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 Le chant de la curiosité

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Les Compagnes
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Message Sujet: Le chant de la curiosité   Mer 8 Aoû - 19:42


   
Livre III, Chapitre 4 • La Légion des Oubliés
Meldred de Séverac & Isabeau Ventdoré

   
Le chant de la curiosité

   
L’Accord. Magie hypnotisante.

   


   
• Date : 28 juin 1003
• Météo (optionnel) : Le ciel est découvert. Il fait chaud.
• Statut du RP : Privé.
• Résumé : Depuis ses découvertes au Manoir de la Rose, Isabeau veut à tout prix découvrir les mystères entourant l'Accord. Guidée par les conseils de son ami Rackham, la Compagne rend visite au Symphonie pour obtenir d'un certain Meldred, elle l'espère, les réponses tant attendues.
• Recensement :
   
Code:
• [b]28 juin 1003 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t4049-le-chant-de-la-curiosite#150836]Le chant de la curiosité[/url] - [i]Meldred de Séverac & Isabeau Ventdoré[/i]
    Depuis ses découvertes au Manoir de la Rose, Isabeau veut à tout prix découvrir les mystères entourant l'Accord. Guidée par les conseils de son ami Rackham, la Compagne rend visite au Symphonie pour obtenir d'un certain Meldred, elle l'espère, les réponses tant attendues.
   

   

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Dernière édition par Isabeau Ventdoré le Mer 8 Aoû - 19:53, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Le chant de la curiosité   Mer 8 Aoû - 19:43

Troublée, Isabeau l’était sans aucun doute depuis les tristes évènements qui avaient résonné dans les ruines du Manoir de la Rose. La Compagne avait ouverte une porte qu’elle n’aurait jamais du découvrir. Il est facile de vivre sa vie dans l’inconscience et l’idiotie. Quand on ne sait pas qu’une myriade de choses se passe sous ses pieds, on ne peut pas vraiment y faire attention. Elle qui se pensait instruite et ouverte au reste du monde avait rapidement déchanté. Les mensonges étaient partout et de nombreux mystères étaient encore à élucider. Des mystères qui risquaient de définir l’avenir de tout Arven. Isabeau aurait pu continuer sa route, se sortir de ce dédale et sauver sa santé mentale. Obstinée comme elle l’était, ce ne fût de toute évidence pas la route qu’elle emprunta. Ce n’était pas seulement un caprice, c’était bien plus que ça. C’était une chance pour elle d’aider, de faire la différence. Elle qui souhaitait rendre le sourire au reste du monde, arrêter les guerres, faire régner la joie. Isabeau était pleine de bonnes intentions, mais ce n’était au final pas si facile que ça, rien n’était jamais réellement facile sur Arven. D’autant plus quand ce sournois Destin rentrait dans la danse.

Ce même jour, alors qu’elle discutait avec son nouvel ami Rackham, la jeune femme s’était emballée, peut-être un peu trop. Sentir le soutien de cet homme dont elle ne savait au final rien était étrangement rassurant. Et puis il était déjà lui-même si impliqué dans tout cela que ses propres ambitions alimentaient celles de la Compagne. La Vapeur. Savoir brumeux. L’Accord. Magie hypnotisante. A sa plus grande surprise, le chevaucheur lui offrit des informations inestimables. S’il ne semblait rien savoir de la Vapeur, il lui raconta un conte plus que surprenant sur l’Accord. La Symphonie, ce vivenef de légende sur lequel il avait pu lui-même monter. Les Accordés, ces magiciens qui étaient de chair et d’os. Tout cela était vrai, Rackham venait affirmer toutes les suspicions de la demoiselle. Une piste et un soutien indéfectible, voilà ce qu’il venait de lui offrir sans vraiment s’en rendre compte. Alors qu’il la quittait, Isabeau était plus résolue que jamais. Il fallait faire des recherches et recherches elle fit. Elle tenta bien vainement de trouver des informations dans sa belle Souffleciel, mais rien n’y faisait. Quelle idiote. Comment aurait-elle pu trouver des ouvrages sur des savoirs et magies interdits ? Ici comme ailleurs, ce n’était pas la voie à suivre.

