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 L'amour d'une soeur

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Mayeul de Vifesprit
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Message Sujet: L'amour d'une soeur   L'amour d'une soeur EmptyVen 8 Déc - 22:38


Livre III, Chapitre 1 • D'Accord et de Chaos
Alméïde d'Erebor & Mayeul de Vifesprit

L'amour d'une soeur

Même si ce n'est pas la mienne.



• Date : 30 novembre 1002
• Météo (optionnel) : Il fait froid et le soleil ne réchauffe pas vraiment les pavés de Lorgol
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Mayeul a appelé à l'aide la jolie Alméïde, et tous les deux ont beaucoup de choses à se raconter.
• Recensement :
Code:
• [b]30 novembre 1002[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3104-l-amour-d-une-soeur#111350]L'amour d'une soeur[/url] - [i]Alméïde d'Erebor & Mayeul de Vifesprit[/i]
Mayeul a appelé à l'aide la jolie Alméïde, et tous les deux ont beaucoup de choses à se raconter.



L'amour d'une soeur TitreMayeul1


Dernière édition par Mayeul de Vifesprit le Ven 8 Déc - 23:51, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: L'amour d'une soeur   L'amour d'une soeur EmptyVen 8 Déc - 22:43

La Rose Ecarlate n'est plus. Il a encore bien du mal à le réaliser le Voltigeur, alors même que l'absence de Sigvald est un creux béant dans son esprit. Mayeul n'était pas toujours d'accord avec l'ancien souverain, et ce dernier était loin d'approuver toutes les décisions – récentes, surtout – de son écrin mais il n'empêche, la mort de la Rose Ecarlate est un abandon. Mayeul aurait eu tant de questions à poser pour essayer de comprendre ! Mais le Cavalier Noir n'est plus, et seul Mande- Étoile, dans sa main, prouve que tout ceci n'était pas un songe de drogué.

L'esprit de l'ancien souverain de Valkyrion a été plutôt succint dans ses explications, mais Mayeul hésite encore à s'y pencher réellement. Il soupçonne quelque chose, depuis plusieurs mois déjà, mais jamais Sigvald n'a daigné répondre à ses questions. Avec la révélation que Reja appartient à l'Ordre, tous deux étaient arrivés à une sorte de consensus mais désormais… peut-être que Mayeul aurait dû se montrer plus curieux. Plus soupçonneux. Ou alors il ne voulait peut-être pas réellement savoir. La guerre a marqué un tournant dans son esprit, il le sait Mayeul. Lui qui blâmait l'Ordre du Jugement cible désormais les mages, principaux responsables de tous ces carnages. Il est facile de blâmer le fermier quand ses poules mangent le grain, mais les véritables coupables sont bien les poules, pourtant. Il lui semble.

Mais ce n'est pas pour cela qu'il est présent dans la Tour de la Rose en ce début de matinée Mayeul. Y pénétrer n'a pas été très compliqué : Mande-Étoile est une carte de visite assez impressionnante, surtout conjuguée avec l'épine que lui a remis Sigvald il y a plusieurs mois. Ici, dans cette salle de réunion désertée, Mayeul doit bien avouer qu'il ne sait plus trop quoi penser. Ces idéaux ont été bien bousculés ces derniers mois, et il doute de sa légitimité à se retrouver ici. Pourtant, c'est sans doute le plus simple pour éviter le monde et le regard des gens. Si Mayeul n'a jamais détesté attirer l'attention, il doit bien admettre qu'être l'écrin du Cavalier Noir est assez complexe. Pas pour lui – d'accord, il adore attirer l'attention – mais bien pour les siens. D'ailleurs, son premier mouvement après avoir quitté l'Académie a été de se rendre à l'antenne de la Guilde des Guerriers de Lorgol pour engager quelques hommes destinés à protéger ses parents, à Vifesprit. C'est stupide, il le sait, mais il ne peut empêcher de se sentir un brin rassuré par l'idée.

Ils vont le savoir. Tout lemonde va le savoir, et la rumeur aura probablement gagné tout Arven d'ici peu. Ce qui l'amène à s'inquiéter pour quelqu'un d'autre : Reja. Elle ne lui pardonnera probablement jamais, et il se sent affreusement coupable de ne rien lui avoir dit. Mais les choses se sont précipitées et s'il avait pu…il aurait agi autrement. Mais c'est trop tard pour revenir en arrière, aussi ne lui reste-t-il qu'à s'excuser et à s'expliquer, dans l'espoir qu'elle lui pardonnera. Mais pour ça, il faut déjà qu'il puisse lui parler. Or, de par leurs responsabilités respectives, Mayeul est positivement sûr qu'il ne va pas croiser l'Erebienne de sitôt. D'où son appel, quelque peu désespéré, à Alméïde d'Erebor.

Alméïde, c'est un peu celle qui le soutient et le conseille, il en a conscience Mayeul. Elle est là pour lui, sans jugement. Leur relation est assez étrange mais il se plaît à la voir comme une amie sur qui il peu compter, au même titre que Grâce. Grâce qui, d'ailleurs, risque fort de lui en vouloir aussi. Alméïde ne lui en voudra pas, elle. Elle comprend, parce qu'elle est nulle autre que la Tour Noire. Mayeul a encore du mal à le croire, mais c'était bien elle, cachée sous les voiles de la Tour. Alors oui, il sait qu'il peut compter sur elle.

Un craquement de pas interrompt ses réflexions, et le Voltigeur se retourne pour poser les yeux sur une princesse d'Erebor aussi douce et avenante que dans son souvenir. Elle est venue, et il en est immensément soulagé. Sans réellement réfléchir, il se dirige vers elle pour l'enlacer, faisant fi de leurs rangs respectifs. C'est d'une amie qu'il a besoin, pas d'une princesse. D'une sœur. "Merci d'avoir répondu à mon appel." Souffle-t-il, son soulagement sans doute limpide. Elle l'aidera, il le sait. "Comment vous portez-vous ?" Malgré les circonstances, malgré le chamboulement profond de leur vie, est-ce qu'elle va bien ? Non, probablement que non. Sans oublier que Sitara est sa sœur, sa duchesse alors non, rien ne doit aller.


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Alméïde de Sombreflamme
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Message Sujet: Re: L'amour d'une soeur   L'amour d'une soeur EmptyVen 15 Déc - 23:43

Ce n'est qu'une demande, transmise à la tour de Sombreflamme.
Une demande qu'elle ne peut refuser.
Une demande qui porte les couleurs de l'urgence.

Alméïde a lu les quelques mots couchés sur la papier et son coeur s'est serré de songer à celui qui le lui a fait parvenir. Elle se rappelle vaguement son visage, au coeur de l'Académie, alors que tout sombrait autour d'eux. Elle se rappelle ses traits, prenant la place du Cavalier Noir. Elle a tant de questions qui lui brûlent les lèvres encore et si peu de réponses ; Castiel se mure dans son silence et Mélusine parle très peu elle aussi. Si Alméïde désire l'aider, elle la sait déjà entre de bonnes mains et ne s'attarde pas outre mesure à ses côtés, de peur d'imposer sa présence dans cette famille désormais si soudée. Quant à en parler à Anthim... Il a le coeur bien trop lourd pour accueillir de nouvelles paroles.

Elle n'a pas hésité avant de prendre sa décision, la princesse. Elle a replié le mot, récupéré ses affaires puis accroché l'épine à sa robe, bien visible. C'est en passant devant Parangon qu'elle s'arrête un instant, le coeur lourd comme le métal qui compose ce bouclier. Un fort sentiment de nostalgie lui étreint le coeur; quelle utilité pourrait-elle avoir désormais d'un tel objet ? Ne vaudrait-il pas mieux qu'il retourne à l'endroit qui est le sien, au coeur de la Tour de la Rose, dans la chambre qu'occupait Simon ? Elle y a songé, mais les récentes disparitions d'objets et documents au sein même de la tour suffit à lui faire changer d'avis. Elle préfère le garder et en prendre soin, en attendant que les choses s'arrangent. Après tout, c'est un cadeau précieux que le souverain guerrier lui a fait.

En chemin, elle croise Castiel qui lui demande où elle se rend et il ne semble pas réagir à sa réponse, aussi franche que concise, mais son silence la laisse perplexe. Elle dépose un baiser sur sa joue et quitte la tour sans tarder.

Le chemin jusqu'à la tour de la Rose n'est pas bien long et elle essaie de se faire discrète ; elle est connue désormais comme écrin, elle ne désire pas se faire remarquer outre mesure. La Tour de la Rose se dresse, solennelle devant elle, et les quelques Épines encore présentes semblent surprises de la voir, et peut-être un peu sceptiques. Elle leur montre néanmoins l'épine accrochée à son vêtement et ils la laissent monter les étages, jusqu'à parvenir dans une grande pièce où l'attend Mayeul. Elle lui adresse alors un mince sourire, sincèrement heureuse de le voir. Quand il s'approche pour l'enlacer, elle lui rend son étreinte, presque soulagée de ce contact dont elle avait tant besoin. « Merci d'avoir répondu à mon appel. » Elle ne répond rien mais reste blottie encore un instant au creux de ses bras. C'est la présence d'un ami, qu'il lui fallait.

Enfin, elle se détache légèrement de lui, mais reste proche. « Comment vous portez-vous ? » C'est au moment de répondre qu'elle sent à quel point sa gorge s'est nouée. Alors elle se tait encore un instant, la lèvre tremblante, avant de rassembler son courage et de l'afficher dans un sourire difficile à maintenir. « Mieux. Je crois. » répond-elle, sans trop savoir. Il y a tant de choses qui ne vont pas, qui n'iront jamais vraiment, mais ils devront faire avec. Ils n'ont pas le choix.

