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 Tableau ambulant

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Message Sujet: Tableau ambulant   Dim 20 Mai - 12:35


Livre III, Chapitre 3 • Les Échos du Passé
Aubrée Martel & Amarante de Nacarat

Tableau ambulant

Où l'ego des gens est quand même bien encombrant



• Date : 20 avril 1003
• Météo (optionnel) : Soleil. Pas trop de vent, mais quand même pas trop, trop chaud.
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Une pénurie de porteurs de tableaux qui contrecarre les affaires d'une peintre déterminée à livrer sa commande aussi grande qu'elle, et la voilà partie pour se perdre dans les rues de la Ville Haute à la recherche d'une tour (C'est pas comme s'il y en avait à tous les coins de rue). Et elle n'a pas énormément de force dans les bras, non plus.
• Recensement :
Code:
• [b]20 avril 1003 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3699-tableau-ambulant]Tableau ambulant[/url] - [i]Aubrée Martel & Amarante de Nacarat[/i]
Une pénurie de porteurs de tableaux qui contrecarre les affaires d'une peintre déterminée à livrer sa commande aussi grande qu'elle, et la voilà partie pour se perdre dans les rues de la Ville Haute à la recherche d'une tour. Et elle n'a pas énormément de force dans les bras, non plus.


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Dernière édition par Amarante de Nacarat le Dim 20 Mai - 17:26, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Tableau ambulant   Dim 20 Mai - 12:38

Amarante devait avouer : elle ne connaissait pas particulièrement cette partie de Lorgol. Pouvait-on vraiment la blâmer ? Non, pas lorsque l’on savait la surface qu’occupait l’immense Ville Libre sur le continent. Aucune personne n’aurait pu, réellement, se rappeler du nom de toutes les personnes vivant dans les tours alentour. Même en ayant sous les yeux le cadastre de l’endroit. Tout d’abord, parce que la ville comptait parmi ses habitants des gens de tout Arven, Ibéens comme Faës. Ensuite, parce que certains de ces mêmes gens ne vivaient pas forcément dans les tours l’année durant, et pouvaient totalement en laisser les chambres et la gestion à des amis, de la famille. Enfin, même en ayant le cadastre sous les yeux, il fallait quand même avouer que de se souvenir de tout le monde était impossible ! Surtout quand on avait un nom à rallonge. Ou que l’on était Belliférien – parce que tous les Bellifériens semblaient être les mêmes, aux yeux d’Amarante. Elle les évitait par ailleurs, des fois que l’un prenne l’envie de la charger sur son épaule pour l’emmener dans un coin sombre et faire croire à un mariage à sa manière. Même les nobles. Bellifère, c’était le mal de toute manière.

Enfin bon. Amarante, bien qu’ayant passé des jours et des nuits, secrètement, à arpenter les rues, ne connaissait pas les enchaînements de tours qui l’entouraient, en ce moment, alors qu’elle avançait en transportant un tableau qui faisait la moitié de sa taille – en même temps, vu sa stature, ce n’était pas bien compliqué. Elle savait, elle en était à peu près sûre, la rousse, qu’elle aurait du demander l’aide d’un porteur comme d’habitude. Ordinairement, lors de commandes aussi imposantes, elle employait un porteur de confiance pour l’aider à acheminer la toile, pendant qu’elle-même suivait, fière de pouvoir présenter son œuvre.

Sauf que dans ce cas-là, non. Ledit porteur était apparemment malade, et elle n’avait pas eu le temps de le faire remplacer. Elle ne faisait que moyennement confiance à d’autres. Et puis ce n’était qu’une toile. Pour une fois, elle pouvait bien la porter seule.
Ou pas.
Les rues les plus étriquées de la Ville Haute, passages presque perdus entre les tours, avaient vu une toile avec un bout de robe rose pâle en dessous se déplacer. Avec des bras. Et des petites mains.

La prochaine fois, définitivement, elle viendrait avec quelqu’un. Le tableau était lourd : il n’était pas encore encadré, mais sa taille n’aidait pas la petite rousse. Et la tour était encore tellement loin ! Enfin, elle le supposait. Si l’on suivait les indications qu’on lui avait remises, il lui restait des rues à parcourir, la plupart serpentant entre les tours plutôt que des artères principales. Elles restaient larges, et bien éclairées, mais définitivement peu pratiquées.

Et quand elles l’étaient, les gens pressaient presque le pas. Pas un pour lui proposer ne serait-ce qu’une once d’aide. Des fois que ça les tue. Bien sûr, pour la forme et pour sa propre fierté, elle n’aurait pas accepté qu’on l’aide à transporter la chose. Mais ça faisait toujours plaisir, que l’on pense à quelqu’un.
Le problème était que la jeune peintre commençait à fatiguer. Et à se perdre. La toile soigneusement enveloppée pour la protéger des possibles intempéries pesait dans ses bras. Enfin, c’était  sans doute l’égo du modèle qui l’alourdissait.

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Message Sujet: Re: Tableau ambulant   Sam 9 Juin - 23:35

Aubrée a profité de sa journée, relativement calme au milieu de semaines agitées, pour faire un petit détour par la tour de Ljöta où elle est censée loger, pour récupérer son courrier. Elle n’en a pas eu le temps, encore, depuis le couronnement – et cet horrible trajet en griffon d’escorte, durant lequel elle a cru mourir au moins quatre fois. Elle n’en a rien dit, par fierté, mais elle sait que son visage déjà clair a rapidement viré totalement au blanc, trahissant sa peur du vide et son envie brutale de rentrer à Lorgol à pied. Enfin, elle est arrivée à bon port, et sa vie d’apprentie assassin a repris son cours habituel.

