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 L'innocent jeu des premiers regards

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La Noblesse
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Je suis : Ex-duchesse d'Ansemer à compter du 13 juillet 1003

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Message Sujet: L'innocent jeu des premiers regards   Ven 4 Mai - 23:46


Livre III, Chapitre 3 • Les Échos du Passé
Bartholomé d'Ansemer & Jehanne d'Ansemer

L'innocent jeu des premiers regards

Où tout a commencé, et où l'on découvre ce qu'ils prendront tant de satisfaction à détruire ensuite.



• Date : 24 mai 990
• Météo (optionnel) : Il fait bon
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Installée depuis peu à la cour d'Ansemer, et toujours accompagnée d'une de ses fidèles amies, Jehanne fait une rencontre ô combien décisive pour son futur, sans se douter qu'elle causera leur perte à tous les deux.
• Recensement :
Code:
• [b]24 mai 990 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3664-l-innocent-jeu-des-premiers-regards]L'innocent jeu des premiers regards[/url] - [i]Bartholomé d'Ansemer & Jehanne d'Ansemer[/i]
Installée depuis peu à la cour d'Ansemer, et toujours accompagnée d'une de ses fidèles amies, Jehanne fait une rencontre ô combien décisive pour son futur, sans se douter qu'elle causera leur perte à tous les deux.


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Dernière édition par Jehanne d'Ansemer le Ven 4 Mai - 23:50, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: L'innocent jeu des premiers regards   Ven 4 Mai - 23:47

« La beige ? Tu es sûre ? »
Confortablement installées dans une chambre d’une maison particulière de Port-Liberté, dont les fenêtres donnaient sur l’océan bien plus bas qui venait lécher les pilotis de l’habitation, deux jeunes filles débattaient presque avec ferveur de quelle tenue enfiler. L’une était déjà vêtue. L’autre, en revanche, en tenue d’intérieur leste – sans pour autant friser la décadence – peinait à sélectionner son habillement.

A vingt ans, Jehanne de l’Ancre-Fleurie n’était pas vraiment douée pour des décisions aussi peu capitales. Elle était coquette sur bien des points, et sa tenue en faisait partie, mais la cour d’Ansemer qu’elle fréquentait depuis maintenant quelques mois lui restait encore étrangère… Et les tenues qui s’y rapportaient aussi. Elle commençait tout juste à comprendre comment les dames qui y évoluaient fonctionnaient ! Moins de ragots. Ici, la position s’achetait plus qu’elle ne se gagnait – de manière loyale ou non –, et un bon mariage pouvait amener la plus simple des filles de baron au rang de duchesse. Chacun cherchait sans cesse à marier au plus haut, pour toujours jouir d’un peu plus de pouvoir sur les autres.
Néanmoins, la cour était un endroit agréable à fréquenter, où même une Lagrane qui déplorait le manque de jardins pouvait grandement se plaire. Et puis l’océan était beau, vu depuis le palais.
Une moue aux lèvres, la jeune noble se pencha quelque pour faire traîner ses doigts sur le tissu de la robe. « Tu as sans doute raison. » concéda-t-elle. « Tu me laisses me changer ? »

Il n’y avait pas de personne avec un goût plus sûr que Geneviève, sa meilleure amie, Compagne de son état et fortement attachée à Ansemer. Si Jehanne avait du la décrire, elle n’aurait pu trouver d’autre mot qu’Ansemarienne. Elle possédait cette liberté qui rappelait l’intransigeant océan. C’était sans doute pour cela qu’elle lui plaisait. A son bras, car la brune avait été libérée de ses obligations pour la soirée, Jehanne s’était rendue au palais.

Ce n’était rien, juste une soirée tranquille pour le plaisir d’être. Il y aurait bal, et la blonde savait qu’elle y trouverait sans doute une compagnie des plus agréables pour discuter, en toute amitié.
Pour l’heure, à peine arrivées et mêlées à la foule, Jehanne sentait qu’elle avait le droit de monopoliser encore un peu son amie. « Raconte-moi. Quelqu’un m’a dit que le duc lui-même t’avait remarquée ? »
Sourire léger aux lèvres, taquin. Joueur. Intéressé. Tout l’exercice était de ne pas rentrer dans quiconque. « Comment est-il ? Je veux dire… Réellement ? De près. Plus près que… Tu me comprends. » Elle agita la main.

Elles discutèrent ainsi, joyeusement, intégrant petit à petit des curieux à leur cercle de discussion avant de s’éloigner l’une de l’autre. C’était tout un jeu que de se faire bien voir au sein de cet endroit, mais Jehanne se sentait capable de s’y faire.  Une danse, puis quelques autres, la laissèrent tourbillonnante et heureuse. Sourire vrai aux lèvres, le besoin de souffler un peu dans un coin sans virevolter lui fit se mettre en retrait, près d’une grande fenêtre. La nuit allait tomber. Sans doute une soirée mémorable.

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Message Sujet: Re: L'innocent jeu des premiers regards   Dim 6 Mai - 16:06

« Oui, bien. J’en parlerai avec le comte.
- Le marquis des Embruns est arrivé à la cour ce matin. Il est venu cette fois avec sa fille.
- Installez-les dans les appartements à l’ouest de la tour. Ensuite?
- Il se dit que sa fille est particulièrement jolie, votre Grâce. Cultivée et d’agréable compagnie. »
Bartholomé arrêta sa plume en plein trait, l’encre s’accumulant et créant une tâche sur le parchemin. Il sait ce que son conseiller tente de lui insinuer. Il le sait parce que c’est un sujet constant depuis que sa mère lui a donné la couronne. De la bouche de cette dernière et puis de tous ceux autours, là pour le conseiller, sans jamais vraiment écouter ce qu’il a à dire. Se marier, avoir des héritiers. C’est cela, tout le temps, constamment. Et pourtant le duc n’a nul envie matrimoniale pour l’instant. Il est agacé, et le regard qu’il lève vers l’homme assis face à lui suffit pour que ce dernier passe au point suivant sans insister.