Une seule solution demeurait, rendre visite au vivenef de légende qui mouillait dans la Ville Basse de Lorgol. Une chance pour elle, une excuse était tombée entre ses griffes élégamment manucurés au plus parfait des moments. L’un de ses clients préférés, plutôt que de la payer en monnaies sonnantes et trébuchantes, décida de lui offrir une vieille tour délabrée à Lorgol. Quoi de mieux que de rendre visite aux Accordés tout en prétendant découvrir sa toute première possession terrienne. Courtoise au possible, la jeune femme avait adressé au navire un courrier au milieu du mois de juin, annonçant sa venue en fin de mois pour discuter d’importantes affaires. Si la réponse qu’elle obtint fût glaciale au possible, cela ne la découragea d’aucune façon. Si c’était la seule façon de satisfaire sa curiosité et d’aider ce monde qu’elle aimait tant, alors elle se rendrait sur ce fichu vivenef, désirée ou pas ! Se laissant tout juste quelques jours de vacances, histoire de ne pas trop froisser sa clientèle, Isabeau put enfin faire son grand retour dans la cité au mille tours. Cette ville qu’elle n’avait pas vu depuis presque une décennie. Cette ville qu’elle n’avait jamais pensé revoir.

Chaque recoin de la Ville Haute lui rappelait des souvenirs aujourd’hui douloureux. Elle se voyait à ses bras. Elle se voyait à sa bouche. Elle se voyait lui dire adieu. Une chance pour elle, elle avait à faire dans un tout autre quartier de la ville. Un quartier qu’elle n’avait jamais apprécié. Un recoin dangereux, sinistre. Un endroit quel avait besoin de visiter quoi qu’il en soit. Louant un jeune homme dégourdis à la Guilde des Guerriers, Isabeau hésita presque à quémander les services de son frère alors qu’elle s’y trouvait. Vu l’état dans lequel son dernier garde du corps avait fini, forcer son frère à la servir aurait pu être funeste. Elle lui rendrait visite. C’était une promesse. Mais pas en ce jour, pas en cet instant. Isabeau était bien trop excitée à l’idée de se rendre jusqu’au vivenef pour s’embarrasser de telle chose. Et elle s’élança alors au travers des rues sinueuses de la Ville Basse, restant aux côtés de son protecteur, méfiante à chaque détour, chaque coupe-gorge. Bien heureusement, la Compagne avait eu la présence d’esprit de s’habiller très sobrement. Pas de tissu raffiné, pas de couleur criarde, surtout pas de bijoux. Si on pouvait deviner à son port altier qu’elle n’était pas n’importe qui, sa tenue, elle, ne disait rien. Pas même « Volez moi ».

Bientôt, l’air marin vint emplir les narines de la jeune femme. Si elle ne voyait pas déjà les quais, elle savait qu’elle s’en approchait rien qu’à l’odeur. Une odeur qu’elle appréciait, mais pas autant que celles de ses adorés rivages d’Outrevent. Chance ou intelligence, qu’importe, Isabeau était arrivée sans trop de mal jusqu’aux quais, enfin. Il ne restait plus qu’à trouver le Symphonie mais étrangement, elle doutait fortement de tourner en rond trop longtemps. Il ne lui suffit que d’arrêter un passant une toute petite fois pour obtenir des indications si précises que même la moins dégourdie de toutes les gourdes aurait su se repérer. Le vivenef était somptueux. Quoi d’autre de toute façon ? Un navire de légende comme le Symphonie ne pouvait de toute façon pas une dégoutante épave. Si seulement cette pauvre Isabeau savait. Confiante, la Compagne se dirigea vers l’accès au navire, cherchant à interpeller quelqu’un avant d’y monter. Si elle était prête à tout, elle ne voulait certainement pas se faire retourner le cerveau par l’un des accordés. Une chance pour elle, quelqu’un se trouvait juste là ?

-Excusez-moi, sire ? Je suis Isabeau Ventdoré. J’ai contacté votre navire il y a deux semaines de cela pour pouvoir m’entretenir avec un membre de l’équipage. Puis-je… prendre pied sur votre navire ?


Et alors qu’elle disait ces quelques mots de sa voix suave et délicate, Isabeau adressa un sourire radieux à la personne qu’elle avait pu interpeller. Elle ne voulait pas paraitre agressive, ni bizarre. Après tout, tout allait se jouer en cet instant. Si la Compagne ne pouvait pas monter à bord du vivenef, elle se trouverait privée du plus ultime des plaisirs. Et elle ne voulait pas passer à côté de cela. Il en était hors de question.

