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 Une jeune fille bien comme il faut

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Agathe de Vigdir

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Je suis : Apprentie voleuse du Charme, sous la tutelle de Mélusine de Sylvamir

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Message Sujet: Une jeune fille bien comme il faut   Mar 21 Aoû - 18:40


Livre III, Chapitre 5 • La Joueuse de Flûte
Agathe de Vigdir & Melsant de Séverac

Une jeune fille bien comme il faut



• Date : 21 décembre 1002
• Météo (optionnel) : Il fait froid.
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Afin de conquérir le coeur d'Agathe et de lui faire accepter plus aisément son mariage prochain avec sa mère, Melsant l'invite à une représentation au théâtre de Lorgol. Ils en sortent tout juste et le moment semble idéal afin qu'ils apprennent enfin à se connaître. Et puis, la jeune Épine a plusieurs questions pour l'ancien Cavalier Blanc.
• Recensement :
Code:
• [b]21 décembre 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t4085-une-jeune-fille-bien-comme-il-faut#151899]Une jeune fille bien comme il faut[/url] - [i]Agathe de Vigdir & Melsant de Séverac[/i]
Afin de conquérir le coeur d'Agathe et de lui faire accepter plus aisément son mariage prochain avec sa mère, Melsant l'invite à une représentation au théâtre de Lorgol. Ils en sortent tout juste et le moment semble idéal afin qu'ils apprennent enfin à se connaître. Et puis, la jeune Épine a plusieurs questions pour l'ancien Cavalier Blanc.


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Message Sujet: Re: Une jeune fille bien comme il faut   Mar 21 Aoû - 19:12

Une soirée au théâtre. Une soirée au théâtre avec Melsant de Séverac. Avec le Cavalier Blanc de la Rose Écarlate. Il l’avait invitée et Agathe avait dû se faire violence pour dissimuler la joie immense qu’elle éprouvait, ne serait-ce que pour ne pas lui laisser croire qu’elle était une fille facile déjà conquise. Aimer Grâce de Sombregemme était difficile, pour la jeunette. Elle représentait une mère qui l’avait abandonnée toute sa vie durant pour l’éloigner de son frère qu’elle aimait de tout son coeur. Aimer Melsant de Séverac était si simple. Elle le voyait par le regard de Mélusine, jovial, séduisant, parfait. Il souriait et Agathe souriait. Il racontait une anecdote et la mignonne y voyait là l’histoire la plus incroyable jamais vécue. Les yeux brillants, accrochée à son bras sous sa jolie cape d’hermine, elle jubilait de mériter l’attention d’un marquis, certes, mais surtout de l’aîné de sa tutrice qu’elle aimait tant.

Elle n’avait jamais assisté à pareil spectacle, la jeune femme. Les yeux grands, elle s'avouait impressionnée par la décoration délicate du vaste vestibule de l’endroit. L’escalier étroit qu’ils avaient emprunté afin de rejoindre le balcon l’avait charmée tout autant par la précision de la rampe de bois sculpté. Les fauteuils confortables du balcon somptueux avaient également mérité son attention et, suivant l’attention de Melsant, Agathe avait enfin posé son regard sur la scène éclairée d’autant de bougies que d’orbes lumineux. Bientôt, les rideau se levaient.

Tout au long de la tragédie, perchée dans ce balcon luxueux, Agathe avait vécu intensément les émotions qu’on jouait pour elle. Lorsque les quiproquos se complexifiaient et détournaient les amoureux l’un de l’autre, son coeur se serrait très fort et ses yeux la démangeaient de quelques larmes retenues. Lorsque les déclarations d’amour défilaient en cascade, solennelles et immuables, elle tremblait en sachant son amour pour l’Adroit aussi pur et beau. Elle s’était levée, même, pour applaudir, lorsque les artistes s’étaient inclinés devant les spectateurs. Puis sitôt les portes du théâtre franchies, sitôt sa main de nouveau sur le bras de Melsant de Séverac, elle se laissait aller à quelques commentaires d’une voix encore vibrante d’émotion.