« Suivez-moi Mayeul, nous serons plus tranquilles. » La tour n'est pas très peuplée à cet instant, mais elle ne veut pas qu'on les dérange. Elle prend sa main dans la sienne et l'entraîne avec elle. Ils n'ont qu'un étage à monter pour se retrouver dans les appartements de la Tour Noir, plus précisément dans sa bibliothèque – il lui semble qu'une éternité s'est écoulée depuis cette nuit où un Fou et une Tour ont accueilli le sénéchal de la couronne de Valkyrion sur ce fauteuil. Alméïde pose un regard attendri sur la scène d'une autre vie ; en silence, elle observe les lieux, presque dans un recueillement solennel. Un soupir quitte ses lèvres et elle se retourne, recomposant sur son visage le courage qu'elle n'a pas. « Je vous en prie, asseyez-vous. » Elle montre le canapé d'un signe de la main et s'assoit à ses côtés. Sa bouche s'entrouvre, puis se referme, l'hésitation lisible sur son visage. La princesse s'éclaircit la gorge, puis rit de se retrouver ainsi sans mots ; elle a tant à dire qu'elle ne sait par où commencer. « Il semble que des années se sont écoulées depuis notre dernière rencontre, tant les choses ont changé. » finit-elle par dire, comme une évidence. Des mois les séparent de cette discussion à Ibelin, et elle a tant vécu, tant souffert aussi... Le continent a été ébranlé par la guerre, par une vie alternée, par la mort et le chaos. Ces derniers jours n'étaient que la suite logique, après tout.


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Message Sujet: Re: L'amour d'une soeur   L'amour d'une soeur EmptyMer 27 Déc - 22:37

L'étreinte partagée fait du bien, Mayeul ne peut le nier. Alméïde est la première avec qui il peut partager ce fardeau qui leur est tombé dessus, cette révélation de la fin de la Rose, le poids des secrets qui demeurent. Et même si aucun d'eux ne parle, ne plus être seul est un immense soulagement. Elle affiche un courageux sourire pourtant Alméïde, alors qu'au fond Mayeul la sait encore plus dépassée que lui. La princesse finit par prendre sa main dans la sienne et l'entraîner un peu plus haut, traînant à sa suite un Parangon sans doute aussi haut que la princesse elle-même. La vision prête à sourire et le Voltigeur s'autorise un sourire amusé, allégeant la tension qui ne le quitte pas depuis le départ de la Rose Ecarlate.

Invité à s'asseoir par la princesse, Mayeul obéit et se décale un peu sur le côté pour lui faire une place. Il n'est pas du genre à aimer l'inaction, surtout quand ses pensées sont trop tumultueuses pour le faire rester tranquille, mais ses années de Voltigeur lui ont appris qu'il fallait parfois lutter contre l'envie de faire les cent pas dans une pièce, si l'on veut être pris au sérieux- et ne pas agacer, ce que Mayeul ne sait pas vraiment faire. "Au moins, cela nous donne de quoi raconter." Plaisante le Voltigeur sans y mettre vraiment de cœur. Il aimerait en avoir moins à dire, oui. La main du major de Svaljärd reprend celle de la petite princesse des sables et il adresse un sourire encourageant. "Nous ferons face à ces nouvelles épreuves, et nous triompherons." Lui assure-t-il. Il hésite, pourtant, à porter aux nues l'héritage de la Rose. Ce serait quelque peu hypocrite de parler, ici, d'un avenir qu'il a peine à voir. Si seulement il n'y avait pas eu tant d'hésitation ou de questions laissées sans réponses !

"Avez-vous pu parler à Mélusine ?"
Il se rappelle de l'angoisse de son amie avec un serrement au cœur, même si la présence de Hiémain - le Roi Blanc ! - a surement été un baume pour la jeune femme. "Avez-vous un moyen de contacter Reja ?" Il ne tourne pas longtemps autour du pot Mayeul, pas alors que l'urgence est là. Sa main serre plus fort celle de la princesse. Si elle a un moyen de contacter Reja, peut-être l'a-t-elle déjà tenter pour Sitara… mais en toute honnêteté, c'est bien son erebienne dont le sort l'angoisse davantage. "Elle sait probablement déjà, pour la Rose, et elle l'a sans doute mal pris." C'est un euphémisme, il le sait Mayeul, et l'hésitation dans sa voix l'indique bien.

Il se fiche bien de ce que pensera la jeune femme de sa question, de toute façon. De cette façon dont sa relation avec la sœur cadette de la princesse a bien pu évoluer, malgré les mises en gardes de ladite princesse. Il espère pouvoir parler avec Reja, lui faire comprendre pourquoi il n'a rien dit. S'excuser, pour la blessure qu'il lui a causé. Demander pardon, parce que c'est bien la seule chose qu'il peut faire.


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Alméïde de Sombreflamme
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Message Sujet: Re: L'amour d'une soeur   L'amour d'une soeur EmptyJeu 28 Déc - 20:47

« Au moins, cela nous donne de quoi raconter. » C'est un sourire triste qui prend place sur ses traits. Elle aurait préféré ne rien avoir à dire, dans ce cas. Et à voir le visage de son interlocuteur, elle se doute qu'il pense la même chose. Sa main retrouve la sienne, dans un geste doux qui l'apaise ; elle ne le réalise vraiment que maintenant, mais le Voltigeur lui avait manqué. Quelle tristesse qu'ils ne soient plus amenés à se voir que lorsque les choses vont au plus mal. Tout d'abord, sa soeur blessée durant les premiers temps de la guerre, puis à présent ceci. Elle peine à croire que tant de mois se sont écoulés, depuis ce matin à Ibelin, où il l'a rassurée – comme il le fait à présent. « Nous ferons face à ces nouvelles épreuves, et nous triompherons. » Elle est incapable de lui répondre, la princesse. Les mots restent coincés dans sa gorge, sa conviction semble s'effriter, son éternel optimisme semble fondre sous le poids de tout ce qu'il s'est passé. Elle pense à Sitara, à tout ce que sa disparition signifie pour son frère, pour Erebor, pour Qasim, pour elle... Elle pense à la Rose Écarlate qui n'est plus et à l'Ordre du Jugement qui a désormais le champ libre pour faire le mal autour d'eux. Elle pense à la Chasse Sauvage qui parcourt le continent et qui ne peut être arrêtée, pas pour le moment, pas avec leurs moyens actuels. Si seulement Simon lui avait donné des conseils sur la meilleure façon de réagir, mais elle se retrouve avec un vide dans son esprit que la peur comble peu à peu.

« Avez-vous pu parler à Mélusine ? » La question la surprend et elle lève les yeux. « Je l'ai vue oui. Elle va... aussi bien que possible, en la circonstance. » Autrement dit, elle ne va pas très bien. Pourtant Mayeul ne cherche pas plus loin, il semble lui aussi vouloir obtenir de nombreuses réponses. « Avez-vous un moyen de contacter Reja ? » Le nom de sa soeur l'empêche de prononcer un seul mot. Alméïde ne peut songer à elle sans qu'une ombre vienne obscurcir ses traits et ses pensées désormais. « Elle sait probablement déjà, pour la Rose, et elle l'a sans doute mal pris. » Ses sourcils se soulèvent ; elle est à la fois perplexe et surprise, ne sachant si elle doit rire ou non. Alors elle secoue la tête. Si sa soeur a mal pris la nouvelle, c'est bien le dernier de ses soucis. Comment aurait-elle dû réagir, elle, lorsqu'elle a appris que Reja était de l'Ordre ? Aurait-elle dû en profiter pour lui annoncer son affiliation à la Rose ? Aurait-elle dû la féliciter d'avoir fait du mal à sa propre soeur au nom de ses convictions ? « Reja a choisi le chemin qu'elle désirait emprunter, il n'y a rien que nous puissions faire à ce sujet. » Sa cadette aurait dû lui en parler avant, elle aurait dû s'ouvrir, se confier – elle n'aurait jamais dû lui cacher les horreurs de son passé.

Songer à ces horreurs fait remonter en elle les souvenirs de son enlèvement et Alméïde sent sa respiration se faire plus précipitée, alors que l'angoisse s'empare peu à peu de ses sens. Ses doigts se serrent plus fermement sur ceux de Mayeul, elle s'y accroche comme à un dernier espoir. Elle tente de se concentrer sur ses mots, pour ne pas se laisser envahir par l'obscurité. « J'ai bien un moyen de la contacter ; c'est un miroir aux propriétés magiques. Je peux vous le prêter, si vous le désirez, mais je doute que vous obtiendrez quoi que ce soit d'elle. » Elle est trop bornée, incapable de remettre en cause les terribles actes qu'elle a commis. Alméïde se rappelle son regard quand elle a su qui était la victime qui se trouvait entre ses doigts, elle se rappelle la détermination dénuée de tout remord. Et pourtant... Reja reste sa soeur. La princesse s'efforce de se la remémorer telle qu'elle la voyait autrefois, sa cadette lumineuse et farouche, la danseuse talentueuse, la Voltigeuse sans peur ; cette Reja là lui manque terriblement. Et Mayeul est certainement le seul à comprendre le tiraillement qui déchire son coeur, celui qui la fait douter à chaque instant. Car il savait, comme tous ceux de la Rose. Il savait.

« Elle a embrassé les idéaux de l'Ordre en toute connaissance de cause, elle a cautionné les horreurs qu'ils ont commises et elle... a pris part à certaines d'entre elles. Mayeul, si vous parvenez à lui parler et à lui faire entendre raison, je ne peux que vous y encourager – mais moi, j'ai perdu ma soeur il y a des mois de cela, quand elle a admis sans honte ce qu'elle a fait. » À aucun moment, elle ne parle de ce qui lui est arrivé. Pour ce qu'il en sait, elle pourrait très bien être en train de parler du vol commis au sein du palais d'Euphoria, quand elle a blessé Vif-Argent et failli tuer le Roi Noir – failli tuer Castiel. Elle sait que Reja ne l'écoutera pas, mais peut-être qu'elle écoutera Mayeul. Elle ne peut qu'espérer, en tout cas.


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Message Sujet: Re: L'amour d'une soeur   L'amour d'une soeur EmptySam 6 Jan - 22:03

La présence de la princesse d'Erebor a sur lui ce curieux effet calmant qu'il a découvert lors de leur première rencontre. Elle apaise ses pensées tourmentées, et la main frêle dans la sienne a la capacité de l'ancrer dans le présent. Dès le début, il s'est senti attiré par elle, par le calme et la confiance qu'elle dégage, l'attention chaleureuse qu'elle apporte à tout un chacun. Il n'est pas amoureux d'elle, non, clairement pas, mais il se sent bien à ses côtés. Il se doute vaguement, le Voltigeur, que c'est cette aura de calme qui a attiré vers elle le duc de Sombreciel. Et sa présence, ici, est un réconfort plus que bienvenue.

