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 Inconnue quasi lambda

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Message Sujet: Inconnue quasi lambda   Inconnue quasi lambda EmptyJeu 31 Déc - 16:53


Livre I, Chapitre 1
Sixtine d'Ibélène & Neve l'Embrun

Inconnue quasi lambda

Ou la rencontre des plus impromptue à Alfaë.



Date : 30 janvier 1001
Statut du RP : Privé
Résumé : Deux hurluberlus aux chemins bien différents et à l'identité parfois trompeuse tombent nez à nez dans les rues d'Alfaë. Le jeune Chevaucheur ne comprendra pas immédiatement qu'il se trouve en vérité face à la princesse d'Ibélène.



Dernière édition par Neve l'Embrun le Sam 9 Jan - 11:18, édité 2 fois
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Message Sujet: Re: Inconnue quasi lambda   Inconnue quasi lambda EmptyJeu 31 Déc - 16:57


Neve n’avait jusqu’alors que très rarement mis les pieds à la capitale de Faërie, la fameuse Alfaë, si majestueuse et impériale. À vrai dire, depuis son expérience de Lorgol, lorsqu’il étudiait encore à l’Académie, les villes ne manquaient jamais de le happer et de l’étouffer. Mais la veille du vingt-cinquième anniversaire de Chimène, et du bal auquel il était lui-même convié, il avait été poussé dans les rues d’Alfaë par le sort. Survolant la capitale sur le dos d’Inespéré, il cherchait en vain du regard une petite place isolée et paisible où il aurait le loisir de se poser calmement avec son ami. Les dragons n’étaient pas rares dans le ciel de Faërie, mais au-dessus des toits d’Alfaë, l’air était comme en ébullition sous les ailes fortes et vigoureuses des majestueux reptiles, à l’image de cette cité. Les rues et les carrefours semblaient pensés de telle sorte que les dragons puissent se poser et s’envoler comme bon leur semblent. Mais ce jour-là, la veille de l’évènement le plus important de tout Arven depuis des lustres, les rues étaient secouées de mille et un badauds.

Il était tout naturel de se demander ce qui avait conduit Neve à Alfaë si tôt avant les réjouissances. Le jeune ansemarien n’aurait jamais pensé avoir à se soucier un tant soit peu de son apparence, mais il fallait se rendre à l’évidence : s’afficher à la cour de l’impératrice Chimène dans de vieilles fripes usées et décadentes, ce n’était peut-être pas le meilleur moyen pour passer inaperçu. Et là était pourtant l’objectif de Neve à ce bal : étancher sa curiosité au sujet de la jeune impératrice et plus que tout, passer inaperçu. Le jeune ansemarien ne souhaitait pas dépenser ses maigres économies dans des considérations aussi futiles que des vêtements de marque ; il désirait en tout et pour tout une tenue très simple, en meilleure forme et meilleur état que ses vêtements vétustes. Bien qu’il ne s’était jamais vêtu de guenilles, il n’avait jusqu’à présent jamais éprouver quelque élan dévoué vers le soin de son apparence.

Après avoir survolé la caserne des Chevaucheurs, située près de la garnison et qui attisa la curiosité de Neve, le jeune ansemarien et Inespéré découvrir une rue qui semblait marchande, et où il ne paraissait pas impossible de mettre pied à terre. Le dragon se posa en douceur, soulevant quelques poussières de ses grandes ailes bleu-gris, et Neve se laissa glisser au sol. Les échoppes de grande envergure côtoyaient les petites officines familiales, humbles et avenantes. Neve se dirigea vers l’une d’entre elles, qui arborait un écusson équivoque : une paire de ciseaux et une bobine de fil relâchée. Quelques tuniques égaillaient l’entrée de l’échoppe, et Neve se décida tant bien que mal à pénétrer à l’intérieur.

« Pourrais-tu m’attendre ici ? Je n’en ai que pour une minute, promis. » glissa-t-il à Inespéré, qui hocha calmement la tête. Il semblait que Neve l’entendait sourire dans son esprit.

La gérante était une vieille femme squelettique qui ressemblait de près comme de loin à une sorcière, mais qui arborait un sourire si doux et si franc qu’il semblait impossible de ne pas avoir confiance en sa moue chaleureuse. Neve lui retourna son sourire, soudain rassuré par la bonhomie de cette femme, avant de lui exposer son désarroi. La vieille vendeuse eut tôt fait de lui dégoter entre ses cintres de bois, ses robes extravagantes et ses tuniques unies, le vêtement idéal. Enfin, en tout état de cause, il était difficile pour Neve de parler d’« idéal » lorsqu’il s’agissait de renouveler une quelconque garde-robe, mais c’était toujours mieux que d’être le centre de l’attention lors un bal mondain, non ? Il essaya sans un mot la tenue de lin, avant de sourire à nouveau à la vieille femme et de lui acheter. Il s’agissait d’un ensemble très simple, brun foncé et rehaussé de quelques pans de tissu bleu, d’un beau bleu profond et doux.

En quittant la petite échoppe, la tenue soigneusement pliée à la main, il s’arrêta net devant un spectacle pour le moins inattendu. Inespéré, l’ayant attendu sagement devant la modeste boutique, allongé de tout son ventre de reptile sur les pavés, se trouvait nez à nez avec une femme du peuple, au teint pâle, les cheveux bruns comme l’ébène et le regard assuré. Son visage était fin, laissant deviner une grande jeunesse. Elle tendait une main engagée vers le museau du dragon, qui ne bronchait pas – pour le moment. Pourtant, tout le monde savait qu’il était formellement défendu de caresser le dragon d’un Chevaucheur sans son accord, il ne s’agissait pas de la docilité d’un chat tout de même. Neve fut partagé entre se précipiter pour l’en empêcher et laisser Inespéré lui faire la leçon. Finalement, il opta pour un entre-deux :

Si j’étais vous, je ne ferais pas cela.


Dernière édition par Neve l'Embrun le Ven 1 Jan - 23:23, édité 2 fois
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Message Sujet: Re: Inconnue quasi lambda   Inconnue quasi lambda EmptyVen 1 Jan - 17:17

Sixtine voulait une robe de Faërie pour être à la mode de cette cour là, elle ne voulait pas paraître étrange ou pire démodée, c’était hors de question elle devait être éblouissante, parfaite même, bien sûre elle ne devait pas faire de l’ombre à sa tante, mais elle devait être en seconde place, elle devait montrer une stature impériale. Elle se donnait également une autre mission, inspecter les futurs époux potentiels de Faërie pour renforcer la paix si possible, si sa mère voulait la guerre Sixtine elle ne la souhaitait pas. Bien sûre dans les rêveries si elle héritait du continent en entier ce n’était pas une idée désagréable, mais dans les fait c’était régner après une guerre sanglante et cela ne lui semblait pas de très bonne augure. Elle n’était pas magicienne régner sur une cour ou la magie était le nerf principal semblait vraiment inopportun.
 
Bref il lui fallait la robe. Elle s’était donc décidée de faire un tour dans le centre-ville ou les boutiques se multipliaient comme des champignons Pour cela elle se décida à porter sa robe la plus simple une robe bleu nuit avec un corset de la même couleur avec des broderies florales, elle voulait découvrir la ville tout cela seule, sans tout l’horrible agitation protocolaire qui la suivait habituellement. Flopée de garde, suivante, cris des foules, c’était parfois à proprement insupportable.   Long cheveux juste enserrés par une tresse en couronne elle se sentait libre comme l’air et c’était vraiment délicieux. Que la journée était belle ! Malgré les odeurs moins délicates que celle du palais, Six rayonnait, elle souriait à presque tout le monde sur son passage d’un sourire sincère ce qui était plutôt rare.
 
 Elle s’arrêta un moment à un stand pour admirer une babiole un petit coffret en bois, elle renonça, elle ne voulait pas attirer l’attention en faisant envoyer des tas de babioles sur lequel elle aurait craqué au château, on aurait tout de suite deviné qu’elle était moins humble qu’elle ne voulait le montrer. Le but étant de rester discrète elle s’éloigner presque à regret, l’objet était vraiment joli, peut-être qu’elle reviendrait après les festivités avec son frère avec tous le tintouin ou bien sa mère elle verrait bien qui serait le plus disposé à l’accompagner.
 
