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 Chevaucheurs en vadrouille

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Message Sujet: Chevaucheurs en vadrouille   Chevaucheurs en vadrouille EmptyDim 3 Jan - 20:08


Livre I, Chapitre 1
Tristan d'Amar & Neve l'Embrun

Chevaucheurs en vadrouille

Une séance d'entraînement qui dérive.



Date : 10 janvier 1001
Statut du RP : Privé
Résumé : Alors que Tristan et Neve se retrouvent après de longs mois pour une séance d'entraînement entre Chevaucheurs, le Capitaine de Vol de Lagrance semble anxieux et perdu dans ses pensées, suscitant l'inquiétude chez son camarade.



Dernière édition par Neve l'Embrun le Jeu 4 Fév - 11:47, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Chevaucheurs en vadrouille   Chevaucheurs en vadrouille EmptyDim 3 Jan - 20:09

Spoiler:
 

Le soleil levant projetait dans le ciel des reflets rougeoyants. Il était très tôt lorsque Neve émergea de la Caserne de Chevaucheurs d’Alfaë. Le temps était clair, le soleil pâle ; le froid mordant de l’hiver caressait déjà les collines de Cibella, en cette journée de la mi-janvier. Le jeune ansemarien n’appréciait guère la ville, même si Alfaë était une cité lumineuse et grandiose. Aussi, lorsqu’il avait écrit à Tristan dans le courant de décembre pour lui proposer une séance d’entraînement, il avait insisté pour ne pas demeurer à la Caserne de Chevaucheurs et se retrouver à la périphérie de la cité, dans les collines si verdoyantes qui font la région de Cibella. Tristan et lui entretenaient depuis plusieurs années une correspondance épistolaire plus ou moins assidue, qui les unissait malgré leurs rares rencontres. Neve jeta un dernier regard à l’ultime missive qu’il avait reçu de Tristan ; tous deux échangeaient des nouvelles d’Inespéré et Ferveur, des attentions, des considérations au sujet du bal organisé par Chimène, etc. Le jeune ansemarien sentait dans ses mots que le Capitaine de Vol de Lagrance était anxieux. Il se garderait bien de le contrarier aujourd’hui.

En levant les yeux au ciel, qui émergeait lentement d’un bleu nuit, Neve aperçu le corps svelte et les ailes fines d’Inespéré, qui l’attendait. « Tu vas revoir Ferveur. » glissa le jeune homme à l’intention de son ami. Le dragon se posa doucement au sol. Les rues d’Alfaë étaient encore désertes, les premiers commerces ouvraient tout juste leurs portes. Tristan et Neve s’étaient donnés rendez-vous au lever du soleil, à l’est de la ville. Le jeune ansemarien se hissa agilement sur le dos d’Inespéré, et le dragon pris son envol. L’air froid gifla ses joues, mais Neve se sentit revigoré et plus vivant que jamais. L’iode de la mer lui manquait, certes, mais les plaines et les forêts de Cibella lui offrait un paysage nouveau et enrichissant. C'était Tristan qui lui avait proposé de se retrouver à Alfaë, étant l’épicentre de tout Arven en ce mois de janvier en l’attente du fameux anniversaire de Chimène.  

Quelques minutes de vol suffirent à Inespéré pour parvenir à l’extérieur de la ville. Il se posa calmement sur l’une des plus hautes collines avoisinant la cité, surplombant les plaines et les forêts. Le soleil se levait à l’horizon. Neve était heureux et enthousiaste à l’idée de revoir Tristan ; le temps ne leur avait pas toujours été clément, et de nombreux mois s’étaient écoulés sans rencontre ni entraînement. En effet, le jeune ansemarien, empli d’admiration pour son ancien camarade de l’Académie, lui avait demandé, lors de la promotion de ce dernier en tant que Capitaine de Vol de Lagrance, de lui apprendre tout ce qu’il savait. De l’entraîner pour qu’un jour, il atteigne cet objectif à son tour. Leur relation s’était ainsi nouée dans l’effort et dans la persévérance de l’apprentissage en commun, mais aussi dans l’entraide et dans une forme de respect mutuel.

Neve s’était allongé dans l’herbe folle, lorsqu’une silhouette imposante ombragea la colline : il s’agissait de Ferveur, le dragon de Tristan. Le jeune ansemarien se redressa pour voir le magnifique reptile se poser près de lui, et son compagnon se glisser agilement à terre.

Le grand Tristan d’Amar n’arrive jamais après son élève, railla Neve en le saluant d’une amicale poignée de main.
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Tristan d'Amar
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J'ai : 33 ans
Je suis : Capitaine de Vol de l'Escadron de Chevaucheurs de Lagrance
Marquis d'Amar

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J'ai fait allégeance à : Fluctuante. S'il était fidèle à l'impératrice, il l'est nettement moins à l'empereur, bien qu'il se soit éloigné de Chimène de son vivant, par son attitude envers les mages du Sang. Il est malgré tout toujours fidèle à son duc, à son duché, et à Faërie.
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Message Sujet: Re: Chevaucheurs en vadrouille   Chevaucheurs en vadrouille EmptyDim 3 Jan - 23:16