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Message Sujet: Re: Le chant de la curiosité   Dim 12 Aoû - 1:37

Les jours passent, lentement, depuis que Meldred et la Symphonie ont rejoint Lorgol. Ils passent à une allure presque définie, qu’il peut presque compter. Presque. Sur la Symphonie, autrefois, le brun n’a pas vraiment eu l’occasion de compter les jours ou les semaines : qu’en a-t-on à faire, qu’on soit jeudi ou dimanche, pas vrai ? La notion, le concept même du temps, a été un peu flou à ses yeux dans sa prime jeunesse ; s’il n’y avait eu Taliésin et quelques uns de l’équipage pour lui souhaiter son anniversaire, il aurait même pu oublier ! Il ne faut pas en rire : l’étourderie de l’homme pouvait aller jusqu’à s’étendre à des concepts basiques, tel que celui de son anniversaire.

Depuis qu’ils ont débarqué, enfin, qu’ils ont été autorisés à fouler le sol du continent à nouveau, doucement, les jours et les heures semblent prendre un peu plus de sens : par exemple, cela fait bien plusieurs mois qu’il est rentré d’Outrevent, où il s’est rendu avec son capitaine et Théobald. Ou bien, ça fait exactement six jours – dix lunes, techniquement cinq mais dix vu qu’il y en a deux – qu’il a réussi à rester presque toute une journée dans une partie de la ville sans se réfugier sur la Symphonie ! On a les repères que l’on a.

La plupart du temps, cependant, l’Accordé à la moustache reste sur le pont de la vivenef. Il n’y est pas seul : Maël apprécie de l’accompagner dans des périodes d’études, ou dans des discussions sans réel sens. Ils s’interrogent, les deux : certains de leurs confrères sont repartis, pour un temps. Qu’espèrent-ils trouver ? Une famille ? Quelqu’un qui leur aurait survécu ? Parce qu’il n’y aura que la douleur de celui qui reste, désormais. Ce vide dans la poitrine. Comme dit le Cibellan, y a plus personne pour espérer qu’on rentre chez nous. Tout ce qu’on trouvera, à la limite, c’sont des noms dans des récits, peut-être gravés dans des pierres pour les quelques nobles qu’on compte. Et encore. C’est pas sûr qu’on soit dépeints comme il le faudrait. Comme on était. Y a plus personne. Mais j’crois qu’on préfère ça.
Et si lui, le Séverac, en a une, il n’a pas encore eu le courage d’aller la chercher. C’est pour ça qu’il reste là, entouré de ceux qui comptent le plus pour lui : par peur, par anxiété un peu, de l’inconnu qui l’attend au-delà du port pirate de Lorgol. Pourtant, on ne peut pas dire qu’il ait si peur que ça ! Il a après tout accompagné Taliésin à Souffleciel.

Au moins, aujourd'hui, a-t-il eu le courage infini d’aller à terre ! Originellement, il n’est parti que pour aller chercher une bricole, accompagné par un autre Accordé. De l’encre, il semble. Les achats qu’ils peuvent faire, en général, se font à deux : à deux, les gens arrivent à les comprendre plus aisément. (Il faudra cependant noter qu’il n’est absolument pas de leur faute si, depuis qu’ils ont embarqué à bord de la vivenef, les usages et la langue ont été tordus par mille ans. Certains mots n’existent plus. D’autres ne s’arrangent plus de la même manière. En bref : on va plus vite à deux. )

Il traîne, cependant, Meldred, à terre. Il traîne dans la chaleur toute relative de Lorgol, dans l’odeur toute relative du port, plus agréable que celle de la Ville Basse. Il traîne, et observe la Symphonie, paisible presque. Il pense, ses idées tourbillonnent et se perdent : il ne tente pas de les attraper, car il oublie toujours plus vite quand il veut se rappeler.
Il est sur le point de rejoindre le navire, cependant : il n’a que trop traîné à terre. Juste un dernier regard.