- C’était… magnifique! Lorsqu’elle a levé les yeux au ciel en priant Valda de faire de son coeur une étoile…

Délicate, la mignonne déposait une main gantée sur son propre coeur à la manière de l'héroïne malheureuse, répétant adroitement ce qu’elle avait perçu sur la scène. Un frisson la parcourait encore en se remémorant l’émotion de la comédienne. Comment pouvait-on être à ce point triste? Comment voulait-on disparaître aussi farouchement de ce monde, tant la douleur était grande? Et toutes ces lumières qui étincelaient dans les airs! Elle soupirait, toujours charmée par le spectacle passé, et relevait enfin son minois sur le Cielsombrois, toute tremblante de froid mais bien loin de s’en plaindre. Vivait-il un amour aussi fort pour sa mère qu’elle-même pour Lancelot? Était-ce sa jeunesse qui faisait battre son corps aussi fort?

- J’aimerais aimer si fort quelqu’un, aussi intensément toute ma vie. Je me le souhaite, mais je vous le souhaite aussi… Votre coeur bat aussi fort pour Grâce que les personnages de la pièce?

Car le sien pulsait parfois si fortement à sa poitrine, lorsqu’elle songeait à Lancelot, qu’elle croyait bien mourir d’amour.

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Message Sujet: Re: Une jeune fille bien comme il faut   Mar 28 Aoû - 14:44

Il était plutôt à son aise, Melsant, bien que quelque peu nerveux à l'idée de passer du temps seul avec la fille de sa fiancée. Il avait promis à Grâce se conquérir le cœur de ses filles, afin qu'elles soient totalement d'accord pour qu'il l'épouse et qu'elles aient leur mot à dire dans cette affaire, elles qui n'avaient fait que subir tout leur vie. Mélusine n'était pas très enthousiaste concernant le choix de son frère, désapprouvant l'abandon de sa famille par une jeune bélliférienne qui étouffait et avait besoin de prendre son envole. Seule. C'était une décision difficile à prendre et Grâce s'en mordait les doigts aujourd'hui, essayant de regagner le cœur de sa chère progéniture, élevée dans la haine de cette mère qui les avait laissé. Mais qui était revenue les sortir de leur environnement et leur donner une chance de vivre la vie dont elles rêvaient, loin du joug des hommes.

Melsant avait eu l'occasion de les rencontrer à plusieurs reprises. Quand elles s'étaient retrouvées chez Castiel avant d'être prises en charge par ses sœurs. Et lors d’événements plus dramatiques... Mais jamais encore il n'avait provoqué la rencontre. Seul à seule. Cela serait plus simple avec Agathe, il le savait. La mignonne semblait totalement encline à discuter avec lui et il pouvait compter sur Mélusine pour lui avoir donné une bonne image de ce frère qu'elle adulait tant. Même s'il avait volé cette adulation, ne méritant pas que sa petite sœur le regarde toujours avec ces paillettes dans ses beaux yeux. Cela le faisait fondre à chaque fois, quand bien même tant de dévotion et d'amour lui semblaient exagérés. Mais pour rien au monde il n'aurait voulu que cela change. Il adorait trop ses cadettes, avec lesquelles il avait un lien bien spécial, pour imaginer le perdre un jour.

Il avait proposé à Agathe de sortir dans Lorgol. Et c'était sur une pièce de théâtre que le choix s'était porté. Elle était ravissante et n'était pas sans lui rappeler Grâce, peu ou prou au même âge. Mais Grâce était plus... farouche, à l'époque. Elle avait tout quitté, intégré la caserne, jeune belliférienne totalement empêtré dans son éducation. Il avait fallu pas mal de diplomatie à Melsant pour l'approcher. De la bienveillance, comme avec ses sœurs, de la douceur et de la franchise, et il avait apprivoisé la jeune femme. Dés le début, il avait été attiré par elle. Jeune homme fougueux d'alors, qui avait réussi à séduire la belle. Ils s'étaient perdus de vue avec les années, s'éloignant, jusqu'à se retrouver et reprendre leur histoire là où elle s'était arrêtée.