Tristan avait mis longtemps à répondre à la missive que lui avait adressé son ami et élève, bien qu’il ait dépassé ce simple statut depuis longtemps et était davantage un Chevaucheur doué avec qui il partageait son expérience. Par la force des choses, car elle lui était parvenue peu après l’assassinat de derniers d’Amar, mais aussi parce qu’il avait inconsciemment repoussé ce moment où il devrait annoncer la vérité à Neve. Ce dernier n’était pas sans savoir la complexité des relations avec son père et ses premiers enfants, ni celle encore plus controversée de sa famille paternelle, cupide et avide, avec sa famille maternelle. Alors lui apprendre qu’Amar lui revenait par droit de succession, à lui qui ne l’avait jamais désiré et se voyait enfermé dans un carcan qui lui semblait l’entraver beaucoup trop, lui apprendre que son père n’avait pas attendu que sa plaie ne soit plus à vif pour le sommer de confier l’intendance du domaine à son aîné… C’était bien trop dur pour lui, cela revenait à reconnaître et accepter pleinement cela. Il s’était excusé, bien évidemment, du délai qui avait espacé la réception de la lettre et sa propre réponse, omettant de l’informer de tout cela. Il craignait, malheureusement, de trahir la rancœur qui l’animait à l’égard de son père, et le serment qu’il s’était fait d’obtenir vengeance. Il ne pouvait impunément sous-entendre quoi que ce soit des soupçons qu’il nourrissait sur son père – quand bien même n’était-il qu’un marquis ruiné, il avait de nombreuses relations qui lui avait permis de ne pas être simplement rayé de la noblesse lagrane. Mais il ne toucherait plus le moindre argent provenant des ressources d’Amar, et alors peut-être Tristan pourrait-il avoir son dû. Peut-être. Mais pour l’instant, il aurait été trop dangereux de dévoiler un tel crime à son ami, sans preuve qui plus est. Le courrier aurait pu être intercepté. Et il n’était pas désireux de lui avouer être marquis, et plus son capitaine uniquement. Il avait fini par lui confier avoir beaucoup à faire, à Lagrance, et à Amar, sans rien en dire plus. Cela ne manquerait sûrement pas d’intriguer son ami, mais peu importait. Il lui dirait la vérité, quand il pourrait se voir. Il apprit peu après qu’ils seraient présents à Alfaë, qu’ils y étaient conviés par l’Impératrice, ce qui valut un rendez-vous à son ami, plusieurs jours avant la réception.

Le lagran broyait du noir, manquant presque de s’assoupir de nouveau dans cette baignoire démesurée dans laquelle il avait passé la nuit, peu désireux d’en sortir. Non pas qu’il craignait de revoir Neve, quoi qu’il ne désire que peu parler de ce sujet épineux qu’était sa nouvelle condition, mais il se séparait pas de cette humeur peu amène, ces derniers temps. Son père ne cessait de tenter de le faire fléchir quant à sa décision d’exclure totalement sa fratrie de tout ce qui concernait Amar, il avait de plus en plus envie de fuir ce fardeau et de le refuser malgré le fait que son devoir et son honneur le lui interdisaient, et il ne pouvait cesser de s’imaginer abandonnant toute contrainte, y compris les chevaucheurs, pour découvrir Erebor, et les paysages qui ont vu naître ses arrières grands-parents et ses grands-parents. Il finit malgré tout par en sortir, titubant de ce sommeil qui lui manquait après avoir passé une nuit à manipuler sa magie et plusieurs à ne pas dormir sereinement. Ferveur et son impatience, sa joie à l’idée de revoir Inespéré, et un peu Neve supposait-il, lui arrachèrent un sourire, qui perdura alors qu’il montait délicatement la majestueuse créature, ses ailes translucides et magnifiques se fondant parfaitement dans l’obscurité environnante de la nuit. L’air froid, si semblable à celui de Lagrance, acheva de lui éclaircir les idées, semant derrière lui la mélancolie qui l’habitait, pour un temps du moins. Il était certainement en retard, peu mais suffisamment pour que ce soit inhabituel, pour lui qui était en permanence ponctuel. Ferveur faisait cependant honneur à son nom, c’est avec cette caractéristique qui lui allait mieux que toute, qu’il volait à grande vitesse jusqu’à le lieu de rendez-vous, ignorant ses limites comme son maître était prompt à le faire quant aux siennes.

Tristan se laissa glisser délicatement de Ferveur, d’un pied qu’il feignait assuré alors qu’il sentit ses jambes prêtes à se dérober sous lui et rétorqua spontanément à son vis-à-vis une phrase qu’il voulait drôle, et si le ton était là, l’éclat dans ses yeux qui montrait qu’il était fier de son humour n’y était pas.

« Ne t’ais-je pas dit que la patience était la première vertu d’un Chevaucheur ? Je ne pourrais risquer de te laisser oublier ce précepte. »

Souriant, quoi qu’avec moins d’éclat que celui qu’on lui connaissait, il rendit sa poignée de main à Neve, l’entrainant dans une accolade masculine. « Nous avons beaucoup à nous dire, je le crains. »

Spoiler:
 












Dernière édition par Tristan d'Amar le Lun 4 Jan - 14:15, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Chevaucheurs en vadrouille   Chevaucheurs en vadrouille EmptyLun 4 Jan - 12:45


Tristan retourna son salut à Neve avec une remarque désinvolte pour railler la patience de son camarade. Le jeune ansemarien était heureux de retrouver le noble lagran et son incroyable Ferveur. En vérité, il était le seul Chevaucheur auquel Neve se sentait véritablement lié dans ses aspirations et dans ses conceptions profondes de la magie, et même d’Arven en général. Ses connaissances de la caserne ou ses histoires d’un soir de l’Académie n’avaient jamais laissé de traces indélébiles dans son parcours, ni même dans ses souvenirs. Malgré la distance qu’il instaurait d’ordinaire avec les autres, pour assurer sa propre protection notamment, distance qui demeurait sous-jacente à son rapport avec Tristan, Neve était heureux de tendre vers un idéal et d’être soutenu dans sa quête. Le fier lagran n’avait pas changé depuis ces longs mois passés sans se voir : sa tignasse rousse si caractéristique était toujours la même, tout comme son visage pâle, qui pour autant semblait quelque peu émacié, les traits tirés. Neve passa sur ce détail.

Le sourire qu’arborait Tristan laissait transparaître un profond tiraillement, que le jeune ansemarien ne parvenait pas à cerner. Il ne se sentait pas suffisamment proche du Capitaine de Vol pour s’évertuer à en apprendre plus sur la source de ses tourments. Il ne souleva pas le doute évident qui planait sur son visage préférant laisser à son camarade le soin de se confier à lui s’il le désirait. Le regard de Tristan était plongé dans le vague, comme endolori par des pensées contradictoires. Le sourire qu’arborait Neve jusqu’à présent s’estompa peu à peu, conscient du trouble du Chevaucheur lagran. La déclaration de ce dernier le conforta dans sa position : « Nous avons beaucoup à nous dire, je le crains. » Neve se posta en face de lui, cherchant à rencontrer son regard préoccupé, plus ou moins vainement. Il ignorait encore quels troubles sévissaient sur l’esprit de Tristan, mais tout le poussait à croire qu’une corrélation étroite était de mise avec sa famille. Neve savait peu de choses de cette dernière, mais il n’était pas utile de connaître sa généalogie pour comprendre une chose : rien n’avait jamais fonctionné sans encombre chez les Amar.

