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 Le mal de mère

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Je suis : Apprentie voleuse du Charme, sous la tutelle de Mélusine de Sylvamir

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Message Sujet: Le mal de mère   Ven 14 Avr - 23:17


Livre II, Chapitre 3 • La Roue Brisée
Agathe Martel & Lou-Ann Jedidiah

Le mal de mère

Ou comment fouiller à loisir les effets de la canonnière



• Date : 9 mars 1001
• Météo : Il fait froid! C’est l’horreur! Ce n’est pas comme ça en Bellifère, non, madame!
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Grâce de Sombregemme avait cédé devant les mots de son aînée. Pour leur permettre une vie de liberté, une vie loin de ce que les traditions réservaient d’ordinaire aux jeunes filles, elle était venue les dérober à leur père et les escorter en sûreté à Euphoria. Comble de l’ironie, la cadette ne sortait pas de la cabine de la canonnière, lors du voyage, cloîtrée et prisonnière de sa propre timidité. Heureusement, la toute jeune Lou-Ann a décidé de rencontrer l’animal curieux qu’est la blondinette de Bellifère.
• Recensement :
Code:
• [b]Mettre la date ici :[/b]9 mars 1001 [url=http://arven.forumactif.org/t2014-le-mal-de-mere]Le mal de mère[/url] - [i]Agathe Martel & Lou-Ann Jedidiah[/i]
Grâce de Sombregemme avait cédé devant les mots de son aînée. Pour leur permettre une vie de liberté, une vie loin de ce que les traditions réservaient d’ordinaire aux jeunes filles, elle était venue les dérober à leur père et les escorter en sûreté à Euphoria. Comble de l’ironie, la cadette ne sortait pas de la cabine de la canonnière, lors du voyage, cloîtrée et prisonnière de sa propre timidité. Heureusement, la toute jeune Lou-Ann a décidé de rencontrer l’animal curieux qu’est la blondinette de Bellifère.



Dernière édition par Agathe Martel le Dim 16 Avr - 19:20, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Le mal de mère   Ven 14 Avr - 23:22

Elle ne pensait pas que cela lui arriverait un jour, la petite Agathe, mais la choquante vérité était là : les araignées gigantesques de Bellifère lui manquaient. À chaque fois que le bateau tanguait, elle s’accrochait à ce qu’elle pouvait, tétanisée au fond de la cabine qu’on lui avait cédée. À force de s'agripper ici et là, elle s’en usait les ongles et fatiguait ses muscles tendus. Aubrée s’était vite familiarisée à cette vie nouvelle, cette vie sans terre, sans frères, sans limite, au contraire d’Agathe qui avait refusé net d’ouvrir les lèvres devant ces étrangers inquiétants -des pirates! Sa soeur avait même su adapter sa démarche pour ne plus être gênée du perpétuel mouvement de l’Audacia sur l’onde, alors qu’elle n’arrivait pas à faire deux pas sans être convaincue que le monde allait s’arrêter, que la mer -ou était-ce un océan?- allait s’ouvrir sous le navire et l’engloutir toute entière.

L’aînée avait laissé la plus jeune dans la sécurité de la cabine pour bourlinguer sur le pont et se mêler à la faune bien particulière de l’Audacia, tout le jour durant. Qu’allait donc faire Agathe de tout ce temps libre? La première journée fut la pire, pour la toute jeune. La peur était si grande, si monstrueuse, si vorace que la blondinette s’était réfugiée tout contre le coffre massif de vêtements de la canonnière, jusqu’à ce que son aînée revienne le soir venu. En larmes, elle s’était jetée dans les bras de sa soeur, seule personne connue de sa vie d’avant. Ce n’est qu’au troisième jour qu’Agathe se risqua à investiguer réellement la cabine. Si elle était confinée ici, entourée de faquins et de gueux, aussi bien prendre ses aises dans la petite chambre. Jusqu’à présent, aucun homme n’avait osé franchir la porte. Ni aucune femme d’ailleurs. C’est ainsi qu’Agathe Martel rencontra les culottes d’Ilse Tonnevent.

Après avoir fait un inventaire sommaire des vêtements bien particuliers et tendancieux de la canonnière, après avoir reniflé et grimacé devant les nombreuses bouteilles, après avoir joué avec la reine blanche et la tour noire de son jeu d’échec, avoir perdu ladite reine derrière le coffre de vêtements beaucoup trop légers et définitivement pas assez bruns, après l’avoir retrouvée ainsi qu’une broche fort jolie, Agathe s’ennuyait ferme. La canonnière était visiblement bien plus sage et normale qu’elle ne l’avait imaginée, et aucun ragot ne pouvait être tiré de ce qu’elle avait déniché dans ses maigres effets personnels. Peut-être étaient-ils raisonnables, ces gens, en dépit de leur profession discutable? Et ça riait, là, dehors. Ça sifflotait. Ça avait charmé Aubrée suffisamment pour qu’elle l’oublie, elle, la petite soeur terrorisée.

Résignée, le coeur battant, les lèvres tremblantes et la tête étourdie de sa propre audace, Agathe s’approcha dangereusement de la porte. Une main sur la poignée, elle tendait l’oreille, toute prête à se réfugier sous la couette si des pas trop lourds, des pas d’homme, étaient en approche. Rien. Pas même une vague pour la faire vaciller, indice ultime du Destin afin qu’elle ne quitte pas la cabine. Lentement, la Belliférienne ouvrit la porte, centimètre par centimètre, comme si brusquer sa sortie éveillerait le barbarisme latent de l’équipage.