Sans trop de surprises, elle a récupéré une lettre qui lui était destinée, dont elle imagine sans peine l’expéditeur. Tout en marchant dans ce dédale de rues qu’elle connaît désormais par cœur, elle déplie la lettre et laisse ses yeux en parcourir rapidement les lignes, jusqu’à la dernière. Et elle découvre quelque chose de totalement inattendu.

Il a signé sa lettre.

Incrédule, Aubrée s’arrête de marcher, se plantant brutalement comme une idiote en plein milieu de la rue. Heureusement, il n’y a personne aux alentours, qui pourraient lui demander plus ou moins gentiment de se pousser hors du passage. Encore moins qui pourraient lire sur son visage la surprise, la joie et la gêne, aussi, un peu. Enfin, elle savait bien que c’était Tybalt, ce mystérieux anonyme qui lui envoyait régulièrement des lettres dans un arvennois approximatif sans jamais les signer – par honte, timidité ou simple oubli ? Elle ne saura peut-être jamais. Mais elle ne s’attendait pas à trouver un jour en bas d’un de ses courriers son nom clairement écrit.

Est-ce que c’est parce qu’ils se sont revus au couronnement ? Peut-être. C’est aussi peut-être parce qu’elle est allée l’aider à reprendre ses esprits alors qu’il s’était évanoui, lorsque son oncle s’est envolé avec la Chasse Sauvage, et qu’ils ont pu parler, un peu. C’est peut-être ce qui lui a suffi à se décider à signer. Et espérer d’elle, peut-être, des réponses à ses mots. Le veut-elle, elle ? Ou préfère-t-elle se contenter de recevoir et de lire ses lettres, et de les ranger tranquillement dans le petit tiroir où elle les conserve toutes précieusement ? Elle ne sait pas. Aubrée trouvait la situation agréable, jusque là, à ne s’engager à rien, ni avec Taliésin, ni avec Tybalt. Ne rien promettre à aucun des deux. Elle ne sait pas si elle désire plus. Peut-être, pour montrer définitivement à Agathe que des garçons s’intéressent à elle aussi.

Clignant quelques secondes des yeux, elle se remet doucement en marche, repliant le vélin en deux pour le ranger dans son petit sac. Elle ne voit pas arriver en face d’elle une jeune femme rousse un peu en difficulté, dissimulée malgré elle derrière un objet plus grand qu’elle et qui ne l’a, de toute évidence, pas vue non plus. Et la blonde relève les yeux presque trop tard. Poussant un petit cri de surprise, elle tente d’esquiver l’obstacle en face d’elle, mais elle n’est pas assez adroite, et son épaule vient rencontrer le bord du tableau. « Oh, pardon ! Je m’excuse, je ne regardais pas où j’allais… » Elle relève les yeux vers la jeune femme et lui offre un petit sourire désolé, avant de reprendre une expression un peu plus sérieuse, en montrant le bord de la toile. « J’ai tapé dedans. J’espère que je ne l’ai pas abîmé. » Si jamais, elle essaiera de réparer son tort.

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Message Sujet: Re: Tableau ambulant   Dim 17 Juin - 17:31

La prochaine fois qu’elle entendrait ‘grandeur nature’, si le sujet n’avait rien fait de grand, ou qu’il était de nature à souhaiter représenter ses trois chiens et leurs douze chiots chacun à ses pieds, elle prétendrait ne pas pouvoir le faire devant tant de beauté. Bon, évidemment, elle serait bien stupide de refuser : le sujet serait intéressant et, somme toute, plus enrichissant que les fleurons qui couleraient grâcieusement d’une main à l’autre. Mais quand même ! On ne se rendait pas compte du poids et de l’encombrement que pouvait représenter une toile de cette envergure. Surtout quand le sujet, client, n’était pas des plus beaux ou des plus agréables à converser avec. Ah, oui ! Parce que si certains se contentaient de brèves séances de pose et lui laissaient le soin de finaliser sans leur auguste présence, comme lui, d’autres parlaient et se dévoilaient sans gêne alors qu’ils posaient. Ils faisaient les plus beaux tableaux, par ailleurs. Les plus vrais.

Mais de ça, elle n’avait pas le droit de juger à haute voix. Pour Amarante, franchement, le tableau qu’elle se traînait péniblement aurait été infiniment plus léger si la personne représentée dessus était plus agréable… Comme… Comme la dame Belastre, oui. Exactement. Presque la même situation : une grandeur nature, un portrait à sa propre gloire. Sauf que là où l’autre représentait une peine, où son égo la blessait le long des pavés, la dame peinte début 1002 était légèreté et beauté. Il y avait eu quelque chose de singulier à la peindre, outre la beauté manifeste de son corps.

Ou peut-être était-ce le fait qu’Amarante n’ait jamais pu lui remettre le tableau, et que toute mention de sa personne ait disparu d’ici là. Elle la retrouverait un jour. Le tableau patientait : contrairement à celui d’Océane, sans doute encore accroché dans le bureau de Clairobscur, elle n’avait eu nulle part où le délivrer. Eventuellement le faire passer par l’ambassade de Sombreciel, mais qui savait où il finirait ? Alors elle l’avait gardé. Si jamais elle trouvait le moyen de le lui remettre… Elle n’hésiterait pas.
Perdue dans ses pensées, traînant presque la toile avec elle, elle sentit avant qu’elle ne vit quelque chose la percuter. Les dents serrées, elle retint une exclamation. Encaisser, ne pas s’énerver. Ca devait arriver, évidemment. Vu l’espace qu’elle prenait dans la rue, il était impossible qu’elle ne rencontrât personne. Avec un soupir, elle pencha la tête sur le côté… Et resta quelque peu surprise de la jeune en face.

