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 Il est des sacrifices que l'on refuse de consentir

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Les Chevaucheurs
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Je suis : Chevaucheuse du dragon Mirage dans le Vol de Lagrance

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J'ai fait allégeance à : Au Duc de Lagrance, Denys du Lierre-Réal, et aux Chevaucheurs
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Message Sujet: Il est des sacrifices que l'on refuse de consentir   Mer 1 Fév - 23:34


Livre II, Chapitre 1 • Livre II, Chapitre 2 • La Fortune des Flots
Maelys Aigrépine & Tristan d'Amar

Il est des sacrifices que l'on refuse de consentir

Et d'autres que l'on se doit de faire par devoir



• Date : Le 30/01/1002
• Météo : Il fait nuit noire, quand Maelys parvient enfin à destination, la voûte étoilée les surplombant. La nuit est fraîche, presque glaciale, passée la frontière.
• Statut du RP : Fermé
• Résumé : Suite à sa mission en Erebor qui l'a conduite à récupérer le tamis permettant la création de Sable du Temps, Maelys revient la mort dans l'âme à la frontière entre Sombreciel et Lagrance, pour faire son rapport à son Capitaine, plus en retrait des combats. Sa réussite a, malheureusement, un goût bien amer.
• Recensement :
Code:
• [b]30/01/1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t1727-il-est-des-sacrifices-que-l-on-refuse-de-consentir]Il est des sacrifices que l'on refuse de consentir[/url] - [i]Maelys Aigrépine & Tristan d'Amar[/i]
Suite à sa mission en Erebor qui l'a conduite à récupérer le tamis permettant la création de Sable du Temps, Maelys revient la mort dans l'âme à la frontière entre Sombreciel et Lagrance, pour faire son rapport à son Capitaine, plus en retrait des combats. Sa réussite a, malheureusement, un goût bien amer.


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Message Sujet: Re: Il est des sacrifices que l'on refuse de consentir   Mer 1 Fév - 23:42

Mirage bat furieusement des ailes, pour échapper à cette tempête de sable surnaturelle, qui menace de nous engloutir. Je n’entends que son souffle laborieux par-dessus celui, si véhément, des éléments. Il n’est pas autant à son aise dans cette étendue désertique que son nom voudrait bien le laisser penser. Je me suis planquée contre lui, paupières closes, foulard et capuche rabattues sur mon visage, pour me préserver du sable qui me fouette et m’agresse. Le tamis est resté contre moi, bien à l’abri dans ma sacoche, plaqué contre ma poitrine comme le trésor inestimable qu’il est.

Je me permets tout juste de respirer, quand nous franchissons la barrière élémentaire, pour être immédiatement cueilli par des griffons agressifs mais désorientés. Mirage ne ralentit pas la cadence, et percute le premier de plein fouet, tandis que les deux Capitaines se chargent de leur faire un sort. Je me cramponne, et me tiens prête en cas d’ultime nécessité, mais mon intervention n’était pas nécessaire. Je me redresse sur ma selle, et embrasse l’horizon du regard. La chaleur n’est pas suffoquante, à de pareilles hauteurs, mais la vision en contrebas reste bien macabre. Mon regard s’attarde sur les ruines encore fumantes de Chaamar, où l’escadron des Chevaucheurs Ansemariens et Outreventois a commis un véritable massacre. Quelque part, les Capitaines n’ont-ils pas cherché à me suivre uniquement pour échapper à ce tableau sinistre qu’ils étaient contraint de dépeindre ? Parce qu’à quoi rime vraiment toutes ces tueries perpétrées par l’Ordre et ceux qui les suivent ? Je pensais que Gustave valait mieux que ça. Je crains de m’être trompée sur son compte, parce qu’il nous a conduit tout droit à la guerre, à la mort.

Je baisse les yeux sur ce tamis, qui est certainement la clef de voûte de leur plan macabre, et l’envie me prend de le rompre en deux, immédiatement. Maelys... Je m’extirpe de mes pensées et relève la tête, à cette pensée confuse que me renvoie Vesper. Il ne devait pas passer par Chaamar, pour se rendre à la fête d’Imbolc ? J’écarquille les yeux, et le souffle me manque, tandis que la lumière se fait dans mon esprit. Non... C’est impossible. Non. Tout, sauf ça ! Mirage, fais demi-tour ! Le dragon oriente son regard reptilien vers moi, quelque peu perplexe. « MAINTENANT ! » J’ai hurlé, sans même m’en rendre compte, à défier les éléments eux-mêmes.

L’Emeraude n’a pas cherché à discuter, ni même à prévenir les deux autres dragons de ce détour nullement prévu. L’urgence dans la voix de sa mage l’en a empêché, un peu plus, et elle aurait sauté par-dessus bord en espérant se rétablir à cette hauteur... Mais même les félins les plus doués se brisent les pattes, et ne retombent pas forcément dessus. Obsession me parle. Ignore-la. Braise nous dit qu’il n’y a pas de temps à perdre... Qu’ils continuent sans moi, je m’en moque totalement ! ... Et le tamis ? Rien à foutre ! Ni l’un ni l’autre n’est mon Capitaine ! Bien, je vais répondre à Braise en ces termes... Inutile de la convaincre, après tout, quand elle a une idée en tête. Et cette dernière pensée, si floue et lointaine, comme une véritable supplique, est encore un pire son à ses oreilles. A Chaamar, je t’en prie...

Je saute en bas de la selle, à peine ses griffes raclent-elles le sol. Je tremble de tout mon corps, tandis que je me mets à courir au hasard, dans la ville désertée et saccagée. Le feu a fait son office, et il m’est nécessaire d’opposer mon bras en rempart de ma bouche, malgré le foulard qui la recouvre déjà. Des particules volent dans l’air, comme une pluie incandescente, alors que la cendre s’est transformée en une neige noire. Oui, il neige, en Erebor. Il neige de la mort. Mes yeux pleurent d’eux-mêmes, et seul le vent répond à mes suppliques. Pas de roulottes, aucune caravane... Mais tout paraît détruit, réduit en cendres, alors comment pourrais-je le certifier ? Comment... Alors que mes yeux ne croisent que ceux de cadavres calcinés et noircis, figés dans une expression de terreur pure ? J’aperçois l’un d’eux, qui devait être un guerrier, à la stature puissante... Et dont la main dressée vers les cieux s’effondre en cendres nauséabondes quand je tente de la toucher. J’ai un cri de surprise, et étouffe un sanglot. Mes jambes se rompent sous mon propre poids.

Le vent emporte tout. Les cendres, la mort... Jusqu’à ces sanglots stériles qui me secouent entièrement, et me font suffoquer. Ma petite... Je l’entends arriver de loin, le fier dragon, qui s’avance de sa démarche claudicante jusqu’à ma hauteur. Ses naseaux soufflent un courant encore plus chaud, et à l’odeur de souffre, sur moi. Il balaie mes larmes, rabat ma capuche, mais ne chasse pas les doutes. Il n’était peut-être pas ici. Qu’en sais-tu, Mirage ? Rien, mais nous ne pouvons pas rester. C’est dangereux, les griffons vont revenir d’un moment à l’autre maintenant que les nôtres ont abandonné ces lieux à la désolation. Je ne peux pas partir maintenant... Pas sans en avoir le cœur net. Ma petite, il peut-être n’importe où. Ne sois pas stupide, pense à ta propre survie. Il est peut-être mort, Mirage ! MORT ! C’est la guerre. Je ne le voulais pas. Je ne l’ai jamais voulu... Je serre plus fort le tamis contre moi, comme un ultime espoir, celui d’un retour possible. Ce regard reptilien reste rivé sur moi, accusateur. Tu ne vas pas chercher à le briser. Non. C’était ton intention. Ca ne l’est plus, si on peut revenir en arrière, si seulement... C’est de la folie ! Je tremble, et affronte malgré tout son regard implacable, avec cette même résolution. C’en était déjà une, depuis le début. Nous le savions tous les deux.

Son grondement bas chatouille ma peau, mais il n’a pas le temps de me faire revenir à la raison... Non. Je le vois étirer son long cou vers les cieux, suspicieux. Ils sont déjà là. Je n’ai pas mon mot à dire, quand il m’attrape dans sa gueule pour me jeter sur son dos, et reprendre immédiatement son envol. L’idée m’effleure, durant un instant, de me couler à nouveau au sol et de le laisser repartir seul... Mais je ne peux pas le trahir, lui aussi. Je ne peux pas, alors qu’il a fait demi-tour pour moi, à braver le danger malgré ses blessures. Et il tournoie dans les cieux, ce Mirage, bien vite rattrapé par deux Ailiers, qui nous prennent en tenaille. Il donne un violent coup d’épaule sur la droite, pour casser leur formation, et se réfugie aussitôt dans les cavités rocheuses qui lui sont plus familières. Il ne cherche pas à les semer, non, seulement à les pousser à la faute... Et ils s’approchent, trop téméraires, confiants en leur supériorité à deux contre un, pour se faire cueillir par le feu qui ne peut rater sa cible, tandis que la roche le véhicule. Il donne un violent coup de griffe à l’un d’eux qui s’écrase dans un craquement sinistre pour réussir sa sortie... Et le Vert reprend bientôt son vol furieux, avec la ferme intention de les mettre tout deux en sécurité. Lui, le vénérable, blessé et à bout de souffle, et sur son dos la mage dans un état catatonique.