Parce que rien, dans l'enchaînement des évènements de ces dernières heures, absolument rien n'est positif. C'est une catastrophe, de tous les côtés, et Mayeul se refuse de songer plus avant. Se concentrer sur Mélusine, puis sur Reja, c'est un moyen comme un autre de garder son esprit concentré sur une seule et unique tâche. Il maîtrise l'art de diviser ses pensées Mayeul, et de ne garder que ce qu'il a envie de garder. Tout ce qui s'est passé… non, il y pensera plus tard. Reja est sa priorité, pour le moment. Parce qu'il a fait une erreur, il a probablement brisé sa confiance, et il culpabilise de ne pas savoir comment effacer cela. Lui montrer qu'il est toujours digne de confiance. Comme si l'Ordre et la Rose pouvait un jour ou l'autre s'accorder.

Alors il parle, Mayeul, pour ne pas sombrer dans une réflexion à laquelle il se refuse de penser. Mélusine, Hiémain, et la consternation de connaître la fin de la Rose Ecarlate. Mélusine qui ne va pas bien, la princesse le lui confirme à demi-mots. Il culpabilise encore plus, Mayeul, avant de formuler une autre question. Les sourcils d'Alméïde se froncent, et le Voltigeur songe distraitement qu'il a fait quelque chose de mal. Ce n'est pas le choix des mots qui est malheureux, mais bien toute la situation. Reja, affiliée à l'Ordre du Jugement, bien que Mayeul se refuse encore à la croire son ennemie. Elle lui a exposé ses arguments, ses idées, et il ne peut s'empêcher de penser qu'elle a raison sur certains points. Pas sur tous, clairement pas, mais certaines de ses théories sont défendables.

A-t-elle seulement parlé de cela avec Alméïde ? Visiblement non, si Mayeul doit en croire le discours de la jeune femme. L'atmosphère s'est subitement refroidie, et les mots de la princesse d'Erebor sont durs à entendre. Reja a… des circonstances atténuantes, Mayeul le sait. Elle croit, réellement, en ce que l'Ordre du Jugement peut offrir à Arven. Il ne veut pas la faire changer d'avis – il a peut-être un peu essayé d'argumenter, certes – mais il y a surement un moyen pour que tous s'accordent. La Rose n'était pas innocente, et Alméïde le sait sûrement. Et si l'Ordre du Jugement est encore déclaré ennemi, Mayeul n'est plus réellement persuadé qu'ils sont ceux à abattre. Ils ont tué, anéanti… mais la Rose n'en a-t-elle pas fait de même ? Le Cavalier Noir a abattu des gens, pour préserver cette paix qui ne fait pas l'unanimité. Il a y trop de points obscurs pour croire que tout est blanc ou noir, et Reja mérite le bénéfice du doute. Griffons qui tournoient au clair de lune. Amour, passion, sentiments forts. Nuage a-t-il raison, et Mayeul n'a-t-il désiré lui accorder le bénéfice du doute que parce qu'il est amoureux d'elle ?

Il ne sait plus très bien qui croire, le Voltigeur. Son allégeance à la Rose et à ses idéaux est tourmentée, ballotée par les quelques fragments que Sigvald lui a donné à voir. Il ne sait plus, vraiment plus. Mais il doit parler à Reja, il doit éclaircir ce point, au moins. Alméïde, elle, semble définitivement fermé à l'idée et si elle lui propose son miroir, elle lui avoue ne rien espérer de sa sœur. Le regard du Voltigeur rencontre les prunelles sombres d'Alméïde, tandis que sa main ne quitte pas la sienne : sans doute ont-ils besoin de ce contact, l'un comme l'autre.

"Vous devriez en parler avec elle." Souffle Mayeul, bien conscient que ce n'est pas sa place que de se poser en médiateur au milieu des deux sœurs. "Elle croit dans les idéaux de l'Ordre, comme nous avons cru aux idéaux de la Rose." Il ne remarque même pas, Mayeul, qu'il a utilisé le passé. "Elle était avec moi à la Samhain, elle a été blessée à Lughnasadh. L'Ordre… elle a été abusée Alméïde, on lui a promis de lui donner tout ce à quoi elle aspire." Reja aurait réfuté ce discours, il le sait, mais Mayeul n'hésite pas à tordre quelque peu la réalité. Qui le saura, de toute façon ? "Vous ne pouvez pas lui reprocher de se battre pour ce qu'elle croit être un monde meilleur. Nous le faisons aussi." Ajoute-t-il doucement.

Il sait que ce n'est pas vrai, et que Reja est, techniquement, une ennemie d'Arven. Mais ce n'est pas le cas, il le sait. Elle veut simplement changer les choses. La méthode de l'Ordre n'est pas la bonne, tuer des innocents n'est pas une façon de se faire entendre. Mais Mayeul ne peut s'empêcher de penser aux innocents que la guerre a détruite, elle aussi. Et pourtant il a cru, il croit encore, qu'arrêter les mages est essentiel, qu'ils sont ceux qui menacent l'équilibre de l'empire. Et si les pertes innocentes sont une torture, elles ont été… nécessaires. Et cela lui coûte de l'avouer.


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Message Sujet: Re: L'amour d'une soeur   L'amour d'une soeur EmptyDim 7 Jan - 0:35

« Vous devriez en parler avec elle. » Les mots la percutent plus violemment qu'elle ne l'aurait cru. Elle n'est pourtant pas surprise, la princesse. Mayeul n'a aucun moyen de savoir qu'elles ont déjà eu cette dicussion et que tout ce qui en a résulté, c'est un lien brisé à tout à jamais. À chaque fois qu'elle y songe, elle sent son coeur un peu plus meurti, à chaque fois qu'elle se rappelle les mots et les regards de Reja, elle sent la colère gronder au fond de son être. Pas seulement envers sa soeur ; envers elle-même, envers l'Ordre, envers tous ceux qui ont pu la pousser à rejeter toute compassion pour n'y voir que de merveilleux espoirs. Alors elle ferme les yeux, Alméïde, elle détourne la tête pour ne pas avoir à y penser, ni même à se justifier. Elle n'a plus envie de se faire du mal, mais le Voltigeur a besoin d'en parler, a probablement besoin de son soutien. N'est-ce pas pour cette raison qu'il lui a demandé de venir ?

« Elle croit dans les idéaux de l'Ordre, comme nous avons cru aux idéaux de la Rose. Elle était avec moi à la Samhain, elle a été blessée à Lughnasadh. L'Ordre… elle a été abusée Alméïde, on lui a promis de lui donner tout ce à quoi elle aspire. » Elle était là, oui, mais au nom de qui ? De son empire ? Ou de ceux qui cherchaient à lui nuire ? L'amertume de la princesse ronge son coeur ; Mayeul ne fait que lui confirmer ce qu'elle savait déjà. Ils ont profité de ses failles pour la pousser à commettre l'irréparable. Elle a déjà torturé pour eux. Irait-elle jusqu'à tuer ? « Vous ne pouvez pas lui reprocher de se battre pour ce qu'elle croit être un monde meilleur. Nous le faisons aussi. » « Vous croyez que je ne le sais pas, Mayeul ? » répond-elle, d'une voix calme où perce l'émotion. « Je ne lui reproche pas de se battre pour ce en quoi elle croit. Ce que je lui reproche c'est... c'est sa façon d'y parvenir. » Hésitante, elle sent sa main trembler et elle l'écarte de celle du Voltigeur, avant de se lever du fauteuil. Les bras croisés pour en apaiser les tremblements, elle fait quelques pas dans la pièce, cherchant à calmer une respiration qui s'affole à chaque fois où ses pensées s'aventurent là où règnent l'obscurité et la douleur.

« J'ai essayé de parler à ma soeur. J'ai voulu... être sûre, j'ai voulu comprendre. Si vous aviez vu son regard, si vous aviez vu ce que j'y ai lu, quand... » Elle prend une grande inspiration – elle n'a pas pour habitude de perdre ses moyens ainsi. « La Rose a fait des choses terribles par le passé. Et pendant mille ans, elle a dû parfois recourir à des méthodes que je désapprouve, mais qui ont permis au continent de rester en paix et d'éviter la mort de centaines – de milliers d'innocents. Je sais... je sens qu'ils nous ont dissimulé bien des choses, mais ils n'ont pas semé le chaos et la terreur comme l'Ordre l'a fait. » Elle y croit Alméïde, elle y croit encore, malgré les nombreuses questions qui lui traversent l'esprit, malgré l'acte inexcusable de Johan d'Outrevent. Elle veut croire que leur cause était juste et qu'elle s'est battue pour le bien d'Arven. Il suffit de voir ce qu'Arven serait devenu, dans une autre vie, si la Rose n'avait pas existé. « J'ai essayé de lui parler et elle ne veut rien entendre. Je ne peux pas lui pardonner ce qu'elle m'a... ce qu'elle a fait. Je ne peux pas. » Elle se reprend à temps, se fustige elle-même et évite le regard de Mayeul pour continuer à faire les cent pas. Il ne peut pas comprendre les raisons qui l'animent, mais elle ne lui en veut pas. Elle sait qu'il tente de bien faire.


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Message Sujet: Re: L'amour d'une soeur   L'amour d'une soeur EmptyMer 10 Jan - 23:28

Il ne pensait pas perturber à ce point la princesse le Voltigeur.  Il sait qu'entre elle et Reja, la brouille est forte mais même s'il possède les deux versions, aucune des deux jeunes femmes n'a jugé utile de lui communiquer tous les détails. Mayeul ne s'en plaint pas : il n'a aucune intention de se mettre au milieu d'elle. Il aimerait qu'elles se réconcilient, certes, mais cela a sans doute à voir avec son incompréhension et une vague jalousie : si Mathilde était encore de ce monde, il ne supporterait pas d'être brouillé avec elle. Cette année où ils ont été loin l'un de l'autre, elle à Lorgol et lui à Hacheclair, a été assez dure à supporter comme ça.