Qu’est-ce qui te préoccupe ? se risqua-t-il d’une voix empreinte d’inquiétude.

Inespéré souffla bruyamment par les naseaux, attentif lui aussi aux troubles de Tristan. Autour d’eux, les collines saupoudrées d’une fine neige offraient un paysage presque caractéristique de la mélancolie. Le soleil s’était désormais parfaitement élevé dans le ciel, et pourtant ses pâles rayons ne parvenaient à réchauffer les deux Chevaucheurs. Neve s’approcha de son ancien camarade et, le dépassant comme pour montrer l’exemple, il déclara :

Viens, allons marcher, les plaines de Cibella vont nous apaiser.

Ils descendirent en silence la colline ; le jeune ansemarien écoutait sans un mot les préoccupations de Tristan. Quant à Ferveur et Inespéré, tous deux avaient pris leur envol et se laissaient porter dans une danse légère, au gré des courants d’air chauds qui remontaient la plaine pour venir lécher les collines. Leurs écailles jouaient imperceptiblement avec le rayons du soleil. Les étendues herbeuses délicatement enneigées des terres de Cibella se déployaient sous leurs pas, plus infinies que l’océan d’Ansemer. Neve jetait quelques regards attentifs à Tristan, assimilant son histoire insolite peu à peu. Les mots du Chevaucheur lagran infusaient lentement dans son esprit.

Si je comprends bien, tu es désormais officiellement le marquis d’Amar ? interrogea-t-il d’une petite voix, pour être certain de ne pas perdre le fil des péripéties de Tristan.


Dernière édition par Neve l'Embrun le Lun 4 Jan - 18:18, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Chevaucheurs en vadrouille   Chevaucheurs en vadrouille EmptyLun 4 Jan - 14:13

Il était bon de voir un visage amical. Réellement amical. Non que Tristan ait à se plaindre des chevaucheurs de l’escadron lagran, mais leur relation était incomparable avec celle qu’il entretenait avec Neve. Ils s’entendaient bien et se respectaient suffisamment pour qu’un désaccord n’entache pas leurs relations et leur travail conjoint, mais il était peu probable qu’il confie spontanément ce qui pouvait le tenir éveillé des nuits durant, comme il s’apprêtait à le faire avec son vis-à-vis. Oui, il entretenait une camaraderie sans réelles contraintes avec son escadron, mais c’était une réelle amitié qui le liait à Neve, que n’entachaient pas les mois sans se voir. Il ne savait pas réellement ce que son visage laissait transparaître, mais le chevaucheur ansemarien devait pourtant voir des différences, ne l’ayant pas vu récemment. Sans doute aurait-il pu les dissimuler, ou diminuer leur importance, mais Tristan ne s’y risquait pas. Non, il aurait tôt fait de devoir masquer son ressenti quant à son nouveau titre, s’il pouvait s’accorder un peu de répit, c’était bien maintenant.

Il soupira cependant, voyant la joie de leurs retrouvailles se ternir un peu sur le visage de son ami. Ça n’était pourtant pas son but, et il espérait malgré tout qu’ils pourraient passer un bon moment. Arracher le cataplasme, et laisser les cicatrices qu’il protégeait se réparer sans y prêter plus d’attention pour le moment. Le Capitaine s’efforça à sourire, pour rassurer légèrement Neve. Si tant est qu’il pouvait le faire. Mai une chose était sûre : plus vite il aurait partagé ce poids qui le pesait, mieux ce serait. Quand bien même ça s’avérait difficile pour lui. Il posa sa main sur le corps majestueusement et puissant de Ferveur, quoi que moins massif que la moyenne des dragons, et lui souffla qu’il pouvait s’envoler avec Inespéré s’il le souhaitait. Il ne doutait pas qu’il informerait lui-même le dragon des dernières nouvelles, si celui-ci ne le percevait pas par son lien avec son allié mage

« Je te suis. Je te raconterai tout, en marchant. »

Le paysage qui se présentait à eux était étrangement calme. L’heure matinale n’y était pas étrangère, le soleil se levant tout juste, paraissant derrière les petits monts qui les entouraient. Puisant du courage dans une inspiration un peu exagéré, il commença à conter les évènements des dernières semaines.

« J’ai été rappelé à Amar, il y a quelques semaines, par une missive impérieuse et mystérieuse, qui ne souffrait d’aucun délai. J’ai pu me délivrer de mes responsabilités pendant un temps, j’ai du le faire même, quand il s’est avéré qu’Amar avait été victime d’un… drame, ou d’un carnage, je ne saurai le dire. Un acte pernicieux, causé par la jalousie, résultant d’un vol qui a mal tourné, un concours de circonstance suite à un déviant… Je ne sais pas réellement ce qui s’est passé mais Louis, mon oncle, et mes grands-parents ont été retrouvés sans vie, l’objet d’une attaque sauvage, à proximité du domaine. »

Le jeune homme déglutit, peu à même de poursuivre. « J’étais leur héritier, Neve… Leur seul héritier. Les bâtards que Louis a peut-être semés ne comptent pas. Je ne sais même pas s’il y en a. Je suis le seul enfant d’Amar vivant, Neve. »

Et il ne le voulait pas. Il voulait qu’un autre prenne sa place. Endosse ces responsabilités, les siennes maintenant, ce fardeau. Il n’était pas dans ses habitudes de se détourner de cela, mais il avait décidé de son avenir, décidé de devenir Capitaine, décidé d’être le meilleur mage de l’eau qui existait même s’il avait encore du chemin à parcourir. Il avait choisi tout cela, il avait choisi de ne pas faillir dans ses efforts, pour devenir un jour celui qui dirigerait tous les escadrons. Mais Marquis ? Non. Il n’était pas fait pour ça. Ça n’était qu’une formalité, que de lui restituer son droit de naissance en le faisant porter le nom d’Amar, en le nommant héritier. Ça n’aurait jamais dû se passer comme ça.