Et les heures passent et c’est finalement après le banquet que le duc est libéré. Sa cour y a certainement dégusté un superbe festin de poissons et fruits de mer et s’est à présent déplacé dans la grande salle pour le bal organisé. Il n’y avait rien à fêter, aucune occasion particulière, mais le duc se plaisait à faire de ces soirées des événements réguliers, et la noblesse Ansemarienne ainsi que celle provenant des quatre coins de Faërie en visite appréciait ces soirées où il se faisait bon de discuter et de danser. Bartholomé avait revêtu un sombre pourpoint marine décoré d’une multitude de perles nacrées et de quelques broderies. Il avait fait son entrée avec une sobre cérémonie, autant qu’il lui soit permis en tant que duc, et s’était doucement mêler à sa cour.

Il avait aperçu Geneviève dans la foulée, et leurs regards s’étaient croisés, l’instant d’un sourire avant que quelques mots lui fasse tourner la tête. Oh Geneviève, la jolie Compagne aux long cheveux bruns, aux paroles passionnantes et aux baisers passionnés. Il l’avait aperçu ici à la cour, et leur premiers échanges avaient été inoffensifs, bien qu’intéressés. Quand la belle avait passée la porte de la Guilde des Compagnes, le duc avait pris le chemin facile et fait appel à ses services.

Il l’avait cherché, ensuite, mais elle semblait s’être éclipsée. Et la soirée avait continuée, et la nuit était tout à veille de tomber qu’une silhouette isolée près d’une des grandes fenêtres qui donnaient sur le large attira son attention. Un jeune femme blonde, aux boucles dansantes, et à la belle robe beige qui lui donnait cet air vaporeux, angélique. Il l’avait peut-être déjà vu quelques fois à la cour, mais c’était tout juste maintenant qu’il semblait la voir, et il aurait juré cru l’apercevoir au bras de Geneviève un peu plus tôt. Était-elle un nouvelle compagne, alors? Elle semblait porter cet air bien différent des Ansemariennes, plus légère, plus fleurie.
« Qui est-elle? » qu’il demande, désignant la jeune femme d’un regard. « La fille héritière du comte de l’Ancre-Fleurie. »

Bartholomé s’approcha, venant la rejoindre, un sourire charmeur sur ses lèvres, une étincelle intéressée au creux de ses yeux. « Mademoiselle de l’Ancre-Fleurie, » qu’il commence doucement, ne voulant pas la surprendre alors qu’elle semble contempler l’infini bleutée. « Le large est si beau, n’est-ce pas, à cette heure? Scintillant des derniers rayons du soleil et déjà brillant le reflet des lunes. » Devant eux, le soleil se couche, et le spectacle de ce coucher est un que le duc ne se lassera jamais d’observer. Il se tourne pour faire face à la jeune femme, tout aussi beau tableau à regarder que l’horizon. « Je ne crois pas vous avoir souhaité la bienvenue à ma cour. N’accompagniez-vous pas mademoiselle des Armoises quelques instants plus plus tôt? Une amie? » Il est curieux, le duc, Geneviève ne lui avait pas mentionnée pourtant avoir de si jolies amies...

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Message Sujet: Re: L'innocent jeu des premiers regards   Lun 7 Mai - 21:50

Jehanne n’aurait jamais pensé pouvoir un jour autant apprécier la vue de l’océan. Depuis toute petite, elle s’était tournée vers ses jardins qui s’étendaient, colorés de rose et de pâles teintes bleutées – les couleurs de l’Ancre-Fleurie – sous sa fenêtre de chambre. Dès qu’elle avait su marcher, elle s’y était précipitée, apprenant les noms et découvrant avec joie la verdure environnante. Pas une seule fois ne s’était-elle tournée vers les fenêtres du bureau de son père. Pas une seule fois n’avait-elle pris le chemin en pente douce qui serpentait, à la limite de la propriété, pour descendre jusqu’à la plage. Elle avait accompagné plus d’une fois son père jusqu’au port, avait même pu voir quelques navires sans réellement y prêter grandement attention : soit. Ils partaient depuis chez eux, en leur nom pour certains, pour découvrir et emporter milliers de trésors au-delà de Lagrance.
Et alors ? Ce n’était rien, pour elle, et elle n’y avait jamais mis les pieds. L’océan, l’eau en elle-même, ne l’attirait pas. A l’immensité marine elle préfèrerait toujours la beauté des jardins, le support certain de la terre sous ses pieds ; à l’odeur d’iode charriée par le vent elle opposerait le parfum plus délicat d’une centaine de fleurs.

Pourtant, ce soir, alors que le soleil embrasait de feu l’immensité du ciel et teintait d’un bleu presque myosotis les flots agités par une brise qu’elle ne pouvait sentir, la jeune femme se sentait attirée par la vue. Il y avait une plénitude qu’elle ne pouvait nier, un attrait autrement plus puissant que celui qu’elle ressentait pour sa terre natale. C’était la beauté de la vue, sans doute. Rien d’autre. Car elle savait l’océan perfide et imprévisible, derrière autant de magnificence.
Un voix masculine, presqu’inconnue sans l’être, la sortit de ses pensées. Un instant, le temps d’une pensée, et déjà elle plongeait dans une révérence devant ce duc dont elle avait demandé quelques informations, bien peu utiles, à Geneviève. D’elle, elle n’avait rien pu tirer malheureusement. Des promesses d’en savoir plus, plus tard. « Votre Grâce. »

Lorsqu’elle s’en releva, aussi gracieuse qu’elle avait amorcé son geste – trop de grâce qui lui avait tout de même tordu sa cheville, douleur diffuse mais agaçante qui disparaitrait dans l’heure – elle tourna à nouveau son regard vers l’horizon. Déjà, l’eau changeait de couleur. Un instant de plus. Aussi beau.
« C’est un spectacle des plus magnifiques. Je m’en émerveille chaque jour. » confia-t-elle, un sourire aux lèvres. Les mains sagement croisées sur le devant de sa robe – dont la coupe était définitivement inspirée de la mode lagrane, sans pour autant faire tâche au milieu des autres –, elle pencha la tête. La jeune héritière d’un comté autrefois ansemarien ne voulait pas avoir l’air de le détailler, mais il était impoli de ne pas regarder son interlocuteur, pas vrai ? Et il fallait avouer qu’il avait pour lui un certain charme.