La princesse eut un petit soupir et évita de justesse une charrette. Diantre elle devait arrêter d’être dans ses pensées ou elle risquait bien de périr de la façon la plus sotte du monde et pour rien au monde elle souhaitait la mort, au contraire elle aimait la vie plus que tout. Elle lissa par réflexe sa robe et quand elle releva ses yeux qu’elle ne fut pas sa surprise de découvrir un dragon. Un moment elle resta tétanisé complètement émerveillée par la créature. Quelle grâce ! Quelle puissance ! Quelle beauté ! Six était enchantée et avait le soufflet coupé, ce qui était plutôt rare, elle n’était pas vraiment ce qu’on pouvait appeler une personne facilement impressionnable.
 
La stupeur passée, la princesse se décida d’approcher tranquillement la bête. Elle n’avait pas peur, peut-être était-elle un inconsciente elle s’en rendait compte, mais la curiosité et la certitude de son charme paracheva de la convaincre. Quand elle fut proche de la bête un sursaut d’audace l’a pris et elle tendit sa main avant qu’une voix masculine ne l’arrête, tranquillement elle stoppa son geste et se retourna. C’était un jeune homme, un très beau jeune homme sans se mentir, la princesse était pourtant plus qu’exigeante en la matière, mais le chevaucheur car elle devina qu’il devait être le propriétaire de la bête avait un regard franc et clair qui lui plaisait. Elle se calma cependant, la dernière fois qu’elle avait eu une aventure cela avait très mal fini.
 
 - Désolée, lâcha-t-elle avant d’incliner légèrement le buste pour faire vraiment croire qu’elle était une personne de moindre importance. J’étais saisie par sa beauté, je n’ai pas réfléchie, encore une fois je suis désolée je n’aurai point du. Je m’appelle… Iseut, finit-elle par trouver, c’était un prénom assez commun.
 
Elle fit une pause pour laisser son interlocuteur lui répondre avant de reprendre.
 

-  Comment s’apelle-t-elle ? fit doucement Six avant de sourire au jeune homme.
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Message Sujet: Re: Inconnue quasi lambda   Inconnue quasi lambda EmptyVen 1 Jan - 21:08


Neve demeura quelques secondes interdit devant la jeune femme, insouciante et élégante. Elle venait, comme par mégarde, de chercher à caresser le museau d’Inespéré, comme s’il s’était agi d’un chat. Le jeune ansemarien n’osait pas la regarder proprement dans les yeux, quelque peu dépassé par l’incongruité de la situation. Tous les faës ont conscience du tempérament farouche et indomptable des dragons, et de l’aubaine que leur présence constitue auprès de leur Chevaucheur. À moins que la jeune femme devant lui ne soit en réalité une imbécile heureuse en vadrouille ? Neve chassa cette pensée stigmatisante de son esprit. Et Inespéré qui se contentait de darder ses yeux rieurs sur lui comme pour mettre en exergue son embarras !

L’inconnue venait de se retourner, interloquée par l’apostrophe de Neve, et elle l’observait désormais, un peu confuse. Le jeune ansemarien constata qu’elle ne semblait pas provenir de Cibella, au vu de ses vêtements simples, certes, mais à la coupe et aux motifs plutôt rares dans les rues d’Alfaë. À vrai dire, il n’aurait pas su dire de quelle contrée de Faërie la jeune femme pouvait bien provenir. Sa robe était bleu nuit, une couleur qui attira le regard de Neve, qui sembla y retrouver la profondeur de la mer, de nuit, lorsque le vent agite les côtes et les récifs. Quelques broderies florales ornementaient cette tenue pour le moins simple. Ce fut la voix de l’inconnue, claire et douce, qui tira le jeune ansemarien de ses interrogations multiples au sujet de ses origines :

Désolée, j’étais saisie par sa beauté, je n’ai pas réfléchi, encore une fois je suis désolée, je n’aurais point dû.

Elle marqua une courte pause dans ses excuses balbutiées, excuses qui décontenancèrent quelque peu Neve. Elle sembla hésiter un instant avant de poursuivre, en s’inclinant légèrement en avant :

Je m’appelle… Iseut.

Iseut. Un prénom plutôt courant dans la région. Neve lui rendit son salut, inclinant légèrement la tête par politesse. En temps normal, il n’aurait jamais donné suite à la conversation, et aurait détourné les talons aux côtés d’Inespéré. Mais l’aspect insolite et sensiblement bancal de cette situation lui ôta les mots de la bouche.

Mon nom est Neve. Oh et, lui, c’est Inespéré.

Il acheva sa phrase en faisant quelques pas vers son ami. La main sur son encolure, il sourit en songeant qu’il n’aurait jamais fait de mal à cette inconnue, ce que le dragon lui certifia malicieusement par une petite pensée immiscée dans son esprit. « Elle t’a tout de même considéré comme une femelle, je me permets de te faire remarquer. », glissa Neve à l’intention de son dragon, qui s’ébroua comme pour chasser cette idée saugrenue. Le jeune ansemarien reporta son attention sur la jeune femme, qui les observait tous deux avec curiosité, lui et Inespéré. Le Chevaucheur se sentit presque contraint de glisser cette remarque :

Tu ne sembles pas très familière des dragons. D’où viens-tu ? D’Outrevent ? de Lagrance ? demanda-t-il vivement, puis avec un sourire : Ne t’excuse pas si formellement, tout ceci n’en vaut pas la peine.

La jeune femme devait être à peine plus jeune que lui, trois à quatre années tout au plus. Son visage délicat évoquait celui d’une enfant qui tend peu à peu à devenir une femme. Il s’agissait peut-être de ce constat qui l’avait attendri et empêché de détourner froidement les talons en l’abandonnant à son désarroi et à ses questions. Avec un sourire fin mais sincère, Neve se risqua à une dernière question, en toute sympathie envers cette jeune femme maladroite :

Puis-je me permettre de te demander ce que tu es venue faire à Alfaë, petite étrangère ?


Spoiler:
 
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Message Sujet: Re: Inconnue quasi lambda   Inconnue quasi lambda EmptyVen 1 Jan - 23:07

- Enchantée Neve, enchantée Inespéré et désolée de m’être trompée, fit-elle sincère mais sans gêne outrancière, ce n’était pas comme si elle était une petite fille introvertie.
 
Ni extravertie d’ailleurs, mais son interlocuteur ne semblait pas pressé de la quitter, ce qui secrètement la ravit et lui arracha un sourire canaille. Elle s’était écartée pour laisser passer Neve et le laisser s’approcher de son dragon. Elle observa de la tête au pied le chevaucheur et le dragon, un regard sans vergogne. Elle n’avait pas vraiment l’habitude de baisser les yeux devant quiconque et cela n’allait certainement pas changer aujourd’hui. Neve finit par parler comme gêné, la jeune femme se retint de justesse de rire et serra les dents avant de lui répondre.
 
- D’Ibélène, mais ma mère vient de Faërie, je n’ai pas souvent vu de dragon en effet me voilà démasquée, s’esclaffa-t-elle soudainement plus légère. Je suis quand même désolée, j’imagine que vous avez un lien très fort, unique partagez-vous vos pensées ? En tout cas je n’aurai pas du approcher votre dragon sans votre permission. Petite ? Pas tant que ça ma foi, j’ai l’âge d’être une femme et d’être marié, ma mère l’était depuis bien longtemps et mon frère aîné avait déjà cinq printemps, dit-elle taquine en s’approchant un peu pour voir si elle pouvait le troubler. Depuis combien de temps êtes-vous un chevaucheur ? fit-elle en s’écartant pour laisser le jeune homme respirer si il en avait besoin, elle tourna le regard vers le dragon. Tu es vraiment magnifique le sais-tu, je regrette d’être si normale… Pour répondre à votre question je suis venue pour le mariage de ma cousine Jane…
 
C’était si facile pour elle de broder, elle avait lu tellement d’histoire, ces prénoms-là étaient vraiment communs, peut-être un peu trop, elle essaierait d’en glisser un un peu plus exotique pour le prochain. Elle se frotta les bras, elle avait l’impression que l’air se rafraîchissait et elle aurait été ravie d’avoir sa cape en zibeline sur ses épaules, si elle avait été avec ses suivantes, un de ses dernière lui aurait donné un manteau, mais là elle devait s’en acheter hors elle voulait rester encore un peu avec le chevaucheur. Elle décida de serrer les dents et d’ignorer le froid, il n’y avait plus qu’à espérer qu’elle ne tombe pas malade, ça aurait un sacré comble avec le bal qui l’attendait.
 