Et une voix, qui le fait se retourner, un peu surpris. Ca ne peut être qu’à lui que l’on s’adresse, pas vrai ? Elle est trop proche de lui pour que ça soit une simple coïncidence. L’Accordé la détaille, les sourcils relevés, presqu’incrédule … Et pas franchement à l’aise. Il faut dire qu’il n’est pas le moins timide.
L’hésitation pointe dans son ton, alors qu’il répond, son regard clair fixé sur elle et les bras croisés. « Vous le permettre ou non ne dépend pas que de moi, dame Ventdoré… » Il pense notamment à Harmonie. Sa mère de substitution lui avait bien dit de faire attention aux inconnus ! « Quelles sont vos raisons, pour ainsi souhaiter rencontrer notre équipage ? »

Il y a de la prudence, dans sa voix. Et à raison ! Il a été élevé en apprenant la peur que l’Accord avait suscité. Les massacres auxquels ses pairs avaient échappé de peu. Il ne veut pas faire monter sur le pont, ou présenter à n’importe qui, une espionne à la solde de la mauvaise faction qui pourrait les mener à leur perte. Et puis Harmonie n’accepterait sans doute pas. « Vous avez parlé de lettres. Ont-elles reçu quelque réponse favorable ? » peut-être que Taliésin a accepté. Ca ne résout pas le problème.
Il ne la laissera pas passer s’il ne croit pas ce qu’elle lui raconte. Et même là.

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Il avait l’ouïe si fine. Il percevait la tonalité affective de chaque note. Et il la comprenait. Et chaque atmosphère. Dans chaque silence.  



Meldred parle en #007d80

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Message Sujet: Re: Le chant de la curiosité   Ven 14 Sep - 16:58

Moustache et timidité. Qui était ce jeune homme ? Isabeau avait correspondu avec quelqu’un de la Symphonie quelques semaines auparavant, mais aucun moyen pour elle d’identifier cette personne. Il était assez agréable à regarder, bien qu’un peu étrange. Qu’importe, la Compagne n’était de toute façon pas venue ici pour trouver un nouvel amant. Le vrai problème, en cet instant, c’était de convaincre son interlocuteur qu’elle était digne de confiance, qu’elle méritait de monter sur le pont du navire. Si elle était incapable de convaincre Meldred, elle serait privée des réponses qu’elle désirait ardemment depuis un peu plus d’un mois et c’était absolument intolérable. La seule façon d’en apprendre plus sur l’Accord, c’était tout naturellement d’interroger des Accordés. Elle espérait sincèrement que Rakcham ne s’était pas trompé, qu’il l’avait bien envoyé au bon endroit. Elle lui faisait confiance mais personne n’était à l’abri des erreurs, même quand l’on était aussi brillant que lui. La jeune femme adressa à nouveau un sourire bienveillant à son interlocuteur, inclinant poliment sa tête pour lui signifier un certain respect. Si elle comptait tirer les vers du nez de cet homme, il fallait commencer par le commencement. Se présenter convenablement.

-Je m’excuse pour mon impertinence, vous avez dû être surpris. Laissez moi m’introduire plus convenablement. Je suis Isabeau Ventdoré, Compagne et assistante de la Madame de Souffleciel. C’est un plaisir de vous rencontrer Monsieur. Vous êtes ?

Se prêterait-il au jeu ? Probablement pas. Il semblait extrêmement méfiant. Rien de très surprenant lorsque l’on savait tout ce qu’il se tramait sur ce navire. Qu’il était difficile de prouver sa bienveillance dans de telles situations… Plusieurs approches étaient possibles, mais une seule semblait légitime pour la Compagne. L’honnêteté. Mentir était parfois une bonne solution, surtout lorsque le problème rencontré était mineur. Mais dans ce cas-là, prendre le risque d’être découverte était bien trop couteux. Si les Accordés étaient bien le genre de gens qu’Isabeau s’imaginait, il n’y aurait aucun problème de toute façon. La jeune femme prit une longue inspiration, collectant lentement les bribes d’informations qui valsaient follement dans son esprit. Les évènements du Manoir de la Rose avaient été si surprenants qu’il était impossible de les conter sans un minimum de préparation. Offrir une histoire décousue et sans dessus-dessous à son interlocuteur ne lui serait franchement pas utile. Il fallait le convaincre, pas le faire fuir.