« En effet, nous sommes venues ensemble. Nos domaines sont voisins, et elle est mon amie depuis ma plus tendre enfance. C’est en partie grâce à elle que je me trouve ici. Elle a eu la bonté de me guider jusqu’à votre cour. »
Son sourire était-il sincère ? Innocent, sûrement. Joueur, quelque peu, mais sincère ? C’était toute une question qui se posait. Et l’était-elle, elle ? Ou maîtrisait-elle déjà l’art de voiler ses sentiments ?


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Message Sujet: Re: L'innocent jeu des premiers regards   Mer 9 Mai - 6:53

Bartholomé connaissait bien l’histoire qui entourait le comté de l’Ancre-Fleurie. Les querelles fréquentes entre les deux duchés pour ces parcelles de terre qui étaient bordées de la mer d’un côté et des jardins de l’autre, et cette petite guerre entre des ducs qui se disputèrent de mains en mains ce domaine jusqu’à que l’empereur de Faërie de jadis dû y mettre un terme définitif. Ansemer avait toujours jugé injuste cette décision qui avait donné à Lagrance raison, et Bartholomé avait grandi avec ce même ressenti. Il n’avait pas eu le temps de se forger une opinion qu’on lui avait suggéré celle-ci, et il l’avait accepté jusqu’à la ressentir, comme bien d’autres, sans se questionner, simplement parce qu’il en était ainsi.
Bartholomé n’y avait ainsi jamais mis les pieds, il s’y refuserait tant et aussi longtemps que ce comté resterait lagran. Mais il se devait d’avouer, qu’avoir su le comte père d’une si jolie demoiselle, peut-être aurait-il prit peine d’instaurer quelconque échange commercial entre le vergers du domaine et qu’importe ce que le comte aurait voulu obtenir en échange. Il ne se cacha pas de détailler la jolie blonde. Elle était un vent de fraîcheur bien différent de toutes ces demoiselles qui se pavanaient à sa cour. Ses belles boucles dansantes, ses traits fins, ses habits d’un mode légèrement plus exotique qui toutefois se mêlaient à merveille au travers les tissus et les coupes purement ansemariens. Et soudain les fleurs et les jardins lui semblaient bien intéressants. Le duc qui était tout d’Ansemer se disait qu’il pouvait peut-être détourner le regard des vagues et le porter sur les terres, si c’était qu’il y avait de si jolies dames.

Dans la fougue de sa jeunesse, dans la gloire de ses premières années en tant que duc, Bartholomé savait attirer le regard. La cour qu’il avait recréé était plus libertine, plus joyeuse, moins stricte, que celle que sa mère avait longtemps dirigée en son nom. Non marié encore, les demoiselles y étaient en grand nombre, cherchant à attirer son regard, ses faveurs, dans l’espoir d’un titre, d’une renommée ; dans l’espoir d’épousailles desquelles elles ressortiraient duchesse. Mais Bartholomé ne semblait nullement pressé, et déjà il se murmurait qu’il ne se gênait pas de faire appel aux Compagnes, quand ce n’était pas de jolies imprudentes qui le suivaient jusque dans ses draps pour une nuit ou deux, sans jamais plus. Mais il lui faudrait bien un héritier, un jour, s’en était impératif. Alors ainsi elles ne se lassaient pas, elles, mais aussi ces familles avides de pouvoir qui poussaient des enfants innocents en ses bras.

Était-elle de toutes celles-là, la demoiselle de l’Ancre-Fleurie? Il n’aurait su dire. Dans toute sa mesure elle aurait pu tant être vrai qu’animée d’une parfaite maîtrise des mensonges. Évoluer à la cour était un jeu que seul lui se permettait de transgresser les règles.

« Alors peut-être je devrais l’en remercier. Ou alors la réprimander de ne pas l’avoir fait plus tôt, d’avoir voulu vous garder que pour elle. » Oh il ne le ferait pas, réellement. Il serait certainement trop occupé à autre chose quand il reverrait la jolie brune.
Son sourire est tout autant charmeur que charmant. Il jette un regard à la grande salle derrière eux, où la musique entraîne encore les nobliaux dans des danses virevoltantes, alors que certains couples se forment tranquillement pour s’isoler de l’agitation et chercher quelques instant de paix. Il retourne son regard alors vers la Lagrane, et lui offre son bras. « M’accompagneriez-vous? J’aimerais vous montrer quelque chose. Et peut-être qu’en chemin vous pourriez me dire ce que vous penser de ma cour? » Il était curieux, le duc, de savoir comment il était perçu, comment sa cour était perçue. Surtout de ces fourbes Lagrans qui se croyaient toujours meilleurs qu’eux-mêmes. Mais les convenances et l’ambition empêcherait certainement celle-ci de lui dire les vérités qu’elle pensait assurément.

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Message Sujet: Re: L'innocent jeu des premiers regards   Mer 9 Mai - 23:29

La jeune blonde n’aurait jamais, vraiment, pensé qu’aussi tôt après être arrivée à la cour d’Ansemer, elle s’attirerait le regard du duc. Elle était une étrangère, dans ce duché, après tout. Une Lagrane, certes qui, quelques siècles plus tôt, aurait dû être Ansemarienne. Sans doute avait-elle dans ses veines quelques ressemblances avec les autres nobles qui virevoltaient autour. Ou peut-être étaient-ils lagrans, secrètement. L’un dans l’autre, il était difficile de le savoir. Néanmoins, elle n’aurait jamais pensé attirer son attention. Surtout pas quand ses tenues n’étaient pas des plus éclatantes, ou qu’elle ne brillait pas par l’éclat de sa voix.