- Vous veniez faire des achats, ma mère est couturière, dommage que vous ne m’ayez pas rencontré un peu plus tôt. En tant que chevaucheur vous devez être invité au bal, déduit-elle soudainement embêtée par cette révélation.
 
C’était quasi impossible qu’il rate son entrée, elle avait été idiote dans son approche, mais si elle disait le contraire maintenant la croirait-il et en même temps pourquoi ne se fichait-elle pas simplement de ce qu’il penserait d’elle demain. Elle devait faire un choix à présent, elle soupira. Il n’y avait qu’une chance sur trois que ça tourne bien, mais elle saisit ma chance.
 

- Je vous ai menti pardonnez-moi, dit-elle la voix presque peinée, elle tendit sa main. Garderez-vous secrète ma vraie identité si je vous la révèle ? 
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Message Sujet: Re: Inconnue quasi lambda   Inconnue quasi lambda EmptySam 2 Jan - 0:15

La jeune femme provenait donc d’Ibélène. En entendant ce nom, Neve sentit tout d’abord ses pensées s’entrechoquer brutalement, avant que le cours des choses ne reprenne autour de lui. Il était plus que probable de rencontrer des habitants d’Ibélène dans les rues d’Alfaë la veille du bal organisé par Chimène. En plus des badauds, toute la noblesse du territoire de l’est était conviée au vingt-cinquième anniversaire de la jeune impératrice de Faërie. Neve se sentit comme rassuré de ne pas avoir affaire à une imbécile heureuse, mais à une jeune femme d’Ibélène. Il eut soudain chaud au cœur de savoir que l’espace d’une journée, les frontières entre Faërie et Ibélène s’étaient comme diluées dans l’espace pour laisser pénétrer sur les terres magiques de nouveaux visages, de nouveaux horizons. Il eut soudain envie de lui poser maintes et maintes questions au sujet d’Ibélène, de ses contrées, de ses mœurs, mais déjà la jeune femme poursuivait :

Je suis quand même désolée, j’imagine que vous avez un lien très fort, unique ; partagez-vous vos pensées ?

Plus ou moins, oui, disons que nous communiquons télépathiquement. De ce fait, Inespéré peut se trouver à des kilomètres d’ici, nous pourrons tout de même nous entretenir, déclara Neve en souriant du fond du cœur à son ami. Ce dernier s’ébroua à nouveau, comme pour accorder son consentement ; et un dragon de plusieurs mètres s’ébrouant de plaisir, cela semble nettement plus impressionnant qu’un cheval.

La soi-disant Iseut tiqua à la remarque de Neve concernant son identité d’étrangère, et notamment au mot « petite », qu’elle reprit en s’esclaffant. Tout en défendant bec et ongle son statut de femme, et non d’enfant, elle s’était rapprochée peu à peu, tantôt féline, tantôt amusée, du jeune ansemarien, qui ne cilla pas. Lorsqu’Iseut se retrouva à un pas de lui, les yeux dardés sur lui, Neve eut comme un frisson ; le parfum de l’inconnue était capiteux. Le jeune ansemarien n’était pas adepte des jeux futiles de l’altérité et de l’amour, comme la séduction. Au contraire, il s’en tenait le plus loin possible le plus clair de son temps. Mais ce qui le laissait stoïque, le souffle court, devant la jeune femme, ce n’était pas son évidente beauté ou le charme qu’elle était en mesure d’opérer autour d’elle, mais plutôt le constat qu’elle se payait sensiblement sa tête. Elle finit par s’écarter en demandant, comme pour changer de sujet :

Depuis combien de temps êtes-vous un Chevaucheur ?

Deux ans.

Neve n’approfondit pas sa réponse. Il n’avait pas honte de n’avoir pas encore accumulé une grande expérience de la vie, mais les humains ont tôt fait d’oublier un adage essentiel : « La valeur n’attend point le nombre des années. » Cette jeune Iseut devait être bien placée pour le comprendre, semblait-il. Elle adressa quelques compliments à Inespéré, qui se contenta de souffler bruyamment par les narines pour exprimer son contentement. « Une jeune femme d’Ibélène qui trouvent les dragons magnifiques ? C’est pour le moins surprenant, tu ne penses pas ? » glissa le dragon dans l’esprit de Neve, qui acquiesça mentalement. Le Chevaucheur s’apprêtait à répondre lorsqu’il surprit l’inconnue serrer les dents pour lutter contre le froid. Cibella était une région relativement froide en cette saison. Instinctivement, le jeune ansemarien retira sa veste de toile légère et la tendit, assuré, à Iseut. Il déposa ensuite sur ses propres épaules la tenue qu’il venait d’acheter pour se protéger lui aussi du froid. Il hésita à lui faire remarquer qu’elle pouvait garder ce maigre vêtement, mais il jugea que c’était inutile. Il enquilla :

Oui, au bal, en effet…

Je vous ai menti, pardonnez-moi, déclara soudain la jeune femme, d’une voix altérée. Garderez-vous secrète ma vraie identité si je vous la révèle ?

Neve fit instinctivement un pas en arrière, sans réellement comprendre le sens de cette mascarade. Où le guidait cette soi-disant Iseut avec ses histoires rocambolesques ? La main qu’elle lui tendait, le regard déterminé, laissa le jeune ansemarien interdit, quelque peu stupéfait aussi. Brusquement, la rencontre avec cette inconnue défila à toute allure dans l’esprit de Neve, notamment les fameuses histoires qui enrobaient sa vie, et le jeune Chevaucheur eut un mauvais pressentiment. Il pensa tout d’abord à un membre de la Confrérie Noire et la colère le surprit, avant qu’il ne vienne à l’évidence que c’était fort improbable. Elle était sans aucun doute originaire d’Ibélène, se trouvait à Alfaë la veille du bal de Chimène, rencontrée devant un magasin de couture comme par hasard et s’inventant une identité secrète. Le pressentiment de Neve pris forme dans son esprit, si bien qu’Inespéré perçu son désarroi. Il venait de comprendre.

Ne me dîtes pas que…


Dernière édition par Neve l'Embrun le Sam 2 Jan - 9:52, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Inconnue quasi lambda   Inconnue quasi lambda EmptySam 2 Jan - 1:14

HRP : Toute petite ma réponse mais besoin de ta réaction, sorry :)

Six posa sa main aux doigts trop doux pour une roturière sur la bouche de Neve. Elle n’avait pas peur des hommes, pas même d’un chevaucheur
 
- Je ne sais pas quel est votre idée, mais taisez-vous, elle se pencha doucement pour murmurer son secret, je suis Sixtine d’Ibélène, fille de l’empereur Augustus et de l’Impératrice Catarine et si vous pensez que je mens, elle planta ses yeux dans les siens, vous verrez bien de toute façon la vérité demain et je vous permet même de m’inviter à danser, fit-elle pour alléger la conversation avant de s’écarter et de parler plus normalement sans trop hausser le ton non plus. Je voulais juste m’acheter une robe sans escorte, voir les gens tranquillement, sans courbette, sans protocole, c’est parfois lassant vous savez… On peut penser que ça flatte l’ego, un peu peut-être au début, mais ça peut vite devenir étouffant… Je suis désolée, je le répète trop souvent depuis le début de notre conversation, mais c’est vrai, il n’y avait nulle trace de mensonge dans sa voix.
 
Elle enleva sa main pour le laisser s’exprimer, son cœur battait un peu fort. C’était délicieux de jouer avec le feu, pas qu’elle soit maso et aime se faire rejeter, mais quand était trop facile ou était donc le plaisir ? Nulle part à ses yeux. Avoir un allié chevaucheur pourrait être merveilleux. Soudain elle eut une idée, elle tira sa bourse et lui tendit.
 
- Regardez, pensez-vous qu’une fille de couturière puisse se balader avec tant d’or sur elle ? Et si vous me volez tant pis, mais je ne pense pas que ce soit votre genre, les chevaucheur ne sont pas des voyous, n’est-ce pas ? dit-elle avec un sourire à la fois radieux et plein de malice.
 