-Avez-vous entendu parlé des évènements du Manoir de la Rose ? J’y étais présente, et ce qui s’y est passé motive ma visite d’aujourd’hui. C’est ce que j’ai exposé dans mes lettres et le retour était… dubitatif mais pas vraiment hostile ? J’ai ainsi décidé de venir directement ici. De tout expliquer de vive voix.

Cette petite introduction était de mise, il fallait bien qu’il comprenne de quoi elle parle après tout. Si les lettres n’invitaient pas franchement la demoiselle à venir visiter la Symphonie, Isabeau avait décidé de le prendre comme tel. Quand elle voulait quelque chose, elle se donnait les moyens pour l’obtenir. La Compagne était une vraie furie derrière ce masque de bienveillance et de douceur. Elle aurait pu offrir à Meldred un instant de répit, mais il fallait lui offrir bien plus pour le convaincre. Isabeau ne comptait pas tout lui dire, pas en une minute seulement. Elle ne comptait pas gaspiller de la salive si l’Accordé la virait sans aucune forme de procès. Bien qu’elle était décidée comme jamais, si on lui opposait méchanceté et violence, elle ne pouvait pas faire grand-chose.

-C’est lors de mon passage dans ce Manoir que j’ai découvert l’existence.. De l’Accord. De bien d’autres disciplines autrefois interdites aussi. Ces informations sont tombées dans mon sillage de la plus étrange des façons. Êtes-vous intéressé par cette histoire ? Si vous ne souhaitez rien m’offrir en retour, je ne vous jugerais pas, c’est votre droit après tout. Alors… Qu’en dites-vous ?


Isabeau avait mis toutes les cartes du côté de son interlocuteur, elle ne pouvait plus faire grand-chose. Et s’il connaissait déjà cette histoire, que dirait-il ? Est-ce qu’il lui demanderait de partir sur le champ ? S’il disposait déjà de cette vérité, l’idée de la demoiselle risquait fort d’échouer. La Compagne aurait pu essayer de le charmer, mais étrangement, elle doutait fortement de pouvoir tirer quoi que ce soit de Meldred de cette façon-là.

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Message Sujet: Re: Le chant de la curiosité   Ven 21 Sep - 22:37

La décision ne lui appartient pas, au timide et craintif Meldred. La femme a beau l’air d’être tout ce qu’il y a de plus respectable, ses  atours sobres et pourtant élégants, son visage d’une douceur qui n’est pas des plus inquiétantes, il se méfie. A tort ou à raison, le temps le lui dira, mais il se méfie. Les gens ne veulent pas du bien, forcément, il l’a appris à sa manière. Grâce à Morgane, à cause de Morgane, celle que s’est jouée de lui tout naïf qu’il était encore. Il a appris que les gens, même les plus proches, pouvaient ne pas forcément être pour vous des alliés. Alors les inconnus, vous pensez bien.

Et de toute manière, avant de lui accorder l’accès à leur vivenef, il lui en faudra référer au capitaine… Et à Harmonie. Meldred ne fait rien qui ne concerne le navire sans lui en parler… Ou sans lui parler tout court. Mère de substitution. Combien sont-ils à pouvoir en dire autant, à avoir été élevés par une vivenef – par sa figure de proue et son équipage ?
La décision n’est pas sienne. Elle est celle de sa mère et de son frère capitaine. Les bras croisés, sans une réelle animosité visible mais définitivement sur ses gardes, le jeune Accordé – jeune étant relatif à l’environnement dans lequel il avait vécu, bien entendu – se rapproche quelque peu de celle qui se dit être une Compagne. Bon. Une Compagne, le rapport avec l’Accord, et pourquoi celle-ci voudrait en savoir plus sur eux n’aide pas franchement est n’est pas tellement évidement… Voir totalement obscur.

« Meldred. » répond-t-il, d’un signe de tête.Juste Meldred. Comme pour beaucoup, il n’est que Meldred. Son nom n’a pas d’importance, que ça soit à bord d’un bateau ou pour les inconnus. « Ravi. » Plus de la formule de politesse normale que réellement. Qu’elle s’explique, ou il appellera les plus costauds et les plus éloquents que lui pour qu’elle recule.
Qu’elle parte. Qu’elle les oublie. Au moins un temps. Il ne demande pas trop, il ne demande pas qu’elle le laisse en paix pour toujours, mais au moins jusqu’à ce qu’elle trouve un autre interlocuteur. Taliésin, par exemple.