Mais son talent était tout autre. C’était dans la finesse de sa conversation – et de ses remarques – qu’elle se révélait. Dans l’humanité qu’elle pouvait montrer dans ses actes – ou le manque de compassion pour une personne qui s’était attiré ses foudres. Elle était discrète, la plupart du temps, mais elle ne manquait jamais d’un mot à bien placer. Un mot murmuré, glissé dans une allée, ou lancé exactement au bon moment. On ne l’écoutait pas toujours.
Mais quand on le faisait, on pouvait avoir de drôles de surprises. Surtout si l’on n’était pas habitué. Bien entendu, il n’était pas certain que tout ce qui franchissaient les lèvres délicatement teintes en un rose corail léger de Jehanne était vrai. Mais, au final, la vérité était somme toute dans ce monde
extrêmement relative.

Il y avait quelque chose d’extrêmement flatteur dans l’attention, à peine d’un instant, qu’elle recevait. La remarque apporta quelque couleur sur ses joues. Elle n’avait que peu eu l’habitude de vivre, ainsi, des compliments par une personne sincèrement charmante. Si elle était bonne comédienne sur les bords, elle fut légèrement prise au dépourvu. Son sourire, innocent, gêné quelque peu, était sans doute vrai. Ou tout du moins, personne n’aurait pu en douter.

Le regard relevé, toute trace de l’embarras éprouvé effacé, elle cherchait presque son visage, son sourire. Curieusement, lorsqu’elle avait demandé à Geneviève quelques détails sur lui, une heure et quelque plus tôt, elle n’avait pas demandé pour son sourire. Et elle avait eu tort, la blonde, car peut-être aurait-elle été préparée.
« Avec grand plaisir, votre Grâce. » laissa-t-elle échapper, un sourire maîtrisé aux lèvres alors qu’elle prenait son bras élégamment. Il lui fallut un instant pour se contenir, pour que revienne la maîtrise de soi et qu’elle apparaisse telle qu’elle était depuis le début : discrète, mais loin d’être silencieuse. Elle aimait les mots. Et elle aimait la compagnie de personnes qui lui prêtaient volontiers une oreille et demandaient  à ce qu’elle parle. D’autant plus qu’il était duc, et que, de tout ce que Geneviève lui avait dit, elle ne pouvait qu’en dresser un portrait de lui bien trop parfait.
C’était dangereux.
Elle ne le savait juste pas encore.

Ils s’éloignèrent, lentement, du brouhaha joyeux et festif de la salle, et Jehanne commença, comme il l’avait demandé, à lui faire part de son ressenti sur la cour. « Cela fait presque un mois que je me trouve ici. Ansemer est un duché des plus agréables, et votre cour est à son image. A la fois grandiose, magnifique, intrigante... Elle n'en reste pas moins très accueillante. Le monde y est charmant. » Le silence, lentement, commençait à grimper autour d’eux., comme un ennemi.
« Puis-je demander où nous nous rendons ? »

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Message Sujet: Re: L'innocent jeu des premiers regards   Sam 12 Mai - 5:27

C’était peut-être cela, justement, qui la rendait si différente de toutes les autres. Cette mesure, cette discrétion, cette délicatesse. Il ne l’aurait peut-être pas remarqué, si son oeil ne l’avait pas noté au côté de Geneviève un peu plus tôt. Ils ne se seraient jamais parlé, elle n’aurait pas été portée par son sourire et lui par le son de sa voix. Elle aurait certainement profité de la cour d’Ansemer un peu plus encore avant de quitter pour rejoindre son comté, où elle aurait peut-être épousé un voisin Lagran avec qui elle aurait vécu heureuse. Il aurait peut-être fini par épousé Geneviève, ou quelconque autre noble, et il aurait repris la mer sans jamais imaginer quel piège il avait évité. La vie aurait peut-être été plus simple, plus heureuse, mais rien n’en était moins certain. Le Destin semblait avoir créé pour eux deux un chemin empli de douleurs, dont il avait soigneusement paré les premiers tournants de mille sourires et d’envoûtants murmures. Et ils l’empruntaient, à présent, inconscients de la suite qui les briserait assurément.

La jeune blonde à son bras, il repose sur elle une nouvelle fois un doux sourire avant de l'entraîner loin de l’agitation de la fête. Ses pas sont lents, alors qu’ils empruntent un long couloirs bordé de portes et de tableaux, et il l’écoute alors qu’elle lui fait part de ses impressions sur sa cour. Il se plaît des compliments offerts, sur sa personne et son monde, même s’il sait que ces paroles ne sont peut-être que simples mots doux utilisés pour le flatter. Elle ne lui aurait pas dit le contraire, après tout.
« Vous me voyez flatté de votre impression. Ma mère la duchesse est une excellente régente, mais la cour qu’elle dirigeait tenait bien plus d’Outrevent que d’Ansemer. » Elle lui avait cédé la couronne ducale pour que le jeune duc s’éloigne des mers et prenne du sérieux, et si cela avait fonctionné un peu, Bartholomé en avait tout autant profité pour rendre à Ansemer ses airs plus frivoles. Oh, ce n’était pas Sombreciel, loin de là, mais il avait balayé un peu la rigidité que sa mère avait déposé ici et là.

Ils s’éloignent, et bientôt même la musique n’est plus là pour les envelopper de son doux velours. Il n’y a que leur pas qui résonnent tranquillement autour d’eux alors que Bartholomé guide la Lagrane un peu plus loin, un peu plus creux, dans ce dédale de couloirs qu’il connaît par coeur.
« Nous y sommes presque. » qu’il répond simplement, sans donner plus d’informations. Et il sait, il se doute, que la blonde peut s’imaginer bien des choses. Pourtant ses intentions sont toutes louables, innocentes, et réellement il ne veut que lui montrer ce petit instant de magie que l’on peut découvrir si on sait regarder au bon endroit, au bon moment.
Et puis tout juste quelques moments plus tard, le duc la guide sur un petit balcon qui donne sur une petite crique bordée de grands rochers abruptes. Loin des quais, loin des plages, inaccessible vraiment, mais dont ils ont un vue superbe en ce moment. Et si le ciel est magnifique, baigné d’étoiles et de constellations, clair, éclairé seulement des lunes, c’est la mer là-dessous qui est sublime, magique, illuminée de millions de petites lumières bleutées qui semblent danser, des planctons, vraiment, mais on pourrait croire à une mer de paillettes scintillantes.
« En mer, la nuit, il arrive que l’on puisse voir un tel spectacle. C’est le seul endroit d’où il est visible, depuis le palais. N’est-ce pas sublime, magique même? » Et parfois, si l’on se perdait à observer ce tableau assez longtemps, il arrivait que l’on puisse apercevoir l’aileron d’un dauphin, ou d’un requin.