Les mains en coupe devant elle, droit contre son flan elle aurait semblé perdu, croisé arrogant et sur la hanche vulgaire, elle attendit une réaction du chevaucheur. La princesse était vraiment impatiente de savoir comment il allait réagir. Dieu un jour sa maudite curiosité finirait par l’achever. Elle jouait avec le feu et elle le savait, l’attraction était trop forte.
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Message Sujet: Re: Inconnue quasi lambda   Inconnue quasi lambda EmptySam 2 Jan - 12:04

Spoiler:
 

La jeune femme fit taire les élucubrations de Neve en posant sa main sur sa bouche. Le Chevaucheur, trop stupéfait pour faire quoi que ce soit, ne tenta pas de se dégager et se contenta de darder un regard à la fois accusateur et interrogateur sur sa mystérieuse interlocutrice. Au fur et à mesure que la vérité s’échappait en un murmure presque imperceptible des lèvres d’Iseut-mais-pas-trop, Neve sentit son sang se glacer. Les yeux que la jeune femme plantait dans les siens étaient plein d’une fougue et d’une détermination bravache sans égales, qui seyaient si bien à une princesse. Son pressentiment s’avéra lucide, et s’abattit sur son esprit comme un couperet. Sixtine d’Ibélène, fille de l’empereur Augustus et de l’impératrice Catarine, la main sur sa bouche, à un pas de lui. Dans un premier temps, Neve trouva la situation absurde, et même dévergondée pour être exact. Puis elle lui parut sensationnelle, et enfin dangereuse. Inespéré, à ses côtés, s’était redressé de toute sa hauteur, prêt à intervenir si la situation dérapait pour de bon avec cette femme empreinte d’innombrables ressources. Il pouvait s’agir d’un mensonge, à nouveau ? Mais la voix de la jeune princesse était équivoque, et les pièces d’un puzzle imaginaire s’imbriquaient parfaitement dans ses dires.

Elle finit par s’écarter, et les muscles de Neve se détendirent, étant demeuré sur le qui-vive durant ces longues secondes. La jeune femme se trouverait donc demain soir au bal de Chimène. Le Chevaucheur sentit la colère parcourir ses veines ; il n’appréciait guère que l’on se paie sa tête pour servir les caprices de la noblesse ibéline, si légitimes fussent-ils. Il avait le sentiment que sa condition d'homme du peuple était abusée par les humeurs des dirigeants de ce monde, et il dépréciait. Pourtant, au plus profond de son être, il ne pouvait que concevoir les carcans liberticides des familles nobles, et les aspirations à la liberté des jeunes femmes de ce monde codé. La princesse s’excusait sincèrement, et l’absence de rancœur dans le cœur de Neve atténua quelque peu sa brusque colère. « Nous devrions partir, lui souffla Inespéré avec insistance. Côtoyer les grands de ce monde attire plus d’ennuis que de réjouissances. Son père pourrait te faire mettre en prison en sachant que tu as impunément tutoyer sa fille. » Le jeune ansemarien ne répondit rien ; les révélations de la princesse infusaient lentement en lui, comme un thé sucré et brûlant. Il songea au bal de l’impératrice Chimène.

Ne vous excusez plus, Altesse. Tout ceci n’en vaut vraiment pas la peine, lâcha-t-il calmement, neutre. Il n’était pas disposé à s’excuser de quoi que ce soit envers elle. La belle Sixtine jouait elle-même avec le feu, son apparente insolence n’était que les conséquences des actes de la princesse. Malgré tout, les yeux clairs et sensibles du jeune ansemarien demandaient humblement pardon.

Il la croyait sur parole désormais, plus rien ne pouvait laisser présager une nouvelle mascarade de la part de l’inconnue. Mais comme pour appuyer dans un ultime effort ses propos, la jeune princesse tira sa bourse et la présenta avec insistance au Chevaucheur. L’or qu’elle contenait constituait sans aucun doute plus d’une vie de labeur pour un homme du peuple comme Neve, malgré son grade de Chevaucheur. Il ne broncha pas, se contentant d’acquiescer calmement aux explications insistantes de la princesse Sixtine. Non, en effet, les Chevaucheurs étaient loin d’être des voyous, du moins pour la plupart. Mais si Neve n’était pas pourvu de pensées nuisibles à l’égard de la jeune héritière, d’autres badauds des rues pouvaient en être habité. La princesse prenait un risque incommensurable en s’aventurant avec une telle légèreté dans les faubourgs d’Alfaë. Le Chevaucheur se décida enfin à regarder dans les yeux la belle Sixtine, la fameuse Sixtine, et il se risqua :

Sauf votre respect, Altesse, vous ne pouvez pas vous considérer en sécurité seule à Alfaë, sans escorte ni suite.

Il repensa à sa description méticuleuse du protocole, de l’Etiquette qui semblait l’étouffer, elle, la jeune héritière d’Ibélène. Une idée en tous points saugrenue effleura l’esprit de Neve, qu’Inespéré perçut et réfuta d’un grognement réprobateur. « Inespéré, je t’en prie. Connaître en personne la princesse d’Ibélène, c’est une chance insolite, certes, mais tout autant incroyable. Tu conçois tout ce que l’on pourrait apprendre du territoire ibelin, de ses mœurs, du savoir ! Tu es le seul à avoir conscience de l’harmonie que je prône entre Faërie et Ibélène. Je t’en prie, fais-moi confiance. » Le dragon se contenta d’un hochement de tête imperceptible. Véritablement intimidé par la prestance et le rang de la jeune Sixtine d’Ibélène, Neve chercha tout de même à ne pas détourner les yeux, et proposa d’une voix calme et douce :

Je n’ai pas l’habitude de côtoyer les grands de ce monde ; pardonnez mon idée excentrique. Là d’où je viens, nous ne nous encombrons pas de protocole, de beau-parler, de courbettes. Nous parlons avec le cœur, et c’est bien suffisant.

Il se hissa agilement sur le dos d’Inespéré, qui s’était accroupi pour appuyer son geste. Proposant une main fine mais assurée à la jeune princesse, il se dit qu’il fallait rentabiliser cette rencontre et ne pas l’étouffer en excuses et en protocole.

Si vous permettez que je vous raccompagne. Je suis certain que vous n’avez pas encore visité les terres de Cibella.
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Message Sujet: Re: Inconnue quasi lambda   Inconnue quasi lambda EmptySam 2 Jan - 16:23

Il ne s’était pas dégagé c’était déjà un fort bon signe pour elle, elle ne le rebutait point, ça aurait été désagréable car même si elle était plutôt solitaire elle avait appris à plaire à tout le monde et échouer aurait été profondément perturbant. Elle n’avait tellement pas l’habitude qu’on lui dise non que la pauvre petite chose en aurait été toute chamboulée s’il l’avait repoussé violement. Pourtant il en avait parfaitement le droit, elle venait de lui mentir quasiment de A à Z, n’importe qui aurait eu le droit de se fâcher, mais il ne le fit pas ce qui décrispa un peu le visage de la princesse qui s’était tendu.
 
- Appelez-moi Six, c’est plus prudent pour le moment, murmura rapidement la jeune femme lançant quelques regard prudent autour pour voir si on ne les avait pas entendu, mais tout le monde semblait vaquer à leurs occupations sans se soucier le moindre du monde d’eux, alors qu’un dragon d’une belle taille était au milieu de la place, c’était amusant.
 
Dire que sa mère la tenait éloigné de toute magie par ressentiment de n’avoir été élue, peut-être qu’elle avait des dispositions et qu’elle ne le saurait jamais à cause d’elle. Il prit sa bourse, mais la lui rendit rapidement sans même vraiment en vérifier le contenu, elle aurait pu contenir des cailloux il n’en n’aurait jamais rien su. Sixtine fut un peu étonnée de la confiance qu’il lui accordait, alors qu’elle avait été une petite et pitoyable menteuse. Aurait-elle été aussi clémente si la situation avait été inverse ? Elle n’était pas certaine. Ce trait  de caractère la toucha, elle qui était si rancunière, faire preuve de clémence était alors un des actes qu’elle tenait en haute estime. Puis d’un seul coup il se mit à lui faire la morale, rompant le charme qui c’était délicatement instauré, elle fronça un peu les sourcils.
 