L’Accordé penche la tête quelque peu sur le côté, mais non. Non, le manoir de la Rose ne lui évoque rien. « L’information n’est pas arrivée jusqu’à moi, non. » La simple mention de la Rose, en soi, lui amène des sueurs froides. Il sait qu’ils ont été dissous, qu’ils sont finis, qu’ils n’ont, eux, plus rien à craindre… Mais il continue d’avoir peur. Peur pour tout ce qu’on lui a raconté – les massacres et la disparition, par exemple, de l’Arpège, la peur des gens, le bannissement. « Mais sans doute avez-vous échangé avec Taliésin. » Probablement.
Meldred le sent, il doit prendre un choix. La décision lui appartient un peu. Juste un peu. Et il est curieux, bien trop curieux pour son propre bien.

Une inspiration. Il hésite. «Si j’en venais à vous confier sur nous quelques informations, et si je vous laissais poser pied sur notre navire… A qui iraient vos informations ? » Son trouble fait tourner ses phrases en des tournures d’un autre temps. « Êtes-vous ici de votre plein gré, pour votre connaissance personnelle, ou à la solde et au nom d’autres ? »
Le brun s’est approché, souplement. Il n’est pas menaçant, et, somme toute, il pourrait presque apparaître grandement effrayé par la personne en face de lui. Il n’a pas son bodhran avec lui. Lui tirer la vérité serait si simple de cette manière… Alors, il lui faudra la croire.
Il est optimiste. Mais pas stupide.

« Je suis intrigué, par votre histoire. En retour, je puis vous offrir ce que vous semblez vouloir. Mais comprenez notre statut, dame. Nous nous devons d’être prudents. »  Au pire, il lui effacera la mémoire avant qu’elle ne parte. Avec douceur. Elle n’en saura rien.
Il hésite, un peu. Mais si elle lui dit qu’elle est seule, qu’elle n’est pas affiliée à la Rose surtout ! Alors il pourrait, oui, lui dire de la suivre.

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Message Sujet: Re: Le chant de la curiosité   Mer 31 Oct - 14:01

Meldred. Charmant prénom. Une très légère consonnance Outreventoise. Venait-il de ce beau pays lui aussi ? Isabeau ne put s’empêcher de le détailler une fois de plus, sans aucune gêne. Ce n’était pas son genre de museler ses envies de toute façon. Elle espérait qu’il ne se sentirait pas mal d’être ainsi mis à nu, mais au fond, ce qu’il finissait par penser, c’était bien son problème. La demoiselle ressentait sans trop de mal le panique sous-jacente qui frémissait sous la peau de son interlocuteur. Peut-être pensait-il dissimuler ses sentiments avec brio mais lorsqu’on se trouvait face à une femme qui ouvrait les hommes comme des huitres tous les jours, plus rien n’était pareil. Pourquoi était-il si indisposé ? Isabeau savait pertinemment bien qu’elle abordait un sujet dangereux, qui pouvait mettre mal à l’aise, mais elle n’avait pas pensé obtenir un retour aussi.. étrange ? Elle ne savait pas vraiment sur quel pied danser, et tout pouvait arriver désormais. Cependant, aucun doute ne viendrait l’empêcher de réaliser ses plus ardents désirs. La Compagne était prête, prête à tout pour gagner la confiance de ce jeune homme. Il était sa chance, son unique chance. Aurait-elle-même le courage de revenir se présenter à la Symphonie une seconde fois si on la sommait de partir en ce jour ? C’était Isabeau alors peut-être, pourtant elle ne pouvait pas abandonner.