« Tout juste. Je ne le peux. Je ne le veux. Je suis un Chevaucheur, pas un noble, et certainement pas un Marquis. Je n’ai ni la volonté de l’être, ni les épaules pour porter une telle responsabilité. Il serait tellement plus simple de céder aux exigences de mon père, confier la régence du domaine à mon aîné, faire de mes sœurs des intendantes… M’en dédouaner. Mais je ne peux pas. Je ne peux pas satisfaire leur soif d’ambition. Je ne peux pas les laisser détruire Amar. »

Soupirant, il planta son regard dans celui de Neve, infiniment trop sérieux. « Il me faut une épouse, digne de confiance, qui ne manigancera rien avec eux. À qui je pourrais confier les rênes d’Amar, sans avoir à m’en soucier. Tu dois me trouver stupide, et méprisable, de penser ainsi. »

Il pouvait le lui dire, Tristan ne s'en offusquerait pas. S’éloignant quelque peu, contemplant Inespéré et Ferveur pris dans un ballet gracieux, l’une de plus belle choses qu’il ait été donné à Tristan de voir, il reposa ses yeux épuisés sur son ami.

« Mais dis moi comment tu vas, ça sera surement plus plaisant. »










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Message Sujet: Re: Chevaucheurs en vadrouille   Chevaucheurs en vadrouille EmptyLun 4 Jan - 19:21


Le récit de Tristan était confus, tourmenté. Neve n’osa pas l’interrompre avant qu’il n’eut fini, à la fois bouleversé par le drame ayant touché sa famille, et respectueux de la ténacité et de l’honneur dont faisait preuve le Capitaine de Vol, déterminé à assurer la pérennité du domaine d’Amar. Persuadé que les troubles de Tristan étaient liés aux histoires de coucheries et d’héritage de sa famille, Neve ne pensait pas que la situation en était à un point si critique. Lorsque le Chevaucheur lagran en vint au meurtre de son oncle et de ses grands-parents, le jeune ansemarien n’eut pas le courage d’intervenir dans une effusion d’attention et de tendresse ; dans un murmure, il lui présenta ses condoléances, d’une voix sincère et douce, plantant ses yeux réellement peinés dans les siens. Il avait conscience de la distance qu’avait volontairement instauré Tristan avec sa famille, mais il ressentait aussi au fond de son propre cœur ce lien immuable qui uni les êtres, par le sang ou les souvenirs, et qui sous-tend notre présent, que l’on le veuille ou non. Il n’osa pas concevoir sa mélancolie.

En vérité, cette fameuse mélancolie, Neve avait déjà fait sa rencontre par le passé, à la mort de Nomane, et il n’avait aucune envie, ni même la force, de la ressentir à nouveau, même par compassion envers Tristan. Ce dernier était donc désormais marquis d’Amar. Tristan, marquis d’Amar. Neve jugea que cette appellation sonnait bien, et cela lui arracha un sourire quelque peu amer. Le Chevaucheur lagran aspirait à bien d’autres choses qu’à la gestion d’un domaine. Son grade de Capitaine de Vol de Lagrance lui maintenait un pied dans la réalité, certes, mais était-ce au prix de confier Amar à son père, son aîné et ses sœurs ? Le dilemme était crucial, et Neve se mordit la lèvre inférieure devant le choix cruel qui s’imposait à son ami. Une pensée l’effleura, qu’il jugea très égoïste mais qu’il ne pouvait empêcher : si Tristan était amené à hériter du domaine de sa famille, alors il devra renoncer à son grade, peut-être même à être Chevaucheur, et de ce fait, tous deux se verraient probablement de moins en moins. C’était leur amour de la magie, des dragons, leur amour du ciel et de la persévérance, de Faërie et de la liberté qui les avait uni.

Il est vrai que la carrure de noble te sied nettement moins bien que celle du brave Chevaucheur, glissa Neve avec un sourire quelque peu désabusé, triste que son ami ait à choisir entre deux parts de vie.

Lorsque Tristan lui fit part de son désir de se marier pour assurer la pérennité du domaine Amar, Neve ne jugea pas cela stupide, et même plutôt fin comme raisonnement stratégique. Mais il imaginait difficilement le Chevaucheur lagran se marier par consensus quasi économique, avec une femme prédéfinie et non choisie. Tristan était sensible, il ne pourrait se satisfaire d’une femme que l’amour n’unirait pas à lui, Amar ou non. Mais il était certain que la solution semblait servie sur un plateau d’argent, et s’imposait comme une évidence. Neve hocha gravement la tête, réfléchissant à tout ce que cela impliquait.

Penses-tu que ton père ait quelque chose à voir avec le drame qui a bouleversé ta famille ? D’un point de vue pragmatique, ce serait dans ses intérêts de te déstabiliser pour te voir abandonner les terres d’Amar, trop attaché que tu es à tes fonctions.

La remarque avait fusé d’elle-même, et bien qu’elle ne semblait pas très fine, Tristan ne pouvait pas ignorer cette probabilité. Neve poursuivit d’un ton grave, soucieux de l’avenir que le sort réservait à son ami. Un avenir fait de carcans liberticides, ou un avenir serein empli de passions ?

Tristan, je ne te pense ni stupide, ni méprisable ; tu es un homme juste, et ton honneur est sans égal. Toutefois, je me pose une question : sauras-tu partager ta couche avec une épouse marionnette, envers laquelle tu n’éprouves aucun amour ? Les mariages arrangés qui régissent ce genre de dilemmes aboutissent souvent ainsi, et je crains que ta sensibilité ne te permette pas d’épouser une femme sans l’aimer.

Neve se tut un instant. Tristan lui demandait de ses nouvelles, mais il patienta un moment avant de répondre. En marchant, ils venaient de descendre la colline et la plaine autour d’eux s’étendait. Le jeune ansemarien eut envie de courir, de voler sur le dos d’Inespéré, de sentir qu’Arven n’était pas une terre liberticide. Les révélations de Tristan n’étaient qu’une goutte d’eau de plus dans un océan de chaînes et de devoirs légataires.