♦♦♦♦♦


Le voyage s’est passé dans un silence de mort. Ils n’ont finalement pas rejoint l’escadron des Chevaucheurs Outreventois et Ansemariens, qui auraient pourtant pu leur garantir une certaine sécurité. Le dragon a choisi seul le chemin à prendre, et a décidé de se fier uniquement à lui-même, misant sur la discrétion et le chemin qu’il avait précédemment emprunté pour venir, à l’écart des combats. Il a entendu ses excuses, alors qu’elle s’endormait contre son flan, et que lui veillait depuis les hauteurs. La montagne est son élément, et il est plus qu’aisé pour lui de s’y évanouir, contrairement à ce désert qui a cherché à les engloutir tout deux. Il est las, le dragon, subitement conscient des longues années écoulés, alors qu’il remarque à quel point l’affect à une prise aigüe sur sa compagne de voyage. Il a, depuis longtemps, rompu avec cette passion dévorante. Peut-il la blâmer, pourtant, alors que la perte l’effraie ? Certainement bien plus que la mort. Inconsciente, comme toujours.

Ils arrivent tout deux en piteux état, à la frontière entre Lagrance et Sombreciel. Le front a avancé entre temps, et il survole les terres calcinées de Vesper, déjà mille ans en arrière, quand il parvient à les retrouver. Une parole naît dans l’esprit de Ferveur, annonciatrice de leur retour, mais aussi de leur succès, même si la mage n’a pas encore arrêté sa décision. Il leur faut bien pareille nouvelle pour compenser ce refus catégorique d’obéir aux ordres, et de faire demi-tour au mépris du danger pour... Des cendres. Rien d’autres.

Il se pose, terrassé par la fatigue, conscient que ces longs voyages ne sont plus de son âge. L’entorse à sa patte le lance encore furieusement, et il a encore les marques de griffes, et même des crocs du Rubis, qui ont transpercé superficiellement ses écailles. Il la couve d’un regard bienveillant, cette petite, quand elle se glisse hors de la selle pour se porter à la rencontre de son Capitaine. Il dépose sa lourde tête au sol, ailes basses, secoué d’un puissant soupir. Là... Les choses sont entre ses mains, maintenant.

♦♦♦♦♦


J’ai ce regard éteint, même si mes pas me conduisent vers mon devoir. Je n’ai pas eu le temps de songer en chemin à ce qu’il conviendrait de faire, pour que ce tamis ne tombe pas entre de mauvaises mains. Toutes mes pensées étaient accaparées, à me demander s’il est en vie, à me demander ce que je ferais s’il ne l’était plus, et si je l’attendrais indéfiniment dans l’espoir fou qu’il le soit encore. Mirage est persuadé que je m’en remettrais, si c’était le cas, mais les récents événements sont encore trop vifs dans mon esprit pour que sa pensée de dragon centenaire ne suffise pour me rendre à la raison. Et Vesper, lui, s’est parfaitement tu. Il doit être à mon image, dans un état second, incapable d’aligner deux pensées cohérentes ou de réfléchir posément.

Je suis là, pourtant, à lui faire face. J’abaisse mon foulard et relève la tête pour croiser ce regard d’azur. Je reste à le regarder sans vraiment le voir, avec cette expression figée et lointaine. « Mon Capitaine... » Ma voix est enrouée, difficile. « Mission... Mission réussie. »

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Message Sujet: Re: Il est des sacrifices que l'on refuse de consentir   Mer 8 Fév - 1:06

Les volontés du Capitaine importaient peu, il le savait. Il l’avait toujours su. Il n’était pas Chevaucheur pour se contenter de laisser les choses venir, rester derrière son bureau à la Caserne, et envoyer ses Chevaucheurs risquer leur vie, sans y prendre part. Il n’avait jamais voulu la guerre, mais il avait malgré tout défendu son duché, contre les invasions des Cielsombrois, se battant avec acharnement. Les pertes humaines ont été maigres, en Lagrance, comparé à certains autres duchés. De cela, il est satisfait. Mais il est surtout épuisé, et tiraillé. Tiraillé par sa conscience, tiraillé par cette allégeance qui, il en est conscient, ne lui convient que peu. A-t-il le choix pour autant ? Peut-il laisser les mages du Sang être persécutés ? Les siens, bien qu’il n’ait pas cédé à l’attrait que cette nouveauté exerce sur lui ? Il fait preuve d’une force de caractère exemplaire, en résistant à sa curiosité, en ne succombant pas sans retour en arrière possible à ce pouvoir qu’il sait posséder. Il ne s’est, pour une fois, pas plongé dans la nouveauté, au détriment du reste. Un changement inattendu, railla Ferveur, peu enclin à laisser Tristan gouter à la magie du Sang, peu désireux de mettre fin au lien unique que les associe.

Il était rare que le dragon soit si… froid, envers lui. Le silence se fait pesant, alors que tous se retirent. Pas lui. Il attend sa Chevaucheuse, depuis plusieurs heures. Le Capitaine d’Outrevent l’a prévenu de son insubordination, et s’il en était coutumier, il aurait préféré qu’elle n’en fasse pas usage auprès d’autres supérieurs – bien qu’il ne s’agisse pas réellement du sien. Il tentait de cultiver cette colère, alors qu’il s’inquiétait, en réalité. Il s’inquiétait des silences de Mirage alors que Ferveur cherchait à entrer en contact, du départ soudain de Maelys, qui était certes impulsive mais avait à cœur de mener à bien ses tâches. Avait-elle renoncé ? Avait-elle été confrontée à des horreurs auxquelles elle ne pouvait faire ça ? Les longues minutes, les heures passées à l’attendre l’avait fait passer en revue toutes les questions qu’il pourrait avoir à lui poser. Jusqu’à savoir, enfin, qu’elle arrivait.

Il était fourbu, courbaturé, ses membres étaient endoloris, son fessier et son dos douloureux, mais il restait droit, presque figé, aux côtés du Saphir. Ferveur essayait, malgré leurs quelques désaccords, de l’apaiser, et de l’empêcher de se laisser entraîner par ses pensées, plus dissipées qu’à l’accoutumée. Plus que quelques instants. Elle semble indemne. Physiquement. Le dragon de Maelys lui avait-il confié des choses que Tristan ignorait ? Ferveur se jouait-il de lui ? Il était bien incapable de l’affirmer, et le soulagement sur son visage en voyant sa Chevaucheuse n’était pas feint. L’inquiétude et la suspicion non plus. Il devrait la réprimander, la questionner, mais il ne l’a jamais vue comme ça. Et aussi condamnables qu’ils aient pu être, aucun de ses gestes n’a été dépourvu de cause. Aucun d’entre eux n’a jamais été une simple impulsion, sans raisonnement derrière, même s’il laissait à désirer.

Il s’approche d’elle, l’éreintement visible dans tous ses gestes reflet de celui que ressent Tristan. Il y a autre chose, toutefois. Cette volonté de se battre, qui l’a convaincu de tout faire pour la garder dans son vol, cette étincelle propre à la jeune femme… Elle semble partie. Il fronce les sourcils, récupérant l’objet de sa mission, indifférent en l’instant. Il prend les choses trop à cœur, mais la santé de sa Chevaucheuse l’inquiète davantage encore. Les traits creusés, sa voix ravagée… Que s’est-il passé ? Le rapport de Lionel d’Outrevent a été succinct, bien trop succinct, pour qu’il sache. Et cette flamme qui lui semble éteinte ne lui dit rien qui vaille. Impulsivement, stupidement peut-être, malgré leur relation, il s’approche de sa Chevaucheuse, et la serre dans ses bras. Ils ont rarement échangé ainsi, physiquement. Elle en sait beaucoup sur lui, a, aussi surprenant que ce soit, toute sa confiance, mais ils ne sont pas tactiles. Il sent, il sait, pourtant, que c’est la chose à faire. Si elle le repousse… Elle ne s’en prendra qu’à elle-même. Et il ne recommencera pas.

« Que s’est-il passé ? Réellement. Pas ce qui n’importe pas. »

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Message Sujet: Re: Il est des sacrifices que l'on refuse de consentir   Lun 13 Fév - 21:18

Je reste le regard bas. Mes mains lâchent le tamis, auquel je m’étais pourtant fermement rattachée quand Lionel me l’a confié. Dans un geste désespéré, j’ai tenté de raffiner du sable sur le retour, mais sans aucune instruction, impossible de savoir s’il sera efficace. Je l’ai conservé dans une petite bourse, dans l’espoir fou que je pourrais m’en servir pour remonter le temps, pour tout recommencer… Pour le revoir, s’il était bel et bien mort, et réparer ma faute. Mirage m’a suffisamment traité d’inconsciente pour que je le garde précieusement de côté, sans plus songer à cette possibilité, pour le moment du moins.