Il était bien pensif durant la pièce, écoutant d'une oreille distraite, tandis qu'Agathe était totalement fascinée. Son humeur n'était pas des plus joyeuses. Il n'était plus le Cavalier et il ressentait le vide, malgré la présence réconfortante et apaisante de Soie. Qui lui envoyaient des images propres à le rasséréner en ce moment même. Ses pensées divaguaient concernant les secrets de la Rose. Qu'il ne connaissait pas. Mais il suspectait quelque chose d'inavouable qui ébranlait les fondements même de ce qu'elle était. Et le refus de tous se sacrifier avait permis à la Chasse de perdurer. Il avait suffit d'une pièce pour que le plan ne soit pas exécuté totalement. Melsant avait le vague à l'âme depuis plusieurs semaines, se demandant pour quoi il se battait réellement et en quoi il devait croire. Son entretien avec le Maréchal lui trottait sans cesse dans la tête.

Pourtant, il revint à la réalité et à l'instant présent, vers la fin, voyant combien le cœur de sa jeune compagne vibrait en écho de la pièce. Il se leva tranquillement à son tour à la fin, applaudissant poliment, avant de se diriger vers la sortie avec la jeune fille au bras. Il sentait son excitation et son émerveillement, amenant un peu de lumière juvénile et naïve dans ses sombres pensées. Elle était mignonne à s’enthousiasmer ainsi face à l'amour. « Oui, c'était une très belle pièce et je suis ravi de constater que tu l'as aimée... Voire adorée. » Il sourit devant cette petite précision. Il hocha la tête quand elle confia vouloir un jour aimer quelqu'un de cette façon. Même si cela pouvait être... trop. Effrayant. Mais Melsant était du genre passionné et n'avait aucune peur à se jeter à corps perdu dans ce genre de relation. « Tu le voudrais vraiment ? Parce que c'est merveilleux quand tout se passe bien, mais terrible quand les choses dégénèrent... Autant de joie pure que de souffrance profonde. » Il discourait à ce sujet avec elle, comme il l'aurait fait avec une égale, exposant son point de vue et ses interrogations. Agathe était jeune et naïve mais pas idiote. Il rit à la question concernant ses sentiments pour Grâce, y réfléchissant très sérieusement. « Oui. Avec moins de grandiloquence et de poésie, mais oui. Je suis tombé sous le charme de Grâce il y a longtemps déjà, mais nous étions jeunes, inexpérimentés, nous rêvions de devenir des Voltigeurs d'exception. Nous avons chacun suivi notre voie, avant de nous retrouver et nous rendre compte que nos sentiments avaient mûri. Et c'est bien ainsi, nous avons affronté des épreuves qui nous auraient sans doute séparé il y a 10 ans. »

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Message Sujet: Re: Une jeune fille bien comme il faut   Jeu 20 Sep - 16:01

De la souffrance profonde. Il disait vrai, Melsant, car chaque lumière attirait sa part d’ombre. Elle l’avait vu, la jeune Agathe, dans les amours déchirants de Mélusine, entraînant à sa suite autant de bonheur que de chagrin. Elle l’avait vu également auprès de la Rose Écarlate, organisation nimbée de lumière qui, pourtant, avait engendré une part d’ombre effroyable : la Chasse Sauvage. Désirait-elle réellement un amour aussi passionné? Même si la peur de ne pas être à la hauteur, ou encore de souffrir la paralysait devant Lancelot, elle savait combien fort son coeur réagissait à la présence de son prétendant. Elle savait aussi que c’était par la passion, purement et simplement, que Lancelot vivait les choses de l’amour. Déclarations enflammées, déclamations éloquentes ; il la voyait en toute chose et l’adulation qu’il lui portait la rendait autant apeurée que séduite. Oui… Oui, elle le voulait vraiment. Non seulement elle le souhaitait, mais elle le vivait déjà, car son prétendant était ainsi fait.

- Je ne nous souhaite pas des souffrances terribles, mais… Mais je crois qu’elles sont nécessaires, pour rendre les bonheurs plus forts, encore.