Bartholomé se retourne finalement vers la jeune blonde, et autour d’eux ils n’y a que le silence de de l’océan qui les englobe ; le vent qui siffle doucement une brise fraîche, les vagues qui se frappent sur la pierre. Il ne peut s’empêcher de la détailler un moment, de noter le clair de ses yeux, le rose de ses lèvres, le doré de ses boucles.
« J’adore venir me perdre ici, observer le large, écouter ses appels, ses lamentations, qui m'appellent, m’attirent. Comment est la mer, à l’Ancre-Fleurie? » Parce qu’il ne sait pas encore, le duc, que la demoiselle qui a pourtant grandie si près de l’océan a toujours favorisé les étendues verdoyantes et les jardins fleurissants. Il ne sait pas encore, qu’il l’arrachera à ces fleurs tant aimées pour ne lui laisser que des algues et des coquillages au parfum iodé.

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Message Sujet: Re: L'innocent jeu des premiers regards   Mer 16 Mai - 22:22

Si elle s’était posé un peu la question, peut-être n’aurait-elle pas accepté de le suivre. Peut-être, si elle s’était questionnée sur les intentions de son propre père plus tôt, n’aurait-elle jamais enfilé l’une des nombreuses robes offertes par lui. Peut-être aurait-elle arrêté de prêter ) ces nombreuses personnes des intentions qu’elles n’avaient pas et qui étaient immensément plus louables que ce qui leur passait par la tête. C’était sans doute encore plus flagrant pour Rodrigue, son géniteur, et actuel comte de l’Ancre-Fleurie. Celui-ci avait fait en sorte que sa fille arrive ici la mieux vêtue et la mieux parée à ses yeux – pour leur niveau social, et pour un niveau ansemarien, ce qui n’était pas peu dire –, que celle-ci puisse s’intégrer le plus efficacement dans le monde qu’était cette Cour. Et la douce, innocente encore ! Jehanne n’avait pas la moindre idée de toute cette affection venant d’un homme qui s’était appliqué pendant tant d’années à régenter sa vie. Il lui avait nié l’accès à l’Académie, où elle aurait pu briller. Il lui avait pris et interdit bon nombre de choses, sous couvert d’être son père. Inconsciemment, depuis le début, il la dirigeait. Et peut-être était-ce lui qui avait arrangé cette rencontre entre eux !
Il ne fallait pas voir le mal partout, mais définitivement s’interroger quelque peu.
En tout cas, rencontre fortuite ou pas, Jehanne se sentait flattée de marcher ainsi au côté du duc. Une part d’elle-même, horriblement fière, était grandement amusée qu’il l’ait choisie elle. Amusée, un peu fière, également. Geneviève ne serait pas jalouse, du moins l’espérait-elle : elle avait cru comprendre que la Compagne appréciait la compagnie de son dirigeant. Ou du moins l’avait-elle laissé entendre… Et Jehanne prenait définitivement le même chemin. Enfin, il n’était pas son duc, mais il n’en restait pas moins la personne dont elle devait respecter l’autorité.

Le sourire à ses lèvres était naturel, ainsi que ses compliments, alors qu’ils s’éloignaient, que le silence les entouraient. Leurs pas résonnaient étrangement, accordés presque, dans les couloirs impressionnants où la lumière des lunes jouaient par la fenêtre à jeter leurs ombres sur les portes closes et les murs.
Un long couloir sans fin. Une seule ombre qui le traverse, presque en silence. Un seul pas. Comme si déjà l’un d’entre eux était seul. Que l’autre n’importait pas, ou n’importait plus. Elle n’emprunterait plus ce couloir de sa vie, et encore moins pour se rendre à cet endroit qui s’ouvrit devant ses yeux.  L’espace d’un court instant, elle ne comprit pas : bien sûr, le lieu aurait été à peindre uniquement par son arrangement naturel, singulier. Et puis la Lagrane laissa ses yeux dériver vers l’eau.
Le spectacle la saisit, réellement. Avait-elle eu tort de tant dédaigner l’océan, enfant ? Avait-elle raté tant de merveilles qu’elle ne pourrait jamais se rattraper complètement ? Elle se promit qu’en rentrant, elle ferait de son mieux pour rattraper le temps perdu.
Si elle savait.

« C’est… » Les mots lui manqueraient presque. Son âme d’esthète refoulée, coquette plus qu’autre chose, se réveillait soudainement. « Je ne pense pas que la magie suffirait à recréer cette vue. » termina-t-elle, le regard toujours fixé sur celle-ci et les mains s’appuyant légèrement sur la balustrade devant elle. Quand elle détourna son regard, quelque peu plus clair que l’étendue d’eau sous eux, elle remarqua le sien sur elle. Cela lui prit toute sa volonté pour transformer la légère gêne qui la fit rougir en un sourire agréable.