Si mon existence au jour le jour avait le pouvoir de te changer les idées, je pourrais te la décrire tout le jour, sourit Neve, d’un sourire on ne peut plus peiné. J’ai bien peur de ne pas avoir les armes pour te tirer de ce dilemme, mais saches que je ferais tout pour t’aider si tu me le demandes, ajouta-t-il en plantant ses yeux dans ceux de son ami. Tu mérites de croire en un avenir vivace et libre, et non en le reflet de cet idéal.

Il marqua une courte pause et se décida à répondre tout de même à son ami, avant de se taire, un sourire désabusé sur les lèvres, le regard songeur :

Depuis l’annonce du bal organisé par Chimène au palais impérial d’Alfaë, les divisions de Chevaucheurs de tout Faërie sont appelées aux quatre coins de Cibella. La veille d’une mission, à Ansemer, j’ai eu l’occasion de rencontrer une jeune femme de mon escadron, pour le moins originale. Je pense à elle, car comme avec toi en ce moment, je ne possède pas les armes pour lui venir en aide. L’impuissance des Hommes envers les leurs, cette barrière d’altérité, toujours, me désole.


Dernière édition par Neve l'Embrun le Ven 8 Jan - 21:35, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Chevaucheurs en vadrouille   Chevaucheurs en vadrouille EmptyVen 8 Jan - 20:30

Le lagran était touché, par la compassion dont faisait preuve son ami. Pas exacerbée ni exagérée, simplement sincère sans être intrusive. Il en était reconnaissant. Beaucoup auraient dramatisé la chose, en lui donnant bien plus d’ampleur qu’elle n’en méritait. Bien sûr, Tristan était déchiré entre tristesse, suspicion et vengeance, mais il savait aussi que ce serait prématuré. Qu’il ne pouvait accuser ainsi son père, sans la moindre de preuve. Y avait-il la plus petite possibilité que ça ne soit pas lui ? Tristan ne savait sincèrement pas. Soupirant, il remercia Neve, d’une manière qui se voulait chaleureuse bien que sa voix soit plutôt atone. Ça n’enlevait rien à la sincérité qu’il y mettait, mais il était tout simplement bien trop absent, trop perturbé, pour y mettre davantage d’émotion. Combien de temps faudrait-il au Marquis, pour qu’il réussisse à mettre un peu plus de gaieté non feinte, dans ses réactions ? Jouer la comédie était aisé, très simple même, mais quel intérêt avait-il à se jouer de quelqu’un de fiable, de confiance ? Aucun.

Il esquissa un rictus peu enjoué, en voyant celui qui se peignait sur les propres lèvres de l’ansemarien. Il ne savait pas ce qui traversait son esprit, mais il se savait en être la cause. Il ne put retenir un léger soupir, à cette pensée. Il ne s’arrêta pas de marcher, cependant, profitant des paysages qui défilaient devant lui pour oublier un peu la découverte macabre de sa famille – bien qu’il n’ait rien vu avant qu’ils n’aient été ‘rendus présentables’. C’était une expression horrible, en soi.

« Qui te dit que je ne ferai pas un noble Chevaucheur parfait, à arriver aux diverses réceptions sur Ferveur, à me montrer capricieux et irrévérencieux, en brisant nombre de constructions en me heurtant involontairement à elles ? Je suis certain que je brillerai. Mais je ne renoncerai pas à ma place de Chevaucheur. Je ne serai pas le premier, à être titré et à faire partie d’un escadron de Vol. Ça demande simplement quelques… ajustements. »

Comme celui de trouver une épouse. Une gestionnaire, qui respecterait le domaine, et pourrait tenir tête à ma famille. Qui ne déplorerait pas son absence. Qui ne l’aimerait pas, qui pourrait donc sereinement vivre seule – ou se satisfaire d’autres hommes. Il ne lui demanderait ni amour ni fidélité dans la couche, que de la loyauté et une droiture sans faille. Il secoua légèrement la tête, pour s’extirper de ses pensées, et se consacrer sur ce que Neve lui disait, se laissant aller à un sourire désabusé. « Comment le savoir ? Rien ne l’incrimine… Dans mon esprit, tout, mais il n’y a aucune preuve concrète. Il est extrêmement doué, pour parvenir à ses fins. Mais je ne lui abandonnerai pas Amar. Je n’abandonnerai pas Amar, tout court. Aussi pesant que soit le faix qui m’est imposé, il s’agit là de ma responsabilité. Je ferai au mieux. À dos de dragon, Amar n’est pas si loin de la caserne. Il me suffira de voir l’intendant, choisi par mon grand-père, talentueux et loyal, une fois par semaine, de régler les affaires urgentes par courrier. Oui, je suis certain de pouvoir le faire. Jusqu’à trouver une solution plus… permanente. »

Il était temps pour Tristan de confier à Neve ses prévisions, pour Amar. Lui dire la vérité, si… froide soit-elle. Son ami émit des réserves, pour les moins terriblement sensées. Le lagran ferma les yeux, avant de les darder de nouveau sur lui, déterminé.

« S’il s’agit du prix à payer pour conserver le domaine hors de mains avides, je le ferai. Notre accord ne l’empêchera pas de m’être infidèle, tout comme je pourrais l’être aussi, tant qu’elle reste discrète. Tant qu’elle ne fait pas de moi une risée. Tant qu’elle ne porte pas de bâtard. Me glisser dans la couche d’une femme qui aura la poigne et le charisme de gérer Amar, pour lui faire un enfant… Je pense qu’il y a sort moins enviable. Je ne peux nier que tu aies raison en ce qui concerne ma sensibilité ou ma façon d’appréhender les choses, mais… S’il était seulement simple de trouver une femme que j’aimais, qui se satisferait de ne me voir que bien peu de temps, en gérant le domaine à ma place… »

C’était un triste dilemme, auquel le jeune – trop jeune – Marquis était soumis. Il sourit cependant, bien plus chaleureusement et sincèrement, à Neve.

« Je suis chanceux, d’avoir un ami aussi… dévoué et fidèle que toi. Mais je ne renoncerai pas à cet avenir de liberté qui s’offre à moi, à nous. Je ne peux, au risque de perdre goût à la vie, au plus petit plaisir. Une lueur amusée apparut dans les yeux de Tristan. Une femme, qu’il ne pouvait aider ? Il reconnaissait bien le chevaucheur. Ta bonté te perdra. Mais qui est-elle, et quelle est l’aide dont elle a besoin ? Et quelles sont tes relations avec elle ? »

Il était bien curieux, mais n’était-ce pas normal que de s’intéresser à la vie de ces proches ?










