rive… Attends que je revienne vers toi, et reste en sécurité auprès de tes sœurs. Il faut que tu rentres, sans plus tarder. » Je passe une main sur sa chevelure de feu, dans un geste apaisant, lâchant dans un ultime murmure : « Il est temps de nous quitter, maintenant. »

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Message Sujet: Re: Les tourments peuvent-ils s'éteindre ? | Liam   Sam 11 Fév - 23:26


Chimène & Liam

Les tourments peuvent-ils s'éteindre ?




Etre moi. Juste moi et non l'ombre d'autres.  Je souris doucement, faiblement. En avais je seulement la force ? Étrangement, il m'apaise autant qu'il me plonge dans les affres des doutes. Ce mélange détestable mais qui me pousse sans cesse à m'interroger moi même. Il fut toujours ainsi, me poussant, me portant, une promesse qui ne fut jamais dite d'être là si je chutais. Et j'ai chu. Il m'offre un avenir, non serein, non facile, il m'offre une existence à nouveau, a ses cotés, avec lui, comme cela aurait dût être voilà deux années. Pour autant je n'ignore pas ce qui nous attend et je le devine prêt a m'en protéger, seulement...Dois je toujours être protégée ? Suis je donc si faible à ses yeux ? Sans aucun doute, par mon œuvre immature. Je ne peux lui en vouloir alors qu'il est depuis toujours le réceptacle de mes doutes et de mes peurs.

Mes paupières voilent à peine le gris de mes iris sous sa paume, apaisante caresse d'une douceur ineffable.

« Oui. Le pourquoi me reste étranger et je ne peux croire en ces mots. Ma vie fut sauve, certes, mais je reste en position délicate, une carte a abattre, par lui ou par Augustus. Un instrument qui, pour l'heure, n'a pas d'utilité véritable. »

Je n'énonce que la terrible vérité, même si elle m'est amère. Je dois prendre conscience de ce que je suis et en jouer, appuyer de mes maigres forces l'acte qu'il s'apprête a faire. Je ne sais si Gustave autorisera ce mariage, mais je ne le laisserais pas m'évincer plus longtemps. Je ne le peux plus, je le dois à cette âme qui me fait face. SI il croit en moi, je me dois de croire en lui. Pourtant je tremble, mes doigts le lui disent. Mon cœur se gonfle, de tendresse, d'espoir, d'amour pour lui qui sait si bien me rassurer. Je renoncerais a ce trône qui ne fut que malheur et sang pour moi. Une souffrance sur laquelle on règne, assise sur un lit de flammes empoisonnées.

« Outrevent a toujours été une terre que j'aime particulièrement, si Gustave accède a ta demande, je rendrais a cette terre autant qu'elle m'a donnée. »

A qui fais je cette promesse ? A moi ou a lui ? Cela n'a guère d'importance et je le sais. Je ne peux penser autrement ni faire moins que cela. Ce soir je prierais les dieux de me prêter une force qui me fit mainte fois défaut.

« Je ferais ce que tu me demande, j'ai exigé cette même promesse de toi, il n'est que justice que de le faire moi aussi. J'attendrais donc. »

Je ne veux pas le quitter. Je ne veux pas qu'il parte. J'ai peur, durant une terrible seconde, que mon univers ne se fissure de nouveau, qu'il disparaisse pour ne jamais revenir. Je m'inquiéterais. Je le sais. Celle ci rongera mon sang mais je lui souris, envahie d'une tristesse sans nom à la pensée de son départ proche. Trop proche. Le temps ne s'est pas suspendu pour me plaire.

« Oui, il est temps... »

Chaque mot m'arrache la gorge, mais il ne peut rester plus longtemps pour mon simple caprice, il a son combat à mener et je ne serais pas prêt de lui pour l'y aider. Je me penche et dépose un baiser au goût de sel sur sa joue, le sel des larmes que je m'interdis de laisser couler. Je refuse qu'il me quitte avec cette image au creux de la rétine. Puis mon regard accroche le sien, gris d'orage contre azur pur :

« Ne m'épouse pas par pitié Liam, ni parce que tu pense me devoir quelque chose, s'il te plait. Fais parce que tu le veux vraiment. »

Je ne voulais pas qu'il se sacrifie pour quelque chose d'aussi trivial. Je souris une ultime fois, y glissant la chaleur et le plaisir qu'a été cette rencontre improbable.