- Je sais que c’est dangereux, mais vous-même en tant que chevaucheur ne vous mettez vous pas aussi parfois en danger ? Quel piquant a une vie trop simple et facile ? Un jour je serais marié et je serais alors encore plus surveillée, pouvez-vous comprendre que je veule jouir de petite liberté de temps à autre ? Soudain il s’excusa de son langage et toute colère s’envola, cette fois elle éclata franchement de rire, allons-nous cesser de nous excuser toute la journée, cela risque d’être sans fin, à la prochaine excuse je vous bâillonne… Elle n’expliqua pas comment laissant à l’imagination du chevaucheur tout le loisir de s’exprimer. J’aime que vous parliez avec votre cœur ne vous en faites pas. Ne nous faisons pas remarquer à cause d’un protocole sans intérêt ici présentement. Je suis Six, tu es Neve et nous cherchons des toilettes convenables pour le bal de demain…
 
La princesse l’avait tutoyé sans même s’en rendre compte, leurs âges n’étaient pas si différents après tout et elle commençait à se détendre franchement. Soudain le chevaucheur monta sur son dragon, une moue de déception passa sur le visage de Sixtine et elle baissa les yeux pour ne rien laisser voir, elle espérer parler plus longtemps, boire un verre, parler dragon et aventures. Il devait en avoir vécu, même en seulement deux ans. Mais soudain elle vit une main se tendre vers elle et là son visage s’éclaira. Même dans ses désirs les plus fous elle n’avait envisagé cette option, il lui semblait qu’un lien entre un chevaucheur et un dragon était extrêmement intime. Tant pis pour ses courses, elle reviendrait plus tard avec son escorte, pour rien au monde elle ne voulait rater cette occasion. Elle en oublia les beaux yeux bleus de Neve, son excitation toute concentrée sur le vol à venir. Elle monta à califourchon, dévoilant au-dessus de ses bottines en bon cuir des mollets très blanc, c’était assez indécent, comme elle était extrêmement joyeuse elle s’en ficha de s’accrocher à Neve, elle avait peur de tomber autrement, elle se rendit compte après quelques secondes seulement de l’intimité que pouvait avoir le geste.
 
- Pardonnez-moi, fit-elle en s’écartant. Puis-je ? demanda-t-elle.
 
Elle venait de s’excuser alors qu’elle avait dit qu’il ne devait plus s’excuser, la punirait-elle, décidément elle lisait bien trop de chose. Pour reprendre assurance elle lança malicieuse.
 

- Puisque je me suis encore excusée, vous aurez le droit de me demander ce que vous voulez. Merci beaucoup de me raccompagner, surtout de cette façon vous ne pouvez pas savoir à quel point cela me touche et à quel point j’en rêvais. Ma mère n’aime guère la magie car elle en est incapable.
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Message Sujet: Re: Inconnue quasi lambda   Inconnue quasi lambda EmptySam 2 Jan - 18:48

Neve sourit tristement devant les belles aspirations à la liberté et la témérité de la jeune héritière. Au plus profond de lui-même, il songea que c’était les mœurs et les morales qui ne permettaient pas de détruire les frontières imaginaires entre les peuples, entre les castes ; entre les mondes. Les gouvernements sectaires avaient envenimé les rapports, ceux idéalistes les avaient soudés, et aujourd’hui cet équilibre fragile de la vie en Arven semblait perdre pied du côté du différentialisme. Neve s’était égaré dans ses pensées lorsque le rire clair de Sixtine retentit. Oui, c’était un bon début de cesser une bonne fois plus toutes de se confondre en excuses, sinon… Attendez, sinon quoi ? Neve n’eut pas le temps de répliquer que la jeune femme enchaînait en établissant minutieusement une stratégie. « Inespéré, j’ai la vague impression d’être le pire des novices en matière de femmes. » souffla-t-il d’un air las à son ami, qui posa ses yeux rieurs sur lui. Bien que le jeune ansemarien avait eu l’occasion, à l’Académie, de laisser quelques histoires au lit s’étioler, certaines choses lui échappait toujours au sujet des femmes.

Sixtine ouvrit de grands yeux lorsque Neve lui proposa sa main pour le rejoindre sur le dos du calme Inespéré qui, en bon sage qu’il était, ne bronchait pas. Il semblait qu’il observait la manœuvre de son jeune Chevaucheur comme un grand frère attentif et touché ; Neve percevait son sourire serein, ce qui lui donnait du baume au cœur. Il se comportait comme Nomane l’aurait fait avec lui. La jeune héritière se hissa à califourchon sur le dos du fier dragon, qui se redressa enfin, plus majestueux que jamais. Il étira un instant ses grandes ailes bleutées, manœuvre qui arrêta quelques badauds autour des trois hurluberlus. Neve sentait la jeune femme, qu’il avait du mal à considérer encore comme une princesse au vu la situation, frémir d’excitation dans son dos. Il était heureux de pouvoir lui faire prendre de l’altitude. La liberté, Neve avait appris à l’épouser dans les airs, tout comme Nomane dans l’immensité de l’océan. Le Chevaucheur ne prêta pas attention à la position quelque peu osée de Sixtine ; ces choses factices lui passaient à des lieues au-dessus de la tête. Il sentit les mains de la jeune femme s’accrocher à lui, et il sursauta.

Pardonnez-moi. Puis-je ?

Ne vous inquiétez pas, je n’ai seulement pas l’habitude de me trouver ici en compagnie de quelqu’un, répondit Neve en souriant timidement.

Inespéré appuya son propos en déployant ses ailes. « Tu me remercieras plus tard. » souffla-t-il à Neve d’un air malicieux. Le jeune ansemarien sentit sa passagère se mordre les lèvres : elle venait en effet de faillir à son propre ordre, qui consistait à ne plus s’excuser, ce qui arracha un petit rire au Chevaucheur. Il était très clair qu’elle n’était plus du tout Sixtine d’Ibélène dans son esprit. Elle était Sixtine, ou Six, ou même Iseut-mais-pas-trop, une femme plutôt jolie qu’il venait de rencontrer à Alfaë, et qu’aucun protocole n’estompait. Décidemment, Neve n’était pas fait pour les grandes démonstrations de noblesse ou de courtoisie. Il aimait les choses simples et intègres.

Je ferai comme si je n’avais rien entendu, sourit-il.

Puisque je me suis encore excusée, vous aurez le droit de me demander ce que vous voulez, enchaîna la jeune femme.

Vraiment ? Neve haussa un sourcil. Son idée se précisait dans son esprit. Très bien, laissez-moi vous conduire au plus beau lieu de tout Cibella.

Inespéré compris immédiatement de quel endroit il s’agissait. Ils n’étaient pas à Alfaë depuis très longtemps, mais les quelques excursions qu’ils avaient eu le temps de faire ensemble avaient été enrichissantes. La jeune femme semblait réellement touchée par l’attention du Chevaucheur, qui pourtant ne proposait rien d’extraordinaire. Il songea à nouveau à la description qu’elle lui avait faite de la vie de château, et il eut de la peine pour elle. Il ne la prenait pas en pitié : il s’agissait tout de même de la princesse héritière d’Ibélène. Mais jamais il n’aurait donné sa vie et ses pulsions de vie et de liberté pour une quelconque cour et tout l’or du monde. Il remercia Inespéré d’exister. Ce dernier ne répondit rien ; les choses les plus élémentaires restent toujours à dire. Il n’était pas étonnant que les nobles d’Ibélène ne portent pas la magie dans leurs cœurs. Lui n’éprouvait aucune animosité au regard des griffons ou de la science.

Les pattes puissantes d’Inespéré les propulsèrent enfin dans le ciel, soulevant les couvre-chefs des quelques passants qui s’étaient arrêtés pour observer le svelte dragon. Neve sentit les mains de la jeune femme agripper ses vêtements davantage, l’air froid caressant leurs visages. En une poignée de secondes, ils avaient pris l’altitude suffisante pour survoler la ville. Les prouesses d’architecture d’Alfaë défilèrent sous leurs yeux. Inespéré volait calmement, pour ne pas déstabiliser la passagère clandestine et lui laisser le temps de ravir ses pupilles de la grande capitale de Cibella. Neve ne parla pas, la situation parlait d’elle-même. Enfin, quelque peu excentrée des grandes merveilles d’Alfaë, une tour de marbre s’éleva devant eux, surplombant à elle seule toute la cité. Cette tour appartenait sans aucun doute à un clocher, et son toit plat était surmonté de merlon, de marbre toujours. Le peu d’espace ne permis pas à Inespéré de demeurer très longtemps, malgré son agilité et sa carrure svelte. Neve prêta main forte à Sixtine pour descendre de son dos, avant que le dragon ne prenne de nouveau son envol. Le panorama qui s’offrait s’ouvrait sur l’immensité des collines de Cibella et sur la ville d’Alfaë. Neve tandis son doigt vers le sud, puis le sud-ouest, et enfin le nord-ouest.