Et enfin, après plusieurs autres mots, tout devint plus clair. Et Isabeau se sentait incroyablement bête. Elle avait vu elle-même dans son rêve les tourments que les Accordés avaient du subir. Ils s’étaient enfuis de ces monstres de la Rose,, avaient du se cacher du monde pendant des siècles et des siècles. Et tout cela pour quoi ? La méfiance de Meldred était justifiée mais Isabeau, obnubilée par sa curiosité s’était montrée affreusement indélicate. Être indélicate, ce n’était franchement pas son genre. Ainsi, le musicien craignait que de précieuses informations sur les Accordés tombent dans l’oreille de mauvaises personnes. Isabeau ne rendait des comptes qu’à sa Maitresse mais au-delà de cela, elle refusait catégoriquement d’offrir son amour à l’Ordre ou à la Rose. Tout ce qu’elle voulait, c’était assouvir sa curiosité maladive, comprendre ce qui lui tourmentait l’esprit. Sa quête, au fond, était noble et innocente mais comment Meldred aurait-il pu le deviner ? Si la demoiselle ne savait pas un peu mieux contrôler son visage, elle serait tordue de honte, le visage écarlate. Il fallait maintenant trouver les bons mots, les mots qui lui feraient comprendre qu’il n’avait rien à craindre de la belle outreventoise.

-Je vous prie de m’excuser si mes intentions ne vous ont pas semblé claires de prime abord. Je ne suis ici que pour moi-même, pour satisfaire ma curiosité, comprendre l’injustice que les Accordés ont du subir il y a un millénaire de cela.


Malgré tout, il était tout de même prêt à entendre l’histoire de la Compagne. En dépit de tout, Meldred semblait tout aussi curieux que son interlocutrice. Rien d’anormal, l’histoire qu’Isabeau s’apprêtait à conter était particulièrement prenante après tout. Et ainsi elle s’exécuta, sans arrière-pensée, sans mensonge, juste elle et lui.

-Ma présence au Manoir de la Rose n’était motivée que par mon désir de retrouver l’une de mes sœurs qui avait disparu dans les environs. Ni mandatée par l’Ordre ou la Rose, c’est par le plus pur des hasards que je m’y suis retrouvée précisément ce jour-là.

Cette première partie était franchement inutile mais elle espérait prouver une fois de plus à son interlocuteur qu’il n’avait pas à craindre quoi que ce soit. Tout ce qu’elle voulait, c’était comprendre, rien de plus.

-De couloirs en couloirs, le groupe qui s’est constitué dans ces ruines a dû vivre.. d’étranges épisodes. Des images du passé, enfermées dans les décombres du Manoir, se sont mis à nous prendre d’assaut. La création des pions.. Le destin de Pascaline Mappemonde. Votre sauveuse, si je ne me trompe pas ?

Dans une sorte de transe alors qu’elle contait son histoire, Isabeau ne faisait pas vraiment attention aux réactions de l’Accordé. Était-il l’un des Accordés de cette lointaine époque ? Ou bien un nouveau-né ?

-C’est à l’occasion de l’un des souvenirs de Madame Mappemonde que l’existence de l’Accord m’a été révélée, parmi beaucoup d’autres disciplines interdites. Depuis ce jour, je ressens le besoin de comprendre. De comprendre ce qu’est l’Accord. De ce qui est arrivé aux Accordés, à Madame Mappemonde. Comprenez-vous ? Me comprenez-vous, Meldred ?

Et enfin, le charme était rompu, la courte histoire s’achevait. Le regard grisâtre, perçant, de la demoiselle était revenue sur son interlocuteur, le détaillant, le fixant, attendant avec impatience qu’il esquisse le moindre mouvement, la moindre parole. Elle en avait tant besoin.

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Message Sujet: Re: Le chant de la curiosité   Jeu 1 Nov - 13:16

Enfin, Meldred, à trente-deux ans, c’est ridicule de ne pas pouvoir choisir seul de si une personne semble digne de confiance ou non et de vouloir aller se cacher dans la cale d’Harmonie ! En vérité, non, pas dans la cale, on ne le laisse pas approcher de certaines parties de la cale depuis tout petit et il ne sait pas trop pourquoi : Sébastien et Morgane y vont, des fois, mais pas lui. Il le découvrira, un jour, il a confiance. Mais pour l’image, associons la cale à des jupons. Il pourrait vouloir aller se terrer entre les bras de Taliésin, mais le blond capitaine a autre chose à faire que de le câliner face à l’indécision majeure qui enserre son coeur. Trente-deux ans, Meldred, pas quinze.
Il arrive plutôt bien à cacher son trouble, semble-t-il du moins – la moustache aide. Il est curieux, l’Accordé, et sur ses gardes. Ses mains agiles incapables de  tenir une autre arme que son instrument de musique – il a essayé, ça s’est très mal fini – sont presque calmes. Il n’est pas fébrile comme à son accoutumée, alors que, la tête penchée, il écoute les explications de la jeune dame. Il est méfiant, face à ses explications, mais quelque chose résonne en lui. Injustice. L’injustice dont ils ont été victime – car c’est de ça dont il s’agit, la pire des injustices, la plus perverse des horreurs, le massacre quasiment total d’un groupuscule parce qu’on ne pouvait pas le contrôler. Sait-elle ? Le continent, lui aussi, sait-il ?