J’attends les réprimandes qui ne sauront tarder. Je n’ose même pas relever la tête, pour affronter ce regard intransigeant qu’il doit darder sur moi. Je préfère attendre que l’instant passe. Je ne veux plus rien entendre. Je patiente, seulement le temps de connaître quelle punition il va me trouver pour me faire passer l’envie de faire un nouvel écart… En sachant pertinemment qu’il y en aura toujours un autre. Peut-être pas cette fois. Je pourrais acquiescer à tout, sans broncher. Tout, tant qu’il ne me demande pas de retourner dans ce désert maudit, de désolation calcinée.

Alors quand je sens ses bras se refermer autour de moi, je me crispe instinctivement, prise de stupeur par ce geste pourtant si simple… Mais que mon Capitaine ne m’a jamais témoigné. Nous ne sommes pas proches, non, même si je sais qu’il m’a fait assez confiance pour me parler de sa magie si controversée. Le souffle me manque. Cette tendresse soudaine me prend au dépourvu, et fait flancher mes dernières barrières. Des larmes silencieuses finissent par couler tout contre, alors que je tremble doucement dans sa prise. Le visage plaqué contre son torse, je me réfugie dans cette étreinte chaleureuse, étouffant un sanglot contre lui. J’agrippe son vêtement, d’une main fébrile, de crainte qu’il ne m’abandonne à cette froide solitude qui m’avait glacé les sangs.

Il me faut de longues minutes pour me calmer, pour m’apaiser suffisamment afin de prononcer quelques paroles intelligibles. Je me sens si fatiguée, si éprouvée… L’expliquer me paraît tout aussi insurmontable. « Il était à Chaamar… Juste pour l’Imbolc… » Pour une fête. Juste pour cette raison. Je sens ma gorge se serrer à nouveau, si bien que je peine à lâcher ces derniers mots : « J’ai peur… Je-Je sais pas s’il est encore en vie. Je sais pas si… » J’étouffe un nouveau sanglot, tandis que ma voix se brise. « C’était horrible là-bas ! Un vrai massacre... Il ne reste plus rien, plus qu’un champ de mort… »

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Message Sujet: Re: Il est des sacrifices que l'on refuse de consentir   Mer 15 Fév - 0:35

Il n’aurait jamais cru écarter ainsi son devoir, ses obligations de capitaine, mais en l’instant, qu’importe le tamis ? Qu’importe, son fonctionnement ou ce qui peut y être associé ? N’est-ce pas l’un de ses devoirs, que de se soucier du bien être de ses chevaucheurs ? Et la femme en face de lui est tout sauf bien. Il ne s’en soucie pas uniquement parce qu’elle fait partie de son vol, mais bien parce que malgré son inconscience, malgré ses actes qui laissent à désirer, il s’est attaché à elle, depuis bien longtemps. Il est secret et ne montre pas l’affection qu’il porte aux gens, elle a déjà vu, pourtant, cette confiance qu’il avait en elle. Elle ne l’a peut-être pas comprise, mais elle en a eu la preuve. Et c’est l’attachement, qui le fait agir, en cet instant, pas uniquement les tâches inhérentes à son statut.

Oui, malgré tous les reproches qu’il a pu lui faire, malgré les corvées qui ont été imposées à la chevaucheuse pour expier ses fautes, l’affection est bien présente, et ce n’est que par souci d’équité et de ne pas faire preuve de favoritisme, et peut-être pour mesurer ses élans, qu’il n’a pas fait un pas de plus en direction de la jeune femme. Il est troublé, pourtant, de la voir si bouleversée. Que s’est-il donc passé, pour qu’elle se retrouve ainsi, à deux doigts de perdre l’esprit ? Ou peut-être l’a-t-elle déjà perdu. C’est une chose incertaine, s’il en est.

Qu’importe, qu’il fasse preuve de favoritisme ? Chacun est occupé à panser ses blessures ou ses blessés, et seuls Ferveur et Mirage sont témoins de ce moment. Il ose croire qu’aucun d’entre eux ne les trahira. Ils sont une part de chacun d’entre eux, et il ne viendrait même pas à l’esprit de Tristan que l’un d’eux colportent des ragots sur leur relation – bien que Mirage soit purement imprévisible.

Il est surpris, malgré tout, lui aussi, de l’abandon dont elle fait preuve, de cette façon qu’elle a de s’agripper à lui, de ses larmes qui coulent soudainement, la secouant de sanglots et de tremblements. Il est peut-être maladroit, mais il raffermit son étreinte, touché par la détresse qu’il voit, désireux d’apaiser sa… crise. Il ne l’abandonnera pas, ni maintenant, ni plus tard. Il fronce les sourcils, en l’écoutant, malgré tout. Il ? Chamaar, en Erebor ? L’Imbolc ? Mais quel rapport avec sa mission ? Et comment peut-elle savoir cela ? Il sait qu’elle a faussé compagnie à ceux qui devaient encadrer sa mission, ainsi s’est-elle donc rendue là-bas ? Il ne peut retenir une grimace, qu’elle ne peut voir ainsi serrée dans ses bras, en l’entendant. Il savait les pertes inévitables, mais une dévastation au point d’affliger ainsi Maelys, qui est une des personnes les plus fortes qu’il connaisse… Il prend une voix douce, qui se veut apaisante.

« De qui parles-tu ? Il a pu se réfugier dans une des montagnes du duché, s’éloigner… Sais-tu comment avoir de ces nouvelles ? La dévastation peut dissimuler la vie, Maelys, ne te laisse pas abattre sans que tu saches… »

Il peinait à trouver les mots. Et il ne se sentait pas de lui demander un compte rendu, ou de simples comptes sur son écart de trajectoire. Il pourrait aisément la couvrir, justifier cela en disant qu’elle était trop épuisée et avait du recouvrer des forces à l’abri, mais il devait tirer cela au clair.

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Message Sujet: Re: Il est des sacrifices que l'on refuse de consentir   Dim 19 Fév - 22:47

Je mets du temps à me calmer, à retrouver mes esprits. Je suis même étonnée que Mirage reste si silencieux, lui qui ne supportait ni mes débordements, ni ma léthargie, durant le trajet du retour. Je sais qu’il n’a pas l’habitude de me voir ainsi, sans doute parce que je suis habituée à laisser des gens derrière moi... Mais quand j’agis ainsi, je suis persuadée qu’ils vont bien, que je ne leur manquerais pas, même si Mélodie m’a donné tort récemment mais... Ils sont en vie. Je n’ai pas ce sentiment accablant, qui me fait penser que, peut-être, il ne me sera plus jamais donné l’occasion de les revoir. Que ce feu qui m’a consumé d’une passion non contenue une semaine durant, va s’éteindre, et non se raviver. Qu’il ne reviendra peut-être jamais.

Je contiens difficilement de nouveaux sanglots, dans un son étouffé, à cette pensée qui me fait vaciller. La prise de Tristan est ferme. Mon Capitaine est là pour me soutenir, pour m’ancrer à cette réalité, pilier inébranlable de mon existence. Lointain, mais toujours présent. Et aujourd’hui encore, quand j’ai certainement le plus besoin de lui. Comment sait-il ? Je l’admire toujours autant, et bien plus encore, à découvrir cette facette de sa personnalité que j’ignorais encore. Je le savais travailleur acharné, protecteur vigilant et juste, esprit acéré, et séduisant bien entendu... Mais empathique, sensible même, non. Il le cache bien, derrière une froideur imposée par sa charge.

Il me questionne. Je bouge à peine dans sa prise, mais mes mains se referment jusqu’à en trembler sur son vêtement. Mes lèvres peinent à formuler ne serait-ce que son nom, de peur de matérialiser mes craintes les plus folles. « O-Octa... » Ma gorge se serre, dans un gémissement. Je secoue la tête négativement, contre son torse. J’aimerais avoir de ses nouvelles, mais seulement... « Avec la guerre... C’est impossible. Et les Outreparleurs... Ca prendrait des semaines, si seulement il va bien, s’il est en vie... » Ils sont en Faërie, ou à Lorgol. S’il peut faire le voyage... Le pourra-t-il ? Peut-être qu’il est blessé. Peut-être qu’il est perdu, dans ce désert immense, sous une pluie de plumes et de feu.