Il y avait eu ces interminables mois où elle croyait que son prétendant se jouait d’elle. Leur réconciliation, devant la fontaine, était sans doute l’un des moments les plus agréables de sa vie. Il en était de même pour les terreurs de Lughnasadh et la douceur de son entrée en tant qu’Épine. Des tragédies laissaient croire que les bonheurs, petits ou grands, étaient plus doux encore. Il y avait toutefois un monde, entre la théorie et la pratique. Elle l’entendait lui parler de Grâce, une Grâce plus jeune, charmante. Une Grâce qui les avait oubliés, sans doute, alors qu’elle se pavanait auprès de Corail et aspirait à une vie sans Aubrée, Anthelme, Arnaut et elle. La mignonne écoutait avec attention mais son joli sourire et son regard rêveur se ternirent quelque peu.

- Melsant…? Vous parlait-elle de nous, parfois? Quand avez-vous eu conscience de notre existence?

Sa voix était petite, blanche de neutralité, alors qu’elle ne savait pas encore elle-même si elle était peinée des confidences, curieuse, ou simplement blessée de resonger à la douleur de l’abandon de Grâce en pareil moment. Agathe ne le regardait plus vraiment, bien que sa main soit toujours lovée à son bras, bien au chaud. Elle levait plutôt sa seconde main, tout à fait libre, pour offrir sa paume vers le ciel. Quelques flocons épars voletaient ici et là, dans la nuit noire, brillant faiblement aux lueurs des établissements éclairés. Avec un peu de chance, l’un d’eux viendrait se lover contre sa peau tiède et la jeunette aurait la chance de le voir fondre lentement.

- Quand avez-vous eu conscience que je deviendrais une partie de votre vie, plus encore que la pupille de votre soeur?

L’envie de le questionner sur la jeune femme qu’avait été Grâce était forte, mais elle se fit violence, pour une fois. Agathe avait peur de la savoir heureuse et confiante, comme libérée du poids de ses derniers enfants, les jumeaux qu’elle était, avec Arnaut. Il y avait certainement eu de la rancoeur et de la déception, pour qu’elle les quitte ainsi, alors qu’ils n’étaient que nourrissons, pour ne jamais revenir les chercher si ce n’était qu’une quinzaine d’années plus tard. Alors elle retenait ses questions encore un peu, tournant maladroitement autour du sujet.

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Message Sujet: Re: Une jeune fille bien comme il faut   Jeu 25 Oct - 15:27

Malgré son charmant minois et sa corpulence de délicate jeune fille, Agathe n'était plus vraiment une enfant, aussi Melsant lui parlait-il comme à une adulte et non pas une gamine à protéger et préserver. Elle semblait bien romantique, ce qui était assez étonnant venant d'une jeune fille élevée dans l'idée que les hommes sont des brutes et ont tous les droits et que la femme ne peut qu'obéir. Ou bien est-ce légitime au contraire, de fantasmer sur quelque chose de plus doux et pur que cette réalité brutale... Ce moment avec elle était un privilège et une occasion d'en apprendre davantage sur la fille de la femme qu'il aimait. Mais quelque chose intriguait le major... Agathe avait-elle en tête le nom d'un galant pour s'exprimer ainsi ? Ce nous qui lui échappa semblait tout à fait corroborer ses doutes à ce sujet. Et sa réflexion ne manquait pas de maturité. "C'est un point de vue. Que je respecte... Dis moi Agathe, quel est l'homme pour qui tu pourrais endurer cette souffrance pour mieux savourer ton bonheur d'être à ses côtés ?" Il y avait de la malice dans les yeux bleus de Séverac, mais également, beaucoup de bienveillance. Il était amusé de la situation et serait tout disposé à écouter les confidences timides de cette jeune fille douce. Mais il accepterait tout autant qu'elle se ferme et ne réponde pas, car cela ne le regardait pas. Il laissait la porte ouverte en tous les cas, ne cherchant pas à se montrer intrusif ou à la mettre mal à l'aise, mais s'amusant de la jeunesse et de la naïveté d'Agathe.