Là-bas, il s’agit des contrées de Lagrance, et au loin là-bas, c’est Ansemer. Si tu continues dans cette direction, tu trouveras Outrevent.
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Message Sujet: Re: Inconnue quasi lambda   Inconnue quasi lambda EmptySam 2 Jan - 21:36

Roh il la laissait le toucher sans même rougir ou frémir (elle n’avait rien senti). Était-ce un séducteur ? Non, non elle en doutait fortement, il avait multiplié la maladresse, maladresse qui lui plaisait à elle, mais pas à la femme commune de la cour rêveuse et romantique. Sixtine n’était pas romantique, la romance lui avait fait commettre une erreur inoubliable, un cours moment elle posa sa main sur son ventre, avant de vite se reprendre et d’enserrer le chevaucheur qui sentait l’homme et non une de ses fortes eaux de toilette dont s’aspergeait ridiculement certain hommes de la cour. Aimait-il alors les hommes ? Sixtine chassa vite cette idée dans son esprit bien que tout aussi probable que la troisième solution : un naïf en amour et en cour.  
 
Elle préférait cette troisième solution, ça ne facilitait pas forcément sa tâche, mais elle ne voulait pas d’un séducteur qui risque de se vanter, si elle voulait une aventure d’un soir pour calmer ses pulsion de chair qui commençait sincèrement à la harceler, elle voulait un homme timide, discret, même si il était dur à conquérir. Elle se sentit comme un homme et trouva ce sentiment délicieux. Parfois elle détestait être une femme faire de la couture ou apprendre à chanter, même si elle n’était point mauvaise l’ennuyait. Comme punition il lui proposa de voir le plus bel endroit de Cibella. Là encore sa curiosité pris le dessus sur sa volonté de séduire.
 
- Je serais plus qu’enchantée très cher Neve que vous m’y escortiez ? J’ai tellement hâte…
 
Avant qu’elle ne puisse finir sa phrase la dragonne décolla, la puissance du décollage lui souleva presque de façon dangereuse ses jupons qu’elle rabaissa prestement d’une main tout en gardant son autre bien serré autour de la taille de Neve. Quand ils furent en bonne altitude est en ligne droite, elle replaça son second bras et posa confortablement sa tête sur le dos de Neve dans une attitude tendre comme elle l’aurait fait avec son grand-frère Octave. Les yeux grands ouverts elle découvrit la capitale de Faërie des cieux. C’était splendide et certaine constructions semblaient réellement surréalistes comme si la magie les animaient. Le dragon allait vite puisque la verdure remplaça rapidement les constructions humaines. Six était plus qu’impressionnée. L’impétueuse lâcha d’une main la taille de Neve pour la tendre dans les airs et sentir le vent filer entre ses doigts  fins. C’était magique.
 
Ils volaient dans le sens du vent, ses cheveux se dégageaient donc de sa vue et elle pouvait tout apercevoir, même les détails les plus banals comme un troupeau de bovins, ce n’était que de petit point à la hauteur ou elle était, mais elle n’était point sotte. Soudain ils se posèrent sur un tour quelque peu excentrée mais assez proche de la ville pour la voir encore et assez loin pour admirer le paysage. La princesse dIbélène ne savait où poser ses grands yeux chocolat. Elle prit la main pour descendre et s’accouda immédiatement au rebord de la tourelle. Il faisait encore plus frais en hauteur, cette fois elle avait du mal à ne pas montrer des signes de froid, mais encore une fois elle ne s’en plaignit pas. Elle ne voulait surtout pas être prise pour une fragile petite chose, ce qu’elle n’était absolument pas. Neve se mit à parler et elle se tourna vers lui pour écouter ses explications. Elle regarda longuement et calmement de tous les côtés pour ne rater une miette de rien. Si seulement elle avait eut du papier et un fusain elle aurait dessiné tout cela pour le repeindre plus tard.
 
-Merci beaucoup Neve, j’aime que nous soyons que tous les deux, il n’y avait pas de sens caché à sa phrase sur le coup, pour admirer toute ses beautés. Je comprends mieux pourquoi elles manquent à ma mère…
 
Elle n’en dit point plus, elle était assez au faite des intrigues de la cour pour savoir ne pas en dire trop. Une parole de trop pouvait causer un incident diplomatique et pour elle qui souhaitait régner un jour ce serait une catastrophe. Soudain elle prit la main du jeune homme les yeux brillants car elle avait une idée.
 
- Allongeons-nous pour regarder le ciel et admirer Inespéré.
 
Le pauvre Neve, elle ne lui laissa guère le choix et quelques secondes plus tard ils étaient allongés sur la pierre humide de buée et dure, mais Sixtine s’en fichait la vue du ciel était tout simplement fantastique et la détendait ma foi énormément. Elle ferma les yeux et se mir à parler.
 
- Je crois que ce vol m’a donné le goût à l’aventure, je supplierais père pour essayer d’avoir un griffon, même si j’ai peur d’avoir le droit à un non, il s’intéresse d’avantage à mes progrès en couture qu’en architecture, médecine ou de mes combats en courte lame. J’espère que vous ne croyez pas que c’est un caprice, j’ai le désir de protéger mes sujets, je sais que je peux le faire par la charité, je le fais, mais je ne suis pas seulement ça vous comprenez ?
 
Comprendrez-t-il ? Elle n’en savait strictement rien, elle ne pouvait qu’espérer. Soudain elle se rendit compte qu’elle tenait encore sa main et la lâcha pour ne pas lui imposer plus de pression. Soudain elle se rétracta.
 
- Ce n’est pas grave si vous ne comprenez pas. Je vous ennuie avec mes soucis de petite fille pourrie gâtée. J’ai énormément de chance, bien que je ne sois que la cadette…
 

Dans le mot cadette une pointe d’amertume ? Octave son frère ne méritait pas le trône, mais pour contredire sa parole, elle ouvrit les yeux se tourna vers Neve et eut un sourire faux pourtant extrêmement bien maîtrisé.
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Message Sujet: Re: Inconnue quasi lambda   Inconnue quasi lambda EmptySam 2 Jan - 23:46


Merci beaucoup Neve, j’aime que nous ne soyons que tous les deux pour admirer toutes ces beautés. Je comprends mieux pourquoi elles manquent à ma mère…

Neve détourna les yeux. La jeune femme parlait sans retenue, de façon presque naïve, ce qui le laissait tantôt stoïque, tantôt mal à l’aise. Elle semblait sensiblement atteinte de bovarysme, soit dit en passant. Rêveuse, elle s’était accoudée aux merlons pour observer le paysage que venait de décrire le jeune ansemarien. Ce dernier l’observa de dos ; il se sentait décontenancé par une personnalité si déterminée et impulsive. Il la trouvait originale et enfantine, mais sa présence commençait à peser sur son esprit comme un heaume que l’on abaisse lentement. Le soleil courait dans le ciel, irrémédiablement, et ce dernier se parait déjà de nuances mordorées à l’approche du soir. Survolant les bâtisses d’Alfaë, Inespéré veillait sur son ami, comme ce dernier sur son dragon. Il décrivait de larges spirales dans le ciel limpide, porté par les rares courants chauds. Neve reporta son attention sur Sixtine.

Soudain, la jeune femme se détourna du panorama et attrapa la main du Chevaucheur, qui sursauta. Il possédait naturellement des mains froides et osseuses, et celles douces et chaudes de l’héritière le prirent au dépourvu. Il chercha à se dégager lorsque Sixtine, dans un élan enthousiaste, proposa qu’ils observent tous deux le ciel et admirent Inespéré. Ils s’allongèrent. Neve ne pipait mot, partagé. Il se redressa lorsque la jeune femme commença à parler, l’écoutant calmement, les yeux dans le vague. L’héritière semblait profondément une bonne personne, déterminée et attentive à son peuple, et cela sembla rassurer quelque peu Neve. Elle lui parlait de son père, le fameux Augustus d’Ibélène, ainsi que de sa mère, de ses aspirations pour le moins masculines, de son évident désir de gouverne. Le jeune ansemarien constata qu’il avait beaucoup à apprendre sur le territoire de l’est.