Assurément, la blonde n’était pas bien plus âgée qu’elle. Peut-être plus jeune de quelques années. Rien de choquant. « Ce n’est rien, il n'a rien. » fit la peintre en jetant un œil à l’endroit présumé de l’impact. Rien. Elle souleva la protection pour en constater. Toujours rien. « Vous auriez certainement plus abîmé son ego que son tableau en le frappant, de toute manière. » laissa-t-elle échapper, son visage légèrement tordu par l’idée. Rien que la pensée que son tableau avait été touché par une autre personne aurait pu lui porter un grand coup. Quelle stupidité.
Les traits de son visage s’adoucirent. « Pardonnez, je ne devrais pas dire ce genre de chose. »

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Message Sujet: Re: Tableau ambulant   Mer 4 Juil - 15:37

Elle est un peu gênée, Aubrée, de se mettre dans une pareille situation. Elle commence à en avoir l’habitude, un peu, de ses maladresses parce qu’elle ne réfléchit pas ou qu’elle manque parfois d’attention, mais ce n’est jamais vraiment amusant. Enfin, la rousse en face ne semble pas particulièrement lui en vouloir, s’empressant de lui répondre que l’objet n’a rien. Elle vérifié quand même sous la protection, mais son visage ne se durcit pas, et elle ne change pas d’attitude pour s’énerver contre elle. Bon. Au moins, elle n’aura pas de comptes à lui rendre. Un sourire soulagé se peint sur ses traits. « Tant mieux ! J’ignore comment j’aurais pu réparer mon tort, autrement. »  Elle pourrait même s’en faire une amie, peut-être ? Elles doivent avoir environ le même âge, peut-être que la rousse est un peu plus âgée. Et si la jeune femme paraît agacée, elle ne semble pas méchante.

Les sourcils se haussent devant les quelques mots que la rouquine laisse échapper. Et Aubrée comprend des choses, notamment sur l’identité de la rousse et les raisons de son agacement. Alors, cet objet est un tableau ? La rousse est donc peintre, sans doute. Et elle ce n’est peut-être pas simplement le fait qu’Aubrée l’ait percutée qui est responsable de son énervement. C’est peut-être aussi, en y réfléchissant, parce qu’elle est toute seule à transporter un tableau immense et qu’elle en a assez. En tout cas, à sa place, Aubrée en aurait sûrement assez à sa place, avec sa patience toute relative.

La rousse change d’expression et s’excuse, et Aubrée secoue la tête. « Il n’y a pas de mal. » Qu’elle peste, si elle le veut – tant que ce n’est pas contre elle. Un regard vers le tableau, puis elle revient vers le visage de la jeune femme. « Vous avez besoin d’aide pour le porter ? » Elle propose de bon cœur, spontanément. Elle n’a rien d’autre à faire, dans l’immédiat, à part retourner à la Tour Noire. La nuit est encore loin. Autant aider quelqu’un, dans ce cas, et pourquoi pas, faire plus ample connaissance. Avant que la rousse ne refuse, Aubrée reprend d’un petit sourire. « Je n’ai rien de mieux à faire, alors si je peux me rendre utile... »

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Message Sujet: Re: Tableau ambulant   Jeu 12 Juil - 15:14

Très sérieusement, la prochaine fois, elle peindrait un portrait par bouts. Une toile pour l’œil gauche, une pour l’œil droit, une autre pour la bouche et une dernière pour le nez. Elle était prête à négocier, mais il était hors de question qu’elle revive cette expérience traumatisante de transport ! Appelez-la paresseuse – ce qu’elle n’était certainement pas – si vous le souhaitez, mais quand on voyait les dangers auxquels on s’exposait en emportant un tableau avec soi dans les rues de Lorgol, vous comprendrez aisément qu’une petite pile de tableaux remplissant le même office était tout aussi agréable ! Le résultat pourrait certes être un peu plus expérimental, mais bon.

La tête légèrement penchée derrière la monstruosité qu’elle tenait – et ce qualificatif ne s’appliquait bien qu’à la taille de l’œuvre et non à son contenu –, Amarante détailla un peu plus la turbulente blonde – turbulente à ses yeux. Assurément, il y avait une forme d’harmonie dans les traits de son visage, quelque chose qu’elle aurait pu immortaliser sans peine si jamais elle en avait eu la possibilité : c’était la disparition des traits adolescents qui se fondaient dans une forme douce, élégante, témoignant à la fois d’une évolution et d’une construction de l’être, que sur la base de ce qu’elle avait été son corps construisait la nouveauté, au point que les fondations même en disparaissaient. Un sujet intéressant.
Plus tard, Amarante, plus tard.

La demande la surprit, sa bouche s’arrondissant un peu, ses yeux s’éloignant pour se poser sur le tableau. Si elle avait besoin d’aide ? Possiblement que oui. C’était lourd, l’image d’un dignitaire faussement digne. Si elle voulait l’aide d’une inconnue ? Légèrement méfiante, la Lagrane pesa le pour et le contre. Contre : elle ne la connaissait pas ; elle ne semblait pas bien plus grande ou forte qu’elle, mais les apparences pouvaient être trompeuses ; si elle décidait de soudainement la jeter sous les roues d’un fiacre ou carrosse, Ama ne pourrait pas y faire grand-chose. Pour : elle était gentille, à le dire spontanément de cette manière ; elle ne semblait pas si dangereuse que ça ; elles étaient loin d’être en plein cœur de la Ville Basse, où la peintre aurait certainement plus eu à craindre pour sa vie !