Agathe qui, pourtant, reportait son esprit romantique sur sa mère et son prétendant, cherchant à en apprendre davantage. Ce que lui concéda le major sans rechigner, parlant aisément de ses sentiments et de sa relation avec sa Voltigeuse. Il n'avait rien à cacher de toutes façons et si cela pouvait permettre à Agathe de se faire une idée de qui était sa génitrice et de quelle jeune fille elle avait été avant elle... Il avait conscience de devoir se montrer prudent et soigneux dans le choix de ses mots d'ailleurs. S'il pouvait amener Agathe à juger moins durement sa mère... Ce serait un bénéfice important. Pourtant, il sentait sa réserve et ses doutes. Elle n'avait pas encore appris à masquer ses pensées et ses émotions. Le regard de Melsant s'adoucit en voyant derrière ses interrogations, les cicatrices d'une enfant abandonnée. "Oui. Pas tout de suite. Ta mère était assez secrète. Sans cesse mise à l'épreuve par les autres. Par les hommes. Elle ne parlait pas beaucoup d'elle et ne se laissait pas facilement approcher. Quand j'ai appris à la connaître mieux, j'ai appris un pan de son passé. Dont vous faisiez partie. Elle n'a jamais nié votre existence. Et parler de vous était douloureux. Vous laisser là bas pour avoir une chance de s'accomplir et devenir assez forte pour vous permettre de choisir votre voie à votre tour, des années plus tard, a été un choix difficile. Je ne pense pas qu'il y ai eu un seul jour sans qu'elle ne pense à vous et ne se demande si elle avait pris la bonne décision. Ni la peur de vous avoir à jamais perdu. Ce n'était pas facile de revenir dans votre vie."

Il observa Agathe qui s'émerveillait des flocons de neige ou qui essayait de sauver les apparences en se concentrant sur autre chose. Doucement, il l'attira à lui avant de déposer un baiser sur son crâne et de répondre simplement : "Quand j'ai revu ta mère... Nous étions tous les deux prisonniers sur un navire. Elle n'a jamais perdu courage. J'ai été ébloui par sa force de caractère, par sa pugnacité. A partir de ce moment là, j'ai su que j'allais la courtiser. Et quand elle a répondu favorablement à mes avances... Je ne saurais dire quand il m'est apparu évident que ta sœur et toi feriez partie de ma vie. Je ne me suis pas posé la question. Courtiser Grâce, partager sa vie, c'était vous inclure dans cette famille. Naturellement. Je suis prêt à vous accueillir à bras ouverts. A prendre la place que vous voudrez bien m'accorder dans vos vies. Je ne souhaite pas m'imposer à vous. Mais je suis là."

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Message Sujet: Re: Une jeune fille bien comme il faut   Dim 25 Nov - 18:09

La question était tombée avec une étrange lourdeur, entre eux, et Agathe avait senti son coeur se presser jusqu’à manquer un battement. Une seconde de petite morte, très certainement, avant que le sang n’afflue vivement jusqu’à ses pommettes afin de teinter ses joues d’une adorable rougeur. Comment savait-il qu’elle appréciait quelqu’un? Était-ce son émoi, devant la pièce de théâtre, qui l’avait trahie? Ou encore leur bref échange sur ce que devait être l’amour? La jeunette prit soin de relever sa capuche sur ses traits, se dissimulant de son mieux au regard sans doute un peu amusé de cet homme qui serait bientôt son père par alliance. Elle ne savait pas vraiment ce qui était le plus terrible, entre une conversation sur son prétendant ou entendre Melsant lui affirmer que Grâce désirait être forte pour émanciper ses filles, plus tard. Alors… Alors elle se contentait d’observer les quelques flocons sur la paume de sa main, la gorge trop nouée, de toute façon, pour commenter le moindre mot. Pourquoi appréciait-elle Melsant si fort, alors que le simple nom de Grâce était un sujet à ce point sensible? Était-elle condamnée à préférer le frère de Mélusine à sa propre mère..?