Je prends le temps de respirer calmement, pour ne pas céder encore une fois à la panique. Je me raccroche aux paroles réconfortants de mon Capitaine, comme un espoir tenu. « Désolée... Je devais m’assurer qu’il n’était pas là, quelque part. Je ne voulais pas repartir sans... » C’est moi qui l’ai ramenée. Les griffons ont investi la place, mais il ne restait plus rien. Cela en valait-il vraiment la peine ? Mon dragon. Je me détache légèrement de Tristan, pour essuyer le sillage de mes larmes d’un revers de manche, et mieux le regarder. Il parle du massacre perpétré, de la récupération de ce tamis... Que nous aurions dû détruire. Je n’ai pas eu la force. Je le sais. Je n’en connais pas encore les conséquences, et m’en fiche éperdument. Je ne devrais certainement pas, mais... Tu ne réfléchis pas clairement, ma petite. Calme-toi. Je le fusille du regard, et le referme sur mon Capitaine. Je profite, encore un instant, de cette douce étreinte volée, avant de m’y soustraire. C’est un sourire pâle que je lui rends, mais qui manifeste toute ma gratitude à son égard. « Je ne voulais pas vous importuner, mon... Capitaine. Vous voulez... Que je m'occupe de toutes les armes de l'arsenal ? »

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Message Sujet: Re: Il est des sacrifices que l'on refuse de consentir   Mer 22 Fév - 21:18

Il attendit patiemment, sa chevaucheuse dans ses bras, qu’elle s’apaise, qu’elle retrouve le calme qu’elle devrait avoir. Il est impassible, alors qu’elle serre son uniforme, s’y accroche comme une naufragée au bout de bois qui lui permet de flotter et de ne pas se noyer. Il ne pourrait nier être surpris, de sa réaction, pas de sa vivacité, mais de la forme qu’elle prend. Il l’a rarement vue aussi démunie, aussi désemparée. Même quand elle a failli brûler vif avec les vivenefs brisées, elle n’avait pas été elle-même brisée comme il la voyait en l’instant. Et s’il tentait de le dissimuler, il s’inquiétait. Il s’efforçait de ne pas montrer son attachement à ses chevaucheurs, mais c’était plus fort que lui. Surtout concernant l’élément dissident auquel il s’était plus attaché qu’aux autres.

Il fronça les sourcils, en l’entendant murmurer quelques syllabes, visiblement incomplètes sans être sûr de comprendre. Mais Octa quelque chose… ? Elle ne doit pas en connaître un nombre infini, il ne doit pas en exister un nombre infini, mais qu’avait-elle à voir avec le champion du tournoi de Bellifère ? Il savait qu’il l’avait sauvé de l’éboulis durant le tournoi, justement, mais quel rapport avec Chamaar ? Avec l’Imbolc ? Et surtout, pourquoi est-elle allée le secourir ? Se croyait-elle redevable, du fait qu’il l’ait sauvée ? Et s’il était là-bas, alors… Se battait-il contre les Chevaucheurs ? Sa contrariété et sa perplexité s’étaient accentuées, mais il gardait le silence, malgré tout.

Il ne savait pas réellement quoi dire, en réalité. Les choses lui échappaient, et leur ampleur aussi, et la cause de cette panique pure que Maelys exprimait aussi. Il n’était pas rare qu’il soit perplexe, mais bien plus qu’il n’ait aucune idée de ce dont on lui parlait, ou de l’étendue de la chose, ou des tenants et aboutissants. Elle était malgré tout bien trop affectée pour avoir des propos cohérents, semblait-il.

Et elle le lui confirma, en parlant de s’occuper des armes de l’arsenal. Hallucinait-il ? Quelqu’un l’aurait-il droguée ? Elle désemparait totalement son Capitaine, chose assez rare. « Tu ne m’importunes pas, mais si tu m’expliquais les choses, avant d’en évoquer d’autres, sans queue ni tête ? Élucidons d’abord ce mystère, et nous passerons aux… armes ? après. »

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Message Sujet: Re: Il est des sacrifices que l'on refuse de consentir   Sam 25 Fév - 0:08

Je suis ébranlée, mais subitement gênée aussi. Je me mords la lèvre, et mon regard se fait subitement plus fuyant. Je repasse, encore et encore, la manche de ma veste de Chevaucheuse sur mes joues, pour m’assurer qu’elles sont à nouveau bien sèches… Même si je ne peux rien faire contre cette mine déconfite et ses yeux rougis. Je ne voulais pas me montrer sous ce jour devant mon Capitaine. Tristan. Je ne m’attendais simplement pas à ce qu’il… Pourquoi me rassurer, me prendre dans ses bras ? Je m’attendais à déclencher son ire. Il n’a jamais eu de pareils gestes envers moi auparavant, et cela a suffi à faire céder ces barrières chancelantes que j’avais érigées ces derniers jours, durant ce voyage de retour interminable. Il aura suffi d’un souffle... Pour que la vérité éclate.

Je lui ai livrée, sans détour, avec un profond sentiment de délivrance... Je ne pensais pas que d’en parler me ferait autant de bien, à cœur ouvert, sans les reproches voilés de Mirage, même si une incompréhension similaire se lit dans ce regard si humain. Je peine d’autant plus à lui rendre, et enserre farouchement mes bras contre ma poitrine, comme pour tenter de tout conserver à l’intérieur. Ma gorge est encore nouée, une tempête chaotique couvant sous mon crâne. Je n’arrive pas à l’ordonner, et seulement en effleurer la surface embue à nouveau mes yeux. Tout est encore trop frais, trop récent, dans mon esprit. Je frissonne, en repensant à cette main tendue, de désespoir, et calcinée par les flammes.

« Ils sont nombreux, les innocents, à avoir péri là-bas. Je ne comprends pas cet ordre, je ne comprends pas... » Je prends une lente inspiration, à fermer les yeux. « Rien ne nous avait préparé à cela, à... La guerre. Peut-on l’être vraiment, préparé ? Personne ne l’a connu. Personne ne pensait... Qu’elle reviendrait. Je pensais... Je pensais vraiment que tout irait mieux, avec Gustave de Faërie à notre tête. Il avait la poigne suffisante pour... Alors pourquoi ? Pourquoi on en est là ? » Je les rouvre sur lui, envolée cette passion, transformée en quelque chose... D’autres. Ce n’est pourtant pas la première fois qu’il me faut combattre, qu’il me faut prendre des vies. Je n’ai jamais reculé devant rien auparavant, mais jamais... Non jamais on ne m’avait touché en plein cœur de la sorte, pas depuis Messaïon lui-même. « Je me bats, mon Capitaine. Je me bats... Mais ce combat n’a aucun sens, pour moi. Il en a encore moins, s’il fauche ceux qui sont chers à mon cœur, alors même qu’ils ne levaient pas les armes contre mon Duché, ma patrie. Ce devait être... Une fête. Juste, une fête. » Pas ce théâtre sanglant. Je ne devrais peut-être pas lui exprimer mes doutes aussi clairement. Je crains qu’il ne remette en question ma place, et me relègue finalement au nettoyage de chaque arme de l’arsenal pour les mois à venir, m’empêchant d’agir pour de bon.

Je n’ose croiser ce regard clair, de peur d’y lire quelque chose qui ne me plairait pas. Alors je fouille, dans les méandres de mon esprit, non pas dans ces souvenirs macabres ou dans ceux plus tendres et si lointains... Mais auprès de Vesper, dont la présence est si diffuse que notre lien me paraît rompu. Je le sens, encore, mais mon Familier reste hermétique à mes sollicitations, ce qui ne me plonge que plus profondément encore dans cette solitude, dans ces abysses dévorantes. Lui aurait pu me comprendre, contrairement au dragon centenaire, et c’est peut-être bien pour cette raison qu’il est plongé dans cet état catatonique.

Je baisse le regard, quand l’incompréhension ne laissent finalement place plus qu’à cette infinie tristesse, cette résignation macabre. Ma voix ne se résume bientôt plus qu’à un murmure incertain.

« Il devait nous rejoindre, en Lagrance, dès que sa mission d’escorte de la Caravane serait achevée... Ce n’était l’affaire que de quelques semaines, et nous aurions été réunis. Si seulement... »

Je voudrais remonter le temps, avant même que cette guerre n’éclate.
Je voudrais pouvoir tout changer.

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Message Sujet: Re: Il est des sacrifices que l'on refuse de consentir   Ven 3 Mar - 16:25

Elle s’est dégagée, la fière Chevaucheuse, essayant de retrouver contenance tant bien que mal. Comment l’en blâmer, alors que leurs statuts respectifs devraient faire qu’elle ne cède pas ainsi à ses émotions devant lui ? Il ne ressent aucune colère, pourtant, presque pas de gêne, seulement de l’incompréhension. Qu’est-ce qui a bien pu causer une telle panique, une telle peur, chez elle, pour qu’elle se laisse aller à être si démonstrative ? Elle n’avait jamais été mesurée, il l’avait compris dès ses premières semaines dans son vol, mais il ne l’avait jamais vue aussi affligée pour autant. Et son incompréhension n’en est que croissante, même s’il a agi impulsivement, en la prenant dans ses bras – supprimant sans préavis la distance que son capitaine aurait dû avoir, celle qu’il aurait dû observer en toutes circonstances.