Egalité. Pourquoi ne pas dire oui ? La rousse hocha la tête. « Vous êtes bien aimable, merci. Votre aide serait appréciée. » Elle pivota un peu, l’encombrant colis dans les bras, en lui faisant signe. « Si vous pouviez… Prendre l’autre côté, s’il vous plaît ? Normalement, j’ai quelques porteurs qui se chargent de faire les livraisons à ma place mais ceux-ci ont décidé de tomber malade… Par ce temps radieux. » La petite moue évocatrice qu’elle eut, en levant les yeux au ciel bleu qui les surplombaient, là-haut, entre les tours. Comment pouvait-on tomber malade par ce temps ? Sérieusement ? « La tour où il est supposé être livré ne devrait pas être loin. »



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Message Sujet: Re: Tableau ambulant   Ven 13 Juil - 16:42

Sa proposition a l’air de surprendre la rousse. Est-ce parce que la blonde ne paraît pas assez aimable pour pouvoir spontanément proposer son aide ? Ou, plus réaliste, parce qu’aucun des Lorgois pressés qu’elle a dû croiser jusqu’alors ne lui ont proposé ? En tout cas, elle semble méfiante, au début, et réfléchir. Comme si Aubrée avait l’air d’une dangereuse criminelle, prête à la détrousser ou la tuer au prochain coin de rue… Bon, elle apprend à tuer des gens, certes, mais sa bouille de jeune fille innocence et naïve cache à merveille son. Pourquoi, alors, la rousse en face d’elle doute ? Elle ne dit rien cependant. Les mains sagement croisées devant elle, elle attend la réponse.

Finalement, elle hoche la tête. Le sourire d’Aubrée s’agrandit. « C’est avec plaisir. » La rousse pivote un peu, lui indiquant d’un geste de prendre l’autre côté. Aubrée s’exécute, attrapant doucement le bord du cadre. Elle ne voudrait pas l’abîmer davantage en le faisant tomber, en le perçant ou Mizajourèfa sait quelle autre bêtise. Elle relève les yeux vers la jeune peintre alors qu’elle râle contre des porteurs de tableaux, définitivement absents. L’Affranchie esquisse une moue en réponse, compatissante. « On n’est jamais mieux servi que par soi-même, il paraît. » Par soi-même, et les gentilles personnes qui proposent leur aide, visiblement. Mais de manière générale, se débrouiller seul est tout de même plus sûr. Au moins, si problème il y a, pas besoin de batailler avec une tierce personne pour lui prouver qu’il a fait n’importe quoi.

Un hochement de tête, encore. « Très bien. Je vous laisse me guider, alors. » Quelle logique, merci Aubrée. Comme si la Belliférienne, qui n’avait aucunement conscience de l’existence de la rousse quelques minutes auparavant, allait la guider dans les rues pour une destination inconnue. Rousse qui n’a, d’ailleurs, pas encore de nom pour l’Affranchie. Et qui ne s’appelle pas beaucoup plus précisément pour la rouquine. « Au fait, je ne me suis pas présentée… Je me nomme Aubrée. Aubrée Martel. » Un petit sourire se profile sur ses lèvres. Son nom ne lui évoquera sans doute rien de plus que les plaines arides de Bellifère, et encore. Elle n’a plus rien à voir avec, la blonde apprentie, et se définit désormais bien plus volontiers comme étant Lorgoise. Son nom seul la rattache encore à sa terre d’origine, et elle aimerait bien changer, comme Grâce, comme Agathe. Un jour, peut-être ; mais pour l’heure, ce n’est pas d’actualité, et elle doit bien se contenter de ce nom si belliférien.

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Message Sujet: Re: Tableau ambulant   Jeu 19 Juil - 15:12

Peut-être avait-elle été un peu trop lente à prendre sa décision. Elle ne voulait en aucun cas être désagréable à la jeune femme qui, aux yeux d’Amarante, avait décidé si gentiment de l’aider. Simplement, elle était quelque peu méfiante, la Lagrane aux ondulations rousses. Venue d’un duché où les pires choses n’étaient pas dites mais murmurées entre les couloirs, dans les boudoirs et derrière des paravents, on apprenait à se méfier. Même s’il était plus compliqué de se méfier d’inconnus qui inspiraient votre confiance. Alors quoi, elle avait douté, un peu ! Mais assurément, elle n’avait pas douté bien longtemps. Et son sourire semblait franc et loin d’être forcé, de ce qu’elle pouvait en voir par le côté du tableau. Il y a de la douceur dans la manière dont elle attrape le tableau. Il vaut mieux, déjà qu’elle a failli l’éborgner plus tôt…
« A condition de pouvoir porter le tableau. » conclut-elle avec un léger rire.

Suite à cela, elle commença à marcher, presque lentement, en direction de la partie de la ville où le Belliférien avec un égo bien plus gros qu’aucune partie de son anatomie attendait sûrement de pied ferme. Elle ne demanderait pas à la jeunette – Aubrée, comme elle se présentait au bon moment – de rester. Elle trouverait bien un moyen de la dédommager pour son temps perdu. Probablement la payerait-elle, ou lui proposerait-elle au moins quelques instants en sa compagnie, un verre devant elles dans une des auberges alentour, en tout bien tout honneur. Elle la sortait d’un bien mauvais pas, et ne voulait surtout pas avoir l’air de ne pas la remercier.