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Message Sujet: Re: Chevaucheurs en vadrouille   Chevaucheurs en vadrouille EmptySam 9 Jan - 15:15


Tristan était un homme lucide. Il avait évidemment songé à la possible culpabilité de son père dans cette macabre affaire, mais comme il venait si bien de le dire : il ne possédait pas l’ombre d’une preuve concrète. Neve revu à la baisse sa considération de la gente couronnée d’Arven, qui au-delà de ne pas agir en faveur de la concorde et de la cohésion entre les peuples, s’enlisait dans complots et trahisons cruelles par simple avarice. Le jeune ansemarien poussa un soupir de consternation. Tristan prévoyait un équilibre fragile pour parvenir à concilier son grade de Chevaucheur et ses responsabilités au domaine Amar. Un équilibre qui n’aurait pas sied aux épaules de tout un chacun, c’était certain. Bien que Neve ait confiance en les grandes capacités de Tristan, il n’en restait pas moins sceptique ; c’était un équilibre à rendre dément tant il semblait branlant. Le jeune ansemarien ne dit rien de ses pensées, conscient que son ami connaissait pertinemment les risques d’une telle situation, et surtout les sacrifices qu’elle impliquait.

Ils marchaient depuis presque une heure, Alfaë ayant disparu derrière les hautes collines des plaines de Cibella. Ferveur et Inespéré avaient disparu eux aussi, perdu dans un ciel trop bleu. Tristan et Neve étaient seuls, et l’immensité d’Arven semblait oppressante. Le jeune ansemarien laissait infuser les mots de son ami dans son esprit, soupesant chacune de leurs conséquences. Il parlait peu, réfléchissait beaucoup, mais aucune solution miracle ne lui parvenait pour venir en aide à son camarde du ciel.

C’est troublant, malgré la cruauté de ta situation, tu continues de raisonner avec calme et lucidité, souffla Neve presque pour lui. Il te faudra trouver quelqu’un en qui tu pourras délivrer ta confiance sans aucune hésitation, et que ton père ne pourra pas faire chanter. Le jeune ansemarien, en prononçant ces mots, se rendit compte que la situation était presque improbable. Une femme acceptant de gérer le domaine Amar sans éprouver d’amour pour Tristan serait facilement corruptible. Et un risque inéluctable demeurait en toile de fond, que Neve hésita à mettre en avant auprès du Chevaucheur lagran. Il y a autre chose… Si ton père est derrière cette tragique histoire, ce qui pour le moment n’est pas une vérité absolue, alors que penses-tu qu’il fera en voyant que tu donnes les rênes du domaine Amar à une jeune femme ?

Le jeune ansemarien ne répondit pas à sa propre question rhétorique ; la réponse était évidente. Son père n’hésiterait tout simplement pas l’éliminer à son tour, si telles étaient ses réelles aspirations. Neve leva les yeux au ciel, comme pour émerger un instant du dilemme de Tristan et reprendre son souffle. La situation était étouffante de contradictions et de risques à encourir. L’objectif du jeune ansemarien n’était pas de mettre son ami au-devant de toutes les épreuves à surmonter pour parvenir à ses fins, mais il était aussi de son devoir de le conseiller avec justesse. Enfin tout du moins, c’était ce qu’il tentait de faire.

Tu penses à quelqu’un en particulier ? s’enquit Neve timidement. Une femme issue de la noblesse sera toujours plus à même de reprendre les rênes d’Amar, mais il y a aussi beaucoup de chance qu’elle en soit plus cupide. Ce raisonnement était purement pragmatique, mais il était aussi purement essentiel. Les mariages arrangés se font comme des formalités chez les têtes couronnées, et un jeune Chevaucheur comme toi, héritier d’un domaine, ne verra pas tant de difficultés pour s’attirer la grâce d’une riche famille.

Aux compliments de Tristan, Neve rougit quelque peu. Non pas que l’attention de son ami le mettait mal à l’aise, au contraire, sa sincérité le touchait du fond du cœur, mais le jeune ansemarien n’avait pas l’habitude de nouer des liens si complices avec autrui, depuis la mort de Nomane. Il se sentait partagé entre une profonde amitié envers Tristan et cette distance qui toujours lui enserrait le cœur et le condamnait à la distance et au rejet de l’autre. Maladroit en relation comme un enfant qui doute, Neve ne sut pas immédiatement comment exprimer son amitié envers le Chevaucheur lagran. C’était comme s’il lui manquait toute une part du langage de l’amour et de la reconnaissance, alors il commença à chercher frénétiquement dans les poches de sa veste de toile, qui ne lui tenait pas bien chaud, effectivement. Il finit par en ressortir un petit livre. Neve gardait toujours un recueil de poésie sur lui, convaincu qu’il s’agissait de la plus grande des thérapies aux maux du monde. Il tendit le petit ouvrage vétuste à son ami, déclarant avec assurance :

Prends-le. Les poèmes sont la plus grande source d’apaisement qu’il m’ait été donné de trouver, ils ont le pouvoir de guérir comme de détruire. Tu en auras plus besoin que moi, affirma-t-il. Cette maigre consolation t’arrachera peut-être un sourire lorsque tu viendras à douter.

Le recueil se nommait Le Livre ouvert. Après quoi, Neve reprit la marche comme si de rien n’était, ne laissant pas la possibilité à Tristan d’émettre quelque objection que ce soit. Le jeune ansemarien repensa à Louison et s’évertua à répondre aux questions insistantes du Chevaucheur lagran.