« Parce que des gens autres que nous ont jugé bon de priver de liberté quelques personnes. Que d’autres ont décidé de prendre les choses en main, pour réparer cette injustice – peut-être indispensable ou salutaire à l’époque, mais dévastatrice maintenant. Ce n’est pas une solution mais c’est la seule qui s’est imposée à ceux qui nous dirigent… Et nombreux sont les innocents qu’ils ont fait périr de leur main, nous ne pouvons pas reculer parce que nos proches risquent d’être blessés. Les tiens ne sont-ils pas sains et saufs, à Lorgol ? »

Il ne lui connaissait pas de proches en Sombreciel – pas réellement de proches, de manière générale, pour ce qu’il en savait – et elle avait évoqué Octavius, ou du moins le pensait-il, mais cela ne servait qu’à l’embrouiller encore plus. Il la laissait parler, pourtant, fronçant les sourcils. Ne réalisait-elle pas qu’elle fauchait la vie de gens chers aux cœurs de bien d’autres ? Et que ses paroles pouvaient être prises pour de la trahison ? Il s’apprête à le lui demander, avant de se rétracter. Pas tout de suite, pas alors que face à lui ne se trouve qu’un visage vide, dépourvu de toute émotion, comme si elle n’était pas réellement là.

« Tu ne devrais pas juger des choses sans savoir. Nous avons des outreparleurs, la guerre n’érige pas des frontières contre eux. Ils pourront, eux, te rassurer sur tes craintes, les faire s’évaporer. Tu ne peux que supposer, tant que tu ne vérifies pas. Nous pouvons aller en rejoindre, en solliciter un, qui te rassurera. »

Et ils pourront parler du reste, après. Plus tard.

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Message Sujet: Re: Il est des sacrifices que l'on refuse de consentir   Lun 6 Mar - 12:06

Tu te laisses guider par tes émotions, ma petite. Tu en as déjà trop dit. Méfie-toi. Même s’il t’apparaît sympathique, il pourrait retourner tes paroles contre toi, et t’assimiler aux déserteurs. J’entends la réprimande de Mirage, qui arrive pourtant assez tardivement. J’ai l’impression qu’il n’a eu de cesse d’en formuler, tout le long de notre voyage de retour… J’espérais inconsciemment qu’il en avait terminé avec ça. C’était peut-être trop lui demander. Je retiens ce soupir las qui me vient naturellement, et retrouve un peu de ma réserve. Je me sens constamment à fleur de peau, mais je ne veux pas non plus tout perdre, bêtement. Il reste un espoir, auquel je dois me raccrocher.

J’hoche lentement la tête, en signe d’assentiment, avec ce même regard vide qui revient me hanter. Je n’ai même pas la force de lui répondre, et m’en garde bien pour une fois. Mon Capitaine n’apprécierait que peu les remarques que j’ai à formuler sur les mages du Sang, alors que lui-même en fait désormais partie. Je réponds, d’un ton froid : « Ma famille ne m’importe pas. » Je ne sais même pas où est parti mon frère. En Ibélène, il paraît. Il aurait pu rester tranquillement à Lorgol, comme tout le monde. C’est encore l’endroit le plus sûr… Mais lui non plus, n’écoute personne. « Vous n’avez aucun ami, en Ibélène ? » C’est une question peut-être un peu trop personnelle, et l’attaque portée en retour est faible, dérisoire. On avait l’habitude de croiser, et lier, avec des personnes de tout horizon à Lorgol. Si mon Capitaine a toujours vécu en Lagrance, et ne l’a quitté que le temps de ses études, je ne suis pas certaine que ce soit le cas. Et pourtant… J’espérais qu’il puisse me comprendre. Tout ce qu’il essaie de me dire, c’est que nous n’avons plus le choix. C’est vrai, quelque part. J’ai accompli ma mission comme un parfait petit soldat, sans même plus me poser de questions. Je commence à devenir comme eux, moi aussi, à tuer encore et encore sans plus même savoir pourquoi. Défendre Lagrance ? Défendre l’Empereur ? Et quelle importance, de défendre des terres, s’ils disparaissent à leur tour ? « Ceux qui me sont chers sont déjà sur le front. » Je parle bien de lui, ou de Thomas. Le comprendra-t-il ? Peut-être pas. Cette raison est peut-être la seule suffisante, finalement, et la perspective de jours meilleurs. Il reste encore quelque chose à sauver, oui.

Je me renfrogne, quand les réprimandes de mon Capitaine font écho à celles de Mirage. Il est redevenu fidèle à lui-même, si bien que j’ai cru rêver l’instant précédent. Je m’attends à ce qu’il me congédie, et me demande d’oublier pour me remettre au travail, comme si c’était possible, et même évident… Mais il me surprend, à me proposer une alternative. Je le détaille d’un air circonspect, alors qu’il mentionne la présence des Outreparleurs. Nous en avons bien un, sur chaque front, qui assure le relais des informations entre les différents escadrons de Chevaucheurs. J’y ai pensé, mais lui demander d’échanger avec un guerrier d’Ibélène ? Je redoute autant les nouvelles qu’il peut m’apporter, peu empressée de réduire cet espoir à néant, tout autant que le jugement de mes pairs si je m’en vais quérir ses services pour quelqu’un qu’ils jugeraient bien vite comme un ennemi. « C’est… C’est délicat. » Et si seulement il voulait bien s’en charger, me répondre. Si seulement il parvenait à le trouver… Je secoue négativement la tête, mes émotions menaçant à nouveau de me submerger. Je les étouffe aussitôt, au profit de cette morne indifférence qui me plaît bien davantage. « Excusez-moi. Je n’aurais pas dû vous en parler. Je ne cherchais pas à… Compromettre la mission. » Je prends une lente inspiration, pour m’inciter au calme, avant de revenir à son regard d’azur, face aux abysses profonds des miens. « Je suis à vos ordres, mon Capitaine. »

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Message Sujet: Re: Il est des sacrifices que l'on refuse de consentir   Jeu 9 Mar - 21:57

Il fronce les sourcils, à l’entendre si vindicative, et répliquer presque si véhément. Il était vrai qu’elle ne parlait jamais de sa famille, mais Tristan ne pensait pas qu’elle puisse y être indifférente. L’était-elle réellement ? Et qui était-il pour juger de cela ? Ne haïssait-il pas lui-même sa propre famille, après tout ? Et il ne pouvait se permettre de s’immiscer dans la vie de sa Chevaucheuse, bien qu’elle ait ouvert une brèche dans cette réserve qu’il observait – brèche existant depuis longtemps, s’il devait réellement y réfléchir et l’admettre. N’avait-il pas laissé Maelys entrer plus que de raison, dans sa vie, en lui confiant la magie qui sommeillait en lui ? Soupirant, il la dévisagea, hésitant à la questionner. Non, pas alors qu’elle lui avait répondu ainsi. Et pas alors qu’elle le questionnait à son tour.

« Quelques uns. » Auxquels il n’avait absolument pas pensé, avant l’instant présent. Mais ils devaient être sains et saufs… Et pouvait-il encore les qualifier d’amis ? Il s’en inquièterait plus tard. Peut-être. « Je ne peux me laisser guider par l’inquiétude, Maelys. Et ne prends pas ça pour un reproche, ça n’est pas le cas. Mais vos vies à tous sont ma responsabilité, le comprends-tu ? Chaque perte est ma perte, ma faute. Je suis celui qui doit veiller à ce que vous viviez, malgré ce devoir qui est le vôtre de vous battre. Alors les personnes dont je dois me soucier, et celles qui me sont chères, sont sur le front aussi. Cela ne veut pas dire que je ne me soucie pas d’eux, ou ne pense pas à eux, mais je dois faire abstraction. Je sais que tu peines à comprendre cela, mais il en est ainsi, voilà tout. »

Il doutait qu’elle puisse comprendre, mais il ne disait que la vérité. Qu’importe ce qu’elle en pense, qu’importe qu’elle considère cela comme de l’insensibilité, ou quoi que ce soit. Il ne savait pas réellement ce qu’elle penserait de tout cela mais lui était sincère, parfaitement sincère. « En ce cas, s’ils sont à tes côtés, tu peux veiller sur eux, n’est-ce pas ? Aussi difficile soit-il de combattre ces gens, défendre ceux que tu aimes, et qui sont eux aussi soumis aux mêmes difficultés que toi, n’est-ce pas suffisant ? »

Il s’interrompt, un bref instant, avant de replonger ses yeux dans ceux de sa chevaucheuse. « Y a-t-il des gens qui te sont chers, dans les lignes opposées, Maelys ? » Il doit le lui demander. Il doit savoir. Quitte à l’envoyer auprès d’inconnus, s’il le peut. Il doit après tout les assigner à une zone de combat.

« Ce n’était pas ma question, et je ne t’accusais pas d’avoir compromis la mission. Tu as ramené ce que tu étais partie chercher, n’est-ce pas ? On peut considérer cela comme l’essentiel. Mais c’est à toi de décider ce qu’il convient de faire, concernant Octavius. Qui est-il, pour toi ? »

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Message Sujet: Re: Il est des sacrifices que l'on refuse de consentir   Sam 11 Mar - 11:24

Je ne m’attendais pas à ce qu’il me réponde, ou en tout cas, pas positivement. Ainsi, mon Capitaine avait quelques amis en Ibélène... Mais ce trouble passager à leur évocation s’estompe bien vite pour revenir à cette résolution froide. Il n’est pas Capitaine pour rien, capable de faire abstraction comme nul autre, et pourtant... Ne venait-il pas de faire une entorse à la règle avec moi, à l’instant ?