Et elle n’allait pas lui offrir un tableau. Ou des fleurs. Ou autre chose. Enfin, elle verrait bien où ça les mèneraient. La rousse ne voulait pas être désagréable à sa sauveuse, et sauveuse de son art !
« Enchantée. » Le terme était peut-être un peu de trop, mais ravie n’allait pas passer non plus. Enchantée passerait très bien. « Amarante de Nacarat. » offrit-elle en retour, avant de regarder les tours qui s’élançaient à leurs côtés. Bien. Au moins se rapprochaient-elles.

« Je vous suis très reconnaissante de venir à mon secours. Vraiment. Du peu de gens croisés par ici, aucun n’a simplement daigné s’arrêter, ou même s’écarter pour faciliter le passage. » A croire que le monde entier était contre elle ! Quand même pas, mais un peu, peut-être.  Amarante lui jeta un coup d’oeil. Définitivement, elle appréciait que ça soit elle et non pas une sorte de lourdaud qui aurait traîné ces rues. « Qu’est-ce que vous amène dans ces rues de Lorgol ? » sous-entendu de leur Ville Haute.
Sous-entendu, faisons un peu la causette en avançant, évitant le peu de passants y traînant.

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Message Sujet: Re: Tableau ambulant   Jeu 13 Sep - 23:39

Manifestement, sa réponse a eu pour effet de dissiper la méfiance de la rousse d’en face, qui s’autorise un léger rire. Tant mieux, au moins Aubrée ne regrettera pas d’avoir proposé son aide, d’autant plus si elles font connaissance – et deviennent amies par la suite. En tout cas, la discussion semble engagée, et la blonde ne décèle plus chez son interlocutrice aucune trace de doute ou de méfiance à son encontre.

Elles se mettent rapidement en route, guidées par la rousse. Les mouvements de l’apprentie assassin sont mesurés et contrôlés alors qu’elle cherche à prendre le plus grand soin possible du tableau qu’elle porte. C’est qu’elle ne voudrait pas l’abîmer encore, juste sous les yeux de sa créatrice. Elle n’est pas artiste le moins du monde, Aubrée, mais elle suppose qu’elle n’apprécierait pas de voir son travail bousillé sous ses yeux par la maladresse d’une personne sensée l’aider. Au moins, dans le métier d’assassin, c’est déjà plus difficile. Les morts reviennent difficilement à la vie – si l’on omet cet empereur maudit qui ne lui inspire que du dégoût. Ses sourcils se froncent légèrement à cette pensée, vite balayée d’un battement de cil. Elle ne veut pas ressasser ces souvenirs désagréables, et préfère se concentrer sur l’instant présent et la rouquine en face – Amarante de Nacarat, donc. « De même. » Noble, elles ne sont donc pas tout à fait sur un pied d’égalité. Enfin, cela ne semble aucunement gêner la jeune femme, qui n’hésite pas à la remercier.

Tout en esquissant un mouvement pour éloigner le tableau du mur qu’il a failli frôler, la blondine penche légèrement la tête sur le côté. « C’est tout naturel. A votre place, j’aurais sûrement aimé recevoir un coup de main aussi. » Oui. Elle aurait voulu qu’on l’aide, mais par fierté, aurait certainement refusé la moindre proposition d'aide. Une moue légère vient tordre ses traits. « Les gens… Ils sont pressés, je suppose. Il ne faut pas leur en vouloir. » Ou bien toute trace de sympathie, chez eux, est profondément inexistante, allez savoir. Un léger haussement d’épaule conclut sa réponse.

Elle relève ses yeux clairs vers le visage d’Amarante à sa question, et décore son visage d’un sourire tranquille. Il y a quelques temps encore, à ses débuts à Lorgol, elle aurait sûrement paniqué à l’entente de ce type de questions, inquiète de trop se dévoiler ou de semer le doute dans l’esprit des autres quant à sa réelle profession. Mais elle a appris, depuis le temps, à parler sans mentir, ni sans en dire trop. « Rien de bien important. J’avais quelques rapides courses à faire. Du courrier à récupérer, notamment… » Se remémorant le contenu dudit courrier, et le nom inscrit tout en bas de la feuille d’une main maladroite, elle sent ses joues rosir. Mais elle n’a aucune envie de s’épancher sur ses états d’âme devant une quasi-inconnue, alors elle donne le change, même si Amarante ne sera sûrement pas dupe. « Cela fait longtemps que vous peignez ? » La question est terriblement banale, mais la curiosité est sincère. Et puis, si elle permet de faire disparaitre cette fichue couleur de ses pommettes, elle est plus que bienvenue.