Ce sont deux yeux céruléens qui sondèrent le dehors. La gamine, cachée par la porte, ne laissait que quelques filaments dorés et le bout de son museau apparaître dans l’embrasure, méfiante comme l’un de ces chiens de prairies parsemant les contrées qui l’avaient vu naître. Personne ne semblait l’avoir remarquée ni ne se souciait d’elle, de ce qu’elle voyait. Un pas, puis un deuxième, et Agathe se drapa de son châle ocre comme ultime protection. La fraîcheur nouvelle lui fit picoter les yeux et même si le froid pinçait sa peau et s’insinuait par ses manches pourtant serrées, Agathe ne renonça pas. Pas tout de suite. Enfin, si, peut-être, lorsqu’une silhouette fine et énergique se dirigea droit vers elle. Agathe releva le minois, toute prête à décamper vers la cabine, quelques mètres derrière elle, mais s’arrêta dans son élan.
Une jeune… Comme elle! Rouquine.

Plutôt que de détaler complètement, la blondinette se permit un simple pas de retrait pour annoncer ses couleurs : celles de la méfiance, de la prudence, de la peur, et surtout de la curiosité. Ils avaient une relève drôlement jeune, quand même, les pirates! Les yeux écarquillés, le teint déjà pâle par la fraîcheur de l'air et l'apparition d'une autre enfant, elle se surprit à la questionner.

- Mais… T'es qui? Et qu’est-ce que tu fais ici?

Ils ne faisaient tout de même pas dans l’enlèvement d’enfants, si?
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Le Pavillon Noir
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Message Sujet: Re: Le mal de mère   Lun 17 Avr - 23:44

Elle l'avait bien vu monter en compagnie de sa sœur qui bien plus téméraire qu'elle se mêlait parmi les pirates. Mais contrairement à sa sœur, la petite blondinette elle ne l'avait guère revue. Elle s'en amusait même hélant son aînée en lui demandant si sa cadette ne serait pas un animal de la nuit à ne sortir que quand les sombres lumières de l'astre de jour s'étaient éteintes. L'ainée des Jedidiah tentait jour après jour de percevoir ce que la cabine dissimulait, elle savait qu'elle se trouvait calfeutrée à l'abri d'eux les pirates... c'est sûr on ne mélange pas les torchons et les serviettes mais son refus de se mêler à sa famille s'apparentait limite à du dégoût... beurk... moi ne pas me mêler aux pirates ils sont pas de la même nature que je ne suis.

Elle commençait limite à se dire si elle n'était pas un peu trop précieuse. A peu de choses près voilà qu'elle lui faisait penser à sa propre sœur, celle qui avait rejoint l'école de magie. Piraterie voilà qui est un avenir certain. Elle ne pouvait pas lui en vouloir à sa cadette, on ne pouvait pas être parfait dans tout. Arsène lui malgré tout cherchait à apprendre à manier le sabre, chose que Lena refusait scrupuleusement et les entraînements qu'elle lui prodiguait étaient bien à l'abri du regard de sa cadette il ne manquerait plus qu'elle lui fasse une crise de jalousie.

Fichtre assez parlé de sa famille ; quand les sœurs Martel avaient rejoint l'Audacia suite au sauvetage de Grâce, Lou-Ann avait de suite pensé à la sienne. Ressemblance frappante tant niveau caractère que dans la manière d'être. A la différence près que aucune des deux sœurs n'était visiblement pirate pourtant l'aînée avait une sacrée aisance sur les planches du pont du navire ; qui sait peut être que le petit séjour au sein de la piraterie créerait une vocation ?

Lou-Ann virevoltait sur les planches guettant les allers et venues de Aubrée ; ce n'était pas le moment qu'elle tombe à l'eau non plus ; trop d'assurance n'était jamais bon ; elle irait pas non plus lui porter secours peut être une moquerie mal venue avant d'appeler les autres pour qu'ils lui portent assistance et encore ? Quand bien même eut il fallu qu'elle voit la scène arriver et qu'elle veuille bien signaler l'accident. Fichtre pirate comment de sombres pensées pouvaient s'emparer du cerveau de Lou-Ann ; jalousie manifeste de voir une telle aisance sur le pont alors qu'elle n'est même pas issue de la piraterie ? Peut être après tout...

Qu'importe, Lou-Ann aujourd'hui avait une toute autre cible ; bien déterminée à franchir cette porte et à découvrir la personne qui se dissimulait dans la cabine elle poursuivit son chemin. Personne dans les parages pour lui faire abandonner sa quête et sa curiosité irrépressible, tout allait pour le mieux... pour le moment. Ce qu'elle ne s'attendait pas c'est de voir que la porte de la cabine était déjà ouverte et quelques mètres plus loin une blondinette hagarde comme scotchée, hébétée... elle aurait pu éclater de rire d'une telle attitude ; on aurait presque dit qu'elle découvrait le monde vu sa réaction.

Naturellement, Lou-Ann se rapprocha la contournant se trouva brusquement devant elle... un instant la jeune pirate crut même que la jeune Martel allait courir se réfugier dans la cabine mais elle faisait front devant elle et un seul pas en arrière sembla suffire pour qu'elle retrouve un aplomb. Souriante, Lou s'adossa à une caisse juste posée là et lui dit « hé beh on d'rait bien qu'ta daigné sortir d'ton terrier jeun'dame » se rapprochant d'elle et l'examinant « t'mas pas l'air d'une pirate toi mais celle qu'est montée avec toi » désignant du menton une autre blonde qui s'en donnait à cœur joie sur le pont « elle a ça dans l'jambes, on dirait ».

Contournant la jeune fille et l'examinant sous toutes les coutures elle lui dit « mouais vu ton 'coutrement c'est même sur t'nas rien d'une p'rate »... finissant sa phrase elle s'assit sur la caisse prenant ses genoux dans ses mains et conclua « j'me présente Lou-Ann digne fille du captain du navire sur lequel tu as tes ptits pieds, mousse de mon état ».