Mais dans son discours, Mayeul en est conscient, il est assez clair de connaître quelle partie il soutient. Reja.  Il a beau aimer Alméïde, la plus jeune des Sinhaj a su gagner son cœur. Et ce qu'elle lui a expliqué tient la route, en réalité, surtout mis en relation avec ce qu'il sait de la Rose. C’est-à-dire pas grand-chose, malgré son statut d'ancien écrin. Alméïde finit par lui lâcher la main, se levant pour faire les cent pas alors même qu'elle lui répond d'une voix teintée d'émotion. Le major de Svaljärd ne cherche pas à l'arrêter, la laissent parler sans l'interrompre. Elle a surement besoin de parler, et il la comprend.

Il l'écoute avec attention, certains des propos de la jeune femme ne suscitant pourtant que des interrogations. Lui aussi a vu la passion colorer les prunelles de Reja, l'espoir que quelque chose de grand soit créé. Mais si lui y a vu un signe positif, ce n'est vraisemblablement pas le cas pour la princesse d'Erebor. Il n'ose pas répondre Mayeul quand la jeune femme se tait, alors qu'elle se raccroche à l'espoir que la Rose a eu raison. Il le croit, lui aussi. Il voudrait le croire, plutôt, mais il y a tellement de doutes et d'incertitudes ! Ces derniers mois ont soulevé mille et une questions, questions dont l'esprit de Sigvald a refusé de lui donner les réponses. Il sait, Mayeul, que rien n'est tout blanc ou tout noir mais être un écrin lui donnait le droit de savoir, pensait-il. Visiblement, il s'est trompé. Et l'acte effroyable de Johan d'Outrevent ne fait qu'approfondir les doutes et les questionnements.

Il est d'accord avec Alméïde cependant : l'Ordre du Jugement a semé le chaos et la désolation dans le seul but d'obtenir ce qu'ils cherchaient. Un bénéfice pour Arven. Mayeul a peine à le croire, mais pour l'Ordre la fin justifie les moyens. La guerre lui a enseigné la même chose, et même si tout son être se révolte, une part de son esprit ne peux s'empêcher de se demander s'ils n'ont pas eu raison. Les arguments de Reja, sa propre expérience, en tant qu'écrin et Voltigeur, tout se mélange dans sa tête et Mayeul doute, véritablement, de ce qui est bien ou mal. Il a tué des mages, uniquement parce qu'ils étaient mages. L'Ordre a tué des innocents, uniquement parce qu'ils l'empêchaient d'atteindre son but : sauver d'autres innocents. Sauver Arven. Mais Mayeul n'a-t-il pas tué des innocents, lui aussi, seulement pour proclamer la suprématie ibéenne ?

La princesse continue de faire les cent pas, sa dernière phrase finissant par arracher Mayeul à ses questionnements personnels. "Qu'est-ce que vous ne me dites pas, et que je devrais savoir ?" Demande-t-il, curieux. Les hésitations de la jeune femme, cette façon de se détacher de leur étreinte, son agacement… Mayeul sent bien qu'il y a quelque chose qu'il ne sait pas, et qu'Alméïde se base en partie dessus, le rendant incapable de comprendre, ou même d'adhérer à son discours. Il n'est même pas réellement sûr que cela concerne Reja en vérité, mais bien la Rose Ecarlate. Ou l'Ordre du Jugement. La princesse est la fiancée de Castiel de Sombreflamme, peut-être dispose-t-elle d'informations qu'il n'a pas ? "Alméïde. Alméïde !" L'interpelle-t-il, avant de se lever pour se placer devant elle, l'empêchant de faire un pas de plus. Ses mains glissent sur les joues de la jeune femme de la jeune femme, son regard plongeant dans les prunelles sombres, si semblables à celle de Reja.

"Regardez-moi." L'ordre sonne doucement, mais il a bien remarqué que la jeune femme évitait son regard. " De quoi parlez-vous ?" Il ne la tient pas avec suffisamment de force pour qu'elle ne puisse pas le repousser si elle le désire, mais ses yeux ne quittent pas ceux de la jeune femme. Il est curieux, mais aussi sincèrement inquiet pour elle. Cette épreuve les a tous bouleversé. Savoir que Reja est affiliée à l'Ordre du Jugement n'a pas dû être facile pour la jeune femme, non plus. Elle porte un lourd fardeau, et Mayeul sait que pour l'aider, il doit d'abord comprendre.


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Message Sujet: Re: L'amour d'une soeur   L'amour d'une soeur EmptyJeu 11 Jan - 1:07

« Qu'est-ce que vous ne me dites pas, et que je devrais savoir ? » Elle ne peut pas. Non, elle ne peut pas le dire. Ce serait trop dangereux, ça ne ferait qu'empirer les choses, ce serait attirer des ennuis sur sa soeur alors que c'est tout ce qu'elle ne veut pas, malgré ce qu'elle a fait. Car c'est bien là tout le problème, pas vrai ? Rongée par l'horreur des actes de Reja et par sa propre culpabilité, elle meurt de pouvoir en parler, se confier à quelqu'un. Mais dire le moindre mot à ce sujet serait la condamner. Anthim n'enverrait-il pas quelqu'un pour la punir d'avoir torturé la princesse d'Erebor ? Castiel ne s'enflammerait-il pas à cette annonce ? Mélusine ne serait-elle pas en colère elle aussi, elle qui voulait punir l'auteur de ses brûlures, lors d'une autre vie ? Mélusine qui est de toute manière bien trop sous le choc pour écouter ses plaintes, tout comme Anthim qui pleure la disparition de sa femme, ou Castiel qui semble déphasé depuis les derniers événements. Pourrait-elle vraiment se confier à Mayeul ?

Non, elle ne peut pas, elle doit tenir sa langue. Elle a fait assez de mal comme ça ; elle est médecin, elle n'aspire qu'à aider les autres. C'est dans cet état d'esprit qu'elle a rejoint la Rose, c'est en gardant en tête l'espoir de sauver ceux qui en ont le plus besoin, qu'elle s'est liée à ces esprit ancestraux. Faire du tort à sa soeur, même si ses actes sont impardonnables, serait aller à l'encontre de ce qu'elle croit. Ou simplement la preuve qu'elle ne peut pas se résoudre à prendre de décision difficile lorsque ça concerne ses proches. Ne lui a-t-elle pas dit de ne plus approcher le palais de Vivedune, sous peine de la dénoncer ? En serait-elle seulement capable ?

« Alméïde. Alméïde ! » Elle ne l'entend pas. Elle ne remarque même pas que sa respiration s'est faite plus rapide, précipitée. Elle ne le voit pas qui se lève et qui s'approche, avant qu'il ne se trouve en face d'elle et que ses mains ne se posent sur ses joues pour l'inciter à le regarder. « Regardez-moi. » Son regard s'arrête sur le sien, et la peur s'y lit soudain. « De quoi parlez-vous ? » Sa gorge se noue et les larmes lui montent aux yeux, sans qu'elle ne les laisse s'écouler. Sans se défaire de sa poigne, elle secoue la tête. « Je... je ne peux pas. » Sa voix est plus faible, comme si le simple fait de prononcer ces mots risquait de tout dévoiler. Ses propres mains viennent se poser sur celles de Mayeul, appuient sur ses poignets, comme pour se raccrocher à quelque chose. Ses yeux se referment, elle prend une grande inspiration. « Je ne peux pas Mayeul. Si je... si j'en parle, elle pourrait avoir... des ennuis. » Irait-il répéter ce qu'elle sait, pourtant ? Serait-il capable de la dénoncer en sachant pertinemment que ça pourrait lui coûter cher ? Elle a envie de croire que non, elle a envie de suivre son instinct qui lui affirme que le Voltigeur saurait comprendre... Mais elle s'efforce de retenir les mots et cette envie de partager le fardeau qui pèse sur ses épaules depuis trop longtemps déjà. Elle en a besoin, elle en a tant besoin. Mais si elle le fait, il n'y a plus de retour en arrière possible.


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Message Sujet: Re: L'amour d'une soeur   L'amour d'une soeur EmptyMer 17 Jan - 22:34

Ils ont rarement été aussi proches, tous les deux, malgré l'amitié qui les lient. Le souffle court de la princesse d'Erebor, ses yeux qui brillent, remplis de larmes qu'elle se refuse à verser… Mayeul n'y comprend pas grand-chose, si ce n'est qu'elle semble bouleversée. Que cache-t-elle, qui soit susceptible de tant la perturber ? A-t-il remué des souvenirs qu'elle aurait préféré garder enfouis à tout jamais ? Le mélange d'émotions dans les yeux de la jeune femme l'interroge pourtant : de quoi peut-elle bien avoir peur ? Elle finit par lui répondre d'une voix faible, mais ils sont s proches que le major n'a aucune peine à entendre ses mots. Les doigts fins de la jeune femme viennent se poser sur ses poignets, et Mayeul sent, par ce geste, toute la détresse qui habite l'erebienne. Qu'a-t-elle vu, que sait-elle qui la perturbe à ce point ?

Ce qu'elle souffle, pourtant, lui donne quelques indices. Il n'est pas difficile de se douter de qui elle parle, après tout. "Reja ?" Il en rirait presque, Mayeul, si la jeune femme n'était pas aussi bouleversée. Que peut donc bien craindre Rejwaïde ? Elle a agressé le Roi Noir de la Rose Ecarlate, dévoilant son identité à Vif-Argent et, par là-même, aux autres griffons. Il n'a pas eu à chercher pour reconnaître Sirocco, Nuage appréciant fortement le gigantesque griffon d'ébène. Personne n'a parlé, pour le moment, mais beaucoup savent. "Je n'ai rien dit de son identité lorsqu'elle a tenté de dérober quelque chose à Euphoria, et je ne compte pas le faire." Lui assure-t-il, doutant pourtant que c'est réellement ça qui inquiète Alméïde. Quelque chose ne colle pas : la princesse sait qu'il n'a pas parlé, surement.

Il ne parlera pas, non, qu'importe son devoir qui lui impose de le faire. Il s'accroche à sa propre conviction que Reja n'est pas une ennemie à abattre, même si sa loyauté va à l'Ordre du Jugement. Il… comprend. Il n'est pas certain d'accepter, il n'est même pas véritablement certain de tout comprendre, mais il ne vendra pas Reja. Et la princesse d'Erebor le sait, sûrement. Elle a probablement entendu parler de cette semaine passée en Erebor, de sa proximité avec la Voltigeuse, de leurs nuits à faire l'amour sous le regard des étoiles. Visiblement, les étoiles ne sont pas les seules à savoir ce qu'ils ont fait : Mayeul n'a pas eu besoin de comprendre la langue pour le comprendre. Ils ont passé une semaine au cœur du clan Sinhaj, Alméïde est sans doute au courant.