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Message Sujet: Re: Tableau ambulant   Ven 28 Sep - 23:22

Faut arrêter à un moment, quand même, de commander des pièces aussi gigantesques uniquement pour satisfaire son égo.Elle savait que les Bellifériens avaient des choses à compenser, mais enfin, tout de même… Elle ne jugerait pas. Pas à haute voix, du moins. Oh.. A moins que cela ne soit déjà fait. Par des moyens détournés, un peu fleuris, comme elle en avait tant l’habitude.
La rousse n’était pas vraiment sûre que deux brindilles telles qu’elles deux pourraient s’en sortir, mais, en maths comme dans une situation désespérée, une brindille valait beaucoup moins que deux. Et puis, bon. Cela leur prendrait peut-être un peu plus de temps que si l’autre n’avait pas décidé de se faire porter pâle. Mais elles s’en sortiraient. Doucement.
Au moins, Amarante pouvait reconnaître à la blonde jeune fille un soin tout particulier, dans ses gestes. D’aucuns auraient pu vouloir se débarasser au plus vite de cette tâche, même en proposant leur aide. La situation des plus classique : ‘je propose mon aide pour me faire bien voir, mais j’espère que l’on dira non’.
Son regard se tourna vers les quelques persones, loin d’être pressées, qu’elles croisèrent en avançant lentement sur les pavés. Ls regards de biais, quelque peu amusés, lui firent retenir un soupir. Pressés. Bien sûr. Ou juste atteints d’une horrible condition physique qui les empêcheraient d’aider une demoiselle dans le besoin. Il ne fallait pas trop espérer des gens de la Ville Haute, pour certains de plus noble naissance qu’elle. Mais pas de trop haute naissance: eux ne s’hasarderaient pas dans les rues seuls.

Elle était calme, Aubrée, presque sereine au rythme de leurs pas réguliers. Tout du moins, jusqu’à lui expliquer sa présence en cette partie de la ville, car un léger trouble sembla se jeter sur son visage. Amarante se savait bien versée dans l’art de le détecter, ce trouble - pour des raisons qui pouvaient sembler obscures mais qui prenaient tout leur sens -. De là à penser que la jeune recevait quelque courrier bien personnel… Eh bien, l’esprit de la peintre était déjà sur cette idée.
Ou alors la jeune prenait un coup de chaud. Ca pouvait être ça. Et alors là, bonjour la perspicacité. Surtout qu’il ne faisait pas tellement chaud, même si l’effort pouvait susciter une montée de température.
Enfin.

« Je me suis officiellement lancée à ma sortie de l’Académie. Avant cela, je peignais surtout pour de petites commandes, ou pour des amis. » Ou des inconnus, ou sa famille. « Cela fera trois ans fin juin. C’est fou comme les années passent vite. Oh. Tournons là, voulez-vous ? » Elle indiqua une rue un peu plus large, tout aussi déserte. « Le chemin sera plus court. Je disais…. » Souffla la rousse en dirigeant leur drôle de paquet avec une expertise rare que seuls ceux qui passaient un temps particulier sur une œuvre avaient à l’égard de celle-ci « que les années passent vite et semblent pourtant tellement déstabilisantes. Auriez-vous pensé, il y a de cela, disons, quatre ans, vous retrouver à la place que vous occupez ? »
Place dont elle n’avait pas la moindre idée. Oh, elle demanderait, plus tard. Prudente, elle se permit cependant d’ajouter : « Vous n’êtes pas obligée de m’en parler si vous ne le souhaitez pas. »

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Message Sujet: Re: Tableau ambulant   Dim 30 Sep - 16:29

Aubrée est certaine que la rousse a remarqué son changement d’expression. En même temps, il faut avouer qu’elle n’est pas des plus douées pour cacher ses émotions, même s’il y a eu du progrès à noter, depuis deux ans. Mais lorsque cela touche à un sujet aussi sensible que ses histoires de cœur… C’est compliqué. Enfin. La jeune femme répond volontiers à sa question, ce qui arrange au plus haut point l’apprentie assassin.

Elle ponctue les explications de hochements de tête, pour montrer qu’elle écoute autant qu’elle est d’accord. Ainsi, elle est passée par l’Académie. La blonde songe aussitôt à Eponine, sa presque-cousine , qui s’y trouve en ce moment. A Matvei, aussi, qui épousera bientôt Ljöta. Et même à Sigrid, qui y a passé quelques années. Elle aimerait bien y aller, un jour, simplement pour visiter. Elle l’a déjà vue de très loin, bien sûr, mais y être dedans… C’est certainement autre chose.

La rousse enchaîne, disant que le temps passe vite, ce qu’Aubrée ne peut que confirmer. « C’est vrai. » Dire qu’il y a deux ans, elle n’avait que dix-huit ans, petite Belliférienne égarée à la cour de Sombreciel. Elle se souvient parfaitement bien de ce mélange de méfiance, de curiosité et de fascination qu’elle ressentait à chaque fois qu’elle découvrait une chose ou une… tradition nouvelle. Et aujourd’hui, la voilà apprentie assassin et suivante d’une princesse, et la blonde est aussi à l’aise dans ce rôle que si elle le pratiquait depuis de nombreuses années.

Elle acquiesce à l’indication de trajet, et bifurque dans la direction montrée par la peintre, tout en faisant attention à ne pas abîmer le tableau. Concentrée sur ses gestes, elle ne relève les yeux vers Amarante que lorsqu’elle lui pose sa question. Il y a quatre ans… ? Son sourire se tord en une moue peu joyeuse. Et la peintre s’empresse d’ajouter qu’elle n’est pas obligée de lui répondre, parce qu’elle a sûrement remarqué sur son visage que ses souvenirs ne sont pas forcément joyeux. Ou parce qu’elle est simplement polie, et qu’elle anticipe, au cas-où. Aubrée la rassure d’un sourire, lui indiquant que tout va bien. « Non, certainement pas. » A quel moment aurait-elle pu se dire, à seize ans, qu’elle apprendrait un jour à égorger des gens ? « Il y a quatre ans… Je vivais encore au fin fond de Bellifère. A cette époque, j’espérais être simplement mariée à un homme bon, et pas trop violent. » Le nom de Géralt s’impose à son esprit. Elle en était amoureuse, un peu, quand elle était plus jeune. Il était le seul à être aussi gentil avec elle, et elle aimait tant parler avec lui lorsqu’ils se retrouvaient pendant les réunions entre Martel et Aubenacre. Et finalement, un mariage avec lui l’aurait beaucoup moins dérangée qu’avec n’importe quel autre Belliférien. Enfin, elle est bien contente de ne pas avoir à s’enfermer dans une union. Surtout un mariage belliférien. Enfin. « A cet âge, je pensais qu’à vingt ans j’aurais déjà eu deux ou trois enfants. Je suis bien contente que ce ne soit pas le cas. » La dernière phrase est glissée sur un ton léger, mais elle est tout à fait sérieuse dans sa déclaration. Elle aura peut-être des enfants un jour, mais… Dans longtemps. « Je n’imaginais pas non plus pouvoir me promener à ma guise dans la Ville Haute, et aider les gens à porter des tableaux. » Et encore moins vivre près d’une princesse et Ecoutante.

