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 Le chant de la curiosité

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Les Compagnes
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Message Sujet: Le chant de la curiosité   Mer 8 Aoû 2018 - 19:42


   
Livre III, Chapitre 4 • La Légion des Oubliés
Meldred de Séverac & Isabeau Ventdoré

   
Le chant de la curiosité

   
L’Accord. Magie hypnotisante.

   


   
• Date : 28 juin 1003
• Météo (optionnel) : Le ciel est découvert. Il fait chaud.
• Statut du RP : Privé.
• Résumé : Depuis ses découvertes au Manoir de la Rose, Isabeau veut à tout prix découvrir les mystères entourant l'Accord. Guidée par les conseils de son ami Rackham, la Compagne rend visite au Symphonie pour obtenir d'un certain Meldred, elle l'espère, les réponses tant attendues.
• Recensement :
   
Code:
• [b]28 juin 1003 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t4049-le-chant-de-la-curiosite#150836]Le chant de la curiosité[/url] - [i]Meldred de Séverac & Isabeau Ventdoré[/i]
    Depuis ses découvertes au Manoir de la Rose, Isabeau veut à tout prix découvrir les mystères entourant l'Accord. Guidée par les conseils de son ami Rackham, la Compagne rend visite au Symphonie pour obtenir d'un certain Meldred, elle l'espère, les réponses tant attendues.
   

   

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Dernière édition par Isabeau Ventdoré le Mer 8 Aoû 2018 - 19:53, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Le chant de la curiosité   Mer 8 Aoû 2018 - 19:43

Troublée, Isabeau l’était sans aucun doute depuis les tristes évènements qui avaient résonné dans les ruines du Manoir de la Rose. La Compagne avait ouverte une porte qu’elle n’aurait jamais du découvrir. Il est facile de vivre sa vie dans l’inconscience et l’idiotie. Quand on ne sait pas qu’une myriade de choses se passe sous ses pieds, on ne peut pas vraiment y faire attention. Elle qui se pensait instruite et ouverte au reste du monde avait rapidement déchanté. Les mensonges étaient partout et de nombreux mystères étaient encore à élucider. Des mystères qui risquaient de définir l’avenir de tout Arven. Isabeau aurait pu continuer sa route, se sortir de ce dédale et sauver sa santé mentale. Obstinée comme elle l’était, ce ne fût de toute évidence pas la route qu’elle emprunta. Ce n’était pas seulement un caprice, c’était bien plus que ça. C’était une chance pour elle d’aider, de faire la différence. Elle qui souhaitait rendre le sourire au reste du monde, arrêter les guerres, faire régner la joie. Isabeau était pleine de bonnes intentions, mais ce n’était au final pas si facile que ça, rien n’était jamais réellement facile sur Arven. D’autant plus quand ce sournois Destin rentrait dans la danse.

Ce même jour, alors qu’elle discutait avec son nouvel ami Rackham, la jeune femme s’était emballée, peut-être un peu trop. Sentir le soutien de cet homme dont elle ne savait au final rien était étrangement rassurant. Et puis il était déjà lui-même si impliqué dans tout cela que ses propres ambitions alimentaient celles de la Compagne. La Vapeur. Savoir brumeux. L’Accord. Magie hypnotisante. A sa plus grande surprise, le chevaucheur lui offrit des informations inestimables. S’il ne semblait rien savoir de la Vapeur, il lui raconta un conte plus que surprenant sur l’Accord. La Symphonie, ce vivenef de légende sur lequel il avait pu lui-même monter. Les Accordés, ces magiciens qui étaient de chair et d’os. Tout cela était vrai, Rackham venait affirmer toutes les suspicions de la demoiselle. Une piste et un soutien indéfectible, voilà ce qu’il venait de lui offrir sans vraiment s’en rendre compte. Alors qu’il la quittait, Isabeau était plus résolue que jamais. Il fallait faire des recherches et recherches elle fit. Elle tenta bien vainement de trouver des informations dans sa belle Souffleciel, mais rien n’y faisait. Quelle idiote. Comment aurait-elle pu trouver des ouvrages sur des savoirs et magies interdits ? Ici comme ailleurs, ce n’était pas la voie à suivre.