« Pars maintenant, Cassandre t'ouvrira le portail. Je vais prier les Dieux pour ta sauvegarde et ta sécurité. »

J'attends qu'il parte. Sur une ultime caresse, un ultime baiser, un ultime regard. Alors seulement je peux pleurer. De soulagement, de reconnaissance, de peur sans aucun doute. Le froid qu'il laisse derrière lui n'arrive pas a éteindre la chaleur dont sa présence m'a dotée. Je veux croire que je le reverrais bientôt. Je dois y croire.
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Message Sujet: Re: Les tourments peuvent-ils s'éteindre ? | Liam   Mar 21 Fév - 0:08

Tant de questions qui restent en suspens, et que je ne pourrais éclaircir qu’auprès de son frère honni. Je ne comprends pas plus ses raisons qu’elle, mais percer ce mystère m’aidera certainement à lui faire entendre raison. S’il a laissé Chimène en vie… N’est-ce pas pour une bonne raison ? Je pousse un profond soupir, alors qu’elle matérialise mes propres craintes. Une carte à abattre, un instrument dont on pourrait encore se servir… Oui, pour l’avoir déjà vu manipuler des vies à ses propres fins, voilà bien comment il doit la considérer, rien que comme une monnaie d’échange. Il l’a laissé partir au plus loin de lui, pourtant, plutôt que de l’enfermer dans des geôles obscures où personne ne pourrait mettre la main dessus. Pourquoi ? Il a bien moins d’emprises sur ses actes, à l’heure actuelle, et notre propre rencontre le prouve… J’hoche lentement la tête, vaguement soulagé, quand elle me certifie s’en remettre encore à mon jugement, et à la plus élémentaire des prudences. « Je cerne mal ses intentions, Chimène. Et te laisser en liberté… Il doit guetter tes prochaines actions. Nous pouvons craindre le pire. »

Je dois partir. Il le faut. Ça m’est plus pénible que jamais, de la laisser ainsi, sans certitudes de la revoir un jour… Mais que chaque seconde qui s’écoule de plus en ma présence ne fait que la mettre davantage en danger. J’aurais certainement cédé, si elle m’avait demandé de rester à ses côtés un peu plus longtemps… Mais elle est forte, bien plus qu’elle ne le pense. On a tenté de la briser, mais elle est encore prête à se battre. La voie que nous avons choisi d’emprunter ne sera pas la plus aisée, et elle me paraît si douce, pourtant, quand je sens ses lèvres tièdes sur ma joue. Elle refoule ses peurs, pour faire face avec dignité. Elle n’est plus mon Impératrice, non… Mais sera peut-être un jour ma Duchesse. Et en cet instant, je suis fier d’elle.

« Garde espoir, Chimène. Il n’est plus temps de reculer, maintenant. »

Son regard accroche le mien, et une ombre tourmentée le traverse, l’espace d’un instant. L’épouser, autrement que par devoir ? Que pour la préserver ? Je n’ai pas réfléchi aussi loin, lorsque je lui ai proposé sans détour. Je savais que c’est ce qui était à faire. Je ne lui réponds pas, alors que nous échangeons un dernier regard, que nos mains se lâchent… Et qu’il me faut me détourner d’elle. « Nous nous reverrons bientôt. » La porte se ferme, sur cette dernière promesse. J’aurais dû lui répondre… Lui dire que c’était faux. J’aurais dû lui dire bien plus. J’ai des sentiments pour elle. Mais… Lesquels ? Je ne saurais le dire moi-même, et cette entrevue me laisse un goût d’inachevé. Plus tard, j’y songerais. Je ne peux pas les laisser m’entraver l’esprit, pas alors que j’ai besoin de réunir tous mes esprits pour me concentrer sur ce qui importe vraiment…
La sauver, lui rendre sa vie.

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