J’hoche gravement la tête. Oui, je comprends. S’il se laisse guider par ses sentiments, c’est nous-mêmes qu’il met en danger. J’ai la chance de n’avoir personne sous ma responsabilité, mais si c’était le cas... Certainement que je réagirais différemment. C’est Mirage seul qui parvient à me détourner de ma trajectoire, précisément parce que je sais que notre survie dépend étroitement de l’autre. « Je le comprends, oui. Mirage veille sur moi, et je veille sur lui en retour. » Mais mon devoir n’est pas de me battre, non, mais de défendre ma patrie. Lagrance... Seulement, son visage n’est plus celui qu’il paraissait. J’entrevois mieux sa face cachée qu’aux premiers jours de mon arrivée dans le duché fleuri, et elle est loin de me plaire. Quelle ironie. J’ai l’impression de me retrouver à défendre involontairement ceux que j’ai ardemment combattu sur cette île perdue. Mais en dehors des mages du Sang, il y a aussi Cassie, Thomas... Celui qui me fait face, malgré son masque d’impassibilité, qui se fissure bien vite, et mon duc, dont la bienveillance étrange me taraude encore. N’importe quel autre vol ou autre duché m’aurait déjà expulsé, peu désireux de conserver un élément incontrôlable dans leur rang.

Ils sont encore en vie, eux. Certains des Chevaucheurs Lagrans n’ont pas cette chance, et je m’en viens à me demander si ceux-là lui étaient chers aussi, si le poids de leur mort ne pèse pas sur ses épaules. « Fut un temps où être Capitaine de Vol était mon rêve le plus cher... » Je relève la tête, pour le fixer un temps, avec ce sourire las. « Mais vous avez raison, je serais bien incapable de regarder mes proches, ou ceux qui sont sous ma responsabilité, mourir pour cette cause, sans me perdre moi-même. » Peut-être s’est-il déjà perdu, lui, depuis longtemps. Peut-être que tout est si enfoui, qu’il ne se permet plus de ressentir. Je me sens presque plus triste pour lui, subitement. J’avale ma salive, difficilement.

« Je vous admire, mon Capitaine. »

Je baisse le regard. Je ne sais pas pourquoi je viens de lui dire une chose pareille, dans un moment pareil, mais... « Je veillerais sur Mirage, sur Thomas, et sur vous. » Oui, ces trois personnes qui me sont chères, qui se battent sur ce front. Eux, je peux les protéger. N’est-ce pas suffisant ? Je ne réponds pas à cette question. Je me le demande souvent. Les autres Chevaucheurs avaient peut-être raison de douter de moi. Je ne saurais plus dire à qui mon attachement irait en priorité... S’il est avant tout à Lagrance. Je n’en suis plus certaine.

Pourtant, je ne veux pas qu’il m’assimile aux déserteurs. Sa question me surprend, et me jette dans une profonde perplexité. Des personnes qui me sont chères, dans les lignes ennemies ? « Je... » Je songe aux Champions, à ce Tournoi qui devait tous nous réunir, par-delà l’adversité et les différences... Et à cette chute, brutale. J’ai failli tuer Mayeul et rendre Octavius incapable de marcher. Est-ce que je serais capable de le reproduire, sans la subjugation pour guider mes actes ? « Non. Je ne connais aucun cielsombrois. »

Je suis prête à lui assurer à nouveau que me battrais pour lui, pour eux... Mais mon Capitaine est bien trop indulgent. Il ne semble pas me tenir rigueur de mon détour par Chaamar, avec la précieuse relique en main. S’il savait que j’avais projeté de la briser... Mais d’un seul nom, il me rappelle pourquoi je me suis ravisée. Je le regarde à nouveau, incertaine, et bien incapable de mettre des mots sur ce qu’Octavius peut représenter pour moi. Rien que de songer à nouveau à lui me plonge dans le plus profond des désarrois.

Cette force tranquille et inébranlable... Contre laquelle j’ai écrasé mon poing la première fois que je l’ai vu. Je me souviens de ses sourires goguenards, qui me donnaient envie de le frapper à nouveau, quitte à me faire encore mal... De ce rayon de nuit, qui a assuré mon salut, quand je pensais rendre mon dernier souffle sous cet amas de pierre. Cette fragilité, si bien dissimulée. Ces blessures innombrables, qu’il porte comme son fardeau. Cette silhouette immense, puissante et pourtant si rassurante. Son regard bleu, dardé sur moi. Sa spontanéité, si désarmante. Sa voix, son odeur... Ces nuits à se perdre, se retrouver. Ses hésitations et son assurance. Je me souviens de tout, si nettement. Un frisson me parcourt l’échine. J’ai l’impression qu’il est encore là, quelque part. Je n’ai pas senti mes yeux s’embuer à nouveau, mais cet espoir tenu retient les larmes de couler à nouveau. Pas encore, non. Que je les garde, si j’apprends qu’il est mort, que tout cela ne sera plus qu’un souvenir qui ne vivra qu’à travers moi. Que je les garde, si j’apprends qu’il est en vie, pour célébrer nos retrouvailles.

« Je crois que... » Cet accent tremblant dans ma voix, quand mon regard revient au sien. « Que je l’aime, mon Capitaine. »

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Message Sujet: Re: Il est des sacrifices que l'on refuse de consentir   Dim 12 Mar - 19:40

Comprenait-elle réellement ? Le lien d’un chevaucheur avec un dragon était probablement le plus fort qu’il expérimenterait jamais, du point de vue de Tristan, du moins, alors peut-être bien était-ce le cas. Mais il ne devait pas veiller sur Ferveur comme il veillait sur eux – si Ferveur mourait, s’il en était séparé, il était persuadé que ce serait son cas aussi. Comment pourrait-il survivre sans cet être qui lui était si cher, dont il était si proche, et qui partageait sa vie depuis des années, bien plus intimement que qui que ce soit d’autre ? Il ne l’imaginait pas. S’il perdait un de ses Chevaucheurs… ce serait bien différent. Douloureux, assurément, et il serait envahi par la culpabilité, mais si Ferveur venait à lui être arraché, il perdrait un bout de son âme, un bout de ce qui faisait qu’il était celui qu’il était.

Il laissa échapper un rire amer, bien malgré lui, à la confession de Maelys sur son rêve passé… L’avait-il donc tant écœurée d’occuper cette position ? Il aurait en temps normal contenu cette réaction inopportune, qu’elle n’avait pas réellement à voir, mais il était las. Las suite aux combats qui avaient perduré, las à l’idée de chercher à savoir les pertes des gens de son Vol, las à l’idée de devoir être confronté aux inconvénients du poste qu’il occupait. Il ne l’aurait abandonné pour rien au monde. Lui aussi, pourtant, avait abandonné les rêves qu’il avait : finie, cette volonté d’être Maréchal de Flammes. Il était satisfait de ses fonctions, et n’aurait pas voulu être contraint davantage encore. Son ambition n’était pas éteinte, mais elle s’était reportée ailleurs que sur cette éminente fonction.

« Ce que je fais n’est pas admirable, Maelys. Loin de là. Tu as été à la Cour, pour apprendre, tu dois pouvoir déceler la réalité derrière ce que tu juges admirable. Je ferais tout ce qu’il faut pour vous protéger, pour protéger les miens, et tout n’est pas admirable. Bien loin de l’être. Mais j’apprécie ta fidélité, et sache que je suis honoré de ta fidélité – ce ne sont pas des paroles creuses, ni un moyen de mettre fin à cette conversation. Quoi qu’il ait pu se passer, quoi qu’aient pu dire les autres, tu es une recrue de valeur pour le Vol de Lagrance, Maelys. Malgré l’impulsivité due à ta jeunesse, à ta fougue. Et j’apprécie que tu veuilles veiller sur tes pairs. »

Il savait qu’elle n’avait cité que quelques uns d’entre eux, mais il ne doutait pas qu’elle veillerait aussi sur les autres, s’ils étaient à ses côtés et qu’elle pouvait les sauver. « Mais ne te mets pas en danger pour moi. Rappelle toi que je suis ton Capitaine, et que cela m’incombe, que de te protéger. Pas l’inverse. » Il parlait d’une voix moins nette, surpris et touché par sa confession, même s’il essayait de lui imposer ce qu’il disait : aussi touché qu’il soit, elle ne pouvait se mettre en danger pour lui. La réciproque n’était pas vraie, cependant. Il les protégerait, la protégerait elle, coute que coute.

Il hoche la tête, alors qu’elle lui affirme n’avoir pas de connaissances suffisamment proches pour l’empêcher de se battre comme il convient de le faire – très bien. Pourvu que ce soit la réalité, qu’elle ne mente pas, concernant cela. Il a toléré bien des choses, mais il ne pourra pas tolérer qu’elle n’affronte pas avec toutes ses forces leurs adversaires – ou qu’elle déserte. Il est loin de la penser capable de tourner le dos à ses responsabilités, ou à ceux à qui elle tient, mais il serait idiot de ne pas s’en assurer. Peut-être devrait-il la faire combattre systématiquement aux côtés de Thomas. Elle ne l’abandonnerait pas, n’est-ce pas ?