Un clin d'oeil à l'égard de la jeune fille, fallait bien qu'elle se détende un peu quand même, à peu de chose près elles devaient avoir le même âge les deux...
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Message Sujet: Re: Le mal de mère   Dim 4 Juin - 13:59

Pour parler, elle parlait, la dénommée Lou-Ann! Pendant un moment, sous son débit incessant, Agathe cru qu’elle parlait une langue étrangère, une langue d’ailleurs. Puis elle comprit que la rouquine articulait simplement comme une charretière et avait un discours des plus colorés. Elle prit quelques longues secondes pour réfléchir à ce que la rouquine venait de lui dire; rassembler les syllabes, leur donner un sens, puis fronça enfin les sourcils en dégageant l’essentiel de ses propos.

- Mais je suis pas pirate.

Sourcils froncés, elle regarda brièvement sa jolie robe brune sous son châle crocheté de laine marron. Ça devait pourtant bien se voir qu’elle ne l’était pas, au-delà de ce qu’elle avait ou non dans les jambes. La comparaison à sa soeur la rendait sceptique. D'où Aubrée pouvait être douée dans quelque chose d’aussi incroyable que pouvait l’être le métier de pirate? Elle n’eut pas le loisir d’approfondir sa pensée, car le bateau tangua très légèrement, ce qui laissa vraisemblablement l’enfant pirate de glace, alors qu’elle devait tituber de quelques pas incertains et nerveux. La blondinette s’agrippa encore plus fermement à son châle, comme si ce dernier pouvait l’aider à s’ancrer sur le pont de la Vivenef et ne plus jamais perdre pied. Dépitée, elle regarda la nonchalance de la rouquine qui se posait sur la caisse avec toute la désinvolture du monde. Elle était chez-elle, ici, ça se ressentait.

- J'me présente Lou-Ann digne fille du captain du navire sur lequel tu as tes ptits pieds, mousse de mon état!

Quoi?!... Non seulement ils laissent les femmes guerroyer, batailler et jurer comme un chef de chantier, mais ils laissaient également les petites filles jouer aux brigands des mers?! La stupeur devait se lire, sur le minois de la Belliférienne; il aurait été impossible de dissimuler entièrement son expression, tant son trouble était grand.

- Mais…

Il y avait tant de chose à dire, à soulever, à argumenter, à rouspéter, à souligner le non-sens, à s’indigner qu’Agathe ne savait pas même par où commencer. Et si elle se blessait? Si elle mourrait là, la bouche ouverte, dans une attaque contre de braves gens? Si elle tombait à l’eau et se noyait? Quel homme voudrait d’une épouse aussi peu respectable? Et surtout, surtout, comment viendrait-on l’enlever si elle passait le plus clair de son temps sur la prison flottante qu’était ce bateau?

- ...Je m’appelle Agathe. Tu tues des gens, alors…?

Elle s’efforçait d’avoir l’air naturel et à l’aise, comme lorsqu’on parlait de la chaleur accablante, en été, à Brumecor, alors que son corps, son visage, ses manies et son teint criaient l’inverse. Pâlichonne, elle auscultait la rapace des flots avec appréhension. Mais surprise : Agathe ne reculait pas! Ce n’était pas par bravoure, mais plutôt par refus d’y croire et un brin par curiosité, aussi. Pouvait-on réellement être si monstrueux en étant si jeune et si roux?

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Message Sujet: Re: Le mal de mère   Dim 4 Juin - 21:37

Lou-Ann continuait d'observer la jeune fille la dévisageant, telle une bête curieuse. C'était pas tous les jours que l'on embarquait des personnes qui n'avaient rien à voir avec la piraterie sur l'Audacia. D'ailleurs, l'inconnue venait tout bonnement de lui confirmer le fait qu'elle n'était pas de ce genre de personnes. À juger de par son ton, elle reculait même des 4 fers à l'idée d'être pirate. Pourquoi avoir honte ? Il n'y a pas d'autre meilleure condition non ? Lou-Ann a toujours aspiré des années durant à poser les pieds sur la vivenef que son père dirige et pour elle, il n'y avait donc point d'autre alternative. C'est pour cette raison qu'elle lui répond simplement « pour sûr nt'a rien d'une p'rate, j'lai bien senti et vu » examinant la jeune fille une nouvelle fois des pieds à la tête «  mais t'es quoi alors toi si t'es pas une p'rate ? Tu n'sais pas c'que tu perds ! »

Elle la laisse dubitative, un brin surprise ; l'écoute se présenter et énoncer des sottises toute aussi surprenantes les unes que les autres. Ainsi c'est comme cela que l'on définit les pirates ? Assimiler la piraterie à une tuerie simple. Bah oui des fois on se battait mais l'essentiel de notre existence est la navigation, découvrir des savoirs perdus mais il est vrai qu'une petite bataille ou un petit abordage n'a jamais fait de mal à personne non ? Pour l'heure Lou était bien trop jeune, elle s'entraîne au maniement du sabre avec Ilse, Vira ou encore Meldred mais elle est bien trop novice pour aborder les bateaux en leur compagnie. Toutefois, celle qui s'appelle Agathe ne sait pas la réputation de cette vivenef où le respect est de mise ; sa motivation initiale est la liberté et la provocation malicieuse.

Soupirant, sautant sur ses pieds et palpant le sabre qu'elle a à la ceinture elle sifflote et poursuit en croisant les bras devant elle « lors pour toi les pirates ne sont bons qu'à tuer ? C'est donc ça qu'tu penses de nous tous ? » puis goguenarde « tu n'connais point la réputation de l'Audacia ? Nous on s'muse, on fait peur pt'etre ; pi moi j'tue pas pour l'instant j'suis trop p'titel, j'laisse ça aux grands ».