Neve comprenait la dualité qui s’opérait en cette jeune femme, destinée à certains idéaux et inspirée par d’autre. Elle relâcha la main qu’elle lui avait comme emprunté jusqu’ici ; le Chevaucheur, plongé dans le discours de son interlocutrice, avait même oublié qu’elle lui enserrait les phalanges jusqu’alors.  
Ce n’est pas grave si vous ne comprenez pas.

Je comprends, ne t’en fais pas, souffla-t-il comme pour lui-même.

En prononçant ces mots, Neve s’était entièrement relevé. Il avait définitivement opté pour le tutoiement envers la jeune femme, malgré son grade de princesse qui semblait encombré de tant de civilités. D’une certaine manière, Sixtine le touchait dans sa tendresse enfantine et ses rêves démesurés, et d’autre part elle le mettait mal à l’aise. Le jeune ansemarien laissa s’écouler de longues et pesantes secondes avant de déclarer :

Tu ne m’ennuies pas, ne t’inquiète pas, répondit-il d’une voix douce en se retournant vers elle. Nous avons tous des entraves qui nous retiennent, mais je suis certain que tu n’es pas une frêle nature qui subira sans broncher les carcans liberticides, et c’est une bonne chose.

Lorsqu’il se tut, il sentit s’immiscer dans son esprit une émotion étrangère qui lui glaça le sang ; il s’agissait de la peur, et elle provenait d’Inespéré. Le jeune ansemarien se précipita aux merlons pour chercher le dragon saphir du regard. Il ne s’agissait pas réellement de la peur en vérité, car Inespéré était de nature très calme, mais Neve ne savait pas quel autre mot assigner à cette émotion. « Inespéré, où es-tu ? » appela-t-il avec une pointe d’anxiété dans la voix, tout en cherchant à rester intègre. « Je survole le palais impérial. Les gardes en sortent par dizaines, ils sont à la recherche de la princesse. Certains se trouvent déjà certainement dans les faubourgs, vous devriez partir. » Neve mit quelques secondes avant de faire le lien entre la garde royale et Sixtine. Il se retourna vers la jeune femme, qui ne devait pas comprendre ce qu’il se passait.

Inespéré m'informe que des dizaines de gardes sont à ta recherche.

Il marqua une courte pause ; il réfléchissait à toute allure.

Suis-moi, lâcha-t-il soudain en lui prenant vivement la main.

Le Neve déboussolé et timide qui était de façade jusqu’à maintenant venait de laisser place à son homologue : le jeune homme calculateur et vif, qui s’évertuait à trouver des solutions coûte que coûte aux situations les plus insolubles. Tout se passa très vite par la suite. Ils étaient tous deux trop visibles du haut de cette tour, et qu’Inespéré se pose aurait attiré l’attention de toutes les milices de Cibella, au vu de l’incongruité de la situation. Neve ne réfléchit pas davantage et entraîna Sixtine avec lui au-delà des merlons. Ils sautèrent. Quelques secondes de stupéfaction commune s’écoulèrent, une ou deux, tout au plus, avant qu’Inespéré ne surgisse à vive allure. Les deux intéressés heurtèrent le dos écailleux du dragon sans prêter attention à la violence de la chute de par leur stupéfaction commune : Sixtine d’être toujours en vie, Neve d’avoir vu son plan réussir. La scène n’avait duré qu’une poignée de secondes, et il espérait que les gardes ne les avaient pas aperçu.
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Message Sujet: Re: Inconnue quasi lambda   Inconnue quasi lambda EmptyJeu 7 Jan - 17:14

- Je ne suis pas une frêle chose en effet, nous pourrions nous battre à l’épée, plaisanta-t-elle, je ne suis pas certaine de gagner, mais je saurais résister. J’ai appris avec une courte, larme, mais je finirais par trouver un garde trop avide d’argent pour m’apprendre la lourde, je ne veux pas être une fillette, je veux être capable de me défendre.
 
La princesse préférait parler de ce sujet léger que des vraies batailles que sa vie l’avait conduit à mener, elle avait les yeux humides, elle détourna le regard et garda les yeux de nouveau fermés pour que les larmes se tarissent d’elle-même. Elle se détestait d’y repenser sans cesse. Elle avait un goût amer en bouche, elle n’était pas la seule coupable, pourtant tous ces sentiments il n’y avait qu’elle qui les ressentirait, elle avait chassé la seule autre personne qui aurait pu partager ses sentiments et l’avait laissé dans l’ignorance. C’était trop dangereux que l’autre personne sache, cela lui coûterait sa réputation et sa réputation était son plus précieux bien, celui qui lui permettrait d’écraser son frère dans le cœur de ses sujets. Soudain Neve lui parla elle mit un instant à comprendre ce qu’elle disait, elle c’était tellement éloignée dans ses pensées.
 
- Hein, fit-elle bêtement avant de se reprendre. Oh, ce n’est guère étonnant. Je suis désolée de vous avoir mêlé à cela. Je vais vite…
 
Elle n’eut pas le temps d’en dire plus Neva lui prit la main et pour une fois ce fut elle qui rougit. Il voulait qu’il la suive et sur le coup la délicieuse sensation qu’elle ressentait à son contact l’invitait à le suivre partout dans le monde. Enfin elle avait peut-être parlé un peu trop vite parce qu’il la fit sauter dans le vide, elle hurla, elle était surprise et ne voulait pas mourir. Elle ne mourut pas elle tomba sur le dos du dragon de Neve, le beau Inespéré.
 
- Vous avez failli me tuer, vociféra-t-elle avant de s’accrocher solidement à son chauffeur, son cœur battait à mille à l’heure. Quel talent pour faire battre le cœur des jeunes filles ! ironisa-t-elle. Faites-vous cela souvent ou juste avec moi ?
 
Elle posa sa tête sur son dos au niveau du cœur pour voir si elle pouvait percevoir ne serait-ce qu’un tremblement.
 
- Pourquoi j’adore cela? soupira-t-elle. Ma vie et pourtant pleine de conspiration ça a de quoi causer bien des crises cardiaques également.
 
Ils se posèrent finalement au sol hors de la ville, à l’intérieur ils n’auraient pas été discret. Sixtine joua alors sa petite vicieuse.
 
- Vous aviez peur que je me fasse agresser raccompagnez moi à pied au moins jusqu’au abord du château impérial, elle releva un foulard en voile pour au mieux dissimuler son visage. Nous n’avons qu’à passer pour un couple, elle ne lui laissa guère le choix et lui pris le bras avec un sourire jusqu’aux oreilles plein de malice.
 

C’était du Sixtine tout crachée.
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Message Sujet: Re: Inconnue quasi lambda   Inconnue quasi lambda EmptyVen 8 Jan - 8:57


– Vous avez failli me tuer, vociféra Sixtine avant de s’agripper fermement à Neve, qui la sentit bouleversée. Quel talent pour faire battre le cœur des jeunes filles ! Faites-vous cela souvent ou juste avec moi ?

Neve eut un sourire désabusé et leva les yeux au ciel. Il était rassuré que la jeune femme prenne son geste avec une telle légèreté, et ne cherche pas à le faire pendre pour avoir manqué de la tuer. Inespéré fendait l’air froid au-dessus de la ville, ses écailles bleu-gris s’assombrissant avec le coucher du soleil. Alfaë demeurait en émoi malgré l’obscurité qui gagnait lentement les ruelles, mais le silence de Neve et Sixtine, retenant leur souffle quant aux gardes, restait complet. Le jeune ansemarien sentit la tête de l’héritière se poser délicatement sur son dos, et les battements de son cœur redoublèrent. La princesse d’Ibélène se reposait sur lui, le petit Chevaucheur de pacotille originaire de la mer. Il tenta de rester concentrer, peu désireux de finir ses jours dans les geôles du palais impérial d’Alfaë, ou pire, dans les prisons ibelines. Ils devaient s’assurer que les soldats royaux de les avaient pas suivis, ni même aperçus. Inespéré progressait dans un silence irréel, et en quelques minutes, ils parvinrent aux confins de la cité.

J’avoue que je ne suis pas amené à transporter des princesses tous les jours, ni à risquer ma vie pour ne pas que l’on termine en prison, avoua-t-il en glissant agilement au sol, offrant son aide à Sixtine pour retrouver pied à terre.