« Elle n’est pas la même qu’ici. Je ne dirais pas qu’elle est plus calme, mais plus… Lagrane ? » Un rire léger lui échappa, alors qu’elle secouait sa tête. « Définitivement différente. Elle ne dégage pas la même impression d’infini. Elle est libre, oui, mais presque… Sage ? Plus contrôlée. » Sur ses traits, on pouvait lire une véritable concentration. La bouche légèrement plissée, dans une moue presqu’enfantine. « C’est une question bien particulière… Et ma réponse est sans doute bien trop vague. »


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Message Sujet: Re: L'innocent jeu des premiers regards   Mar 22 Mai - 5:13

Il est content le duc, de l’effet de son spectacle sur la Lagrane. Son spectacle, comme s’il se l’appropriait, comme s’il était à lui. Comme s’il était le créateur de cette petite merveille qu’en vérité la nature à elle seul est maître. Mais c’est des tournures de phrases qui lui viennent comme cela, parce que c’est aussi ce qu’on lui a appris. Ansemer est à lui, c’est son duché, ses terres, ses mers. Les arbres sont les siens comme les vagues et les plages. Chaque homme et femme qui peuplent les plus grandes villes et les plus petits villages sont ses sujets. Il est le grand maître de cet univers, et il sait que cela vient avec de grands devoirs. La responsabilité est grande, lourde, mais il la porte depuis si jeune qu’il n’en sent même plus le poids. La mort de son père alors qu’il était si jeune l’a fait grandir avec la certitude qu’il hériterait bien plus tôt qu’il n’aurait été autrement. Chaque instant de sa vie avait servi à le modeler pour porter cette couronne, même ces années qu’il avait fui en mer, inconsciemment, car il savait, il comprenait déjà, qu’un duc d’Ansemer se devait aussi d’être marin.

Il sourit doucement en réponse à son sourire, à ses paroles. Il n’est pas mage, et bien que la magie soit partout en Faërie et utilisée tellement fréquemment qu’elle devient presque naturelle même pour ceux n’en ayant pas le don, il est vrai que rien ne peut rivaliser avec les spectacles magnifiques offerts par le monde et sur lequels ils n’ont aucun contrôle. « C’est vrai. Il y a une beauté particulière à ce que le monde nous offre, sans notre aide, sans magie. » Les coucher et les lever de soleil, les matins brumeux qui nous couvrent l’horizon d’une voile opaque, le moment où le vent se lève et fait gonfler les voiles des navires. Le regard des femmes, la chaleur de leur baisers et la douceur de leur peau.

Il ne pouvait s’empêcher de détailler la jeune femme. Bartholomé ne se cachait pas bien apprécier la gente féminine, et il se fichait bien de ce qu’il pouvait se murmurer, bien que les constantes pressions de sa mère et de ses conseillers afin qu’il trouve une épouse venaient lassantes à la longue. Il avait encore le temps, qu’il leur disait. Mais c’était surtout qu’il souhaitait encore prendre le temps de profiter, de tomber amoureux, encore et encore, sans devoir se limiter. Il lui faudrait bien prendre femme, un jour, et il le savait. Il lui faudrait alors choisir l’une d’elle non pas seulement en fonction de ses attirances et ses sentiments mais bien en pensant à ce duché qu’elle finirait aussi par diriger un peu. Elle serait soit Ansemarienne, ou bien peut-être une Lagrane ou une Outreventoise, afin de créer peut-être d'avantages de lien entre les duchés. Il n’épouserait pas une Cibellane, qui ne supporterait pas après tout d’avoir si peu de pouvoirs et de responsabilités et d’être reléguée en second plan tant que le duc serait en présence sur terre ferme. Mais il avait le temps, encore, qu’il se disait, avant d’examiner ses possibilités. Aussi, quand il posait le regard sur la jeune femme, ce n’était pas en la voyant comme une possible future épouse. Il passait simplement un agréable moment en sa compagnie, et s’imaginait peut-être partager avec elle d’autres moments seuls à seuls, d’autres rires, d’autres confidences, des caresses, même peut-être.

Il l’écouta, tenter de lui raconter la mer lagrane, froncer les traits dans une concentration qui trahissait son manque d'intérêt pour cet infini bleuté. « Non, ça va, réellement, mais elle trahit peut-être votre manque d’expérience sur ses vagues. » Est-ce qu’il s’attendait à autre chose? Non, pas tant, car s’il y avait bel et bien quelques femmes sur les navires ces dernières se faisaient plutôt rares, et en tant qu’héritière de son père et donc du comté de l’Ancre-Fleurie, la jeune femme avait certainement autre chose à faire que passer ses jours à voguer. « J’imagine que vous passiez vos jours plutôt à apprendre la gestion de votre domaine qu’à observer la mer et voguez sur ses eaux. » Un léger soupire traverses ses lèvres alors que son regard se porte sur le sombre large. « Moi-même, je me dois maintenant raccourcir mes voyages pour assurer la gestion de mon duché. » Il ne s’étend pas, mais le ton de sa voix et la saveur de ses mots laisse sans équivoque le fait que déjà ces longs périples en mer lui manquent. Il envie parfois la vie des marins, des explorateurs, qui peuvent partir longtemps ainsi, mais il sait aussi qu’il n’est pas fait pour une telle vie. Le léger silence qui suit ses mots est plus pensant, mais il le balaie d’un doux sourire adressé à sa compagne de la soirée. « Racontez-moi l’Ancre-Fleurie, alors. Vous vous y plaisez? »

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Message Sujet: Re: L'innocent jeu des premiers regards   Dim 3 Juin - 9:25

S’ils savaient. Ils pouvaient encore s’éloigner. Ils pouvaient encore se repousser, l’un comme l’autre. Elle pouvait encore ignorer son esprit attiré par le charme de ce duc de neuf ans son aîné, si sûr, si charmeur et charmant qui la séduisait sans qu’elle en ait vraiment conscience. Elle pouvait encore s’écarter de ce chemin de peines et de douleurs sans possible délivrance qui l’attendait. Elle pouvait encore bien des choses. Elle pouvait dire non, prétendre un malaise et s’enfuir, le fuir, retourner en Lagrance ! Si elle avait fait ça, tout aurait été si simple. Mais pour le faire, elle aurait du le savoir.
Et elle ne savait pas. Inexorablement, elle marchait vers des années de sacrifices et de pleurs, profitant de la nuit étoilée et de la mer illuminée en dessous d’elle avec délice. De la présence de Bartholomé, agréable, intimidante et pourtant presque rassurante.