Lou s'arrête un instant dans sa description de l'Audacia avant de poursuivre audacieuse « on fait partie des p'rates nobles nous t'vois ; on est pas barbare comme la M'rie Sanglante » un clin d'oeil envers la jeune fille avant de poursuivre « t'as d'la chance d'être sur cette vivenef et pas sur l'autre.. 'vec nous n'tu risques rien » ; c'est que la jeune mousse cherche à rassurer, Agathe ; elle a son âge après tout, et les amies de Lou de son âge se compte sur les doigts d'une main à ce jour, peut-être que même si l'autre n'est point une future pirate, elles pourraient devenir amies qui sait ?

Lou voit bien que l'autre a du mal avec le tangage de la vivenef alors elle revient s'asseoir sur une des caisses tapotant une place juste à côté 'elle et lui dit « viens donc t'assoeir j'vais pas t'faire de mal et ça s'ra plus facile pour toi ; t'risqueras moins d'tomber » ; elle attend que la jeune fille la rejoigne avant de la questionner de nouveau « et toi 'Gathe t'fais quoi ? T'viens d'où ; j'sais juste qu'on t'a embarquée avec l'autre là bas ; c'est ta sœur vu comme vous vous ressemblez non ? ».

La curiosité est un vilain défaut quelques fois mais il faut bien que Lou identifie la personne qu'elle a comme compagnie en ce moment. Amie ou ennemie ? Quelle attitude adopter face à elle, on verra bien...

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Message Sujet: Re: Le mal de mère   Lun 12 Juin - 3:03

Lou-Ann parlait encore avec ce langage incompréhensible. Agathe n’osait pas s’approcher, mais elle inclina au moins la tête en espérant que ces quelques centimètres supplémentaires puissent l’aider à bien saisir ce que la fille de la Capitaine lui disait.

- Lors pour toi les pirates ne sont bons qu'à tuer ? C'est donc ça qu'tu penses de nous tous ? tu n'connais point la réputation de l'Audacia ? Nous on s'muse, on fait peur pt'etre ; pi moi j'tue pas pour l'instant j'suis trop p'titel, j'laisse ça aux grands

Oh, ça, non. Ils volaient, violaient, enlevaient des enfants, noyaient des chatons et propageaient des pandémies avec leurs rats répugnants domestiqués. De tout ça, Agathe n’en disait rien, toutefois, gardant pour elle les récits sanguinaires et souvent surréalistes que lui racontaient ses frères. Depuis le début de cet échange, d’ailleurs, elle prenait soin de parler d’une voix petite et détachée, sans aucune note d’une arrogance qu’elle n’avait toujours pas, encore moins ici qu’ailleurs.

À son invitation à prendre place sur l’une des caisses, Agathe ne refusa pas, au contraire. Elle s’installa sur le bout d’une boîte de bois, à distance de la mousse, le plus loin qu’il était physiquement possible de le faire. Distraitement, et pour s’occuper les mains, elle entreprit de replacer les pans de sa jupe sur ses genoux; tentative vaine sous le vent constant qu’il y avait, aujourd'hui. Alors comme ça, ils étaient de gentils pirates, non pas comme la Marie Sanglante? La Belliférienne se contenta d’opiner à quelques reprises, l’air toutefois sceptique. Comment pouvait-il être à la fois pirate et à la fois gentil?

- Oui… Aubrée est ma sœur aînée! On se ressemble, tu trouves?

Elle glissa la main dans ses longs cheveux pour en atrapper une mèche, entre ses doigts. Blond. Blond argenté. Comme les cheveux d’Aubrée, c’était vrai. À la maison, elle avait vite compris qu’elle ressemblait à Grâce et qu’il ne valait mieux pas. Papa le reprochait aussi à Aubrée, alors, forcément… Mais pour l’avoir vu de ses propres yeux, elle ne savait pas trop, Agathe, si elle ressemblait vraiment à celle qui l’avait mise au monde. Grande, blonde, oui. Mais Grâce semblait dégager beaucoup plus qu’elle. De l’assurance.

- Je viens de Brumecor. C’est en Bellifère! Enfin… Je venais. Je ne sais pas trop où j’irais, à présent. On m'enverra peut-être à Lorgol? Les Bellifériens aiment bien enlever les gens. Grâce est très Belliférienne, visiblement… Papa s’est trompé.

Il n’y avait pas d’enthousiasme, dans sa voix, ni d’énergie propre à l’enfance et l’adolescence. Passive, Agathe semblait éteinte devant tout ce qu’on lui avait fait, jusqu'à présent, si ce n’était de cette peur constante qui la gardait à l’affût. L'enlèvement, la séquestration sur un navire pirate, l'inconnu. Il n’y avait rien d’exaltant pour la jeune fille peureuse qui survivait grâce à sa discrétion dans une routine bien rodée.

- Mais toi..? Si tu es une gentille pirate, qu’est-ce que tu fais dans la vie? Vous aidez les navires en déroutes?

Elle sursauta, la blondinette, lorsqu’on siffla derrière elles. Crispée, elle glissa sa poigne sur la main de la rouquine, comme si cette dernière pouvait lui venir en aide.

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Message Sujet: Re: Le mal de mère   Lun 12 Juin - 16:46

Lou-Ann regarde du coin de l’œil la jeune fille qui semble vraiment effrayée du va et vient des pirates. C’est sûr que ce n’est pas donné à tout le monde d’embarquer sur une vivenef de nos jours ! elle-même fait partie des chanceuses d’embarquer si jeune. Peut-être un des avantages d’être fille du capitaine qui sait ? Mais pour l’heure elle reconnait la place qui est la sienne et compte nullement en abuser.