Mais si ce n'est pas ça, de quoi peut-elle bien parler ? Mayeul observe avec attention la princesse d'Erebor, aux traits si familiers et pourtant étrangers. Leur proximité est telle qu'il sent son souffle sur sa peau, le battement affolé de son cœur à travers les doigts qu'il a posé sur ses joues. "Je ne ferais rien qui puisse nuire à votre sœur. Elle est… on m'a averti du charme ensorcelant des danseuses des dunes, mais je n'imaginais pas qu'elle soit capable de capturer mon cœur aussi facilement." Il l'aime, Reja, et cela le déstabilise autant que cela l'enchante. Quelque part entre cette poursuite amusée et ces mots passionnés couchés sur le papier, il est tombé amoureux d'elle sans savoir comment. Le Voltigeur hésite un bref instant avant d'enchaîner. "Je sais que vous désapprouvez. Vous m'avez mis en garde, et je ne vous ai pas vraiment écouté." Mayeul sourit, l'amusement dansant dans ses prunelles. "Je vous ai même clairement ignoré, et je comprends que vous ne puissiez pas me faire confiance."

Il ne lui a pas tellement donné d'occasion de croire en sa fiabilité, c'est vrai. "Mais quoi que vous disiez, je ne m'en servirais jamais pour blesser Reja. Levor m'en soit témoin, je ne trahirais pas votre confiance si vous décidez d'alléger votre fardeau." Il voit bien qu'elle est tourmentée la jeune femme, et il ne demande qu'à l'aider, même si la relation entre les deux sœurs est des plus précaires. Mayeul enlève ses mains des joues d'Alméïde, gardant pourtant les mains de la princesse prisonnières des siennes. "Le choix vous appartient princesse : je ne vous extorquerais pas des confidences que vous ne me jugez pas digne d'entendre." Et il comprend, réellement. Il est loin d'être fiable, le cielsombrois, tout aussi plein de bonnes intentions qu'il soit. Mais il ne trahira pas le secret de Reja, c'est une certitude.


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Message Sujet: Re: L'amour d'une soeur   L'amour d'une soeur EmptyLun 29 Jan - 21:36

« Reja ? » Elle secoue la tête, incertaine. Elle ne peut pas, elle ne peut pas, elle ne peut pas. Litanie lancinante qui trouble son esprit et l'empêche de se concentrer sur le regard du Voltigeur. Elle ne veut pas croiser ses yeux et y lire l'incompréhension. Elle ne veut pas prononcer un aveu qui risque de causer bien plus de peine à cet homme qui pourtant s'accroche à l'amour qu'il porte à une femme. Car c'est bien tout ce que ses paroles sauront créer : plus de malheur, plus de doutes. Ce n'est pas ce qu'elle désire. Ce n'est pas ça qu'il leur faut.

« Je n'ai rien dit de son identité lorsqu'elle a tenté de dérober quelque chose à Euphoria, et je ne compte pas le faire. » Son coeur se serre de repenser à cet événement, mais il ne s'agit même pas de ça. Pourtant elle a volé un duc, elle a failli tuer son Roi, elle a failli tuer son époux... Son souffle lui manque à cette seule pensée, des images terribles tournent en boucle dans son esprit et elle combat la noirceur qui menace de l'envelopper. Ce n'est pas ça le pire. Il n'a aucune idée...

« Je ne ferais rien qui puisse nuire à votre sœur. Elle est… on m'a averti du charme ensorcelant des danseuses des dunes, mais je n'imaginais pas qu'elle soit capable de capturer mon cœur aussi facilement. » C'est à cet instant qu'elle relève les yeux. Elle lit dans les siens l'affection sincère, l'amour profond, qu'il ressent pour Reja. Un amour fort qu'ils partagent, un désir de protection déraisonnable, au-delà de toute logique. Il l'a protégée, il n'a rien dit. Tout comme elle n'a rien dit, la princesse, terrifiée de perdre sa soeur en plus de tout le reste. « Je sais que vous désapprouvez. Vous m'avez mis en garde, et je ne vous ai pas vraiment écouté. Je vous ai même clairement ignoré, et je comprends que vous ne puissiez pas me faire confiance. » À nouveau, elle secoue la tête. Comment lui en vouloir, quand chacun de ses propres actes aurait pu mettre à mal l'équilibre de son duché ? Alors que chacune de ses décisions, mues par l'amour qu'elle ressent pour Castiel, aurait pu tout gâcher ? « Ca n'a plus d'importance. » murmure-t-elle si bas qu'elle n'est pas certaine qu'il l'ait entendue. Non, ça n'a plus d'importance.

« Mais quoi que vous disiez, je ne m'en servirais jamais pour blesser Reja. Levor m'en soit témoin, je ne trahirais pas votre confiance si vous décidez d'alléger votre fardeau. » Ses mains restent accrochées aux siennes ; elle craint de partir à la dérive si elle les lâche à cet instant, alors que son coeur bat si fort qu'il en paraît assourdissant. De ses yeux coulent des larmes silencieuses. « Le choix vous appartient princesse : je ne vous extorquerais pas des confidences que vous ne me jugez pas digne d'entendre. » Les mots résonnent dans son esprit, se font un chemin dans tout son être. La confusion règne dans ses pensées, mais seule la présence de Mayeul l'ancre au moment présent, l'ancre à la réalité. Elle n'a personne à qui confier ses craintes et ses doutes, elle n'a personne d'autre qui puisse comprendre le cruel dilemme qui est le sien. Et elle a si peur, si peur de faire fausse route et de prendre la mauvaise décision.

Son esprit menace de lâcher pourtant, si elle ne le fait pas.

De nouvelles larmes inondent ses joues, son regard se relève pour rencontrer le sien. Sa voix étranglée n'est que murmure, quand elle reprend la parole. Une voix étrangement calme. « Vous devez me promettre de ne jamais rien révéler. C'est ma décision, uniquement la mienne. Promettez-le moi. » Le sérieux dans son regard éclipse toute la peine qui s'en déverse. Il y a de la détermination au fond de ses prunelles et la princesse attend que Mayeul confirme ses dires avant d'aller plus loin. Et même après ça, il lui est difficile de prononcer ces mots.

Alméïde relâche les mains du Voltigeur et croise ses bras, comme pour se réchauffer de la vague glacée qui l'étreint soudainement. Elle ne s'éloigne pas néanmoins, elle rassemble son courage pour trouver les mots justes. « Il y a presque un an, j'ai été enlevée par l'Ordre. C'était... juste après notre grande réunion à la Tour de la Rose, la nuit où nous avons décidé de mettre un terme à la Trêve. » Il devait être présent, n'est-ce pas ? C'était lui sous les traits du Cavalier Noir, et il doit désormais comprendre que c'est elle qui s'est occupée de son Fou Noir, qui s'est occupée de Mélusine. Elle n'entre pas dans les détails de ce qu'il s'est passé ensuite, elle en vient directement aux faits. « Ils m'ont torturée, Mayeul. Ils ont voulu m'arracher tout ce que je savais. Et parmi mes bourreaux... il y avait Reja. » Sa voix n'est que murmure, mais elle sait sans le regarder que Mayeul entend chacune de ses paroles. Alméïde reste silencieuse un instant, la gorge nouée. Il lui faut quelques secondes avant de reprendre, d'une voix relativement maîtrisée. « Ils ont masqué mon visage par magie, de telle sorte qu'elle ne l'a pas su immédiatement, mais quand je lui en ai parlé, quand je l'ai confrontée à ce sujet... Elle n'en éprouvait aucun remord, Mayeul. Aucun. » Alméïde relève les yeux, comme pour déceler l'émotion dans ceux du Cielsombrois. La croira-t-il seulement ? Pensera-t-il qu'elle a perdu l'esprit ?

Elle se le demande parfois.


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Message Sujet: Re: L'amour d'une soeur   L'amour d'une soeur EmptyLun 29 Jan - 23:12

Il n'a réellement aucune idée de ce qui peut bien tourmenter la princesse des dunes le Voltigeur. Il essaye de comprendre pourtant, avançant quelques hypothèses, s'efforçant de calmer la tension qui habite la jeune femme. Le regard affolé, le souffle court, elle semble terrifiée par l'idée de lui dévoiler son secret, et Mayeul ne parvient pas à appréhender ce qu'il peut y avoir de si terrifiant à dire pour mettre Alméïde dans un tel état. Elle est médecin pourtant, habituée à garder la tête froide, alors qu'a-t-elle vu, que sait-elle qui pourrait autant nuire à sa sœur ? Car c'est bien de Reja qu'il s'agit, cela au moins Mayeul l'a compris.

Elle murmure quelque chose, mais cela ne semble guère important en ce moment. Elle lui pardonne, visiblement, son manque d'écoute et sa détermination à se rapprocher de la danseuse astrale. Parce que Mayeul l'aime, Reja, et il espère que la princesse le sait, le voit dans ses yeux. Il est tombé pour elle, rudement, sans même l'avoir projeté. Cela ne devait être qu'un jeu sans grande conséquence, et cela l'a été, un moment. Quand le jeu s'est-il retourné contre lui ? il se souvient, Mayeul, des remarques de Sigvald qu'il n'avait pas comprises, en ce temps-là. Des allusions de Nuage, qu'il a rejeté d'un geste blasé parce qu'elles lui paraissaient imaginaires. Désormais pourtant, il ne s'imagine plus vivre sans Reja. Elle est présente dans chacune de ses pensées, de ses actions, plus importante même que l'air qu'il respire. Alors, comment Alméïde peut-elle croire, une seule seconde, qu'il risquerait de la mettre en danger ?