Il était sensible, ce grand homme, ou peut-être plus lucide que les autres, car il enserra ses épaules frêles de sa large patte et la lova contre lui, quelques secondes, le temps d’un baiser sur son front. Agathe renifla discrètement tout en s’efforçant de retenir ses yeux bien trop humides - c’est le froid, qu’elle dira, si les larmes s’échappaient sur ses joues.

- Vous avez été là dès mon arrivée en Sombreciel… Vous avez été là, pour moi, avant même que je connaisse votre existence, Melsant. Vous aurez la place, toute la place. Vous la méritez. ...Ce n’était pas une enfance joyeuse. C’était… C’était… Un soupir, faible. Comment décrire la terreur de son enfance, les tremblements de peur, le silence pesant, la violence? Comment décrire tout ça sans être immonde de regretter le départ de sa mère d’un pareil endroit? Lorsqu’il rentrait, je me cachais sous le lit d’Aubrée, je ne faisais pas de bruit. Parfois, il me trouvait.

Son haussement d’épaule avait tout de la fausse désinvolture. Combien de fois avait-elle parlé de ce passé dégradant, pesant, humiliant et particulièrement honteux? Jamais. Il était rare qu’Agathe s’ouvre réellement à ce sujet, qu’elle ne s’en tienne pas à un silence obstiné, à quelques mots, vagues, pour laisser comprendre que ce n’était pas une enfance légère. Grâce l’avait laissée aux mains d’un homme qui la détestait de lui ressembler, qui la haïssait d’être une femme, qui la considérait, ainsi que son aînée, comme des fardeaux.

- C’était douloureux pour elle, cet abandon. Mais pour moi, c’était… J’ai compris seulement en Sombreciel que ce n’était pas normal. Aubrée l’adore, et vous l’aimez énormément. Il n’y a que moi qui… C’est douloureux pour moi, encore.

Elle secouait la tête un tantinet, se rendant bien compte qu’elle médisait, en quelque sorte, contre la promise de Melsant. Contre sa propre mère. Agathe releva son minois vers le ciel, les lèvres scellées, quelques longues minutes durant. Le poids de la confidence semblait alourdir son pas, et la jeunette se laissait entraîner par Melsant d’une rue à l’autre sans chercher à voir où il la guidait. C’est en repérant la jolie fontaine, désormais gelée, que la chaleur du baiser de Lancelot lui revenait, ainsi que sa présence douce et délicieuse.

- Il n’est ni noble, ni Voltigeur… Je ne crois pas que vous le connaissiez. Il est différent. ...Il ne m’a pas encore enlevée.

Une pointe d’humour, tout juste perceptible, sous cette capuche bien ample qui ne laissait plus voir que quelques boucles dorées.

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Message Sujet: Re: Une jeune fille bien comme il faut   Mer 19 Déc - 11:37

Elle était mignonne alors que ses joues de porcelaine revêtaient une délicate teinte rosée, indiquant ainsi que Melsant avait botté en touche. Il avait grandi avec deux petites sœurs, qui étaient bien moins réservées qu'Agathe, mais qui avaient connu les mêmes émois amoureux. Et puis, il était observateur, c'était une qualité appréciable qui lui permettait de souvent se faire une opinion réaliste des gens. Il se trompait rarement. Il fut cependant surpris de l'embarras de la jeune fille alors qu'elle dissimulait son visage sous sa capuche, sans doute pour se donner une contenance et prendre ainsi le temps de réfléchir à une réponse appropriée à fournir au futur époux de sa mère. Pour qui elle semblait avoir déjà du respect et même un peu d'affection d'ailleurs. Il ne souhaitait pas gâcher ses chances avec elle. S'était-il montré trop audacieux avec la jeune bélliférienne, pas encore au fait de l'honnêteté des cielsombrois dans le domaine de l'amour ? Ou de la brutale franchise. Il n'insista pas sur le sujet, et parla volontiers de sa relation avec Grâce, trop conscient des blessures de l'enfant derrière ces questions.