Bon elle a peut –être un peu exagéré dans l’esprit de rassurer la jeune fille, car un bâteau pirate qui n’aborde pas, lame en l’air c’est comme une rivière sans eau, morne sans intérêt quelconque… Lou a ce bon fond au fond d’elle, certes il faut fouiller mais vraiment en creusant, sympathisant avec elle, la bonté se laisse percevoir à ses heures perdues. Sont-ce les épreuves qui la forgent autant ? Peut-être après tout…

Il faut quand même qu’elle relativise la bonté des pirates de l’Audacia ; se rapprochant dans un murmure d’Agathe elle lui dit « oh non pas com’ça pas du tout ! nous on est digne dans la manière d’aborder les autres bâteaux… on l’fait avec classe t’vois, t’verras p’tet que t’auras l’occasion d’assister à un abordage durant l’voyage, t’verras après ça t’verras plus les p’rates de la même manière. La Marie Sanglante l’est sanguinaire, l’Audacia on agit ‘vec panache et on terrifie comme ça » dit Lou en se mettant debout et hurlant « bouuuuh » envers la jeune fille.

Hilare, elle se remet comme elle peut de sa plaisanterie ; vraiment, des fois, l’aînée des Jedidiah n’est vraiment pas douce et sympathique avec les jeunes gens de son âge, mais que voulez-vous c’est ainsi qu’ils le veuillent ou non après tout.

Puis Lou décide qu’elle a bien assez parlé d’elle d’autant qu’Agathe lui a parlé de Grâce, de Bellifère, les enlèvements « ouais j’connais là bas, c’est dangereux » ; l’évocation d’une autre personne attire l’attention de la jeune mousse, Grâce, marraine de sa cadette, elle l’a à l’œil espérant justement que le plus douce des Jedidiah soit entourée des bonnes personnes « comment ça pour Grâce t’peux m’en dire plus ? l’est la marraine d’Lucy une d’mes sœurs, y’a des choses que j’dois savoir sur elle ? t’peux m’en dire plus ? »

L’interrogation de Lou est stoppée par ce sifflement juste derrière Agathe, un pirate passant par là avait vraisemblablement trouvé drôle d’effrayer la jeune fille qui jusque-là n’était point sortie de sa cabine ; elle lui jette un regard noir signifiant au malheureux de détaler aussi vite qu’il était arrivé.

Reprenant le sujet de Grâce, Lou se positionna face à Agathe et réitéra sa question « t’peux m’en dire plus sur Grâce ? en échange j’te promets qu’plus jamais personne t’feras peur sur l’Audacia, foi de Jedidiah »

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Message Sujet: Re: Le mal de mère   Mer 21 Juin - 2:52

Lou-Ann était un spécimen en soit, une créature étrange ayant vécu trop longtemps sur les eaux pour être tout à fait saine d’esprit. C’était ce qu’Agathe pensait, au fond d’elle-même, lorsque la gamine s’éloignait d’elle, suite à un murmure, pour crier et éclabousser le pont d’un rire tonitruant. Si elle était nerveuse, la Belliférienne ne sursauta pas devant cet éclat bruyant mais se permit plutôt de la dévisager, hébétée. Lou-Ann de la Haute Mer. Elle n’en était pas certaine, mais la toute blonde soupçonnait la rouquine d’avoir les doigts palmés, ou quelque chose de similaire, pour la lier définitivement à ces eaux qu’elle semblait tant aimer. Quant à la question de l’abordage, Agathe n’avait pas relevé, priant silencieusement Idril de préserver sa pureté de la vue de pareilles altercations!

- Mais … Mais pourquoi tu cries?

Une fille, ça ne criait pas. Ça ne riait pas fortement non plus. Ça ne se battait pas. Ça ne parlait pas comme un pelleteur de crottin de chevaux. Une fille, ce n’était pas Lou-Ann. La Belliférienne jeta un regard à la ronde, à nouveau, nerveusement, puis revint à la mousse. Aucun pirate sanguinaire ne semblait avoir entendu l’hilarité de la matelot, du moins, pour le moment. Environ rassurée, Agathe la laissa reprendre sa place à côté d’elle, jusqu’au sifflement strident qui lui arracha un couinement. Elle relâcha aussitôt sa prise sur Lou-ann et regretta de s’être fait avoir aussi aisément. La pirate semblait au moins autant vexée qu’Agathe eut peur, et le regard noir qu’elle lança à l’homme fait surprit une fois de plus la fille de Bellifère.

Il y avait tant de choses nouvelles, en quelques instants, qu’Agathe sentait sa tête tourner. Ou peut-être était-ce le mouvement perpétuel des vagues? Toujours est-il que lorsque Lou-Ann affirma que Grâce était la marraine de Lucy, l’une de ses soeurs, elle crut que l’Audacia s’était ouverte en son centre pour la laisser glisser vers le néant. Un frisson désagréable la traversa, malgré son châle. De toutes les histoires qu’elle s’inventait, jamais Agathe n’avait considéré que Grâce avait évolué loin d’elles, qu’elle avait une vie rien qu’à elle, et qu’elle aimait et dorlotait d’autres enfants qu’Aubrée, Anthelme, Arnaut et elle. C’était pire qu’une trahison. C’était un rejet total.