Neve se doutait bien que la jeune héritière ne passerait pas un jour de sa vie dans quelconque geôle, mais il n’était pas certain qu’il en serait de même pour lui s’ils venaient à être rattrapés par les gardes. Et il suffisait que sa rencontre avec Sixtine n’ait été qu’un caprice de princesse aguicheuse, et il pouvait être persuadé que cette éventualité le rattrape. Neve commençait tout juste à se détendre, lorsque la jeune femme l’entraîna avec malice dans une nouvelle mascarade bringuebalante. Bien sûr qu’il la reconduirait au palais impérial si elle le désirait, mais alors qu’elle s’emparait de son bras, Neve comprit ce que cela impliquait. Se faire passer pour un couple ? Le jeune ansemarien leva de nouveau les yeux au ciel, avec un sourire fatigué et amusé. Il décida de cesser de lutter contre l’extravagance de la princesse et de savourer les derniers instants qu’ils passeraient ensemble. Cette journée lui paraissait réellement en marge de sa vie. Il soupira d’un air désabusé et emboîta le pas à la jeune femme effrénée. Son énergie inépuisable l’impressionnait.

Les deux jeunes gens pénétrèrent comme si de rien n’était dans les rues d’Alfaë, bras dessus, bras dessous, en direction du palais impérial. Neve ne savait s’il devait considérer cette rencontre comme une chance ou un danger, mais la question s’évinçait peu à peu dans son esprit. Les passants ne se souciaient guère d’eux, seuls quelques badauds leur jetèrent des regards bienveillants, retrouvant en Sixtine et Neve un couple lambda et épanoui, ce qui fit quelque peu grincer des dents le jeune ansemarien. Lorsque le palais impérial leur apparut au détour d’une rue marchande, ils ne furent pas surpris de découvrir une multitude de gardes effarouchés, tous à la recherche de la fille d’Augustus d’Ibélène. Neve ignorait la stratégie de Sixtine pour passer inaperçue. Il lui jeta un regard interrogateur, mais plus réellement inquiet.

Quel est ton plan, jeune princesse ? s’enquit-il d’une voix douce.
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Message Sujet: Re: Inconnue quasi lambda   Inconnue quasi lambda EmptyVen 8 Jan - 17:26

- Je ne vous laisserez jamais aller en prison, répondit de façon vindicative la princesse.
 
Et si son père si s'opposait elle demanderait à sa mène, si elle se mettait de son côté pour le trône elle avait bien le droit de demander n’importe quoi. Hériter de tous le continent elle frissonna, c’était à la fois grisant et inquiétant. Comment ferait-elle pour tous les contenter ? N’était-ce pas une hérésie de désirer les deux continents ? Elle se décida de cesser d’y penser et de penser déjà au présent où elle avait également des problèmes. Enfin ce n’était pas ingérable, le nombre de fois où elle avait fui le palais pour vivre l’aventure elle ne les comptait plus. Elle prit la main du jeune chevaucheur pour descendre. Ensuite ils passèrent pour un couple de jeunes mariés, c’était adorable et à la fois agaçant. Son charme était visiblement quasi inopérant sur le jeune homme, alors qu’elle désirait plus, c’était frustrant. Elle avait presque tout tenté pourtant. Une fois devant le château quand il lui demanda quel était le plan, elle lâcha son bras et se plaça face à lui.
 
- Ce n’est plus à vous de vous en inquiétez, je suis grande je peux me débrouillez seule je vous l’assure.
 
Elle se mit sur la pointe des pieds et vive comme l’éclair elle lui déposa un baiser sur la joue, sa toute dernière arme ou pas il lui vint une idée en tête.
 
- Demain au bal vous me donnerez votre nom et votre adresse ainsi nous pourrons nous écrire. En entendant je vous laisse, je peux cacher une escapade de quelques heures, pas rater le dîner avec l’Impératrice. A demain jeune chevaucheur.
 
La princesse s’en alla alors, disparaissant mystérieusement vers une brèche que ses suivantes avaient remarquée pour elle. La suivante l’attendait toujours visiblement frigorifiée.
 
- Ma pauvre Lucia, rentrons vite…
 

Elle l’attrapa par l’épaule et les deux jeunes femmes rentrèrent au palais.
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Message Sujet: Re: Inconnue quasi lambda   Inconnue quasi lambda EmptySam 9 Jan - 10:34


Je ne vous laisserai jamais aller en prison.

La jeune femme avait prononcé ces mots avec assurance, et cela rassura quelque peu Neve, qui ne doutait plus vraiment de sa confiance et de sa détermination. Lorsqu’ils s’étaient promenés tous deux dans les rues d’Alfaë, mimant un jeune couple en promenade, le Chevaucheur avait perçu sans mal la frustration qui engourdissait les membres de l’héritière. Depuis leur rencontre, Neve avait suivi son manège de séduction, ne sachant comment réagir, gardant de la distance. À vrai dire, il lui était déjà difficile de concevoir qu’il traversait les rues de la belle capitale aux côtés de la fameuse Sixtine d’Ibélène, jeune femme pleine d’énergie et de malice, alors seulement imaginer que cette dernière testait sa réactivité à son jeu de séduction, c’était au-delà de ses moyens. Il n’avait jamais lié d’amitié avec une femme, et bien qu’il considérait Sixtine comme maladroite dans sa conception des relations, sa candeur l’attendrissait. Il se sentait profondément désolé de ne pouvoir lui apporter ce qu’elle désirait, de l’affection en somme, mais la barrière qu’il avait érigé entre lui et les autres le jour de la mort de Nomane était restée intacte pendant plus de dix années, et sa résistance n’était plus à prouver. Lorsque Sixtine et Neve parvinrent devant le palais impérial d’Alfaë, la princesse lui assura :

Ce n’est plus à vous de vous en inquiétez, je suis grande je peux me débrouillez seule je vous l’assure.

Je ne doute pas que vous saurez vous en sortir avec brio, répondit le jeune Chevaucheur avec un sourire.

À peine avait-il prononcé ces mots que Sixtine se hissa sur la pointe des pieds pour parvenir à sa hauteur et, avec vivacité, elle déposa sur sa joue un baiser timide et malicieux, à l’image de l’héritière. Neve écarquilla de grands yeux ahuris, avant de prendre lentement conscience de la portée de ce geste. La chaleur des lèvres de la princesse lui arracha un frisson, qu’il ne put réprimer. En temps normal, Neve aurait sans aucun doute reculer de plusieurs mètres, si ce n’est user de la violence pour se tirer de pareille situation, mais Sixtine exerçait sur lui une aura apaisante et profondément humaine, altière, qui le mettait en face de son blocage originel. Il ne sut quoi répondre et ne tenta même pas de bredouiller quelque chose, le temps que son entendement émerge lentement du choc. Tandis que Neve recouvrait peu à peu ses esprits, une lueur de malice s’éclaira pour la dernière fois dans les yeux de Sixtine.

Demain au bal vous me donnerez votre nom et votre adresse ainsi nous pourrons nous écrire, affirma-t-elle comme s’il s’était agi d’une évidence. En attendant, je vous laisse, je peux cacher une escapade de quelques heures, pas rater le dîner avec l’Impératrice. À demain jeune Chevaucheur.

Sur ces quelques paroles d’au revoir, Sixtine tourna les talons et vint se glisser agilement dans une brèche du mur d’enceinte, qu’elle devait avoir pour habitude d’emprunter, tant le chemin lui semblait maîtrisé. Neve ne la quittait pas des yeux jusqu’à ce qu’elle disparaisse définitivement dans l’enceinte du palais impérial. Le jeune ansemarien demeura quelques secondes interdit, soupesant l’idée d’écrire à l’héritière d’Ibélène. Il pourrait apprendre maintes et maintes choses sur les mœurs et les coutumes du territoire ibelin, sur le savoir, sur les Voltigeurs. Sa curiosité dansa dans son esprit, mais son corps lui demeurait figé, si bien qu’un garde impérial, qui observait son manège du coin de l’œil depuis le début, vint à sa rencontre pour lui demander si tout allait bien.

J’ai rencontré la princesse d’Ibélène, lâcha Neve, encore quelque peu perturbé.

Le garde s’esclaffa et retourna à son poste.

Fin ♦
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