Protecteur et tendre, il attira la jeune fille à lui, pour la réconforter, l'assurer que tout irait bien maintenant. Qu'elle ne serait pas écartée de cette famille qu'il souhaitait construire. Elle n'était pas sa fille, mais il pouvait la considérer comme telle si elle lui en laissait seulement l'opportunité et le droit. Et elle le lui accorda, avouant qu'il avait toujours été là pour lui venir en aide. Il avait répondu présent quand Grâce lui avait demandé de l'aider à mettre ses filles en sécurité, les présentant à Castiel, les mettant sous sa protection. Puis, elles avaient été confies à ses sœurs... La famille Séverac avait joué un grand rôle dans tout cela, entourant les demoiselles Martel depuis leur extraction de Bellifère. Cependant, son regard bleu s'assombrit alors qu'elle évoquait à mots voilés son enfance en Bellifère, sans une père pour la protéger, pour prendre les coups à sa place. Il se crispa malgré lui, ressentant une fureur terrible en imaginant ce qu'avait été le quotidien de ces femmes. De ces petites filles qui ne pouvaient pas se défendre, juste se cacher, prier les dieux de ne pas être trouvées... Il pouvait comprendre la rancune d'Agathe envers sa mère, qui avait fui ce cauchemar et les y avait laissé, mettant des années à venir les en arracher... La situation était compliquée. Les différents points de vue légitime et il n'y avait aucune ligne de conduite qui prévale sur les autres. "Je n'ai pas le pouvoir d'effacer le passé. Crois bien que je le regrette. Mais nous pouvons t'offrir un avenir radieux." Rien n'effacerait ces années à trembler. Mais leur souvenir pouvait être adouci par le présent et l'avenir.

Il hocha la tête alors qu'elle confiait ne pas pouvoir pardonner à sa mère, contrairement à sa sœur. "Tu as le droit d'être en colère et de lui en vouloir, tu sais. Comprendre ses actes avec sa tête n'implique pas de les comprendre avec son cœur." Il s'exprimait avec douceur, à mi voix, d'un air compréhensif. Il avait connu la colère, la rancœur et tout le monde n'était pas capable de pardonner. D'oublier. De faire avec et avancer. Grâce avait peut-être commis une erreur. Agathe en était-elle consciente ? Que même les adultes ne sont pas infaillibles, se trompent et regrettent ensuite ? "Seul le temps dira si elle mérite ton pardon. Sache seulement que même si c'était une mauvaise décision à certains points de vue, c'était la seule qui lui semblait acceptable à ce moment là, dans ces circonstances..." Il se fendit d'un sourire désabusé. "Nous commettons tous des erreurs. Nous prenons tous des décisions lourdes de conséquences et avec lesquelles il faut vivre. J'espère que cela n'arrivera pas trop tôt pour toi Agathe..." Pour lui, ça avait été bien trop précoce, à devoir choisir entre sauver son petit frère ou ses petites sœurs, alors qu'il n'était qu'un gosse. Et cela avait commencé à façonner l'homme qu'il allait devenir.

Et puis, sans crier gare, Agathe lui parla de celui qui faisait battre son cœur. "Différent hum ?" Ne pas sourire. Ne pas s'amuser de cette pointe de subjectivité propre aux amoureux. Qu'il ne soit ni noble ni Voltigeur n'était pas un problème. "Voudrais-tu qu'il t'enlève ?" Partageait-il les sentiments d'Agathe ? Cette question n'était pas à prendre au premier degrés. Mais Agathe souhaitait-elle qu'il la revendique comme sienne officiellement ? "Tu peux m'en dire plus le concernant ? Si tu veux bien sûr. Tu as le droit de refuser et de garder cette relation secrète et précieuse à tes yeux."