Les larmes coulent des yeux de la médecin et Mayeul serre plus forts les mains de la jeune femme, lui communiquant son soutien et son affection. Il l'apprécie énormément, la princesse des dunes, bien assez pour vouloir la réconforter et l'aider. Il attend en silence qu'elle se remette, qu'elle lui parle, même s'il doit attendre des heures. Des heures qu'il n'a pas, tant l'inquiétude pour Reja lui serre le ventre. Mais quelque chose lui dit qu'il doit savoir, que c'est important, et il patiente, attendant qu'Alméïde reprenne contenance. Elle finit par parler, d'une voix étouffée mais presque sereine, pour lui extorquer une promesse qu'il est heureux de faire. "Je promets." Souffle Mayeul, tout aussi solennel que la jeune femme.

Alors elle prend la parole tandis qu'il acquiesce à certains de ses propos. Il a entendu les rumeurs, mais il était un peu trop préoccupé, Mayeul, pour y porter véritablement attention. Svaljärd est loin, après tout, et l'affaire n'a guère été ébruitée. L'accusation suivante fait plisser les yeux au Voltigeur mais il demeure silencieux, indécis. Il attend une explication, quelque chose qui permettrait d'expliquer. Pas Reja. Ce… il ne va pas dire qu'elle en est incapable, parce qu'il ne sait pas, parfois, tant la volonté farouche de la danseuse des dunes peut être effrayante. Alméïde a plongé ses yeux dans les siens, à la recherche d'une réponse, d'un soutien, de quelque chose qu'il n'est pas sûr, Mayeul, de pouvoir lui donner. Le Voltigeur secoue la tête, un rire étranglé sur les lèvres qui meurt bien vite tandis qu'il réfute l'accusation. "Non. Reja… Peu importe ce qu'il y a entre vous." Doit-il réellement révéler ce qu'il sait, le Voltigeur ?

"Elle vous en veut, terriblement, de la faire passer au dernier plan." Que cela soit vrai ou non, c'est la vision de l'erebienne, et Mayeul ne cherche pas à édulcorer ses propos. Alméïde sait tout ça, probablement. "Mais ça… vous êtes sa sœur." Il ne comprend pas, Mayeul, et il aimerait bien avoir la version de la Voltigeuse, persuadé qu'elle serait tout autre. "Elle a décidé de donner sa vie à l'Ordre du Jugement, pour restaurer les savoirs perdus et voir revenir la liberté de choix que possédait autrefois les habitants d'Arven." Sa voix s'étrangle, quelque peu, tant le Voltigeur sait que ses propos vont à l'encontre de ce que devrait penser un écrin de la Rose Ecarlate. "Mais elle serait incapable de vous faire volontairement du mal." Il en est persuadé Mayeul, et rien de ce que dira Alméïde ne lui fera croire autre chose.

Ses mains serrent celles de la jeune femme, l'empêchant de s'esquiver si elle le voulait. "Ce qu'elle a fait… ce qu'elle fait" Corrige-t-il, "c'est pour Erebor." Ils ont parlé, longuement, lorsqu'ils se sont retrouvés tous les deux. "Elle croit réellement bien faire Alméïde." Il voudrait que la médecin comprenne, et que le fossé existant entre les deux sœurs ne s'aggrave pas. " Vous n'êtes pas son ennemie." En disant ces paroles, soudain, Mayeul prend conscience qu'il se trompe. Il peine à cacher son trouble et sa voix se fait plus étranglée lorsqu'il reprend la parole, sans même se rendre compte du tremblement de ses mains. "Est-ce qu'elle savait. Lorsqu'elle… est-ce qu'elle savait que vous étiez de la Rose Ecarlate ?"

Cela pourrait être une réponse, n'est-ce pas ? Et même si ce n'est pas le cas, cela fait de lui un ennemi désormais. Et rien qu'à cette idée, le Voltigeur sent son cœur sur le point de s'arrêter. Par pitié, par pitié, que Reja n'en vienne pas là. Il ne pourra pas supporter qu'elle le haïsse.


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Message Sujet: Re: L'amour d'une soeur   L'amour d'une soeur EmptySam 10 Fév - 13:45

« Non. Reja… Peu importe ce qu'il y a entre vous. » Il ne la croit pas. Il ne la croit vraiment pas. Elle aurait dû s'y attendre et pourtant, c'est un nouveau coup au coeur qui l'atteint de plein fouet, alors que dans son aveu suppliant, elle espérait être comprise, être soutenue. Elle espérait avoir, enfin, quelqu'un qui saurait trouver les mots et qui saurait appréhender cette situation inextricable à ses côtés. S'est-elle encore trompée sur toute la ligne ?

« Elle vous en veut, terriblement, de la faire passer au dernier plan. » Les traits attristés de la princesse se font soudain plus durs, dans la surprise. Est-ce donc ce qu'elle raconte à qui veut l'entendre ? Est-il en train de justifier les actes terribles de Reja par ces simples mots ? Offensée, terriblement blessée, Alméïde se referme comme une huître et son visage perd encore quelques couleurs. Elle repense à tous les instants où elle est allée retrouver sa soeur, où elle a profité d'un moment à elle pour la revoir et passer du temps en sa compagnie, uniquement pour elle. Elle se rappelle toutes les fois où, désireuse de lui parler, elle prenait une plume et un parchemin ou son miroir afin de continuer à avoir de ses nouvelles. Les soeurs étaient éloignées, certes, mais jamais Alméïde n'a cessé de penser à elle. L'injustice de l'accusation la peine terriblement et même si elle s'en veut encore de n'avoir pas vu, de n'avoir pas su... Elle ne peut rester à encaisser de telles paroles alors qu'il est déjà douloureux pour elle d'admettre la vérité.

« Mais ça… vous êtes sa sœur. » Les traits d'Alméïde se font toujours sérieux, masquant une détresse qui va bien au-delà de ce qu'il semble vivre à cet instant. « Elle a décidé de donner sa vie à l'Ordre du Jugement, pour restaurer les savoirs perdus et voir revenir la liberté de choix que possédait autrefois les habitants d'Arven. Mais elle serait incapable de vous faire volontairement du mal. » Elle croise les bras pour masquer les tremblements de ses doigts. L'évocation de ces simples souvenirs font remonter en elle des angoisses qu'elle croit par moments définitivement disparues, mais elles sont toujours là, tapies dans l'ombre. « Ce qu'elle a fait… ce qu'elle fait, c'est pour Erebor. Vous n'êtes pas son ennemie. » Elle aurait presque envie de rire devant l'ironie de la situation. Il n'a aucune idée...

« Est-ce qu'elle savait. Lorsqu'elle… est-ce qu'elle savait que vous étiez de la Rose Ecarlate ? » Cette fois, le regard de la princesse est définitivement stupéfait. Un flamme luit au fond de ses prunelles sombres, et c'est la colère désormais qui s'exprime par la voix de l'Erebienne. D'un geste sec, elle libère ses mains de celles du Voltigeur. « Si elle avait su, est-ce que son geste serait justifié ? Pensez-vous que je l'aurais mérité ? » La voix chevrotante n'en est pas moins chargée de reproche. Qu'il ne croie pas à son histoire est une chose. Qu'il lui trouve des excuses en est une autre. « Non, elle ne savait pas. Elle n'a jamais rien su. Quand ils l'ont chargée de me faire subir les mêmes tortures qu'on lui infligeait au harem, il n'a pas fallu grand chose pour la convaincre. Ils lui ont dit que j'étais une ennemie, et ça lui a suffi. » Elle se rappelle les paroles prononcées, de ce ton froid qui lui glace encore le sang aujourd'hui. Revivre ces événements est sans cesse une épreuve, mais l'indignation qu'elle éprouve face aux paroles du Voltigeur la pousse à aller jusqu'au bout.

« Ils ont voulu me faire parler et j'ai tenu bon pour protéger mon peuple et ses secrets, j'ai tenu pour Erebor. J'ai tenu pour que des informations importantes ne tombent pas entre les mains de ces personnes qui n'ont semé que chaos et destruction depuis le début ! » Sa voix s'élève sur les derniers mots. Reja fait-elle réellement ça pour Erebor ? Elle y croit peut-être, oui. Mais Alméïde n'aurait jamais trahi les siens – trahi son frère – en révélant ce qu'ils voulaient savoir.

Alméïde prend une inspiration afin de se calmer un peu. Elle fait à nouveau quelques pas dans la salle, retrouvant un semblant de contenance. « J'ai longtemps cru que j'avais imaginé tout ça. Ils avaient des mages à leur service, ils ont usé d'illusions autant que de... d'autres moyens ; je n'ai même pas une seule marque de ce qu'ils m'ont fait... Alors oui, j'ai cru que Reja était une illusion de plus, que c'était une façon de plus pour me faire parler. Mais elle n'a rien nié. Elle n'a rien regretté. » Elle essuie d'un geste vif ses joues humides et secoue la tête, lasse, résignée. « Mon but n'est pas... de vous monter contre elle. J'aime ma soeur, Mayeul. Je lui en veux mais je l'aime, et je ne veux pas qu'il lui arrive quoi que ce soit. Je croyais que vous seriez le plus à-même de comprendre mais je... je me suis trompée. » Elle aurait dû tout garder pour elle. Elle aurait dû continuer à porter ce fardeau sur ses seules épaules. Quelle idiote. Si stupide, si naïve.


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Message Sujet: Re: L'amour d'une soeur   L'amour d'une soeur EmptyMar 27 Fév - 21:48

Elle lui échappe, la princesse d'Erebor, Mayeul le voit bien. Les mots du Voltigeur la blessent bien plus qu'il ne le voudrait, et son regard se fait plus dur. Mais que croyait-elle, exactement, en lui disant tout ceci ? Que Mayeul allait prendre fait et cause pour elle, qu'il allait trahir ses sentiments pour Reja afin de se plier à la vérité de sa sœur ? Mayeul est bien incapable de deviner ce qu'Alméïde attend de lui après une telle révélation, mais il sait que ce n'est surement pas les mots qu'elle attendait.

La colère de la jeune femme flambe brutalement, et le Voltigeur ne peut même pas ouvrir la bouche pour se justifier. Non, évidemment que cela ne légitime pas les actes de Reja ! Mayeul choisit pourtant de la laisser se clamer, ne l'interrompant pas alors qu'elle fait les cent pas dans la pièce. La colère finit par se calmer, remplacée par la tristesse et la lassitude. Le major de Svaljärd s'approche alors, sa main se posant légèrement sur le poignet de la princesse. Elle peut se dégager si elle le veut, elle est la seule à le décider. "Je ne cherche pas à la défendre." Certes, cela y ressemble fortement. "Et je ne prétends pas la connaître mieux que vous." Comment expliquer à Alméïde ?