Elle se nomme Louison. Elle appartient à l’un des escadrons d’Ansemer, tout comme moi. Je ne la connais que peu, mais je me sens un devoir envers elle. Neve marqua une courte pause, perdu dans ses pensées. Une maladie, lâcha-t-il finalement sans plus développer, il ne voulait pas s’apitoyer, ni sur cette femme ni sur lui, tandis que son ami avait tant besoin de son aide. Mais ne t’inquiète pas surtout, ajouta-t-il avec un sourire sincère.
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Message Sujet: Re: Chevaucheurs en vadrouille   Chevaucheurs en vadrouille EmptyJeu 21 Jan - 22:37

Raisonnait-il réellement avec calme et lucidité ? Ça ne faisait qu’un mois, mais il avait réellement eu l’impression de perdre la tête. De perdre le contrôle de tout : sa vie, avant tout, mais aussi celui de la magie, de Ferveur, du sommeil… Oui, de tout. Soupirant, il regarda à nouveau son vis-à-vis.

« Je crois que j’ai toujours agi comme ça… Quand j’étais plus jeune, et que j’étais le dernier enfant. L’enfant non désiré par le reste de la fratrie, et uniquement conçu pour être manipulé. Le lagran n’avait pas besoin de préciser tout cela, Neve l’avait déjà appris. Lors d’une soirée particulièrement arrosée, surement. Il ne se souvenait plus vraiment. Tristan eut un rire peu engageant, à entendre le conseil – sensé, au demeurant – de son ami. C’est sûrement saugrenu, mais… J’ai pensé à une érébienne, tu sais. Parce que le domaine est aussi lagran qu’érébien, par bien des aspects, mais surtout parce que Père exècre Erebor. Non pas par provocation, mais parce qu’il n’envisagera pas de manipuler une jeune femme issue d’un peuple qu’il méprise. Je ne sais pas d’où vient cette haine, mais elle pourrait être utile. Et ce ne serait pas si improbable, ma famille maternelle était érébienne, après tout. Il secoua la tête, peu convaincu. Il ne connaissait rien d’Erebor. Rien de ce pays, qui l’intriguait de plus en plus. Et surtout, il n’était même pas certain de la probabilité de ce qu’il avançait. Un éclat de haine apparut sur son visage, à la mention des actes que son père pourrait commettre. Je le ferai tuer. Je t’en fais le serment. Il ne pourra agir sans être interpellé. C’est le seul bénéfice du drame sordide subi par ma famille : la garde autour et dans le domaine a été augmentée. Il ne s’en sortira pas vivant, si quoi que ce soit d’autre arrive. Et j’aurai les preuves qu’il est coupable. Il perdra tout, et mes frères et sœur aussi. »

Tristan tressaillit. Il était résolu à agir ainsi, et ferme dans sa volonté, mais il n’appréciait pas pour autant ce que son père faisait de lui. Il n’était pas cruel, bien au contraire, mais il ne pouvait pas pardonner. Il connaissait de plus en plus sa famille maternelle, et elle lui était enlevée cruellement, dans un crime d’une sauvagerie sans nom… Non, il ne pouvait pardonner ni tolérer. Jamais.

La résolution laissa place à un air perplexe, quand Neve se mit à fouiller avec énergie sa veste, comme si elle pouvait contenir des trésors infinis. Était-elle ensorcelée par un mage, maitrisant une magie que lui-même ne connaissait pas ? Pas la magie de l’eau, en tout cas, c’était certain. Il fronça les sourcils, en voyant ce qu’il lui tendait, avant de sourire doucement, plus touché qu’il ne le montrait ou n’oserait le dire.

« Merci, Neve. J’en prendrais grand soin, et je m’efforcerai de les lire, si je suis trop troublé à l’avenir. N’hésite pas à me le demander, quand tu voudras le récupérer, ou que tu en auras besoin. »

Il sourit un peu plus franchement, en le voyant repartir comme s’il ne s’était pas montré attentionné et généreux à l’instant. Ils étaient assez similaires, maladroits pour les relations avec les autres. La perplexité le reprit cependant, dès lors qu’il évoqua une jeune chevaucheuse.

« Comment donc en es-tu venu avec l’envie de l’aider ? C’est honorable et cela ne m’étonne pas de toi, mais pour déceler cette maladie, quelque chose s’est passé ? Je ne m’inquiète pas, rassure-toi. En revanche, il est de notre devoir d’aider les autres chevaucheurs. Peut-être pouvons-nous la guérir, avec la magie ? Y as-tu songé ? »

|HJ| Je suis désolée, c’est pas génial :cache:












Dernière édition par Tristan d'Amar le Dim 24 Jan - 13:37, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Chevaucheurs en vadrouille   Chevaucheurs en vadrouille EmptySam 23 Jan - 14:02

Spoiler:
 


Neve tiqua à l’évocation d’une compagne érébienne. Il trouvait l’idée subtile et réfléchie, saugrenue de toute évidence, mais aussi très raisonnée. Le jeune ansemarien savait qu’il partageait avec Tristan une conception d’Arven et de la paix similaire, et cela ne l’étonnait pas qu’il se tourne vers Erebor pour satisfaire la pérennité de son domaine. Et puis l’argumentaire qui suivit ne fit que conforter Neve dans sa position : son idée était la plus adéquate de toute, un très bon compromis. Encore fallait-il entrer en contact avec Erebor, et au-delà de cette approche plus ou moins réalisable, rencontrer quelqu’un à la hauteur du domaine Amar. Le jeune ansemarien n’émit aucun doute ni aucune difficulté, son ami s’étant certainement penché bien plus en détails que lui sur la question, soupesant le pour et le contre avec justesse et opportunisme. Soucieux de la réussite de son ami, Neve avança, en cherchant à ne pas paraître trop intrusif dans la vie de Tristan :

Nous pourrions mener quelques recherches de concert à l’Académie, au sujet d’Erebor ? Les nombreuses bibliothèques de Lorgol te permettront sans aucun doute de découvrir plus en profondeur les secrets de cette terre ibeline, et peut-être même de nouer un rapport cordial avec eux ? Après tout, continua Neve, les frontières entre nos deux moitiés de continent n’ont pas à demeurer si sectaires.