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Message Sujet: Re: Une jeune fille bien comme il faut   Mar 1 Jan - 21:15

Il l’avait écoutée sans l’interrompre, Melsant, et Agathe se sentait immensément importante pour cet homme qui s’ajouterait très bientôt à cette famille éclatée. Ou peut-être en deviendrait-il plutôt le pilier, la force tranquille qui les réunirait, toutes, malgré les tensions, les regrets et l’amertume? Il devait très certainement hisser Grâce dans les plus hautes sphères de son coeur, car l’amour était ainsi fait, mais tout, dans les paroles du Cielsombrois, laissait croire qu’il y avait une petite place douillette pour elle, aussi. Alors elle eut un sourire petit, de ravissement, en l’entendant lui parler d’avenir radieux et de son droit le plus légitime de ne pas pardonner. Il n’y avait peut-être bien qu’un Cielsombrois pour comprendre que l’esprit et le coeur ne s’harmonisaient pas toujours…

En l’entendant parler de choix, Agathe eut une pensée pour sa tutrice. Comment aurait-elle réagit, Mélusine, si une situation similaire s’était imposée dans sa vie? Elle y avait songé souvent, depuis qu’elle avait appris à la connaître. De tous ses scénarios imaginés, elle ne pouvait l’imaginer abandonner son enfant. Et si elle avait dû le faire, elle aurait très certainement été détruite. Peut-être aurait-elle cherché de l’aide, négocié des liens avec les bonnes personnes, pour retrouver le plus tôt possible son petit. Elle l’aimait si fort. Et puis, il avait raison, Melsant. Personne n’était à l’abri des erreurs, car tous étaient imparfaits - sauf peut-être Martial de Bellifère. La seule petite ombre, dans cette révélation, était que Grâce n’avait pas semblé être empressée de réparer son faux pas. Peut-être était-ce précisément la lourdeur des conséquences de son choix qui l’avait empêchée aussi longtemps de revenir en Bellifère pour les aider, à sa manière? Elle était songeuse, un peu, avant de reprendre la conversation sur son amoureux secret. Melsant, digne enfant de Sombreciel, semblait particulièrement intéressé par le sujet, ce qui la charmait.

- Il ne ressemble à rien de ce que j’ai connu. Il me donne parfois l’impression de vivre des émotions dont j’ignorais jusque là l’existence, tellement il est sensible et passionné. Ce serait… dommage, je crois de retourner là-bas, en Bellifère. Il faut dire que vous n’enlevez pas les Bellifériennes, n’est-ce pas? Seulement les Erebiennes.

Elle avait pincé les lèvres en disant cette généralité, environ convaincue d’avoir raison. Les Séverac étaient l’exemple parfait de cette chasse à l’Erebienne. Agathe laissa passer un silence méditatif avant de reprendre parole, d’une voix nettement plus douce, plus secrète, aussi.

- Puis… Je me sens importante, ici. Vous le saviez, hein, que la Rose m’avait demandée comme Épine, après les festivités de Lughnasadh? Maintenant qu’Elle n’existe plus, j’ai le devoir d’aider les autres Épines. Je ne sais pas comment, ni qui rencontrer, mais… Si Lancelot m’enlève, j’aimerais que ce soit à Lorgol. J’ai tant de choses à faire, à voir, encore.

Comme tout le monde, ou presque, la mignonne savait désormais qui se cachait derrière les Pièces de la Rose Écarlate. La majorité provenait d’Ibélène, et plusieurs étaient dans son cercle plus ou moins proche. Hiémain, Mélusine, Mélodie, et Melsant, pour ne nommer qu’eux. Castiel, Alméïde, qu’elle connaissait et respectait. Elle avait vu combien Mélusine était anéantie, le soir où la Rose s’était flétrie et que Rhéa l’avait quittée. Melsant avait dû vivre une douleur similaire, lui aussi, et ça la désolait sincèrement, la jeune Agathe. Elle ignorait combien de temps il avait été l’écrin du Cavalier Blanc, mais au-delà du manque que devait causer le départ de Raphaël et de Penseur, il y avait également une brèche dans ses idéaux. La Rose avait perdu la partie, et l’Ordre sanglant et terrifiant avait gagné.

- Pouvez-vous me guider, Melsant? Qui devrais-je rencontrer, pour les aider?

Elle l’avait observé, tout en parlant, en-dessous de sa capuche. De tout coeur, elle espérait qu’il n’allait pas abandonner la cause. Paix et protection. Arven en avait bien besoin, après cette guerre et ces querelles…

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