- T’peux m’en dire plus sur Grâce ? en échange j’te promets qu’plus jamais personne t’feras peur sur l’Audacia, foi de Jedidiah
- Euh…

Mens. Agathe opina pour sa propre pensée, autant que pour Lou-Ann. Pour lui en dire davantage, elle allait lui en dire, la blondinette! Il n’était pas bien difficile pour la gamine attentive et imaginative qu’elle était d’inventer une vie rocambolesque à une mère absente, et de la faire coïncider précisément à ce qu’une enfant fanatique de la violence voulait entendre. Il suffisait de lui dire tout ce qu’elle, Agathe, n’était pas; tout ce que son père reprochait à Grâce Martel.

- C’est… Hum.. C’est une guerrière incroyable! Elle monte aussi bien qu’un homme, sur son griffon, et… Elle a des amis et des contacts dans chaque duché. C’est une femme indépendante, qui aime la liberté. Je pense qu’elle pourrait apporter beaucoup à ta soeur!

Elle se redressa lentement tout en retenant la laine un peu rugueuse de son châle. Un regard circulaire vers les dangers éventuels, puis Agathe revint à la mousse.

- Quand tu disais que c’était dangereux, tu parlais de Lorgol? Il y a quoi, là-bas, de plus dangereux qu’ici?

Un peu naïvement, la jeunette espérait que sa nouvelle amie ne lui raconte rien pouvant l'empêcher de dormir pour le mois à venir.

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Message Sujet: Re: Le mal de mère   Mer 21 Juin - 13:28

Agathe ne manque pas de la surprendre mais aussi de la faire rire ; son regard, ses manières, franchement, Lou est bien contente d’être pirate et non d’être engoncée dans ses habits que les nobles doivent honteusement porter. Elle ne se rend pas compte la petite Agathe de ces entraves ? La liberté que cela peut procurer de naviguer par monts et par vaux ? Sa sœur à peine plus loin semble avoir un avant-goût de tout cela à la manière dont elle se démène sur le pont… elle s’est peut-être trompée de personne avec qui dialoguer… mais maintenant que l’échange est parti autant poursuivre non ?

D’ailleurs, pourquoi dit-elle qu’elle crie ? c’est sa manière normale de s’exprimer à Lou ; fronçant les sourcils elle la regarde posant ses mains sur ses hanches « bah j’crie pas j’parle, j’vois pas le problème moi ! t’façon avec l’bruit d’vent tu t’rendras vite compte qu’il faut parler plus fort pour s’faire entendre, t’verras, t’vas parler aussi fort que nous ‘tôt ».

Puis d’où est-elle obligée de se justifier hein ? Non mais franchement ! elle verra bien en temps et en heure les raisons de ce niveau sonore vraisemblablement trop élevé pour elle. Puis il avait fallu qu’un autre pirate arrive trouvant drôle d’effrayer la jeune fille. Une seule personne sur la vivenef était autorisée à faire de telles frayeurs et elle se trouvait face à Agathe en ce moment-même ; c’est pourquoi, elle jeta un regard de braise au matelot ; elle est jeune, Lou mais loin d’être née de la dernière pluie tout de même !

Lou a bien remarqué le manque d’aisance d’Agathe c’est pourquoi, elle se rassied au bout d’un moment à côté d’elle et la questionne sur Grâce ; ce qu’elle entend dans sa bouche la rassure. Une guerrière, une vraie, ce qu’il faut pour sa cadette, quelqu’un qui la protège. Oui malgré sa méfiance à l’égard de Grâce, les mots sortant de la bouche de sa fille la rassurent grandement. Comme quoi des fois on peut faire une confiance aveugle en les adultes… tout dépends des informations que l’on obtient sur eux à force de questionnements ; Lou tapant du talon contre la caisse sourit avant de commenter les informations ainsi obtenues par Agathe « j’vois qu’je peux avoir confiance ‘lors ; ça m’a l’air d’être une bonne marraine, t’façon, Freyja n’aurait jamais nommée une incapable en tant que marraine, j’suis sûre ».

Lou fait confiance à ses parents, sa mère certes véritable usine à bébé donnait naissance sans arrêt à des nouveaux rejetons mais du point de vue de l’éducation, elle pouvait avoir grandement confiance… qui sait peut-être qu’elle aurait une de ses cadettes sur le pont avec elle un jour ? Pas Lena ah pour sûr non pas elle… si il y a bien une personne qu’elle espère ne jamais voir monter sur le pont de l’Audacia c’est bien de la suivante dans la fratrie !

Mais voilà qu’Agathe a peur du danger ; quand bien même ils seraient amener à en rencontrer… Mais Lorgol la ville où elle a grandi, ses ruelles, ses canaux, les pensées de Lou volètent vers ses souvenirs ancrés dans sa mémoire au plus profond de son être. Peut-être que si Agathe est courageuse, elle l’emmènera découvrir ses recoins. Un rapide regard sur la jeune fille, pour percevoir son teint pâle… un sourire en coin ; elle pourrait lui faire des blagues ? non toute relation est bonne quand les blagues cessent à un moment donné et si elle veut pas qu’Agathe saute par-dessus bord avant d’accoster à Lorgol, il faut qu’elle la rassure.

« Lorgol, c’est la ville où j’ai grandi ; t’as la ville basse r’fuge des pirates, la taverne ma maison jt’emmènerai là-bas s’tu veux ; l’tout c’est qu’tu sois sans arrêt accompagnée ; car vu ta manière de t’vêtir et tout tu risques de t’faire détrousser ; mais les gardes veillent t’inquiète » puis la regardant plus précisément « mais t’as la ville haute aussi c’sont les nobles qu’habitent la bas et t’as l’académie l’gens du savoir, l’mages ils vont tout apprendre là bas » et poursuivant à son oreille « mais Lorgol regorge d’secrets, de découvertes, t’verras j’suis sûre que tu t’y plairas » puis le plus sérieusement du monde « t’veux qu’une fois là bas j’te fasse visiter ? t’sais j’suis pas si mauvaise que ça au fond » en lui faisant un clin d’œil ; elle aurait pu lui parler de la confrérie noire, de la cour des miracles, de toutes ses choses qui habitent cette ville regorgeant de mystères… mais elle verrait bien par elle-même, nul besoin de l’effrayer outre mesure.