La colère maladroite dissimulée qui s’était emparée de Tristan à l’évocation de la probable culpabilité de son père fit regretter à Neve d’avoir abordé le sujet. Le jeune ansemarien baissa les yeux, quelque peu confus, et entendit résonner dans son esprit les paroles inquisitrices que son ami prononçait à l’encontre de son père et de ses frères et sœurs. Se savoir manipulé par un père indigne et cupide était un sentiment que Neve ne connaissait pas, mais son imagination fertile lui permettait de soupçonner le désarroi de son ami, envers lequel se tournait toute sa compassion. Comme à son habitude, tout aussi maladroit dans les relations que le Chevaucheur lagran, le jeune ansemarien ne pipa mot, se contenta de regards appuyés et sensibles pour signifier son soutien à son ami. Il le tenait en haute estime, lui et son incroyable perspicacité et son honneur à toute épreuve. Neve espérait au fond de lui que l’admiration qu’il éprouvait envers Tristan parviendrait peut-être à apaiser la flamme vengeresse et déterminer qui brûlait dans son cœur.

Le jeune ansemarien fut soulagé que son ami accepte son modique présent. Persuadé des bienfaits thérapeutiques de la poésie et de la lecture, il lui semblait exécuter sa part de colibri en offrant ce recueil à Tristan, si modeste soit-il. Neve se sentait profondément touché de l’attention que le Chevaucheur lagran accordait à sa vie routinière et ses soucis peu existentiels. Il était certain que de son côté, la maladie de Louison le préoccupait plus que tout au monde, mais il ne se serait pas douté de toute l’attention que Tristan accordait à cela lui aussi, comme s’il s’était agi de ses propres tracas. Il questionnait, spéculait, solutionnait, et cette aide louable arracha à Neve un sourire reconnaissant. Toutefois, le jeune ansemarien ne pouvait révéler le secret de Louison, de peur que celui-ci s’étioler. Et puis, il avait donné sa promesse à la jeune femme. Il jeta un regard penaud à son ami, ne sachant sous quel angle aborder les choses.

Le plus insoluble des hasards m’a conduit au-devant de la maladie de Louison, commença-t-il dans un souffle. Malheureusement, une promesse me retient de t’en dévoiler les tenants et les aboutissants, mais ce qu’il convient de savoir, c’est que de nombreuses choses en dépendent. Il marqua une courte pause dans sa pensée, épiant la réaction de Tristan afin de s’assurer que l’emprise du secret ne le déconcertait pas outre mesure. Il ne voulait pas que son ami doute de la confiance qu’il lui accordait. J’ai songé longuement à la guérir, d’autant plus que la magie de l’eau demeure l’essence de la guérison. Malheureusement, il semble que ses maux outrepassent de loin mes pouvoirs rachitiques, et à bien y réfléchir, ceux aussi de nombreux Chevaucheurs d’Ansemer. Malgré tout, je reste bien déterminé à lui venir en aide, quelques soient les chemins détournés que j’aurais à emprunter.

L’herbe folle des plaines saupoudrée de neige ondulait avec langueur au rythme des bises septentrionales. Ferveur et Inespéré s’étaient posés au loin, savourant la fraîcheur des flocons sous leurs pattes puissantes. Neve ressentit soudain le profond besoin de de prendre de l’altitude, de voler en compagnie de Tristan, comme lors de leurs précédents entraînements. Il accéléra le pas, enjoignit son ami de le suivre d’un geste de la main et vint à la rencontre des immenses reptiles. Le jeune ansemarien se hissa agilement sur le dos d’Inespéré et, les yeux rieurs, lança à son camarade :

J’espère que tu n’es pas rouillé.

Et Inespéré se propulsa dans l’air froid du ciel de Cibella.
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Message Sujet: Re: Chevaucheurs en vadrouille   Chevaucheurs en vadrouille EmptyMer 3 Fév - 0:36

Un sourire reconnaissant orna les lèvres de Tristan. Il n’était toujours pas certain de la viabilité de son idée, quand bien même elle était réfléchie, mais que Neve se proposer pour l’aider le réconfortait et l’apaisait étrangement.

« Je ne pourrai jamais te remercier assez si je pouvais bénéficier de ton aide, mais elle me serait précieuse, et je serai moins tentée de baisser les bras ou de me convaincre de l’absurdité de l’idée qui a germé dans mon esprit. Et ça peut être un excellent début que de faire des recherches à l’Académie – c’est un territoire neutre, après tout, où les tensions qui animent les différentes contrées ibéennes et faës n’ont pas lieu d’être. Je ne voudrais pas te prendre trop de ton temps, malgré tout… »

Oui, c’était un fait. Si son ami se révèlerait d’un secours inestimable, il ne serait vraiment pas correct pour Tristan d’en abuser. Mais il se doutait que Neve comprenait son état d’esprit, et lui rétorquerait qu’il n’en était rien. Il verrait malgré tout si l’occasion se présentait. Et puis c’était peut-être une occasion comme une autre d’œuvrer à la paix désirée par Neve –et par lui. Oui, peut-être.

Un pincement de culpabilité prit Tristan, en voyant la gêne se refléter dans les prunelles et l’attitude de l’ansemarien. Il n’avait aucun droit de le mêler ainsi à ses querelles, ou même de lui imposer une si lourde confession. Grimaçant comme pour s’excuser, il le regarda avec gêne.

« Pardonne moi, de t’infliger un tel fardeau. Ne te soucie pas de te souvenir de cela, je crains qu’il me revienne de régler une telle chose. Et sache que ton présent me touche, et que j’y prêterai une grande attention. »

Si cela pouvait l’apaiser, et il avait confiance en l’avis de Neve, pourquoi pas ? Il sourit, un peu plus franchement, en entendant la loyauté que son vis-à-vis exprimait quant à Louison.

« Tu as toujours eu un grand honneur, c’est une qualité que l’on ne peut te nier. Je respecterai ton silence. Ne penses-tu pas, cependant, que l’on puisse y arriver, en s’alliant ? Tenter la chose ne serait pas une perte de temps. Si elle est d’accord, évidemment. »

La joie étreignit Tristan, de voir la beauté de leurs deux dragons au loin, et une irrésistible envie de s’exposer à la fraicheur de l’air en voyant Neve monter Inespéré l’accompagna. Riant légèrement, il rejoint Ferveur et atteint avec agilité son dos.

« Jamais ! »

C’est en riant qu’il s’imprégna du vent qui, en réalité, lui glaçait les os mais qu’il ne sentait pas comme cela.

|HJ| Je pense qu’on peut clôturer, du coup, non ? :coeur:










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