"Mais je connais les gens, Alméïde. J'ai étudié leurs relations, leurs attitudes, leurs comportements, j'ai même obtenu un diplôme pour ça." L'amusement flotte un instant sur les lèvres du Voltigeur avant qu'il ne reprenne son sérieux. "Vous connaissez Reja, sans doute mieux que quiconque. Elle a besoin d'être forte, ou de prétendre l'être. Elle a besoin de diriger son destin, d'être la seule à pouvoir commander. Même si elle regrette ce qu'elle vous a fait, elle ne l'avouera jamais. Elle préfèrera vous mentir que de laisser quiconque croire, l'espace d'un instant, qu'elle a pu faire fausse route."

Mayeul sait Reja butée, obstinée, jusqu'à la mort. Il sait qu'obtenir son pardon sera une lutte de tous les instants, car il l'a blessé au cœur et qu'elle ne lui laissera jamais l'oublier, qu'elle préfèrera le rejeter que d'avouer qu'elle a des sentiments et qu'il les a bafoués. L'Erebienne est compliquée à côtoyer, compliquée à comprendre, mais c'est bien pour ça qu'il s'accroche à elle, n'est-ce pas ? Son analyse est peut-être fausse, il le sait Mayeul : réellement, il n'est pas sûr que Reja regrette le mal qu'elle a pu faire à sa sœur. Mais mentir à Alméïde, se mentir à lui-même, est parfois plus facile que d'encaisser une réalité qu'il peine à appréhender.

"Je sais que vous ne voulez pas me monter contre elle." Bien sûr qu'il le sait, même s'il peine à comprendre ce qu'Alméïde attend de lui. "Et je regrette que vous ayez pu croire que je me moquais de vos sentiments ou de ce que vous avez pu ressentir." Les excuses du Voltigeur sont sincères, et il regrette réellement d'avoir causé de la peine à la jeune femme. Mais à nouveau, il n'est pas réellement sûr de savoir ce qu'elle attend de lui. Qu'il la croit ? Qu'il prenne ses distances avec Reja ?

"Je sais que vous ne souhaitez pas qu'il lui arrive malheur, malgré ce qu'elle a pu faire. Vous avez convaincu le duc de Sombreflamme de ne rien dire, après tout." Et c'est une action qui impose le respect : les dieux seuls savent ce qu'elle a promis en échange de ce silence. "Votre secret est sauf avec moi, je vous le jure. Vous avez eu raison de me parler : garder un tel fardeau a dû être terrible." Mayeul regrette, sincèrement, que la princesse ait du le supporter. "Je ne vais pas vous mentir : j'aime Reja. Vous n'êtes pas la seule à vouloir la protéger, même si ses actes vous ont blessés." Il se souvient, Mayeul, des blessures ravivées par la Voltigeuse. Et si cela n'a rien de comparable avec ce qu'à subit la princesse d'Erebor, il cherche au moins à lui apporter du soutien. "Je suis là pour elle, mais je suis là pour vous aussi Alméïde. Nous sommes amis. Et à nouveau, je m'excuse d'avoir donné l'impression de ne pas vous croire." Oh, il doute, mais cela Alméïde n'est pas obligée de le savoir !


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Message Sujet: Re: L'amour d'une soeur   L'amour d'une soeur EmptySam 31 Mar - 12:57

Les paroles douloureuses font remonter des souvenirs qui le sont tout autant ; Mayeul ne se rend pas compte combien ses mots blessent, ni combien ses justifications des actes de Reja peuvent être un nouveau coup dans son coeur déjà malmené. Alméïde ne cherche aucunement à trouver un soutien pour blâmer sa soeur, ce n'est pas ce qu'elle cherche, mais elle ne s'attendait guère au contraire. Elle espérait simplement que quelqu'un pourrait la croire et surtout la comprendre. En dehors du Voltigeur, elle ne voit pas qui pourrait être capable d'une telle chose, encore moins après tout ce qu'il s'est passé depuis plusieurs jours. À nouveau, elle se sent bien seule à porter ce poids sur ses épaules, et rien ne semble pouvoir la soulager.

Elle ne se recule pourtant pas lorsque Mayeul s'avance pour s'emparer à nouveau de son poignet en douceur. Alméïde relève les yeux vers les siens, comme prise au dépourvu, lasse de tant de malheurs et incapable de se retirer une nouvelle fois de son étreinte. « Je ne cherche pas à la défendre. Et je ne prétends pas la connaître mieux que vous. » Sourcils froncés, elle reste silencieuse, interdite. « Mais je connais les gens, Alméïde. J'ai étudié leurs relations, leurs attitudes, leurs comportements, j'ai même obtenu un diplôme pour ça. » Elle saisit le trait d'humour, mais elle n'a pas le coeur à y répondre. Ses lèvres n'ont pas un tressaillement pour la plaisanterie, elle n'y arrive plus. « Vous connaissez Reja, sans doute mieux que quiconque. Elle a besoin d'être forte, ou de prétendre l'être. Elle a besoin de diriger son destin, d'être la seule à pouvoir commander. Même si elle regrette ce qu'elle vous a fait, elle ne l'avouera jamais. Elle préférera vous mentir que de laisser quiconque croire, l'espace d'un instant, qu'elle a pu faire fausse route. » Il y a un mince espoir au creux de son coeur, une flamme qui brûle pour sa soeur sans discontinuer, car Alméïde refuse d'abandonner l'idée de pouvoir la retrouver un jour. Peut-être pas comme avant, peut-être pas dans la complicité qu'elle croyait avoir avec elle, mais tout de même un peu de la Reja qu'elle connaissait. Alors elle aimerait croire aux paroles de Mayeul, elle aimerait qu'il ait raison ; elle aurait surtout aimer lire quelque chose dans les yeux de sa soeur, n'importe quoi qui lui indiquerait qu'elle n'est pas uniquement fière du mal qu'elle lui a fait. Parce que si la princesse peut comprendre la rancoeur et l'amertume, elle ne peut comprendre le manque de compassion.

« Je ne sais pas Mayeul, je ne sais plus que croire à son sujet... » Elle secoue la tête. Elle est perdue. « Je sais que vous ne voulez pas me monter contre elle. Et je regrette que vous ayez pu croire que je me moquais de vos sentiments ou de ce que vous avez pu ressentir. » Elle garde la tête baissée sur leurs mains serrées. Comme un point d'ancrage qu'elle ne peut relâcher. « Je sais que vous ne souhaitez pas qu'il lui arrive malheur, malgré ce qu'elle a pu faire. Vous avez convaincu le duc de Sombreflamme de ne rien dire, après tout.. » Cette fois, pourtant, elle relève les yeux sans comprendre. Elle n'a convaincu personne, car personne d'autre n'est au courant. Personne. « Votre secret est sauf avec moi, je vous le jure. Vous avez eu raison de me parler : garder un tel fardeau a dû être terrible. » Sa gorge nouée ne laisse plus passer un seul son. Ses doigts tremblent contre les siens. « Je ne vais pas vous mentir : j'aime Reja. Vous n'êtes pas la seule à vouloir la protéger, même si ses actes vous ont blessés. » La vague de reconnaissance qui déferle en elle est trop forte pour être contenue. C'est tout ce qu'elle espérait entendre ; malgré tout ce qu'il a vu et entendu, il saura continuer à la protéger et à l'aimer, comme elle-même peut le faire. « Je suis là pour elle, mais je suis là pour vous aussi Alméïde. Nous sommes amis. Et à nouveau, je m'excuse d'avoir donné l'impression de ne pas vous croire. »

Elle fond en larmes, la princesse. Et sans un mot de plus, elle s'approche du Voltigeur et se blottit contre lui, le front posé contre son torse à la recherche de réconfort. Les sanglots l'agitent, ils se déversent enfin comme pour soulager de tous les malheurs qui se sont déroulés ces derniers temps, ces derniers mois même. Et les secondes passent, les minutes peut-être, sans qu'elle ne parvienne à retrouver la surface. Elle en avait tant besoin, d'un ami qui saurait la soutenir et surtout l'aider à partager ce fardeau. Alors quand enfin les larmes s'épuisent et que la peine s'apaise, elle parvient à relever la tête et à essuyer ses joues humides d'un revers de manche. « Merci Mayeul. Vous ne pouvez pas savoir combien... ça compte pour moi. » Sa voix est rauque et ses mains s'emparent de l'une des siennes pour la serrer avec douceur. « J'aurais tant aimé me tromper sur ma soeur. J'aurais aimé pouvoir faire quelque chose, mais elle ne m'écoutera pas. Peut-être que vous aurez plus de chance... » Peut-être saura-t-il lui faire voir que les méthodes de l'Ordre qu'elle aime tant sont terribles et inhumaines. Peut-être finira-t-elle par comprendre... « La fin de la Rose nous affectera tous, qu'on le veuille ou non. L'Ordre saisira sa chance, tôt ou tard. J'espère simplement qu'elle saura ouvrir les yeux avant qu'il ne soit trop tard. » Et qu'elle ne cautionnera pas de nouvelles morts innocentes pour ce qu'elle croit être juste. Car il n'y a rien de juste à écraser tous ceux qui se mettent sur notre route, pour le seul but d'obtenir ce que l'on désire. Rien du tout.


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Message Sujet: Re: L'amour d'une soeur   L'amour d'une soeur EmptyDim 8 Avr - 12:24

Mayeul ne cherche qu'à trouver les mots pour réconforter la jeune femme, sans pour autant trahir ce qu'il ressent pour Reja. Un exercice difficile, étant donné les liens entre les deux sœurs. Que peut-il y comprendre, lui qui n'avait pas réellement une sœur mais plutôt une autre partie de lui-même ? Avec Mathilde, Mayeul n'a jamais eu une relation conflictuelle, si ce n'est l'année où elle s'est établit à Lorgol sans même vouloir lui parler. Ils ont su régler leurs différents alors. Pourquoi n'en serait-il pas de même pour Reja et Alméïde, même si la situation est loin d'être la même.