Il écarquilla malgré lui les yeux, se départant de sa réserver, en entendant la jeune femme. S’il était plus prompt à lui confier des choses qu’à bien des autres, il n’aurait jamais cru qu’elle lui ferait une telle confession. Pas plus qu’il n’aurait cru qu’une jeune femme comme elle pourrait lui dire cela un jour : si impétueuse, si vive, s’attacher à quelqu’un ? L’aimer ? Il toussa de gêne, légèrement, incapable de savoir quoi répondre. En eut-il été coutumier, qu’il aurait sûrement rougi. Il attendit quelques instants, pour reprendre ses esprits.

« Alors va de ce pas solliciter un outreparleur. Dans quel état crois-tu que l’incertitude va te mettre ? Je t’accompagne. Mais ne laisse pas l’ignorance gouverner. »

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Message Sujet: Re: Il est des sacrifices que l'on refuse de consentir   Dim 12 Mar - 22:26

« Vous croyez qu’admirable rime avec honorifique ou chevaleresque ? Nous ne sommes pas en Outrevent. » Je le fixe longuement, sans détailler davantage le fond de ma pensée. C’est vexant, de voir à quel point il pense que mes mots ne sont pas réfléchis. C’est vexant, oui, parce que ce n’était pas si évident à dire, et qu’on ne me reprendra pas à lui parler à cœur ouvert. Je pensais qu’après ce que nous avions vécu, ce qu’il m’avait lui-même confié... Mais cela ne doit rien représenter à ses yeux. Mon Capitaine a toujours été quelqu’un de protecteur et de dévoué, à l’excès. Je suis mieux placée que quiconque pour le savoir, même si ses choix ne sont pas toujours les plus judicieux... J’aurais du mal à l’en blâmer. Et la réalité, c’est qu’il se pare de tant de masques que je me demande s’il la saisit encore lui-même. Alors ses paroles me paraissent ensuite vides de sens, à relever ma fidélité. Ce que je viens de lui confier n’avait rien à voir avec un quelconque serment d’allégeance... J’hoche lentement la tête, en signe d’assentiment. Je crois qu’il serait inutile d’épiloguer à ce sujet, nous serions incapable de nous comprendre. « Hm, hm. » Pourquoi avais-je toujours l’impression d’être une enfant pour lui, même maintenant ? « Je n’ai pas besoin que l’on me protège. Mon Capitaine... Vous donnez les ordres, mais vous n’avez aucun devoir de protection envers nous. Je ne suis pas naïve, mon Capitaine. Ce raid, sur Chaamar... Il n’y avait rien là-bas qui justifie un assaut éclair. Nous sommes des pièces sacrifiables, et je ne ferais pas l’erreur de l’oublier. » Aucun point stratégique, si ce n’est la chute de l’étoile qui nous fallait atteindre pour récupérer cet artefact... Et les troupes se sont aussitôt retirées d’Erebor. Je peine moi-même à comprendre comment tous ces éléments s’imbriquent, et dire que certains sont morts en croyant savoir pourquoi ils se battaient... J’avais au moins quelque chose de tangible sur quoi mettre la main.

Je me sens étrangère à tout ce qui se trame, car mon esprit est ailleurs, il n’est pas tout entier dévoué à la sauvegarde de ces terres... Et cette simple interrogation que laisse filtrer mon Capitaine me permet de mettre des mots sur ce trouble qui altère mon jugement, comme me le signale si souvent Mirage. Peut-être le grand dragon l’avait-il même compris avant moi, parce qu’il s’est détourné, comme résigné, pour se préoccuper de ses propres blessures.

Il est étrange de voir mon Capitaine l’instant d’après aussi surpris, puis gêné. En d’autres circonstances, je n’aurais pas manqué de le relever, mais ses paroles me font lâcher un souffle désabusé. L’incertitude... ? « Dans l’état dans lequel je suis arrivée. » Et je n’apprécie que peu cet état second, presque léthargique, mais toujours plus que de me sentir autant sur la brèche rien qu’à le mentionner. Mirage s’en gardait bien, parce que ces émotions tempétueuses menacent systématiquement d’ébranler toutes mes barrières. C’est trop, tout simplement... Trop. Ne pas avoir d’attache m’a toujours permis d’éviter de me noyer dans cette déraison, et mon dragon avait toujours constituer la seule exception... Parce que ne je ne risquais pas de le perdre. Nous sommes étroitement liés, et il est aussi puissant que malin, presque invincible à mes yeux. Sauf que... Octavius est plus fort que ça, lui aussi. Il est capable de survivre à tout. Je veux le croire.

Je cille, une lueur d’incompréhension dans le regard, parce qu’il insiste alors que je lui disais que ça risquait d’être délicat. « ... M’accompagner ? C’est un guerrier ibéen, mon Capitaine. Il n’a jamais fréquenté de lagrans avant moi, ou pas à ma connaissance. Il faudrait me rendre à Lorgol, pour espérer pouvoir le contacter, en espérant mettre la main sur un Outreparleur qui ferait le relais pour la Guilde des Guerriers, mais... » Je marque un silence, le regard subitement dans le vide. « Je suppose que vous allez me dire que ce sera impossible, dans l’immédiat. » Les combats vont s’intensifier. Et maintenant que les troupes d’Ansemer et d’Outrevent se sont retirées d’Erebor, nous pouvons craindre que les Voltigeurs passent la frontière et nous fassent subir davantage de pression sur le front Sud. J’ai un sourire las, en réponse. « Merci pour votre sollicitude. » Je me résigne, car s’il fait preuve d’une rare compassion, il ne le ferait pas au détriment de notre devoir. Le sien, à mener les troupes. Le mien, à combattre plutôt que de régler une affaire personnelle... Sauf s’il croit que je ne suis plus en mesure de le faire. Je m’en voudrais, qu’il croit ne plus pouvoir me faire confiance, mais aussi de laisser Thomas en arrière au plus fort des affrontements. Je ne veux pas craindre de perdre quelqu’un d’autre, simplement pour mettre fin à mes tourments. « Je peux me battre. Comptez sur moi, mon Capitaine. »

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Message Sujet: Re: Il est des sacrifices que l'on refuse de consentir   Jeu 16 Mar - 22:54

Croyait-elle réellement que c’était là ce qu’il voulait dire ? Il en était loin, mais il y avait un gouffre entre commettre des actes répréhensibles, ou obtenir ce que l’on désirait par la guerre et la violence, et être admirable – que l’on puisse l’être en n’étant pas honorifique ou chevaleresque, certes, mais ce n’était pas là son propos, et elle ne le comprenait pas. Peu importait, il n’allait pas la reprendre, elle n’aurait sûrement pas partagé son point de vue, de toute façon.

Il esquissa un léger sourire, à l’entendre protester concernant la protection qu’il lui étendait. Ça n’était pas la question, là non plus. « Que tu en aies besoin ou non, et j’en suis le juge définitif, n’est pas la question. Il convient que je le fasse – c’est mon devoir, en tant que Capitaine, mais aussi ce que je désire faire. Et tu n’es pas réceptrice des confidences des décisionnaires. Peut-être était-ce plus nécessaire que tu ne le crois, pour Chaamar. »

Il aurait pu dire davantage, mais il était lui-même bien loin de savoir ce qu’il en était, d’autant plus qu’il n’avait encore eu aucun rapport à ce sujet – ce n’était pas ses chevaucheurs, qui étaient présents en Erebor, et il ne savait pas réellement ce qu’il s’était passé. Surement l’apprendrait-il prochainement, mais il se gardait de tout jugement hâtif. Et espérait que Maelys en ferait de même, ou éviterait d’ébruiter ce qu’elle pensait. Il n’était pas certain de son implication à son poste, et elle lui donnait de plus en plus de raison d’en douter, au fur et à mesure qu’elle parlait. Même s’il souhaitait en faire abstraction, cela allait s’avérer difficile. Mais il pouvait dévier le sujet, pour le moment.

« Celui-ci, ou pire. Si tu dois t’éloigner un temps, tu seras consignée à la caserne. À faire des tâches qui te déplairont sûrement, mais qui te permettront de recouvrer tes esprits. Non pas parce que j'estime que tu ne serais pas efficace, je n'en ferai rien si tu n'en exprimes pas le souhait. Si tu le fais, ce sera selon ta volonté. Et pour un temps limité. »

Ce n’était pas une menace, encore moins une punition : si elle ne pouvait retourner au combat sous peine d’y perdre toute santé mentale, il vaudrait mieux qu’elle s’en abstienne. C’était une décision qu’elle devait prendre seule, mais elle en avait le choix. Même si elle ne pourrait s’éloigner du front si longtemps : aucun chevaucheur n’était superflu, dans les combats présents et à venir. Le capitaine fronça les sourcils, en l’entendant. Évidemment…

« Ne peuvent-ils pas contacter la Guilde à Lorgol ? Leur demander de faire le relai ? Je ne peux t'y accompagner, je ne peux me permettre de m'absenter autant. Tu le peux, mais il me faut ta parole que tu reviendras promptement... Ou qu'un mage de soin te déclare inapte. Réellement. » Il avait beau ne pas savoir ce qui l'avait motivée à s'absenter par moment, il n'était pas dupe. Et elle avait durement été éprouvée, au tournoi, ce pourquoi il n'avait pas insisté.