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Message Sujet: Re: Tableau ambulant   Ven 5 Oct - 22:00

Amarante avait peur d’avoir dépassé les limites, en posant cette question. Lorgol était le carrefour des vies, l’endroit où Faërie rencontrait Ibélène sans problème - presque. La guerre, ça ne comptait pas tellement - et le lieu d’unions amicales, sacrées, officielles par excellence. Lorgol n’était pas le territoire neutre par excellence pour rien après tout. Et ici, peut-être même plus qu’ailleurs - encore qu’il faille faire attention à ses paroles peu importe le duché, après tout - la prudence était de mise. Et on ne voulait pas se mettre à dos des inconnus, dans des rues qui n’avaient de sécuritaires que le nom. On ne savait jamais qui l’on pouvait y croiser. Autant la Ville Basse était-elle dangereuse par la faune qui y déambulait, mais c’était une menace frontale ; autant les rues des riches et puissants - et corrompus - étaient-elles aussi dangereuses… Mais d’une manière autrement plus vicieuse. Sous le vernis, comment pouviez-vous seulement deviner si l’autre n’était pas le plus dangereux des assassins ? Bon, la rouquine doutait grandement qu’Aubrée puisse lui faire du mal.

Mais tout de même. Se méfier, toujours, même si tout arrivait pour une bonne raison. Ne pas pousser sa chance, au cas où l’on se tromperait - Ama ne se trompait pourtant presque jamais.
Bellifère. Oui, c’était à s’en douter. Elle n’en avait que peu croisé, jusque là, des filles et des femmes du duché de la Guerre. Pure logique : leurs mages étaient sans doute brimées, tuées, cachées, certainement pas envoyées à l’Académie pour peu que celles-ci soient de familles nobles. Leurs savantes ? Quelles savantes, vous saviez bien que l’esprit féminin n’était pas fait pour supporter l’apprentissage d’un savoir ! Surtout d’un savoir martial, voyons. Et dans les rues de Lorgol, dans les tours qu’elle fréquentait, les familles où elle se rendait, les femmes croisées gardaient leur place d’objet. Triste duché que celui qui défendait Ibélène et donc elle avait, sans que personne ne le sache, peint l’ancienne duchesse Séverine aujourd’hui disparue.

Un claquement de langue agacé derrière elles lui fit tourner la tête, pour remarquer un homme qui les dépassa, sans même prendre la peine de tenter d’être quelque peu sympathique. Pour un peu, il aurait tenté de passer au travers du tableau ! Et Amarante aurait été bien mal d’essayer de l’expliquer. “Vous avez vraiment évolué, en effet. Lorgol a cet effet-là. Elle exacerbe la liberté de tous. “ Son sourire était sincère, préférant se concentrer sur la jeune plus que sur l’inconnu déjà disparu. “Je ne sais que peu de choses sur cette culture, vraiment. Certains de mes clients sont de hauts dignitaires en mission diplomatique, mais… Je ne sais s’ils sont de justes représentants.”
Comprendre : je me fierai bien plus simplement aux rumeurs sur la stupidité animale d’hommes qui ne savent que se battre et manquer de respect aux mères et aux femmes, sur leur légendaire misogynie, sur leur manque de compassion, qu’à trois clampins vêtus de rouge et de soieries, le regard méprisant et niant jusqu’à mon existence pendant la séance.
“... Comme pour le commanditaire de cette oeuvre, d’ailleurs. Enfin, il se targue d’ancêtres bellifériens, dans un ouvrage militaire connu…”


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Message Sujet: Re: Tableau ambulant   Ven 26 Oct - 14:45

Aubrée étale sa vie, et Amarante écoute. Elle semble à peine étonnée de l’origine de la blonde – ou du moins des changements que Lorgol a induit dans sa vie. Et encore, elle n’en sait qu’une infime partie. Sûrement ne se doute-t-elle pas que l’aimable Belliférienne apprend l’art de tuer entre les murs de la Tour Noire auprès de l’Ecoutante de la Lame en personne. Et tant que son bracelet métallique sera bien en place à son poignet droit, masquant convenablement son tatouage, la rouquine ne saura pas.

Un claquement de langue, et la blondine tourne aussitôt la tête en direction d’un homme visiblement pressé et peu sympathique d’apparence. Il ne semble pas remarquer pour autant le regard noir que lui lance Aubrée. Dommage. Bon, elle se serait sûrement attiré des ennuis, pour peu que l’homme ait été influent et courroucé par sa réaction. Elle n’est qu’une simple suivante aux yeux du monde, après tout – mais actuellement elle s’en moque.