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Message Sujet: Re: Le mal de mère   Sam 8 Juil - 18:15

Elle l’avait peut-être vexée, en lui demandant pourquoi elle criait. Et à entendre l’explication de la rouquine, Agathe savait qu’elles ne s’étaient pas comprises. Pas vraiment. En plus de leurs origines éloignés, il y avait le langage qui n’était pas vraiment le même. Elle hésita un moment, la blondinette, à mesurer l’importance de se justifier ou la facilité de laisser aller. Voulait-elle réellement se mettre une pirate à dos, même âgée d’une dizaine d’années? ...Non. Alors un effort était de mise.

- Je voulais dire… Tu as tenté de me faire peur, en criant, tout d’un coup, hein? Je parlais pas de quand on discute! Mais c’était malin.. Enfin, ça aurait pu être drôle.

Non, ce n’était pas drôle du tout de vouloir lui faire encore plus peur. Elle enfonçait un peu plus son museau dans son châle de laine, les sourcils un peu froncés avec cet air de petite proie traquée constamment marqué au visage. De là où était son museau, elle sentait la mer jusque dans ses vêtements ocres, bruns et beiges de Bellifère. Ici, les eaux salées dominaient le paysage, mais dominaient les hommes aussi. Elle se sentait envahie, Agathe, alors que son oeil ne trouvait aucun horizon. Tout en affirmant sa prise sur son siège improvisé alors que la vivenef tangue légèrement, elle écoutait la description de Lorgol que lui offrait Lou-Ann. Une ville qui semblait immense, divisée par quartier. Une ville dangereuse qui imposait de se promener accompagnée. Cela lui rappelait Brumecor et ses sorties, escortée par ses frères. Elle eut un pincement au coeur, la petite Belliférienne.

- Mais ils vont me détrousser avec mes robes…? Elles sont toutes simples, pourtant!

Incroyable! Absolument incroyable! Elle qui était issue d’une famille bien modeste, vêtue avec la réserve et la décence habituelle des femmes de son duché, elle, Agathe Martel, on allait la détrousser? Et les demoiselles vêtues de rouges, qu’en faisait-on, à Lorgol? Elle n’osait même pas y songer, tant les possibilités la faisait frémir d’angoisse. D’une main distraite, elle s’assurait que le tissu un peu rugueux et très beige soit bien lové contre sa gorge.

- Grâce… Je pense qu’elle a dit qu’on rejoindrait…

Elle n’avait pas écouté. Elle ne désirait pas l’entendre, cette Grâce de Sombregemme, son ravisseur. Pourtant, elle leur avait dit, à Aubrée et à elle, où elle comptait les emmener, après le voyage en mer. Agathe plissa les yeux, réfléchissant de son mieux. Elle se souvenait de la scène, la joliette : elle observait obstinément ses mains, refusant tout contact même visuel avec cette mère absente, fredonnant mentalement une chanson mignonne pour s’occuper à ne pas l’entendre, à la rejeter toute entière. Malgré tout, Agathe avait entendu des bribes, bien sûr, et se souvenait de quelques mots. De soupirs, aussi, de la part d’Aubrée, qui voyait clair dans sa contestation silencieuse et discrète.

- Le… C’est le frère de Melsant, qui va nous héberger. Tu le connais? Ça te dit quelque chose? Il est de Lorgol, lui aussi? De la Ville Haute? Qui c’est, Melsant?

Une avalanche de question sur une aussi petite rouquine. Agathe la fixait, désormais, bien avide d’en apprendre un peu plus à son tour. Elle espérait toutefois que Lou-Ann soit franche, avec elle, alors qu’elle-même ne l’avait pas vraiment été en parlant de sa mère, Grâce de Sombregemme.

- Je veux bien visiter avec toi, oui… Si ce n’est pas dangereux, je veux bien.

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Message Sujet: Re: Le mal de mère   Dim 9 Juil - 11:52

Lou ne manquait pas de passer du bon temps avec la jeunette Agathe, elle serait pirate, elle serait presque sûre de s'en faire une amie... mais tout le monde ne peut pas être parfait, drame de la vie en Arven, elle se dit la jeune mousse. Toute façon elle avait trop peur de tout ; une moindre souris ou un bonjour de la part d'un matelot qui arrive par surprise aurait été capable de la faire monter au mât de l'Audacia avant même que Lou ait le temps de cligner des yeux elle en est sûre... quoique, Agathe monter au mât ? Elle aurait pas l'agilité ! Sa sœur peut-être oui à peine plus loin...

Voilà qu'elle juge bon de reformuler sa question ; non mais franchement Lou n'est pas née de la dernière pluie, elle avait bien compris ; cessons ses ardeurs se dit-elle et faisons comme si elle n'avait rien entendu, quoique « pour sûr, c'est r'golo d'faire peur non ? » lui dit elle en clignant de l'oeil. Qu'importe, elle avait échoué mais elle tenterait bien un autre jour, d'autant que la traversée était pour l'instant loin d'être terminée.