Une seule solution demeurait, rendre visite au vivenef de légende qui mouillait dans la Ville Basse de Lorgol. Une chance pour elle, une excuse était tombée entre ses griffes élégamment manucurés au plus parfait des moments. L’un de ses clients préférés, plutôt que de la payer en monnaies sonnantes et trébuchantes, décida de lui offrir une vieille tour délabrée à Lorgol. Quoi de mieux que de rendre visite aux Accordés tout en prétendant découvrir sa toute première possession terrienne. Courtoise au possible, la jeune femme avait adressé au navire un courrier au milieu du mois de juin, annonçant sa venue en fin de mois pour discuter d’importantes affaires. Si la réponse qu’elle obtint fût glaciale au possible, cela ne la découragea d’aucune façon. Si c’était la seule façon de satisfaire sa curiosité et d’aider ce monde qu’elle aimait tant, alors elle se rendrait sur ce fichu vivenef, désirée ou pas ! Se laissant tout juste quelques jours de vacances, histoire de ne pas trop froisser sa clientèle, Isabeau put enfin faire son grand retour dans la cité au mille tours. Cette ville qu’elle n’avait pas vu depuis presque une décennie. Cette ville qu’elle n’avait jamais pensé revoir.

Chaque recoin de la Ville Haute lui rappelait des souvenirs aujourd’hui douloureux. Elle se voyait à ses bras. Elle se voyait à sa bouche. Elle se voyait lui dire adieu. Une chance pour elle, elle avait à faire dans un tout autre quartier de la ville. Un quartier qu’elle n’avait jamais apprécié. Un recoin dangereux, sinistre. Un endroit quel avait besoin de visiter quoi qu’il en soit. Louant un jeune homme dégourdis à la Guilde des Guerriers, Isabeau hésita presque à quémander les services de son frère alors qu’elle s’y trouvait. Vu l’état dans lequel son dernier garde du corps avait fini, forcer son frère à la servir aurait pu être funeste. Elle lui rendrait visite. C’était une promesse. Mais pas en ce jour, pas en cet instant. Isabeau était bien trop excitée à l’idée de se rendre jusqu’au vivenef pour s’embarrasser de telle chose. Et elle s’élança alors au travers des rues sinueuses de la Ville Basse, restant aux côtés de son protecteur, méfiante à chaque détour, chaque coupe-gorge. Bien heureusement, la Compagne avait eu la présence d’esprit de s’habiller très sobrement. Pas de tissu raffiné, pas de couleur criarde, surtout pas de bijoux. Si on pouvait deviner à son port altier qu’elle n’était pas n’importe qui, sa tenue, elle, ne disait rien. Pas même « Volez moi ».

Bientôt, l’air marin vint emplir les narines de la jeune femme. Si elle ne voyait pas déjà les quais, elle savait qu’elle s’en approchait rien qu’à l’odeur. Une odeur qu’elle appréciait, mais pas autant que celles de ses adorés rivages d’Outrevent. Chance ou intelligence, qu’importe, Isabeau était arrivée sans trop de mal jusqu’aux quais, enfin. Il ne restait plus qu’à trouver le Symphonie mais étrangement, elle doutait fortement de tourner en rond trop longtemps. Il ne lui suffit que d’arrêter un passant une toute petite fois pour obtenir des indications si précises que même la moins dégourdie de toutes les gourdes aurait su se repérer. Le vivenef était somptueux. Quoi d’autre de toute façon ? Un navire de légende comme le Symphonie ne pouvait de toute façon pas une dégoutante épave. Si seulement cette pauvre Isabeau savait. Confiante, la Compagne se dirigea vers l’accès au navire, cherchant à interpeller quelqu’un avant d’y monter. Si elle était prête à tout, elle ne voulait certainement pas se faire retourner le cerveau par l’un des accordés. Une chance pour elle, quelqu’un se trouvait juste là ?

-Excusez-moi, sire ? Je suis Isabeau Ventdoré. J’ai contacté votre navire il y a deux semaines de cela pour pouvoir m’entretenir avec un membre de l’équipage. Puis-je… prendre pied sur votre navire ?


Et alors qu’elle disait ces quelques mots de sa voix suave et délicate, Isabeau adressa un sourire radieux à la personne qu’elle avait pu interpeller. Elle ne voulait pas paraitre agressive, ni bizarre. Après tout, tout allait se jouer en cet instant. Si la Compagne ne pouvait pas monter à bord du vivenef, elle se trouverait privée du plus ultime des plaisirs. Et elle ne voulait pas passer à côté de cela. Il en était hors de question.

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Message Sujet: Re: Le chant de la curiosité   Dim 12 Aoû 2018 - 1:37

Les jours passent, lentement, depuis que Meldred et la Symphonie ont rejoint Lorgol. Ils passent à une allure presque définie, qu’il peut presque compter. Presque. Sur la Symphonie, autrefois, le brun n’a pas vraiment eu l’occasion de compter les jours ou les semaines : qu’en a-t-on à faire, qu’on soit jeudi ou dimanche, pas vrai ? La notion, le concept même du temps, a été un peu flou à ses yeux dans sa prime jeunesse ; s’il n’y avait eu Taliésin et quelques uns de l’équipage pour lui souhaiter son anniversaire, il aurait même pu oublier ! Il ne faut pas en rire : l’étourderie de l’homme pouvait aller jusqu’à s’étendre à des concepts basiques, tel que celui de son anniversaire.