Le manque de mots qu’elle avait eu, Jehanne, face à l’explication de la mer de Lagrance n’était pas que seulement du à son manque d’intérêt. Comment décrire le changement, par excellence ? Et comment décrire ces flots calmes, presque maîtrisés, bien plus que celle qui dansait et ronronnait en dessous d’eux, parée de magnifiques lumières ? Depuis son arrivée en Ansemer, elle avait eu la confirmation que l’océan qu’elle avait connu jusqu’alors n’était pas le même que celui qu’elle retrouvait ici. Peut-être était-ce la même étendue, qui bordait chaque duché d’Arven à l’exception d’Erebor et de Cibella, mais rien que l’air semblait différent à leur abord. Elle supposait que si elle s’approchait des flots en Outrevent, pour peu qu’un jour elle s’y rendre, le ressenti serait encore différent.
Miroir à jamais changeant.
« Je n’ai pas eu la chance de pouvoir passer auprès de l’eau autant de temps que je n’aurais pu le souhaiter. » admit-elle avec un sourire gêné. Manque d’intérêt plus que d’expérience, sauf qu’il n’avait pas à le savoir. Encore que, depuis qu’elle était ici, l’intérêt commençait à se refaire. Peut-être qu’une fois de retour en Lagrance…

La manière dont il posa la suite fit comprendre à la jeune femme ce qu’elle avait cru soupçonner. Il ne vivait pas, lorsqu’il était sur terre. Il attendait de repartir en mer. Il avait cette démarche particulière de ceux qui savent compenser le roulis des vagues, plus que la raideur protocolaire des dirigeants. L’océan dansait dans ses yeux, attisant sans doute le manque qu’il ressentait.
Ca, elle ne pensait pas pouvoir le comprendre. Jamais encore n’avait-elle vécu d’histoire aussi attachante et éprouvante qu’un amour pour l’océan pouvait l’être. Peut-être que l’homme qu’elle épouserait, comte ou baron, d’Ansemer ou Lagrance, pourrait se l’attacher et lui faire ressentir la même chose lors de ses départs.
Elle lui rendit un sourire, baissant les yeux un instant. Non pas que son regard soit dur à supporter, mais elle avait peur de se perdre à détailler son visage, d’inventer des rêveries qui n’auraient jamais lieu. Si elle savait.

« L’Ancre-Fleurie est ma terre. Il y a dans l’union entre nos jardins et le littoral quelque chose de magique qui me fascine depuis toute petite. Nos deux duchés s’y confondent. Lorsque vient le printemps, les fleurs qui éclosent se risquent jusqu’à la lisière de la plage. C’est magnifique. » Elle était autant Ansemarienne que Lagrane, quand les jardins cédaient la place au sable. Son sourire revint, gêné.  Elle ne pouvait décemment pas l’inviter. Comment cela serait-il vu, cela serait-il pris ? Mais elle aurait voulu qu’il découvrît par lui-même la beauté de l’endroit. « Je me sens aussi bien à votre cour que là-bas. Cependant.. On a toujours, pour l’endroit où l’on est né, quelque affection particulièrement forte. Les moindres détails nous semblent étonnant, et prennent dans nos cœurs une place particulière. » Ses yeux glissèrent jusqu’aux siens, les accrochant dans le silence, plus longtemps qu’elle ne l’aurait souhaité.
Si elle savait.

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Message Sujet: Re: L'innocent jeu des premiers regards   Jeu 7 Juin - 23:32

Il sourit à sa réponse, simplement, sans rien ajouter de plus. Il se doutait qu’elle n’avait pas en ses veines le désirs de la mer tel il l’habitait. Ça se voyait tout de suite, lorsqu’on posait sur elle un regard. Lorsqu’on suivait ses yeux qui admiraient le large mais sans jamais tenter de s’y perdre comme les siens le faisaient. Il ne pouvait le lui reprocher, mais elle ne comprendrait sans doute jamais cet appel de la mer comme il le ressentait. Elle pourrait peut-être un jour tomber amoureuse des vagues qui viennent s’échouer sur les plages et y déposer moults merveilles, mais pour se languir des tempêtes et de la furie de l’océan et du calme plat presque mort y faisant contraste, il fallait être né pour voguer.

Et puis elle lui parle de ses terres, et il l’écoute avec attention. Il se dit qu’il pourrait s’y plaire, à ces terres couvertes de fleurs et de végétation, tant et aussi longtemps qu’il y aurait le littoral pour les border. Il y a bien quelques jardins qui ont été imaginés et créés pour enjoliver le palais, mais ils n’égaleront jamais les merveilles d’Edenia, et bien honnêtement, ce n’est pas vers ceux-ci que le duc se tourne lorsqu’il souhaite quelques instants de repos.
« Ce doit être magnifique alors. Il me faudra un jour faire escale à votre port, visiter ces merveilles qui vous fascinent depuis toujours. » Il n’ira jamais. Et si à cet instant l'envie de découvrir ces terres dont elle semble réellement éprise est vraie, quand ils seront enchainés l’un à l’autre toute envie lui passera. Il détestera l’Ancre-Fleurie sans même n’y avoir mis les pieds, et quand bien même son homologue Lagran venait à lui proposer de lui céder ce domaine que leurs prédécesseurs s’étaient longtemps disputés, il refuserait tout simplement. Ce devait être magnifique, certes, mais jamais son regard ne serait réceptif à la beauté de ce doux mélange du sable et des pétales, des parfums floraux et iodés. Dans un autre monde, dans une autre réalité, il en aurait certes apprécié la beauté ; pas dans cette trame sur laquelle ils évoluaient.

Et quand son regard vient chercher le sien, et qu’un instant ils restent là immobiles, dans le silence, un monde semble se dévoile. Il s’imagine avec la Lagrane, leur deux corps nus emmêlés dans les draps, leurs soupirs en harmonie et les mots prononcés en murmures langouleux. Il la voit à son bras, sublimement vêtue d’une tenue aux broderies délicates de fleurs et aux accents de perles, leur mains liées par le fil de soie, la couronne posée sur sa tête. Il se l’imagine fatiguée mais le sourire aux lèvres, plus vraie et sincère que jamais, leur bébé dans ses bras, alors qu’elle lui présente leur fils, et ces grands yeux bleus qui se plongent dans les siens. Il retrouve les yeux de la demoiselle de l’Ancre-Fleurie, au bleu si particulier, et le charme se rompt, et il revient à la réalité, leur réalité, celle qui jamais ne trouvera le chemin de ces fantasmes et ces rêves qu’il a un instant entraperçus. Ce qui peut-être aurait pu être, mais ne sera jamais. Ou qui sera, mais bien différemment.