« Ce n'est pas de la sollicitude, Maelys. Pas si tu considères par là que je te prends en pitié. Je suis concerné et tiens à toi, je ne souhaite pas que tu t'enfonces dans le mal-être. »

Il la confronta du regard, à son affirmation. Il voulait être sur de ce qu'elle affirmait, mais il avait besoin de savoir qu'elle en était elle-même convaincue, de le voir.

« En es-tu certaine ? »

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Message Sujet: Re: Il est des sacrifices que l'on refuse de consentir   Ven 17 Mar - 12:02

Bien sûr. Je ne pouvais pas remettre sa parole en doute, puisque les hautes instances ne jugeaient pas utiles de nous communiquer les objectifs de ces missions. Je me demande comment ils comptaient garder le moral des troupes en agissant ainsi… Mais je ne fais pas l’affront de le demander à mon Capitaine, qui me fait bien comprendre que je suis proche de dépasser les limites de l’acceptable. Il ne s’énerve jamais, non, mais je ne suis pas certaine qu’il me pardonnera tout.

« Et vous comptez vous sacrifier pour sauver tous vos Chevaucheurs ? Ça risque d’être compliqué. Et qui dirigera ensuite, si vous n’êtes plus en état de le faire ? Vous risqueriez une débâcle. » Pourquoi ne peut-il pas cesser d’agir ainsi ? Il doit pouvoir comprendre qu’il est là pour fédérer les Chevaucheurs autour de lui, les organiser… C’est encore la meilleure façon de les garder en vie, plutôt que de se jeter dans la mêlée pour en extirper un ou deux, au mépris de sa propre sécurité. S’il tombe, il en entraînera forcément à sa suite. Je ne veux pas qu’il se sacrifie encore, comme il a dû le faire quand j’étais aux prises avec ces Vivenefs aliénées. Le prix à payer était déjà assez élevé, et il n’a pas l’air de comprendre que je peux m’occuper de moi maintenant. Il s’en est passé des choses depuis… Et je suis toujours là.

Il me propose une échappatoire à cette guerre qui fait rage, au moins un temps, certainement pour s’assurer que je reste motivée et impliquée au front par la suite. J’apprécie néanmoins l’offre, même si mon choix est fait. Je ne peux pas quitter le front maintenant, pas alors qu’il va s’intensifier, et que tous les Chevaucheurs disponibles seront nécessaires pour contenir une éventuelle contre-attaque. Et peut-être aussi que… Je pourrais m’occuper l’esprit avec tous ces préparatifs, ces combats à venir. Je n’ai plus envie de penser. « Je ne peux pas me permettre de vous abandonner aussi longtemps, mon Capitaine. Pas maintenant. Je reste. »

J’ai un pâle sourire, quand il me propose de feinter auprès d’un mage-guérisseur pour quitter le front de manière prolongée. J’aurais songé à le faire par moi-même, mais c’est étrange d’entendre cette idée dans la bouche de celui même qui devrait vous réprimander si vous agissiez de la sorte. Peut-être n’était-il pas dupe non plus, et avait déjà compris que je m’étais servie de cette excuse quand mes doigts étaient en soins intensifs. J’ai vraiment du mal à le comprendre, parce que sous ses dehors froids, on dirait qu’il lâche des bribes d’attention même sans s’en rendre compte. Il tient à moi… ? Je veux dire, vraiment à moi, ou juste à ses Chevaucheurs en général ? Je serais tentée de lui poser la question, même si c’est déplacé, mais son regard m’arrête. « J’en suis certaine, oui. » Je ne vais pas bien, non. Mais dans l’immédiat, ce n’est pas ce qui est le plus important. Je ne veux pas risquer d’en perdre encore un. Je ne suis pas certaine de pouvoir le supporter. Je me tiens droite, le menton relevé. « Je dois m’occuper des blessures de mon dragon, mon Capitaine. Puis-je vous remettre mon rapport ensuite ? »

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Message Sujet: Re: Il est des sacrifices que l'on refuse de consentir   Jeu 6 Avr - 17:14

Un sourire prit place sur ses lèvres, alors qu’elle lui reprochait ses actes, et sa conception des choses. N’était-ce pas à lui de faire la leçon à la jeune Chevaucheuse, concernant ses actes souvent irréfléchis, pourtant ? Elle ne l’avait pas connu plus jeune, quand il prenait des risques inconsidérés par soif de la connaissance, par envie d’en savoir toujours plus, au détriment de son sommeil ou de sa santé, même, par moment. Il agissait toujours ainsi, il savait cependant mieux le dissimuler – et estimer quand le moment se présentait, de s’infliger un repos forcé, quoi que grandement désagréable pour lui. Il était obstiné, et il y avait peu de chances qu’elle parvienne à le convaincre d’agir autrement.

« Nul n’est irremplaçable, Maelys. Et je n’ai pas parlé de sacrifice, mais de veiller sur vous, et d’être à vos côtés pour vous guider au mieux, afin que nul n’ait à faire de sacrifice, justement. Mais si cela doit être le cas, alors oui, je le ferai. »

Elle devait le savoir mieux que quiconque, étant donné celui qui avait été le sien, sur l’île abritant les Vivenefs brisées, dévastées. Il n’avait pas réellement saisi l’ampleur de ce cimetière, à l’époque, ne le comprenait pas encore réellement, mais l’horreur que c’était le frappait d’effroi. Pourrait-il agir, pour éviter que cela n’existe à nouveau ? Pouvait-il préserver les mages qui partageaient avec lui ce don honni par beaucoup, de supporter un tel calvaire ? Peut-être. Mais le moment d’y penser n’était pas encore venu.

Il recentra ses esprits sur Maelys, et sur ses paroles. « Très bien. Mais sache que tu ne dois être une entrave ni pour toi, ni pour les autres Chevaucheurs du Vol. Votre survie est importante, et si tu sens que tu ne peux te concentrer sans savoir, alors tu devras te retirer. Pour un temps. Que cela te plaise ou non. » Elle n’apprécierait probablement pas ses paroles, mais il était de son devoir de l’en informer, et de lui affirmer qu’il ne l’autoriserait pas à voler, si son comportement compromettait leur victoire dans cette guerre – ou causait des pertes qui auraient pu être évitées. Même s’il estimait qu’elle avait assez de bon sens pour ne pas que ce soit le cas. Il l’espérait, de plus.

« Très bien. Tu sauras où me trouver, quand tu auras veillé à la santé de Mirage. Passe voir nos Chevaucheurs guérisseurs, aussi. »

Ce n’était, cette fois, pas un conseil mais un ordre.

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Message Sujet: Re: Il est des sacrifices que l'on refuse de consentir   Sam 8 Avr - 23:02

Qu’il était buté, lui aussi ! Il joue sur les mots, en plus. Je lui rends une moue contrariée, sans vraiment commenter. Je sais très bien comment la situation pouvait rapidement dégénérer. Il avait été corrompu par cette magie impie, en voulant veiller sur moi, précipitée dans les flammes. Il ne lui viendrait pas à l’esprit d’arrêter d’en faire trop ? Il avait peut-être peur de me laisser faire, après tout.

Ca se comprendrait.
Je t’ai rien demandé, toi.


Ca se faisait, de répondre à son Capitaine ? Je pousse un soupir retentissant. Je l’écoute, tandis qu’il me fait un peu la leçon, à hocher lentement de la tête. Je préférais quand il me prenait dans ses bras, plutôt que d’utiliser ce ton docte du parfait Capitaine, à vrai dire... Je crois que j’en avais simplement eu besoin, même si j’aurais préféré ne pas me mettre encore à pleurer. C’était plus fort que moi. Il m’avait bien trop prise au dépourvu, et la situation faisait que... J’avais tout foiré. Je ne voulais pas que ça se reproduise encore. « Compris, mon Capitaine. » Je veillerais sur Thomas, et il en fera de même. Nous avions cet équilibre, au moins. Savoir ne m’aiderait pas... Espérer, oui.

J’ai une grimace contrite quand il exige de moi que j’aille voir les guérisseurs au passage. Je rentrais encore de mission dans un état passablement lamentable, mais indemne ou presque. Mirage et moi avions échappé belle à plusieurs reprises, entre les éboulements, et les créatures des profondeurs et les Voltigeurs...

Et cette grosse Braise, ne l’oublie pas.
J’arrive.
Je te préfère dans cet état-là, ma petite.


Je me détourne de mon Capitaine, le saluant comme il se doit, avant de repartir au pas de course pour rejoindre mon dragon. Oui... Moi aussi, à vrai dire. Je refusais d’avoir à pleurer la perte d’un proche. C’était encore trop tôt.

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