Depuis qu’ils ont débarqué, enfin, qu’ils ont été autorisés à fouler le sol du continent à nouveau, doucement, les jours et les heures semblent prendre un peu plus de sens : par exemple, cela fait bien plusieurs mois qu’il est rentré d’Outrevent, où il s’est rendu avec son capitaine et Théobald. Ou bien, ça fait exactement six jours – dix lunes, techniquement cinq mais dix vu qu’il y en a deux – qu’il a réussi à rester presque toute une journée dans une partie de la ville sans se réfugier sur la Symphonie ! On a les repères que l’on a.

La plupart du temps, cependant, l’Accordé à la moustache reste sur le pont de la vivenef. Il n’y est pas seul : Maël apprécie de l’accompagner dans des périodes d’études, ou dans des discussions sans réel sens. Ils s’interrogent, les deux : certains de leurs confrères sont repartis, pour un temps. Qu’espèrent-ils trouver ? Une famille ? Quelqu’un qui leur aurait survécu ? Parce qu’il n’y aura que la douleur de celui qui reste, désormais. Ce vide dans la poitrine. Comme dit le Cibellan, y a plus personne pour espérer qu’on rentre chez nous. Tout ce qu’on trouvera, à la limite, c’sont des noms dans des récits, peut-être gravés dans des pierres pour les quelques nobles qu’on compte. Et encore. C’est pas sûr qu’on soit dépeints comme il le faudrait. Comme on était. Y a plus personne. Mais j’crois qu’on préfère ça.
Et si lui, le Séverac, en a une, il n’a pas encore eu le courage d’aller la chercher. C’est pour ça qu’il reste là, entouré de ceux qui comptent le plus pour lui : par peur, par anxiété un peu, de l’inconnu qui l’attend au-delà du port pirate de Lorgol. Pourtant, on ne peut pas dire qu’il ait si peur que ça ! Il a après tout accompagné Taliésin à Souffleciel.

Au moins, aujourd'hui, a-t-il eu le courage infini d’aller à terre ! Originellement, il n’est parti que pour aller chercher une bricole, accompagné par un autre Accordé. De l’encre, il semble. Les achats qu’ils peuvent faire, en général, se font à deux : à deux, les gens arrivent à les comprendre plus aisément. (Il faudra cependant noter qu’il n’est absolument pas de leur faute si, depuis qu’ils ont embarqué à bord de la vivenef, les usages et la langue ont été tordus par mille ans. Certains mots n’existent plus. D’autres ne s’arrangent plus de la même manière. En bref : on va plus vite à deux. )

Il traîne, cependant, Meldred, à terre. Il traîne dans la chaleur toute relative de Lorgol, dans l’odeur toute relative du port, plus agréable que celle de la Ville Basse. Il traîne, et observe la Symphonie, paisible presque. Il pense, ses idées tourbillonnent et se perdent : il ne tente pas de les attraper, car il oublie toujours plus vite quand il veut se rappeler.
Il est sur le point de rejoindre le navire, cependant : il n’a que trop traîné à terre. Juste un dernier regard.

Et une voix, qui le fait se retourner, un peu surpris. Ca ne peut être qu’à lui que l’on s’adresse, pas vrai ? Elle est trop proche de lui pour que ça soit une simple coïncidence. L’Accordé la détaille, les sourcils relevés, presqu’incrédule … Et pas franchement à l’aise. Il faut dire qu’il n’est pas le moins timide.
L’hésitation pointe dans son ton, alors qu’il répond, son regard clair fixé sur elle et les bras croisés. « Vous le permettre ou non ne dépend pas que de moi, dame Ventdoré… » Il pense notamment à Harmonie. Sa mère de substitution lui avait bien dit de faire attention aux inconnus ! « Quelles sont vos raisons, pour ainsi souhaiter rencontrer notre équipage ? »

Il y a de la prudence, dans sa voix. Et à raison ! Il a été élevé en apprenant la peur que l’Accord avait suscité. Les massacres auxquels ses pairs avaient échappé de peu. Il ne veut pas faire monter sur le pont, ou présenter à n’importe qui, une espionne à la solde de la mauvaise faction qui pourrait les mener à leur perte. Et puis Harmonie n’accepterait sans doute pas. « Vous avez parlé de lettres. Ont-elles reçu quelque réponse favorable ? » peut-être que Taliésin a accepté. Ca ne résout pas le problème.
Il ne la laissera pas passer s’il ne croit pas ce qu’elle lui raconte. Et même là.

_________________

Il avait l’ouïe si fine. Il percevait la tonalité affective de chaque note. Et il la comprenait. Et chaque atmosphère. Dans chaque silence.  


Meldred parle en #007d80
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