Amarante la ramène à l’instant présent, et Aubrée lui adresse un sourire franc et un hochement de tête. C’est la liberté de Lorgol qui a conquis son cœur quelques jours à peine après son arrivée, en juin 1001. C’est sa maison, désormais, et elle s’y sent bien mieux que n’importe où ailleurs en Arven.

Un hochement de sourcils répond à la réflexion de la peintre. « Croyez-moi, il n’y a pas plus juste représentant du Belliférien moyen que le paysan reculé qui met sa femme et son cheval sur un même pied d’égalité. » Certains diront que Bellifère, c’est bien plus que cela, que la culture martiale de Bellifère a aussi des côtés fascinants et incroyables. L’Affranchie n’en veut rien entendre. La rousse la sentira peut-être un peu amère dans ses propos, et comprendra qu’elle ne peut être plus sincère dans ses paroles.

La suite lui tire un fin sourire. « C’est une fierté pour beaucoup d’hommes, pensez-vous. » Et de quelques femmes. Des filles, comme Agathe avait pu l’être. Elle l’est peut-être toujours un peu, d’ailleurs, mais Aubrée se plaît à se dire qu’elle a changé assez - il ne peut en être autrement, auprès de l'incroyable baronne de Sylvamir. Ce n’en est aucun cas une pour elle. Elle aurait tant préféré naître ailleurs… En Sombreciel, par exemple. Elle n’aurait sans doute pas été la même, son histoire l’aurait sûrement forgée différemment. Mais ne pas avoir à se battre pour sa liberté aurait été quelque chose de précieux. « S’il ne parle que de ses ancêtres, il n’a sûrement rien en commun avec eux. » Elle marque une pause, et poursuit. « Sans vouloir vous vexer… Je ne suis pas certaine qu’un Belliférien pure souche demande à être peint par une femme. Malheureusement. » Alban Martel le premier. Bien sûr, il est inconcevable pour Aubrée qu’un Belliférien natif porte un quelconque autre regard sur les femmes que celui-ci – sauf Géralt. L’exception qui confirme la règle, évidemment.

Levant le regard vers elle, elle ajoute, curieuse. « Et vous, si ce n’est pas indiscret ? D’où venez-vous ? » Elle ne vient pas de Lorgol, au vu de ce qu’elle lui a dit, mais Aubrée serait bien en peine d’identifier le duché de provenance de son nom de famille.

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Message Sujet: Re: Tableau ambulant   Jeu 1 Nov - 12:46

La jeune femme, il était vrai, ne connaissait que peu de choses à propos de Bellifère. Tout au plus savait-elle les rumeurs et les calomnies, à propos d’hommes enlevant des étrangères de passage dans des villages. De femmes dont les lèvres avaient été recouvertes d’un bandeau dessiné d’un sourire parce qu’elles parlaient trop mais ne souriaient que peu – elle doutait fortement que celle-ci soit réelle, d’ailleurs. Les guerriers n’en auraient sans doute rien à faire que leur génisse ne soit pas souriante. Elle savait les rumeurs et les histoires rocambolesques, elle savait également les légendes et les contes de combattants sans peur – ou incroyablement stupides.
Elle n’avait certainement pas sur leur culture et sur le duché de la Guerre une vue aussi juste que celle que semblait lui proposer la longiligne Belliférienne qui l’accompagnait et l’aidait dans cette lourde tâche. Mais encore une fois, Amarante avait-elle tort ? Non. On était ce que les gens pensaient de nous. On était ce que le monde faisait de nous, nous façonnant du regard des autres, même sans en avoir conscience. Tout était une affaire de visuel, de paraître, de cohabitation et de démarcation. On se définissait par rapport à ce que les autres se rappelaient de nous.

Tout du moins, c’était la vision d’en avait Amarante. « Je ne suis pas vexée, rassurez-vous. » sourit la jeune femme. « Disons qu’il est moins peint par une femme que par un artiste dont le nom lui est parvenu aux oreilles. Ca ne l’empêche pas de ne pas vraiment se rendre compte de ma présence, lorsque nous sommes ensemble. » Et elle ne cherchait pas à lui parler ou à le contacter plus que cela : la seule chose dont il parlait, ce fier dignitaire, c’était combien toute sa famille avait toujours fait des merveilles dans la cavalerie belliférienne, comment son grand-oncle avait eu trois chevaux tués sous lui à la bataille… A la bataille d’un certain nom, sûrement, la peintre s’en fichait. En somme, des récits qui ne l’intéressaient pas : elle aurait eu du mal à les peindre, ne connaissant pas le ressenti des personnes concernées. Le tableau restait figé et flou dans son esprit.

Ses yeux rencontrèrent les siens, un bref instant. Etincelle pétillante de terre chaude, parsemée d’herbe, de caramel lorsque le soleil s’y reflétait. La rousse l’était jusque dans les yeux, vive, esthète, singulière. Elle haussa un peu les épaules, le regrettant immédiatement alors que le geste lui rappelait combien c’était une mauvaise idée.
« Je suis née en Lagrance, dans un domaine près de la frontière cibellane. Rien de bien intéressant… C’est une terre magnifique, qui aime à porter l’esthétisme à son paroxysme, tant dans l’architecture que dans l’agencement des terres et des jardins. » et dans le contrôle des enfants, de ce qui se dit, se fait, se porte ou non. Carcan étouffant d’apparences dont Amarante savait jouer à la perfection.
« Voilà presque un an que je n’y suis retournée, mes obligations m’ont tenue sur Lorgol. »

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