Mais ces quelques instants suffiront à créer chez lui un désir en son coeur, en son corps, qui sera juste assez pour qu’il en demande plus. Chaque fête, chaque soirée, dans la foule de convives il cherchera cette tête blonde, dans l’espoir de partager avec elle quelques mots encore. Elle portait sur elle le charme des étrangères tout en partageant ce quelque chose de familier à ce qu’il retrouvait chez les Ansemarienne.
« Je crains vous garder pour moi plus longtemps qu’il n’est convenable. » Il ne voudrait pas la priver de la soirée, mais aussi, il sait que les rumeurs et les murmures s’échangeront si ce n’est que bien plus tard qu’il la ramène. Elle est l’héritière de son comté, après tout, et souhaite très certainement garder intacte sa réputation pour ne pas nuire à son éventuel mariage. Alors il lui offre à nouveau son bras, pour lui proposer de la raccompagner. « Votre père aussi est à la cour si je ne m’abuse? Il me faudrait bien le rencontrer. » Oh, s’il avait su que cela ne ferait qu’attiser les plans de l’homme qui voyait déjà sa fille duchesse.  « Je tiens audience publique demain matin. Dites lui de venir, nous partagerons le couvert par la suite. »
S’il avait su, certainement qu’il n’aurait jamais lancé cette invitation. Mais il ne savait pas, pas encore.

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Message Sujet: Re: L'innocent jeu des premiers regards   Ven 8 Juin - 19:36

Elle en aurait presque perdu la notion du temps, ici, à ses côtés. C’était innocent, c’était beau, c’aurait pu durer des heures sans qu’elle ne se plaigne. Bien qu’elle ne puisse l’entretenir de la mer, et bien qu’il ne puisse lui dire quoi que ce soit sur la beauté d’un comté qu’il n’avait certainement jamais visité – et qu’il ne visiterait jamais, il ne fallait pas se leurrer. Pourquoi un duc irait-il mettre les pieds dans l’un des seuls ports de Lagrance ? Même un Ansemarien qui avait des droits sur l’endroit, au vu du passé tumultueux de l’Ancre-Fleurie. Elle doutait qu’un jour il s’y rende.

Alors à travers ses mots, elle avait tenté de rendre justice à l’endroit qui habitait son cœur et ses pensées, plus que la cour d’Ansemer. Quoi qu’avec cette soirée, elle espérait pouvoir la trouver encore plus accueillante et finalement se sentir totalement à l’aise. Ce n’était pas la cour en elle-même qui la gênait, mais plutôt un ressenti général. Elle restait loin de s’intégrer et de se fondre dans la masse ansemarienne. Et peut-être, peut-être juste un peu, était-ce pour ça qu’il l’avait remarquée. Elle n’émettrait pas plus d’hypothèse à ce sujet, de peur de se tromper dans son esprit.

« Vous y serez le bienvenu. » Les mots, elle les pensait. Même si elle pensait encore plus fort qu’il ne viendrait jamais faire escale chez eux. Enfin. Pure politesse. Elle aurait aimé qu’il s’y arrêtât, aussi. Là encore, la chose était peu probable. Ce n’était pas une réelle volonté, plutôt une fantaisie de l’esprit sur un homme qu’elle connaissait à peine. Mais elle avait toujours été propice à rêver dans des situations incongrues, alors…

Elle vit passer dans son regard des choses qu’elle ne pouvait imaginer, dont la jeune héritière n’avait pas la moindre idée. Et elle n’avait pas la moindre idée que lui aussi rêvait, mais à des choses bien différentes des siennes qui n’auraient pas plus de chance d’arriver. Le piège se refermait sur eux sans qu’ils n’en aient conscience : Rodrigue n’avait pas arrangé encore la moindre chose, mais déjà ils s’engageaient sur ce chemin dangereux duquel ils auraient bien mieux fait de se garder. Un chemin de peurs et de douleurs, loin de la félicité et de la complicité qu’ils avaient chacun en tête. Qu’ils pensaient pouvoir vivre ensemble, fous, espoir à piétiner.

Gracieusement, la blonde reprit son bras, la tête tournée vers lui. Il était vrai que de s’absenter plus longtemps aurait, sans nul doute, apporté quelques rumeurs et murmures. Et elle tenait à sa réputation autant qu’à celle du duc. La mention de son père la fait hocher la tête, alors que lentement ils se détournent à regret ? du spectacle devant eux. « Ce serait pour lui un honneur. Je lui transmettrai votre invitation. » Plus que pour elle, peut-être. Elle savait combien son père tenait à ses racines ansemariennes – il lui avait suffisamment répété.

Elle ne se doutait pas, alors qu’ils prenaient le chemin inverse, de l’horreur qui surviendrait. Elle ne se doutait pas que les instants de bonheur dans ce palais à ses côtés étaient comptés, que bientôt ils en souffriraient plus sûrement qu’ils n’en profiteraient. Mais ils ne pouvaient pas savoir, alors qu’ils retournaient se mêler à la réception. Elle croisa, au coin de l’œil, Geneviève. Elle aussi aurait, le moment venu, son rôle à jouer dans la tragédie qui se préparait.

Mais pour l’heure, et pour réjouir ceux qui penseraient encore que leur histoire pouvait être heureuse, voyez comment elle sourit. Voyez comment ses rêves sont encore purs, comment, alors qu’ils se séparent aux yeux des autres et que leurs regards s’accrochent une dernière fois, elle semble déjà songer à leur prochaine rencontre. Voyez, simplement. Il n’y a ni complot ni manigance derrière ce sourire ou au fond de ces yeux. Il n’y a aucune mauvaise pensée dans ces rêveries, au fond d’elle. Voyez : ils auraient pu être.


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