Mais ses mots touchent la jeune femme plus qu'il n'aurait osé l'espérer, car la princesse fond en larmes. Il est loin le temps où le jeune adolescent qu'il était se trouvait désarmé devant les larmes d'une demoiselle, et le Voltigeur se garde bien d'essayer de parler, préférant la serrer davantage son amitié et son soutien sans faille. Il la laisse déverser sa peur et son chagrin, ses doutes et ses incertitudes, parfaitement conscient que c'est de cela qu'elle a besoin. Pleurer jusqu'à l'épuisement, jusqu'à être enfin vide de tout sentiment, jusqu'à ce qu'il ne reste enfin que la paix. Le vide. L'absence de douleur. Les larmes finissent par s'épuiser et le regard de la jeune femme aux yeux rougis croise le sien. Elle n'a pas à le remercier, absolument pas. Ils sont amis, n'est-ce pas ? Les amis sont là pour se soutenir et s'entraider. Le Voltigeur est nettement moins enchanté par la suite des paroles de la jeune femme par contre. Parler à Reja ? La convaincre ? Alors qu'elle doit probablement le haïr maintenant que la vérité est révélée ? Le haïr… l'idée même que Reja lui en veuille serre le cœur du Voltigeur dans un étau implacable, mais l'évoquer devant Alméïde n'est pas judicieux. "J'essayerais." Promet-il, se demandant si la princesse sait que c'est bien la seule chose qu'il peut, en toute honnêteté, promettre de faire.

Lui-même ne sait plus réellement où il en est, alors convaincre Reja qu'elle a tort lui semble un peu présomptueux. Parce qu'il ne sait plus réellement, Mayeul, qui a tort ou raison dans cette histoire. La Rose a menti, trahi Arven, sacrifié quelques-uns au détriment de beaucoup d'autres. Le but était noble, le moyen beaucoup moins. Qu'en est-il de l'Ordre, alors ? Mayeul était en première ligne, il sait quel mal ils ont pu faire. Mais les idéaux de Reja lui paraissaient si sincères, si… ce peut-il que l'Ordre, au final, soit dans le même cas que la Rose ? Une mauvaise méthode, pour un but qui se veut le meilleur à réaliser pour Arven ? Son esprit lui dit que non, que ce n'est pas pareil. La Rose prônait la Paix, l'Ordre le Chaos. La même paix que la Rose a finit par faire voler en éclat, maintenant que la Chasse Sauvage est libérée. Mayeul ne sait plus, réellement, ce qui est vrai ou ce qui ne l'est pas. Ce qu'il doit croire. Etre le Cavalier Noir lui paraissait la bonne chose à faire, lui paraît toujours l'être… n'est-ce pas ? Il doit continuer à défendre les idéaux de la Rose. Combattre l'Ordre. Combattre les mages. N'est-ce pas de leur faute, tout ça, après tout ?

Mais ce n'est pas le sujet à aborder, Mayeul le sait. Sa loyauté chancelante à l'égard de la Rose n'a rien à voir avec Alméïde. Un peu plus avec Reja, sans doute, mais pas seulement. "Prêtez-moi votre miroir, je vous le rendrais dès que possible." Promet Mayeul, gardant la main de la jeune femme emprisonnée dans la sienne. Il la contemple un instant, laissant ses yeux détailler la silhouette de l'erebienne. Malgré ses yeux rougis, ses cheveux défaits et son teint un peu plus pâle que d'habitude, elle est magnifique la jeune femme. Elle ne possède pas cette beauté sauvage et flamboyante qui l'a attiré chez Reja, mais la médecin reste une femme désirable, aux qualités humaines incontestables. "Je commence seulement à réaliser à quel point vous êtes une femme formidable Alméïde." Souffle Mayeul, ses yeux plongeant dans ceux de la jeune femme. "Si pleine de compassion et d'amour, si forte, si talentueuse. Si belle aussi."

C'est une déclaration d'amour, de ce même amour plein de tendresse qu'il voue encore à Mélusine.Le Voltigeur a beau aimer passionnément Reja, il est fier de compter la princesse d'Erebor parmi ses amies. Alméïde est une femme exceptionnelle, une sœur admirable, et Mayeul espère bien parvenir à le faire comprendre à Reja un jour, à quel point elle a de la chance d'avoir son aînée. Même si la médecin fait probablement la pire erreur de sa vie en souhaitant épouser Castiel de Sombreflamme. "Votre futur époux ne réalisera probablement jamais quel chance il a." Murmure Mayeul comme pour lui-même.


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Message Sujet: Re: L'amour d'une soeur   L'amour d'une soeur EmptyJeu 26 Avr - 21:16

« J'essayerai. » Elle n'a pas besoin de plus. Cette promesse, prononcée à demi-mots, est déjà plus que ce qu'elle ne pouvait espérer, est déjà trop lui demander. Elle éprouve pourtant une réelle reconnaissance envers le Voltigeur pour tout ce qu'il fait, pour tout ce qu'il a fait et pour tout ce qu'il a l'intention de faire. C'est un homme bien, Alméïde en a la conviction, et elle sait pouvoir se reposer sur lui, à cet instant. C'est comme une évidence, c'est si clair à ses yeux. Il parvient à absorber sa peine et à l'apaiser de quelques gestes ou de quelques mots, il sait ce qu'elle vit car il le vit également, d'une autre manière.

« Prêtez-moi votre miroir, je vous le rendrai dès que possible. » Elle hoche la tête, la princesse. Sa main serre plus fermement la sienne, brièvement. Sa gorge nouée l'empêche de lui répondre, elle reste un instant silencieuse, chassant doucement le chagrin pour retrouver un peu de contenance. « Je commence seulement à réaliser à quel point vous êtes une femme formidable Alméïde. » Son regard, soudain, se relève. Ses yeux accrochent ceux du Voltigeur sans comprendre, un peu confuse, interdite. « Si pleine de compassion et d'amour, si forte, si talentueuse. Si belle aussi. » Si les paroles la touchent réellement, elle en ressent toutefois une gêne qu'elle est incapable de dissimuler. Elle reprend quelques couleurs sur son visage qui était très pâle depuis quelques jours, et son regard fuit un instant le sien. « Votre futur époux ne réalisera probablement jamais quelle chance il a. » Il ne s'agit que d'un murmure, mais il suffit à lui faire relever la tête. Elle ne sait pas très bien comment réagir, la princesse. Entre confusion et gratitude, elle l'observe et esquisse un sourire timide.

« Vos paroles me touchent, Mayeul, je vous remercie. Mais nous n'en serions pas là si j'avais... Si j'avais su être la soeur dont Reja avait besoin – la soeur qu'elle méritait. » Elle y croit sincèrement, Alméïde. Et même si elle en veut encore à sa cadette pour ses actes, elle ne se sait pas moins coupable de l'avoir abandonnée à son sort. L'Erebienne soupire, baisse les yeux sur leurs doigts entrelacés. « Je ne saurai assez vous remercier, rien ne vous oblige à m'aider... » Elle s'interrompt, juste un instant, pour retrouver son regard. « Votre amitié m'est précieuse. Et j'aimerais... J'aimerais que vous veniez à mon mariage, si vos responsabilités vous le permettent. » Un nouveau sourire, plus franc, plus chaleureux. Elle s'approche à nouveau pour le serrer dans ses bras, sans larmes qui inondent son visage ni sanglots qui secouent son corps. Une simple étreinte sincère et emplie d'affection. Et ils laissent encore le silence s'installer, sans chercher à le combler. Les secondes s'écoulent et ils s'installent à nouveau sur le canapé, pour échanger, trouvant en l'autre le soutien dont ils ont besoin en ces temps troublés. Car ils auront besoin de tout le courage et la détermination dont ils sont capables. Car l'avenir est sombre et incertain.


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Message Sujet: Re: L'amour d'une soeur   L'amour d'une soeur EmptyDim 6 Mai - 22:35

Elle ne lui demande rien de plus visiblement, que de faire de son mieux. Et tant mieux, car Mayeul ne peut rien lui promettre de plus, et il refuse de lui mentir. Pas alors que tout le monde, autour de lui, lui a consciencieusement menti. Pas alors que même lui a menti. Le mensonge, les secrets, ont probablement guidé ses derniers mois, et il ne veut pas continuer ainsi. Les compliments qu'il adresse à Alméïde, eux aussi, sont parfaitement sincères. Elle doit y croire la jeune femme, car elle est tout cela, et bien plus encore.

Il ne répond rien quand elle s'accuse la médecin, car il n'a rien à répondre. Après tout, que sait-il réellement de cette relation dont il ne connaît que quelques bribes ? Que sait-il, lui qui n'a connu que la relation fusionnelle que peuvent entretenir des enfants jumeaux, des relations entre sœurs ? Entre érebiennes, lui qui est cielsombrois ? Il ne sait pas, et peut difficilement accuser qui que ce soit. Mais Alméïde continue de parler, et Mayeul remercie les dieux qu'elle se blottisse dans ses bras, évitant ainsi qu'elle ne puisse lire l'incertitude sur son visage. Oh, il est ravi d'être invité au mariage de la jeune femme, même si convaincre Reja de s'y présenter ne sera pas une chose aisée. Mais… lui ? Au mariage de Castiel de Sombreflamme ? Toute sa raison lui hurle de refuser. Il n'y a absolument aucune logique dans le fait d'accepter.

Mais depuis quand Mayeul écoute-t-il la voix de la raison ? Et il n'est plus réellement cielsombrois de toute façon, il est major de Svaljärd maintenant, ce qui implique un tas de complications s'il venait à lui arriver quoi que ce soit. Probablement. Sans doute. "Ce serait un immense honneur pour moi d'être présent." Souffle le Voltigeur en serrant davantage la jeune femme dans ses bras. Alméïde saura probablement convaincre son futur mari de se montrer diplomate et courtois, si toutefois le duc connaît ce mot.

Le silence qui repose entre eux n'est pas un silence dérangeant, bien au contraire, et chacun remet de l'ordre dans ses pensées avant qu'ils ne s'installent à nouveau sur le canapé, reprenant leur échange. Ils partagent tout deux une amitié sincère, et chacun d'entre eux a, en ce moment, désespérément besoin d'un ami.


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