L’Accordé hoche la tête. Elle est comme lui, quelque peu. Elle voudrait réparer le passé, réparer ce monde. Qu’un œil extérieur sans connaissance aucune sur le calvaire qu’ont vécu l’équipage de la Symphonie et des autres vivenefs accordées – puissent-elles avoir trouvé le repos, et les gens à leur bord de même, lorsqu’ils ont péri – veuille réparer les torts causés par la Trêve lui semble… Idyllique. Presque surréaliste.
Il ne baisse pas la garde, pas entièrement. « Admettons. Il existe en ce monde des personnes bien curieuses. » Ne pas trop dire, laisser parler.
Meldred se rapproche d’elle, ses pas claquant un peu sur le sol, pour que les mots restent entre eux et ne s’envolent pas vers d’autres qui ne les mériteraient pas. Il en serait le seul auditeur. Enfin… Lui, et Harmonie. La figure de proue de la Symphonie est bien assez proche pour au moins entendre des échos de leur conversation. Il lui racontera le reste, ce soir – même si elle a déjà tout entendu.

Et il fait bien ! Ses yeux s’agrandissent légèrement, mais il garde le silence, au nom de Pascaline. La seule autre personne à avoir navigué sur la Symphonie sans en porter la magie, à avoir accepté de vieillir et de vivre au côté des musiciens. Elle hante encore les esprits et les recoins du navire : son nom est prononcé avec l’affection et la dévotion que l’on donnerait à une proche amie, et quand résonne la musique au coeur de la nuit, lorsque la Samhain est proche, c’est vers elle et son fantôme que les notes s’envolent. Meldred a grandi en apprenant à l’aimer, cette figure du passé. Il a passé des heures sur ses cartes, à jouer à suivre les lignes de leurs voyages incessants – de leur cavale millénaire. Des heures à apprendre. A se faire raconter, aussi, la dame qui avait partagé pendant un temps, comme lui, la vie des Accordés. Qui comme lui avait vieilli, alors que les autres restaient figés.
« Il y a mille façons de réagir, lorsque l’on apprend ce genre de choses. » souffle-t-il. Son visage exprime son trouble, sa fascination également.
« Je ne saurais dire si vous avez pris la plus simple, la plus noble ou la plus compliquée. » Il incline légèrement la tète, avant de tourner le regard vers la nef derrière lui. Prend une inspiration.

Maman ‘monie, je crois en son histoire. Elle ne semble rien rechercher de plus que nous, ou que moi.
« Venez. Elle ne devrait pas mal le prendre. Sinon, je vous ferai descendre immédiatement. » Il connaît sa mère de substitution, et la jeune femme… Il lui fait presque confiance. Il l’aide à rejoindre le pont de la Symphonie, où traîne vaguement Ciaràn qui lui jette quelques mots dans son dialecte outreventois incompréhensible, avant de la désigner du menton. Pas le plus commode des Accordés, c’est vrai. Peut-être l’un de ceux qui a le plus perdu.
« Demandez. » sa voix est douce, alors qu’il la regarde. Il pourrait récupérer son bodhran, dans sa cabine, mais il n’osera pas la prendre avec lui là-bas.
Elle veut des réponses. Elle les aura.

_________________

Il avait l’ouïe si fine. Il percevait la tonalité affective de chaque note. Et il la comprenait. Et chaque atmosphère. Dans chaque silence.  



Meldred parle en #007d80

On dit merci à Mab:
 
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Message Sujet: Re: Le chant de la curiosité   Hier à 17:47

Sans réponse depuis plus d'un mois, RP corbeillé.
Envoyez un MP sous Géralt pour le sortir des archives. :oui:

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