Elle lui parle de Lorgol à Agathe, sa ville basse, ses canaux ; si l'autre pouvait encore blêmir, Lou pense qu'elle aurait pu le faire « mais non vont pas t'détrousser, jte faisais aller ; t'façon ils sont pas qu'ça à faire j'crois que d'sen prendre aux jeunettes et comme j'te dis l'veillent les gardes et d'moment qu'tes avec les pirates ou moi tu risques rien, jt'te promets » lui dit elle en lui tendant la main « promis jt'apprécie » qui l'eut cru «  jt'e surveillerai d'accord ? ». Ouais, Lou sentait au fil de l'échange qu'une probable amitié naissait entre elle-même et une des filles Martel... Le hasard fait parfois bien les choses et si elle sympathisait avec l'une d'elle, la connaissance de Grâce en serait grandement facilitée non ? Elle restait la marraine de sa cadette, la protégée de la famille, donc même si elle fait confiance en la voltigeuse un œil averti en vaut deux... on est jamais trop prudent...

Quand elle lui demande où elle sera hébergée, Agathe lui parle de Melsant ; hum de mémoire comme ça, elle ne se souvient guère de l'homme... « j'connais pas mais si Grâce t'envoie là bas j'pense que ça devrait le faire non ? » Lou connaissait du monde en Lorgol et la ville basse mais sil l'homme fait partie des voltigeurs, forcément, elle s'en approche guère... c'est pas pour Lou la voltige ah ça non, au diable cette idée ! Monter en haut du mât de l'Audacia pourquoi pas... voltige sur des griffons mais quelle drôle d'idée ! Pour Lou une seule chose prévaut la piraterie un point c'est tout !

Vite balayée l'évocation de ce Melsant... quoique vu qu'elle a promis à Agathe de la guider dans les méandres de la ville elle pourrait peut être l'approcher « ptet que j'pourrai l'rencontrer si j''temmène vers lui ; t'as une adresse ? Ou ta sœur » puis songeant « toute manière j'sais pas lire mais au pire on d'mandera d'accord ? ».


Alors qu'elle finissait sa proposition, Agathe acceptait qu'elle l'accompagne dans Lorgol ; un sourire fier s'installe sur les lèvres de la jeune mousse « j'suis contente qu'tacceptes, t'verras j'temménerai vers les conteurs et tout ». Lou s'imagine emmener Agathe partout dans la ville basse... pas la ville haute ah non pas là bas avec l'académie et tout... elle n'y mettrait pas les pieds ; les mystères sont bien plus nombreux dans les ruelles sombres que là haut.

Elle regarde la sœur de sa peut être nouvelle amie un peu plus loin, le cartographe Sicq en train de dessiner une nouvelle carte un peu plus loin, les divers autres pirates en train de vaquer à tout va. Songeuse elle poursuit « t'devrais profiter un peu plus de l'Audacia, j'tassure t'as plein d'chose à découvrir ; l'est pas si méchants qu'tu penses » l'Audacia semble tanguer dangereusement « mais c'sur qu'si t'as pas l'pied marin s'ra pas facile » puis la regardant le plus sérieusement du monde « t'veux que j't'apprenne à pas tomber sur l'pont 'vec les roulis ? » elle se remet debout « s'tout r'garde bien devant, l'pied bien droit, p'ralèle et d'tend toi ».

Une amitié semble naître entre les deux jeunes filles, sentiment bien insoupçonné entre deux jeune filles que tout oppose....

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Message Sujet: Re: Le mal de mère   Dim 23 Juil - 14:01

Elle avait accepté la proposition de la rouquine, les sourcils froncés avec une certaine indulgence dans le regard. La même qu’il était fréquent d’avoir avec des enfants qui ne volaient pas toujours aussi haut que d’autres. Peut-être était-elle endoctrinée dans cette morale de pirate? Ou alors Lou-Ann ne se rendait pas compte de tout ce que ça pouvait impliquer, que d’être un pilleur des mers. Toujours est-il qu’elle lui semblait néanmoins sympathique, dans une certaine mesure, et presque rassurante dans cette absence totale de peur devant un danger pourtant imminent. Agathe s’était laissée charmée, au moins un peu, et avait accepté d’apprendre à ne pas tomber en marchant sur l’Audacia. Elle était restée sur le pont une petite vingtaine de minutes, à écarter les jambes sous ses jupons beiges, et à s’exercer à faire quelques pas. Si elle était habituée à une démarche rapide, fluide et pressée par la nervosité et la peur, il lui fallait aller contre son instinct pour suivre les directives de sa nouvelle compagne de flotte. De bonnes enjambées assurées, c’était ce qu’elle lui proposait. Dès qu’un regard étranger et moqueur fut posé sur la Belliférienne, le petit jeu s’arrêta brusquement et la mignonne retourna se cacher dans la cabine de la canonnière.

La traversée jusqu’en Sombreciel fut longue et les occasions de sortir de la cabine se multipliaient de jour en jour, pour la Belliférienne. Elle s’efforçait de chercher Lou-Ann à l’aube pour la faire parler sur ce qui l'attendait, dans le vaste monde. Des combats, des détrousseurs, des voleurs, des menteurs. La vie était cruelle, Agathe en était désormais convaincue. Et le fait que la rouquine s’entêtait à lui dire que, malgré tout, ce n’était pas “si méchant”, n'arrangeait rien. Toute impressionnée par leur agilité et leur réputation, Agathe, du haut de sa jeunesse et de son indiscrétion, profita de ses journées libres pour les observer, de loin, et tisser des liens improbables et imaginaires entre eux et sa mère.

Elle était marraine de la soeur de Lou-Ann et l’amie de sa mère.
Elle était peut-être amoureuse du cartographe. Un amour né d’un compas.
Elle était probablement jalouse de la canonnière. Une jalousie nourrit par ses dessous.
Grâce Martel demeurait un mystère, et Agathe n’était pas certaine de vouloir réellement connaître son histoire.

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